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L'INTERMÉDIAIRE
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CHERCHEURS ET CURIEUX
Cherchez et vous < , **^^^ ♦"j m '^ »^ /fl^*
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L'INTERMÉDIAIRE
DES
CHERCHEURS ET CURIEUX
FONDÉ EN 1864
CORRESPONDANCE LITTÉRAIRE, HISTORiaUE ET ARTISTIQUE
QUESTIONS ET RÉPONSES, LETTRES ET DOCUMENTS INÉDITS
COMMUNICATIONS DIVERSES A L'USAGE DE TOUS
LITTÉRATEURS ET GENS DU MONDE, PROFESSEURS, ARTISTES, AMATEURS,
BIBLIOPHILES, ÉRUDITS, COLLECTIONNEURS, ARCHÉOLOGUES, GÉNÉALOGISTES, NUMISMATES, ETC.
48^ ANNÉE — 1912
DEUXIÈME SEMESTRE
VOLUME LXVI
PARIS
V INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX
?1 bis, RUE VICTOR MA5SÉ ;i bis
309
LXVI* Volume Paraissant Us lo, 30 et )o de chaque mois
10 JuIUet 1912
48» Année
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DES CHERCHEURS ET CURIEUX
Fondé en 1864
QUESTIONS KT RÉPONSES LITTÉRAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUE
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
Nous prions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
de leur pseudonyme, et de n'écrire que
d'jtn côté de la feuille. Les articles ano-
nymes ou signés d? pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet .
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Qiiand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauf exception,
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
amuedtionô
Séjour de la cour à St-Qermain en
1586. — Je trouve sur la garde d'un
livre que la Cour (Henri III étant roi) a
fait un séjour à St-Gerrnain (je suppose en
Laye) en 1586.
Je désirerais savoir si cette indication
est exacte, si ce séjour a eu réellement
lieu, et à quelle époque de l'année et si
on connaît les noms des personnes de la
Cour qui en firent partie. Bellechasse.
La statue de saint Jacques de
Compostelle. Par qui fut-elle enle-
vée en 1809 ? Soult ou Ney ? —
Par qui fut enlevée, fin janvier ou com-
mencement de février 1809, la statue, en
métaux précieux, de saint Jacques de
Compostelle, qui ornait la cathédrale de
la ville de ce nom en Espagne ?
D'après les mémoires du général
d'Hautpoul {Revue de Paris., de novem-
bre 1904) ce serait le maréchal Ney, dont
la femme se serait, un peu plus tard, pa-
rée de deux diamants qui figuraient les
yeux du saint.
A l'époque de l'enlèvement de la sta-
tue que fixe le général d'Hautpoul, si le
maréchal Soult se trouvait à Saint-Jacques,
le maréchal était à la Carogne.
11 serait très vraisemblable d'impu-
ter cette action au duc de Dalmalie, puis-
qu'il se trouvait à Saint-Jacques, quand
elle fut accomplie et qu'elle cadre vrai-
ment mieux avec son caractère qu'avec
celui de Ney.
Néanmoins, nous sollicitons les avis sur
cette donnée. Que sait-on de l'enlèvement
de cette précieuse statue .? A qui faut-il
l'attribuer ? A-t-il été écrit et publié une
étude particulière à ce sujet ?
M.
Une lettre de marque signée
« Louis XVI » en 1793. — Nous avons
eu sous les yeux un document qui appelle
des observations : c'est une lettre de
marque pour le capitaine d'un bâti-
ment, délivrée en janvier 1793 (an II
de la République), au nom de Louis XVI,
au Temple depuis des mois, à la veille
d'être exécuté, et remplacé par un gou-
vernement exécutif depuis son incarcéra-
tion.
LXV - 1
"i' m
. Vol. LXVI.
L'INTERMÉDIAIRE
La pièce est signée du roi et contresi-
gnée par le ministre.
Cortiment délivrait-on, sous la Conven-
tion, des lettres signées au nom du roi
prisonnier ?
Y a-t-il d'autres exemples de ce fait
étrange r
On peut supposer avec raisoq — la
griffe du ministre le prouve — flue ces
documents étaient envoyés en blanc et
déjà signés, au port.
Là, on les rem[)lissait selon les besoins
du service.
Il n'en reste pas moins extraordinaire,
de voir à une époque où la Révolution
jalouse de son autorité, tenait pour sus-
pecte toute trace de l'ancienne autorité
royale, que des bâtiments circulaient avec
des laisser-passer au nom du roi.
V.
Lady Ç. — Lady Stuart. — |1 y a
une vinguune d'années , M. Pierre de
L^no publia chez H Simonis Empis, un
j-oman [ort... fantastique, intitulé : Un
drame aux Tuileries sons te second Empire.
Le fôlé principal en est rempli par une
*< ladv Stuart >». A en croire la préface
cette femme aurait fourni elle-même les
éléments du volume. En 18914, elle aurait
encore vécu. « De même âgé, à peu près,
que l'Impératrice Eugénie dont elle fut la
rivale, ayant comme elle, aujourd'hui,
des cheveux blancs, elle eut jadis tous les
privilèges d'une teauté et d'une situation
enviées > .
Comme i} est peu probable que cette
personne soit encore en vie, jën demande
je nom véritable et les souvenirs qu'on a
pu garder d'elle.
M. de Lano prétend l'avoir légèrement
esquissée dans ^es précédents ouvrages
sur le second Empire. En effet, on trouve
à son sujet quelques notes dans Les Bals
travestis et les tableaux vivants sous le se-
cond F.mptrc (W . Simonis Empis (1892),
iage 76. Elle y parait sous le nom de
ady C...
SoudainemeiU jetée hors de la demeure
<|'un galant homme qui l'aimait et qu'elle
avait outragé, elle vint en France, et gr.ide
au nom qu elle portait, grâce aussi à des
complaisartces secrètes, elle lor^ le seuil
d<s Tuilerie?. Lé fnaîtfe la vit et la voulut ;
Comme elle n'était là que pour être voulue,
elle ne fit pas traîner la marche qu'on lui
proposait. Elle fouilla le cœur de cet homme
f.
éternellement épris de féminité... Mais son
rêve fut court. Sedan l'empoita... Elle fut
l'unedes dernières maîtresses de l'Empereur,
et elle montre encore chez elle, en une vi-
trine, la tasse en laquelle Napoléon III, au
camp de Châlons, but son café; comme
"Ussi le collier de diamants qu'il avait en-
roulé à son cou, un soir, à lontainebleau.
Après la guerre, elle revint s'établir de nou-
veau à Paris où elle fit une politique exoti-
que.
Op. cit. p. 76).
plie garda la mémoire de l'Empereur et
porta son deuil. Depuis, elle fut l'amie du
duc d'Edimbourg, qui descendait secrète-
ment chez elle, lorsqu'il veiiaità Paris. Elle en
eut deux enfants. Son fils Jack — le fils de
l'empereur Napoléon 111 — est actuellement
l'un des plus distingués officiers de l'armée
anglaise.
{Roman cité, p. 306).
Je demande donc : 1° qui serait lady
Stuart et de qui parle M. de Lano quand
il désigne lady C... 2° qui était l'amie du
duc Edimbourg .i'
JOACHIM KiJHN.
[Selon sa nature, la réponse sera ou non
transmise directement à l'auteur].
Le siège de Paris de 886 : la pla-
que du Petit Pont. — Lors de la dé-
lense de Paris contre les pirates normands
en 886, douze Parisiens périrent en dé-
fendant le Petit Pont, au milieu duquel
avait été élevée une Tour de Bois, qui
dura jusqu'en 1309. Le nom de ces douze
héros, dit M. le marquis de Rochegude
(1903), Guide pratique à travers le vieux
Paris, page 220) est gravé sur une pla-
que posée sur l'annexe de j'Hôtel Dieu
(place du Petit Pont),
Or cette place a été complètement mo-
difiée, l'annexe de l'Hôtel Dieu a disparu.
QLi'ést devenue la plaque? '
V. A. T.
Château de Séverac (iVveyroi^).
— Aux confins de la Lozère et de l'Avey-
ron, sur la route de Paris à Perpignan, le
petit village de Séverac étage ses maisons
grises au piccj d'une motte féodale que
couronnent les ruines encore imposantes
d'un château gothique en partie restauré
au xvut siècle.
Qyel intepTiédiairiste avçyronnais ou
lozérien pourrait pie dire s'il existe uqc
DES CHERCHEURS BT CURIEUX
lo Juillet 191 2
histoire du château de Séverac et des fa-
milles qui l'ont habité ?
Joseph BalloffeT.
Raccourci pour dire un louis. —
Sur une liste de souscription faite au club
des Jacobins de Belfort le 27 brumaire
an H, je vois un des membres s'inscrire
pour « un raccourci ». Connaît-on d'autres
exemples de cette façon de désigner la
pièce d'un louis après la décapitation du
roi .'' JOACHIM .
Randoa de la Tour — Pourrais-je
avoir quelques renseignements généalo-
giques sur la famille Randon de la Tour?
M. A.
Randon de Pommery. — Généalo-
gie de cette famille. M. A.
Randon du Lauloy. — Généalogie
de cette famille. M. A.
Randon de Groslier. — Généalogie
de cette tamille. M. A.
Randon de Boisset. — Généalogie
de cette famille. M. A.
Les Veron, luthiers à Paris.
XVIH" siècle. — J'ai un vieux violon-
celle 3/4 portant à l'intérieur une éti-
quette avec la mention :
Arsène Veron^ rue de la Verrerie, à Pa-
ris, ly^g.
Pierre-André Veron. son père ou son
frère (?) tut aussi luthier à Paris, de 1720
à 1750.
Le Conservatoire possède de ce luth'.er,
un pardessus de viole (n° 179).
Renseignement sur ces deux artistes,
sur la valeur et la rareté des instruments
sortis de leurs mains.
C. DE St-M.. .
Angel Thouin. — Quel était cet
artiste, qui vivait dans la seconde moitié
du xix« siècle et dont il existait des des-
sins dans la collection du marquis de
Chennevières ? A. B. R.
Armoiries sur un tableau à déter-
miner. — Un tableau porte un cartou-
che accosté de la date de 16^7, avec, en
blason spivant : Parti : au i échiqueté
d'or et d'apir ; ati 2 de gueules à la fasce
d'argent, accompagnée de six étoiles (6)
d'or. A qui ces armes appartenaient-elles ?
C. T.
Armoiries à déterminer : à 3 têtes
de lion. — Sur le plat intérieur d'un
exemplaire des Liaisons dangereuses (édi-
tion de 1782) que je possède, il y a un
bimple carré de papier portant :
Ex Libris
Le Bouyer Saint-Gervais
Sous ce papier décollé j'ai découvert
les armoiries suivantes :
Ecu rond, encartouché d'acanthe et dg
laurier ;
Le chef de gueules ;
Le reste d^or aux ^ têtes de lion ou lionne
disposées ; i , 2, ? .
Le tout timbré d'une couronne com-
tale.
Un aimable intermédiairiste pourrait-il
me faire savoir à quelle famille appar-
tiennent ces armoiries? Est-ce aux Bouyer
Saint Gervais ? ou bien celui-ci n'est-il
qu'un propriétaire postérieur du livre ?
L. Deniquet,
Armoiries de la famille Breuil de
La Rochepot. — On désirerait connaî-
tre les armoiries de la famille Breuil de
La Rochepot (seigneurs de Sordroc, bas
Limousin). Alimno.
René Gueuble — Pourrait-on m'in-
diquer les armes de René Gueuble, d'une
famille du Nivernais, qui fut gentilhomme
servant d'Henri III, roi de France, avant
son avènement au trône ? S. G. L.
« La Vie de M. Pascal ». Exem-
plaire de Bossuet. |'ai en ma pos-
session un exemplaire, bien conservé, de
La Vie de M. Pascal, escrite par Madame
Périet , sa sœur, femme de M. Périer con-
seiller de la Cour des Aydes de Clermont.
Amsterdam, Abr. Wolfgang, 1684, petit
in-i2 de 51 pages, lequel est relié en veaq
plein, granité(reliure ancienne), aux Armes
de J.-B.Bossuet, évêque de Meaux, frappées
en or sur les deux plats.
L'encre d'impression de la page 48,
comme si le volume avait été relié un peu
trop tôt, a légèrement maculé sur le blanc
de la page 49. — Je m'imagine que ce
N« 1333. Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
8
précieux petit livre a pu, autrefois, être
offert, comme exemplaire de présent, par
l'auteur même, à liilustre Prélat.
Serait-il resté, dans la fjmille Périer,
à Clermont-Ferrand, quelques traces,
écrites ou légendaires, de relations qui
auraient pu exister, entre Bossuct et Ma-
dame Françoise-Gilberte Périer,(Clermont
1620 Paris 1687), sœur aînée de Pascal?
Ulric Richard-Desaix.
Voltaire — Heuriade. Notes si-
gnée K. — Qiielques-unes des notes du
chant II de la Henriade sont signées K.
On désirerait savoir quel est l'auteur
réel de ces notes (Voltaire lui-même ou
un autre) et dans quelle édition de la
Heuriade elles furent imprimées pour la
première fois. Bellechasse.
« Si vous n^. me voulez guérir »,
auteur à retrouver. — D'où sont tirés
les vers que voici :
Si vous me voulez guérir,
Ne dites pas, belle Cerise,
etc., ? P. Ll.
Distique latin à identifier : « Quid
tacies .. ». — Quand les traités de mo-
rale théologique parlent du vice de la
luxure, ils donnent nombre de moyens de
l'éviter, mais le meilleur de tous est la
fuite des occasions. Or les moralistes ci-
tent à cet etfet un distique, qui se trouve
ordinairement dans les traités de théolo-
gie et sent bien son dix-huitième siè-
cle. 11 dit « lorsque tu seras en face de
Vénus que dois tu faire .? ne t'arrête pas
mais va-t-en, de peur que tu ne périsses
par elle ».
Quid faciès, faciès Veneris cum veneris
[anle .
Ne sedeas, sed eas, ne perems per eas.
Ce distique latin est un jeu de mots
continuel c'est ce qui le rend intéres-
sant. Mais, et voilà où la question devient
plus difiîcile, qui en est l'auteur ? Selon
moi, il remonteriiit au xvin'= siècle où on
affectionnait beaucoup ces jeux de mots,
mais je n'ai que cette seule indication,
qui est, il faut bien aussi le dire, très va-
gue. D"^ A. B
Blois et ses habitants. — Dans le
médiocre ouvrage anonyme publié par
Adrien Baillet sous le titre Auteurs dégui-
se:^ sous des noms étrangers, emprunte:^^ sup-
pose:(... (Paris. 1690) je lis que Scaliger a
désignésous le nom de Stercorarius unas-
tronome ou chronologiste de Blois nommé
Temporarius.
11 est vray [ajoute l'auteur] que ces deux
noms ne se rapportent l'un à l'autre que par la
terminaison ; mais rallusion de Scaliger re-
tomboit sur le mauvais sobriquet que l'on
a donné aux habitants de la ville de Blois.
Quel est ce mystérieux sobriquet .?
René Villes.
Bolivar. — Pourrait-on me dire pour-
quoi on appelle bolivar ce chapeau de
forme évasé qui était si à la mode vers
1820? America.
Les sœurs associées, — A propos
de Jacqueline Pascal, il y a dans Port-
Royal une belle page de Sainte-Beuve, sur
les sœurs, dont l'influence s'est fait sen-
tir sur la vie et les œuvres des frères. La
« sœur Henriette »,de Renan, est un exem-
ple admirable de ces sœurs qu'on pour-
rait appeler des « sœurs associées. »
Pourrait-on citer d'autres noms de
sœurs qui aient été dignes de passer à
l'histoire par leur amour fraternel .?
Sainte-Beuve parle des sœurs du grand
Arnauld et de M. de Pomponne, dont je
ne sais rien.
Cette question a d'ailleurs la plus
grande actualité, puisqu'on pense à la
commémoration d'Eugénie de Guérin.
Medeiros.
Le parti Joconde, à P Académie
française, en 1841. — Dans l'intéres-
sant volume de M. A. de Bersaucourt,
récemment édité par le Mercure de France.,
et qui a pour titre : Les pamphets contre
Victor Hugo, on lit, à la page 20, l'appré-
ciation suivante donnée par Alphonse
Karr, dans Les Guêpes, au sujet de la ré-
ception de l'auteur àHernani à l'Acadé-
mie française :
Les difificuités qu'a faites |r Académie pour
recevoir M. Hugo l'ont fait plus honnir de-
puis quelques années peut-être qu'elle ne l'a
jamais été. Les Académiciens, du moins le
parti Joconde, lui attribuent ces avanies, et
l'un deux a dit le jour de la nomination :
M. Hu^o entre à l'Académie comme on
épouae une fille qu'on a déshonorée,
Qji'était-ce le c parti Joconde » ?
Gros Malo.
DBS CBRCHBURS HT GURIBUX
10 Juillet 191*.
lû
Sép0n0e0
La maladie de Louis XV à Metz
LXV, 349, 455, 605). — Parmi les in-
nombrables médecins auxquels on a at-
tribué la guérison de Louis XV, il en est
un sur lequel M. Pierre s'exprime ainsi
dans l'Intermédiaire du 10 avril 1912:
Ce miracle serait dû à un vulgaire empi-
rique, dont on s'abstient par conséquent de
citer le nom et sur la personnalité duquel on
n'est pas absolument d'accord. On dit que
c'est un médecin juif de Metz qui lui a fait
appliquer des sangsues sur la tète et pren-
dre de l'émétique. Cette dernière piste est,
je crois, la bonne, etc.
C'est en effet la bonne piste, et je sais
le nom de ce médecin, ou du moins le
nom sous lequel il était connu. J'expli-
querai plus loin cette distinction.
— D'après une tradition constante
dans ma famille, cet <* empirique » était
mon arrière-bisaïeul, Rabbi Gafriel ben
Feiberman établi à Metz et qui, quoique
juif, était le médecin favori des officiers
de la garnison, mais qui, en qualité de
juif,ne pouvait habiter que les faubourgs,
où il était très populaire parmi ses core-
ligionnaires. C'est donc avec raison
qu'Arsène Houssaye a pu écrire qu'il s'agit
« d'un homme très connu de la garnison
et des Faubourgs » {Intermédiaire, même
numéro).
)'ai possédé autrefois copie d'une déli-
bération de la municipalité de Metz qui,
en reconnaissance de son succès, lui con-
fère le droit de bourgeoisie et l'autorise à
demeurer en quelque point de la ville qui
lui conviendra, alors que ses coreligion-
naires étaient relégués dansles Faubourgs.
Cette copie a disparu en 1870 avec mes
autres papiers laissés à Corbeil pendant
que j'étais commandant du génie auxi-
liaire au 22® corps d'armée (Lille) et
qu'une compagnie du 3° régiment d'infan-
terie bavaroise occupait mon habitation
en mon absence.
On retrouverait peut-être dans les ar-
chives de la ville de Metz l'original de la
délibération. La recherche serait facile
puisque la délibération a dû suivre de près
la guérison qui est, je crois, de 1744. Cette
recherche ne m'a pas tenté parce qu'il
m'importe peu d'être ou de ne pas être un
descendant du véritable guérisseur de
Louis XV, mais dès lors que ce problème
de petite Histoire a été soulevé, je crois
opportun d'y apporter ma contribution.
Il est bon de rappeler qu'avant le dé-
cret du 20 juillet 1808 par lequel Napo-
léon l""" astreignit les juifs à prendre des
noms de famille, beaucoup de ceux-ci
suivaient la coutume orientale d'après la-
quelle un fils ne prend pas le nom de son
père, mais est désigné par : Un tel, tlls
(ben) de Un tel. De plus, les Juifs de Metz
parqués, sinon dans un Ghetto, du moins
dans un quartier spécial, se désignaient
entre eux par des sobriquets familiers, si
exclusivement employés, que plus d'un
d'entre eux aurait été embarrassé de dire
le nom officiel de tel de ses amis. C'est
peut-être le nom officiel de mon ascen-
dant qui figure dans la délibération, et il
est possible que le nom de Rabbi Gafriel,
sous lequel je l'ai toujours entendu dési-
gner, soit un sobriquet amical.
Il semble résulter du même article de
Y Intermédiaire, que d'après la France
médicale, cet empirique se serait appelé
Ladoucette. Cela n'est pas possible. Au-
cun juif de cette époque ne pouvait s'ap-
peler Ladoucette, et ce nom est encore
aujourd'hui inconnu parmi les Juifs.
Ladoucette fut en effet un des médecins
qui soignèrent Louis XV à la fin de sa
maladie et, comme tous ses confrères, il
s'attribua la guérison, à tort ou à raison,
mais l'un de ses neveux fut fait par Na-
poléon P'", Préfet et Baron de l'Empire, ce
qui exclut toute possibilité qu'il pût être
juif.
C'est au moment où Ladoucette lui-
même désespérait de la guérison, que les
officiers de la garnison se décidèrent à
signalera l'entourage du Roi, « l'empiri-
que » juif qui leur donnait habituellement
ses soins.
Les fils, petits fils, et arrière petits-fils
de Rabbi Gafriel ben Feiberman furent
presque tous médecins militaires. L'un
d'eux est représenté soignant un blessé
sur le champ de bataille, dans la vaste
composition d'Horace Vernet : — la prise
de la Smala d'Ab-el-Kader — qui orne
une des salles du musée de Versailles. Le
cartouche indicateur des têtes, placé au
bas du tableau, le désigne sous le nom
de : Docteur Philippe. — Un autre, Pros-
per Philippe,fit sa carrière dans les troupes
N» 1333. Vol. LXVI.
L'INTBRMéDiAliik
II
12
d'Algérie et la termina comme médecin-
major de l'hôlcl des Invalides à Paris.
Tous deux avaient été élevés dans la
religion catiiolique. Un troisièrne, resté
israélite et décédé en 18154, Abraham
Philippe, fut médecin major du i*' régi-
ment d'artillerie.
Philippe Leroy.
La manufacture de Réveillon au
faubourg Saint- Antoine (LXV, 589).
— Noël serait-il assez aimable pour m'in-
diquer l'hôtel des Champs Elysées où je
pourrais voir le marteau qui rehaussait la
porte cochere de la Folie Titon, et chsz
quels amateurs ont été dispersées les boi-
series et la rampe en fer forge .'' je lui en
serais très reconnaissant car ces souvenirs
m'intéressent spécialem.ent. Jack.
La condamnation de Louis X"VI
et la franc-maçonneriô (LXII ; LXV,
io6, 209, 265, 413, 602, 6=55, 698^. —
Pour répondre au témoignage publié par
M. Gall, je résume le document :
Le 13 juillet 1870, un père vint trou-
vât son fils au parloir de son collège et lui
dit : \< Nous ne nous re verrons plus en
cette vie ; c'est pour cela que je désire te
communiquer mes dernières volontés. »
« Juste un an après, au jour et à l'heure
même >* la tombe se referma sur la dé-
pouille du père.
Vingt huit ans après, le fils « ne possé-
dant aucun document ne put faire con-
naître le testament de son père que ver-
balement, et il dit dans une conférence, à
Vienne en 1898 : « En 1784, il y eut, à
Francfort une réunion extraordinaire de
la grande loge éclectique. Un des mem-
bres mit aux voix la condamnation à
mort de Louis XVI roi de France et de
Gustave 111, roi de Suède. Cet homme
c'était mon grand père. »
Onze ans plus tard, 38 ans après la
mort de son père, le fils vient dire : < Au
grand Congres de la franc maçonnerie à
Francfort le Grand maître de la loge de
Wetzlar.mon grand-père, proposa l'assas-
sinat de tous les monarques conserva-
teurs de l'Europe. Or, il n'y avait que le
souverain catholique Louis XVI et le pro-
testant Gustave III de Sqèdè. Celte propo-
sition obtint force de loi ; deux frères,
Bode et Knigge, furent envoyés à l'aris et
à Stockolm, avec mandat d oxciter les lo-
ges des deux pays, à travailler au plan
général. A Paris ce fut la Loge des Amis-
Réunis. qui se transforma plus tard en
Club des Jacobins. »
A ce vote fameux on a assigné quatre
dates :
1° Barruel et presque tous les adver-
saires de la Maçonnerie 1782 ;
2° Le signataire du témoignage 1784 ;
3"'Monseigneur Besson 1785 ;
•° Monseigneur Mathieu 1786.
A cet ensemble de faits précis, je ré-
ponds :
Il n'y eut pas de grand Congrès de la
Franc maçonnerie à Francfort, ni en 1784
ni en 178=5 ni en 1786 ;
Il n'y eut jamais de Grand maître de la
Loge de Wetziar. Ce titre est réservé à
des fonctions beaucoup plus élevées que
celles de vénérable ou de maiti'e de loge.
11 y avait d'autres souverains conser-
vateurs que Louis XVI et Gustave III de
178-2 à 1793 période comprise entre le
verdict et la dernière exécution : Char-
les III et Charles IV en Espagne, Ferdi-
nand IV à Naples ; Victor-Amédée eh
Sardaigne ; Joseph II, Léopold II et Fran-
çois II en Autriche et enfin Pie VI à
Rome.
Bode et Busche vinrent à Paris en 1781,
le marquis de Chefdebien et Kollowrath,
en 1782 ; leur voyage ne peut donc
avoir aucun rapport avec des décisions
prises en 1784, i78'5 ou 1786.
La loge des Amis réunis ne se trans-
forma pas <=n Club des Jacobins, celui-ci
fut la transformation du Club Breton.
Pour comparer les listes des membres
de ces deux Sociétés voir : G. Bord. Cons-
piiaUon révohitiounaiie (p. 22 à 24) et
Histoire de la Franc-maçonnerie de France
(I p. 3s8 à 362). Je n'ai relevé que deux
membres des Amis-Réunis dans la liste
des membres du Club Breton ; Clermont-
Tonnerre et Goupil de Prefelne.
Enfin, il ressort du témoignage du fils,
que son père étant le beau-frère de Zwack.
il me paraît difficile de faire cadrer les
possibilités avec les affirmations du té-
moin.
Dans tous les cas, le père devait
être fort âgé, lorsque, prévoyant sa mort,
juste un an à l'avance, il vint annoncer à
son fils que d'ici là il ne le reverrait
plus
Est-ce qu'il s'agit, dans la circonstance,
DBS CHERCHfetjks àt CURiEUX
10 Juillet 191*
13
M
de Jacques-Frédéric d'Abel, professeur à
l'Université de Tubingen (9 mai 175 1-
7 juillet 1829; et de Charles d'Abel minis-
tre bavarois (né le 17 septembre 1788) qui
en 1870 avait, s'il vivait encore. 82 ans?
Je serai reconnaissant à M. Gall, qui
peut puiser aux sources, de faire connaître
aux lecteurs de V Intermédiaire^ si tels
sorit les noms du grand- père et du père
du témoin.
Dans ce cas, Il faudrait annoter le té-
moignage delà rriention suivante:
Témoignage verbal, fait 28 ans après
un second témoignage verbal, fait par un
vieillard de 82 ans, d'après un troisiènie té •
moignage verbal datant au moins de 41
ans (1829- 1870) fait par une personne
âgée de 78 ans et relatif à des faits qui
s'étaient passés environ 44 ans avant.
Sans être très exigeant en matière de
preuves historiques, il me semble qu'il y
eri â de plus sûres, quelle que soit dii reste
la l^àrfàiie siricérité des témoins.
J.-G. Bord.
Le P. Henri Abel est né à Pafsau. le 19
décembre 1853. f- Darbly.
Par qui fut tué Monseigneur Affre
(LXIV; LXV, 22, m). — Nous avons
reçu à ce sujet, de M. Denys Fabre, neveu
de Mgr Affre, la très intéressante lettre
suivante :
Montpellier, 19 juin 1912.
Monsieur,
De toutes les relations qui ont été publiées
de la mort de Mgr. Affre, frère de ma grand'
m^re, celle que je trouve dans le numéro de
votre journal, en date du 20 décembre, est
la plus conforme aux récits que jai entendu
faire par mon père et par mes oncles. Us
ont toiijoiars attribué la mort de notre illus-
tre parent, non pas à une balle perdue, mais
à un coup de feu, tiré avec intention, d'une
fenêtre. Je puis vous donner, appuyé sur
les témoignages les plus sérieux, l'épilogue
de ce drame sanglant. Il confirme l'opinion
admise dans notre famille.
Il y a environ quinze ans, des capucins
venus de Toulouse à Mentpellier. pour y
jDrècher une mission, ayant appris que dans
cette dernière ville, habitaient des parents
de Mgr. Affre, se présentèrent chez une de
mes tantes, Mme R. Laurens, veuve de M.
Laurens, Conseiller à la Cour. Ils lui racon-
tèrent que le meurtrier de l'Archevêque de
Paris, poursuivi par le remord, était entré en
religion et faisait, depuis longues années,
l'édification de leur couvent par l'austérité
e ses pénitences, I^l avouait avoir volontai-
rement tiré sur notre oncle, du haut d'iirié
fenêtre dominant la barricade, au moment
où son apparition et ses paroles arrêtaient
l'effusion du sang. Dès le lendemain du
jour où ma tante reçut cette communication,
elle m'enfitle récit ; mon cousin, M. G. Lau-
rens, avocat, ancien bâtonnier de l'Ordre, a
certainemerit conservé je souvenir dé la ré-
vélation faite à sa mère par les deux mission-
naires ; peut-être même a-t-il assisté à leur
entretien.
Ma lettre n'ajoute pis grand'chose aux
renseignements que vous possédiez déjà,
mais bien que je ne puisse l'appuyer par
par une production de documents, j'espère
qu'elle suffira à faire écarter toute version
qui tendrait à attribuer la mort de Mgr Affre
à upe cause plutôt accidentelle.
Recevez, Monsieur le Direcieur, l'assurance
de ma conslaératiori très distinguée.
Dënys Fabre.
Au cours d'un article publié dans
L'Eclair, le 26 jqin, nous avons cru pou-
voir npus permettre de publier le prin-
cipal de cette lettre, par anticipation.
Li Croix qui l'a reproduite a publié en-
suite l'écho suivant :
Nous citions l'autre jour l'article d'un de
nos confrères sur l'hypothèse que l'assassin de
Mgr Affre aurait fini ses jours dans la péni-
tence chez les Capucins.
Un Père Capucin d'Espagne, placé pour
être bien renseigné sur ce qui concerne son
Ordre, tious fait part du démenti qu'il
adresse à ce sujet à notre confrère. Il nie
qu'un insurgé quelconque de 1848 soit entré
dans un couvent de Capucins, sauf le véné-
rable Fr, Rufin, qui fut insurgé quelques heu-
res, ne tira pas un seul coup de fusil devint
un saint religieu.\ et n'a jamais assassiné un
seul être humain, archevêque ou simple
laïque. Toute la ville de Toulouse, qui l'a
en haute vénération, serait là pour le certi-
fier.
Nous n'avons pas reçu encore la lettre
annoncée par cet écho. G. M.
L'accent allemand de Napoléon
nt(T. G. 631. LXUà LXV. 22. 192,217,
609, 795). — A Arenenberg. — Ma
tante, Mme Rieter-Biedermann,du Sçhan-
zengarten, d'une des prerriières familles de
Winterthur — Lizst, Wagner, Brahms y
étaient les notes dé là famille — m'a ra-
conté, que dans leur jeunesse le prince
Louis Napoléon venait de temps à tempe
d' Arenenberg à Winterthur honorer léà
N» t}}} Vol. LXVI.
L'INTERMÊDIAIRB
IS
16
familles de rang de sa présence surtout
quand il y avait des bals de famille, et
qu'il y a souvent dansé avec elle.
R. F.
Dessins du Prince impérial dessi-
nateur LVII. LXlll. — Il y a déjà long-
temps, une question avait été posée dans
V Intermédiaite^ sous une rubrique que je
ne me rappelle plus, au sujet des des-
sins que, tout enfant, le prince impérial
s'amusait à esquisser et dans lesquels on
voyait poindre le germe d'un véritable ta-
lent.
Sur cet objet je signale :
I» Dans la publication L'Autographe,
no 1, du s décembre 1863, un dessin du
jeune prince, tiré de l'album de M. Paul
Chenu, représentant trois fantassins mar-
chant de front et un cavalier (un lancier)
dans le lointain. Signé : Louis Napoléon
le 31 décembre 1862 — 11 n'avait pas en-
core sept ans !
Le jeune prince, dit une note, s'amusait à
faire des bonshommes. Une personne ravie
de l'entrain de ceux-ci et trouvant qu'ils
marquaient le pas avec une furia toute fran-
cete, demanda à S, A. I. dé vouloir bien les
signer.
2" Dans un volume de M. Adrien Marx'
réunissant, sous le titre Indiscrétions Pa-
risiennes, des chroniques publiées dans
r^ti/«<'w<f)i/(Achille Faure, libraire, 1866),
j'ai trouvé au frontispice, un dessin du
prince, avec la dédicace « A Monsieur
Adrien Marx » et la signature : « Louis
Napoléon 9 avril 1866 ». A voir ce cro-
quis, qui ne manque pas de cachet ni de
hardiesse d'exécution, pour un enfant de
dix ans à peine, on se demande si le re-
jeton impérial n'aurait pas eu plus beau
temps de se préparer à l'Ecole des Beaux-
Arts, qu'à l'Ecole de Gouvernement où il
ne devait, hélas ! pas finir ses classes !
Peintre ou graveur, il vivrait peut-être
encore.
M. Marx (page 148) nous dit qu'il reçut
l'esquisse encore tout humide des mains
du petit Prince. Pourtant, il semblerait
presque qu'une autre main en aurait
peigné légèrement les contours un peu
ditTus, comme on devait encore peigner
chaque matin la chevelure de l'enfant
Mais ce n'est qu'une supposition car
l'écriture de la dédicace et de la signature
est ferme et virile. Gros Malo,
Abbaye de Port-Royal (LXV. 783) .
— De la Bibliographie du Cartnlaire fran-
çais de M. H. Stein :
Port-Royal. — Abbaye (Dioc. de Paris).
Cartulaire de l'.Abbaye du Port-Royal ;
nis. du xiu* siècle sur parchemin, in- 16.
(Biblioth. nationale, ms. latin 10-997, ^'
i-i 10.
Dates extrêmes: 1204- 1::48. Le reste
du volume contient un censier.
Autre cartulaire du xiii" siècle, sur par-
chemin in-i6 de 38 ff. (Biblioth. natio-
nale, ms. latin 10-998.
Dates extrêmes : 1255-1289.
Publ. Caitulaire de l'abbave de P orrais
au diocèse de Paris, plus connue sous son
nom mystique de Port-Royal, par A. de Dion,
1 (1204-1280). Paris, Picard et fils, 1903 ;
in-S" de XVI-339 p.
Il y avait dans la collection Joursanvault
(Catalogue, n°' 1059 et 1042) deux frag-
ments de cartulaires duxiii' siècle, conte-
nant chacun deux pièces. Oh ignore où ils
se trouvent aujourd'hui.
P. c. c. De Mortagne.
*
Le cartulaire de Port-Royal a été pu-
blié par A. de Dion, chez Picard, en
1903. D, A.
*
•• *
Le Cartulaire de Port-Royal n'a pas été
publié en entier, mais seulement en par-
tie pour les actes qui vont de 1204 à
iz8o. L'auteur de ce travail assez consi-
dérable, est M. le comte Adolphe de Dion,
auquel on doit tant d'études diverses, ar-
chéologiques et historiques intéressant
surtout la région de Montfort-L'Amaury.
L'ensemble du cartulaire ou des actes de
Port Royal, existe aux Archiques Natio-
nales où ils occupent plus de trente car-
tons. On trouvera dans le livre de M, de
Dion : Cartulaire de V Abbaye de Porrois au
diocèse de Paris, plus connue sous son nom
mystique Port-Royal, Paris Alph. Picard,
1903, une Intioduction pleine de rensei-
gnements sur l'état de ce Cartulaire, le
classement, le nombre et la diversité des
pièces qui le composent. On y verra de
plus, que la Bibliothèque Nationale possède
sous le n'^ 10997 du fonds latin, un autre
Cartulaire de Porl-Royal en deux petits
volumes. Peut être ceux-ci suffiront-ils à
M. Loutville. E, Grave.
• *
Pour tout ce qui concerne l'Abbaye de
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 juillet 191*
>7
18
Port-Royal s'adresser, comme je l'ai déjà
conseillé à un collègue^ l'an dernier; à
l'aimable M. A. Gazier, professeur à la
Sorbo'nne. J. V. P.
Le costume des timbaliers (LXIV ;
LXV, 161, 316). — En Espagne se voit
également cette originalité, du moins
existait-elle en 1855. Voilà ce qu'on lit
dans Historia organica de lai armas de In-
fanteria v Cahalleria E^anolas dcsde la
creacion del Ejercito permanente hasia el
dia par le lieutenant général Comte Clo-
nard, de l'Académie royale d'Histoire. 16
vol. Madrid 18^1-1855.
Régiment de Caballerie Alcantara. — A la
tète destrompettesdu régiment Alcantaraétait
placé un cavalier sur un très beau cheval por-
tant un costume turc, qui faisait sonner des
cymbales. L'origine de ces cymbales n'appar-
tient pasà ce régiment, mais à celui de « Bra-
vante » qui, dans l'action de Sferra-Cabalio,
en Sicile, contre les impériaux, détruisit le
régiment autrichien de cavallerie de Starem-
berg, et fit prisonnier le turc qui portait
ces cymbales. Pour perpétuer à jamais le
souvenir de cette action, la bonté de S. M.
le roi Philippe V lui accorda, à la date du
17 juillet 1731, le privilège de porter ce tro-
phée devant ses escadrons. Le régiment
a Bravante » fut réformé en 1763 et sa troupe
versée au régrment « Alcantara », lequel con-
tinua, avec le privilège, par ordonnance
royale du 11 Janvier 1769.
America.
Condé-Folie (LXV,786).— Condé-Fo-
lie (Somme, Picardie) village, succursale^
arrondissement et à 5 lieues 1/2 O. N.O.
d'Amiens, canton de Picquigny, bureau
de poste de Plixécourt 1 135 habitants.
Folies (Somme, Picardie) village, suc-
cursale, arrondissement et à 3 lieues 1/2
NNE de Montdidier, canton de Rosiers-en-
Santerre, bureau de poste d'Hangest 408
habitants.
{^Dictionnaire de la France, par Briand
de Verzé, 1852).
Sur une carte de la Somme, j'ai trouvé
Folye au lieu de Folies.
Mais ces deux localités sont trop éloi-
gnées l'une de l'autre pour admettre que
la première doive son surnom àla seconde.
V. A.T,
♦ *
Cette appellation, comme, aux portes
de Paris, celle d'Arcueil-Cachan, résulte
du rapprochement des noms de deux ag-
glomérations, Condé et Folie sont deux
noms lieux de très répandus sur le terri-
toire français.
Condé est considéré comme provenant
d'un mot gaulois Condas, signifiant con-
fluent : dans le cas qui nous occupe, il
s'agit du confluent de la Somme et du
ruisseau d'Airaines.
Quant à Folie ou la Folie, « depuis
« plus de sixsièclesau moins cette appel-
« lation est imposée par le populaire à
« des constructions qu'il juge inutiles ou
« trop somptueuses, et qui n'ont souvent
« qu'une existence éphémère »(Loupion,
Dictionnaire topographigue... de la Marne,
introduction, p. 111). Le nom de Folie,
écart de la commune de Condé-Folie, est
traduit dans un document de 1301 par
Stulticia. P. Ml.
Noms des habitants des Etats-
Unis (LXV, 170, 3r7, 367, 467, 559,
706, 736). — Je propose, pour désigner
le pays, le nom d'Unistatie, et pour les
habitants celui d'Unistatais ou celui d'U-
nistatien. Les Anglais disaient Unistate-
men, etc.
Trémont-la-Tour,
Famille Bidon, de Bordeaux.
(LXV, 783). — Ni V Armoriai de 1696
(Registre Guyenne), ni V Armoriai du
Bordelais par Meller, ni V Etat-civil des
Familles Bordelaises par le même ne ci-
tent cette famille. Bien plus, ce nom n'est
pas inscrit dans V Inventaire sommaire
des Archives départementales de la Gi-
ronde, série E. supplément. Ce n'est donc
pas en Gironde qu'il faut chercher des
Bidon parmi les familles notables, anté-
rieures à la Révolution,
Garumnus.
J'engage le demandeur à se mettre en
rapport avec mon excellent confrère. M,
Gabriel de Vaux-Bidon, 29 Boulevard de
Clichy, à Paris, dont le nom s'est écrit
autrefois Bidon de Vaux.
Th. Courtaux.
Cavaignac (Les), sous-préfets de
Lesparre (LXll ; LXV, 757). — Je donne
ci-après, la citation d'un document qui
pourra peut-être aider à élucider la ques-
tion déjà bien ancienne, posée par M.
Darbly, et à laquelle notre collaborateur
W »333. Vo. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
IQ
20
Le Lieur d'Avost apporte maintenant sa
ence bien reconnue quand il s'agit
_ ..„-..r une généalogie.
Voici dans ses parties essentielles l'acte
de décès du baron de Cavaignac qui fut
longtemps receveur des finances à Mont-
morillon. J'ai dit < baron de Cavaignac »^
parce que c est ainsi que je l'ai presque
t ? entendu nommer et désigner
^a:.; .- Vienne: cependant les actes d'état
ci>-il qui le concernent, n'appliquent pas,
comme on va le voir, le titre de baron à
son nom de Cavaignac.
Le 20 janvier 1S71, est décédé Jean-
Jacques-Amédée Cavaighac.baronde ta Lande,
âgé de 73 ans. receveur p^" Jes finan-
ces retraité, chevalier de la _ . honr.erir,
demeurant en cette ville de Montmorillon.
né à Bordeaux, fils de .M. le baron Jean-
Baptiste Cavaignac, ancien soas-préfet, che-
valier de b Légion d'honneur et de dame
Marie- .Monique Waré : veut en premières
noces de Mane-Louise de Lestine de Bosc,
époux e^ deuxièmes noces de Mme Jeanne-
Louise Bethoirest.
Au même registre et à quelques pages
de dislance puisque c'est à une date de la
même année, on trouve le décès arrivé le
20 septembre 1S71, de
Joseph Louis Amédée d'Armaillaçq, véri-
ficateur de renregistrement, âgé de 43 ans.
demeurant à Saintes, natif de Bordeaux etc..
époux de dame .Marie-Gabrielle-CIaire
Civaigoac de la Lande, décédé à Montrso-
rillon et doat le corps doit être transporté a
Pauillac.
Outre Mme d'.Armaillacq. le baron de
Cavaignac avait deux autres filles, qui
ont quitté le Poitou et y ont conservé
peu de relations, bien qu'elles y aient
encore quelques parents.
J'ai enterdu dire dans plus d'une occa-
sion, que l'ancien receveur particulier de
Montmorillon était cousin du général chef
du pouvoir exécutif en 1848 et concurrent
malheureux du prince Louis -Napoléon.
M. A. B.
Famille Certain (LXV, 783). — Ma
réponse vis« aussi la question posée
même colonne, sur la famille Dubois. 11 ne
s'agit ni plus ni moins que de la famille
Certain de C. * 't. a laquelle appar-
tenait le mart- ^.ette famille, de Bri-
ves-la -Gaillarde, a sa généalogie imprimée
dans \' Annuaire le /i ScbUsie de 1896.
Les manvjscrils de Cherin a la Biblio-
thèque Nationale donnent des détails sur
elle. Pierre de Certain, seigneur de la
.V.eschaussée, anobli en 1758, épousa en
1720 Catherine Dubois, nièce du triste
cardinal. Petr.\corensis.
Dubois : famille du Cardinal ; LXV,
yS^). _ Nous recevons la lettre suivante.
Mon cher confrère.
V Intermé.iiaire s'^forme de la famille
du cardinal Dubois.
Je lis aux rsotes qui accompagnent le l^«
volume de VHist--ire di France de Michelet :
c Deux écrivains se sont imposé de nos
ionrs la tâche de réhabiliter Dubois, .M. de
Barné (iSst) et M. de Seilhaç (iSoa). La
gravité magist'-ale de M. de Barné rie m'im-
pressionne pas... Pour M. le Comte Je Sei-
Ihac. .. il est du pays de Dubois, de Brives-
la- Gaillarde, il écri't d'après les papiers de
Brives et ceyx de la famille Durois. >
Un intermédiairiste qui aurait le loisir de
retrouver et de consulter l'oevrâge de .M. de
Seilhac y puiserait peut-être d'intéressants
renseignements sur la famille de Dubois.
Michelet indique que cet ouvrage com-
porte deux volumes, mais n'en donne pas le
titre. .
j'ajoute que je suiyrai avec bieti de l'inté-
rêt les communications que vous recevrez
sur cette question, car j'ai entendu «souvent
ma grand-mère maternelle Mme Blachet,
née Castelle, affirmer qu'elle appartenait à
la famille du cardinal Dubois. Je ne pourrais,
malheureusement, fournir à cet égard aucun
renseignement, car J'ai successivement perdu
ma granz'mère et ma mère dans un âge où
ie ne songeais guère à l'intérêt de ces re-
tours vers le passé.
Bien cordialeraent vôtre,
Paul Veugnet.
Secrétaire général de la Libre-P>irole
Marque Fratin (LXV. 7851. ~ Fra-
lin était un sculpteur de talent vers le mi-
lieu du XIX* siècle. Mon père dirigeait à
cette époque une des plus importantes
maisons de bronzes d'art de Paris : je me
souviens des bronzes de Fratin, animalier,
je crois.
Je vois encore quatre tableaux reliefs
représentant un cerf, sa biche et ses pe-
petits. un cheval, sa j.iment et son pou-
lain, le tout de Fratin. si ma mémoire est
fidèle. I. V. P,
Fratin est un bon sculpteur animalier
qui tient une p^ace honorable après
Mené. On trouve à peine son nom dans
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Juillet 191a
21
22
les Dictionnaires. Il a passé les dernières
années de sa vie à Vétheuil ^''arrondisse-
ment de Mantes) ou je crois même qu'il
est mort, sans pouvoir l'affirmer. Dans
sa retraite, il s'est essayé à des restaura-
tions, de statues dans l'église de Vé-
theuil, si riche en objets d'art de toutes
les époques. 11 est mort, aux environs de
1870, et plutôt avant. E, Grave.
*
Christophe Fratin, né à Metz le 11 ni-
vôse an IX Cl*' janvier 1801). mort au
Raincy (Seine-et-Oise) le 17 août 1864,
est un artiste français, qui « se consacra
exclusivement à la sculpture des ani-
maux, et cette spécialité contribua puis-
samment à établir sa réputation », dit le
Dictionnaire biographique de l'ancien dé'
parlement de la Moselle par Nérée Quépat
[René Paquet], p. 179 (Paris et Metz,
1887). Il figure dans le Dictionnaire gé-
néral des artistes de l'Ecole Française, par
E. Bellier de la Chavignerie (Paris,
1880). Mettensis.
« *
Voiries n°' 552 et 561 du journaWa
Curiosité Universelle, où une question ana-
logue resta sans réponse. Simon.
Marciily (LXV, 404 804). — Com-
me suite à la réponse faite dans ce der-
nier numéro, serait-il possible de savoir
quelle est celle des deux demoiselles de
Champs de Marciily présentes à St-Cyr
en 1689, qui joua un rôle dans la repré-
sentation d'Esther de cette année là ?
Bellechasse.
DeJrcendance de Pradier (LXV,
739). — M. James Pradier, petit-fils de
Pradier, l'illustre sculpteur, veut bien
nous donner les renseignements sollici-
tés.
jean-Jacques dit James Pradier, sculp-
teur né le 23 mai 1790, mort le 4 juin,
1852, fut marié en 1833 à Louise d'Ar-
cet née en 1813, morte le 28 décembre
1885. Il en eut :
I. — Charlotte, née en 1834^ décédée
en 1854, mariée en 185,3 à Léopold De-
lagarde décédé. Pas d'enfants issus de ce
mariage.
II. — Jean-Pierre, dit John , artiste
peintre ; né à Paris, le 21 mai 1836, mort
le 28 juin 1912. marié en 1867, à Mlle
Lina Ackermann, dont postérité plus loin.
lil. — Thérèse, née en 1839, mariée à
Jules David (actuellement vivante).
Jean-Pierre dit John eut trois enfants :
a). Francis, chimiste , né à Genève
1 1 février 1869, mort le 29 décembre
1901.
b). Jules, dessinateur, né à Genève
!*■■ juin 1871, mort le 9 septembre i886.
c). James, dessinateur, né à Paris, le
6 juin -877, marié à Paris le 28 janvier
1902, à Mlle Amélie-Andrée de Rognier
décédée le 2 novembre 1906. Remarié le
21 mai 1908 a Mlle Marguerite Cartaud,
d'où deux enfants :
a) Odette, 30 septembre 1909.
h) Andrée, 6 octobre 1910.
Thérèse Pradier, de son mariage avec
M. Jules David, eut deux enfants :
a). Louise David, mariée en 1902 à
Louis Praud, juge de paix, pas d'enfants.
b). Maurice David né en 1864, mort en
1894, ingénieur de la Compagnie de
l'Ouest.
*
De VEchode Paris du 29 juin 1912 :
Nous apprenons la mort de M. John Pra-
dier, artiste peintre, fils du grand sculpteur
James Pradier, petit-fils et arrière petit-fils
du chimiste Jean-Pierre-Joseph d'Arcet, de
Jean d'Arcet et du chimiste biologue Rouelle
décédé 6, rue du Presbytère, à Asnières.
P.C. c.]. Q.I.
Armes d'Arnold de Ville (LXV,
51, 177, 812) — D'après l'abbé F. -J. Poi-
rier [Met:^ : documents généalogiques , p.
637, Paris, 1899), Arnold de Ville, baron
libre du Saint-Empire, des deux ?'aidaves,
de Selles, Termoigne et Bennes, seigneur
de Brémeré, Frère et autres lieux, gou-
verneur et directeur général de la machiné
de Marly et des travaux de la Seine, fils
de noble et illustrissime seigneur Wivaht
de Ville, baron de Selles, etc., et baron
libre du Saint Empire, seigneur de Bré-
meré et de Frère, et de Catherine-Elisa-
beth, née baronne de l'Erneux, de la pa-
roisse .Saint Sulpice de Patis, épousa, à
Metz, paroisse Saint-Livier, le 29 avril
1708, Anne-Barbe de Courcelles, dont il
eut trois enfants : i" Barbe-Anne, morte
en 17 12 à l'âge de 3 ans 1/2 ; 2" Arnould-
Charles, rié le 14 octobre 171 1 ; 3° Anne-
Marie-Bàirbe, née le 25 mai 1713.
Mettensis.
N» 1333 Vol. LXVI.
_ 23
Grandesse d'Espagne (LXV, 784).
— Saint-Simon, que passionnaient les
questions de titres, d'honneurs et de pré-
séances, et qui avait eu l'occasion d'étu-
dier la chose sur place, a consacré plu-
sieurs chapitres à la grandesse d'Espagne.
On y lit :
La manière de succéder à la ihgnité de
grand n'a rien de distinct de la manière de
succéder aux biens ; et comme ils passent
tous sans distinction en quenouille et de fe-
melle en femelle à l'infini, aussi font les
grandesses, avec la confusion de noms et
d'armes qu'entraîne ce même usage, établi
parmi les Espagnols, de jcTindre à son nom
tous les autres noms de ceux des biens des-
quels on devient héritier, surtout avec les
grandesses, qui se substituent ainsi à l'infini,
à la proximité du sang, sans distinction de
mâle et de femelle, sinon du frère à la sœur,
ou en quelques maisons ou occasions peu
communes, de l'oncle paternel à la nièce.
P. c. c. De Mortagne.
■*
« *
Saint Simon (chap. XXI, du vol. II de
rédition Hachette de 1865, page 264) s'ex-
prime ainsi :
La manière de succéder à la dignité de
grand n'a rien de distinct de la manière de
succéder aux biens ; et comme ils passent
tous sans distinction en quenouille et de fe-
melle en femelle à l'infini, aussi font les
grandesses qui se substiiuent ainsi à l'in-
fini, à la proximité du sang, sans distinction
de mâle et de femelle, sinon du frère à la
sœur, etc. etc. 'V. A. T.
Argenture. — Etamage prékis-
torique (LXV, 646, 770, 861). — Je
viens d'acquérir pour notre Musée des
antiquités préhistoriques et romaines
d'Alsace le résultat d'une fouille de
tumuli à Nordhausen datant de la fin
de l'époque de Hallstatt du commence-
ment de l'époque de laTène : grands tor-
ques et beaucoup de bracelets en bronze,
boucles d'oreilles en or, tètes d'épingles
en or et bronze, fibules, etc., etc. Ces
dernières montrent des traces indubitables
d'étamage, ce qui prouve qu'en Gaule
rétamage était connu des le 6'' ou 5°
siècle avant j. C. D"^ R. Forrer.
Jardins dessinés par Lanôtre (XLV,
44^, 760, 614, 7 14, 819J. — Les jardins du
château de la Seilleraye près Nantes ont-
ils été dessinés par Lenôtre comme je l'ai
entendu dire ?
L'INTBRMfiDIAIRB
24
Un intermédiairiste Nantais pourrait
peut-être répondre à ma question.
Le château de la Seilleraye propriété de
Madame la baronne de Courtavel, femme
d'un diplomate du second empire, qui y a
réuni une belle collection de tableaux, a
été illustré par divers séjours qu'y fit la
marquise de Sévigné au cours de ses villé-
giatures en Bretagne. On y conserve sa
chambre et elle a daté plusieurs lettres de
la Seilleraye.
Je lis dans Y Annuaire des Châteaux de
1910 que le domaine appartient à cette
époque à la comtesse de Solages et au ba-
ron et à la baronne de Kainlis.
Dehermann.
» »
voir
Dictionnaire de Bretagne, Ogée,
édit. 1843. II, vol. p. 882.
V. Saint- Vougay. Château deKerjean.
... les jardins dessinés par Lç Nôtre avaient
seuls près de trois hectares de superficie,..
Le château de Kerjean a été acquis par
les Beaux Arts pour l'Etat en 191 1.
Em. g.
*
* *
Le château de Vie sur-Aisne, situé en-
tre Compiègne et Soissons, est entouré
d'un parc dessiné par Lenôtre, dont quel-
ques parties sont demeurées intactes. Deux
grands parterres ornés de statues, enca-
drés par des charmilles et de hautes
masses de verdure, s'étendent devant les
terrasses et les trois perrons par lesquels
on accède au château. La large allée qui
les sépare aboutit à une colonnade qui
termine la perspective, et, par une dis-
position qui se retrouve fréquemment
dans les dessins de Lenôtre, l'allée va en
se rétrécissant vers l'extrémité pour donner
l'illusion d'une plus grande longueur. Le
Cardinal de Bernis qui passa à Vic-sur-
Aisne les cinq années que durèrent sa dis-
grâce, avait sacrifié au goût du jour en
faisant redessiner certaines parties à Tin-
glaise, mais les grandes lignes ont été
conservées dans l'ensemble.
C'est à Vie que le Lieutenant Général
Vicomte de Reiset vint épouser, en 1809,
Anne-Amélie de Fromont, et, depuis cette
époque, le château n'est plus sorti de la
famille. Vicomte de Reiset.
Conversation des Thuileries (LXV,
764). — Ne s'agit-il pas de « la Soirée
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Juillet 191B
25
26
des Tuileries », gravure de Simonet,
d'après Baudouin ?
A. G. Fr.
Voir LXIII, 304 et 526.
Gravure éoigmatique dédiée aux
victimes de la Révolution (LXV,
733). — Est-ce que cette estampe ne
concerne pas les Suisses massacrés à Pa-
ris et en mémoire desquels une chapelle a
été élevée et se voit encore à Lucerne,
près du fameux Lion ?
A. G. Fr.
Chastillon, (Topographie françoise
par Claude) (LXV, 778). — Ce titre (Es-
tampe et titres de noblesse) appartient sans
douteàune autre question. Aussi la mienne
est incompréhensible ! Je prie les collabo-
rateurs d'y substituer cette rubrique :
Chastillon (Topographie Françoise par
Claude).
Simon.
[C'était, en etïet, une erreur de mise en
page.]
La course des apothicaires dans
« Monsieur de Pourceaugnac »
(LXV, 644, 814.) — Nosdeuxaimables cor-
respondants nous disent ce qu'ils ont vu.
Je les en remercie. Mais je crois que la
course des apothicaires devait être réglée
d'une autre façon du temps de Molière, à
cause de la disposition des salles de spec-
tacle a cette époque : banquettes sur la
scène, parterre debout, balcon peu prati-
cable dans une salle quadrangulaire.
M. Maurice Charpentier nous parle de
Pourceaugnac revenant sur le théâtre suivi
de tous les apothicaires, « par le trou
du souffleur ». Cela est possible de nos
jours. Du temps de Molière, il n'y avait
pas de trou du souffleur. La question a
été réglée ici : On soufflait de la coulisse.
M. Alexandre Rey a vu, lui, tout récem-
ment à Lyon, ladite course réduite à un
défilé au rez-de-chaussée. La vraie tradi-
tion nous échappe donc encore, et, à ce
propos, combien de fois j'ai regretté que
les éditions de nos classiques ne contien-
nent pas plus d'indications scéniques qui,
bien souvent, rendraient le texte plus
compréhensible. Je me rappellerai tou-
jours deux passages du Dépit amoureux
que, fort jeune, je n'avais pas compris.
Eraste dit à Gros René : « Voici de quoi
délier ta langue. » — Et Gros René, dans
sa tirade, dit aussi : « Par comparaison
donc, mon maître, s'il vous plait. » — Ce
« s'il vous plaît » m'intriguait.
j'assiste à une représentation du Dépit ^
et je vois Eraste menacer son valet de son
épée : *«■ Voici de quoi délier ta langue. »
Plus loin, je vois Eraste distrait, impa-
tienté, remonter au fond de la scène pen-
dant le discours de Gros René, et celui-ci,
fâché de parler pour lui seul, invitant son
maître à redescendre pour écouter la fin
de son morceau. »< Mon maître, s'il vous
plaît ».
Tout devenait clair, limpide. En atten-
dant je n'avais trouvé sur aucun livre
l'indication de ces deux jeux de scène. Et
pour les tragédies ! Combien leur lecture
serait moins fastidieuse si l'on nous disait
un peu ce que font, ou ce que doivent
faire les personnages pendant ces tirades
interminables.
On a publié cependant, vers 1905, une
édition de Molière, tout au moins, avec
des indications scéniques. J'en ai feuilleté
un volume à l'étalage d'un libraire, et
l'idée m'en paraissait heureuse. Depuis ce
tempî, je n'ai plus jamais rencontré cette
édition. Quelle est-elle? Nous y trouve-
rions peut être l'explication de notre
course d'apothicaires.
Henry Lyonnet.-
Vers grec palindrome (LXV, 591;,
71», 772J. — Dans la chapelle du château
de Châtillon d'Azergues (Rhône), on peut
voir, gravé sur un bénitier moderne, le
vers grec lécemment cité par Nauticus,
Cette même inscription se lisait, autrefois,
sur le bénitier de Sainte-Sophie de Cons-
tantinople. Joseph Balloffet.
Tatien (LXV, 548, 67 1 ,8 1 5) . -^ On au-
rait tort d'accorder quelque confiance à la
« traduction > des Amours de Leucippe et
de .Clitophon, de Tatien, publiée dans la
Revue Bleue de 190:?, par MM. Pierre de
Querlon et Charles Verrier. M. J, Nicole
a montré, en comparant le texte à la tra-
duction, les étonnantes libertés que les
auteurs se sont permises, ajoutant des
détails, des passages entiers qui n'exis-
tent pas dans l'original. « Leur procédé
consiste à inventer des textes... Ce qui
est certain, c'est qu'ils se sont moqués
du monde. . . » Reviu des études grecques^
N»
'^^,1
Vol. LXVI.
27
L'INT^^I^DIAIRH
28
19OS, p. 377 sq. y4 propos d'une récente
supercherie littéraire. W. D.
Almanachs troyens du XVIP
siècle (LXV, 780). — L'indication don-
née par M. Emile Socard est exacte. Les
28 volumes de la collection d'Almanachs
du Président de Bailleul existent bien à
l'Arsenal -sous la cote Sciences et arts
9027, in-8. M. F.-R.
*
* *
Les vingt-huit volumes du recueil for-
mé par le président de Bailleul se trou-
vent bien à l'Arsenal, sous la cote SA.
9027, in-8« d'Heuzel.
Carimara (LXIV ; LXV, 189, 436,
6y6). — On lit dans Le Lizre des Pro-
verbes français de Le Roux de Lincy (I,
320) :
Bertangles (arrondissement d'Amiens). Les
carimaros de Bertangles.
Carimara, Kerimenero bohémien, sorcier.
L'avocat Patelin, dans son cfëlire s'écrie :
Ostez ces gens noirs marmara
Carimari, carimara.
(Corblet, Prov. picards) .
P. C. C. DE MORTAGNE.
Demander le portement (LXV,
454, '57316215). — La Curhe de Sainte-
Palaye (Dictionnaire Je /'ancien langage
français) donne : Portement, santé, avec
des exemples de Montaigne et des « Nuits
de Straparole » .
Godefroy (Dictionnaire de Vancien lan-
gage) cite au mot Portement , état de
santé, deux phrases de La Petite Fadette
et de Claudie de George Sand, outre des
exemples d'auteurs anciens.
J. Lt.
*
* *
Eh ! mon Dieu ! que vient faire, ici, à
ftropos de ce mot si simple par lui-même,
e rappel de la Loi sur l'Instruction pri-
maire, laïque et obligatoire !
A y Intermédiaire, que diable! nous ne
sommes pas, comme à la tribune de la
(ihambre, pour nous contenter de bali-
vernes.
Laissons-les aux habitués de la poli-
tique.
Ce mot de « portement »- a son sens
net et précis : la manière dont on se
porte. Ce n'est nullement là, croyez-m'en,
du jargon de paysan, dont il faille, à tout
prix, se défaire. Non ! c'est cjvi |?on et
honnête vieux français des xvi® et xvii«
siècles, et du meilleur, car il porte en soi,
mieux que tant d'autres qui ne le valent
pas, ses quartiers de noblesse.
Tous nos vieux écrivains sont là, pour
le dire :
J'ay expressément depesché Malicorne, a ce
que par iuy je sois acertainé de ton porte-
ment sus les premiers jours de ton voyage.
(Fr. Rabelais. Pantagruel. - 1546.)
Pour m'adoulcir vostre trop longue absence,
Descrivez-moy tost vostre portement.
(F. Habert. de Berry. Le Temple de
Chasteté, — I549-)
Libéral, ayant senty le vent de la venue de
son compère, ne faillit à l'allei trouver ; et
Iuy donnant n ille accollade8,remercioit Dieu
de son heureux retour et bon portement.
(P. de Larivey. F/" Facétieuse nuict de
Straparole. — 1595.)
Silvery, qui hai toit souvent Pisard, et
voyoit le paisible portement dft sa belle-sœur,
estoit tout estonné.
(idem. Vllje Nuict.)
Tant y a, qu'elle m'a infiniment resjoui
de m'avoir assuré de votre bon portement.
(Fr. de Malherbe. Lett. à Peiresc. —
1607.)
Si d'autre part, notre contemporaine,
George Sand^ la « bonne Dame de No-
hant », maintes fois l'a cité, ce mot, en
s'en servant, dans ses Ftomans champêtres,
c'est assurément, qu'il lui revenait, allè-
gre et clair, à la mémoire, qu'il sonnait
bien à son oreille et lui disait, nettement,
ce qu'il veut dire.
Mais j'y pense ! grave question : Ma-
dame Sand, tout illustre qu'elle soit avait-
elle bien seulement, son certificat d'étu-
des ?
L'un de nos plus aimables collabora-
teurs (^toujours au sujet de ce même mot)
s'illusionne à nous dire que < les jeunes
gars du Berry qui maintenant gardent
les vaches ont presque tous dans leur po-
che un certificat d'études et veulent parler
correctement. »
Ah ! le bon billet qu'ils ont là, dans ce
certificat !
Interrogez, pour voir, sur ces jeunes
savants, l'un quelconque des chefs de
corps de notre brave Armée française ?
fous vous diront non sans quelque amer-
tume que, à l'arrivée des recrues, jamais
le nombre des llletrés, n'a été plus
grand. Ulric Richard-Pesaix.
DBS CHBRCHBUJtS BT CURIEUX
lo juillet i9i3
29
30
Siffler au disque rouge (LXV, 692).
— Sur les lignes de chemin de fer, les si-
gnaux de protection sont constitués par
des disques, blancs d'un côté, rouges de
l'autre (Cf. Larousse au mot disque).
Le mécanicien d'un convoi qui aper-
çoit la face blanche du disque peut conti-
nuer sa route ; mais celui qui en voit la
face rouge est dans l'obligation de s'arrêter
et de lancer des appels avec le sifflet de
la locomotive jusqu'à ce que, de la sta-
tion voisine, on ait fait pivoter le disque
pour lui donner « voie libre 2>.
De là est venue l'expression de « siffler
au disque » pour attendre, se morfondre,
connue de de l'auteur de la question.
F. de Nion n'a fîait que f)réciser cette
expressiop eri lui ajoutant le mot rouge.
C. R.
Hautie ou Hautil (LXV, 544, 67 s,
84b j. — La note de M. H. S. D. règle de
la façon la plus heureuse la question des
Authieux, sépare définitivement ce mot
d'Hautil et montre combien il est bon de
se reporter au texte des chartes et des au-
teurs latins pour se rendre compte de
l'origine de mots plus ou moins sca-
breux.
A la note si bien rédigée de nqtrç cpn-
ffère, je me permets d'ajouter les rensei-
gnements suivants complémentaires.
La finale latine — âlts, — aies devient
(|és les temps les plus anciens le français
els, et l'on a ialis tels, qualis quels, hospi-
talis ostels, altalis altels autels, etc.
Vers le xn* siècle la vocalisation du
groupe el en eus est la règ|e et l'on a ta-
lis teus, qualis queus, hospitalis osteus^
etc., etc.
Il arrive parfois que 1'/ tombe, et l'on a
talis tes tex, hospitalis ostés, annualis an-
vés.
Dès le xiii^ siècle se rencontrent la
l'orme en ieux et lex^ et l'on a ialis ttex
tieus, qualis qiex, quieif,s, aliahs autieux,
hospitalis ostieus.
Plus lard ces formes en ieux, iex tom-
bent en désuétude et sont remplacées par
des formes refaites sur le modèle du plu-
riel de l'accusatif tels, queh\ hôtels, au-
tels, etc.
D'après cela, le nom de lieu Authieux
date au plus tôt du xin^ siècle. Il en ré-
sulte que la charte dont parle M. H.' S. D,
datée de iob6 ne peut concerner qu'une
localité s'appela nt alors J^ltels devenu
avec le temps Auteiis, Autieus, Authieux.
L'orthographe Philippe d'Autils, en la-
tin de Aliaribus me parait sujette à cau-
tion Rien ne prouve que le latin aies soit
devenu en normand — ils. On doit croire
plutôt â une erreur graphique, et qu'il
serait plus correct d'écrire Philippe d'Aw-
tels. " ' ' H. La.
Frotel ou FooteMLXV, 150,67b,
770). — Topt bien considéré, et après
lecture de Frotel 770, je renonce à ma
supposition sur f^rotef 6^6. Voici ce que
je pense.
L'abbaye de Malnoue porta d'abord le
nom de Fautel ou quelque chose d'ap-
prochant, du reste le choix est assez li-
mité, Fotel, Fautel ou Foutel. Les gra-
phies Frotel, Footel sont irrégulières et
proviennent de mauvaises lectures.
Mais il faut faire attention que ce nom
Fautel n'a rien à faire avec les bois de
hêtre pouvant avoisiner l'abbaye. Fautel
ne désigne qu'un seul hêtre, auprès du-
quel se sera passé un événement ayant
déterminé la fondation de l'abbaye ; telle
serait (pure supposition de ma part) une
apparition de la Sainte-Vierge et autres
saintes, d'où plvJS tard les noms de Bois-
aux-Dames, Notre Dame de Fautel (le
nom ne Fauteuil ét;ant une déformation
populaire de l'ancien nom Fautel cessant
d'être compris).
Je crois, comme cela, satisfaire d'une
façon convenable, la curiosité de M. le
comte Bizeniont,me mettant d'accord, 014
à peu près, avec les explications de l'abbé
Lebeuf. H. Laray.
Noms français donnés à des rues
à l'étranger (LXIV, 380,593, 684, 806,
857 ; LXV, 389). — Il y a à Rio de Ja-
neiro la rue Sachet. Ce nom est celui du
machiniste du ballon « I^ax ». dont l'in-
venteur, Auguste Severo, est mort à P^-
ris, victime d'un accident terrible.
II y a à Paris la rue Severo. M.
Ce qui tonibe dans le fossé (LXV,
148, 391). -- iVÏ. L. dit en terrni-
nant, — qu'il a hospitalisé ce dicton dans
un recueil qu'il vient de publier.
Ne pourrait-on connaître le titre exact
de ce recueil avec le nom de l'éditeur ^
Thouveni^J.
N* 1333. Vol. LXVI.
3,
Qougainville (Supplément au
voyage de) (LXV, ^gS, 710). — Le Sup-
pUitunt an /'ovJ.ijt' Jf Bougaitiville, de
Diderot, n'est qu'un tissu de calembre-
daines cyniques et licencieuses, sans grand
rapport avec la réalité. Diderot, lors
même qu'il était de bonne foi, s'embal-
lait facilement sur une question qui l'in-
téressait et se fabriquait les plus éton-
nantes chimères. C'est ainsi qu'il s'en-
thousiasma pour le Parlement anglais,
dont on venait de lui expliquer le méca-
nisme, et le regarda, sur-le-champ, comme
la mode de gouvernement le plus hon-
nête, à l'heure précisément où il était le
plus corrompu : qu'on relise sans rire, si
on le peut, sa lettre du 13 octobre 1760 à
Mlle VoUand.
11 existe plusieurs relations inédites ou
peu connues, du voyage de Bougainville,
qui permettent d'entrevoir la vérité : celle
de Fesch, un volontaire de l'expédition -
à propos duquel une lettre de Bougain-
ville, que je ne connais pas, a récemment
été vendue en Angleterre {Cat. Charavay ;
rïov. 1910: 6 Floréal, An Vlll) et celle
de Commerson, le naturaliste, toutes les
deux au Muséum de Paris, mais dont il se
trouve, je crois, pour le journal de Feseh,
une copie à la Bibliothèque de l'Arsenal ;
celle de Caro, le lieutenant de VEioile,
dans la fameuse bibliothèque de feu Sir
Thomas Philipps, à Cheltenham, en An-
gleterre ; celle du Prince de Nassau-Sie-
gen, au Ministère des AflFaires-Etrangères,
— que se proposait d'éditer M. Louis
Farges ; enfin, celle du médecin Vivez,
imprimée dans le Bulletin de la Société de
Géographie de Roche fort, en 1*^93, sauf
quelques coupures nécessitées par les
convenances.
Ces relations ne donnent, certes, pas
l'idée de l'amoralité absolue des Tahitien-
nes, dont parle Diderot. A Tahiti, comme
chez la plupart des peuples primitifs, —
et dans nos grandes villes, maintenant
que nous retournons à l'incivilisation
première, — les jeunes fillos jouissaient
d'une liberté complète, mais non p;is les
femmes mariées. Ces dernières pouvaient,
comme nos civilisées, donner des coups de
canif dans leur contrat de mariage, mais
elles se savaient en faute et se cachaient
de leur époux. ^ Celles qui se trouvaient
le plus à plaindre, c'étaient les femmes >-,
écrit Vivez « parce que la jalousie qui re-
L'INTERMBDIAIRB
32
gne dans cette partie, tomme ailleurs,
les oblige à prendre des mesures».
Cette vue est confirmée par les compa-
gnons de Cook : « On est bien dans Ter-
reur, me dit le lieutenant Roberts, lors-
que l'on croit que ces femmes s'abandon-
nent toutes au premier venu et qu'elles
n'ont point de mœurs ni de retenue ».
(Lescallier, Lecture faite àl'Acad. des Se.
Morales et polit., le 17 Fructidor, An IX,
dans les Mém., t. IV; pp. 22-4). Une
Tahitienne mariée, fort jolie, amoureuse
d'un bel officier anglais de l'état-major
de Cook, ne voulut cependant lui rien cé-
der sur l'essentiel ; il n'en eut que son
portrait en pied, fait par le peintre de
l'expédition.
Cook lui-même, — dont, chose cu-
rieuse, on n'a publié que récemment le
journal authentique et complet de son
premier voyage (édité par le capitaien
W. J. L. Wharton ; Londres, Elliot Stock
1893) — me semble avoir assez exacte-
ment résumé les mœurs tahitiennes : dès
l'enfance, une extrême indécence de ges-
tes et de propos, de jeux et de danses,
mais on citerait aisément des faits ana-
logues presque partout ailleurs, par exem-
ple, dans l'Inde, l'Indo-Chine, la Chine
et le Japon; puis, quand la jeune fille, ar-
rivant à la nubilité, se choisit un ami, qui
sera probablement suivi de quelques au-
tres, elle se retire de ces jeux inconve-
nants et prend une attitude extérieure
plus mesurée ; enfin, devenue femme lé-
gitime, elle doit s'attendre à une bonne
raclée (a heaiin^), si l'époux constate
qu'elle manque à ses devoirs. Le seul
trait spécial à Tahiti est l'existence des
Aréots, groupe ou club dont les mœurs
paraissent dépourvues de scrupules, mais
qui semble plutôt malthusien, car on y
peut vivre comme mari et femme, pourvu
qu'on fasse disparaître les rejetons aussi-
tôt leur naissance (pp. 9^-96) — par où
ce groupe diflère des autres Tahitiens, qui
ont toujours eu et conservent encore au-
jourd'hui, la passion des enfants.
Bancks, dont sir Joseph Hooker a pu-
blié de même le journal inédit en 1896
(Londres, .Macmillan) remarque aussi chez
les indigènes des Mers du Sud, que la
femme, en général, ne doit pas manger
avec les hommes. Elle le faisait, toute-
fois, volontiers avec les Européens, pour-
vu qu'on lui promit de n'en rien révéler
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Juillet 1919
33
34
^ ses compatriotes, (pp. 141-2). Il en était
^insi des autres choses.
Je dois la communication de ces deux
journaux, si peu connus en France, à feu
mon ami, le capitaine S. Pasfield Oliver,
l'un des critiques de V Atbenceum et de la
Revue d'Edimbourg.
11 existait, du reste et il existe encore à
Tahiti, des prohibitions nombreuses de ma-
riage, — ce qui prouve bien que la liberté
des sexes n'est pas absolue. Mais, comme
en d'autres pays, la femme étant la proprié-
té du mari, celui-ci peut l'offrir à un ami,
à un hôte ; la morale consiste à respecter,
non la chasteté de l'épouse, mais la pro-
priété de son seigneur et maître, dont on
ne doit disposer qu'avec sa permission
(Voir la belle monographie de Paul Hu-
guenin, Raiatèa la Sacrée ; publiée par
la Société de Géographie de Neufchâ-
tel ; éd. de 1902, pp. 173-8).
Vivez préfère croire que la curiosité
avait grande part à la facilité des Tahi-
tiennes, regardant les Européens comme
plus vigoureux que les hommes du pays.
La thèse est contestée par d'autres qui
donnent à tous égards la supériorité de
force aux Tahitiens. quoique peu labo-
rieux sous un ciel aussi clément (D"" Jaco-
bus X... L'Amour aux Colonies, Paris,
1893 ; pp. 364, 372 : ce dernier auteur
assure que les indigènes sont d'une ja-
lousie féroce, et nullement disposés à
prêter leur propriété féminine). Ce sont
ici des questions à traiter dans une société
d'anthropologie.
En somme, il y avait, ce semble, pres-
que autant de dévergondage chez les po-
pulations espagnoles et portugaises, que
visita l'expédition, qu'à Tahiti même.
Dans le volume de l'Académie des Scien-
ces morales où le citoyen Lescallier réta-
blit l'honneur conjugal des Tahitiennes,
on peut lire ce que le citoyen Koch ra-
conte des mœurs alsaciennes à la veille de
la Réforme, et ce qu'étaient « les hiron-
delles de la Cathédrale >», qui nichaient
à Strasbourg dans les tours di: vieux
Miinster où elles exerçaient leur com-
merce.
Quant à l'influence fâcheuse de la cu-
riosité lancinante sur nos contempo-
raines, le jour même où j'écris ces lignes,
Le Temps nous apporte une note piquante.
En Allemagne, la police est obligée d'in-
tervenir pour empêcher les femmes de se
livrer trop passionnément « à des essais
d'acclimatation imprévus », avec les
noirs, Catres ou Bédouins, que la maison
Hagenbeck présente au public dans son
établissement zoologique de Hambourg.
La note vaut d'être lue en entier, avec le
commentaire humilié, qu'elle reproduit
des journaux allemands (11 juin 1912).
Voir aussi les Débats du 12 juin).
On peut ajouter que l'immoralité naïve
et traditionnelle des Tahitiens n'atteignait
pas chez eux les sources profondes de la
vie ; tandis que la race parait condam-
née à périr depuis que les Blancs et les
jaunes, les Européens et les Chinois, ont
importé dans l'Ile leurs vices, raffinés et
pleins de maléfices. D'" Jacobus X"-, tibi
supra ; Henri Lebeau, Ôtahiti, Paris, Co-
lin, 191 i).
De toutes les histoires Tahitiennes
d'autrefois, je n'en veux retenir qu'une,
un peu vive peut-être, mais que l'on me
pardonnera, je l'espère, tant elle est amu-
sante et typique. L'art du vol avait at-
teint chez les Tahitiens un admirable
degré ; si bien que, raconte Vivez, « ils
tiraient les draps de lit de dessous un de
nos messieurs qui était sur son lit en
compagnie agréable ». Les pick-pockets
des Deux Mondes doivent, je le crains,
renoncer à jamais battre ce record de la
dextérité. Britannicus.
Belgicismes ("LXV, 12, 187, 288,
340, ,34, 675. 818;. — Renseigner
quelque chose à quelqu'un n'est qu'un
pitoyable belgicisme, les moindres let-
trés n'en peuvent douter ; mais, vu la
corruption de la langue, qui fait de si
rapides progrès et qui est un tel signe
des temps, il n'est pas impossible que
nos neveux voyent introduire cette lo-
cution dans la littérature française, à la
suite de tant d'autres presque aussi ridi-
cules. H. DE L.
Le Pavillon de IHorloge (LXV,
730). — En venant de la « Concorde »,
le « Café-concert de l'Horloge » était si-
tué : Avenue des Champs-Elysées, (le
seul à gauche). Directrice en 1864 : Ma-
demoiselle Anna. 11 existait encore en
1893.
A droite, en bordure de I Avenue Ga-
briel, les deux autres Cafés-Concert :
« Les Ambassadeurs > et 1' c Alcazar
N» 1333. Vol.
LXVI.
- 35
tlNlËRMËDiAlRB
36
d'Eté ». C'est dans ce dernier que Thérésa
chantait la « Femme à Barbe », la « Gar-
deuse d'Ours )!/, etc. ; etc,
Jusqu'à la Liberté des Théâtres, ( ? ),
les chanteuses étaient assises en demi-
lune, sur la scène. A tour de rôle, elles
se présentaient devant le chef d'orches-
tre.
Le personnel masculin : ténors, bary-
tons, basses, entraient par une issue sans
coulisses ; en iiabil, avec des ganfs blancs
toujours trop longs. Et point de traves-
tissements pour les comiques : un cha-
peau cabossé si c'était un pochard ; à
peine un képi pour le lourlourou. Citons
Arnaud, Constant, fie s^rand et le petit),
Joseph Kelm, Pacra, etc. ; etc,
Philosae.
Domestiques célèbres et domes-
tiques d'hommes célèbres (LXV, 54,
^84, 822). — La vieille servante des frè-
res Concourt, la célèbre Pélagie, vient
de mourir. Edmond de Concourt a parlé
de cette excellente femme en termes déli-
cieux et touchants. Voici trois courtes
pages extraites de son journal. Pélagie
appartenait à la race presque abolie des
domestiques amies de leurs maîtres.
C'était Laforêt. C'était Dorine :
Mardi 18 décem'trc i8jj. — Une na-
vrante fin d'année, avec mes quatre-vingt
mille francs dont je n'ai aucune nouvelle,
avec cette bronchite chronique qui me con-
fine et me caifeuire des semaines entières
dans mon intérieur désolé, avec Pélagie, ma-
lade an lit d'un rhumatisme articulaire. Je
comptais sur elle pour me fermer les yeux.
Est-ce que la pauvre fille, la dernière des
personnes qui me soit sérieusement attachée
est-ce que je vais la perdre, et rester tout
seul, tout seul sur la terre, sans une affec-
tion, sans un dévouement? Ce sont des
journées toutes noires, en proie à l'angoisse
du matin, quand je demande à sa fille des
nouvelles de la nuit, en proie à l'angoisse
du soir, quand je rentre et que je monte
chez elle pour savoir comment elle a passé
la journée.
Lundi, 1^ janvier l88(). — L'émotion de
la bataille théâtrale, je la supporte très bien,
excepté au théâtre ; là, mon moral n'est pas
maître de mon organisme. Je sentais hier, .î
rOdéon, mon coeur hnttre plus vite sous un
gros volume.
On finira p.ir m exorciser IlI, Lornmc ic
diable du théâtre. Pélagie rougit à la dérobée
de me servir, et n'a pu s'empêcher, toute-
fois, do me dire, aujourd'hui :
— Vraiment, tout le monde, à Auteuil»
trouve votre pièce pas une cho.se propre !
Et cette phrase, dans sa bouche, est comme
un reproche de sa propre humiliation. Ah !
les pauvres révolutionnaires dans les lettres,
dans les arts, dans les sciences I
Jeudi, 75 octobre iSçi, — Une jeune
Roumaine frappe à ma porte, demandant à
me voir. Sur la réponse que je suis sorti, des
pleurs lui montent aux yeux, dans l'impossi-
bilité qu'elle a de repasser mercredi. Elle re-
vient quelques minutes aprèset dit a Pélagie :
— Est-ce que vous ne pourriez pas nie
donner quelque chose, venant de M. de
Goncouit ?
Et Pélagie, qui ne veut pas me déranger,
lui donne le ciayon avec lequel elle fait ses
comptes de cuisine.
Les petits vitriers (LXV, 501, 680,
824). — Les chasseurs à pied ne doivent
pas leur surnom à la couleur de leurs
épaulettes ; sans parler de l'armée d'Afri-
que, les compagnies du centre dans l'in-
fanterie de ligne en portaient de presque
pareilles qui ressorlaient bien davantage.
Cette dénomination vient de l'aspect
du paquetage et surtout de la position
que les chasseurs affectaient de prendre
dans les posa. Armés de la carabine
Minié, sensiblement plus courte que le
fusil d'infanterie, ils la fichaient en
terre derrière eux, le bout du canon
placé sous le sac, et soulageaient ainsi
leurs épaules du poids du barda, en imi-
tant les vitriers de notre enfance qui de
même appuyaient leur crochet sur la règle.
Telle est l'explication qui avait cours
dans Vanne à l'époque déjà lointaine où
j'avais l'honneur et le plaisir d'y être
sous-lieutenant.
Encore un carreau d'cassé,..
Madel.
Singuliers jetons de présence
(LXV, 598, 775). — Il est de tradition
encore aujourd'hui parmi les avoués à la
Cour d'appel de Montpellier que tout nou-
veau membre envoie au moment de sa
nomination 34 kilos de sucre aux mem-
bres de la chambre des avoués, 17 kilos
à chacun de ses confrères et 8 kilos et
demi aux greffiers. Un avoué célibataire
et qui ne mange pas chez lui peut se trou-
ver ainsi a la tète de provisions de sucre
dont il ne sait que faire. J'ignore si la
même coutume existe chez les avoués de
r*' instance. S, Ql. L,
JOSEPHINE FRIDERICHS ET SON FILS P. K. ALEXANDROFF
Intenuédiairo LXVI, colonae 38.
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Juillet içit
37
38
Strouyatlles ti Ofuriosités
Aventure romanesque d*un trot-
tin de Paris : la comtesse Alexan-
drofl. — Joséphine (on l'appelait Fifme)
était trottin chez Mme Boudei de Terray,
la grande marchande de modes du Paris,
à la fin du xvni»= siècle.
Elle n'était pas jolie, jolie, mais elle
avait cet air si affriolant et mutin de la
grisetle parisienne. Puis elle trottait si
gentiment, avec ses cartons, dans de sim-
ples atours, son petit nez légèrement re-
troussé, ses lèvres souriantes, le flot des
mèches folles, sur un front ingénu ; avec
cela l'éloculion rapide et pittoresque de
la grisette d'hier et d'aujourd'hui.
Elle était, comme ses compagnes, le
plaisir de la rue, où sa jeunesse espiègle
passait... Un Anglais d'âge mûr la re-
marqua. Avisée et ardente, Fifine fit la
la coquette. Comme elle n'avait pas qua-
torze ans, le milord alla trouver son père,
un modeste artisan, dont on ignore le
nom, lui proposa de faire élever la fil-
lette, de lui donner une bonne éducation,
en tout bien tout honneur, puisqu'il se
flattait de l'épouser plus tard.
Après quatre ans passés dans une des
meilleures pensions de Londres, Fifine
était rentrée depuis plus de dix-huit mois
auprès de son protecteur qui allait tout
simplement lui donner son nom lorsqu'il
mourut subitement sans avoir pris de
dispositions testamentaires. La pauvre
fille se trouva du jour au lendemain, à
vingt ans, sur le pavé étranger, précipitée
d'une situation fortunée, habitué au luxe,
déshabituée du travail.
Un épouseur se présenta, il se disait
officier russe habitant Saint-Pétersbourg
et propriétaire dans les provinces de la
Baltique; il se faisait appeler von Friderichs.
Le mariage se fit, mais la lune de miel ne
dura pas longtemps, l'ofïîcier prétexta
son service rentra à Pétersbourg et ne
donna plus de ses nouvelles. Joséphine
partit le rejoindre, la désillusion l'atten-
dait à Saint-Pétersbourg où elle apprit
que le bel officier n'était qu'un simple
courrier de cabinet chargé de porter les
dépêches du Ministère des affaires étran-
gères, qu'il n'avait aucune fortune et
qu'il n'était point Russe mais Prussien.
Dans ces conditions, la vie ne pouvait
être que malheureuse, mais Joséphine
était d'esprit prompt et de décision rapide.
Elle alla, dans un baise plaindre au grand
duc Constantin Pavlowitch leCzarewich,
des indignes procédés de son mari. Le
grand duc lui promit sa protection et ja-
mais protection ne fut couronnée de plus
de succès.
Après avoir obtenu le divorce, elle
alla, en 1807, se fixer à Strela, où Tan-
née suivante elle donnait le jour à un en-
fant qui reçut les noms de Paul Constanti-
nowitch AlexandrotT et pour lequel le
Czarewitch devait avoir une très vive
affection. En 1812, il lui fit conférer la
noblesse ainsi qu'à la mère que dans l'in-
timité il appelait sa chère Julienne
Mikhaïlowna. La liaison dura jusqu'au
mariage du grand duc, en 1820, et se
continua même jusqu'au jour où l'empe-
reur irrité exila la maîtresse loin de Var-
sovie. Entre temps, le grand duc avait
marié Joséphine , devenue comtesse
Alexandroff, à un de ses aides-de-camp
nommé Alexandre Serguewitch Weiss.
A part quelques personnes, tous ceux
qui ont parlé d'elle, font son éloge ; ils
signalent ses mérites, sa bonté, sa com-
passion pour les malheureux, sa belle âme
et « son pouvoir de... » modérer les élans
de la passion déchaînée... Ils dépeignent
sa beauté « ses grands yeux gris d'une
bonté souveraine, ombragés de longs cils
noirs et disent que, dans l'intimité, elle
avait une 'conversation pleine de bonne
humeur ».
Elle est morte à Nice le 5 avril 1824.
Son fils le comte Paul Alexandroff, géné-
ral aide-de-camp, épousa la princesse A.
Chtcherbatoff.
Nous devons la révélation de ces faits
au bel ouvrage de S. A. 1. Monseigneur
le Grand Duc Nicolas Mikhaïlowitch: Les
poitrails russes. Il a daigné nous autori-
ser à reproduire celui de notre héroïne, la
jolie grisette parisienne devenue grande
dame russe peint par Riesener que nous
publions ici.
LÉONCE Grasilier.
Lettre de Mme d'Argental sur
"Voltaire. — Dans les papiers de Bérard
(Auguste-Simon-Louis) député, fondateur
des forges d'Alais, directeur général des
Ponts et Chaussées, receveur général du
Cher, et auteur de publications érudites,
N» |^J3 Vol. LXVl.
L'INTERMiDlAIRb
39
40
je trouve ce manuscrit préparé pour l'im-
pression et qui a peut-être été imprimé.
L'intérêt de ce manuscrit, c'est qu'il re-
produit un certain nombre de lettres de
Voltaire, à ce moment encore inédites :
J'ai pu vérifier qu'on les retrouve dans
l'édition des œuvres de Voltaire (édition
Garnier).
Mais ce qu'on n'y retrouve pas — ou j'ai
bien mal cherche — c'est parmi les lettres
adressées à Voltaire, une lettre de Mme
d'Argental reproduite par Bérard, qui
en possédait peut-être l'original. A-t-elle
disparu r N'a-t-on pas trouvé utile de la
recueillir ? N'ai-jo pas su la découvrir là
où elle est imprimée ? Je ne sais.
Mais cette lettre est si curieuse, elle
peint si bien le Voltaire de la fin,simiesque
et fantasque, que je n'hésite pas à la re-
produire d'après le manuscrit de Bérard
qui est en ma possession. 11 serait dom-
mage qu'elle fût ignorée.
« Cette lettre, observe M. Bérard, doit
être de 17^6, et avoir rapport à l'Enfant
prodigue. Elle est fort curieuse, et fait voir
en quelque sorte, Voltaire vivant et agis-
sant. »
Lettre de Maa" D'Argental à son mari qui
Hait allé souper à la campagne, à minuit
Voltaire sort d'ici. Il est arrivé à onze
heures comme un fiirieux. Il m'a conté qu'il
avait été à Versailles, à Sceaux, chez des no-
taires depuis qu'il était 'evenu, et cent
choses avec une volubilité prodij?ieuse et
toujours criant qu'il était au désespoir. Enfin
quand il a pu mettre quelqu'ordre dans sesdis-
cours, il m'a ditquetout cheminfaisautilavait
fait non seulement les retranchemens que vous
lui aviez demandés, mais même davantage ;
et que, comme il ne s'agissait pas seulement
de retrancher, mais d'avoir le sens commun
en liant les choses, qu'il avait fait des liai-
sons. Qu'avant été a dix heures porter à
Mlle Granval ce qui la regardait, il l'avait
tiouvée apprenant une leçon que des gens
qui ne se fiaîtnt j:\mais à lui, lui avaient en-
voyée. Il m'a deuiandé d'une voix terrible de
quoi on se mêlait. Q.ue cela était réparé
pour Mlle Granval, mais qu'il fallait qu'il
allât réveiller Gianval et Mlle Dangeville qui
logeaient aux deux bouts de Paris ; qu'il avait
fait quinze lieues ; qu'il était tué, excédé;
qu'il fallait qu'il allai demain à Plaisance et
qu'il mourrait de la fatigue que tout cela
allait lui causer. Enfin je n'ai jamais vu
quelqu'un si hors de lui. |e l'ai calmé cepen-
dant et tout s'est terminé à medemander par-
don et à me supplier de vous écrire avant de
me coucher pour vous engager à envoyer de
bou matin chez Granval et chez Mlle Daug«'
ville et à leur faire dire de suivre sa leçon ;
et puis il m'a fait promettre que je vous en-
gagerais (attendu qu'il ne peut pas être à la
comédie avant six heures) à faire répéter de-
vant vous Granval, sa femme, Mlle Dangeville
et Minet. La fin de tout ce tapage a été qu'il
s'est mis à mes genoux; qu'il a ri de sa fu-
reur ; qu'il m'a dit que l'humeur le faisait
mettre en colère et extravaguer, mais que
son cœur n'y avait point de part, et qu'il se
jetterait aux genoux de son ange pour le re-
mercier de ses seins paternels ; que pour
moi, il m'aimait à la folie et ne saluerait ja-
mais un fermier général jusqu'à ce que
j'eusse soixante mille livres de rente.
Mort du duc d'Orléans (1842). —
A la suite de la mort accidentelle du duc
d'Orléans, la lettre suivante fut envoyée
à diverses personnalités politiques. Son
ton angoissé montre dans quelle per-
plexité jetait la brusque disparition de ce
prince populaire dont la vie était pour la
monarchie constitutionnelle une si forte
garantie de durée.
La lettre que nous publions était adres-
sée à un député ministériel. L. G,
Paris, le 15 juillet 184a
Cabinet du Ministre
de rintétteur
Mon cher collègue,
La situation est très grave et réclame im-
périeusement votre présence. Ne manquez pas
de vous trouver ici le 26. Je vous le de-
mande au nom du roi, au nom des plus
chers intérêts du pays. La Fiaiice vient
d'éprouver un malheur immense ; il y a des
précautions nécessaires à prendre sur le
champ pour l'avenir. La consternation est
universelle mais tout le monde sent la néces-
sité de se rallier autour de la dynastie sur
laquelle reposent l'ordre, la prospérité et la
sécurité de la France. Aucun député ami de
son pays et dévoué au Roi ne peut déserter
son poste le 26. C'est pour tous un devoir
rigoureux de venir contribuer à affermir le
gouvernement que nous avons fondé il y a
12 ans. Aucun sacrifice ne doit coûter pour
cela. Le gouvernement no manquera pas ses
arais, il compte que ses amis ne lui manque-
ront pas.
Tout à vous bien sincèrement,
UUCHATEL.
Li Directeur-gérant :
GEORGES MONTOKGUEIL
Imp. Danibi-Chamboj», St-Amsnd-Mont-Roni
ROUSSEAU DANS UN TABLEAU
{sujet à déterminer)
Intermédiaire LXVI, colonne 41 ,
LXVI* Volume Paratsiant les lo, 30 et jo éU chaque mois
20 JnlUet 1912
48* Année
81 * '.r. VIctor-Massé
PARIS (IXM
Bareaa : de S s6heares
gUAQCB
Qhtrchex et
vou» trouveret
I It te faut
a tntr'aider
N»_i334
31»',r.Ttctor-ilass
PARIS (IX>)
Bareaax : de 3 à 6 heur»»
€ 3nUxmébxaxxe
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
Fondé en 1864
QUESTIONS ET REl'OSSES LITTERAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUE
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
41
42
^fous prions nos correspondants de
vouloir bten répéter leur nom au-dessous
de leur pseudofivme, et de n'écrire que
d'un côté de la feuille. Les articles ano-
nymes ou signés d', pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotei.
Quand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauj exception,
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou. réponse
tendant à mettre en discussion le nom eu le
titre d'une famille non éteinte.
(âueôttonô
Rousseau dans un tableau. — Dans
la galerie du duc de Portland se trouve
un tableau signé Duvivier, qui intrigue
le possesseur et tous ceux qui sont admis
à voir ce tableau.
Le paysage est celui d'Ermenonville :
en voit le tombeau du philosopphe dans
l'île des Peupliers.
Un jeune garçon habillé en hussard,
rouge — et c'est là évidemment un por-
trait — a le bras gauche appuyé sur un
piédestal.
Ce piédestal supporte deux bustes. Au
dessous de l'un des bustes on lit :/-/.-
Rouiseau.^z\ c'est en effet le buste de Rous-
seau par Houdon. Sur l'autre buste, repré-
sentant une femme, on lit : C. Dantr...
ou peut-être C. Dania... ; le nom est in-
complet.
Sur le socle est inscrite cette devise
Vixerunt mira concoidia (Ils vécurent en
admirable harmonie).
Cette devise s'appliquet elle aux pa-
rents de l'enfant ?
Mais pourquoi est-elle placée sur un
socle qui ré'-nit les images de J.-J. Rous-
seau et de cette femme appelée C. Dantr...
ou C. Danta qui ne correspond à aucune
des femmes qije Rousseau a connues.^
Que signifie cette énigme ?
Richard V. Goulding.
maréckal de
- Cette question
XXll, est restée
Où est enterré le
Villars 'T. G. 195). -
posée dans le volume
sans réponse :
« Le maréchal de Villars est mort à Paris
en 1734, mais où a-t-il «té enterré? Aucun
de ses historiens ne font mention de sa sé-
pulture. »
[Villars est mort à Turin et non à
Parisj.
Le papiers de Laurent, — En 1862,
M. de Beauchesne recevait la lettre sui-
vante :
Monsieur de Beauchesne, chef de la section
historique des Archives de TEmpire, 23, rue
de Beaune, Paris.
î^lon.Meur,
Je vous serais infiniment obligé s"il vous
était possible de me remettre les papiers que
j'ai eu l'avantage de vous prêter, et relatifs à
Laurent, l'un des préposés à la garde de
ULV- %
N» 1334. Vol. LXVI
L'INTERMeDIAlRé
43
Louis XVll. Vous savez que je ne suis
que l'un des propriétjires de ces papiers, c'est
ce qui me fait persister dans ma demande.
Veuillez excuser mes importunités et rece-
voir l'assurance que je me tiens pour heu-
reux d'avoir pu vous rendre ce bien léger ser-
vice.
Votre très humble serviteur,
Senez .
Je demeure actuellement avec ma nièce
Mme de Montravel, rue de l'Ouest [?] 29.
Paris, le 31 octobre 1862.
Sait-on ce que sont devenus ces pa
piers ? Marassin.
Portraits de Louis X'VII. — Sait
on où se trouvent actuellement :
10 La miniature de Louis XVII par Du-
mont, qui « dessinée et gravée par Re-
gnault » figure en tête de l'ouvrage de
M. de Beauchesne ;
2° Les deux miniatures de Sicardi, re
présentant le duc de Normandie, prove-
nant de la duclusse de Polignac et qui fu-
rent vendues le i®"" février 1877, à l'Hôtel
Drouot ;
5° Le portrait du dauphin au pastel, par
Hoin, qui appartenait en 1867 à M. A,
Vitu ;
4" Le tableau que Mme Vigée-Lebrun
désigne ainsi (Souvenirs, p. ^64) :
Monsieur 1« Dauphin, Madame et M. le
duc de Normandie, pour Mme de Polignac
('787);
5° Le tableau ainsi désigné par la même
(ibid. p. 365) :
«M. le duc de Normandie en pied »(i789) ?
Marassin.
L'emprisonnement de Guillotin.
— On sait que d'après l'assertion de tous
ses biographes, Guillotin aurait été ar-
rêté avant la chute de Robespierre et
n'aurait dû son salut qu'au neuf ther-
midor.
Dans une récente étude : le D^ Joseph
Ignace Guillotin (La Rochelle. Noel-
Texicr, 1908), M. Edmond Jean Guérin a
reproduit deux documents contenus dans
les dossiers de la police générale(Archives
Nationales F. 7, 5736J desquels il résulte
d'une manière certaine : l'Que le fameux
médecin Saintais, alors secrétaire de la
section de la Halle aux Blés, a été arrêté
et conduit, le ib Vendémiaire an iV, dans
la prison dite des Orties, sous l'inculpa-
44
tion d'être « rédacteur et signataire de
[)lusieurs adresses et écrits, contraires
aux lois » ; 2" que le 13 brumaire an IV,
il a été remis en liberté.
Un intermédiairiste pourrait-il me dire :
\° Quels sont les écrits reprochés à
Guillotin, dont il n'est pas fait mention
dans la Bibliographie de l'Histoire de Paris,
pendant la Révolution, de Maurice Tour-
neux ?
2° Où était située la prison des Orties,
dont il n'est pas question dans l'intéres-
sant ouvrage de M. G. Dauban : Les Pri-
sons de Paris boiis la Révolution .?
P. B.
Le comte de C. . . , envoyé de Perse
à la Cour de France. — Je viens de
lire l'édition si remarquable que M. Etien-
ne Lamy, l'éminent historien, a publiée,
il y a quelques années, des Mémoires
d^ Aimée de Coigny^ duchesse de Fleur y, et
Je trouve, page 215, la phrase suivante
dont j'ai été, je l'avoue, assez frappé :
... un comte de S . . ancien envoyé de Perst
à la Cour de France^ Piémontais par son
père^ Polonais par sa mère, cocu allemand
par sa femme, Anglais par ses alliances,
Russe par une cousine, Français par con-
quête et espion, pai goiît, état et habitude...
Comment, un envoyé de Perse à la
Cour de France au commencement du
dix-neuvième siècle ! Il y a ici, évidem-
ment, une double erreur de texte, échap-
pée a la perspicacité de l'érudit académi-
cien, et tout porte à croire qu'il s'agit du
marquis Girolamo Lucchesini, né en 175 1
d'une famille patricienne de la princi-
pauté de Lucca, qui entra en 1780 au ser-
vice de Frédéric-le-Grand comme cham-
bellan, fut chargé par les successeurs
du grand Roi de diverses missions di-
plomatiques et nommé en 1802 minis-
tre de Prusse à Paris ; il donna sa démis-
sion en novembre 1806, lorsque le cabi-
net prussien rejeta l'armistice qu'il avait
conclu avec Napoléon, mais il resta à Pa-
ris et reçut de l'Empereur la clef de
chambellan de sa sœur, la princesse de
Lucca, Elisa Bonaparte. Il mourut en
1825, à Florence. Le marquis Lucchesini
était détesté du parti guerrier de la Cour
de Berlin. On y voyait avec extrême mé-
fiance l'admiration qu'il portait à Napo-
léon et l'amitié qui l'unissait à Talley-
rand, et on l'accusait ouvertement de ser-
DBS CHBRCHBURS HT CURIEUX
so Juillet 191^
45
46
vir plutôt les intérêts de la France que
ceux de son pays adoptif, qui l'avait com-
blé de bienfaits. Le marquis Lucchesini
était marié à une demoiselle Tarrach,
fille du conseiller intime de finances Fré-
déric-Guillaume Tarrach et sœur du mi-
nistre de Prusse à Stockholm, Fréiéric-
François de Tarrach (anobli en 1767),
ainsi que de la femme du général de Bis-
choffswerder, le favori tout puissant du
roi Frédéric-Guillaume de Prusse.
D"" A. DE WlLKE,
Régiments Savoya. Wad Ras. —
En janvier 1910, je posais une question
sur le nom de ces régiments. Les aimables
réponses que j'ai reçues n'ont pas pourtant
satisfait ma curiosité. Voilà que je trouve
dans VHiitoiia organica de las armas de
Infanieria y Cahalleria Espanolas desde la
creacion del Ejercilo permanente hasta el
dia par le lieutenant général comte Clo-
nard, de l'Académie royale d'Histoire, 16
vol. Madrid 1861-1855, l'historique de ce
régiment. Créé en 16^3 comme « Tercio
de Savoya » avec la base de quelques
soldats du « Tercio de Lombardia »* et des
recrues. Dans la réorganisation de l'ar-
mée de 1707, l'infanterie fut organisée
en régiments et « Savoya » garda son
nom. Mais en 1815 lorsqu'il prend part
à l'expédition du Mexique, il reçoit le
nom de régiment < Reina Expediciona-
rio ». Rentré en Espagne en 182 1, il
est reformé en 1823 comme toute l'ar-
mée constitutionnelle. Recréé de nou-
veau en avril 1824, il reprend son nom
de « Savoya » et sa vieille devise « El
terror. »
En 1724, son colonel, Antonio Sales,
prétend faire remonter l'origine du régi-
ment aux bandes du roi Ferdinand le
Catholique, mais sa vraie origine ne re-
remonte pas au delà des troupes qui allè-
rent en Italie, et qui ont formé le « Ter-
cio Lombardia ». Une partie de ces trou-
pes furent destinées à protéger les Etats
du Piémont et de la Savoie, dont le duc
était l'allié des rois espagnols Charles I et
Philippe II.
Voilà, en quelques mots, l'historique de
ce régiment, mais dans cet ouvrage, où
l'on trouve tous les régiments exis-
tants en 1855, on ne trouve rien sur le
< Wad Ras > .Donc il a dû être créé après
cette date, et peut-être lors de la campa'
gne du Maroc de 1859.
le pose de nouveau la question : quels
chercheurs me diront l'origine du régi-
ment « Wad Ras » ^
America.
Rue de la Victoire. — On lit dans
l'Histoire de France populaire de Henri
Martin, page 443, colonne i du tome IV
de l'édition Furne, jouvet et C'«, à pro-
pos du retour de Bonaparte de Rastadt à
Paris, après le traité de Campo-Formio :
Bonaparte vint descendre à Paris dans un
petit hôtel qu'il avait acheté rue Chante-
reine. La municipalité parisienne changea le
nom de cette rue en celui de rue de la Vic-
toire.
D'autre part, M. le marquis de Roche"
gude, dans son Guide pratique à traver^
le vieux Paris (Hachette et C'% 1903) dit
à la page 195, à propos de la rue de la
Victoire :
Ex-rue Chantereine. — Les religieux de
la Victoire, établis près de Senlis y possé-
daient des terrains. Le nom de la Victoire
était en souvenir de Bouvines.
Quelle est la vraie origine du nom de
la rue ?
Toujours d'après M. de Rochegude, la
maison habitée par Bonaparte était au
no 60.
L'hôtel dit de la Victoire dessiné par Le-
doux, où habita Talma, puis Joséphine de
Beauharnais (18 Brumaire); Bonaparte; gé-
néral Lefévre-Desnouettes ; général Ber-
trand. Abattu en 1860, pour être transformé
en maison de rapport !
La façade en est très ornée. Mais une
plaque commémorative devrait, sur cette
façade, indiquer quels hôtes célèbres ont
demeuré sur son emplacement. Com-
ment n'y a-t-on pas pensé, comme on
l'a fait sur bien d'autres immieubles re-
construits ? V. A. T.
"Vienne-le-Château. — Je me met-
trais volontiers en rapport avec le collè-
gue A E-, signataire d'une demande de
renseignements sur Vienne-le-Château
(Marne). GÉo Richard.
Comte de Bellevue. -^ ]'ai acheté
récemment à une vente à Paris, par l'in-
termédiaire de M. Plat, une médaille en
argent du diamètre d'une pièce de cinq
francs. Elle porte : au droit, un écusson
N** 1334. Vol. LXVl
L'INTERMEDIAIRE
47
48
d'or au chevron d'azur chargé, an sommet
d'unecroisette, et accompagné en chef de deux
étoiles, et en pointe d'une ancre. Couronne
de comte. — Supports : deux sauvages.
— devise : *< Spes et virtus » — au bas :
une croix de saint Louis et une croix de
la Légion d'honneur ;
Au revers : »<^ Comte de Bellevue. Sou
venir. Né le 7 juin 1787, mort le 25 jan-
vier 1874 ».
L'un de nos collaborateurs pourrait-il
rae dire à quelle famille appartenait ce
comte de Bellevue, qui ne faisait pas par-
tie de la famille des Fournier de Bellevue,
qui est la mienne ?
Marquis de Bhllevùe.
Comte de Chaléons. — Un collabo-
rateur pourrait-il fournir une notice bio-
graphique (avec dates de naissances et de
mort) sur le comte Charles de Chaléons,
qui avait pris service en Piémont ? En
1837, il était lieutenant au régiment de
cavalerie de Gênes.
A. L. Berti.
Eugène de Goulard. — Né et mort
à Versailles (^1808-1874). Elu député des
Hautes-Pyrénées en 1847, '849, 1871.
Fut ministre du Commerce en 1872, des
Finances cette même année, de l'Intérieur
en 1872-1873.
Je serais reconnaissant aux collègues
qui me feraient connaître si M. de Gou-
lard a laissé des descendants ; s'il existe
des biographies de lui^ un recueil de ses
lettres, des documents l'intéressant.
De Lomné.
Jean Léger, dit Legeay. — Venu
en 1754 h la cour de Frédéric le Grand,
cet architecte français a su s'assurer la
grâce et l'approbation entières du roi :
il reçut plusieurs commandes, entre au-
tres celle d'ébaucher, avec Knobelsdorflf,
le plan de l'Eglise Sainte-Edwige à Ber-
lin ; mais en 1763, il se brouilla avec ie
roi (voir à ce sujet les Souvenirs de Thié-
bault) et se retira à Schwerin, puisa Ros-
tock (Grand-duché de Meklembourg-
Schweriny. Il parait avoir signé plusieurs
gravures ; le Catalogue du Cabinet Pat-
gnon-Dijonral (rédigé par Besnard, p.
345) en énumère deux. La même collec-
tion doit avoir renferme plusieurs des-
sins à la plume de Legeay (ou Le Geay)
représentant des scènes italiennes (Voir à
ce sujet G -K. Nagler, Neues allgemeines
Kunstler lexicon, Munich, 1837, t. V, p.
çô.t. VII. p. 398). On le croit collaborateur
de l'album Rottta antica e modema de Ve-
nuti. Il a gravé trois planches in-folio
oblong, représentant des intérieurs et la
façade de l'Eglise Sainte-Edwige, à Ber-
lin.
Qye sait-on de ce personnage .? Q.uelle
est la date, quel est le lieu de sa nais-
sance et de son décès .'' Les lexicographes
n'en savent rien. Joachim Kùhn.
J.-F. Périer, évoque constitu-
tionnel du Puy-de-Dôme (1791).
— Le 13 février 17Q1, les Electeurs du
Puy-de Dôme étaient appelés à donner
un successeur à Mgr de Bonal, évêque lé-
gitime de Clermont qui, en pleine séance
de la Constituante, s'étant prononcé con-
tre la prestation du serment, avait été
déclaré démissionnaire. Le 14 Février, dès
le premier scrutin, une imposante majo-
rité désigna, pour cette intronisation à
l'épiscopat, rOratorien Jean-François Pé-
rier, supérieur de l'Ecole militaire d'Ef-
fiat, près d'Aigueperse, — école alors di-
rigée par des prêtres de cet Ordre et dans
laquelle furent élevés le maréchal Desaix,
de Marengo, et ses deux frères.
Né dans le Dauphiné, vers 1740, J.-F,
Périer mourut en 1824, sous la Restaura-
tion, devenu d'évêque républicain, évêque
légitime d'Avignon.
Ce Prélat, ami du pouvoir, — de tous
les pouvoirs, — était-il allié à la famille,
bien connue, du Conseiller à la Cour des
Aydes de Clermont, Florin Périer [1605
f 1672], époux de Françoise-Gilbcrte
Pascal, sœur aînée de l'illustre Bl. Pas-
cal ?
Ulric R.-D.
Seigneurie des Préaux. — Fran-
çois de joyeuse, fils de Louis de Joyeuse
et de Jeanne de_ Bourbon-Vendôme (fille
elle-même de Jean de Bourbon, comte de
Vendôme et de Isabelle de Beauveau), qui
épousa, en 1506, Anne de Gaste, est qua-
lifié dans les documents qui le mention-
nent, de sire de Bothéon, Grandpré, les
Préaux.
On désirerait savoir où se trouvaient
CCS diverses terres, (provinces — dépar-
DBS OHBRCHBURS HT CURIBUX
30 Juillet 191* .
49
5'^
tements actuels) notamment en ce qui
concerne les Préaux. Bellechasse.
Armoiries à déterminer : trois
fasces échiquetées. — i" De..., à
trois fasces échiquetées de... et de...
Armoiries d'un prélat de la Régence,
Chapeau de cardinal et couronne ducale.
Fer de reliure,
2° De gueules au sautoir d'or ;
3" Parti de gueules au sautoir d'or, et
d'a:(ur au lion rampant d'argent.
Ces deux dernières armoiries, peintes
sur les pages d'un livre d'heures daté de
1404. XX.
Armoiries d'un évêque étranger :
arbre et 2 moutons. — A déterminer
l'écusson suivant, facture du commence-
ment du xix« siècle : d'a:(ur à Varhre sur
une terrasse au pied duquel paissent 2 mou-
tons affrontés.^ le tout d'argent.
La CoussiÈRE.
Armoiries archiépiscopales : sept
épis et tour d'argent. — Quel est l'ar-
chevêque étranger, du siècle dernier pro-
bablement, qui portait : parti : d'a:{ur à
7 épis de blé de... ; d'a:(ur à la tour d'ar-
gent surmontée d'une cigogne du même., te-
nant en son bec un serpent ; au chef sur le
tout : de gueules semé de fleurdelys d'ar-
gent au larnbel d'or. St-Saud.
Fer aux armes des Becdelièvre.
— Je possède un livre relié, qui porte sur
le plat, dans un cartouche Louis XIV sur-
monté d'une couronne comtale, l'écusson,
sans émaux, de la famille de Becdelièvre
(2 croix fichées, coquille). Autour l'ms-
cription suivante : d. d. 1. b. becdelièvre
DE. la. BVSNELWS. COMP. PROTOP. Ry€.
A qui pouvait-il appartenir ? Que si-
gnifient les derniers mots de la légende .''
Si D. D. veut dire doctor divinitatis (titre
qu'on donne de nos jours à des prélats
surtout anglais ou américains — ustati^ns
comme on désire qu'il soit dit maintenant)
il y aurait des attributs prélatices autour
de l'écu. Saint-Saud.
Sceau à identifier : J. Pétri
Prioris de Bries. — A qui attribuer
un sceau, que je suppose du xv« siècle,
qui porte comme inscription :
4- S. PETRI PRIORIS DE BRIES :
et dans le champ une croix ancrée au
pied fiché, cantonnée de quatre fleurs-de-
lis ? Henri de Brion.
Une estampe d'après Watteau :
Tobie faisant enterrer les morts. —
Je lis dans le Catalogue de V Œuvre gravé
de Watteau (Concourt, L'art au xviii« 51^-
cle) ce titre : « Tobie faisant enterrer les
morts » — et je le trouve également
dans l'ouvrage de Cellier : Antoine IVat-
teau.
Un collègue pourrait-il me renseigner
sur cette estampe que je n'ai jamais ren-
contrée et qui esi si peu dans le genre de
Watteau ? Elle aurait été gravée par Hu-
quier, toujours d'après Concourt et Cellier.
J. V. P.
Le sourire de l'âme. — Voltaire.
— Où Voltaire parle t il de « ce sourire
de rame préférable au rire de la bouche »?
Fraval.
« Les fripons ne savent pas rire ».
Dumas père. — Où Alex. Dumas a-t-il
écrit qu'il y a une catégorie d'individus
qui ne savent pas rire : les fripons ?
Fraval.
Tes Te-Deum des rois sont les De
profundis -es peup es. — Quel est
l'auteur de cette pensée ^ Est-elle anté-
rieure à celle de l'abbé Grégoire, qui
sous une forme différente, exprime la
même chose : « Les victoires des rois
sont le martyrologe des nations » ?
A rapprocher aussi les deux vers sui-
vants, dont j'ignore l'auteur :
A vaincre tant de fois, nos forces s'affaibiis-
[sent,
Le prince est triomphant, mais les peuples
[gémissent.
Aimé Thouvenin.
Trois pourcent. — Quiroga,(noms
de vêtements). — Dans le chapitre 263
de ses Mémoires, Dumas parle des vête-
ments politiques, et cite parmi d'autres,
des « trois pour cent > et des « quirogas ».
Quel est l'intermédiairiste qui aurait la
bonté de me dire le sens et le pourquoi
de ces noms ? America.
Mariage des médecins. — Dans un
curieux petit ouvrage intitulé : De la
I
N» Jj34 Vol. LX'wI.
L'iNTfiilMBDIAiRÈ
5»
52
Cbarlaianerie des Savants pas M. Menkcn
(a la Haye. «721) je trouve cette note
singulière :
Les Athéniens avaient une loi qui défen-
dait aux esclaves de faire l'amour. A pro-
pos.. . il me souvicMit d'avoir lu que ce :,e
fut que sous le règne d»; Charles Vil que les
médecins eurent permission en France de se
marier.
Quel texte pourrait bien venir à l'appui
dune semblable assertion ?
René Villes.
La Reconstitution des actes de
rétat-ci\ il parisien. - L'intérêt pra-
tique de la reconstitution de ces actes est
trop évident pour qu'il soit nécessaire de
le démontrer.
Aussi, une loi du 12 février 1872, or-
donna telle de procéder d office à cette
reconstitution rendue nécessaire par suite
des incendies de 187 i .
Dans un but louable, dont il est facile
de comprendre les causes, un délai fut
fixé pour procéder à cette reconstitution,
aux intéressés et aux administrations qui
par leurs fonctions avaient des documents
suffisants : paroisses, notaires, enregis-
trement etc..
Les authentiques ou les pièces pouvant
en tenir lieu devaient être examinées, ac-
ceptées ou rejetées, le tout gratuitement,
par une commission spéciale attachée aux
archives départementales. Ces archives
conservaient les documents et en en-
voyaient des copies certifiées au greffe du
Tribunal de la Seine.
Cette commission fonctionna régulière-
ment, et si son travail n'est pas plus
complet qu'il ne l'est, ce n'est certaine-
ment pas elle qui en est responsable.
Ce travail colossal, concentré et classé
au quai Henri IV, est confié à la garde
d'un personnel particulièrement compé-
tent.
Les délais assignés par la loi de 1872
étant expirés, la loi du ^ juin iSçj indiqua
un nouveau mode d'opérations à suivre
pour continuer ces reconstitutions.
Depuis la promulgation de cette loi ij a
été fait Une distinction :
Entre les extraits authentiques qui doi-
vent être déposés directement au greffe du
Tribunal de la Seine pour y être conser-
ves et dont le Tribunal n'envoie qu'une
copie aux archives départementales, le
tout sans frais ;
Et les preuves autres que la production
d'un extrait authentique pour lesquelles il
faut s'adresser au Procureur de la Répu-
blique afin d'obtenir un jugement dont
les irais s'élèvent au minimum à 200 fr.
On se demande pourquoi on confie à un
gretfier. qui, quel que soit son mérite pro-
fessionnel n'a peut-être pas toutes les
qualités requises pour examiner et rece-
voir des documents, alors qu'il y a tou-
jours aux archives départementales le
même personnel particulièrement compé-
tent.
On se demande aussi pourquoi les au-
thentiques déposés avant 1893 se trou-
vant aux Archives départementales, on ne
donne plus à ce dépôt que des copies de-
puis cette date.
On se demande enfin pourquoi on met
un obstacle grave à des reconstitutions si
essentielles en exigeant un acte judiciaire
long et coûteux, alors que le personnel
actuel des Archives départementales
pouriait constituer une commission char-
gée de faire ce travail, rapidement, sûre-
ment et sans frais.
C'est à tort qu'on a voulu assimiler la
situation de l'Êtat-civil parisie 1 à celles
de l'Etat civil de cités beaucoup moins
importantes auxquelles il manque seule-
ment quelques registres.
La situation de Paris est exceptionnelle
et doit être exceptionnellement traitée.
Q.ue pourrait-on faire? I.-G. Bord.
La faute à Rousseau. — Où pour-
rais-je trouver le texte complet de la
chanson :
C'est la faute à Voltaire.
C'est la faute à Rousseau...
Quel en est l'auteur ? Sur quel air
cela se chantait-il ? Dans quelles circons-
tances la chanson fut-elle composée ^
Nhpt.
L'encre rouge des vérifications
de mémoires. — J'ai sous les yeux un
mémoire d ouvrages de peinture qui a été
vérifié et modéré par Capron, architecte
expert à Paris, le 1^ décembre 1782. Il
porte des rectifications à l'encre rouge
L'usage de cette encre par les vérifica-
teurs de mémoire est-il beaucoup plus
ancien ? Sy
DBS CHBRCHMURS EX CUkIJaUX
2 0 Juillet 191»
53
54
Îlep0n$c6
Le siège de Paris de 886 : laplaque
du Petit-Pont (LXVI, 3). — M. André
Mesureur veut bien prendre la peine de
nous adresser la note suivante :
La plaque du Petit Pont, iors de la démoli
tion de l'annexe de rHôtel-Dieu, a été déposée
au service des . ravaux historiques de la ville
de Paris (Hôtel Le Pelletier de Saint-Far-
geau, rue de Sévigné) où elle attendra la fin
de l'opération de voirie, à faire en cet en-
droit, et la reconstruction d'un immeuble
permettant de la réinstaller.
Marie-Antoinette : Son protégé
Armand. Etait-ce le pauvre Jac-
ques? (LXV, 829). — Il ne semble pas
qu'il puisse y avoir de rapport entre le
petil Jacques de Mme de Campan et le
pauvre Jacques de Mme Elisabeth. Celui-
ci est arrivé en effet de Fribourg, directe-
ment, en âge d'être fiancé et capable de
mériter toute la confiance de Mme Elisa-
beth pour la distribution du lait aux pau-
vres de Montreuil (Cf. M. Antoine Fer-
rand {Eloge historique de Mme Elhabeth de
France ?Ans, Dessenne, 1814 p. 4^ et sur-
tout p. 155 une note de Mme de Bombel
datée de 179^).
Cet Armand serait-il l'enfant dont parle
Montjoye sans le nommer [Hiiioire de
Marie- AntoineUe de France Paris, V« Le-
petit_, 1814, T. 1. p 78)? llavait troisanset
était orphelin de père et de mère quand
Marie-Antoinette le recueillit au village
de St-Michel, près Versailles.
La reine permettait, dit Montjoye, qu'il
vint tous les jours dans son appartement se
livrer sans contrainte à tous les divertisse
ments de son âge... Ce même enfant de
trois ans ayant été pris d'un accès de fièvre,
qu'on supposa lui avoir été communiqué par
une des caresses de son auguste bienfaitrice
qui, dans ce moment, était elle-mèrae léjjjère-
ment incommodée, les poètes s'attachèrent
à cette circonstance pour dire à la reine de
ces riens agréables, dont sa vanité seule, si
elle eût connu cette passion, eût pu être
flattée (suivent quelques vers).
A ces enfants qui auraient été recueillis
pour être élevés près d'elle, par la bien-
faisante Marie-Antoinette, on peut ajouter
<;< le Chevalier Fortuné, jeune enfant que
Sa Majesté avait daigné élever jusqu'à
l'époque de sa première grossesse » et
qui présenta à la Reine, lors de la nais-
sance du Dauphin, des vers écrits par M.
D'Aumaîe de Corsen^ ille {Cf. Almanach
littéraire ou Etrennes d'Apollon, 1787
p. XVI). C. Dehais.
Santerre et la mort de Louis XVI
(LXV, 741). — Les témoignages concer-
nant la personnalité qui aurait ordonné le
roulement de tambours du 21 janvier
étant absolument contradictoires, et la
réalité de cet épisode étant même contes-
tée, nous ne tenterons pas, après tant
d'autres, d'élucider une question sur la-
quelle on a déjà tant écrit, sans ea faire
avancer la solution d'un pas.
Nous nous bornerons à exposer cer-
taines réflexions que nous a suggérées la
lecture de l'article inséré dans \ Intermé>-
diaire du 10 juin.
L'auteur, M. Camille Pitollet, conclut
de ce que l'abbé Edgeworth désigne
comme ayant ordonné le roulement de
tambours \< un homme à cheval en uni-
forme national » que cet homme ne pou-
vait être Santerre, pour cette raison qu'il
devait le connaître, et que, le connaissant,
il l'eût nommé si c'eût été lui. D'abord,
rien ne prouve que l'abbé Edgeworth
connaissaitSanterre,etselon nous, cette ex-
pression «,< uniforme national > désigne
très clairement l'uniforme de la garde na-
tionale, dont, parmi les généraux pré-
sents, Santerre seul pouvait être revêtu,
les deux autres mis en cause, Berruyer
et Beaufranchet, appartenant à l'armée
régulière, ce dernier en qualité de chef
d'F.tat-major général de l'armée campée
sous Paris.
En tout état de cause, il semble tout au
moins étrange, et contraire aux règle-
ments militaires, qu'un chef d'Etat-major,
en présence et aux côtés de son supérieur
hiérarchique, ait donné un ordre. A notre
avis, si l'ordre a été réellement donné, il
a dû l'être par le commandant en chef, et
non par son chef d'Etat-major, qui n'a pu
que le transmettre, ce qui est bien diffé-
rent.
Mais voici qui est plus grave.
M. Pitollet affirme qu'étant professeur
au Collège d'Aurillac, il s'est livré à une
enquête fructueuse, appuyée sur un « ma-
tériel documentaire irréfutable». Nous al-
lons voir que les fruits de cette enquête
sont absolument contredits par la réalité
N» 1334 Vol. LXVI.
L'JNTSRMBDIAIK»
55
56
des faits, et ce que vaut ce susdit « ma-
tériel documentrure irréfutable. »
L'honorable professeur nous dit que le
Général de Beaufranchet (qu'il appelle
« le sieur Beaufranchet >», on se demande
pourquoi) se retira au commencement de
la Restauration au village d'Ayat, où il
termina ses jours, — dans une continuelle
terreur de représailles, et que « le bruit
des pas d'un cheval, affirme un témoin
bien renseigné, éiait pour lui l'annonce
de l'irruption de la gendarmerie, et il finit
par succomber de frayeur. »
Or, i" Ce n'est pas au village d'Ayat,
mais au château de ce nom, situé com-
mune de Blot-l'Eglise, qu'habitait le gé-
néral.
2° Les gendarmes de la Restauration
auraient eu grand'peine à l'effrayer, car
lorsque Louis XVlll remonta sur le trône,
le général dormait depuis longtemps déjà
son dernier sommeil, étant mort le 2
juillet i8i2.
3° enfin, ce n'est pas à Ayat, mais à
Vichy que le général de Beaufranchet
termina ses jours. Son acte de décès, en
date du 2 juillet 1812, est signé de M. de
Bardon, alors maire de cette localité. Il
résidait dans une maison appartenant au
sieur François Charles, et située dans la
Section des Bains.
En présence de preuves et de faits aussi
précis, il nous semble inutile d'insister.
F. Arverne.
Extrait du Registre des Actes de décès
de la Commune de Vichy pour l'année
1 812 :
L'an mil huit cent douze, le 2 juillet, par
devant nous, Godefroy de Bardon, maire, of-
ficier de l'Etat-civil de la commune de Vichy
canton de Cusset, département de l'Allier,
sont comparus Antoine Guionnet, âgé de 60
ans, cultivateur, et Jacques Sarayer. journa-
lier, âgé de so ans, tous deux domiciliés eu
cette commune, lesquels nous ont déclaré
que le deux du présent mois, à 4 heures du
matin, Louis Charles Antoine de Beaufran-
chet d'Ayat, général de brigade. Inspecteur
gêné al du Haras de l'tmpire, âgé de SS ans,
demeurant en son château situé commune
de Blol rtglise, D' du Puy-de-Dôme, époux
de Dame Charlotte Josephme Kempter de
Plobscm, demeurant avec lui, est décédé en
la maison du sieur François Charles. Sec-
lion des Bains, de cette commune de Vichy,
et les liéclarants, après lecture faite, ont dit
ne savoir signer.
Signé au Registre,
De Bardon.
*
Un nommé Rozambeau fut arrêté à
Tarbes le 4 janvier 1815 et dirigé sur Pa-
ris ou il arriva le 31. Une lettre du mar-
quis de Villeneuve, préfet des Hautes-Py-
rénées, envoya sur cet individu la note
suivante :
Rozambeau a été tambour maître en 1795
et dans la journée fatale du 21 janvier de la
même année, il donna en cette qualité le si-
gnal du roulement des tambours au moment
où Louis XVI voulut manifester sa dernière
volonté à son peuple.
Il passa du grade de Tambour-maître à ce-
lui de sergent-major du bataillon des sans-
culottes, il abandonna le service militaire
pour suivre la partie dramatique dans la-
quelle il n'a pu obtenir l'approbation publi-
que et à laquelle il a été contraint de renon-
cer.
J.-G. Bord.
La condamnation de Louis XVI
et 1a franc-maçonnerie (LXll à LXV,
106, 209, 265, 413. 609, 653, 6q8, 837;
LXVI, 11). — Je n'ai échangé que deux
ou trois lettres avec le père Abel, au su-
jet du document en question et, ne le
connaissant pas autrement, je trouverais
indiscret de lui adresser le questionnaire
formulé par M. Zan.
Mais, des trois personnages mis en
scène, le premier est un prédicateur cé-
lèbre en Autriche, le second (son père) a
été premier ministre de Bavière et le troi-
sième (son grand-père) est un franc-ma-
çon notoire, un des premiers disciples de
Weishaupt. Ainsi tous les trois ont eu
leur vie publique et, à ce point de vue,
relèvent plus ou moins de l'histoire. Il
sera donc facile à notre confrère Zan, s'il
tient à être renseigné sur les questions
qu'il pose, de retrouver leur biographie,
je regrette, quant à moi, de ne pouvoir la
lui fournir. Gal.
Napoléon a-t-il été à Londres ?
''LXV, 6}2). — Beaucoup d'Anglais pré-
tendent que Napoléon, alors qu'il n'était
encore que lieutenant d'artillerie, vint à
Londres...
A cette époque, on le sait. Bonaparte
était Corse bien plus que Français. Et
DES CHBRCHBURS ET CURIEUX
90 Juillet 1919
57
58
c'est pour s'entretenir avec Paoli, le grand
patriote de son île natale, alors réfugié
à Londres, qu'il se serait rendu dans cette
ville.
Malheureusement pour les « tenants »
de cette historiette, il existe une lettre de
Napoléon à Paoli, datée d'Auxonne 12
juin 178Q, qu'a publiée autrefois M. Fré-
déric Masson (Napoléon inconnu, tome II,
pages 64 à 6b) et qui renferme ce pas-
sage :
J'espérai quelque temps pouvoir aller à
Londres vous exprimer les sentiments que
vous m'avez fait naître et causer ensemble
des malheurs de la patrie ; mais l'éloigne-
ment y met obstacle. Il viendra peut-être un
jour où je me trouverai à même de le fran-
chir.
Or, l'ensemble de cette lettre (avec
bien d'autres documents) prouve que Na-
poléon n'avait jamais vu jusque-là ni
Londres ni Paoli. D'autre part, le vérita-
ble obstacle, pour lui, à un voyage à
Londres, en 1789, c'était son extrême
pauvreté — et elle n'avait pas cessé
lorsque, en 1790, Paoli revint en Corse,
Dès ce moment, le voyage n'aurait plus
eu de raison, et, au surplus, à partir de
cette année 1790, on connaît pour ainsi
dire jour par jour l'emploi du temps de
Napoléon.
La légende anglaise, on peut en être
certain, n'est donc . . qu'une légende !
A. Boghaert-Vaché.
Les blessures de Napoléon (LXIV ;
LXV, 110, 557;. — M. de Mortagne. col.
1507, parle du danger où se trouva Napo-
léon au combat de Brienne, selon OMea-
ra, dans Napoléon en exil. On trouve ce
fait confirmé à peu près dans Der Impe-
rator-Napoléon 7814, par Charles Bleib-
treu, Berlin, s. d. Malheureusement M.
Bleibtreu ne donne pas les sources où il a
puisé.
Page 21 (le soir du 29 janvier')
...déjà Napoléon se vit obligé devant les
cavaliers ennemis de se réfugier chez l'inf.in-
terie de Meuniers. L'officier d'ordonnance
Gourgaud tua d'un coup de pistolet bien k
temps, un cosaque qui menaçait Napoléon
de sa lance, l'adjudant général Dejean en
tua un autre.
Page 23 (le matin du 30)
... Napoléon même s'était hasardé si loin,
que deux fois il fut en d,inger de tombât au
pouvoir de l'ennemi et dut tirer son épée-
Bertier mêrr.e reçut d'un cosaquî un coup de
lance à la tète.
Page 55 fio février, bataille de Cham-
paubert)
...Et aussi cette fois l'Empereur se trouva
en danger. S'étant hasardé trop loin, avec le
maréchal Lefebvre, qui se trouvait sans com-
mandement au quartier général, ils se virent
attaqués par les cosaques(?) Le vieux maréchal
se battit comme un lion, car les escadrons de
service ne se trouvaient pas à leur place
comme ils auraient dû.
Comme on voit, M. Bleibtreu ne sem-
ble pas très persuadé qu'il s'agissait des
cosaques. Plus loin, page 87, on trouve
une scène que Napoléon fait à Guvot,
commandant les encadrons de service,
pour l'avoir laissé sans sa garde, et pour
avoir laissé tomber au pouvoir de l'enne-
mi une batterie qu'il était chargé de cou-
vrir.
America.
NapoléonpoèteT.G. 628.(LXV,832).
— On peut hardiment affirmer que les vers
Je suis tiès las et je voudrais
Un repos champêtre...
ces vers qui font, en ce moment, le tour
de la presse, ne sont point de Napoléon.
Pas plus que n'est de lui la fable Le
Chien, le Lapin et le Chasseur, publiée au-
trefois par le baron de Coston !
Pas plus que n'est de lui le madrigal à
la Saint-Huberti, reproduit partout d'après
un texte donné par la duchesse d'Abran-
tès !
Nous possédons de Bonaparte, alors
élève de l'Ecole militaire de Paris (il
allait avoir seize ans), des « vers » au-
thentiques, signés fièrement de l'initiale
N. et inscrits sur son exemplaire du Cours
de mathématiques de Bezout. Les voici:
Grand Bezout, achève ton cours,
Mais avant permets-moi de dire
Qu'aux aspirants tu donnes secours.
Cela est parfaitement vrai
Mais je ne cesserai pas de rire
Lorsque je l'aurai achevé
Pour le plus tard au mois de mai ;
Je ferai alors^lc conseiller.
Que l'on compare ceci à cela 1...
M. Frédéric Masson, à qui il faut re-
courir sans cesse lorsqu'il s'agit de Napo-
léon, a publié une lettre écrite en 1784,
N*
'334-
Vo;. LXVI,
^9
TBKM£DiAiKli
60
Par Bonaparte à un de ses oncles et où se
trouvent cinq vers dont l'orthographe,
suivant la remarque de l'éminent histo-
rien, suffirait à montrer « qu'il ignorait
totalement la prosodie». « Napoléon a
toujours ignoré la prosodie française »,
répète-t-il ailleurs.
Alors ? A. Boghaert-Vache.
Les affaires de Parme (LXV, 733,
794). -- Les conclusions de l'acte final
du congrès de Vienne, que M. Fromm, de
VUnivers, a eu l'obligeance de résumer
pour ce qui a rapport avec le Duché de Par-
me, ne représentaient plus guère iQsvriilcs
intentions du prince de Malternich 2^ ans
plus tard. Nous avons raison de croire
que l'Autriche ait tenté de prendre pos-
session du Duché dès la mort de Marie-
Louise et sans attendre ^ue ce droit lui
échût dans le cas que Cliarles-Louis n'eût
pas laissé d'héritier mâle. Au cours de
ces intrigues, la diplomatie autrichienne
aurait même tenté de méconnaître les
droits du roi de Sardaigne sur Plaisance.
C'est donc sur ces intrigues, qui repré-
sentent les vraies intentions de l'Autri-
che, que je désire quelques renseigne-
ments. A. L. Berti.
Châte'-u-Villain (LXV, 833). —
C'est a l'époque de la Révolution que
Châteauvillain prit le n m de Ville-sur-
l'Aujon.
Nauticl's.
Condé Folie (LXV, 786 ; LXV, 117).
- — Colonne 18. ligne 14, lire Longnuru
ligne 19, lire Stullicia.
Famille du Bois de Fiennes (LXV,
49, 323, 003, 854J. — Je complète une
partie des renseignements fournis sur
cette question par M. V. A. T., dans le
numéro 1332, col. 8^4 du ^ojuin 1912 ;
les prénoms des frères de Wissant étaient :
Jacques et Pierre.
Alexandre Rky.
• •
Dans une réponse antérieure, j'ai donné
les noms des six bourgeois de Calais, mais
sans les prénoms, que voici : Eustache de
Saint-Pierre, Jean d'Aire, Jean de Fionnes,
Andrieux d'Ardres, Pierre de Wissaît,
Jacques de Wissant. V. A. T.
Cavaignac (Les), sous-préfets de
Lesparei^LXILLXV, 757 ; LXVI, 18).— Je
crji6iicpasi;";etromperen assurant que les
noms des enfants de ces deux personnages
sont aux Archives nationales^ dans le dos-
sier que j'ai consulté. On trouvera la cote
de ce dossier dans V Intermédiaire, LXII,
629-630. P. Darbly.
Darance-Navarrot(LXV, 640, 853),
— La belle ode sur Roland publiée par
Napoléon Peyrat, sous le pseudonyme Na-
pol le Pyrénéen, fut d'abord attribuée par
Ch. Asselineau, selon son témoignage, à
*< un certain Xavier Navarrot, né à Pau,
et que l'on vit à Paris après 1S30, faisant
le coup de feu dans les journaux libé-
raux >v L'un des noms qui intéressent
M. A. B. était donc encore porté, vers
18^0, par une famille de Pau.
Ibère.
L'épitaphe de Madame Favart
(LXlllj. — Sous cette rubrique, ou sous
toute autre rubrique concernant cette ar-
tiste, nous nous devons déconsigner l'ap-
parition de cette nouvelle œuvre de M. Ar-
thur Pougin : Madame Favart. étude
théâtrale 1727-1772. Quatorze illustra-
tions documentaires (Fischbache«-, 1912).
Cette remarquable étude, si bien pré-
sentée au point de vue bibliographique,
est de celles qu'il faut consulter quand on
veut connaître ce que fut cette reine de
l'opéra-comique, l'accueil qu'elle reçut de
ses contemporains, la carrière qu'elle
poursuivit dans tant de rôles, et ce qu'elle
y fut, son talent de composition, son ad-
mirable intelligence de la scène, la va-
riété de ses moyens, la souplesse de son
talent, et tout ce qui assure à Madame
Favart une immortalité si légitime
Mais nous ne savons pas toujours pour-
quoi .'' C'est à un historien du théâtre tel
que M. Arthur Pougin qu'il laut le de-
mander. 11 est l'un des maîtres en l'art de
dessiner ces vies illustres : maître par la
netteté du style et par la loyauté et la
richesse de sa documentation.
D'Harcourt (LXV, 641. 806). — Il
existe une Histoire généalogique de la
maison de Harcourt, par Messire Gilles An-
dré de la Roque, Paris, 1662, 4 vol.
in (*". De Mortagne.
DES CHBRCHfiURS fiï UURiiiUX
90 Juillet i9i>
6i
62
Le général baron Humbert (Jean
Nicolas; (LXV. 547, 807^. — Le géné-
ral baron Humbert était issu d'une vieille
famille messine. Son aïeul, Abraham
Humbert, fut « aman de Metz », et son
père François-Philippe H., * conseiller du
Roi au bailliage » et « échevin de l'Hôtel
commun de cette ville ». Du mariage de
ce dernier avec Catherine Rose Vaillant
naquirent sept enfants, dont Jean-Baptisle-
Nicolas, baptisé à l'église St Sirnplice de
Metz, le 10 août 17s i, fut le cinquième.
Le 1 1 avril 1780, celui-ci assiste, dans
cette même église St-Simplice,au mariage
de sa sœur .Madeleine avec Jean Louis-
François-Philippe de Cailloux, avocat au
Parlement de Metz ; il s'appelle alors
Humbert de Fercourt et il est « officier
pour le service de la France». De ce ma-
riage naquirent sept enfants, dont le qua-
trième,Marie-Laurette, né le 8 septembre
1786, eut pour parrain son oncle maternel
«Jean-Baptiste-Nicolas Humbert de Fer-
court, lieutenant au régiment de Gr no-
ble du Corps royal de l'artillerie ».
Un de ses frères, Cteude-Etienne, né en
1765, mort en 1843, ^"^ avocat au Parle-
pientde Metz, puis président de chambre
à la Cour royale de Metz : il s'appelait
Humbert de Pommecourt.
Cf. Met^ : documents généalogiques, par
l'abbé F.-J. Poirier, p, 119 et 332 (Paris,
1899) ; Biographie du Parlement de Met^
par Emmanuel Michel, p. 232 (Metz,
•8S3).
Voici l'état des services du général
Humbert, d'après le Contrôle de l'ar-
tillerie:
Humbert (Jean-Baptiste-Nicolas), né à
Metz le 10 août 1751.
Enseigne au régirhent provincial d^
Metz, 4 août 177 1.
Lieutenant au régiment provincial de
Metz, 5 mai 1772.
Réformé, 115 décembre i77'5.
Sous-lieutenant au régiment provisoire
de Verdun, 10 mai 177S.
Lieutenant en 2^ au régiment de Gre-
noble, 20 juillet 1780.
Lieutenant en i*'' au régiment de Gre-
noble, 6 janvier 1785.
Capitaine au 2' régiment à pied, 27 jan-
vier 1788.
Chef de bataillon, 26 août 1793.
Chef de brigade, 20 pluviôse an 2.
Directeur de l'artillerie à Grenoble,
20 pluviôse an 2.
Commandant le 7« régiment, 21 floréal
an 3.
Directeur de l'artillerie à Mayence,
22 ventosc an 8.
Général de brigade commandant l'Ecole
d'artillerie a Mayence, 6 novembre 1813.
Admis à la retraite 2806 fr. par or-
donnance royale du 12 août 1814.
A été aide de camp du général de Bro-
glie de 1777 à 1780.
Aux armées des côtes de La Rochelle,
des /Mpcs et d'Italie ; à l'armée du Nord ;
à l'armée du Rhin ; a commandé l'ar-
tillerie Gallo-batave et a conduit les opé-
rations du blocus de la forteresse de
Wurtzbourg ; à l'armée de Hanovre (ans
12 et 13) était enfermé dans la citadelle
de Hameln ; à la Grande Armée (1806) ;
à l'armée du Rhin (1808); à l'armée
d'Espagne (1809) ; à Mayence (1814),
D'après les Fastes de la Légion d'honneur,
par Lievyns (t. III, Paris, 1844), le géné-
ral hum.bert fut chevalier de la Légion
d'honneur le 19 frimaire an 12, et officier
le 15 prairial suivant.
Mettensis.
Momigny (Gaspard- Joseph de)
(LXV, 249, 375,427,478, 851).
recevons la lettre suivante :
Nous
Caen, 9 juillet 1912.
Monsieur le Pirecteur,
Par l'intermédiaire AqV Argus de la Fr^ss^
j'ai eu connaissance d'une demande de ren-
seignements sur le compositeur Georges de
Momigny, formulée par M. E. B et insérée
dans \'!n'er>iié-.'iaire da chercheurs et cu-
rieux. A la date du 30 juin, M. A. P. (ini-
tiales transparentes) conseillait au solliciteur
des dits renseignements de s'adresser à moi
pour en obtenir. Je n'ui reçu aucune demande
de la part de M. E. B., qui, sans doute, se
sera renseigné ai leurs. Autrement, je lui
aurais signalé une erreur p^l- moi commise
dans l'article : gforges de momigny, du Sup-
plément à la Biographie universellt^ des
Musiciens, j'ai présenté cet artiste comme
étant le fils du théoricien musical Jérôme de
Momigny, alors qu'il n'en était que le petit
neveu.
Peut-être M. E. B. a-t-il été exactement
informé sur ce point; rnaiSj dans la crainte
que l'erreur ne se renouvellit, j'ai cru devoir
vous la signaler, en vous priant d'en faire
part à vos lecteurs, si vous le jugez utile.
Veuillez agréer, Monsieur Directeur, l'ex-
N' 1334 Vol. LXVI.
L'INTERMEDIAIRb
64
pretsion d«mes sentiments les plus distin-
gués.
Jules Carlez.
directeur honoraire
de l'Ecole nationale de musique
de Caen.
Orlan de Polignac (LXV. 739,857).
— M. A. Varloy pourrait peut-être obtenir
les renseignements qu'il désire, en s'adres-
sant à M. dOrlan de Polignac qui habite
Pompey (Meurthe-et-Moselle).
AiMF Thouvenin.
Philibert de Chalon, Prince d'O-
range (LXV, 831). — Henry de Nassau,
né le 12 juin 1483, épousa en 151c, en se-
condes noces Claude, fillede Jean Gabillon,
Prince d'Orange, celle-ci étant morte en
1521, Henry se maria en troisièmes
noces avec la fille d'un Mendoza, mar-
quis de Ginetti. De Claude seulement il eut
un rejeton, René de Nassau, que son oncle
Philibert, sanspostérité, adopta. Il devinlen
1530 héritier de la Principauté d'Orange.
René, mort en 1544, sans enfants, Guil-
laume de Nassau lui succéda par testa-
ment. Ce dernier se contenta de ses pos-
sessions dans les Pays-Bas et de la Princi-
pauté d'Orange, céda à son frère Jean de
Nassau ses possessions rhénanes.
Fromm, de ï Univers.
* •
Ce n'est pas Claude de Chalon, morte
en 1 521, qui a hérité de Philibert, son
frère, mort en 1530, mais bien le fils de
Claude de Chalon, René de Chalon né de
son mariage avec Henri de Nassau, et
comme René de Nassau-Chalon est mort,
tué à St-Dizier en 1544. sans enfant, les
biens de Philibert et ses titres ont passé à
Guillaume de Nassau, cousin de René,
qui a épousé Louise de Coligny. Ces
époux ont laissé pour héritier Henri-Fré-
déric de Nassau, lequel a épousé Marie,
fille de Charles I" roi d'Angleterre, lequel
a laisse pour héritiers deux enfants :
I" Guillaume de Nassau, roi d'Angle-
terre et prince d'Orange, lequel s'est ma-
rié à Marie, fille de Jacques II roi d'Angle-
terre, mort sans enfant ;
2" Louise-Henriette de Nassau qui a
épousé Frédéric Guillaume, électeur de
Brandebourg, élu roi de Prusse en ijot;.
Jules Dukay.
C« ne fut pas Claude de Chalon, soeur
de Philibert, et seconde femme de Henry
comte de Nassau, qui fut l'héritière de
son frère, mais son fils unique René de
Nassau qui succéda, en 1530,3 la Princi-
pauté d'Orange et à tous les biens de la
maison de Chalon, en vertu du testament
de son oncle maternel (Philibert) qui
l'avait adopté, à condition de prendre son
nom et ses armes. Les généalogies ne di-
sent pas que Philibert ait eu une fille.
Henry de Nassau eut trois femmes :
Franç-^ise de Savoie, Claude de Chalon
(fille de Jean de Chalon, prince d'Orange)
et Marie Mendoza. Elles n'indiquent pas
de mariage pour Philibert qui fut tué au
Siège de Florence le 3 août 1530, à l'âge
de 28 ans. Nisiar.
• *
Les Tabelles de Hubfier ^Hambourg 1737
disent : La Principauté d'Orange passa
à la maison de Chalon par le mariage de
Marie des Beaux, fille, et héritière de
Raymond V, dernier prince d'Orange,
avec Jean IV de Chalon •{- 1418
dont
Louis de Ch. Prince d'Orange ■{■ 1463
dont
Guillaume de Chalon » f 1475
dont
Jean de Chalon » f 1502
dont
Philibert de Chalon, prince d'Orange,
mort sans postérité en 1530, n'ayant
pas été marié.
De ce fait il institua pour son héritier
René de Nassau, fils de sa sœur Claude^
(f 1521), laquelle avait épousé Henri,
comte de Nassau f 1538.
Cet héritier de Philibert, (René de Nas-
sau) devenu prince d'Orange mourut en
1544 ne laissant également aucune des-
cendance : Nassau et Orange passèrent
alors à son cousin Guillaume 1", comte d".
Nassau. H. de B.
* «
Philibert de Chalon, né en 1502, fut
tué le 3 août IS30, dans un combat de-
vant Florence. N'ayant pas d'enfants, il
avait institué pour héritier, non pas sa
sœur, Claude ou Claudie de Chalon,
épouse d'Henri de Nassau-Dillembourg,
mais le fils de cette dernière, — son ne-
veu — , René de Nassau, sous cette con-
dition qu'il portât son nom et ses armes.
C'est ainsi que René de Nassau, né en
DES CHERCHEURS ET CURiBUA
20 Juillet ïQia
65
b6
* 518, devint, en 1530. René de Chalon,
prince d'Orange. Il mourut lui-même
sans enfants, le 15 ouïe 18 juillet 1544,
au siège de Saint-Dizier, en combattant
dans les armées de Charles-Quint, contre
François P'. 11 avait, à son tour, institué
pour son héritier son cousin germain,
Guillaume?'' de Nassau, dit le Taciturne,
né à Dillembourg, le 25 avril 1533, '^"
quel devint ainsi prince d'Orange en
1544. Elu Stathouder de Hollande en
1572, il fut assassiné à Delft le 10 juillet
1584. C'est par lui que le titre de prince
d'Orange sortit de la famille de Chalon,
pour passer dans celle de Nassau, qui se
trouve actuellement représentée par la
Reine Wilhelmine de Hollande.
René de Chalon fut, comme on le voit,
le trait d'union entre les familles de Cha-
lon et de Nassau. La femme de ce prince,
Anne de Lorraine, lui fit élever le monu-
ment remarquable, mais peu banal, connu
sous le nom de « Squelette de Bar-le-
Duc » et se trouvant dans l'église Saint-
Pierre de cette ville. Ce monument est du
au ciseau du sculpteur Ligier-Richier ;
suivant le désir exprimé par René de
Chalon rvant sa mort, il donne « sa por-
« Iraicture fidèle, non pas comme il était
€ en ce moment, car on flatte toujours
« les grands, mais comme il serait après
« son trépas ».
Voir : La Pise, Tableau de V Histoire des
Princes et Principauté d'Orange. La Haye
1639, et {'Intermédiaire des Chercheurs et
Curieux, Vol. LX, col. 81.
A. W.
Même réponse : Nauticus.
Ida Saint- Elme ; son origine
(LXlll). — M. V. A. T. demande si la fa-
mille Tolstoy, dont la «Contemporaine»,
dans ses Mémoires, se dit issue, avait
une parenté avec la famille du célèbre au-
teur russe.
Voici ce qu'on lit dans une notice jointe
à une lettre, du 24 nov. 1841, du préfet
de police, M. Delessert, au ministre des
affaires étrangères :
Nous ne savons pas si ce Tolstoy (son père)
appartenait à la famille russe dont plusieurs
membres exercent, en ce moment, à Paris,
des fonctions plus ou moins diplomatiques ;
mais ce dont nous sommes assurés, c'est
que cette famille repousse énergiquement
toute parenté avec la < Contemporaine » et
n'a jamais répondu aux lettres dont celle-ci
a bien voulu l'honorer.
C. R.
Cf. Intermédiaire. Vol XXXV, p. 735.
Peu de questions ont été aussi souvent
traitées dans le journal que celles relati-
ves à Ida St-EIme, (vol. 11, VIII, IX, XIV,
XVill, XIX, XXXll, XXXV, XXXVI ..)
Famille de la Sudrie (LXV, 783). —
En Périgord.la famille de Cosson a formé
la branche de la Sudrie. qui est générale-
ment connue seulement sous ce dernier
nom.
On m'a dit que le baron Ludovic de la
Sudrie, décédé à Bordeaux le 20 avril
1902, père d'Albert (décédé avant lui) et
père ou grand-père du baron Jean de la
Sudrie, n'était pas un Cosson et appar-
tiendrait à une famille des confins du Lot
et du Lot-ei-Garonne.
Les Archives Départementales du Lot-et-
Garonne (B, 639) ne citent qu'un Jean de
la Suderie en 1606.
Le baron Jean de la Sudrie habite au
château de Bellefontaine, par Langon (Gi-
ronde), On pourrait s'adresser à lui.
Garumnus.
. *
Barons de la Sudrie ; seigneurs de
Puechguisel, Brocart, Calvairac, Glatens,
Campanes. Ancienne famille du Quercy.
Filiation 14^1. Preuves pour Saint-Cyr
1725. Maintenue 1700. Noblesse de Quercy
1789. Emplois : un capitaine au régiment
Bourbonnais, des chevaliers de Saint-
Louis. Alliance : de Cadrieu 11498, de
Vielcastel 1626, de Durfort, de Bonnefons
16:57, de la Raumiguiére, de Captan, de
Touchebœuf-Beaumond, de Spens d'Esti-
gnols, de Brons 1716, de Giscard 1582,
de Carrère 1772, d'Aymer, Chanterre,
Delage de Luget 1896, de Faudoas 1592,
de Saint-Gresse 1644.
Armes : d'a:^ur à un lion d'or accompa-
gné de 12 hesans de même posés en orle.
(Pierre Meller, Armoriai du Bordelais,
Paris, Champion 190b.')
P. c. c. NlSlAR.
Une famille de la Sudrie, originaire du
Limousin et répandue au xvii'' siècle dans
le Confolentais, a fourni les branches de
Gamory et de Puyrichard, aujourd'hui
éteintes, Nou» ne ssivons si c'est de cette
N«
'334
Voi. LXVI
L'iNXhKMfiDiAlR^
que
V3ut
67 -
parler
68
M. de la Vé-
famille
ronne.
Elle portait : Ecartelé an i d'argent à
deux rocs d' échiquier iVa:(ur ; au 2 d'azur
à un croissant d'argent ; au ? d'a:(ur à une
coquiUe d'or ; ait 4 d'or à une branche de
suriette de sinople posée en pal.
Alliances : Meaudre de la Pouyade
(isjoet 179SI. Barbarin d- Fonteyroux
(16^8), More l de Fromenthal (170s), de
Cambourg (17 1 1 1. de Rousiers (1772^, de
Labrouhe de Vareilles (1802), etc..
Cette famille est aujourd'hui représentée
par les : Périgord de Villechenon, de
Bonnegens, de la Bardonnie. de Com-
preïgnac. de la Guérivière, de Lichy, etc.
Une autre famille de la Sudrie existait à
Bordeaux il )' a quelques années, mais qui
n'avait, a notre connaissance, aucune pa-
renté avec la précédente. XX.
* *
Marie-Anne de la Sudrie avait épousé,
ver» i72T,le comte Jehan de Cambourg
ou du Cambout, seigneur de Genouillé
de la famille du Cambout de Coislin. —
Elle habitait la paroisse d'Esse au diocèse
de Limoges. Elle eut pour fils jean-Bar-
thélemy, comte de Cambourg, seigneur
de Genouillé. capitaine au régiment de
Bourgogne-Infanterie, qui épousa, le 21
septembre 17^6, Mane-Anne-Renée de
Brissac, dame du Marais Sur l'acte de
mariage célébré à Faveraye TMaineet-
Loire), on voit figurer |ean de la Sudrie,
écuyer. seigneur du Chambon, capitaine
au régiment de Bourgogne-Infanterie,
qui doit être vraisemblablement neveu
de la mère de l'époux. — Le portrait de
Marie-Anne de la Sudrie. comtesse de
Cambourg, peint par Largilliere, se trouve
au château de Vic-sur-Aisne, (Aisne), Il
appartient à la Vicomtesse de Reiset, née
Cambourg. dont elle est la quadrisaieule.
Ce portrait provient du château du Ma-
rais et fut sauvé de l'incendie du château,
brûlé pendant la terreur.
Vicomte df Reiset.
Chevalier Tousard LXV, 203, 331.
429, s 14. Hi i). — Voici ce que je trouve
dans Ht\torical Re/^ister and Dictionary
of tbe United States Army, 1789 1903.
Heitman. Washington, 1903 :
T.'"sard, Louis. France, Joined the Con-
tinenu ^rmy as a volunteer in the siimner
of 1777. t.y tha act of 97 October 1778 it
was « Resolved, that the gallantry of Mon-
sieur Tousard in the late sction on Rhode
Island (when he was wounded and lost an
arm) is deserving of the highest applause,
and that Congress, in considération of his
zeal and niisloitune, do promote the said
Monsieur Tousard to tbe rank of Lieutenant-
colonel in the service of ihe United States,
bv brevet, and that he do receive a pension
of 30 .lollards per mont, out of the Treasury
of the United States, during life ».
Major Ist Artillerists and Engineers, U. S.
Army, 36 Fehruary 1795; lieutenant-colo-
nel 2nd Artillerists and Engineers, 26 May,
1800. Honorably discharged Ist June 1802,
Died 18 September 1821.
Tel est l'état des services de M. Tou-
sard en Amérique. Les dates ci dessus ne
s'accordent pas toutes avec celles données
dans les réponses antérieures
Lou's Tousard s'est engagé comme vo-
lontaire en 1777 ; perdit un bras en 1778
et reçut la même année, avec le grade de
lieutenant-colonel par brevet, une pen
sion mensuelle de 30 dollars.
Il reprit du service en 1795, avec le
grade de major du i" régiment d'artil-
leurs et d'ingénieurs. Le 26 mai 1800, il
est nommé lieutenant colonel du 2« régi-
ment d'artilleurs et d'ingénieurs, et con-
gédié le i*"" juin 1802, Il mourut le 8 sep-
tembre 1821. D' P.
Jardins dessinés par Le Nôtre
(LXV, 448, ^60, 6,4, 7 14. 819; LXVI, 23).
— je copie dans le Voyage pittoresque des
environs de Paris, ou des maisons royales,
châteaux ou autres lieux de plaisance, situés
aux environs de cette ville, par M. D"*,
3« édition, corrigée et augmentée, à Pa-
ris, chez De Bure, père, libraire, quai des
Augustins. du côté du pont Saint-Michel,
à Saint-Paul, 1768, avec approbation et
privilège du roi, les renseignements qui
suivent :
Château, situé à Issy, de Madame la Prin"
cesse douairière de Conty. Le jardin , don^
l'étendue est de 96 arpents, et qui est planté
sur la croupe d'un coteau, fait admirer le
beau génie de Le Notre (1).
Les jardins du château de Meudon, dont
Le Notre a replanté le parc, offrent de belles
productions de son art, tant dans les bas que
(i) En 1787, le château d'Issy appartenait
à Madame la Princesse de Chimay, (Nauti-
cus)
OfiS GHBRGHHURÏ ET CURIEUX
20 Juillet lui a
6û
dans les hauts. C'est ce fameux génie que le
P, Rapin peignait dans ces vers : '
Augustis umis qui praesidet hortis,
Ortiandi ruris maonui monsfrator, et omnis
Egregius ciiltiirae hortorum, artisque ma-
gishr.
HoRj. Liv. I.
C'est ainsi qu'entre les mains de Le Nôtre,
les jardins de Trianon se sont agrandis, et
ont insensiblement formé un parc considéra-
ble.
Les jardins de la maison royale de Clagny
ont été plantés par Le Nôtre.
Le château de Sceaux est l'ouvrage du
grand Colbert, qui chargea Le Brun de tous
les embellissements de ce lieu, et Le Nôtre
de la conduite des jardins.
C'est donner une idée avintageuse du parc
du château de Juvisy, que de dire qu'il a été
planté par Le Nôtre.
La maison de Beaurepaire, qui n'est qu'à
une demi-lieue de Juvisy, est renommée pour
ses Jardins plantés par Le Nôtre.
Le château d'Athis renferme aussi la mai-
son de plaisance de Madame la duchesse de
Rohan, nommée Les Carneaux Dn même
côté (du parterre) s'élève un bois de haute
futaie, dont les labyrinthes et bosquets dé-
cèlent la manière de Le Nôtre.
Roule dressées par
sur les dessins de
L'Etoile, les ailées du
ordre du grand Colbert
Le Nôtre.
La préface du Voyage pittoresque débute
ainsi :
Ce n'est pas un paradoxe, d'avancer que
les plus beaux jardins de lEurope sont ceux
de France. On sait que le bel art qui ap-
prend à les former, y prit naissance sous le
règne de Louis XIV. Ce Prii.ce trouvant dans
Le Nôtre un génie capable d'exécuter ses
grandes idées, l'envoya en Italie pour se per-
fectionner. Le voyage que Le Nôtre y fit en
167S lui fut cependant peu utile. La vue des
Jardins de Tivoli, de Frascati, de Colorno,
de Sassuolo et de Pratolino, qui passent
pour les plus beaux d'Italie, échauffa faible-
ment l'imagination de ce grand homme. La
plupart de leurs fontaines ne sont que de
petites grottes, ou des bassins ornés de figures
qui jettent des filets d'eau. )l faut en excepter
la Vénerie appartenant au roi de Sardaigne,
qui a été plantée par un architecte français
dans le goût des jardins de Marly. Loin de
trouver des modèles en Italie, Le Nôtre y en
laissa qu'on ne peut trop étudier ; tels sont
Jes dessins de la Vigne Pamphile, et ceux des
jardins du palais Ludovisi à Rome.
Nauticus.
70
nuUius (T.
Abbés nuUius (T. G. 19 ; XLV ;
LVIII ; LXIX ; LXV, 737, 842). — Il
s'est glissé une erreur dans l'article du
savant D' A. B. (LXV, 845).
Ce n'est pas « l'abbé bénédictin de
l'abbaye nuUius de Notre-Dame des Er-
mites », en Suisse, qui est « toujours, de-
puis Grégoire XVI, nommé évêque titu-
laire de Bethléem », mais bien l'abbé des
chanoines réguliers de Saint-Maurice
d'Agaune, en Vallais.
H. DE L.
Chère Madame (LXV, 206, 388,
487). — Chère Madame suppose un cer-
tain degré d'intimité, ou une supériorité
quelconque du côté de celui qui s'en sert.
C'est alors une expression affectueuse,
mais qui serait «déplacée en toute autre cir-
constance. Ma chère Madame serait aussi
incorrect que Mon cher Monsieur, sinon
plus.
O. D.
Petra quadrata (LXV, 691). — Le
minéral dont il s'agit est vraisemblable-
ment le Protosulfure de fer, que Ton
trouve fréquemment dans la nature, en
cristaux isolés cubiques à reflets métalli-
ques.
Le poids n'est pas tout à fait celui du
plomb. Un centimètre cube pesé environ
7 grammes, tandis qu'en plomb il pèse-
rait 10 grammes. Mais il est possible que
M. Nauticus ait indiqué ce poids au jugé
et sans recourir à la balance.
Philippe Leroy.
L'auteur de ).' « Imitation de Jésus
Christ » (T. G 441 ; LXV, 78s). — Ne
craint-on pas d'encombrer nos colonnes
au sujet de cette question, une des plus
connues et... une des plus controversées .?
Il y a six ans. Dom Vuillemain, chanoine
régulier de Latran, supérieur de la mai-
son de cet Ordre à Liège, a publié une
traduction de V Imitation, conçue sur un
plan nouveau. Son introduction résume
et précise la question de l'auteur de ce li-
vre admirable. Ce petit volume a été
édité, je crois, chez Desclées. On peut, en
tout cas, se le procurer dans la première
librairie catholique venue.
La CoussiÈRE.
Sur ce sujet, le chapitre intitulé : L'In-
N» 1334. Vol. LXVI.
L'INTERMÉDIAIKB
72
terttflle Consolation du livre de Barbey
d'Aurevilly {Philosophes et Ecrivains reli-
gieux, i' série; qui vient de paraître est
intéressant à consulter.
L. R.
La Bibliothèque de Valenciennes pos-
sède un manuscrit de V Imitation qui est
décrit dans le Catalogue général des tnamis-
crtts des Bibliothèques publiques. Départe-
ments. Tome XXV. Valenciennes, p. 532.
Martène et Durand, dans le récit de
leur visite à l'abbaye de Saint Tron
{Voyage littéraire de deux religieux Béné-
dictins de la Congrégation de Saint Maur,
2" partie, p. 199), citent ce manuscrit et
en donnent Vexplicit :
Hune libellum fecit fieri Walterus de Sta-
pel, prior monasterii S.Trudonis, qui perfec-
tus fuit anno Domini MCCCCXXVH (c'est
I437et non 1437) ; ils ajoutent : Ce qui dé-
cide la question touchant Thomas à Kempis,
qu'on i fait auteur de cet admirable livre,
puisque son prétendu original n'a été écrit
qu'en 1443.
J. Lt.
Voilà une question que je n'aime pas
voir apparaître dans la rubrique de Vin-
termédiaire, car une fois posée, il n'y a
pas de motif pour qu'elle finisse. Si en
effet nous prenons dans Ulysse Chevalier
la bibliographie de cette question, nous
voyons près de quatre colonnes employées
à énumérer les ditTérenls travaux histori-
ques faits sur ce livre. Et je ne tiens pas
compte des diverses traductions ou édi-
tions du texte. On voit donc que la ma-
tière ne sera pas de longtemps épuisée.
Parmi tous les travaux faits récemment, le
plus important est celui de Mgr Puyol,
ancien supérieur de Saint-Louis des Fran-
çais, qui a consacré, on peut dire, sa vie
entière à l'étude de l'Imitation^ et à celle
de son auteur. Huit volumes, dont un de
planches représentant tous les plus an-
ciens manuscrits, sont consacrés à ce tra-
vail, et je crois qu'on peut affirmer que le
docte prélat a complètement épuisé la
matière.
Toutes les opinions sur l'auteur de
{'Imitation . peuvent se réduire à trois, en
ne tenant compte que des princi[)ales.
I» Thomas a Kempis, né en 1380, cha-
noine régulier »u monastère d« Mont
Sainte-Agnès près de Zwol, où il mouru*
à l'âge de 91 ans, en 147 1.
2° Le chancelier Gerson, de son nom
Jean Charlier, né en i 363 et mort en 1429.
30 Un abbé bénédictin de Verceil, Jean
Gersen, ami de saint François et qui aurait
vécu dans le xiii- siècle. Ajoutons que les
tenants de Thomas a Kempis soutiennent
que cet auteur n'a jamais existé, bien que
son nom soit dans des manuscrits très
anciens.
Causant de cette question avec le sa-
vant prélat dont j'ai parlé à propos
d'études faites sur ce sujet, je lui déve-
loppais cette opinion : l'auteur de V Imita-
tion est un homme qui a mis en pratique
la devise qui se trouve à la fin du premier
livre Ama nesciri et pro nihilo reputari.
Aime à être ignoré et traité de rien. Et
Mgr Puyol ajoutait que toutes ses études
l'amenaient à la même conclusion. Les
noms mis successivement .en avant dispa-
raissent les uns après les autres devant
les l'imières de l'histoire, et \z vrai auteur
de limitation restera toujours enveloppé
dans les ténèbres du passé. 11 suffit à sa
gloire devant Dieu et devant les hommes
d'avoir produit le plus beau livre qui soit
au monde, et il a voulu lui-même s'abri-
ter sous cette obscurité qui met encore
plus en relief l'action de Dieu dans
Y Imitation de Jésus-Christ. D^ A.-B.
Une clef des « Liaisons dange-
reuses » (T. G. ; LXV, b4!^, 765, 864).
— Dans la Vie Je Henri B/ ularJ, p. 65,
Stendhal prétend avoir connu dans son
enfance, l'original de Mme de Merteuil :
ce serait Mme de Montmort, femme boi-
teuse, riche et spirituelle, qui était liée
avec les Beyle et les Gagnon. Elle tomba
dans la dévotion sur ses vieux jours, et
mourut en 1822,3 quatre-vingt-cinq ans.
Cécile Volanges serait une demoiselle de
Blacons , native de Voreppe , que ses
aventures conduisirent au couvent. (Cf.
Dard. Le général Choderlos de Laclos., Per-
rin, 1905, p. 49). D'autre part, dans une
note de V Amour, p. 216, Stendhal dit
avoir lu à Naples, chez le marquis Berio
'f uii manuscrit de trois cents pages du
général Laclos, bien scandaleux » don-
nant la liste de tous les grands seigneurs
de 1778, avec des notes prises sur leurs
mœurs. M. Dard, en citant cette note,
ajout* ; %< ce précieux manuscrit, qu'on
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
20 Juillet 19 13
73
74
regrette de ne pas connaître^ c'est le dos-
sier des Liaisons dangereuses. » (La ques-
tion a déjà été étudiée dans V Intermédiaire.,
au moins en ce qui concerne les Mémoires
de Tilly. Voir 111, p. 168.)
Ad. Paupe.
Moabit (LXII, — 11 me semble qu'il
serait utile de signaler ici l'intéressante
étymologie donnée par M. Maurice
Charpentier sous la rubrique « Mots
allemands dérivés du français » (LXV.
867).
dUlSETTl.
Kerr (LXV, 646). — Le kerr est un
phénomène découvert en 1875, par le
docteur Kerr de Glascow,
Il se produit lorsqu'on électrise un
corps isosant, et consiste en ce que ce
corps isolant devient biréfringent, lente-
ment s'il est solide, et brusquement s'il
est liquide.
P. CORMAN.
Patagon (LXV, 740, 875). — Autre
exemple, que ne je vois cité dans aucun
Dictionnaire : « Leur désintéressement fut
si complet que dans tout le voyage je n'ai
pu trouver à placer un patagon. » J.-J.
Rousseau. Nouvelle Héloïse. Lettre XXlll.
J. P.
Huque ou Hugne (LXV, 99, 786.
864). — Le huge, le hugon, le huguenot,
où l'huguenoterie, est une sorte de fantôme
qui au dire des habitants de Tours, et de
toute la région, parcourait nuitamment
toute la campagne, et les remparts, mal-
traitant tous ceux qu'il rencontrait : on
l'appelait aussi le roi Hugon, ou le roi
Huguet. P. CoRMAN.
Hautie ou Hautil (LXV, 544, 675,
81 81 ; LXV. 29). — Leglay, dans son Glos-
saife topographtque de l'ancien Camhrésis,
définit dans les remarques sur les titres
énoncés dans ce volume (Chartes des x* et
xi^ siècles), un auîïl : une cure ou église
(concédée à un chapitre ou à un monas-
tère) ; ces églises étaient libres ou sou-
mises au personnat, c'est-à dire concédées
à perpétuité ou soumises à une prestation
ou rachat lors de chaque vacance de la
cure, E. RouzÉ.
Saint-Frusquin (LXV, 1596, 724,772,
876). — Parmi les 22 bans qui formaient
« le Val de Metz » du pays messin, figu-
rait celui d'Hauconcourt, village de la rive
gauche de la Moselle, ancienne terre de
la famille Remiatte de Raigecourt. Sur ce
ban se trouvait la ferme d'Amelange, an-
cien bien ecclésiastique de l'abbaye de
Justemont. Or, près de cette ferme il y
avait une chapelle, dite chapelle de Saint-
Frusquin^ citée dans des actes publiés en-
core au xvii» siècle.
Les Statistische Mittheilungen sur l'AI-
sace-Lorraine, cahier XXX, page 733
mentionnent cette chapelle de Saint-
Frusquin sur le ban de Hauconcourt.
Fromm, de V Univers.
Donjon, étymologie (LXV, 359,
574, 674. 820, 870). — Je ne vou-
drais pas intervenir dans la question de
l'origine d'un mot d'origine certainement
française, donc probablement de langue
d'Oil. Mais je ne puis que protester con-
tre une phrase de M. H. La, disant « le
gaulois «Dunon» était une ex pression mi-
litaire, etc.. » Il y a un trop grand nom-
bre de villes ou de villages gaulois por-
tant le nom de Dun, Verdun, Melun,
Lyon, Yverdon (en Suisse) Londres (en
Angleterre), etc. etc. pour que le mot
traduit en latin par dimium ou dinum ne
fût pas aussi populaire que bourg ou
ville. . . La terminaison on ou ion est un di-
minutif qui provient vraisemblablement
de ce que j'appellerai, à côté du singulier
et du pluriel, l'individuel Kymrique en
ou vn (On dit parfois sinoularissime). Ce
diminutif se retrouve couramment en
français : aigloii, poisson, pigeon, cotillon
etc. Le mot gaulois a donné en français :
dune, hauteur ; en gallois : din, forte-
resse ou ville ; en anglais : town (peut-
être) donjon signifierait : petite forte-
resse. E. L. E. A.
)V:on colonel (LXl ; LXIin. - Il a été
demandé, il y a quelque temps, si, dans
cette expression, le mot « mon » est une
abréviation de monsieur, ou s'il est pos-
sessif.
Je transcris le passage suivant d'un ar-
ticle de tète du ']Ournd\\' Eclair (25 avril
1911) paru sous la signature du général
Cnerfils, l'écrivain militaire bien connu :
Sous l'ancien régime, l'ofificier était encore
N» 1334. Vo. LXVI.
L'INTERMEDIAIRE
1^
76
pour ses inférieurs un monsieur, sinon même
un seigneur. 11 a fallu les guerres de la Ré-
volution et de l'Empire avec l'iimaîgame
réalisé par la conscription nationale pour en
faire, aux yeux de ceux qui le regardaient
d'en bas, € leur officier».
Maintenant, un usage séculaire fait que le
litre que l'inférieur ionne à un de ses supé-
rieurs est précédé de l'adjectif doucement
possessif « mon > et que cet inférieur dit :
mon capitaine, mon général avec un air de
respect presque filial... avec la tendresse qui
fait dire : « mon père ».
Le général Cherfils ne donne aucune
référence, et aucun texte ancien n'a été
apporté a l'appui des réponses précéden-
tes, peu nombreuses, d'ailleurs. Cette
question seraii-elle donc dépourvue d'in
térêt pour les savants chercheurs de 17>i-
teiniédidire ?
Dans Tune des réponses parues, l'au-
teur cite le dialogue de Chevert et du
sergent Pascal, avant l'assaut de Prague
(26 nov. 1741). Le sergent ponctue cha-
que Indication de son chef de : « Oui, mon
colonel. >
MM Chadenet et JoUy, dans leur his-
toire de Chevert (i ), rapportent avec les
mêmes termes cette anecdote
Le journal La France Militaire repro-
duisait, ces jours derniers, le même récit
qui avait servi de sujet de composition à
l'exam-în d'admission d'une école mili-
taire. Ici, Pascal répond : « Bien, mon
colonel. >
Mais un autre historien de Chevert,
Mlle Buvignier-Clouet, (2) donne, en mo-
nologue, les instructions de Chevert au
grenadier Pascal.
Un collaborateur complaisant voudrait-
il vérifier la forme exacte du récit dans
les Mémoires du chanoine de Lacombe
qui le premier, croyons nous, l'a raconté
et ^* assure tenir ces détails de Chevert
lui-même >>. C. R.
Sous la corde des saints (LXV, 42,
2^S. V^4. 474, S34,724<77'. 8t)9)- — '^•
Daron. certainement, ne m'a pas com-
pris ; je vais essayer d'être plus clair.
Il est absolument impossible qu'un
(1) Chevert par MM. Camille Chadenet et
Jolly. Verdun, 1888, chez Laurent.
(2) Chevert par Mlle Bjvignicr-Clouet,
Verdun. id8K, chez Kcné-Laliomant.
grec <î'î;-^«, puisse devenir le français sine
par l'intermédiaire d'une forme sem qui
n'a jamais existé, et cela d'autant plus
que afl[xa n'a jamais signifié cloche ; soit
en grec ancien, soit en grec moderne et
n'a pas de dérivés rappelant le sens de
cloche.
Au préalable, je tiens à relever l'asser-
tion purement fantaisiste de notre collè-
gue qui dit : j'ai fait remarquer que Va
final de sema^ non accentué tombait... 11
oublie qu'en grec et en latin, Va final,
bref ou long, est toujours non accentué,
et que, néamoins, il ne tombe jamais. Il
se maintient dans les langues italienne,
provençale, espagnole et portugaise tel
qu'il est ; il devient 0 en provençal mo-
derne, et e en français. Cette règle est
ab>olue et ne souffre aucune exception,
quelle que soit la déformation que peut
subir le mot avec le temps.
Donc aTJax ne peut devenir sem.
Ceci acquis, je vais montrer, par des
exemples, ce que devient le suffixe grec
neutre ixa dans le latin et les langues ro-
manes.
Les mots grecs entrent dans le latin et
les langues romanes, par deux voies, la
voie savante ou la voie populaire.
Dans le premier cas, pour les mots en
[la, le latin conserve le mot grec tel qu'il
est ; il suit la 3® déclinaison, reste neutre,
et a une tendance au pluriel, a prendre 1^
2" déclinaison neutre, — mata, orum^ is.
Dans le second cas, le rnot en (xa, de-
vient féminin et suit la r" déclinaison,
m<7, mae.
Dans les langues romanes, les mots
grecs en ma deviennent uniformément
ma en italien, provençal, espagnol et por-
tugais, et VIS en français ; mais dans le
premier cas, le mot prend le genre mas-
culin, dans le second il devient féminin
Ces règles sont absolues et ne souffrent
aucune exception. Ex. : £ii6XT|;Aa — latin
emhléma, a fis et emblêmà, œ — sont trtas-
ciilins, ital. esp. port, emhlema, français
emblème ; est (eminin l'espagnol euihlema.
i/r^iia. — latin schéma, atis et schéma a
— sont masculins l'italien schéma, le ïr-AVi-
çMs schème ; soni féminins l'espagnol es-
quema, le portugais schéma.
a7toaTr|[i.a latin aposlêma atis et apostêma\
o! sont masculins le portugais apostema^
le français apostcme : sont féminins l'itat-
l lien et l'espagnol apostema.
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
so Juillet 191a
77
78
(e ne pousse pas plus loin — il «n ré-
sulte que le grec crri;-La, s'il était entré dans
les langues romanes avec le sens de clo-
che, devait devenir en italien, espagnol,
portugais sema, en français sètne. soit
masculin ou féminin. C'est ce qui n'a
pas eu lieu : donc le grec sema n'est pas
le générateur du nom de la cloche dans
les langues romanes. Suis-je assez clair?
Je dis maintenant que c"' st du latin
signum que viennent le français sein^ et
les mots de même sens et de même forme
dans les autres langues romanes.
Je décompose signum en s -\- ignu -(- m
et Vou sait que le latin igmi devient en
italien egtw, en provençal enh, en fran-
çais ein, in, ain Et alors
le latin signum cloche devient l'italien
segno cloche, de la même manière que le
latin dignus digne est devenu degno, le
latin ligniim bois est devenu legno, le la-
tin pignus gage est devenu pegno
le latin signum cloche devient le proven-
çal senh cloche, de la même manière que
le latin dignus digne est devenu denh, le
latin ligmwi bois est devenu lenh.
le latin signum cloche devient le français
sein, sin, sain de la même manière que le
bas latin designum verbal de designare
désigner, dessiner est devenu dessein,
dessin, le bas-latin disdignum verbal de
disdignare dédaigner est devenu dédain.
Enfin, le portugais sino cloche a pris
cette forme à une époque relativement
récente où le groupe gn est devenu /w,
c'est-à-dire « précédé du jod, lequel dis-
parut plus tard en donnant le timbre i à
la voyelle le précédant ; donc là, et d'une
façon évidente, le portugais stno cloche
se ramène au latin signwn cloche
Suis-je assez clair? Notre collègue M.
Daron fera bien d'accepter ces explica-
tions sans y contredire. D'après ce que
j'ai lu dans notre publication, c'est l'opi-
nion de nous tous. C'est l'opinion aussi
de tous les savants dont la science lin-
guistique s'honore depuis Diez, le réno-
vateur de la science moderne jusqu'aux
plus jeunes de nos jours, qu'ils soient
français, allemands, anglais, italiens ou
d'ailleurs. H. La.
P. -S. — Le latin signum a le sens de
cloche dans les textes mérovingiens : fJLui
dum per plateam praeterirent^ signum ad
matutinas moturn est : erat enim dies
dominica... dit Grégoire de Tours (3, 15).
Dictionnaire de Brachet, page 527. —
Que pense M. Daron de ce signum motum.
11 n'osera pas, je pense, prétendre que ce
signum confirme sa théorie. Dans tous les
cas, il saura qu'au 6' s. on se servait du
signum, on le mettait en branle motum
est pour sonner matines. H. La.
[M. Daron répondra peut-être à cette
note : mais nous croyons que ce sera en
ce cas la dernière sur une polémique très
intéressante, mais qui, désormais a at-
teint son maximum de développement].
Midi et demi (LXIV ; LXV, 39, 290,
340, 438). — Je viens mettre aussi mon
grain de sel, dans l'histoire de midi et
demi ; ceci pour répondre à l'article de
M. Daron.
Je vois tout d'abord que M. Daron at-
tribue une énormité à M. Littré. jamais
ce savant n'a pu écrire que midi fût formé
du latin dimidius diès. Il n'y a qu'à ou-
vrir son dictionnaire, volume 3, pages
5154 et 551 pour y lire que midi vient de
mi et diês, et que mi vient de médius.
Donc Littré admet, et avec raison que
f,:idi = mi -\- di = médius diês .
C'est ensuite, à tort, que M. Daron
critique l'étymologie donnée par Littré,
de demi. Rien n'est plus régulier et
plus conforme aux lois phoniques de
notre langue En effet, la voyelle i, brève
ou longue, dans la syllabe protonique,
tend régulièrement à devenir e en fran-
çais, ex. : divinus devin., divisum devis.,
jînîre fenir, pnmârius premier, etc. donc
dimidius demi .
Le français mi vient aussi très réguliè-
rement de médius, par l'intermédiaire
d''une forme iniei. En effet me donne mie^
comme dans merum mier, mel miel, gelu
giel, pedem pie, etc. Quant à di intervoca-
lique, il perd son élément dental et de-
vient/, comme dans gaudia joie, appodiare
apnier, etc. Um final, devenu atone,
tombe comme ds.ns murum mui\ colapum
co^p, etc.
Donc w^^iHm devient miei ; mais comme
la triphthongue iei était difficile à pro-
noncer, elle s'est réduite, par la chute, de
la voyelle médiale e, à la voyelle t. On
peut faire la même remarque dans les
exemples suivants : legit il lieit, il lit,
ptetium priais pris prix, ceresia cerieise ce-
rise, eclèsiam eglicise église, etc. En consé-
quence médium miei aboutit à mi.
H-
'334.
Vol. LXVI.
L'INTERMÉDIAIRE
79
80
A mon avis, rien n'est plus faux que le
raisonnement de M. Daron pour établir
que </; n'a rien a faire avec Jiés. M. Da-
ron dit que di dans diés est une syllabe
brève et ^s une syllabe longue ; or, la
syllabe longue d'un mot ne tombe ja-
ïr.ais, car elle est l'àme du mot. M. Daron
oublie que dans diês, la syllabe radicale
est di, syllabe qui ne bouge pas, et que
es est une syllabe casuelle, essentielle
ment variable et qui devient brève à l'ac-
cusatif.
Or, la plupart du temps, les substan-
tifs de notre langue proviennent de l'ac-
cusatif, et dans ce cas, le cas sujet se forme
par l'adjonction de 5, Exemple fil fils qui
fait au cas sujet fils, dirtérent de fi^us =
films. Et c'est aussi ce qui se présente pour
di qui devient dis au cas sujet.
Le latin dii-s n'a laissé aucune trace
dans les langues romanes, et c'est de
l'accusatif dieni qu'elles ont tiré le subs-
tantif di, le latin ie se contractant en i,
de même que le latin ue se contracte en
u, ex. : fuerent fttteni, etc.
Cette contraction te en t se présente
dans le roumain ^j, l'italien, l'engadi-
nois, le frioulan, le provençal et le fran-
çais di : dans un seul dialecte, le lo-
goudorien, la contraction ne se produit
pas et l'on a die.
Plus tard, dans plusieurs dialectes, la
forme di ayant un aspect masculin, on
la fit passer à la première déclinaison
pour lui donner un aspect vraiment fémi-
nin, et l'on eut le français die, et dans
les autres dialectes dia. Un exemple
identique existe ; le latin gruem grue, de-
venu gru dans les langues romaines, prit
la forme grue en français etgrua dans les
autres langues.
Donc le français a di ■= die c?s régime^
di = die -}- s cas sujet, et die = die
-\- a = dia forme féminisée.
La seule concession que je puisse faire
à M. Daron est celle-ci.
Au fond, lé latin diés et le grec Z^m5
sont à peu près le même mol. Dans la
langue indo-européenne le nom du dieu du
jour, le jour naturel ou divinisé sedéclinait
ainsi : nominatif singulier Dicus, vocatif
Dteu, accusatif Dit' m, locatif Dievi. génitif
Dtvo<. ou Dives, etc. Dans la langue ita-
liote. l'accusatif diém devenu réguliè-
rement diem en latin, donna lieu à la
création d'un nominatif diis : le même
fait se produit dans certains dialectes
grecs où l'on eut Zcs. C'est la même rai-
son qui a fait que l'indo-européen occi-
dental hÔHS est devenu en latin et en
dorien bos.
Kevenons n mi =: médius ; ce mot
est absolument difïérent du grec hémi et
les langues romanes en font bien la dis-
tinction : ce qui est évident par le tableau
ci-dessous.
latin hêmigrânia ; médius dies.
italien emigrania ; me:^:^odi.
français migraine ; midi.
espagnol migrana; mediodia.
portugais /i^w/rranja; meiodia ;
provençal migrano ; me^dta.
Catalan migrant ja ; mitjorn.
Pardi n'a jamais voulu dire par Ju-
piter. \c\,di est une variante de (iïVw qui
se présente chez les auteurs sous les
formes variées di, deu, dé, dié, diu etc.
Enfin les mots suivants'mmwi'/, mijout ,
milieu ne sont nullement du grec
Tout le monde sait que nuit ■=. latin
tioctem cf. cuit z= coctum, mauduit =
maie doctum, etc .
Que jour ;= latin diuinutn cf. Au-
boiir = alburnum^four T=z furniim Qtc.
Que lieu = latin locus, cf. jeu = j'o-
eus, feu =: focus etc
On voit, en conséquence, et d'une fa
çon très certaine, que dans ce groupe de
mots mi, midi, demi, le grec n'a rien
à faire. Dans la très forte majorité des
mots de notre langue, on n'a qu'à re-
monter au latin pour en trouver la
source Certes, dans notre langue, exis-
tent des mots grecs venus, soit par la
voie populaire ou la voie savante, mais
traiter c-^ttc question augmenterait la
longueur de cette note, question, du reste,
connue de tous ceux qui ont fait leurs
études classiques, c'est dire de tous les
lecteurs de V Intermédiaire.
H. La.
«
* »
Il est inutile, je crois, d'ergoter plus
longtemps sur la question de savoir s'il
faut écrire midi et demi ou midi etdemie :
cette expression est inexacte et incorrecte,
car le terme midi, employé comme me-
sure du temps, ne^saurait, ainsi que l'heure,
supporter de divisions ;midi et demi signi-
fie, à mon avis, midi plus la moitié de
midi, soit 6 heures du soir ou 18 heures
(nouveau style). On devrait dire tout
ÙES CHERCHEURS ET CURIEUX
8i
aojoillet 191a
82
simplement, en suivant l'énumération des
heures du cadran, 1 2 heures et demie pour
le milieu du jour et 30 minutes pour
l'heure correspondante de la nuit A l'état
civil, par exemple, il est de règle de men-
tionner : « cet enfant est né aujourd'hui à
30 minutes », expression très juste et
plus logique que minuit et demi, qui est
un véritable non-sens. Gelidus.
Jeux aux XVI* et XVII' siècles
(LXl). — Peut-être trouverait-on quel-
ques renseignements utiles dans :
— U Académie universelle des Jeux ^ '737>
1763 et 1777.
— L'arbitre des Jeux ^ par Mery, Paris
Gonet 1847.
— Les jeux publics en France^ par G.
Driolle. Paris, Amyot.
— Dictionnaire des jeux de V enfance,
parj. F. — AY. Paris, Barbon, 1807.
Les jeux de quadrille et de piquet,
Manille, r
'37.
— Académie des jeux, par Van Tenao,
Paris, Garnier.
— Les jeux et les joueurs, par Ch . Vir-
maitre. Paris, 1872. j. G.
Le bien qui a été dit du pélican
(LXI ; LXIIl, 481, 771). — Je me rappelle
avoir, il y a 56 ans, entendu réciter le
curieux boniment que voici :
« Venez voir, messieurs et dames, le
grand pélican blanc, qui tous les dix ans,
se perce les flancs, pour nourrir ses petits
enfants ! L'animal est Carnivore — et
dévore — les petits enfants ! Mais, pères
et mères sensibles, ne craignez rien '
L'animal a déjeûné, et de plus, il est em-
paillé 1 » V. A. T.
Orgue des saveurs (LXV, 694,823).
— Il s'agit de parfums, mais il s'agit aussi
de la gamme et c'est pour rapprocher de
la question. La doctoresse Hélina Gabo-
riau, dans le Journal de la Beauté, écrit :
De même que pour la musique, il y a des
accords parfaits et des fausses rotes ; le sa-
vant chimiste anglais Piessé disait que cha-
que parfum correspondait à une note de
musique, c'est-à-dire qu'une odeur produi-
sait une sensation analogue sur l'organisme,
à un son musical.
11 a ainsi composé des bouquets harmo-
nieux formant des accords dont voici quel-
ques exemples :
Bouquet, accord de do
D»
Do :
Mi
Sol
Do ;
Fa ;
Do
Fa :
La :
Do
santal ;
géranium ;
: acacia ;
: fleur d'oranger ;
camphre.
Bouquet, accord de fa
musc ;
rose ;
tubéreuse ;
fève Tinka ;
camphre ;
Femmes. Conquête des diplômes
masculins (LIV à LXV, 774]. — La
première femme député en Autriche.
De la Correspondance Tchèque :
La première femme-débutê en Autriche ,
La première en Autriche, et, à la seule ex-
ception de la Finlande, la première dans
toute l'Europe, Madame Vikovà-Kunètickà
(Vikovà-Kongnetitskà) a été élue député
dans un des arrondissements du parti jeune-
tchèque, à Mladà Boleslav en Bohême. Déjà
cette première candidature féminine avait
soulevé de nombreuses objections et contro-
versfs, et l'élection de Madame Vikova-Ku-
nèticka ne veut pas encore dire qu'elle sera
réellement autorisée à occuper son tiège de
député à la Diète de Bohême, car c'est une
question encore à trancher, selon l'interpré-
tation de la loi électorale qui n'est pas abso-
lument claire sur ce point. Mais en tout cas,
cette proclamation éclatante de l'égalité des
droits de l'homme et de la femme est une
victoire des idées progressistes, et les Alle-
mands de l'Autriche, qui se vantent tant de
leur libéralisme, en sont tout penauds.
Une Tchèque a été la première étudiante
de lycée en Autriche, une Tchèque a été la
première femme-docteur en médecine en
Autriche, une Tchèque a la première été
élue comme député en Autriche — vraiment
et incontestablement, la Bohème marche en
tête du progrès en Autriche !
Le cor de Roland (LXV, 783).
— J'ignore si Roland eut un cornet
d'ivoire et un oliphant ; ou seulement un
oliphant dont il sonna avant d'expirer.
Dans le cas où ces deux appellations
ne s'adresseraient qu'à un objet unique,
j'informerai D. A. qu'on peut le voir au
Musée Saint-Raymond à Toulouse, et que
le gardien nous le donne comme authen-
tique, cela va sans dire.
H. T.
« »
Les renseignements suivants sont
tirés de V Histoire de l'Ile Barbe de Lyon,
par Niepce, 1890.
N» i|34. Vol. LXVI.
L'iNTBRMEDIAlRB
83
84
Le Cor de Roland appartint longtemps
à l'abbaye de l'Ile Barbe. En 1745, lors
de la suppression de cette abbaye, le cor
fut transporté à l'archevêché. En 1791, il
fut restitué à la famille du Mont-d'Or,
qui prétendait descendre de Roland. En
1829, cette famille en fit hommage au
Comte de Chambord. Le Comte de Bardi,
son neveu et héritier, le conserve sans
doute.
Le cor était en ivoire ; il portail di-
verses inscriptions et la date 1491.
FXT.
Le cornet (olifant de Roland) doit être
encore dans une vitrine du salon rouge à
Frohsdorf. C'est une belle pièce d'ivoire
massif très sculpté à l'extérieur ; elle est
lourde ; l'extrémité la plus petite, celle
par laquelle on devait soufner,a une sec-
tion très nettement faite. Dans le milieu
du rond d'ivoire ainsi produit, se trouve
une ouverture carrée de 0,02 de côté, en-
viron. Vu la forte épaisseur de l'ivoire, un
soutTîe humain, si puissant qu'il fût, ne
pouvait obtenir des vibrations sonores ;
il devait donc y avoir une monture inté-
rieure en métal facilitant la production
du son.
La présence de cette pièce dans la vi-
trine ou figurent de précieuses reliques
de la famille royale, — entr'autres les
souliers du sacre de Louis XIV dont les
talons sont peints par Mi^nard, — indi-
que bien une origine sérieuse. Tout cela,
comme le château de Frohsdorf, appar-
tient aujourd'hui à Don |aime de Bour-
bon, Saint-Perdoux.
Le cor d'ivoire de Roland qui avait été
légué au comte de Chambord, se trouve
encore à Frohsdorf où il est soigneuse-
ment conservé par S. A R. Mgr le Duc
de Madrid, à coté d'autres précieux souve-
nirs historiques : le panache blanc de
Henri IV, le livre d'heures des rois de
France, les souliers portés par Louis XIV
à son sacre, Tépée du Duc de Bcrry, etc.
Ces intéressantes reliques qui n'ont ja-
mais été reproduites en photographie ou
en gravure, sont placées dans une vitrine
du cabinet de travail faisant suite au sa-
lon gris, ou le comte de Chambord ren-
dit le dernier soupir au rez de chausiée
du château. Vicomte de Reiset.
Cinéma : origine ';u mot (LVI ;
LVIl). — Le mot cinématographe, dont
le peuple, toujours abréviateur en vertu
de la loi du moindre effort, a fait cinéma,
a été inventé par les inventeurs du pro-
cédé MM. Lumière, de Lyon. La lettre
suivante que leurs successeurs nous
adressent le confirme.
Lyon le 10 juillet 1912.
M. Georges Mont >rgueil, directeur de V In-
termédiaire dis Cherckeu' s .
Monsieur,
Messieurs Auguste et Louis Lumière ont
eu connnissance de votre honorée d'hier par
laquelle vous leur demandez l'oiigine du
mot « cinématographe » et nous nous em-
pressons de V0U5 répondre. Ce néologisme
a été employé par MM. Lumière au moment
où ils ont inventé les premiers appareils de
projecuon animée et a été composé par eux-
mêmes en 1895.
Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de
nies sentiments distingués.
P. l'un des admistrateurs-directeurs.
S^rouoatKes et (IJuriaaUéa
Ouvriers et patrons. La Saint-
Lundi en l'an 13. — Le document
qu'on va lire fera sourire par ce temps
di'. syndicalisme outrancier, de grève per-
lée et de sabotage. Il y a un siècle, ces
moyens, devenus depuis les armes des
travailleurs conscients, étaient inconnus
dans les métiers. D'ailleurs, une législa-
tion sévère les régissait. Elle condamnait
le débauchage ; elle condamnait, sinon
la Saint-Lundi, du moins les troubles qui
pouvaient en résulter.
C'était un saint très chômé par ceux
que Denis Poulot devait nommer les « su-
blimes ». C'est pour nous rappeler une
chanson célèbre au faubourg :
Vive le bon Dieu qui créi le lundi
Pour cuver les cuites du dimanche.
Vive le bon Dieu qui créa le mardi
Pour cuver les cuites du lundi.
Mais M. Leclerc, le célèbre entrepre-
neur de peinture, ne l'entendait pas de
cette oreille. Contre les mauvais ouvriers
qui faisaient le lundi et chômaient encore
le mardi, et prétendaient imposer ces fa-
çons a l'atelier, il demandait le secours
des pouvoirs publics, qui le lui prêtaient.
(
DBS CHERCHEURS El CURIEUX
90 laîilet 19 12
8:
86
Ce trait de mœurs ouvrières, en l'an 13,
est à rapprocher de ce qiJe nous voyons ;
il est bien propre à montrer quel chemin,
le socialisme, qui n'est pas au bout de ses
conquêtes, a, depuis ce temps, parcouru.
LÉONCE Grasilier.
23 Fiuctidor An 13.
{10 septembre 1805).
Il résulted'une plainte faite par M. Leclerc,
imprimeur rue de la Parcheminerie n" 2
que depuis quelque tems, n'ayant pu obte-
nir de ses ouvriers qu'ils travaillassent le
Lundi, il avait pris le parti, le 8 de ce mois,
de supprimer une presse afin de les intimi-
der. Que les ouvriers de trois autres presses
voyant que deux de leurs camarades ve-
naient d'être renvoyés, avaient, sur le
champ, abandonné l'atelier ; Qiie le lende-
main il se pourvut de 8 autres ouvrier?,
mais que ceux qu'il avait renvoyés la veille,
réunis à plusieurs autres, s'étaient permis
de rentrer dans son atelier et de forcer ces
8 nouveaux ouvriers à cesser le travail. En-
fin que le sieur Leclerc a signalé comme les
plus coupables, dans cette circonstance les
nommés Amblard, Florentin, Gauthier, Le-
brun fils, Bertrand et Berthé.
Deux d'entre eux ont été arrêtés savoir :
François Amblard, âgé de 20 ans, né à
Ciermont département du Puy-de-Dôme,
demeurant rue Charretière n» 19 et François
Gauthier, âgé de 35 ans, né à Orléans, dépt
du Loiret, demeurant rue de l'Hirondelle,
tous deux porteurs de livrets Ces deux ou-
vriers sont convenus que M. Leclerc les
avait renvoyés parce qu'ils n'avaient pas
voulu travailler le lundi ; ils ont avoué
aussi que le lendemain, ils avaient bu avec
plusieurs autres imprimeurs, mais ils ont con-
testé s'être rendus chez M. Leclerc et avoir
forcé ses nouveauxouvriers à cesser ie travail.
Attendu qu'il est constant d'après les rap-
ports du commissaire de Police de la divi-
sion des Thermes, que les 6 ouvriers susnom-
més ont bu pendant toute la journée du
mardi 9 du courant, qu'ils ont réuni avec
eux seize autres compagnons imprimeurs
pour soutenir leur entreprise et empêcher
de travailler tous autres ouvriers à leur place,
ma'gré qu'ils fussent convaincus qu'il y
avait urgence, puisque le papier trempait de-
puis le vendredi précédent,
Attendu que le commissaire affirme que,
pendant leur réunion au cabaret, ils en sont
sortis succesivement en gesticulant et s'agitant
et qu'ils n'ont cessé de s'occuper de leur
coupable entreprise,
Attendu enfin que Gauthier est connu à
la préfecture de Police pour un perturbateur
qui a déjà été envoyé à Bicêtre pour ce
fait,
j'ai décidé que les nommés Amblard et
Gauthier seraient envoyés à Bicêtre pour 15
jours J'ai jugé que cette mesure était né-
cessaire et qu'elle ne pouvait produire qu'un
bon eftet.
Je prie S. E. le Sénateur, Ministre de la
police générale, de vouloir bien l'approuver.
Le conseiller d'Etat chargé, etc.
Dubois.
{Rapport du préfet de police au minisire.
Aichives nationale F'' ^122).
Lettre de Proudhon à Adolphe
Blanqui. Le différend Barbès-Blan-
qui — Les lettres de Proudhon sont tou-
jours intéressantes. La plume du terrible
polémiste a le don de la vie. Dans tout ce
qu'il écrit, il mêle la caresse à la rudesse,
la douceur à la brutalité : et ce n'est pas
le moindre de son charme ardu. Sa fi-
nesse de dialectique est d'une extraordi-
naire puissance ensorceleuse, mais on y
sent toujours, quand on échappe au sorti-
lège, cette contradiction qui déroute et
irrite.
Proudhon, dans la lettre qu'on va
lire et qui est adressée à l'économiste
Blanqui, accepte d'être à la fois ce qu'on
lui reproche d'être « athée, anarchiste et
socialiste » et il se proclame en même
temps, l'élève de son correspondant,
Blanqui l'économiste, admirable observa-
teur de la condition ouvrière, mais de
principes traditionnels et conservateurs.
Il y a dans cette lettre un passage particu-
lièrement piquant : il touche à cette accu-
sation que le parti de Barbes avait portée
contre Blanqui, le frère de l'économiste :
dénoncé comme traître (c'est le propre
des factions d'avant-garde que ces suspi-
cions intestines), il fut traduit devant la
justice des comités révolutionnaires d'où
la lumière n'est jamais sortie. Nous con-
naissions mal le rôle qu'avait joué Prou-
dhon dans cette circonstance. Il fut ce-
pendant capital. Il laisse entendre, dans
cette lettre, que son jugement de rappor-
teur fut moins dicté par la conduite d'Au-
guste Blanqui n'avait pas grand chose à
redouter dit-il que par « la considéra-
tien » qu'il avait pour la personne et le
nom du frère.
Qu'en déduire de positif ? C'est la ca-
ractéristique de Proudhon d'être, quoi
qu'il fas:e ou dise, déconcertant,
«• 1334. Vol.
LXV.
- 87
L'INTERMEDIAIRE
88 -^
L'ensemble de la lettre, en dépit ou à
cause de ces contradictions, est un docu-
ment du plus haut intérêt pour la con-
naissance intime de Proudhon.
Monsieur Blanqui.
Votre lettre m'a été extrêmement sensible.
Ce que vous me reprochez, est, en bon fran-
çai«, de l'ingratitude : ta contradiction que
vous ri'f"^^ '^ peine d'établir entre une
phrase de journal et celles de la 3' préface de
mon livre sur la Propriété ne signifie pas
autre chose.
Si j'étais ce que vous paraissez craindre,
car je ne veux pas encore dire ce que vous
paraissez croire, un ingrat, je me bornerais à
vous répondre, avec le rédacteur en chef du
Reprisenlant du peuple, àox\i je vous adresse
inclus la lettre, que je ne suis que le colla-
borateur du Représentant du peuple, que
tout ce qui vient de moi dans ce journal est
signé de mon nom ou de mes initiales, que
je suis quelquefois trois jours s.ins paraître
au bureau de la rédaction, et sans prendre
connaissance des articles, qu'enfin je n'ai au-
cun titre de censure sur la rédaction géné-
rale.
Mais, à vous que j'ai reconnu pour mon
maître, à vous à qui j'ai voué à Is fois recon-
naissance, admiration et estime, je dois dire
quelque chose de plus.
L'article dont vous vous plaignez a passé,
à mon grand regret, dans l'un de ces inter-
valles, où, absent du bureau, je ne pouvais
réclamer pour votre personne le privilège
d'un peu plus de bienveillance. L'auteur de
cet article, à qui je me suis plaint immédia-
tement et qui m'autorise à le nommer ici,
est M. Jules Lechevalier, qui, d'ailleurs, se
propose de vous écrire à cet égard.
J'ai si peu oublié depuis 1842, mes senti-
mei'.ts pour vous. Monsieur, qu'en 1846,
dans l'ouvrage intitulé : Système des con-
Iradiciions économiques, chaque fois que
j'ai eu à vous citer, je l'ai fait avec une telle
prédilection pour votre personne, qu'il m'en
est venu des reproches. Ces reproches m'ont
été précieux, car ils m'ont prouvé à moi-
même que mes sentiments pour vous, au
milieu liiéme de la critique, n'avaient pas
changé.
En dernier lieu (pernicttez-moi, Monsieur,
pour ma justification, de vous rappeler ici
des faits désagréables) membre du club Bar-
bes, l'j;£.T:it partie d'une commission chargée
de faire une enquête sur la fameuse pièce
apocrvphc attribuée à votre frère, et chargé
moi-iTiéme de présenter un rapport, j'ai réussi
à empêcher la commission de publier les ré-
sultats de son enquête, non que votre frère
eût grand chose à redouter de cette enquête,
mais afin d'arrêter le scandale. Votie nom,
I cons'déi-ation de votre personne, ont été
un motif grave pour moi, et qui m'a fait in-
sister avec plus d'énergie que je n'eusse fait
peut-être, sur la nécessité de renoncer à une
publicité d'ailleurs imprudente et injuste.
Vous affectez de dire que je suis quelque
chose ti que vous n'êtes rien. Hélas, Mon-
sieur, vous n'êtes point si ignorant de la
triste situation où nous sommes pour ne pas
voir que ce titre de représentant du peuple
que je porte aujourd'hui n'est guère autre
chos; pour moi qu'un asile contre la pros-
cription. Vos amis sont à peu près les maî-
tres de la République, et seront bientôt au
pouvoir, moi, au contraire, calomnié à ou-
trance, chargé de tous les péchés d'Israël,
athée, anarchiste, ennemi de la propriété et
du propriétaire, si, après avoir été traduit à
lu barre, je ne suis pas placé sous la sauve-
garde de la prison, le moins qui m'attende
est d'être massacré par vos gardes nationaux.
Ah 1 Monsieur, si l'un de nous deux devait
en ce moment solliciter la recommandation
de l'autre, certes ce ne serait pas vous.
Pour vous prouver avec quelle franchise je
voulais faire droit à vos plaintes, je vous di-
rai en finissant que j'eusse fait insérer, sans
hésiter, votre lettre dans le Représentant du
peuple, si vous n'aviez point mêlé à une
question personnelle la question sociale, de-
venue depuis dix jouis la question des in-
surgés.
Je n'accepte pas plus que vous la respon-
sabilité des massacres : les raisons que vous
me donnez ont été jadis celles des payens
contre les chiétiens, des papistes contre les
réformés, des nobles contre les bourgeois. Il
n'y a pas eu de réforme qui n'ait eu son
baptême de sang : je soutiens que la vieille
économie politique est seule coupable, vous
affirmez que c'est le socialisme : rien que
cette opposition doit vous avertir que le dé-
bat ainsi posé, est impossible.
Daignez, Monsieur, m'accuser réception
de la présente, et me dire que vous me ren-
drez votre ancienne estime, que vous me
pardonnerez la funeste méprise qui a con-
tristé votre âme. C'est l'effet des révolutions :
et si vous me connaissiez ou me jugiez mieux,
vous sauriez que je ne les aime pas plus que
vous.
je suis, Monsieur, malgré tout, votre tou-
jours obligé et reconnaissant.
P. J. Proudhon.
9 juillet 1848.
Le Directeur-gérant :
GEORGES MONTORGUEIL
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DES
CHERCHEURS
Fondé en
ET CURIEUX
1864
QfJKSTIONS ET RKPONSKS LITTÉRAIRES. HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
ET A RUSTIQUE
— 89
Nous prions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
de leur pseudonyme , et de n'écrire que
d'un côté de lafeuille. Les articles ano-
nymes ou signés d? pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Quand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauf exception,
n'est pas insérée., mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdît toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
<!&i?e6tî0îB
Député ou députée. — Une femme
député : comment doit-on écrire députée ?
avec ou sans e muet? Et par extension,
peut-on dire une Jé/>M/«^ ? V.
L'Eugénique. — C'est l'expression
que désigne la science tendant à l'amélio-
ration de l'espèce humaine par la sélec-
tion scientifique.
Quelle est l'explication de ce mot et
l'origine de cette science? V.
Les enseignes de la Rue de Ri-
▼oli. — Il n'est pas douteux que la rue
de Rivoli est astreinte à diverses servi-
tudes. La commission du Vieux-Paris l'a
90
établi victorieusement sur tous les points.
Reste la question des enseignes qui fut
si aiguë sous la Restauration, que les
commerçants se plaignirent de ne pouvoir
s'annoncer.
Quels sont les textes précis à ce sujet,
où les trouver : au Domaine, aux Beaux-
Arts, aux Archives nationales ? V.
Les portraits de La Bruyère. —
M. Monmerqué, nous apprend Edouard
Fournier {Comédie de J. de la Bruyère,
2* édition, 1872, p. 599, note I), possé-
dait un portrait de La Bruyère^qu'à tort, bien
évidemment, il attribuait à Philippe de
Champagne. « L'auteur des Caractères
disait, en parlant de ce portrait, Mme de
Saint-Surin, plus tard Mme Monmerqué,
est représenté écrivant un passage de
son livre ; son regard respire un dédain
plein de finesse et de malice. » {Miroir
des Salons, p. 88), Sait-on ce qu'est devenu
ce portrait ?
A. de Boislile, d'autre part {Mémoires
da Saint-Simon, tome III. p. 84J a vu au
château de Mouchy une toile qui, dit-on,
représente La Bruyère. A-t-il été question
de ce portrait ailleurs que dans une note
d'A. de Boislisle? S. G.
Diamants et bijoux de Marie-An-
toinette (XV, 74). — M. Germain Bapst
a posé cette question dans le n° du 10 fé-
vrier 1882 :
La reine Marie-Antoinelte possédait de
nombreuses parures de diamants. Au dire
de Mme Campan, elle avait une paire de
Girandoles, payées en 1774, 360.800 francs.
LXY- 3
N« 1335. Vol. LXV.
9»
L'INTERMEDIAIRE
92
En plus le Roi lui avait donné une parure
rubis et diamants et deux bracelets de
200,000 francs.
Que sont devenus ces différents diamants
lors de la Révolution ?
11 n'a pas été répondu à cette intéres-
sante question Depuis, l'historien des
diamants de la couronne, n'a-t-il rien
appris lui-même concernant le petit pro-
blème qu'il cherchait à résoudre?
Textes de traités franco-espa-
gnols. — De 185b à 1860 ou 1862, une
série Je traités lurent passés entre le gou-
vernement impérial et celui de la reine
Isabelle, concernant la délimitation de la
Groutière dans les Pyrénées. Des bornes
furent plantées là où on le jugea néces-
saire.
Ces traités ont-ils été imprimés sous
forme de brochure .? Si oui, quel est leur
titre ? Où se les procurer ? Sinon, peut-
on indiquer les numéros ou dates du Mo-
niteur ojficiel, où ces accords ont paru ?
Un Pyrénéiste.
Pont d'Austerlitz : les noms des
officiers. — M. de l^ocheguidenous ap-
prend, à la page 228 de son GiiiJc à tra-
vers Paris, que le pont d'Austerlitz, cons-
truit en 1802 et rebâti en pierre en 1805
(ouvert aux piétons en 1806, au.\ voi-
tures en 1807) conserve dans ses orne-
ments l'inscription des noms des cfficiers
tués à Austerlitz.
Dans quels ornements ? Combien de
noms r Quels sont-ils ?
Le colonel Valhubert, tué à Austerlit/.,
a donné son nom à la place où le pont se
termine. Mais quels sont lesautres, et où ?
Je n'ai rien vu sur le pont, qui n'a pas
d'ornements. V. A. T.
Un Conseiller, Secrétaire du ^oy,
de CUrii ont-Ferrand, du nom de
Biaise Pascal (1666). — )ai sous les
yeux, un reçu autographe, signé, pour
« le premier quartier de ses gages ("année
1666) y délivré à Clermont, par '< Je,
Biaise Pascal, Conseiller, Secrétaire du
Roy, Maison, Couronne de France et de
ses Finances, du Collège des Soixante-six
soussigné >♦, lequel est daté du 1 sixiesme
jour de septembre mil-six-cent-soixante-
six. »
Ce reçu, très détaillé, entièrement im
I primé, en largeur, sur une petite feuille
de peau de vélin, petit in 8", est composé
de dix-huit lignes, imprimées en petit
texte Des blancs, laissés à cet effet dans
le corps de l'impression, ont permis au
signataire du reçu, d'y ajouter ses nom et
prénom et d'y préciser exactement la dé-
signation des dates.
De plus, tout à la fin de la pièce, le
CÀmseiller Biaise Pascal, pour compléter
encore la garantie de l'acte, avant de le
signer, a reproduit de sa main, en deux
lignes, écrites à l'encre noire comme l'est
la signature, l'énoncé complet de la
somme dont il donne ainsi la quittance.
Le Père de l'illustre auteur des Provin-
ciales^ Biaise Pascal [juin 1632 y Septem-
bre 1662 1, se nommait, lui, Estienne Pas-
cal, et sa mère, Antoinette Begon, —
Quel degré exact de parenté peut donc
avoir existé entre les deux v< Biaise Pas-
cal », de Clermont-Ferrand, en question,
le grand écrivain et le Conseiller du Roy,
de 1666.'' Ulric Richard-Desaix.
Le sculpteur Dumont. - Il fut
l'nuteur d'une statue de Pichegru, statue
de marbre brisée en 1830 sur la place de
Lons-le-Saunier. Peut-on en retrouver une
reproduction .? Existe-il une lithographie
de Dumont ? Led.
Hue de Miromesnil. — Connait-on
une bonne source d'informations sur le
garde des sceauxHùe de Miromesnil, qui
recueillit le duc de Penthièvre pendant la
Révolution ^
Sait-on s'il a laissé des descendants?
Le nom est éteint, mais la postérité fémi-
nine peut subsister.
Renaud d'Escles.
Philippe Charles de La Fare —
Maréchal de France mort le 4 septembre
1752. On désire connaître le lieu et la
date de sa naissance ainsi que ses états
de service. B. F.
Famille et papiers de l'abbé
Sieyès. — 11 vient de mourir à Lau-
sanne, à l'âge de quatre-vingt-neuf ans,
une petite-nièce de Sieyès. Existe-t-il en-
core des membres de la famille du célèbre
conventionnel ?
Les papiers ont ils été détruits ?
Templi.
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Juillet 191a
Q3
94
Titrei sous l'ancien régime. —
Dans un article paru dan? V Intertnédtaire
du 30 novembre 1905, je lis la phrase sui-
vante :
Beaucoup de gentilshommes d'ancien ne no-
blesse poitaient des titres de marquis et de
comte, sous lesquels ils étaient connus à la
Cour, bien que sans érection régulière, lais-
sant aux anoblis de fraîche date le soin de
provoquer des concessions régulières de
marquisat ou de comté — signé : A. E.
11 serait intéressant de savoir si cette
assertion repose sur des fondements so-
lides ; trouve-t-on notammei^t dans les
Mémoires^ souvenirs, correspondances du
temps, des preuves ou indications de ce
dédain des anciennes familles pour la ré-
gularisation des titres qu'ils portaient.
C'est une question fort importante, elle
expliquerait pourquoi beaucoup de fa-
milles très anciennes, très considérables,
très bien en cour, très influentes et qui,
par suite, auraient facilement obtenu des
concess'ons régulières de titres, n'ont
rien demandé, se contentant de porter les
titres qu'elles avaientdepuis longtemps et
que personne, pas même le roi, ne son-
geait à leur contester. Bellechasse.
Armoiries octroyées par le Pre-
mier Empire. — La composition des
armoiries octroyées par le premier Empire
ne paraît pas avoir été assujettie, en de-
hors des francs quartiers divers, à des
règles définies. Il semble que les unes
aient été déterminées d'office, les autres
au gré des intéressés.
11 serait curieux, aujourd'hui, que la
prescription centenaire va être atteinte,
de connaître les détails de l'organisation
d'un service qui a dû avoir son impor-
tance, et qui a nécessairement donné
lieu à une correspondance intéressante,
d'autant que les hasards de la guerre
tenaient souvent fort éloignées de Pa-
ris ceux qui étaient l'objet des faveurs
impériales. N'existe-t-il pas , aux ar-
chives du sceau, des documents qui pour-
raient être intéressants à consulter à ce
sujet? M. S.
Ruban d'une croix de Saint-Louis
avec nœud. — A quel grade correspon-
dait, à l'époque de la Restauration, une
croix de Saint-Louis accompagnée sur le
ruban d'un nœud étroit semblable à celui
que portent actuellement les légionnaires
d'un ordre ?
On croit que cet insigne devait appar-
tenir à Alphonse Louis, comte Gentil de
saint Alphonse, lieutenant général (12 no-
vembre 1820), grand officier de la Légion
d'honneur, né à Versailles le 6 décembre
'777, ^ox\ à Toulouse le 7 août 1837,
époux d'Amélie Filleul de Beaugé.
R. C.
Ex-libris à déterminer : D'azur à
lacroix d'argent. —D'a:(ur à la croix
pâtée d'argent chargée en abîme d' un chevron
de\gueïilcs, en flancs d'une molette d'éperon
de..., et en pointe d'une rose au naturel.
Ecu ovale posé sur un manteau d'her-
mine, timbré d'une couronne de marquis
surmontée d'un mortier de magistrat.
Supports : deux licornes affrontées.
Geo FiLH.
Fer de r^-liure à identifier. — Ecar-
telc aux I et 4 de... à trois bandes de... ;
aux 2 et ^ de... à la h nre de sanglier de...k
quellefamille appartient cet écusson frappé
sur une reliure du XVII» siècle ? D. A.
Bague avec portraits. ~ J'ai vu, il
y a peu de temps, une petite bague en or,
formée d'un simple jonc dont le chaton
rond mesurant environ quatorze millimè-
tres de diamètre, représente quatre têtes
opposées les unes aux autres en sautoir ;
ces têtes sont finement peintes et protégées
par une glace. Le chaton est relié au jonc
de chaque côté par une petite fleur de lys
d'or.
Une de ces têtes paraît représenter le
profil de Louis XVIII, les autres pourraient
être celles de membres de la famille Royale,
le duc et la duchesse d'Angoulème, et le
duc de Berry.
Connaît-on d'autres bagues semblables
à celle-là ? Saint-Clément.
Membres de trois académies de
l'Institut. — Un grand nombre de mem-
bres de l'Institut ont appartenu ou appartien-
nent à deux académies. Ceux qui ont ap-
partenu à trois académies sont plus rares.
jeciterai Guizot, Duruy, Biot,le ducd'Au-
male, et encore ces trois derniers n'étaient
que membres libres d'une des trois. Se-
rait-il possible à quelque aimable collabo-
rateur de compléter cette liste.'' A. E.
N» 133s. Vol. LXVI
L' INTERMÉDIAIRE
95
96
Les Mémoires de Russ. — M. Joa-
chim Kuhn dit (LXV. 840) que Russ a
laissé des mémoires fort intéressants. Ces
mémoires n'ont assurément jamais été
imprimés. Qyi possède le manuscrit ? je
doute du reste que M. Kuhn soit exacte-
ment renseigné. |'ai fréquenté Mathias
Duval, l'éminent professeur d'histologie
de la Faculté de médecine de Paris. Il
avait fait ses études à Strasbourg, y avait
été reçu docteur. C'est lui qui 1 rédigé et
publié, en 1872, le cours de physiologie
de son maitre Strasbourgeois Russ. Je me
rappelle parfaitement l'avoir entendu dé-
clarer que Russ n'avait livré à l'impres-
.-.ion que deux thèseset un travail sur l'In-
flammation. Russ avait dirigé le parti
rouge dans le Bas Rhin de 1848 a 1852;
il avait été poursuivi et acquitté à propos
du 13 juin 1849. Après le 4 septembre,
il devint maire de Strasbourg, fut élu le
8 février 1871 à l'Assemblée nationale.
Il se rendit à Bordeaux quoique malade,
s'y alita, et y mourut le i"" mars. Ses mé-
moires offriraient de l'iniérèt au point de
vue de l'histoire de l'Alsace ; mais assu-
ment, de septembre 1870 a fin février
1871, il n'a pas eu le temps de rédiger
quoi que ce soit . P. M.
Prévoyable ? —l'ai eu quelque sur-
saut, l'autre jour, en lisant, dans un
livre d'un écrivain distingué, le mot
<i prévoyable » accolé comme qualificatif
au mot malheur : « un malheur pré-
voyable 7j .
J'aurais préféré : « malheur prévisi-
ble ». Mais ni prévisible, ni prévoyable
ne se trouve dans les dictionnaires fran-
çais, ce qui oblige à la circonlocution :
malheur à prévoir » ou « qu'on pouvait
prévoir >y.
11 semble bien que le génie de la lan-
gue voudrait « prévisible ». Q.u'en pen-
sent les grammairiens professionnels ?
RUSTICUS.
Rampeau. — Quelle explication éty-
mologique de ce mot, de l'expression :
fairr lampeau, signifiant, point égal au
jeu, coup nul .'' Simon.
Quelle est
*< Ouilhen n ? -
vient ce nom ?
1 étymologie de :
- De quelle région pro-
FeRNAND R. de LlSLE.
Du port de l'alliance en Allema-
gne. — Menacé de perdre mon alliance
à la suite d'une longue indisposition,
force me fut de la changer de mam, et
cela fit dire dans mon entourage que je
la portais à droite comme en Allemagne.
Serait-il donc vrai que la bague de
mariage se voit à l'annulaire de la main
droite de l'autre côté du Rhin, et non à
celui de la main gauche comme chez
nous ?, Si cette différence existe, saurait-on
en donner la raison ? Léda .
Le mai (T. G., 547). — A Pont-Aven
(arrondissement de Quimperlé) pendant
le mois de mai, jeunes gens et jeunes
filles tressent avec des feuillages et des
fleurs un « mai » couronné qu'ils sus-
pendent ensuite sur la place publique.
Le soir venu, réunis sous le mai, ils
forment, en se donnant la main, un grand
cercle, puis, chantant de vieux airs, et
malheureusement, aussi de nouveaux, ils
exécutent suivant la cadence, tantôt une
ronde, tantôt un mouvement qui consiste
à faire alternativement deux pas à droite
et deux pas à gauche accompagnés d'un
balancement des bras en avant et en
arriére.
Il m'a été certifié que cet usage n'exis-
tait en Bretagne qu'à Pont-Aven où on
considère cette coutume comme un res-
tant de paganisme et les jours de fête reli-
gieuse (notamment le 19 mai, fête de
Jeanne d'Arc) le recteur interdit cette
innocente réjouissance.
Pcuton dire l'origine de cette char-
mante coutume ?
Y a-t-il en France ou à l'étranger
d'autres villes où elle se pratique ?
Gaston Hellevé.
L'Ermitage. — Je possède la photo-
graphie d'une charmante petite construc-
tion Louis XV dont j'ai souvent admiré
l'élégante architecture. Au-dessous se lit
cette indication : Fondation Debrousse.
Pavillon de l'Ermitage (Ancien château de
Bagnolet).
Or, d'Argen ville, dans s^l Description des
environs dcParis,\y68 ,^3.r\c d'un rendez-
vous de chasse élevé en cet endroit. Dans
lesalon se trouvaient des peintures repré-
sentante Lavied'Abraham etdes différents
saints et saintes du désert >, ce qui valut
à ce pavillond'étre dénommé l'Hcrmitage.
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Juillet i^i*
97
98
N'est-ce pas cette propriété que posséda
le baron de Batz en 1793 et qu'il habita ?
ou bien demeurait-il dans une maison
toute voisine et englobée, je crois, comme
le pavillon, dans l'ancien parc de Bagno-
let ?
Cette dernière existe-t-elle encore ? En-
fin les peintures, dont il est fait mention
plus haut, i.ont-elles toujours en place
dans le salon du pavillon et y voit-on
quelques vestiges de l'ancien temps ? A
quoi sert cette jolie construction, de nos
jours ?
Devant la façade se trouve une grille,
est-elle ou non de l'époque ? il est diffi-
cile de s'en rendre compte sur la photo-
graphie,
C. DE LA BenOTTE.
Le Cubisme. — C'est une mode en
peinture, un peu surprenante. Ne con-
vient-il pas que Ylnteimcdiaire en garde,
dans ses colonnes, le témoignage, par
quelques textes authentiques qui seront
de l'histoire, un jour ?
Dr L.
Le Futurisme. — je pose la même
question pour le futurisme. Nous savons
tous aujourd'hui ce quec'est. Nos arrière-
neveux se le demanderont. Publions son
état civil pendant que ses pères vivent
encore.
D^L.
La défense héroïque du fort de
Brusco. — Mon grand-père paternel, né
en 1789 a Montreuil-sous-Bois, accomplit
son service militaire de 1809 à 1815, et
comptait au nombre de ses campagnes
celle d'Espagne.
Comme tous les soldats de Napoléon, il
aimait à rappeler les vieux souvenirs des
misères endurées, et à raconter d'abon-
dantes anecdotes relatives aux combats
aux quels il avait pris part. Au nombre
des épisodes se rattachant à cette campa-
gne d'Espagne, la défense héroïque du
foft de Brusco, près de Santander, je
crois, est des plus émouvantes.
Occupé par un détachement de soixante
Français, ce fort essuya plusieurs assauts
qui furent repousses. Les Espagnols qui
l'entouraient étaientau nombrede 5000. Le
cinquième jour de grand matin, torturés
par la faim et manquant de munitions, les
Français, au nombre de vingt-deux survi-
vants, parmi lesquels quelques blessés, se
résignèrent à abandonner leur position.
Ces vingt-deux héros sortirent par une
brèche faite par les bouleis ennemis et ce,
en surprenant un poste de 25 soldats es-
pagnols qu'ils massacrèrent.
En arrivant au camp du général Bon-
net, ils reprochèrent a cet officier supé-
rieur de n'avoir rien tenté pour les déli-
vrer. — « Mes braves, leur répondit-il,
vous étiez sacrifiés ; nous ne pouvions
vous secourir. Infailliblement c'était nous
exposer à perdre trop de monde. A votre
retour en France vous serez tous déco-
rés ! » Les événements se succédèrent : la
désastreuse campagne de Russie amena
la chute de l'Empire. Louis XVIU, monta
alors sur le trône et ces braves furent
oubliés.
Ce récit, avec plu-- de détails, est-il
confirmé par quelques historiens s'étant
spécialisés dans l'histoire delà campagne
d'Espagne ? Leurs noms sont-ils cités ?
Lequel consulter de préférence ?
Etait-ce bien sous les ordres du géné-
ral Bonnet que servaient ces vaillants
soldats ?
L. Capet.
Ministre® de Pancienne monar-
chie appartenant à des familles
d'ancienne noblesse, — Je crois que
les ministres appartenant à des familles
nobles d'origine chevaleresque (c'est-à-
dire dont la noblesse était considérée
comme remontant avant 1399) ont été
extrêmement rares sous l'ancienne mo-
narchie.
Pourrait-on en dresser la liste depuis
Henri IV par exemple (ou même plus
haut) jusqu'à la Révolution ?
C'est un travail qui, je crois, n'a ja-
mais dû être fait.
UssoN.
La cour de Philippe Egalité. —
Pourrait-on, en dehors de Vatout, de
Mme de Genlis, des ouvrages sur Cho-
derlos de Laclos et des pamphlets révo-
lutionnaires, m'indiquer un bon ouvrage
sur la Cour de Philippe-Egalité et de L.
Adélaïde de Penthicvre au Palais Royal,
à Villers Cotterets et au Raincy ?
Renault d'Escles.
:N» I
}}^'
Vol.
LXVI.
— 99
LINTBRWeDIAlRi
100
&Cp0lt9Cd
Contrats de mariage signés par le
Roi, avant la Révolution (LXV, 450,
î^S, 701). — li y a jicut être, en réalité,
moins de contradiction qu'on ne ie pense
entre les deux réponses qui ont été don-
nées pour les contrats de mariage — ou,
plus généralement, pour les honneurs de
la Cour, c'est-à-dire, aussi pour la pré-
sentation, avec le droit de monter dans
les carrosses du Roi, ^- et les preuves de
noblesse. L'une se rapporte au temps de
Louis XIV ; l'autre, à la fin du règne de
Louis XVI. Entre les deux époques, il
avait passé presque autant d'idées dans le
cerveau des Fiançais que d'eau sous le
Pont-Neuf.
Une chose me parait assez probable,
cest que les réformations de noblesse, au
xvu' siècle, entreprises dans un but fiscal,
aboutirent à rendre le second ordre de
l'Etat plus distant et plus rigoriste, en lui
donnant lieu de mieux connaître ses ti-
trer. Peut-être, d'ailleurs, le développe-
ment de la bourgeoisie contribua-t-ii à
cet éloignement, — on trouverait là des-
sus des observations piquantes et judi-
cieuses de M. d'Estourmel dans ses Sou-
venin. Le phénomène se reproduit im-
manquablement toutes les fois que deux
groupes peu sympathiques de nature — '
castes, classes, ou races, — se trouvent
en contact forcé. On l'observe aujourd'hui
sur toute la ligne : dans l'aristocratique
Allemagne pour le recrutement des otTi-
ciers ; en Angleterre, dans la fermeture
des milieux mondains, où il devient, pour
le jeune homme « talentueux », plus diffi-
cile qu'autrefois de pénétrer (Le Tîntes^
éd.hebd..26 janvier 1912 ; p. 69) : aux
Etats-Unis, dans la raideur des castes qui
se multiplient (André Tardieu, Notes sur
la J^tiit'i Unis; ch. 111); enfin, jusque
dans les démocraties populaires, en Amé-
rique, en Australie, dans le Sud-Afrique,
aussitôt que blancs, noirs et jaunes se
heurtent en masses hostiles, — l'ouvrier
blanc n'acceptant même pas que, à tra-
vail égal^ l'ouvrier de couleur reçoive un
salaire égal au sien. On scrute jusqu'aux
généalogies, pour écarter des école.'; blan-
ches les enfants q i ont la moindre goutte
lointaine de sang étranger. (Le Tîma,
Ibid, 8 septembre 1911; pp. 721-3). Ces
ainsi que, durant le xvni« siècle, la no-
blesse tendit de plus en plus à se retran-
cher dans ses privilèges de naissance. On
peut se rappeler ici, pour l'armée, les
règlements du maréchal de Ségur ; dans la
marme, l'exclusivisme du corps rouge ;
et les Parlementaires ne demandaient qu'à
suivre le mouvement, déjà très sensible
chez celui de Rennes (Le conseiller Saul-
nier, Le Pathmeni de Bretagne.^ pp. LIX-
LXIl).
11 y eut du reste, quelque peu de ce
phénomène en Angleterre, où les classes
inférieures ne furent jamais plus dédai-
gnées qu'au milieu de ce même siècle
(Rev. d'Edimbourg, janv. 1909, p. 15).
L'Angleterre, dès cette époque, était mûre
pour une révolution ; elle en fit l'écono-
mie, parce que la nôtre, éclatant la pre-
mière, décontenança vraiment les ama-
teurs.
Voilà comment, tandis que d'Hozier,
au xvM® siècle, se contentait, comme
preuves de noblesse, de copies plus ou
moins authentiques, plus ou moins légali-
sées, (A. de Boislisle, Revue des Questions
Historiques^ oct. 1897 ; p. 446), on va
voir que Ghérin professait des scrupules
bien plus sévères, pour ne pas dire jan-
sénistes.
Donc, en 1784, le Comte du Botdéru
s'occupait à faire établir sa noblesse en
France, — en Bretagne, elle était incon-
testée, — pour entrer dans l'ordre de
Saint-Lazare. Il s'efforçait en même temps
d'obtenir, pour son fils Victor, une com-
mission de capitaine, par l'intermédiaire
de son ami, M. de (3uichen, le célèbre
chef d'escadre ; après quoi l'on produirait
le jeune homme à la Cour.
Le2Î juillet, Bougainville. devenu son
neveu par alliance, lui écrit :
J'ai eu ilimatiche dernier, une fort longue
explica'.ion avec M. de Saint-Paul. Je ne lui
ai pas laissé ignorer combien la noblesse des
pioviiices était mécoiileiite «t dégoiUée, et
combien tout ce qu'on faisait paraissait fait
exprès pour produire leur dtfgoût (51V)... J'ai
reçu, ces jours-çi, une lettre de M.Wasington,
[sic] confumant, au nom de la Société des
Ciiicinrati, mon admission. La lettre est fort
honorable. Je vais m'occuper de voir M, Ghé-
rin et des démarches pour Saint-Lazare. Il y
a aussi pour cet objet un bien grand nombre
de concurrents : mais il faut toujours de-
mander,..
OHS CHjBRCHHURS BT CURiEUX
3o|tiillet 191a
lOI
102
Le 23 juillet, le chevalier de Silans,
beau-frère du comte du Botdéru (il avait
épousé en secondes noces sa sœur, Mme
de Montendre, la belle-mère de Bougain-
ville) lui écrit de même :
Je joins ici la note de M Chérin relative à
la nature des titres à produire pour être admis
dans l'ordre de Suint-Lazare, où le généalo-
giste convient que vous avez de beaux droits.
Suit, en annexe, la note écrite d'ailleurs
par M de Silans.
M. Chérin m'a montré, sur le registre de
Bretagne, la suite des Botdéru pendant douze
degrés. Il m'a même dit que, par Mme la
comtesse du Botdéru, votre très honorée
femme, vous étiez parent du duc de Riche-
mond au degré nécessaire pour en porter le
deuil ; mais la pièce que vous m'avez confiée
ne peut servir que comme une seule pièce,
pour entrer dans l'ordre de Saint-Lazare. Il
ne peut faire les preuves que de neuf degrés ;
mais chaque degré doit être prouvé par trois
titres originaux, savoir : contrats de ma-
riage, partage, foy et hommage, testament,
aveux, minute, vente, achat, échange, tran-
saction, procuration, etc. Il sera bon d'y
joindre les commissions, brevets, provisions
de charges, s'il y en a. D'ailleurs, il vaut tou-
jours mieux mettre tous les degrés que l'on
a. 11 faut être colonel pour être admis dans
l'ordre, et il y a grande presse. Bougain-
ville vous prie de communiquer cette note
au chevalier du Botdéru, [le frère puiné
du comte, capitaine de vaisseau], dès que
l'on commencera à se mettie en règle, les
démarches s'en suivront auprès de Monsieur.
Pour comprendre le début de cette note
qui expose les principes de Chérm, il faut
savoir que Mme du Botdéru était née
Thomase de Plœuc. Or, les Ducs de Rich-
mond descendent de Louise de Keroualle^
duchesse de Portsmouth, dont la r^>ère
était Plœuc. (Cf. Denis de Thézan, Hisi.
Gén. de la Maison de Plœuc : Beauvais,
Laffineur, 1873, pp. 29s et suiv.) —
Les Richmond d'Angleterre reconnaissent
la parenté ; il y a deux ou trois ans, un
membre de leur famille a fait des recher-
ches en Bretagne pour établir la filiation.
J'ignore ce qu'il advint de la négocia-
tion pour l'ordre de St-Lazare, la corres-
pondance ayant été fort éprouvée par un
long séjour d'abandon, dans un vieux
grenier de château. Mais, pour ia présen-
tatien à la Cour, nous allons retrouver
Chérin, et son acolyte Berthier, tout aussi
inflexibles, si bien que M. du Botdéru est
obligé d'attacher à sa cause un bénédic-
tin, historiographe de France, Dom Berry>
— ce qui ne sera pas, pour ce dernier^
une sinécure.
D'abord, le bon religieux dut se lancer
dans un voyage de découverte, à travers
l'actuel Morbihan, pour retrouver l'an-
cienne terre patronymique de la famille,
Boterf — Boterf et Bodéru, deux mots
identiques, signifiante buisson de chênes »
(CL Kerviler, Bio-bibliographie Bretonne,
a ces deux noms). On le renvoyait de
Caïphe à Pilate, et <\ ce n'est pas sans
peine » qu'il parvint au but, comme il le
raconte dans une lettre datée de Rennes,
le 10 avril 1785, que je regrette de ne
pouvoir, faute de place, imprimer ici : la
terre « était dans la frérie de Locmaria en
Plumelin, et relève de la seigneurie et
fief de Camors, qui relève prochainement
du Duché de Rohan. » D'où nécessité de
nouvelles recherches dans les archives
des Rohan, soit en Bretagne, soit à la
Tour du Louvre, et dans celles de la du-
chesse de Liancourt, en son château de
Quinipilly Enfin, le 8 mai 1786, Bou-
gainville écrit de Paris :
Samedi dernier, j'ai été, avec l'abbé Beri,
porter aux Grands-Augustins vos titres mis en
ordre et la table correspondante. J'ai de mon
mieux harangué MM. Chérin et Bertier pour
les engager à expédier. Ils se disent accablés
de besogne et me paraissent se faire beau-
coup valoir. Nous les presserons autant qu'il
sera possible. Il n'y a plus de présentation
pour monter dans les carrosses que jusqu'au
15 de ce mois, et, après cette époque, il faut
attendre le voyage de Fontainebleau. J'es-
père que notre affaire sera prête pour ce
temps-là ; mais il ne faudra pas perdre ces
Messieurs de viie.
Et le 17 mai, le chevalier de Silans re-
prend :
Toute notre humeur naturelle doit regar-
der le ministre très lent à graduer votre fils.
Bougainville qui m'écrit du 8 de ce mois, ne
me dit mot de ce travail, mais bien de celui
du généalogiste auquel il a remis, le 6, les
parchats (s/c' relatifs à la présentation. Il
m'ajoute que, quoique l'objet paraisse sans
difficultés, et d'une classe pure et claire, on
ne peut que suivre son tour et rang pour être
expédié.
Des difficultés, tout de même, il y en
avait. D'abord, la lenteur causée par l'en-
combrement. Bougainville, le 7 septembre
1786. écrit, de sa terre de La Bresse (à
Fourches, entre Brie et Melun) qu'il va se
M» 1^35 Vol. LXVI.
103
rendre à Paris et y rencontrer son jeune
cousin, « afin de pouvoir raisonner avec
lui sur les démarches qu'il doit faire. Les
premières de toutes sont vis-à-vis de
M, Berthier, qu'il faut absolument décider
à terminer, et qui est tellement chargé de
demandes pareilles qu'il ne manque pas
de prétextes pour les délais auxquels il
condamne souvent ses clients. Sans ce
travail fmi et son certificat expédié, il n'y
a rien à faire. Je l'ai déjà vu et sollicité, et
assurément, je recommencerai et presserai
de mon mieux. Si cette besogne était
finie, le reste irait tout seul^ et je verrais
M. le duc de Coigny de qui je crois que
les arrangements subséquents dépen-
dent. »
« J'ai écrit à M. Berthier », dit aussi M. de
Silans, le 27 septembre, et <\ j'ai passé plu-
sieurs fois moi-même aux Grands-Augustins,
pour presser le travail d^ la généalogie de
Victor. Rien n'est encore commencé, et j'ai
vu sa liasse, avec deux cents autres dont il y
en a qui y sont depuis trois ou quatre ans.
Le juge d'armes est écrasé de travail et je
doute fort que celui q,ui nous intéresse soit
fini dans l'année.. .
Ce n'est pas tout. Une fois l'examen
commencé, Berthier regimbait sur certains
points.
Bougainville, en quittant Paris me mandait
que le généalogiste avait rebuté un titre,
quoique admis en Bretagne, ce qui avait né-
cessité le voyage du Dom Béri à.Kerdréau.,
(Chevalier de Silans, 5 décembre 1786),
C'est probablement à celte pièce que fait
allusion la lettre suivante, la dernière que
je veuille citer ici, — encore ne puis-je la
donner en entier.
Le château de Kerdréno, dont on vient
de parler, appartenant aux Botdéru, se
trouve au nord de Lorient et d'Henne-
bont, à 1 5 ou 1800 mètres environ, vers
l'est du bourg de Plouay. Vers l'ouest, à
la même distance, on rencontre le château
de Ménéhouarn (en français Fenuoiit) qui
appartient aux comtes de Pluvié. Les deux
chàtellenies, encerclant le bourg, sont,
depuis des siècles, dans les mêmes fa-
milles, plus d'une fois alliées. Kcrdrého
même est entré dans la famille des Botdéru
par le mariage de Louis du Botdéru avec
Catherine de Pluvié en ! =,6-] ; et les Pluvié
le possédaient eux-mêmes par échange,
depuis 1456. La lettre est adressée à IVL le
comte de Pluvié, capitaine de Dragons, I
L'iNTliRMQDiAiKM
104
chez M. le comte de Guibert, rue de
Grammont :
je serais indiscret, Monsieur, de réclamer
sans cesse la bonté de vos procédés et vos
bons offices, si vous ne m'y aviez pas autorisé
par les témoignages d'intérêt que vous voulez
bien me donner, pour la réussite de l'affaire
qui m'occupe, et pour laquelle M. Berthier
est pour moi bien strict et bien sévère. Je
dois vous informer de l'état actuel des choses.
En attendant la permission de M. le Duc de
Liancourl pour voir s'il se trouvera dans ses
archives la pièce que M. Berthier exige, j'ai
fait, dans les titres que j'ai, de nouvelles re-
cherches je savais bien que je n'y trouverais
que des titres regardant Yvon du Botdéru,
mort le 14 janvier 1552, qui a formé ma
branche, et que les anciens avaient suivi la
blanche aînée ; mais je me suis flatté que je
trouverais quelques renseignements qui pour-
raient indiquer où on les pourra trouver.
Suit une longue dissertation généalo-
gique. Et l'auteur termine ainsi :
Auriez vous la bonté de voir l'abbé Béri, et
de lui demander s'il ne croit pas avantageux
de changer de plan et de prendre pour tige,
ce Jean qui a signé le partage de 1425, qui
est maintenu à la réformation de 1448, qui
laisse sa veuve qui fournit aveu en 1409, et
dont le fils figure en 1 479, et sur le degré du-
quel il y a nombre de titres, et le reste va de
suite? Qu'importe que ce soit Alain, Syl-
vestre, ou Jean qui soit la tige? C'est tou-
jours la même famille, et, pour des temps
aussi reculés, il faut bien s'accrocher où l'on
peut ; car on ne saurait trouver tous les pa-
piers, dont un grand nombre a passé dans
d'autres maisons par partage et par extinc-
tion des branches tombées en quenouille...
Evidemment.
Victor du Botdéru se maria l'année sui-
vante, au printemps de 1788. avec Mlle
de Çoislin. Le contrat fut-il signé par le
Rot P Je le crois, mais je n'en ai point la
preuve dans mes notes. En tout cas, si
cette petite promenade dans les coulisses
dune présentation à la Cour intéresse le
lecteur, peut-être m'accordera-t-il que
mon opinion est plausible. Vers la fin de
l'Ancien Régime, le noble tendait à se se
parer de plus en plus du bourgeois ; et le
bourgeois, Chérin ou Berthier. exigeait
de plus en plus que le noblejustifiât de ses
prétentions. C'était logique.
Cependant, quand il s'agit d'autrefois,
— comme d'aujourd'hui, — il convipnt
d'éviter les affirmations trop générales.
La noblesse d'Alsace, par exemple, prou-
vait ses litres avec une facilité spéciale, à
DBS CHERCHEURS BT CURIEUX
^o Juillet 191 s
105
106
cause des chapitres et des Abbayes nobles.
« Il ne se passe pas cinquante ans, » dit
un mémoire manuscrit, « sans que quel-
qu'un de chaque famille ne soit reçu d ins
les uns ou les autres », avec procès-verbal
de la production de ses titres. Aussi,
« communément, un simple gentilhomme,
en un mois de temps, fera plus aisément
une production de 4 ou 500 années, en
Alsace, qu'un gentilhomme d'une autre
province ou royaume ne Is ferait de 1^0
ans ». On se contentait d'ailleurs, comme
en Allemagne, de certificats ou actes de
notoriété en forme authentique, délivrés
par les Directoires de noblesse, « ce qui
serait fort suspect dans des pays moins
jaloux de la distinction de la vraie no-
blesse et plus faciles pour l'expédition de
pareilles déclarations ■>». (Arch. Nat.,
Mém. concernant la Province d' Alsace^
dressé en 1701, K. 1142, n°* 5 et 4).
Les lettres que nous avons publiées ici
appartiennent aux archives du château de
Kerdrého, qu'habite la dernière petite-fiUe
de Bougainville, veuve du général comte
des Plas. Britannicus.
La manufacturé de Réveillon au
faubourg Saint- Antoine iLXV, 589,
695, 745 ; LXVl, n). — Le marteau de
porte-cochère de la Folie-Ticon a été ache-
té autrefois par M. Délicourt, fabricant de
papiers peints. 11 en avait orné la porte de
son hôtel, au faubourg Saint-Honoré, et
non aux Champs-Elysées. Cet hôtel est
remplacé aujourd'hui par une maison de
rapport, et le marteau n'y est plus. Peut
être la famille Délicourt l'a-t elle conservé.
Quant aux boiseries et à la rampe, on
ignore ce qu'elles sont devenues. Je tiens
ces renseignements de M. Charles Foîfot,
très documenté sur tout ce qui concerne
l'histoire du papier peint. Noël.
Une lettre de marque signée
«Louis XVI » en 1793 (LXVl, 2) -
Il me serait utile, pour les recherches re-
latives à la question posée, de connaître le
nom du ministre qui figure, sous forme
de griffe, dans le document mentionné
par V.
Nauticus.
Clément Thomas : Son rôle en
juin 1848 (LXV. 543, 6^4, 858). ™ De
V Echo de Lorraine, 6 juillet 1912 :
Il n'y a pas de discussion au sujet d u
complot de Lunéville, de 1834, fomenté
contre le gouvernement de Louis-Philippe. Il
s'agit simplement du rôle joué par Clément
Thomas en juin 1848.
Maxime Du Camp peut en parler en con-
naissance de cause, car il fut un des combat-
tants d'alor? et reçut même la croix pour ce
fait d'armes. Mais la citation de Vlnlermé-
diaire, forcément sommaiie, prend un peu
fîo;ure Je boutade. Je n"ai pas sous la main
le texte même de Du Camp, qu'il serait in-
téressant de connaître.
U est certain que Clément Thomas n'a pas
commandé de « charger la canaille » ; ce
n'est pas ainsi que se formule un comman-
dement militaire, et c'est Du Camp qui in-
terprète de cette façon l'état d'âme du com-
mandant gént^ral des Garde.s Nationales,
Qu'il eût agi en cette circonstance comme
le plus « âpre ré£.ctionnaire ^>, Clément Tho-
mas y fut bien forcé par les événements,
puisqu'il avait mission de rétablir l'ordre, et
c'était un gouvernement républicain qui l'en
avait chargé. Il agit comme Hoche en Ven-
dée, comme Marmont en 1830, comme,
plus tard, Galliffet en 187 i, comme le com-
manderait demain M. Jaurès, si les hasards
de la politique en faisaient un président du
Conseil. Car il n'y a pas deux manières de
rétablir l'ordre.
Comme l'a dit Clemenceau, il faut bien
que le pays puisse vivre, et nulle nation ne
pourrait vivre sans ordre.
Ce sont des événements regrettables, tou-
jours pénibles, mais qui s'mposent aux plus
pacifiques, quand ils ont la responsabilité du
pouvoir ou sont commandés par lui.
Et je ne vois toujours pas en cela comment
Clément Thomas — et c'est là qu'est toute
la discussion — aurait « fait massacrer dss
centaines d'ouvriers ». U commanda l'atta-
que d'une barricade, fut même blessé pen-
dant le combat ; mais ce n'est pas là ce
qu'on peut appeler un massacre.
Quant à prétendre qu'à un quart de siècle
de distance, ceux qui l'ont arrêté le 18 mars
1871, sur la place Pigalle, pour l'assassiner
avec le général Lscomte, ont voulu venger
les « massacrés » de 1848, c'est une hypo-
thèse peu vraisemblable. La Commune pre-
nait ses otages où elle les trouvait, sans
trop s'inquiéter de leurs antécédents. 11 suffi-
sait de porter une soutane ou une tunique
d'officier pour être fusMlé dans letas. Même
si Ton avait été toute sa vie, comme Clé-
ment Thomas, un très sincère républicain.
Car s'il est parvenu à s'évader après le com-
plot de Lunéville, il n'a pas « renié », que
je sache, ses co-a~cusés, et ce n'est évidem-
ment pas « l'insurrection militaire » qui prit
« sa revanche contre lui » en l'adossant au
mur de la rue des Rosiers,
N» 1335. Vo. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
107
108
Nous savons, jusqu'alors, que Clément
Thomas commanda la prise d'une barricade,
en juin 1S48, mais le « massacre > dont on
l'accuse reste à prouver
Vlntermidiaixc des Chercheurs nous don-
nera sans doute d'autres réponses que je
m'empresserai de publier ici, quelles qu'elles
soient. Car lorsqu'on recherche la vérité his-
torique, il faut se résigner d'avance à n'avoir
peut-être pas raison.
Emile Deshays.
Par qui fut tué Monseigneu^
Affre (LXIV ; LXV, 22, 1 1 1 ; LXVI, 13).
— D'après un article du BulLtin de Saint-
André de Montteuil, reproduit dans La
Semaine religieuse du diocc^se de Lyon
21 juin tçi2, l'assassin se nommait La-
force, ouvrier ébéniste, belge d'origine.
Parti pour la Californie en 1849, il serait
mort, en 18^5, aux portes de San Fran-
cisco, assailli par une troupe de voleurs
et massacré, au moment où il voulait re-
gagner un port d'embarquement pour
rentrer en France. Son fils qui l'avait ac-
compagné serait revenu en France en
1856 ; « deux mois après son retour il
entrait dans un hôpital. Il a dû y mourir
fou ».
D. A.
Dessins du Prince Impérial des-
sinateur LVll ;LX111; LXVI, 15.— AlEx-
position de l'Enfance qui se tint en 1901,
au petit Palais, et où je fus chargé d'orga-
niser la section rétrospective, M. l'Abbé
Misset prêta et exposa une collection fort
curieuse et fort complète de dessins du
Prince Impérial. Il est probable qu'il les
possède encore. A cette collection étaient
venus s'adjoindre quelques spécimens de
provenances diverses ; on en trouvera la
nomenclature dans le catalogue de cette
section.
LÉO Claretie.
Château de Séverac LXVI, 4. — On
trouve dans l'ouvragede M. de Barrau : Do-
cuments généalogiques et bisloiiques sur les
Ja/nilles du Rouer guc, au tome premier,
une notice développée sur la famille de
Scverac et une description détaillée de
l'ancien ch.îteau avec d'abondants détails
historiques.
L'ouvrage de M. de Barrau a été publié
à Rodez en 185} et complété de nos
jours d'un volume additionnel.
A. DE Cabanis.
Saint Christophe (LXV, 687, 800).
— Il y avait une statue colossale de saint
Christophe à Notre-Dame-de-Paris ; j'en
ai vu de gigantesques et d'un très beau
xvi" siècle, peints dans les cathédrales de
Séville et de Cordoue, En France l'église
abbatiale aujourd'hui paroissiale de Saint-
Seine l'Abbaye, Côte-d'Or, en montre un
de grande allure, mais assez dégradé, peint
sur la clôture méridionale du chœur, parmi
d'autres sujets datant aussi des premières
années du xvi* siècle. H. C. M.
Randon de la Tour, de Pom-
mery, du Lauloy (LXVI, 5). — Ran-
don de la Tour (Marc- Antoine-Fran-
çois Marie), contrôleur général de la
maison de Mme la comtesse de Pro-
vence, garde général des meubles de la
couronne, demeurant à Paris au garde
meuble de la cour, rue Royale, place
Louis XV, épousait, dans la chapelle du
château de Marly, le 22 novembre 1744,
Marie-Françoise-Marguerite de Lassone,
fille mineure du médecin du roi.
Randon de la Tour, 58 ans, ex-noble,
cultivateur-propriétaire, ancien adminis-
trateur du trésor public et depuis com-
mandant de la garde nationale de Creil-
sur-Oise, fut guillotiné, le 7 juillet, 1794
(an II, 19 messidor;.
Si cette note peut servir à M. M. A.
j'en serai très heureux. Elle a paru dans
Marly-le-Roi . Son histoire. Paris 1904.
Piton.
« »
En 1706, Randon, receveur général des
finances, mariait sa fille à Le Pelletier
de Saint-Fargeau, président du Parlement.
En 1769, M. et Mme Randon, M. et
Mme d'Hanneucourt, M. et Mme de Saint-
Fargeau font part du mariage de M. Ran
don de Lucenay, leur fils, beau-fils,
frère et beau frère, avec Mlle Desbrest.
M . Elic Randon de Massane, écuyer,
conseiller du roy, seigneur d'Hanneu-
court, Gargcnville, etc. , meurt place
Louis-le-Grand (aujourd'hui Vendôme). Il
est enterré le dimanche 28 juillet 1771,
service à Saint-Koch. De la part de sa
veuve, de ses fils, de son gendre le Pelle-
tier de , Saint-Fargeau.
DBb CHBRCHHURS
. 109
La généalogie des Randon se trouve
dans Chérin, 168. Bibliothèque natio-
nale.
Voir : Dossiers bleus et nouveau
d'Hozier. Piton.
Colbert-Beaulisu (XLIV: XLVII;
LXV, 8^5). — Je relève quelques erreurs
dans la réponse du ^o juin :
1° Bellemont, l'acteur, était Jean-Bap-
tiste et non Louis-Stanislas.
2" Louis-Stanislas était tapissier, fils de
Jean-Baptiste.
3» Mon grand-père, Frédéric-Amédée,
fils de Louis-Stanislas, était confection-
neur et non tapissier.
COLBERT - BeAULIEU .
Famille Certain (LXV, 783; LXVI,
19). — Je lis dans le numéro du 10 juillet,
sous la signature Petracorensis,au sujet de
la famille Certain, qu' « il ne s'agit ni plus
ni moins que de la famille Certain de
Canrobert. à laquelle appartenait le ma-
réchal ». Ainsi formulée la réponse ne me
parait pas entièrement exacte.
Le nom patronymique de la famille
était Certain auquel les enfants, pour se
distinguer, ajoutèrent des noms de terres.
Du mariage contracté en 1768 naquirent
trois fils qui furent. Certain de Canrobert,
Certain de l'Isle, Certain de la Côte, et
une fille, Mlle du Puy.
Disons en passant que, né en 1792, l'il-
lustre Maréchal fut inscrit à l'état civil
sous le nom de Certain Canrobert et qu'il
fit inutilement des démarches pour obte-
nir une rectification de son état civil. Il
n'y a pas de doute que le bon sens, la
logique et l'équité eussent voulu Certain
de Canrobert, puisque Canrobert était le
nom de quelque domaine, et que, comme
tout nom de terre, et comme seulement
les noms de terr^, il eût du être précédé
de la particule, indice de la possession; le
tribunal en décida autrement, ne trouvant
pas sans doute assez de documents por-
tant le nom de Canrobert. Summum ius
summa injuria.
G. DE La Véronne.
Les jambes de Chateaubriand
(LXV, 402, 1512, 803). —je possède une
épreuve du portrait de Chateaubriand,
par Devéria. gravé par Alfred Johan-
HrCUHiEOX
30 Juillet 1911
1 10
not, (\ut\' konooriphie Bretonne intitule •'
»< Dans la campagne ».
L'écrivain y est représenté appuyé con-
tre un rocher, au milieu d'un joli paysage
avec une percée sur le lointain, comme à
l'orée d'un bois. Il tient un livre ouvert
à la main et semble méditer. Cette image
donne l'impression d'un long buste, bien
développé, sur des jambes assez courtes,
réellement un peu grêles et serrées dans
un pantalon collant qui vient s'enfermer
dans des bottes vernies montant à mi-
mollet. Les jambes sont croisées en bas,
la droite sur la gauche, dans une attitude
de repos. L'ensemble est fort gracieux et
harmonieux et il faut appliquer son atten-
tion au détail recherché pour s'aperce-
voir d'une disproportion physix^ue. En-
core est-elle bien visible ? Les artistes
sont si adroits !
Même remarque au sujet du portrait
gravé par Gustave Lévy, d'après le ta-
bleau de Jean Gigoux, et qui se trouve en
tête du volume La Bretagne par Jules Ja-
nin.
Attitude identique de Chateaubriand,
représenté au sommet d'une éminence, le
dos appuyé contre un rocher : long buste,
jambes assez courtes mais tendues et
étendues par l'effet des bottes vernies, la
gauche croisée sur la droite, avec le pied
en pente, stratugème de peintre pour pro-
duire une illusion de prolongement. Les
nuages semblent tourbillonner autour du
front du poète toujours tête nue et les
cheveux au vent.
En ce qui concerne la statue de Milieu,
érigée à Saint-Malo, en 1875. primitive-
ment sur la place du Château et qui a été
transportée ensuite extra muros dans le
jardin du Casino, Chateaubriand est re
présenté assis, les jambes drapées dans
les plis d'un ample manteau. On aperçoit
à peine l'extrémité bottée de l'une d'elles :
ce qui est insuffisant comme documenta-
tion.
Quant à Girodet, dans son tableau si
souvent reproduit, il a esquivé la difficulté.
Chateaubriand, toujours appuyé à son ro-
cher, n'y est représenté que jusqu'à mi-
jambes ; ce qui ne les raccourcit effecti-
vement ni ne lêc allonge.
Qu'importent, d'ailleurs, les jambes ! la
tête est toujours belle et puissante.
Gros' Ma Lo.
N- 1335. Vol.
LXVI.
1 1 1
iNTBRMfiDiAlRË
112
Famille du Bois de Fiennes !LXV,
49, 323, 003, 8s4,l-XVl ; S9) — Dans le
catalogue 38 des frères Geoffroy, une estam-
pe est mentionnée qui indique les pré-
noms souhaités des fameux Bourgeois de
Calais :
Jean d'Aire.
Pierre de Wissant.
Jacques de Wissant.
Jean de Fiennes. ^"?^
Andrieux d'Ardres. SiMON.
La Toison de Rocheblanche (de)
(LXV, 404, SIC, 613, 760). — Dans le
numéro du 10 mai, Le Lieur d'Avost
donne à Louis de la Toison, marquis de
Rocheblanche, époux de Ursule de Cara-
deuc, huit enfants dont un tlls jean-Bap-
tiste-Ours-Auguste né en 1774.
De qui était donc fils Laurent Aimable
Louis, marquis de la Toison de Roche-
blanche (que cite sans plus d'indication
Le Lieur d'Avost) et qui épousa Agathe
Lucie Musnier de la Converserie, née en
177s?
De qui encore était fils Antoine Marie
de La Toison, mari de Marie-Louise Leca-
rocer, dont une fille née en 1797 ?
G. UE La Véronne.
Saint i-'orre (LXV) — Comme suite
à ma note (LXV, 543, 714, 770) je relève
dans le Répertoire des sources historiques de
M. Ulvsse Chevalier (Bio bibliogtaphie) :
« Saint-Sore, bénéd. à Genouillé (Geno-
liacum), ermite et abbé de Terrasson
{Terracinem) T. v. 580 Février I »
Ouvrage à consulter : Pergot (A. B.)
La vie de Saint Sotir,.., i"" ahbé de Ter-
rasson, avec une notice historique sur
l'abbaye de Terrasson. Paris, 1857. ^**
Aimé Thouvenin
Angel Thouin (LXVI, s). — Angel
Thouin, tils d'un restaurateur d'Argen-
tan, a habité cette ville pendant long-
temps, de 1854 à 1875 environ, et y est
peut-être mort. 11 a essayé de la peinture,
mais sans y réussir, se croy.iit incompris
et était devenu misanthrope.
je possède ^e lui deux dessins à la
plume assez bons et trois portraits très
mauvais. Vidimus.
*C't stlafauteà Rousseau», (LXVI,
53). — Le refrain popularise par Victor
Hugo, qui le mit dans la bouche de Ga-
vroche est celui d'une chanson qui circu-
lait sous le manteau vers 1827.
M. H. Monin en a retrouvé une copie
manuscrite et l'a imprimée dans la Revue
historique de la Révolution française (juil-
let 191 1). C'est donc à cette source qu'il
faut se reporter.
La pièce constitue un « mandement de
carême » satirique en 21 couplets. Et
dans son numéro du 7 septembre 1911,
Pouiquoi pas ? la jolie gazette publiée, à
Bruxelles, par MM. Louis Dumont-Wilden,
George Garnir et Léon Souguenet, s'est
spirituellement amusé de ces couplets
« d'un anticléricalisme archéologique ».
A. BoghaertVaché.
Maison habitée par Jean-Jacques
Rousseau rue Plâtrière (T. G., "790)-
M. Valère Fanet, dans le Figaro (Supplé-
ment) du 13 juillet içfa'j'publie un article
très intéressant sur ce sujet, dont on lira le
passage suivant qui met complètement au
poirt la question :
Où se trouvait, dans la partie septen-
trionale constituant la ci-devant rue Plâ-
trière, la maison habitée par Rousseau,
toujours, hélas ! avec Thérèse, de juillet
1870 au 27 mai 1778, jour où M. de Gi-
rardin vient le chercher en voiture pour
- l'emmener, par subterfuge, sous prétexte
de promenade, chez lui, à Ermenonville ?
Très probablement à cause des séjours
différents que Rousseau fit successive-
ment à Paris, presque tous dans le même
quartier, la question n'a pas semblé à
beaucoup nettement et définitivement ré-
S'^lue. Bien que tous les historiens s'ac-
cordent à dire que cette maison était la
première à droite, en entrant dans la rue
Plâtrière par la rue Coquillière, donc à
l'angle de droite de ces deux rues, la ques-
tion fut remise sur le tapis, vers 1885,
par V Intermédiaire des Chercheurs.
Ce trouble, ainsi manifesté alors chez
les érudits, trouble qui probablement
subsiste encore, ne peut selon nous avoir
d'autres causes que les divergences sur
l'étage, faciles à relever dans les récits
des rares contemporains admis à pénétrer
chez Rousseau de 1770 a 1778.
Conduit chez lui par un ami, en juin
1772, Bernardin de Saint-Pierre, le pre-
DES CHERCHEURS BT CURIEUX
50 Juillet 1911
ÏI3
114
mier, écrit : < Nous montâmes au qua-
trième étage. Nous frappâmes, etc .. »
Deux ans plus tard, au mois de mai
1774, Eymar, de Marseille, le futur
député de Forcalquier, sur le rapport du-
quel, nous l'avons dit plus haut, la Cons-
tituante votera, le 22 décembre 1790,
l'érection d'une statue à Rousseau, — ra-
conte dans une lettre que, le 2 dudit mois
de mai, usant du prétexte à la mode, il
s'est^ pour la première fois, rendu au
domicile du philosophe, afin de lui porter
de la musique à copier. Et c'est bien en-
core au quatrième étage qu'il va frapper.
Cet étage est tellement bien le quatrième
qu'un incident, sur lequel il glisse légè-
rement, attire deux fois son attention sur
l'étage au-dessous, le troisième. En mon-
tant l'escalier, il a croisé et salué une
femme du monde qui, lorsqu'il redescend,
lui offre une hospitalité a laquelle, tout
troublé par l'enthousiasme philosophi-
que, il croit devoir se dérober. 11 revient
quinze jours après, le 17, prendre sa mu-
sique (qu'il paye dix sols la page), en rap-
porte d'autre qu'il viendra rechercher
huit jours après et continue, pendant plus
d'un mois encore, ses ascensions au qua-
trième, jusqu'à ce que des intérêts de fa-
mille le rappellent inopinément à Mar-
seille.
Près de deux ans encore se passent Un
jour de février 1776, le 29, Manon Phi-
lippon, non moins émue qu'Eymar en
1774, s'achemine, « Mignonne sous le
bras », vers la sainte demeure :
« J'entre, — écrit-elle à une de ses
amies, — dans l'allée d'un cordonnier,
rue Plâtrière ; je monte au second et je
frappe à la porte... » i'j''
Et cette lettre est écrite le jour Tnême
de la visite !
Que devenir en présence de cette diver-
gence ? Quel témoin croire ?
Quarante ans environ après la mort de
Rousseau, 1' « Ermite de la Guyane »,
Jouv,a donné a ce problème une solution
inattendue. Prenant la moyenne, — ou
plutôt le milieu, — il fait loger l'auteur
à.'' Emile au troisième.
« Jean-jacques Rousseau, écrit-il en
1817, H longtemps habité une chambre
au troisième, dans une maison n" 2 de la
rue qui a porté pendant trente ans son
nom et à laquelle on voudrait en vain
restituer son nom welche de Plâtrière. »
C'était donc — ici il n'y a divergence»
pour ainsi dire, nulle part — la première
maison à droite, en entrant par la rue Co-
quillière. En ce qui concerne l'étage, au
lieu d'adopter le moyen ou la moyenne
de Jouy, nous préférons donner raison
aussi bien à Bernardin de Saint-Pierre et
à Eymar qu'à Mme Roland.
Quoi de plus vraisemblable^ en effet,
que J. -J. Rousseau, logé au quatrième en
1772 et 1774, n'ait eu, en 1776, ses très
modestes pénates descendus au deuxième
étage ?
Un mémoire, écrit par lui en 1777 ^*
que le Journal de Paris inséra dans ses
colonnes l'année suivante (/ de P , 1778,
p. 803), vient singulièrement à Tappui
de cette hypothèse.
J.-|. Rousseau y expose que depuis
longtemps sa femme est malade et que,
ne pouvant lui-même remplir seul tous
les soins du ménage, il a été forcé, pour
y pourvoir, d'essayer de lui donner une
servante.
De toute évidence, ce grand change-
ment dans la vie intérieure de Jean-Jac-
ques et de Thérèse a dû en nécessiter un
autre dans leur installation. Rien donc
d'étonnant à ce que. pour adoucir leurs
fatigues et aussi avoir une chambre pour
la nouvelle venue, ils n'aient, à un mo-
ment donné, profité de la vacance d'un
appartement un peu plus spacieux et
commode à un étage inférieur et qu'ils
n'y aient ainsi vécu deux ans, de 1776
jusqu'au départ pour Ermenonville.
Les deux termes de leur existence ainsi
modifiée pourraient bien nous être four-
nis par le n^ 37 des Révolutions de Pans.
Prudhomiie, on le sait, avait, le 20
janvier 1790, ouvert dans son journal
une souscription d'un écu pour l'érection
d'une statue à Jean-Jacques. Or, à l'une
des premières listes, on peut lire :
Mlle Froment, ancienne seivante de
Rousseau, che:^ lequel elle a été depuis le 2^
mars f/j6 jusqu'au /^ avril ryjS...
6 livres.
Si nous nous reportons maintenant au
mémoire précité, nous lisons : « , . Dix
mois d'expérience m'ont fait sentir l'in-
suffisance et les inconvénients, inévitables
et intolérables, de cette ressource dans
une position pareille à la nôtre ».
Ces « dix mois » nous font bien aller
de février 1777, à peu près à la date du
N« !335 Voi. LXVI
■ Ï15
25 mars 1776, donnée par la fille Fro-
mont pour son entrée au service de Rous-
seau et de Thérèse. Seulement, le mal-
heureux Rousseau est forcé de prolonger
treize mois encore son existence entre
Thérèse et ladite Fromont, peut-être,
après tout, plus lettrée et plus avenante
que Thérèse.
On n'a pas, ce nous semble, assez ap-
profondi toute l'influence que cette coha-
bitation à trois a pu avoir sur ses derniers
jours ! On ne l'a pas assez étudié, lui,
l'homme aux passions célèbres, dont les
œuvres mirent tant de cervelles — et
parmi elles, tant de jolies — à l'envers,
vivant ainsi plus de dix ans entre ces
deux maritornes !
De ce qui précède, on peut facilement
conclure que le fait des étages différents
n'infirme en rien celui de la situation de
la maison sur laquelle il ne semble pas y
avoir de désaccord sérieux.
En 1885, une dame Magnant, âgée de
soixante et un an?, rappelle dans \ Inter-
médiaire^ un souvenir d'enfance, ou plu-
tôt une tradition de famille qui semble
donner à cet égard toutes les précisions
désirables. En 1825, raconte-t-elle, ses
parents, logés dans l'ancienne maison,
encore debout, et au second étage, reçu-
rent la visite d'un vieillard qui leur de-
manda « la permission de se reposer un
moment la où, durant sa jeunesse, il avait
si souvent vu J.-J. Rousseau ».
Il est enfin un document, ignoré, sem-
ble-t-il, de tous ceux qui ont pu croire la
question susceptible de controverse et
qui, à nos yeux, suffirait à lui seul à fixer
les hésitants.
En 1808, donc trente ans juste après la
mort de Rousseau, un ingénieur géogra-
phe, Maire, a dressé de la ville de Paris,
un plan en 20 feuilles, beaucoup plus
complet et d'une consultation beaucoup
plus facile que celui de Verniquet pour
toute la période révolutionnaire et impé-
riale. Or. à la planche 7 de ce plan, on
peut lire, «^ur le tracé de la ci-devant rue
Plàtriere : * rue Jean-Jacques Rousseau r,
et, au-dessous, à côté de la figuration
d'une maison, à l'angle que nous savons :
et * maison idem » .
Nous trouvons donc, quant à nous, le
point définitivement acquis. A l'occasion
de la statue de la place du Panthéon, le
L'IiNTliKMBDlAlHI'
iib
Monde Illustré a publié, en février 1889
(tome 64, p. 86), un très curieux croquis
de la maison de la rue Plàtriere avant sa
démolition. Telle elle nous est repro-
duite, avec ses quatre étages et ses deux
boutiques du rez-de-chaussée (une épice-
rie et le caféj.-|. Rousseau donnant sur
les deux rues), telle on peut la reconnaî-
tre sur le plan de Turgot (1734-1739)-
Valère Fanet.
Valdruche A. J. A. CLXV, 686,
762, 801). — Député de la Haute-Marne
à la Convention, s'y prononça avec force
contre Louis XVI dès le mois de décem-
bre, vota ensuite la mort de ce prince, et
ne passa point aux Conseils après la ses-
sion. Hedb.
Les "Véron, luthiers à Paris (LXVI,
5). — Malgré les travaux intéressants et
plus ou moins récents d'Antoine Vistal,
de Jules Gallay, de M. Constant Pierre, etc. ,
l'histoire de la Ictherie française est en-
core bien obscure et bien incomplète. Il
est donc bien difficile de donner des ren-
seignements précis sur tel ou tel luthier
d'il y a i so ou 200 ans. En Ce qui con-
cerne les Véron, je ne connaissais m.ème
pas, pour ma part, l'existence d'Arsène.
Mais il y eut un Antoine Véron, qui de-
meurait, en 1740, rue de 1.^ Juiverie.
Quant à Pierre-André, tout ce que je puis
dire, c'est que sa lutherie était faite avec
soin, et que ses violons, en particulier,
ont joui d'une certaine vogue. Il me sem-
ble que ces trois artisans, vivant à la
même lépoque, devaient être trois frères;
ils étaient contemporains de Claude Pier-
ray, de Jacques Bocquav, de Louis Guer-
san, de Jean Galland,'de Jean et Pierre
Louvet, etc., qui pour la plupart étaient
«5; maîtres jurés comptables de la corpora-
tion des maîtres luthiers feseurs d'instru-
ments de la ville de Paris >* et ne man-
quaient point de talent. Ces Véron ne du-
rent point avoir de successeurs, car je ne
retrouve leurs noms dans aucune des lis-
tes de luthiers publiées aux environs àt
1780. soit dans Y Ahnanachnmsical de Lu-
neaii de Boisjermain (1783), soit dans les
Tablettes de renommée des musiciens ( 1 785),
soit dans le CaUndiier musical de Fra-
mery('i788). A. P.
OSS CHERCHEURS ET CURIEUX
30 juillet 191 »
117
118
Armoiries à déterminer : à 3 têtes
de lion (LXVl, 6). — Les armoiries dé-
couvertes sous l'étiquette de Le Bouyer
Saint-Gervais, sont bien celles de la fa-
mille Le Bouyer de Saint-Gervais de Mon-
houdou, au Maine, qui blasonne : d^or à
trots iétes de lion arrachées d'août 2 et i ,
au chef Je gueules. Le collaborateur L. Da-
niquet pourra consulter utilement Lou
vrage de M. P. de Farny sur \cs Ex-librts
des Manceaux ; il comprendra la raison
de ces deux exemplaires.
Louis Calendini.
«
Cet ex-libris est bien aux armes de
Le Bouyer de Saint-Gervais.
NlSlAR.
* *
L'étiquette est un cachet collé pendant
la Révolution, pour dissimuler des ar-
moiries qui pouvaient être dangereuses
pour leur propriétaire.
L'ex-libris primitif, aux armes des Le
Bouyer, a été publié dans les Ex-Lihris
Maticeaux de M. P. de Farcy et dans les
Archives de la Scciété des Collectionneurs
d'Ex-Librts, année 1910. Dans ce dernier
ouvrage, M. de Brébisson croit devoir
l'attribuer à l'académicien Fontenelle,
mort presque centenaire en 1757, ce qui
me paraît inadmissible. D'après le style
rocaille de cette gravure, il faudrait ad-
mettre que Fontenelle attendit d'avoir sa
centième année pour marquer les livres
de sa bibliothèque.
Le cache révolutionnaire indique bien
que c'est dans la branche de Saint-Ger-
vais qu'il faut rechercher le propriétaire
de l'ex-libris collé sur un livre de 1782 et
l'historique des ex-libris de cette famille
esta refaire entièrement.
D. DES E.
René Gueuble. Armoiries (LXVI,
6). — M. de Soultrait, dans son A /"wo-
rial du Nivernais, ne donne pas ce nom.
NlSIAR.
Les hérauts d'armes sous Louis
Xm (LXV, 199, 657). - Le Petit La-
rousse, au mot Camail, donne le sens
d'une pièce de mailles armant le cou et
les épaules, ou d'une pèlerine à capuchon,
mais ne donne pas ce même mot comme
s'appliquant à une médaille.
V. A. T.
L'auteurdel'« Imitation de Jésus -
Christ >.- (T. G., 441 : LXV, 309, 482,
785; LXVI, 70). - Je me permettrai de
faire remarquer à ceux de nos collabora-
teurs qui se plaignent avec raison que
les discussions sur l'auteur de 1' « Imita-
tion » risquent d'encombrer inutilement
les colonnes de \' Intermédiaire, que ma
question se bornait à demander si Ion n'a-
vait pas retrouvé récemment un manuscrit
de r« Imitation» dont la date ne permet
taft pas de l'attribuer à Thomas à Kempis.
La réponse de M. J. Lt me donne pleine
satisfaction.
Je n'en suis pas moins reconnaissant à
M. La Coussiére et surtout au D"^ A. B.
des intéressants renseignement qu'ils ont
bien voulu donner. 11 est plus que proba-
ble que l'auteur de \\< Imitation », comme
dans un autre ordre d'idées, les architec-
tes d'un grand nombre de cathédrales, a
mis en pratique la devise : ama nesciri et
pro nihilo reputari. A. E.
*<H!stoire de ia duche^^se de C***
écrite pt.r elle-même » (LXV, 309,
482, 765). — Me sera-t-il permis d'ap-
porter mon contingent à cette rubrique ?
Le 19 mars 1791, la Comédie-Italienne
(OU théâtre Favart^ ou Opéra- Comique-
National, comme on voudra) donnait la
première représentation de Camille ou le
Souterrain, opéra comique en trois actes,
paroles de Marsollier des Vivetières, mu-
sique de d'Alayrac. Le livret de cet ou-
vrage, dont le succès fut éclatant, était
tiré du roman de Mme de Genlis, jgnès
et Tbéodore.tt il ne méritait guère sa quali-
fication d'opéra-comique, car il était d'un
dramatique poignant, comme on va le
voir par ce qu'en disait un critique :
Quoique nous regardions cet ouviage
comme le plus intéressant de tous ceux qu'on
a donnés cette année à la Comédie-Italienne,
nous n'osons cependant pas. faire un crime
de leur motif à ceux qui s'en éloignent par
sensibilité. Nombre de gens ont été voir le
Souterrain et n'ont pas voulu le revoir. Les
scènes y sont si attachantes, et les acteurs
si vrais dans les passions qu'ils expriment,
qu'on ne peut s'empêcher de frémir à l'as-
pect de certaines situations, qui serrent le
cœur du spectateur au point qu'il ne lui est
pas possible de pleurer. L'auteur a toujours
l'adresse de peindre les méchants de ma-
nière à faire détester leur méchanceté, et la
vertu sous les traits qui la rendent aimable et
touchante ; bien différent en cela de nos pré-
N» 1335 Vol. LXVI.
L'INTERMÊDIAIRB
119
120
tendus philosophes du Théâtre Molière et des '
Variétés, qui n'offrent jamais au public que des
tableaux faiis exprés pour inspirer la haine et
pour effare uchei les bons cœurs.
C'est Mme Dugazon, dont le sentiment
pathétique était si puissant, qui jouait le
rôle de Camille, où l'on peut dire qu'elle
fit courir tout Paris àla Comédie-Italienne.
« Madame Dugazon est sublmie dans son
rôle ». disait un chroniqueur ; « Et où
cette femme inconcevable pourrait-elle
n'être pas parfaite >\ disait un autre.
Quant à la musique de d'Alayrac. elle
était empreinte d'un sentiment profondé-
ment dramatique et d'une émotion qui
faisait couler les larmes. Un compositeur
italien, Paèr, qui avait la manie'de remet-
tre en musique nos opéras français, ainsi
quil fit pour Sargines, du même d'Alay-
rac, et pour Léonore ou Y Amoui conjugal,
de Gaveaux. agit de même avec Camille
ou le Souteriain. Aidé du librettiste Car-
pani, il donna à Vienne, en 1801, une
Camilla qui fut jouée ensuite à notre
Théâtre Italien le s novembre 1804. La
compaiaison ici s'imposait, et quoique la
partition de Paër fût loin d'être sans va-
leur, de vives discussions s'engagèrent à
ce sujet, d'autant que les années n'enle-
vaient rien au succès de l'œuvre de
d'Alayrac. La preuve en est dans cet ar-
ticle que publiait le Jour uni de Paris dans
son numéro du 1 1 janvier 1814. en ré-
ponse à un dilettante italianisant :
Un amateur ultramoniain a été fort scan-
dalisé de lire dans un de nos derniers numé-
ros que la Camille de Paër n'avait pu
faire oublier celle de Dalayrac, qui dans la
lutte avec un Italien avait remporté la vic-
toire. Nous reconnaissons avec plaisir le ta-
lent de M. Paër ; nous convenons que. dans
sa partition de Camille, on trouve de gran-
des beautés . mais nous pensons, et beau-
coup de musiciens sont de cet avis, que
l'opéra de Dalayrac renferme des morceaux
qui peuviiiit supporter la comparaison avec
avantage. Nous nous contenterons de citer
les couplets du premier acte, le trio de la
cloche, le Juo de la jalousie, le final du pre-
mier acte, le final du second acte et le grand
air chanté par Camille au troisième acte.
Nous n'hésitons pas à le dire, ces morceaux
sont des chefs-d'œuvre chacun dans leur
genre, et plus de vingt années de succès ont
confirmé notre opinion. Le goût n'est pas ex-
clusif, l'homme qui n'appartient à aucune
coterie se plaît à reconnaître le talent par-
tout où il te trouve ; mais si nous nout
montrons justes envers les étrangers, sachons
l'être pour nos compatriotes.
Et j'arrête là ce que j'avais à faire con-
naître sur ce sujet.
Arthur Pougin.
Tatien (LXV, S48. 671, 81 s ; LXVI,
26). — J'ai été pris, comme bien d'autres,
sans doute, à l'article sur Tatien publié
dans la Revue Bleue qui nous a habitués à
plus de sérieux. Enfin, c'est bon pour
une fois Mais un point m'intéressa parti-
culièrement: est-ce que les descriptions de
tableaux qui m'auraient tant plu seraient
des fraudes littéraires ? Au lieu de re-
chercher dans la Revue des Elu Jes grecques,
que j'aurais difficilement à ma disposition,
le collaborateur W. D. voudrait-il me
renseigner sur ce point ?
H. C. M.
Frotel ou Foot^!^ (LXV, 150,676,
770; LXVI, 30) — Foutelow fanlel semble
assez vraisemblable, sous réserve, bien
entendu, de documents qui donneraient
l'ancien nom latin de l'endroit. Mais est-
il nécessaire de faire !a réserve que fait
l'érudit H. Laray? Foiitel ou Eiutel est-il
nécessairement le diminutif de fou ou /au
ifagus), identique, par conséquent, à fou-
ieau et ne désignant qu'./n hêtre ? Ne
pcLit-il se rattacher à l'adjectif latin fagu-
talis? fagutale, ce serait un lieu planté
de hêtres ; à Rome, Fagutal était le nom
du terrain consacré à Jupiter dans le bois
de hêtres de l'Esquilin ^/lutel, en ce cas,
serait synonyme dt/ouidaie, qu'on trouve
dans certains oms de lieu.
Ibère.
Bolivar (LXVI, 8). - Le chapeau
dont parle America fut baptisé, comme il
l'indique, par les libéraux de l'époque, en
l'honneur du dictateur sud-américàin Bo-
livar, dont l'adver.saire, le général espa
gnol Morillo, servit à son tour de par-
rain à une autre forme nouvelle de cha-
peau d'homme. Nauticus.
•
On a donné le nom du célèbre liber-
tador à un chapeau, comme on a appelé
Garibaldi une blouse de femme, Mackin
iosch un manteau. Raglan, un pardes-
sus, Souhise, une sauce à à l'oignon. Ri-
chelieu, une chaussure. Béchamel, une
sauce à la crème, etc. etc.
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
50 Juillet 191 2
121
122
En 18 19, Bolivar remplissait le monde
de sa renommée et la mode sut en pro-
fiter.
NlSlAR.
Ce nom donné à une forme de chapeau
à haute forme (genre tromblon) très
évasé par le haut et à larges bords re-
troussés, date de l'émancipation, en 1820,
des colonies hispano-américaines, éman-
cipation dont Bolivar fut le protagoniste
et où il rencontra plusieurs fois, comme
adversaire, le général espagnol Morillo.
En France, à Paris surtout, où ces
luttes avaient eu un grand retentisse-
ment, les partisans de Bolivar avaient
adopté le chapeau qui a porté ce nom.
]'ai entendu encore dans ma jeunesse,
vers 1860, appliquer souvent cette déno-
mination aux chapeaux rappelant plus
ou moins cette forme.
Les partisans de Morillo avaient par
contre arboré un chapeau également de
haute forme, en soie ou en paille tressée,
tnais à bords plats.
Je ne crois pas que la lutte entre les
deux partis ait pris en France un carac-
tère plus sérieux que cette manifestation
« bien parisienne », très pacifique et tout
à l'avantage des chapeliers.
Je conrvais un Morillo de paille brune
très bien conservé et retrouvé, il y a 50
ans à peu près, au fond d'un placard dans
une vieille gentilhommière bretonne. C'est
une coiffure qui semble aujourd'hui abso-
lument grotesque, non moins que le bo-
livar dont on peut voir une image au
Larousse illustré à ce nom et sous la ru-
brique ; \< Homme coiffé du bolivar, «
Dehermann.
La date de l'apparition du bolivar et
l'origine de l'appellation sont données
par un vaudeville-revue de Dartois et
Gabriel, Les BoUvars et les Morillos, re
présenté aux Variétés en 18 19.
La lutte de Simon Bolivar, le chef des
insurgés de l'Amérique du Sud, contre
l'Espagne, avait eu un énorme retentisse-
ment en France. Et à Paris, l'on avait
baptisé du nom de Bolivar et de celui de
son adversaire, le général espagnol Mo-
rillo. deux nouvelles formes de chapeaux
d'homme, comme on baptise aujourd'hui
encore, sans préoccupation de rapports
quelconques, une foule de fabricants de
nomsque les événements rendent brusque-
ment célèbres. A. Boghaert-Vaché.
♦ »
<Le mot datejde 1818, époque à laquelle
Bolivar, le héros de l'Amérique du Sud,
faisait retentir le monde de ses exploits.
Les avoués, maintenant, ont des fracs à
l'anglaise et des bolivars ; on ne sait ja-
mais à leurs costumes, s'ils vont au bal
ou au Palais. » (Scribe.)
« C'était le temps de la lutte des répu-
bliques méridionales contre le roi d'Espa-
gne ; de Bolivar contre Morillo. Les cha-
peaux à petits bords étaient royalistes et
se nommaient les morillos ; les libéraux
portaient des chapeaux à larges bords qui
s'appelaient des bolivars. »
(V. Hugo, Misérables).
^< Tous les partis (sous la Restauration)
eurent leur expression dans ces modes
bizarres; l'opposition avec ses chapeaux
à la Bolivar, les royalistes avec leurs cha-
peaux à la Morillo »
(Baudrillart, Histoire du luxe).
« De même qu'en Amérique Morillo com-
bat Bolivar, de même, à Paris, le chapeau
Bolivar a bientôt pour antagoniste le cha-
peau Morillo. »
{Tableau de Paris, 1852).
Gustave Fustier.
Quiroga, nom de vêtement (LXVI,
70). — Encore une dénomination de vê-
tement qui. comme le Bolivar, a une ori-
gine politique et espagnole ^
La quiroga était une espèce de redin-
gote, à plusieurs collets superposés
comme le carrick,qui doit son nom au gé-
néral espagnol Antonio Quiroga. Né en
1784 à Betanços en Galice, Quiroga ser-
vit quelque temps sur mer, quitta ce ser-
vice en 1808 pour passer dans l'armée de
terre, devint colonel en 181; et après plu-
sieurs aventures politiques, fut nommé gou-
verneur général de la Galice. Après avoir
en vain défendu la Corogne contre les
Français en 1823, il se réfugia en Angle-
terre. De retour en Espagne, après la mort
de Ferdinand, il fut d'abord accueilli avec
enthousiasme. Mais bientoi sa modération
déplut aux exaltés et il fut oblige de se re-
tirer en Galice. 11 mourut oublié en 1841.
La quiroga devait donc battre son
plein vers 1823, année de notre victoire
de la Corogne.
N- »33';. Vol. LXVI.
L'INTBRMÉDIAIKB
123
124
Je l'ai vue souvent représentée sur des
gravures de modes masculines de cette
époque, et le confrère Americ pourra,
sans grande difficulté, la retrouver 4n
compulsant les journaux de modes de la
Restauration. Dehermann.
Moi aussi j'ai senti ma curiosité éveil-
lée par ce passage d'une nouvelle de
G. Sand.
Mon chapeau à la Bolivar, mes favorisa la
Bergami et mon manteau à la Quiroga.
Ces modes devaient se porter vers
18315, époque de la mort de Quiroga.
Cet aventurier qui commença par être
berger et mourut, assassiné, président de
la République Argentine, après une exis-
tence plus mouvementée que celle de
Cartouche et de Mandrin, balança quel-
que temps la gloire de Bolivar et de Ber-
gami, favori de la fameuse reine Caroline,
femme de Georges IV.
Quant au Trois pour Cent, spirituelle
allusion à l'abaissement de la Kente qui
eut lieu à cette époque-là, ce devait
être, j'imagine, un vêtement passablement
écourté. M. d'A.
Cabajoutis (LXV, 695, 818, 875). —
Ainsi que le disait ici Pertinax, le 30 juin,
ce mot est employé au Maine, mais le
plus souvent, sinon toujours, avec cette
variante, cagibitis. M. de Montenon, dans
son yocabulaire du Haut-Maine, p. 113,
indique que ce nom est masculin ; je l'ai
presque toujours entendu prononcer
comme étant un substantif féminin. Quoi
qu'il en soit il indique '< une mauvaise
baraque, et parfois un mauvais meuble
ou la partie inférieure d'un bahu ou d'un
buffet. » Louis Calendini.
Mots allemands 'érivés du fran-
çais (LXV, 360, 720, 807;. — L'armée
prussienne possède des 'c avantageurs ^»,
jeunes soldats qui doivent devenir offi-
ciers. Les expressions françaises sont du
reste très usitées dans l'armée ; on dit
« train y> et on prononce à la française.
On dit aussi « à la suite «. Le mot alle-
mand [>our quai est *< sladen » ; à Franc-
fort et à Mayence j'ai cependant trouvé
le mot français «< quai i», mais écrit à l'al-
lemande %» "Kai * ; il se prononce aussi k
la française. A Paris, on appelle le service
des irrigations et autres administrations
agricoles; »< améliorations » agricoles; à
Berlin on dit méliorations. P .M.
*
» «I
Dans beaucoup de pays germaniques,
« garde robe » a conservé son sens pri-
mitif de « vestiaire » : l'autre sens y
est inconnu. Le Français voyageant dans
ces contrées y entendra assez souvent ses
interlocuteurs, parlant même fort correc-
tement sa langue, se livrer à ce sujet à
de comiques quiproquos. D' Vogt,
Ouvrages sérieux mis en vers
(T. G. 665 ; XXXV a XL ; XLII ; XLIV à
XLIX ; Ll à LX ; LXI ; LXII ; LXV, 382,
721). — Je lis dans « Les jouets » par
Léo Claretie. Paris, anc. mais. Quantin,
s. d, p. 226 : la Nouvelle arithmétique ap-
pliquée à la marine et au commerce, mise
en vers par L. ChaYigTi"Ji"ud, ex-maitre de
pension, 1852 » et dont on cite ce frag-
îi-'ent :
Le multiplicateur d'un seul chiffre se pose
Sous le multiplicande à la droite, et pour
[cause.. .
Or, pour multiplier six mille huit cent deux
Par six, j'opère ainsi, le fait n'est pas douteux,
En disant : six fois deux font douze ; il faut
[écrire
Deux sous les unités ..
Il est vraiment fâcheux que Léo Clare-
tie n'ait pas donné tout le morceau poé-
tique consacré à cette opération
Fraval.
*
♦ ♦
Lfs racines latines, par Joseph Villiers
de l'Oratoire, chez Joseph Bardou, 1779,
rue et via-a-vis la grille des Mathurins,
avec cette épigraphe :
NISl UTILE EST QUOD FACIMUS
STULTA EST GLORIA
(Phèdre, livre 111).
Un .iutre recueil, également en vers,
de Racines latine:, en dizains de vers de
huit syllabes, a été publié par Desuere
Duplan, et je suis certain de l'avoir fait
connaître zV Intermédiaire. Je ne me rap-
pelle {)as si ma note a été imprimée.
V. A. T.
Poésie monosyllabique (LXIII; LXIV;
LXV 816). — « Nous aimions mieux ré-
citer les vers monosyllabiques de Jules de
DBS CHBRCHBUftîJ 8T GURIBUX
30 Juillet i9it .
125
ia6
Rességuier, qui nous semblaient être le
comble de l'art et de la difficulté vaincue :
Blonde
Nuit!
L'onde
Fuit !
Terre
Brune
Lune
LuitI
Elle et son page étaient, sur la tour, à minuit !
Ces calembredaines nous ravissaient et
nous rêvions de faire un poème en vers
d'une seule syllabe. Louis de Cormenin
s'y essaya et ne tarda pas à reconnaître
que ce travail de casse-tête chinois était
bon à servir de devises aux mirlitons de
la foire de Saint-Cloud.»
(Maxime du Camp, Souvenirs littéiaires^
Tome !■='. Paris, Hachette, 1882, p. 156).
P. C. C. JOACHIM KiJHN.
Reliures en peau humaine (T.
G., 761). — De M. Jean-Bernard dans
\ Indépendance belge, 15-16 juillet 1912 ;
J'avais longtemps douté que ces sortes de
reliure existassent, quand, il y a quelques
mois, la Galette de Hollande raconta que
M. Marcellin Pellet, ministre de i rance à
La Haye, possédait dans sa bibliothèque si
riche en curiosités historiques un exemplaire
de V Almanach des Prisons (1793) relié en
peau humaine.
Croyant à une plaisanterie lugubre, ou à
une erreur, j'écrivis à M. Marcellin Pellet,
qui est un savant et qui a écrit sur la Révo-
lution des volumes aussi pittoresques qu'in-
téiessants et qui voulut bien me répondre :
Mon cher confrère,
L'article de la < Gazette » est bien exact.
Voici l'histoire de mon bouquin. Mon ami,
Iç savant professeur Auguste Reverdin, chi-
rurgien à Geveve, apprit un jour, non sans
surprise, qu'un de ses camarades d'enfance,
mourant sans héritier, lui avait légué une
petite fortune et, incidemment, %a peau. Je
crois même que l'acceptation du second legs
était la condition du premier. Reverdin,
assez ennuyé, se décida à prélever sur la poi-
trine du défunt un lambeau de peau grand
comme la main. Il chercha inutilement à
le faire tanner à Genève. Aucun ouvriei ne
voulut s'en charger, et il dui l'envoyer à
Annecy, où on lui fit payer pour cette mince
besogne un prix exorbitant, sous le prétexte
plutôt bizarre que les ouvriers étaient dégoû-
tés. Reverdin l'était un peu, du reste, quand
il rentra en possession du morceau de cuir,
teint en noir, tjrne, huileux et, ce qui est
surprenant pour un fragment de la peau de
li, poitrine, fort épais. Mon ami me pria de
l'en débarrasser, et c'est ainsi que je suis en-
tré en possession de ce « document humain ».
J'en ai revêtu un volume de ma collection
révolutionnaire, en demi-reliure. Vous voyez
que l'authenticité est absolue. Je pourrais
donner le non du testateur, bien connu au-
trefois à Gevève.
Croyez, mon cher confrère, à mes senti-
ments dévoués.
Marcellin Pellet.
« Mon colonel >^ (LXI ; LXII ; LXVI,
74) — 11 n'est pas douteux que le mot
« mon > ne soit ici bien possessif.
Oserai-je, à ce propos, sans paraître
trop antimilitariste, faire observer qu'il
est assez ridicule, au fond, d'entendre les
gens qui ne sont point au service, et qui
souvent n'y ont même jamais été, user, en
pareil cas, de ce « mon »,qui marque la
subordination ?
Oserai-je, encore à ce propos, ajouter
qu'il est aussi ridicule de dire : « Madame
la générale, la colonelle, etc.. >\ selon
une mode empruntée à l'Allemagne et
qui arrive à s'étendre étrangement, de-
puis 1870, contrairement à la bonne tra-
dition française ?
Les femmes n'ont point part au grade de
leurs maris ; elles avaient part seulement
à la digyiité de maréchal de France.
Langoumoisin.
Soubs la corde di:>s saints (LXIV ;
LXV, 42, 23=;, 384, 474, 534. 724,
771, 869; LXVl, 71,). — Toxin. Il
faut dire Toqnesaint^ car en ancien lan-
gage français, qui encore est usité en
quelques provinces, saint signifie une
cloche, dont sont dits saintiers, les fon-
deurs de cloches, et de là le proverbe
quand on dit le bruit si grand^ qu'on noy^
rait pas les saints sonner, toquer en lan-
gage picard, c'est toucher.
Ordonnances du roy Henri troisième de ce
nom roy de France et de Pologne sur les
plaintes et doléances faites par les députés
des états de son royaume, convoquez et as-
semblées en la ville de Blois, avec les anno-
tations sur icelles de Maistre Guy Coquille,
Sieur de Ronenay. (En date de l'Art. (CCIX).
De Lo' gchamps de Montendre
(LXV, 445, 547. 809). — Je ne puis ré-
pondre complètement à la question posée.
D'ailleurs, les renseignements sur les
N* 1355 Vol. LXVI.
• 137
Loncha-nips de Montendre ne doivent
pas être très difficiles à rétablir, quoique
assez peu clairs jusqu'ici. Ce que j'en
puis dire aujourd hui procédera du connu
vers l'inconnu, — le point de départ,
suivant la question posée dans Vlntermé-
diairc, ou d'aboutissement, suivant mon
système, devant toujours être le fils
d'Edme.ou Edmée JuUiol.
Flore de Bougainville, qui fut une des
plus jolies femmes de son temps, d'après
Walckenaër, ce que confirment ses por-
traits, mourut a Paris le 6 août ibob,
ayant langui pendant cinq ans, après
avt^ir vu l'un de ses fils noyé presque
sous ses yeux. Sa pierre tombale, au petit
cimetière de Saint Pierre à Montmartre,
L'INTERMEDIAIRE
128
•i/r-
lui donne 47 ans [BulU't . de la Soc S
cbéol. du Xllh arrondissement, juillet-oct.
1895, pp. iio-i) ce qui la ferait naît» e
en 1799, et non 176^, comme le dit
l'Hist. géncal. de la maison de Lantivv,
(Paris, 1899 ; p. 108). — Elle avait
épousé, a l'église St-Louis, de Brest, le 25
janvier 1781, Louis de Bougainville {.'^rcb.
du Finistère : note communiquée par
l'Archiviste, M. de La Kogerie) ; et la
chronique familiale raconte que la jeune
femme, de 30 ans plus jeune que son
mari, n'était jusque-li jamais sortie de
sa ville natale.
Son père, Charles-Claude, lieutenant de
vaisseau et d'artillerie, mais non capi-
taine, comme le dit encore V Histoii c de la
Maison de Lantivv, — avait épousé, à
l'Eglise Saint-Gilles d'Hennebont, le 2
juillet 1754, Yvonne-Guillemette-Adélaide
du Botdéru, fille de Jacques-René, lieute-
nant-colonel des Dragons de la Reine et
d'Agathe du Bois de Brullé. (ij II fut lue
d'un boulet anglais, le 16 mai 1700, au
large de Belle Isle, à bord du Diadème,
commandé par M. de Breugnon, qui con-
duisait, à Saint-Domingue, un nouvel In-
tendant, .M. de Clugny, le futur contrô-
leur-général, successeur de Turgot (Arch.
d4 la Maiine). De son mariage, Charles-
Claude avait eu trois filles, dont une mou-
rut au premier âge. L'ainée, Marie-Eliza-
(i) Il existe en Bretagne des familles por-
tant les unes des noms bretons, les a.itresdcs
noms français, qui ont la même signification :
Exemples, les Coctiosquet, et les Bois-Brule
(ou cie Brulle) ; les l'enfentenyo et les Chef-
fontaines. Cela dit, sans prétendre les ratta-
cher uecstutrcment les unes aux autres.
beth-Hyacinthe , (1755 - 14 décembre
181 15), épousa, en 1778, son cousin ger-
main Philippe de Montendre, lieutenant
de vaisseau (17^1-5 sept. 1818).
Charles-Claude, en effet, fils de Louis
de Montendre et de Marie-Françoise de
Lantivy, avait deux frères et trois sœurs.
D'après un acte aux Archives du Finis-
terre, relatif à la tutelle de ces enfants
après la mort de leur père, (7 inai 1721).
et d'après quelques autres indications, on
pourrait les classer comme il suit :
1° Claude Elizabeth, née vers 1707 ;
2° Françoise-Gabrielle, vers 1709 ;
3° François-Louis (ou Louis-Emmanuel-
Clément, d'après V Histoire des Lantivy),
baptisé à Lorient^ le 13 août 1710 ;
40 Anne, vers 1714 i
15,° Charles-Claude, vers 1715 ;
6" Louis-Jérôme, né en 1716, baptisé
à Languidic, le 20 octobre 1717.
Ici je ces^e d'être suc un terrain solide.
Une note de Flore de Bougainville que
j'ai eue sous les yeux, mais dont je ne
retrouve que la copie en ce moment, fait
de Louis de Montendre, époux de Marie
de Lantivy, le fils puiné d'tdmée Julliot,
qui aurait eu cinq enfants : trois fils et
deux filles. L'aîné des fils, capitaine de
vaisseau, marié à Toulon, aurait eu un
fils lieutenant de vaisseau, non marié, et
une fille morte religieuse à Marseille. Du
second fils, nous venons de parler. Le
troisièir.e fils aurait porté le nom de Thot
de Montendre et se serait marié en Cham-
pagne; il aurait eu six fils, dont trois tués
à l'ennemi, en Italie, et qui, tous auraient
servi dans le même régiment que leur
père, celui de Poitou-Infanterie.
Cette note doit se rapprocher de la vé-
rité ; car il y eut, parmi les Montendre,
une ou plusieurs victimes, lors de la
peste de Marseille, et une branche de la
famille, fondue dans celle des Liniers,
existe encore en Franche-Comté.
V.' Histoire de la Maison de Lanlix'y, au
contraire, prétend que Louis de Monten-
dre. époux de Marie de Lantivy, eut un
autre Louis, pour père, qui se trouverait
alors être le fils d'Edmée Julliot, marié à
une demoiselle du Plessis, et deux frères,
dont l'unserait le jeune héros de l'épisode
du Sainl-Géran, où prit naissance le ro-
man de Paul et Virginie : attribution
tout invraisemblable. L'officier en ques-
tion parait bien avoir appartenu à la fa-
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
[39
30 Juillet 1911
mille, d'après une note du fils aîné de
Flore, le contre-amiral Hyacinthe de
Bougainville ; mais, des nombreux Mon-
tendre qui ont servi dans la marine, —
j'en connais encore un qui prit part à la
guerre d'Amérique, — je ne sais lequel
se trouvait sur le Saint-Géran. Ce pour-
rait, d'ailleurs, bien être le jeune lieute-
nant de vaisseau, indiqué plus haut
comme issu du fils aîné d'Edmée Julliot.
Une chose est certaine : c'est que les
La Rochefoucauld reconnaissaient la pa-
renté. Adélaïde du Botdéru, veuve de
Charles-Claude, avait épousé, le 12 jan-
vier 1769, en secondes noces, le chevalier
Augustin de Passerat de Silans, capitaine
de vaisseau ; et, de ce nouveau mariage,
elle eut une fille, Olympe, marquise dû
Vivier de Fay-Solignac, grand'mère du
cardinal de Cabriéres. La duchesse de
Liancourt, en 1777, vint à Brest, passer
quelques jours, descendit chez ses cousins,
M. et Mme de Silans, et prenant Flore
de Montendreen affection, déclara qu'elle
s'occuperait de son mariage. Ses idées
sur l'établissement qui convenait à la
jeune fille étaient assez curieuses ; mais
les choses se disposèrent autrement
qu'elle ne proposait (Lettre du chevalier
de Silans à son beau-frère, le comte du
Botdéru, 2 oct. 1777). En tout cas, on
n'est pas surpris de retrouver Bougain-
ville au diner que fit Arthur Young, chez
le duc de Liancourt, le 15 janvier 1790.
Adélaïde du Botdéru avait deux frères
et deux sœurs. De celles-ci, l'une. Féli-
cité, avait épousé le contre-amiral Blanc
du Bos ; et l'Histoire des Lantivy (p. 125)
donne, sans la nommer elle-même, sa
descendance répartie entre les familles de
Lantivy, de Colbert, et de La Bourdon-
naye-Blossac. L'autre sœur, Pauline, eut
pour fille la marquise de Faudoas — veuve
en premières noces,du vicomte des Cars —
et pour petite-fille la Duchesse de Rovi-
go, sous le Premier Empire. Des deux
frères, l'ainé, Jean-Baptiste-René, capitaine
aux Dragons de la Reine, époux de
Thomase de Plœuc, a vu sa descendance
s'éteindre avec son fils, le comte du
Botdéru, pair de France, dont nous avons
parlé précédemment (LXV, 558).
Du second frère d'Adélaïde du Botdéru,
Nicolas-Hyacinthe, capitaine de vaisseau,
la descendance existe encore très nom -
breuse.
130
'Armes des Longchamps de Montendre :
D'or, à l'aigle éplojéc de sable.
Un portrait de Charles-Claude de
Longchamps de Montendre, ou du moins
supposé tel, existe chez le vicomte de
Villiers duTerrage, ancien inspecteur des
Ponts-et-Chaussées.
Je désirerais, en terminant, savoir, à
mon tour, par où Charles de Montendre,
auteur de cette famille, se rattache aux
La Rochefoucauld, et ce que l'on peut
connaître de précis sur dame Edméc Jul-
liot. Britannicus.
Orgue des saveurs (LXV , 694,
823 ; LXVl, Si). — C'est un phénomène
appelé « Olfactini colorée ». Il consiste en
ce que deux sens sont simultanément mis
en activité par une excitation produite
par un seul de ces sens, dans le cas actuel,
en ce que le son de la voix ou d'un ins-
trument se traduit par une odeur carac-
téristique et constante pour la personne
possédant cette propriété chrimatique.
Il en est de même pour l'audition colo-
rée et la gustation colorée, comme du
reste on en trouve des exemples dans
Vlntermédaire det chercheurs et curieux
dans ses numéros du 25 juin et du 25 sep-
tembre 1884.
Théophile Gautier raconte qu'a la suite
de l'absorption de ha<;chich, il a éprouvé
les sensations suivantes :
« Mon ouïe était prodigieusement dé-
veloppée ; j'entendais le bruit des couleurs ;
des sons verts, rouges, bleus, jaunes
rn'arrivaient par ondes parfaitement dis-
tinctes. »
Et à ce propos quel est le poète qui a
commencé un sonnet par ce vers :
A noir, E blanc, I rouge, O vsrt, U bleu,
[voyelles...
D'J. B.
[C'est Arthur Rimbaud].
Les petits vitriers (LXV, 501, 680,
844 ; LXVI, 36.)
Bayeux (Calvados) le 19 juillet 1912,
Monsieur le Directeur,
J'a lu avec intérêt dans le n" 21 du di-
manche 30 juin du journal < La Terre de
France ,•> les réponses à votre curieuse ques-
tion sur la dénomination de vitriers, appli-
quée aux chasseurs à pied.
A mon humble avis aucune de ces répon-
ses ne résout virtuellement le problème. —
N» 1335. Vol, LXVI.
■ 131
Permettez-moi donc de vous adresser, bien
que tardivement, celle-ci qui. je crois, en cor-
roborant l'une d'elles, complète les réponses
dont il s'agit.
Autrefois nombre de vitriers ambulants
parcouraient les villes et les campagnes, chaf--
gés d'un crochet supportant des feuilles de
verre qui généralement arrivaient à compo-
ser un poids assez respectable. Ces crochets
chargés de verre ressemblaient sensiblement,
ou plutôt les sacs encadrés par les piquets
de terre de nos chasseurs, rappelaient assez
exactement les crochets des marchands vi-
triers ; là ne s'arrête pas la ressemblance. Les
vitriers portaient toujours à la main une
canne de forme apbtie qui n'était autre chose
qu'un mètre leur servr>iit en même temps de
règle, et, lorsqu'ils étaient interpellés par un
client, la première chose qu'ils faisaient,
c'était de placer leur mètre sous leur charge
de verre pour soulager leurs épaules, pen-
dant le temps bref ou long que duraient les
pourparlers.
Or, pendant l'Empire, les chasseurs à pied
étaient armés de la carabine Minié (dite à
tige) dont ils se servaient à chaque halte
pour étaycr leur sac et reposer leurs épaules,
comme faisaient les vitriers de leur canne, la
dite carabine était de la longueur voulue
pour donner ce résultat. Dans cette position
un chasseur à pied avait de loin h parfaite
silhouette du vitrier au repos.
"Veuillez agréer, Monsieur le Directeur,
mes meilleures civilités. Robin.
Généraux manchots (LXIV; LXV,
68. 223).
J'ai le plaisir de vous adresser les notes
sur la blessure du général Boussenard qu'a
bien voulu me ccmmmuniquer le lieutenant
colonel de Thuy, son ancien officier d'or-
donnance ; il en autorise la publicalion sous
sa signature.
Baron A. H.
Les circonstances de la blessure du Gô
néral Boussenard ont été fidèlement re-
produites par Détaille sur la toile du Pa-
norama de Rezonville,
Le Commandant y est représenté penché
sur son cheval, qui git étendu, frappe par
un obus ; il retire de son paquetage les
cartes d'état-major que le Maréchal Can-
robert vient — précautio,. bien inutile
pour qui connaît le commandant — lui
recommander de ne pas abandonner. C'est
à ce moment précis qu'un éclat d'obus
vient fracasser le coude gauche du second
aide de camp du Maréchal.
Le blessé est transporté dans une ferme
L'iNT£RMtDlAiR£
132
de Rezonville transformée en ambulance ;
il y a encombrement ; on craint que Tac-
cumulation de l'efîectif hospitalisé à Metz
n'engendre l'mfection ; la pratique de
l'aseptie et des pansements anMseptiques
n'est pas encore courante et l'on manque
de tout ce que nécessiterait maintenant la
thérapeutique. D'autre part, l'articulation
est broyée et comme peut-être on le déci-
derait encore aujourd'hui, l'amputation
est reconnue nécessaire et pratiquée sans
retard ; elle cause au patient une souf-
france qu'il n'oubliera jamais.
Dans le mouvement de repli sur Metz,
l'armée abandonne les ambulances éta-
blies sur le champ de bataille, qui sont
bientôt au pouvoir des Allemands, un de
leurs médecins passe l'inspection des
blessés, les interroge et probablement,
sans enlever l'appareil du Commandant
Boussenard^ exprime, deux jours après
l'opération, l'avis que les médecins fran-
çais ont agi trop précipitamment et que le
membre pouvait être conservé. Il est dif-
ficile maintenant — il l'était déjà en 1870
— de dire si réellement l'opération n'était
pas indispensable ; mais pour le premier
intéressé le doute était poignant. Comme
loin de se prévaloir de sa blessure, le
Général en était honteux, se considérant
comme un impotent, un homme incom-
plet, on s'explique la rancune très cer-
taine qu'il a longtemps vouée au corps
•médical.
Il ne faut pas pourtant s'exagérer les
conséquences de cette rancune. Sans
doute il faisait la guerre aux officiers du
corps de santé qui affichaient des préten-
tions peu justifiées ; il a toujours, au con
traire, soutenu, encouragé et poussé les
praticiens esclaves de leur devoir — et
l'on sait que c'est la majorité chez les
médecins militaires.
Certains que je pourrais citer, ont eu
sur lui une grande influence. Loin de
« s'exalter avec l'âge et le grade », sa
' haine » avait tout à fait sombré. Les
médecins que les opérations du Conseil de
révision amenaient dans son ermitage de
Champlitte étaient, tandisque les membres
civils banquetaient politiquement, appelés
à sa table et y trouvaient l'accueil le plus
courtois.
Lieutenant colonel de Thuy,
ex officier d'ordonnance du Général
Boussenard.
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DBS CfïSRCHBURS ET CXIRIBUX
30 Juillet 1911
133
•34
Ouvriers et patrons : Le saint
lundi en l'an 13 (LXVl, 84^ — Leclerc
était imprimeur, c'était même l'impri-
meur de l'archevêché. C'est une correc-
tion mal comprise qui en a fait un entre-
preneur de peinture, dans le commen-
taire du document où sa véritable qualité
est bien établie.
©roimaillej) et (Curiosités
La mort de Lamartine. Son por-
trait après décès. — Une plaque a été
apposée au n" 109 de l'avenue Henri Mar-
tin. Elle porte cette inscrif tion :
LAMARTINE
EST MORT LE 2$ FÉVRIER 1 869
DANS UNE V1LL.\
SITUÉE SUR CET EMPLACEMENT
11 habitait alors le petit chalet qui avait
été mis à sa disposition par l'Empereur.
Il s'éteignit dans la chambre du premier
étage, éclairée par deu.x fenêtres, donnant
sur le balcon extérieur, dans un lit carré
à colonnes.
Ce fut M. Adam-Salomon le sculpteur,
auteur du monument funéraire de Mme de
Lamartine, à Saint-Point, qui le posa sur
son lit de parade. Pour garder un souve-
nir du poète, et l'expression de ses traits,
il en fit une photographie, dont un artiste
de beaucoup de talent, M. Penauille, fit un
dessin. Ce dessin qui mérite d'être tiré de
l'oubli a paru dans un journal intitulé la
Chronique illustrée {20 mars 1869). C'est
un recueil aujourd'hui dispersé et introu-
vable. On verra cet intéressant portrait
reproduit dans le présent numéro.
L'hydropisie de Mme de Staël en
1812. — Le duc de Rovigo a écrit, par-
lant de Mme de Staël que « certaines his-
toires dont on s'égayait à Genève furent
une des causes de son départ. » Ce n'est
que très exact. Mme de Staël avait besoin
de fuir, non un lieu que lui rendait intolé-
rable la tyrannie de Napoléon, mais où la
faiblesse tardive de sa chair amoureuse
venait de l'accuser dans un scandale. Elle
avait tout fait pour la dissimuler, avec
des airs penchés de victime ; mais en
réalité, si elle était victime, c'était de la
coquetterie de son arrière maison.
A la fin de l'année i8 10 elle avait fait la
connaissance, à Genève, d'un officier de
hussards, nommé |<.ari Rocca. Ily guéris-
sait une blessure reçue dans une action
militaire. Il avait vingt trois ans, elle en
avait trente-six.
« Comme dit M. Paul Gautier dans son
bel ouvrage sur Mme de Staél et Napoléon^
elle voyait avec terreur venir l'âge redou-
table où la femme semble n'avoir plus à
compter sur l'amour. Elle n'avait jamais
été aimée comme elle eût souhaité l'être :
qu'était-ce que la sécheresse élégante
d'un Narbonne,l'égoïsmed'unTalleyrand,
l'inquiétude perpétuelle d'un Benjamin
Constant. Elle se disait avec tristesse
qu'elle était un être à part, que l'on con-
sidéraitavecétonnement.avec effroi même,
que l'on n'aimerait jamais. Elle fut sur-
prise, touchée, ravie, d'être soudaine-
ment aimée pour elle-^même. Car Rocca
l'aima éperdument, de la façon la plus
romanesque. »
Mais sa présence jeta le trouble dans
la petite cour de Mme de Staël. Cette in-
trigue était visible, on en plaisantait.
Elle tremblait pour elle, tremblait pour
Rocca. Et quand sa taille décela son en-
traînement , elle trembla que l'Empe-
reur qui savait tout, ne l'outrageât publi-
quement. Elle espérait écarter les soupçons
en faisant répandre qu'elle devenait hydro-
pique.
Le 17 avril 18; 2, l'hydropisie céda et
l'Empereur qui fut certainement avisé de
cet événement ne s'en servit pas contre
son ennemie. La lettre du baron de Me-
lun au duc de Rovigo, que nous donnons
ici. nest pas inconnue du biographe de
Mme de Staël, mais elle n'a jamais été
publiée. (Archives nationales dossier F'^
6331/6991.)
Genève, 21 avril 1812.
Le commissaire spécial au Duc de Rovigo.
Monseigneur,
Ne doutant pas de l'intérêt que V. E.
pre .d à la santé de Mme la baronne de
Staël, j'ai l'honneur de lui apprendre que
l'hydropisie dont cette dame était très in-
commodée depuis plusieurs mois, s'est heu-
reusement dissipée le ly avril au château
Je Copet, et que le résultat de cette fâ-
cheuse maladie est un garçon fort bien por-
tant. On attribue celte cure merveilleuse, à
un Genevois nommé Rocca, officier de hus-
sards, très bel hom me, mais boiteux, ce qui ne
lui ôte rien des qualités nécessaires, est mé-
decin de Mme de Staël, qui croit avoir si
grand besoin de ses talents qu'elle ne lui per-
met pss d'autre séjour que celui qu'elle habite,
N« !^|^. Vol
LXVI.
— »?Ç
L'INTlIRMfiDIAIIŒ
136
Cette production du génie et du courage a
reçu le jour au milieu d'une fête que Mme
de Staël i.loiiiiait h sa fille, l'a propos en ren-
dait plus piquant son début dans la société,
lui a donné une telle publicité que V. E. en
est déjà peut être informée.
L' Auditeur au Conseil d'Etat, corn-
missiaire spécial.
Baron de Melun.
Dans le pays où l'aflairc s'était ébruitée
on faisait des gorges chaudes de l'aven-
ture. Ces épigrainmes courraient de main
en main.
La Cure Merveilleuse
De nos littérateurs et la gloire et l'envie,
Une veuve célèbre, encor chère aux amours,
Tremblait pour ses illustres jours
Menacés par l'hydropisie,
Mais de 1 art de guérir les soins miraculeux
Au monde ont conservé la Moderne Aspasie,
En quelques mois l'ont rendue à la vie,
Aux lettres, à nos vœux.
D'une cure aussi propice,
Ah ! bénissons le résultat heureux !
Il est près de Rolle...(i) en nourrice
La Femme Célèbrn
Quelle femme étonnante et quel fécond ge'nie,
Tout en elle produit, tout 'est célébrité,
Et jusqu'à son hyàiopisie,
Rien n'est perdu pour la postérité.
Perdue dans l'opinion de ses compa-
triotes, Mme de Staël n'avait plus qu'à
se décider à la fuite, ce qu'elle fit.
Qyant à Rocca^ ne pouvant, à cause
du ridicule, l'épouser publiquement, elle
l'épousa secrètement deux fois.
LÉONCE Grasilier.
Documents touchant la bataille
de Denaiu. — {Communication de M.
Hyrvoix de Landosle). — Le Roi apprit, le
2b juillet, la nouvelle de la bataille de
Denain, livrée le 24 : ;< ce jour-là, entre
sept et huit heures du matin, le marquis
de Nangis arriva à Fontainebleau, appor-
tant la nouvelle de
passée en Flandres ..
écrivait au comte du
deur en Suisse (3) :
l'action qui
»(2)Le 27,
Luc,
s'était
le Roi
son ambassa-
(1) Petite ville du canton de Vaud
(Suisse)
(1) Mémoires de Sourches : Xill, 4S6.
(3) Auliives du département des Affaires
étrangères ; Suisse, CCXXXVI, 96 ; minute.
... Je vous envole la relation de Vav«n-
tage que mes troupes, commandées par les
maréchaux de Villars et de Monfesquiou,
ont remporté sur une partie de mes ennemis,
en Flandres. J'ai lieu de croire qu'il pourra
contribuer à l'avancement des négociations
de la paix, et que les Hollandais pourront
eufin ouvrir les yeux sur les suites fâcheuses
que leur opiniâtreté à poursuivre la guerre
pourrait avoir pour leur Etat.
On remarquera la modération avec la-
quelle le Roi parle de l'avantage remporté
pas ses troupes à Denain. C'est, qu'en
effet, cette victoire ne prit que par la suite
l'importance qu'elle ne parut pas avoir
tout d'abord.
J'ai aussi à faire observer que, sur la
minute transcrite ici, on n'avait d'abord
nommé que le maréchal de Villars ; on a
corrigé ainsi après coup : « ... les maré-
chaux de Villars et de Montesquiou... »
Le marquis de Torcy, écrit le même
jour, au même persor.nage (i), qui était
de ses amis particuliers (2) :
... Je crois que vous aurez achevé votre
ouvrage (;) plus tôt que celui da la paix gé-
nérale ne sera fini. Quoique l'Angleterre
travaille de bonne foi à la terminer, et que
l'entrée des troupes de cette nation dans
Dunkerque ait achevé de lever tous les
doutes que les malintentionnés voulaient ins-
pirer encore sur la bonne foi de la France,
quelques avantages pareils à celui qu'on
vient d'avoir en Flandres auraient bien
avancé les affaires. . .
« C'est, écrit plus tard M. de Torcy,
la levée du siège de Landrecies « qui
« achève de rendre complet ce qui s'est
passé en Flandres ». (Torcy à du Luc,
Fontainebleau, 4 août 1712. — A. E.
Suisse, CCXXXVI, 122).
(1) A. E. Sutsse, CCXXXVI, 97.
(2) Le comte de Luc était proche parent du
marquis de Vins, dont la femme, née Lad-
vocat, était sœur de Mme de Pomponne,
mère de Mme de Torcy.
(î) La paix entre le» Cantons catholiques
et protestants.
Li Directeur-gérant :
GEORGES MONTORGUEIL
Imp. DAMifci-CHAWBOh, St-Amand-.Mont~Rr,nd
LXVI* Yolnmo Paraistani Its lo, ao et )o de tbaqué mois
10 Août 191S
48» Année
Sf'.r.VIctor-Massé
PAKIS (IX*>
Bureau : deS^Gbeurei
QDiSQDB
Chirchex et
vou$ troutftret
N» 1336
Sl^'.r.TIctor-MasB
PARIS (IX*)
Bareaax: de 3 à Ghenret
€ 3nUtmibxaxxc
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
Fondé en 1864
QDESTIOÎSS ET RÉPONSES LITTÉRAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUE
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
138
'37
iVt)MS prions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
de leur pseudonyme, et de n'écrire que
d'un côté de la feuille. Les articles ano-
nymes ou signés di pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Quand la question sollicite la connais-
sance d'une liste., la liste, sanj exception,
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
(KHucôtîons
Quel pouvait être le nombre des
individus emprisonnés et des con-
damnés à la peine capitale sous
l'ancienne monarchie ?
Quoi 1 l'ancien Etat, le monstre royal assu-
rait son empire en emprisonnant chaque
année quatre cent mille hommes, en en pen-
dant quinze mille, en en rouant trois mille,
et la République hésiterait encore à sacrifier
quelques centaines de têtes à sa sûreté et à
sa puissance ! Noyons-nous dans le sang et
sauvons la patrie.
Ainsi parle Evariste Gamelin, le héros
du nouveau roman de M.Anatole France,
les Dieux ont soif (p. 323), Mais sur
quelles données l'auteur se base-t-il pour
établir pareille statistique au détriment
de l'ancien régime. Voilà ce qu'il serait
intéressant de savoir.
Qjielque savant confrère pourrait-il
m'éclairer à ce sujet .'' J. W.
Le crâne de Richelieu (T. G. 772).
— Où trouver un historique exact des
vicissitudes du crâne de Richelieu?
D"- V.
\L' Intermédiaire s'en est occupé, II, III,
VIII ; mais, depuis, le crâne a reçu une des-
tination définitive].
L'âme de la femme au concile de
Mâcon (T. G. 38). — A de nombreuses
reprises, V Intermédiaire s'est occupé de
cette question. Des références ont été pu-
bliées : notamment Folybiblion, mai 1886,
p. 477. Bévue des Questions historiques,
LVII, p. 653, (oct. 1869) où l'on rappelle
un article de M. l'abbé Rambouillet, dans
l'Univers, numéro du 10 septembre 1869.
La Croix (31 juillet 1912) publie cet
écho:
Le 20 juillet dernier, M. du Chaylard, pré-
fet du Cher, présidait la distribution du col-
lège de jeunes filles de Bourges.
Et il a rappelé en termes ridicules la fable
suivant laquelle le Concile de Mâcon aurait
discuté si les femmes avaient une âme.
Le Petit Berrichon, lui, rappelle la vérité
historique sur cet incident : Hors séance,
quelques évêques s'entretenaient de questions
littéraires et grammaticales. Or, l'un d'entre
eux soutensit que le mot latin homo ne pou-
vait pas désigner les femmes, mais seulement
les hommes. Les autres lui démontrèrent
que, parfois, les auteurs employaient ce
terme pour désigner même une femme. Qui-
LXV- é
N» 1336. Vol. LXVI
L'INTSRMêDlAlRË
139 -
140
conque a fait un peu de latin dans sa vie sait 1
qu'il en est ainsi. Homo en latin désigne et
l'homme et la femme, comme !e mot « être »
et celui de « créature », par exemple, s'ap-
pliquent à tous deux.
Ce doit être exact. Qu'il nous soit per-
mis de demander toutefois un texte pré-
cis.
Où est le texte que vise M. du Chay-
lard ? — Nous parlons de texte et non
d'allusion à un texte.
Ce texte doit être indiscutable — et là
encore on ne saurait admettre une affir-
mation sans preuve, sans témoignage, ce
qui revient à dire : quels sont les écrits
touchant le concile de Mâcon, contempo-
rains et autheniiques.
Car il faut en fmir avec cette sempiter-
nelle question par un document précis^
irréfutable.
Il serait digne de \' InUi médiairc qui a
abordé cette question pour la première
fois, en 1866^ de dire, si c'est possible, le
dernier mot qu'on soupçonne: c'est que
nous sommes là en présence d'une lé-
gende colportée par l'esprit de parti.
Le duc Albert de Broglie et « La
Révolution » de Taine. — M. Victor
du Bled ditjdans Le Matin du 26 juillet :
Je répéterais volontier.« le mot du duc Al-
bert de Brogiie sur le grand ouvrage d'Hip-
polyte Taine : « M. Taine a rassemblé vingt
mille faits contre la Révolution française ; je^
pourrais lui en oppos-r autant qui la réha-
bilitent et la célèbrent ».
OÙ et quand l'historien ministre du
maréchal de Mac Mahon a-t-il prononcé
ou écrit ces paroles ? P. M.
Tbiers et Gambetta: un prétendu
mot deThier-> sur les Alsaciens. —
Thiers aurait dit, en présence de Gambetta
et de Crém.ieux.à Tours, en prévoyant l'is-
sue de cette guerre qu'il avaittout fait pour
éviter et les exigences d'un vainqueur :
« Les Alsaciens étant allemands, ils rede-
viendront allemands, c'est le jeu de la
guerre. »
Cette conversation aurait été racontée
par Gambetta : à qui ? où ^. B.-H.
Le château des Coques, — L'Echo
dePvisd\i 18 juillet 1912 contient un
très intéressant article de M . le baron A.
de Maricourt sur l'enfance de Maurice de
Guéri n. Dans cet article, il est fait allu-
sion à sa femme Eugénie de Guérin, qui
a été châtelaine des Coques.
Ayant lu avec sympathie les écrits
d'Eugénie de Guérin, j'ai eu la curiosité,
il y a douze ans environ, de visiter le
château des Coques, situé sur une colline
qui domine la ville de Fougues (Nièvre).
Le château situé au milieu d'un joli bois,
était alors dans un état d'abandon et de
délabrement tout à fait lamentable, avec
un balcon à demi arraché, des volets ou-
verts et battants, une toiture qui semblait
menacer de s'effondrer bientôt, comme
celle d'une dépendance voisine, laquelle
semblait avoir été une chapelle, et dont
les tuiles en débris jonchaient le sol.
A-t-il été porté remède à ce lugubre
état de choses, ou l'ancien séjour d'Eugé-
nie de Guérin a-t-il achevé de se démolir ?
V, A. T.
Marquis de la Carte. — Il vient de
mourir à Milan une vieille marquise de la
Carte, qui disait n'avoir jamais connu ses
parents et qui n'a jamais été niaiice.
Dans son Journal à Emigration, le comte
d'Espinchal raconte qu'il rencontra à Mi-
lan, en 1 789, un marquis de la Carte, frère
cadet du comte de la Ferté-Jenneterre.
Le marquis de la Carte, qui s'était fait
chevalier de Malte, était l'amant d'une
dame de Milan et l'ami du mari, chez le-
quel il vivait comme s'il était de la fa-
mille. Pourrait-on établir une relation en-
tre ces deux faits ? Jéroboam.
Famille de Chaumout. — Vers la
fin du seizième siècle, Joachim de Chau-
mont fit bâtir le château de Mornay,
existant de nos jours sur la commune
de Saint Pierre-de l'Isle, canton de Lou-
lay, Charente-Inférieure. Le château passa
à Aimery de Chaumont (fils du précé-
dent), qui le vendit, en 1633, à Isaac de
Ligoure, trésorier de la cavalerie et
grand maître enquêteur et informateur
des eaux et forêts en Poitou. Un confrère
pourrait-il me donner quelques indica-
tions sur cette famille de Chaumont, ou,
simplement, me faire connaître ses ar-
mes ? > C. d'à.
Diderot et Madame Poland. — je
lis dans les Annales, n" 1516, page 24,
colonne 3 ;
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
lo Août 1913
141
142
Lorsque Diderot écrit à Mme Roland, il
lui dit en post-:criptutn : « Partout oia vous
trouverez des blancs dans cette lettre, lisez
que je vous aime. »
Diderot eit né en 17 13, mort en 1784.
La petite Phlippon est née en 1754, morte
en 1793- Elle a épousé Roland en 1780.
La lettre de Diderot date donc, au plus
tôt de 1780; à cette époque Diderot était
déjà chargé de 67 automnes ; sa déclara-
tion d'amour, à cet âge, frise le ridicule.
Je demande où la lettre citée par les
Atinales a été publiée.
P. M.
Comtes et comté d'Harcourt. —
Dans la première moitié du xve siècle, les
comtés d'Harcourt et d'x\umale étaient
entrés dans la maison de Lorraine par le
mariage de Théritière de la branche aînée
d'Harcourt avec Antoine de Vaudemont.
Or, dans le cours du xvii« siècle — et
même plus tard — les terres d Harcourt,
de Lillebonne, d'Elbeuf, etc.. étaient en-
core dans une branche de la maison de
Lorraine.
Il en résulterait donc que dans cet in-
tervalle, le comié d'Harcourt était resté
constamment en la possession d'un prince
lorrain
Cependant, un passage des Mémoires
de Saint-Simon vient contredire cette
opinion. Il dit que Catherine de Laval
(fille de Gui XVI et de Charlotte d'Ara^
gon) épousa, en 15 18, Claude de Rieux,
comte d'Harcourt.
Comme on ne peut guère admettre une
erreur dans le texte du passage cité ; et
que, d'autre part, je crois que René,
marquis d'Elbeuf, avait épousé Marie de
Rieux, comtesse d'Harcourt. je suis amené
à penser que le comté d'Harcourt a pu
sortir de la maison de Lorraine et y ren-
trer plus tard, d'abord par le mariage
d'une Lorraine avec un Rieux et ensuite
d'une Rieux avec un prince d'Elbeuf.
Si quelque obligeant confrère voulait
bien me renseigner sur cette question, je
lui en serais très reconnaissant.
O. A. T.
Jean de Pleurre et son manuscrit.
— Jean de Pleurre, qui vécut dans la der-
nière moitié du xiV siècle, avait laissé un
manuscrit contenant des poésies de lui
avec divers extraits d'autres auteurs, des
proverbes, etc. Grosley possédait ce
livre. Qu'est-il devenu? L. M.
Rousseau (Général Guillaume -
Charles). — Sur ce général baptisé à
Mareil -en-Champagne, en 1772, je de-
mande les références biographiques, hé-
raldiques ou autres. L. C'
Les papiers de Jean Reynaud. —
Que sont-ils devenus ^ V.
Suffolk. — D'aimables intermédiaî-
ristes peuvent-ils m'apprendre qui était
Marguerite de Suflfolk qui, vers 1543, à
Fontainebleau, épousa Sibeud de Brenieu,
gentilhomme Vivarois, écuyer de la reine
EléonorePOn la dit petite fille de Richard
Pool et de Marguerite d'Angleterre, la
dernière des Plantagenets, décapitée en
1541. Etait-elle fille de Henri de Mon-
tagu, comment portait-elle le nom de Suf-
fo'k et comment vint-elle en France .?
E.
Villoteau (André). — Sur ce mem-
bre de l'Institut, je demande les référen-
ces bio-bibliographiques. L.C.
Armoiries à identifier : Deux écus
accolés. — 1° D'azur au chevton d'or
accompagne de trois chiens [ou chats) d'or
assis, deux en chef, le premier contourné^ et
un en pointe placé de front.
2^ D^or à trois chevaux cabrés, libres, de
gueules 2, I.
Couronne de marquis.
Henry Prior.
Armoiries à identifier : chevron
d'or chargé d'une étoile. — D'azur
au chevron d'or chargé d'une étoile de
gueules et surmonté d'un lambel de trois
pendants également de gueules.
Couronne de Comte.
Henry Prior.
Fêta des Innocents. — Sur cette
fête, si en honneur dans les maîtrises du
moyen-âge pourrait-on avoir quelques
notes bibliographiques ou même certains
détails inédits ^ L. C.
N« 1336. Vol. LXVI.
143
Un discours de M. Paul Descha-
nel. Le mot de Vauvenargues. —
Dans la séance de la Chambre des Dé-
putés, du 18 juin 1912, M. le Président
Paul Deschanel, prononçant l'éloge fu-
nèbre de M. Georges Laguerre, député de
Vaucluse, a dit :
11 paraissait une illustration vivante du
mot de Vauvenargues, et Renan, dans ses
souvenirs d'enfance et de jeunesse, crayon-
nait sa fuie silhouette.
Quel peut être le mot de Vauvenargues
auquel M. Paul Deschanel, de l'Académie
française, a fait allusion? Les mots de
Vauvenargues sont nombreux. Le plus
Classique et le plus connu, Lc\ grandes
pensées viennent du cœur, ne parait pas,
d'après l'ensemble du discours, trouver
ici son application. Philippe Leroy.
Vie de Grosley par M. de Les-
cure. — M. de Lescure préparait, avant
1870, une K/« « enfin complète» de P.-J.
Grosley, suivie d'une réimpression de ses
œuvres choisies. II est mort sans avoir
donné suite à ce projet. A-t-il laissé des
manuscrits ? Où sont-ils? L. M.
Voyage à l'île de Piques. —
Existe-t-il une relation de voyage spéciale
à rile de Pâques, et, dans l'affirmative, où
pourrait-on se la procurer ?
Leclère.
« L'attentat de Versailles ». —
Connait-on l'auteur de L'attentat de Ver-
sailles ou la Clémence de Louis XVI, tra-
gédie — à Genève et se trouve à Paris,
1790 — en 5 actes et en vers ?
Pièce satirique et politique analogue à
celle intitulée La Cour plénicre.
Bellechasse.
Napoléon. Les officiers et fonc-
tionnaires français dans l'Italie du
Nord.. — Quels sont les mémoires,
correspondances, récits de l'époque, dans
lesquels se trouvent relatées avec le plus
de détails, le plus d'anecdotes, les im-
pressions qu'ont faites sur Napoléon les
officiers et fonctionnaires français pen-
dant les carripagnes de la Révolution et
de l'Empire et pendant l'occupation les
villes et paysages, monuments, œuvres
d'art de l'Italie du Nord ? M. L.
L'IN FfiRMÉDlAlRB
144
J^En raison de la pluralité des sources,
les réponses qui nous parviendront pour-
ront être envoyéesdirectementà l'auteur].
me
Jaulzy, étymologie. — Pourrait -on
sur l'étymologie de
renseigner
« jaulzy», petite commune du canton d'At-
tichy(Oise)? Leclère.
Français et François (T. G, 361).
— Tout le monde sait par cœur les quatre
derniers vers de la fable de La Fontaine :
Le Vieillard et Vâne :
Et qu'importe donc, dit l'âne, à qui je sois,
Sauvez-vous et me laissez paître.
Notre ennemi, c'est notre maître,
je vous le dis en bon françois.
Je demande à plus instruit que moi sur
ce point, comment le bon La Fontaine
disant sa fable à .Yiadame de la Sablière,
devait prononcer le dernier mot.
Le prononçait-il : fran(fois (ois) comme
c'était écrit^ pour rimer avec le premier
vers du dernier quatrain se terminant par
sois, ou le prononçait-il : français (ais), à
notre façon, quoique cela ne rimât plus
du tout ? RusTicus.
[T. G. veut dire Table Générale,]
Faire le Jacques. — D'où vient
cette expression * taire le Jacques » ?
Quels auteurs l'ont employée?
Malg.
La confrérie des Bourras. — De la
Liberté qui publie les souvenirs d'il y a
quarante ans, — une revue bien curieuse
de l'histoire d'hier, surtout pour ceux qui
l'ont vécue.
Sitbon et Toledano, condamnés à mort
pour assassinat, ont été exécutés à Marseille.
.^l. Roch avait dressé deux guillotines l'une
à côté de l'autre, afin que les patients soient
exécutés simultanément. Aussitôt les corps
des suppliciés jetés dans les paniers, la con-
frérie des Bourras est venue les prendre
pour les transporter au cimetière. Les mem-
bres de cette confrérie ont fait vœu d'inhu-
mer les corps des suppliciés. Ils sont au
nombre de oo. Ils se revêtent de robes et de
capuchons en toile d'emballage. C'est dans
ce costume qu'ils ont escorté, en psalmo-
diant, les restes des suppliciés jusqu'au ci-
metière. (Août 1879).
Qu'était-ce que cette confrérie des
Bourras ?
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
lo Août 191a
145
146
Kép0n$e0
Le cor ou le cornet de Roland
(LXV, 783 ; LXVl, 82;. — En quoi pour-
rait bien consister « l'authenticité » du
cor d'ivoire, ou olifant (c'est tout un) de
Roland ? S'il est probablement exact,
comme le rapporte Eginhard, que dans
l'arrière-garde deCharlemagne, massacrée
au passage des Pyrénées par les Wascons,
se trouvait un certain « Hruodlandus,
Britannici limitis prjefectus », nul ne peut
savoir si ce personnage possédait un oli-
fant ; s'il en a possédé un, il n'y a au-
cune raison pour que personne en ait fait
une relique ; l'olifant de Roland, comme
l'épée de Roland, ne sont devenus inté-
ressants que le jour où, bien plus tard,
s'est constituée la légende développée
dans la Chanson de Roland ; de même que
le paladin Roland, neveu de Charlemagne,
est une figure purement légendaire, son
olifant et son épée sont des objets légen-
daires aussi ; il n'y a pas plus à les re-
chercher que le bouclier d'Achille.
Ibère.
Portraits de Louis XVII (LXVI.43).
— La marquise de TholozanLareinty, née
Sabran, a, si je me souviens bien, quan-
tité de portraits, de miniatures du Dau-
phin, en son hôtel, 12, rue de Beaune, à
Paris. Peut-être même la miniature de
Dumont ? Castor.
Rue de la Victoire (LXVl, 46)).
4 L'Administration centrale du département
considérant qu'il est de son devoir de faire
disparaître tous les signes de royauté qui
peuvent encore se trouver dans son arrondis-
sement, voulant aussi consacrer le triomphe
des armées françaises par un de ces monu-
ments qui rappellent la simplicité des mœurs
antiques, ouï le commissaire du Pou/oir
exécutif, arrête que la rue ChantereiTe pren-
dra le nom de rue de la Victoire. » (Séance
du 8 nivôse i,n VI, Registre 18, p. 86),
[Extrait du, Dictionnaire des frères Lasate.)
Quant à l'hôtel habité par Bonaparte,
M. Gustave Bord a publié sur son his-
toire, dans le Carnet historique du comte
Fleury, un article très documenté ainsi
que les écrit toujours notre confrère ;
malheureusement je ne me rappelle pas la
date de cette publication qui doit remon-
ter à dix ou douze ans. Nothing.
Du Dici. administratif et historique des
rues de Paris 1844 : Rue de la Victoire. —
« Vers 1680, c'était la ruelletteaux marais
des Porcherons. En 1734,1a ruellette des Pos-
tes. Plus tard, elle prit le nom de rue Chan-
ter eine » .
Séance du 8 nivôse an VI. — L'adminis-
tration centrale du Département considérant
qu'il est de son devoir de faire disparaître
tous les signes de royauté qui peuvent encore
se trouver dans son arrondissement. Voulant
aussi consacrer le triomphe des armées fran-
çaises par un de ces monuments qui rappel-
lent la simplicité des mœurs antiques. Ouï le
commissaire du Pouvoir Exécutif, arrête que
la rue Chantereine prendra le nom de rue
de la Victoire.
(Registre 18, page 86).
« En 1816, elle reprit le nom de rue
Chantereine.
Paris, le 25 novembre 1833. — Monsieur
le préfet. J'ai pris connaissance de la lettre
du 21 octobre dernier, par laquelle vous pro-
posez de rendre à la rue Chantereine le nom
de rue de la Victoire, qu'elle reçut de l'au-
torité municipale, à l'époque oià Napoléon,
général en chef de l'armée d'Italie, vint ha-
biter l'hôtel qu'il possédait dans cette rue,
lorsqu'il apporta au Directoire le traité de
Campo-Formio. Cette dénomination, qu'elle
a conservée jusqu'en 1816. était un hom-
mage rendu à la mémoire d'un grand
homme, et je ne puis qu'applaudir à la pro-
position que vous avez faite de la rétablir.
Recevez, etc.. Le ministre du commerce et
des travaux publics ; signé A. 1 hiers.
« L'hôtel que possédait autrefois le géné-
ral Bonaparte se trouve aujourd'hui com-
pris (1844) dans le magnifique établisse-
ment connu sous le nom de Néothermes,
et portant le n° 48. »
P . c. c. F. Jacotot.
*
» *
Dans Les anciennes maisons de Paris
sous Napoléon III par l'historiographe Le-
feuvre (Paris 1873) il est longuement
question de la rue de la Victoire. Les deux
versions données par V. A T. dans le
dernier n" de Y Intermédiaire s'y retrou-
vent, mais page 380. t. 11, il est nette-
ment indiqué que la rue de la Victoire
doit son nom aux victoires de Bona-
parte.
Voici les passages relatifs au nom de
cette rue :
Un couvent de la Victoire fut fondé près
de Senlis en raigon de la bataille de Bouvines
«• i})6. Vol. LXV.
147
L'abbé et les religieux de la victoire,
qui étaient de l'ordre de St-Augustin, eu-
rent de temps iruméniorial un jardin, un
marais et un vivier, au-delà de l'égout qui
fut établi bien après, dans ce qui devint le
quartier de la Chaussée d'Antin. Cela tenait
peu de place entre la ferme des Mathurins,
les Percherons et la Grange-Batelière ; cela
n'avait même pas l'iniportance du lieu qui
était dit Chantereine dans la même circons-
cription. Toutefois on les disait ensemble
marais Je la Victoire lorsque Jacob Duval
était l'abbé, c'est-à-dire au milieu du xvu*
siècle. . .
puis page 380 se trouve le passage sui-
vant :
Mais la maison de la Victoiie prend part
à une gloire impérissable, qui fait pâlir l'an-
cienne vogue du charlatan (Caglioslro) le
plus distingué et de la courtisane ^Mlle Der-
vieux) connue par l'élite des galants de son
temps. Le cri victorieux qui retentit, man-
tenant encore, à tous les coins oe V ancienne
rue Chantereine est celui Je l'armée d'Ita-
lie à Arcole ; mais d force d'y prêter
l'oreille, nous diitinguons l'écho vieilli de
la bataille de Bouvtnes, qui s'y n,elc sans
détour.
L'abbe de la Victoire avait été propriétaire
du terrain sur lequel fût bâti l'hôtel de la
Victoire, dessiné par Ledoux pour Caritat,
marquis de.Condorcet. La veuve de Condorcet,
sœur du maréchal de Grouchy, vendit
cette propriété à Julie Carreau, qui épousa
Talma, et le tragédien illustre y eut ses
jours de fête, y reçut les Girondins, Dumou-
riez, Bonaparte. Joséphine Beauharnais en
donna 180.C00 francs et y devint Mme Bo-
naparte. La subititution officielle du nom de
la maison à celui de la rue eut lieu le 8
nivôse an VI. Le général en chef de l'ar-
mée d'Italie n'avait depuis quatre ans que
(■ette résidence en ville...
Suivent les renseignements sur l'hôtel
de la Victoire en concordance avec ceux
donnés le 20 juillet dernier par notre
confrère V. A. T.
Paul T.
11 est bien certain que le nom de Rue de
la yicloire, qui remplaça celui de rue
Chantereine, fut donné en l'honneur du
général Bonaparte, lorsqu'il revint à Paris,
après sa glorieuse campagne d'Italie et
assisté aux négociations de Rastadt. Bona-
parte arriva, à son hôtel de la rue Chan-
tereine, le 15 décembre 1797. H voulut se
dérober, mais ce lut en vain; la foule se
trouvait partout ou il allait, et partout
elle l'accueillait avec des cris d'enthou-
LaNTBRMBDIAIRB
148
siasme. Le Directoire ne put pas refuser
au héros les honneurs du triomphe et on
lui fit des fêtes solennelles.
Dans sa séance du 8 nivôse an VI (2? dé-
cembre 1797), l'administration centrale du
Département considérant qu'il est de son de-
voir de faire disparaître tous les signes de
royauté qui peuvent encore se trouver dans
son arrondissement, voulant aussi consacrer
le triomphe des aimées françaises par un de
ces monuments qui rappèlent la simplicité
des mœurs antiques. Ouï le Commissaire du
Pouvoir Exécutif, arrête que la rue Chante-
reine prendra le nom de rue de la Victoire.
Puis, on lit cet avis dans Le Moniteur
du 9 janvier 1798 :
RÉPUBLIQUE Française
Paris 19 nivôse an VI (8 janvier 1798).
Le Département de la Seine a arrêté, le 9
Nivôse, que la rue Chantereine, dans laquelle
se trouve la maison du vainqueur de l'Italie,
sera désormais appelée Rue de la Victoire.
Les ordres ont été donnés pour que ce chan-
gement s'opérât dans ki»«nuit du 10 au li
Nivôse : ainsi, désormais, l'adresse de Bona-
parte sera Rue de la Vtcioire,
En 18 16, la Restauration substitua le
nom de rue Chantereine à celui de La Vic-
toire. Mais, sous le Gouvernement de
Louis Philippe, en 1833, le nom de rue
de La Victoire fut rétabli.
DÉSIRÉ Lacroix.
Santerre et la mort de Louis XVI
(T. G .820 ; LXV; LXVl, 54. — Le collabo-
rateur F. Àrverne triomphe un peu hâtive-
ment. Sans doute, je mesuistrompéquand,
sur la foi d'un garant que je et oyais sûr —
et dont l'indicaiion a été imprimhe, il y a
près de 30 ans, sans soulever, à l'époque,
de contradiction — j'ai dit que Beaufran-
chet —que j'appelais « sieur » à la suite
d'un historien, et en reproduisant un texte
de l'époque révolutionnaire — était mort
sous la Restauration, puisque, en fait, il
décéda à Vichy en 1812. Qyant à la con-
fusion entre le village et le château
d'Ayat, j'avoue qu'elle n'a d'excuse que
mon étourderie et je suis tout à fait re-
connaissant à F. Arvernc de l'avoir re-
dressée. Mais enfin, ces bagatelles sont
sans importance, en présence du « maté-
riel documentaire » que j'ai réuni et dont
mon contradicteur se gausse, certes,
précipitamment, à son tour. Ce n'est pas
du lieu où j'écris cette rectification — un
village perdu de Suisse — qu'il me serait
possible de le produire. Qu'il mesuffisede
DES caERCHBURS ET CUMBUX
10 Août 191*
Ï49
noter provisoirement que rargument re-
latif à Santerre, à son uniforme, et à
l'abbé Edgeworth, par lequel F. Arveine
tente d'incriminer une partie de mon rai-
sonnement, n'a nullement la valeur
qu'on voudrait lui attribuer. Dans deux
mois, donc, je reviendrai sur cette cu-
rieuse énigme, à la solution de laquelle
j'ai essayé de contribuer, en ranimant un
débat qui sommeillait — , par l'introduction
dun facteur relativement nouveau : en
l'espèce, le personnage de Beaufranchet —
et je reproduirai le témoignage, tout ré-
cent, du dernier historien de Santerre,
M F. Weber, lequel a bien voulu, il y
quelques jours, m'envoyer, avec une pré-
cieuse lettre, les curieuses études qu'il a
publiées sur Santerre et sa famille dans
un périodique malheureusement inacces-
sible mêmeauxérudits le mieux informés:
Le Brasseur Français. ]q. recommanderai,
en attendant, à F. Arverne de ne plus con-
fondre, comme il l'a fait, le Collège avec
le Lycée d'Aurillac. Je ne suis pas assez
vieux pour avoir professé au Collège et
c'est au Lycée que j'ai débutédansl'ensei-
gnement il y a lo années. C. Pitollet.
La mort deLannés (LIX ; LXI ; LXllI).
— Dans la toujours si documentée Chronique
Médicale du D' Cabanes, le D' Max Bil-
lard publie, sur l'embaumement de Lannes,
ce document inédit, fort intéressant :
Ministère
de
la Guerre
Bureau
des
Opérations militaires
Rapport à S. M. l'Empereur et Roi (i).
Du 14 mai, an 1810.
Sire,
J'ai eu l'honneur de rendre compte à Votre
Majesté que les corps du feu duc de Monte-
bello et du général Saint-Hilaire étaient arri-
vés à Strasbourg sans que leur embaume-
ment, commencé à l'armée par M. Larrey,
eût été entièrement achevé.
D'après l'ordre de Votre Majesté, je pris
des mesures pour que cette opération fût ter-
minée ; et le D^ Fortin, pharmacien de la
garde impériale, demeuré à Strasbourg, pour
la conservation de ces corps, acheva l'embau-
m^ement du corps du feu duc de Montebello,
d'après un procédé qui lui fut indiqué par
M. Larrey lui-même.
(•) Arch. Nat. A. F. 1108.
150
j'apprends aujourd'hui par une lettre du
maire de Strasbourg, que le corps du duc de
Montebello, déposé dans un des caveaux de
l'hôtel de ville, avait donné des signes mani-
festes de putréfaction, et qu'il était menacé
d'une décomposition totale.
On a été obligé, en conséquence, de
transporter sur le champ ces restes dans un
nouveau cercueil de bois, auquel l'on a
ajouté un autre en plomb, afin de prévenir,
avec le danger des émanations, une dissolu-
tion prochaine, inévitable par une longue at-
tente et dans la saison actuelle.
Il paraît que cet accident est dû à la tenta-
tive cui a été faite d'embaumer le corps du
duc de Montebello, suivant un procédé nou-
veau dont l'effet n'a point répondu à ce
qu'on s'en était promis; car le corps du gé-
néral de Saint-Hilaire, qui a été embaumé
d'après les anciens procédés, eit dans un état
parfait de conservation.
Cet état de choses mettra Votre Majesté à
portée de décider s'il n'y a pas lieu de re-
noncer à l'exécution de l'article du programme
qui ordonne l'exposition aux Invalides, pen-
dant trois jours, du corps du duc de Monte-
bello...
Le ministre de la guerre,
Duc DB Feltre.
Abbés nuUius (T. G. 19; XLV ;
LVIII ; LIX ; LXV ; LXVI, 70,108). — Je
suis bien reconnaissant à M. H. de L. de
m'avoir signalé un lapsus qui m'a échappé
dans l'article consacré à cette rubrique. Il
est tellement considérable que son énor-
mité même m'a empêché de le reconnaître
à la lecture des épreuves. Il en est ainsi
souvent pour les auteurs qui, corrigeant
avec soin les petites fautes qui leur échap-
pent, laissent passer sans s'en apercevoir
de ces énormitésqui déconcertent. Ils imi-
tent sous ce point de vue les pharisiens
dont parle Notre-Seigneur (Math. XXIII,
34, qui enlèvent avec soin le moucheron de
la coupe où ils boivent, mais avalent sans
hésiter le chameau excolantes culicem,
camelum aiitetn glutientes. Mais au sujet
de Saint-Maurice d'Agaune, voici un dé-
tail peu connu et qui complétera sur un
point le peu que j'en ai dit.
Grégoire XVI, par le bref In. amplissimo
apostolicae dignitatis^ en date du 3 juillet
1840, unit perpétuellement l'évêché de
Bethléem à celte abbaye, en telle sorte
que l'abbé étant régulièrement élu, il
était par là même, et sans autre formalité,
évèque titulaire de Bethléem, et n'avait
plus qu'à envoyer à Rome ses lettres pa-
N» ijjô. Vol. LXM.
151
tentes d'élection pour que le Saint-Siège
lui adressât la bulle le nommant évêque de
Bethléem.
Cette nomination passa alors sans diffi-
culté. Le premier évêque fut Mgr Bagnoud,
à qui, cinquante ans après, succéda, en
i8tS(), Mgr Faccolai, mort lui-même le 6
avril 1909.
Le siège de Bethléem avait été, après
la prise de Jérusalem, transporté à Cla-
mecy et y était resté jusqu'à la Révolution
française qui détruisit cet évèché avec les
autres. Quand le Concordat de 1801 re-
constitua l'église de France, le siège de
Bethléem ne fut pas relevé en France. Cla-
m ecy se trouva alors, par suite du Con-
cordat, dans les limites du diocèse de Ne-
vers, et en 1909, après la mort de Mgr.
Paccolat.cet évèché crut le moment favo-
rable pour revendiquer le siège de Bethléem
dont il voulait s'unir le titre. Il le réclama
donc par un mémoire à la Consistoriale,
se basant sur une possession six foissécu-
laire, découlant du fait que l'église de
Bethléem a Clamecy se trouvait dans les
limites du diocèse de Nevers.
Le mémoire envoyé au Saint-Siège fut
donné en communication au monastère de
Saint-Maurice d'Agaune pour lui deman-
der de faire valoir ses raisons. Il ne fut
pas difficile à ce dernier de répondre.
L'Eglise de Bethléem resta longtemps en
Palestine, puis, après l'émigration forcée
de ses évêques, elle se transporta en Oc-
cident et s'établit a Clamecy. Clamecy
était bien situé dans le comte de Nevers,
mais se trouvait jusqu'à la Révolution
dans les limites du diocèse d'Auxerre.Non
seulement Nevers n'avait point, comme
diocèse, les six siècles de possession dont
il se vantait, mais si quelqu'un pouvait
prétendre à un droit quelconque, c'était
l'archevêque de Sens, dont le diocèse cin-
brassait celui d'Auxerre, dont dépendit le
territoire de Clamecy.
La Consistoriale débouta donc l'évéché
de Nevers de sa demande, et par bref du
24 juillet «909, Monseigneur Abbet, élu
par le chapitre de Saint-Maurice le 21
avril précédent, était nommé évêque titu-
laire de Bethléem. D' A. B.
L Ermitage (LXVI, 96). — M. C. de
la Benoîte trouvera tous les renseigne-
ments nécessaires sur le pavillon de l'Ermi-
tage dans l'ouvrage suivant : « Adimnis-
L'INTERMEDIAIRE
— 152
tration Générale de V Aisiitance publique à
Paris, les grandes fondations, la Fondaiion
Debrousse, (1892-1908^ », à Paris chez
Berger-Levrault, 1908. (S'il peut venir
me trouver à mon cabinet. 3, avenue
Victoria, j'aurai le plaisir de lui en faire
remettre un exemplaire).
Gaston Grillet.
Château de Séverac : (Aveyron)
(LXVI, 4, 107). — Voir la Notice parue
dans le premier volume des Documents
Historiques et Généalogiques du Rouer gue
par H. de Barrau,dont la dernière édition
est, me dit-on, épuisée.
Probablement édiiée à Rodez, on ne me
fixe pas sur ce point. D. V/eber.
Seigneurie des Préaux (LXVI, 48).
— Bothéon ou mieux Bouthéon, com-
mune du canton de Saint-Galmier (Loire).
Grandpré, chef-lieu de canton del'arron-
dissement de Vouziers-t'Ardennes).
Les Préaux, commune du canton de
Satillien (Ardèche). Madel.
« *
je ne puis répondre qu'à un point de
cette question, celle qui concerne Grand-
pré. Grandpré avait, dès le ix* siècle, le
titre de comté. C'était une des 7 comtés-
paieries de Champagne.
En 1488, Isabeaud'Halluin porta Grand-
pré à la maison de joyeuse. En 1741, ce
comté passa du marquis d'Hocqueville
par son mana^^e avec Honorée de joyeuse.
Grandpré, arrondissement de Vouziers
(Ardennes).
Marie Husson.
La reconstitution des actes de
l'état civil (LXVI, 51J. — M. Gustave
Bord, dans sa question sur la reconstitu-
tion de létal civil parisien, travaille à sirii-
plificr la besogne des généalogistes. Mais
il est une autre lacune bien plus graveque
celle des Archives parisiennes et départe-
mentales de lEtat civil, c'est celle des re-
i;islres des Colonies françaises remontant
a la 2'' partie du xviiie siècle, et à la i'"
moitié du XIX" siècle, tenus par les curés,
missionnaires ou desservants, dans nos
diverses possessions d'outre mer. L'accès
en est même défendu aux historiens cons-
ciencieux, ce qui est naturel, beaucoup de
précautions devant entourer les naissances
plusou moins légititnes des mulâtres. Tous
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Août 191 3
I"?}
154
les registres de paroisses sont conserves
au Ministère des Colonies et confiés à un
ancien gardien c'e bureau, devenu em-
ployé de l'Etat civil colonial, d'une ins-
truction limitée, d'une complai.'^ance très
inégale, suivant le client. Le Ministre des
Colonies ignore sans doute que ce dépôt
sacré est livré au tact, à la délicatesse
professionnelle d'un subalterne qui a dé-
passé làge de la retraite, alors qu'il fau-
drait avant tout faire répertorier ces
nombreux registres, au moins aussi di-
gnes d'être vérifiés par un Archiviste pa-
léographe, que ceux de l'ex-direction des
Cultes. Il y a là un danger à conjurer, et
une source de documents à mettre en
saine lumière, un dépôt à confier à un
agent soucieux de ses droits et de ses de-
voirs.
Cyprien de la Guadeloupe.
Damiens T. G. 2:;8; fLXIII, LXIV).
— On prétend quelquefois retrouver un
descendant du régicide dans un de nos
plus sympathiques parisiens, M, Charles
Fortin. La biographie suivante qui a été
publiée dans le Bulletin des Parisiens de
Paris éclaire cette question en même temps
qu'elle trace un curieux croquis d'une
famille de la bonne bourgeoisie parisienne.
Un sieur Damiens, qui était à Versailles,
pâtissier à la bouche du Roi, épousa une
demoiselle Fortin de cette ville, et crut bien
faire, en 1757, après l'attentat commis par
son homonyme sur la personne de Louis XV,
de changer son nom, en prenant celui de sa
femme.
Son fils, et successeur, eut, en 1780, un
garçon, Charles-François Damiens, dit For-
tin, qu'il plaça, en 1792, comme apprenti à
Paris, chez des papetiers de la rue Saint-
Nicaise. lesquels acceptèrent « de nourrir,
loger, chauffer et blanchir le gamin pendant
l'espace de trois années, et de lui apprendre
l'état et le commerce de la papeterie, pro-
mettant de donner tous leurs soins nécessai-
res pour y parvenir, le tout pour prix et
somme de quatre cents livres ».
Le petit papetier était devenu un gaillard
de im,09 de taille, lorsque la patrie en dan-
ger appela tous ses enfants à la défense de la
frontière. Charles-François fait campagne,
en Allemagne, dans l'armée de Moreau, se
bat à Hohenlinden, marche sur Vienne, tient
scrupuleusement compte sur un carnet —
encore existant — de ses actes, déplacements
et combats quotidiens, et ne rentre en France
que réformé, après la paix de Lunéville(i8oi).
Il se marie alors avec une fil4e d'un ex-
carrossier de Louis XVI, Quesnel, qui avait
deux autres filles mariées, l'une au charron
de la berline dans laquelle Louis XVI fut ar-
rêté à Varennes, l'autre au sellier royal qui
travailla pour les trois frères rois, Louis XVI,
Louis XVIIl et Charles X, et fut pourtant in-
quiété lors de l'assassinat du duc de Berry,
parce qu'il avait occupé Louve! comme ou-
vrier.
Une fois marié, Fortin-Quesnel fonda, en
1802, rue Helvétius, — aujourd'hui rue
Sainte-Anne, — un petit magasin de papete-
rie, au-dessus duquel ce géant logeait dans
un entresol de 2m, 10 de hauteur. Il faut
croire qu'il ne s'y trouva pas mal à l'aise,
car il y eut et y éleva onze enfants. L'aîné,
Charles, succéda a son père dans sa maison
de commerce, en 1S36. Marié à une pari-
sienne, il eut, au 48 de la rue Sainte-Anne,
le 23 septembre 1838, un fils Charles Fortin.
Comte de Bellevue (LXVI, 46). —
11 s'igit de M. Saturnin Charrier de Belle-
vue, connu sous le titre de comte de Bel-
levue, commandant en retraite, mort à
Nice en 1874. ^ ^ âge de 86 ans. Il avait
adopté M. Désiré-Ernest Lebeau, qui, de-
puis, fut connu sous le nom de comte
de Bellevue et épousa, en juin 1876,
Mlle Chanu.
La famille
tant Saint-Dc .-.;. ^^.
vrier 1786 (Vo\v t^
le Dictionna - - .
tome X, pag(.; )v^..
le Bellevue, habi-
ut anoblie en fé-
uveau d\Ho:(ier et
imilles françaises,
Madel.
Dans ma c
saillaises, je \
Eugène cl© (kjlil^-rd (LXVI, 47). —
Il a laissé un fils msi^ié, n'ayant que des
filles, qui hé bit* à "oulouse, 3, Jardin
Royal. S'adrf:?", ' ai pour plus amples
renseignemei Bellechasse.
«
1 de notabilités ver-
sur M. de Goulard :
1° Son portrait extrait d'un Journal
illustré ;
2" un état détaillé des fonctions aux-
quelles il a été appelé ;
3° une petite lettre autographe de lui,
datée de i8so, sans grand intérêt;
4** plusieurs lettres beaucoup plus lon-
gues et plus intéressantes de son père, ad-
ministrateur des Domaines à Versailles;
5° une Notice biographique satirique
assez amusante publiée par le Trombinos-
cope en 1873.
J'ignore si M. de Goulard a laissé des
descendants. P. F.
N« 1336. ¥•!. LXVI.
155
(J'ai deux exemplaires de la Notice du
Trombinoscope et puis en mettre un à la
disposition de notre collègue.)
*
• »
Pour Eugène de Goulard, voirie Dictton-
nairs des Parlementaires, qui est à la dis-
position du public dans la sall'^ de Lec-
ture de la Bibliothèque Nationale. Puis on
pourrait continuer les recherches au
Bureau d'enregistrement de la ville où
il mourut, et, avec la date de son décès,
chercher dans les six mois qui suivent,
le nom de ceux qui acquittèrent les droits
de succession, enfin écrire à l'archiviste-
départemental de Tarbes. Moyens élémen-
taires et pratiques.
Crost.
Les mémoires de Kuss LXVI, 95),
— On a imprimé Russ pour Kuss.
Oberkampf et la fabrique de
Jouy (LXIV ; LXV). — Le D' Forrer de
Strasbourg a publié des détails sur la fa-
brique d'Oberkampf et sur ses toiles de
Jouy dans son ouvrage sur Les Tissus im-
primés du moyen âge, de la Renaissance
etc.. et y a reproduit plusieurs planches
avec reproduction de toiles imprimées
par Oberkampf. Entre autres le fragment
d'une toile avec vue de la fabrique
d'Oberkampf et des ouvriers de la fabri-
que travaillant à la presse, aux rou-
leaux, à l'eau etc. etc.. Le titre de cet ou-
vrage écrit en allemand est « R. Forrer,
Die Kunst des Zeugdrucks vom Mittel
alter bis rùr Empirezeit. Strasbourg 1898,
avec 81 planches et beaucoup de clichés
dans lé texte >.
Philibert de Chalon, Prince d'O-
rangefLXViLXVi. 63). — Frédéric-Henri
de Nassau 1584-1647, épousa Amélie de
Solms, et non Marie d'Angleterre, fille de
Charles I, qui devint sa belle-fille en
épousant son fils le Stadhouder Guillaume
11. Celui-ci mourut le 6 novembre lôso,
huit jours avant la naissance de son en-
fant unique qui devint plus tard Guillau-
me ni, Stathouder et roi d'Angleterre et
mari de Marie, fille de Jacques IL
Frédéric (iuillaume, électeur de Bran-
denbourg 1640- 1688, épousa Louise Hen-
riette de Nassau, fille de Frédéric-Henri et
par conséquent la tante et non la sœur
de Guillaume in. ce ne fut pas lui, mais
L'INTERMEDIAIRE
156
son fils Frédéric, qui se fit couronner
comme roi de Prusse en 1701.
F. KocH, J^
Randon de Pommery, etc. (LXVI,
5). — On trouve dans le volume des Mé-
moires de Laurette de Malboissière, qui
était fille d'un Randon issu de Jean An-
toine Randon d'Anduze, une généalogie
de cette famille Randon. Je n'ai relevé dans
mes notes qu'un Randon de Pommery,
cousin du père de Laurette. Le vrai nom
de celle-ci était Geneviève-Françoise Ran-
don de Malboissière. V Jlrmorial de Du-
buisson donne les armes de Randon de
Bosselle qui est peut-être Randon de Bois-
set. Ce sont les mêmes que celles de Ran-
don de Massane d'Hanneucourt.
E. Grave.
* *
Les excellents manuscritsgénéalogiqucs
du ducde Caraman.surles'familles de Fer-
miers généraux, donnent une filiation cons-
ciencieuse des diverses branches des Ran-
don. L'auteur n'a pu souderentre eux tous
cesrameaux.il débute par cette remarque :
« Cette famille protestante, originaire
d'Anduze en Languedoc, tire sa noblesse
de Toffice de secrétaire du roi, et de la
charge de capiloul de Toulouse. Ce que
l'on trouve est si confus et souvent si
contradictoire que malgré tout le soin
avec lequel elle a été relevée, on ne peut
donner que sous réserve la filiation ». Le
manuscrit Carainan se trouve à la Biblio-
thèque nationale , salle des manuscrits
cotéainsi : Français, Nouvellesacquisitions,
20533. 534, 535i 5 vol. in-f«. Jehan.
Ulysse Pic (LXIV ; LXV, 376) . —
Merci aux collaborateurs qui, si aimable-
ment, ont répondu à ma question. N'ayant
point à ma disposition les Confidences
d'un journaliste de Maxime Rude, serait-il
indiscret que de demander communication
des deux pages consacrées à Ulysse Pic ?
D'après les lettres que je possède, il dut
être rédacteur au Mans, (/'(y««o»r> ; àLyon
{le Rhonc) ; à Nevers, à Nice [Le Messa-
ger) ; à Dijon {Moniteur de la Côie-d'Or).
Malheureusement, pour ces divers stages,
je n'ai aucune date précise, et serais bien
heureux que quelque intermcdiairiste des
pays que traversa ce journaliste errant,
m'en indiquât. L. C.
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Août 191a
157
is8
DelaSudrie(LXV; LXVI,66).— Une
famille De la Sudrie demeurait, il y a quel-
ques années, à Bourg-la-Reine, avenue
Victor-Hugo, n° 32. On m'assure qu'elle
habite encore Bourg-la-Reine. j'ignore
son adresse actuelle. F. A.
*
* *
Voici une généalogie succincte de la
famille de la Sudrie, originaire du Limou-
sin :
I. N... de la Sudrie, né vers 1480, eut :
1* Jacques, qui suit ; a" Junien, vivant en
1570.
II. Jacques, marié vers i>40, à Catherine
Viiscent dont :
III. Jehan, marié le 23 décembre 1570 à
Jehanne Meauldre de la Pouyade, dont ;
IV. Barthélémy, marié vers 1600 à Marie
Babaud, dont : i'' Barthélémy, qui suit; 2°
Jehan, né en 1602 ; 30 François, chevau-Ié-
ger de la garde du roi ; 4" Jehanne.
V. Barthélémy, écuyer, seigneur de Puy-
richird, conseiller du roi et trésorier de
France, né en 1604, marié le 16 mai 1658, à
Marguerite Barbar)n de Fonteyroux, dont ;
Joachim, qui suit ; 2" Jacques, écuyer, sei-
gneur de Gamory, trésorier de France ; 3°
Marie, religieuse de Ste-Claire ; 4" François,
écuyer, seigneur de la Paye, lieutenant au
régiment de Varennes, né en 1642, mort à la
guerre en avril 1689 ; 5" Pierre, écuyer, sei-
gneur du Chambon, mousquetaire ; 6" Jean,
capitaine au régiment du roi ; 7" Ma-
deleine, mariée en 1664 à Jean Gourdin ;
8° Martial ; 90 Marie ; lo» Elisabeth ; ii»
Barthélémy, auteur de la branche de Puyri-
chard ci-après ; 12° Françoise, mariée à Fran-
çois Martin de Bourgon ; 13* Jean.
Branche de Ga uory
VI. Joachim, écuyer, seigneur de Chasse-
neix, chevau-léger de ia garde du roi, marié
le 22 mars 1691 avec Anne du Boys, dont :
i» Jacques, qui suit ; 2'^ Marie-Anne, mariée
en 171 1 à Jean de Cambourg. écuyer, sei-
gneur de la Cour de Genouillé ; 3" Fran-
çoise, née en 1693 -, 4° Barthélémy, écuyer,
capitaine des grenadiers au régiment de
Bourgogne, chevalier de Saint-Louis.
VU. Jacques, chevalier, seigneur de Ga-
mory, conseiller du roi. marié le 15 mai
1711 à Jeanne Forgerie, dont : 1" Clément,
qui suit ; 2° Barthélémy, né en 1716 ; 30
Anne-Thérèse, mariée à Martial de la Sudrie
(branche de Puyrichard) ; 4» Jean, écuyer,
seigneur du Chambon, capitaine des grena-
diers au régiment de Bourgogne, chevalier
de Saint-Louis.
Vlll. Clément, écuyer, capitaine au régi-
ment de Bourgogne, chevalier de Saint-Louis,
trésorier de France et pensionnaire du roi,
né en 1715, marié en 1748 à Suzanne Mou-
linier de Puydieu, dont : i* Jacques, qui
suit ; 2* Barthélémy, seigneur du Masrocher,
otficier au régiment de Lyoïinois ; 3° Su-
zanne, mariée en 1773 à Paul de Rousiers,
chevalier, seigneur du Rhus ; 4* Marie, ma-
riée en 1773 à Etienne Gallicher de Veau-
goulours.
IX. Jacques, écuyer, officier au régiment
de Lyonnois, émigré, marié le 9 août 1770 à
M.irie-Anne de la Sudrie (branche de Puy-
richard), dont i<» Clément, marié le 13 Flo-
rial an Xlll à Marcelline de? Marais, dont : a)
Clémence, mariée à Joseph Périgord de Vil-
lecheno.i ; b) Louise mariée à N... de Bon-
negens , 2° Martial, officier au régiment de
Royal-Etranger, marié en 1802 à Marie de
Labrouhe de Vareilles, dont : a) Caroline,
mariée avec Alfred de Mascureau ; b) Louise,
mariée à Frédéric de Mascureau.
Branche de Puyrichard
VI. Barthélémy, écuyer, seigneur de Puy-
richard, trésorier de France, épousa, le 29
avril 1705, Anne-Marie Morcl de Fromenthal,
dont : i" Martial, qui suit ; 2" Barthélémy,
écuyer, seigneur de la Paye, capitaine du ré-
giment de Bourgogne, chevalier de Saint-
Louis ; 3° Magdelaine, mariée à Jean The-
venin de Ginéty.
Vil. Martial, écuyer, seigneur de Puyri-
chard, né en 17 13, marié le 2 mars 1742, avec
Anne-Thérèse de la Sudrie de Gamory, sa
nièce à la mode de Bretagne, dont ; Marie-
Anne, mariée en 1770,3 son cousin Jacques
de la Sudrie de Gamory et morte sur l'écha-
faud révolutionnaire en 1794.
QU/ERENS.
OÙ est enterré le maréchal de
Villars(LXVI, 42). — On ne répond tou-
jours pas à cette question : serait-elle donc
insoluble ? Quoi, on ignore où sont les
restes du vainqueur de Denain !
L'Echo de Paris publie sur ses descen-
dants cette note :
Le maréchal Louis-Hector de Villars, de
la branche cadette des Villars de la Chapelle,
mort en 1734, n'avait eu de son mariage
avec Angélique-Jeanne Roque de Varenge-
ville que deux enfants, deux fils : le cadet,
Louis, mourut en 1704, âgé de quelques
mois ; l'aîné, Honoré-Armand, né en 1702,
épousa en 1721 Amable-Gabrielle de Noailles
dont il n'eut qu'un seul enfant, une fille,
Amable-Angélique Celle-ci, née en 1723, fut
mariée à Gui-Félix Pignatelli d'Egmont dont
elle n'eut pas, d'enfants. Après la mort de son
époux, elle se fît religieuse du Calvaire, près
Luxembourg. Ainsi, finit la descendance du
maréchal de Villars.
II existe aujourd'hui des parents ou des
alliés du maréchal, — M. le marquis de Vo-
N« 1336 Vol. LXVI
L'INTBRMBDIAIRP
15Q
160
giié, croyons-nous, — mais plus de descen-
dants.
Armes à déterminer : Trois fas-
ces échiquetées (LXVI, 49). — Ces
armes sonl celles de Pierre de Cambout,
cardinal de Coislin, né à Paris en 1636,
mort le ^ février 1706. — Pour plus am-
ples détails, V. Guigard, Armoriai du Bi-
bliophile, t. I, p. 261, et l'abbé Migne :
Dictionnaire des Cardinaux.
NlSIAR.
* *
La famille du Camboust de Coislin
portait : de oueu/es a trois faues échiquetées
d'argent et d'azur.
Il semblerait bien qu'il pût s'agir d'elle,
mais si le collaborateur, qui signe XX, ne
se trompe pas en disant que le prélat qui
portait trois fasces échiquetées vivait sous
la Régence, je ne vois pas à qui cet écus-
son surmonté du chapeau cardinalesque,
pourrait s'appliquer. En effet, Pierre du
Cambout, cardinal de Coislin, évêque
d'Orléans (juin \66^] bien jeune puisqu'il
était né en 1636), honoré de la pourpre
cardinalice en juin 1697, Grand-Aumo-
nier de France en 1700, décéda le 5 fé-
vrier 1706, donc avant Louis XIV.
Le cardinal eut bien un neveu, Henri
Charles du C. de C, évêque de Metz en
1697, mort en 1732, et un cousin, Guil-
laume du C. Beçay, é\êque de Tarbcs en
1719 : mais bien que les évêques prissent
souvent le chapeau à 10 glands des ar-
chevêques et ceux ci timbrassent leur
écu d'un à 15 glands (5 rangées), il n'est
pas vraisemblable qu'un évêque de Metz
ou de Tarbes ait pris les 15 glands. Ou
bien il s'agit du cardinal de Coislin, et
alors l'empreinte citée est antérieure à la
Régence, ou bien d'un cardinal apparte-
nant à une famille différente.
Comte DE St-Saud.
Ce prélat de la Régence ne peut être
que Henry Charles du Cambout, duc
de Coislin, évêque de Metz, pair de
France, etc., né à Paris, le 15 sep-
tembre 1664, mort dans la même
ville le 28 novembre 1732. Son oncle,
Pierre du Cambout de Coislin, évêque
d'Orléans, était mort le ^ février 1706.
Armes : De gueules à trois farces échique-
tées d'oigrnt et d'azur de deux traits.
P. LE J.
La famille de Cambourg en Bretagne
porte : de gueules à trois fa scei échiquetées
d'azur et d'argent de deux TircS
L. DE C.
Armes à déterminer : de gueules
au sautoir d'or (LXVI). — Rietstap
donne 34 familles portant ces armes. Il
semble difficile de se décider pour l'une ou
l'autre en l'absence d'autres indications.
NlSlAR.
Armoiries à déterminer : à 3 têtes
de lion (LXVI, 6, 1 17). — Lire M. P. de
« Farcy » et « Ex-libris monceaux.»
Fer aux armes des Becdelièvre
(LXVI, 49). — D. D. I B. BECDELIÈVRE-
DE. LA. BVSNELAYS. CO^ft>*.'PROTOPR>E doit SC
lire ainsi : Dominus Dominus Joannes Bap-
tista Becdelièvre de la Busnetays.^ Compnto-
Tum protoprceses.
Jean-Baptiste de Bec-deLièvre, seigneur
de la bunelaye, fut conseiller au Parle-
ment de Bretagne le 7 juillet 1677. pre-
mier président de la Chambre des comptes
le 5 septembre 1678 et mourut en 1736.
La seigneurie de Tréambert, que Renée
de Sesmaisons lui avait apportée en ma-
. riage, fut réunie à plusieurs autres
terres et érigée en marquisat, sous le nom
de Bec-de-Lièvre. par lettres du mois de
février 1717. Le fer de reliure, où les ar-
mes sont timbrées de la couronne com-
tale, est donc antérieur à cette dernière
date. II a été omis, je crois, par jonnnis
Guigard dans le Nouvel ai mariai du biblto-
phiic.
Les Bec-de-Lièvre portaient : De sable.,
à deux croix d'argent, tréfiées et au pied
fiché, rangées en fasce ; une coquille de
même en pointe. Qu.«siTOR.
Marque Fratin (LXV, 785 ; LXVI,
20). — Il y a dans le Charivari un por-
trait-charge de cet artiste.
l'en ai tout récemment vu deux épreuves
dans les cartons de M. Geoffroy, le mar-
chand d'estampes de la rue Blanche.
Simon,
Bague avec portrait (LXVI, 94). —
Dans une importante collection de mé-
dailles de la Révolution et de l'Empire
DBS CHERCHEURS
i6i
ET CURIEUX
10 Août 1913
162
que je disperserai aux enchères vers no-
vembre prochain, je vois une bague en
argent avec les portraits de Marat, Chalier
et Lepelletier. }. Florange.
expert à Paris, 17, rue de la Banque-
Chastillon (Topographie fran-
çoise par Claude) (LXV, 778 ; LXVI,
25). — Hn effet, la question au titre ainsi
rectifié mérite d'être posée !
Que sont en vérité, par exemple, 'les
vues que l'ingénieur châlonnais appelle :
Les Evelles sur la rivière de Meuse, Con-
nain, maison plate bastie à la moderne, La
Chermovse, Gorville, Coudria, Inacque,
Lenimulle, Nioffre, et... beaucoup d'au-
tres?
La vue de Sommièvre n'est-elle pas celle
de Somme-Yèvre (département de la
Marne) ?
Enfin Vaul jour représente-t il Vau-
jours en Seine-et-Oise ?
Pourquoi, de plus, la plupart des vues
de Cl. Chastillon se trouvent-elles avec le
blason demeuré en blanc ? Alex.
*
* *
Le catalogue 23 des frères Geoffroy
est intéressant de ce fait qu'il ne com-
prend que des gravures provenant de la
collection du ministre Choiseul.
j'indique la vue intitulée : Cramoyan
en la Brie comme étant vraisemblable-
ment Moissy-Cramayel. — Chastillon sur
le Marais comme représentant Chatillon-
sur Morin. - Four Patur me fait penser
à Villepatour, — Je situe volontiers le
bastiment de la Tour de Beauté au bois de
Vincennes, près de Nogent-sur-Marne. —
L'abbaye renommée de Essaune serait
une vue de la Bénédictine d'Essomes
(Aisne). — Le petit chasteau dEsclusian
me parait être Eclusier-Vaux, dans la
Somme. — La ville de Fougers sans nul
doute est Fougères(Hîe-et-Vilaine), etc.
D'autres m'embarrassent fort, par leur
orthographe fantaisiste.
11 est aussi fort regrettable qu'on ne
possède pss le carnet où Chastillon dut
inscrire les dénominations des monuments
et environs figurés sur ses précieuses vues
(dessinées sous Henri IV et publiées sous
Louis XIII) par des lettres de renvois qui
certainement devaient former des légendes
explicatives détaillées à ses gravures, par-
fois éditées chez Briot ou Poinsart.
L'ICONOLOGUE.
Distique latin à identifier: « Quid
faciès. . . » (LXVI, 7). — En 1873, étant
à Cauterets, j'y avais pris gîte à l'hôtel
de... Il me serait difficile aujourd'hui d'en
désigner l'enseigne.
Mais j'ai gardé un très exact souvenir
de ce qui suit :
A' la table où je prenais mes repas, il y
avait plusieurs ecclésiastiques.
Un d'eux particulièrement jovial et
amateur de jeux de mots, prenant à par-
tie un de mes camarades et moi, nous
poussa cette colle :
Quid faciès faciès veneris cum venerisante,
Ne cedeas sedeas, ne per eas pereas.
J'avoue que je fus un moment à cher-
cher l'explication ; et lorsque je crus
l'avoir trouvée, j'hésitai à la donner au
milieu de tant de « riz et pruneaux ». Je
parle comme si « riz et pruneaux » eussent
été dès lors inventés par Daudet.
je me contentai donc, après avoir échan-
gé un coup d'œil avec mon interrogateur,
de lui donner, aussi en latin, une cons-
truction qui valait, me semblait-il, une
traduction.
L'abbé bon enfant, et avec lui toutes
les soutanes de la table, me firent des si-
gnes qui voulaient être doublement ap-
probateurs.
C'est surtout cette petite scène mimée
qui fixa la chose en question, dans ma
mémoire.
Je crois bien me rappeler que l'abbé
qui avait ainsi lancé entre la poire et le
fromage son interrogation un peu sca-
breuse, était du diocèse de Dijon, ou de
celui d'Auxerre.
La maxime moraliste <^ Quid faciès »
serait-elle à ajouter aux excellents pro-
duits de la Bourgogn e.?
M. A. B.
Les Te-Deum des rois sont les
De profundis des peuples (LXVI, 50).
— La phrase :
Hélas ! le Te Deum des rois est toujours
le De profundis des peuples^
est attribuée par le Grand Larousse au
dauphin père de Louis XVI.
On peut aussi rapprocher cette phrase
des deux suivantes :
On p'^rissait de misère au bruit des Te
Deum et parmi les réjouissances,
(Voltaire, Le siècle de Louis Xlf^.)
N» I336. Vol. LXVI.
L'INTfiKMBDIAIRB
163
164
J'ai battu les Romains, écrivait Annibal
aux Carthaginois ; envoyez-moi des troupes ;
j'ai mis l'italid à contribution ; envoyez-moi
de l'argent ; voilà ce que signifient les Te
Deum.
{].-]. Rousseau, Projet de paix perpé-
tuelle). Nauticus.
Trois pour cent. Quiroga (noms
de vêtemeats) (LXVI, so, 122). — Le
Quirooj a sans doute emprunté son nom
au général espagnol Quiroga (Antonio), ou
à Quiroga (Juan Facundo), président de la
République Argentine.
Nauticus.
« C'est la faute à Rousseau >> (LXVI,
52, iii). — Ce refrain était populaire
bien avant la publication des Misérables
de Victor Hugo. C'est le refrain d'une
chanson composée par notre chansonnier
national Béranger, en mars 18 17, sous
le titre : Mandement des vicaires géné-
raux de Paris. Cctlc chanson n'avait alors
que 20 couplets. {Chansons de Béranger
tomeV, Bruxelles, '827). Dans l'édition des
Œuvres complètes de notre chansonnier
Paris, 1834, tome V, il y a un couplet de
plus intercalé entre le 3® et le 4° et qui
commence ainsi :
Si tant de prélats mitres
Successeurs du bon saint Pierre.
J. Brivois.
* *
Dans un recueil manuscrit, je rencontre
la chanson que réclame notre colUibo-
rateur Le litre dont elle est précédée sa-
tisfera partiellement à ses questions :
Mandement des vicaires généraux de Paiis.
(Mars 1817).
Air ; AlU^vnr à Siint-ClouJ.
En vcici le début :
i
Pour le Carême, écoutez
Ce mandement, nos chers frères,
Et les grandes vérités
Que débitent nos vicnires.
'Si l'on rit de ce morceau,
C'est la faute de Rousse.iu.
Si l'on nous siffle en chiire,
C'est 1.1 f.iiitt! .le Voltaire.
Tous nos maux nous sont venus
D'Arouet et de Jean-Jacques.
Comme la pièce ne compte pas moins
de vingt couplets d'un esprit douteux et
d'une facture plus que médiocre, on me
saura grc de n'en pas encombrer les co-
lonnes de V Intermédiaire .
QUitSlTOR.
*
* »
Plusieurs de nos collaborateurs nous
ont demandé de publier le texte. Par
exception, nous déférons à ce désir, mais
que l'été soit notre excuse ! C'est bien
long. Ça n'en est pas moins un document,
d'une certaine époque et d'une certaine
mentalité.
I.
Pour le Carême écoutez
Ce mandement, très chers frères,
Et ces grandes vérités
Qiie débitent nos vicaires.
Si l'on cite ce morceau.
C'est la faute de Roqs,jgau.
Si l'on nous siffle en chaire,
C'est la faute h Voltaire.
3
Tous nos maux nous sont venus
D'Arouet ft de Jean-Jacques.
Satau, qui les avait lus,
Ne faisait jamais ses Pâques.
Eve aima le fruit nouveau,
C'est la faute de Rousseau.
Cuïn tua son frè:e.
C'est la faute à Voltaire.
}
C'est pour réprimer jadis
La liberté de la presse
Que Dieu, de son paradis,
Ht tomber l'eau vengeresse.
Si! a lâché beaucoup d'eau,
C'est la faute de Rousseau.
S'il noie encor la terre,
C'est la faute à Voltaire.
4
Dieu changea la pierre en pain
Pour les bons Juifs qu'il estime,
Avec de l'eau fit du vin
(On payait alors la dîme).
Si le vin se change en eau,
C'est la faute de Rousseau.
Si la farine est chère.
C'est la faute à Voltaire.
5
Borgia jadis en public
Vendait indulgence et bulle.
Il aurait à ce trafic
Vendu jusques à sa mule.
S'il fut marchand de chapeau,
C'est U faute de Rousseau.
En Dieu s'il ne crut guère,
C'est la faute à Voltaire.
DBS CHERCHEUR» ET CURIEUX
10 Août 191a.
165
6
Si le premier des François
Servit Bellone et les belles,
S'il fut maigre ses exploits
Trop souvent trompé par elles,
S'il gagna certain bobo,
C'est la faute de Rousseau.
S'il gâta son affaire,
C'est la faute à Voltaire.
7
Si Charles, ce roi dévot,
A tiré par sa fenêtre,
C'est que plus d'un huguenot
Avait fâché ce doux maître.
S'il fut un Néron nouveau,
C'est la faute de Rousseau.
S'il écouta sa mère,
C'est la faute à Voltaire.
8
Si par Loyola formé
Un monstre au cerveau malade
Attaque un roi bien-aimé
Chanté dans la Hennade,
S'il le frappe d'un couteau.
C'est la faute de Rousseau.
A Jésus s'il crut plaire.
C'est la faute à Voltaire.
Si le plus grand de nos rois
Fit ce qu'on vit à Nîmes,
S'il rendit malgré les lois
Tous ses bâtards légitimes.
S'il prit Louvois pour bourreau.
C'est la faute de Rousseau.
S'il aima La Vailière,
C'est la faute à Voltaire.
10
Son neveu, le bon Régent,
Goûtait fort la paillardise :
Il choisit pour confident
Un des princes de l'Eglise.
Si Dubois fut son Bonneau,
C'est la faute de Rousseau,
S'il fit sa fille mère.
C'est la faute à Voltaire,
1 1
Afin d'apprendre aux enfants
Qu'ils sont nés pour être esclaves,
A leurs premiers mouvements
On avait mis des entraves.
Si l'homme est libre au berceau,
C'est la faute de Rousseau.
S'il s'éveille et s'éclaire,
C'est la faute à Voltaire.
12
Aux acteurs à double tour
L'Eglise fermait la porte :
Depuis 1?. mort de Raucourt
En triomphe on les y porte.
S'ils sont reçus du bedeau.
C'est la faute de Rousseau.
S'ils vont au cimetière,
C'est la faute à Voltaire.
166
Ces deux suppôts du démon
Font damner l'Eglise entière.
Cottret, notre Cicéron,
Ccache avec sa cuisinière,
S'il en a du fruit nouveau,
C'est la faute de Rousseau.
Pucelle est son bréviaire.
C'est la faute à Voltaire.
•4
Bonald, embrouilleur de lois.
Appui des vieilles familles.
Au quai Voltaire est par mois
Payé sur l'argent des filles.
S'il prend sa part au gâteau,
C'est la faute de Rousseau.
Si sa prose est peu claire,
C'est la faute à Voltaire.
Maréchal « in partibus »
Un duc a la renommée
De traiter mieux les abus
Qu'il ne traite notre armée.
Sil enfie son bordereau.
C'est la faute de Rousseau.
S'il sert bien l'Angleterre,
C'est la faute à Voltaire.
16
Pour avoir des gardiens sûrs
On prodigue l'or aux Suisses.
Nos soldats ne sont pas « purs »,
Ils ont trop de cicatrices.
S'ils étaient à Waterloo,
C'est la faute de Rousseau.
S'ils meurent de misère,
C'est la faute à Voltaire.
Laffitte aura beau crier
Sur le budget de la France :
Nous finirons par payer
Les excès eî la bombance.
S'ils ont tous l'estomac chaud.
C'est la faute de Rousseau.
Si cela les altère,
C'est la faute à Voltaire.
18
Tous nos « ultras » députés
Sont devenus sans-culottes.
Et tous pour nos libertés
Parlent à propos de bottes.
S'ils ont un masque nouveau.
C'est la faute de Rousseau.
Si nous n'y croyons guère,
C'est la faute à Voltaire,
'9
Tout ce que nous n'avons plus
Nous espérions le reprendre,
Nous voulions nos biens vendus,
Et l'on veut encore en vendre.
Nos forets sont à vau-l'eau.
C'est la -aute de r'ousseau.
Plus de fagots à faire.
C'est la faute à "Voltaire.
N- 1336. Vol. LXVI.
L'INTERMÉDIAIRE
— 167
ao
Confessez-vous tous soudain
Ou craignez notre vengeance.
Nous nous lassoas à la fin
Dune longue tolérance.
L'on n'aime Dieu qu' « in petto »,
C'est la faute de Rousseau.
On prie à sa manière,
C'est la faute à Voltaire.
2 }
A ces causes, nos chers fils,
Dieu permet qu'on vous permette
De manger des salsifis
Et des œufs à la mouillette.
Ceux qui mangent bœuf ou veau,
C'est la f.iute de Rousseau.
Ceux qui font bonne chère,
C'est la faute à Voltaire.
D'autres couplets, la plupart manus-
crits, ont pu être adjoints à cette série an-
ticléricale par l'un ou l'autre : ils n'ajou-
tent pas grand chose à sa médiocre va-
leur.
Mots allemands dérivé- du fran-
çais (LXV ; LXVI, 123). — Les réfu-
giés protestants Irançais du xvii» siècle
étaient très familiers avec l'Ancien Testa-
ment, et ils ont fort bien pu, se souve-
nant du chapitre XLVllI du prophète Jé-
rémie (contre Mcab,) et notamment des
versets 8, q, 18, 28, 38 de ce chapitre,
donner eux-mêmes le nom de « Moabit »
au terroir ingrat qui fut mis à leur dispo-
sition, et qui pouvait leur rappeler ce que
Jérémie dit que Jeviendrait la terre de
Moab. V. A. T.
Mon Colonel (LXl ; LXII ; LXVI, 74,
126). — On peut trouver dans les papiers
de y /4fftiire de l'Œillet, publiés vers 1860
par Campardon, et singulièrement dans
le rapport adressé par l'un des deux gen-
darmes à Botot du Mesnil, lieutenant-co-
lonel de la Gendarmerie des Tribunaux,
le mot : « Mon Colonel ». Ce rapport est
du 3 septembre, 1793, je crois; et dans
cette suggestive affaire, le mot « Mon
Colonel 7>. vu l'époque tout à fait révolu-
tionnaire, a un son suggestif aussi, lui.
Charles-Adolpue Caktacuzène.
i68
Cabajoutis (LXV; LXVI. 123).
M de Mon tesson ».
Lire
Ce qui to!T>be dans le fossé (LXV,
148, %(){ ; LXVI^ 30^. — Essais de folk-
lore local. Proverbes et dictons recueillis
dans le département de VAiibe. Nouvelle sé-
rit, par Louis Morin ; Grande Imprimerie
deVroyes, 1912; in-8 de 28 pages (n'''
1260 à 2323)
La première série, qui est épuisée, por-
tait le même titre et avait paru en 1904
(in-8" de 37 pages).
L. M.
Donjon (LXV, 3 =59, «574, 674. 820, 870 ;
LXVI, 74). —Dansmon article du 30 avril,
sur l'origine du mot donjon, j'avais in-
diqué^ comme première forme de ce ter-
me, le grec angon qui signifie, dans Tune
de ses acceptions, des pierres qui font
saillie, au sommet d'un édifice. Notre con-
frère, M. H. Laray, nous dit, aujourd'hui,
que ce mot n'existe pas dans la langue
grecque, et qu'il ne peut pas exister, lin-
0 uistiquement par\ânt\ Mais alors j'ai eu
la berlue, en écrivant celte page, ou bien
je suis un faussaire. Cè'n'est ni ceci ni
cela ; mais notre confrère n'a pas su trou-
ver angon. Angon ou ancon est pourtant
dans tous les lexiques, et il est largement
explique dans le Thésaurus, au tome 1.
col. 358 et suiv.
Quant aux consonnes euphoniques dont
notre confrère se raille, elles continue-
ront, quand même, à remplir leur office,
et l'on dira, sans doute, encore : va-t-il
partir ? Va-s-y et donne-s-en. Ils se regar-
daient entre quatre-z-yeux, Eh ! que di-
rait donc M. Laray, si on lui apprenait
que dans notre vieille langue, le mot terre
n'existait pas ; que nos pères ne connais-
saient que le terme era, dont ils adouci-
rent insensiblement la prononciation par
un / préfixe, qu'on trouve dans ce vers de
la chanson de Roland ?
Tere de France muet estes dulz pais.
Notre confrère, malgré ses graves ob-
jections, me témoigne une bienveillance
singulière, dont je dois lui savoir gré. 11
me dit, en effet, « qu'il me manque ce
qui est indispensable, pour tirer bon parti
de ma bibliothèque, c'est de modestes
petits écrits sur la science delà linguis-
tique où j'apprendrai que le latin « dum-
que, dé unde, unde, dicere deviennent,
suivant des lois phoniques très régulières,
le français «donc, dont, on dira ». M. La-
ray est en vérité trop confiant. Ces lois
phoniques qu'il semble vénérer, comme
les Romains vénéraient les lois des douze
tables, ne méritent pas deux minutes
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Août 191*
169
170
d'attention. Est-ce qu'il est possible de
dériver dire de dicere ?
Personne n'ignore que Liîtré tire le
verbe panser de cet autre verbe penser, en
raisonnant ainsi : s- Pour panser quel-
qu'un ou quelque chose, il faut d'abord y
penser ! »
Puisque les chefs se permettent de telles
énormités, que ne feront pas les disciples ?
Us oseront tout ; mais le bon sens finit
toujours par avoir raison des bêtises hu-
maines. Daron.
P. S. — Daron n'apprend nullement^
comme le dit M. Laray, que le mot an-
gon existait dans la langue des Vandales.
Soubs la corde des Saincts (LXIV !
LXV, 42, 235, 384. 474, 534, 724, 771 '
869; LXVI, 75, 126). — Le Dictionnaire
roman, walon. celtique et tudesque, publié
à Bouillon, en 1777, sans nom d'auteur,
n'a, pour nous, aucune autorité. Le véri-
table auteur, Dom Jean François, béné-
dictin de la Congrégation de Saint-Van-
nes, écrit :
Sainteur ou Saiiitier, serf d'église, homme
libre, qui s'est fait serviteur d'un saint, un
oblat, dévoué au service dune église. Ceux
qui se faisaient serfs de saints ou saintes, pa-
trons de quelque église. Ils se passaientla corde
des cloches au cou et mettaient en signe de
leur engagement quelques deniers de che-
vage ou de tribut sur leurs têtes ou sur l'au-
tel. Sanctuarius homo . Ces serviteurs ne de-
venaient point serfs main-mortables ni hom-
mes de corps.
Cette affirmation, sans preuve à l'appui,
est très discutable au point de vue du
droit féodal.
La réfutation nous mènerait trop loin.
Q.u'il nous suffise de dire que dans les
« tailles »,on ne trouve pas l'état social de
l'individu, mais son <f métier ». Jusqu'à la
preuve du contraire, sainctier, est le mé-
tier de fondeur de cloche, et rien autre.
Quant à « boutier » Dom Jean François
écrit : boutier : échanson ;et c'est tout.
Ceci est vrai et faux. Le « boutier »
n'est pas, à proprement parler, un échan
son, ^< scancionarius ».
Le « boutz » était un flacon en métal,
avec une anse droite, portant un anneau,
opposée à un bec par lequel s'écoulait le
liquide.
L'office de « boatier » n'existait qu'à la
cour du roi, et cet officier effectuait le
mélange de la boisson dans un bassin où
puisait réchanson.
Nous connaissons ces détails par le
sceau de Jean le Boutier, clerc, notaire et
secrétaire du roi (i 385-1 392), descendant
certain d'un « boulier >*.
Ses héritiers reçoivent, en 1423, 1500
livres de Jean de Rinel, secrétaire
d'Henri VI
Ce sceau a été mal lu par Demay qui a
pris la petite image du « boulier » pour
un saint Jean-Bapliste ; et par Roman,
qui a appelé les boutz, des « aiguières ».
Le « boutz » était rempli de vin et non
d'eau. Piton.
Voir : Longnon. Paris pendant la domi-
nation anglaise, pièce LV, page 107-111.
Paris, 1878.
Le grec dans la langue française :
Bace (LXV, 577J. — Mes aimables lec-
teurs m'excuseront de revenir sur la ques-
tion bace, basse déjà traitée ; mais j'aurais
quelques précisions àapporter, qui, jecrois,
pourront les intéresser.
Nous avons vu que bace basse répond à
un latin bacia, que baiasse,bajasse répond
à un latin bacàcea ; un autre mot fran-
çais se présente aussi : baisselle jeune fille
qui doit s'expliquer par un latin bacicella
de la même manière que vaucelle par
vallicella Dans bacicella, Vi atone tombe
comme dans vallicella, mais le c radical
de bac'cella conserve le son sifflant, et
alors on a baisselle sonant comme le fran-
çais vaisselle qui est le latin vâscella.
Maintenant décomposons les mots ba-
cia, bacàcea^ bacicella^ nous voyons que
l'on a bacia = bac -\- ia ou baci-\-a, ba-
càcea = bac -\- âcea, bacicella = baci -h
cella. Comme il est évident qu'il ne peut
y avoir qu'un seul radical, on est amené
à établir que le mot latin primitif est de la
forme bàx, bâcem, analogue pour la forme
et le genre aux mots bien connus^^'x,/2/x,
vôx, etc. Mais comme il est probable que
bâx devait avoir comme eux un sens tant
soit peu abstrait, on en détermina bien la
féminité, en opérant avec lui comme on
faisait pour nombre d'autres : limâx limace,
jûntx génisse, pûlex puce et bâx devint
basse plus acceptable pour le commun.
Maintenant quel était au juste le sens
de bàx. Comme nous venons de le dire,
c'était probablement une abstraction qu'on
appliqua, pour faire image, aux jeunes
N» 133e.
Vol. LXVI.
171
INTBRMBDIAIRB
172
femmes déjà formées. Le mot suivant
peut à ce sujet nour fournir une indica-
tion. A Trieste on appelle hagola une pe-
tite femme rondelette et on a rapporté
ce mot au latin bàcnla, diminutif de bâca.
Comme en somme, bâca désigne une
foule d'objets de formes rondes, on peut
accepter cette étymologie, et au fond ba-
goLi serait la petite boulotte. On en dé-
duit naturellement que la bace est la jeune
fille arrivée à un certain développement
physique qui la rend apte à supporter les
fatigues du service.
Comme bace n'a pas de masculin, on
en a fabriqué un à l'aide du sutTixe i-er^
basiier ]tunç. garçon.
On peut rapprocher ce dernier mot de
bacheler , même sens. Si bassier = bâci -j-
âris, on aura aussi bacheler = baccal -\-
âris, d'où l'on extrait baccala = bachele
jeune fille. Le baccalârh serait donc le
jeune homme développé. Bàciâris et bac-
calàris sont formés sur le modèle de puel-
Idris, virgitiàlis, ce qui leur donne un
air d'innocence virginale tout particu-
lier.
Ajoutons que baccala, peut être le fé-
minin d'un baccalus, mot qui, évidem-
ment, ne peut avoir une origine latine,
mais comme on voit que le Gaulois pos-
sédait le suffixe — alos, on est amené à
penser que ces divers mots auraient une
certaine ancienneté, et au moins pour
baccalus, on serait en face d'une survi-
vance pré-latine dans les Gaules.
H. Larray.
Le grec dans la langue française :
Cabane fLXV, sBi). — Al. Corman a
entrepris d'élucider la question cabane,
je lui offre ma façon de voir à ce sujet.
La question capanna est restée l'une
des plus obscures de la linguistique.
Isidore est le premier qui cite ce mot :
tugurium parva cosa est ; hoc riisîici ca-
panna vacant. Isidore vivait au 6« et -j*
siècle. Au 8* siècle il est devenu cabanna
et est cité dans les gloses de Reiche
nau.
Comme en Italie, le mot est resté ca-
panna, il faut accepter l'orthographe don-
née par Isidore, et la supposer primi-
tive.
On l'a dérivé du latin capis contenir ;
c'est une dérivation bien incolore dont il
n'y a pas lieu de tenir compte.
On l'a aussi regardé comme étant
d'origine celtique ; mais quand le mot se
trouve dans les langues néo-celtiques, on
s'aperçoit bien vite qu'il est emprunté
aux langues romanes.
La déterminaison — anna empêche de
le considérer comme un latin pur ; il n'y
À qu'une seule hypothèse acceptable ,
c'est qu'il appartient à la langue que par-
laient ceux des Ariens qui colonisèrent
l'Europe occidentale avant la venue des
Italiotes et des Celtes. Ce serait donc
tout simplement un mot ligure qui,
comme beaucoup d'autres, est arrivé jus-
qu'à nous.
Comme, à côté de capanna, l'italien a
le masculin capanno^ imité en cela par le
portugais cabana cabano et aussi par le
natois lorrain chevâ, on doit supposer les
fermes \a.t.\nes capjjinacapannum qui pro-
viennent certainement d'un adjectif ca-
pannus, a, itm, dont le "féminin et le neu-
tre auront été employés comme susbtan-
tifs.
Alors rien n'est plus clair , la langue
ligure présente presque toujours ce cas,
le suffixe — anno — provient d'un plus
ancien — âno — participe passif d'un
verbe en aj's, employé très souvent comme
adjectif.
On a donc capanno.s = cap -\- anno. s
= capâ + no. s.
Càpâ est un radical verbal dont il faut
déterminer le sens.
Le latin ne fournit rien de satisfaisant ;
on ne peut rappeler capâx spacieux, les
cabanes étant plutôt étroites et petites.
Le grec non plus : on a bien xa:i5vr]
crèche, /dtoitov fourrage, mais ces mots
paraissent se rattacher à celui-ci xirtTw
le premier à kap — contenir ou être
creux, avaler ; ce qui n'a aucun rapport
avec une cabane.
Le germanique ne donne non plus au-
cun éclaircissement.
Le slave présente le substantif Kopa
monceau, tas, d'où Kopiti entasser. Le
sens ne convient guère. De même pour
le verbe Kopati creuser, car il faudrait
admettre que la capanna aurait été primi-
tivement un antre, une caverne, ce qui
paraît invraisemblable.
Enfin on a le lithuanien Kapoti, le lette
Kapàt hacher menu, apparenté du reste
au slave Kopati., dt sorte que Ton a le ra-
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Août 191a
Ï73
174
dical indo-européen gapâ — creuser, fen-
dre, abattre, couper.
Le participe passif gapSno.s signifie
creusé, coupé, fendu. Il devient en iigure
capanno.s d'où le subtantif féminin ca-
pannâf ce qui est coupé, fendu, planche,
branchage, bâtisse faite de branchage, de
paille, de roseau ou de planches
Le passage du sens d'objet taillé à ca-
bane se présente naturellement. Ainsi on
a lot tauhla ; français taule maison ; ber-
gamasque tahia cabane — germain bor-
da-n planche, latin bordum, au pluriel
borda, français borJ^ cabane.
Le latin du 8° siècle cabanna est devenu
le provençal cabana passé dans la langue
française cabane^ d'où ensuite le moyen
anglais caban, cabane petite maison et
par suite le gallois caban.
Dans le midi on a eu la forme mascu-
line caban devenu en français cubain écrit
cahin^ de la même manière que tacan est
devenu taquain., taquin. On «n a déduit
un féminin cabine. Le français cabin ca-
bine â donné naissance à l'anglais cabin,
et à l'italien cabino.
Je m'arrête, la dérivation de capanna
est très considérable et dépasserait les li-
mites raisonnables d'une simple note.
H. LaraT.
Alexandre Dumas père (T. G, 296)
— L'Elixir de la vie. — Du Monde ar-
tistt, 6 juillet IQI2 :
Toutes les formes du théâtre et du roman
ont passionné Alexandre Dumas ; et il lui
est même arrivé de composer une action tra-
gique destinée à être magnifiée pjr la mu-
sique. C'était en 1860, durant son séjour à
Naples. Sollicité par un musicien napriitain
en vogue, l'auteur à' Antony écrivit un li-
vret dont l'existence vient d'être révélée au-
jourd'hui seulement. Le manuscrit porte ce
titre : l'Elixir ae la vie — fantaisie tragique
— un acte en trois parties d'Alexandre Du-
mas. — Ce manuscrit était resté dans les
papiers du compositeur, et ses héritiers l'au-
raient laissé enseveli sons les poussières du
temps, ou l'auraient déchiré ou brûlé, ou
l'auraient vendu pour quelques centaines de
francs à un collectionneur d'autographes, si
le hasard ne l'avait mis sous les yeux du
jeune maestro Lozzi Celui-ci l'examina, le
lut et le jugea digne de retenir toute l'at-
tention des artistes. (Quoique écrit en prose,
aucun doute n'était possible sur la nature de
l'ouvrage. A côté du nom des personnage»,
de la main même de Dumas, on lit les mots :
ténor, soprano, baryton : et, presque à cha-
que scène, des notes indiquant le commen-
taire orchestral nécessaire à l'action et l'im,-
portance que devait avoir la musique. Au
milieu de ces longues didascaiies, on lit sou-
vent ce simple mot « Orchestre ».
II paraît que M. Lozzi a acquis le précieux
autographe, et s'est mis en règle avec les hé-
ritiers du musicien et avec ceuxjdu célèbre
auteur français : puis, il a fait faire la tra-
duction et il en a commencé la partition.
Bien que Dumas ait voulu condenser l'action
en une seule nuit, les auteurs italiens ont
jugé préférable de la diviser en trois par-
ties : la veille, le sommeil, le sang. Le drame
se déroule entre un révolutionnaire de la
science et un politicien. Dans Paris troublé
par les séditions, les complots, les dures ré-
pressions, et les audacieux espionnages, vit
une jeune fille à laquelle Dumas a prête une
double existence. Belle, d'une beauté divine,
subjuguée par les pratiques religieuses qu'une
éducation monastique étroite a imposées à
son enfance, cette jeune fille mène en réa-
lité une vie qui lui fait horreur : elle aspire
à la liberté. On ne lui permet même pas de
jeter un regard à travers les barreaux scellés
aux fenêtres de la maison : Elle voudrait
vivre avec Dieu, et elle doit vivre avec des
hommes à qui elle demande vainement un
peu de liberté. Cependant, dans une vie
factice créée par un état hypiiOtique, la
jeune tille craintive se transforme en femme
ardente et sensuelle : elle a besoin de cares-
ses et de baisers, elle aime l'homme qui est
près d'elle ; elle lui révèle dans son sommeil
les noires intrigues de la Cour, et, vaincue
par la passion qui ne lui donna point de
trêve, elle tombe dans les bras de celui qui
l'adore également
Grilles des cabarets et des bou-
langers (LXIV ; LXV, 192, 627, 726,
877). — Voici encore, au coin des rues
du Temple et Geoffroy -Langevin, un dé-
bit de vins et liqueurs grillé, et présen-
tant, dans le grillage, un lion doré en de-
mi-bosse.
J'en ai signalé un autre, « à l'Enfant
Jésus », lequel est représenté debout sur
la barre de l'H du monogramme JHS II
se trouve au coin de la rue des Bourdon-
nais et de la rue Saint-Honoré, où cet im-
meuble porte le numéro 33, lequel est le
piemier numéro impair de la rue Saint-Ho-
noré.
La rue Saint-Honoré, du côté pair, com-
mence par un numéro 2 bien visible.
Mais elle n'a pas de numéros impairs, de
1 à 31. Là où ils devraient être sont les
N» 1336 Vol. LXVI.
LINTBRMÊDIAIKli
175
I à
— 176
numéros impairs i à 23 de la rue des
Halles, laquelle coupe la rue St-Honoré
sous un angle à peine sensible.
De même, les maisons 2 a 14 de la rue
de Rivoli font face aux numéros 105 à
137 de la rue Samt-Antoine. La première
commence rue de Sévigné, et la seconde,
qui la prolonge, finit rue de Fourcy. Or
les rues de Sévigné et de Fourcy sont
loin de se prolonger l'une l'autre.
Ne pourrait on remédier à ces bizarre-
ries .? V. A. T.
Pièce d > vers à compléter
i< Cher ami qu'à demi... » de Scar-
ron (LXV, 692, 862). — Cette pièce se
trouve à la page 142 du tome premier des
Œuvres de Monsieur Scar/on : suivant Li
copie imprimée, à Paris /66<§. (Amsterdam,
Wolfgang, au Quœrendo, pet. in- 12).
Il y a lieu d'ajouter, dans la pièce que
reproduit \' Iittcrmédiaitc (LXV, 863),
après ces vers : N'es-iu pas
Barra bas .?
ceux-ci : Busiris ?
Phalaris ?
Ganelon
Le Félon .''
De savoir...
Et plus loin, au lieu de la phrase inin-
telligible :
Dès demain
Mal sa main. ..
il faut lire : Dès demain
Mal St-Main
Sur ta peau
Bien et beau
S'étendra ..
Le mal St-Main, c'est-à-dire la gale.
J. Lt.
Le plus ancien carré de mots.
(LXll). - Dans les vieux livres de magie,
on trouve souvent le charme suivant :
Pour faire danser qui tu voudras
*< Il faut mettre sous le seuil de sa
porte, ce qui suit, écrit de sang de
chauve-souris :
SATOR
ARl-PO
TENET
('FERA
ROTAS
C'est là le vrai carré de mots dont
parle notre confrère J. P. Salar et Spere
ont été imprimés pour Saior et Opéra.
F. Jacotot.
Un carré, d'une forme particulière —
pour le lire, on doit commencer par la
lettre du milieu, en se dirigeant de n'im-
porte quel côté — peut faire concurrence
au salor Arepc tenet opéra rotas de notre
collaborateur Nauticus. L'inscription sui-
vante porte le nom d'un des successeurs
de Pelage, le roi Silo, qui régnait dans les
Asturies vers la fin du ix^ siècle. Elle a
été relevée à Santiyanes de Pravia, a
b lieues d'Oviedo.
TICEFSPECNCEPSFRCIT
ICEFSPhCNINCEPSFECI
CEFSPECNIRINCEPSFEC
EFSPECNIRPRINCEPSFE
FSPECNIRPOPRINCEPSF
SPECNIRPOLOPRINCEPS
PhCNlRPOLI LOPRINCEP
ECNIRPOLIS ILOPRINCE
PF.CNIRPOLI LOPRINCEP
S PECNIRPOLOPRINCEPS
FSPECNIRPO'P^ INCEPSF
EFSPECNIRPRINCEPSFE
CEFSPECNIR INCEPSEFC
ICEFSPECNI NCEPSFECI
TICEFSPECNCEPSFECIT
JACCLUEs Renaud.
Nous avons eu, il y a quelques années,
trois pièces imprimées en rouge et en noir
par Claude Cramoisy à Paris, au vu'
siècle. C'étaient des planchesalphabétiques
rappelant les mots carrés si répandus à la
dernière page de nos journaux illustrés.
La première était intitulée : Labyrinthe
(Les privilèges de la Sainte-Croix, le che-
min asscuré du Paradis). En partant de
ri central, en se dirigeant, à droite, à
gauche, en haut, en bas, on trouvait :
*< Je suis le port des pénitens, je suis la
mort des âmes incurables, je suis le fort
des innocens, je suis le sort des miséra-
bles ».
La seconde planche était le Carré de
l'Eternité. En partant du L central ou
trouvait à droite, en haut et en bas, à
gauche, en lisant à rebours : »< Vie qui
brave le trépas >. De là le titre faisant
allusion à la vie sans fin.
La troisième planche était en l'honneur
de saint Françn.s. Saffroy.
Femmes. Conquête des diplômes
masculins LIV ; LXV. 774 ; LXVI. «i
— On lit dans le Soleil du y Juillet 191a :
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Août 191a
'77
178
Le féminisme triomphe
Peut-être pas encore tout à fait, mais te-
nez pour assuré que ça marche.
C'est ainsi que le ministère du travail em-
ploie un assez grand nombre de jeunes filies
comme dactvlographes, ou préposées au ser-
vice du contrôle des Compagnies d'assu-
rances Ce département com.prend trois
sortes de fonctionnaires : les contrôleurs, les
vérificateurs et leurs adjoints. C'est à cette
troisième catégorie qu'appartenait le person-
nel féminin du service. On n'avait pas en-
coie permis qu'il s'élevât p us haut
Cette situation vient d'être améliorée. Tl a
été décidé par M. Léon Bourgeois que désor-
mais les femmes pourront concourir, au mi-
nistère du travail, pour l'emploi de vérifica-
teui. Au dernier concours se sont donc pré-
sentées un certain nombre de candidates, et
l'une d'elles a été choisie La nouvelle « vé-
rificatrice » s'appelle Mlle de la Pommeraye.
Elle est la fille du célèbre et regretté cri-
tique, mort il y a vingt ans.
D'autre part, c'est une femme, Mlle Char-
ton, qui a été classée en tête des élèves admis
cette année à TEcoIe des Beaux-Arts dans la
section de peinture.
Et sur les douze premiers admis qui la
suivent sont encore cinq élèves femmes :
Mlles Aubry, Lesourd, Chantrel, Delage et
de Baineul.
L. Capet.
Mariage des médecins (LXVI, 50).
— Ce fut le cardinal d'Estouteville, Légat
du Pape et réformateur de l'Université,
qui, en 1452, dispensa les médecins de
l'obligation du célibat. (Voir Crévier :
Histoire de l Université de Paris, l'jbi,
t. IV, p. 181.)
Langoumoisin.
Les sœurs associées (LXVI, 8). —
Ne peut-on faire entrer dans cette ques-
tion, sainte Scolastique, sœur de saint Be-
noit, et si étroitement unie aux travaux
du grand moine? Plus tard, mademoi-
selle de Scudéry et son frère, furent en
étroite collaboration, si bien qu'on ne
connaît pas toujours la démarcation de
leurs œuvres. |e ne crois pas me tromper,
mais il me semble que l'amiral de Ligny
fut élevé par sa sœur qui lui fit faire toutes
ses études et le poussa vers le haut grade
qu'il devait atteindre. Il existe sans doute,
beaucoup de ces alliances heureuses du
frère et de la sœur ; il suffirait de se sou-
venir et de chercher.
E. Grave.
Slronuailles et Cfurtositéa
Le Buste de J.-J. Rousseau (1790)
Des Es angs. J'ai eu l'occasion de
fouiller une collection d'autographes où
se trouvent de nombreuses lettres de ou
adressées à un M. Des Estangs. Celui-ci,
dont les biographes ne disent rien, fut
médecin, maire d'un arrondissement de
Paris, sous le premier Empire, puis Con-
servateur des Estampes. C'était encore un
franc-maçon de ce temps-là, en relations
avec les plus illustres de ses collègues.
Voici ce qu'il écrivait au mois de juillet
1790, et sa lettre est un document nou-
veau à ajouter à tous les souvenirs qu'a
soulevés le bi centenaire de J.J. Rousseau.
21 juillet 90
Mrs
Je revenais de voir la fête qu'on donna
hier sur les ruines de la Bastille, lorsque je
rencontrai Le Triomphe, non pas le plus ma-
gnifique, mais le mieux mérité qui soit à ma
connaissance. C'était le Buste de J.-j. Rous-
seau porté par deux citoyens sur un bran-
card. Je l'ai rencontré à la grève où son
Emile a été brûlé par le gouvernement. Le
peuple qui l'environnais chantait ses louanges
et l'appelait d'un commun accord le plus
grand des mortels je crois que voilà la pre-
mière fois que cet éloge est bien appliqué.
i Des Estangs.
l'/iaintenant, je poserai une question,
qui a peut-être une importance : Que sait-
on de ce Des Estangs, dont la correspon-
dance fut si nombreuse et si variée ?
E. Grave.
Les '"hevaliers de l'Arc. Projet
d'en faire des Sociétés de prépara-
tion militaire en l'an XIÎI. — Le très
intéressant ouvrage de MM. le Comte de
Bertier, V. Cordier et Guglielmini, Le tir
de l'Arc (Hachette, 1900J,. a dit tout ce
qu'on pouvait dire sur cette curieuse
institution, qui s'est perpétuée jusqu'à nos
jours.
Nous avons cependant trouvé aux Ar-
chives nationales (F'' 3120) un document
des plus intéressants qui est inédit : c'est
un historique de cette institution, par le
préfet de police, conseiller d'Etat, Dubois,
Il en trace un tableau très fidèle et pro-
pose de rétablir ces anciennes compa-
gnies — avec prudence, — mais en leur
N« 1336 Vol. LXVI.
«79
mettant en mains le fusil et non l'arc,
arme archaïque.
Il poursuit le double projet de préparer
de bons tireurs pour l'armée et de rap-
procher, dans ces associations fraternelles,
les étrangers que la tourmente révolu-
tionnaires a divisés.
Mais Fouché, Ministre de la Police
générale, était hostile à tout projet de ré-
tablissement des sociétés d'arquebuse,
amsi qu'en témoigne une lettre dictée
par lui, que nous avons publiée ici-méme.
Il ajourna sinj: Jie, la réponse au mémoire
du Préfet de police et 'l n'y fut donné
aucune suite sous l'Empire.
Quoi qu'il en soit, le noble jeu de
l'arc s'est perpétué avec ses traditions, et
cette survivance d'une aussi vieille con-
frérie avec ses anciens statuts, est fort
digne de rem rque. Elle a même conservé
le caractère religieux qu'elle avait au
temps où l'abbé de Saint-Médard, évê-
que de Soissons, était son grand-maitre.
LÉONCE Grasilier.
10 Pluviôse XIII.
(36 février 1805).
Rapport du Conseiller d'Etat
au Ministre de la Police générale
sur les Anciens Chevaliers du Jeu de l'Arc.
Par leur pétition ils deman.ient qu'il leur
soit permis de se réunir, comme autrefois, et
de reprendre leurs exercices.
En me la renvoyant V. E. m'a chargé de
prendre des intomatioiis et de lui donner
mon avis sur la demande des anciens cheva-
liers de la compagnie du Jeu de l'arc. L'ori-
gine des compagnies du jeu de l'arc re-
monte à une époque assez reculée. Elles fu-
rent instituées au commencement du 90 siè-
cle. Leur établissement eut pour objet d'exer-
cer les bourgeois à se servir de l'arc avec
adresse dans des tems où It garde de la plu-
part des villes leur était confiée. Les armes
que l'Europe employé aujourd'hui n'étaient
point encore connues, et les compagnies du
jeu de l'arc durent rendre et rendirent sans
doute desservcesà l'Etat.
Mais vers le milieu du 14* siècle, la pou-
dre à canon qui était trouvée, depuis quel-
que teras,fut mise en usage. Les armes à feu
furent introduites dans les armées et rerr-
placèrent l'arc et la flèche. Alors les compa-
gnies du jeu de lare perdirent successive-
ment leur utilité primitive, et ne durent
être considérées, depuis, qqe comme des
réunions de plaisir et d'agrément.
Cependant, il parait qu'elles continuèrent
L'INTflRMeDIAÏRfi
180
à jouir de quelque c nsidération. Les com-
pagnies du jeu de l'arc avaient d'abord été
des confréries sous la protection de samt
Sébastien : elles prirent dans la suite un ca-
ractère différent.
L'abbé de Saint-Médard de Soissons fut
nommé par une bulle Grand Maître et Sei-
gneur souverain de toutes les compagnies de
l'arc du Royaume. Les seigneurs de fiefs,
concouraient avec le Grand Maître à leur
établissement. Le Grand Maître présidait aux
règlements et aux statuts ; mais l'organisa-
tion ne pouvait avoir lieu que sous le bon
plaisir des seigneurs, j'ai fait rechercher les
anciens statuts decescompagnies,ceux que je
me suis procurés ne remontent qu'à 1733 ;
mais je pense qu'ils contiennent des rensei-
gnements suffisnnts.
D'après ces statuts, il ne devait y avoir
dans chaque ville ou bourg ou village,
qu'une seule compagnie et un seul jardin.
Chaque compagnie était composée d'un Roi,
d'un capitaine connétable, d'un lieutenant,
d'un enseigne, d'un re:eveut,.d'un procureur,
d'un greffier et d'un certain nombre de
chevaliers.
On appelait Roi celui qui avait abattu
l'oiseau au dernier tirage. Lorsqu'il l'avait
abattu trois fois de suite, on lui conférait la
dignité d'Empereur. Le roi avait voix pré-
pondérante aux assemblées ; il pouvait mo-
difier les décisions de la Compagnie.
La capitaine-connétable était à la tète des
autresofficiers et des chevaliers. Les récipien-
daires ne pouvaient être reçus qu'à la plu-
ralité des suffrage:-. Il fallait qu'ils fussent
de la religion catholique, qu'ils eussent
25 ans ou qu'ils fussent mariés. Chaque
compagnie fixait le prix de réception. Elle
avait un drapeau. Les chevaliers étaient en
uniforme, en épée, et portaient une mé-
daille à b boutonnière. Le jour du tirage on
faisait un présent au Roi ; ce présent s'appe-
lait * Joyau du Roi » Le receveur en était
dépositaire, il le remettait au nouveau roi
avec les marques de sa dignité. Je ne rap-
pelle ici que les principales dispositions des
statuts des compagnies du Jeu de l'arc. Les
aut;es sont relatives à la discipline intérieure,
à la police des jardins, à l'ordre à observer
pour le tirage, aux amendes, ctc Les prix tirés
dans les villes, bourgs et villages n'étaient
pas les seuls ; il y avait, en outre, un prix
général où l'on n'appelait que les compa-
gnies des villes, et des prix provinciaux où les
compagnies des villes et bourgs n'étaient
point admises. Mais toutes les compagnies
sans distincti n étaient assujetties aux règle-
mens que je viens d'analyser. (Quoique les
coMipagnics du jeu de l'arc ayent d'abord
été des confréries sous la protection d'un
saint, que la puissance pontificale leur ait
imprimé un caractcr» religieux, et que
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Août 191'
i8i
182
l'abbë de St-Médard, de Soissons en ait été
nommé Grand Maître et Seigneur Souverain
par le Pape Eugène, je pense que ces sortes
d'institutions avaient essentiellement pour
objet de former les citadins ou bourgeois
à la défense des villes dont la garde leur
était alors confiée. Les compagnies du Jeu de
l'arc étaient donc essentiellement militaires;
leurs jeux étaient donc des exercices. Chez
les nations guerrières on a senti combien il
était important d'inspirer aux hommes en
étit de porter les armes une utile activité
qui les tint toujours préparés à la guerre.
Les soldats romains étaient assujettis à des
courses fatigantes et à des exercices conti-
nuels.
L'exercice du pieu auquel ils se livraient,
avait pour objet de leur donner de l'adresse
à frapper l'ennemi. La lutte, le saut, le pu-
gilat, la course, le jeu du disque étaient au-
tant d'exercices auxquels les Grecs étaient
obligés de se livrer pour acquérir de la force
et de l'agilité. En France, les tournois fu-
rent institués pour les seigneurs et les gen-
tilshommes. Là ils s'exerçaient à bien ma-
nier un cheval, à se tenir ferme sur leurs
étiiers à bien dresser un coup de lance, à se
servir du bouclier, à porter, à parer les coups
d'épée, à s'accoutumer à supporter le faix du
harnois et autres choses utiles et nécessaires
pour bien combattre dans les armées. Le
jeu de l'arc fut institué pour exercer quel-
ques autres classes du peuple à la défense
des places qui leu' étaient confises.
Je n'examinerai pas si le rétablissement des
compagnies du jeu de l'arc est utile aujour-
d'hui ; l'arc n'étant plus au nombre des ar-
mes employées à la guerre, cet e.xamen se-
rait oiseux.
iMais je pense que l'on pourrait substituer
au jeu de l'arc un autre exercice qui offrirait
une utilité générale pour l'Etat, ea même
temps qu'il serait peur ceux qui s'y livre-
raient une source de récréatirn et de délasse-
ment. On m'a assuré qu'avant leur destruc-
tion quelques compagnies du jeu de l'arc
avaient adopté le fusil dans leurs exercices.
Cette arme est en effet la seule qui puisse
remplacer l'arc.
Le fusil est employé dans nos armées ; et
la substitution qui en serait faite à l'arc, ferait
renaître l'utilité de cet exercice. L'usage du
fusil doit être pratiqué, pour que le tir soit
sîir, et je crois qu'il faut autant d'adresse
pour bien manier cette arme que pour lan-
cer une flèche. On pourrait donc autoriser
les anciennes compagnies du jeu de l'arc à
se rétablir sous le titre de compagnies du
tir, par exemple, et à former des élèves. H
me semble qu'il résulterait quelques avanta-
ges de l'adoption de cette idée.
Le Jeu du tir formerait des hommes adioits
et en état de rendre des services dans les ar-
mées. En y entrant, ils réuniraient un coup
d'oeil juste à la facilité et à l'habitude du ma-
niement du fusil. D'un autre côté, ce serait
offrir une récréation morale à ceux qui vou-
draient se livrer à l'exercice du tir. A la
suite des désordres civils, il faut cher-
cher à rapprocher les citoyens et à éteindre
l'esprit de parti, le véritable moyen est
de leur ouvrir des lieux de réunion où ils
puissent se voir et se récréer : là ils appren-
nent à s'apprécier, à s'aimer, et les plaisirs
qu'ils goûtent font insensiblement oublier
les peines attachées au souvenir des causes
qui les avaiei.t désunies. Je ne crois pas que
le Gouvernement ait ri^n à redouter de ces
sortes de réunions On pourrait d'ailleurs com-
mencer par lej villes un peu importantes de
la France, s.4uf à autoriser la formation des
autres comp.^gnies, un peu plus tard, c'est-
à-dire à mesure que les esprits deviendraient
plus calmes, et que le Gouvernement acquer-
rait plus de force et d'ascendant sur toutes
les parties de l'Empire ; non que je craigne
le retour des ligueurs, des frondeurs et des
chouans, mais parce qu'il est sage de consul-
ter l'expérience avant d'aller plus loin.
Ces compagnies seraient comme autrefois
sous la surveillance de l'autorité et il serait
pris des mesures de police peur prévenir les
accidents.
Le conseiller d'Etat
(Préfet de Police)
Dubois,
(F7. 3120.)
Stendhal et les Lyonnais (i). —
Lorsqu'en 1838 Stendhal publia, chez
l'éditeur Ambroise Dupont, 7 rue Vi-
vienne, à Paris, ses Mémoires d un Tou-
riste, la description qu'il y donnait de
Lyon, de ses monuments, de ses mœurs
et de ses coutumes, description très spi-
rituelle, mais évidemment fantaisiste en
(i) Cf. sur Stend'ual plagiaire noUtXtiixs.
au Mercurf. deFrance à\x i®"^ février t9lo,p,
567-569etlacorrection que nous avons donnée
au numéro du i^ï'juin 1910, dans notre lettre
sur VEmpire L.béral, p. 573, lettre à la-
quelle a bien voulu se reporter M. E. Bar-
thélémy \M n' du î*' décembre 1910. Sur les
plagiats de Stendnal et l'Angleterre, il existe
maintenant une étude, incomplète, de Doris
Gunnell : Stendhal et l' Angleterre^ thèse de
l'Université de Paris paruj en 1908 et réim-
prim.ée en 1909, dont M. F. B^ldensperger a
donné une trop rapide analyse p. 77-78 de la
Revue Germanique, içio. M. Jean Mélia,
dans Stendhal et es comvientateun (Paris,
191 1), ignore, au chapitre : Stendhal com-
menté de soy- viv.mt, p. 27-207, le passage
que nous e.xhumons.
W 1336 Voî. LXVI.
■ 185
plusieurs points, suscita, de la part des
littérateurs groupés autour de la très vi-
vante et très intellectuelle Revue du Lyon-
nais, que dirigeait le polygraphe F -Z.
Collombet en union avec l'éditeur Léon
Boitel, une protestation que l'on n'a pas
songé à exhumer jusqu'à présent et qui
est restée enfouie au t. IX (1839) de cet
organe. Après avoir rcimprimé, p. 48-68,
l'essentiel de cette centaine de pages, sous
la rubrique : Littèrahire^ et avec une Noie
du Directeur ile la Revue, c\u\ graphie fi<ïî7(?
le patronymique de l'auteur incriminé, la
Revue s'en prit à Stendhal dans deux ar-
ticles bibliographiques émanant, l'un
(p. 69-73) d'Amédéc de Roussillac, l'autre
(p. 86-89), de H. Leymarie. Ces articles
relèvent les incongruités tt légèretés des
Mémoires en termes assez violents.
«
il nous 3. failli, dit Roussillac — qui prend
sérieusement Beyle pour un négociant fai-
sant son tour de France pour vendre du fer,
auquel l'idée serait venue de griffonner
ses impression* de voyage, mais qui aurait
dû s'en tenir là et les garder en portefeuille
avec ses comptes et ses bordereaux — notre
amour bien connu de la localité et le soin
constant qui nous piéoccupe de fixer l'atten-
tion sur tout écrit ayant trait à notre ville
pour lire cet étonnant ramassis de détails
communs, de choses banales et d'idées
saugrenues. Ce qu'il y a de plus comique
dans ce marchand de fer, c'est qu'il veut être
léger, spirituel, et sa prétendue légèreté
nest que l'absence de toute maturité de
pensée ; il joint à une suffisance baroque un
aplomb étouidiosant et assommant. Il sautille,
il divague, il digresse à tort et à travers ; il
dit des riens sur les choses les plus impor-
tantes, . .
Et l'on conclut :
11 nous a donc semblé utile de signaler les
Mémoires d'un louristi comme une œuvre
d'ignorance et de mauvais goût, sinon de
mauvaise foi
H. Leymarie s'occupe, naturellement,
surtout des bévues archéologiques de
Beyie, « à qui l'on doit dcja le roman de
Rouge et Noir, plus deux volumes sur
l'Italie >> et en qui, lui aussi, il reconnait
« une suffisance et une légèreté incroya-
bles ». C^n sait que Beyie, dans cet ou-
vrage, copiait textuellement des pages en-
tières de son ami, Prospor Mérimée,
source principale de son savoir archéolo-
gique. M,:is ce que Leymarie combat
surtout, c'est la bizarre conception qu'a
L'ÂNTERMEDiAIRB
184
l'auteur de problèmes où son incompé-
tence tranche avec cette impertinence ca-
valière qui le caractérisait, entre tous les
écrivains de l'époque.
11 a beau protester de son profond senti-
ment des arts, il a beau faire semblant de se
cacher aux yeux de ses amis de Paris pour
parler d'archéologie à son aise, on voit qu'il
appartient à cette petite portion de la fashion
pOur laquelle l'art est un sujet de conversa-
tion, rien de plus.
Le gothique, que Beyie appelait un style
« qui cherche à étonner », avait, on le
sait, à cette date, le dédain des salons pa-
risiens, admirateurs du plein cintre et de
la ligne horizontale.
Parlez à M. Bayle (sic) du type grec, ro-
main, ou au moins bysantin ; très bien, il
est des vôtres ; mais est-il question du style
pointu, du gothique orné, de l'art français
dans toutes ses branches, oh ! alors, il sourit
dédaigneusement et voas tourne le dos.
Au demeurant, à travers les singulières
observations de l'auteur, l'on rencontrait
de bonnes appréciations du style antique et
le fanatisme que professait pour lui Beyie
ne laissait pas d adoucir Leymarie.
Par sa liaison avec l'zntiquité romaine, le
genre bysantin a trouvé quelquefois grâce
devant ses yeux, et l'admiration que nous
inspire aussi cette école, diminue un peu
pour nous les torts de M. Stendhal. Il ne
fallait pas moins, pour nous empêcher de
fermer le livre dès les premières pages, tant
est grande l'imprudence avec laquelle il
tranche les questions dont il n'a fait qu'ef-
fleurer la surface. . .
Nous avons, dans un article delà Revue
des Langues Romanes (tome LIV, p. 504,
note 2), déjà relevé la comique bévue de
Monsieur Victor Giraud, lequel, à propos
précisément des Mémoires d'un Touriste,
s'imagine, en 1903, que le Rehoul qui y
est cité comme s'étant entretenu avec
Mme Roland dans son cachot en 1793,
n'était autre que le poète nimois, auteur
do L'Ange et l'Enfant, qui naquit en 1796!
Voilà à quoi sert de professer la littérature
dans une Université helvétique.
Camille Pitollet.
Li Directeur-gérant :
GEORGES MONTORGUEIL
Imp. Oanu.i-Cham80k, St-Amand-Mont-Rond
LXVI* Voinme Paraissant Us to, 30 et }0 àe chaque mois
20 Août 1913
48» Année
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DES
CHERCHEURS ET CURIEUX
Fondé en 1864
QUESTIONS ET REPONSES LITTERAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUE
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
18:
186
Nous prions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
de leur pseudonyme, et de n'écrire qua
d'un côté de lafeuille. Les articles ano-
nymes ou signés d? pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cota.
Qiiand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauj exception,
n'est pas insérée^ mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux suinter dit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
(BHueôtianô
Les Noyades de Nantes. — Est-il
vrai que, vu le grand nombre de cadavres
ramenés à Nantes par le flux, la munici-
palité défendit de boire l'eau de la Loire et
de manger de son poisson ? U.
Louis-Philippe, le 24 février
1848. — Dans quelle voiture a-t-il quitté
Paris? On parle toujours d'un fiacre :
était-ce bien un fiacre ?
Question posée pour un croquis d'his-
toire dessiné. O. M. peintre.
Victor Hugo, maire de Paris. —
M. Jules Claretie, dans sa dernière Vie à
Paris, ce tableau philosophique, si animé
publié
des événements contemporains
ce post-scriptum :
Un de nos lecteurs me pose une question
que j'aurais bien envie de transmettre à l'In-
termédiaire des chercheurs et curieux.
M. Montorgueil la pourra recueillir. A pro-
pos de la promotion qui fait si justement de
M. Jean Richepin un officier de la Légion
d'honneur, mon correspondant me demande :
— Savez- vous que M. Richepin n'est pas le
seul maître poète qui ait été maire et ait eu
le droit de porter l'éoharpe tricolore ? Dès le
lendemain du 24 février 1848, Victor Hugo
était nommé maire d'un arrondissement, le
78, je crois. Pouvez-vous confirmer le fait,
dont j'affirme l'exactitude ?
Il est parfaitement vrai que Victor Hugo
fut aussi nommé maire, et je me rappelle
avoir lu la nouvelle dans les journaux du
temps (on pourrait la retrouver). Sans doute
le poète n'accepta pas cette fonction. Pour-
quoi ? 11 ne l'a jamais dit, que je sache.
Âlais Faimable lecteur qui me pose ce point
d'interrogation est bien informé, et avant
d'être député de la Seine, Victor Hugo fut
maire à Paris en 1848. C'est un détail inté-
ressant et ignoré de l'histoire du poète des
Rayons et hs Ombres.
Comme on le voit, notre éminent con-
frère, pour répondre, pouvait se passer
de nos lumières : il dit tout ce que l'on
sait sur cette particularité de la vie du
poète illustre, à moins qu'il n'existe quel-
que part, trace d'une confidence ignorée,
qui révèle pourquoi Victor Hugo, maire de
Paris, n'accepta pas Técharpe.
*
Dans le numéro suivant, M. Jules Cla»
retie écrit ;
J'ai reçu d'un hugophile très averti, M.
Lucien Pallez, le sculpteur, l'auteur de la
LXV- 5
I
N* i|37 Vol. LXVI.
,87 ^
Statue de Victor Hugo qu'on voit à Rome,
une réponse à la question posée : < Victor
Hugo fut-il maire de Paris ? »
M. Pallez s'étonne qu'une page de Chose:;
vues où Victor Hugo lui-même conte l'aven-
ture m'ait échappé. Je n'oubliais point cette
page. Je voulais constater que la nomination
de maire avait été publiée par les journaux.
C'est au huitième arrondissement — celui
de la place Royale — que le poète avait été
élu.
— Ne refusez pas notre brevet, lui dis.^.it
Arago.
— Je le prends pour les autographes, ré-
pondait Hugo.
Et Armand Marrast, en riant :
— Oui, gardez-le, pour que vous puis-
siez dire que, du jour au lendemain, vous
avez été pair et maire.
Lamartine, plus grave, entraînait son ami
dans l'embrasure d'une croisée (à l'Hôtel de
Ville), et disait :
— Ce n'est pas une mairie que je vou-
drais pour vous, c'est un miiiistère. Victor
Hugo, ministre de l'instruction publique de
la République !
Peut-être, avant Lamartine, Victor Hugo y
avait-il songé. — /. C.
Rue Madame. — D'après le Livte
commode dt Blégny du Pradel (i) il y avait
à Paris, en 1692, une rue Madame que ni
La Tynna, ni les frères Lazare ne citent
dans leurs dictionnaires. Ce n'est certai-
nement pas la rue Madame actuelle qui ne
fut ouverte que dans les dernières années
du régne de Louis XVI.
S'il n'y a pas là une erreur de l'auteur
du Livre commode, peut-on dire où était si-
tuée cette rue ? H. M.
Parc de Neuilly. — Un tableau de
Th. Gudin (1802-1879) à Chantilly (col-
lection de Mgr le duc d'Aumale n" 472)
représente une »< vue du pont suspendu
du parc de Neuilly ». Ce pont paraît jeté
sur un vaste étang entre une île boisée et
la rive. Cet étang existe-t-il encore P Ou
était-il situé ? Humanus.
Le mont Pagnotte. — Je lis dans la
Revue Jci Deux-Mondes du r' Décembre
1881, dans les Etudes diplomatiques du
duc de Broglie :
Le roi [Louis XV] finit par laisser tomber
celte parole indifférente ; « Nous n'avons
qu'une chose à faire, c'est de rester sur le
(i; Tome l•^ page los,édit. Tournicr.
L'INTàRMBDIAIRB
188
mont Pagnotte ». A quoi le marquis de Sou-
vré répliqua vivement : « Votre Majesté
aura froid, car ses ancêtres n'y ont pas
bâti ».
Le mot de Louis XV est caractéristique
par sa trivialité même. . page 496.
— due signifie le mot trivial : mont Pa-
gnotte ? Je serais très reconnaissant à Pai-
mable intermédiairiste qui voudrait bien
me l'expliquer. Piton.
Hélène America Vespucci. —
Cette descendante d'Americ Vespuce, is-
sue de la meilleure noblesse florentine et
élevée à la Cour de Toscane, poussée par
un esprit romanesque et aventureux,
quitta Florence en 1834, voyagea en Eu-
rope et se rendit à Paris vers la fin de
l'année 1836.
D'une beauté, d'un esprit et d'une no-
blesse dans sa tenue extraordinaires, elle
reçut des marques spéciales de protection
de la Cour française, notamment de la
Reine Marie-Amélie. Elle devint aussi
l'amie et la protégée de la comtesse Ap-
ponyi, femme de l'ambassadeur d'Autri-
che. Mais le bruit ayant couru d'une
folle passion du duc d'Orléans pour la
merveilleuse italienne, elle fut priée, pa-
rait-il, en haut lieu, de quitter Paris.
Si cela est arrivé, on a dû toutefois y
mettre des formes, car elle obtint de
chaudes lettres de patronage de la Reine,
une recommandation pour le corps con-
sulaire français et une autorisation du Mi-
nistre de la Marine de prendre passage à
bord d'un navire de l'Etat.
Elle débarqua à Rio de Janeiro le 16 mai
1838; en automne, elle était à New-York.
La presse et le public lui firent un accueil
enthousiaste. Elle adressa au Congrès
une pétition pour être adoptée par l'Union
comme petite-fille de celui qui avait
donné son nom à l'Amérique. Des mee-
tings se tinrent, où elle eut des partisans
et des détracteurs. Certains Etats, tels
que rOhio et le Missouri, lui votèrent des
dons nationaux ; le sénateur Walker, Ja-
mes Buchanan et autres notabilités se
rangèrent parmi ses partisans. Mais le
Congrès repoussa le projet de loi, tout
en ouvrant des listes particulières de
souscriptions en faveur de Mademoiselle
Vespucci.
Alors, par une lettre très digne, elle re-
fusa le produit de ces souscriptions qui
DES CHBRCHBURS BT CURIEUX
189
so Août 19I2
190
s'élevait déjà à une somme de 100,000
dollars, disant qu'elle était venue deman-
der un droit d'asile et non une aumône.
Elle passa en 1840 à Cuba. De là en
Angleterre, bien reçue par la haute so-
ciété de Londres. Elle logeait 106 Sloane
Street, où elle se lia d'une sincère amitié
avec le prince Louis-Napoléon, depuis
empereur.
Sa vie a passé presque entière en voya-
geant de Londres à Florence, de New-
York à Madrid, très appréciée dans la so-
ciété des beaux noms et des hautes intel-
ligences de son époque. Elle était appuyée
par la Cour d'Autriche ; et la reine d'Espa-
gne l'avait décorée et nommée chanoi-
nesse de l'ordre de sainte Thérèse.
Vers les derniers temps de sa vie, elle
se fixa définitivement à Paris, y condui-
sant une vie respectable et largement ai-
sée. Elle est morte en 1867, à son domi-
cile rue de la Pérouse 27 .
On a de cette charmante et singulière
femme une autobiographie : Six années
de ma vie,deii publications sur l'Esclavage
américain, etc., etc.
Je demande a ceux des intermédiairis-
tes et collectionneurs d'autographes, qui
auraient eu occasion de rencontrer des
lettres et manuscrits de Hélène America
Vespucci, de me les signaler, ainsi que
tous les détails et épisodes, qui pour-
raient servir à une plus ample connais-
sance de cette remarquable personnalité
féminine du siècle passé.
COLOCCI.
Famille de la Berlouche, ou de la
Bertouch'ô ? — Existe-t-il en France
quelque descendant du baron de la Ber-
touche ou de la Berlouche, dont l'une des
12 filles avait épousé un Clary, de Mar-
seille, beau-frère de Joseph Bonaparte et
de Bernadotte.? J. M.
Bourbel. — Pourrait-on avoir des dé-
tails sur un M. de Bourbel qui avait tué
en duel le grec Haidé ^ Ainsi s'exprime
une dame qui écrivait d Italie à des amis
de Paris. Ce M. de Bourbel avait passé
l'hiver de 1833 à Florence, où il tenait
grand état de maison, recevait et donnait
des bals ; mais on le considérait comme
un espion du gouvernement de juillet.
Henry Prior.
Un portrait de Chateaubriand. —
Hilaire Ledru^né à Oppy, près Douai, vers
1769, mort à Paris, 6 boulevard Poisson-
nière le 29 avril 1850 (et non le 2 mai) a
exposé au Salon de 1822, un portrait des-
siné de Chateaubriand qui lui avait fait
obtenir un secours annuel de 600 francs.
Où se trouve maintenant ce portrait ?
On désirerait également retrouver les
œuvres originales de Ledru (autres que
celles conservées aux musées de Douai et
de Lille) et notamment les portraits de
Mlles Meiières et de Dalayrac qui figurè-
rent en 1866 dans la vente Hedouin.
Il avait aussi écrit des notes autobio-
graphiques dont la partie antérieure à
1789 aétépubliée dans les Souvenirs de la
Flandre l^^//(3««^ (tome XIll, 1873)^
Que! est aujourd'hui le possesseur de
ce manuscrit ? Ch. S.
L'amiral de Lacrosse. — Le ta-
bleau dePMlippoteaux où il figure.
— 1° Qu'est devenu un tableau de Phi-
lippoteaux, quia figuré à l'un des salons
de 77 à 80, représentant le capitaine de
vaisseau de Lacrosse a bord des « Droits
de l'Homme » pendant un combat de
1797-
2"* Pourrait-on obtenir des renseigne-
ments ou des documents sur l'amiral de
Lacrosse (1760-1827) portraits, lettres,
armes, brevets, rapports, etc ?
F. DE SOLIÈRES.
Famille de Malherbe — On trouve
dans la généalogie des Turgot plusieurs
alliances avec des membres d'une fa-
mille de Malherbe. Or, François de Ma-
lherbe était normand comme les Turgot.
J'ai beau consulter les biographes, je ne
trouve rien sur les alliances du poète. Jal,
toujours si renseiî^né, n'a pu dire à qui il
avait été marié. Pourtant, il eut un fils,
Marc-Antoine de Malherbe, qui périt dans
un duel La question est digne de l'Inter-
médiaire et je demande à mes collègues,
des notes sur les alliances de famille de
François de Malherbe, et si je peux le rat-
tacher aux Turgot. E. Grave.
Famille de Montsaulnin. — Je se-
rais fort obligé si l'on pouvait me dire :
1° De qui était fille Aimée de Mont-
saulnin, religieuse à Crisenon en 1620.''
2° De qui était fils Claude de Monsaul-
N« 1337. Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
191
192
nin écuyer, demeurant à Monceau en
Auxoisen 1700, marié à Renée Damoiseau,
fille de Claude César, sieur de IVlontarin,et
de leanne de Morillon ?
Si de ce mariage il y a eu d'autres en-
fants que Claude, aussi écuyer et vivant
en 1727 ? ^^ti.
Si ce dernier a été marié et a laissé des-
cendance ?
3° Si Antoine de Montsaulnin écuyer,
mort à Vic-sou5-Tliil,le 18 février 1748,3
72 ans, marié à Colombe de Léviston,
morte en 1757, à 90 ans, a eu de celle ci
d'autres enfants que : i" Antoine Charles,
curé de Millery ;
2" Anne Colombe iTftriée (?)
4° Si François de Montsaulnin capi-
taine, a eu des enfants d'Eugénie Baudouin
d'Orville qui fit son testament à Semur en
S" De qui était fille Caroline de Mont-
saulnin morte le 3 octobre 1817 ?
6» De qui était fils Amable, vicomte de
Montsaulnin, marié à Madeleine-Henriette
Rollet-Davaux. Enfin si ces derniers ont
eu aussi des enfants? S. G. L.
SEiint-Aulaire, acteur. — Qu'est-ce
que P.-J. Porlier-Pagnon,dit Saint-Aulaire,
sociétaire de la Comédie Française, né en
179}, mort en 1864 ? D'où vient son sur-
nom, célèbre dans l'armée, à l'Académie,
les ambassades ^ Quel rapport plus ou
moins lointain avec la fam.ille illustre de
ce nom 1
Petracorensis.
La Taglioni. — Je désirerais avoir
des renseignements, anecdotes, dates, etc.
sur les ancêtres de la célèbre danseuse
MarieTaglioni ; peut-être quelque aimable
correspondant pourra-t-il me répondre ?
P. A. T.
Famille de Marie- Angélique
Wallon. — Quelle était la famille, c'est-
à-dire le père et la mère, et, s'il se peut,
les quatre aïeuls de Marie-Angélique Wal-
lon, mariée à Louis Marquct, comte de
Montbreton, frère de Norvins ? Celui-ci
parle d'elle comme d'une « riche héritière
de Picardie >, mais je ne crois pas qu'il
donne d'autres détails.
Un document de la cour de Vienne que
j'ai entre les main<^., dit que cette frmille
figure à y Af mariai général — qu'il m'est
en ce moment impossible de consulter —
que le père de Marie-Angélique était
« écuver du Roi » et son grand-oncle Ni-
colasWallon, «chevalier de Saint-Louis. »
Quelles étaient les armes .''
Inutile de me renvoyer à ses descen-
dants. Bénédicte.
Tugdual de Karmoisien ; ses ar-
moiries. — Connaît-on le blason de
Tugdual de Karmoisien, surnommé Bour-
geois, bailli de Troyes, qu'Alain Chartier
appelait un bon et vaillant chevalier et
qui fut tué au siège de Cherbourg en
1450 ?
11 eut pour femme, dit La Roque, Marie
de Garencières, dame de Macy, de Croisy,
et du Puiset, fille de Jean de Garencières
et de Jeanne de Villiers.
De ce mariage était issue Jeanne de Kar-
moisien qui, au mois d'août 1477, épousa
Jean de Gaillon. ' Qy^siTOR.
Armoriai du roi Murât. — Existc-
t-il un armoriai renfermant les anoblis-
sements faits par le roi Murât durant son
séjour dans le royaume des Deux-Si-
ciles ?
B. P.
Standesherren allemands. •- On
sait que l'on appelle ainsi les anciens
princes souverains, aujourd'hui média-
tisés. Un confrère érudit pourrait-il m'in-
diquer les droits qui leur ont été oc-
troyés et laissés jusqu'à nos jours ? Les
princes médiatisés sont encore, en quel-
ques points, pour leur rang de noblesse,
les égaux des princes régnants ; parexem-
ple les membresde familles régnantes peu-
vent s'unira des membres de familles mé-
diatisoes sans mésalliance, et cela se voit
souvent. Les médiatisés qui ont le titre
de prince s'appellent Altesses Sérénissimes
ou Durchlaucht ; les comtes sont Mes-
seigneurs ou Erlaucht : tous appartien-
nent à la haute noblesse (der hohe Adel).
De plus les médiatisés siègent de droit et
héréditairement aux premières Chambres
des Etats particuliers de l'Allemagne. Mais
sont-ce les seules prérogatives qui soient
restées aux médiatisés dans l'Allemagne
contemporaine ? A côté de ces hochets de
vanité nobiliaire, ont-ils encore d'autres
droits, par exemple le droit de percevoir
certaines contributions spéciales sur leurs
anciens sujets, ou quelque autre droit,
DiiS CHERCHEURS. HT CURîEUA
20 Août lifl2
'93
194
rappelant leurs anciens droits féodaux et
souverains ?
Par la même occasion, pourrait-on me
dire la différence exacte qui existe entre les
trois formes suivantes de propriété ter-
rienne, vestiges de l'ancienne féodalité
qui subsistent encore en Allemagne :
freie Standes herrschatt, fideicommis et
bien noble (en allemand Rittergut ) ?
Quels droits y sont attachés ?
ZWEIROT.
Le premier tableau médaillé de
Jules Dupré. — Jules Dupré obtint sa
première médaille au salon de l'Exposi-
tion universelle de 1867 pour un tableau
représentant « Un passage d'animaux sur
un pont en Berry. »
Ce tableau a-t-il été reproduit par la
gravure ou dans un ouvrage quelconque
sur l'Exposition de 1867 ?
Dans quelle collection ou Musée se
trouve-t-il aujourd'hui ?
N'est-il pas figuré dans la collection du
D' Desmares, oculiste à Paris vers 1870 à
1887 ? C. G.
Les encriers célèbres. — Je sais
bien que \' Intermédiaire a horreur, avec
juste raison, des « listes », on ne sait
jamais quand ça finit. Cependant je de-
manderais qu'on nous parle, pour en dres-
ser la revue, des encriers célèbres qui sont
conservés. R. B.
La g 'uèse du « Rêve » de Zola.
— On a prétendu que le Rêve, de Zola,
qui ne va guère dans la logique de son
œuvre, avait été écrit à la suite de l'acqui-
sition que fit le romancier d'un bréviaire .
Que vaut cette légende? L. V.
« Aujourd'hui, Dieu s'est montré
bon français » - Quel est le roi de
France qui aurait dit, après une victoire :
« Aujourd'hui, Dieu s'est montré bon
français » .? G. G.
Le chien Berganza. — Dans le Salon
de 1846 de Baudelaire, il est question du
« chien Berganza » qui « fuit ardemment
les bas-bleus » et prononce ces « sages
paroles » à propos de Corinne :
Quelque beaux que puissent être '^onbras
ou sa main, jamais je n'aurais pu supporter
ses caresses sans une certaine répugnance,
un certain frémissement intérieur qui m'ôte
ordinairement l'appétit. Je ne parle ici qu'en
ma qualité de chien.
Baudelaire ajoute que certains portraits
de femmes, parFlandrin, Lehmann, etc.,
lui font éprouver la même sensation que
le « spirituel Berganza »
Quel est ce chien bel esprit et « anti-
léministe ^ ? Dans quel livre tient-il ses
discours ?
Arsène Alexandre.
■? Madame Roland »%drame — Dans
son opuscule sur la Comédie Française,
(p 156) Charles Maurice prétend qu'il pa-
rut, en 1794, un drame sur Madame Ro-
land^ qui fut présenté au Théâtre de la Ré-
publique.
Je ne vois nulle part, qu'une pièce de
ce genre ait été envoyée aux comédiens
de la rue de Richelieu, et encore moins
jouée.
?i, toutefois, elle a jamais existé, qui
pourrait bien en être l'auteur .?
Paul Edmond.
Origine du nom de Mistinguett.
— On sait comment ce nom est agréable-
ment porté. Ne serait-il pas de vieille
souche française ? Je lis, en effet, dans une
bibliographie cette indication : Plaisantes
idées du sieur Mistanguet^ parent de Brus-
cambille 16 n^. Paul Edmond,
L'Ordre de la Pomme Verte. —
C'était un ordre maçonnique qui fut fondé,
vers 1780, en Allemagne, et qui trouva,
parait-il, des adeptes en France. On y ad-
mettait également hommes et femmes.
Existe-t-il encore? Et a-ton quelques
renseignements sur son organisation et
ses agissements ? Sir Graph.
Kéacfif pour taire réapparaître
l'écriture. — Je possède un ouvrage
dont il ne reste sur le titre que la signa-
ture autographe d'un personnage célè-
bre.
D'autres notes du même personnage,
ont été non grattées, mais effacées par un
acide. N'y aurait il pas moyen de faire
réapparaître les anciens caractères au
moyen d'un réactif.''
L'Ingénu.
N» ij|37 Vo!. LXVI.
'■ 19?
|.|NT^iii4|0||V^I^I?
\9P
Répouees
Jejm-Jacques Rousseau: sa mort
(T. G. ,789 ; 1 ; IX ; XI;X1V;XXII| ;XXXI;
LV). — On pouvait supposer qu'après
l'ouverture des tombeaux du Panthéon,
on était fixé sur la mort de Rousseau. Il a
été constaté, en effet, et procès-verbal en
existe, que le corps de Jean-Jacques repo-
sait entier dans son cercueil inviolé, et,
en outre, par M. Berlhelot, qui Ts dit
bien haut, en examinant le crâne du
squelette, que ce crâne était intact ; qu'il
n'y avait ni trace de fracture, ni traco de
perforation; c'était pour écarter définitive-
ment la thèse du suicide ou de l'assassi-
nat.
Cependant, le docteur Jules Raspail,
petit-fils de Xavier Raspajl, vient c^e rou-
vrir bruyamment cette controverse par
une étude fort longue pi)t>liée dans la Re-
vue de Parts ( 1 o août 1912).
Il soutient dans cette étude que Jean-
)acques Rousseau a été assassiné, et que
l'assassin, c'est Thérèse Levasseur.
Pour soutenir le crime, il s'appuie sur
l'examen qu'il a fait de l'original du
moulage sur nature exécuté par Houdon
le Jour même de la mort. Cet original est
— croit-il — en sa possession.
On sait qu'il existe un autre moulage
qu'on prétend également être celui de
Houdon qui est au Muséum, et qui pro-
vient de la galerie du docteur Gall.
Il y a cependant apparence, que si l'up
des moulages est le vrai, c'est celui que
possède le I.'' Jules Raspail, en ce sens
qu'il se rapproche le plus du buste que
Houdon a fait d'après ce moulage
C'est donc sur cette pièce que M. le D""
Raspail base toute son nrgumentation. 11
élève les ecchymoses qu'on y remarque à
la hauteur d'une brisure.
On sait que Rousseau, pris de conges-
tion -- congestion constatée par les cinq
médecins qui l'ont autopsié — était tombé
à terre, et qu'il s'était blessé au visage,
qu'on le releva tout sanglant. Mais ses
blessures étaient superficielles.
Le D' Raspail. d'après son moulage, est
persuadé qu'elles étaient profondes, que le
crâne a été défoncé.
C'était l'avis de son grand-père qui di-
sait : « je trou du front est déchiqueté
copirpe 1^ sonj: les coups portés p^r un
marteau ou un autre instrument conton-
dant ; l'oscju ffont a cédé sof^s la forcedu
CO|.|p. »
Ainsi, le crâne était défoncé, et les
cinq piédecins qqi ont pratiqqé l'autopsip
n'v ont rien vu, et le scqjpteur qui a
moulé la tète n'y a rien vu ; et M. de
Girardin n'y a rien vu. Tout le monde
s'est mis d accord pom" masquer le crime.
Ce crinie avait été accompli par Thé-
rèse. M. le D"" Jules Raspail l'accuse for-
mellement. Poufquoi? « Parcç que dans
les derniers moments de son séjouf à Er-
menonville, dit-i), Roijsseau avait été in-
formé de l'jnconduite de sa compagne : il
avait appris ses rapports scapdaleux avec
un palefrenier de M. Girardin. Thérèse
menacée se voyant à la veille d'être
chassée honteusepiept, pne scène violente
se déroula avec une extrême rapidité ;
elle renversa RoiJ^seau; se saisit du pre-
mier instrument qu'elle trouva à portée
de sa main et en frappcj le malheureux à
plusieurs reprises. Trois coups portèrent
dans la figure : le premier étourdit la vic-
time, l'un des deux autres détermina une
blessure mortelle. >»
Tel est le roman imaginé par le P''Jqle^
Raspail.
Mais alofs que 4^vient l'of^servation
faite au Pantjiéon, sur le crâne même, par
Berthelot et tous les assistants ^ Il fut
aisé de voir que le crâne était mdemne.
Mon Dieu, c'est très simple. Le sque-
lette qui est dfips le topibeau n'est pas
celui de Rousseau. On a substitué qnautre
corps au sien. Qu'a-t qp fait du sien ?
mystère. D'où venait )e corps qu'on y
substitua ? mystère I qiii fit la substitu-
tion ? 01} .'' quand ? comment ? mystère !
Nous inclinons volontiers au romanes-
que, et cetfe histoire |rouve un crédit sin-
gulier dans l'opjnion et aussi auprès des
journalistes.
Quoi qu'il en soit. M. le D' Jules Ras-
pail cjemandc que l'on ouvre à nouveaq le
cercueil du Panthéon, et que l'on com-
pare le crâne qui s'y trouve avec }e mou
lagc qu'il possède: s'il n'y a pas identité
absolue, il s'en tiendra à ses conclusions.
Et s'il y a identjjé, le philosophe aura été
secoué une fois de plus. Depuis un cer-
tain temps, c'est assez souvent son tour.
Nous nous devons de signaler cette con-
troverse : elle f^it suite à celle ouverte
DBS CHERCHEURS BT CURIEUX
20 Août 191»
197
198
dans nos colonnes il y a quaranre-huit
ans et que nous supposions définitive-
ment close par le procès-verbal d'ouver-
ture des tombeaux en décembre 1897.
M.
Diamants et bijoux de Marie- An-
toinette ^XV, 74 ; LXVl, 90). — Voici
ce que je sais au sujet de ces diamants :
Parmi les bijoux personnels de l'Impé-
ratrice Eugénie, il y avait entre autres,
les boucles d'oreilles magnifiques formées
de très grosses perles en diamants quj ve-
naient de la Reine Marie Antoinette.
L'empereur Napoléon III les avait acquises
au moment de son mariage.
M°^ Carette, Souvenirs intimes de la cour
des Tuilefia, 1, p. 178. Df" J. B.
» *
Une partie des bijoux de la reine Marie-
Antoinette a été achetée par l'amiral comte
Litta Visconti Arese, gentilhomme italien,
au service de la Russie. Parmi les bijoux se
trouvaient les girandoles cjui intéressent
M. Germain Bapst. Voici, en effet, ce que
l'amiral écrivait de Pétersbourg à un fa-
milier qui habitait Mjlan en 1824 :
Pour le premier de l'an j'ai offert à la
Comtesse les fameuses boucles d'oreiUes qui
appartinrent à la reine de France Marie-
Antoinette et dont Madame Campan parie
dans ses Mémoires, vol. Il, page 2.
A la mort de la Comtesse Litta en 1829,
ses bijoux furent partagés entre son mari,
sa fille d'un premier lit — la Princesse
Bagration — et sa petite-fiUe, également
d'un premier lit, la Comtesse Julie Sa-
moylofî. La part échue à ces deux der-
nières fut sans aucun doute dispersée
avant leur mort.
L'Amiral Litta mourut en 1839 el laissa
la presque totalité de sa grande fortune
à des parents d'Italie. Les bijoux qui re
vinrent ainsi dans sa famille subirent na-
turellement bien des péripéties depuis
cette époque jusqu'à aujourd'hui, je sais
cependant où se trouvent quelques-uns
de ces bijoux et, entre autres, une fort
belle plaque en brillants, servant de fer-
moir, et qui provient de la reine. La mon-
ture en est merveilleuse de légèreté.
JÉROBOAM.
La cour de Philippe — égalité
(LXVl, 98). — On pourrait trouver quel-
ques renseignements, particulièrernent
une description du Raincy, dans : Iules
janin, Paris H Versailles il y a cent ans,
chap. xxxiv, Une maîtresse de Philippe-
Egalité, page 367, édition in-8°, Didof
1874.
Jules Janin y cite beaucoup Madame
Eliiot qui pourrait donner d'autres dé-
tails. L. DEN1Q.UET.
Contrats de mariage signés pa;*
le Roi, avant la Révolution (LXV ;
LXVl, 99). — Saint-Simon s'y connais-
sait. C'était surtout un honneur que le
roi entendait faire en signant à un con-
trat de mariage. Cette manière de voir
est confortée par Dangeau. A la date du
2 février 1686, on lit dans son Journal, à
propos du mariage de Mlle de Tonnerre,
fille d'honneur de la Dauphine, avec M. de
Mussy, gentilhomme dauphinois :
Le roi refusa de signer son contrat de ma-
ri-ige, en disant qu'il ne vouloit faire cet
honneur-là qu'aux personnes dont il avoit
été content.
B.-F.
*
» •
Nous devons être très reconnaissants à
notre aimable collègue Britannicus de la
communication qu'il a faite, à V Intermé-
diaire des documents relatifs à la famille
du Botdéru — communication des plus
intéressantes, car elle prouve avec quelle
soin et quelle rigueur se faisaient, à la
veille même de la Révolution, les preuves
pour les honneurs de la Cour.
Mais Britannicus nous permettra bien
de lui dire que l'assimilation qu'il fait
entre les signatures de contrats de ma-
riage et les preuves de cour, aurait be-
soin d'être prouvée — ce qu'il ne fait
pas.
Ce qu'il faudrait en effet démontrer (et
c'est là le nœud même de la question (^ue
j'ai posée), c'est que la faveur de la si-
gnature par le Roi aux contrats de mariage
n'était accordée qu'après vérification et
examen des énonciations de noblesse con-
tenues dans ces contrats et notammeri^
des titres qui y étaient attribués ijux ma-
riés ou à leurs ascendants directs.
Dans cette hypothè e,en effet, la pos-
session de contrats signés par le Roi, et
où les mariés ou leurs ascendants seraient
qualifiés, par exemple, comtes ou mar-
quis, pourrait être, à bon droit, consi-
dérée comme fournissant preuve suffi-
s» 1337. Vol. LXVI.
199
santé de l'existence régulière desdits titres
de comtes ou marquis, (ce qui serait des
plus importants actuellement, par suite de
la disparition presque complète des ar-
chives de beaucoup de familles.
Bellechasse.
L'armoire des cœurs à Saint-
Denis Lecœur deKei:ri IViXLll ;
XLlll ; XLVl ; LXUI ; LXV ; XLVl, 257,
439) — Nous avons déjà parlé de la des-
truction du cœur de Henri IV. Le D'Condé,
dans les Annales flccboisei n» 67 (912), h
publié une étude sur le docteur Boucher
qui recueillit les restes de ce cœur. Nous
y relevons ce passage :
Depuis le 0 juillet 1814, les cendres du
cœur de Henri IV (et sans doute celles du
cœur de Marie de Médicis, malgré qu'il
n'eu soit pas question dans la relation de
Ch. Boucher), sont donc déposées dans la
chapelle Saint Louis du Prytanée et l'on ne
peut plus ignorer « ce qu'est devenue la
bouteille » qui les contenait.
Quant à l'endroit exact où l'on peut les
retrouver, voici ce que disent MM. Calen
dini à ce sujet dans leur Guide illustre de la
Flèche et de ics environs, p. 18 : « Du côté
de l'Evangile, au-dessus de la porte commu-
niquant derrière l'abside avec la cour d'Aus-
terlitz et la sacristie, d Mausolée de Henri IV ».
Ce qui reste des cendres du roi et de la reine
est enfermé dans une petite fiole et le tout
dans un cœur doté. On le voit au milieu de
)a niche qu'entourent la Force et la Justice
(statues de Sarrazin), portant le canon et
1 épée.
< Côté de l'Epître : « Mausolée vide de
Marie de Médicis ». La Prudence et la Dou
ceur (statues de Sarrazin). »
Billets de Confiance dits Patrioti-
ques (LXlVy. — |e po^isedeun petit Hillel
rectangulaire (9 cent sur 4) dans le mi-
lieu duquel se trouve un Ecu portant le
numéro 6 ; ce billet est ainsi conçu : N"
658. bon de iix ioh payable a vue en
Billets patriotiques de Dix livres, par la
Compagnie de commission, rue des Bons-
Enfant.s n" 34. Con tôle Fol. 238, Hnre-
gistré Fol. 238. Signatures : Daire et
Tavier.
Ce dit Billet présente la particularité
détre tn p.irchenitn.jc serais reconnaissant
à mes confrères de V fntermrdiaire de bien
Vouloir me faire savoir s'ils connaissent
des Bi/lett de ec. fiait -e ou Patriotiques
imprimés également sur parchemin.
'INTiiRMÉDiAIRB
200
La ville de Vire a émis en 1792 d'abord
pour <.oixantc mille livras de Billets de
Confiance de Cinq, Dix et l^ingt Sols, en-
suite la même année d'autres Billets de
Deux Sols six Deniers ; j'ignore le nombre
de ces derniers, n'ayant pas trouvé, dans
la délibération du Conseil général de la
Commune, le montant de leur émission.
Les Billets de Confiance de Vire, impri
mes sur papier blanc, signés par deux des
douze délégués et contresignés au verso
par le Caissier, ainsi qu'il en avait été
délibéré, étaient remboursables en assi-
gnats jusqu'au i^^ juillet ijpj. Leur cour-
tage n'était que d^* un pour cent. Il
n'existe au Musée de Vire que trois de
ces Billets, un de vingt sols et deux de
Deux sols six deniers; le Billet de Vingt
Sols présente, au quatrième angle, une
petite vignette représentant une tête typo-
giciphique et les Billets de Deux sols six
Denieis montrent au même endroit une
fleur de Lys.
La grande rareté de ces Billets de Con-
fiance s'explique par l'empressement que
les porteurs ont mis à les échanger et
par l'exécution du règlement qui forçait
les rembourseurs à les détruire au mo-
ment de réchange.
Emile Ballé.
[Sur les billets de confiance, lire l'étu-
de publiée dans la Révolution fran-
çaise.^ 14 juillet et 14 août 1912, par le
lieutenant do Cardenal, sous ce titre Les
billets de confiance du département de la
Dordogne^ lyçt-iyyô. Cette étude qui sera
achevée dans ies numéros ultérieurs, est
très poussée et peut éclairer l'historique
de l'émission de ces billets d'une façon
générale.]
Généraux manchots (LXIV ; LXV ;
l.XVl, 131). — je ne sais si on a cité lord
Raglan mort sous Sébastopol en 18^5 ; en
tous cas la répétition ne tiendra pas une
grande place. Mais je réclame une men-
tion pour un vieux Romain du i" siècle
ap. j.-C. Afranius Burrus, le Burrhus de
Racine, ce préfet du Prétoire qui, à la
mort de Claude, en octobre 154, enleva si
prestement l'empire pour son élève Néron.
Il passa en son temps pour un type de
vertu, c(^ qui prouve que l'on n'était pas
difficile.
Dans une brochure que j'ai lue, mais
DES CHERCHEURS HT CUKIBUX
»o Août
91 1
201
202
que je ne tiens pas sous ma main en ce
moment, M. -Héron de Villefosse nous
apprend que — Tacite, Annales XIII. 14 —
Burrus avait perdu une main à la guerre,
et qu'il était originaire de la Gaule, d'une
ville de Provence ou du Comtat dont le
nom ne me revient pas à la mémoire. 11
est donc un peu notre et mérite de figu-
rer, à titre de lointain ancêtre, dans la ga-
lerie des généraux mutilés à lennemi.
H. C. M.
P. S. — A-ton pensé à François de
Lanout d\t Bras de Fer , 1:531-1592?
Clément Thomas (LXV, 543. 654,
80; LXVl, 105). — L'arrestation du gé-
néral Clément Thomas est racontée tout
au long d'après Cattel^iin, qui fut chef de
la sûreté de la Commune^ par Edmond
Lepelletier dans son très intéressant ou-
vrage : Histoire de la Commune en iS-j 1 , t.
I, p. 473-
Cattelain cheminait avec son ami, le des-
sinateur André Gill, entre les baraquements
du boulevard de Clichy, à la recherche d'une
boutique de pâtissier. Un horane à barbe
grisonnante marchait à côté d'eux. Non loin
se trouvait un groupe de gardes nationaux qui
fumaient en causant...
L'un d'eux se leva et vint à moi :
— Est-ce que vous n'êtes pas Clément Tho-
mas ? dit-il au vieillard.
— Oui, répondit i'ex-général.
— Vous voyez le mouvement ; êtes-vous
des nôtres ?
— Mes enfants, j'ai donné ma démission, je
ne veux plus me mêler de rien, je ne sais ni
pour V0U5 ni contre vous, vous me connais-
sez pour un vieux républicain de 48...
Voilà comment fut arrêté Clément Tho-
mas, que Gill. malgré qu'il l'ait dessiné et
malgré qu'il possédât de nombreuses pho-
tographies de lui, n'avait pas reconnu.
D' J. B.
Thiers et Gambett • : un prétendu
mot de Thiers sur les Alsaciens
(LXV, 1391. — A quel incident fait on al
lusion? Peut-être à celui-ci :
Le 27 octobre 1870, à Tours, dans le
salon occupé par M. Crémieux, une dis-
cussion s'éleva entre Thiers et Gambetta.
On prévoyait l'issue fatale, la perte du
territoire, Thiers aurait dit : x< Peuh,
qu'est-ce que cela nous fait les alsaciens?
Ils étaient allemands, ils le redeviendront;
c'est le jeu de la guerre. »
Ce propos est-il vraisemblable ?.a-t-il
été dénaturéPNéanmoins, M. Galouye l'au-
rait tenu de Gambetta lui-même. M. Ga-
louye songeait a combattre Thiers, à l'épo-
que des menées pour la restauration mo-
narchique. Il voulut se servir du propos re-
cueilli, disait-il, de la bouche de Gambetta.
et il écrivit à celui ci, qui était l'un de
ses amis de jeunesse, pour en avoir la
confirmation écrite.
Gambetta lui répondit par cette lettre :
Mon cher ami,
Je partage pleinement ton opinion sur la
valeur patriotique et les efforts libérateurs du
chef de la bouigeoisie française ; mais je suis
forcé de compter avec les forces, les demi-
forces, les quarts de forces qui constituent,
elles, toutes la résultante du parallélogramme
de la démocratie, dont je suis avant tout le
serviteur indéfectible.
Ceci pour te dire que tu peux écrire ce que
tu voudras, « citer lé propos » si cela te plaît ;
mais, jusqu'à ce que le moment propice soit
veiu (non pour moi) mais pour l'intérêt po-
litique de mon parti, je te prie de ne pas
donner mon nom. Rien ne s'oppose à ce que
« tu invoques le propos », en te refusant à en
faire connaître l'origine.
Le moment viendra oîi nous pourrons tous
raconter ce qui s'est passé entre moi et lui, le
27 ■■ctohre 1870, dans le salon que Crémieux
occupait à Tours. Mais je te connais assez, et
j'ai toujours eu trop de confiance en toi pour
insister plus longuement.
Je me résume. Le moment n'est pas encore
venu ; il viendra, et, comme je pense que
chez toi le patriotisme l'emportera toujou s
sur les préférences politiques et même reli-
gieuses, nous devrons ce jour-là nous en-
tendre.
Tout ceci n'est que pour toi, et je t'envoie
mes meilleurs sentiments d'amitié.
L, Gambetta.
Ce vendredi, 3 août 1873.
La lettre ne répétant pas le propos^ ne
relatant pas les circonstances de l'inci-
dent, on en est réduit au seul témoi-
gnage de ."Vl. Galouye. En somme, la lettre
de Gambettajconfirme que, le 27 octobre, à
Tours, entre Gambetta et Thiers, une
discussion a éclaté de laquelle Gambetta a
tiré cette conclusion que Thiers n'était
pas aussi patriote qu'il eût dû l'être.
D'ailleurs, cet incident eut une suite. Le
16 juin 1877, M. de Fourtou étant à la tri-
bune, récapitulait l'œuvre de LAssem.blée
nationale. 11 disait : »< Nous avons chassé
de France les Prussiens. » Une voix tonna
iNifiRMÈDiAiK:
N» 1337. Vo.. LXVI.
203
de l'extrême gauche : « Le libérateur du
territoire, le voilà !... »
C'était Gambetta que désignait Thiers.
On était loin de la lettre à M. Galouye.
Sincérité ou tactique : avec les hom-
mes d'Etat, sait-on jamais?
Qui était M. Galouye? V.
Textes de Traités franco-espa-
gnols (LXVl, 91). — Au lieu de : délimi-
tation de la Groiiticre dans les Pyrénées,
lire : de la frontière. Les traités se sont
succédé jusque vers 1866. — Une partie
de la Navarre espagnole, désignée dans ce-
lui de 1815b, s'appelle Qainio Real. Quelle
est-elle au juste ? Le grand Dictionnaire
géographique de Vivien de Saint-Martin
n'en parle pas, à moins qu'il ne s'agisse
du Quint (Aldudes) .
Un Pyrénéisi'e.
Rue de la Victoire (LXVI, 46, 145).
— Voici ce qu'on lit dans le Journal de
Paris, à la date du 19 nivôse, an VI
(8 janvier 1798) :
Le Département a pris, ces jours derniers^
un arrêté portant que la rue Chantv reine où
est la maison de Bonaparte, s'appellerait
désormais rue de la Victoire.
En une nuit, les nouvelles inscriptions
ont été placées. Elles consistent en lettres
gravées sur un carré long de pierre de taille
et peintes en noir, au coin de cette rue qui
aboutit à celle du faubourg Montmartre.
Une fruitière, ce matin, arrête une de ses
camarades et lui fait remarquer la nouvelle
dénomination — Ah ! bien, bien, lui dit la
camande, voilà donc qu'on ne nous deman-
dera plus où demeure Bonaparte. Une dou-
zaine de curieux qui étaient aussi arrêté.»;,
ont crié bravo à la fruitière.
Le petit peuple d'Athènes avait-il plus de
finesse et de sensibilité ?
Rendez donc à César ce qui est à Cé-
sar, et sous des prétextes spécieux, pour-
quoi, a rencontre d'Henri Martin, peu
suspect, je l'imagine, vouloir dépouiller
Bonaparte au profit des moines de Sen-
lis — ça manque d'abord de justice et,
par ce temps de liquidation, tout à fait d'à
propos.
Les curieux trouveront l'explication de
Verreut qu'a déjà relevée V Intermédiaire,
dans l'ouvrage de M. Léon Lecestre :
Lettres inédites de Napoléon I^"", t. Il, p. 33
lettre 1168.
Léonce Grasilier.
204
Le Desaix de la place Dauphine
(T. G. 272; L, 128) — Ala colonne 745 de
sa note, sous le titre <:< Santerre et la mort
de Louis XVI » notre confrère M. Camille
Pitollet nous apprend qu'on a érigé un
monument à Desaix, en 1890, à Riom, sa
ville natale.
J'ai vu ce monument en 1906 et j'ai
reconnu en lui celui que j'avais vu plus
de A:inquante années auparavant sur la
place Dauphine, à Paris, où il surmontait
une fontaine, et était accompagné d'une
plaque en bronze portant les horris des
souscripteurs.
Car ce monument avait été érigé par
souscription.
Mais la plaque dont il s'agit n'a pas été
cnvo3'ée à Riotn, ou du moins, elle n'a
pas été replacée sur le monument ac-
tuel.
Qu'est-elle devenue ?
V. A. T.
[Cette plaque était dans les magasins
de la ville de Paris à Auteuil, avant l'en-
voi de la statue à Riom; il est à présu-
mer qu'elle y est encore ; il faudrait ce-
pendant s'en assurer^.
L'Ermitage (LXVI, 96, 1 5 1).— Comme
contribution à l'article de M. C. de la
Benotte, je trouve ce qui suit dans E, de
la Bédollière : Histoire des environs du
nouveau Paris, G. Barbier 1860. p. 184,
qui modifie un peu, à tort ou à raison, son
article en ce qui a trait aux peintures du
pavillon.
A l'autre extrémité du parc (du château de
Bagnolel, résidence champêtre des ducs d'Or-
léans) du côté de Charonne, on voyait un
pavillon nommé l'Ermitage . Ce pavillon
était à l'intérieur peint en grisaille avec mo-
tifs représentant la tentation de saint An-
toine : le peintre s'était creusé le cerveau
pour y représenter le diable sous toutes ses
formes.
Et l'auteur ajoute :
Aujourd'hui (1860) la propriété de la fa-
mille d'Orléans a été morcelée de mille fa-
çons, etc., eic. et l'ermitage de Charonne
maintenant annexé dans Pans est la salle de
billard d'une maison bourgeoise.
P. c. c. Dehermann.
Dans le compte rendu de la séance du
14 novembre 1901, notre collaborateur
L. Tesson, rendant compte d'une excursion
1
DES CflÉRCliBURS m CURIEUX
20 Adut (91s
205
206
faite à Bagnolei par la première sous-
commission dii Vieux-Paris, s'exprime
ainsi dans son rapport :
Le château de Bagnolet fut bâti par Le
Juge, fermier général et reconstruit grandis-
sement par le Régent : l'on voit encore
dans Paris, rue de Batçnolet un très curieux
pavillon avec une grille magnifique qui dé-
pend de l'hospice Debrousse,
Un autre {pavillon existe à Bagnolet ; il ap-
partient certainen;ent par son architecture
avec parties primitives Au domaine él ré-
monte au commenceicaent du xviii« siècle, il
est occupé par une fabrique de cuir verni et
l'intérieur ne contient auciin vestige i-emar-
quable, si ce n'est quelques fragments en
marbre d'une cheminée du xvii« siècle qui
sont déposés sans souci de conservation dans
un coin de grenier.
Tout près du château se trouvait le do-
maine de Malassis dans les dépendances du-
quel Girardot appliqua le palissade à la, lo-
^ue qui fit de la culture dé la pêche la for-
tune de la région.
J'ignore si les peintures dont parle
M. C. de la Benotte, se voient toujours
dans le salon du pavillon dépendant de
l'hospice DebrôUsse. Mais 11 me semble
qu'en visitant cette intéressante maison
hospitalière on peut très bien, voulant
satisfaire sa curiosité, soUicitei- du direc-
teur l'autorisation d'une visite du dit sa
Ion.
Pour ma part, si j'étais à Paris en ce
moment, je n'aurais ^as reculé devant ce
petit déplacement qui m'aurait valu d'être
plijs précis éti cette réponse.
L. CAPEt .
«Rien ne subsiste oii à peu prèsde Tan-
cierine banlieue, écrit M. Pierre Gantiez
dans une de ses charmantes chi-oniques de
VEcho de Paris, sauf un débris du parc de
Bagnolet, ce pavillon Louis XV, où fiit le
billard du régent qui abrita dans la suite le
fabuleux baron de B.-:tz et sa fidèle Marie
Grand maison. »
Les peintures dont fait mentiori d'Ar-
genville n'existent plus ; on voit sur les
murs des pochades, fort habiléhient trai-
tées, représentant des sujets champêtres.
Cette jolie construction sert à l'habita-
tion du sympathique directeur de la mal-
son Debrousse, l'aimable M. Louis Mé-
relle.
La grille de fer devant la façade sur la
rue de Bagnolet, est bien de « t époque », j
seulement il y manque l'intéressâht fi-on- \
ton en fer forgé qui fut enlevé, sous pré-
texte de réparations, il y a bien des mois,
et n'a plus reparu.
Cette disparition a même fait l'objet,
dans undesdeux journaux hebdomadaires
du XX"^ arrondissement, d'une question
restée, bien entendu, sans réponse. ,
Sur la façade de l'Ermitage, côté du
parc, on a placé, entre les deux portes
du rez-dechaussée, une ancienne peinture
en camaieu sous glace, représentant un
vase ornemental garni de fleurs.
Lô château des Coques (LXVl, 139).
— Ce château appartenait à Mme Amaury
de Maistre, dont le frère avait été cama-
rade de Maurice de Guérin à Stanislas.
Eugénie était la sœur de Maurice, et vé-
cut et mourut au Cayla, où viennent
d'avoir lieu les fêtes d'ir|auguration d'un
médaillon du frère et de la sœur.
L. R.
i^La correction du mot femme pour
sceur avait été indiquée par l'auteur : elle
a été oubliée].
Monseigneur Bauer (LX ; LXI ;
LXII; LXV). — C'est bien lui, ou je
me trompe fort, que visait M. de Pont-
martin quand il écrivait {Nouveaux same-
dis, 1878) : ^
Je rencontrai dans un salon un monsignor
apocryphe, apôtre de boudoir à bas plus ou
moins violets, lequel, après avoir obtenu
d'immenses succès d'équitafioh, de photo-
graphies et de bottes à revers, a essuyé des
revers et a disparu à propos de bottes ».
P. c. c. Gustave Fustier.
Un discours de M. Deschanel.
Le mot de Vauvenafgues (LXVl,
i43). — Georges Laguerre ayant été cé-
lèbre tout jeune, je ci"ois que dans son dis-
cours, M. Deschanel a dû faire allusion
à cette délicieuse pensée de Vàuvériâf-
gués : « Les feux de l'aurore rie sont pas
aussi doux que les fif-ehiiéfs regards de la
gloire %.
EdMôNc» Thiaudière.
» ♦ ......
Le mot demandé est probablement cè-
lui-cl : 1 Les feux de l'àufore rie sont pas
si doux que les premiers regards de la
gloîfe » ; car cet auttè : « les premiers
jours du printemps ont moins de grâce
4ùela vertu naiSsantéd'unjeuriè homme»,
N» 1337. Vol. LXVI.
■ . 207
paraîtrait plutôt comique, appliqué aux
débuts d'un politicien. Ibère.
J'imagine qu'il s'agitde cette maxime :
* Les premiers feux de l'aurore ne sont
« pas si doux que les premiers regards de
« la gloire ». 11 me semble que la bril-
lante aurore dont il est question ici ne
fut pas suivie d'une journée sans nuages.
H. C M.
Eugène de Goulard (LXVI, 47, 1 54).
— En i8qc),M. Marc de Goulard habitait
le château de Luscan, par Galié (Haute-
Garonne). .Madel.
L'INTERMEDIAIRE
208
♦ »
Né en 1808 et mort en 1874, à Ver-
sailles, avait épousé Mlle Féraud d'Ar-
reau, dont il a eu trois enfants:
i" Marie, non mariée, décédée à Tou-
louse, il y a une douzaine d'années.
2° Madame veuve Lasvignes de Touille
qui habite le château de Touille et 1 ou-
louse.
3° Marc, marié à Mlle Jayr, petite-fiUe
de l'ancien pair de France qui fut préfet
du Rhône sous le gouvernement de juil-
let et dont il y a deux filles, Germaine et
Antoinette.
Je ne crois pas qu'il existe une biogra-
phie de M. Eugène de Goulard.
Son fils possède quelques lettres et des
documents intéressants ; mais rien n'a été
publié.
M . Eugène de Goulard avait deux
sœurs : la comtesse de Gironde et M""" de
Praingy.
Saint-Perdoux.
Hue de Miromesnil (LXV, q2). —
L'Intermédiaire a eu plusieurs fois à ré-
pondre à des questions touchant Armand-
Thomas Hue de Miromesnil, et on pour-
rait s'y reporter. On dit qu'il est mort à
Montalet en 1794; d'autre part on dit
qu'il est mort àMiromesnil enNormandie.
Je n'ai pas trouvé son acte de décès, à
Issou, canton de Limay, où il serait s'il
était mort à Montalet. .Sa femme, Blanche-
Rosalie Bignon, est morte à Mantes, en
1818, âgée de 74 ans. Ils avaient un fils
qui fut arrête, je crois, en Tan III. J'ignore
ce qu'il est devenu. Je me demande com-
ment Hue de .\liromcsnil, assez mal en
sûreté à Montalet, avait pu recueillir le
duc de Penthièvre, alors que celui-ci, dé-
fendu par ses vertus, fut laissé assez tran-
quille dans son château de Bisy, aux
portes de Vernon ? On sait qu'il y mourut
en 179?. E. Grave.
*
■,■ *
Je ne comprends pas très bien comment
le garde des sceaux Miromesnilaurait re-
cueilli, pendant la Révolution, le duc de
Penthièvre qui ne fut pas inquiété que je
sache, et mourut en paix à Vernon, au
commencement de 1793. H. C. M,
Humbert (LXV, 547, 807 ; LXVI, 61).
— En dehors de la famille Humbert dont
le général Jean-Baptiste Nicolas fait partie,
il y avait encore à Metz une autre de ce
nom, dont les descendants se sont établis
à Berlin au commencement du xviii* siècle
où ils occupaient une place prépondérante
dans la Colonie française.
Charles Humbert, procureur à la Cour
de Metz | 1701, marié à Judith Quien,
•f- 1718, dont e. a.
Charles, procureur à la Cour de Metz,
notaire à Metz, puis à Berlin, directeur du
Bureau d'adresse à Berlin, 1667-1729,
marié à Sara le Coq.
Il laissait une descendance nombreuse
e. a. Paul, avocat à Berlin, puis conseiller-
à la Cour de Justice à Wesel 1695-1763 ;
marié à Marthe Jassoy. Son petit- fils
Charles Jérémie, officier en service de
Prusse, a été anobli en 1795 ; dont descen-
dance.
Charles, notaire à Berlin, conseiller
privé, directeur du Bureau d'adresse,
1702-1752, marié à Marguerite Palmié.
Sa descendance a été anoblie en Prusse en
1848, et la famille est établie actuelle-
ment à Hohcnkrànig et Grabow.
Les armes de cette famille sont : d'ar-
gent à la fasce d'aptr, chargée de j mo-
lettes J' argent, accompagnée en chef de
deux framboises de gueules, rangées en
fasce, tigées et feuilletées de sinoplc, et en
pied de deux tiges de launer de sitiople
passées en sautoir.
Lors de l'anoblissement, les armes ont
été changées entièrement. Ecartdè, au
I d'azur au chevron d'or accompagné de
3 Rf(tppes de raisins du même, aux 2 et ^ de
gueules à la croix d'argent, et au ^ d'or au
renard passant au naturel tenant entre ses
dents une (lèche d'argent.
Les anciennes armes ont été portées
également par :
1
DES CHERCHEURS 8T CURIEUX
90 Août 191s .
209
210
Moïse Humbert, fils de Moïse, teintu-
rier à Metz, 1628-168=;, procureur au
parlement de Metz, marié : 1° Marie Clas
quin ; 2° Madeleine Jassoy. Son fils uni-
que Abraham s'établit comme négociant à
Berlin ( 1 659- ! 7 5 1 ) et avait de son épouse
Anne Renaud, plusieurs enfants; e. a.
Abraham 1689-1761, marié à Amélie-
Jeanne Baleer, sans descendance.
Major au service du roi de Prusse, con-
seiller privé, Membre de l'Académie des
Sciences de Berlin, Anobli 1746 avec les
anciennes armes, et Moïse, pasteur réfor-
mé à Dessau ( 1744) puis à Angermunde.
Cette famille est éteinte.
Sans doute les familles du général fran-
çais, du major prussien et du notaire à
Berlin sont issues de la même souche.
Peut-on me renseigner à ce sujet .''
Une généalogie détaillée des Humbert
de Berlin est à |a disposition des inté-
ressés. W. H. Croockewit.
Rotterdam.
Philippe-Charles de La Fare (LXV;
LXVI, 92). — Philippe-Charles, marquis
de La Fare, né en 1687, promu maré-
chal de France en 1746. mort à Paris, le 4
septembre 1752, fit sa première campagne
à quinze ans, la dernière à quarante-cinq
et, pendant trente ans fit la guerre chaque
année.
Entré aux Mousquetaires en 170 1 et en
1703, il est lieutenant au régiment du
Roi ; assiste à la prise de Brisach, à la
bataille de Spire et à la prise de Landau.
L'année suivante, il est enseigne à la co-
lonelle du Roi et fait partie de Tarmée de
la Moselle ; à dix-sept ans il obtient le
commandement du régiment du Roi.
En 1705. il sert en Italie et se distingue
à la bataille de Canario et l'année d'après
est blessé devant Turin. De 1709 a 1712,
il est employé à l'armée du Dauphiné
sous les ordres du duc de Savoie, de Vil-
lars et de Berwick.
En 1714, il est envoyé à l'armée d'Es-
pagne où il figure jusqu'en 1724. Il ne
cesse alors de guerroyer en Languedoc^ à
l'armée du Rhin, à celle de Bohème et de
Bavière.
Il est à la prise de Prague et c'est lui
qui conduira l'arriere-garde, pendant la
retraite.
Créé maréchal de France en 17^6, i'
parut encore à la bataille de Raucoux.
L. d'Harcourt.
Philippe-Charles de La Fare, comte de
Laugère, né en 168=5, chevalier des ordres
du :'oi de la Toison d'or, et chevalier
d'honneur de Mme la Dauphiné, maré-
chal de France, mort en 1752. Il avait
épousé, le 6 avril 1713 Françoise Paparel,
dont est née Françoise-Mélanie de la
Fare, mariée, le 13 avril 1735, à Claude
Bouthillier de Chavigny , marquis de
Pont-sur-Seine, brigadier des armées du
roi. La baronnie de la Fare était en Lan-
guedoc, elle fut érigé en marquisat en
1646. (La Chesnaye des Bois).
P. C. C. NlSIAR.
On sait que pour obtenir des rensei-
gnements certains sur un militaire, il
n'est rien de mieux que de s'adresser au
Ministère de la Guerre. Il y a là des dos-
siers très complets et bien classés. Celui
du maréchal de la Fare doit être facile-
ment communiqué. Les La Fare sont du
Midi. E. Grave.
*
■* *
Votre correspondant pourrait s'adresser
utilement à la veuve de l'un des descen-
dants du maréchal, comtesse de la Fare
8 bis rue Vineuse XVI«, ou à ses beaux-
frères MM. D. de Montaigu, château de
Vayres par Saint- Georges (Vienne), D''
Lucas, 30 rue Boissière.
HUMANUS.
Un Conseiller, secrétaire du Roy
de ». lermont-Ferr. nd, du nom de
:la.ise Pascal (1666) (LXVI, 91). —
Ce Biaise Pascal était cousin au =,* degré
de l'auteur des Provincialêi. Leur ancêtre
commun, Jean Pascal, marié à Lucques
de Bort, eut :
D'une part, pour fils, Martin Pascal,
marié à Marguerite Pascal, sa cousine : et
pour petit-fils, Etienne Pascal^ époux
d'Antoinette Begon, d'où l'illustre écri-
vain ;
D'autre part, pour autre fils, Etienne
Pascal, marié à Jeanne Enjobert, d'où
Biaise Pascal, écuyer, seigneur de Montel,
conseiller, notaire et secrétaire du Roi,
maison et couronne de France et de ses
finances, suivant provisions du 24 décem-
bre 1640, époux d'Anne Servant, mainte-
I
^îi li^l ^ot.
LXVI.
— iii
L'INTIÎRMÊDlÀlkii
212
nu dans sa noblesse, avec ses quatre en-
fants, par M. de Fortia, Intendant, le 30
mai 1667. I. Bouillet, Nobiliaire J' Auver-
gne, lomeW, page 39 — D"^ de Ribier,
Recherche générale de la fioblesse J' Au-
vergne, page 373).
iVlADEL.
* •
Estienne Pascal, père du grand Biaise
Pascal, était l'ainé de six enfants, trots
fils et trois t~illes. L'un dé ses frères
était Biaise Pascal, à qui, lorsqu'en
(630, veuf depuis deux ans, il vînt
habiter Paris pour l'éducation de ses
enfants, il « vendit sa cnaro:e de
deuxième président a la cour des Aydes
et la plus grande partie de ses biens ».
(Mémoire par Marguerite Périer, nièce de
Pascal, publié dans le premier volume des
œuvres de Pascal, édition des farauds écri-
vains de la France). Le signataire du reçu
pouirait bien ètl-e cet oncle du gt-and Pas-
cal. IbÈRE.
•
* *
J'ai eu, j'ai peut-être encore, sans savoir
où, deux de ces quittances de rente au nom
de Biaise Pascal. Comme elles étaient
datées d'avant 1662, je les présentai un
jour à M. Charavay qui, sans presque les
exarhiner, me répondit nettement qu'elles
n'étaient pas de la rnain de l'illustre écri-
vain. Comme celle de M. Ulrich Richard-
Desaix, elles étaient f)etites, mais non im-
primées. Il n'est pas douteux qu'elles ne
soient d'un assez proche parent de Pascal.
Etienne, marié à Antoinette Begon, en ve-
nant a Rouen, avait laissé des parents de
son nom à Clermonl. Le Biaise qui nous
occupe, était-il un oncle ou un cousin de
Pascal? Je ne puis Hen dire d'aflfîrmatif
sur ce point. Ce que je puis assurer, c'est
que ces Pascal, de Clermoi t, sont assez
nombreux et se sont continués à Paris où
l'un deux épousa une demoiselle Passerai.
Ils vinrent à Mantes au moment de la Ré-
volution et le Pascr^l-Passerat (Jacques-
Paul) y occupa le poste de receveur de
l'enregistrem -nt. Il y fut riiêmc maire en
ventôse an III. Son fils, Léon Pascal dit
Gerville. élève pour la harpe de Camille
Bœcker, l'élevé de Madame de Genlis, fut
un cortipositcur distingué; il mourut le
10 mai iH8o.
L'étude des Pascal de Clermonl, c-n de-
hors des Pericr, a été faite au point de
vilfe ^éhéalogiqiie et M. Richard-Desaix y
trouvera
cherche.
tous les renseignerrients qu'il
E. Grave.
papiers de Jean Reynaud
142). - Mais ils sont à la Natio-
Les
(LXVI,
nale.
Un jour la Bibliothèque reçut une lon-
gue et lourde boîte, munie de deux poi-
gnées, d aspect macabre. Elle était her-
métiquement close, scellée et soudée, et
ne portait (our toute indication qu'une
étiquette de parchemin portant cette in-
dication :
Papiers de Jeati Reynaud sous séquestre
jusqu'au 18 juin iç^o .
Ce n'est pas sous cette forme mysté-
rieuse que, d'ordinaire, se font les dépôts
des manuscrits les plus indiscrets. Les
lettres d'amour de Musset sont disposées
sous un fragile cachet ; la correspondance
inviolée des Concourt est en des cartons
ouverts ; les papiers de M. Thiers ne sont
protégés que par un mince cordon :
M. Jean Reynaud, qui n'a jamais que bayé
aux étoiles, qùaild il ne s'attardait pas
dans le commerce des petits cailloux
dont la variété excitait sa verve de miné-
ralogiste, a ceint d'Un triplé bastion dès
papiers sur la portée desquels on se perd
efi conjectures.
Dans le cabinet où sont déposés les do-
cuments qui ne seront communiqués que
plus tard, cette malle, dont les lianes op-
posent à nos curiosités son rigoureux
veto, a quelque chose dans son énigme
d'irritant et de taquin.
Comme le distingué conservateur des
manuscrits, M. Omont, traînait ce meu
ble pesant et l'amenait a la lumière pour
le mieux examiner, nous lui deman-
dions :
— Alors, vous ne savez pas ce qu'il y a
là-dedans ?
— Absolument pas... Cela nous est ar-
rive sans explication, sans inventaire ;
c'est lourd, c'est encombrant, et c'est
inexpliqué. Secret d'un philosophe, mys-
tère d'une doctrine : c'est tout ce qu'il
vous plaira de sii|iposer.
— Mais s'il n'y avait rien ?
— Pour Un tel poids.'
— Par ce temps de malle tragique où
le crime se cache, l'esprit, volontiers,
vagabonde dans le roriianesque. Voyez-
vous que, dans trente ans, en oUvrkrit
i
DfaS CHÈkCfiîiUKS ET CUKïBUX 20 Août 1911
ii3 214
étaient habillés de bleu et les dames de
blanc. Bazard et Enfantin entraient, cha-
cun se levait, saisi dun respect dévo-
tieux. M. Jules Simon a écrit de bien jo-
lies pages sur ces scènes apostoliques...
Mais Jean Reynaud se détacha de la fa-
mille saint-simonienne, le jour ou le Père
Enfantin prit des allures pontificales, et
proclama la liberté de l'amour, cherchant
dans des pratiques singulières la femrrie-
déesse, qui, en s'associant à sa destinée,
devait régénérer le monde. Ni Carnot, ni
Charton, ni Reynaud, ne consentirent à
se faire les représentants d'un pathos aussi
suspect d'immoralité : ils brisèrent avec
éclat. Jamais on ne les vit processionnef
par les fues oia assister aux agapes pué-
riles dans la maison de Ménilmontant.
La bonne dâtnè qii'on à enterrée en
1903, a emporté poui* vingt-sept ans,
dans sa tombe, le secret de la boite close
déposée en grand mystère à la Bibliothè-
que nationale. Elle n'a riêh voulu dire dé
son contenu. Au fond, nous soupçonnons
pourquoi cette malle étrange et muette a
l'air d'un cercueil : c'est que, désabusé,
Jean Reynaud y coucha, avec les procès-
verbaux des déchirements saint-simoiiis-
tes, lé cadavre d'une religion,
M.
cette malle, dont l'allure est si singu-
lière, on recule épouvanté '.,.
Cette supposition ne troiiblc pas la sé-
rénité des conservateurs. M. Omont sou-
rit. Le nom de Jean Reynaud n'évoque
que des images graves et vertueuses. Il
fut sage et pacifique. Il n'a jamais nourri
de noirs desseins. M. Jules Simon s'en est
porté garant, qui n'a jamais parlé des in-
dividualités de cette époque sans dire en
quelle admiration il tenait le Lyonnais
Jean Reyhaud « C'est un honlme illustre,
disait-il finement : quel dommage qu'il
soit si peu connu ! » Il n'aurait pas fait
l'éloge de la vertu sans faire celui de )eàii
Reynaud. Qu''est-cc qu'un tel homme peut
bien avoir hiis dans une telle malle .f' Une
malle qui a l'air d'un petit cercueil et cjiii
ne devra être ouverte que 67 ans après la
mort de celui qui l'a fermée ! Convenez
que c'est bien fait pour nous intriguer...
Qu'un diplomate qui a été aux écoutes de
toutes les négociations, qu'un politicien
qui a traversé plusieurs fois les forêts de
Bondy parlementaires, qu'un ténor heu-
reux , ur poète adulé aient des secrets et
les verrouillent, soit : mais Jean Rey-
naud!
— Oui, il en avait, nous disait un ami
de sa veuve : il a vu lih monde extraor-
dinaire, que vous ne soupçonnez pas ; il
a observé des rivalités philosophiques et
des combats d'écoles, qui sont bien ou-
bliés de la génération présente ; il a sou-
levé des colères. Les pontifes ont fulminé
contre ce doux, dont l'indépendance était
énergique. Ces graves débats, qui sont
l'honneur d'une génération, mettent en
cause des personnalités encore vivantes.
La phalange s'éclaircit pourtant, tous les
jours, de ces hommes distingués, avec
lesquels il mena la bataille philosophique.
Esprit droit et sincère, il a pu vouloir
garder la liberté de ses jugements, et
pour les prononcer tout haut, attendre
que, pour eux, comme pour lui, la pos-
térité ait commencé . .
La veuve ne nommait personne, mais
on pouvait supposer qu'elle faisait allu-
sion aux drames intimes qui déchirèrent
le saint-simonisme et firent s'en retirer le
prophète. L'ami disait :
— Des esprits intelligents ont pu siii-
vre, un instant. Enfantin et Bazard ; ils
ont pu se rencontrer dans la petite salle
de la rue Taitbout, où les jeunes gens
Stendhal et les Lyonnais (LXVI,
189). — M. Victor Giraud, réminent écri-
vain de la Revu/! des Deux-Mondes, nous
adresse la lettre suivante :
le I 2 août 1912,
17, boulevard du Roi
Monsieur le Directeur,
Le Courrier de la Presse m'envoie une
coupure de V Inîermèaiaire, où je lis ceci,
sous la plume de M. Camille PitoUet :
« Nous avons, dans un article de la Revue
des Langues romanes (tohie LIV, p. 504,
note 2I, déjà relevé la comique bévue de
M. Victor Giraud, lequel, à propos précisé-
ment des Mémoires d'un louriste, s'im-dg'ine,
en 1903, que le Reboul qui y est cité
comme b'étant entretenu avec Mme Roland
dans son cachot en 1793, n'était autre que
le poète nîmois, auteur de VAnge et V En-
fant, qui naquit en 5796 ! Voilà à quoi sert
de professer la littérature dans une Uni-
versité helvétique ! »
Ces aimables lignes me visent évidem-
ment : car je ne cnnais pas d'autre Victor
Giraud ayant « professé la littérature dans une
Université helvétique». J'ai effectivement,
— et j'en suis très fier ! — eiiseigné la litté-
«• 1337- Vol,
LXM.
— 215
L'INTERMÉDIAIRE
216
rature française à l'Université de Fribourg
en Suisse, pendant dix ans.
Mais je n'ai jamais colliiboré à la Revue
des Languts romanes:.
Et je n'ai jamais rien écrit ni sur les
Mémoires d'un touriste, ni sur Reboui.
La « bévue » de M. Camille PitoHet doit
provenir de ce qu'il m'a co ifondu avec l'un
de mes homonymes, je la lui signale chari-
tablement. Puisse-t-elle, une autre fois, l'in-
duire à plus d'indulgence envers ses con-
frères !
Je me permets, Monsieur le Directeur, de
compter sur votre courtoisie pour mettrecette
menue rectification sous les yeux de vos
lecteurs et je vous prie de trouver ici l'as-
surance de mes meilleurs et plus distingués
sentiments.
Victor Giraud.
Famille de La Sudrie (LXV ; LXVI,
66, 1=57) — M. de la Sudrie, capitaine
d'infanterie, dont je m'honore d'avoir été
l'ami — s'était retiré avenue Victor-
Hugo 32, à Bourg-laReine, où il est
mort voici plusieurs années déjà. 11 fut
enterré à Rourg-la Reme. Son ami. le
commandant Sazonoflf, prononça l'éloge
funèbre.
11 a laissé deux fils, Jacques et Pierre,
qui habitent 26 avenue Marceau à Pa-
ris.
Le château de Calveyrac appartient en-
core à la famille.
Henri Carpentier.
Les armoiries de Victor Hugo
(XLV : XLVl ; L.) — (Documents
inédits). — On sait que Victor Hugo,
dont le grand-père était menuisier et le
bisaïeul cultivateur, fut le plus heureux
des hommes, un jour ou un sieur Henri
d'Escamps lui apporta un arbre goncaio-
gique des Hugo de Lorraine, le persua-
dant qu'i^ en était l'un des fruits. La no-
blesse d'Hmpire de son pcre. le général —
noblesse d'ailleurs peut-être usurpée aussi,
car on n'a jamais établi que le titre espa-
gnol que le général reçut de )oseph ait été
reconnu ou confirmé — ne lui suffisait
|>as. Aus'-i fut-il tout fier de se voir attri-
buer les armoiries de cette famille Hugo
de Lorraine de vieille noblesse, qui portait
pour armes : d'azur à un chef d'argent ,
chargé de deux merletles de sable.
Il fit ces armes siennes.
M. Noël Charavay veut bien nous per- 1
mettre de prendre connaissance d'un do- I
cument précieux ;
néalogique tracée
c'est un brouillon gé-
de la main de Victor
Hugo, probablement d'après l'arbre gé-
néalogique des Hugo de Lorraine, sur le-
quel un flatteur a eu l'adresse de greffer
la roture du poète, il se livre à une re-
constitution très laborieuse qui chatouille
prodigieusement sa vanité.
11 prend la peine de dessiner lui même
son blason : (on le trouvera dans la page
fac-similé hors texte).
Après ce qu'a écrit Edmond Biré : Hugo
avant j8jo, il n'y a pas grand chose à
dire sur le travers nobiliaire de l'illustre
poète — néanmoins on lira peut être, avec
curiosité le petit travail suivant qui lui
coûta certainement plus de joie à dresser
que de peine.
* *
Anthoine par la Grâce de Dieu, duc de Ca-
labre. de Lorraine et de Bare, Mtrches, mar-
quis de Pons, conte de Proiivenre, de Vaul-
dormont, etc. à tous, présent et avenir, salut
(16 octobre 1537) préambule des lettres qui
annobiissent ma famille. (Voir d'Hozier, re-
gistre IV''. Armoiial de France).
Hugo
Arines de la famille, d'azur à un chef
d'argent, chargé de deux merlettes de sable,
l'écu suimonté d'un casque de profil, fermé,
orné de ses lambrequins d'argent et d'azur
ainsi que de son bo'jrlet;et sor.mé d'un vol
bjnneret d'nzur chargé d'une fasce d'argent.
{/ci le blason qu'on verra destiné sur la
gravure hors texte).
Richelieu (argent à 3 chevrons de gueules).
1"^ degré : 1 . Georges Hugo, y^;/M^ /io;«wtf,
ayant veu, traversé el fréquenté les pa\s et
g-ucnes . (Lettres d'anoblissement de An-
toins, duc de Lorraine, 16 octobre 1537).
Maison de Penicourt, par les femmes.
Maison .le Blamont parles femmes.
2. Hugues i'ugo, seigneur du fief de Rou-
vrov.
Etc.
2« degré : Claude Hugo, écuyer, sieur de
risle en Rigjult, gendarme dans la comp^i-
gnie du prince Nicolas de Lorraine, duc de
Mercœur (1582).
Nicolas Hugo, seigneur du £. de Rouvroy,
capitaine de deux cents homr.-.es dar.s le ré-
giment de Phalsbourg. tué en 1635, par les
Suédois, après avoir dcfeniiu un fort où il'
commandait près d'Meidelberg.
Jean Hugo, capitaine daii^ le régiment de
Biudricouit, tué au service.
Etc.
111* degré : François Hugo, écuyei,
épouse Dominique de Taillefumier.
André Hugo, capitaine de cavalerie au
.tlUX'Th^^^
A ^L^.f^.
~<h ^^-'^T^
f^L^
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%
c/i
'1^,4^'^ —
ARMOIRIES DE VICTOR HUGO DESSINÉES PAR LUI-MÊME
[Collection Noël Charavay)
Int. LXVI, col. 2Tk>.
OKS CHERCHEURS ET CURIEUX
ao Août 1911
217
service de Charles IV, duc de Lorraine, en-
suite au service du Roi d'Espagne (1664).
Etc.
iV» degré : Nicolas Hugo, baptisé le 18
avril 1630, lieutenant au Régiment Cardinal
pour le service de France, syndic de la no-
blesse du bailliage de Saint-Mihiel .
Ch -Louis Hugo, religieux prémontré,
historiographe de Lorraine, abbé d'Estival.
iSa querelle avec l'évêque de Toul\ évêque
de Ptolémaïde, écrit beaucoup d'ou\ rages de
polémique religieuse sous le pseudonyme de
Barleycourt (mort en 1739).
Henriette-Thérèse Hugo épousa Bernard
de Guilboii, écuyer, seigneur de Chatelat et
de Mûntferat, chevalier de Saint-Louis, capit,
de Carabiniers.
Claude-Jeanne-Philippe Hugo, épouse Jean
de Massiac, cap. au régiment de la reine,
major du fort-Louis sur le Rhin.
Suzanne-Plissinde Hugo, religieuse annon-
ciade-céleste à Saint-Mihiel.
V' degré : Nicolas-Ignace Hugo conseiller
d'Etat et favori du duc Léopoid de Lorraine
(1715). Jeanne Victoire Hugo, vivait le 10
décembre 1699.
VI» degré : Ch. Hyacinthe Hugo né le
16 décembre 1699, (lui et sa descendance
créés chevaliers par lettres-patentes de Fran-
çois duc de Lorraine du 20 novembre 1736)
épouse Anne L'Huilier de Spitzemberg, fille
de Ch. Léopold de Castres, seigneur de la
capitainerie de Spitzemberg, capitaine au ré-
giment de Bassigny, enterré à l'église d'Es-
tival (mort le 24 janvier 1 758) .
VU» degré : Nicolas Dieudonné Hugo, che-
valier, 12 juin i73'>.
Louis-Charles Toussaint Hugo, — id. -,
19 mai 1736.
Joséphine-Mectilde Hugo, née le 0 juillet
>737-
Ville degré :
Mon père et mes oncles.
1X8 degré :
Mes frères et moi.
Armoiries octroyées par le Pre-
mier Empire (LXVI, 93). — La ques-
tion est traitée de la plus complète façon
dans la Revue intitulée HeraJdica depuis
le numéro de juillet 191 1 jusqu'au récent
juin 1912, sous les plumes autorisées de
MM. de Gassicourt et du Roure.
Oroel.
Ex-libris à déterminer : d'azur à
la croix d*argeDt (LXVI, 94). —
Ces armes sont celles de la grande fa-
mille parlementaire de Le Pelletier qui a
formé les branches de Rosambo, de
Saint-Fargeau, de Matefontaine et des
218
Forts. La première seule subsiste encore
aujourd'hui. L. G. D. L. H.
*
* m
Cet ex-libris est aux armes du Prési-
dent Le Pelletier de Saint Fargeau (Mi-
chel-Etienne) né le 10 mars 1736, mort
en 1778 NisiAR.
* »
Appartient à la famille Le Peletier de
Saint-Fargeau N° 859 des Ex-Libiis Hé-
raldiques anonymes, de Léon Quantin.
Ruban d'une croix de Saint-Louis
avec nœud (LXVI, 93^. — Le ruban en
question est celui d'un chevalier de l'or-
dre. B. P. •
Fer de reliure à identifier (LXVI,
94). — Ces armes sont celles de la fa-
mille Fevret de Saint-Mesmin-en-Bourgo •
gne. Guigard les attribue à Fevret de
Fontette, conseiller au Parlement de Di-
jon. NlSlAR.
Ce sont les armes de la famille Fe-
vret de Saint-Mesmin, en Bourgogne,
qui blason ne : Ecartelé : aux i et ^ d'a:(ur
à trois bandes d'or (Fevret) ; aux 2 et ^
d'argent à la hure de sanglier arrachée de
sable^ défendue et allumée d'argent, vomis-
sant des flammes de gueules et posée en
bande (Gorgiard).
Ce fer n'est pas mentionné par Guigard
qui en donne un autre du xvui* siècle, de
Claude-Marie Fevret de Fontette.
P. LE J.
Jardins dessinés par Le Nôtre
(LXV, 448, 5bo, 614, 714; LXVI, 23,
68). — Au-dessus de la ville de Saint-
Vallier (Drôme) se trouve le beau châ-
teau de Chabrillan, des xv« et xvii» siècles,
avec jardins dessinés par Le Nôtre. Aux
xv" et xvi" siècles ce château était la ré-
sidence des comtes de Poitiers-Valenti-
nois, à la famille desquels appartenait la
célèbre Diane de Poitiers, maîtresse
d'Henri II. Nauticus.
Ouvrages sérieux mis en vers
CT. G. 665 ; XXXV a XL ; XLII , XLIV à
XLIX ; LI à LX ; LXl ; LXll ; LXV ; LXVI,
124). — Puisque M. Fraval s'intéresse à
»!}• M37 Yo'-
pvi.
L'iNTi^KWBDIAiKil
219
230
l'arithmétique en vers, je me fais un plai-
sir de lui communiquer le couplet sur la
multiplication :
De la multiplication par un nombre
d'un seul chiffre.
Le multiplicateur d'un seul chiffre se pose
Sous le multiplicande, à la droite et pour cause;
Il faut multiplier d'abord les unités,
Dizaines et plus tard centaines sont portés,
En joignant l'excédent sui l'unité plus forte :
L'utile résultat en nombre se rapporte.
Orj pour multiplier six mille huit cent deux
Par six, j'opère ainsi, le fait n'est pas douteux.
En disant : six fois deux font douze ; il faut
[écrire
Deux sous (es unités et 4? inèine transcrire
La dizaine à son rang, et puis riiultiplier
Les centaines, les mille, et ne point oublier
Que chaque retenue 2 son rang est remise,
Pour que la vérté sur le produit se lise.
Le nombre ici placé marque son résultat ;
Du principe établi, c'est le produit exact.
L'ouvrage entier de Chavignaud compte
loi pages, y compris une introduction en
vers et un hymne à la Marine française.
En voici les principales divisions : Nu-
mération, parties décimales. Les quatre
opérations sur les nombres entiers et les
fractions, qui sont appelées les humbles
fractioDS parce qu'elles sont plus petites.
Système métrique. Concordance des
anciennes mesures avec les nouvelles :
Or, si l'on peut savoir, principe général.
Combien huit aunes font de mètres au total,
il faut multiplier le rapport .salutaire
De l'aune au mètre, afin qu'un produit exem-
[plaire
Fixe le résultat : un, cent quatre-vingt-huit,
Pris huit fois donnera Cit utile produit.
Suivent : les proportions, les règles de
société, d'intérêt et d'escompte, d'alliage ;
les progressions arithmétiques et géomé-
triques, et enfin les problèmes récréatifs.
Ce livre est véritablement fort esti-
mable.
En 1852, il avaifdéjk dix éditions.
LÉO Claretie.
» •
V Introduction à la vie dévote., Mise en
rers François par le sieur N. H. E. S. D.
M... A Paris, chez Charles de Sercy, 1^52.
Ch. Nicolas : Le Jardin des racines al-
lejnand&s mis en vers Jrançats . Paris, Ha-
chette, 1838. ln-8.
Boscar (LXV, 621;. — Il y a toujours
prqlit à life îyi. Daron ; on y apprend Jes
mots incoqnus, très intéressants et aux-
quels on ne songe guère. Derrfièrernent il
nous annonçait l'existence d un mot vari-
dale aiigon : M. Daron en faisait un mot
grec, naturellement : aux courses, le fran-
çais fourmille de mots anglais tels que star-
ter., handicap, etc., qui sont très bien ac-
ceptés. Maintenant c'est le vocable boscar,
encore un autre mot grec, toujours. C'est
à croire que notre langue est la continua-
tion du grec, et que le grec, c'est le vieux
français du temps de Démosthène. Le mé-
ridional qui a semé le mot boscar sur les
boulevards, ne se doutait certainement
pas qu'il faisait du grec sans le savoir.
Bien plus, boscar n'est pas grec, et je le
vais prouver.
En germanique existe le radical bus., biïs,
objet de peu de valeur, conservé dans le
norvégien actuel bos, bus, bys, boes., boess,
déchet, litière, éclat, souche, le suédois
boss, le bas-allemand hos^e, etc..
Le <ï\m\r\\iW{ buskah*,'^iiskan, nominatif
busha, bâska paraît avoir disparu dans les
langues germaniques, mais a donné n^^is-
sance au latin mérovingien bitsca. bûsca.,
bûche, éclat de bois, branchages, broiis-
sajlles, d'où le verbe buscare, bâscare,
faire des bûches, chercher du menu bois,
se cacher dans les broussailles, d'où bû-
cher, chercher, guetter.
Ne nous occupons que du sens, cher-
cher du menu bois, chercher en général.
On a : nouveau provençal husca,bousca,
chercher, attraper, extorquer, vieux fran-
çais busquer, chercher, faire des recher-
ches ; italien buscare chercher, marauder,
obtenir par adresse, se procurer, attraper,
escroquer ; espagnol boscar., huscar, cher-
cher, fiure des recherches, voler ; portu-
gais buscar chercher, quérir, rechercher,
faire des perquisitions.
Le ver|De a donné naissance aux subs-
tantifs suivants : nouveau provençal bous-
co recherche, perquisitiot) ; italien busca
recherche, quèle, marai^de; espagnol bus-
ca recherche, busca fureteur, chercheur,
chien de quête ; poftugais busca recher-
che, enquête, investigation, fouille, per-
quisition, information, visite domiciliaire.
Je laisse de côté les autres dérivés trop
nomt^rcu^ pour les citer jci.
D'après qe que je viens de dirç, pq corn-
prcnd le sens et l'origine iiu provençal
boscar, dont la vraie orthographe serait
bos^ard, pouscard, celui qui cherche à at-
traper ou 9 extorquej^.
I
DBS CflJBHCa^UJ^S ^T CURIEUX
30 AoOt 1919
221
^^3
Dans tout cela, il n'est pas question du
pigeon grec hoscar . Pour l'explication du
provençal bouscard, j'ai pris le radical
bouse à ses origines germaniques et je l'ai
suivi jusqu'à noire époque : je voudrais
bien voir M. Daron faire la même opéra-
tion pour son grec bosca>\ 11 est bien aisé
de prendre deux mots appartenant cha-
cun à une langue différente, et ayant un
sens rapproche et affirmer que l'un vient
de l'autre, il est plus difficile de prouver
son dire. H. La.
Miss fLXV, 621). - Tel est le cas de
miss. Depuis les temps historiques jusqu'à
nos jours ont été en Angleterre, des po-
pulations celtiques parlant le dialecte brit-
tonique : les Romains conquérants n'ont
pu imposer leur langue aux vaincus ; après
leur départ, les Bretons libérés continuent
à parler leur langue peut-être augmentée
de quelques mots latins ; puis viennent
les Anglo-Saxons qui imposent leur lan-
gue germanique que modifient assez peu
les Normands venus en dernier lieu. Bre-
tons, Romains, AngloSaxons, Normands,
ne connaissent ni ne parlent le grec. Com-
ment le mot grec d'où vient miss est-il
entré dans la langue anglaise.? Ce n'est
certainement pas avant la conquête ro-
maine ; peut-être pendant, mais ce mot
grec aurait pris une forme latinealors,quel
est ce mot latinisé. Est-ce sous la domi-
nation anglo-saxone, mais les Anglo-
Saxons n'ont jamais eu de rapport avec
les Grecs. Est-ce plus tard, mais alors que
M. Daron montre dans le grec du moyen
âge ce mot fantôme ; il ne le pourra pas.
La seule solution possible est celle qu'il
repousse.
Miss n'est pas le dérivé de mistress,
c'est mistress lui-même et voici comment.
Misires madame, a une prononciation dif-
férente de celle de mistress maîtresse : on
prononce mississ déformation de mistress
où le / tombe comme dans le nom de
lieu Haskestoc (13s) devenu aujourd'hui
Hassock entraînant Vr mal soutenu dans
sa chute. Plus tard missis se contractant,
se resserrant à son tour devint miss. Tout
le monde sait que ce resserrement est
dans le génie de la langue. Ainsi le nom
dt Wtu Crossentss (13s) est devenu Cr<:'.';-
sens. On dit plutôt bi:( que busirtess ; mob
s'abrège de mobile, comme fad du fran-
çais fadaises ; fancy vient dt fantasv, hose
de browcsse pu browyce, sbore dp sewer, Sa-
cristan est deven^i Sexton, Cicely Cis et
Roger Rodge, etc. Je laisse de côté les
noms de lieux ou de personnes qui subis-
sent des modifications incroyables. Quoi
d'étonnant alors quewm;5i deviepne miss,
le raccourcissement se produisant dans un
milieu familial et daris un lapgage légère-
ment enfantin employé par le personnel
domestique, où les syllabes ont une ac-
centuation instable entraînant la,chute de-
la voyelle atone. ïï. La.
Mousse (LXV, 621). — S'il y a un
grec mos. je n'en sais rien, j'en doute
même, pn toijt cas, il fi'a rien à fajre avec
notre mousse.
Si l'on met en regard nos deux mots
mousse et puits dans les langues romanes,
on a :
ir^.viça\s mousse puits ', pro\ençal moiisso
pou{ : italien mo:(:(o po{:(o ; espagnol mo-
{0 po{o : portugais moço poço.
Comparés aux autres langues, le fran-
çais et le provençal mousse mousso ne sont
pas de forme régulière : le fait s'explique
très bien si l'on admet que l'italien ou
l espagnol mo:(:^o mo:(0 a donné naissance
au provençal mousso qui à son tour est de-
venu le français mousse.
Comme puits se dit en latin puteus, on
conclura pour l'autre terme un latin mu-
tîus ne figurant pas, il est vrai, dans les
auteurs, mais dont l'existence est rendue
probable pour diverses raisons.
Quel est le sens de ce latin mutius; l'es-
pagnol et le portugais y répondent par
les adjectifs wio^o, moço jeune, le français,
le provençal et l'italien par les adjectifs »
mois., mois, mo^io écourté, émoussé, lâche,
niais.
Le germain qui a reçu le mot des lan-
gues romanes, présente les formes sui-
vantes : vieux hollandais moetse qui a la
queue, les oreilles ou la crinière coupée,
l'allemand mot{, mut:(, animal dont la
queue est coupée, nabot, sot, d'où les ver-
bes vieux hollandais moetsen, mutsen mu-
tiler, couper, bas-allemand mut;(en cou-
per, allemand mutsen rogner, tondre,
tailler, écourter, etc.
Citons encore l'espagnol mocho tondu,
taillé, le portugais mocho écorné quj re-
présentent un latin muticulus.
Il résulte de tous ces rapprochements
N» 1337 Vol. LXVI
223
que le sens primitif des mots mousse,
mow^sû, Nw:^{0, tno:(o, moço est identique à
celui du latin tonsus. C'est le jeune homme
aux chevc-ux tondus ou raccourcis. H est
bon de se rappeler ce que j'ai dit au sujet
de touse{LXV, 0o).
Je puis ajouter que le grec actuel pos-
sède le mot poûtyos moui^os mousse, em-
prunté aux langues romanes.
H. Laray.
« Mon colonel » (LXl ; LXII ; LXVI,
74, 126. 167). — En adhérant pleinement
à l'opinion exprimée par le collaborateur
Langoumoisin. j'ajouterai seulement que
les dignités d'amiral et d'ambassadeur
passent aussi, en se féminisant, aux fem
mes des titulaires Mais i' n'y a plus
d'amiraux en France, seulement comme
par courtoisie on dit « amiral » en
s'adressant à un vice-amiral, même à un
contre-amiral, je me demande si l'usage
est d'étendre aux femmes de ceux-ci la
même appellation honorifique.
En province, on a longtemps dit la
<i préfète » et la *< sous-préfète » ; Charles
de Bernard emploie même ce dernier ter-
me dans un de ses agréables romans :
Uk acte de Vertu. Ces façons de parler ne
sont plus guère en usage. On a même dit,
mais rarement, la « Première présidente »,
ce qui était absolument ridicule.
H. C. M.
Poésie monosyllabique (LXIIl ; LXIV
LXV; LXVI, 123). — Ces calembredaines,
comme les a justement définies Maxime
du Camp, sont plus calembredaines en-
core quand on élude la difficulté de la
rime. C'est le cas dans la citation qui
vient d'être faite de Jules de Rességuier :
Blonde
Nuit!
L'onde
Fuit !
Terre
Brune
Lune
Luit!
Elle et son pageétaient, sur la tour, à minuit !
Tant mieux. Mais avec quoi rime Terre ?
G. DE FONTENAY.
BI018 et ses , abitants (LXVI, 7).
— Dans Le Ltvie des Proverbes français^
Le Roux de Lincy, après avoir cité l'ex-
L'INTBKMBDIAIKH
'224
pression « Les péletiers de Blois », ajoute
que l'on disait encore « les foireux de
Blois ».
C'est évidemment de l'origine de l'épi-
thete stercorariiis de Scaliger.
De Mortagne.
Membre de 3 Académies (LXVI,
94). — A l'église Saint-Louis d'Antin, on
peut voir une urne contenant le cœur du
comte de Choiseul :
Gabriel Florent Auguste, comte de Choi-
seul,
pair de France, ministre d'Etat
Lieutenant-Général des Armées du Roi
etc , etc ,
Membre de l'Académie française, de l'Aca-
démie des Inscriptions et Belles-Lettres
et de celle des Beaux-Arts etc.
Ancien ambassadeur à Constantinople.
HUMANUS.
Distique latin à identifier : « Quid
faciès... )) (LXVI, 7, ib2). La question,
qui est l'auteur de ce distique ? est bien
difficile. Est-il po-sible d'y répondre ?
Le distique toutefois remonte plus haut
qu'au xviii' siècle, car je le trouve dans
1' s< Aenigmatographia sive Sylloge Ae ■
nigmatum et Griphorum convivialium ex
variis Auctoribus colleclorum », par Ni-
colaus Reusnerus, Pars II, Francfort,
i6>>i p. 154. En voici d'autres du même
genre ;
Aeris servus eris, si te species trahat aeris :
Aeri cur haeres? cras aeris non eris haeres.
Si tibi déficit aes, miser es, praepinguia non
[es :
Post res egestas, multos comitatur egestas.
E. Bensly.
Le grec dans la langue française :
Cabane (LXV, ^81 ; LXVI, 171). —
M Corman a entrepris d'élucider la qu&s-
Won cabane ,']ç. lui offre ma façon de voir à
ce sujet.
La question capanna est restée Tune
des plus obscures de la linguistique
Isidore est le premier qui cite ce mot :
tugiirinm parva casa est; hoc rustici ca-
panna vocant. Isidore vivait aux be et 7'
siècles. Au 8* siècle il est devenu cabanna.
H. Laray.
S jubs la corde des sai icts (LXIV ;
LXV ; LXVI,75, 126, 169). — Une expres-
sion similaire se rencontre dans un texte de
DBS CHBRCHfiUKS 8Î CURIEUX
ao Âoât 191S
225
226
1 36 1 . A propos du patronage de la chapelle
Saint-Nicolas du Trait (à Yanville, dio*
cèse de Rouen), que revendiquaient à la
fois les moines de Jumièges et l'archevê-
que, et de la sentence intervenue aux as-
sises de Caudebec, on voit que T « at
tourné » et procureur des religieux, abbé
et couvent de Jumièges s'était rendu à
l'église, objet du litige, « et illeuc, heure
de messe, ainsi comme le prestre qui la
grant messe chanta en ycelle chapelle out
fait son pri, se transporta devant le mes-
tre autel d'icelle chapelle du Trait, de-
vant l'autel Notre-Dame d'icelle chapelle,
soiilx le cruxffis et soulx les sains d'icelle
chapelle et en tous yceulx lieux, en la
présence de grand foison de bonnes gens,
fut Icu ledit brief et commission, et. par
vertu de ce, adjourna ledit archevesque
a estre en ces assises pour respondre aux
dis reliËfieux... h
L'une des désignations topographiques
employées ici parait, bien être la même
que celle qui a donné lieu à la question
et s'expliquerait de façon identique.
Qy^siTOR.
Normands et termes marins (LXIV;
LXV). — Au temps jadis, une batterie
était mstallée à l'avant du bateau, et sur
cet emplacement était écrit en grosses
lettres le mot « batterie ». Le bord du na-
vire du côté des lettres hat s'est appelé
bâbord — celui du côté des lettres trie
s'est appelé tribord. Mary.
Guilhen (LXVl, 95). — Guilhen et
mieux Guilhem est un nom occitan, qui
signifie Guillaume. B.-F.
Cabajoutis (LXV; LXVI. 123). ~
Dans la région nivernaise et morvan-
delle, le masculin cagibi (dont je ne ga-
rantis pas l'orthographe et que j'écris
phonétiquement) désigne une sorte de petit
réduit, de capharnaum où l'on entasse,
pour s'en débarrasser, les objets les plus
hétéroclites. Le mot est populaire, mais je
ne le crois pas paysan. C'est un demi-
monsieur.
G. DE FONTENAY.
Gymkana (LI ; LU).— Du Figaro :
Ce mot « gymkana ■» nous vient de l'Inde
de rajahs, où il est employé pour désigner
des fantaisies équestres, auxqualles excellent
les brillants cavaliers de l'Inde splendide»
qui, montés sur leur coursier, parcourent la
piste bride abattue, coupant en deux, d'un
seul coup de sabre en passant devant lui, un
mouton accroché la tête en bas à un poteau.
C'est M. André de Fouquières qui a accli-
maté en Franco le mot « gymkana », qui
sert ainsi à désigner brièvement toute une
série de divertissements, de jeux, de courses,
de sports pratiqués en plein air pendant la
belle saison, lors d'une réunion mondaine, le
plus souvent en faveur d'une bonne œuvre,
et qui trouvent le moyen, tout en soulageant
des infortunes, d'amuser aussi bien les petits
que les grands, et d'obliger les assistants à
déployer toutes les élégances raffinées que
nécessitent ces journées « sélect » entre
toutes.
Rampeau (LXVI, 95). — Littré donne
ce mot avec un, ou plutôt deux sens, tout
autres que celui qu'indique M. Simon :
'< Partie de quilles qui se joue en un seul
coup de boule > ; et « second coup de
la partie qui se joue en deux coups >v Au
premier de ces sens se rapporte celui du
verbe « rampeller, jouer au rampeau ; au
second, l'emploi du mot rampeau dans la
phrase de Montluc que cite Littré : %» Je
lui manday que je ne voulois pas qu'il
fust fait de luy un rampeau du capitaine
Arne » ; c'est-à-dire, d'après le contexte,
qu'il fut tué comme l'avait été le capitaine
Arne ; « rampeau » a ici le sens de « ré-
pétition ». 11 faudrait chercher ce mot
dans Lacurne, à qui Littré emprunte son
exemple, et dans le dictionnaire de Go-
defroy, je ne l'ai pas en ce moment sous
la main.
Ibère.
Godefroy enregistre ce mot avec le
sens de partie de quilles qui se joue en
un seul coup de boule, et encore : second
coup de la partie qui se joue en deux
coups, et il cite à l'appui plusieurs textes
du xvi^ siècle.
11 donne aussi l'extrait suivant oii le
mot est employé au figuré :
Je luy manday que je ne voulois pas qu'il
fust fait de luy un rampeau du capitaine
Arne, et qu'il suffisait d'avoir perdu un brave
et excellent capitaine et une compagnie de
gens d'armes, sans en perdre deux (Montluc,
Mém., il, p. 396).
Cet auteur note qu'être rampeau se dit
aujourd'hui en terme de jeu lorsque deux
joueurs sont maiiche à manche, que dans
H- 1337. Vol. LXVI.
L*iNTB;<MÉDÏAIRE
227
228
le Jura, rampeau se dit d'un jeu de quilles
où il s'agit d'abattre d'un seul coup trois
quilles rangées obliquement par rapport
au joueur, et que dans l'Aunis le mot dé-
signe le jeu de boules.
Dans Littré, mêmes définitions et même
texte de Montluc, sans aucune étymolo-
gie.
Godefroy donne aussi rampeller, jouer
aux quilles, avec un texte de Brantôme.
De Mortagne.
Rampeau et aussi rampo^ râpeaii signi-
fiait autrefois dans le langage populaire
le second coup d'une partie de quilles.
On trouve dans Littré qui reproduit la
Curne :
Rampeau, second coup de la partie de
quilles qui se joue en à?.ux coups. Je liiy
manday que je ne voulois point qu'il fust
faict de luy un rampeau du (capitaine Arne
qui venait d'être tué) et qu'il suffisait d'avoir
perdu un brave et vaillant capitaine.
(Montluc : Mémoires, 1592). Rampeau,
dans cet exemple, est pris au figuré.
La Curne et Littré auraient pu citer ce
passagede Rabelaisoù rampeau, rapeau est
pris en son sens propre de second coup
au jeu de quilles.
11 y eut rapnau et lors mirent tous chiîcun
ung dernier au jeu pour ledit rapeau.
L'ancien français avait aussi rampeUj
jeu de boules . Dans la Bresse Lou-
hannaisc, rapeau signifie égalité au jeu ;
être rapeau, être manche à manche au
jeu, dans une partie, avoir parité de
points. Ce terme rapeau, rampeau, second
coup au )eu de quilles est aussi très usité
dans l'Est, la Bretagne et l'Ardèche où,
dit Y Intermédiaire (30 mars 1899). les
hommes et les enfants l'emploient pour
n'importe quel jeu.
L'étymologie de rampeau coup au jeu,
semble difficile à établir d'une façon pré-
cise, louer au rampot, dans le Lyonnais,
c'est, dit Puitipclu, « jouer avec des go-
billes (billes) et avec laide de trous au
nombre de neuf que l'on fait dans la terre.
Ce jeu de billes, dans le centre et à Paris,
s'appelle jeu de la bloquette. La seconde
partie du mot est po/, mais la première, se
demande Puitspelu, est elle rang ? rang de
petits pots? Comparez le forézien ran^rifan
cbi,\tu qui se joue avecdes rangées de cail-
loux ; oubicn.'jfw serait-il Icpréfixe/.j na-
salisé ? Comparez le vosgien rempcau pour
rapeau ». Puitspelu semble avoir confondu
ici le jeu de la bloquette avec celui de la
balle au pot. Dans la bloquette, un seul
pot, un seul trou suffit ; dans la balle au
pot, il faut autant detrous que de joueurs
et rang de pois qu'il propose s'explique-
rait alors, sans nous donner toutefois l'ex-
plication du sens : point égal, coup nul.
Nous pensons avec M. Guillemant
(Dictionnaire du patois delà Bresse etV In-
termédiaire (30 mars 1899) qu'il faut rap-
procher rampeau de rapport, faire rapport
à, égaler ou encore de rappel, rappel au
but, au début de la partie, renvoi au jeu,
comme le propose notre érudit confrère
M. Pavot ; mais tout cela est imprécis.
Gustave Fustier.
Futurisme et cubisme (LXVI, 97).
— Les peintres futuristes ont annoncé
leurs intentions révolutionnaires maintes
fois déjà, et tout dernièrement dans une
brochure de 32 pages publiée à l'occasion
de l'exposition de leurs œuvres à Paris,
du 5 au 24 février 1912 {Lespeintra futu-
ristes italiens) . La lecture de ce curieux
opuscule est instructive, tout autant que
l'examen des reproductions de auelques-
uns de leurs tableaux qui y sont jointes.
On y verra comment ces novateurs, à
vouloir à tout prix « commencer une nou-
velle époque de la peinture » , à haïr sys-
tématiquement tout ce qui a été fait avant
eux, retrouvent^ sans qu'ils s'en doutent,
la mentalité de tous les débutants, et
aboutissent par un phénomène incons-
cient de régression, à des formes enfan-
tines dont l'art s'était dégagé depuis des
siècles, même depuis des milliers d'an-
nées. C'est ce que j'ai démontré dans un
article qui a été lu à l'Institut Ethnogra-
phique International de Paris le 30 mars,
et qui paraîtra dans le prochain fascicule
de la Rezue d' Ethnographie et de Sociolo-
gie auquel je renvoie le lecteur.
On a écrit cette année de nombreux ar-
ticles sur les futuristes, articles dont les
uns portent aux nues cet art abracada-
brant, dont les autres, plus sensés, avouent
ne rien comprendre à ce qui est incom-
préhensible. On trouvera diverses appré-
ciations dans le Mercure de France, 1912,
février, p. 86S, mars, p. 184 ; La Lecture
pour tons, mai 1912, p. 6b6 sq. Futuristes
et pompier:, etc. Les journaux illustrés ont
donné de quelques tableaux futuristes des
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Ao-fit 191 3
229
230
caricatures moins caricaturales que les
originaux. i>ar ex. ; Simplùissmuf, 1912.
6 mai, p. 100.
Le chef de l'école, Marinetti, ne borne
pas son ambition à vouloir rénover la
peinture ; il veut encore rénover la litté-
rature, et, dans un article de haute fan-
taisie, il a lancé < le manifeste technique
de la littérature futuriste. € Il faut, dit il,
abolir l'adjectif, ladverbe, la ponctua-
tion, la syntaxe.. Du haut de l'aéroplane
qui lui inspira ces idées révolutionnaires,
il a contemplé les luîtes italiennes de Tri-
poli, et, aux sons harmonieux du moteur,
il a célébré en phrases d'un hrisme apo-
calyptique le carnage africain. < Qu'il est
bon de se sentir ainsi dans le canon rayé
d'un fusil monstrueux à la fois balle et ci-
ble futuriste > î [f^ers et Prae^ 1912).
Quant aux cubistes, qui disputent aux
futuristes l'honneur « d'épater l'bour-
geois », il semble toutefois que leurs
coups de tam-tam soient moins assour-
dissants que ceux de leurs rivaux, les-
quels du reste les méprisent cordialement
et les considèrent déjà comme « vieux
jeu » (cf. Mercure de France, 1912, avril,
P- 659)-
W. D.
Du port de T alliance en Allema-
gne (I-XVI.90). — Cl-ecesoiten Allema-
gne, en France ou par toute la terre, c'est
au doigt annulaire de la main gauche de
l'épojse que l'époux passe l'anneau bé-
nit selon les rites de la Sainte Eglise ca-
tholique apostolique romaine.
H. DE L.
Le mai (T. G., 547: LXVI, 95). —
La coutume du # mai *, avec des va-
riantes locales, était antan générale en
France. C'est une survivance païenne. Elle
a disparu en bien des endroits, mais hxiy
ce n'est pas seulement a Pont- Aven qu'elle
est encore en usance, B.-F.
Cet usage est dans tous les cas très ré-
pandu à Nice où chaque quartier, dès le 50
avril, voit s'édifier son mai. On en compte
une vingtaine au moms dans la ville.
Il y a même parfois des concours de
fnais où des récompenses sont accordées à
ceux qui ont su édifier les plus beaux.
La jeunesse de chaque quartier se réu-
nit autour de son m.;», chantant et dan-
sant des rondes chaque soir jusque vers
onze heures, a la grande joie des enfants,
mais pas toujours des paisibles voisins.
G. DE Massas.
Les sœurs associées LXVI. 8, 17). -
La jolie lettre suivante de François Coppée,
pleurant la mort de sa sœur est citée par
M. Jean Monval dans le Correspondant.
Elle montre quelle admirable association
fut celle de ces deux êtres délicieux.
Ma pauvie sœur, — elle aurait quatre-
Tingt-deux ans au mois d'août prochain, —
vient de s'éteindre après une grippe jointe à
son état de grande faiblesse.
Quel vide affreux c'est dans ma vie. Elle
a joaé à la petite maman avec moi, quand
j'étais U3 bébé. Quand ma mère mourut, —
j'avais trente-deui ans, — elle a pris sa
place. Jamais je ne pourrai sssez dire com-
bien elje a contribué à la douceur et à la di-
gnité de ma vie.
^îe voilà tout seu', toujours bien malade,
— provisoirement inifi-rme, — les médecins
l'espèrent du n^oïns, et bien, oh ! bien mal-
heureux !
Ma pauvre et bicn-aimée soeur Annette
s'est éteinte sans un effort apparent, sans
une souffrance sensible. Mais que sait-on de-
vant cet état mystérieux qui précède la mort?
17 mai 1908.
liraucailUs et (îunosités
Bonaparte mort le 18 brumaire.
— Limpuiaiion au Père Loriquet d'avoir
supprimé le règne de Napoléon et écrit
que Bonaparte fut le lieutenant de Sa Ma-
jesté Louis XVIll, parait bîoi une légende.
Mais ce qui n'en est pas une, c'est ced.
On lit dans la Graiide Encyclopédie de
Pierre Larousse, à l'article Bonaparte :
Général de la République Française, né k
Ajsccio [île ie Corse), le 15 août 1769, mort
au château de Saint-Cloud, près de Paris, le
18 brumaire an Vlll de la République Fran-
çaise, une et indivisible (9 novembre 1799).
B. — F.
Un gilet séditieux.
Tarbes, 8 août i8«3.
Le Préfet des Hautes-P)rrénées
au Ministre de rintérieur
-Monseigneur,
Le sieur Conget, com-.issaiîe de Police d«
Bareges, a saisi le s, chez un sieur Joseph
Sùutans. tailleir de Bagaèies établi à 6a-
reges pour le temps de la saison des Eaux,
N* 1J37. Vol. LXV.
231
un gilet coupé, mai» non cousu, de couleur
violette foncée, parsemé de figures de Bona-
parte fort ressemblant , avec des croix d'hon-
neur et des N. Le tailleur a déclaré que
cette étoffe appartenait au sieur Charles Lys
propriétaire à Plassac (Charente-Inférieure)
arrivé à Barèges le 30 juin dernier. Le pro-
cès-verbal rédigé par le sieur Conget ainsi
que ['étoffe saisie ont été adressés par le
sous-préfet d'Argclés au procureur du Roi
près le tribunal de Lourdes. J'aurai l'hon-
neur d'instruire V. li. des suites de cette
affaire.
Le préfet,
Jahan.
Qu'advint-il de tout cela .''
La correspondance oftkielle est muette
sur la suite de cette histoire.
Mais i\ l'on en juge d'après iiombre
d'affaires semblables, il n'est pas douteux
que le Lys de Plassac dût, après avoir
payé frais et amende, aller méditer pen-
dant plusieurs mois « sur la paille humide
des cachots >■>, sur l'inconvénient qu'il y
avait, en 1822, à vouloir faire sensation
en s'exhibant avec un gilet séditeux.
LÉONCE Grasiuer.
Les adieux au télégraphe Chappe.
— Le télégraphe sans lil ne, remplacera
pas de sitôt le télégraphe avec fil. Quand
ce dernier remplaça le télégraphe aérien
que Hugo avait chanté à l'âge de dix-sept
ans, la satire suivit ses funérailles.
Un vieux journal nous apporte l'une
de ces railleries.
Tout s.^ dit avec l'A B C.
L'A B C partout P li T.
Longtemps par le sort K O T.
Nous cesserons de V G T.
Le télégraphe est A J T.
De fureur il est R 1 C.
11 ne peut surmonter l'I D
Que du monde il est FA C.
Oui, malgré son R E B T.
Trop longtemps il est R S T.
Debout coihme une DIT.
Vieillard que le temps A K C.
C'est une affaire d'S I D.
Son F I j est môme O T
De lui nous allons R I T.
Car il est enfin D C D.
Qyand on inaugura la statue de Chappe,
mieux inspiré, M. Alphonse Humbert, qui
la recevait comme président du conseil
municipal, disait « que la gratitude pour
un bienfait dont nous ne jouissons plus
n'en est que plus touchante. »
L•1^5TBP.^•BDJAJRK
132 -^
Les fonctionnaires toujours mé-
contents. — En attendant le statut des
fonctionnaires, ceux ci s'agitent terrible-
ment et il y a apparence que ce sera
exactement la même chose après le statut.
La Révolution avait été saluée d'enthou-
siasme par les fonctionnaires ; qu'en es-
péraient-ils ? Toujours est-il qu'ils furent
parmi les premiers déçus.
En \o\c\ la preuve dans un docu-
ment qui pourrait aussi bien être daté de
nos jours.
Il porte le cachet du ministère des
affaires étrangères :
DÉCLARATION
Nous, soussignés, commis au département
des affaires étrangères, amis sincères de la
liberté que nous voulons maintenir et servir ;
déclarons que, pour résister aux malveillan-
ces, aux intrigues, que notre p'ilriotisme,
notre franchise, notre fidélité à nos devoirs
pourraient nous suscit^j:, nous prendrons
respectivement la défense de nos camarades,
nous jurons, en cas de destitution arbitraire,
de réclamer pour eux la justice que nous
croirons leur être due, et de n'abandonner
leur cause que lorsqu'il sera prouvé que leur
exclusion est fondée sur leur improbité, leur
incivisme ou leur négligence. A Paris, le 8
juillet mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an
quatre de b Liberté,
Feraudel, YsABEAU, Le Brun, Darbblet,
Thoineville, Pascal, Vitry,
L'un des signataires de ce curieux en-
gagement collectif n'est pas un inconnu :
c'e-t Lebrun-Tondu ainsi nommé parce
qu'il avait été abbé ; défroqué, il fit un
soldat. Il vint de Liège à Paris avec Du-
mouriez, dans une députation de patrio-
tes. 11 entra aux Affaires étrangères ; après
le 10 août il devint ministre de ce dépar-
tement. C'est donc un prédécesseur de
M. Poincaré. -Vous avez pu voir, par
cette déclaration, que ce bon patriote
nourrit, un esprit agressif. U ne veut pas
être inquiété par le caprice et l'arbitraire.
Il prétend n'avoir pas fait une révolution
pour simplement changer de tyran.
Cette indépendance ne lui réussit pas. U
est arrêté, comme suspect, il s'évade, il
est repris et, en décembre 179?, il est
guillotiné.
Le Directeur-gérant :
GEORGES MONTORGUEIL
Imp. OANmt-CHAMBOH, St-Amand-Mont-Bond
LXVl» Volume Paraissant Us lo, ao et io de chaqvu mon
3Ô Août 1912
48» Année
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N" 1338
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PARIS (IV)
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DES CHERCHEURS ET CURIEUX
Fondé en 1864
(JUKSTIONS ET RKFONSRS LITTÉUAIRES. HISTOUIQUKS, SCIENTIFIQUES ET AKriSTlQUB
TROrjVAILLES ET CURIOSITÉS
Nous prions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
de leur pseudonvme , et de n'écrire que
d'un côté de la feuille. Les articles ano-
nymes oit signés di pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet .
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Oiiand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauf exception,
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
(âucôtians
Les Guise descendants r es Carlo-
vingiens. — Je viens de relire, dans une
histoire de la Ligue, que la famille de
Guise prétendait descendre des Carlovin-
giens et se disait, par suite, victime de
l'usurpation d'Hugues Capet.
Sur quoi reposait cette prétention des
Guise ? Par quelle filiation se disaient-ils
héritiers légitimes de la couronne de
France ?
Etait-ce par ligne masculine ou par les
femmes ? Bellechasse.
Les drapeaux de Metz en 1870
— Le journal Le Temps a publié, d?ns son
numéro du 19 août 1912, deux longues
lettres de M. Georges Bazaine, petit-ne-
veu du commandant en chef de l'armée
de Metz en 1870. Le signataire de ces
lettres, on le devine aisément, prend la
défense du condamné de Trianon, « sol-
dat loyal, écrit- il, qui a été la victime
choisie offerte en holocauste à la douleur
dun peuple, le martyr des passions poli-
tiques de son époque. «
Je n'ai nullement l'intention de répon-
dre à ce panégyrique ni même de l'ap-
précier, et je n'entends pas rouvrir, sur la
culpabilité ou l'impérilie du maréchal Ba-
zaine, un débat auquel V Intermédiaire
consacra naguère une très large place
dans ses colonnes. L'observation que je
me permets de soum.eltre aux intermé-
diyiristcs porte sur un point précis, au
sujet duquel il semble possible d'arriver
à une certitude absolue. 11 s'agit de la pé-
nible «,< question des drapeaux », que l'on
ne peut soulever sans éveiller un dou-
loureux souvenir dans le cœur de tous les
Français. A ce propos, M. Georges Ba-
zaine écrit les lignes suivantes :
Eu ce qui concerne la question des dra-
peaux, il est vraiment étrange et paradoxal
que ce soit le seul qui ait pen-é à leur des-
truction qui soit poursuivi de l'accusation de
les avoir livrés. Que l'auteur adresse donc ses
reproches k ceux qui, ayant reçu l'ordre de
les faire porter à l'arsenal pour qu'ils soient
brûlés, ont « fait le mort » et n'ont pas obéi
ou ont obéi avec tant de criminelle mollesse!
Le maréchal ne pouvait-il pas croire ses lieu-
tenants au'si intéressés que lui à la destruc-
tion des drapeaux, alors qu'il donna par
trois fois l ordre de les brûler ? Et tous ceux
des règifiienis qui entouraient le quartier
général ne furent-ils pas détruits ?
LXV- 6
N» 1338, Vol. LXVI.
. 235
Les affirmations si nettes qu'on vient
de lire sont-elles absolument conformes
à la réalité ? Je le demande à tous ceux
qui peuvent se croire en état de répondre
aux questions suivantes :
Est-il exact que si cinquante-trois de
nos drapeaux sont aujourd'hui à Berlin,
on n'en doive accuser que la coupable né-
gligence des chefs de corps ?
Est-il exact que Bazaine ait enjoint a
ceux-ci de déposer leurs étendards a l'ar-
senal de .Metz pour qu'ils y fussent brûlés
et non pour qu'ils y fussent conservés et
inventoriés, ainsi que le prescrivait la note
de service adressée, cii-s le 2j octobre iSjo,
au colonel de Girels P
Est-il exact que l'ordre de détruire les
drapeaux ait été, à trois repiises, formelle-
nient donne par le maréchal ?
Est-il exact, enfin, que tous les éten-
dards des régiments qui entouraient le
quartier général de Bazaine aient été brû-
lés?
Voilà quatre questions précises aux-
quelles il doit être facile de répondre,
puisqu'elles portent non sur des appré-
ciations — toujours discutables — mais
sur des faits matériels et que, d'ailleurs,
beaucoup des témoins et des acteurs du
lamentable drame de la capitulation de
Metz sont encore vivants. C'est à eux
qu'il appartient de confirmer ou de recti-
fier les assertions de M. Georges Bazaine,
qui ne semblent pas concorder avec les
faits établis devant le conseil de guerre de
Trianon.
O, Spada.
Femmes à destination de Mala-
gascar en 4666. — Souchu de Renne-
fort, dans son Histoire des Indes Orien-
tales, nous apprend que la Compagnie
des Indes équipa dix vaisseaux qui «orli-
rcnt du port de La Rochelle le 14 mars
1666, à destination de Madagascar. Cette
flotte portait dix chefs de colonie rvec
leurs colons, tienle-deux femmes et quel-
ques enfants.
Dans quelles conditions se faisait le
recrutement de ces convois de colons '(
Parmi les jeunes filles, il y en avait de
quinze ans et originaires de villes dis-
tantes du port d'embarquement.
Serait-il possible d'obtenir des rensei-
gnements précis sur la provenance des
*rente deux femmes ou filles qui partirent
L'INTEKMEOÎAIRE
236
sur la flotte du Marquis de Mondevergue
le 14 mars 1666, et qui toutes, à l'excep-
tion de quatre ou cinq, moururent durant
la traversée ? D'' P.
La poste aux cheyaux de Hou-
dan. — La commune d'Houdan (Seine-
ct Oise) est désignée comme relai de
poste aux chevaux sur la route de Paris à
Brest et sur celle de Paris à Cherbourg
(communication d'Houdan à Septeuil pour
Mantes). L'embranchement de ces deux
routes était à Maulette, village situé à
1200 mètres à l'ouest d'Houdan, où il
existe encore une ancienne ferme-château
3 leur intersection.
J'ai lieu de croire qu'elle a servi en
1830 à l'installation du maître des postes
et de ses équipages au lieu d'Hou-
dan même qui figurait sur les listes,
Cette opinion serait-elle fondée ?
Sus.
Puebla a gaudino. — Qiie signifie
ce lieu dit des environs de Saint-Cergues,
(Suisse, canton de Vaud) au sommet du
Jura, près d'autres lieux dits tels que : ci-
metière aux Bourguignons, Passage des
alliés ? Y a-l-il Vi un souvenir de la domi-
nation espagnole:
L.
Milady DidL.. — On lit dans le
Jouiual (U la Cour et de la Ville du jeudi
19 avril 1792, (t. VU, n° 50, p. 399) :
On TiOUb prie de désigner cette lemmc si
intùessaiite qui, sous le tissu dél\cat de la
beauté et le frêle réseau des grâces a montré
(à M. Suleau) une fierté d'aune <i un courage
d'esprit capables d'exulter jusqu'à l'héroïsme
riio'umc le pins dépourvu de fermeté.
Puisque l'auteur, par respect, sans doute,
poui la modestie de 5on modèle, a jugé à
propos d'en gazer les traits du voile de l'ano-
nyme, nous n'auions pas l'indiscrétion de
sonder les replis de son cœur : la seule ré-
llexion que nous nous permettons, c'est que
si M. Suleau a voulu peindre cette char-
mante Milady Didl.... qui lui tenait si fidèle
compagnie d'ans la prison de l'Abbaye, il fait
ses portraits d'après nature, et nous applau-
dissons à la vërité de son hommage plus en-
core qu à la sensibilité qui le lui a dicté ;
car il n'est pas du tout pénible de se inon-
trcr reconnaissant enveis une si agréable
bienfaitrice.
Quelle est cette Milady Didl....?' due
sait-on de cette femme.'' Quels sont les
DES CHERCHEURS ET CURiEUX
30 Août 191 3
237
238
ouvrages, Biographies ou Mémoires, où il
est parlé d'elle? L. A. M.
De ''oget, « signataire de Nou-
vellesà la main » (1782-1784).— aue
sait-on de ce gazetier etde sagazelte ? Je ne
co.^nais de celle-ci que la période comprise
entre septembre 1782 et fin décembre
1784. A-t-elle duré plus longtemps? En
existe-t-il des exemplaires plus complets ?
Merci d'avance à l'aimable confrère qui
me renseignera.
D. A.
Michel Sublet. — Où trouver des
renseignements historiques sur Michel
Sublet, abbé de Vendôme et de Bellefon-
laiiie (Maine-et-Loire) ? Il nnjurut à Blois
en 1643, après avoir établi la congrégation
de Saint-Maur à Vendôme (1621) et les
Feuillants à Bellefontaine (1642).
' X. A.
Thomas, évêque d.'Ar<-'hadia et de
Hierapetra en Crète — Les archives
de l'abbaye de la Boissière possédaient au
xvni* siècle une charte mentionnant ce
prélat, comme donateur à Jean d'Alluye,
revenant de la Terre Sainte, d'un morceau
de la vraie Croix, lequel morceau Jean
d'AUuye aurait remis à la dite abbaye
(1241-1244). Existe-t-il une copie de l'acte
de donation, dont l'original n'est plus (du
moins aux archives de Maine-et-Loire;?
Il semble que nul autre acte ne mentionne
cet évêque inconnu à Gams et àEubel.
D. A.
Armes à déterminer : Deux écus
accolés. — 1° De... à la tour de ..
2" Ecartelé : aux i et 4, de... à trois
roses {ou quinte feuilUe) de... ; au 2, de.. . à
2 lions affrontée de...; au ^, de..,, à un lion
de... Couronne de marquis. J. B.
Armes à déterminer : trois trè-
fles. — D'a:(ur à un chevron d'or au chef
d'argent chargé de trois trèfles de... (Ces
armes sont accolées à celles de Carra de
Vaux — Beaujolais).
Joseph Balloffet.
Sceau à déterminer. — Sceau de
forme ogivale, offrant dans son ensemble
tous les caractères du commencement du
xix^* siècle ; au centre, écu triangulaire,
formé en accolade à la partie supérieure,
renfermant un aigle, surmonté d'un
triangle dans une gloire ; dessous, sur une
banderolle, les initiales H. C. F. trente-
huit étoiles en orle ; émnnx non figurés.
Cet écu repose sur un autre écu de même
forme, portant de... à la croix pattée de
gueules. Ce second écu est entouré d'une
cordelière composée de neuf nœuds, sur
chacun desquels on voit le monogramme
IHS ; à cette cordelière est suspendue une
croix de Malte couronnée, chargée d'une
croix pattée. Le tout repose sur un man-
teau richement drapé ; il est surmonté
d'une couronne antique, garnie d'une
toque et chargée d'une croix pattée ; à la
pointe du manteau, sur une banderolle,
NANTES ; au-dessus de la couronne, sur
une banderolle, la légende init. cœt, pr.
NANNET. SIGILL. F. S.
AlbRnay, oiseau héraldique. —
La famille Maillard, originaire de l'Alba-
nais, district de Tancienne Savoie et ac-
tuellement éteinte, après avoirjproduit des
gouverneurs généraux, des ambassadeurs,
un cardinal etc., portait pour armoiries,
d'a:(ur à un Albanay (ou albanais) d'ar-
gent hecqué et membre de gueules \ maison
n'a jamais pu s'entendre sur le genre de
ce volatile que M. de Foras, auteur de
V Armoriai nobiliaire de Savoie, considé-
rait comme inconnu dans le blason et
même en histoire naturelle.
Que pensent nos héraldistes de ce pro-
blème ? Sus.
Château de Saint-Loup. — A quelle
famille appartient un ex-libris typogra-
phie (moitié du xix« siècle) qui porte :
Château de Saint-Loup
H
près Decize (Nièvre)
Le nom doit commencer par la lettre H.
NlSlAR.
Une réplique de la Simplicité,
tableau de Greuze. — La Feuille né-
cessaire de 1769, raconte l'anecdote sui-
vante :
M. Greuze vient de se recopier luimênie,
d'une manière qui prouve combien cet auteur
a de ressources dans son art. Son tableau de
la Simplicité, exposé au salon du Louvre et
appartenant à Mme... ayant plu extrême-
ment à une dame de la Cour, à laquelle les
arts doivent trop pour que rien puisse lui
être refusé, la Dame, propriétaire du Tableau,
N- ^)}8. Vol. LXVI
L'IMTBKMÉDÏAIRB
23.9
240
'ui annonça que, dès que ce morceau lui
plaisait il lui appartenait.
Le Peintre a voulu dédommager Mme de...
d'un sacrifice si flatteur pour lui. Il vient,
d'après le même sujet qui lui a servi de mo-
dèle et dont les tiaits nnïfs rendent si bien le
caractère de simplicité qu'il a voulu exprimer,
de compcer un Table.iu, dans lequel il s'est
surpassé lui-même. Il a opposé un fond qui
fait mieux valoir le tableau, et y a corrigé
quelques légers défauts échappés à sa pre-
mière composition.
Le catalogue de YŒuvreâe Grenue,
dressé par M. fean Martin, donne ki
noms, d'ailleurs déjà publiés, des dames
si éprises des tableaux du maître. La pre-
mière était Mme de Ménars la seconde,
Mme de Pompadour. L'original date de
17^9 ; quant à la réplique, elle ne dut
être exécutée (la note de la Feuille néces-
saire le dit du reste) qu'en 1769, soit cinq
ans après la mort de Mme de Pompadour.
Mais, ici, la question se pose : quelle était
cette dame de Ménars ?Nous n'en connais-
sons qu'une, Mlle Filleul, qu'épousa le
frère de Mme de Pompadour^ Poisson-
Vandières-Marigny, après le décès de
sa sœur, dont il avait hérité la propriété
et le titre de marquis de Ménars.
Pourrait-on nous donner la solution de
cet imbroglio ?
En tout cas, le catalogue Jean Martin
dit que la réplique devait appartenir à la
collection. Mais alors où serait le tableau
cédé à Mme de Pompadour .''
Quelle histoire à écrire, par ces temps
de truquage et d'évasion d'œuvres de maî-
tres que celle des toiles originales et de
leurs répliques ! d'E.
Bibliothèque de Houlbec. - On
rencontre parfois des livres du xviu* siècle
portant cett'j marque sur le plat. A quelle
maison appartenait-elle?
Sus.
Les archives des Pères Jésuites.
— Sont-elles réunies dans un même lieu r
Celles de la fin du 17* siècle, où se trou-
vent-elles .''
Th.
Leuss. — J'ai vainement cherché,
dans les nombreux dictionnaires de la
langue courante ou scientifiques, dont je
dispose, la signification du mot leuss, qui
figure dans le vers suivant :
Près du rose granit que poudroyait le leuss.
je m'adresse donc à V Intermédiaire pour
avoir l'explication de ce vocable.
Nauticus.
Galéjade. — Quelle est Tétymologie
de cette expression provençale que, sans
être méridionale, tout le monde comprend
aujourd'hui ?
G F.
Gorenflot. — C'est le nom de deux
villages picards. C'est le nom d'un person-
nage d'un roman d'Alexandre Dumas.
Cest enfin le nom d'un vieux gâteau pa-
risien, genre s< échaudé j/.
D'où vient ce nom ?
A. d'E.
Un symbol -^ politique : Le collier
de barbe. — Dans mon enfance, c'est-à-
dire vers 1844, les vieux « beaux » por-
taient encore le collier de barbe relégué
aujourd'hui en Auvergne.
Il fut imaginé dans l'Amérique Latine
que l'ensemble de cet ornement pileux
encadrant la face, qu'on retrouve encore
sur les portraits du temps, n'était pas
sans ressemblance avec un U majuscule,
et l'on en fit un symbole politique, même
un signe de reconnaissance ou do rallie-
ment.
La lettre était évidemment l'initiale du
nom d'un parti politique : Union, Unité ^
peut-être, par analogie avec les Etats-
Unis du Nord du Nouveau-Monde.
J'ai bien su à quoi m'en tenir, mais l'ai
oublié.
Demande est faite en conséquence du
nom de ces partisans.
Leda.
Sanguin. — Quels sont les descen-
dants d un François Sanguin, qui était au
collège l.ouis-le-Grand en 1659?
ZoR C.
Mégret (Petrus). — Quels sont les
descendants de ce Mégret, qui était su-
périeur au collège Louis-le-Grand en
1650?
ZOR C.
DBî> CHBRCHBURS ET CUKIBUX
241
30 Août 191a
&ép0nde$
L'âme de la femme au Concile de
Mâcon ^T. G. 38 ; LXVI, 138). aue
d'encre peut faire couler cette question.
Bayle, outre son article ^< Acidalius », y
a consacré, au mot « Gédiccus >, plus de
trois colonnes'de notes ou remarques. )e me
garderai bien d'entrer dans un débat, où on
avance dès l'abord c que nous sommes en
présence d'une légende colportée par l'es-
prit de parti. » Ce n'est pas bien sûr.
Dans tous les cas, l'esprit de parti ne s'en
serait pas servi, s'il n'y avait eu au moins
une partie de vérité. Bayle repousse avec
indignation cette formule que les femmes
n'ont pas d'àme ou que mulieres non esse
homine:, et il dit en remarque : Ce que je
trouv'e de plus étrange, est de voir que
dans un Concile, on ait gravement mis
en question si les femmes étaient une
créature humaine {sic). Et voici la note
dont il appuie ce dernier fait : De Maçon
V. La Polygamia tri umphatrix, page 123,
où on lit ces paroles :
Cum inter tôt sanctos patres Epis copus
quidam... statueret non posse nec debere
muliere vocari homines, restanti est habita
ut in timoré Del publiée ibi ventilaretur, et
tandem post multao vexatœ hujus quœstio-
nis disceptationes, concluderetur quoi mu-
lieres sint homine.<:.
Le Petit Berrichon, est-il une autorité
plus grande que Bayle ou le préfet du
Cher ? Bayle dit qu'il y a eu discussion et
conclusion ; c'est donc que la qu-;stion
fut posée, discutée, décidée. Elle est anté-
rieure au xvi® siècle el s'il est d'un goût
douteux de se servir de semblables sujets
dans une distribution de prix, l'excuse
est pourtant qu'on n'invente rien.
La question ne figure pas dans les ca-
nons du deuxième concile de Màcon (587^,
mais dans une addition qu'y ajouta l'édi-
teur des Conciles, le P. Labbey : 11 nous
apprend qu'elle est tirée de Grégoire de
Tours, livre VIII chapitre 20,
Voici le texte, sans commentaires :
Synodo quidam ex episcopis qui dicebat
muriclem, hominem non posce vocitari. Sed
tamen ab episcopis, ratione accepta, quievit
eo quod sacer veteris testamentis liber edoce-
rat... Sed et dominus Jésus ab hoc vocita-
tur filuis hominis, quod sit filius virgini'i, id
^.</ ww/jV^îi. Multis que et aliis tesîiaioniis
hœc causa quievit.
242
Je voudrais bien savoir, après avoir lu
ce texte, comment le Peitt Berrichon a
appris que la question avait été posée
\< hors séance ». Le mot est bien moderne.
Si j'avais l'autorité couvenable, je di-
rais qu'au point de vue catholique cette
question devait se peser, comme plus
tard se posa la question de Llmmaculéc
Conception : Jésus fils de Vierge ne pou-
vait être que le fils de l'homme et non
d'une femme privée d'àme.
E. Gr.we.
♦
Vraiment est-ce la peine de revenir sur
cette ineptie, cent fois réfutée et qu'en
dépit des textes les plus formels nos du
Chaylards, fussent-ils préfets, comme celui
dont on nous parle, continueront, on peut
le craindre, de répéter ssns rougir ? Al-
lons-y quand même
Tous les détails qui suivent sont tirés
deLouvragede Mansi, qui, on lésait, fait
foi en la matière : Sacrorum Conciliorum
nova et amplissima collectio.
On connaît deux conciles tenus à Ma-
çon, l'un en 581 et l'autre en 585 (i). Le
premier, où siégèrent 21 évêques, porta
19 canons, comm- l'on dit dans le lan-
gage ecclésiastique ; dans le second 20
furent souscrits par 43 évêques et 20 dé-
légués épiscopaux.
je viers de les relire avec grande atten-
tion. Or, dans les décrets du concile de
581 (Mansi, tomus IX, col. 931-40), si
certaines dispositions concernent les
femmes, pas un mot, je l'affirme, ne res-
semble à la sottise en question. On parle
d'elles comme l'on parle des clercs et des
évêques, en termes absolument iden-
tiques.. Dans les canons de celui de 585
{op cit., col. 947 64). il en va tout à fait
de même. Je me trompe : Dans le ca-
non XII, effectivement, le Concile mon-
trant ainsi le cas qu'il tait, non seulement
des âmes des femmes, mais même de leurs
biens matériels, prononce des peines très
sévères contre les juges qui traiteraient les
plus abonnées d entre elles, les veuves,
sans assez d'équité.
Donc, cette fois encore, je l'affirme de
(1) J'omets à dessein la réunion de 627
(Mansi, t. X, col. 587-90) : on s'occupa uni-
[ querrent de l'approbation de la règle de saint
; Colomban,. et le mot mulier ou femina ne
i s'y rencontre même pas une seule fois.
N* 133S. V*l. LXVI
L'iMThKMËDIAlRc
243
-^ 244
nouveau, pas un mot dans la partie offi-
cielle qui puisse donner lieu à Taccusation
saugrenue qu'on nous rabâche.
J'ai dit dans la partie officielle; que les
tenants de la fable n: se hâtent pourtant
point de triompher. Qu'ils daignent seu-
lement m'ecouter un moment
A la suite des Actes du Concile, Mansi
a relaté quelques-unes des annotations
qui, plus tard, y furent ajoutées par di-
vers Lommantateurs. Or, l'une d'elles, la
note fo, a fourni la perle, rare entre
toutes, qu'on fait briller à nos yeux.
Malheureusement, et j'en suis rnarri pour
les tombeurs de l'Eglise, celte perle est
fausse, si radicalement fausse que ne
l'avoir pas remarqué et continuer d'en
vanter le prix suppose ou bien une incu-
rable cécité, ou 1 len une étrange malhon-
nêteté. On en ju_era
Par les com.i.entaires dont il s'agit,
nous apprenons entre autres choses que
quelques évêques furent blâmés et punis
par le Concile ; '""un, par exemple, se vit
déposer, l'ai)tre, excommunier. Plus tard,
Grégoire de Tours, arrivé au récit de ces
faits, intercale entre ies deux que je \iens
de rappeler la mention d'un troisième
[Hisioiia Francorum lib. VllI, Cap. 20).
Je reproduis le passage tout entier, car ces
lignes, et ces lignes seules ont donné
naissance a la sotte légende dont je m'oc-
cupe. Le grand historien écrit :
Extitit in bac synodo quidam ex episcopis,
qui dicebat miilierem hominein non posse
vocari, Sed tamen ab episcopis ratione accepta
quievit : eo quod sacer Veteris Testamenti
liber edoceat quod in principio, Deo homi-
iieni créante, ait : masculum et leminam
creavit eos, vocavitque nomen eorum Adam,
quod est honio terrenus : sic itaquc: vocans
rriulierem seu virum ; ulruinque eni - homi-
nem dixit. Scd et Dominui Jésus ob hoc vo-
citatur filius homt'nis quoi ait tilius vuginis,
id est tnulitrts (i)- Multisque et aliis tesli-
moniis haac causa convicta quievit.
Sacrorum Concilior um nova et aniplissima
collectio. Tomus tiomvi. Florentiœ, /yâf,
colonne 959, noie r„. de la ligne 10 à la
ligne 75).
Oui. je le répète, voila le texte dans
lequel les ennemi ". de l'Eglise ont décou-
vert qu'un concile avait enseigné que les
femmes n'avaient pas d'âme 1 Et cela,
quand qu'il s'agit uniquement de savoirsi,
lorsqu'on dit d'une manière générale, in-
(1) Les mots soulignes l'ont été par moi.
déterminée, sans que rien appelle une dis*
tinction entre les sexes, L' Homme est mor-
tel, on veut signifier que les femmes elles-
mêmes n'échappent pas à cette loi. N'est-
ce pas déconcertant; surtout n'est-ce pas
humiliant pour la libre pensée réduite à
manier de pareilles armes : ce qu'elle fait
d'ailleurs en toute occa«-ion, en dépit des
éc'ats de rire qui saluent ses grotesques
escrimeurs ? Qui ne voit, en etîet, que
dans ces lignes de Grégoire de Tours, pas
une expression ne peut se plier à l'inter-
prétation fantaisiste qu'on en fait; que dans
tout ce passage il n'y a qu'une pure
question philologique, grammaticale ;
qu'on n'y refuse pas plus une âme à la
femme qu'où ne nie l'existence de l'Amé-
rique, non encore découverte ; qu'enfin
cette petite discussion, toute verbale, n'a
aucun caractère officiel, et que l'erreur
scientifique émise ne le fut que par un
seul évêque, si bien co'iîtredit d'ailleurs, si
victorieusement combattu par ses col-
lègues qu'il reconnut bientôt sa mé-
prise.?
11 serait temps, semble-t-il, que les
savants anticléricaux fissent de même ;
que du moins les fonctionnaires de la troi-
sième république, bien que pariant à des
petites filles et dans une école laïque, se
missent un peu moins lamentablement a
l'aise avec la science et la vérité.
P. Bliard.
Le crâae de Richelieu (T. G. 772 ;
LXV ; 138;. - Voici q elques détails :
je m'excuse de leur modeste intérêt; mais
en attendant mieux :
Le corps de Richelieu avait été inhumé
à laSorbonne, dans des caveaux qui furent
profanés en frimaire an II (décembre
1793). Ce fut un bonnetier de la rue de
La Harpe qui se chargea de présider à
cette violation. Resté seul, dans l'église,
après le départ des ouvriers, il eut l'idée
de s'approprier la tête embaumée du mi-
nistre
Plus tard, la Terreur passée, il compta
sur la protection d'un abbé Armez, en
lui offrant son funèbre larcin. Celui-ci
conserva comme une curieuse relique la
tète de Richelieu, jusqu'au jour où il en
fit cadeau à son frère, maii'c de Plourivo.
Le fils du maire, devenu ministre sous
Louis-Philippe, emporta à Paris la tête
dans ses bagages. Il la montra à Cousin,
uns CfciiîKCHBURS £T CUKIBOX
30 Août .'91a
245
à Chaix d'Est-Ange; il la prêta en 1840
au peintre Bonhomme, chargé de faire le
portrait du cardinal pour l'une des salles
du conseil d'Elat,
On fit comprendre à M. Armez qu'il
serait convenable qu'il rendit cette reli-
que au tombeau d'où elle était sortie;
M. Duruy entama des négociations et en
1866, solennellement, Richelieu, après
ces voyages extravagants, revenait à la
Sorbonne.
Ce fut l'occasion d'une grande cérémo-
nie célébrée le 15 décembre, en présence
du duc de Richelieu, ancien pair de
France, de son fils et de son neveu. De-
vant le grand portail, Mgr Darboy et
Mgr de Sura, doyen de la Faculté de théo-
logie, étaient venus recevoir M. Duruy
qui apportait la tête de son prédécesseur
dans une boite de citronnier.
Il prononça à ce propos quelques pa-
roles écrites au préalable et dont M.
Gréard a donné le manuscrit à Carna-
valet
Monseigneur, je dépose en vos mains c^
qui nous reste du grand homme dont le nom
est toujours ici présent, parce qu'il pacifia
et agrandit la France, honora les lettres et
construisit cette maison qui est devenue le
sanctuai.-e des plus hautes études. L'Univer-
sité et l'Académie accomplissent un devoir
filial en réunissant leur hommage au pied
de cette tombe qui ne sera plus violée.
Un détail ignoré alors, c'est qu'avant
l'anthropométrie^ cette tête avait été
anthropometrisée. Dans le cabinet de M.
Duruy, avec son assentiment, ce masque,
en vue de la théorie darwinienne, alors
très en vogue, avait été dessiné et men-
suré.
L'auteur du travail était un officier dis-
tingué, que nous avons eu l'avantage de
rencontrer chez un célèbre bibliophile, le
colonel Duhausset. M Duruy avait con-
senti, à cette époque où passionnait la
comparaison de l'homme et du singe,
à ce qu'on prit pour base un des types les
mieux organisés au sommet de l'échelle
humaine. Il apporta à son visiteur une
petite cassette de chêne et, sortant le
masque momifié qu'elle contenait : « Voilà,
lui dit-il, tout ce qui reste d'un grand
homme, »
Il lui présentait une tête dont la partie
postérieure du crâne manquait. Oes fils
d'argent tenaient en place la mâchoire in-
— 246 — —
tons de vieil
férieure, aux tons de vieil ivoire ; les
paupières garnies de cils roux étaient
abaissées au fond d'une orbite creusée
largement ; à partir de la saillie osseuse
proéminente, le nez étaitécrasé, il rappelait
la forme que nous montrent les portraits
et les bustes ; tendue sur des dents bril-
lantes, la bouche était petite et grima-
çante. Les quelques cheveux restant à la
partie supérieure du front, les sourcils,
les cils, les moustaches peu fournies,
ainsi que la barbiche, devaient au liquide
conservateur d'être rouges.
M. Duhausset détacha les fils d'argent
qui maintenaient en place le maxillaire in-
férieur de Richelieu et lui fit subir toutes
les constatations anthropométriques :
elles lui assuraient la note la plus élevée
dans l'échelle comparative qu'il s'efforçait
d'établir, comme finesse et noblesse de
construction.
11 consigna que les proportions des
parties composant le visage se rappro-
chaient d'un beau type par leur régu-
larité. Le front dépassait en hauteur la
longueur du nez. Une légère asymétrie
de la région frontale troublait un peu
l'harmonie générale. A côté des traits
généraux de supériorité, le front présen-
tait en haut une légère fuite vers le som-
met caractérisant un crâne allongé ; la
partie sous-nasale un peu longue, jointe à
l'épaisseur de la lèvre inférieure, accusait
une certaine sensualité
Veut-on un document plus précis ?
C'est le résumé des mesures prises dans
le cabinet du ministre.
Hauteur totale du menton à l'insertion
des cheveux 195™™
— frontale 65
Subdivision en nasale 60
— sous-nasale, lèvre supérieure 28
— — menton ... 42
Largeur frontale en haut 124
— en bas . . . .114
Distance des apophyses ordinaires ex-
ternes . . , 124
• — — des orbites 46
— de la racine nasale ... 18
— des pommettes 15
Ouverture de la bouche .... 47
Distance des angles de la mâchoire in-
férieure 98
Et voilà Richelieu !
Il manquait quatre dents à la branche
gauche du maxillaire inférieur. Comme
anomalie, il remarqua l'implantation de
N' 1338 VoL LXV.
247
la dent de sagesse qui, à droite, au lieu
d'être verticalement tixée, avait sa racine
enclavée dans la branche montante du
maxillaire et préseniail horizontalement le
bord de sa couronne au lieu de ses cus-
pides.
M. Duhausset s'attacha à l'étude du
maxillaire inférieur, siège de la langue ;
car, il avait acquis la conviction, au Mu
séum, que l'écartemenl de l'angle descen-
dait progressivement, en se rétrécissant,
de l'Européen aux singes, en passant par
les hommes les plus primitifs. Or, le
maxillaire de Richelieu était, par sa per-
fection, au point de vue de la construc-
tion humaine, digne de figurer en tète
La théorie était donc d'accord avec
l'observation directe.
Mensuré, à son honneur, Richelieu
réintégra sa petite boite et depuis 1866, il
y était fort paisible^quand, sous différents
prétextes, M. Nénot fit ouvrir, en 1895,1e
tombeau devant l'écrivain qui s'était fait
l'historien de Richelieu, M. Hanotaux,
Le fondateur de l'unité française avait
passé par l'anthropométrie. On pensa
qu'il supporterait le moulage avec la
même docilité. M. Talrich l'inonda de
plâtre et en fit un masque qu'il offrit à M.
Gréard.
C'est ce masque que M. Gréard, a
offert à Carnavalet et non la relique —
qui est je ne sais où. Cette relique est
saisissante, mais lugubre Elle ne dit rien
de la perfection de l'homme qu'aux sa-
vants comme M. Duhausset. Le goût de
M. Georges Cain a fait de Carnavalet un
musée d'enseignement merveilleux. Mais
l'image de Richelieu qu'il faut montrer
au peuple est celle qu'a faite Philippe de
Champagne... Cette face osseuse, sans
Hamme, sous ses paupières mortes, la
barbe rare, le nez cassé, la bouche tendue
dans un aff'reux rictus : ce n'est pas l'His-
toire, c'est la Morgue. . .
Edm. h.
Où est enterré le maréchal de
Villars (LXV ; LXVl, 42, 158). — De
VEcbo de Pans :
Cette descendance est éteinte, nous l'avons
dit, mais ou ne lira pas sans intérêt les ren-
seignements qui suivent et que nous devons
à l'obligciiice d'un de nos lecteurs, M. Teste.
Il s'agit des héritiers .lu fils du maréchal, le
dernier des Villars :
L'i N ïhiVJJûJQUi AJiCti
248
Armand-Honoré, duc de Villars, pair de
France, prince de Martigues, marquis de la
Noi-Ie (en Nivernais), grand d'Espagne, che-
valier de la T^ ison d'Or, gouverneur de Pro-
vence, etc., laissa pour héritiers du côté pa-
ternel :
lo Marie-Sophie-Eléonore de Choiseul,
veuve de Jean-Charles-Joseph d'Andigné,
comte de Vesins.
Elle av.iit pour mère Marie-Louise de Vil-
lars, mariée à François-Eléouor, comte de
Choiseul.
Cette dernière était sœûi du niaréchai.
2" Messire Pierre de Vogué, comte de Vo-
gué, seigneur de Gourdan, etc., dont la
mère était aussi une Villars.
Tous les deux étaient, par suite, cousins
germains du dernier des Villars.
Du côté maternel, vclui-ci n'avait comme
héritiers que des cousins issus de germains :
1° Jean de Larlan de Kercadio, comte de
Rochefort ;
2« Marie-Françoise Rose de Larlan de
Kercadio, veuve du marquis des Nétumie-
res ;
5° Thérèse de Larlan de Kercadio, etc.,
dame de Lignières, etc, :
40 Eléonor de la Motte, comte d'Apre-
mont ;
30 Jean-Léonor Dubosc, marquis de Ra-
depont ;
ô» Le chevalier de Radepont ;
70 Mme Bigot de Sommesnil ;
80 et 9"^ Mmes'Guyot d'Amfreville et de
Roncherolles, nées Dubosc de Radepont.
Ces renseignements sont donnés dans le
curieux testament du dernier des Villars et
dans les pièces qui accompagnent ce testa-
ment.
Peut-être pourrait-on consulter à ce
sujet sa ^;^," composée par Anquetil en
1784, s'il faut en croire Bouillet.
Maurice Charpentier.
Jal lui même n'a pu dire ni où était né le
vainqueur de Denain, ni où reposaient ses
restes. Il est bien mort à Turin'le 17 juin
1734. Le Supplément de Moreri, T. 111,
1745, donne l'indication c-uivante, encore
bien incertaine :
Le lieu de la naissance et les noms de
baptême de ce maréchal sont aussi des pro-
blèmes. Plusieurs prétendent qu'il était ne à
Moulins en Bourbonnois et que le nom
d'Hector ne lui a point été imposé au bap-
tême. Ce qui est certain, c'est que dans
l'acte de bapléme de Marie-Thérèse de Vil-
lars, sa sœur, dont il fut parrain en date du
2 février 1661, il est nommé Claude-Louis-
Hector de Villars... Sa famille lui fit célébrer
DBS CHERCHEURS BT CURIEUX
30 Août 191 B .
249
250
^vec un grand appareil, un service solennel
dans l'église de Saint-Sulpice à Paris, sa
paroisse, le 35 janvier 1735.
Barbier, t. II, p 468, parle bien diffé-
remment :
Le maréchal de Villars est mort à Turin,
le 17 de ce mois, âgé de quatre-vingt-quatre
ans ; il était né dans cette vilie, son père
ayant été ambassadeur à la cour de Savoie.
On dit même qu'il est né et mort dans la
même maison.
D'autre part, Le Chansonnier Historique
lui consacre cette épigramme :
Villars n'est plus le défenseur des lys
Si l'on m'en croit, l'on ne tardera guère
A faire, à Saint-Denis
Tombeau superbe et pompe funéraire ;
Mais des quarante, il était le confrère
Et quel opprobre, hélas !
Si son éloge tombe à faire
Au panégyriste des chats 1
Celui-ci était Moncrit.
Et maintenant, Villars est-il resté à
Turin, est-il à Saint-Denis ? Je n'ai rien
trouvé qui résolve la question.
E. Grave,
La condamnation de Louis XVI
et la franc-maçonnerie (LXII à LXVl,
II, 56). — - Je n'ai pas cru devoir ques-
tionner le P. Abel sur son état- civil et
celui de ses parents ; mais je ne vois
aucun inconvénient à lui communiquer
les objections élevées contre son té-
moignage et je lui transmets purement
et simplement le numéro de l'Intermé-
diaire où elles sont formulées.
j'ignore, au surplus, quel accueil il fera
k cette communication, car on a vu que
sa déclaration, livrée par complaisance,
avait un tout autre but que celui d'alimen-
ter des discussions de presse.
Quoi qu'il en soit et en ce qui me con-
cerne, je différerai quelque temps les ré-
ponses que je pourrais faire d'ores et déjà
à la plupart des objections de M. Bord,
afin de les coordonner, le cas échéant,
avec celles que le P. Abel jugerait à pro-
pos de formuler lui-même, notamment
sur les questions qui touchent de plus
près aux faits et gestes des membres de
sa famille. Le mieux sera donc que cha-
cun pour le moment, garde ses positions.
Gall.
Les noyades de Nantes (LXVI,
185). — On lit dans V Histoire de France
devenue populaire d'Henri Martin (Furne,
Jouvet et Cie) Tome quatrième, page 194,
2" colonne :
La Loire ne gardait pas le secret de ces
horreurs ; elle rejetait sur ses rives les ca-
davres des noyés de Nantes. Les autorités
nantaises firent afficher la défense de boire
de l'eau de la Loiie, infectée par les corps en
décomposition.
Un collègue habitant Nantes pourrait
peut-être retrouver, dans les archives mu-
nicipales de cette ville, un exemplaire de
cette affiche, ou sa minute. D'après le
conteste, elle doit être de frimaire ou de
nivôse an II.
Thiers, dans son Histoire de la Révolu-
tion Française (Furne, [ouvetet Cie, 1876)
Tome II, p. 59, 2» colonne dit :
Les poissons étaient repus d'une nourri-
ture qui en rendait l'usage dangereux, et la
municipalité avait défendu d'en pécher.
V. A. T.
On afficha dans la ville de Nantes une
ordonnance qui défendait de boire l'eau
de Loire et de manger de son poisson.
(Procès du Comité Révolutionnaire de
Nantes. Déposition de Lacour dit Labigne.
— Les noyades ou Carrier au Tribunal
révolutionnaire, par Felhémési ; Méhée
fils. — Saint-Edme, Dictionnaire de la
Pénalité, tome IV, page 429),
Dans son Histoire de la Guerre de la
Vendée, publiée en 1909, Joseph Cleman-
ceau,' ancien juge au Tribunal de Beau-
préau, écrit :
Ces affreuses noyades furent faites à plu-
sieur reprises, mais si on n'a pu connaître
au juste le nombre des malheureux qui ont
ainsi péri dans les flots de la Loire, il est
certain, du moins, qu'il y en a eu considéra-
blement ; ce fut au point que la police de
Nantes fît défendre de vendre et de manger
du poisson de Loire, qu'on supposait
devoir se nourrir de la chair des cadavres.
J'ai vu et lu Varretè de ï administration
municipale qui faisait cette défense^ pla-
cardé sur les murs de la ville.
(Page 2 12).
Le fait n'est donc pas contestable, mais
ce qu'il serait intéressant de retrouver,
c'est le texte de !'« arrêté ».
F. UzUREAU,
Directeur de X Anjou Historique.
'*^» 1338. Vol LX\ I
L'INTERMEDIAIRE
251
La mort de I.annes dXlU ; LXVI,
149). — Dans l'intéressant ouvrage pu-
blié par M. le professeur Bourquelot à
l'occasion du centenaire du Journal de
Pharmacie et de Chimie, on trouve, à pro-
pos de Charles-Louis Cadft de Gassicourt,
la note suivante :
Cadet avait assisté à la bataille d'EssIing,
le 22 mai. Quelques jours plus tard, il fut
chargé, avec le baron Larrey et Vazéliaiid,
de procéder à rembaumeruent du maréchal
Lan nés qui, blessé pendant la bataille, était
mort c)es suites de l'amputation de la cuisse
gauche. Le corps du maréchal fut transporté
à Schonbrun ; il était dans un état de putré-
faction très avancé. Au cours de l'opération,
« on le mit macérer dans une baignore en
bois contenant 20 lirres de muriate oxyde de
mercure (sublimé) en solution dans 200 litres
d'eau distillée», maci'ration qu'on fut obligé
de recommencer, le premier traitement
n'ayant point arrêté les progrès de la putré-
faction .
Cadet qui avait passé deux jours à prépa-
rer les solutions de sublimé, fut attaqué de
coliques dysentériques en même temps que
de salivation mercuriel.'e.
(Archives de la Société de Pharmacie,
cote II, n» 15); Rhamnus.
Le rôle de Clément Thomas en
juin 1848 ^LXV, 543, 654, 838 ; LXVI,
loî, 201) . — ^Je n'ai jamais dit ni pensé que
les Communards de 1871, lorsqu'ils fu-
sillèrent Clément Thomas, voulussent le
punir de son attitude en 1848.
La foule est une grande oublieuse, et
le mot de César sera toujours vrai: Pie-
tique homines postrema meminere. Mais il
est permis de faire le rapprochement, qui
dut probablement se présenter à l'esprit
du malheureux homme, au moment
même où Ton allait l'exécuter.
On ne saurait, en effet, négliger la pre-
mière partie de sa vie à cause de la se-
conde. Il faut avouer que le rôle des gens
paisibles est ingrat. Qui n'apporte pas à
son entrée dans la vie politique des idées
plus ou moins subversives est assuré de
rencontrer partout le dédain, sinon l'in-
jure ; puis, quand les Rabagas nantis
rentrent dans la voie commune, on ap-
plaudit à leur sapiesse. en négligeant celle
des bons citoyens qui ne sont jamais sor-
tis du droit chemin. Il semble que le seul
but doive être la conquêtcdu pouvoir, sans
qu'il y ait de différence à maintenir entre
celui qui yaccède honnêtement et celui qui
252
n'y arrive que par une sorte d'escroque-
rie ou d'abus de confiance.
Maxime du Camp, qui fait le même
rapprochement inévitable entre le début
et la fin de Clément Thomas, — auquel,
d'ailleurs, il rend pleine justice, disant
qu'
il sut être à la fois énergique, conciliant et
payer franchement de sa personne quand il
le fallut, » — déclare cependant que l'élé-
vation du personnage en 1848, « était un
choix très maladroit, car il pouvait désagré-
ger ce qui restait de discipline da^.s l'armée...
et il était de mauvais exemple, même en
temps de révolution, d'appeler au grade de
commandant général des gardes nationales
de la Seine un homme qui s'était mis en ré-
bellion ouverte contie la loi et l'honneur
militaire. »
{Souvenirs de V Année 1848, pp. 210-1).
Bref, le 12 juin, Clément Thomas
fut accueilli par une bordée de sifflets et
d'injures. Il était trèi .pâle ; il se tourna
vers nous et cria en faisant un geste vio-
lent de la main ; c Chargez-moi cette ca-
« naille ! » Depuis, il a nié le mot ; je le re-
grette, car je l'ai entendu. »
(Page 224.)
Il va de soi que l'ordre pour être exé-
cuté, — il le fut assez mollement — de-
vait revêtir une forme plus militaire ;
c'était l'affaire des officiers subalternes
de le traduire en langage congru. Mais,
ici, du reste. Clément Thomas ne s'ex-
primait pas autrement que le maréchal
Canrobert, en 1870, lorsque, aux prises
avec des moblots mutinés qui voulaient
rentrer à Paris, le vieux maréchal leur
criait, rempli d'indignation : « On va
vous y renvoyer, canailles ! »
Je ne nourris aucun mauvais souvenir
contre Clément Thomas. Je ne le con-
fonds, certes, pas avec le commandant
Sapia. qui, le 22 janvier 1871 — je ne
sais si le fait a été raconté par les histo-
riens — fut tué au coin de l'avenue Vic-
toria tlans une vespasienne, dont la lourde
porte de fonte l'abritait comme un bou-
clier d'autrefois. Plusieurs de mes amis
et camarades survivants, dont un colla-
borateur de \' Intermédiaire, se rappellent
que nous vîmes, le lendemain, le trou de
la balle, tirée d'une fenêtre de l'Hôtel de
Ville, qui retendit mort sur ce singulier
champ d'honneur. Mais peu m'importe
qu'un émeutier reçoive à longue ou courte
échéance, la récompense de son indisci-
DES CHERCHBUR^ fîi CUfîîHUX
3./ Août ' yii
253
2,4
pline ; IJdio non paga il sabiiio, disent
spirituellement les Italiens, « Dieu ne
règle pas chaque samedi les comptes de
l'humanité pécheresse ». En réalité, je ne
puis m'empêcher, si je me reporte à mes
souvenirs d'alors, de réunir les deux
hommes en mon esprit pour leur appli-
quer le mot d'Hamlet :
. . . T'ts the sport to hâve the engin cer
Hoisiwith hi'^ own petar
que l'on me pardonnera de traduire avec
un léger anachronisme :
Il est toujours curieux de voir l'ingénieur
sauter avec sa propre dynamite.
Britannicus.
Le Cor ou 'omet de Roland
(LXV, 783 ; LXVI, 82, 145 1. - Je suis de
Tavis de notre confrère « Ibère ». Le cor
que l'on possède n'a aucune raison d'être
celui de Roland plutôt que celui de tel ou
tel autre guerrier contemporain ; tous les
chefs de troupes devaient en posséder à
cette époque.
D'autre part, quelle différence fait-on
entre un cornet d'ivoire et un oliphant ?
Si j'en crois l'étymologie, l'oliphant, par
définition, est en ivoire, . . au moins,
comme le dit notre collaborateur « Saint-
Perdoux », extérieurement.
Maurice Charpentier.
Château de Séverac (LXVI, 4,
107, i=;2). — Depuis ma dernière com-
munication (Intermédiaire du lo Soût),
j'ai pu consulter, à la Bibliothèque Na-
tionale, les Documents historiques et
gériéalogiques du Roiiergiie par H. de
Barrau, Rodez 1853-1860, in-8° quatre
volumes. Cote Lm2 113. Un chapitre
spécial du premier volume renferme, de
la page 56g à la page 498, tout ce qui
est susceptible de satisfaire la curiosité de
Tintermédiairiste que le château de Sé-
verac intéresse, comme il ma moi-même
intéressé alors que j'ai eu occasion de le
visiter. De ce chapitre j'ai extrait les
notes suivantes :
L'époque du premier établissement du
Château de Séverac n'est pas connue ;
quelques-uns croient qu'il remonte au
temps de la conquête des Gaules par
Jules César qui chargea (suivant Bosc)
deux de ses officiers, Severus et Sergius,
de la garde de cette partie du pays des
Ruthènes. Le premier aurait construit le
château de Séverac. Castrum Severi, le
second celui de La Roque-Valzergues,
Castnim valeis Sergii, dont on voit encore
les ruines sur un rocher, près de la route
de Séverac à St-Genicz.
Le plus ancien document qui fasse
mention de Séverac est une Charte du
règne de Kjrles, roi des Français et des
Lombards, datée de l'an 883.
En 1 103. le château seul portait le nom
de Séverac. il fut le berceau d'une illus-
tre race de chevaliers et de haut baron-
nage qui, après avoir subsisté avec éclat
pendant la première période féodale,
vit sa descendance masculine interrom-
pue à la fin du douzième siècle et s'étei-
gnit tout à fait en 1427, ayant substitué
ses biens aux seigneurs de la maison
d'Arpajon, son alliée.
Les barons de Séverac portaient : d'ar-
gent^ à quatre pals de gueules.
M. de Barrau fait remarquer que ces
armes sont les mêmes que celles de la
maison d'Arpajon, dont Moreti prétend
que les Séverac étaient issus. Plus loin, il
ajoute que l'origine des seigneurs de Sé-
verac se perd dans Tobscurité du dixième
siècle.
En 1497, un procès fut engagé entre les
d'Arpajon et les Chabannes à propos du
testament par lequel Guy VII de Séverac
avait substitué, en 1390, tousses biens
au deuxième fils de Jeanne, sa fille, ma-
riée à Hugues d'Arpajon, au cas où Guy
VIII, son fils, n'eût point de descendance
masculine, ce qui était arrivé. Ce grand
procès ne fut vidé qu'en i 508, et le vaste
patrimoine de la maison de Séverac fut
adjugé à Guy d'Arpajon et à sa descen-
dance.
Ce château, dit Monteil, cité par M.
de Barrau, dont les bâtiments ont un
siècle et demi d'existence, fut l'œuvre
du duc d'Arpajon qui les éleva au cou-
rant du xvii® siècle sur les débris du
vieux château démantelé et en fit à la
fois une forteresse et une habitation de
grand seigneur.
On remarque sur la porte d'entrée, de
style corinthien, l'écusson aux armes
d'Arpajon, et sur la voûte de l'ancienne
chapelle (qui, actuellement, sert d'écurie)
apparaissent encore les armes de la mai-
son de Séverac.
L'ouvrage de M. de Barrau renferme
m 1338. Vol. LXVI.
25«;
un chapitre consacré à
pajon.
LiNT£RMÉDlAlRB
256
la maison d'Ar-
France Weber,
Le château des Coques (LXVI,
139). — Par suite, évidemment, d'une dis-
traction, l'auteur de la question sur le
château des Coques s'est trompé au sujet
d'un article que jai fait récemment pa-
raître dans VEcho de Paris sur Maurice
de Guérin. En parlant de la châtelaine
des Coques, je n'entendais certes pas faire
allusion à la Muse du Cajla, Eugénie de
Guérin. Je n'ai plus l'article de VEcho
sous les yeux, mais j'y écrivais à peu
orès ceci : « Maurice de Guérin voua à
Louise de Bayne (devenue Mme de Ton-
nac Villeneuve) un culte aussi pur que
celui dont il dev-îit honorer plus tard
l'aimable châtelaine des Coques >v
La châtelaine des Coques n'était natu-
rellement ni Mile de Guérin, ni Mlle de
Gervais, mais la comtesse de Maistre
même, née Sainte-Marie.
Le château des Coques, au sujet duquel
on posait la question, n'est plus mainte-
nant aux mams des Maistre. Il m'a paru
en bon état la dernière fois que je l'ai vu
— sans le visiter, il est vrai — il y a deux
ans. Baron de maricourt.
Mademoiselle de Balzac (i.XV ,496,
611, 7SO,(S5o). — A priori, rien n'engage
à croire que cette dame Carpentier soit
de la famille du romancier. 11 faudrait
d'abord savoir où elle naquit. Balzac,
par son père et ses ascendants paternels,
était originaire de l'Albigeois. Dans une
conférence à la « Maison de Balzac >*
M Jacques de Biez, s'autorisant de do-
cuments authentiques, nous parlait, en
mars dernier, du grand-pere de Balzac,
qui s'appelait en réalité Balsa ou Baissa,
et naquit en 1716,3 la Nougairie, petit
hameau de la commune actuelle de Mon-
triat, au nord du département du Tarn,
sur la paroisse de Canezac. M. de Biez
nous conta que de 1693 à 17 17 une tren-
taine de membres de cette famille Balza
furent enterrés sur cette paroisse, et nous
fit connaître les noms des collatéraux les
plus proches, parmi lesquels aucun ne
porte un nom semblable a celui de cet
Isidore Ternois, qualifié cousin de la dame
Charpentier, née Honorine de Balzac. Du
reste, ce nom de Balzac, comme le dit
1res bien Ibère, fut porté par différentes
familles étrangères à celle de l'auteur de
la Comédie humaine. Et l'on peut avancer
sans trop de témérité que de tous les
Balzac connus, celui qui l'était le moins,
c'était encore Balzac, puisque son père
s'appelait en réalité Balsa ou Baissa (par
un ou deux s, on ne sait pas au juste ;
nous n'ignorons pas la part qu'il convient
de faire aux erreurs innombrablesdes scri-
bes de tout état civil, aussi bien sous l'an-
cien régime que de nos jours). Néanmoins,
si l'on s'en tient à la série des actes com-
muniqués à M. de Biez en vue de sa con-
férence par M. Portai, archiviste du Tarn,
le nom de Balsa ou Baissa est régulière-
ment celui attribué aux ascendants d'Ho-
noré de Balzac, prénommés tous « Ber-
nard » fils d'autre 1 Bernard >».
Le prénom d'Honorine porté par la
dame Charpentier n'est apparemment dû
qu'à une coïncidence, car nous savons
par Laure de Surville, .La sœur de Balzac,
que si son frère fut prénommé Honoré,
c'est par pure fantaisie du père, à cause du
calendrier, et que personne dans la fa-
mille n'avait jamais porté ce prénom.
L. R.
Diderot et Mme Roland (LXVI,
140). L'auteur de l'article paru dans
les Annales — article que je n'ai pas lu
— a peut-être commis un lapsus ; à moins
que ce ne soit une coquille
Ne s'agit-il pas plutôt de la correspon-
dance de Diderot avec Mlle Sophie
Volland .?
Je trouve, en effet, au tome 18 des Œu-
vres complètes de Diderot, Paris, Garnier
1876, nage ^60 une lettre à Mlle Volland,
écrite dans l'obscurité et qui se termine
par cette phrase :
Partout où il n'y aura rien, lisez que je
vous aime.
A. Chesnier du Chesne.
Geo'-ges-Joseph f^e Momigny,
compositeur demusique (LXV;LXVI,
6ij. — Voici quelques notes rédigées
d'après les causeries d'un témoin oculaire :
Après une jeunesse un peu dissipée, à
P.îris, Georges de .Momigny revint à Vire.
Bientôt, il sd maria. Sa femme, née Qué-
ruel, originaire de Saint-Quentin, commune
voisine de Tincheb'ay (Orne) ne possédait,
cert--s, ni charme, ni beauté. Une infirmité
déformait l'une de ses mains. Mais elle
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
^0 Août ICI».
2^7
2^8
apportait au compositeur l'aisance nécessaire
à tout artiste pour la tranquille éclosion de
son rêve. Cette union semblait assez heu-
reuse. Chaque après-midi, avec une régula-
rité bourgeoise, Georges de Momigny faisait
une petite promenade, toujours accompa-
gné de sa femme et d'une vieille servante,
Marie-F.lvire Leroi, type devenu bien rare
des fidèles serviteurs d'iîutrefois.
Mademoiselle de Momigny, sœur de Geor-
ges, vivait aussi dans la pittoresque capitale
du Bocage Normand. Elle occupait !e rez-de-
chaussée d'un immeuble de la rue du Calva-
dos. Elle ne pouvait plus voir son frère.
George? de Momigny habitait la rue Gi-
rard, rue étroite et triste où passent tous les
convois .. le cimetière est tout proche... Sa
maison, assez ancienne, portait, je crois, le
numéro 45. H mourut là , peu de temps
avant sa femme.
Quoique un peu enlaidi par un visage
haut en couleur, mon compatriote avait fort
belle prestance. Le Musée de Vire possède
son portrait en pied, œuvre d'un peintre
Lyonnais, Aimé-Benoît Marquet.
Albert Desvoyes.
Rousseau (Général Guillaume-
Charles) (LXVI, 142;. — Consulter IMr-
morial du premier empire, par le vicomte
A. Révérend. Armes : D' argent au lion de
gueules tenant de la patte dextre une épèe
de sable, la scnestre appuyée ^ttr un cor de
cbasie du même ; au comble d'a:(ur, chargé
de deux étoiles d'or et au franc -quartier
des barons militaires. P. le J.
Ulysse Pic (LXV ; LXVI, 156). — Nous
avons vu souvent ce particulier au minis-
tère de l'intérieur, en 1869 et 1870 : il
étal' alors le directeur d'un journal offi-
cieux, fondé en vue des élections géné-
rales et intitulé YEtend.ird. je dis «ce
particulier >», car c'en était un assez co-
mique, très midi, gonflé de son éphémère
et problématique importance, et dont les
jeunes attachés au cabinet se gaussaient
volontiers et ouvertement. Nous le nom-
mions d habitude : « .^loussu Pic. **
Ce pauvre homonyme du père de Télé-
maque a c-^suyé, dans la suite, les effets
d'une bien fâcheuse aventure...
H. DE L.
d'or, accompagné de trois chats assis et posé^
de front, le premier contourné.
Le second écu m'est inconnu.
P. LE I.
Armoiries à identifier : Deux écus
accolés (LXVI. 142) — Le premier écu
est probablement de Micault de Courbe-
ton, en Bourgogne : D^a^ur au chevron
René Gueuble. Armoiries (LXVI,
6^ 117). — M. Nisiar se trompe : \' Ar-
moriai du Nivernais, par M. de Soultrait,
nomme bien les Gueuble, mais n'indique
pas leurs armoiries. (Dernière édition).
Les Gueubles furent seigneurs en Ni-
vernais des fiefs de Croisy (Lainsecq) du
Boulay (Druves) de la baronnie de Lorme,
de Bouhv, Pierre Perthuis, etc. Us sont
alliés aux Bousseval, Blondeaux, Gous-
seules, Bellan'Jer, Gentil, etc.
S. G. L.
Ruban d'une croix de St-Louis
avec nœud (LXVI, 93, 2 iBj. — Le ruban
en question est simplement celui d'une
croix de chevalier de St-Louis de la Res-
tauration. A la Restauration, le Roi réta-
blit les anciens ordres et conserva le nou-
veau de la Légion d'honneur, et dans la
hiérarchie de ces différents ordres, celui
du chevalier de St-Louis fut placé sur le
même rang que celui dofticier de la Lé-
o-ion d'honneur, un échelon au-dessus de
celui de chevalier de la Légion d'honneur.
C'est pourquoi, le ruban rouge des deux
ordres étant le mê -e, les chevaliers de
St Louis portèrent le m.ême ruban que les
oflTicier-^ de la Légion d'honneur, c'est-
à-dire le ruban avec une rosette ou nœud.
Je possède les croix de chevalier de Saint-
Louis de mes deux arrière-grand pères
avec leurs ru'oans datant de la Restaura-
tion. L'une, du grand -odèle, a un ru-
ban avec une rosette identique au ruban
d'officier de la Légion d'honneur tel qu'il
se porte encore aujourd'hui ; l'autre, d'un
petit modèle, porte sur le ruban uri nœud.
Ce nœud était du reste conforme à la tra-
dition de l'ancien régime, car les cheva-
liers de St Louis ne portaient pas leur
croix à un simple ruban, mais à un nœud
de ruban couleur de feu. C'est ainsi que
s'expriment tous les anciens ouvrages
parlant des insignes des différents ordres,
le fait est confirmé par la représentation
de la croix de St-Louis sur tous les an(,iens
portraits de chevaliers de cet ordre da-
tant de l'ancien régime.
Dans l'ordre de St-Louis il n'y eut ja-
mais que des Chevaliers, Commandeurs
N» ;|38 Vol. LXVI
259 '■
et Grand-Croix. Le grade d'officier dans
la Légion d'honneur est une création de
Napoléon !«■' qui désirait avoir plus de
trois classes dans son nou\el ordre pour
pouvoir davantage graduer les récom-
penses. M. de F.
Ex-libris à déterminer : D'azur à
la oroix d'argent (LXVI, 94, 217), —
Ce sont les arni'jiries des lamilles Le Pel-
letier de St-Fargeau et Le Pelletier de Ro-
sambo.
D'a:(ur à la croix pattèe d'argent, chargée
d'un chevron de gueules en abime accosté df
deux molettes d éperon de sable et accompa-
gné en pointe d'une rose d'or. M. de F.
a C'est la faute à Rousseau >»
(LXVI, 52, III, it>3i. — Je suis surpris
que personne n'ait songé — et, puisqu'on
a fait ici à ce fameux refrain l'honneur
d'une réimpression intégrale, il semble
que cela en eut valu la peine — à rappeler
que Philippe Godet, à la page 468 de son
Histoire Litihiire de la Suisse Française^
attribue résolument au chansonnier gene-
vois Jean-François Chaponnière la pater-
nité de la chanson. Les différents Refrains
de Gavroche réédités en France n'en seraient
qu'une imitation. La question est,
d'ailleurs, d'un intérêt actuel palpitant, en
ce sens que nombre de Français, et des
plus intelligents, s'obstinent à ne voir
Rousseau qu'à travers les querelles des-
deux Frances : d'un côté le « malheureux
atteint de neurasthénie spasmodique ob-
sédante »(Paul Bourget,dans la Revue Cri-
tique des Idées et dei Livres du 2^ juin der-
nier) ; de l'autre, l'ennemi du peuple qui,
s'il eût vécu en 1794, eût mérité, pour un
triple délit d'opinion, la peine de mort
(Albert Meynier dans son Jean-Jacques
Rousseau révolutionnaire [c'est-à-dire : et
les révolutionnaires]. ) Et il est certain
que si Béranger rimait de nos jours, ce
n'est point de « la faute à Rousseau ^^
qu'il eût parlé, mais de « la faute à Robes-
pierre y>, cause directe, jurerait-on, de la
haine qui. par delà le petit clerc d'Arras,
devenu le Torquemada révolutionnaire,
frappe encore aujourd'hui, dans une por-
tion respectable de notre patrie, l'anti -ter-
roriste qui a écrit :
Qu'on nou* dise s'il est bon quun seul
meure pour tous .. Si l'on entend qu'il soit
permis au gouvernement ds sacrifier un in-
L'mrJiHMED!A.IKlB
260
nocent au salut de la multitude, je tiens
cette maxime pour une des plus exécrables
que jamais la tyrannie ait inventées, la plus
fausse qu'oïl puisse avancer, la plus dange-
reuse qu'on puisse admettre et la plus direc-
temet t opposée aux lois foiidamentales de la
société. ..
C.\M1LLE PiTOLLET.
Voyage à 1 île de Pâques ('LXVI,
143). — V Illustration àts 17, 24 et 31
août 1872 donne le récit : <* )ournal d'un
sous-ofilcier de l'Etat major de la Flore »,
d'une station à l'île de Pâques du 3 au
7 janvier 1872. Cette relation est signée
«Ji'lien Viaud, aspirant de i''* classe ».
De nombreux bols, mais qui ne sont pas
dérivés de la photographie , accompa-
gnent le texte ; le principal p. 124, porte
le nom de janet Lange et me parait une
interprétation un peu fantaisiste. Les au-
tres, vue d'un cratère, types des naturels,
images des tètes colossales et ultra bar-
bares qui sont le grand mystère de cet
îlot perdu dans le Pacique, sont plus sé-
rieux et traduisent sans doute des croquis
et dessins de l'auteur.
Ce récit très intéressant et d'une jolie
plume, est il la première œuvre imprimée
de celui qui sera Pierre Loti ^
H. G. M.
*
«
V. Revue de Paris. N" du 15 mars
1899. P. Loti. L'Ile de Pâques et Comp-
tes-Rendus, de la Société de Géographie.^
No d'Avril 1899. T.
Noms de Français donnés à des
rues à l'étranger (LXIV ; LXV ; LXVI,
30). ■ Puisque cette rubrique était en-
core ouverte récemment, qu'il me soit
permis de dire que j'ai été étonné de ne
pas avoir encore vu citer l'Egypte parmi
les pays appelés à figurer sur la liste.
le ne parlerai pas des villes de l'Isthme
de Suez, Port Sa id, Ismaïlia et Port-
Tewfik, — ou l'influence Française, main-
tenue par la Compagnie du Canal, reste
prépondérante à bien des points de vue.
Mais je relèverai, parmi les noms don-
nés aux rues d'Alexandrie, ceux de Ber-
thollet, de Mariette, de Cafîarelli et de
Champollion, qui flattent les oreilles
frr.nçaises, en rappelant les souvenirs de
l'Institut et de l'expédition d'Egypte.
Au Caire, nous trouvons : Chariah
OBS CHEiU:HBUR"j ET CURzEUX
30 Août 191a
361
262
Clot-Bey, Chariah et Meidan Mariette-
Bacha, c'est-à-dire rue et place Mariette-
Pacha, suivant la prononciation populaire
qui déforme le P. en B.
Je signale, en passant, pour les ama-
teurs de dialecte pittoresque, Chariah el
Espitalia el Fransaoui, — rue de l'Hôpit d
Français, — et Chariah Ouabour el Fran-
saoui. — Ouabour ou Babour, déforma-
tions de Vapeur, servent à désigner toute
espèce d'engin, depuis l'usme jusqu'au
paquebot, aussi bien que la locomotive
du Chemin de fer.
G. E. S.
Député ou députée (LXVl, 89/ —
Une femme députée, c'est-à-dire qui a
été députée, envoyée, par ses électeurs.
Il me semble qu'il n'y a pas de doute
possible quant à Paccord. Et pourquoi ne
dirait-on pas une « députée » , tout court,
aussi bien qu'une « employée ? »
Maurice Charpentier.
Le substantif féminin — députée —
L n'existe pas parce qu'il n'y a pas de
W femmes ayant ce mandat politique.
Seul le substantif masculin existe. Mais
ll^ le féminin viendra peut-être. Pour le
~ moment les femmes doivent se conten-
ter du participe passé. Elles sont donc
députées à... quelqu'un, mais sûrement
pas à la Chambre des Députés.
Noël.
Le grec dans la langue française .
Cabane (LXIIl a LXVl, 171, 224). —
La question si importante de cabane avait
été traitée par moi dans un texte, celui
qui figure (LXVl, 171), mais nullement
satisfait de ce travail que je trouvais in-
complet, erroné et mal ordonné, j'avais
fait une nouvelle rédaction que j'envoyais
à notre journal. Un malheureux hasard
voulut qu'on imprimât l'ancien texte et
le nouveau fut jeté au panier.
Je recommence donc mon étude qui,
comme on le verra, est plus claire et ins-
pirera une confiance plus grande.
M. Corman a entrepris d'élucider la
question cabane^ je lui offre ma façon de
voir à ce sujet.
La question capanna est restée l'une
des plus obscures de la linguistique.
Isidore est le premier qui cite ce mot :
tugurium parva casa est ; hoc rustici ca-
panna vacant. Isidore vivait au 6' et 7»
siècle. Au 8^ siècle, il est devenu <:aJa««a
et est cité dans les gloses de Reiche-
nau.
Comme en Italie, le mot est resté ca-
panna, il faut accepter l'orthographe
donnée par Isidore, et la supposer primi-
tive.
On l'a dérivé du verbe latin capio, con-
tenir : c'est une dérivation bien incolore
dont il n'y a pas lieu de tenir compte.
Onl'a aussi regardé comme étant d'ori-
gine celtique : mais quand le mot se
trouve dans les langues néo-celtiques, on
s'aperçoit bien vite qu'il est emprunté aux
langues romanes.
La terminaison anna empêche de le
considérer comme un latin pur.
11 n'y a qu'une seule hypothèse accep-
table, c'est qu'il appartient à la langue
que parlaient ceux des Ariens qui coloni-
sèrent rOuest-Europe avant la venue des
itiliotes et des Celtes. Ce serait donc tout
simplement un mot ligure qui, comme
beaucoup d'autres, est arrivé jusqu'à
nous.
Alors rien n'est plus clair, la langue li-'
gure présente le suffixe ^hwo, anna qui
provient d'un pré-ligure âno, participe
passif d'un verbe a/o, employé très sou-
vent comme adjectif ou substantit^fémi-
nin.
Comme à côté de capanna^ l'italien a
le masculin capanno, imité en cela par le
portugais caoana, cahano et aussi par le
patois lorrain cbevâ, il y a lieu de donner
à la forme féminine et la forme masculine
la même antiquité, ce qui amène à sup-
poser l'existence d'un adjectif ligure capan-
nos.
D'après ce que nous venons de dire,
on a donc ligure awMOi, préligure ânes.
Et l'on peut poser cap-annos = capâ-
nos
Capâ est un radical verbal dont il faut
déterminer le sens.
Ce radical, on le trouve . dans les lan-
gues baltiques avec un sens bien déter-
miné. Il faut citer le lithuanien Kjpâti,
lette Kapàt hacher, le vieux slave Kopati
creuser (dans les dialectes hacher, rom-
pre, frapper).
Le latin a dû avoir le verbe *capâre
tailler, couper détacher, fendre, d'où les
dérivés capulare concidere, spoliare, fun-
N« 1358 Vol. LXVI.
LÏNTJBRMBDIAIRB
263
264
ditus toUere, s. cindere desecare, concipu-
lare, ea pelleté.
Le '_'rec de même a dû avoir le verbe
Kaoàô tailler, découper, couper, creuser,
d'où le grec KaTir] crèche, le îhcssalien
Ka-avr, barre transversale du siège d'un
cocher, caisse de voiture. Ki-i-o^ échan-
crure, découpure, creux, KâîTTjTov fourrage
(ce qui est coupé).
Nous venons de constater l'existence
d'un radical qapà dou un verbe qapàjô
qui a survécu dans les langues balti-
ques.
Passons maintenant au substantif fémi-
nin qapânà et voyons ce qu'il est de-
venu.
Le bulgare a le substantif Kopana, ba-
quet en bois cannelé. En outre, les lan-
gues slaves ont les dérivés Kopavja auge,
barque creusée dans un tronc d'arbre,
Kcpaniua fossé, terre novale Kopanka
huche, voûte, terre novale.
Nous avons vu le grec Ka-avYi dont 'e
sens semble être objet creux taillé.
Ceci établi, nous voyons qu'il a existé
dans la langue primitive un radical ver-
bale qapd^ verbe qapâiô a'-ant le sens gé-
néral frapper, fendre, tailler, couper,
creuser.
Du participe p^ss\( qapânos on a tiré
le substantif féminin qapânJ qui a pour
signification générale, ce qui est creuse,
taillé, coupé.
Ces formes sont devenues en ligure^
l'adjectif capatmoi et le substantif féminin
capannà, cabane.
Nous avons l'étymologie de capannâ.
mai'î le sens en est très imprécis. La ca-
pannâ est. nous le savons, tout ce qui
peut être taillé, coupé, fendu ; donc ce
peut être du bois, des planches, du bran-
chage, de la paille, des roseaux, que
sais-je.
Eh bien, cette imprécision ne doit pas
nous gêner ; nous savons qu'elle est
dans le génie des langues antiques. Il est
probable que la capannâ était une ca-
bane construite de matériaux divers.
Po'ir les ligures, c'était toujours un abri
pour rhomme des champs. 11 en est en-
core de môme en Italie, où la capanna et le
capanno sont des constructions assez sau-
vages, tandis que partout ailleurs la ca-
bane est quelque cho<ie presque conforta-
ble.
11 n'y a pas lieu de s étonner du passage
du sens d'objet taillé à cabane. Ne dit-on
pas, il habite dans le marbre, il vit dans
la paille.
Du reste, remarquons le latin tabula
planche, on en tire le français taule de-
meure, le bergamasque tabia cabane.
Le germain boida-n planche est devenu
le latin bordum dont le pluriel borda de-
vint le français borde cabane.
Le latin du 8* siècle cabanna est de-
venu le provençal cabana passé dans la
langue français cabane^ d'où ensuite le
mo\'en anglais caban, cabane petite mai-
son et par suite le nouvel irlandais et le
gallois caban.
Dans le midi, le masculin caban de-
vient cabain écrit en français cabin. On a
de même tacan taquain.^ tiqiiin. On en
a déduit un féminin cabine. Le français
cabin, cabine a donné naissance à l'an-
glais cabin et l'italien cabina.
Je m'arrête, la dérivation de capanna
est très considérable fet dépasserait les li-
mites raisonnables d'une simple note.
H. Laray.
Bâbord, tribord (LXV, 622). — Bâ-
bord ne veut pas dire bord inférieur, pas
plus que tribord, côté supérieur. On a dit,
il est vrai, boid de bas, bord de tri, mais,
ce furent des expressions employées par
des marins cherchant à s'expliquer des
mots dont ils ne saisissaient pas le sens.
Il en a été de môme dans les langues ro-
manes où les mots germaniques employés
n'avaient aucune signification bien claire
pour le menu peuple.
En particulier, le tri grec, employé
comme préfi.xe, peut avoir, à l'occasion,
développé l'idée de supériorité dans cer-
tains mots composés, mais il n'a jamais
existé comme mot simple, ni en grec, ni
en latin, et encore bien moins en français.
Du reste, il est nécessaire d'étudier les
mots bâbord et tribord dans les langues
germaniques, puis dans les langues voi-
sines. On a :
germanique bak dos; steur, stùr gouver-
nail.
hollandais backboord ; stuurboord ; bak
stuur
bas-allemand bakboord ; itûrboord ; bak
stfir.
allemand backhord ; steuerbord ; bak ;
steuer.
vieux-norse bahbordhi ; bak ; ftyri.
Dtii> GHIiKCHBURb UT CURIEUX
2f)5
30 Août 1913
266
I
suédois bâbord; styrbord ; bak ; styr.
danois bagborJ ; stvrbord ; bag ; styr.
anglo-saxon baecboid; slêoibord ; baec ;
stêor.
anglais siarboard ; back ; stère.
russe bâbord' ; shtirbord'.
français bâbord ; stribord ; tribord.
italien babordo ; tiibordo,
espagnol babor ; estribor .
portugais boinbordo ; estribordo ; estibor-
do.
En examinant ce tableau, nous consta-
tons tout d'abord que bâbord et tribord
n'ont de signification claire qu'au moyen
des langues germaniques ; bâbord est le
côté du dos, tribord le coté du gouver-
nail. Ensuite, nous remarquons que si la
syllabe finale reste régulière dans tous les
dialectes, la syllabe initiale subit au con-
traire des modifications assez importantes
même dans les dialectes germaniques :
ainsi dans la syllabe bak la voyelle ne va-
rie que dans le portugais, la palatale k
tend à s'adoucir en g et même disparaît
La syllabe stur , steur se modifie profon-
dément, l'armature st r se maintient assez
fortem.ent cependant, mais la voyelle est
très instable ; le son û, eu primitif a ten-
dance à devenir y et même i et la syllabe
qui en résulte sttr a une stabilité assez fai-
ble pour devenir finalement stri et même
sti et tri.
Vouloir examiner dans chaque langue
prise à part les raisons d^ ce mouvement
vocalique serait une œuvre décevante con
duisant même à des absurdités. En tenant
compte de l'ensemble des langues, l'étude
de chaque cas particulier serait très péni-
ble, et finalement on serait amené à con-
clure que ce sont les marins, (et quand je
dis les marins je ne parle pas des officiers),
qui ont imposé leur manière de voir et
leur prononciation.
Maintenant que signifient ces mots :
côté du dos, côté du gouvernail.
On sait que les navires des Grecs et des
Romains étaient munis d'un double gou-
vernail, qu'il y en avait un sur chaque
côté du navire et que chaque gouvernail
avait un timonier propre. Il n'en était pas
de même chez les Scandinaves et kb Ger-
mains. Il n'y avait qu'un seul gouvernail,
lequel ne se tenait pas à Tétambot, mais
sur le coté droit du navire. Le timonier
se tenait face au gouvernail et tournait le
dos au côté gauche. Pour faciliter les ',
mouvements du timonier, le chargement
du navire se faisait sur le côté gauche, ce
qui explique le nom anglais ds. bâbord,
larboard côté du chargement
Ces dénominations de bâbord et dz tti-
bcrd se sont conservées à travers les siècles
la signification de ces mots cessant d'être
claire, lorsque la direction a été portée à
l'arriére du i.avire. C'est l'histoire du mot
/usil, arme d'où la pierre à feu a disparu
depuis longtemps. H. La.
Tri, trie (LXV, 622). La supposi-
tion que le tri du jeu de whist est un
mot grec est inadmissible. Je répèle sous
une autre forme ce que jïai dit au sujet de
tribord. Si le tti français vient du grec
tri, on devrait le trouver comme subs-
tantif en grec, en latin et surtout en fran-
çais. Or le jeu de whist est un jeu très
récent, et le français tri n'apparait qu'au
moment où le jeu s'acclimate en France :
M. Daron serait bien empêché de trouver
tri en France avant Louis XV.
En réalité tri est identique a trie dont
a gutturale s'est amuï comme dans nom-
bre de mots dont les consonnes finales ne
se prononcent plus même parfois conser-
vées dans l'écriture, tels que broc, bris.,
btou jadis broust, clé jadis clef, coq, ctic,
croc qui se prononcent cô, cri, crô, etc.
7"r/, trie vient de l'anglais trick, levée,
employé dans les cas suivants to make.^ to
take a trick faire une levée, tomake tbe
cdd trick faire, avoir la levée, faire le trick.
Ce mot anon seulement passé en français,
mais aussi en allemand trick trie, levée
au-dessus de 6.
Maintenant, on peut se demander d'où
vient le mot anglais. La question est, je
crois, avec les •.onnaissances actuelles, à
peu près impossible à résoudre.
Si Ton suppose le mot d'origine ger-
manique, trtck se ramènerait à un radical
tri'kkj\ avec le sens de levée, tirée, amenée
à soi, se rattachant au germanique trek-
kan trakjan tirer Cette explication serait
satisfaisante, malheureusement l'anglais
trick est seul de iOn espèce dans les lan-
gues germaniques, ce qui rend la supposi-
tion douteuse.
Si l'on suppose le mot d'origine ro-
mane, trick se rattacherait au latin ttîcâie
triccdre, ce qui est satisfaisant pour la
forme, mais ne convient guère pour la
signification. Le latin a une signification
N» 1338 Vo!. LXVI.
L'iNTlilRMBDlAlK£i
267
i68
péjorative qui ne se trouve pas dans l'an-
glais trick levée, et qui ne permet aucun
rapport entre ces mots. Une seule solution
serait acceptable, c'est la confusion entre
le germain trekkan et le latin triccâre. La
forme serait latine, la signification ger-
manique,
H. Laray.
Huque "U Hugne (LXV. 99, 786,
864 ; LXVI, 7 j.) — Si le mot « hugue-
not » exi'^tait déjà dans le dialecte tou-
rangeau, que fait-on de l'étymologie don-
née, au point de vue religieux, par Bouil-
let, et suivant laquelle « huguenot »
viendrait du terme allemand « eidgenos-
sen, associés par serment, nom donné
d'abord aux habitants de Genève soule-
vés et ligués contre le duc de Savoie ».
(Bouilletj ? Il faudrait alors croire que
*< huguenot », au xvi« siècle, a été
d'abord une injure empruntée aux supers-
titions de Touraine ? On aurait dit : un
huguenot, pour désigner un protestant,
comme : un loup-garou ?
Maurice Charpentier.
L*Eugénique (LXVI, 89). — Est- il
bien nécessaire de s'occuper ici de cette
nouvelle science, pour l'amélioration de
l'espèce humaine, qui vient d'être décou-
verte '<: On a mainte ant dans toute la
presse européenne qui s'en occupe, des dé--
tails ; sans compter les périodiques mé-
dicaux. P. CoRiMAN.
[Les périodiques parlent des choses qui
passent. L'eugénique passera : mais les
érudits de l'avenir s'en occuperont qui re-
trouveront trace dans nos colonnes de ce
qui fut le problème d'un jourj.
Je ne vois pas très bien la raison de la
question, puisqu'elle définit précisément
l'eugénique.
L'explication du terme n'est, par suite,
pas davantage nécessaire.
«
* >
On dit aussi Eugénésie : *< L'Eugéncsie
des nègres et des Européens bruns est
hors dedoute. //L'adjectif esteugénésique,
et signifie propre à améliorer la race :
« Des croisements eugénésiqucs. * Nous
trouvons un autro exemple d'emploi de ce
mot au tome IV, page 24^, de la Revue
d'anthropologie :
Hybridité eua;énésique,
deii.\ ordres de métis sont
raeiit féconds entre eux.
Etymologie : KO, bien,
création, génération.
hybridité oij les
chacun indéfini-
et -^b^iQ^i^ pro-
Nauticus.
Ce dont il pouvait s'agir, c'était de la
formation du mot. Il est d'origine savante,
pairement la plupart des termes scientifi-
ques ; il est trayt du grec eu, bien, bon,
beau, et y-^°?» race.
Puisque c'est à propos, je recorde la dé-
finition de l'eugénique par sir Galton, qui
en paraît le créateur :
L'Eugénique est l'étude des causes, sou-
mises au contrôle social, pouvant améliorer
ou affaiblir les qualités de race des généra-
tions futures, soit mentalement, soit physi-
quement.
B.-F.
Du giec, eu, bien, et gennân, engendrer.
Consulter le Larousse mensuel, fascicule
65 — juillet 1912 — qui répond complè-
tement à la question. Noël.
Au point de vue étymologique, eugéni-
que vient de deux mots grecs : su (eu),
(bien), et : yiyvaaat (gignomai), j'engen-
dre ; je fais devenir La même origine
pour le prénom « Eugène », et, probable-
ment, pour le nom de >< la mère Gigo-
gne », celle qui enfante beaucoup.
Maurice Charpentier.
Le Futurisme (LXVI, 97, 228). —
Voici, en réponse à la demande du D' L.,
quelques renseignements précis sur le
Futurisme, au moins en peinture.
Disons d'abord que le Futurisme, d'ori-
gine italienne (son fondateur fut M. Ma-
rinetti), n'a jamais fait beaucoup d'adep-
tes en France.
Tous ses propagateurs restèrent italiens,
et, si quelques fumistes et quelques im-
puissants se joignirent à eux, ce fut
pourtant à titre d'école « étrangère »
que nous pûmes nous en occuper, et son
influence n'a guère eu de conséquences
ici. même sur les plus si Indépendants »
de nos peintres.
Voici quelques extraits du manifeste
lancé par M. Marinetti, que je retrouve
Ùhh CHÊRCHEUKS HJ CURïBUX
30 AoM 191a
369
dans un Editorial de G. de Pawlowski,
paru en 1910 dans Comcedia.
La construction des tal^Ieaux a été jus-
qu'ici stupidement traditionnelle; les pein-
tres nous ont toujours montré les objets et
les personnes placées devant nous, nous pla-
cerons désormais les spectateurs au centre du
tableau.
Pour peindre une figure humaine, il ne
faut pas la peindre, il faut en donner toute
ratmosphère enveloppante.
Que de fois, sur la joue de la personne
avec laquelle nous causions, n'avotis-nous
pas vu le cheval qui passait très loin, au
bout de la rue.
Nos corps entrent dans les canapés sur les-
quels nous nous asseyons, et les canapés en-
trenten nous. L'autobus s'élance dans les mai-
sens qu'il dépasse et à leur tour les maisons se
précipitent sur l'autobus et se fondent avec
lui.
On trouverait de semblables théories
exposées par les futuristes en matière lit-
téraire ; si le D'' L. veut me faire crédit,
je lui ferai part de cette partie de la doc-
trine futuriste dans un des prochains nu-
méros de V Intermédiaire, en même temps
que je compléterai ce que je viens de dire
aujourd'hui sur les doctrines de M. Mari-
netti et de ses séides.
Maurice Charpentier.
270
Comme nous le disions pour les cubis-
tes, les futuristes ne sont guère cités in-
dividuellement par la critique ; ils le sont
aussi moins souvent, car la définition de
leur titre est beaucoup plus vague. Leur
dénomination parait cependant un peu
antérieure à la précédente.
Le 17 mai 1910 en efïet, le Matin dans
un extrait qu'il donnait de la revue ita-
lienne Poesia, publiait un manifeste des
peintres futuristes, signé de M. M. F. F.
Marinetti : Umberto Boccioni ; Carlo-D ;
Carra ; Luigi Russolo, de Milan ; Gia-
como Balla, de Rome et Gino Severini,
de Paris. Ce dernier est un habitué du sa-
lon des Indépendants.
L'espace n'existe plus, dit ce manifeste
d'ailleurs assez long.., Des milliers de lieues
nous séparent du soleil ; cela n'empêche
pas que la maison qui est devant nous soit
encsstrée dan.' le disque solaire . Nos corps
entrent dans les canapés sur lesquels nous
nous asseyons et les canapés entrent en
nous.
Et cette phrase dont ia première partie
est quasi-prophétique :
L'autobus s'élance dans les maisons qu'il
dépasse et, à leur tour les maisons se préci-
pitent sur l'autobus et se fondent avec lui...
Enfin
... les ombres que nous peindrons seront
plus lumineuses que les pleines lumières de
nos prédécesseurs ; nos tableaux, auprès de
ceux des musées, resplendiront comme un
jour aveuglant opposé à une nuit téné-
breuse, etc.
S'il n'est pas contesté que l'ombre en
peinture doit être lumineuse, on peut se
demander si tout le reste est dit bien sé-
rieusement , quoique le manifeste pro-
clame l''admiration due à Rembrandt,
Goya et Rodin.
Le Salon des Humoristes de 1912
offrait aussi un « Futurisme » d'André
Maillos, faisant partie, comme le « cu-
bisme » précité, d'une série des Visions
de la Grâce aux différentes étapes de la
peinture, la dernière école étant l'Avé-
naisme (école dite des Toiles Blanches).
C. Dehais.
Le Cubisme (LXVl, 97). — C'est
probablement en parcourant les pério-
diques d'avant-garde qu'on trouverait le
plus de renseignements sur le cubisme.
Les revues d'art classiques en font évi-
demment mention, mais sous une déno-
mination générale, accompagnée le plus
souvent de commentaires fort sévères.
Les quotidiens sont un peu moins
sobres de détails et voici ce que, faute de
mieux, j'ai f u noter à ce sujet
Le nom de « Cubistes v> ne semble ap-
paraître, dans les compte- rendus de la
critique, qu'avec le salon d'automne d'oc-
tobre 1910.
Jusque là, tous les peintres de tech-
nique aussi spéciale y étaient mentionnés
en bloc sous cette rubrique « les Fauves »
due à Pierre Veber qui l'employa dès 1906
dans un de ses articles. Et renouvelant à
vingt ans de distance l'aventure des dé-
cadents, ceux auxquels s'appliquait cette
expression nouvelle n'y avaient point
contredit.
« Les cubistes, dit M. Léandre Vaillat
« {Echo de Paris, 30 septembre 1910),
v; prétendent ne voir dans la nature qu'un
s» assemblage de cubes et soutiennent
« qu'un paysage, un être humain, se ré-
*< duit à un morceau de sucre candi ».
H» 1538. Vo;.
LXVI,
- 271
iNfiiWMHDïAiKiî
Leur théorie, ajoute un écho d'Excelsioi
{9 octobre 191 1 ; est tout entière inscrite
dans un petit croquis de Walter Crâne
(reproduit dans le niènie numéro) qui le
publia dans son livre « Lignes et formes » ;
et en même temps que ce croquis qui re
présente un homme et un cheval dessines
par éléments carrés, Walter Crâne en
donnait d'ailleurs un autre tout sem-
blable dessmé par éléments circulaires.
Les cubistes exposent régulièrement au
Salon d'automue et au Salon des Indé-
pendants, qui a lieu au printemps.
Comm.e illustrations des comptes-ren-
dus du Salon d'automne de 191 1, écrits
dans Excelswr {i^' octobre 191 1 et jours
suivants) par M. Pascal Fortuny, furent
donnés les portraits (et dans le numéro
du 30 septembre 3 reproductions de leurs
œuvres) des cubistes GIcizes, Léger et
Metzinger. Ce dernier exposa, au salon
des Indépendants de 1910, un portrait de
M. Guillaume Apollinaire, un des fervents,
dit M. P. Forthuny, de la théorie parallé
lipipédique.
Voir sur les cubistes les divers livrets
du salon d'automne et du salon des Indé-
pendants et, avec celles citées ci-dessus,
les appréciations générales de MM. Ga-
briel Mourey, dans l'Opinion (novembre
191 1), François Monod dans Art et Déco-
ration (mai 1912).
Les cubistes n'ont point été sans exer-
cer la verve des dessinateurs humoristes."
Dans cet ordre d'idées figuraient au Sa-
lon des Humoristes de 1912 « Cubiste »
de F. Gottlob, « Cubisme » de A. Maillos.
Citons aussi un dessin de Luc dans le
Journal amusant (novembre 1911). sans
oublier l'affiche de Barrère, récemment
dessinée à la manière cubiste, pour le Pe-
tit Café de Tristan Bernard.
Pour conclure, rappelons le mot de
M. Maurice Hamel {La Arti, novembre
191 1, p. 2«) :
Quelques cubes ou quelques triangles ne
font pas une école. Espérons que ces jeunes
gen» s'amusent. (Juelqucs-uns ont assez de
talent, et tous auront assez de bon sens pour
s'évader de la géométrie et rentrer dan» la
nature.
C. Dhhais.
Saint Frusquin d,XV ; LXVI, 74).
hRUSQUiN. l'our portion, héritage, patri-
moiue, bien. Voyei Crcfiin « Il a man^é
272
tout son frusquin à la débauche ». Il a dé-
pense tout ce qu'il avait vaillant de bien.
Cképin. Z.«r saint Crèpin. Pour biens, pa-
tiinioine, vaillant, héritage. On dit : « cet
homaie-ià a mangé tout son saint Crêpin au
<;.:rvice du Roi. » Pour dire, cet homme s'est
ruiné, a mangé tout sDn bien au service du
Roi.
{Dictionnaire satirique, critique^ etc.
par Philibert-Joseph LeRoux. Lyon 175s).
A l'article Saint ^mêine livre).
On appelle saint Crespin tous les outils
d'un cordonnier, et figurément tout le bien
d'un pauvre homme.
Ed. Martin
Les enseignes de la rue de Ri-
voli (LXVI, 89). — En vertu de l'arrêté
du 1'='" Floréal de l'an X signé Bonaparte,
premier consul, un plan fut dressé, le 2
frimaire an XI, par MM. Percier et Fon-
taine,architectes du palais, et les couvents
des Feuillants, des .Q^ucins et de l'As-
somption turent mis en vente. La lar-
geur de la rue de Rivoli fut fixée à
20 m. 815 c. Les conditions ci-après fu-
rent insérées dans chaque contrat d'alié-
nation : «Article i*"'. De bâtir les façades
en pierre d'après les plans et dessins des
architectes du palais, approuvés par le
gouverr.ement. Art 2*. De daller en
pierre dure le sol de la galerie. Art 3"
De paver la rue dans la largeur vis-à-
vis chaque division de terrain, conformé-
ment aux règlements établis à ce sujet.
Art. 4". Les maisons ou boutiques qui
seront construites sur ce lot ne pourront
être occupées par des artisans et ouvriers
travaillant du marteau. Art. 5«. Elles ne
pourront non plus être occupées par des
bouchers, charcutiers, pâtissiers, boulan-
gers, ni autres artisans dont l'état néces-
site l'usage d'un four. Art. 6®. // ne sera
mis aucune peinture^ écriteau ou 'ensei-
gne indicative de la profession de celui
qui occupera sur les façades ou portiques
des arcades qui décoreront le devant des
maisons sur la dite rue projetée >
F. |acotot.
* »
La bibliothèque de l'Hôtel-de-VilIc, et
la bibliothèque de la Ville de Paris, rue
de Sévigné, possèdent sûrement des ou-
vraj.^es traitant d<* cette question.
E. de la Quérière a écrit autrefois un
ouvrage : Recherches Historiques sur les
Enseignes, qui esta consulter. NoEL.
i
DBS CHERCHEURS BT CURIEUX
30 Août 191a
273
274
Du port de l'alliance en Allema-
gne (LXVI,9t), 229). — Est-il d'usage de
porter l'alliance a la main droite en Alle-
magne ? C'est très possible ; je puis au
moins affirmer à s< Léda » que la coutume
est très répandue dans tous les pays fla-
mands, qui, comme on sait, suivent vo-
lontiers les modes germaniques.
Maurice Charpentier.
La confrérie des Bourras (LXVI,
144). — Je ne suis aucunement en me-
sure d'essa3-er de répondre à la question,
mais le récit extrait de la Liberté motive
mon intervention.
J'ai suivi, à l'époque, avec attention,
les comptes rendus que donnèrent les
journaux contemporains de l'exécution de
Stibon et Toledano. Tous deux étaient
israélistes. comme leur victime Greco. Ils
étaient assisté? par un Rabbin. Celui-ci a
dû veiller à leur inhumation et aurait
probablement décliné le concours d'une
confrérie d'un autre culte. De plus, j'ai le
souvenir qu'au dernier moment Toledano
tourna la tête à droite et à gauche avec
inquiétude et, se voyant seul, demanda
pourquoi on avait gracié Sitbon aussi
coupable que lui. Le Procureur de la Ré-
publique lui dit que Sitbon était à quel-
ques pas de là, derrière la troupe, et se-
rait exécuté immédiatement après lui ;
cela me parait incompatible avec l'em-
ploi, d'ailleurs inusité, de deux guilloti-
nes parallèles.
Philippe Leroy.
*
» •
Est-ce que l'exécuteur des hautes œu-
vres n'a pas seul qualité (si Ton peut
ainsi s'exprimer) pour faire jouer le fatal
déclic dans les exécutions capitales .''Alors,
pour guillotiner simultanément Sitbon et
Toledano à Marseille, M. Roch aurait
donc... opéré tout à la fois de la main
droite et de la main gauche? Alpha
Jenny "Veripré à Marseille. — Le
7 septembre 1829, le préfet des Bouches-
du Rhône^. écrivait au ministre de l'Inté-
rieur :
Monseigneur,
Mlle Jenny Vertpré, artiste du Théâtre de
Madame, est venue donner quelques repré-
sentions sur le théâtre de Marseille. Le 5 de
ce mois, on jouait le vaudeville intitulé
V Actrice en voyage^ et Mlle Jenny y avait
u'.i rôle. Dans une scène où elle parlait des
livies, dont elle voudrait composer sa biblio-
tlièque elle a dit : J'y 7neitrais les ouvrages
dont la Frajice s'hor.ore ; p ir e-eniple les
admirables vers de WaicrloK Ces expres-
sions n'étaient pas dans son rôle, et en les y
njoutant, ce n'a pu être que dans des inten-
tions répréhensibles. Ces paroles furent sai-
sies avec empressement par quelques specta-
teurs qui y applaudirent La grande: majorité
garda le silence.
La conduite de cette artiste méritait une
punition immédiate, et la police locale au-
rait pu la faire conduire après la représenta-
tion au violon de l'Hôtel de Ville ; mais
coronie cette mesure aurait pu occasionner
des troubles sérieux au spectacle du jour
suivant, à cause du "grand nombre de parti-
sans que ses talents lui ont faits, et comme,
dès lors, c'eût été compromettre la tranquil-
lité du spectacle à l'occasion d'un fait qui
n'avait pas été trop remarqué, la police lo-
cale crut ne pas devoir provoquer des pour-
suites qui seraient demeurées sans effet.
Cependant, je ne crus pas devoir moi-
même passer sous silence, uno conduite
aussi blâmable, et je mandai le Directeur des
théâtres, à qui je fis une réprimande sévère,
mais son excuse ne pouvait qu'être fondée,
parce qu'il ignorait que l'artiste se permît
d'ajouter de pareilles expressions à son rôle.
Après la représentation, qui était la der-
nière de Mlle jenny Vertpré, de»; couronnes
furent jetées surla scène Mour cette actrice, et
lo régisseur se permit de contrevenir aux rè-
glements en donnant lecture aux "spectateurs
des vers qui étaient attachés à l'une de ces
couronnes, sans en avoir préalablement de-
mandé l'agrément à l'autorité. M. le Maire a
fait rédiger procès-verbal de cette contraven-
tion contre le Directeur du théâtre responsa-
ble du fait de son régisseur, et la condam-
nation en sera légalement poursuivie.
J'ai cru devoir, Monseigneur, ne rendre
compte qu'à vous seul de cette circonstance
oui fait supposer des sentiments et des opi-
nions politiques bien blâmables dans une
actrice attachée au théâtre de S. A. R. Ma-
dame, et laisser à Votre Excellence le soin de
signaler sa conduite à ceux qui exercent une
autorité sur elle.
Je suiS; etc.
Le Préfet.
De Villeneuve
jenny Vertpré était bonapartiste, ce
n'était un secret pour personne. Il y avait
tant de raisons pour qu'elle le fût ! N'avait-
elle pas enfant, étant au théâtre des jeunes
iN» 1338, Vol. LXV!
J-lNTfiRMEDlAIRB
275
Artistes été solliciter, à la Malmaison, le
tout puissant Napoléon pour son théâtre ?
Elle en était revenue bourrée de caresses
et de confitures, et avec l'autorisation.
N'avait-elle pas donné des représent:îtions
à Moscou, l'année fatale ? N'était elle pas
revenue avec les vieux grognards pro-
tégée comme une canlinière?
jenny, comme on 1 appelait, était vive,
espiègle, cocardière et frondeuse. Scribe
obtint de l'attacher au théâtre de Ma-
dame ; mais il n'avait aliéné que son ta-
lent ; elle était restée libre de disposer de
son cœur. A Marseille elle le fil voir
par une espièglerie qui ne coûta qu'une
lettre inutile à un préfet trop zélé.
Enfin une question : qu'étaient-ce que
les admirables vers de Watterloo.^
LÉONCE Grasilier.
Dominique Larrey en 1812. A Bo-
rodmo età Moscou. (Ldtres intditei) —
Dans la correspondance de Dominique
Larrey avec sa femme (née Laville) nous
avons puisé souvent. Les originaux de
cette correspondance dont nous possédons
la copie intégrale et dont la place était
aux Archives ou à la Bibliothèque na-
tionale, sont maintenant passés en Angle-
terre. Nous n'avons aucune chance de les
revoir jamais. La copie n'en est que plus
préci -use puisqu'elle nousgarde,au moins,
le texte de ces lettres familières, si pleines
de renseignements sincères sur la marche
de la Grande Armée. Nous en avons dé-
montre l'intérêt dans un article récem-
ment paru (1 j .
Nous en extrayons aujourd'hui deux
lettres inédites auxquels les s >lennelles
commémorations de Moscou donnent une
pleine actualité.
Dans une autre lettre, postérieure de
plusieurs semaines, Larrey remercie sa
sœur qui dessmait et peignait fort joli-
ment, de lui avoir envoyé un croquis
représentant son fils Hippolyte, alors âgé
de quatre ans. Nous croyons pouvoir dire
que c'est celui que nous reproduisons
dans ce numéro, et qui ornait, à sa mort,
le cabinet du baron Hyppolylc Larrey, au-
quel il rappelait sa toute petite enfance et
la tendresse d'un père illustre.
M.
(i)< Larrey en i8ia ». Semiinc
Y aire, 18 août (5, rue Bayard).
litié-
276
*
A Mojaïsk, le 10 septembre 1813,
Depuis mon départ de Smolensk où je t'ai
écrit deux mots, je n'ai pu, très chère amie,
te donner de mes nouvelles; je n'ai cessé de-
puis V/ilna^ J'avoirg.les blessés et en grand
nombre qui ne m'ont pas laissé un seul ins-
tant de repos : le petit nombre de chirur-
giens que j'ai pu conserver à de si grandes
distances, la pénurie ('e toute chose pour nos
blessés ont rendu mes fonctions extrêmement
pénibles et tu te figures assez, d'après ces
motifs, tout ce que j'ai dû supporter. Certes,
sans cotte force de tempérament que tu me
connais et mon courage, ou plutôt mon
a)i)Our pour mes devoirs et les blessés, j'au-
rais imm.Hnqiîablement succombé, mais heu-
reusement ia nature m'a favorisé du don
précieux d'aug:nenter progressivement mes
forces à mesure que j'en fais usage et au
'milieu d^ toutes les fatigues et et de mes
niisères, je me porte bien ; tranquillise-toi.
Comme tu l'auras appris, ma chère bonne
amie, nous avons eu le 7 courant une terri-
ble bataille (i) qui a duré toute la journée ;
je ne te donnerai aucun aetail de cette affaire,
le Bulletin tous les fera connaître ; mais
comme tu penses j'ai eu à travailler nuit et
jour jusquà ce moment sans m'arrèter. En
outie des généraux blessés que j'ai dû panser
moi-même, j'ai été forcé par la pénurie des
sujets habiles de faire toutes les opérations
graves et difficiles ; je n'en sais pas 1 .; nom-
bre, mais je crois en avoir fait plus de 100.
Et dâris quelle iituation ! sur le sol, sous un
vent glacial et quelque fois pluvieux ou né-
buleux, et ce travail pénible s'est continué
les nuits et les jours jusqu'à ce moment.
Nous n'avons pas même fini de quelques
jours Juge, chère amie, de ma situation ;
mais l'humanité exigeait tous les sacrifices
de ma part ; je l'ai servie avec zèle et une
grande activité, tant pis pour ceux qui ne me
rendront pas justice, telle est la vérité. Bien
que j'aie porté mes secours au général Mont-
brun, et autres sur le champ même de ba-
taille, je n'ai couru presque aucun danger et
comme je ne cesse de penser à tous mes
amis, je l'évite le plus possible ; d'autant que
mon ministère employé avec succès exige
une sorte de sécurité.
Nous m-.rchons sur Moscou d'où nous ne
sommes éloignés que d'une vingtaine de
lieues. J'espère que nous y entrerons ; il est
temps pour nos blessés et pour nous tous car
nous sommes dans une sorte de désert im-
mense et le froid est très rigoureux. Le ther-
momètre descend déjà pendant la nuit à s
et '' degrés au-dessous de zéro,
Je m'empresserai de te donner de mes
nouvelles de Moscou.
(i) à Borodino
Moskowa.
c'est le combat de la
HIPPOLYTE LARREY à 4 ans
Intermédiaire LXVI, colonne 275
1
1
DBS CHERCHEURS ET CURihUX
30 Août 1914
277
278
Pendant nos marches, j'ai reçu, ma bonne
amie, tes deux aimables et très tendres let-
tres des 8 et 10 du mois dernier, à la i" en
était jointe une 3® de mon Isaure (i). La
lecture de ces lettres m'a fait le plus grand
bien, chère Laville, elles m'ont cependatit
f:iit verser bien des larmes. Je sens parfaite-
ment que mon éloignement et nos misères
doivent vous donner de l'inquiétude. C'est
fait pour cel;i, mais prends patience, j'ose es-
pérer que ce sera la dernière c.impagne
comme la plus cruelle de toutes celles que
nous ayons faites.
J'ai vu avec peine que nos enfants avaient
été malades. Je te recommande beaucoup de
ne pas laisser coucher ou trop approcher notre
Isaure, de sa petite cousine, la coqueluche est
une maladie contagieuse ; donne pour con-
seil à la maman de la faire consulter par M.
Chaussier, le seul qui puisse juger de la nature
des causes de cette maladie Tu avais mal
entendu, chère amie, quand je te disais que
je désirais que personne de malade ne cou-
chât dans ma chambre ; c'est pendant votre
absence, et je voulais pailer des beaux-frères
et sœurs dont la santé n'est pas intacte.
Certes je coucherais au milieu de vous deux,
fussiez-vous à l'agonie, mes pauvres amies,
vous savez bien que mon amitié ne connaît
aucun obstacle lorsqu'il s'agit d'obliger.
J'ai été vivement touché de tout ce que
vous avez dit de flatteur et d'agréable de moi
le jour de ma fête ; je l'ai passée bien triste-
ment, ma bonne amie, aussi je la réformerai
pour toujours. Remercie bien notre ami Be-
noist de ses marques d'amitié, je m'en sou-
viendrai et j'attends avec impatience le mo-
ment favorable de lui prouver rr a reconnais-
sance. Comme tout ce que tu m'as dit dans
tes deux lettres de mon Hippolyte (2) m'a in-
téressé ; qu'elle intelligence chez cet en-
fant ! je suis bien content que tu l'aimes. Em-
brasse-le b;en pour moi, embrasse aussi
notre aimable Isaure à qui j'écrirai de Mos-
cou ; j'ai à lui rendre compte de notre mar-
che depuis.
Jamais Desgenettes n'a pensé à s'en retour-
ner bien qu'il soit extrêmement fatigué delà
campagne. On n'a pas encore disposé de la
place de M. Sue, je pense qu'elle sera donnée
à Castel qui, par le fait, la mérite. Mais je
ne conçois pas la bizarrerie de Confenceau
pourvouloir tel ou tel remplaçant àcetteplaçe
ou à la sienne et surtout pour vouloir venir
à l'armée. Pauvre malheureux.une seule nuit
de bivouac le tuerait. Nous sommes obligés,
nous, gens robustes, de battre la semelle
toute la nuit et de travailler comme des do-
mestiques pour avoir du feu de l'eau, des
fourrages ; moi qui ai été obligé de prendre
(1) Sa fille.
(3) Son fils.
successiveraent 4 domestiques, j'ai peine
braver les injures de l'air et à pourvoir à
mes premiers besoins. Je suis obligé souvent
de mettre la main à la pâte si je veux du
pain ; trop heureux quand nous avons de
quoi en faire, et un four pour le cuire. Au
reste, je lui ai écrit une lettre qui, sans doute
l'aura édifié. Il pense peut-être que nous
allons être accablés d'honneurs, de richesses;
mais au lieu de tout cela nous nous ruinons
par les dépenses, l'usure et les pertes conti-
nuelles. J'en suis déjà au 3» cheval acheté
que j'ai perdu danscette circonstance; presque
tous mes élèves ont perdu leurs poite-man-
teaux et leurs chevaux, nous n'avons aucune
espèce d'indemnité, et à compter du i*' aoîlt
nous allons être payés en papier russe qui
n'aura point de valeur ; enfin il faudra nous
habiller comme les habitants, et les fourrures
à ma grande surprise, sont plus chères ici
qu'à Strasbourg. J'ai reçu comme je te l'ai
annoncé deux chevaux avec quelques provi-
sions de M. Moreau. Les provisions de bou-
che m'ont fait grand plaisir et m'ont rendu
service ; mais les chevaux m'étaient superflus,
j'en ai déjà perdu un de fatigue et l'autre
est considérablement appauvri. S'il t'écrit
remercie-le de ma part, je loue ses bonnes
intentions ; si j'avais reçu tout cela à mon
retour, et près de la France, certes c'eût été
des présents pricieux, mais à sept ou huit
cent lieues je te demande ! Cependant j'es-
père avoir sauvé une calèche que j'avais
laissée à Wilna. Je compte qu'un honnête
Monsieur te la ramènera; quand j'en aurai la
certitude je t'écrirai
Nous repartons ce soir chère amie, permets-
moi de te quitter pour quelques jours, peut-
être que notre premier entretien sera plus
agréabi'ï et te satisfera davantage. Mais tou-
jours mon cœur jouira du plaisir qu'il éprouve
à t'exprimer par ma plurne toute la tendresse
et la pure amitié qu'il t'a vouées pour la vie.
Adieu, ma Laville
Mes compliments à M. Pelletan, M. et
Mme Sabatier et toute la famille.
Larrey.
* *
De Moscou le 15 septembre 1812.
Chère bonne amie, j'arrive à l'instant dans
cette ville, l'une des plus reculées du globe
et je puis dire la plus grande de toutes celles
que j'ai vues comme ia plus belle ; mais elle
est déserte, tous les habitants à l'exception de
quelques malheureux du peuple l'ont aban-
donnée ; le feu y prend dans tous les coins et
je crains bien qu'elle ne devienne entière-
ment la proie des flammes et du pillage. En
sorte que t\ous serons privs des ressources
qu'elle r.ous offrait et notre situation sera
toujours la même. Je regrette beaucoup une
espèce de Palais-Royal oti toutes les mar-
chandises anglaises étaient réunies ; ce ma-
N* 1358 Voî. LXVI.
279
gasin est entièrement brûlé ; j'aurais fait
mes emplettes pour vous toutes mes bonnes
amies. La meilleure et la seule à faire main-
tenant serait du pain et de la farine, et je
n'en trouve pas ; peut être en découvrirai-je
d'ici à notre départ dont je ne puis prévoir
le moment. L'armée s'est portée en avant de
la ville pour pours.iivre l'ennemi qui fuit vers
la Russie asiatique. J'espère néanmoins que
nous sommes au terme de nos courses et que
l'Empereur ne voudra pas encore aller pour-
suivre ces barbares dans les déserts de ces
contrées. N'importé, chère amie, du cou-
rage et de la patience, il faut espérer que
nous nous en sortirons. Nous avions lieu de
croire d'après la te:rible bataille du 7, dans
laquelle plus de trente mille russes ont péri,
que cette nation demanderait la paix, mais
*ils s'obstinent à se faire tous tuer ou à se je-
ter dans les loiêls pour y vivre avec les ours.
Au reste, il v a une grande similitude enire
ce peuple au physique et au moral et les bê-
tes féroces ; aussi presque tous les grands en
ont-ils plusieurs de privés avec eux, ils
mangent et ils couchent ensemble : juge de
l'aimable sociélc Ah ! le vilain peuple qu'il
me tarde d'en être sorti.
Je suis extrêmement fatigué, ma bonne
amie, cependant je conserve ma santé, ainsi
tranquillise-toi.
En entrant dans cette ville, j'ai fait la ren-
contre d'une personne à laquelle je ne pen-
sais guère, c est Mme Lamiral, femme du
(mot illisibie) que tu as connu, cetle pauvre
femme avec deux demoiselles de la grandeur
d'Isaure est dans le désespoir. Son mari a été
enlevé par les Russes et conduit avec plu-
sieurs autres en Sibérie. Ils avaient acquis
une assez grande fortune qu'ils ont eu la
maladresse de placer dans une grande maison
meublée à l'orientale, elle sera biiilée comme
toutes les autres et juge ensuite de la situation
de ces trois malheureuses femmes. Il y a ici
beaucoup d'autres Vrauçais qui sont tians le
môme cas. Je ne sais ce qu'ils vont devenir
au milieu de ces tableaux déchiran's. je vous
vois à travers une lueur plus heureuse, je te
vois bonne amie aveo les enfants à la cam-
pagne de la sœur, vous êtes loin de ces ca-
lamités, bien tranquilles et à l'abri des vraies
et cruelles piivalioni où sont ici tar.t d'in-
fortunés. Soyez et croyez-vous heureux ; ne
faisons qu'un seul \ceu, c'est de nous retrou-
ver ensemble pour ne plus se quitter. Nous
gagnerons assez pour avoir du pain, pourvu
que la Providence me conserve l'usage de
mes sens ; après demain 18 courant, je la
remercierai de m'avoir donne un enfant et de
m'avoir conserve sa tendre mère; Dieu
veuille que cette journée soit heureu'îe pour
moi. O, jour mémorable, combien je te ré-
vère ; quand pourrai-je me réjouir avec vous
tons en célébiant cette naissance : tu y au-
L'INTERMEDiAlRB
280
ras bien pensé, pauvre amie, car tu as assez
souffert. Je me rappelle toujours le billet de
ma tendre et bonne Isaure dont la lecture
faillit me tourner la tète. Tu les embrasseras
ces deux enfants et renouvelle à mon
Isaure toute ma reconnaissance pour ses soins
et son aimable billet.
J'ai reçu la tabatière que S. M. le roi de
Saxe m'avait annoncée, je l'ai confiée à un
trésorier de l'Empereur dans la crainte qu'elle
ne se perde; elle est assez riche pour te
compléter une garniture de diamants. Si
j'avais eu le bonheur de voir l'Empereur
Alexandre, certes j'en aurais eu bien d'au-
tres, car j'ai sauvé la vie à un grand nombre
de ses soldats blessés, par les opérations les
plus difficiles et les plus rares. Mais ce prince
qui n'a point participé à la guerre s'est retiré
à Pétersbonrg. je compte voir notre souve-
rain de nain ou après-demain au plus tard,
je lui ferai un rapport général de mou ser-
vice ; je verrai ce qu'il me dira. ïu penses
que je piofiterai de l'occasion pour l'entretenir
d<i nos intérêts et de ceux de Benoist; en at-
tendant l'issue de cette audience, je vais me
séparer de toi, mais ce qui m'afflige c'est de
te savoir tout à coup à un millier de lieues
de l'endioit d'où je m'entretiens avec toi.
Pauvre amie, mes lettres t'arriveni difficile-
ment et tort tard parce que j'ai très peu d'oc-
casions ; profite de celle que te piocurc M. le
Général Periot, c'est le général Egyptien qui
a dîné une fois chez nous. Ces lettres me
sont remises exactement et elles m'arrivent
très vite. Parle-moi toujours de ton amitié,
de celle d'Isaure à qui je vais écrire sous
p*>u, de mon Hippolytc et enfin de tout ce
qui l'intéresse; surtout conservez-vous et soi-
gnez vos santés.
Mon ami avec qui je m'entretiens souvent
de tout ce que nous avons de précieux dans
ce monde, me charge de le rappeler à ton
souvenir, il se porte bien, il est [non appui et
mon consolateur. M. Y van me donne aussi
des grandes preuves d'amitié, j'en suis péné-
tré de reconnaissance ; enfin j'ai lieu d'être
plus content que bien d'autres et en me
comparant aux autres compagnons je ne suis
pas le plus malheureux.
Tes lettres me font le plus grand bien, ma
chère Laville ; écris-moi souvent, lu entre-
liens ce tendre amour que j'ai toujours eu
pour toi et tu ranimes l'amitié pure que
mon cœur t'a vouée pour la vie Adieu chère
et tendre amie, donne un baiser à nos en-
fants et parle-leur quelquefois de leur papa.
Larrey.
Li Directeur-gérant :
GEORGES MONTORGUEIL
Imp. DAHi£L-CHAMiOM, St-Am«nd-Mont-R^nd
LXVI« Volume Paraissant Us ,o. lo « yo d^ chaque mois 10 Septembre 1912
48» Annéf
Si ".r. % ictor-MaHHé
PARIS <IX«» Ghtrche» et ^
vou» trouverai s
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DES
CHERCHEURS
Fondé en
ET CURIEUX
1864
iUBSTiUÎSS ET KH^ONSKS LITTKRAiïŒ.S. HISTORIQUKS. SCîKTnPiyUKS BT AKTISTIQUES
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
.- 281 282
Nous prions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
de l<!ur^ pseudonyme, et de n'écrire que
d'un côté de la feuille. Les articles ano-
nymes ou signés d? pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet .
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Quand la question sollicite la connais-
sance d'une liste., La liste, sauf exception,
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
(âuedtionê
Mirquis de Saint-Maurice, am-
bassadeur. — Qu'était-ce que ^aint-
Maurice, ambassadeur, du duc de Savoie
près de Louis XIV, dont la Revue de Paris
\ vient de publier des lettres si intéres-
I santés ? V.
Les papiers de Courtois et le duc
Decazes. — Les journaux ont relaté der-
nièrement la découverte, faite par M.
Georges Gain, à la bibliothèque de Ghâ-
I Ions, du livre de prières de iMarie-An-
toinette.
Ge livre, sur une page duquel la Reine
1 écrivit quelques lignes avant de monter à
réchafaud, fut recueilli par Robespierre.
Au lendemain du 9 thermidor, le con-
ventionnel Gourtois chargé d'examiner les
papiers du .< dictacteur », s'empara du
précieux livre et de nombreux docu-
ments trouvés chez Robespierre. Il con-
serva le tout soigneusement dans une
cachette jusqu'à la Restauration ; mais
en janvier 1816, le duc Decazes fit enva-
hir par la police la demeure de Gourtois
et fit saisir tous ses papiers. Sous Louis-
Philippe, le fils de Gourtois obtint du
mmistère Gasimir-Périer la restitution
^une partie des documents saisis : les
plus intéressants, dit-on, avaient été dé-
truits par le duc Decazes.
Qu'y avait il donc de compromettant
dans ces papiers eî quel intérêt pouvait
avoir le gouvernement de la Restauration
ou, personnellement, le duc Decazes à
les détruire ^.
Le problème parait d'autant plus inté-
ressant à creuser en ce moment où plu-
sieurs historiens envisagent la période de
la Terreur sous un nouveau jour, et où un
écrivain catholique, M. André Godard a
osé tenter une sorte de réhabilitation de
Robespierre dans un curieux livre inti-
tulé: Le procès du neuf Thermidor. (Paris
1912). j^ ^^
San Martino. L^ maison de Napo-
léon à l'île d'Elbe. — On vient de
vendre cette propriété où fut installé un
musée, autrefois. A ce sujet, une polé-
mique s'est engagée. M. Frédéric Masson
a déclare n'avoir trouvé aucune preuve
du séjour de Napoléon I«>^ dans cette pro-
priété. Le contraire a été soutenu : loute-
N' Jjjo Voi, LXVI
283
L'I^.TERMEDiA^Rli
284
fois sans preuves négatives ou affirma- I
tives.
Sait-on des preuves qui permettront de
trancher nettement la question? Y.
Un innocent non réhabilité - Je
retrouve, dans mes notes de lecture, le
fait divers suivant :
Le 16 Brumaire in V, le citoyen Jarry,
juge de paix à Besancon, écrivait au Citoyen
Siméon, juge à Paris :
Entre temps, Siméon fut révoqué. La
lettre alla au parquet, traîna. Dieu sait dans
quels bureaux ! et finalement échoua au mi-
nistère de l'intérieur, le 30 septembre 1832,
trente-six ans après.
Or elle contenait la preuve de l'innocence
d'un homme guillotiné comme assassin en
1796.
Quelle était cette victime d'une erreur
judiciaire? Et à quelle cause criminelle
fait allusion l'anecdote ci-dessus ?
Sir Graph
« Quo non ascendam » ou « as-
cendet ». — Le château de Blandi-les-
Tours (Seineet-Marnej est, on le sait, un
des plus précieux vestiges de l'architecture
téodale militaire. On est un peu surpris
d'y voir relégués, au fond, d'une écurie,
d'admirables spécimens de sculpture sur
pierre ; entre autres un bel écusson aux
armes de Savoie.
Agnès de Savoie fut la femme de Fran-
çois 1", comte de Dunois, qui habitait le
château en 1488. Parmi ces pièces de
musée, si négligemment abandonnées, il
y a une superbe plaque de cheminée aux
armes de Fouquet. dont le château de
Vaulx était à un quart dl>eure de là.
Comment cette plaque est-elle venue ici ^
Je ne sais, mais elle e.st fort belle.
Dans l'écu central, on voit l'écureuil
entre les deux lions debout ; la devise en
haut est :
Qu^i non asceniiet
Je demande quelle était la devise de
Fouquet "r
Ace n dam, ou asrendet ?
Profitons-en pour souhaiter que la mu-
nicipalité de Blandi fasse un meilleur î^ort
à tous ces documents si précieux.
LÉO Claretie.
Baronnie de Tallye. Le Diction-
nain' lit-s fiefs de Gourdon de Genouilhac
mentionne, en Beauvoisis, une seigneu-
rie de Tallye.
Un des coWAhorateurs de V Intermédiaire
pourrait-il préciser la situation de ce fief
et me dire quels en furent les possesseurs
durant la première moitié du seizième
siècle ?
11 est à remarquer que La Roque (Hisi.
de la Maison d' Hat court], le P. Anselme.
Moreri, les mss. Bigot citent pareille-
ment une baronnie de Tallye, Thalie,
Talie, ToUie, etc , dont le nom présente
bien des variantes. D'après eux, elle
aurait appartenu à Charles ou Jean Le
Veneur, mais leur documentation ne me
semble pas très assurée.
Qy.€SlTOR.
Seigneurie de Pontillaud. — Je
serais reconnaissant au confrère bienveil-
lant qui voudrait bierr me donner des in-
dications sur la seigneurie de Pontillaiid
fcommune de Pontcombault) Seine-et-
Marne, et ses seigneurs.
Labruyère.
Famille Barade. — Ou pourrais-je
trouver des renseignements sur une fa-
mille Barade, de Bordeaux ^ Etait-elle no-
ble ? Quelles sont ses armes ?
M. S.
Un aventurier breton : Jean
Charles Boctei, seigneur de Mo-
yaux. — Je possède des notes très cu-
rieuses au sujet d'un comte de Tourou-
vres, aventurier français de la fin du xviii'
siècle, paraissant, en 1777, à Heilhronn
(Souabe) pour y fonder des imprimeries,
des journaux, des maisons de jeux, des
théâtres, des fabriques, etc.; il réunit
même un couvent maçonnique a Heil-
bronn, mais finit par être dévoilé par
M- de la Vibraye, chargé d'affaires fran-
çais à Stuttgart. C'était, selon M. de la
Vibraye, un sieur Jean-Charles Boctei,
seigneur de Moyaux, auteur de plusieurs
mauvaises brochures \nX\\u\iç.s Le Royaume
des Femmes, Les Aventures du Vicomte
de ***,etc., et qui avait été condamné par
le Parlement de Bretagne, le 29mars 1768,
à être »< renfermé pendant le reste de ses
jours dans une maison de force telle qu'il
plaira au Roi de l'indiquer 2». 11 fut arrêté
bES CHERCHEURS BT CURIEUX
10 Septembre 191»
285
286
^11 Bretagne et conduit à Vincennesen avril
1768; on Vy détint jusqu'en janvier 177=;,
où Malesherbes, alors ministre, lui rendit
la liberté.
Où pourrait-on contrôler ces assertions
de M. de la Vibraye? Où trouverait-on
des renseignements complémentaires sur
le personnage et le procès de jean-Charles
Boctei ? A-t-on parlé quelque part de ses
libelles et de ses aventures ? Existe-t-il
encore des exemplaires du Rovciwm des
femtms qui, parait-il, fut brûlé par le
bourreau? Où et quand est-il mort ? Etait-
il un parent de Charles-Iean-César, vi-
comte de Moyeaux ( 1) qui fut chargé d'af-
faires des comtes de Provence et d'Artois
en 1792 {Moniteur au i"^ avril 1792)?
JOACHIM KÙHN.
Boisjourdan. — je désirerais beau-
coup connaître :
1° les noms des parents et grands-pa-
rents ,
2° les alliances des deux filles ;
de : Anselme du Boisjourdan, chevalier de
l'ordre du Roi, prévost provincial des
maréchaux de France à Chàleau-Gonthier,
banni d'Anjou ei 1671 pour assassinat,
exécuté à Metz en 1681, pour avoir fo-
menté une révolte dans l'armée.
Vicomte deNoùel.
Le peintre Champmartin — A
propos de la rétrospective de Champmar-
tin organisée actuellement à Bagatelle par
la Société des artistes deNeuilly, M. Mau-
rice Guillemot fait allusion, dans les ar-
ticles qu'il a consacrés à ce peintre, jadis
célèbre, aujourd'hui oublié, à ses lettres
écrites de Constantinople et de Jérusalem
en 1825, et à un ouvrage relatant l'inti-
mité de Champmartin avec Mme de Mir-
bel dont il a fait le portrait du Musée de
Versailles.
Que sont devenues ces lettres ? Quel
est ce livre ? V.
La Juno et Félicien David. — j'ai
acquis, dernièrement, à Saint-Germain-en-
(1) Ce qui m'oblige de poser cette question
complémentaire qui paraîtra, peut-être, inu-
tile, c'est que plusieurs journaux allemands
du temps rapportèrent que l'Aventurier était
un seigneur de Boctay, Vicomte de Moyeau.
Laye, la petite propriété où est mort l'au-
teur du Disert et de Lallah-Roiick.
11 l'avait achetée vers 1859. 11 la céda
pour un prix nominal, à son amie, Mme
Tastet, la femme de l'helléniste. Sur le
pilier de l'entrée sont gravés les mots :
« La Juno ».
Des anciens de la localité m'ont dit que
les artistes qui étaient reçus par elle
nommaient ainsi, amicalement, Mme Tas-
tet. L'amphitryonne avait-elle pris le nom
de la propriété, ou, au contraire, le cha-
let avait-il emprunté l'appellation fami
lière de la maîtresse de maison.''
En somme, qu'est-ce que « La Juno » ?
Avant de faire gratter ces mots, moi-
tié français et moitié latin, qui ne me di-
sent rien, je voudrais être sûr que mon
ignorance ne va pas détruire un souve-
nir intéressant. Mes érudits et obligeants
confrères m'autorisent-ilsà commander le
tailleur de pierres ? Je compte, dans ce
cas, donner à la maisonnette un nom qui
rappelle uneœu-vre du compositeur né en
Avignon, d'une famille Angevine rentrée
de l'Ile Bourbon. L. V. P.
Des Raisins, marquis de Saint-
Marc. — Quelque confrère bordelais
peut-il me dire si Jean-Paul André des
Raisins, marquis de Saint-Marc, né en
1744, mort à Bordeaux sons la Restaura-
tion, a laissé des héritiers ? En dehors des
ouvrages en vers et en prose qui subsis-
tent, n'y aurait-il pas un dossier le con-
cernant, aux Archives de la Gironde .?
• H. G.
L'abbé Maury, académicien. —
Dans l'ouvrage dej. Le Fèvre-Deumier :
Célébrités d'autrefois, Essais biographi-
ques et littéraires (Paris, Amyot, 1853),
on lit, pages 84 et 85 :
Il avait si peu U sentiment deflconve-
nances, que même à l'Académie où il s'était
fait monseigneuriser, il ne laissait échapper
aucuae occasion de placer un mot grivoi.- ou
une anecdote scabreuse. Arnault racontait
que, travaillant un jour au Dictionnaire,
la commission cherchait un exemple en vers
de l'eirploi du mot autres, et Maury proposa
immédiatement un couplet de Collé, qui
n'est ni dos plus purs ni des plus catholiques.
Je suis d'avis d'employer la citation, dit un
des assistants, si l'on met dans le Diction-
naire q'i'clle a été fournie par M, ie car-
dinal.
N« 1339, Vol. LXVI.
287 .
Qu'avait donc bien pu oser proposer
l'abbc Maury à ses 39 immortels col-
lègues ? Simon.
Portrait de Pascal, par P; ilippe
de Champaigne. — Sait-on quand il a
été fait? L. R.
Péron, naturaliste, voyageur. —
l'ai lu, je ne sais plus où, que François
Péron, de l'Institut, natif de Cérilly
(Allier), 177S-1810, iivaït vécu en Seine-
et-Manie.
Pourrait-on m'éclairer à ce sujet?
Simon.
Jean Pupil de Craponne. — Un
de nos érudits confrères du Lyonnais
nous obligerait infiniment en nous indi-
quant la généalogie de Jean Pupil de
Craponne, dont un fort beau portrait, par
Nicolas Largillière, figure au musée de
Grenoble . Nous voudrions notamment
être fixé sur la parenté qui existe entre
lui et :
1" Jean Pupil, seigneur de la Cour-en-
Garez, gentilhomme de la grande écurie
du Roi, qui avait épousé Catherine
Thomé.
2" Barthélémy-Léonard Pupil de Mions,
Premier président de la cour des mon-
naies de Lyon en 1770, lieutenant général
du Présidial de Lyon, mort sans posté-
rité à Venise, en 1807, 'l^' avait épousé^
Charlotte de Loras et était fils de Jean-
Claude Pupil de Mions, Premier Président
de la Cour des monnaies de L)^ii et de
Catherine de Sève de Flachère.
Nous serions désireux de savoir à
quelle source il nous serait possible de
trouver des renseignements précis sur les
alliances des Pupil et les charges occu
pées par les membres de celte maison
éteinte aujourd'hui, croyons-nous.
MONTMOREL.
Famille de Itemlly. — Je demande
si l'on connait une famille de Remilly qui-
au xvii« siècle, possédait deux fiefs. La
Champiniere et le Coudray (où situés ?j
et qui a fourni, en la personne de Jean de
Remilly, Sgr de la Champmiére et du
Coudray, un bailli du Vendômois de l'an-
née 1652 à l'année 1708, époque de sa
mort, soit pendant 56 ans. 11 parait fils(r)
de Claude de Remilly, et de Jeanne Pissier
L'INTERMEDIAIRE
288
qui, en 1658, habitaient paroisse de Sainte-
Gemmes en Vendômois.
Prière de donner l'origine de cette fa-
mille et ses armoiries si possible.
Saint-Venant
Famille Sicard. — Je désirerais sa-
voir quels sont : la famille, les prénoms
et les armes, de Mademoiselle Sicard, ma-
riée au Premier Président Séguier^ belle-
fille de l'avocat-général Séguier, et mère
du baron Armand Séguier,
Et les armes des Le Pelletier d'Aunay,
sont-ce les mêmes que celles des Le Pel-
letier St-Fargeau ?
Bénédicte.
Le marquis de Vassé et la mar-
quise, née Broglie. - Alexis Bruno
Hlienne, marquis de Vassi, lieutenant gé-
néral, aide-de-camp du prince de Condé,
marié à Charlotte d& broglie, a eu un fils
que les dictionnaires de la Sarthe disent
interdit et se nommant jules-AIexis-Ga-
briel. Quand ce fils est il mort? Dans le
Dicitoniiaire des Parlemerttaiics^ Bourloîon
prétend que le marquis de Vassé, député
de la Noblesse aux Etats généraux, créa
en émigration une teinturerie à Mùndon
avec M. et Mme de Genouillac, et leur
femme de chambre qu'il épousa peu
après. Comment se nommait-elle? et
quand mourut la marquise, née Broglie,
qiii eut aussi deux filles, dont l'une épousa
le marquis de Croix, l'autre, le duc de Gra-
mont-Caderousse. S.
Preuves de noblesse. — Les preu-
ves de noblesse à fournir sous l'ancien
réi;ime pour obtenir certains emplois,
certaines distinctions ou entrer dans cer-
tains corps ou communautés étaient nom-
breuses et très variables suivant les cas.
(Malte, honneurs de la Cour, Saint-Esprit,
Ecoles militaires, Saint-Lazare, chanoines
de Lyon, de Brioude, etc., etc..)
On les trouve dispersées et disséminées
dans divers ouvrages
Mais existe-il un recueil où l'indication
de ces diverses preuves ait été réunie,
condensée, résumée ?
Si cet ouvrage n'existe pas, ce serait
sûrement un travail utile et digne de ten-
ter la patience et le zèle d'un érudit.
COMMANDAIRE,
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
289
iG Septembre 191
290
Armoiries d'uns famille alliée
aux des Cars. — Cette alliance est du
xix^ siècle et j'avoue que le meuble de
l'écu de la famille, que je désire connaî-
tre, m'est inconnu. En vain l'ai je cher-
ché dans les méthodes de blason ou ou-
vrages héraldiques que je possède. C'est
comme une croix latine, la tête en bas,
dont 3 des extrémités touchent le haut
du chef et les cotés de l'écu. Ces armes
sont : d'or à la... (meuble en question)
de gueules, chargée de 5 besans de...
Orgel.
Armoiries d'un conseiller d'Etat
(1" Empire). — Je serais heureux de
connaître quel est le conseiller qui por-
tait : Ecartelé., au i échiqueté d'or et
d'azur (comte, conseiller d'Htat); an 2
de . . à une ictede cheval (?) issant de... ;
au ^ de gueules au lion passant de... ; au
4 d'or à trois fascea de sable.
La CoussiÈRE.
Aigle au vol éployé : question
héraldique. — Les auteurs ne sont pas
du tout d'accord sur cette question. Si
l'aigle a le vol abaissé, oui, il faut le spé-
cifier, mais quand on dit par exemple :
d'apu à l'aigle d'argent , cela ne veut-il
pas dire que l'aigle a le vol éployé } Oui,
selon la généralité des auteurs. Alors
pourquoi des auteurs anciens, comme
Menestrier, Dubuisson ; des modernes,
comme Rietstap, enseignent-ils que quand
on dit : aigle au vol éplové, cela désigne
une aigle à deux têtes ? Il y a là une con-
tradiction que je ne m'explique pas,
puisque l'aigle à une tête sans vol expli-
qué est à vol éployé.
La CoussiÈRE.
Ex-librisde la famille de Gallery.
— Un ex-libris du xvii^ siècle, signé
/. Toustatn, porte un écu : Ecartelé : aux
I et 4 de gueules à Vépéc d'aigent. garnie
d'or, accostée de deux croix de Lorraine
du même (Gallery) ; aux 2 et ^ d'j:(ur à
trois mâcle: d'or. Casque taré de trois
quarts et luxueux lambrequins.
On désirerait connaître : i" à quelle ta-
mille appartenaient les arir.es des 2' et 3®
quartiers; 2° à quelle époque exacte tra-
vaillait le graveur Jean Toustam.'^
H. G. S.
Propriété littéraire des titres d'où '
vrages. — On n'ignore pas que les ti"
très d'ouvrages font partie de la pro-
priété littéraire et appartiennent aux au-
teurs.
Quel moyen pratique possède-t-on de
s'assurer, avant de publier un livre nou-
veau, qu'on n'a pas involontairement
usurpé un titre déjà employé et non en-
core tombé dans le domaine public ?
E. R. G. O.
Les cafés sont les salons de la
démocratie. — De qui ce mot connu
que d'aucuns attribuent à Gambetta ?
G. F.
«Le corps d'an ennemi mort sent
toujours bon ». — Mot atroce attribué à
1° Vitellius sur le champ de bataille de
Bedriac (Suétone, Vitellim X).
2° Charles IX suivant Brantôme.
3° Louis XI, (Walter Scott, Quentin
Durwatd).
Voilà une quatrième attribution qui me
paraît la dernière en date :
« Pour elles (les abeilles) comme pour
les Suisses à Morat, le cadavre, etc. » M.
Forreteux, « L'Intelligence des insectes »,
Mercure de France, t. VIII, 1912, p. 506.)
A qui le tour ? Dehermamn.
Chanson bretonne sur Lafayette.
— Ma petite jeunesse, il y a 60 ans, a été
bercée, en Bretagne, par une chanson
dont le refrain d'une poésie toute popu-
laire, était :
Sont sont sont, les gars de Locminé
Qu'où de Lafayette
Qu'où de La Fayette
Sont sont sont, les gars de Locminé
Qu'où de La Fayette
Par sans leurs souliers
Si l'un de nos vieux confrères de l'Ouest •
a eu connaissance de cette chanson mor-
bihannaise, peut-être pourra-t-il me don-
ner la clef du mystère qui plane pour
moi sur le rapprochement qui peut exis-
ter entre La Fayette et l'irrévérence des
gars de Locminé .?
FaL!t-il chercher celle-ci dans le peu de
goût que ces Bretons auraient eu à suivre
La Fayette dans ses campagnes contre la
domination anglaise en Amérique .?
Echarpe.
N« 1530. Vol. LXVI.
— — — 291
Un mot nouveau : alaquage, ala-
quer. — On sait quelles surprises ré-
serve au Français de France un séjour
d'études linguistiques dans la Suisse ro-
mande et les étranges détormations lo-
cales de vocabulaire qu'il a ày constater.
Sans parler des contaminations dues à
l'inlluence allemande, sensibles même
dans des organes qui se réclament direc-
tement de notre culture, avec maintes
réserves, s'entend — le grave Journal de
Genève en tête — , il est frappant d'avoir
à relever des italianismes invraisembla-
bles, docilement acceptés par une presse
locale à laquelle fait défaut, chaque fois
qu'elle ne plagie pas, ou ne reproduit pas
des sources françaises, le sens profond de
la nationalité, incarné dans un idiome à
frontières et à caractères nettement déli-
mités. Je me bornerai aujourd'hui à un
exemple entre cent, recueillis au cours de
mes pérégrinations dans le canton de
Vaud. Ces jours derniers, assistant à un
vol d'hydroplane sur le Léman, j'entendis
prononcer, par un personnage influent de
la région, le vocable alaquage dans le
sens d'atterrissage. Comme il ne sem-
blait susciter aucune surprise chez ceux
auxquels il s'adressait, comme on parut
en comprendre instantanément la signifi-
cation, je me permis d'exprimer mon
étonnement de ce néologisme à celui qui
venait de l'employer comme inconsciem-
ment. L'on m'apprit alors que le terme
était admis, que des feuilles genevoises
l'avaient patronné et qu'en tout état de
cause, il eût été ridicule de maintenir
l'expression atterrissage pour un appareil
qui ne se pose que sur l'eau...
Il ne faut point être grand clerc pour
retrouver, dans ce mot nouveau, l'origine
italienna : All'acqua. à l'eau, encore que
de mauvais plais.uits n: manqueraient pas,
usant de l'esprit du crû, de n'y voir qu'un
dérivé de lac. — Alaquer = descendre
sur le lac ! On se demandera, sans doute,
si la nécessité d'une création do toutes
pièces se faisait, en l'espèce, sentir, après
i'insucces de la tentative pour inventer
un néologisme qui rendit adéquatement le
concept : voler en aéroplane. Mais, dans
le cas aflRrmatir, ne vaudrait-il pas mieux
choisir entre les termes si'ivants : aiguer
et aiguage, adiver et adivage, affloter et
afflottage ? L'on hésile à en proposer un
quatrième ; aquerrage et aquerrir, qui,
L'INTHRMEDlA.iRB
2q2
décidément, ressemble trop à acquérir.
Le concours est ouvert ou, plutôt, le
pari. Camille Pitollet.
P. S. — La note ci dessus était en-
voyée depuis un mois environ à \' Intermé-
diaire^ qui n'a pu la publier faute d'es-
pace. Depuis, le choix d'un vocable adé-
quat semble avoir préoccupé la presse du
Léman. Voici, en tout cas, le petit article
que publie l'un de ses organes, très ré-
pandu dans la région de Vevey :
POUR AFFLOTTER
Quelques journaux, dont un de Genève,
ont adopté le mot affloter, pour indiquer
l'action d'atterrir., sur l'eau.
Le Journal de Genève propose ce matin
le mot aquatir. Il trouve \t mot alaquer
peu giacieux (i). Aquatir l'est davantage, il
est vrai, mais dira t-on aquatage ou aqua-
tissiige ? Cela ressemble beaucoup à décatir
et. à décat'ssage, et, trop parent de aquatique,
cela sent trop... le canard. Pour nous, nous
continuerons à tmp\oyér' a f flotter et afflot-
tage, mots à physionomie bien française ;
ils peuvent s'employer aussi bien à propos
d'un lac que d'une mer.
Feuille d'avi-> de Vevey, (n" du mer-
credi 21 août 1912.)
C P.
La couleur des cheveux d*ane
morte. — On désire savow, en vue de
l'identification d'un portrait, si, à la lon-
gue, les cheveux conservés d'une per-
sonne morte se décolorent plus ou
moins.
Au bout de cent ans, par exemple, des
cheveux primitivement noirs ou brun
foncé pourraient-ils être devenus châtain
foncé ou châtain clair ? Ft dans quelle
mesure admettrait-on la possibilité de
cette modification ^. Fn pourrait-on citer
des exemples
Hstime-t-on au contraire que la nuance
primitive se maintient indéfiniment .''
E R. G. O,
(1) Nous lisions, dans le Journal de Ge-
nève du mardi 20 août 1912, en effet :
< Après un excellent et rapide voyage, Burri
« alaquait » dans la rade, près du Jardin
iinglais, etc. » La mise entre « » du vocable
n'indiquant qu'une adoption conditionnelle,
le Jownal 'fi Genève est donc revenu sur la
question, dans le n" que cite la Feuille
d'Avi.t de Vevejf et que nous n'avons pas eu
sous les yeux.
DUS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Septembre 191a
293
294
Képanses
Le crâne de Richelieu (T. G.
772 ; LXVI, 138, 244;. — Lire le cha-
pitre consacré par le D"^ Cabanes à
« l'Odyssée d'un crâne », dans son Cabi-
net secret de î' Histoire, 4*' série Ce cha-
pitre, qui ne contient pas moins de 15
pages, avec de nombreuses noies, donne
non seulement la relation de M. Gréard
et les mensurations du colonel Duhausset,
mais bien d'autres détails curieux ou pit-
toresques, et la reproduction du moulage
même de la tête du cardinal. M.
* *
Je lis l'intéressante communication de
M. Eim. H. sur le crâne de Richelieu. Je
me permettrai d'y relever une inexacti-
tude dont l'importance d'ailleurs est tout
à fait secondaire. Le fils du maire de
Plourivo,M. Armez, dont il est parlé dans
cet article, ne fut pas ministre sous Louis
Philippe, mais simplement député des
Côtes-du-Nord en 1834, 1837, 1839,
1842 et 1846. Il mourut en 1883. 11 ap-
partenait à la famille toujours existante
des Armez du Poulpry, dont un membre
est actuellement encore député et maire
de Plourivo. L'abbé Armez qui recueillit
le crâne des mains du bonnetier, fut un
des trois commissaires du roi, chargé
d'organiser en 1790 les cantons, districts
ii le département des Côtes-du-Nord.
Comte Emmanuel de Rougé.
Où est enterré le maréchal Ney ?
(LXV, 42, 158, 247). - M. le ."Vlarquis
de Vogué est l'auteur dun fort intéres-
sant travail sur le Maréchal de Villars,
travail qui a paru chez Pion. L'éminent
académicien veut bien me mander ce qui
suit à propos de la sépulture du vainqueur
de Denain :
*< ...j'ai le regret de ne pouvoir vous
donner de solution satisfaisante. Villars,
mort à Turin, y a été enterré avec pompe ;
mais toute trace de l'inhumation a dis-
paru, et il m'a été impossible, jusqu'ici,
de percer ce mystère .. »
11 résulte néanmoins de cette note, que
c'est à Turin qu'il faut chercher la dé-
pouille du célèbre maréchal et, sans doute,
il ne faut pas désespérer d'arriver à une
solution satisfaisante. S. G. L.
Les noyades de Nantes (LXII ; LXVI,
185, 250). — Le nom de Carrier, qui doit
être inscrit parmi ceux des plus vils scé-
lérats qui aient stigmatisé, par leurs for-
faits la Révolution Française, esttristement
immortalisé par les noyades de Nantes.
Au milieu de brumaire (novembre
1793) les bateaux à soupape ne sont pas
encore inventés ; Perdreau, l'un des sa-
tellites de Carrier, à Nantes, à cette épo-
que, plaisante ainsi sur les atrocités aux-
quelles il est associé :
« Cette nuit, j'ai noyé huit cents ecclé-
siastiques.,. Lorsque Je fais des baigna-
des, je dépouille les hommes et lesfemmes,
je fouille leurs vêtements et les mets dans
un grand mannequin ; je les attache par
les bras et les fais venir sur les bords de
la Loire ; ils montent deux à deux dans
mon bateau, deux hommes les poussent
par derrière, et les pr.cipitent la tête la
première dans l'eau, puis lorsqu'ils veu-
lent se sauver, nous avons de grands bâ-
tons avec lesquels nous les assommons.
C'est ce que nous appelons le Mariage
Civique. »
Plus tard. Carrier et ses adhérents vou-
lurent se passer le plaisir des noyades ;
elles se firent publiquement, à midi, afin
que personne n'en ignorât ; c'est alors
que les bateaux à soupape furent inau-
gurés.
La soupape était une large ouverture
pratiquée à fond de cale et qui, au signal
donné, laissait passage à ceux qui y
avaient été jetés.
Carrier les faisait accoupler, de façon
qu'un vieillard fût attaché dos à dos, avec
une jeune fille, une vieille femme avec
un jeune homme. Ces infortunés restaient
ainsi sans vêtement, pendant des heures,
et c'est au milieu de chants cyniques,
vociférés par les noyeurs, que la soupape
s'entr'ouvrait pour précipiter par cen-
taines, ces innocentes victimes dans les
flots.
« Bientôt l'eau de la Loire, dit Créti-
neau-Joly,ne fut plus potable ; on en pro-
hiba l'usage, elle était empoisonnée par
la décomposition des cadavres. Les bâti-
ments qui levaient l'ancre en faisaient
monter par milliers à la surface. Au bord
des deux rives, de Nantes à Paimboeuf, on
n'apercevait plus que fossoyeurs enrégi-
mentés.Un arrêt de police défendit même
N- '339 VoJ. LXVI.
•INTBHMfiBIAIHE
395
396
aux habitants riverains de se nourrir de
poisson >>.
ECHARPE.
Quel pouvait être le nombre des
individus emprisonnés et des con-
damnés à la pei. <■ capitale sous
l'ancienne monarchie? LXVI. 137.
— Question de statistique assurément
difficile à résoudre ; en tout cas 1« parole
citée est de Ganielin, et non de l'auttur
faisant acte d'historien dans un roman ;
Gamelin, un sectaire, d'instruction super-
ficielle faite de dogmatisme et de phrases
classiques. Ce protagoniste de Les Jieiix
ont soif, titre emprunté à Camille Des-
moulins et repris par Carlyle, est bien,
en effet, le type «ic ces sinistres jobards,
nés, peut-être pt)i.r des vies très moyen-
nes, pas beaucoup plus méchants que
d'autres, qui, par étroitesse d'intelligence
non réparée, par un patriotisme ardent
mais mal entendu^ et griserie d'autorité,
en arrivent, dans les révolutions, à com-
mettreplusde crimes que de purs scélérats.
11 est très représentatif de cette espèce
d'hommes, ce Gamelin, qui, du reste, va
crânement à l'échafaud sans l'ombre d'un
remords, persuadé, au contraire, que lui
et ses pareils ont été trop faibles et
meurent pour n'être pas allés au bout de
leur devoir.
La statistique en gros chiffres ronds
donnée par Gamelin est donc de tous,
points fantaisiste et ressemble fort à un
'document de loge de concierge. Je ne
pense pas que la monarchie, à tout pren-
dre assez débonnaire du xvme siècle, ait
jamaistenu 400.000 hommes à la f tis sous
les verrous, moins encore que bon an,
mal an, elle en ait pendu 15.000 et roué
3000. Par contre, Gamelin me semble
plutôt modéré quand il parle de quelques
centames de tètes tombées sur l'échafaud
févolutionnaire. Mais ce n'est pas de
cela qu'il s'agit.
Une trop vieille habitude de littérature
oratoire fait que nous rendons respon-
sables les auteurs de ce qu'ils font dire à
leurs personnages de roman ou de théâ-
tre. Or, Gamelin parle comme un fana-
tique, un ignorant et un sot devenu
téroce ; si c'est son caractère, je ne sache
pas que ce soit celui de M. Anatole
France II s'en faut même plus que du
tout au tout. H. C. .M.
Louis - Philippe le 24 février
1848, s est-il enfui en fiacre ?
(LXVI, 18s). — Je l's dans l'ouvrage de
A. Vermorel, intitulé Les hommes de 1848
paru en 1869 [Décembre-Alonnier, li-
braire éditeur, 20 rue Suger] :
Les courtisan^ avaient abandonné les Tui-
leries : la famille royale restait complète-
ment isolée dans ces circonstances difficiles :
c'est iNl. Crémieux, accouru comme M. de
Girardin pour annoncer qu'on allait atta-
quer les Tuileries, qui protège la fuite du
roi dans des voitures de place prises sur la
place de la Concorde. Nul cortège pour le
convoi royal.
La suite de ce récit, relative à la du-
chesse de Montpensier, dit qu'elle avait
été oubliée sur la place.
Je me rappelle très bien avoir vu, en
1848, une caricature représentant Louis-
Philippe montant dans un fiacre, et la lé-
gende était :
« A l'heure not' bourgeois .'' — Non, à la
course. » V. A. 1.
•
Ce n'est pas en fiacre que Louis-Phi-
lippe a fui devant l'émeute. Ça ne change
pas grand'chose aux événements, mais ça
peut intéresser ceux qui n'acceptent les
mots que pour leur valeur.
Le reportage n'était pas alors perfec-
tionné comme de nos jours. C'est à peine
si les journaux du 24 février 1848 consa-
crent vingt lignes à cet événement qu'est
la fuite du roi.
Deux seulement publient le récit fait
par un témoin oculaire qui vit sortir
Louis-Phiiippe des Tuileries, ayant à son
bras la reine vêtue de noir Arrivés place
de la Concorda, le témoin les vit hésiter
comme s'ils cherchaient quelqu'un ou
quelque chose.
La reine, dit le témoin, saisit le bras de
Louis-Philippe ; ils retournèrent sur leurs
pas, à peu de dislance de là, où stationnaient
deux petites voitures basses, noires, attelées
chacune d'un cheval. Deux très jeunes en-
fants se trouvaient dans la première. Louis-
Philippe prit la gauche, la reine la droite, les
entants se tinrent debout, le visage collé sur
la glace et regardant le public avec une atti-
tude curieuse. Le cocher fouetta vigoureu-
sement. La voiture s'enleva plutôt qu'elle ne
partit : elle passa devant moi.
Cette même voiture est décrite dans
une relation d'un officier d'éiat-major de
1
ûhS CHEKCHEUKS HT CURIEUX
397
la garde nationale qui a été mêlé à tous
les événements de cette journée.
Je suppliai encore le roi et la reine de pas-
ser saos crainte au milieu de ce peuple, ce
qu'ils firent avec la plus grande confiance.
Au même instant, un petit coupé bounreoù
bLufo- ce, attelé il'un bel et bon cheval noir,
qui stationnait avec un cabriolet à gauche
du pont tournant, approcha vivement du roi.
Second témoin, seconde déposition : le
fiacre n'est toujours qu'une confortable
voiture.
Qiielle est cette voiture .? Le marquis de
Fiers, dans ses Souvenirs, va nous l'ap-
prendre, d'après M. de Montalivet :
Lorsque l'invasion populaire menaça le
château, le 24 février 1848, vers midi, le
roi, d-nnant le bras à la reine, sertit du pa-
lais par l'avenue centrale du jardin des Tui-
leries, accompagnes de six de leurs petits en-
fants, porté? dans les bras, et entourés d'un
fort détachement de la garde nationale à che-
val, que le général Dumas avait prudem-
ment commandé pour protéjerer le départ.
A la vue du roi, les gardes nationaux
expriment leur sympathie et leurs senti-
ments de fidélité par les cris de : Vive le
roi. vive la reine ! Louis-Philippe s'attend it
à trotivet ses voitures à la grille du Poni
Tournant. Il ig.iorait qu'elles venaient d'être
brûlées place du Carrousel par la multitude
insurgée. Après quelques minutes d'une pé-
nible attente près de l'Obélisque, au lieu des
voitures attendues, parurent deux voitures
appelées broughams et un cabriolet à deux
roues, appartenant à la Maison du Rot. Elles
avaient été envoyées, grâce à la prévoyante
sollicitude de M. le duc de Nemours qui était
resté place du Carrousel. Toutes les personnes
de la famille royale y montèrent.
Nous sommes édifiés : le fiacre qui em-
porte Louis-Philippe en exil est une lé-
gende : c'était une voilure de sa maison
envoyée par le duc de Nemours.
Mais ce n'était pas sa voiture person-
nelle qui venait d'être incendiée dans les
circonstances suivantes :
li n'est pas exact de dire que la Révo-
lution a surpris la famille royale : dès le
24 février, les berlines étaient prêtes, non
pour la fuite, mais pour le départ de Pa-
ris. On avait attelé douze voitures qui de-
vaient se mettre en marche au premier si-
gnal du jeune sous piqueur Hairon. La
berline du roi, appelée la Saverne, était
attelée de huit chevaux. A midi et demi,
le 24, 1 ordre arriva du château de faire
avancer les voitures. Le sous-piqueur
avait sa livrée roîige.
298
10 Septembre 191*
Le contrôleur Triel lui conseilla de re-
vêtir une livrée bleue qui le désignerait
moins à la fureur des émeutiers : «'fiastel
nous passerons bien », répondit-il. Mais
a peine avait-il franchi les portes de l'écu-
rie qu'une trentaine d'individus, cachés
derrière l'hôtel de Rohan, ouvraient le
feu sur les attelages. Le cheval du sous-
piqueur tombait raide mort. Effaré le
jeune homme se dégagea de l'animal et
courut vers l'Arc de Triomphe du Car-
rousel pour v retrouver un refuge Un
des émeutiers s'avança vers ce pauvre
diable, affolé et sans armes ; il le tua à
bout portant, s'empara de son chapeau
galonné, et fit signe à quelques individus
de son espèce, qui dépouillèrent le ca-
davre, pour l'abandonner sur le pavé
sanglant, nu. '
Le lendemain, l'homme se présentait
a Ledru-Rollin et lui montrait le chapeau
galonné du malheureux qu'il avaittué -—
certificat d'indéniable civisme — et im-
médiatement il obtenait sa récompense •
un emploi de gardien au musée du
Louvre.
Les voitures avaient le même sort que
ceux qui les conduisaient. On les avait
fouillées, bourrées de paille et poussées
tout enflammées vers un poste du Palais-
Royal pour y consommer l'asphyxie des
malheureux soldats qui y étaient enfer-
mes. On s'acharna surtout sur la Saverne
la voiture du roi. On en brisa les glaces
a coups de crosse de fusil. On en détruisit
les armes a coups de baïonnette « Ohé
les amis, de la paille à force, criait une
virago, car celle-ci vaut la peine d'être
crânement chauffée ! ^> Tandis que se
consumait la paille, la femme monta sur
le siège, des individus de son stvle se
mirent au timon de la voiture en feu qui
recueillit sur son passage des applaudis-
sements frénétiques. Mais, à la stupeur des
incendiaires, la paille s'était vainement
consumée : le coffre restait intact On
lui assena des quartiers de pavé et des
coups de barre de fer : construite pour la
sécurité de la famille royale et a l'épreuve
de la balle, cette citadelle roulante con-
serva sa forme sans fléchir. « A l'eau ' >
cria-t-on. On traîna la voiture au pont
des Saints-Peres ; à force de bras, elle fut
précipitée dans le fleuve. On l'en retira
après quatre mois, à l'état de simple fer-
raille. ^
N» 1339 Vol. LXVl.
299
Le prix des voilures stupidement dé-
truites ce jour-là monte à plus de
196,000 fr. Mais si ces voitures furent les
seules que l'on put trouver, il y en avait
d'autres : plus de deux cents, remisées
sous la bibliothèque du Louvre, rue du
Doyenné ou au parc Monceau. Ce fut
parmi celles-là que. voyant incendier la
berline royale, le duc de Nemours se hâta
d'envover chercher la voiture que le roi
fut si étonné de voir à la place de celle
qu'il attendait.
Le gouvernement provisoire fut le pre-
mier à se louer de la discrétion involon-
taire de l'émeute. Hors Lamartme et 1 u-
pont de Nemours, ses membres furent
trop heureux de pouvoir, à leur tour,
rouler carrosse. Deux cents voitures et
trois cent cinquante chevaux furent un
équipage qui suffit à l'austérité du nou-
veau régime. Pour leur seule part, les
membres du gouvernement se firent attri-
buer quarante et une voitures.
Le citoyen Ledru-RoUin avait, à son
service, le yolant, VHécla, coupé bas, le
Prince, coupé de cérémonie, le Royal*
char-à-bancs de promenade, la Marquise,
calèche de ville, et le Phénix, landau de
campagne. 11 avait dans ses écuries
25 chevaux ; un piqueur à ses ordres,
Millet, celui qui avait arrêté Tassassin Le-
comte, à Fontaini^bleau ; dix cochers,
aides-cochers et palefreniers. Sa puis-
sance dura soixante-quinze jours : le con-
trôle estima sa part dans les frais de ce
service à 27,750 fr.
Et telle est la simple histoire du fiacre
de Louis Philippe, qui n'est pas un fiacre
— mais une confortable voiture envoyée
à point pour suppléer à l'absence de la
sienne, dont le peuple souverain s'amu-
sait, avec une joie d'enfant terrible.
A. B. X.
C'était un brougham ; tels étaient les
« fiacres * d'alors. A. L.
L'âme de la f-^ mme au concile de
Maçon (T. G., 38 ; LXVI, 138. 241. —
Piiere de corriger, colonne 241 en bas :
mulierem , au lieu de muriclen ; posse
au lieu de posce ; testamenti, au lieu
de testamentis : edoceat, au lieu de edo-
cerat. Ajouter à la dernière ligne, après
\\œc causa : convicta, ce qui donne : hœc
causa convicta quievit.
L'iNTBRMBi^lÀlKje
— 300
A corriger, encore :
587.
585, au lieu de
Contrats de mariage signés parle
Roi avant la Révolution (LXV ; LXVI,
99, 198). — Notre confrère B. F. m'ob-
jecte Dangeau et Saint-Simon. Je lui ac
corde bien volontiers qu'il ait raison pour
l'époque de Louis XIV ; mais ses textes
ne prouvent rien pour les règnes suivants.
Louis XIV était un autocrate, — « le pre-
mier des Jacobins », disait, je crois, le
comte de Chambord ; et je sais que Gam-
betta, très étatiste, l'admirait beaucoup de
ce chef ; — il créait, organisait sa Cour
et son royaume comme bon lui plaisait.
Mais ses successeurs, Louis XV surtout,
furent des Princes très % constitution-
nels », si j'ose dire, qui ne se risquaient
pas souvent à faire montre d'autorité per-
sonnelle. 11 dut en être des faveurs de
Cour comme de la Légion d'honneur, qui
n'est certes plus en tt)l2 ce quelle était
un siècle auparavant, en 1812. En l'an
présent, si j'étais seulement dans l'armée
capitaine d'habillement, avec 25 ans de
services, je serais assuré de l'avoir à mon
tour de rôle. En 1812. il m'aurait fallu,
pour décrocher sûrement la décoration,
emporter presque à moi seul la redoute
de Borodino. Les faveurs anciennes de-
viennent facilement des droits acquis ; et
cela s'appliquerait même à la croix
devenue aujourd'hui monnaie électo-
rale.
Quant à la réserve que fait notre con-
frère Bellechasse, je l'admets dans une
certaine mesure. Je ne puis lui donner de
preuves mathématiques. Je dirai simple-
ment que y Intermédiaire a déjà, si je me
souviens, traitécette question des honneurs
de Cour , mais je n'ai pas les volumes
sous les yeux. Et j'ajouterai que, si ma
thèse est établie pour la présentation, elle
me parait devoir emporter le reste. Car,
certainement le Roi ne devait pas signer
le contrat de gens qui ne lui eussent pas
été présentés dans les règles. Toutefois,
si, à la fin de l'Ancien Régime, la qualifi-
cation de noblesse devait être authentique
pour cette présentation, je ne sais si les
titres indiqués dans les contrats par les
notaires, un peu moins rigoristes sur ce
détail, devaient être scrupuleusement
exacts. Il eût été naturel que Louis XVI
signât au contrat d'un' Sévigné ; mais
DfiS CHERCHEURS ET CURIEUX
1 o Septembre 1 9 1 a
301
302
eût-on qualifié ceSévigné de «baron,» son
vrai titre, ou de « marquis» son titre de
courtoisie ? Là serait la vraie difficulté.
La présentation est si bien demeurée
le préliminaire essentiel des ciioses de
Cour, que, même au xix^ siècle, un sou-
verain étranger ne pouvait rei;evoir un
personnage non présenté à !a Cour de son
propre Prince. On doit trouver à cet
égard, dans les Papiers des Tuileries pu-
bliés après 1 848, des récriminations amères
de Louis- Philippe contre le Tsar, pour
avoir reçu deuxgentilshommeslégitimistes
qui avaient naturellement négligé de se
faire d'abord présenter au Roi-Citoyen.
Comment les choses se passent-elles
sous le règne du Président Fallières ? Je
pense qu'il doit exister sur ce chapitre un
aimable négligé, bien que tel de nos am-
bassadeurs très républicains ne se soucie
pas, dit-on, de recevoir ou de présenter
le premier-venu. Britannicus.
Le cor ou le cornet de Roland
(LXV, 785 ; LXVI. 82, 14s, 2Sî). Dire
que « le paladin Roland, neveu de Cbar-
lemagne est une figure purement légen-
daire i- me paraît un peu risqué. [e ne crois
pas que la Chanson de Roland ait été in-
ventée de toutes pièces et que ce soit
l'imagination des écrivains du moyen âge
qui ait créé subitement et sans raison ce
paladin. Qu'on ait brodé, amplifié, drama-
tisé ce qui concernait le personnage, nul
doute. La légende lui attribue des faits
dignes des Demi-Dieux de l'Olympe, c'est
exact. Mais les peuples pasteurs et sans
culture des Pyrénées n'ont pu concevoir
des faits imaginaires sans qu'il y ait un
fond de vérité, c'est-à-dire l'existence
d'un personnage extraordinaire ei d'une
vaillance toute particulière.
Nombreux sont les points de nos mon-
tagnes où un exploit de Roland est rap-
pelé. A Itxassou, c'est le Pas de Roland ;
en Espagne près de Lusera, c'est le Saut
de Roland, et dans la trajectoire, la Brè-
che à Gavarnie. puis l'empreinte du ge-
nou de son cheval à Lourdes. Ailleurs^
c'est le sabot de son coursier, etc.. etc..
Légendes tout cela, certainement ;
mais vraiment Roland est-il une <:. figure
pmement légendaire ? »
Un Pyrénéiste.
Les enseignes de la rue de Rivoli
(LXVI, 89, 272). — Les textes précis se
trouvent dans le Recueil d'actes adminis-
tratifs et de conventions relatifs aux servitu-
des spéciales d'architecture, aux servitudes
non œdificandi et autres grevant les tmmeu-
hles riverains de certaines places ou voies
publiques, publié sous la direction de MM.
Bouvard et Taxil, Paris 1905, in-4°, page
13. On y trouvera, au 7" d'un contrat de
vente du 13 floréal, an XI « que l'acqué-
« reur ne pourra mettre (sur l'immeuble)
si aucune peinture, écriteau ou enseigne
« indicative de la profession de celui qui
« occupera sur les façades ou portiques
« qui décorent le devant de la maison >>.
Les différents contrats de vente se trou-
vent du reste déposés aux Archives de la
Seine, où notre collaborateur pourra les
consulter, mais l'article est à peu près le
même dans tous les actes,
GOMBOUST.
* »
je verserai aux débats les documents
suivants qui répondent, je pense, expres-
sément à la question : je ne les crois pas
connus. Ils sont tirés des Archives natio-
nales. LÉONCE Grasilier.
Ministère
de la Maison
du Roi
Paris le 27 jaavier 1823.
AS. E. Monsieur le Ministre de
l'Intérieur,
Monsieur le Comte, j'ai reçu la lettre que
vous m'avez fait Thonneur de m'adresser le
9 décembre dernier, pour m'infornier que
quelques-uns des locataires des boutiques de
larue de Rivoli. ontplacéenavantou en travers
des arcades, des enseignes qui défigurent la
façade et ôtent le jour des entresols, et pour
m inviter à faire cesser cet abus, en vertu des
arrêtés qui en concédant les terrains de cette
rue, or.t prohibé, par une condition expresse,
toute enseigne ou tout empiétement de ce
genre.
Cet objet a appelé toute mon attention ;
j'ai fait faire des recherches à ce sujet, et
j'ai reconnu qu'en effet le paragraphe 6 des
actes de vente des terreins des rues de Rivoli
et de Castiglione porte textuellement. « L'ad-
judicataire ne pourra mettre aucune pein-
ture, écriteau ou enseigne indicatrice de la
profession de celui qui occupera, sur les faça-
des ou portique qui décorent les maisons ».
Mais jusqu'à présent l'exécutioi. de cette
condition a été surveillée par la préfecture de
N» I3J0, Vol. LXM.
303
police et elle me paraît en effet rentrer j^ar
sa nature, dans la petite voierie.
L'ancien préfet de police avait pensé qu'il
convenait de tolérer les inscriptions plactes
au fond du portique, au-dessus des vitraux
des boutiques, et même liis inscriptions po-
sées sous les arcades extérieures, pourvu
qu'elles ne fissent pas saillie. II serait en
effet trop rigoureux d'interdire tout moyen
d'annoncer les hôtels garnis et les magasins,
et le but du paragraphe précité, me paraît
être principalement d'empêcher l'interrup-
tion des lignes d'architecture et les dispara-
tes choquants que pourraient former des
peintures étendues s.ur les arcades et leurs
pilastres en même temps que de prévenir
les écarts de fantaisies particulières, et les
erreurs de l'ignorance dans la prose des ins-
criptions.
M. de Lavau, de son côté^ a paru croir®
que l'interdiction stipulée était bornée au''
murs de face des maisons et ne s'appliquai'
point directement aux galeries. Il a pensé en
outre que les actes du gouvernement dans
cette circonstance i~e sont que des actes civils
dont l'inexécution doit être poursuivie par
la voie judiciaire.
Quoi qu'il en soit à cet égard, les ventes
ayant été effectuées par le domaine de l'Etat,
ce serait toujours dans ce système, au préfet
du département, ou plutôt au préfet de po-
lice, comme s'agissant d'un objet de petite
voierie, à se pourvoir pour faire prononcer
conformément à l'article i 143 du code civil,
la suppression des obj.ts posés en contra-
vention aux conditions du contrat.
En aucun cas, il ne saurait y avoir lieu à
aucune intervention de ma part ; car si les
infractions commises sont considérées comme
infractions aux règlements généraux, elles
doivent être réprimées par les voies ordinaires,
et si au contraire elles sont considérées
comme violations aux clauses du contrat,
l'administration de la Maison du Roi doit
encore y rtster étrangère puisqu'elle a été
étrangère à la vente.
Je crois en avoir dit assez, Monsieur le
Comte, pour décliner ma compétence et
j'aime à croire que vous partagerez mon opi-
nion à cet éc;ard, mais quelque soit l'aami-
nistration qui doive être chargée de ce soin,
c'est en tout cas au commissaire de police du
quartier à constater les contraventions, et je
me plais à reconnaître en cette circonstance
le zèle et l'intelligence que le sieur Mazug
apporte à la surveillance des constructions des
rues de Castiglione et de Rivoli.
A},'rce7., Monsieur le Comte, les assurances
de ma haute considérntion.
Le Ministre Secrétaire de la
Maison du Roi.
L*INTER*lBDlAlKB
304
Paris, le 10 février 1825.
Le Ministre de l'Intérieur au Pré fe
de police,
M. le Préfet, j'ai l'honneur de vous adres-
ser copie d'une lettre que M. le Ministre de
la maison du Koi m'a écrite le 27 janvier,
au sujet des enseignes que quelques-uns des
locataires des boutiques de la rue de Rivoli
ont placées en avant ou en travers des arca-
des, et qui défigurent la façade tout en
interceptant le jour aux entresols.
La prohibition que contient à cet égard le
paragraphe 6 des actes de vente des ter-
rains des rues de Rivoli et de Castiglione est
trop formelle, pour qu'il puisse y avoir op-
position. Il ne s'agit donc que de décider
quelle est l'autorité compétente pour récla-
mer l'exécution de cette clause, et quel
•moyen elle doit employer à cet effet.
je vous invite, en conséquence, à examiner
les diverses questions qui naissent de l'état
actuel des choses, et à me communiquer vos
vues sur les mesures qu'il conviendrait
d'adopter.
Agréez,
(Minute^
Paris, le la février 1823.
Préfecture de Police
3'"« Division
3«"e Bureau
A, S. E. le Ministre Secrétaire d'Htat.
au département de l'Intérieur
Monseigneur,
J'ai reçu avec la lettre que votre Excel-
lence m'a fait l'Iionneur de m'adresser le 10
de ce mois, la copie de celle qui lui a été
écrite le 27 du mois dernier par S, E. le Mi-
ministre de la Maison du Roi, concernant les
mesures à piendre pour assuter l'exécution du
§ 6 des contrats de vente des terrains situés
rue de Castiglione et rue de Rivoli.
En faisant observer à Votre Excellence, le
30 novembre dernier, que parmi les condi-
tions imposées aux acquéreurs, il s'en trou-
vait qui semblaient étrangères aux attribu-
tions de la police et dont elle ne pouvait en
conséquence requérir l'exécution, je la pré-
venais en mémo temps que j'écrivais à ce
sujet à M. le Baron >iounier, intendant des
bâtiments de la couronne, et que je me con-
certerais avec lui pour déterminer les objets
soumis à l'action de la police.
M. le Baron Mounier m'ayant fait connaî-
tre dans sa leitre du 5 janvier dernier, son
opinion sur la question dont il s'agit, je lui
ai répondu le 28 du même mois et j'ai lieu
de penser que nous sommes d'accord sur le
Ifhti CHtl'.CEaURS ET CURiEUA
»o Septembre 1913
30s
principe. Toutefois une ordonnance de po-
lice nie paraissant nécessaire pour régulari-
ser la marche de l'administration, ainsi
qu'on l'a fait à ]'ég?.rd des galeries du Palais-
Royal, j'ai prévenu M. le Baron Mounier que
mon intention était d'employer ce moyen.
Et afin que cette ordonnance pvit compren-
dre toutes les conditions des contrats de
vente qui se rattachent aux attributions de la
police, je l'ai prié de vouloir bien me faire
parvenir un exemplaire de ces contrats.
Aussitôt que j'aurai reçu cette pièce, je
m'empresserai de rendre l'ordonnance dont
il s'agit et J'en assurer l'exécution.
Je prie Votre Excellence d'agréer l'assu-
rance de la considération respectueuse avec
laquelle je suis,
Monseigneur,
Votre très humble et très obéissant servi-
teur.
Le Conseiller d'Etat, Préfet de
Police,
E. Delavau.
Rue Madame (LXVI, 1 87 ) — D'après
le Paris-Hachette de cette année 1912,
page 22, colonne ç de la 2' partie, consa-
crée à la liste des 4150 rues de Paris, le
nom de la rue Madame actuelle viendrait
de la comtesse de Provence. Cette rue
n'est pas mentionnée dans le Guide prati-
que à travers le Vieux Parti, de M. de
RocheguJe. V. A. T.
*
En 1860, il y avait encore une rue Ma-
dame qui n'était pas celle actuelle et qui
allait de la rue de Paris à la rue Saint-
Germain à Charonne. C'était autrefois, dit
A. Delvau, {Dictionnaire des rues de Paris),
une avenue plantée d'ormes qui, du châ-
teau de Bagnolel, venait en biais gagner
le chemin de Charonne et p^r laquelle
Madame, Duchesse d'Orléans, venait a Pa-
ris.
Ne serait-ce pas celle dont s'enquiert
le confrère H. M. ? Dehermann.
Château de Saint-Loup (LXVI,
238). — Le château de Saint-Loup près
Decize (Nièvre) a été pendant longtemps
la propriété de Monsieur Humann, ancien
trésorier payeur général, fils du ministre
des finances de Louis-Philippe ; l'erw-libris
portant linitiale : H — doit lui avoir ap-
partenu. D.
* »
Le château de Saint-Loup, commune de
Saint-Germain-Chassenay, à 9 kilomètres
^06
de Decize (Nièvre) a été construit par
M. Humann, ancien trésorier payeur gé-
néral à Nevers et à Saint-Etienne, et fils
de l'ancien ministre des Finances ; Saint-
Loup est resté dans sa famille jusqu'à ces
dernières années.
H veut donc dire « Humann ».
J. H.
Les prénoms au -c Sables-d'Olonne
(LXlV ; LXV). — 11 n'y a pas que moi qui
ai été frappé par les prénoms des Sables-
d'Olonne. Voici ce qu'on lit, en effet, dans
le Phare de la Luire du 14 août 19 12 :
En Vendée, particulièrement dans l'arron-
dissement des Sables-d'Olonnes, vous avej
beaucoup de : Démétrius, Héliodore, Aramis,
Sylla, Omar, Phlladel, parmi les hommes ;
et de : Almédérine, Damarisse, Athanésie,
Araerantia, Arzéline, parmi les femmes.
Je crois que l'auteur de ce passage,
M. Martin, avocat à Nantes, et journaliste
distingué, a mis un peu... d'imagination
dans son énumération ! Mais, si ces pré-
noms ne sont pas à retenir (je les crois un
peu fantaisistes), le fait n'en a pas moins
frappé ce spirituel homme de lettres. C'est
le principal. Marcel Baudouin.
Famille Certain (LXV, 78? ; LVI, 19,
109). — Je trouve le nom de Certain no-
taire, (au Blanc, je crois), à la fin du xvi«
siècle^ au bas d'un acte dont l'originalité
me paraît digne d'une citation à V Inter-
médiaire.
Auj urd'hui dernier jour de may l'an mil
cinq cent quatre vingt dix neuf, en l'esglise
de nostre Dame de Villesalem à la rive des
processions et assemblées du dit lieu s'est
présenté René de Brossay escuyer seigneur
de Montan ayant charge et commandement
exprès de puissante dame Phelippe de Nail-
let, dame de Moussy, des baronies de Chol-
let et la Jumelière, des terres seigneuries et
chastellenies du Paimpeau, de L'EspJnet, de
Roche et de Prugny.,
Lequel parlant aux dames prieures reli-
gieuses du dit lieu de Villesalem, les a som-
mées et requises de commander aux servi-
teurs de leur maison de luy tnonstrer ung
lieu establi pour mestre son cheval et celuy
de son serviteur, et de luy donner à diner,
et à la personne de son serviteur, chevaux
chiens et oiseau, come représentant ladite
dame de Moussy dame du dict Prugny et
suivant la coustume que de tousiours et sui-
vant de longtemps les dames prieures et re-
ligieuses du dit couvent avoient de cous-
tume et sont tenues de (aire et de donner \
N» 1339 Vol. LXVI
• 307
dîsner à la maison susdite, offrant sous cette
condition, de leur payer et délivrer à leur
recepveur ou autre de leur part, dans les gre-
niers des dits lieux de Roche ou de Prunier,
seize boisseaux froment à la mesure du
Blanc, de rente annuelle avec les arrérages
si aulcunssont dûs. A quoi les dictes dames
ont fait responses qu'elles n'ont point con-
gnoissance du dit debvoir demandé par la
dicte dame de Moussy, et qu'elles sont
prestes de recepvoir les dits seize boisseaux
de froment mesure du Blanc en les apportant
céans avec les arrérages parce qu'elles les
ont envoyé demander à la dicte dame par
plusieurs et diverses fois, sans pour ce estre
tenues de bailler le dit dîsner,
A quoy le dit de Broussay a dit aux dites
dames, que si leur aura phi de délivrer les
acquis et quittances aux charges et conditions
susdites comme ont faict les précédentes
dames prieures et religieuses du dict lieu,
le dict debvoir de froment au nombre sus-
dict leur eut esté délivré;
Les dictes dames ont dict qu'elles délivront
(délivreront) suivant l'ordonnance et cous-
tume du présent pays, l'acquit des dictes
rentes et arrérages demandés en leur apr'or-
tans céans, suivant la coustume et ordon-
nance, et non du dict disner.
Pour de ce que dessus les parties nous ont
requis actes par les nottaires soubscripts es-
tablis par le Roy nostre sire en la sénéchaus-
sée de Montmorillon et la chastellenie dj
Blanc pour Monsieur du dit lieu, que leur
avons octroyé pour leur servir et valoir en
temps et lieu ce que de raison. Les jour et
an susdits. Ainsy signé en la mynute de ces
présentes, M. Quinault prieure du dict lieu,
René Broussay Tuget et Certain.
Et signé sur l'expédition délivrée
Certain, notaire.
(Archives départementales de la Vienne,
série H L 41).
Ce nom est encore porté dans le Mont-
morillonnais, par une famille de braves
et très aisés propriétaires cultivateurs :
gens aux mœurs patriarcales, ayant des
serviteurs, mais se servant ?ussi eux-
mêmes ; bref, de ceux devenus rares, qui
honorent la charrue et ne s'en trouvent
nullement déshonorés. M. A. B.
Famille de Chaamont (LXVI, 140).
— Ni daiis lV//«jonj/ Je la Rochelle par
Laine, ni dans les ouvrages sur la no-
blesse de Saintonge par Brémond d'Ars et
la Morinerie, il n'est question de cette fa-
mille, qui, en effet. semble avoir tenu bien
peu de place en . Saintonge. Elle est citée
dans le tome 29 des. . /archives ^bistotiçues
L'INTBRMfiDIAIR»
308
de Saintonge. Voici quelques détails, tirés
de la Revue de Saintonge et d Aunis (An-
nées 1899, p, 114 et suiv. et 1902, p.
372, 373) sur cette famille, qui, comme
on peut le supposer par ses armoiries,
pourrait être un rameau inconnu des
Chaumonl-Qi!itry .
Elie de Ravard, seigneur de l'isle, ar-
dent huguenot, avait eu des démêlés avec
joachim de Ghaumont, zélé catholique,
seigneur haut justicier de Ribemont-Mor-
nay, marié à Renée de Polignac (des Po-
lignac de Saintonge).
Le 30 mars 1596, une transaction était
intervenue, sauf en ce qui concernait les
droits honorifiques dans l'église de Saint-
Pierre-de-Tlsle, ce qui fut cause d'un
procès terrible, terminé seulement en 1608
par une nouvelle transaction, qui ne calma
pas les haines, car en 1614, dans une ren-
contre à main armée, les frères Ravard
furent, tués, joachim de Chaumont. ac
cusé d'assassinat, fut côhduit en prison,
où on le trouva mort le lendemain de son
incarcération. Il laissait quatre fils :
Emery, dont il va être parlé ; Joachim,
seigneur de Cherves (destinée inconnue) ;
Catherine, femme de François du Plessis,
seigneur de Châteaudun, etjeanne, mariée
à Jean Audouin, seigneur des Brousses.
Emery de Chaumont survécut peu à son
père : il décéda en 1618, laissant veuve
Anne-Françoise du Grenier, qu'il avait
. épousée en 1601 et dont il n'eut qu'une
fille, Elonore. Celle-ci fut dame de Bignay,
de Bellarbre (vendu en 1648) et de Ribe-
montiMornay, dont la seigneurie com-
prenait la paroissee de Saint-Pierre-de-
risle. Fille d'honneur de la Reine mère,
puis dame d'honneur de la reine d'Angle-
terre, elle s'allia en Angleterre, le 20 dé-
cembre 1640, avec Jacques Le Coigneux,
président au parlement de Paris, surin-
tendant des finances de Gaston d'Orléans,
dont elle fut la troisième femme (Il au-
rait été presque nommé cardinal peu au-
paravant).
Gabriel Le Coigneux, marquis de Bel-
larbre, fils d'Eléonore de Chaumont,
donna une cloche, en 1664, à l'église de
Bignay, près de Saintjean-d'Angély. La
Revue de Saintonge attribue à ce sujet,
mais avec quelque doute, au Chaumont
en question les armoiries suivantes, qui
figurent ainsi que celles des Le Coigneux
sur cette cloche : écartelé 1 et 4 de... à
DES CHERCHEURS El CUKIBUX
lo Septembre i^it
309
Vépervier de..., et 2 et ^f de... à trois
fascei de . .. Elle fait observer que les Chau-
mont-Quitry portaient un fascé d'argent
et de gueules, et que Renée de Polignac,
aïeule d'Eléonore, portait en écartelé :
d'argent à ^fasces de gueules.
Comte DE St-Saud.
Clésinger. La lemme piquée par
un serpent (LXV). — La femme pi-
quée date du Salon de 1848, il en existe
des reproductions et descliciiés.
La présidente s'appelait Mme Sabatier ;
elle était la maîtresse du banquier Mossel-
man — et fut celle aussi de Clésinger,
qui, en souvenir de son corps admirable,
en fit le modèle de sa statue.
B. DE COURRIÈRE.
Famille du Bois de Fiennes
(LXV, 49, 323, 663, 854; LXVl, 99, m).
— La généalogie de la famille du Bois de
Fiennes se trouve notamment dans le :
Nobiliaire des Pays-Bas et du Comté de
Bourgogne.^ par le baron de Herckenrode,
Gand 1865, éditeur Gyselynck.
P. Taffin.
Le premier tableau médaillé de
Jules Dupré (LXVl, 193) Une eau-
forte de Chauvel, éditée parTooth à Lon-
dres, reproduit de Jules Dupré un « Pas-
sage d'animaux sur un pont dans le
Berri ». Ce doit être le tableau en ques-
tion.
Cette eau-forte a été elle-même repro-
duite en hors-texte, format in-4, par la
Revue Illustrée (L. Baschet, éditeur, 12
rue de l'Abbaye, Paris) dans le numéro du
i*"" novembre 1889, parmi d'autres illus-
trations d'une courte notice sur Jules Du-
pré, due à M. Maurice Hamel.
C. Dehais.
L'amiral de Lacrosse (LXVI, 190).
— On lit dans les Batailles navales de la
France par Troude (Challamel aîné 1868)
tome IV, p. 209, le passage suivant :
Le contre-amiral Lacrosse a dirigé pendant
quelques mois un démembrement de l'ar-
mée du vice-amiral Bruix. Il n'a servi acti-
vement qu- dans la flottille de la Manche
qu'il a commande'e eu chef. 11 a été orouver-
neur de la Martinique sous la République et
préfet maritime à la fin de l'Empire,
Voir aussi dans le même ouvrage, aux
310
pages 280 et 281 du volume 11 et aux pa-
ges 7, 5ï, 188, 321, 324 du volume 111.
V A. T.
Philippe - Charles de La Fare
("LXVl, 209). — Ne le is février 1687,
Philippe Charles de La Fare entra aux
mousquetaires en 1701 et se trouva à
l'affaire de Nimègue (1702). Sous-lieute-
nant au régiment du Roi en 1703, il as-
sista en cette qualité à la prise de Bri-
sach et de Landau et à la bataille de
Spire. Nommé enseigne de la compagnie
colonelle du régiment du Roi le 16 jan-
vier 1704, il obtient, le 7 juin de cette
même année, le régiment d'infanterie du
Gâtinais, qu'il va joindre en Italie, où il
prend part aux batailles de Cassano
(1705) et de Caicinato (1706). En 1707, il
est au siège de Toulon ; de 1708 à 1712,
àl'armée du Dauphiné.
Il succéda à son père, Charles-Auguste
de La Fare^ le 29 mai de cette dernière
année dans la charge de capitaine des
gardes du duc d'Orléans. En 1714, il est
à l'armée d'Espagne, où il se trouve au
siège de Barcelone. Fait brigadier en 17 16,
il obtient le régiment de Normandie en
1717 et est nommé lieutenant général au
gouvernement de Languedoc pour le Vi-
varais et le Velay, en septembre 1718.
En 17 19, il fit partie de l'-^irmée d'Espa-
gne,prit part aux sièges de Fontarabie, de
Saint-Sébastien et de Roses, et fut nommé
maréchal de camp le 10 avril 1720. Gou-
verneur du château d'Alais et des Céven-
nés le i'' janvier 1721, il fut chargé la
même année d'une mission en Espagne,
où il obtint le collier de la Toison d'or
(21 janvier 1722). Commandant en chef
en Languedoc (22 février 1724) et cheva-
lier des ordres du Roi le 13 mai 1731, il
servit à l'armée du Rhin en 1734, assista
au siège de Philipsbourg et fut nommé
lieutenant général le i^' août de cette
même année. Il resta à l'armée du Rhin
jusqu'à la paix et obtint, le 29 mars
1738, la charge de lieutenant général du
comté nantais. En 1741, il fit partie de
l'armée de Bavière et de Bohême et prit
part au siège et à la retraite de Prague. De
1743 à 1745, il servità l'armée d'Alsace
sous Coigny, puis sous Conti, qu'il suivit
aux Pays-Bas en 1746. Créé maréchal de
France le 19 octobre de cette même année,
il obtint, le 3 décembre 1751,1e gouverne-
N»
»339.
Vol. LXVI.
Ml
t'INVHRMÉOIAÏKJa
ment de Gravelines et, comme le dit B.
F., mourut a Paris le 4 septembre 17^2.
J'ignore le lieu de la naissance de ce
personnage militaire. Nauticus.
Lamartine : où fut composé « Le
Lac » (LX) — M. Lôon Séché, sur cette
question, publiée dans le Gaulois, 29 août
1912, un remarquable article d'où nous
extrayons le passage suivant :
Il y a trois ou quatre ans, une discussio"
s'éleva dans V Int'rmédiaire des Chercheur^
et Curieux sur le point de savoir à quel en-
droit précis du lac du Bourget la poésie de
Lamartine avait pu jaillir de son cœur. Je suis
en mesure do répondre à cette question. On
croit généralement que Le Lac fut composé
sur la colline de Tresserye, à l'endroit qu'on
appelle encore aujour.l'hui « le bois de La-
martine », bien que ce bois de châtaigniers
n'e.xiste plus. C'est une légende que les vers
mêmes du poète suffiraient à détruire. Reli-
sons-les plutôt ensemble :
O lac ! l'année à peine a fini sa carrière.
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde,je viens seul m'asseoit sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir.
Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.
Or, de l'extrémité de la colline de Tres-
serve au lac, du côté du Petit-Port, il y a
plusieurs centaines de mètres, et le seul en-
droit du rivage où il y ait des roches pro-
fondes et où l'on puisse, étant assis, recevoir
l'écume des eaux, c'est le cap S lint-Inno-
cent. Ouvrons, d'ailleurs, le roman de Ra-
phael à la page où Lanzartine raconte la
promenade qu'il fit au bord du lac avec
Julie (Charles), la veille de leur départ d'Aix-
lesBains.
« Cette futaie de Saint-Innocent, dit il, est
un cap qui s'avance au milieu des flots dans
la partie la pius mélancolique et la plus in
habitable de la rive. Elle se termine à quel-
ques rochers de granit lavés par l'écume
quand le vent la soulève, secs et luisants
quant le flot est retombé. Nous nous assî-
mes chacun sur une de cês pierres continués.
Hn face, l'.ibbaye de Hautecombe pyramidait
en noir devar.t nous, de l'autre côté du lac,
Nous regardions une petita tache blanche
qui brillaitau pied des terrasses sombres du
monastère. C'était la maison du pêcheur où
ces flots nous avaient jetés tous les deux
pour nous réunir éternellement par le ha-
sard de cette rencontre... >
Cela étant, quoi de plus naturel que La-
martine, en apprenant au mois de septembre
1817 que Mme Charles, mourante, ne pour-
rait pas le rejoindre
sur une des pierres
j,2 ■
à Aix. ait été pleurer
où l'année d'avant ils
s'étaient assis tous deux ? A défaut d'une au-
tre indication, je n'hésiterais pas une minute
à désigner la pointe avancée du cap Saint-
Inno>:ent comme ét.mt « le lieu de l'inspira-
tion du Lie ». Mais j'en ai trouvé une autre
très précise dans une lettre de Louis de Vi-
gnet à Giiichard de Bienassis, qui est entre
mes mains, et l'on ne saurait mettre en
doute la parole de Vignet, puisqu'il était à
Aix avec Lamartine quand fut composée
ÏOde au Lac. C'est bien au cap Saint-Inno-
cent que jaillirent ces stances immortelles.
Et voilà pourquoi le monument d'Elvire
sera érigé là, pour le centenaire du Lac, en
1917...
Famille de Malherbe (LXVI, 190).
— Le poète François de Malherbe,
Ecuyer. sieur de Digny, Gentilhomme de
la Chambre (1555-1628), de la branche
cadette de Missy, était fils aîné d'autre
François et de Louise Le Vallois.ll épousa,
en Provence, Madeleme de Coriolis, dont
il fut le troisième mari. Celle-ci, fille de
Louis de Coriolis, Président au Parlement
de Provence, et d'Honorée d'Escalis, était
veuve en premières noces de Balthazar
de Catin, seigneur de Saint-Savournin,
et en deuxième mariage de Jean de Bour-
don, seigneur de Boue.
Les auteurs consultés ne constatent
qu'une alliance indirecte de la famille de
Malherbe avec les Turgot. Dans la bran-
che ainée du Bouillon, Jacques de Mal-
herbe, Ecuyer, seigneur du Bouillon et
d'Ecorchebœuf, Lieutenant général et cri-
mmel au Bailliage et siège présidial de
Caen, épousa, par contrnt du 14 février
1580, .Marie Auger, laquelle était sœur
de Madeleine, femme d'Antoine Turgot,
Hcuyer, seigneur de Saint-Clair, Rcstau-
dière, Lanteuii, Manneville, etc. (LaChe-
naye-Desbois, tomes 13 et 19).
M A DEL.
l'ai dans ma bibliothèque les Œuvres
poétiques de Malherbe éditées par Prosper
Bianchemain en 1877 ^Librairie des Bi-
bliophiles, rue Saint-Honoré 338) en
tète desquelles il a mis d'assez longues
notes biographiques sur Malherbe ; j'y
puise pour répondre à la question posée.
François de Malherbe naquit à Caen, en
I5S5, de François, sieur de Digny, conseiller
du roi au siège présidial de Caen et de Louise
Le Vallois, mariés le »3 juillet 1554,
DBS CHBRCHBUKS HT CURIEUX
31}
A propos de Le Vallois, il existe à Caen
un hôte! Le Vallois (ou d'Escoville) que je
me souviens avoir vu lors du Congrès ar-
chéologique tenu à Caen en 1908. Cet hôtel
a été bâ'.i par Nicolas Le Valais, sieur d'Es-
coviile.niort en 1 S41 .
François de Malherbe fut envoyé succes-
sivement à Paris, Bâie et Heidelberg pour
compléter son éducation, puis il revint à
Caen qu'il quitta pour la Provence où il de-
vint secrétaire de Henri d'AngouIéme, fils
naturel de Heiiri II. 11 épousa, à 26 ans,
Madeleine de Carrioiis ou Corriolis, fille
d'un Président au Parlement de Provence et
veuve de deux maris. 11 en eut Hf nri, né en
iS^isà Aix, mort à Caen en '^87. Jourdaiîîe,
née en 1591 en Normandie, morte de la
peste à Caen en 1599, Marc Antoine né à Aix
en lôoo, tué en duel en 1626, par Paul Fortia,
seigneur de Piles.
A propos des alliances de la famille de
Malherbe (seconde partie de la question)
je trouve dans mes archives familiales
qu'en 1721, Louise Hérault, fille de Ga-
briel, écuyer, seigneur de Bellesmes, La
Petitière, etc., etc., épousa Jacques de
Malherbe, écuyer, seigneur et patron
d'Augé et de Daltiniere, et aussi qu'en
1^74 Marie Hérault épousa Charles de
Malherbe^ écuyer, seigneur des Carrières
(on trouve aussi comme date 1'*'' mai
Peut-être encore Françoise Hérault
épousa-t-elle, en 1572, Guillaume de Ma-
lherbe, écuyer, seigneur de Clopée.
D'après Chamillart, Michel Hérault,
écuyer, seigneur de Brezelle et de la Be-
nastière (1603 f 13 octobre 1675) aurait
épouséen premières noces Isabeau Le Val-
lois. G. DE La Véronne.
Famille de Montsaulnin (LXVI,
190). — Cette famille est originaire du
Dauphiné, mais une branche importante
est fixée depuis longtemps dans le Berry,
et l'un d'eux y fut député, il y a quelques
années. Elle possède, aux environs de Né-
rondes, le château de Fontenay. Le comte
de Montsaulnin, marquis de Montai, ba-
ron de Fontenay, a ce dernier château,
parNérondes (Cher). En s'adressant a lui'
on obtiendrait certainement tous les ren-
seignements désirés. Sinon, voiràlaBi-
bliotheque Nationale, Cabinet des Titres.
Armes : de gueules., à j léopards cVor^ l'un
sur l'autre. E. Grave.
10 Septembre I9l«.
314
Philibert de Chalon. prince d'O-
range (LXV, 83 1 ; LXVI, 63, 1 5 5.— 'Voir le
livre d'Ulysse Robert (Pion. 1902). Phili-
bert de Chalon, lils de Jean IV et de Phili-
berte de Luxembourg, mort sans alliance
en 1550, avait une sœur aînée, Claude de
Chalon, morte en }52i, qui avait épousé,
en I T 1 5 , Henri de Marsan, dont elle eut un
fils, René.
Lire U. Robert {Phiiihert-Chilon) no-
tamment les pages 462 et suivantes sur
Philiberte de Luxembourg s'occupant, dans
son château de Lons le-Saunier, dérégler
avec son gendre les questions relatives à
la succession échue au jeune René.
L.
Randon de PuUy (LXVI, 5). —
A propos de cette famille, je trouve
dans \ Almanach du Poitou pour 1779 ;
Randon, receveur des tailles des deux exer-
cices de l'élection de Fontenay.
(Page 137).
et parmi les Receveurs généraux des Finan-
ces, Randon d'Hannucourt,rue de Richelieu,
à Paris, de l'exercice impair.
(Page 159).
Ces Randon étaient- ils parents des
Randon de Pully ?
G. DE La Véronne.
Jean-Jacques Rousseau. Sa mort
(T G. 789 ; i; IX ; XI ; XIv' ; XXill ; LV ;
LXVI, 195). — Nous recevons la lettre
suivante :
Gouvieux (Oise)
Le 28 août 1912
Monsieur le Rédacteur,
Dans le n° du 20 août de ['Intermédiaire
des Chercheurs et Curieux^ vous annoncez,
sous la rubrique : « Jean-Jacques Rousseau
et son genre de mort », que le D' Julien
Raspail (et non Jules) vient de rouvrir
bruyamment cette controverse par une étude
publiée dans la Revue de Paris^ et vous le
qualittez de petit-fils de Xavier Raspail.
Pour des raisons particulières, je tiens à ré-
tablir que le D"" Julien Raspail est le fils de
mon frère Emile, décédé en 1887.
Comptant, Monsieur le Rédacteur, que
vous me donnerez satisfaction en insérant
cette rectification, je vous prie d'agréer l'as-
surance de ma considération distinguée.
Xavier Raspail.
N» 1339 Vol. LXVI.
L'IN TBRMÊDIAIRB
31Ç
* *
Erratum. L'étude du docteur Julien Ras-
pail a été publiée dans la Grande Revue^
comme nous l'avons écrit, et non dans la
Revue de Pari<:.
Maison habitée par Jean-Jacques
Rousseau, rue Platrière (T. G., 590 ;
LXV'l, 1121. — Le Coniiié des Inscrip-
tions Parisiennes n'a jamais pu donner
une solution favorable à la question, et
quoi qu'en dise M. Valère Fanet, elle n'est
pas encore résolue. Les visits de Bernar-
din de Saint-Pierre, d'Eymar de Mar
scille, et de Manon Philipon peuvent fort
bien, comme il le reconnaît lui-même,
avoir eu lieu dans des locaux différents,
mais qui prouve que ce soitdins !a même
maison? Kousseau a très bien pu. lors-
qu'il a donné une servante à sa femme
malade, aller dans un autre immeuble.
D'après les uns, il demeurait au 2, d'après
316
les autres, au 10: or, il a fort bien
pu
habiter les deux.
A ce propos, je tiens à rectifier ma note
de Vltitermédiaire du 10 mars 1884 Au
lieu du Moniteur au 4 juillet 1851, page
:83i, col 3. il faut lire : i'^ juillet 1851,
page 1849, ^'^'- ^- L'auteur de l'article,
reproduit d'après le Siècle, tient pour le
10, et en cela, il est absoloment d'accord
avec le plan de Maire, qui ne place pas
du tout la maison à l'angle de la rue
Coquillière. mais un peu plus loin, à
droite. Gomboust
Voici l'article du Moniteur dont il vient
d'être parlé :
Beaucoup d'étrangers parmi ceux qui
se trouvent en ce moment à Paris, les An-
glais principalement, qui ont voué une ad-
miration sincère à Jean-Jacques Rousseau et
à ses écrits, se rendent dans la rue qui porte
aujouid'hiii son nom pour visiter la maison
où il a passé les dernières années de sa vie
Mal renseignés le plus souvent par les per-
sonnes du quartier elles-mêmes, qui pensent,
comme beaucoup de Parisiens, que l'illustre
Genevois demeura d^ns la maison portant le
n" 2 de cette rue, et qui vient d'être démolie
et reconstruite pour l'élaigissement de la rue
Coquillière, ils s'étonnent à bon droit qu'au-
cun monument commeivoratif ne rappelle le
dernier séjour que ce philosophe célèbie a
fait dans nos murs.
Nous croyons devoir rappeler à ce sujet ce
qui a été dit dans ce journal il y a quelques
mois, lorsqu'il fut quoition 'ie déniolir la
maison du n° 3. Ce n'est pas dans cette mai-
son que Jean-Jacques Rousseau habita. Celle
où il demeura pendant huit années, jusqu'à
son départ pour Ermenonville, n'a pas été
démolie. L'aspect extérieur n'en a pas été
changé, et c'est à peine si quelques légères
modifications ont été apportées dans sa dis-
tiibution intérieure.
Cette maison porte le n" lo de la rue,
presque vis-à-vis de l'hôtel de l'Administra-
tion des Poste-. C'est là que jean-Jacques
occupait un appartement au 4^ étage de cette
maison, et où il fut visité par les hommes
les plus émineiits de la seconde moitié du
xvm* siècle. (Siècle)
Rousseau ( Généro4 Guillaume-
Charles) (LXVI, 142,257).— Né le 2- no-
vembre 1772 ; marié le 8 aoijt 1810 à
Geneviève-Charlotte Le Boul ; mort le
i" octobre 1834 ; officier de la Légion
d'honneur ; major des fusiliers de la
garde; général de brigade 1813 ; che-
valier de l'Empire en 1810 et baron par
lettres patentes du 19- juin 1813 ; dona-
taire d'une rente de 7000 fr. sur le .Mont-
de-Milan 1808, en Illyrie 181 1, sur le
Trasiméneen 181 5. ~ Il eut deux filles
dont l'une, Michelle-Mathilde épousa N...
Mecquier. — Armoiries : d'argent au Hou
rampant de gueules, tenant de la dextre
une èpct haute de sable et appuvè de la se-
nestre sur un cor-de-cbasse du même ; au
comble d'azur chargé de 2 étoiles d'or ; au
franc-canton brochant : de gueules à Vépée
haute en pal d'argent qui est de : baron
militaire. (Armoriai du /"" Empire, par
Révérend, IV, 182) Petracorensis,
Saint-Aalaire, acteur (LXVI, 191).
— Ce fut le premier professeur dcRachel.
Pierre, Jacques Porlier-Pagnon, dit Saint-
Aulaire, était originaire de Rouen, où il
naquit en 1793. Nous le trouvons en
1817-18 à Bordeaux, aux appointements
modestes de 11500 francs. Visage mâle,
taille élevée, bon timbre de voix, mais
acteur froid, tel était Saint-Aulaire qui
fut relégué dans l'emploi des raisonneurs
et des confidents. Appelé à la Comédie-
Française, il y débuta le 2 mai 1820 et fut
nommé pensionnaire. Le i*"" avril 1826,11
fut élevé au sociétariat.
Excellent professeur, Saint-Aulaire ou-
vrit alors un cours de déclamation (au-
jourd'hui, nous dirions « diction ») au
Théâtre Molière, rue Saint-Martin. C'est
là qu'il donna les premières leçons à celle
OBS CHBRCftHUR» HT CURIBUX
lo Septembre 191 s .
317
318
qui devait s'illustrer dans la tragédie sous
le nom de Rachel. Contraint de fermer
ce cours, parce que, contrairement aux
règlements, il y admettait des élèves du
Conservatoire, Saint-Aulaire, acteur très
utile, continua son service à la Comédie.
Mais, comme tous les acteurs utiles, il fut
nécessairement beaucoup plaisanté, et
c'est à propos de lui et de son camarade
Desmousseaux que le sarcastique Samson
improvisa un jour cette boutade qui fit
le tour des coulisses :
Entre ces deux talents je dem-.'ure anxieux :
Quand je vois Desmousseaux, j'adore Saint-
Aulaire,
Mais lorsque Saint-Aulaire, hélas ! s'offre à
mes yeux,
C'est Desmousseaux que je préfère.
Saint-Aulaire se retira le i*"' avril 1841,
et mourut à Paris, boulevard des Italiens 4,
le II mai 1864. Ayant eu une représen-
tation de retraite à la Comédie, il en
abandonna le tiers, soit frs 654,5c à la
Société des Artistes dramatiques. Le Vau-
deville compta dans sa troupe, en 1819,
une madame Saint-Aulaire.
On vit au Salon de 1839 "'^^ peinture
de Planât, représentant Saint-Aulaire dans
le rôle de Claudius d'Hamtet, et l'on peut
voir encore son portrait dans le tableau
les Sociétaires de la Comédie française en
1840, par Getïroy. Musée de la Comédie.
M. Petracorensis demande pourquoi ce
brave artiste avait pris le pseudonyme de
Saint-Aulaire ? Mais probablement pour
sacrifier à la mode de l'époque qui nous
a donné au théâtre Saint-Ange, Saint-
Aubin. Saint-Clair, Saint-Elme_, Saint-Er-
nest, Saint-Eugène, Saint-Fal, Samt-Fir-
min, SaintGérand, Saint-Hilaire, Saint-
Huberty, Saint-Jules, Saint-Léger, Saint-
Léon, Saint-Marc, Saint Martin, Saint-
Preux, Saint-Prix, Saint-Romain, Saint-
Val. Saint- Victor et Saint-Yves.
Henry Lyonnet.
La Taglioni aXVI, 191). - On
trouvera dans le Vapereau Aq 1870 des in-
dications sur la célèbre danseuse, qui est
née à Stockholm en 1804, d'un père né à
Milan. Tous les membres de la famille
sont des danseurs, et son frère Paul eut
une fille, également nom.mée Marie.
Il existe un portrait d'elle gravé sur
acier, par Vidal qui la représente dans le
rôle de la %< Sylphide ». On trouvera en-
core, si je ne me trompe, quelques anec-
dotes sur elle, dans les Petits Mémoiies de
l'Opéra du baron de Boigne. Une lettre
d'elle adressée à un M. Laporte, n'a trait
qu'à un compte qu'elle désire voir termi-
ner. Elle est datée du 8 octobre 1832.
E. Grave.
*
Le petit-fils de la Taglioni est le comte
Gilbert de Voisin (45 rue de Lisbonne).
11 est infiniment plus simple de s'adres-
ser à lui.
Tugdual de Kermoysan (LXVI,
192). — Dit : Le Bourgeois, chevalier
sous le connétable de Richemont, l'ac-
compagna dans toutes ses guerres ; il se
distingua au siège de Saint Denis en
143 5, et entra le premier à l'assaut dans
la place ; battit les Anglais l'année sui-
vante, dans la plaine de Saint-Denis;
monta le premier sur la brèche, au siège
de Montereau en 1437 ; contribua à la
reddition de Meaux en 1439 ^ conduisit
l'attaque au siège de Caen en 1459 et
y fut tué, dans la tranchée, d'un coup de
couleuvrine. La famille de Kermoysan, en
Cornouailles, seigneurs de Goasmap, du
Rumeur, de Kericuff, de Leslech, portait :
de gueules à 7 coquilles d'argent. ^, j et i.
(Pol de Courcy, Nobiliaire de Bretagne).
On voit que le lieu et la date de la mort
de Tugdual ne sont pas les mêmes que
ceux indiqués par Quaesitor, mais quant à
la date, c'est P. de C qui se trompe, car
Cherbourg et Caen rentrèrent en posses-
sion des Français en 1450. Quant au lieu,
je n'ai pas les éléments pour choisir entre
Caen et Cherbourg. Nisiar.
*
* ♦
Jusqu'au xiv« siècle, les Kermoysan por-
taient le nom de « Bourc'his », en fran-
çais, « bourgeois ».
Le premier seigneur connu de cette
maison qui a possédé les fiefs de Ker-
Bourc'his, Kermoysan etc., (en Pomme-
rit-le-Vicomte, Evêché de Tréguier) se
croisa en 1248. Bernard donne quittance
de ses gages et de ceux de sa compagnie,
servant aux guerres de Normandie, à
Pont-Audemer, en 1357. Payen ratifie
le traité de Guérande en 1381. Guillaume,
sénéchal de Cornouailles, en 1382.
Yvon, qui vivait en 1380, est l'auteur
de : 1° lean, marié vers 1409 à Amice de
Kermeur,2°Thugdual;dit«le Bourgeois »,
K' 1)39.
Vol.
LXvI
319
L NXiiHMJf<»iAIRÈ
chevalier, sous les ordres de l'Amiral de
Coëtivy et du connétable de Richemont,
qu'il accompagna dans toutes leurs guer-
res. 11 défendit, en 1420, le château de
Mont-Aiguillon, en Brie, dont il était gou-
verneur, contre le duc de Bourgogne et le
roi d'Angleterre ; se distingua au siège de
Saint-Denis en 143 "> et entra le premier, à
l'assaut, dans la place ; battit les Anglais,
l'année suivante, dans la Plaine de Saint-
Denis ; monta le premier sur la brèche,
au siège de Montereau. en 1437 ; contri-
bua à la reddition de Meaux, en 1439;
fut capitaine de Saint-Germain-en-Laye,
en 1443 ; conduisait l'attaque au siège de
Caen, en 1459, ^^ Y ^^^ ^"^' *^^"'' '^ tran-
chée, d'un coup de coiileuvrine.
La branche ainée fondue au xvi* siècle
dans le Borgne de la Ville Balain, puis du
Perrier.
Thugdual portait : De gueules à sept
coquilles d'j/gent, 3, 3 et i. Ecu tmibré
d'un heaume cime d'une tête d'aigle :
supports : deux aigles. (^Sceau appendu à
une quittance de gages de Garde de la
place de Monteclerc, 10 juillet 1447.
Coll. Clair. R. 2s, P. 1849).
Bernard, en i-, S7, à Pont-Audemer,
scellait d'un ecu portant trois coquilles,
au bâton, en bande, brochant. [Ibid).
Potier de Courcy, indique mêmes ar-
moiries, et aliàs : Dr gueules à deux fnscès
d'argent accompagnées de sept coquilles de
même, d'après un sceau de 141b.
P. LE Vayer.
Une réplique delà « Simplicité »,
tableau de orreuze fLXVl, 238). —
Col. 239, ligne 34, lire : *< Collection
Morrison ».
La course des apothicaires dans
« Monsieur de t-ourceaugnac »
(LXV, 64.4, 814; LXVl, 2s). —Je crois
qu'il n'existe aucune édition de Molière
donna .t d'autres indications, sur la mise
en scène de « La Course dce apothicaires» ,
que celles que l'on trouve partout, c'est-
à-dire pendant que les deux médecins
chantent :
« Piglia lo su,
Signor .-ronsu ;
Che non ti fara maie », etc.
'< M. de Pourceaugnac, mettant son cha-
peau pour se garantir des seringues, est
suivi par les deux médecins et par les ma-
320
tassins : il passe par derrière le théâtre,
et revient se mettre sur sa chaise, auprès
de laquelle il trouve l'apothicaire, qui l'at-
tendait : les deux médecins et les matas-
sins rentrent aussi.
... M de Pourceaugnac s'enfuit avec la
chaise, l'apothicaire appuie sa seringue
contre, et les médecins et les matassins le
suivent. »
Voilà ce qu'a écrit Molière, et ce qui
ne semble pas supposer une poursuite
dans la salle. Cependant, cette tradition
semble déjà assez ancienne, si j'en juge
par le fragment suivant, signé Emile de
La BédoUière, et découvert dans une édi-
tion qui doit dater du milieu du xix'
siècle :
« Cizeron-Rival, auteur des Récréations
littéraires, prétend que Lulli, ayant en-
couru la disgrâce de Louis XIV, rentra en
faveur en jouant une seule fois le rôle de
Pourceaugnac. Après avoir longtemps
couru sur le théâtre p6tiY éviter les apo-
thicaires, se voyant serré de près, il sauta
sur la boîte du clavecin, qui était au mi-
lieu de l'orchestre. Il s'y enfonça jus-
qu'au cou, de sorte qu'on ne voyait plus
que sa tête sortant des débris. Le roi rit
et fut désarmé. La tradition veut que,
dans la dernière scène de l'acte I, on fasse
paraître un nombre considérable de ma-
tassins, qui, après avoir poursuivi M. de
Pourceaugnac dans tous les recoins de la
scène, se montrent avec lui dans les loges
le long des galeries. » (Emile de La Bé-
doUière.)
Cependant, je remarque déjà un chan-
gement dans la mise en scène actuelle,
par rapport aux indications de Molière,
contrairement à ces dernières, en effet,
l'apothicaire suit Pourceaugnac, et ce
sont les deux médecins, restés en scène,
qui l'attendent (je veux dire les deux mé-
decins de la scène XI, les médecins gro-
tesques se mettant en effet, avec les ma-
tas.sins, à poursuivre Pourceaugnac).
En ce qui concerne « Le Dépit amou-
reux >♦, toutes les éditions que je consulte
me donnent le jeu descène : '< Eraste, ti-
rant son épée : ... Voici de quoi te délier
la langue. » Celle dont parle M. Henry
Lyonnet était évidemment une exception,
pour ne pas porter cette indication.
L'édition de Molière à laquelle a fait
allusion notre collaborateur est dite « de
la Comédie-Française » . Les annotations
DES CHERCHEURS HT CURIEUX
lO Septembre 1913
;3l
322
en étaient faites, en effet, par des socié-
taires, selon les mises en scène tradition-
nelles du répertoire. Les volumes de cette
collection ont, à l'heure actuelle, disparu
de la circulation, sans avoir eu, me sem-
ble t-il, le succès qu'ils méritaient. Mais
je n'oserais pas affirmer que ^ M. de
Pouceaugnac » ait été édite de la sorte.
Maurice Charpentier.
Voyage àl'Ile de Pâques (LXVI, 143
260; . — Consulter le Bulletin de géogra-
phie de 1895 ; — Revue maritime et colo-
niale, novembre 1872 ; — le Bulletin de
de la Société de géographie 1878^ 2* semes-
tre et le Tour du Monde 1878 p, 22s, qui
ont publié ï Exploration de l'Ile de Pâques
par Pinarl. Oroel.
Distique latin : quid faciès. . . (LXVI,
7. 162, 224).
Q.uid faciès faciès Veneris cum venerisante?
Ne cedeas sedeas, ne per eas pereas
Le distique est bien amusant. Je ne le
connaissais pas et suis bien content de le
connaître ; mais il faut le rectifier de deux
façons ; car il est faux de deux ma-
nières.
ï» 11 ne faut pas : A^^ cedeas, car c'est à
la fois un barbarisme, le verbe étant cedo
et non cedeo et il faut cédas; — et une faute
de quantité — dans cède ce étant long {cé-
dant arma togœ) et, pour ce encore, il
faut cédas.
2" D'autre part, il ne faut pas sedeas ;
car le sens serait alors : pour ne pas céder
reste assis; or on peut très bien sedens fe-
minœ misceri et donc le conseil serait ab-
surde. Il faut lire : sed eas, ce qui donne :
pour ne pas céder va, sauve toi (en latin
médiocre, mais tolérable). Je crois donc
qu'il faut lire :
Quid faciès faciès Veneris cum veneris ante?
Ne cédas, sed eas, ne pereas per eas.
Emile Faguet.
— Réflexions faites, comme il est natu-
rel que l'on réfléchisse sur une si grave
question, je propose une troisième lecture
du distique. Bien entendu, il nefautpas lire
comme il a été imprimé d'abord: « Ne ce-
deas sedeas... > pour les raisons que j'ai
dites. Mais il ne faut pas lire non plus,
comme je Tai proposé : « Ne cédas, sed
eas, . . > Il faut lire : « Ne sedeas, sed eas. . . »
(Ne t'assieds pas, ne resté pas assis, mais
va t'en).
Donc, à mon avis, le distique en son
entier doit être lu ainsi :
Quid faciès faciès Veneris cum veneris ante?
Ne sedeas, sed eas, ne pereas per eas
E. F.
Bâbord, tribord (LXV, 622 ; LXVI,
264J. — Interrogez un vieux marin au
lieu d'un professeur de linguistique. Il
vous dira que sur le pont s'ouvrait la
batterie d'avant, dont l'entrée était sur-
montée d'une large inscription, batterie.
BAT s gauche, d'où bâbord, terie à
droite, d'où tribord. Ce n'est pas plus
difficile que cela. Quel dommage pour les
étymolôgies celtiques et autres!
NOLLIACUS.
*
* »
Extrait de La Famille, Moniteur des
Associations mutuelles, i^e Année n" i,
Janvier 1848. Administration rue Saint-
Etienne 15, près le Boulevard Bonne-
Nouvelle, à Paris, page 28, col. i :
« Origine des noms Bâbord et Tiibord ».
Tribord et Bâbord, nom du côté droit d'un
bâtiment en regardant de j'arriére à l'avant :
les marins disent Tribord pour droite, c'est
l'opposé de Bâbord pour gauche. Voici
quelle est l'origine de ces deux mots : on
écrivait autrefois en grosses lettres, dans la
batterie d'un bâtiment, sur le milieu du banc
de lanière des cuisines : Basterie, or il arri-
vait à cause des cloisons et des épontilles du
milieu, que, pour peu que l'on fut sur l'ar-
rière^l'œil ne découvrait jamaisque la moitié
du mot ; d'un côté, c'était Bas et de l'autre
Terie, Us matelot- fabriquèrent Bas-bord et
terie-bord ou tiibord, et en fiient la gauche
et la droite du navire.
G. DE M.
Le chien Berganza (LXVI, 193), —
M. Arsène Alexandre n'a qu'à se reporter
à l'une des nombreuses traductions fran-
çaises du CoJoquio de los Perros, l'une des
plus &musd.nXQS l Novelas Exemplares de
Cervantes, pour être fixé sur ce qu'il dé-
sire savoir.
Camille Pitollet.
* *
Un souvenir un peu vague de lecture
me donne le chien Berganza pour une
création de Cervantes ; c'est, si je ne me
trompe, un chien littéraire et l'œuvre
dans laquelle il figure une sorte de satire.
\
N*
«339-
Voi.
LXVl.
- 323
iNTBRMBDïAiRh
324
Le Don Quichotte éclipse tous les autres
ouvrages de Cervantes c'est une injustice
et je réclame pour les Nouvelles qui sont
charmantes, pour Numance. un drame
d'une grandeur épique, il me semble
qu'il est question du chien Berganza dans
les Cent es fantastiques d'Hotïmann.j'indi-
que sous réserve ces références, n'ayant
pas les moyens de vérificaiion sous la
main. H. C. M.
Boscar (XLU ; XLllI ; LXV,62 1 ; LXVl,
219^. — Celte rubrique a l'air toute neuve,
parce qu'elle ne comporte, ainsi orthogra-
phiée, que deux renvois. M ùssi l'on veut
bien restituer au mot le ioriginel(et termi
nal) que lui avait donné, le siècle dernier,
M.PaulBourget,voicicommentrondevrait
marquer les références : yXLll, 772, 873,
955, 980 ; XLIll, 108, 203, 492, 69^,
792, 840), et il se peut que j'en omette.
Si je ne me trompe, c'est à propos de ce
vocable que M. Daron, notre savant col-
lègue, s'est manifesté pour la première
fois aux lecteurs de V Intermédiaire et qu'il
a commencé la prédication de son évan-
gile néo-grec. Quelques personnes pro-
testèrent, parmi lesquelles M. Paul Arge-
lès et moi-même (d'où résulte que je sois
si bien documenté) ; et quand on eut im-
primé sur le mot boscai J la valeur de
deux fascicules peut être de la revue, M.
Daron garda, je crois, pendant une di-
zaine d'années, un silence à peu près-
complet. Je supposais à tort que ses idées
s'étaient assagies, ou, s'il préfère, modi-
fiées et rapprochées de celles de tout le
monde. Je me trompais. Notre collègue
fourbissait de nouvelles armes. Il est re-
mvjnte, voici deux ans passés, sur son...
cheval de bataille et il est parti pour la
deuxième croisade. Elle parait avoir d'ail-
leurs à peu près le même succès que la
première, et les mécréants de jadis voient
d'un œil amusé — quoique un peu las —
leurs successeurs et le toujours ardent
champion du Pampélaagisme échanger les
mêmes arguments {boicard compris) qu'il
y a une douzaine d'années. — Le grec est
comme le cœur, il ne vieillit jamais. Et
comme le cœur aussi, i! trouve en foule,
sous la plume de IVl. Daron, « des raisons
que la raison ne connaît pas. »
G. DE FoNTENAY.
Mont Pagnotte (LXVl, 187).
Pagnote, adj., qui est sans courage, sans
énergie... Mont pagnote, tout lieu élevé d'où
l'on peut, sans péril, regarder un combat.
Exemple : J'ai oublié de vous dire que, pen-
dant que j étais sur le mont pagnote à regart
der l'attaque, le R P. de la Chaise étai-
dans la tranchée et même fort près de l'at-
taque, pour la voir plus distinctement. Ra-
cist. Lettre à Boiîe<iu, 18.
(Dictionnaire DE Littré) J. P.
* «
Je suis heureux de pouvoir renseigner
M. Piton. J'ouvre pour cela simplement
bescherelle :
Pagnote s. m. de \'\iz\\Qn pagnotta, pe-
tit pain que l'on donnait aux personnes qui
se louaient pour escorter les grands dans
•quelques cérémonies. Poltron, lâche, surtout
à la guerre. Tu ne seras jamuis qu'un pa-
gnote. Vieux. Prov. et fig. Mont Pagnote.
Lieu élevé d'où l'on peut sans aucun péril,
regarder un combat. Pendant l'action, il se
tint sur le mont Pagno"ll.*Vieux.
Je ne sais si le mot est trivial ; il est
seulement oublié. Dans tous les cas. je
trouve la repartie de Souvré fort spiri-
tuelle. Voltaire a employé le mot Pagno-
E. Grave.
dictionnaire,
guerre » dit
terie, né de Pagnote.
Il suffisait d'ouvrir un
« Mont Pagnote, terme de
Richelet.
On appelle ainsi un lieu élevé qu'on choi-
sit hors de la portée du canon des ennemis
et où se placent ceux qui sont curieux de
voir un camp, u*: siège ou un combat sans
être en danger. On l'appelle aussi le poste
des invulnérables .
Dans une lettre adressée à Boileau,
Racine a fait l'emploi de cette locution
« mont Pagnotte * .
La langue du xviii* siècle connaissait
aussi l'expression devenue vieillotte de
pignoterie (poltronnerie, lâcheté) et celle
de pagnote, par laquelle on désignait un
homme dénué de courage et d'énergie.
D'après Ménage, « les Italiens appellent
gcntillioniini di pagnotta ces gentilshom-
mes que les seigneurs louent pour leur
escorte aux jours de cérémonie, à cause
qu'on leur donnait des pains (pagnotta) ce
jour-là. » (?)
De là, le nom dt pagnotta avait passé,
avec un sens péjoratif, aux soldats d'occa-
sion, dont la bravoure était tenue en
mince estime. Qu/tsiTOR.
OBb CKisRCHKUKS El CURIEUX
10 Septembre 1911
325
* »
32b
Ce mont existe dans la forêt de l'Hal-
late. On y va par Senlis, ou par Creil-
Fleurines ou par Chantilly. Il est de fait
qu il n'y a trace d'aucune construction
sur ce mont. C. P.
*
• ♦
Il y a au milieu de la forêt d'Halatte
aux environs de Senlis, ancienne rési-
dence royale, une colline boisée connue
depuis un temps immémorial sous le nom
de mont Pagnote.
De tous temps les rois de France sont
venus courre le cerf en Halatte.
Baron de Maricourt.
11 existe sur le territoire du canton de
Senlis, commune de Villers-Snint-Fram-
bourg, un mamelon boisé et froid qui
porte le nom de mont Pagnote.
Eleem de Cantiliaco.
» «
Le mont Pagnote ou Pagnotte a deux
significations. Rester sur le mont Pa-
gnotte veut dire rester sans combattre.
(Voir pour l'étymologie italienne le Dic-
lionnaire de Hatzfeld et Darmsteter).
D'autre part, le mont Pagnotte est une
éminence située dans la forêt de Hallatte,
non loin de la forêt de Compiègne où
chassait Louis XV. On voit l'équivoque à
laquelle, en pince sans lire, samusait* le
marquis de Souvré. Le sommet du Mont
Pagnotte, à 230 mètres d'altitude, est un
des points les plus froids du département
de l'Oise.
En qualifiant de « trivial » ce mont
qu'il a cru imaginaire, en le trouvant
« caractéristique par sa trivialité même, »
je crains que votre très érudit correspon-
dant n'ait été victime d'une assonance, Pa-
gnote évoquant dans son esprit \di Cagnotte
d'hilarante mémoire. Situé dans une con-
trée riante, le mont Pagnatte vaut le
voyage, mais ne saurait prétendre à un
succès du même ordre que celui d'une
pièce de Labiche.
Autre particularité curieuse : le mont
Pagnotte de la Forêt de Hallatte viendrait
de mous pugiicc, le mont du combat, juste
le contraire dz l'expression dé-ivée de
l'italien. PoTiauET.
* *
C est le point le plus élevé de la plate
forêt d'Halatte, située, comme on sait
dans le département de l'Oise, entre Pont-
Sainte-Maxence et Senlis, au nord de la
forêt de Chantilly.
Louis XV y chassait, et le mot que cite
M. Piton, d'après le duc de B'-oglie, n'est
pas fait pour surprendre les veneurs qui
fréquentent cette forêt.
\» Rester sur le mont Pagnote » est en
efïet un moyen bien connu de retrouver la
chasse quand on l'a perdue, car elle re-
passe souvent dans ces parages : c'est en
tout cas la dernière chance qui reste à ceux
qui ont vainement parcouru la forêt sans
la rencontrer.
Sans connaître les circonstances dans
lesquelles Louis XV a prononcé cette
phrase, je suppose que l'allusion du royal
veneur à une particularité dont peut-être
il venait de faire la récente expérience,
s'appliquait à une situation où l'expecta-
tive lui paraissait devoir être employée de
préférence à tout autre moyen.
Venator.
¥ »
C'est en souvenir des chasses de Louis
XV aux en% irons de Compiègne.
Le mont Pagnote est une colline de
220 mètres du département de l'Oise, qui
se trouve dans la forêt de Hallate non loin
de Pont Sainte-Maxence.
Le commentaire historique du mot de
Louis XV est donné par Tvl. de Broglie
dans l'article de la Rivue des Dcnx-Monda,
que cite M. Piton. Le roi pensait avec
raison que la France devait adopter, au
d'ib'.it de la guerre de la succession d'Au-
triche, une politique expectante, attendre
les événements.
Un bibliothécaire.
L'expression a beaucoup vieilli • pour-
tant, on la trouve encore dans les diction-
naires. II y a dans Ménage une explica-
tion du nom de pagnotes donné d'abord
aux hommes d'escorte, puis, comme
ceux-ci n'étaient guère valeureux, aux
poltrons. Un pagnote, c'est un lâche.
Des troupes pagnotes, ce sont des troupes
qui lâchent pied. La pagnoterie, c'est la
couardise. Et l'on appelle familièrement
« mont Pagnote » un lieu d'où l'on peut
suivre les péripéties d'un combat sans
courir aucun risque ; de là, aussi un sens
figuré évident.
A. Boghaert-Vaché,
I
N» 1359 Vol. LXV.
L'INTERMEDIAIRE
327
Avec des armées relativement pou nom-
breuses et des armes à portée médiocre,
les batailles de l'ancien temps avaient
pour théâtre des espaces limités et l'on
pouvait aisément embrasser l'ensemble de
l'action. Aussi les curieux de spectacles
tragiques se donnaient-ils volontiers
rendez-vous sur un point élevé d'où l'on
pouvait contempler sans danger l'engage-
ment. On appelait ce belvédère le « Mont
Pagnotte ». Le mot « pagnote » (5/1;) est
dans Littié : avec ce sens « Q.ui est sans
courage, sans énergie. Mont Pagnote,
lieu élevé d'où l'on peut sans péril regar-
der un combat ». Il me semblait que le
duc Albert de Broglie donnait en note le
sens du mot vulgaire mis dans la bouche
de Louis XV.
A défaut d'énergie politique, ce dégé-
néré qu'était Louis XV avait du moins
un sens très droit ; il comprenait à mer-
veille que la politique traditionnelle de la
France ayant réussi à faire disparaître le
péril autrichien, notre intervention dans
les affaires de la succession de l'empe-
reur Charles VI devenait sans intérêt
national pour nous, sauf à s'assurer. le cas
échéant quelques avantages diplomati-
ques. D'ailleurs, le roi Très Chrétien
n'avait-il pas garanti la Pragmatique
sanction ? Ce sentiment, le roi l'exprima
dans ce langage trivial qui était volon-
tiers le sien, et le timide Fleury ne de-
mandait que la paix. M. le duc de Broglie
a parfaitement montré, dans son beau
livre d'histoire, comme quoi la coterie du
maréchal de Belle-Ule entraîna la France
dans la plus inutile des guerres, qui nous
affaiblit sans compensation aucune, com-
mença la grandeur funeste de la Prusse
et contribua fortement à créer contre
nous le mouvement national germanique.
H.C. M.
*
» •
Autrefois.dans le langage très familier,
pagnote signifiait poltron.
Regarder les choses du mont Pagnote,
rester sur le mont Pagnote, c'était donc
en quelque sorte faire comme les poltrons
dans une bataille : se retirer de la nièlée,
se mettre hors d'affaire, se désintéresser.
— Souvré, qui faites-vous Empereur? (.il-
lusion à lélection de l'empereur d'Autriche).
— Ma foi, Sire, dit Souvrë, je m'en embar-
rasse peu ; mai» si S? Majesté voulait, elle
328 ■
nous en dirait des nouvelles mieux que qui
que ce soit. — Nm, dit le roi (Louis XV », je
ne m'en mêlerai pas ; je regarde cela du
mont Pagnote.
(Barbier, /fl?ir«fl/ décembre 1740).
C'est ce passage de Barbier qu'a repro-
duit le duc de Broglie.
Voici un autre exemple :
J'ai oublié de vous lire que, pendant que
j'étais sur le mont Pagnote à regarder l'at-
tnqiie, le R. P. de la Chaise était dans la
tranchée... et même fort près de l'attaque
pour la voir plus distinctement.
(Racine, Lettre à Boileau).
Gustave Fustier.
*
Mêmes réponses, arrivées après la mise
en page : H. B. ; Ch. Grégoire ; Jacotot ;
L. C. D. L. H.
Le grec dans la langue française
(LXU àLXVI, 171, 224, 261). — Voulez-
vous, à propos du « Grec dans le fran-
çais » ; me permettre de placer un petit
mot ?
MM. Laray et Daron se livrent à une
lutte qui, il me semble, ne saurait finir,
car ils partent de prémisses contradictoi-
res. Le premier, champion d'une vieille
hypothèse allemande, reprise chez nous
au siècle dernier, suppose que le français
en bloc vient du latin, que les Gaulois
abandonnèrent leur langue pour parler
latin. Cette hypothèse n'est pas démon-
trée. Que nos pères aient appris à parler,
à écrire en latin, assez vite et même pas
trop mal, oui ; mais que le latin fût deve
nu leur langue habituelle : aucun texte
ne le dit. Le Provençal, l'Alsacien, le Bre
ton, ne font pas du français leur langagej
ordinaire.
Le seconvj, tenant de l'hypothèse fran
çaise, croit que d'i latin aux langues ro
mânes, il n'y a pas rapport de filiation
que les dialectes parlés par les Gaulois,
ne pas confondre avec Bretons — par lesj
Espagnols, par les Italiens, voire même'
par la plèbe à Rome, étaient proches pa-
rents, frères, fils peut-être du dorien,
mais de parenté assez éloignée avec le la-
tin, d'importation relativ» ment récente
(v • Enéide) ; hypothèse assez vraisembla-
ble, à en juger seulement par le fait de
l'article, manquant au latin, commun aux
lanpues romanes et même à peu près grec
en portugais.
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Septembre 1912
329
530
D'autre part, M. Laray s'en réfère pres-
que toujours au dialecte attique,venu d'A-
sie après les autres, pendant que M. Daron
invoque le dorien, l'éolien. Ainsi nul
moyen d'entente et controverse indéfinie.
Faut-il ajouter qu'une foule de mots
donnés par les dictionnaires comme latins
« pur-sang» sont tout bonnement des mots
latinisés... par les scribes ? Le scribe pa-
risien d'un ministère francise de même,
surtout pour les noms géographiques...
J. Chilles,
Futurisme et cubisme (LXVI, 97,
228, 268). — Les observations si saines
et si intéressantes à la fois, présentées par
M. W. D. sur le futurisme, permettent de
supposer qu'il serait en mesure de donner
une définition précise et une théorie du
cubisme dont il ne dit que quelques mots.
Dans les rares tableaux cubistes que j'ai
pu voir, ou du moins qu'on m'a présentés
comme cubistes, j'ai vainement cherché à
dégager la notion nette du cubisme. Suffit-
il qu'une peinture soit lourde et terne pour
être cubiste? J'ai vu des portraits où le vi-
dage était — odelé en facettes, mais je n'ai
pas vu de paysages, et je me suis de-
mandé en quoi un arbre pourvu de son
feuillage et peint par un cubiste différerait
d'un arbre de François ou de Harpignies.
Si M. W. D. ne trouve pas ma question
inopportune ou indiscrète, il voudra bien
apprécier si le sujet mérite les honneurs
de V Intermédiaire .
Philippe Leroy,
Alezan : dans le sens d'agile (LXV).
Ce mot vient de l'espagnol ala^an, qu\ est
tiré de l'arabe alh-hassan, cheval coura-
geux, de bonne race. La couleur de la
robe variant par ses teintes du jaune au
rouge cerise et au brun marron, n'a aucun
rapport avec l'adjectif alej^au qui signifie
autre chose, comme le prouve son étymo-
logie. Un cheval courageux, de bonne
race est forcément un animal vif, agile.
Un maquignon aura sans doute appliqué
ce terme au marché aux chevaux, à des
individus lestes et débrouillards, et le
mot aura fait son chemin dans certains
endroits, F. Jacotot.
Donjon. Son étymologie (LXV ;
LXVl, 74, 168), — Voici à titre de docu-
ment, l'opinion de F. V. Raspail, dans son
almanach la Lunette du Dotijoii de Vin
cennes, pour 1849 •
Le Donjon de Vincennes s'appelait, dès le
principe, la Touy du Bois de Vincennes. La
nom qu'il a poîté depuis est un abréviatif
des deux mots latins i/omus Joannis, manoir
fondé par le toi Jean. De domus Joannis, on
a fait, par corruption de langage. Don Joan,
puis Dow j on, ensuite Donjon.
F. Jacotot.
Prévoyable (LXVl, 95). — A mon
a.v\s, prévisible, prévoyable sont bien fran-
çais. Le premier est un mot latin francisé;
c'est-à-dire, il entre dans la langue par la
voix savante ; le deuxième se déduit régu-
lièrement du verbe prévoir, comme d'au-
tres par exemple les prévoyants de l'ave-
nir : on dit buvable de nous buvons.
Prévoyable est dans le génie de la langue
française, qui tend de plus en plus à se
différencier du latin et à prendre une vie
propre. H. La.
• *
le suis d'accord avec « Rusticus » pour
l'adoption de « prévisible », de préférence
à « prévoyable >>. Je ne vois pas pourquoi
le mot n'existerait pas : il est très bien
formé, de « prévision », comme « vi-
sible » de « vision ».
Maurice Charpentier,
Réactif pour faire réapparaître
l'écriture (LXVI, 194). — Voici (d'après
la Revue Encyclopédique du 25 juin 1896,
page 120 de la Chronique universelle)
quelques procédés très simples pour
abluer, c'est-à-dire faire revivre une en-
cre qui a été effacée accidentellement ou
volontairement.
On plonge dans de l'eau tiède le pa-
pier sur lequel on désire voir réappa-
raître l'encre, puis on le plonge dans une
solution d'acide gallique à raison de 5
centigrammes de ce sel pour iq grammes
d'eau.
On peut encore laver le papier à l'eau
tiède puis le plonger dans une solution de
sulfate de fer dans la proportion de 20
centigrammes de sulfate pour 10 grammes
d'eau.
Un troisième m.oyen consiste à appli-
quer sur la feuille de papier une solution
de ferro-cyanure de potassium qui fera
réapparaître les caractères en bleu, s'il
reste des traces de fer de l'encre primifivej
N« 1339
Vol. LXV.
331
L'iNTHRMÎDiÂiRâ
332
Enfin, s'il s'agit d'écritures falsifiées, il
est encore possible de faire renaître l'écri-
ture originale. On a en effet reconnu que
lorsqu'une écriture a été grattée, même
avec le plus grand soin, il reste toujours
dans la pâte du papier quelques traces
d'oxyde de fer, traces suffisantes pour
être visibles dans une épreuve photogra-
phique. La lumière réfléchie par du papier
sur lequel on n'a pas écrit agit sur la ma-
tière photographique d'une manière très
différente et les endroits qui ont été an-
térieurement couverts d'encre apparais-
sent aisément. I. P.
«
* •
Faire photographier les lignes grattées.
Sinon s'adresser à un chimiste ; tenter de
mouiller avec de l'hydrosulfate d'ammo-
niaque ; essayer aussi d'une solution de
tannin Tout dépendra du papier et de la
manière dont l'encre primitive en a péné-
tré la pâte. Si !e livre est précieux, n'agir
qu'avec une extrême prudence.
E. Grave.
Les archivistes et les paléographes se
servent d'un réactif quiest, je crois, l'hy-
posultlte ; )e l'ai vu souvent employer et
avec succès, mais sans l'expérimenter
moi-même, mes très vieux yeux m'inter-
disant depuis longtemps tout travail de
paléographie. Toutefois, si les caractères
dont il s'agit ont disparu par l'effet d'un
acide, je doute qu'ils puissent réapparaî-
tre. Quoi qu'il en soit, le collaborateur
L'Ingénu n'a qu'à s'adresser à un archi-,
viste, p.'i't-être même tout simplement à
un bon pharmacien chimiste.
H. C. M.
Du port de l'alliance en Allema-
gne (LXVl, 96, 229,273). — Notre con-
frère H. de L. oublie qu'en Allemagne,
comme dans tous les pays prolestants, les
mariages lc font selon d'autres ntes que
dans les pays catholiques. Par exemple,
ce n'est pas l'époux qui, de l'autre côté
du Rhir. pas>e la bague à la main de
l'épouse, niais le prédicateur. Pour ce qui
est de l'alliance, on la porte à la main
gauche .'^.nilement quand on est fiancé ;
chez les inarios, la bague se voit toujours
à la main droite. La raison en est proba-
blement que pour jurer, l'Allemand lève
la main droit.- et non la main gauche.
(Berlin). JOACHIM KiJHN,
La confrérie des Bourras (LXVI,
144, 27;). — Une Société ou confrérie
laïque analogue à celle des Bourras, existe
encore à St Omer, siège de la Cour d'as-
sises du Pas-de-Calais, et, er, cas d'exécu-
tion capitale, y rend les mêmes services
que les Bourras à Marseille. Elle a pris
le nom de confrérie de St-Léonard et a
fonctionné en dernier lieu à la suite d'une
exécution faite à Saint-Pol, petite sous-
préfecture du Pas-de-Calais. (Je n'ai pas
la date exacte).
Je me borne forcément à signaler l'exis-
tence de cette confrérie et pour ses ori-
gines, son costume, ses règlements, je
me joins à l'interrogateur anonyme < sur
les Bourras •».
D. R.
Les encriers célèbres (LXVl, 193).
— Dans les dernières années du second
empire, on parla begyçoup d'un encrier
en argent offert par souscription à un
agréable écrivain , mort aujourd'hui et
bien oublié, Edouard de Laboulaye. Il était
dt l'opposition tout court, mais plus lit-
téraire que politique, et fut cependant can-
didat malheureux aux élections législati-
ves, à Strasbourg, je crois. Peu après, il
passa ou parut passer à l'opposition dy-
nastique, ce qui fit crier aux puritains :
€ rendez l'encrier ». Qu'elle est loin, cette
tempête dans un verre d'eau !
H. C. M.
» •
L'accusateur public, le trop fameux
Euloge Schneider, se servait d'un en-
crier fastueux d'où sortit plus d'une sen-
tence de mort et qui est amplement dé-
crit dans les Faïences patriotiques sous la
Révolution par Chamfleury, (Dentu 1875,
p 346 et suivantes j.
Malheureusement il a été détruit dans
l'incendie de la bibliothèque de Strasbourg
où il se trouvait avec bien d'autres ri-
chesses pendant le siège de cette ville par
les Allemands.
Un ami de Champfleury, M. Charles
Mehl, a prié M. Alfred Kampm;ir.n de re-
lever à l'aquarelle les principales coupes
ainsi que les détails de sculpture de ce
curieux monument qui se trouve repro-
duit à la page 347 du livre de Champ-
fleury.
Un autre très bel encrier en faïence po-
lychrome, pièce de maîtrise d'une fabri-
Oiii CHKRCHSURS BTCUKIBUX
10 Septembre içift
333
334
que de la région auxerroise, portant les
deux inscriptions : Guerre aux tirjrt
(stc) et Paix aux Chaumière (sic) est figuré
page Vil de l'avertissement du même ou-
vrage et a peut être appartenu à un per-
sonnage célèbre de la Révolution que je
laisse au collègue R, B. le soin de nous
révéler. Dehermann.
*
L'encrier de Beaumarchais appartient
aujourd'hui à M le docteur Abel d'An-
gerviUe, demeurant à Varzy (Nièvre).
G. F.
11 y a au musée Victor Hugo la table
aux quatre encriers.
Ne sont-ils pas là comme les quatre
verts de l'esprit ? Mme Victor Hugo,
une année, à Hauteville-House, pour une
fête de charité, sollicita de ses amis leur
écritoire et leurs plumes : ils s'empressè-
rent de déférer à son vœu ; puis on re-
douta qu'un hasard maladroit ne lit tom-
ber ces souvenirs précieux en des mains
irrespectueuses, et Mme Victor Hugo les
conserva.
Seulement, elle les fit disposer dans un
meuble bizarre, dont l'ébéniste fut Victor
Hugo. Sur une table était posé un pla-
teau, aux angles formant tiroirs. Dans
chaque tiroir, était la lettre d'envoi, et
sur la tablette : l'écritoire et sa plume.
Or, voilà qui est matière à philosopher,
car l'encrier est, plus qu'on ne le suppo-
serait, révélateur du caractère de l'écri-
vain.
Alexandre Dumas père , méprisant
l'élégance du décor, chez lui comme en
meublé, jetant, sur de larges feuilles de
papier azur , sa grande écriture éco-
lière envoie, comme encrier, la petite to-
pette d'encre achetée chez l'épicier ; elle
a encore sur ses flancs Tétiq'ette du fa-
bricant. La plume est en bois, et vaut un
sou. 11 écrit :
Je certifie que ceci est bien l'encrier avec
lequel j'ai écrit mes quinze ou vingt der-
niers volumes.
Paris le 20 avril 1860.
A. Dumas.
L'encrier de Lamartine, au contraire,
décèle l'aristocratie des façons de son
possesseur et son élégance raffinée jus-
qu'au féminisme : est-ce un encrier ou
une bonbonnière, un drageoir ou un
brûle-parfum, ce petit vase de verre rose
translucide où courent de fines arabesques
d'or .'
L'envoi se complète de cette simple li-
gne, révérence hautaine du génie au gé-
nie :
Offert par Lamartine au maître de la plume.
Lamartine.
George Sand a un de ces encriers de
poche, en bois^ à fermeture hermétique,
qu'elle emporte avec soin, dans la hâte
des fréquents départs. Il est accompagné
c'e cette lettre :
Chère madame, j'ai cherché depuis deux
jours, et je n'ai rien trouve' qu'un affreux pe-
tit morce lu de bois qui me sert en voyage ,
je le trouve si laid que j'y joins un petit
briquet de poche, guère plus beau, mais qui
me sert h-^itueliement, et comme c'est là ce
que vous voulez, au moins votre véracité est
bien à couvert.
George Sand.
Cet encrier de voyage et ce briquet de
fumeur : n'est-ce pas tout George Sand
intime ?
Et maintenant, voici - quatrième vent
de l'esprit — Hugo. C'est un encrier de
bois sculpté en cathédrale, massif, bien
assis, et romantique. Le réservoir est ma-
çonné dans cette construction gothique.
La plume qui s'y trempe, flèche hardie,
le bec ouvert par l'énergie du choc sur le
vélin, est une plume d'oie que revendi-
querait l'aigle.
Hugo a écrit :
Je n'ai point choisi cet encrier : le hasard
l'a mis sous ma main et je m'en suis servi
pendant plusieurs mois. Puisqu'on 1j de-
mande pour une bonne œuvre, je le donne
voioutiers.
Victor Hugo.
Kauteville-House, juin 1860.
Hugo est tout entier sorti de cet en-
crier-là.
^routjailles et (|uriosit<a
Aventures de l'un des « Petit-
Chapeau T). — Que sont devenus les
petits chapeaux de Napoléon ? Hélas !
les couvre-chefs de l'Empereur n'ont
pas eu tous une heureuse fin, et bien rares
sont ceux qui reposent en des vitrines^
offerts à lu curiosité publique, à la véné-
ration des fidèles
Voici l'aventure de l'un d'eux qui faillit
N» 1339. Vol. LXVI
L'iNTBRMSDîAlRfc;
3Î7
Î5<3
avoir le pire destin ; on en jugera par
cette simple note du Comte Angles, pré-
fet de police, au Comte Decazes, son mi-
nistre, rendant compte d'une perquisition
opérée par le Commissaire Lafontaine et
l'officier de paix Yvrié.
23 novembre 1815.
Dufay établi boucher rue Saint-Louis au
Marais, n" 3, prévenu d'être dépositaire d'ef-
fets précieux et de meubles ayant appartenu
à Bonaparte ou à sa famille. Perquisition a
été faite ce matin, à son domicile, il n'y a
rien été trouvé de relatif aux recherches. Le
s"" Dufay a représenté un chapeau à trois
corties qu'il dit lui avoir été donné, il y a
eiviro'i trois ans par le s"" Charvet con-
servateur de la Garde-roba de Buonaparte,
comme venant de ce dernier, et qu'il a ac-
cepté parce qu'il était de castor fin et qu'il
comptait le faire retaper pour son usage.
Et le Comte Angles ajoute :
Le chapeau est déposé à la Préfecture.
Decazes qui, les lecteurs de ïlntermé-
diriiic se le rappelleront (vol. LVU, 887),
ekila en Angleterre, moyennant argent
comptant, un buste de Napoléon par Bo-
sio, qui se trouvait à cette même Préfec-
ture de Police, dut certainement exiler
de même, fort avantageusement le Petit
Chapeau dangereux pour la sûreté du
royaume.
Les Américains ne collectionnaient pas
encore — mais les Anglais étaient grands
amateurs et payaient très cher des ob-
jets que l'on ne songeait pas alors à tru-
quer ni même à retaper.
LÉONCE Gr\silier.
Casanov ■ et Mme d'Urfé. — Casa-
nova, dans ■iQS Mémoires^ prétend que Mme
d'Urfé mou''ut en laissant « un testament
bizarre par lequel elle instituait pour son
héritier le fils ou là fille qui naîtrait d'elle
après sa mort ; elle se croyait enceinte
par l'opération du soleil. Un codicille
m'établissait tuteur du nouveau né, qui
est encore à naître. En attendant l'accou-
chement posthume, la marquise du Cha-
telet était entrée en possession des biens
de la défunte, évalués à plus de deux mil-
lions >>. Je viens de décoivrir un docu-
ment qui ne concorde pas précisément
avec ce qu'avance Casanova.
C'est le testament olographe de la mar-
quise d Urié en date du 2 février 1774,
déposé à M" Chavet le 14 novembre 1775
et insinué le 1 7 janvier 1 776 (Archives de
LA Seine. Insinuations). Il contient les dis
positions suivantes :
Lègue aux dames de Bonlieu 1200 livres.
Lègue à Sainte Claire de Montbrison 1200
livres.
Lègue à Sainte Brune, sa femme de cham-
bre, une pension de 600 livres et la moitié
de sa garde robe
Lègue à la femme de chambre et à la cui-
sinière qui se trouveront à son décès l'autre
moitié de sa garde-robe et une année de
gages.
Lègue au Suisse et autres domestiques,
leurs habits et une année de leurs gages.
Fait la dite testatrice le marquis du Cha-
telet, son petit-fils, son lég.itaire universel et
au cas qu'il meure en minorité donne la tes-
tatrice au chevalier de Lastic, son filleul, sa
maison rue des Deux-Portes, celle de la
Nouvelle-France et tous les biens provenant
de la succession de sa mère dont néanmoins
elle lègue l'usufruit au comte de Lastic, père
de son dit filleul, et au cas que ce dernier
mourilt en minorité ou qu'il fît ses voeux
dans l'ordre de Malthe,A'«ul la dite testatrice
que ce bien passe à Mlle de Lastic, sœur du
chevalier de Lastic pour la propriété seule-
ment laissant également l'usufruit à M. le
comte de Lastic. Toutes lesquelles clauses
n'auront lieu qu'autant quî le marquis du
Chatelet décédera en minorité lui laissant à
sa majorité la liberté de disposer de son
bien.
Lègue à M. le comte de Lastic toutes ses
porcelaines et le tableau du piètre grec (i)
qui est dans la chambre de la testatrice.
Lègue sa végétation (^tc) (î) et trois ta-
bleaux à M. le comte de Brizay.
On voit qu'il n'est nullement question
dans ce testament d'nne clause extraordi-
naire mentionnant Casanova, et que sa ré-
daction n'est pas lœuvre d'une folle ni
même d'une excentrique. Madame d'Urfé
avantage son petit-fils, voilà tout.
Il y a aussi, aux Archives de la Seine,
dans les papiers des Juges Consuls (Re-
gistres des sentenses) des sentences du
moisd'aoïJt 1759, qui renseignent singuliè-
rement sur les motifs qui obligèrent Ca-
sanova à quitter Paris.
Gaston Capon.
(1) Sans doute du peintre Greco.
(2) Une Visitation ?
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337 _ ^^g _ __
Louis-Philippa surnommé « L'Or-
dre de chose » et « la Pensée Im-
muable ».— Le vicomte de Brachet a pu-
blie dernièrement, dans le Bulletin d'étu-
des historiques « Le Pays de GranviUe »
un mteressant travail sur la visite du roi
Louis-Philippe à Granville en août 183?
L auteur cite, à ce propos, quelques-uns
des inombrables pamphlets et caricatures
par lesquels des écrivains et des artistes
de talent cherchaient alors à ridiculiser
celui qu'ils appelaient tantôt F - Ordre de
chose >>, tantôt * la Pensée Immuable»,
tt M. de Brachet nous donne la reproduc-
tion de deux amusantes, autant qu'irres-
pectueuses, caricatures du célèbre dessina-
teur Grandville représentant .< Le voyage
de la Pensée Immuable à travers les popu-
lations empressées ».
auelle était loriginede ces deux sobri-
quets donnés à Louis-Philippe ?
J. W.
Nous prions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
.h leur pseudonyme, et de n'écrire que
uun côté de la feuille. Les articles ano-
nymes ou signés d; pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
sjiil objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Qitand la question sollicite la connais-
sance d'une liste ^ La liste, sauf exception,
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
#ue$tton$
Pacification de la Vendée : arti-
cles secrets. — Commencée le 12 mars
'793. la guerre de Vendée se termina
deux ans après, par les pacifications de la
Jaunaie (17 février 1795) et de la Mabilais
(20 avril 1795). Y eut-il, oui ou non, des
articles secrets ? Un Vendéen.
L'émigration en Angleterre sous
la Révolution. — Quelles sont les
meilleures sources de documentation sur
l'émigration en Angleterre et spéciale-
ment à Londres, pendant la Révolution ?
Le moine Théophile.
officier condamné à mort à
Un
^^^^-^--..O" ^*t dans le carnet du gêné"
rai Coffinieres de Nordech, siège de Metz •
extrait du Carnet de la Sabretacbe. nasè
60
page
ou- I IT i^7o e maréchal ordonne
qu 11 soit sursis à rexécution d'un officier
condan:ne a mort par le conseil de guerre.
auelqu'un pourrait-il nous dire quel est
cet officier ? et quel était le motif de sa
condamnation et ce qu'il est advenu de
lui après la capitulation.?
Baron du Roure de Paulin.
LXV. - 8.
I
N» 1340 vv. LXVi
?.'î)Stiii;
^'ÈD!AÎKjH
339
340
Le nom de l'oflacier d'ordonnance
de ^VimpfeI:. — Qiielqu'un pourrait-
il nous dire quel est le nom du lieutenant
de mobile, officier d'ordonnance de Wimp-
fen, qui accompagnait le général a l'en-
trevue de Bismarck et de Moltke le
1*' septembre 1870 pour traiter la cai)itu-
lation de Sedan ?
Le général d'Orcet en parle dans ses
lettres et le désigne ainsi : Le marquis
de L. B.iron du Roure de Paulin.
Le général de Vi Isneuve à Beau-
mont. — Dans son livre Ba{eilles-St\hin,
le général Lebrun, commandant le 12'
corps, a écrit que le général de Villeneuve,
qui commandait, le 20 a ùt, la 2^ brigade
de la division Grandchamp, (( avait dis-
paru >' au cours de la bataille (page 73),
et qu'il a été remplacé, le soir même, par
le colonel Mircher.
Qu'était devenu ce général? Avait-il été
tué, blessé, fait prisonnier ? En ces c^s, le
général Lebrun aurait mentionné la mort,
la blessure ou la capture de son brigadier.
SlT.
Rosine Debrou — Sait-on ce qu'est
devenue cette actrice qui eut Ir, gloire de
créer le rôle de Fortunio, ainsi que M. Man-
tenay l'indique dans le bi curieux article
que voici :
Nos théâtres subventionnés s'emparent, les
uns après les autres, des drames célèbres de
Dumas père. La Comé lie Française joue
Antony, l'Odéon annonce, pour sa réouver-
ture prochaine, la Rein- Margot.
La pièce a soixante-six ans. Klle fut créée
en 1845, au ! héâtre Historique. L'auteui vou-
lait avoir une scène à lui, pour jouer les
nombreux drames qu'il avait tirés de ses ro-
mans. Mais il fallait l'autorisation du gou-
vernement pour ouvrir un théâtre. La re-
quête que Dumas soumit, à cet effet, au mi-
nistre compétent, fut accueillie grâce au
bienveillant appui du duc de Montpensier.
Le dramaturge aurait vouUi, pour tcuioigner
sa gratitude au prince, donner à son théâtre
le nom de Montpensier. Louis-Philippe s'y
opposa. On appela la nouvelle scène :
Théâtre Historique, hlle était située sur le
« boulevard du Crime » à peu près à l'en-
droit où ;e trouve actiicllcnient la caserne
du Château d'Eau.
Dumas n'y joua pas seulement ses œuvres.
11 monta, entre autres pièces, le Chan'/elter,
d'Mfred de Musset.
La chose est peu connue — si peu connue
que les brochures de la pièce portent la men-
tion : « Représentée pour la première fois à
la Comédie- Française. » A la première page,
c;i indique, comme ayant créé les rôles, les
; itistv-'s du Théâtre-Français D'après cette
liste, Delaunay aurait établi, à l'origine, le
personnage de Fortunio.
Or, si la Comédie-Française joua, en effet,
le Chandth'er, elle ne le monta que plu-
sieuis années après la création faite, en 1849,
au Théâtre Historique.
J'ai découvert ce petit fait, ignoré des
vieux routiers de théâtre, — comme on dé-
couvre ces choses-là, c'eai-à-dire par le plus
grand des hisards — en compulsant des
journaux datant de la seconde République.
Je me r:ippelle à ce propos qiie Francisque
Sarcey, parlant un jour du Chan'ielier dans
son feuilleton î^u lemps^ écrivit : « Deiau-
nay, qui créa délicieusement Fortunio, n'a
jamais été remplacé dans ce rôle »
Le lendemain, rencontrant « notre Oncle X'
à une conférence de la Bodinière, je lui fis
connaître ma pi;lite découverte. Il parut fort
surpi is : « En êtiis-vous bien sûr ?» me de-
nianda-t-il. — Absolument. — Mais j'avais
hier encore le livret s?iî? les yeux ; il indique
que la pièce fut créée à la Comédie-Française
et qi;e Delaunay joua Fortunio. — En effet,
mais c'est une erreur, vous n'avez qu'à con-
sulter les journaux de 1849 et, notamment,
le feuilleton de Jules Janin dans les Débats.
Il y eut même, dans le Limpion, un érein-
tement de l'œuvre par... Xaviei de Monté-
pin. — Ça, c'est drôle! — Certes! — Et
quel est donc le comédien qui créa Fortu-
nio au Théâtre-Historique ? — Ce n'était pas
un comédien, c'était une comédienne. — Par
exemple ! Fortunio en travesti ! — C'est
ainsi,.- Et elle s'appelait ? — Rosine Debrou.»
Sarcey fit la moue. « Connais pas I — Moi
non plus. — Elle n'a laissé aucune trace ! —
C'est vrai, mais elle n'en a pas moins créé
Fortunio. — Et d'où venait-elle ? — Les
journaux du temps disent que c'était une
ingénue du théâtre de Nantes. — Oh ! une
actrice de province ! Elle aura fini ouvreuse
quelque part ! — C'est possible, mais les
faits sont là. »
Sarcey se gratta furieusement le nez, puis,
après une pause : « Voyez-vous, me dit-il,
vous n'y changerez rien, c'est Delaunay qui
a attaché son nom au rôle, et, pour tout le
monde, il restera le créateur de Fortunio. »
Et c'est ainsi qu'on écrit l'histoire.
Hettfleisch von Ehrenhelm. —
Pourrait-on me dire s'il existe encore en
Autriche des membres de cette famille et
dans quelles localités .? P. Royer.
Marguet ite de Darval-Carrouges.
— A celte dame, mariée à Jean Blosset,
34"
DES CHERCHiiURi lil CUiiliiUX 20 Septembre (912
342
i
est attribuée la fondation de la collégiale
de Carroiigcs, au château de ce nom,
dans le diocèse do Séez Que sait-on de la
famille de Darval ou d'Arval qui aurait
possédé, au xv* siècle, la seigneurie de
Carrougesr Quelles étaient ses armoiries "r
Qu.tsiTOR.
Famille de Goret. — Qiielqu'un
pourrait-il me fournir une note biographi-
que sur une famille de Goret, et si elle
existe encore ? Armes : d'aigsnt à ^ hu-
res Js sangliers arrachées de sable et mirées
d'argent. Cette famille m'intéresse parce
qu'en 1552 Mlle Philippe de Cambourg
i épouse Jacques de Goret. Cambourg.
ft Le salon du marquis de Pastoret
kde 1802 à 1807. — Pourrait-on me
^Pdire quels personnages connus fréquen-
taient, de 1802 à 1807, le salon du mar-
quis de Pastoret, député de Paris et mem-
bre de l'Institut? V. R.
Mile Gabrielie de la Périne. —
Qu'est-C2 que c'était que cette demoiselle
autour de laquelle il semble qu'on ait fait
pas mal de bruit à la fin du second em-
pire, et dont parait s'être beaucoup occu-
pé le monde du Boulevard ?
Emile Blondet.
La canne de Rousseau. — La Révo-
lution Française ,dAnssts noies de lecture,
publie un article de la Galette de France,
(9 thermidor an VIII). Cet i;rticle parle
dune canne de Rousseau, montrée aux
spectateurs d'une salle ouverte rue Neuve
Saint-Augustin 11 en coûtait douze sous
pour la contempler.
Elle avait 4 pieds, cinq pouces, trois li-
gnes de hauteur. Le jonc avait pu valoir
quinze sous, la pomme était decorne etd'os.
On reconnaît, parait-il, sur la crosse, la
trace des quatre doigts et d'un pouce du
philosophe.
« Or, on sait par l'enthousiaste auteur
de l'article que le philosophe de Genève
ne se lavait point les mains, qu'il appelait
ordinairement ses pattes : cette crosse
forme sans contredit, la partie la plus pré-
cieuse de la canne en ce qu'on est sûr
qu'elle a touché de près les mains de Jean-
Jacques Rousseau. "
Ce fut un philosophe de Vienne (Au-
triche) qui en fit l'acquisition.
Qu'est devenue la canne de Rousseau .?
Le compagnon de Seurre. — Un
des descendants ou parents de ."4. Seurre,
statuaire (né en 1795, mort en 1867)
pourrait-il me dire avec quel artiste ou
dessinateur amateur Seurre a fait, en mai
1819, un voyage aux environs de Rome?
je possède une aquarelle représentant
Seurre monté sur une mule, et en tenue
d'excursion,et j'ignore quel est l'auteur de
cette aquarelle, qui l'accompagnait dans
son voyage R. Gqdot.
Thieffries. — Serait-il possible de sa-
voir si; existe encore des descendants de
la famille deThietfries portant ce nom?
Le dernier survivant connu paraît être
le marquis de Thieffries mort vers iSS^jà
Enghien les Bains. Sa soeur Appolline de
Thieffries avait épousé le marquis de Ba-
lathier-Lantages. L^bruyère.
Ordre de Saint-Michel. — Dans
quel ouvrage trouve-t-on la liste des che-
valiers de cet ordre ? Nisiar.
La curieuse épitaphe du chanoine
'Vital d'Ardengost. — La tombe du
chanoine Vital d'Ardengost, dans la ca-
thédrale de Saint-Bertrand-de-Commin-
ges, près Luchon (Haute-Garonne), se si-
gnale à l'attention des visiteurs par la
singulière épitaphe suivante :
H'c jacit in tuinbi rosa mundi, non rosa
[munda
Non redolet, aeJ olet quod redolere solet
Un de nos savants confrères latinistes
pourrait-il me donner le sens de cette
curieuse inscription à laquelle je n'ai pu
trouver, pour ma part, une traduction sa-
tisfaisante ? J. W.
Date à déterminer, par lattres et
chiffre. — [e désirerais savoir quelle
date donnent les lettres et le chiffre sui-
vants, gravés à l'entour d'un puits, au-
dessous d'un écu armorié,
c 2
M V
I. B.
La plume. — Je lis dans le Mercure
de France, VllI, 1912 p. 568 : Deux Aca-
démiciens collectionneurs^ par Marcel For-
reteux :
N» 1^40 Vol. LXVI.
L'INTfiRMfiDIAlRB
343
En 1701, après avoir pris part aux négo-
ciations qui devaient aboutir à la paix de
Riswick, François de Callières fut généreu-
sement récompensé. A son retour il re(,ut Ift
brevet de secrétaire du roi, etc., et enfui en
170 1, à la mort de Rose, son collègue à l'Aca-
démie Française et successeur de Conrart, on
lui confia la plume mission délicate qui
consistait h contrefaire l'écriture et la signa-
ture du toi et rapportait outre 10.000 livres
un logement au château. Ainsi s'explique la
remarque de Dangeau qu'à sa mort Fr. de
Callières laissa une fortune {owia à' acquit . Il
la légua àTHôtel-Dieii.
Cette fonction de la plume paraît au-
jourd'hui assez bizarre, et pour être
aussi largement rémunérée devait com
porter d'autres obligations que celle ci-
dessus indiquée quoique ce fût déjà une
mission bien délicate qu'on ne pouvait
confier qu'à un homme d'une honnêteté
reconnue : contrefaire l'écriture et la si-
gnature auguste du Grand Roi !
'iuels étaient au juste les devoirs de
cette charge qui m'est révélée par l'arti-
cle de M. Forreteux .'' En trouve-ton
mention dans d'autres écrivains anciens
ou modernes .? Dehermann.
[Voilà peut-être la réponse. On lit dans
le dernier Bulletin prix marqués de Noël
Charavay :
Rose (Toussaint), secrétaire de Mararin>
puis de Louis XiV, dont il avuit la plume ;
cet exercice consistait, dit Saint-Simon, « à
imiter si exactement l'écriture du roi qu'ellç
ne so puisse distinguer de celle que la plume
contrefait », membre de l'Académie française
en remplactment de Conrart. — V. s., sur
vélin ; Paris 1'''" août 1609, i p. in-4 Rare.
Reçu donné au nom de ses petits-enfants
minsurt.j
Un poète pittoresque. — A pro-
pos de la mort de M. Georges Bussières,
président de la Chambre à la Cour d'Ap-
pel de Lyon,Z,(; Temps, dans la nécrolo-
gie qu'il a consacrée à ce magistrat, a
écrit :
Citait un poète plein de verve et un his-
torien consciencieux. Il passe pour avoir
commis dans ses jeunes années un poème
hAof-comique encore populaire au Quartier
latin.
Un' de nos collaborateurs pourrait-il
nous dire quel est ce poème héroi comi-
que et, au besoin, en faire une citation .'
1-..
Brenet. — Quelle est l'origine du
nom Brenet, très fréquent en Franche-
Comté comme nom de famille et que l'on
trouve également comme nom de pays :
Les Brenets (Jura)? M, M.
Expressions arabes courantes. —
On admettia bien que rares sont les
Français qui comprennent l'arabe et l'on
nous concédera aussi que nombreux son-
les lecteurs de {'Intermédiaire qui s'inté-
ressent aux affaires du Maroc Lst-il per-
mis de demander pour eux ce que veut
lent dire les expressions usitées tous les
jours dans les journaux ^
Voici quelques-unes qui me viennent à
la pensée, mais il y en a certainement
d'autres : Rekas, H irka, Tabor, Goum,
Oulad, Oulcd, Ben, Beni^ Souk, Oued,
Djebel, Cheik, Mehalla, Klalefa, Dar,
Magzen, Mogreb (ces deux dernières ex-
pressions ont fait l'objet d'une communi-
cation en 1903 ; nul inconvénient à y re-
venir). Petracorensis.
Nicée : sources à consulter. — On
demande de sérieuses indications biblio-
graphiques sur NicÉE, surtout au point de
vue anecdotique, mœurs et civilisation, en
dehors de ce qui a trait à l'histoire pro-
prement dite et aux Conciles. On serait
désireux de savoir s'il existe, en Grèce ou
ailleurs, des ouvrages en grec, suscepti-
bles de fournir des renseignements à ce
sujet. Le Moine Théophile.
« Dame aux camélias » Marie Du-
plessis (T. G., 239; XL; LU; LXIl,
LXIV). — Où se documenter, de façon
précise, amusante, détaillée, et véridique
sur Marie Duples^is (la Dame aux Camé
lias) en dehors des pages qui lui ont été
consacrées par le comte de Contades,
dans son livre Portraits et Fantaisies?
Le moine Théophile.
iVoir : Lij vérité sur la Dame aux Camé'
lias, Marie Du plessis {ch'-iOWenAori, 1888),
ci$^ieux livre, trop peu connu, par un témoin
de la vie de Marie Duplessis, par Romain
Vienne, la vie de la DntKÉ aux Camélias,
•ivec des portraits inédits et des ijutographes
de .^larie Duplessis et Alexandre Dumas, par
Georges Soteau (Editions delà Revue de
France. 1898. Intéressante surtout pour une
généalogie assez inattendue.]
LE COMTE DE LA MOTTE
A'oir Intermédiaire. LXVI, 345.
I
DBS OHBRCHBUK& ET CURIBUX
20 Septembre 1912
34^
346
Kcpauôeô
Le comte et la comtesse de La
Motte (T. G. 491 : LU). - U est de tra-
dition d'écrire que Jeanne de Valois-
Saint-Rémy, comtesse de La Motte —
l'héroïne de V Affaire du Collier, — née à
Fontette, le 22 juillet 1756, est morte à
Londres le 23 août 1791.
D'abord, est-on absolument certain que
la comtesse de La Motte soit morte à Lon-
dres ?
Y a-l-on relevé son acte de décès ? Une
note deCarlye l'atteste : c'est tout.
Le baron de Baye croit pouvoir dire
qu'il a retrouvé sa trace en Russie, ce qui
est conforme à ce qu'a soutenu Mme
Krudener qui prétend que la comtesse de La
Motte est morte en Crimée en 1820. sous le
nom de Madame Guacher. (V. Internié-
diaiie, (VI, 39, iiy,L, LU. 834, 957).
On veut bien admettre encore, d'une
façon générale, que, par son père, elle
descendait de Henri de Saint-Rémy, dit
de Valois, fils naturel de Henri 11 et de Ni-
cole Savigny, que l'inconduite avait ruiné
sa famille^ et .< qu'elle épousa un gentil-
homme Champenois, Marc-Antoine-Ni-
colas de La Motte, gendarme du roi >^
(H. Monin. La Grande Encyclopédie).
M. Funck-brentâno., V Affaire du Collier ,
établit cette thèse d'après divers dossiers
dont le dossier Target (Bibliothèque de la
ville de Paris).
Or, en contradiction avec ces asser-
tions, nous trouvons dans les Archives de
la police un rapport, établi à l'époque où
le comte de La Motte écrivait ses derniers
mémoires, qui met en doute l'origine no-
biliaire de l'aventurière.
Ce rapport (Archives nationales) daté
du 16 juillet 182c, est du commissaire de
police Morlot, attaché au cabinet du Pré-
fet.
Nous n'en publions que ce qui est rela-
tif à l'origine du comte et de la comtesse
de La Motte. Si ce qu'il dit sur la généa-
logie de ces personnages est sujet à cau-
tion et manque d'exactitude, les rensei-
gnements qu'il fournit sur Lamotte, « dit
Lamotte-CoUier », sont au moins des plus
curieux. Ils sont inédits, et c'est pour ajou-
ter à leur intérêt.
Nous connaissons, depuis notre enfance, le
comte Delamotte, il est notre compatriote.
et nous l'avons vu dans tout l'éclat de sa
splendeur, comme dans l'abjection où il s'est
enfoncé de plus en plus.
M. Delamotte est le fils d'un simple parti-
culier de Bar-sur-Aube, qui, après aroirfait
ses études au Collège de cette Ville, fut placé
dans un régiment de Cavalerie, au moyen
d'une sous-lieutenance que lui acheta sa fa-
mille.
Il était beau militaire, et possédait toutes
les qualités comme tous les vices pour réus-
sir dans des intrigues. En reparaissant dans
son pays natal, avec les épaulettes d'offizier,
il $e fit remarquer, et on pressentit qu'il
était destiné à jouer tôt ou tard, un grand
rôle.
En effet, ayant appris qu'une famille, nom-
mée Valois, existait misérablement dans un
petit village, nommé Fontette, à quelques
lieues de Bar-sur-Aube, il prit des informa-
tions, compulsa les registres de décès et de
naissances et en imaginant un arbre généa-
logique, il mit dans la tête du chef de la fa-
mille la Motte la vanité de s'annoncer comme
l'un des descendants ■\c l'ancienne branche
régnante des Valois. Des mémoires furent ré-
digés ; des pièces plus ou moins authenti-
ques furent produites, et le bruit qu'on avait
découvert la véritable famille des Valois ac-
quit une telle publicité que la Cour en fut
promptcment instruite, et que la reine Marie-
Antoinette voulut que l'enquête la plus scru-
puleuse eût lieu.
Le S"" Delamotte, qui tenait le fil de l'in-
trigue, avait distingué dans cette tamille
misérable, une jeune fille dont la beauté
l'avait séduit. Il se hâta de lui faire quitter
ses vêtemens de paysanne, et lui proposa
d'entrer dans un pensionnat, pour y recevoir
de l'éducation.
Cette jeune personne, ayant de brillantes
dispositions naturelles, et à qui l'on procura
les meilleurs maîtres de la Capitale, passa
promptement de son primitif état de simpli-
cité à celui d'une femme de qualité, capable
de figurer avec avantage dans la haute So-
ciété.
A peine Mlle De Valois, eut-elle acquis le
ton et les manières qu'on ne possède com-
munément qu'avec une grande naissance,
que son patron, M. Delamotte, intrigua et
réussit à la présentera la Cour de la Reine.
La jeune et séduisante De Valois plut à
Sa Majesté, qui l'honora aussitôt d'une pro-
tection spéciale, et voulut que, par des let-
tres patentes, la noble origine de cette pay-
sanne fût légalement reconnue,
A ce bienfait royil succéda immédiatement
le titre de Comtesse. La main de cette heu-
reuse créature ne pouvait appartenir qu'à ce-
lui qui l'avait retirée de sa misérable obscu-
rité. Le S"" Delamotte la demanda, l'obtint
sans obstacle, et fut ainsi fait Comte.
N«k34o Vol. LXVI.
L'INTBRMBDIAIKjS
347
348
Li vie dil tohnté fet de la Cotntesse Dcla-
□lotté àpi'èS leur èlévàlion, est devenue trop
célèbre pour être racoiué».
Toute la France et lEurojje enUèrte la
connaissent. Les compatriotes dé ces deux
personnages en gémissent, et ne peuvent en-
tendre sans indignation que M. Delamotte
cherche à soulever le voile sur des turpi-
tudes qui le flétriront h iamais, il en est un,
surtout, M. Le Comte de Beugnot, contempo-
irâin et condisciple même de cet homme, qui
connaît tout» sa vie, qui l'a vu au faîte de la
prospérité, affichant le luxfe lé plus effréné,
et qui le méprise maintenant au poilil de lui
refuser les secours pécuniers qu'il lui a ac-
cordés, pendant plusieurs années.
M. le Comto Delamotte, aj^rés l'Affaire du
Collier, s'était réfugié à Londres, où il avait
emporté des sommes colossales, qu'il y a dé-
vorées, en continuant ses prodigalités.
Il a reparu en France, au commencemeiit
du régime impérii , ayant encore quelques
débris de son an^;nrnne fortune, et qu'il a
diksijiés, sans Songer au tt'iste avenir qu'il se
préparait.
Lorsqu'il à é\é au bout dé son rouleau, il
n'a pas eu honte d'implorer là bienfaisance
de M. le Coriiic Beu^nbt, et celui-ci a eu as-
séi de liénérositc pour liai procurer des
moyens d'existence.
Pendant plusieurs années, il a été placé au
théâtre de la iPorte StMartin, alix appointe-
mens de 3000 fr. et ensuite diibs les maisons
de jeux, avec même rétribution.
Des changemens arl-ivës siiccessivenièiit
lui ont Ifait perdre ces emplois, et l'ont J-eknis
sur le pavé.
En 1816, M, Delamotte nous fut tecotn-
hiàndé et les personnages qui nous l'adressè-
rent nous iiispir ient tiop de respect, pour
que leur lecditimandation ne fût ; as pour
nous uti ordre souverain.
Nous sollicitâmes pour lui une place d'ins-
pecteur de police, et nous l'avons eu sous
ribs ordres pendant cnvlj-on 3 ans, sous le
nom dé Dehnoite (il est facile de s'eti coii-
vaincre à la comptabilité, ou au personnel)
Dans lécouis dé ses fonctions, ceDeimotte
nous a servi dans la Coiif^piration âa bord
ne l'eau, et a été a*sez fidèle dans ses inves-
tigations. Il nous a été également utile pour
découvrir beaucoup de p;imphleis, et notam-
ment le Furet et le Moniteur rovaliyle.
M. le Diic d* Caze'-, nlors Ministre de la
Police, ayant chargé rii.specttur général, de
la part de S. M. Louis XVIII, de découvrir si
le fameux Comte Delamotte existait encore,
rie fiit pas peu surpris d'apprendre qu'il ap-
partenait à la Police de Paris Le Roi en fut
informé, et ordonna (jU'on l'engageât a rédi-
ger ses mémoires, que S M voulait lire
«*crits par lui- mime Nous fûmes charj.,'és de
presieritir M. Delamotte, et nous parvînmes à
le décider à taire ce que le souverain désirait.
Mais, au bout de qiiël4ues mois, cet original
vint nous dire qu'il ne terminerait rien, si,
avant tout, on ne lui assurait pas une Pen-
sion siir là listé civile,
CetU exigeance drfplùt au Roi et à son
Ministre, et on abandonna M. Delamotte
qui, depuis lois, a végété dans la Capitale,
jusqu'au moriie t où le S"" Punisset l'a entre-
pris et livré à M. le Cte, De Pïns, chef du
Bureau particulier, sous l'administration de
M. Delaveau.
La condamna: ion de Louis X'VI
et là tranc-mâçonnerie (LXU a LXVI,
1 1, 50, 249). — Cagliostro était membre
voyageur au service des Loges ; lui-
même nous l'apprend Lors d'une excur-
sion qu'i' fit de Pologne en France, il
s'arrêta à Francfort sur-le-Mein oii il eut
des conférences avec les chefs de la secte.
Voici ce qu'il dit à l'Inquisition de Rone,
d'après les procès-verbaux officiels de ce
tribunal :
Je m'en allai à Francfort-sur-le-Mein, où
je trouvai Messieurs N, N. etN. N. qui sont
chefs et archivistes de la maçonnerie. Ils
m'invitèieiit à aller prendre le café avec eux;
je montai dans leur carrosse, sans avoir avec
moi, ni ma femme, ni personne de ma mai-
son^ ainsi cju'ils m'en avaient piié, et ils me
menèrent à la campagne, à environ trois
milles de la ville. A la faveur d'une lumière
dont ils se munirent, nous descendîmes, par
quatorze ou quinze marches, dans un sou-
terrain, et nous entrâmes dans une chambre
ronde au milieu de laquelle je vis une table ;
on l'ouvrit et au-dessous était une caisse de
fer qu'on ouvrit eiicore, et dans laquelle
j'aperçus une grande quaiitité de papiers.
Ces deux personnes y prirent un livre ma-
nuscrit, fait dans la forme d'un Misse!, au
commencement duquel était écrit : Nous,
1,'rand tnaihe des Tcm/>li-rs, etc. Ces mots
étiient suivis d'une formule de serment con-
çue :iaris les expressions les plus horribles,
que je ne puis me rappeler, mais qui conte-
iKtient l'engagement de détruire tous le:;
Souverains... Ce qu'on me dit sur le con-
tenu de ce livre, qui était écrit en françiiis.,
et le peu que j'en lus me confirma encore
que cette secte avait déteiminô de porter
ses premtirs coups sur la f-r,ince.,.; qu'ils
étaient alors au for,t de l'intrigue et que la
Société a une grande quantité d'argent dis-
perse dans les banques de l'Europe. . Enfin
ils n'offrirent des secours, en me disant
qil'ils étaient prêts à donner jusqu'à leur
sang, et je reçus de suite six cents louis.
Nous retournâmes ensuite à Francfort d'oà
je partis le lendemain pour Strasbourg,
Uha Cri£KCHjBUKiJ BT CURIEUX
20 Septembre 191a
349
350
On ne peut soupçonner Cagliostro
d'avoir voulu, par cette déclaration, se
rendre important aux yeux de l'Inquisi-
tion; c'eût été jouer trop gros jeu vis-à-
vis de ce redoutable tribunal : tout char-
latan qu'il était, son audace n'allait pas
jusqu'à le priver du bon sens et il aurait
évidemment aggravé le malheur de sa si-
tuation, s'il eût inventé cette fable.
Qlie conclure de ce témoignage de Ca-
gliostro, chez qui le jongleur ne fait que
cacher l'instrument, parfois un peu fan-
taisiste, mais toujours bien attitré, de la
franc-maçonnerie ?
Il en résulte très clairement que la ville
de Francfort était devenue, dans les an-
nées qui précédèrent notre Révolution, un
centre maçonnique, c'est-a-dire, antimo-
narchique, de première importance, un
foyer régicide très intense au milieu de
l'Europe et spécialement par rapport à la
France.
Peut-on imaginer une présomption plus
forte en faveur de la déclaration publiée
dans V Intermédiaire, par le Père Abel ?
LUNY.
Santerre et la mort de Louis XVI
(T G. 820 ; LXV; LXVI, 54). - On n'i-
gnore pas trop les Essais kistoriquess de
Saint-Foix sur Paris ; mais quel est le pari
sien de ce siècle fallacieux et progressif qui
sache que le neveu de cet agréable auteur
(qui ne voulut jamais faire ses visites pour
l'Académie), a publié, en l'an XIII, une
suite a ces essais : il s'appelait Auguste
PouUain de Saint-Foix. Or, un hasard ai-
mable me fait trouver à la page 299 du
i®"" vol. de cet ouv'rage :
Un roulement ordonné par le général en
chef de r armée de V intérieur , et par suite
par le commandani de la garde nationale
parisienne empêcha d'entendre ses dernières
paroles.
Charles- Adolphe Cantacuzène.
« *
En attendant l'article de M. Camille Pi-
tollet, notons le passage suivant qui sem-
ble appuyer sa thèse :
Santerre (le général I. L. a. s, de 1802,
adressée au citoyen Chateauneuf... Très cu-
rieux pour l'histoire de ce temps. 11 y a. au
dos, une note de Chateauneuf, dans laquelle
il prouve que ce n'est pas Santerre qui or-
donna le roulement de tambours qui coupa
sur l'échafaud la parole à Louis XVI, mais
que ce fut un ancien page de Louis XVI, gé-
néral républicain : 25 fr. 50.
C'est un extrait du catalogue de la
vente Boni de Castellane (25-50 avril
1834) communiqué par M. de Lescure
{Les Autographes et le ^oût des autogra-
phes en France et à V étranger. Paris, 1865,
P- 77)- Qu'est devenue cette lettre de
Santerre annotée par Chateauneuf.^
JOACHIM KÙHN.
Louis-P il ppe, le 24 février 1848,
s'e-t-il enfui en fiacr - ? (LXVI, 185,
296), — Ma réponse n'est basée sur au-
cune preuve, sur aucun document ; c'est
une simple anecdote entendue jadis et
peut-être publiée.
Le 24 février Louis-Philippe quitta préci-
pitamment les Tuileries avec Marie-Amélie ;
il arriva place de la Concorde où l'attendait
un coupé. Comme il approchait de la voiture,
un monsieur guilleret, empressé, s'élança et
ouvrit la portière : « Merci ! ifil le roi,
merci ! »
— « Oh ! ne me remerciez pas, sire, ré-
pondit l'inconnu ; voilà dix-huit ans que
j'attends ce moment-là ! »
Marquiset.
296). —Je signale col. 299 dans Parti-
cle signé A. B. X. une inadvertance de
plume, <s Dupont de Nemours » au lieu
de « Dupont (de l'Eure) » .
H. C. M.
Thiers et Gambetta : Un pré-
tendu mot de Thi rs sur les Alsa-
ciens (LXVI, 139,201). —Le propos
que l'on prête à Thiers sur les Alsaciens
peut n'être pas vrai, mais il ne parait
pas invraisemblable. Thiers préférait au
prestige extérieur du pays le triom-
phs de ses sentiments libéraux. Nassau
Senior, dont les intéressantes conversa-
tions sont trop ignorées en France, — je
ne vois guère que M. d'Eichtal qui s'en
soit servi dans son Tocquevitte — dînait
chez Thiers. le 1er mai 1859. La plupart
des invités, ce soir-là, souhaitait l'échec
de l'hmpereuren Italie.
Comme je m'en allais, Thiers me suivit
dans l'antichambre et nous nous promenâmes
d'un bouta l'autre, pendant une demi-heure.
« Je lui répétais ce que j'avais dit à Tar-
get. — Thiers : « C'est parfaitement vrai.
* li y â dix ans, si l'on m'avait prédit qu'un
N» 1340. Vol. LXVl
L'iNIfiKMijDiAlRB
35»
« jour viendrait où j'envisagerais avec d au-
« très sentiments que ceux de la plus vive
« amertume un échec subi par la France,
« combien me serais-je indigné contre une
« pareille supposition ! Eh ! bien, ce moment
« est venu ! »
(Conversations wtih M. Thiers, M.
Gui^ot, and other distinguished Persons
dtiring the Second Empire ; Londres
Hurst and Blackett, 1878, t. lî 23(5-240.
— Se rappeler que Nassau Senior faisait
relire à ses interviewés leurs propres pa-
roles et que Thiers corrigeait lui-même
ce qui le concernait dans ces volumes).
11 est, d'ailleurs, certain que, si nous
avions été vigoureusement battus à cette
époque, nous n'iiurions point gagné Nice
et la Savoie, mais nous n'aurions eu
contre nous, ni l'unit-i de l'Italie, ni celle
de l'Allemagne, et nous aurions écono-
misé la perte de l'Alsace-Lorraine.
Malheureusement, Thiers mêlait vite à
ses sentiments « libéraux » — d'un libé-
ralisme point du tout libertaire, — ses
rêves d'ambition et ses convoitises d'in-
tense vanité, auxquels sa duplicité per-
mettait libre eu. Lorsqu'il visita les
vieilles cours de l'Europe, en 1870, pour
les intéresser à la France vaincue, il gé-
mit en bon apôtre sur la disparition de
nôtre monarchie : « Je suis honteux de
représenter la Republique ». disait-il aux
ministres du Tsar, « c'est le plus grand
sacrifice que j'aie pu faire s mon patrio-
tisme, moi, le représentant par excellence
de la monarchie constitutionnelle >■> ! —
Mais, au directeur de la vieille et libé-
rale Revue d' Edimbourg , le D"" Reeve, le
petit homme ouvrait .le fond de son âme :
« Certainement, je suis pour la Républi-
que 1 Sans la République, qu'est-ce que
je serais, moi r Un bourgeois, Adolphe
Thiers > (Rev. d'Ed., Oct. 1898, p. 539;.
Il ne lui suffisait pas d'avoir été Premier
Ministre de la Monarchie. Et cette Ré-
publique, il la voulait pour lui tout seul
11 expli.juait à M Francis Charmes, qui
la répété souvent — notamment dans le
volume sur le Cenlenaite du Journal des
Débats — qu'un r< i peut représenter tout
son pays, mais qu'un président ne peut
représenter que son parti ; dès lors au-
tant vaut lui laisser omnipotence et cou
dées franches, pour ne lui régler son
compte qu'à Iheure de sa réélection.
Il n'est donc pas surprenant que,
3S2
et surtout
après le 24 mai, et surtout après le
16 mai, Thiers et son Dauphin Gam-
betta se soient entendus pour une poli-
tique de rapprochement avec 1 Allemagne,
afin de conserver la République. On peut
écrire probablement du premier ce
qu'une grande revue anglaise écrivait
naguère du second : « Si l'on demandait
à l'un de ses amis survivants — /V. Hé-
brard, par exemple — quelle eût été
sa décision devant l'alternative de re-
couvrer l'Alsace-Lorraine ou d'être battu
dans les conflits de l'intérieur, on obtien-
drait difficilement une ré(;onse, mais il
n'y aurait pas de doute sur sa nature »
[Qttarierlv Review., octobre 191 1). Le
journal du Prince de Hohenlohe est abon-
damment explicite a cet égard : Thiers et
l'ambassadeur d'Allemagne étaient de-
venus inséparables. Qiiand le Prince di-
sait à notre ministre des Affaires Etran-
gères : « Je vais chez M. Thiers ?>, le
Duc Decaze répondait ;.« On dit que vous
n'en sortt^ pas »> (9 janv. 1877.) ^^
pense bien que les deux Gaspards ne se
réunissaient point pour gémir sur les
malheurs de l'Alsace ; au contraire, Thiers
se montrait plein de reconnaissance pour
les bons offices du Prince de Bismarck,
lors du traité de Francfort : « Je ne dis
pas cela à mes compatriotes qui trouvent
qu'on a été beaucoup trop dur? » (16
juillet 1874 : ces phrases sont en français
dans le texte) Et Bismarck, qui « gouail-
lat >^ Thiers impitoyablement dans l'in-
timité, le soir ou il apprit la mort de
l'ex-Président, crut devoir proposer à sa
maisonnée de boir^; silencieusement un
verre à la mémoire de cet excellent colla-
borateur (5 sept. 1877) — Prositl
Je souhaiterais, à mon tour, poser une
question.
Quelques mois après la guerre, un de
mes plus intimes camarades de classe,
fils d'un Inspecteur des Ponts-et-Chaus-
sées, se préparait à la Cour des Comptes,
où, du reste, les circonstances ne lui
permirent pas d'entrer. Il avait, comme
les autres candidats, l'autorisation de
compulser les dossiers pour se former à
la carrière. Un matin, je le trouve dans
%a chambre, devant quelques feuilles de
papiers couvertes de chiffres. 11 venait de
mettre la main sur le dossier de Thiers
et d'en tirer des notes curieuses que je
regrette infiniment de n'avoir pas co-
t
M
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Septembre 1919
353
354
piées, puisque les pièces officielles de-
vaient être jetées sous le pilon. Je passe
sur les observations de la Cour relatives
aux dépenses excessives de Thiers pen-
dant sa mission de 187071. La Cour
était dans son rôle de les faire ; il serait
puéril de s'y arrêter dans le formidable
gaspillage d'alors. Mais voici un trait de
caractère. L'Assemblée Nationale avait
voté un million pour reconstruire l'hôtel
de Thiers, rasé par la Commune. Mon
ami avait relevé minutieusement les dates
et les modalités des versements faits pour
cette indemnité. Il établissait que, par
divers artifices de trésorerie. Thiers avait
dû toucher 12 à 1.300.000 francs, c'est-
à-dire, reconstruire son hôtel et garder le
million net en poche. Or, c'était le
temps où ses journaux faisaient campa-
gne contre les Princes d'Orléans, cou-
pables à ses yeux de réclamer ceux de
leurs biens confisqués par Napoléon III,
qui n'avaient pas encore été aliénés.
Il y a quelques années, je causais de
cette histoire avec un conseiller à la
Cour des Comptes. <% Mais >>, me dit-il,
« ce sont des choses bien connues ». —
Si connues que cela ? Un intermédiai-
riste pourrait-il en indiquer une preuve
écrite .? Trop de faits curieux tombent
dans l'oubli de l'histoire, faute d'avoir
été relevés à temps, quand « tout le
monde » les connaissait !
Britannicus.
Femmes à destination de Mada-
gascar en 1666 (LXVI, 235). — Les
femmes dont parle Souchu de Rennefort
dans son Histoire des Indes Orientales, et
qui turent embarquées avec des colons à
destination de Madagascar, provenaient
sans aucun doute de la Salpêtrière.
Cet établissement fondé en 1656, sous
le nom d'Hôpital général, réunissait à cettp
époque tous les services affectés à un
hôpital et servait en même temps de mai-
son de correction pour filles.
Les notes suivantes extraites du Petit
journal du 11 septembre 1903, qui les
reproduit d'un de ses confrères, sont très
affirmatives sur ce point.
De VEcho de Paris :
Les Anglais n'ont décidément rien innové
en s'efforçant, pendant ces dernières années
et encore actuellement, d'expédier dans le Sud
de l'Afrique leurs nombreuses fîlies et femmes
à inarier.
M. Tesson, le savant archéologue parisien,
vient de retrouver, dans l'ancien reefistre de
l'Hôpital général, qui échappa par hasard aux
incendies de 1871, quelques indications bien
curieuses sur l'envoi des filles de la Salpê-
trière dans les colonies, vers le milieu du
règne de Louis XIV.
On sait qu'à cette époque la Salpêtrièie
contenait, dans l'un de ses quartiers, sur-
nommé plus tard la « Prison de la Force »,
des filles absolument incorrigibles. C'étaient
celles-là qui étaient expédiées aux colonies,
oij, disait on alors comme aujourd'hui, « elles
pourraient faire des mariages avantageux ».
Voici quelques-unes des notes retrouvées
dans l'ancien registre :
21 octobre 1680. — Mlle la supérieure a
disposé toutes choses pour l'envoi de 106
tilles en Amérique. On l'a priée de tâcher
d'en envoyer 150.
4 novembre 1680. — 128 fillcs sont em-
barquées au Pont-Rouge pour aller au Havre,
et de là être envoyées à la Martinique.
il y £ un autre envoi à Saint-Domingue.
Et enfin cette note touchante :
30 septembre 1680 — La sœur Saint-Jo-
seph, qui a mené autrefois les filles à Mada-
gascar, étant de retour, a été reçue à la mai-
son ; elle aura chopine de vin par jour, à
cause de son infirmité il!
Il est fort probable que les femmes ou
filles qui prirent place le 14 mars 1666 à
bord d'un des navires que comm.andait le
marquis de Mondevergne furent expé-
diées à destination de Madagascar et ce
sous la surveillance de la sœur Saint-Jo-
seph qui les accompagnait.
L. Capet.
La poste aux chevaux de Hou-
dan (LXVI, 236). — Les anciens livrets
de postes donnent tous Houdan comme
bureau. De plus, il est encore désigné
comme poste dans le Poiiillé de Chartres
de 1738, où l'indication est donnée pour
écrire ou aller dans toutes les cures.
Maulette a bien, en effet, une ferme,
mais c'est l'ancien château du lieu, qui
fut habité depuis les premières années du
xvii* siècle et jusqu'à ces dernières an-
nées par la famille des Petau de Maulette.
La fille de Salomon de Brosse, l'architecte
de Henri IV, était femme de Gédéon de
Petau de Maulette, vers 1630. L'ancienne
poste de Houdan, se trouvait où est la
gendarmerie actuelle, au n*^ 4 de la rue de
Paris.
N- 1340. Vol. LXVI.
L'INTBKMÉDIAIRB
^-î";
3^6
Les voitures à destination de Mantes ou
de Cherbourg, retournaient à qi^elques
centaines de mètres vers Paris, pour re-
prendre la route, près de Maulette, mais
encore assez loin. Le dernier maitre de
poste se nommait Davoust.
E. Grave.
9
Les Guise, descendants des Caro-
lingiens (XVll; LXVI, 33) - Cette
prétention est connue et avait cours au
temps de la Ligue. Je ne pujs ni la soute-
nir, ni la combattre, mais je crois qu'on
trouvera d'utiles indications dans ce
qu'on connaît sous le nom de Mémoir€%
de CcnJé, 6 vol. Paris, 1743. Le 6« vo-
lume doit contenir, dans une pièce qui a
pour titre : Dom Claude de Guise, la ré-
futation de la haute origine des Guise. Je
n'ai pas l'ouvrage sous la main et ne puis
en dire davantage. E- Grave.
• *
[La question avait été posée déjà XVII,
673 : elle n'avait pas eu de solution].
* *
Alexandre Dumas, dans son roman La
Dame de Monsoreau, parle de ces préten-
tions des Guise (voir, édition Michel Lévy
1864, vol. 1, pages 248 et 249).
Voici la filiation donnée par Dumas :
Ranier, premier duc de Lorraine, contem-
porain de Charlemague.
I I
Guilbert son fils, vleuxiènie duc. Ricin
I
Henri 3on tils, troisième duc,
I
Bonne
épouse Charles connu sous fe nom de Char-
les de Lorraine, fils de Louis IV, roi de France,
tige des maisons de Lorraine et de Guise
Or, Charles de Lorraine était héritier de
la couronne de France à la suite de la
mort de ses frères Louis V et Lothaire.
Par suite, les ducs de Lorraine seraient les
seuls descendants directs des Carlovin-
giens et les héritiers légitimes de la cou-
ronne de France.
je ne sais où Dumas a puisé ces rensei-
gnements. D'ordinaire la partie historique
de ses romans est tirée de mémoires an-
ciens, mais dont l'authenticité est souvent
douteuse. C. N.
Les Mémoires de Kûss CLXVI, 9c,
155). — ](' mètais, en effet, trompé en
notant que Kùss avait laissé des mémoires.
En lisant la question d"A. B., je me rap-
pelai avoir parcouru, en son temps, un
récit très circonstancié de Vlnnniïiation en
question ; je crus devoir l'attribuera Kiiss
lui-même. L'article de M. Paul Muller,
inséré dans Vlnieimédtaite du 30 mai, et
qui me parvint seulement alors que j'avais
expédié ma petite note, a précisé mes
souvenirs : c'étaient les mémoires de
Schneegans, et non celles de Kiiss que
j'avais lues. - Je prie donc mes con-
frères d'excuser ma confusion.
JOACHIM KiiHN.
Marquis de Saint-Maurice, am-
bassadeur (LXVl, 281'. — Le marquis
de Saint Maurice, ambassadeur du duc de
Savoie près de Louis XUl et de Louis XIV,
se nommait : Charles Chabod, marquis
de Saint-Maurice.
MiGOBERT.
Stendhal et les Lyonnais (LXVI,
189, 214). — Notre note sur Stendhal
nous a valu trois mentions honorables
dans la Presse quotidienne de Paris {Jour-
nal des Débats du 13 août 1912 : Stendhal
elles Lyonnais-, Gil Blas du 23 août 1912 :
Marchand de fer, par M. Jean Pellerin ;
Les Nouvelles des 23-24 août 1912 : Mar-
chand de fer) et un blâme dans V Intermé-
diaire. Nous ne savons si les premières
sont méritées. Le second ne l'est, à coup
sûr, point du tout. Que M. Victor Giraud
daigne donc se reporter d'abord à l'article
précité de la Revue des Langues Romane*
(à laquelle nous n'avons jamais prétendu
qu'il ait collaboré^ et il y verra, avec
l'exacle référence bibliographique, la
preuve irréfutable que l'erreur que nous
lui reprochiori3 est de lui, et de nul autre.
Ou bien récuserait il aujourd'hui la pater-
nité de la Table alphabétique et q\ialytique
des Portraits littéraires, Nouveaux Lundis
et Portraits Contemporains de Sainte-Beu-
ve, publiée sous son nom en 1903?
Camille Pitollet.
Michel Sublet (LXVI, 237). — Mi-
chel Sublct est de la famille des Sublet
des Noyers et d'Hendicourt. C'est le fils
de Michel d'Hendicourt et de Marie Bou-
lier. Celui-ci est originaire de Blois, et fut
intendant et contrôleur des finances. Son
fils Michel fut abbé de Vendôme en 1615,
DB6 CHKRCHEUHS BT CURIEUX
3S7
et de Ferrières. Il mourut à Blois au mois
d'août 1649, et non eu 1643, suivant le
P. Anselme, où je puise ces renseigne-
ments. Moréri n'a pas parlé de ce Sublet.
E. Grave.
On trouvera des renseignements histori-
ques sur iylichel Sublet, abbé de la Trinité
de Vendôme, qui mourut à B}ois, non en
1643, ainsi aue le disent les auteurs, mais
bien le 7 août 1649... en consultant |es
ouvrages suivants : Gallia ChiUtiana,
VIII, p. 1379. — Abbé Simon, Hi:toire de
Vendôme et Je ses environs, 11, pp. 374 à
382. — Abbé Ch. Métais, Ùartulaire Je
l'Abbaye Cardinale Je la Trinité de l^en-
Jôme^ Chartes 840, 841, 842 et 856, et t.
IV, Charte 977, pp. 200, looo, et looi. —
Et encore les Notes manuscrites de l'éru-
dit M. Adrien Thibault, à la Chaussée-
Saint-Victor, près Blois.
St- Venant.
Portrait de Pascal par Philippe
de Champaigne (LXVI. 287^. Sui-
vant M. A. Gazier {Les artistes célèbres,
Philippe et Jean-Baptiste de Champaigne,
Paris, librairie de TArt, 1893) ce portrait
n'a jamais été fait par Philippe de Cham-
paigne.
M. Gazier s'explique ainsi à ce sujet,
p. 44 :
L'on ne saurait dire pourquoi il n'a pas
été fait, sans doute l'auteur des Provinciales
et des Pensées poussait l'esprit de pénitence
aussi loin que possible et si les balais iui
semblaient des meubles inutiles, il jugeait
sans doute que les tableaux ne devaient point
paraître chez un chrétien mortifié, Pascal re-
fusa toujours de se laisier peindre. Mais
Pascal mort appartenait tout entier à sa fa-
mille et à ses amis ; son visage fut moulé
(ce précieux moulage e.xiste encore, h' Art en
a donné une reproduction photographique îl
y a quelques années). Un portrait fut exécuté;
mais Champaigne n'en est pas l'auteur. C'est
là un de ces petits mystères que la science
coniemporaine voudrait pouvoir.
P.C.
Dehfrmann.
Pradier. Sa descendance (LXV ;
LXVI, 21 j. — Madame Drouet. — On
n'ignore pas que Pradier était l'amant de
Mme Drouet qui devint la fidèle maîtresse
de Victor Hugo.
30 Septembre 1912
35? .
Elle avait été le modèle du sculpteur.
Ils eurent une fille, Claire morte jeune,
La liaison de Victor Hugo avec M™' Drouet
n interrompit pas les relations - au moins
aflectueuses — du sculpteur et de son
modèle.
La lettre suivante a été écrite deux ans
après qu'eut commencé la liaison Hugo.
L'artiste s'est résigné à la séparation. Et
de l'amour il ne reste plus que l'amitié.
La lettre est inédite. M. Noël Charavay
veut bien nous la communiquer :
Chère Juliette,
Je viens par hasard de trouver un petit
billet chez le portier, car il faut te dire que
n'ayant plus rien à faire que je bats le pavé et
l'Exposition jusqua dans ses plus petits
coins ; j'ai été chez toi l'autre jour, le portier
ma dit que tu venais de softir, j'étajs avec
Chaponnière qui v^ mieux.
J'espèrecjue tu^epoite bien, j'espère cepen-
dant t'al|er voir car chez moi je n y suis que
pour dormir jusqu'à ce que les travaux revien-
nent. J'irai voir Claire demain. Adieu.
T. à toi.
J. Pradier.
La carrière médicale de Flaubert
T. G. ^t. XX. XXI). — M Ren^'Des-
fharmès publie, dans le Mercure de
France (i" septernbre 1912), une élude
très documentée sous ce titre Les connais-
sances médicales de Flaubert ». Il soutient
que Flaubert, contrairement à l'opinion
adoptée niême par des écrivains spécia-
listes, n'a jamais fait d'études médicales.
André Villoteau (LXVI, 142). —
Villoteau fait partie du groupe de savants
et d artistes, que Bonaparte emmena avec
lui en Egypte. A titre de compositeur il
fut membre de l'Institut du Kaire et de la
Commission des Sciences et-Arts.
A son retour, il publia (dans le grand
ouvrage sur VEgypte, je crois, alors, di-
rigé par Jomard, l'aîné) d'intéressantes
Recherches sur les iVlusiciens et les ins-
truments de musique, chez les Anciens.
Son portrait, de profil a été dessiné et
gravé par Du Tertre, pour sa collection
de portraits des Membres de l'Exposition
d'Egypte. De ce portrait, l'eau-foi^te ori-
ginale de Du Tertre, seule est recher-
chée. Il se retrouve dans la collection, sj
fâcheusement *< ombrée » au burin, de
cçs mêmes portraits, pour XHistoire
N» 1340. Vol.
LXVI.
- ?59
L'INTERMEDIAIRE
scieniijiçue et militaire de V Expédition
d'Egypte, de l'éditeur Denain. Paris, 1820-
36, 10 in-8° et 2 atlas, grand in-4«
oblong.
Les amateurs de Costumes pourront
remarquer la casquette, — une fameuse
casquette ! — dont est coiffé, dans ce por-
trait, Villoteau. Haute et carrée de forme
et quelque peu « cambossée », avec un
large bandeau en fourrure de panthère et
une vaste visière, protectrice contre le so-
leil d'Afrique, elle est, assurément, d'un
type qui ne se voit pas tons les matins.
Alexandre Boucher, le célèbre violo-
niste (ancien premier, violon, je crois, à
la Gourde Russie) retiré à Bourges, dans
sa vieillesse, il y a bien de cela, pour le
moins, soixante ans, portait, les diman-
ches, à la musique militaire du jardin pu-
blic, de hauts képis, bossues, chamarrés
d'or, qui rappelaient par leur excentricité,
la casquette, ultra-fantaisiste de Y Egyp-
tien Villoteau.
Les Musiciens, dans leur mise, seraient-
ils donc, tous, pour le panache ?
Ulric Richard-Desaix.
Famille deMontsaulnin (LXVI,i9o,
313). — Aimée de Montsaulnin doit être
un des dix enfants de François de (Mont-
saulnin -J- 1 574, seigneur de Cancelles, etc.
et de Catherine de Fontenay. Deux des
filles Yolande et Claude furent successive-
ment Abbesses de Crisenon.
L. C. D. L. H.
Famille de Marie Angélique Wal-
lon (LXVI, 191). — Armes
hande de gueules. (Rietstap).
d'or à
NlSlAR.
la
Zola : « La genèse du Rêve »
(LXV, 193). — Quand ondispersa la bi-
bliothèque d'Emile Zola, on trouva un
bréviaire du milieu du xv" siècle, exécuté
pour Pierre de Carmain de Nègrepelisse,
qui fut abbé de Moissac, de 1449 à 1483.
Manuscrit très beau, enrichi de près de 100
miniatures, avec encadrements et lettres
ornées ; il a été vendu 4.700 fr.
Voici son histoire :
Lorsque la fortune lui arriva, M. Emile
Zola se sentit pris d'un goût très vif pour
la brocante.
Un certain jour, qu'à l'Hôtel Droiiot
on mettait aux enchères des bibelots du
360 ■
moyen-âge dont il était assez friand, un
libraire — n'était-ce pas M. Honoré Cham
pion ? — qui l'avait connu petit commis
chez Hachette, à ses débuts, et avait con-
servé avec lui son franc-parler, lui poussa
le coude.
— Monsieur Zola, lorgnez-moi donc
ce manuscrit, il est superbe. Ce serait
une belle pièce dans votre collection
moyennageuse.
Le romancier feuilleta le bréviaire : les
enluminures l'amusèrent, il fut acquéreur.
La possession du chef-d'œuvre lui coûta
deux mille et quelques cents francs.
11 s'en alla, son bréviaire sous son
bras.
— Vous voilà dehors avec un livre de
messe, cela vous change, lui dit son li-
braire. Que vont penser tous vos Rou-
gon ? Car, à vous dire vrai, vous êtes
tombé dans la forêt sociale, sur un fichu
arbre... Est-il assez pourri le tronc des
Rougon-Macquart !..-.*•
Emile Zola fuyait la discussion ; il sou-
rit de cette mercuriale, tendit la main au
critique et s'en fut a Médan, avec le ma-
nuscrit de Pierre Carmain de Nègre-
pelisse.
Il faut croire qu'il le contempla, avec
une ferveur croissante, puisqu'il en résulta
un miracle : sur l'arbre tourmenté des
Rougon, aux poussées vénéneuses, une
branche fleurit, d'où tombait une ombre
mystique.
C'était le Rêve.
Qiii lui en donna l'idée ? Ce bréviaire
que, sur un conseil de libraire, et sans en-
thousiasme, il avait acquis à une vente
publique. Ces délicates et pieuses images
l'avaient jeté dans un monde où il péné-
tra avec une émotion nouvelle.
Relisez le /?^T'<f, vous y trouverez la
description si exacte du manuscrit, que
M. O.-r.ont n'aurait pas, à coup sûr, été
plus fidèle.
Le volume parut : Zola se hâta d'en
envoyer un exemplaire au libraire, son
confident de THôtel Drouot. Sur la pre-
mière page, rompant avec la pratique de
ses dédicaces banales, il écrivit : « En
souvenir d'une conversation ». C'était
l'aveu que le Rêve était sorti du bréviaire
de Moissac.
Le miracle devait avoir une secoi de
partie : l'entrée à l'Académie française ;
mais, sur ce point, il ne se réalisa pas.
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
361
Titres sousTancien régime (LXVI,
7 1 , 93). — Les exemples de titres de mar-
quis, comte, vicomte, etc., pris sans au-
torisation régulière et admis sans contes-
tation sous l'ancien régime, peuvent être
fournis en grand nombre.
Ainsi, chez les Chastellux, très ancienne
famille bourguignonne. Les titres ordi-
naires des Chatellux, étaient comtes de
Chastellux, vicomte d'Avallon, barons de
Quarré les Tombes. Le roi Louis XIII avait
érigé en comté, en faveur de l'un d'eux,
la vieille baronnie de Chastellux qui leur
était arrivée par héritage de la r« maison
de Chastellux ; la vicomte d'Avallon
qu'ils possédèrent durant des siècles,
provenait d'une acquisition et la vieille
baronnie de Quarré figurait dans leurs
possessions depuis un temps immémo-
rial.
C'était ce que j'appellerai des titres de
bon aloi et jusque vers la fin du xvi« siè-
cle, ils n'en portèrent point d'autres.
Mais Olivier d'une branche cadette
ayant hérité de la seigneurie de Cou-
langes-la- Vineuse, devint le baron de Cou-
langes et mourut en 157=). Dans la même
branche, Alexandre porta le même titre,
François, son fils, tué en 1674, au combat
de Sintzheim, s'appelait le marquis de
Coulanges Guillaume-Antoine est dit
aussi (1707) marquis de Chastellux, titre
qu'il quitta en devenant le chef de sa mai-
son après la mort de son frère (1718). Il
est alors le comte de Chastellux.
Après lui, ce fut l'académicien qui com-
battilen Amérique aux côtés delà Fayette;
né en 1734, il mourut en 1788 II porta le
titre de Chevalier xie Chastellur. avant de
prendre celui de marquis.
Philippe-Louis de Chastellux (1726-
1784) prit d'abord le titre de comte de
Beauvoir. Beauvoir était le nom primitif
de sa famille. Il s'appelle ensuite le mar-
quis de Chastellux Changy Roussillon par
suite du testament du dernier des Changv
Roussillon, mort en 1772, qui lui laissa sa
fortune, à condition qu'il prendrait son
nom et ses armes.
C'est lui dont M. Frédéric Mas5on a
fait un Chastellux Changy-Châtillon dans
un article, du reste fort intéressant, sur le
rôle de la franc-maçonnerie lors du retour
en France de Napoléon, prisonnier à Lile
d'Elbe II ne se maria point et ne put, par
suite, être le beau-père du général de La- i
20 Septembre içia .
362
bédoyère. Ce fut son neveu. L'éminent
académicien a parfois de ces petites dis-
tractions.
On pourrait citer bien d'autres familles
où les choses se passèrent de la même fa-
çon.
Mais l'auteur de la question a sans
doute surtout en vue des familles de
bonne souche de vieille noblesse, mais
n'ayant jamais possédé de terres titrées.
Il serait facile d'en citer plus d'une à qui
le titre de comte, tout particulièrement,
fit plaisir, qu'on leur laissa prendre et que
leurs descendants portent toujours. .V.ais
ne serait-il pas un peu délicat de citer ces
familles ? S. G. L.
* *
Dans le n° du 30 juillet, « Bellechasse »
reproduit un extrait d'un article du 30 no-
vembre 1905 et demande si sous l'Ancien
Régime les titres de noblesse faisaient
l'objet d'une concession régulière.
Tout d'abord on peut dire qu'en fait de
noblesse, d'anoblissements, d'appellations
ou de titres nobiliaires, il est impossible de
donner des règles rigoureusement abso-
lues s'appliquant à toute la France et à
tous les siècles Les usages suivis en
ces matières ont varié de province à pro-
vince jusqu'à en être contradictoires.
C'est ainsi qu'anciennement en Cham-
pagne la femme noble qui épousait un ro-
turier anoblissait ses enfants, tandis que
d'une façon générale il était admis que le
ventre n'anoblissait pas. C'est ainsi qu'en
Béarn, Navarre et toutes régions avoisi-
nantes, l'édit de 1579 était demeuré plus
ou moins lettre morte ; l'usage'y avait
persisté que le possesseur d'une maison
noble, d'un fief, quelle que fût sa nais-
sance, soit admis a jouir de tous les pri-
vilèges de la noblesse d'ancienne extrac-
tion, et c'est de cette manière qu'une fa-
mille, aujourd'hui ducale, y naqui!: à la
noblesse en 1640 par l'acquisition d'un
àef (Voir Les Trois Mousquetaires par ].
de Jaurgain, avant- propos, page VI).
Le temps, lui aussi, renversaitles règles:
au Moyen Age l'expression *< sire » s'ap-
pliquait aux puissants seigneurs terriens,
plus tard, employée seule, elle fut réservée
au Roi tandis que suivie d'un nom propre
elle ne désignait qu'un individu de la
plus basse classe, Dans des réponses pa-
rues ici même l'an dernier (LXIV, 221 et
suivantes) j'ai indiqué combien le terme
N 1340, Vol. LXVI
L'INTERMÉDIAIRE
363
364
de « noble homme» avait changé de sens.
Après avoir été au Moyen Age indicatif de
noblesse, il avait ensuite perdu de sa va-
leur, plus ou moins suivant les provinces,
jusqu'à devenir souvent exclusif de no-
blesse, mais pas toujours, puisqu'on trou-
vait « noble homme etécuyer. »
Ces réserves faites, on peut essayer de
donner des indications générales. Mais
jamais il ne faudra perdre de vuç la fré-
quence des exceptions. En doit-on con-
clure, suivant l'adas^e connu, que la règle
s'en trouvait confirmée ? C'est fort dou-
teux. Je crois, au contraire, qu'à la fin de
l'Ancien Régime les règles présidant à la
naissance des titres étaient souvent vio-
lées.
Les annuaires mondains sont, aujour-
d'hui, remplis de titres pour la plupart
irréguliers ou {aux. 11 n'est pas prouvé
que sur cinquante il y en ait un de rigou-
reusement, vrai, exact, régulier et au-
thentique. Régulièrement les titres ne
sont iransmissibles que de mâle en mâle
par ordre de primogéniture ; ils sont indi-
visibles. Telles étaient les lois aux temps
où ils furent créés, telles elles sont en-
core aujourd'hui ; l'art. 259 du Code Pé-
nal n'est point abrogé. Si une famille n'a
qu'un seul titre, il appartient exclusive-
ment à l'aîné. Les cadets, ou les branches
cadettes, n'y ont aucun droit ; en le pre-
nant ils commettent un faux. Et il ne suf-
fit pas aux cadets de faire précéder de,
leurs prénoms les titres qu'ils, s'adjugent
pour faire disparaître l'illégalité, ils la
soulignent au contraire. Et sauf excep-
tion fort* rare, les barons Jean, Jacques,
ou Gaston, les comtes Pierre, Paul,
Henrj ou Io>eph n'ont aucun droit aux ti-
tres dont ils se parent, comme le geai de
la fable.
Que voit-on pour les titres de Duc et
pair ^ » Non seulement l'octroi du titre et
la constitution d'un duché, mais encore
l'enregistrement pour que le titre ait une
vie officielle. Je sais bien qu'on pourra
objecter le droit des pairs d'entrer au Par-
lement et leur situation toute spéciale. Il
n'en est pas moins vrai que l'enregistre-
ment fixait seul l'ordre d'ancienneté et
que plusieurs célèbres querelles de pré-
séances vinrent de ce fait qu'une famille
ayant reçu apre<; une autre le titre ducal,
prenait cependant le pas sur la première
parce qu'avant celle-ci elle avait fait en-
registrer ses letties patentes. Le duché de
Brancas érigé en 1627 ne fut enregistré
qu'en 1716, et c'est à cette date seule-
ment, d'après les Almanachs royaux, que
les ducs de Villars-Brancas prenaient rang
parmi les pairs. Les Mortemart, créés
ducs en 16^0, ne furent enregistrés que
le 1 5 décembre 1663 .
Pour les simples gentilshommes rece-
vant un titre il y avait bien et réellement
octroi officiel et la trace s'en rencontre
d ,ms les généalogies Bien plus, il y avait
même proclamation publique. Chacqn
sait combien, dans la France si religieuse
de jadis, le prône, à la messe paroissiale
du dimanche, servait à faire de commu-
nications qui n'avaient rien de commun
avec la religion, comme par exemple des
réunions de fiefs et des érections de terres
en comtés ou haronnies.
C'est une grande erreur dépenser que
les vrais nobles ne S'e"Souciaient pas des
concessions régulières de titres. Voici
pour PAvrachin, deux exemples qui in-
diquent le contraire. Dans un opuscule
sur la baronnie et les seigneurs de Do-
riere, feu le savant M. A. de Tesson a
publié in-extenso les lettres patentes d'érec-
tion de cette baronnie. On y lit :
Louis parla grâce de Dieu Boy de France
et de Navarre ^ tous présens et à venir Salut,
scavoir faisons que nous ayaiis rais en consi-
dération les louables vertus et noblesge qui
sont en la personne de notre amé et féal
gentilhomme ordinaire de notre chambre
Jacques Advenel, escuier, s'' de Chaliandrey
et avec quel zèle et affection il s'est toujours
employé. .. que nous avons jugé raisonnable
de luy laisser et à sa postérité quelque ac-
croissement d'honneur... Pour ces causes et
aultres à ce nous mouvans, asseuré que nous
sommes que ledit s' de Chaliandrey a biens
et revenu suffisant en fonds de terre pour en-
tretenir l'estat et dic;nité de baron, avons de
notie grâce spéciale, plaine puissance et au-
thorité royalle les dits fiefs de Bouffiny, la
Lande, de Dorières, hault et bas Surlair, du
Boisguillaume, Islet de la Sulmonnière et le
manoir du bourg St Laurens avec toutes leurs
dépendances uniz et incorporez en un seul
fief qui sera appelle comme dict est le fief de
Jorieres, créé , eslevé, érigé, créons, esle-
vons et érigeons par ses piésentes signées de
notre main en dignité tiltre, nom et prîémi-
nance de baron' pour et jouir et user dores-
navant pl,iinernent paisiblement et à jamais
audit tiltre de baron par ledit Jacques Adve-
ne) ses «uccesseurj et ayanj cause, leqi^ej
DBS chbr<:hburs et curieux
30 Septembre 1919
^6:;
nous vousions estre perpétuellement censé
réputé et appelle le baron c|e Dorières...
sans touteffois que pour lacjite mutation de
tiltre et qualité lesdits vassaulx et tenanciers
soient tenvz à aultres charges et debvoirs
que de ceux quilz ont esté jusques à présent
et à la charge que la justice qui sera exercée
par les olïiciers du dit s"" baron se tiendra au
lieu accoustumé dont les appellans ressorti-
ront par devant les mesrnes juges ou ilsdoib-
vent ressortir et que pour raison de la pré-
sente érection il ne sera rien innové en la
justice et droict d'aulti uy ny gaux nôtres. Si
donnons mandement à nos amez et féaux
Conseillers lesger.s tenans notre cour de par-
lement et chambre de nos comptes à Rouen,
viscomte dudit Avranches ou son lieutenant
et à tous aultres noz justiciers et officiers
qu'il appartiendra que de nos présentes unions
de fiefs et création de baronnie de tout le
contenu cy dessus ilz facent jouir et user le
dit s' baron de Dorières.., Donné à Chan-
tilly au mois de septembre I,an de grâce
1633 et de notre règne le vingt quatrième.
Signé : Louis,
contresigné : Duhamel.
Le 12 juin 1715, Emmanuel du Ques-
noy fit faire lecture et publication des
lettres patentes portant érection de la ba-
ronnie du Quesnoy en marquîsat {Chr.
Avr. p. 226 227).
On voit donc que les titres réguliers
avaient une naissance très officielle. Mais
comme il y eut toujours des enfants légi-
times et des enfants naturels, de même il
ne manqua jamais de gens fort enclins à
se passer de l'intervention de la puissance
légitime. Ils se titraient eux-mêmes,
c'était plus simple. D'autres ayant^ acheté
une terre titrée auparavant en faveur
d'une famille toute différente en prenaient
la qualification. Ce n'était peint régulier
mais se faisait beaucoup au xviii'. Et le
nombre des titres dont la naissance se
trouve ainsi frappée de bâtardise est in-
calculable.
L'origine de l'abus est ancienne.
Dans la Revue dei> Deux-Mondes du
!"■ octobre 1910, p. ^28, M. G. d'Avenel
cite le cas de Jean Bertin, bourgeois de
Péngueux, qui, enrichi dans la fabrica-
tion du fer, acquit en 1730 de la descen-
dance de Brantôme le domaine de Bour-
deilles et prit les titres de comte de
Bourdeilles
niier baron de Périgord
Un autre auteur (M. J. de Bonnefon,
p. 61 de la Noblesse de France et Ub Ano-
366
seigneur de Brantôme et pre-
blis de la République) raconte que dès
1671 il y eut un procès entre le maréchal
duc d'Humières et une famille du Rouer-
gue qui s'appelait originairement Ulmiè-
res, puis Umières, puisenfin Humières.
Le Dictionnaire de Trévoux, édition de
1732 (t. V, colonne 246) constate que
Si l'on compare notre siècle avec les pré-
cédens, on verra que les litres étaient fort
rares et que personne n'était assez effronté
pour prendre ceux qui ne lui appartenaient
pas : aujourd'hui chacun se les attribue tels
qu'il lui plaît.
Et il continue :
Aujourd'hui on prodigue les titres à tous
les gens en crédit.
Du haut en bas de Vécjielle gociale, du
roi au bourgeois, le besoin de titres ou de
décorations n'a cessé de s'accroître avec
les siècles.
Au moyen âge le titre de « Majesté »
était réservé à l'Empereur, 11 ne devint
d'une courante appellation pour le roi de
France qu'à partir d'Henri. Il Au Con-
grès de Munster, en 1648, les ambassa-
deiifs de l'Empereur ne voulaient donner
au roi de France que le titre de sérénité.
On trouve des piècesduxiv» siècle oii Char-
les le Bel est appelé Monsieur le Roi. Ne
disait-on pas Madame la Vierge en parlant
de la mère de Dieu ?
Titres ou qualifications, les usurpations
en ont toujours abondé.
D'oLi la nécessité des « Reformations »
impuissantes d'ailleurs à tout remettre en
place.
Ce serait un curieux ouvrage qu'un no- -
biliaire n'acceptant que les pièces et docu-
ments authentiques, conçu cependant dans
un esprit libéral et largerrient ouvert de
façon à admettre plutôt quelques préten-
tions d'une douteuse légitimité que de
s'exposer à repousser certaines familles
que les malheurs des temps ont pu priver
de certains documents importants.
Quelles différences entre ces listes de
vraies et authentiques gentilshommes et
les nomenclatures des annuaires mon-
dains !
On y verrait sans doute figurer en
bonne place quelques familles qui n'ont
plus peut-être la situation nobiliaire à la-
quelle leur donnent droit les services de
leurs a^■eux. Mais, par contre, que d'ab-
sences 1 Combien de noms que l'audace
N* 1340.
Vol. LXVI.
367
L'INTBRMÉDIAIKB
368
et la fortune de leurs porteurs font pren-
dre pour authentiques et qui ne sont que
des larcins ou des plagiats ! Combien de
bourgeois à particule et armoiries qui se
disent nobles (et se croient tels de bonne
foi peut-être) ! Combien de parvenus,
considérés comme de la meilleure société.
Combiens de noms remanies et allongés
par la grâce du Conseil d'Etat ! Autant de
catégories que l'examinateur le plus large
et le plus facile ne pourrait admettre car
les roturiers authentiques sont nombreux
parmi ceux qui ont aujourd'hui la préten-
tion de représ'^nter l'-îristocratie fran-
çaise.
Mais, même en s'en tenant à la no-
blesse authentique, que de prétentions à
restreindre : que de titres à enlever, que
de généalogies à raccourcir de plusieurs
siècles, que de familles à taire passer de
la classe des anciens nobles dans celle
des anoblis !
G. DE La Véronne.
Ex-libris de la famille Gallery
(LXVI. 289). — Dans le numéro de no-
vembre 1910, page 174 des Archives des
collectionneurs d'ex-libris et de -reliures ar-
tistiques^ cette question a paru sous la si-
gnature de M. Yves des Rosiers. 11 fut
répondu en janvier 1911 fpage 9) par
M. Cochon, et en mai 1912 (page 79) par
le lieutenant H. de Gallery de Servières.
Ces deux réponses sont malheureusement
incomplètes, nous en extrayons ce qui
suit :
La famille Gallery est originaire de la vi-
comte lie bomfront. On trouve dans l'élec-
tion de Rouen la famille Marc du Fresnay
qui porte pour armes: d'azur à iroi"; mâches
d'or ; dans l'élection de Mortague on ren-
contre les Lanfemat qui portent : d^a^ur à
trois losanges d'or,
11 se pourrait que la famille Gallery ait
eu des alliances avec une de ces deux fa-
milles. Baron du Roure de Paulin.
* •
Les /Ircbives de la Société des Collection-
neurs d' hx-Lihris se sont occupées de cet
ex-libris à diverses reprises (années 1909,
191001 1911) ; aucune réponse satisfai-
sante n'a été apportée. On a pensé que,
par suite d'une erreur du graveur Tous-
tain, qui aurait représenté des mâcles au
lieu de losanj^es, les armes des 2 et 3 pou-
vaient appartenir a la famille de Lanfer-
nat : D'a:(ur à trois losanges d'or^ qui, au
xvne sièfle. habitait dans l'élection de
Mortagne. Les Gallery étant de l'élection
de Domfront, une alliance entre ces deux
familles est possible, mais elle n'a pas été
prouvée.
je doute cependant que Jean Toustain,
qui était un bon graveur héraldiste et qui
a signé un certain nombre d'ex-libris. ait
commis Terreur qu'on veut lui imputer.
Enfin tout récemment, dans la même
publication, M. le lieutenant de Gallery
de la Servière signalait qu'une famille
Marc du Fresnay et du Bosc, dans la gé-
néralité de Rouen, portait : D'azur à trois
màcles d'or, mais il n'établissait pas la
jonction avec celle de Gallery.
P. LEJ.
La grec dans la Inngue française.
— Cabane (LXllI à LXVI, 171, 224,
261). — Bien que fort mal venu, après
les savantes et intéressantes discussions
de MM. Corman et Laray, je vais essayer
d'apporter ma contribution d'assez igno-
rant étymologiste. j'avoue donc que la
question 'm'avait toujours paru fort
claire, en dépit des lexicographes, et que
je me cro\aisen présence d'un mot orien-
tal à peine défiguré.
Avant tout exposé, je remarquerai, avec
M. Laray, qu'Isidore de Cartbagène ne
devint évêque de Séville qu'en 601, et
qu'en conséquence le livre des étymoio-
gies a été écrit entre cette date et celle de
sa mort, survenue en 636, soit au début du
vir siècle ; et qu'en outre il est le premier
auteur connu, donnant le mot: *Capanna^ .
Remarquons encore, que le chapitre :
»» De ixdifieiis rusticis » (Originum lib. XV
— cap. XII), dont il est ici question, ne
donne en somme, sauf pour l'expression
du premier verset : « Cisa >*, que l'ex-
plication de néologismes, ou tout au
moins de termes originairement étrangers
au latin. C'est ainsi que nous savons posi-
tivement par Salluste (Bcll.jug. XVHI-8),
que les «< Mapalia » sont un terme afri-
cain pour désigner de'- huttes, dont la
forme était celle d'une carène de navire,
(en réalité d'une proue de galère, ou d'un
cimier de casque, comme le prouvent les
mosaïques découvertes en Afrique, no-
tamment celles du musée du Bardo, et le
sarcophage de Phillippeville. — Cf. Babe-
lon ap. Dictionnaire de Saglio).
iJb.. UiiLRCHiiURb MT CURIEUX
36Q
20 Septembre 1913
370
Mais Isidore nous offre l'avantage de
restituer l'orthographe correcte du mot
défiguré en latin (De verborum significa-
tione de S. Pomp. Festus, d'après Verrius
Flaccus, citant Caton, lib. orig. cap IV. —
Tite-Live XXIX. 31. - Virg. Georg. III.
340. — Silius Italicus XVII. 89, etc,).
Nous voyons ainsi, après les travaux de
MM. Basset et de Motylinski (Passim et
piœsertim in : Notes de lexicographie
berbère, dans Journal asiatique 1883,1885,
i886, 1888 ; - « Etudes sur les dialec-
tes berbères » 1894. — »< Notices sur les
dialectes berbères des Haracta et du Djerid
tunisien. » Woking 1892. — « Etudes sur
la Zenatia du Mzab de Ouargla et de
rOued Rir' > 1892. — « Etude sur la Ze-
natia de rOuarsenis et du Maghreb 1895
— »> Le Djebel Nefoussa » 1898 ) que le
terme était, non pas panique; mais lybi-
que. et vient d'un thème encore usité
chez nos Berbères, sous les variétés /^ger,
Agour, Akcr, louguer. fgoin\ etc., pure-
ment dialectiques. Ce terme s'est présenté
aux Latins, tahtôt précédé du préfixe sé-
mite, M, tantôt du préfixe lybique T.
C'est pourquoi ils le connaissaient tantôt
sous la forme Mapalia ou Magaria. tan-
tôt Tuguria, suivant que le vocable était
employé par les Carthaginois sémites, ou
par le peuple Ivbien des campagnes.
C'est la hutte de garde contre les vo-
leurs. Ainsi s'explique la non existence de
«< Tugiirium », chez les anciens auteurs ;
on ne le trouve en effet guère avant notre
ère, sauf une fois dans Cicéron (pro Ses-
tio).
Or. de même que vers le début de no-
tre ère, les expressions, Mapalia et Tugu-
ria. entrèrent dans la langue latine avec
la conquête africaine ; de même, cinq siè-
cles plus tard sansdoute, les paysans de la
basse latinité prirent, pour désigner leurs
huttes, un terme importé d'Orient par les
armées impériales. Et ces expressions,
d'abord à sens péjoratif, parce qu'elles
venaient de peuples vaincus et considérés
comme plus ou moins barbares, firent vite
leur chemin, s'mtroduisant dans la lan-
gue. C'est ainsi que de nos jours, nous
voyons s'introduire un mot de sens simi-
laire en français, le gourbi ; terme donné
sans doute avec mépris tout d'abord à
quelque humble chaumière, par un vieux
soldat de notre armée d'Afrique. C'est là
une loi constante, dans les lingues des
conquérants, de prendre aux vaincus»
pour les appliquer chez eux avec un sens
péjoratif, des expressions désignant des
objets communs ou de peu de valeur. Les
exemples abondent, d'abord en argot,
puis dans la langue même, où ces expres-
sions finissent par conquérir droit de
cité.
Ceci posé, examinons directement la dé-
rivation linguistique du terme Capanna,
Cabane, en partant des langues sémiti-
ques.
Or il existe en hébreu une racine
Qâbab. avec le sens de courber, façonner
en forme courbée d'où vient l'expression
QjubJh, i. e., dit Gesenius, « tentorium
in tholi modum » Elle est employée au
moins une fois dans ce sens au livre
des Nombres XXV 8 ; si même elle ne
se trouve point deux fois au même passa-
ge, comme le pensent certains rabbins,
en désaccord avec saint Jérôme, qui y a
vu, la seconde fois, la désignation de la
partie du corps transpercée par Phinéès.
Aucun doute sur la communauté d'ori-
gine entre la racine examinée et celle se
présentant ailleurs sous la forme Gâbane,
avec le sens simplement modifié de être
courbé être façonné en forme convexe,
en dôme. De là l'expression Gôbane^ bos-
su, employée au Lévitique XXI-20. Le
chaldéen avait du reste (Daniel. VII-6)
le mot Gab, dos échine. Ezéchiel (XVI-
24et 31), ainsi que le livre de Job (XIlI-
12), l'emploient dans le sens d'habita-
tion, sans qu'on puisse trop dire de
quelle sorte. Remarquons en passant
que le thème radical existe en français
avec le même sens, dans notre mot :
« gibbosité >•>.
Enfin, il convient de rapprocher de ces
deux radicaux le mot répandu dans tout
l'araméen, aussi bien que dans le cana-
néen, qui veut dire casque ou cimier de
casque Gobdd.
Maintenant, si de l'hébreu et de l'ara-
méen, nous passons au groupe méridio-
nal des langues sémitiques, nous trouve-
rons en arabe la racine Qahb, avec le
sens primitif de se dessécher (de l'herbe),
couper, abattre, soulever; mais qui,
quittant sa forme sourde, prend avec
Qabab le sens de courber, façonner en
dôme, en arc, en voûte, former une con-
vexité. De là le mot bien connu Qoubbai,
coupole, dôme, et par extension tombeau.
N» iJ4d. Vol. LXVI.
L'lNTBRMEDirt.iK.
37'
372
clocher. Entre autres, à noter l'expres-
sion Qpttbhate oiisk sbahadati m. à m. la
tente, la cabane du témoi^ïnage, c'est-à
dire le Ttibernacle (des Juifs) Dans le
langage vulgaire, tant en Orient qu'en
Occident, la même racine a fourni l'ex-
pression Qiiboubat, hutte en forme de dô-
me, cabane de gaulis, ou de branchages
infléchis. 11 est remarquable en outre que
cette dérivation du sens primitif est cons-
tante chei les Sémites pour cette même
idée ; c'est ainsi que le mot Qous à pro-
prement parler arc, est pris dans le Coran
avec le sens, hutte de chasseur, et chez
les auteurs postérieurs veut parfois dire
une cellule d'ermite.
Mais il existe encore en Arabe littéral
une seconde racine, très voisine de la
première tant comme son, qile comme
sens ; qui, chose singulière, se rencontre
sous deux aspects, étant tantôt sourde
Kabb, tantôt quadrilitere Kahkab^ ayant
du reste, sous ces deux aspects, et le
même sens, et les mêmes modalités, et
les mêmes dérivations. Elle a le sens de
culbuter, renverser, répandre, pelotonner,
rouler, former en rond. De là les expres-
sions littérales Kabib, des pelotes (de
ficelle) ; Koiibbat^ un peloton (de cavale-
rie) ; Kabab, des escalopes, des paupiet-
tes ; etc., etc ; et l'expression vulgaire,
existant tant en Orient qu'en Occident
Keboubai, pluriels Keboubate,et Kebouba-
ne. des huttes de feuillage en forme cir-
culaire ou arrondie, comme ci-dessus.
Enfin, en Occident, mais non dans le
Maghreb extrême, c'est-à dire en Eg>'pte.
en Cyrénaïque, en Tripolitaine, dans le
Sud Tunisien, et partie de la province de
Constantine, l'argot des tribus a défiguré
même l'expression arabe, et la contrac-
tant, peut-être sous de- influences berbè-
res, en a fait un mot nouveau, qui ne
se rattache plus grammaticalement a
la langue mère ; mais nous met sur la
voie de notre étymologie, qu'il n'y aura
plus lieu, je crois, de discuter. En effet,
une hutte de garde, de branchages ou de
gaulis (par opposition au ^ gourbi » qui
est fait partie au moins de mottes ou de
pierres) se dit alors Kib, pluriel Kahauc.
El Kantara.
Français et François (LXVI, 1^4).
— La diphtongue éi de l'ancien français
(venue d'un e ou d'un 1 latin) a, au cours
de l'évolution de la langue, changé à
plusieurs reprises de prononciation. Elle
a passé à oi. (sauf dans les mots où elle
était suivi dune nasale ou d'un 1 mouillé,
comme haleine, soleil), et s'y est fixée,
pour bien des mots, comme orthographe ;
mais non comme son : dans la prononcia-
tion, ot'a passé à oe, puisa oè, puis, selon
les cas, à è (surtout devant e muet ou 5),
ou à oa (oua) ; dans l'orthographe, la
prononciation è s'est traduite, le plus
souvent, par la graphie at. Naturellement,
au cours de cette évolution, il y a eu des
périodes, quelquefois longues, où l'usage
a hésité entre deux prononciations ; l'in-
fluence des dialectes régionaux, celle des
modes, à la cour et à Paris, est interve-
nue. Au xvi'^ siècle, au xvn«, au xviii* en-
core, la prononciation oè et la prononcia-
tion c coexistaient pour bien des mots.
C'est au cours du xvi'= que la prononcia-
tion à la fois normande et populaire pari-
sienne, lèle. vêle, fAn^èse, Fiancés, de-
vient de mode à la cour, au lieu de toèle,
vo'ele, Ponthèse, Fraiiçoès; Henri Estiennc
l'a vivement critiquée, et d'autres comme
lui.
Le son è l'emporta rapidement pour
les imparfaits et conditionnels des verbes,
et un certain nombre de mots ; pour
d'autres il resta en concurrence avec oè.
Au cours du xvii' siècle, il s'établit une
sorte de convention d'après laquelle,
dans la parole soignée, ert chaire, au bar-
reau, au théâtre, en lisant des vers, ou
même, pour certaines personnes atta
chees à la tradition, en causant dans un
salon, oh prononçait oè, alors que dans
l'usage courant on prononçait e. Jusque
dans le xvm« siècle la prononciation oè se
maintint ains'i dans le parler d'apparat, et
rhême dans l'usage de certaines familles,
alors que è (et pour d'autres mots oa
{oua)) devenait de plus en plus prédomi-
nant, duand on trouve ôi dans les poètes,
on peut être sur, d'une façon à peu près
générale, que pour eux il correspond,
dans leurs vers, au son oè (ouè), dd
moins lorsqu'il s'agit de poètes du xvii»
siècle ; et cela même dans les imparfaits
et les conditionnels.
Pour plus de détails et de précisions
sur cette question, voir Ch. Thurot De la\
pronovciation française depuis le Xl^l* siè-
cU, 2 vol. i8«i. ItttKE.
DES CHEktrtfiuftS Èr tUkiEUX
373
Belgicismes ((XV; LXVI, 34).—
Une exposition universelle et internatio-
nale s'ouvrira à Gand eh 1913. Déjà sont
lancées dans le public des réclames de
toutes sortes en vuedes»,* festivitésadel'an
prochain, j'ai sous les yeux plusieurs car-
tes postales illustrées ; l'une^ qui repré-
sente une jeune femme au milieu des
fleurs, invite à « visiter la ville des fleurs
et des vieux monuments et admirei" l'Ek-
position qui s'ouvrira le 26 avril 1913,
par les célèbrespLORALiEsquinquennales >>,
« Festi vite » est depuis longtemps déjà dans
le langage courant, mais je n'avais pas
encore jusqu'ici rencontré le mot Floralie.
J. Lt.
L'étymologie de a Gui^hërt »
(LXV, 95,225). — Que M. Fernand R. de
Lisle relise la Préface du CiJ. Il y est
question d'un certain Guillen de Castro.
Qu'il compare cette forme romane avec
la forme germanique de Guillaume et avec
ses divers dérivés en diverses langues in-
do-européennes ou simplemeiit néo-latines
la conclusion sera aisée.
Camille Pitollet.
Frotel ou Footel (LXV, 150, 676,
770; LXVI, 30, 120). — Monsieur Ibère
me donne un qualificatif que volontiers je
lui retourne en lui disant qu'il l'est quel-
quefois de trop. Il répugne à M. Ibère
que Foutel désigne un arbre ; c'est plutôt
un bois, et il doit représenter le latin fa-
gutalis, foutelaie. Mais oui, cela fait bien.
le lecteur ordinaire ne trouvera rien à
dire; c'est bien la bonne explication.
Eh bien! non; jamais Joutel n'a signi-
fié foutelaie ; jamais un suffixe latin talis
n'a été employé dans les langues romanes
pour désigner les bois ; )amdi\s fag ut alh
ne pouvait donner un français /om/^/.
fagutalis z l'accent secondaire sur /b,
u est atone et / est placé entre une atone
et une voyelle qui a l'accent principal.
Qu'en résulte til ? Le c, le g, le ^y latin
placé entre une voyelle qui a l'accent se-
condaire et une atone, se transforme en
jod qui devient ensuite un t ; le / s'adou-
cit en d.
Ainsi cogitare devient çotdier, adjutare
devient aidier, placitare devient plaidier.
En conséquence /a/M^a/ti serait devenu
faidel.
Mais avec M. Ibère, il y a toujours de
aè S£i)temb^é 19^2
- 374
la ressource. Le raisohtiement est défec-
tueux, niais l'idée peut être juste. Au
fond qu'est-cfe/o«/é/ ; c'est un accusatif
singulier, c'est Un rlominatif pluriel. Il se
pourrait que foutel ait été les foutaux.
Pour éciaircir la chose, il faudrait consul-
ter Ducange aux articles fagutelli, fagi-
ielli^ fcUitelli, foiitelli etc^ et voir si on
n'aurait pas un putelli = fautel. Il est
possible qn'on ne trouve rierl, Hiais il se
peut qu'on ait campi = chamb.
H. LAkAt.
^ "Va (LXII). — Va est employé par
d'excellents écrivains :
Je lis dans Verlaine :
Fa, l'étreinte jalouse, et le spasme obsesseur
Ne valent pas un long baiser, même qui
[mente J
{Poèmes Saturniens : Lassitude)
Puisqu'à ce point s^^ trouva
Facile ta destinée,
Puisque vers toi ramenée
L'Arcadie est proche, — Va !
Va ! le vin dans les feuillages
Fait éclater les beaux yeux
Et battre les cœurs joyeux
A l'étroit sous les corsages... (Les uns et les
[aulres, se. I;.
Albert Desvoyes.
Faire le Jacques (LXVI, 144). _
Jacques (Jacques Bonhomme) a toujoufs
été le type du paysan, de l'homme du
peuple, français. Faire le Jacques, c'est
donc faire le Bonhomme (le « Jacques
Bonhomme »), c est-à-dire le naïf, le
lourdaud, se donner Tair d'un paysan. A
rapprocher de ce mot de Jacques ; le
maître Jacques (Molière n'a pas inventé
l'expression), c'est-à-dire le plébéien, bon
à tout. On l'appela plus tard jacquet, qui
prit vite le sens de domestique, celui qui
portait la livrée, et donna, au xviii« siècle,
le mot. . . jockey, qui, quoi qu'on en pense,
n'a nullement une origine anglaise !
Faut-il, de ce nom si populaire : JaaucS,
déduire l'inspiration de la jolie et harmo-
nieuse chanson en « canon y> : Frère Jac-
ques f Maurice Charpentier.
*
• *
Faire le Jacques, faire l'imbécile. Jac-
ques est un nom péjoré comme Jean,
Nicodeme et bien d'autres. (Sur cette si-
gnification péjorative de Jacques artalo-
N» 1340 Vol. LXV.
L'INTERMEDIAIRE
375
376
gue à celle d'autres noms, on pourra
consulter : Chevaldin : Jargons de la
harce de Pathelin). Le sens primitif est
paysan parce qu'autrefois, le jaque était
le vêlement ordinaire du paysan. Du sens
de paysan on passe aisément au sens de
grossier, balourd, imbécile. Au moyen
âge, ja 'ues. grossier (V. Du Cange. V"
jaqueiv L'ancien français avait aussi jac-
quet, bouffon .
On trouve dans le Dictionnaire du bas
langage de Dhaiitel (1808) :
Cate-pàte, sobriquet que l'on donne à un
mauvais boulanger, à un pâtissier Jacques
Le parler auvergnat a Jacqueline ,
femme sotte : le Champenois jacquedal
(employé en argot). A Démuin (Picardie)
et en Saintongeais^ un Jacques est un im-
bécile : en wallon, Jacqueline se dit d'une
femme sotte.
C'est cousu de fil blanc, vous me prenez
pour un Jacques.
{Echo de Paris, 28 février 1897).
Je chine les faiseurs de pallas. les four-
neaux, les jaquettes.
(Bruant : Lanterne, n" 74, i8q8).
Je ne serais pas assez Jacques pour aller
vous raconter mes petites combinaisons.
(Journal. 10 février 1902).
Comme l'a dit jules Lemaître, nous som-
mes tous un peu Jean-Jacques et même un
peu Jacques-
(Hanotaux ; Journal 10 février 1908).,
Quand je pense à la bobine du Jacques
qui découvrira ce truc, j'en ai le ventre en
persienne .
(Bourget: L'Etape 1910).
Vous ne croyez pas que je vais vous
chanter Us louanges de l.istonnet. . . un
grand jackdale.
(C. Pert : Petit Cady, 1910).
De la. l'expression du bas langage,
faire le Jacques, faire l'imbécile qui re-
monte au moins à la première moitié du
xvn* siècle, témoin cet exemple :
Servir les grands, devenir leur esclave,
souftrir leur mauvaise humeur, taire le jac-
quet.
{Les Jeux de r Inconnu, 1640).
Voici d'autres exemples plus modernes.
Il n'était pas payé pour faire ainsi le Jac-
ques devant son patron et ses collègues.
(Journal, !•' août 1895).
Il ne se soucie pas d'aller faire le Jacques
devant des potaches.
{Libre Parole, 24 octobre 1899).
Il se met à faire le Jacques et le fumiste.
(Vie Parisienne, 15 décembre 1906).
Le i/roit nu bonheur tiré par MM. Ca-
mille Lomonnier et Pierre Soulaine d'un ro-
man de M. C. Lemonnier est l'histoire d'un
mari qui fait le Jacques ; j'entends qui se
modèle sur le Jacques de George Sand.
(Faguet ; Débais, 27 mai 1907).
De là, encore, par extension, les sens
suivants :
1° Faire celui qui ne comprend pas.
Ne fais donc pas le Jacques, tu sais bien ce
que ie veux dire.
2" Travailler, peiner, se donner du mal
toutes choses considérées par certaines
gens, comme stupides ou inutiles — usité
en bas langage,
3° Etre sous les drapeaux, faire l'exer-
cice, être de corvée^^^s très usité aussi
bien à la caserne que chez le peuple.
Bon sang de bon Dieu ! c'est-y permis de
faire le Jacques pendant qu'y a tant d'ou-
vrage à la maison !
(Descaves : Sous-ojfs, 1889).
Ce n'est pas parce que vous avez fait le
Jacques sous le premier Empire que je vous
laisserai dire des choses pareilles I
(De Fiers et Caillavet : Miquette et sa
mère, 1906). Gustave Fustier.
Blois et ses habitants (LXVl, 7,
223). — D'après les auteurs locaux, l'épi-
thète « Les Foireux de Blois » aurait été
donnée aux Blésois à cause du grand
nombre de foires qui leur avaient été
concédées par les Ducs d'Orléans et les
rois de France. .Martellière.
Quel pouvait être le nombre des
individus emprivonnés et des con-
damnés àlapeinecapi'ale sous l'an-
cienne monarchie ? (LXVl, 1 37. 295).
— Dans la communication signée de mes
initiales. LXVl, 293, une virgule mise
intempcstivement enlève son sens à une
phrase ou plutôt lui enlève tout sens ; au
lieu de < ».. par étroitesse d'intelligence
non réparée, par un patriotisme ar-
dent. . », lisez donc «... par étroitessc
^ d'intelligence non réparée par un patrio-
€ tisme ardent... > sans, après réparée.
H. C. M.
D.ys CriERGHBURS ET CURiEUX
377
20 Septembre 1912
Quand et lui (LXI ; LXIl). — Le bon
évéquc Jacques Aniyct emploie maintes
fois quand et lui. Voir p^ir exemple sa
traduction des yics da hommes ilhut/es de
Plutarque. Dans la vie de Thésée j'ai re-
marqué au moins cinq fois cette exprès-
pression : %» ayant quand et lui Ariane»,
.< firent ce voyage quand et lui », etc.
Ai.BE'îT Desvoyes,
Le Futaridme (LXVI, 97, 22S, 268,
329). — Lescollaboiattursquiontrépondii
jusqu'ici ne se sont reportés qu'à des pu
blications assez récentes. En ce qui con-
cerne spécialement la litîérature futu-
riste, M. W. D. se réfère à Veis et P-rosâ
(1912), M. Maurice Charpentier à Co/nœ-
dia(\Ç)\o), et M. C. Dehais au Matin du
17 mai 1910. Il me semble qu'il serait
intéressant de remonter plus haut vers la
source de cette tentative de création d'une
école nouvelle.
Les premiers essais datent, je crois bien,
de 1909. Mais, tout aussitôt le manifeste
lancé, les plus enthousiastes adhérents, y
découvrant des idées jadis caressées.
voient les premières maniiestations du
Futurisme plus loin dans le passé, vers
1906...
J'ai entre les mains le n» 3-4-5 6 de
Poésia, d'avril, mai juin, juillet 1909, qui
contient : i» un manifeste de F T. Mari-
netti, chef de l'école futuriste; 2° L'Iiîtei-
view de M. Marinetti par un rédacteur de
Comœdia, reproduit sous ce titre : Les
premières victoires du Futurii7ne\ 3° une
série de lettres émanant de littérateurs
connus, sous cette rubrique : .1 dhésions et
objections .
Si le Futurisme, en peinture, n'eut que
quelques fumistes et quel. [ues impuissants
pour adeptes, comme le dit M. Maurice
Charpentier, il fut plus heureu.x en litté-
rature.
Voici quelques extraits des réponses
faites à l'enquête du promoteur du Futu-
risme :
Comment ne pas applaudir au Futurisme
qui se propose d'instaurer le lyrisme de la
m.^chine et des miriicîes fcienlifiques, toute
la gloire neuve du vieux Prométhée, quand
on a soi-même tenté de faire comprendre la
magnificence de ces formes unies aux puis
sances des foules ?...
^... Mais où je me sépaie du Futurisme,
c est quand il veut détruire, abolir, anéantir.
Paul Adam^
378
... Donc le Futurisme existe ou existera.
Vous en seiez le maître, Monsieur, comme
Victor Hugo fut, sans le vouloir, le maître du
roiijantisriia français, et comme M Francis
Vielc Giiftln est encore, délibérément, le maî-
tre du symbolisme. Je vous souhaite des
élèves dignes de vous
Charles Derennes.
... C'est à cette époque que je lanç.ii les
Ci'és Futures (1906), non pis un recueil de
vers, m.iis un grand poème de la Révolte
exaltée, bénie, rafraîchissante des cœurs et
des cerveaux, chantée par les affranchis en
route pou- les Cités de lumière et d'énergie.
Ce fut, je crois, la première manifestation
du futurisme, en Francs...
André Ibels.
S'iendide Marinet i !
Me souvenant que j'ai toujours chéri par
desos tout les « Conîiadictions », symbole
de la Dialectique qui constitue le rythme de
toute Poésie, p,>rtant, de tout Univers,
j'adhère volontie s au futurisme.
Charles Regïsmanset,
Passons maintenant aux réfractaires :
Vous m'avez tout l'air de ces sauvages qui
mangent leurs ancêtres pour éviter l'encom-
brement, ou de ces révoltés sociaux qui ne
veulent pas avoir de pères et se complaisent
dans les bâtardises.
JuLitTTE Adam.
J'ai le culte passionné du passé, l'horreur
et le dégoût du modernisme. Si vous avez
lu une seule ligne de mes livres, comment ne
le savez-vous pas et comment pouvez vous,
sans rire, me demander une adhésion, même
partielle, à votre manifeste?
Pierre Loti.
^ La lettre de M. Jules Claretie mérite
d'êtr» rapportée en entier ;
Ch r Poète,
Ne redoutez-vous pas le clignement iro-
nique du regard des étoiles défiées ? Et lais-
sez-nous au moins Montaigne — dont je suis
sûr -- et Monna Lisa qui maintenant ne
îiompe plus jersonne. Son sourire, croyez-
moî, fait partie du Futurisme.
Jules Claretie.
11 est assez piquant qu'à propos du Fu-
turisme, l'éminent académicien dite à
M. Marinetti : <v Laissez-nous... la Jo-
conde! » qui, précisément, devait dispa-
raître quelques mois plus tard.
Adrien H.
* ♦
On trouvera tous les renseignements
relatifs à cette « école » dans le catalogue
publié au début de 1912, lors de l'exposi-
N» 1340, Vol. IXVJ.
379
tion de cinq futuristis ita'icns MM. Boc-
cioni, Carra, Russolo, Bj!!;\ et Severini,
chez Bernheim.
Ce catalogue intitulé : Les Pcin!ies*Fu-
Itirisles Italiens. Exposition du lundi 5 au
samedi 24 février 1012, Paris, 115 rue
Richepance 15, chez MM. Bernheim
Jeune et Compagnie, débute par un mani-
feste : Les Exposants ni Public.
On y trouvera en outre des reproduc-
tions des principales oeuvres soumises à
l'admiration de nos contemporains.
Gaston L. Vuitton.
Le Mai (T. G.. 547, LXVI. 9s, 229).
— La coutume du mai est une pratique
de ce qu'on ." nommé la magie imitative.
Un des moyens des plus anciens que les
hommes ont cru trouver pour eiurer en
rapport avec la N;;ture a été de faire ce
qu'on voulait qu'elle fit. Les pratiques de
magie imitative sont très nombreuses et
toutes obéissent à cette idée maîtresse.
On en trouvera dans le premier volume
du livre de Frazer. Le Rameau d'or, de
nombreux exemples.
Dans l'intérieur de Sumatra, les femmes
ne plantent le riz qu'en laissant pendre
les cheveux. C'est une suggestion à la na-
ture pour qu'elle fasse des plantes vigou-
reuses. Même coyance au Mexiq;ie avec
le maïs, dont la déesse s'appelait « la
mère aux longs cheveux. >*
Déjà, pourtant, les Malais adoptent un
autre système. Ils ne plantent le maïs
qu'au moment ou ils sont avec le ventre
bien plein. C'est dire à l'arbuste : « Imi-
tez nous! Donnez nous des épis bien gros !>>
A Luçon, le plant des bananiers se fait
p-îr des femmes portant un enfant au dos.
Le bananier doit comprendre ce qu'on en
attend. ..
Les semeurs de chanvre en Souabe et
en Transylvanie sautent dans les champs.
Et les champs doivent savoir qu'on leur
demande de donner des plantes, qui
aillent jusqu'où vont les sauts.
Les habitants de Galeta mettent des ju
pons aux arbres qui ne donnent pas de
fruits Ça veut dire : « Fais comme les
femmes ! Accouch-? de beaux fruits ! ?>
Il y a comme cela des milliers d'exem-
ples, parce que ce procédé d'entrer en
communication avec la nature, est uni-
versel.
Dans la Serbie on fait — ou du moins
L'INTERMEDIAIRE
380
on faisait aussi le mai. On revêtait une
jeune HUe nue, de tleurs et de feuilles et
en la promerait processionnellement.
C'ét.iit dire à la Nature : « Voilà ce que
nous voulons : couvre toi de tleurs comme
cette jeune fille ».
Dans plusieurs endroits on peut signa-
ler une évolution dans cette croyance. On
a d'abord admis que certains arbres
étaient divines, divines en elles-mêmes.
Plus tard, on a humanisé c-tte croyance
et on a admis que ces arbres étaient di-
vines, parce qu'elles abritaient des dieux
ou enfin des génies protecteurs de la vé-
gétation. On leur faisait des offrandes.
Plus tard encore on a chargé quelques
personnes, à de certams jours de l'année,
.de représenter cet esprit. C'étaient tou-
jours des jeunes gens qu'on parait de
feuilles et fleurs, pour qu'ils symbolisas-
sent les génies de la végétation. Et ces
cérémonies avaient lieu partout (au
moins dans l'Europey^ra mois de mai.
je vous ai cité le premier volume du
livre de Frazer, Le Rameau d'ot. Le troi
sième s'occupe spécialement des cultes
agraires et sylvestres. On y trouvera tout
ce qu'il y a à ce sujet. Medeiros.
Les sœurs associées (LXVI, 8, 177,
230) — il semble aussi que la sœur de
Nietsche ait eu sur lui une influence très
salutaire.
Où pourrait-on se renseigner non pas
sur la philosophie de Nietsche, mais tout
particulièrement sur l'influence de sa
sœur .''
Puisque la question s'étend aux types
littéraires de l'amour fraternel, je crois
qu'on pourrait citer 1' « Electre » de .So-
phocle et d'Euripide. Mais l'érudition lit-
téraire des intermédiairistes nous indi-
quera certainement bien d'autres, dans le
roman et le théâtre. H. RoN.
Los chevaliers de l'Arquebuse
(LXVI, 178). — Fouché ne goûta pas les
bonnes raisons du Préfet de Police en fa-
veur du rétablissement des Compagnies
de l'Arquebuse et le projet d'en faire des
sociétés d'instruction militaire. Il ré-
pondit le 6 ventôse an Xlll,par une inter-
diction formelle. Nous avons publié celte
lettre il y a quelques années ici-méme.
d'après la minute qui est aux Archives
Nationales, F", 3004. L. G.
:i
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
20 Septembre 1912
381
382
grouuailles et ajuviosités
Enseignes littéraires des coif-
feurs.— Ce mois passé (août i9i2)lorsdu
congres del'AFAS a Nîmes, je me suis fait
r?.ser chez un cciffeur appelé M. Combet,
sur le boulevard Victor Hugo, vis-à-vis
Ihôtel Manivet. l'ai été attiré chez lui par
une enseigne en latin : ornate, juvenes,
SENES, REPARATE CAPILLOS --et en grcC,
à côté : Kï'.oo) Ta/iTTa xa'. z'.'dtz'o, ce qui
veut dire : je' rase très vite et je me tais.
— J"ai fait connaître à M. Combet qu'en
1859, j'avais vu la même enseigne grec-
que à Rochefort (Charente-Inférieure),
mais agrémentée, en outre, d'un tableau
qui représentait l'artiste en fonctions et
son client.
Ce n'est pas la seule enseigne littéraire
de coiffeur que j'aie vue : vers 18=, i, il y
avait dans la rue de 1 Echaudé a Paris, v'.s-
à-vis l'encadreur Danglcterre, un coiffeur
appelé DiOT qui arborait ce quatrain ;
O têtes sans coiffeur, qui cherchez au hasard
Si votre barba est longue et vos cheveux sans
'art
Arrêtez vous ici, vous êtes à l'enseigne
Du merveilleux rasoir et du magique peigne.
Il y avait aussi, au boulevard des Bati-
gnolles, l'officine Isopy, dont Lamartine
avait été le client. Mais je crois que la
poésie qui décorait son enseigne a déjà
paru dans Y Intermédiaire, n'est-ce pas: Si
non, je me la rappelle, et la rappellerai
volontiers. La voici :
Le maître de cette officine
Est IsoPY, qui fut coiffeur
Du grand poète Latmarine
Mort dans sa fleur !
Pour une très modique somme
On peut acheter en ces lieux
Des poils de barbe du grand homme
Ou des cheveux !
V. A. T.
Un livre sur le Maroc. — je viens
de trouver au fond d'une bibliothèque de
campagne un ouvrage assez intéressant, à
notre époque où tous les yeux sont fixés
sur la politique nord-africaine. C'est un
petit in- 180 de 470 pages, édité à Ams-
terdam, chez Pierre Martin, en 1731, sous
ce titre : Histoire de la Révolution de
V Empire du Maroc depuis la mott du der-
nier empereur Muley hrtiaël. C'est la re-
lation exacte des événements qui se sont
produits dans le pays en 1727 et 1728.
Cet ouvrage est traduit du journal anglais
du capitaine Braithwaite attaché au con-
sul général anglais John Russel. Une
carte très exacte nous montre tous les
lieux, villes, montagnes, fleuves, sur les-
quels les dépêches attirent chaque jour
notre attention. Rien ne ressemble plus
aux événements de 191x61 1912 que ceux
des années 1727 et 1728. La mentalité ma-
rocaine n'a pas changé. La guerre civile,
alors comme aujourd hui, existait à l'état
endémique, et après deux siècles, les
mœurs sont identiques.
Marcellin Pellbt.
Lettres de Paul Arène à Mistral
en 1870. — Notre très distingué con-
frère M. Georges Niel, nous communique
le texte de deux lettres que Paul Arène
adressa à Mistral en 1S70.
Djtées de l'époque de nos malheurs,
de l'aube tragique de la troisième Répu-
blique elles portent la marque la plus
personnelle de cet esprit délicat Un
couplet contre la centralisation outran-
cière est bien dun fils de la Provence, qui
ne veut abdiquer ni sa langue, ni ses
amours.
Mon cber Mistral,
Ecrivez-moi donc. — Je
m ennuie ici
auoiqu'en République ; impossible de rien
taire, toujours penser à l'avenir, à la guerre
e de guns en quart parla (i)
Qu'est-ce que vous faites là bas ?
Je voudrais partir avec des amis et m'aller
battre, mais avec des amis! Si nous allions
trouver Quintana pour le ramener volon-
taire? — Ce seraiï beau pour vous, beau
pour un poète, de souder ces deux petits an-
neaux d'or intermédiaires, Provence et Ca-
talogne, dans la torte chaîna des pays latins.
Vous y avez dû penser.
Je vous embrasse, mais écrivez-moi.
Avez-vous des nouvelles de Daudet ?
Paul Arène.
*
♦ »
Mon cher Mistral,
Vous vous ennuyez, moi aussi, et ce serait
une bonne idée que de mettre pour quelques
jours nos deux ennuie ensemble — pour
quelques jours, c'est-à-dire pour tant que
vous voudrez. — La maison est étroite ici,
la vie familiale modeste, un imbécile s'y
trouverait serré peut-être, mais Mistral s'y
plaira .
(i) et personne à qui en parler.
ji« 1340 Voi.LXV.
L'tNTiiRMEDÎAlKE
383
Venez donc voir les Alpes, au lieu d*
vous tourner le sang sur place, et nous at-
tendrons, paisiblement que cette pauvre
France, qui ne veut pas des poètes comme
citoyens, ait besoin d'eux comme soldats.
Votre lettre est belle, quoique triste.
Je pense comme vous à l'endroit de cette
centralisation par Ir-^p romaine qui ne nous
laisse pas de choix entie un empereur à Paris
ou bien Paris-Empereur... Mais que faire?
Dan» les circonst.Tnces où nous sommes, les
idées, les hommes ne sont rien, les événe-
ments, tout. Or, qje nous voulions ou non,
les événements roulent. — Mais ne désespé-
rons pas. La centralisation, dites-vous, tue
la France en ce moment. Qu'en savez-vous ?
C'est peut-être la France qui est en train de
se guérir de la centtalisation. Il f.illnt bien
des malheurs à l'enfant prodigue avant qu'il
se décidât, pauvre et meurtii, à rever.ir
frapper à la porte paternelle. Apres toutos
ses misères présentes, si elle ne meurt pas,
la France peut-être reconnaîtn sa maison.
Mais je comprends que votie cœur saigne
à la suivre ainsi le long des routes.
Quand je considère les hommes, mon chei
Mistral, j'ai peur pour la République. On
n'imagine pas combien, en général, les âmes
sont petites et ba- es Les Knfers, inferi (si
enfers il y a où vont les âmes), doivent res-
sembler à Lillipuf. J.; fais mon devoir en at-
tendant pour la strvir tant que je peux, ?ans
la compromettre, cette chère République. Si
mes concitoyens m'ennuient trop, après ça,
je n^'engagerai.
C onnaissez-vous M. Esménard Dumazet,
de Salon-en-Crau, qu'on vient de nommer
préfet de Digne? Je l'ai vu hier. Il m'a pro-
posé d'être son secrétaire particulier. Ne le
connaissant pas assez je n'ai répondu ni
oui ni non. Je vous embrasse — et vais relire
dans l'Almanach, vos vers sur la mort de
Lamartine ; il me semblera que ce sont des
vers de Lamartine sur vous.
Salut et fraternité.
Paul Arène.
Une image d'Epinal séditieuse.
Le 6 juin 182 1 .
Le Ministre
au Préfet des V^/ges
Monsieur le Préfet,
Je vous transmets ci-joint un exemplaire
d'une gravure sur bois ayant pour titre Ife-
traite ,u Moscou, et paraissant être sortie de
l'imprimerie du S' Pellerin, imprimeur li-
braire à Epinal. Suivant l'avis anonyme que
vous trouverez au dos de l'est 1 ni pe, le S"" Pel-
lerin la ferait rt^pandre aujourd'î^ui, avec pro-
fusion et gratuitement dans les c^mpignes. je
vous prie de faire vérifier jusqu'à quel point
cet avis peut être fondé et de me communi-
quer les résultats des informations.
384 -
Epinal le 1 1 juin 182 i.
Le Préfet des Vcçes
à M. le Baron Mounier, Directeur général
de VAdmlnistraiion Départementale
de la Police,
Monsieur le Directeur Général,
J'ai reçu avec la lettre que vous m'avez fait
1 honneur de m'écrire le 6 de ce mois, un
exemplaire d'une gravure ayant pour titre :
Retraite de Moscou. Cette gravure est bien
réellement sortie de l'iraprimeiie du S"" Pel-
'erin, imprimeur libraire à Epinal, dont les
ouvrages consistent en grande partie en es-
tampes gravées sur bois, d'un travail des plus
co nmuris, de très mince valeur, et qui par
cette raison se débitent principalement dans
les campagnes
J'aurai l'honneur de vous rappeler au sujet
cle l'estampe dont il s'agit que la publication
et la vente en ont été autorisées conformé-
ment a l'article 12 de l'ordonnance royale du
!•=' Avril 1820.
La déclaration du S'" Pellerin en fut faite
l<f 28 juillet pour 2000 exemplaires d'impres-
sion, et le même jou?.j«-vous fis. Monsieur
le Directeur Général, l'envoi de cinq exem-
plaires déposés. Cet ouvrage est inséré, sous
le no <5^2 au journal de l'Imprimerie de la
librairie.
D'après cela, M. Le Directeur Général,
l'imprimeur se trouve parfaitement en règle;
il peut débiter sa giavure en toute sécurité.
Mais s|il était vrai, comme on l'annonce
dans l'avis anonyme que vous m'avez trans-
mis, que cet ou 'rage fut répandu gratuite-
ment, soit par le S"" Pellerin, soit par tout
autre, alors on ne pourrait certainement voir
dans ce fait qu'une intention coupable ; il est
à remarquer, toutefois, que la note qui accuse
le S"" Pelleiin est bien vague ; elle .se tait sur
les lieux et le tems de la distribution qu'on
lui impute.
Je n'ai à cet égard aucun renseignement;
rien jusqu'ici au surplus ne m'adonne lieu de
croire que l'estampe qui vous a été signalée
ait pu attirer l'attention d'une manière parti-
culière. Je vais prendre toutes les informa-
tions possibles et je vous prie de compter sur
mon empressement à vous en mettre les ré-
Hiltatj sous les yeux.
Le conseiller de Préfecture délégué,
PlfcRKE.
Talleyrand avait raison. Faut du zèle,
pas trop n'en faut.
LÉONCE Grasilier.
Li Directeur-gérant :
GEORGES MONTOHGUEIL
Imp. Danibl-Chamboh, St-Amand-?»lont-Rond
LXVI» Volnmo Paraissant Us lo, io et ;o de chaque moù 30 Septembre 1912
48» Année
St'-.r.Victor-MMRRé
PARIS (IXr> Chtrchez et
— _ voua trouverez
Bureau : deSàôheures
QD^QUa
g II te faut
g tntr'aider
o
N" 1341
3t"',r.Victor-llas«
PARIS iW)
Bureoui: deSà 6heuret
€ ^nUxmihïaxxt
OES CHERCHEURS ET CURIEUX
Fondé en 1864
QUESTIONS ET RÉPONSES
Nous plions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
de leur pseudonyme, et de n'écrire que
Sun côté de la feuille. Les articles ano-
nymes ou signés do, pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Quand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauf exception,
n est pas insérée, mais envoyée directement
à l auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s interdit toute question ou réponse
tendant a mettre en discussion le nom ou le
tttre d'une famille non éteinte.
(àwî^ium
Qui a brûlé Moscou ? Est-ce Ros-
topchine ? — a^e la question se pose
encore aujourd'hui, cent ans après l'in-
cendie, en le brasier duquel fondit la cou-
ronne impériale, cela paraît stupéfiant
cependant c'est la vérité. Deux versions
s affrontent toujours, l'une qui veut que
ce soient les pillards russes, abandonnés
dans la ville, qui aient mis le feu, encou-
rages par la négligence des sold.<ts fran-
çais 5 associant à leurs rapines, (théorie
du général russe Nempde,) l'autre qui
veut que l'incendie ait été dû à la volonté
larouche de Rostopchine
LITTÉRAIRES. HISTORIQUES. SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
— 386 — .
Nous demandons des documents précis.
Evitons les dissertations à côté : c'est de
l'obscurité assemblée à plaisir.
Des faits, des textes, des aveux, des
preuves. Les Russes sont aujourd'hui nos
amis : qu'ils nous aident, M.
L'énigme de Valmy. Brunswick.
Le vol des diamants en 1792. —
M. Maurice Talmeyr,dans le Gaulois (du
22 septembre 1912), a publié un article
sous ce titre : L'énigme de Valmy.
Brunswick à Valmy a-t-il trahi la cause
qu'il avait à défendre ?S'est-il fait l'homme
des Jacobins sous son titre et son uni-
forme de général des royalistes? Napoléon
disait ne rien comprendre à la victoire de
Valmy, «à moins qu'il n'y ait eu quelque
négociation secrète ». M. Maurice Tal-
meyr le pense. Ses présomptions sont
que le duc Charles-Guillaume-Ferdinand
de Brunswick, avait des tendances et des
relations révolutionnaires avant la Révo-
lution. Son manifeste provocateur a été
écrit comme s'il devait servir de prétexte
à toutes les horreurs du 10 août. Talonnée
par le besoin d'une victoire, la Révolution
aurait pu payer celle de Valmy. Avec
quoi? M. Talmeyr observe que dans le
même temps, eut lieu le vol des dia-
mants de la couronne, au Garde-Meuble,
sur lequel un mystère plane toujours.
Il ne dit pas que les diamants qu'un
autre Brunswick étala avec tant d'ostenta-
tion en vinssent, mais il est frappé de la
coïncidence...
Il termine ainsi son article :
Qu3 s'est-il donc passé d'exact du côté des
Le débat vaut la peine d'être rouvert Ar^"' ''"*"'' "^""^ ^^"^ 'l'"''^'* '^^ ^°^^ ^^^
i^ eu cire rouvert, i Argonnes, aux environ» du 23 septembre
LXYI. - 8.
N« 1341 Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
387
388
1793, au moment de la chute de la royauté?
Il n'y a pas encore si grand temps, le der-
nier des Brunswick vivait chez nous en 1 a-
risien, où il était surtout fameux par ses
merveilleux diamants. Ceux qui l'apercevaient
alors à l'Opéra tout scintillant de ses magni-
fiques pierreries voyaient-ils donc sur ce
singulier vieillard les dernières reliques de
notre splendeur monarchique? Avnient ils
sous les yeux l'énigme de Valmy ? Les archi-
vistes et les érudits n'ont pas fini d'en causer,
et V Intermédiaire des Chercheurs et Cu-
ritux aura encore, là-dessus, de curieuses
et saisissantes pages à publier !
Nous reprenons très volontiers ce
questionnaire dans nos colonnes. Dans le
volume XI, (1878) il a déjà été question
du vol des diamants de la couronne,
dont le prix aurait pu payer le concours
de Brunswick. Capefîgue a soutenu cette
thèse, il y a longtemps. Capefîgue n'est
pas, il est vrai, une autorité qu'on puisse
accepter sans contrôle.
L'énigme de Valmy peut donner lieu
à une nouvelle controverse. Comme tou-
jours, nos collaborateurs que la place li-
mite, et qui, en cela, se plient à notre dis-
cipline obligée, apporteront surtout des
documents — (inédits si c'est possible), à
tout le moins authentiques et d'une vertu
probante., . Une opinion, c'est bienquclque
chose, mais ce n'est qu'une opinion.
M.
Thiers à Berlin. — Je trouve dans
La Guerre i8/0-i8ji, par M. Arthur
Chuquet, Paris 189^, page 266, une con-
versation de M. Thiers et du célèbre his-
torien prussien Ranke. M. Thiers déclara
que la France n'accepterait jamais la ces-
sion de l'Alsace. Ranke répondit :
Vous nous avez arraché deux de nos pro-
vinces de l'Ouest, et nous les revendiquons.
L'Allemagne a versé son sang; elle sait que
la France ne lui pardonneia pas Sed.in ; elle
exige une sûreté pour l'avenir... Nous vou-
lons Stra5bour5 et Metz ; etc., etc.
Cet entretien semble authentique, sauf
la phrase du début de Ranke. Ce profes-
seur, historien consciencieux, n'a pas pu
prétendre que la France avait arraché
l'Alsace à l'Allemagne, par une raison
bien simple, c'est que l'Allemagne n'exis-
tait pas au xvii* siècle, qu'il n'y avait
qu'une collection d'Etats de race germa-
nique, et un Saint-Empire romain qui,
suivant l'expression de Voltaire, n'était I
ni saint, ni romain, ni même un Empire.
Ce qui me parait sujet à caution, c'est que
l'entretien dut avoir lieu à Berlin; M. Chu-
quet dit que M. Thiers avait touché barre
à Berlin. Il est probable que M. Thiers et
Ranke se rencontrèrent en dehors des
pays engagés dans la guerre franco-alle-
mande, car la police prussienne aurait
fait arrêter M. Thiers chargé d'une mis-
sion officielle par le Gouvernement du
4 septembre. Je demande s'il existe des
traces de ce passage de M. Thiers à Berlin.
A. ).
Le Prince Impérial « Roi d'Al-
ger ». — « Dimanche 16 mars (1856).
'< L'Impératrice est accouchée ce matin, à
« trois heures, d'un prince qui portera, dit-
« on, le titre de roi d' Alger... »
C'est en ces termes que le comte Horace
de Viel Castel, dans ses Mémoires sur le
règne de Napoléon III, annonce la nais-
sance du Prince Impérial.
Où, quand et comment fut-il question
de donner ce titre au Prince qui devait
mourir victime des Zoulous .''
Thix.
Gi
Irenadiers de la Marine. — Dan»
la (( Correspondance du général dePully,
pendant la campagne de l'an IX à lArmée
des Grisons » publiée par le comte de
Pully (Carnet de la Sabretache 1912, pages
449 et suivantes) je trouve les phrases
suivantes :
... d'autant qu'il y a encore ici un batail-
lon de grenadiers de la marine qu'on joindra
à ceux venant du camp d'Amiens et cela
vous fera au moins aooo grenadier» en bon
état... »
(Lettre du général Pully au général
Macdonald 25 brumaire an IX).
Citoyen général, la brigade de grenadiers
de la marine qu'a amenée icy le général Sar-
razin est en état de tous point», bien vêtue,
bien armée, très bon esprit, m.inœuvrant
facilement, sa solde n'est pomt arriérée, tout
me fait désirer qu'elle soit destinée à votre
armée et de vous la conduire bientôt ; en-
voyez-m'en l'ordre et vous aur«z une belle
division.
je pourrais joindre aux 200» ttrenadisrs de
la marine les carabiniers de la 16' légère et
le» grenadiers de la 47".
(Lettre du général Pully au général
Macdonald, 28 brumaire an IX).
Qu'est-ce que les grenadiers de la ma-
I
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
389
rine ? Quand ce corps fut-il formé ? et
quand disparut il ? Quels sont ses états de
service ? C. N.
Les Dandys sous Louis-Philippe.
— Je cherche, en vue d'une prochaine
exposition, tout ce qui a trait aux élé-
gances masculines de l'époque de Louis-
Philippe. Quelques complaisants intermé-
diairistes pourraient-ils m'indiquer des
costumes, des bijoux, des tableaux, des
autographes, etc., susceptibles de pren-
dre place dans cette galerie éphémère^
mais curieuse ? Après le xvii' siècle, après
le Premier Empire, l'époque romantique
me semble un champ intéressant à explo-
rer, et qui ménage, sans nul doute, d'a-
gréables surprises. Henri Clouzot.
RU"' desMalad-s — Dansquelle ville
de France se trouvait, dans la première
moiiié du xix' siècle, une rue de ce nom ?
NlSIAR.
Thomas lllyricu';. — Le Bulletin de
la Société de l Histoire du Protestantisme
Français (chez Fischbacher, 33, rue de
Seine), dans son numéro de juillet-août
19 12, à la page 380, dit, d'après la Revue
Historique de juillet-août 1912, que « la
« Réforme a d'abord été prèchée, entre
« 1516 et 1522, par un moine t'ranciscain
« originaire d'IUyrie et appelé pour cette
« raison Thomas Illyricus, puis propagée,
« à Bordeaux, par les humanistes et no-
« tamment par le collège de Guienne,etc.
Or il existe, à Arcachon, une rue Tho-
mas Illyricus, voisine de l'Eglise Notre-
Dame, dans laquelle a été englobée la
très ancienne chapelle de Notre-Dame
d'Arcachon, dont l'existence est bien an-
térieure à celle de la ville actuelle ; et
j'avais toujours cru que Thomas Illyricus
était le nom du fondateur de cet antique
lieu de culte, et non celui du premier pré-
dicateur de la Réforme en Guienne. — Y
a-t-il eu deux Thomas Illyricus, et si oui,
à quelle époque vivait le premier, puis
que le second prêchait entre 1316 et
1522 ?
V. A. T.
D'Aï bon. — Je désirerais des rensei-
gnements sur les ascendants et descen-
dants de François Pierre d'Arbon de Bellon
reçu le 7 février 1720 maître en la cham-
30 Septembre 1912
390
bre des comptes de Paris. — Est-ce à la
même famille qu'appartient M. d'Arbon,
major de Picardie, lieutenant du Roi à
Verdun, en 1690, et commandeur du
Roule au faubourg de Paris ? Lab.
Le Bulletin de madame de Beau-
mont (1780-1790). —Un aimable con-
frère connaitrait-il l'existence d'un exem-
plaire de ce bulletin, manuscrit puis gravé,
qu'un prospectus, d'octobre 1790 dit « si
connu depuis dix ans » .? Et pourrait-il
donner quelques détails sur cette Mme de
Beaumont, laquellehabitait, 1790-1792, 43
rue deBièvreà Paris.Jusqu'ici la personna-
lité de ccUe dame est absolument ignorée
(cf. y[. Tournttux, Bibliographie Hn'^'io^yÇ-
io\6^) ; et le premier numéro du bulletin
gravé, que l'on connaisse, est du 6 janvier
1787 {ibidem n° 10359). ^- ^•
Fr. Bouchard, de Besançon. —
Un confrère pourrait-il m'indiquer sur
Fr. Bouchard, professeur de médecine à
l'Université de Besançon, 1670, quelques
documents ?
Est l'auteur d'un livre Judicium de
Metallicis aquis, Besançon 1677 in-4.
Introuvable! La Nationale ne le possède
pas.
Y a-t-il des ouvrages sur l'Ecole de mé-
decine de Franche-Comté et l'ancienne
Université de Besançon ?
A. Callet
André Chénier et Reinhold Dezei-
meries. — M. Anatole France présidant
une réunion de la Société des « Amis de
Montaigne » y porta un toast intéressant
qui figure in-extenso, dans le journal le
Temps du lendemain (lo juin 191 2) et
dans lequel faisant une énumération des
« Montaignistes » les plus distingues, il
:ite:
" le fin et délicat M. Reinhold Dezeimerie?
le plus élégant des philosophes, qui ripporta
un jour au texte d'André Chénier un amen-
dement immortel... »
Parlant devant une assemblée de let-
trés, dont beaucoup sont en même temps
des bibliophiles. M, Analole France, qui,
en d'autres circonstances, a pitié des igno>
rantset nelesdédaigne pas, n'avait pas be-
soin de s'expliquer plus amplement Un
lecteur de V Intermédiaire }^ourr3i\\.-\\ four-
nir _une précision sur la rectification de
N« 134».
Vol. LXV.
391
L'INTBRMÊDIAIRB
39:
texte à laquelle le grand écrivain a fait
allusion ? Philippe Leroy.
Descendance actuelle de Fouché.
— D'après une note de M. Louis Madelin
dans son remarquable livre sur Fouché,
la fille du duc d'Otranle aurait épousé le
comte de Terner. De cette union seraient
nées deux filles, qui seraient entrées dans
les familles de Castelbajac et de Saint-
Roman. Peut-on m'indiquer quelle est la
descendance actuelle de ces deux filles ?
Kiouzic.
La reine Pomaré, de Mabille. —
Le drame que Busnach a tiré du roman de
Zola, }^ana que l'on vient de reprendre,
met en scène la reine Pomaré. Cette reine
Pomaré est la fameuse danseuse de Ma-
bille, de son nom Use Sergsnt, amie et
rivale de Mogador. D'après le romancier,
elle vécut vieille, et Nana, descendant
d'un cabinet particulier à l'aube, la re-
vit, pauvresse balayant le boulevard.
Dans ses mémoires Mme Lionel de Cha-
brillan (Mogador), raconte que Pomaré
mourut, âgée de 21 ans, en pleine gloire
et en pleine détresse (six mois d'oubli et
dans ce monde-là, c'est tout de suite la
misère), et que ce fut elle qui la fit enter-
rer à Montmartre, qui lui donna un tom-
beau sur lequel on lisait :
Ici reàosê Lise Sergeui, net le 22 février
i8a$, morte le 8 décembre 1846. Son amie
Céleste.
Soixante ans plus tard, Mogador me
confirmait la véracité de ce récit. Elle
ajoutait : < Je vais encore au cimetière
Montmartre quelquefois lui porter des
fleurs ».
J'ai voulu vérifier ses dires :
11 n'y a pas eu de convoi au nom de
Lise Sergent, à la date dont il est parlé.
11 n'y a pas de concession à perpétuité au
cimetière Montmartre pour cette morte.
Mogador a brodé quand elle a écrit et
brodé quand elle m'a parlé.
Peut-on dire avec exactitude quand est
morte la fameuse Pomaré que Zola conduit
jusqu'aux limites de la vieillesse?
M.
Armes à déterminer : d'or à la
bande de vair. D'or à la bande de
vair : couronne ducale. (Sur une plaque
de chcmiiéc au château de la Vrilliere,
près Blois,
peaux).
ancien château
des Phely-
P. DU C.
Armes à déterminer : d'azur à la
Croix d'argent. — D'azur à la croix
d'argent cantonnée aux i et /f de liais
larmes d'argent posées i et 2 ',
d'une étoile d'argent. P. du C
aux 2 et j
Armes à déterminer : chevron de
gueules. — D'argent au chevron de
gueules accompagné en chef de 2 fleurs de...
et en pointe d'une épée de... terminée par
une fleur de... P. du C.
Ex-libris à déterminer : Trois
têtes de paon. — D'or à trois têtes de
paon, arrachées d^a^ur.^ posées 2 et i . Ecu
sur un manteau doublé d'hermine. Cou-
ronne de comte surmontée d'un mortier
de magistrat. Supports : deux lévriers
affrontés- GÉo Filh.
Ex-libris à déterminer : D'azur à
trois glands d'or. — D'azur à trois
glands d'or tiges et feuilles de sinople posés
2 et i ^ accompagnés d'une étoile d'or en chef.
Ecu ovale accolé d'une croix de Malte
entourée du chapelet portant la croix de
l'ordre.
Couronne de marquis. Tenants : deux
hercules. GÉo Filh,
Boyer de Fonscolombe : gravu-
res qui lui sorrt dédicacées. — On
désirerait savoir si des gravures, autres
que celles gravées d'après deux tableaux
de Greuze, ou deux gouaches de Bau-
douin, existent, dédicacées à Boyer de
Fonscolombe.
Voici les intitulés de ces gravures :
D'après Greuee : La Paresseuse ; Le
Donneur de Sérénade.
D'après Baudouin : La Soirée des
Thuileries ; Le Danger du Te te a Tête.
Saint-Carm.
Médecins modèles de Grand ville.
-Quels étaient, vers 183^, les deux méde-
cins célèbres, l'uncommeoptimiste, l'autre
comme pessimiste, qui servirent (à leur
insu), de modèles à Grandville pour la
fable « les médecins > dans l'édition
illustsée des F. de La Fontaine publiée
chez Garnier frères. G. de C.
I
393
DBS CHERCHEURS HT CUKiiiUX 30 Septembre 1912
394
Je n'ai d'autre parti que celui
de mon cœur. — Dans le charmant
article de M. Emile Faguet sur « Le vi-
comte de Launay » (Mme Emile de Girar-
din) que publie la Revue des Deux- Mon des,
je lis ceci :
...elle (Mme de Girardin) pourrait dire
avec le poète — de qui du reste j'ignore le
nom :
Je n'ai d'autre parti que celui de mon cœur.
Quelqu'un de nos collaborateurs pour-
rait-il nous dire de qui est le vers en ques-
tion ? H. GOUDCHAUX.
Jurons en langue portugaise. —
Existe-t-il un ouvrage, ancien ou récent,
en langue française ou en langue portu-
gaise, où l'on trouverait les jurons profé-
rés par les marins portugais du moyen
âge et par le peuple portugais?
Doit-on se référer aux jurons espa-
gnols de la même époque ? Et dans ce cas,
existe-t-il des ouvrages où le sujet soit
spécialement traité ?
Jean Marqjuerose.
Morvan, origine de noms de vil-
lages. — Je passe mes vacances dans un
petit bourg du Morvan, de l'arrondisse-
ment de Chàteau-Chinon Le pays est
charmant et très pittoresqu<^ et mériterait,
entre parenthèses, d'être plus visité par
les touristes ; mais les noms des localités
de ce petit coin morvandiau, pour être
aussi pittoresques, manquent néanmoins
quelque peu de charme.
Ainsi je suis entouré de bourgs et de
hameaux qui portent les noms peu har-
monieux de : Ouroux, Chamerelle. Razou,
Poil, Moux, Goulou, Boulard, la Machine,
Poireaux dessus, Poireaux dessous, etc.
Je me suis informé, auprès des sympa-
thiques habitants^ de l'origine de tous ces
noms bizarres ; personne n'a pu me ren-
seigner. J'aurai peut-être plus de chance
en m'adressant à mes aimables confrères
de V Intermédiaire. Roan.
Muets. — j'extrais de Arthur ou Sei:(e
ans après, drame vaudeville en 2 actes, de
Dupeuty, Fontan et Davrigny, le frag-
ment de dialogue suivant :
Arthur. — Et bien ! Madame, comment
trouvez-vous le parc de Melvil ?
Marie. — Ce que j'en ai vu me donne îa
plus haute idée de ce domaine. Mylord est
donc bien riche ?
Arthur. — Il possède tout un comté, et
avant la Réforme, ses fermiers et tenanciers
envoyaient régulièrement, chaque année,
trois muets à la chambre des Communes.
L'action se passe en Angleterre.
Je désire savoir ce qu'étaient ces muets
qui, avant la Réforme, étaient ainsi en-
voyés à la chambre des Communes.
G. Lantz.
Poème de Goraeille sur les cham-
pignons. — Je désirerais connaître in
extenso ce poème écrit en latin avec tra-
duction française dont Sergines, dans
les Annales poliiiques et littéraires du
15 septembre présente année, a donné
quelques extraits ao étissants.
J'ai en vain feuilleté le volume des poé-
sies diverses de Corneille dans l'Edition
des Grands Ecrivains français ; j'ai con-
sulté dans la même édition les tables des
Œuvres complètes du grand poète.
— J'ai trouvé de petits poèmes sur diffé-
rentes espèces de lleurs [notamment la
fleur de grenade] mais rien sur le Crypto-
game dont il fait parait-il un pompeux
éloge. Aurait-on découvert cette pièce de
vers depuis la publication des Grands
Ecrivains? Où pourrai-je la trouver si elle
est réellement de Corneille .''
Dehermann.
Tijé. — Dans l'article : Stendhal, can-
didat à Polytechnique, paru dans VOpi-
nion an 14 septembre courant, je lis la
phrase suivante :
Je faillis tout quitter. Un adroit et bon
tijé aurait pu me convertir à ce moment en
commentant cette maxime :.. .
Le Grand Larousse dit au mot tijé :
nom indigène du manakin noir huppé, et
au mot manakin : genre de passereaux
dentiroslres d'Amérique. On dit aussi :
manaque.
Le sens de ce qui précède et de ce qui
suit la phrase citée, ne me paraissant pas
s'accorder avec la définition ci -dessus du
mot tijé, je demande à V Intermédiaire
quelle signification doit être donnée à ce
mot, tel que l'emploie Stendhal.
Nauticus.
N- ij4>. Y^l!. LÎ^VI
L'INTERMEDIAIRE
w
3Qf)
Ilép0n^c6
Les dr peaux de Metz LXVI, 2^3).
Nous avons questionna sur ce sujet
l'un des survivants de ce lamentable
drame, notre vieil ami le lieutenani-colo-
nel Coste, porte-drapeau, en 70, des
zouaves de la garde. Voici son récit ; nos
collaborateurs de V hittimedtaire en tire-
ront eux-mêmes les déductions :
« Le 2- octobre^ les officiers des zoua-
« ves ont' su que le commandant en chef
« de l'armée du Rhin avait prescrit de
¥. faire porter le lendemain notre drapeau
« à l'arsenal. 11^ exprimèrent au colo-
< nel et au lieui. nant-colonel leur an-
¥. ffoisse : ils n'avaient plus confiance
c dans la parole du maréchal bazaine et
i< craignaient q 'en ne remît le drapeau
« aux Allemands.
^ Le lendemain, 28, à midi, le colonel
* Giraud mande à l'adjudant major de
< service, le capitaine Correard, de com-
« mander l'escorte du drapeau pour le
« porter à l'arsenal. Bouleversé par cet
« ordre, Correard dit de nouveau au co-
« lonel les désirs du régiment de ne pas
« rendre le dépôt sacré qui lui a été con
« fié. Le colonel lutte entre son patrio-
*, tisme et son devoir de soldat ; il ne
« sait que décider. Le capitaine Correard
« emi'loieun dernier argument pur faire
^ taire les scrupules du colonel et pour
»< gagner du temps . Je suis persuadé,
<. lui dit-il, que le drapeau du premier
<A grenadiers ne sera par rendu (le i''gre-
« nadiers faisait brigade avec les zoua-
«ves). Si vous le permettez, je vais en
« chercher la confirmation ». A demi au-
«» tori5é,le capitaine Correard s'en va chez
<, le colonel du i*' grenadiers. Pendant
* qu'il faisait celte démarche, notre dra-
« peau était apporté dans la maison duvi
« gneron ou demeurait notre colonel.
* Ulficiers, sous-officiers, zouaves, tous
« se pressaient pour le contempler une
« dernière fois.
4 Correard ne revenait pas , tout le
«i monde s'exaltait. CLuclqu'un émit l'opi-
« nion que si le drapeau devait être
4( porté a l'arsenal pour y être détruit,
«« personne d autres que ceux'auxqucls la
« garde enavaiteiéconfiéen étaient mieux
K qualifies pour accomplir ce sacrifice. Le
« colonel répondit : « Que faire ? Je me
« vois dans la dure obligation de m'incli-
« ner. ]'ai un ordre form ;1 >v Alors, dans
« un moment de rage, j'arrache le dra-
« peau de La hampe, j'en donne la cravate
« au colonel. Avec des ciseaux, je découpe
« la soie en bandes en plus de cent lam-
« beaux que je distribue aux assistants. Je
« garde le morceau du centre sur lequel
ti était écrit : Séhastopol, Magenta^ Solfe-
« r«>!0 ; je dévisse l'aigle, enlève le pied
^ carré portant la mention : « Régiment
« de Zouaves de la Garde Impériale >». Me
« servant d'un marteau, je fais de ce
« pied un morceau informe qu'on en-
« terre dans le jardin. J'entoure ensuite la
« hampe d'un turban pour laisser croire
w que le drapeau s'y trouve. Toujours ac-
¥. compagne de la garde, je porte ce
« pseudo-drapeau à l'arsenal.
« Pendant ma captivité, j'ai porté ces
« reliques dans une ceinture placée sous
« ma chemise, Notte. jétcndard, reconsti-
s< tué maintenant en grande partie^ est
« dans la salle d'honneur du 4' zouaves. »
AcciTE.
« *
Les témoignages suivants entre beau-
coup d'autres, répondent aux deuxprem.iè-
res questions posées par notre confrère
O. Spada.
Je recueille le premier dans le carnet
df notes inédit d'un jeune officier du 66*
de ligne, le capitaine Ad. le Flo, fils du
général, carnet de notes journalières et
brèves, mais saisissantes dans leur laco-
nisme.
Camp de Montlgny, 26 octobre.
Nouvelks désastreuses, qui n'ont encore
aucun caractère officiel, mais dont le fond se-
rait sûr. Le maréchal [Bazaine] accepterait
une convention sans condition. Quelle honte
et quelle humiliation I
1
28 octobre,
La situation est aussi honteuse que possi-
sible. C'est une capitulation à dlBcrétion .
On accuse Bazaine de trahison.
Les drapeaux viennent d'être envoyés à
Met\ où on les brûlera .
Je vais à Met/, essayer de trouver le comité
d'opposition.
Visite au général Changarnier. Scène poi-
gnante.
[Ici se place une scène très curieuse
DBS CHERCHEURS BT CURIEUX
397
|o Septembre 191a
dont le récit sera publié plus tard, mais
qui est en dehors du sujet].
398
39 octobre.
C'est fini. Les armes et le matériel déposés
hier dans les forts ont été remis aux com-
missaires prussiens.
Les drapeaux nont pas été brûlés. On
nous a trompés. Nos pauvres soldats ont été
admirables de dignité, de simplicité, de gran-
deur. J'ai voulu accompagner ma chère
compagnie... etc. »
Second témoignage: je l'emprunte aux
Souvenirs et observations sur la campagne
de i8jo (lu général Devaureix (Lavauzelle,
s. d., 8»), alors lieutenant au même régi-
ment, et ami du capitaine le Flo, ouvrag*
excellent, rédigé en captivité un mois à
peine après les événements.
Samedi, 29 octobre.
Dès le matin, lecture, dans tous les
camps, de deux ordres émanant directement
du grand quartier général :
Le premier prescrit aux commandants de
corps d'armée de réunir les drapeaux et les
étendards de leurs régiments et de les faire
transporter, dans un fourgon d'artillerie, à
l'arsenal de Metr, où ils doivent être brûlés.
Un récépissé doit y être délivré et adressé,
en échange, à chaque colonel comme dé-
charge.
Le second ordre exprime les adieux de
Bazaine à son armée ; en voici la copie tex-
tuelle :
« Ban-Saint-Martin, 28 octobre 1870.
< A l'armée du Rhin.
« Vaincus par la famine, nous sommes
contraints de subir les lois de la guerre en
nous constituant prisonniers. (P. 423).
«Soyons dignes dans l'adversité; respectons
les conventions honorables qui ont été stipu-
lées, si nousvoulons être respectés comme nous
le méritons. Evitons surtout, pour la répu-
tation de cette armée^ les actes d'indi^^ci-
pline, comme la destruction d'armes et de
matériel, puisque, d'après hs usasses mili-
taires, places et arriement doivent faire re-
tour à la France, lorsque la paix est si
gnèe... etc. » (P. 424).
Après avoir exprimé son indignation le
général Devaureix ajoute :
« Une remarque faite par beaucoup, le
jour rnême, c'est que personne de nous ne
connaissait encore les clauses de la capitula-
tion que nous étions cependant condamnés
à subir. Pourquoi donc nous les cachait-
on V . .
Quant â Vordre relatif aux drapeaux, il
trompa les uns, mais sembla hien suspee*
aux autres, (p. 425).
etc. »
Un peu plus loin, reprenant son ré-
cit :
« Puis le colonel ajoute quelques mots re-
latifs à la remise de notre pauvre drapeau
qui, depuis si longtemps et surtout depuis
trois mois, a vu mourir tant de braves com-
pagnons d'armes pour sa défense. C'est alors
qus le capitaiiie Rivière, faisant un pas en
avant vers le milieu du cercle, prononce les
paroles suivantes, que je crois entendre en-
core :
« Mon colonel, permettez-moi de vous sou-
mettre une observation qui n'est pus de
moi seulement. Il me semble que l'orare du
commandant en chef, relatif à la remise des
drapeaux, n'est pas du tout conforme aux
règlements. Pourquoi donc les fait-il trans-
porter à l'arsenal ?
— « Pour les brûler, répond le colonel,
l'ordre le dit d'une manière positive.
— * Pour les brûler ? dit le capitaine
Rivière d'un ton ironique, souligné par son
accent méridional. Est-ce bien sûr qu'ils y
seront brûlés ? »
— Oh ! réplique le colonel, vous ne pou-
vez mettre en doute la parole d'un maréchal
de France ! »
— « Eh bien 1 mon colonel, je n'ai pas du
tout confiance, attendu que, si le maréchal
Ba^a^ne tient tant à faire détruire nos dra-
peaux, pourquoi donc ne charve-t-il pas
chaque chef de corps de faire briller le sien
tous tes yeux ? ce serait à la fois, beaucoup
plus rapide et beaucoup plus sûr. > (P. 426)*,
A la fin du chapitre, l'auteur ajoute
l'observation suivante :
Si le capitaine Rivière, d'ailleurs fort
intelligent, fit preuve d'une grande perspi-
cacité, la bonne foi du colonel Ameller et de
la grande majorité de ses officiers est bien
excusable. Qui pouvait sérieusement croire
alors qu'un maréchal de France eût le projet
bien arrêté de livrer nos drapeaux à l'ennemi,
en masquant ce projet sous le plus odieux
parjure ? Carnous savons aujourd'hui, hélasl
à quoi nous en tenir sur ce point, d'après les
récits ultérieurs des journaux allemands et
belges, (i )
(P- 447)-
{\) Le procès de Trianon a fait, depuis, la
pleine lumière sur cette fourberie suprême de
Bazaine C'est bien par ordre de ce dernier
que l'on mentit aux chefs de corps et qu'on
livra ensuite nos drapeaux à l'ennemi. (Note
ultérieure) [du général Devaureix].
N* 1341 Vol. LXVl.
iL'iNlilKMluDlAiiKb
399
400
De tels témoignages, qu'il serait facile
de mullipli«r, prouvent deux choses :
!• L'ordre de Bazaine « aux chefs de
corps >» spécifiait que les drapeaux de-
vaient être portés à l'arsenal pour y être
brûlés.
2" Cet ordre fut exécuté par les chefs
de corps, bien innocents de la «criminelle
mollesse » que leur reproche M. Geor-
ges Baiaine.
Reste à connaître l'ordre donné par
Bazaine « à l'arsenal >>. C'est le nœud du
débat. En tous cas, la juste remarque du
capitaine Rivière subsistera toujours :
Pourquoi ne pas charger chaque chef de
corps de faire brûler son drapeau sous
ses yeux ? A. B. N.
«
Paris le 8 septembre 1913.
164, boulevard Péreire. Paris XVII*
Monsieur,
.X Dans l'article du 19 août 1912 paru
dans Le Temps, je n'ai pu, limité par
l'espace, donner les preuves de mes affir-
mations en ce qui concerne la question
des drapeaux de l'armée de Metz.
« Permettez-moi de venir vous les ap-
porter avec les témoignages et les docu-
ments qui viennent corroborer mes affir-
mations.
** Les drapeaux taisant toujours partie
du matériel de guerre d'une place, si le
maréchal Bazaine avait >* voulu y les li-.
vrer, ainsi que l'affirment encore certains
critiques peu documentés, il n'avait qu'à
suivre le protocole de la capitulation de
Sedan, < qui lobiigeait a les rendre ».
Personne aujourd'hui ne s'étonne que
Jules Favre et les deux généraux qui l'ac-
compagnèrent a Versailles pour négocier
la capitulation de la garnison de Paris
aient rendu les drapeaux avec le matériel
de la place. Personne ne songe également
à louer le comte d Hérisson dont la seule
initiative les empêcha de tomber entre les
mains de l'ennemi {journal d'un officier
d'ordonnance, p. 372 373;.
Le maréchal, lui,voulutsauver les dra-
peaux de son armée. Il usa de ce moyen :
faire dire pjr le général de Cissey ?u gé-
néral de Stiehle, lors des négociations
officieuses, que les drapeaux avaient été
brûlés après la proclamation du 4 septem-
bre, de façon a ce qu'on ne pût s'étonner
de ne pas les trouver ; donner ordre en
même temps à tous ses chefs de corps de
les brûler.
Ainsi, au moment des négociations offi-
cielles et de l'envoi du général jarras, il
pouvait, sans mentir, affirmer que les dra-
peaux n'existaient plus.
Lès le 25, il appert d'une lettre du gé-
néral de Cissey que l'ordre de brûler les
drapeaux a été donné par le maréchal. Le
général de Cissey regarde »\ comme cer-
tain > que l'ordre a été donné, sans cela,
dit-il, « il eût prescrit à ses quatre colo-
« lonels de les détruire en présence de
c leurs corps d'officiers ». Le 26, avant
que le conseil de guerre ne se séparât, le
maréchal Bazaine donna Tordre au général
Soleille de recevoir à l'arsenal de Metz
toutes les aigles que possédait l'armée et
de les brûler. L'extrait du rapport du gé-
néral d'Autemare au conseil de guerre, les
dépositions si formelles et si nettes du
noble général Desvaux, « dont la parole
est d'or » dit le onajrichal Canrobert,
« qu'on ne peut pas ne pas croire ?y, vien-
nent confirmer que cet ordre a été donné.
Il fut réitéré le 26 au général Soleille de-
vant le capitaine Gudin, qui en déposa au
procès de Trianon et s'exprima ainsi :
.< L'ordre de les détruire a tellement été
« donné qu'à propos des aigles le maré-
« cha' a dit au général Soleille, — je me
*< le rappelle bien, — qu'afin qu'il n'en
« reste aucune trace , on fera , a-t-il
« ajouté, jeter les aigles dans un des
.* fourneaux qui doivent se trouver à
ss l'arsenal et elles seront détruites immé-
« diatement. >/
Les trois dépositions du général Pé de
Arros, du général Picard et du capitaine
de Mornay-Soull prouvent également que
le maréchal a cru jusqu'au 27, daris
l'après-midi, que son ordre avait été exé-
cuté. C'est seulement en recevant une
note du général Picard lui demandant
pourquoi les drapeaux devaient être
transportés a l'arsenal, qu'il connut la
non exécution de ses instruction» ver-
bales
« Si l'on s'étonne qu'il n'ait pas encore
doime d'ordre écrit . c'est évidemment
que l'on ne rélléchit pas qu'il ne pouvait,
sans rendre inutile son subterfuge, donner
à jarras des instructions officielles pour
dire que tous les drapeaux n'existaient
plus et en même temps donner des or-
dres écrits, qui évidemment devaient être
Des CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Septembre 191a
401
402
enregistrés, pour dire de les brûler. 11
s'exprime fort nettement là-dessus en di-
sant : < Je croyais tous mes chefs de
corps aussi intéressés que moi à les faire
disparaître ; tout le monde aurait dû
s'identifier avec moi pour une chose aussi
importante. »
« La communication du général Picard
le surprit tellement que devant le capi-
taine de Mornay-Soult il s'écria : « Mais
ils doivent être brûlés ! » et elle le décida à
donner, par écrit, des instruction? qu'il
eût voulu seulement donner verbalement.
Le colonel Nuguès fut chargé d'envoyer
aux commandants de corps d'?!"mée une
lettre circulaire pour leur notifier d'avoir
a porter les drapeaux à l'arsenal afin d'y
être brûlés. Tous les commandants de
corps reçurentcet ordre le 27 dans l'après-
midi, entre 4 h 1/2 et 5 heure<; ; mais
pour que le prince Frédéric-Charles n'eût
pas connaissance de cette lettre signée du
maréchal, si nos archives tombaient entre
ses mains, sur les observations de Jarras,
trouvant sa situation trop délicate, le
feuillet fut arraché du registre sur lequel
la lettre-circulaire avait été copiée. L'opé-
ration de Tincinération des drapeaux au-
rait dû donc être terminée le 28 au ma-
tin ; elle ne le fut pas cependant pour
tous les corps. et certains chefs montrèrent
dans l'exécution des ordres qu'ils reçurent
une mollesse extraordinaire. La déposi-
tion du maréchal Canrobert est typique.
11 constate que les commandants de corps
étaient, tout d'abord, invités à verser
leurs étendards à l'artillerie de leurs corps,
qui devait les conduire à l'arsenal. « Nous
» n'étions pas soucieux, dit-il, de nous
<* dépouiller de nos drapeaux sur cet or-
< dre et on ne l'exécuta pas pour une
« affaire aussi grave et l'ordre émanant
« seulement du général Soleille (au nom
« du maréchal, il est vrai), nous fîmes le
<. mort et nous n'avons rien exécuté. Mais
< ensuite arriva un ordre signé du maré-
« chai commandant en chef qui disait :
« Vous enverrez vos drapeaux par votre
« artillerie à l'arsenal de Metz où ils se-
« ront brûlés. Une fois que nous eûmes
« reçu cet ordre, nous n'avions plus à
< nous occuper d'autre chose que de
« l'exécuter. «
f. Si l'on se rapporte aux interrogatoires
du général Soleille, on constate que le di-
recteur de l'artillerie est obligé de conve-
nir < qu'au conseil du 26 octobre il a été
< question des drapeaux et que le maré-
« chai a témoigné l'intention de les faire
«brûler». A la question du duc d'Au-
inale lui demandant si le maréchal, après
avoir pris cette résolution, avait changé
d'avis, il répond : « Pans une question
* aussi grave que celle de l'incinération
« des drapeaux, je n'avais pas à prendre
« de mesure"; officielles en dehors de celles
« présentées par le maréchal et rien n'a
« pu et ne peut me faire supposer que le
« maréchal ait changé de résolution à ce
« sujet ». A cette autre question : « Au-
riez-vous reçu du maréchal Bazaine des
instructions pour passer sous silence dans
votre dépêche du 27 l'incinération des
drapeaux ? » il répond : « Non, je n'ai
« reçu aucune instruction An maréchal
« Bazaine pour passer sous silence l'inci-
« nération des drapeaux ».
« La vérité, écrit le colonel Melchior,
est que si l'ordre du maréchal Bazaine
avait été partout et par tous compris
ainsi que nous le fîmes nous mêmes, les
Prussiens n'eussent pu déployer en tro-
phées aucun des drapeaux de la malheu-
rnuse armée de Metz. > En effet, tous
les drapeaux de la garde, qui entou-
rait le quartier général, furent brûlés,
et le colonel Melchior, en terminant sa
lettre, qui a paru dans La Légende de
Met:^, du comte d'Hérisson (page 185),
conclut que « la destruction des drapeaux.
« de la division Deligny n'a pu être ins-
« pirée par d'autres motifs que ceux de
« l'exécution sérieuse et des plus impor-
« tantes dans ses moindres détails, de
*< l'ordre donné au nom du maréchal ».
« Le général Soleille avait toujours été
opposé à la destruction du matériel et des
fusils. Cela ressort très nettement des dé-
positions du général '^e Ba'-kheim et de
celle du capitaine Gudin. Celui-ci rappor-
tant la conversation, tenue le 26 entre le
maréchal et le directeur de l'artillerie ,
dit ceci : « Le maréchal voulait faire dé-
ff truire les fusils de l'armée, et de son
« côté le général Soleille lui faisait obser-
■r ver avec insistance que la destruction
« des fusils était pour le soldat sa ma-
« nière d'exprimer son état d'indiscipline
<< et que cette mesure pourrait amener les
« plus grands dangers après les souffran-
ts ces endurées par l'armée et les dou-
« leurs de la capitulation ». C'est sur le
N» 1341 Vol. LXVI.
. 403
conseil du général Soleille que les dra-
peaux devaient être réunis par le comman-
dant d'artillerie et conduits dans des voi-
tures couvertes, accompagnées, à l'arse-
nal de Metz pour y être détruits.
Metz était plein d'espions ; faire brûler
les drapeaux devant le front des troupes
devait immanquablement attirer leur at-
tention et l'ennemi pouvait aussitôt en
être informé. C'est ce qui se produisit en
effet lorsque les généraux Laveaucoupet
et Lapasset firent brûler ou détruire leurs
étendards par leurs régiments. Le général
de Stiehle, ayant ainsi la preuve que les
drapeaux existaient encore, écrivit le 28,
vers 1 1 h. 1/2, au général Jarras au nom
de Frédéric-Charles une lettre commina-
toire, qui fit craindre lu maréchal des re-
présailles pour l'armée de Metz, si toutes
les clauses de la capitulation n'étaient pas
tenues C'est alors seulement que l'ordre
de suspendre la destruction des drapeaux
fut donné le 28 dans l'après-midi ; ils au-
raient dû être sauvés si tous les chefs de
corps avaient agi comme le général Des-
vaux qui obéit a l'esprit et à la lettre de
l'ordre, ou comme les généraux Laveau-
coupet et Lapasset, qui obéirent à l'es-
prit de cet ordre. Il est impossible de leur
faire un reproche d'avoir contrevenu à
des prescriptions de sagesse pour suivre
seulement le mouvement généreux de leur
cœur.
Le général Lapasset apporte une preuve
importante et le plus formel document
de l'ordre donné par je maréchal. En
effet, dans sa déposition au procès de
Trianon^il s'exprime ainsi : « Pour com-
pléter ma déposition et dans l'intérêt de
la vérité, je dois dire que dans ma bri-
gade mixte il y avait un régiment de cava-
lerie, le 58 lanciers, dont suivant Tordre
qui avait été donné au début de la campa-
gne, j'avais fait verser l'étendard à l'arse-
nal. Cet étendard n'était donc pas dans
les rangs de ma brigade ; je voulus qu'il
fût brûlé comme les autres et j'ordonnai
au colonel du 3' lanciers de se rendre à
l'arsenal et de s'assurer qu'il était brûlé.
En effet le colonel revint et me remit un
procès verbal, duquel il résulte que le
27 octobre l'étendard du y lanciers a été
brûlé d'après les ordres du maréchal
commandant en chef. J'ai la pièce sur
moi >.
L'il^TERMÊDIAlKË
« Cette pièce,
ainsi libellée :
404 .
versée au dossier, est
Procè --verbal d'incùiération. — L'an mil
huit cent soiyante-dix, le vingt-sept octobre,
Nous, colonel directeur d'artillerie, assisté de
Monsieur Grivaux, garde principal d'artille-
rie, avons procédé à la réception d'incinéra-
tion de l'étendard du 3' régiment de lanciers,
en exécution de l'ordre de Monsieur le Maré-
chal commandant en chef de l'armée du
Rhin. En foi de quoi nous avons signé le
présent procès-verbal. Signé ; Mony, lieute-
nant-colonel — Grivaux — Thorel, colonel
du 3» lanciers.
Ajoutons enfin que par les soins du co-
lonel de Girels tous les drapeaux conte-
nus dans l'arsenal furent brûlés , sauf
deux étendards de régiments de dragons.
Quant à la lettre écrite le 27 mais, adres-
sée le 28, au nom du maréchal par le gé-
néral Soleille au colonel de Girels, les dé-
positions citées plus haut prouvent bien
qu'elle est de son fait; La plaidoirie de
Lachaud est tout à fait probante sur ce
point.
« C'est le 27, dit Lachaud, qu'd a écrit
cette lettre au colonel de Girels. Il Ta gar-
dée par devers lui jusqu'au 28. Pourquoi?
S'il était à cette audience, si sa santé ne
l'avait pas empêché de venir à ce grand
débat, je lui aurais fait une question à la-
quelle il lui aurait été impossible de ré-
pondre. C'est le maréchal, dites-vous,
qui vous a chargé le 27 au matin d'écrire
au colonel de Girels que les drapeaux se-
raient compris dans un inventaire ; pour-
quoi cette lettre que vous avez préparée le
27 au matin, ainsi que cela a été établi
d'une manière précise, l'avez-vous gardée
jusqu'au 28, à 8 ou 9 heures du matin ?
Quel est donc cet ordre qui vous est
donné et que vous n'exécutez pas ? Si
tout le monde, à l'exemple de la Garde,
s'était hâté, cet ordre serait arrivé trop
tard et il ne serait plus resté un seul dra-
peau. Voilà ce que je lui dirais, et il serait
bieii oblige de reconnaître que s'il avait
reçu un ordre, en tout cas il ne l'avait pas
exécuté ? D'où la conséquence forcée que
jamais ordre semblable ne lui a été et n'a
pu lui être donné ». — ht comment ne
pas s'apercevoir que cette lettre est en
contradiction formelle avec les déposi-
tions du général Soleille ! »
Telles sont , Monsieur , très briève-
ment exposées, les preuves qui m'ont
4
DBS CHER.CHBURS KT CUS-IBUX
|o Septembre ipii
f
405
406
ait affirmer que le maréchal avait donné
par trois fois l'ordre de brûler les dra-
peaux, que tous les drapeaux de la Garde
ont été détruits ainsi que ceux de l'arse-
nal, que si tous leschefs de corps avaient
agi comme le général Desvaux, comman-
dant la Garde, aucun étendard n'eût été li
vré à l'ennemi et que c'est donc par la
mollesse seule dans l'exécution des ordres
donnés que ^3 drapeaux de Tarmée de
M«tz sont aujourd'hui à Berlin, avec ceux
de l'armée de Chàlons. G. Bazaine.
San-Martino. La maison de Na-
poléon à llle d'Elbe (LXVl 282) —
Dans le récit du général Bertrand, Grand
Maréchal du Palais : L'Ile d'Elbe et les
Cent-Ionrs publié dans le XXXI* vol. de
la Coirespondance de Napoléon /e"", il est
question de la villa Saint-Martin :
^\ L'Empereur débarqua à Porto-Ferrajo,le
4 mai, 18 14, et il n'y fut guère bien logé à
son arrivée. Mais bientôt des artistes, archi-
tectes et peintres, arrivèrent de Toscane et
de Rome offrir leurs services ; ils arrangè-
rent un petit pavillon à deux étages oij se
logea 1 Empereur. Il fallut démolir grand
nombre de maisons ; les soldats de la Garde
y travaillèrent avec zèle. On établit ainii,
en peu de semaines, une plaine et un jardin
près du pavillon de l'Empereur. Ce pavillon
avait vue sur les côtes de Toscane et de
Piombino. On appropria un très beau cou-
vent situé tout près, pour le logement delà
Garde. Madame Mère fut logée à la maison
Vantini.
La princesse Pauline avait acheté des vi-
gnes et fait construire un pavillon ou villa à
la mode d'Italie, à trois milles de la ville et
dans une position charmaate ; elle comptait
s'y établir ; mais à son arrivée des eaux de
Naples, en septembre, sa villa de Saint-
Martin, qui lui avait coûté 100.000 écus,
n'étant p»s entièrement meublée, elle occupa
un apoartement dans le pavillon impérial.
La villa de Saint-Martin fut décorée avec
beaucoup de goût par de très bons peintres
romains qui travaillaient avec beaucouo de
zèle parce qu'ils étaient conduits plus par
leur opinion et leurs sentiments que par
l'appât du gain.
Avant la fin de l'année Napoléon était
passablement logé : il avait un pavillon à
Porto-Ferraio, un à Porto-Longone, la villa
de Saint-Mart'n, où il allait quelquefois et
l'ermitage de Marciana, cù il s'y plaisait
beaucoup ; il voyait de là les Alpes, l'Apen-
nin ligurien, les montagnes de la Corse, et
dominait toute la Méditerranée.. , >
DÉSIRÉ Lacroix.
'-'reuvesde noblesse (LXVl, 288). —
S"agit-il de savoir le genre de preuves à
faire ? Dans ce cas, ce n'est point un tra-
vail de patience qu'il faut solliciter. Cette
indication n'est pas longue et se trouve
partout.
S'agit-il de connaître les familles qiiî
ont eu des preuves à fournir ? Le gros vo-
lume manuscrit du Fonds Français à la
Bibliothèque Nationale est là, à la dispo-
sition de qui veut consulter cet inven-
taire, où le nom des familles est classé
alphabétiquement.
S'agit-il de connaître toutes les preuves
faites? Dans ce cas il faudrait publier
cent volumes, sinon plus. îA. Vindry,
rien que pour relever le nom des Demoi-
selles de Saint-Cyr, les identifier, sariâ
donner les preuves nécessaires à leur ad-
mission, a travaillé fort longtemps avant ^
de publier le résultat de ses recherches.
En réalité, c'est dans l'inventaire ma-
nuscrit, dont je parle ci-dessus et dont la
confection ne remonte guère qu'à une
quinzaine d'années, qu'on trouvera la ré-
ponse au « recueil où l'indication de ces
preuves » existe. La Coussière.
Une parole de Guillaume P"" (LXIV,
LXV, 24). ~ J'ai demandé (20 sep-
tembre 191 1) où et quand le roi de Prusse
Guillaume I"", commençant la guerre de
1870, a déclaré « qu'il faisait la guerre,
non à la France mais à la dynastie impé-
riale, qu'il attaquait Napoléon et ses sol-
dats, et respectait la nation >.J'ai rappelé
les affirmations précises à ce sujet du mi-
nistre des affaires étrangères Jules Favre
dans la circulaire du 9 septembre 1870
aux agents diplomatiques de la France à
l'étranger, et dans le rapport du 21 sep-
tembre au gouvernement de la défense
nationale Un seul de nos collaborateurs,
M. A. 1. a répondu ; il a prétendu, ce qui
est aussi mon opinion, que Jules Favre
s'est exprimé avec légèreté, a dénaturé le
sens d'une proclamation du roi de Prusse,
et il a i-oproduit d'après le Courrier du
Haut-Rhin du 21 août 1870 une proclama-
tion de Guillaume I" datée de Sarrebruck.
La légèreté de ]ules Favre ne peut pas
être niée. Dans sa circulaire du 21 novem-
bre 1870 aux agents diplomatiques du
gouvernement de la défense nationale le
iiîinistre des affaires étrangères parle de U
c trahison de Sedan >, ce qui serait déjà
N» 1341. Vol. LXVI.
407
énorme dans une lettre privée et est inad-
missible dans une circulaire officielle. On
peut se demander comment, si le minis-
tre a rédigé lui-même le texte, la direc-
tion des affaires politiques du quai d'Or-
say qui s'occupe de la correspondance, a
pu laisser passer l'expression « la trahison
de Sedan >v Pour ce qui concerne la pro-
clamation du roi de Prusse, Jules Favre
a répété son affirmation du 6 septembre et
du 21 septembre dans la circulaire du 18
octobre aux agents diplomatiques du gou-
vernement de la défense nationale à
l'étranger : s.< après avoir solennellement
annoncé au monde par la bouche de son
roi qu'elle n'en voulait qu'à Napoléon et à
ses soldats, la Prusse s'acharne à détruire
le peuple français. »
Comme M. A. J. a donné le texte com-
plet de la proclamation du roi de Prusse,
je ne reproduis que le passage saillant :
Guillaume !" s'adresse aux habitants des
provinces françaises occupées par les ar-
mées allemandes :
Jg fais la guerre aux soldats français et
non aux cittvens de la France. Ceux-ci con-
tinueront à jouir d'une yécurrté complète
pour leurs personnes et leur"! propriétés
aussi lonsrtemp'^ que, par des entreprises
hostiles contre les troupes allemandes , ils ne
m'ôieron^ pas le drott de leur accorde^ ma
proiectiofi.
Ce langage est très net ; il indique les
usages de la guerre pratiqués par la
Prusse et ses alliés ; l'interprétation de
Jules Favre, admise encore aujourd'hui
par les badauds, est purement fantaisiste.
A la suite de cette proclamation qui
enjoignait aux généraux en chef de porter
à la connaissance du public, par des or-
dres spéciaux, les mesures assurant l'exé-
cution des règlements contre les commu-
nes et les particuliers qui se mettraienten
opposition avec les usages de la guerre,
le prince royal de Prusse adressa . le
18 août, l'ordre suivant aux habitants de
la Lorraine :
L'Allemagne fait la guerre à l'Empereur
de? Français et non aux Français. La popu-
lation n'a pas à craindre qu'on prerme des
mesures hostiles contre elle. Je m'occupe de
rendre à la nation, et spécialement J> la ville
de Nancy, les moyens de circulation inter-
rompus par l'armée française. J'espère que
l'industrie et le commeice vont être rétablis
et toutes les autorités resteront à leur place.
Je ne demande pour l'entretien de l'armée
L'INTERM€DlAiR£
408
que le surplus des provisions non exigées
pour la nourriture de la population française.
La nation paisible et principalement la ville
de Nancy devront compter sur les plus
grands mét.agements.
Le commandant de la 3* armée.
Frédéric-Guillaume
prince royal de Prusse.
Un ordre du 18 août des commandants
supérieurs des armées allemandes s'ex-
prime ainsi :
Vu la proclamation de S. M. le roi de
Prusse qui autorise les généraux comman-
dants en chef à établir des dispositions spé-
ciales relativement aux mesures à prendre
contre les communes et les personnes qui se
mettraient en contradiction avec les usages
de la guerre, etc., etc.
1° La justice militaire est instituée. Elle
sera établie dans toute l'étendue du terri-
toire français occupé par les armées alleman-
des à toute action tendant à compromettre la
sécurité des troupes, à leur nuire, ou à prêter
assistance à l'ennemi.
2° Toutes les petsonnVs qui ne font pas
partie de l'armée française et n'établiront
pas leur qualité de soldats par des signes
extérieurs, et qui serviront l'ennemi en
qualité d'espions, égareront les troupes al-
lemandes quand elles serviront de guides,
tueront, blesseront, ou pilleront des person-
nes appartenant aux armées allemandes, dé-
truiront ponts, canaux, chemins de fer té-
légraphes, routes, incendierontdes munitions,
des provisions des casernements, prendront
les armes contre les troupes allemandes, se-
ront punies de mort. Un conseil de guerre
prononcera le jugement ; la mort est l'unique
peine. Le jugement sera exécuté immédiate-
ment.
Les communes auxquelles les coupables
appartiennent seront passibles daris chaque
cas d'une amende égale au montant de l'im-
pôt foncier, etc., etc.
Cet ordre est le corollaire de la procla-
mation du roi. Guillaume avait déclaré
qu'il n'admettait les hostilités que de la
part des soldats ; les généraux firent sa-
voir comment ils frapperaient les ci-
toyens. Rien dans ces pièces ne permet
de conclure que la Prusse n'en voulait
qu'à la dynastie impériale C'était la na-
tion allemande qui se battait contre la
nation française. Tous les patriotes al-
lemands, et ils étaient nombreux au sud
comme au nord du Mein, appelaient la
France l'ennemie héréditaire, r«Erbfeind»,
et désiraient l'écraser.
L'opinion émise par Jules Favre n'a pu
se répandre que grâce aux souvenirs his-
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Septembre 191a
409
410
toriques, à l'évocation des Cent Jours.
Après le 20 mars 181 s, Napoléon fut mis
au ban de l'Europe. Dès le début, Metter-
nich déclara que les puissances ne sau-
raient souffrir Bonaparte (elles disaient
Bonaparte et non pas Napoléon) sur le
trône deFrai:ce, qu'elles lui feraient une
guerre à outrance et ne la feraient pas à
la France. Le 23 juin, au qnartier général
de Heidelberg, le maréchal prince de
Schwarzenberg,général en chef des armées
impériales autrichiennes et alliées lança
une proclamation : « Français, c'est à
vous de décider delà paixou de la guerre.
L'Europe veut la paix avec la France ;
elle fait la guerre à l'usurpateur du trône
français... L'Europe veut la paix, et parce
qu'elle la veut^ elle ne transigera jamais
avec celui qu'elle regarde comme un obs-
tacle perpétuel à la paix... Les armées
alliées vont franchir les frontières de la
France. Elles protégeront les paisibles ci-
toyens ; elles combattront les soldats de
Bonaparte; elles traiteront en amis les
princes qui se prononceront contre lui, et
elles ne connaîtront d'autres ennemis que
ceux qui soutiendront sa cause. » C'est
un langage bien différent de celui que 155
ans plus tard Guillaume devait tenir dans
sa proclamation de Sarrebruck. En 1870,
le roi de Prusse regardait Napoléon 111,
avec qui il avait eu des entrevues à Bade,
à Compiègne et à Paris, comme le souve-
rain régulier de la France.
Paul Muller.
Rue Madame (LXVI, 187, 305). —
Avant de poser une question, je ne sau-
rais trop conseillera nos collaborateurs de
remonter aux sources, c'est-a-dire, dans
le cas présent, à l'édition originale de Du
Pradel. Or, il y a, page 33 de cette édition
publiée en 1692 : dans la liste des « six
vingt Huissiers seuls réservez d'entre les
Huissiers à Verge par Edit du mois de
Février 1691 pour la fonction de Priseurs
et Vendeurs de biens meubles en la Ville,
Fauxbourgset Banlieue de Paris » : Nico-
las Cabaille : rue Ma — Le reste du nom de
la rue est tombé à l'impression. Edouard
Fournier, dans sa réédition, a traduit rue
Madame ; le malheur est qu'il n'y avait
pas, en 1692, de rue de ce nom. L'édition
de 1691 ne contient malheureusement pas
la même liste, et il faut recourir aux hy-
pothèses pour se demander quel est le
nom dont nous n'avons qu'une moitié.
Serait-ce la rue Maçon? En tous cas, les
intermédiairistes feront bien de renoncer
à chercher une rue Madame au xvii« siè-
cle, ils ne la trouveraient dans aucune
nomenclature, Gomboust.
La Junoet Félicien David (LXVI,
28c). — M. L. V. P. commetune erreur,
Félicien David n'est nullement né en Avi-
gnon, mais àCadenet, chef-lieu de canton
de l'arrondissi-ment d'Apt, Vaucluse. Le
territoire de Cadenet louche aux Bouches-
du-Rhône et cette petite ville est à 20 ou
215 kilomètres au plus au nord d'Aix. Ce
qui explique que David ait commencé son
éducation musicale comme élève de la
maîtrise métropolitaine de Saint-Sauveur-
d'.Aix. 11 n'était nullement juif comme
Drumont Ta jadis soutenu, mais absolu-
ment catholique ; l'archevêque d'Aix
n'aurait pas admis un juif parmi les en-
fants de chœur de sa cathédrale,
X.
Le crâne de Descartes (III, IV). —
On lit dans Excehior^ 24 septembre 1912 :
L'Académie des Sciences s'est occupée
h'er du crâne de Descartes. Voici dans
quelles conditions. La savante compagnie
avant reçu un recueil de la correspon-
dance échangée entre Berzélius et Berthol-
let, M. Darboux fut étonné d'y trouver uns
lettre qui n'était autre chose qu'un ac-
cusé de réception du crâne de Descartes. Il
semblait donc indiqué que le squelette du
grand philosophe français n'avait pas échappé
aux vicissitudes qu'ont connues toutes les
dépouilles historiques. Voici, en effet, d'après
les renseignements que nous avons pu obte-
nir, quelle fut l'odyssée de ce crâne célèbre.
Disons de suite qu'elle nous fait craindre
pour son sort.
Descartes mourut à Stockholm, en 1650,
d'une fluxion de poitrine qu'il avait con-
tractée, assurait, hier, M. Darboux, en se dé-
plaçant de bon matin pour aller donner des
leçons de mathématiques à la reine de
Suède. Notre ambassadeur qui était très lié
avec le savant français, fit expédier le corps
en France. Louis XIV empêcha, on ne sait
pourquoi, que l'éloge funèbre fût prononcé,
et l'inhumation fut effectuée en l'église
Sainte-Geneviève. Le corps fut dépose en-
suite au Musée des monuments historiques,
puis dans la chapelle de Saint-François de
Sales, et enfin dans l'église Saint Germain
des Prés. Maison croyait la dépouille com-
plète, et on la vénérait comme telle.
N 1^4», Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
411
412
En 182 1, Berxélius écrivit de Stockholm
à Cuvier pour lui offrir le ciine de Defcartes,
qui était demeuré en Suède, alors que le
reste du corps quittait la sépulture royale qui
lui avait été donnée pour être dirigé sur la
Fiance Ce crâne portait l'inscription sui-
vante : < Crâne de Dtscartes pris par
Hanstrom, Vannée lôôé, lorsqu'on devait
renvoyer le corps en France. »
Près d'un siècle plus tard, l'écrivain sué
dois Anders Anton von Iljermann devenait le
possesseur dece chef et gravaitsonnom sur U
calotte crânienne avec la mention de l'année
1751. Le crdne passa dès lors entre les mams
de nombreux propriétaires, parmi lesquels on
p^ut citer Hans Celsius, Hteger, Flyoht,
Ahgren, Spar aann et Amgren. Ce dernier
l'avait même obtenu pour la somme dérisoire
de 37 francs.
Le crâne fut reçu par l'Académie des
Sciences, qui « accepta, dit Berthollet, avec
une déférence religieuse, le présent qui lui
était fait ». On compara le crâne, affirme le
même auteur, avec un portrait de Descartes,
et la comparaison fut jugée assez frappante...
Enfin, le crâne fat envoyé au Muséum, si
l'on en croit les comptes rendus de lAcadé-
mie des Sciences.
Cette présence du crâne de Descartes dans
les collections du Muséum d'histoire natu-
relle sembla étonner les savants et les profes-
seurs de cet établissement que nous pûmes
joindre. Nous ayant déclaré ne rien savoir
à ce propos, nous primes le parti d'aller
consulter les archives, où nous avions quel-
que chance de trouver une trace de ce dé-
pôt.
C'est au laboratoire de M. Verdeau que
nous nous adressâmes. Sur les tables de cet
ossuaire scientifique, nous dépouillons les
catalogues des richesses où les restes d'un
Mérovingien voisinent avec le crâne d'un mu-
sicien célèbre et le moulnge de Jean-Jacques
Rousseau. Dans la célèbre confection Gall,
nous trouvons mentionnée, à la cote 82, la
c copie en plâtre d'un crâne qui est déposé
au Muséum du Jardin du roi et qu'on croit
être celui de Descartei ». Ce moulage tut
étudié par le célèbre phrénologiste, qui écri-
vit, à son propos, la consultation suivante :
f Les organes les plus développés sont ceux
de réducabilité, des rapports de l'espace, du
calcul. » En marge se lit l'annotation sui-
vante : « Original venu lieputs. u
Ce moulage fut donné au musée de Bou-
logne-3ur-Mer ; quant au crâne lui-même,
nous n'en n'avons trouvé trace nulle part. La
trace de son entrée est marquée par l'atino-
tation sus-indiquée, mais, depuis lors qu'est-
il devenu ? S'il est encore au Muséum, nous
dàclara-t-on, il doit être avec la collection
dont les inondations de 1910 ont troublé
l'ord
re.
et c'est parmi le tas d'ossements
qu'elle constitue aujourd'hui que doit se
trouver le crâne de Descartes.
Des recherches n-us semblent s'imposer
qui permettraient de rendre à la dépouille de
Descartes l'intégrité qu'il eût été facile de lui
donner, en 1821, lors du retour en France
du crâne que des mains sacrilèges lui avaient
dérobé.
Henry Vadol .
Capitaine d'IUiers (LXIV) — En
consultant la série des annuaires de
l'armée, on ne trouve vers 1837 qu'un
seul officier de ce nom dans le corps
d'état-major : Léon Arthur Patas d'IUiers.
Sorti de Saint-Cyr à la fm de 1831 et
de l'école d'hJat-Major à la fin de 183?, il
est lieutenant au 7" d'infanterie légère à
Lyon, puis, vers 1837 au u* dragons à
Paris et ensuite à Vcsoul. Capitaine le
5 mars 1838, il figure, en 1839, au 1 1»
dragons (à Huningue)-«"en 1840 à l'état-
major de la place de Paris.
En 1841, il est aide de camp du géné-
ral de Lamoricière à Oran, poste qu'il
conserve et\ passant chef d'escadron le 24
avril 1845 et qu'il occupe encore en
1847. En 1848, il est toujours aide de
camp du général de Lamoricière, devenu
ministre de la guerre et représentant du
peuple.
En 1849, il est à l'état-major de la divi-
sion de Lyon, commandée par le général
Gémeau
11 ne figure plus sur les annuaires des
années suivantes.
Il est chevalier de la légion d'honneur
à partir de 1848. . d -,
Les Souvenirs du Général du Baratl,
(tome l, p. 139) portent à son sujet la
mention suivante : L'aide de camp du gé-
néral de Lamoricière était le capitame
Patras d'IUiers qu'une mort prématurée
atteignit dans le grade de chef d'esca-
dron. ^
J. G. T.
Le buste de Jean-Jacquea Rous-
se u 1790) — Des Estangs (LXVI,
,y8). — Jolibois: LaHante-Mame,^. 186
longue notice sur Nicolas-Charles Des
Estangs. Résumé : né à AUichamps
Haute-Marne) 1766, mort à Paris 1847,
son frère, maître de forges. Dès sa jeu-
nesse, idées avancées, assiste à la prise
LES PETITES CELEBRITES DU SECOND EMPIRE
GABRIELLE DE LA PÉRINE, la marchande de Journaux
Intermédiaire LXVI, Colonne 413.
D£S CHERCHEURS ET ClJR^bUA
30 Septembre 1919
413
414
de la Bastille, engagé volontaire au 7* ba-
taillon de Paris, inspecteur des subsis-
tances militaires à Brest. Hn 1796, fonda
une institution à Clignancourt, 1809, ins-
pecteur des domaines français en Autri-
che, — directeur de l'imprimerie et li-
brairie, 1819 conservateur des estampes
jusqu'à 1836, misa la retraite à cause de
SCS opinions avancées.
Connu surtout par ses œuvres maçon-
niques, président de la loge des trinoso-
phes, réformateur de l'ordre.
Un ami a publié un travail de lui ina-
chevé : Œuvres tnaçonuiqites de N . C. Des
Estangs . .. ornéesdeson portrait par P. D.
Pilloi, Paris 1868, in-8.
Noter que cette notice est de jolibois,
ou plutôt de son maître Pierre Laloy,
tous deux connus parleurs opinions révo-
lutionnaires ; par conséquent suspects de
partialité dans le cas présent.
La famille Des Etangs habite actuellement
Andelot (Haute-Marne. Un autre Nicolas-
Charles Des Etangs né à Andelot 1801-1876 :
avocat, juge de paix à Barsur-Aube en
1848.
Est uniquement connu comme botaniste, a
publié une quantité (au moins 40) de mé-
moires sur la flore de l'Aube et "'e la Haute-
Marne.
Sur ce dernier, notice biographique dans
la Flore de la Haute Marne par Aubriet,
p. 00.
jolibois ne dit pas que N. C. Des Es-
tangs fut médecin, au contraire : il com-
mença dans une étude de notaire De
même il n'y est pas dit qu'il ait été maire
d'un arrondissement de Paris, mais ceci
est très possible. Marthe.
Gabrielle de La Perrine (IX; XIII;
LXVI, 341). — Il a déjà été question de
cette personne - qui fut une petite célé-
brité du Second Empire au même titre
qu'Isabelle laBouquetière — dansles tomes
IX et XIII.
Un de nos collaborateurs nous envoie
son portrait, publié dans les journaux
d'alors — qui étaient pourtant moins que
les nôtres, prodigues d'illustrations. Celui
que l'on nous communique a paru dans la
Chronique illustrée du 25 octobre 1868.
Ce n'est pas là tout a fyit de l'histoire
— c'est cependant un peu de l'histoire
de Paris.
Cette demoiselle, dite Gabrielle de La
Perrine, était marchande de journaux,
I simplement, mais le Jockey Club dont son
kiosque était voisin l'avait adoptée,
comme il avait adopté Isabelle.
Sollicitée de donner quelques rensei-
gnements sur sa personne, elle répondait :
Vous avez bien voulu vous intéresser à
moi eti me priant de vous envoyer quelques
notes sur ma bibliographie que vous désirez
publier. Je regrette donc aujourd'hui de
n'avoir à vous fournir que des renseigne-
ments bier: courts à cet égi-rd ; et cela d'au-
tant plus que plusieurs journaux s'en sont
déjà occupés dans leurs colonnes, et que je
ne ferais que vous répéter ce que probable-
ment vous devea connaître.
Ainsi qu'on l'a an oncée,je suis née à Sé-
ville, où mon père, que des revers de for-
tune venaient d'atteindre, alla résider ainsi
que dû.ns plusieurs autres villes d'Espagne,
afin d'essayer de faire fructifier, dans un»
entreprise commerciale, les quelques débris
qui lui restaient encore.
Malheureusement pour lui ainsi que
pour moi, il fut encore déçu dans ses espé-
rances et nous fûmes obligés de revenir en
France dans un état voisin de la gène -, gêne
qui ne fit que s'accroître avec les charges
qu'entraîne une nombreuse famille. Pour
comble d'infortune, la mort vint ravir notre
père à notre affection : de sorte qu'aujour-
d'hui je reite seule avec ma raère pour la se-
conder dans une tâche si difficile à remplir,
quand on est pas fortuné, en me dévouant
à l'éducation de mes sœurs.
Signé : G. DE LA Perrine.
Il est visible que cette lettre est un ai-
mable arrangement. 11 y a des gens qui
se disent espagnols et qui ne sont pas es-
pagnols, mais sa beauté très réelle était
un peu d'une andalouse.
Mlle de La Perrine ou plutôt Laperrine,
troublée par les attentions dont elle était
l'objet, quitta le kiosque doré du Grand-
Hôtel et débuta au théâtre sans succès.
Elle avait étudié le chant. Elle renonça au
théâtre qui l'avait si mal accueillie, fit le
commerce des fleurs, fut un peu lingère,
puis disparut comme disparaissent ces
vagues météores du ciel fantaisiste de
Paris
Mais il est probable que ceux qui écri-
ront sur les mœurs et le pittoresque de
nos rues, demanderont encore quelquefois
et durant longtemps ; v< Cette demoiselle
de la Perrine, qui était-ce-donc ? >* C'est
pour eux que V Intermédiaire qui doit
avoir réponse a tout, publie ces notes et
cette image. M.
N- 1341. Vol. LXVI.
L'INTERMÉDIAIRE
4i'5
416
Famille de Montsaulnin (LXV,i9o,
313, ^S9- — Le comte de Montiaulnin,
ancien député du Cher, est mort depuis
plusieurs années ; son frère, le vicomte
de Montsaulnin est mort aussi, tous deux
sans postérité masculine. Le nom paraît
complètement éteint. H.
* •
La famille de Montsaulnin nest
pas originaire du Dauphiné comme le
pense M. E. Grave, mais du Nivernais
dans le comté de Chàteau-Chinon où on
la trouve au commencement du xix* siè-
cle. Par ailleurs le regretté comte de
Montsaulnin 1 François-Charles) est mort
en 1910 et son frère Emmanuel-Louis, vi-
comte de Montsaulnin est décédé le 1 1
juillet 1912.
Us n'ont pas laissé de postérité mascu-
line.
Les armes de cette famille sont : de
gufiilfs à ^ léopards d'ot couronnés de
même l'un sur l'autre.
Les sources indiquées et bien d'autres
ont été consultées. S. G L.
Ulysse Pic (LXIV ; LXV ; LXVL i s6,
277). — N'avait-on pas fait venir un jour
naliste du nom d'Ossian Pic à Rochefort
(Charente-Inférieure), en 1869, pour l'op-
poser, dans le journal officieux d'alors, au
journal Le Contributible Jor\dépsr un grou-
pe d'adversaires de l'Empire, lesquels, de
leurcôtè.avaient fait venir, pour le rédiger,
le puhliciste Charles Habeneck ? Ce der-
nier eut bientôt un procès de presse
dans lequel il fut défendu par Jules Favre,
qui vint exprès à Rochefort et y parla
dans une réunion publique à La Halle. Ce
fut alors, à Rochefort, un événement im-
portant. Ossian Pic était-il frère, ou pa-
rent, d'Ulysse Pic .i* V. A. T.
Famille Sicard (LXVI, 288). — En
ce qui est des le Peletier d'Aunay et des
le Peletier de Saint-Fargeau et de leurs
armes il a été répondu par avance dans
une note qui n'a pas encore paru dans
Y Intermédiaire. S. G. L.
Le marquis de "VaRsé ^\ la m-r-
quise, née Broglie (LXVI,28H;. — il y
a ccrtaineipcnt erreur dans le Dirtionnairr
des Parlementaire^ en ce qui concerne un
second mariage du marquis de Vassé, at-
tendu que la marquise née Broglie mou-
rut seulement le 2 1 octobre 1827, ayant
survécu plus de sept ans à son mari dé-
cédé 27 mai 1820. La généalogie de la
branche française de la maison de Broglie
à laquelle Remprunte ces détails, est
muette sur la date de décès de Jules, mar-
quis de Vassé, fils des susdits.
D. A.
Jenny Verpré à Marseille (LXVI,
273). — duétaient-cequeles < admirables
vers de Waterloo > ; que qualifiait ainsi
l'enthousiaste jenny Verpré? Eh! parbleu,
c'étaient ceux du virulent petit poème de
Waterloo, dt Méry et Barthélémy, qui, tout
justement,àce moment même, venaitd'ètre
publié, avec sa hardie Dédicace, cinglante
comme un coup de cravache, en toutes
lettres imprimée sur son titre ot sur sa
couverture : « Au Général Bourmont >v
De ce poème, nous a^ citerons que sa
seule finale, qui lui sert de conclusion :
Va, rion ne peut, casser l'immuable anathftme,
Quand le peuple a maudit, son arrAt est eu-
[prAme,
Sa just.icn inflejàblo interdit tout i>ardou ;
Tn peux, sur ra poitrine, étaler un cordon.
Tu peux fléchir du Roi li bonté paternelle,
Mais, aux regards do tous, la taolie est éter-
[nelle,
Quatorze ans ne font point oublier oea forfaits ;
La peine se prescrit, et la boute jamais.
Ce Waterloo, naturellement, fut pour,
suivi, sur le moment. Le.s exemplaires-
brochés, de sa première édition (Pans,
Denain libraire, imprimerie de |. Tastu,
182Q. 71 pages in S", avec couverture
imprimée, et ornes dune petite vignette
emblématique de Henry Monnier, gravée
sur bois par Thompson) en sont donc de-
venus très rares.
Les mêmes poètes, l'année précédente,
avaient déjà publié la première édition de
leur beau poème : Napoléon tn Bjc>\pte,
que rendirent si populaire, les belles édi-
tions illustrées de Ralîet 'in-B", 183s) et de
Horace Vernet et Hi(^polyte Bellangé
I grand in-8°, 1841, plusieurs fois réim-
prime).
Si cette époque était celle des piètres
préfets, par contre, elle était bien aussi
celle des beaux livres, des beaux vers, et,
encore plus, convenons-en, celle... des
beaux sifflements de cravache
Ulric Richard-Desaix.
DBS QHB1iCHËUi<î) 8T CURIbUK
30 Septembre 1913
417
418
OÙ est enterré le maréchal de
Villars (LXV, LXVl, 42. 158, 247). —
Puisque j'en ai l'occasionj'apporterai quel-
ques précisions à l'article que M. Teste a
publié dans V Echo de Paris, au sujet des hé-
ritiers du tils du maréchal, le dernier des
Villars. Ainsi qu'on la déjà dit, Honoré
Armand, duc de Villars, n'eut qu'un enfant
de son mariage avec Amable Gabr:elle de
Noailles, une fille qui, veuve de Félix Pi-
gnatelli d'Egmont et sans enfants, se fit
religieuse du Calvaire.
Elle n'existait plus sans doute, lorsque
le 8 octobre 1764, le duc de Villars, prince
de Martigues, fit son testament par lequel
il institua pour ses légataires universels
Eléonore de Choiseul Trades, Comtesse
d'Andigné de Vesins,qui avait pour mère
Louise de Villars, sœur du maréchal, et
Pierre de Vogué, comte de Vogué, dont la
mère était Charlotte de Villars également
sœur du maréchal. Seul, parmi les héri-
tiers du côté maternel, le marquis de Ra-
depont reçut un legs de 150.000 livres.
Le duc de Villars mourut à Marseille le
27 avril 1770.
M. le Marquis de Vogué, l'éminent aca-
démicien, ne compte point les Villars
parmi ses descendants, comme on l'a pu-
blié car il ne descend pas de Pierre de Vo-
gué, mais du cousin de ce dernier,
Charles-François Elzéar, marquis de Vo-
gué à qui Pierre mort le 10 juin 1773,
par actes des 20 mai 1772 et 28 février
1773 avait assuré le marquisat de la Nocle
en Nivernais, avec tous les droits qui y
étaient attachés, y compris la grandesse
d'Espagne. Ce marquisat faisait partie de
la succession du duc de Villar.;.
Charles-François Elzéar, marquis de Vo-
gué, mort le 15 septembre 1782 et le tri-
saïeul du marquis actuel.
S. G. L.
Armoiries d'une famille alliée aux
des Cars (LXl, 289). — Il s'agit ici de
la tamille Lafond, dont l'auteur, Narcisse-
Antoine Lafond, pair de France, député,
régent de la Banque de France, fut créé
comte romairi héréditaire et adopta le
blason ; d'or, à la croix haussée, renversée
de gueules, chargée de cinq hesanis d'ar-
gent. 11 mourut le 29 décembre 186b,
laissant le comte Edmond Lafond, mort
en 1875, ayant épousé iMUe Marie-Elise
du Temple de Chuvigny, dont deux en-
fants : i*MlIe N. Lafond, mariée à Louis
de Pérusse, marquis des Cars, fils du duc ;
2° le comte Louis Lafond, marié (L. de
Magny : Armoriai des princes, ducs, mar-
quis, barons et comtes romains en France.
Paris, 1879, in-8). Scohier.
Ce sont les armoiries de la famille La-
fond. Le duc des Cars actuel est veuf de-
puis le 4juin 1912, de Marie-Thérèse La-
fond, fille du comte Lafond.
Les armoiries ont été concédées par le
Saint-Siège avec le titre de comte à Nar-
cisse Lafond aïeul de la duchesse des
Cars. L. C. D. L. H.
Armes à déterminer : trois trè-
fles (LXVI^ 237) — Limosin, en Lyon-
nais, porte : D'apir au chevron d'argent ;
au chef d'or, chargé de trois trèfles de si-
nople. P LE J.
Propriété littéraire des titres
d'ouvri^ges (LXVl, 290). — Je ne vois
pas d'autre moyen que de s'informer des
titres déjà déposés, auprès d'un des mem-
bres des Sociétés des gens de lettres, des
auteurs et compositeurs de musique, etc.
Maurice Charpentier.
* »
Le titre d'un ouvrage constitue une pro-
priété d'une nature spéciale, analogue à
l'enseigne ou a la marque de fabrique, et,
comme tel, il est susceptible de donner
naissance à un droit privatif. 11 est même
des titres qui, par leur originalité, leur
caractère de création intellectuelle, peu-
veut constituer à eux seuls, et indépen-
damment de l'œuvre, une véritable pro-
priété littéraire. Dans la plupart des cas,
le titre fait corps avec l'ouvrage et son
usurpation peut être regardée comme une
manière de contrefaçon.
Il faut néanmoins excepter une série de
titres qui sont du domaine public et ne
peuvent être revendiqués par aucun au-
teur. Pour désigner le même genre d'ou-
vrages (ouvrages didactiques surtout :
Traités, Manuels, etc.) on est obligé de
recourir à ces titres passe-partout, d'usage
courant, sans qu'il puisse être élevé, là
contre, aucune revendication.
Quant au moyen pratique de s'assurer,
avant de publier un livre nouveau, qu'on
n'a pas involontairement usurpé un titre
déjà employé, il n'en existe, à notre con-
N» 1341 Vol.
LXVI.
419
LINTBRMBDiAiRB
430
naissance, aucun de satisfaisant et pou-
vant donner une certitude absolue. On
n'a guère que la ressource de consulter
les répertoires bibliographiques (Lorenz,
Le Soudier, Tables de la Bibliographif de
la France^ etc.) et les catalogues d'édi-
tenr?;, en aiguillant les recherches dans le
sens du genre d'auteurs ou d'ouvrages
traitant de la même question ou de ques
tions connexes. Mais il est bien évident
que ces recherches ne peuvent donner
qu'une sécurité relative, et ne sauraient
vous prémunir contre la désagréable
surprise, le livre étant paru, de lui dé-
couvrir parmi ses aines un homonyme
dont l'auteur serait fondé à protester
contre une concurrence fâcheuse.
F. B.
La Fo taine et M. de Gourmont.
— .M. Rémv de Gourmont ajoute a sa
dernière « Promenade littéraire » du
Temps, ce post-scriptum :
PS. — Privé moinentant;ment de mes li-
vres, j'ai fait quelques attributions et citations
inexactes, dans mon article sur le Caractère
de La Fontaine. Le vers « tenir entre ses
bras... » figure non dai.s les Fable:, mais
dans les Poésies Jivenes . 11 faut lire non
« Et les sombres attraits.., », mais :
Jusqu'aux sombres olaisirs d'un cœur mélan-
colique,
ce qui exige un remaniement de la phrase.
J'ai déjà eu l'occasion de communiquer ces
rectifications à V Inlermédiaire des chercheurs
et cwieux. — A". G.
Nous avons adressé à M. de Gourmont
la lettre de celui de nos collaborateurs qui
avait fait cette remarque. M. de Gour-
mont y a répondu avec son obligeance
coutumière, et nous avons envoyé la ré-
ponse a l'auteur de la question sans la
poser.
On sait assez quel est le souci d'exacti-
tude de ce parfait lettré, pour deviner
qu'il serait le premier à corriger ce lapsus,
et combien ils sont rares sous sa plume!
Chanson bretonne ; les gars de
Locminé iLXVl,i9oj.— Que le confrère
Echarpe permette a un vieux Breton une
rectification au texte de la poésie popu-
laire qu'il cite.
J'ai entendu, moi aussi, il v a longues
années, le refrain de la chanson et il était
celui-ci :
Sont, sont, les gars de Locminé
Qu'ont de la maill-'tte (h'xs)
Sont, sont, les gens de Locminé
Qu'ont de la maillette
Sous leurs souliers.
La maillutîe me paraît être synonyme
des clous pour sabots et souliers qu'on
appelle à Paris des bombés ou des gen-
darmes.
Quelle est la bonne version ?
Dehermann.
*
> »
Je suis né et j'ai passé une partie de
ma jeunesse aux environs de Locminé
CVlorbihan) ; bien des fois j'y ai entendu
la chanson dont parle le collaborateur
Echarpe. D'un rithme très vif et très dan-
sant,elle était fort populaire et je me sou-
viens que la musique municiixile de josse-
lin, localité voisine de Locminé, la jouait
jadis fréquemment.
Mais, à mon avis, il n'est nullement
question de Lafayette en tout ceci.
C'est maillette ou -mn-velte (je n'ai ja-
mais vu le mot écrit) qu'il faut compren-
dre.
En ce coin de Bretagne, on désigne
sous ce nom de maillette une sorte de
clou, à tige très courte, et dont la tête,
lort grosse, est striée et convexe. Les
paysans en garnissent eux-mêmes le des-
sous de leurs sabots et la semelle de leurs
souliers ce qui en prolonge la durée.
On dit mettre des maillettes ou de la
maillette à ses sabots.
Le refrain de la chanson en question 1
toujours été pour moi :
Sont, sont, sont les gars d« Locminé
Qui ont de la rnaillett»
^^ar sous l«urs souliers. ^
Par sQus est synonyme de par dessous.
11 y avait à cette chanson plusieurs cou-
plets que je ne me rappelle plus bien,
mais où il n'était certes pas question de
la guerre d'Amérique.
Maintenant quel est le sens de cette ex-
pression avoir Je la maillette sons ses sou-
liers ? Est ce ironique? Il se pourrait,
car je crois me souvenir qu'on se mo-
quait un peu des gars de Lo«;miné dans le
reste de la chanson.
En tout cas, cette expression serait à
rapprocher de avoir du foin dans ses bot-
ter et aurait peut être une signification
analogue.
Y. H.
DK CRERCHHUaS fiT CURIfiUX
421
30 Septembre 191».
422
Je ne vois pas ce que vient faire dans
cette chanson ce pauvre Lafayette ! Le
texte réel de cette chanson est :
Sont, sont, sont les gens de Locminé
Qu'on d'Ia mayette (i)
Qu'ont d'Ia mMyette
Sont, sont, sont les gars de Locminé
Qu'ont d'Ia mayette
Sous leurs souliers .
Marquis de Bellevùb.
*
* *
Voici non pas un éclaircissement, peut-
être, mais une variante au couplet relaté
par fccharpe. Je me rappelle, en effet,
avoir entendu souvent, il y a quelque 70
ans. chanter ce refrain assez étranger, je
crois, à Lafayette :
Sont, sont, sont les gars de Lominé,
Qu'ont de la mayette.
Qu'ont de la mayette,
Sont, sont, sont les gars de Lominé,
Q_u'ont de la mayette
Par tous leurs souliers
Sans avoir bien approfondi ce qu'était
cette mayette ou maillette , il m'avait
paru qu'elle devait avoir quelque rapport
avec le mailletage des marins, et que ce
devait être une sorte de ferrure.
P. Du GuB.
La Fayette n'a absolument rien a voir
avec la célèbre chanson « des Gars de
Locminé » (prononcez : « Gâs de Lo-
miné »j
Car voici le refrain textuel :
Yo 1 Yo ! Yo! les gâs de Lominé
qui ont des maiilettes
qui ont des maiilettes
Yo ! Yo ! Yo ! les gâs de Lominé
qui ont des maiilettes
Sous leurs souliers.
Les < maiilettes » sont des clous à
grosse tète, taillée à facettes.
Les gars de Locminé sont, dans la
chanson, très fiers de porter des souliers
à clous, au lieu de vulgaires sabots.
Cette chanson se chante du reste en
dansant, et au refrain, on lève les pieds
très haut pour en montrer les semelles.
Cette chanson, très célèbre, se chante
encore dans le pays entre Pontivy et
Vannes. Georges Mareschal.
(i^ De la mayette, de la .... (on devine).
*
» •
Ou le texte donné par notre confrère a
été défiguré, ou il est, à mon avis du
moins, totalement dépourvu de sens, et
je ne vois pas dès lors qu'on puisse y re
lever trace d'irrévérence à l'égard de La
Fayette. Mais voici mieux. Je crains que
l'oreille de notre confrère (ou sa mémoire)
l'ait singulièrement trahi. J'ai moi aussi,
en effet, entendu chanter ce couplet ou
ce refrain (si tant est qu'il y ait toute
une chanson), mais le texte n'était pas le
même ; le voici :
Sont sont sont, les gâs de Locminé
Qu'ont de la maillette.
Qu'ont de la maillette
Sont sont sont, les gâs de Locminé
Qu'ont de la maillette
Sous leurs souliers.
Je dois dire que je ne suis pas très sûr
des mots que je souligne, et que peut être
aussi^ au lieu de « qu'ont de la maillette > ,
il faudrait dire < qui ont des maiilettes ».
Quoi qu'il en soit de ces détails, il y
aurait donc tout simplement, dans le
premier texte, confusion entre La Fayette
et maillette (nom que l'on donne dans le
Morbihan - et ailleurs — aux clous à
à grosse tête dont on garnit les semelles
des souliers et des sabots). Cette sorte de
confusion de sons n'est pas si rare, et il
en est de fort amusantes, Hugues Le
Roux, par exemple, dans les pages qu'il
a intitulées O mon passé (p 53. édit La-
fitte), nous dit ceci : « J'entendais distmc-
tement dans le Credo cette phrase un peu
surprenante : » Et ta sœur Titine Sé-
nat. :» (Et ascendit in cotlum) ! — Voilà
de quoi se consoler d'avoir confondu
Marie-JosephPaul Roch Yves Gilbert du
Motier, marquis de La Fayette avec unr
poignée dt matllettes . F. Vallée.
* «
Une bretonne me dit qu'on nomme
faïUette, en breton, la bride en fer blanc
des sabots.
La faillette à leurs souliers voudrait donc
dire des brides de fer à leurs souliers.
M.
Donjon, étymologie (LXV, LXVI,
74, 168, 329;. — ûunum junctum,
Dunum, Elévation, partie haute; junc-
tum, jointe, ajoutée au Castellum. Lors-
qu'à proximité du Castellum se trou •
vait un monticule de terre, on le fortifiait
en manière d'ouvrage avancé, et cela
N«
1341
Vol. LXVI.
423
L'INTi^KMlDlAlKb
424
s'appelait un Don;on. Exemple : au Mans,
le chàteiu construit par Guillaume le Con-
quérant, avec, à proximité, le Mont ou
Motte-Barbet (Mans barbutus^ Mont hé-
rissé) ; la ruelle qui conduit à ce dernier
s'appelle encore rue du Donjon. O. D.
Mont Pagnotte (LXVI, 187,324).—
M. Piton, abonné de V Intermédiaire des cher-
cheurs... a été très intrigué par le passage
des Etudes Diplomatiques du duc de Bro-
glie paru dans la Revue des Deux-Mondes
du i*"" déc. 1881, p. 4q6. Il s'agit des
difficultés consécutives à la mort de
Charles VI :
s< Nous n'avons qu'une chose à faire,
dit Louis XV , c'est de rester sur le
mont Pagnote ». A quoi le marquis de
Souvré répliqua vivement : «. Votre Ma-
jesté aura froid, car ses ancêtres n'y ont
pas bâti... » Le mot de Louis XV est ca-
ractéristique par sa trivialité même.
Nous remarquvirons de suite :
1° Qye la réflexion sur t le mot de
Louis W > est du duc de Broglie et non
de M. Pilon, bien que l'emploi des guille-
mets et des caractères différents fait par
V Intermédiaire, laisse croire le contraire.
2° Qye la question posée par M. Piton
w Qye signifie le mot trivial : Mont Pa-
gnote ! » ne peut être posée ainsi. En
effet le « mont Pagnote > est un nom de
lieu, c'est-à-dire un nom propre ; il
n'est pas plus trivial qu'un nom de rue ou
qu'un nom de cascade, etc. Il ne peut être
qualifie ni bas, ni vulgaire, ni commun,
ni trivial.
Ensuite un mot, dans le sens présent,
est une parole mémorable, une phrase
courte, simple, typique et pleine d'à pro-
pos.
Dans le cas présent le mot de Louis XV
est composé uniquement par l'expression
« rester sur le mont Pagnote », et c'est
elle que nous allons étudier.
Ce passage avait frappé un autre lec-
teur avant M. Piton. Feu le général de
Bellegarde, alors qu'il commandait une
brigade de dragons à (3ompiègne en l'an-
née 1900, nous avait signalé ce passage et
demandé de faire des recherches sur l'éty-
mologie du Mont Pagnotte à la bibliothe-
<|ue municipale de Senlis.
Les grands dictionnaires donnent tous
< pagnote » comme qualificatif d'origine
italienne, synonyme de peureux, couard ;
la logique dans les roms de lieu est par-
fois difficile à trouver et à admettre. Ici
la filière sémantique est la suivante. Les
sei;.'!:neurs italiens, de tout âge qui gra-
vissaient un petit monticule pour voir se
dérouler à leurs pieds un combat parfois
d'assez longue durée entre partisans, —
combat genre Combat des Trente , —
étaient suivis chacun par un serviteur por-
tant pour un petit pain dit pagnota
(de panis, pain) Le nom de pagnote passa
ainsi des pains à ceux qui les portaient,
et ensuite au lieu de leur rassemblement ;
de plus, à cause de leur rôle de témoins
inactifs, ce vocable devint qualificatif
avec le sens péjoratif de paresseux et de
couard.
En France le nom de « Pagnotte » a
toujours été orthographié à tort avec
deux t sur les vieilles cartes et les mo-
dernes. Quant au terme ^atw servant par
comparaison à qualifier des élévations
de terrain, il se retfou've dans les nom-
breux lieux dits Pain-de-sucre en Nor-
mandie et dans nos colonies.
Un mont ne peut être dit couard ou
poltron, pas plus qu'un chêne ne peut
être qualifié menteur ; il y a pourtant au
haut du Mont Pagnotte le carrefour du
Chêne Menteur. ,
Un mont peut être dit « des Poltrons >
pour ùes faits historiques quelconques,
mais rien d'historique ne peut légitimer
cette dénomination dans le cas présent.
Selon une version, les habitants de la
contrée l'auraient appelé ainsi jadis parce
qu'en temps de périodes troublées à Pont-
Saint-Maxence , les habitants effrayés
fuyaient se cacher sur cette élévation
boisée. Aucun document ne le prouve.
Dans plusieurs anciens manuscrits la-
tins, le mont Pagnotte est appelé mons
pugnoe, mons pugnatoria,etc., mais nous
n'avons jamais pu trouver la justification
de l'existence de ces formes latines, tra-
ductions malheureusesde termestrès vieux
français et non ; aucun fait historique
connu ne faisant allusion à un combat
quelconque en ces parages.
La plus ancienne forme manuscrite que
nous ayons trouvée a été « Mont Paillon »
Elle est du xiV siècle. Elle a fait penser
que l'étymologie de ce nom pouvait être
Pail, nom celte, signifiant lieu élevé, hu-
mide et boisé, dont Prez-en-Pail en Nor-
mandie nous donne un exemple, mais on
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Septembre 191a
425
426
ne peut se prononcer, car il ne reste aux
environs aucunlieudit comportant la men-
tion « en Pail » D'ailleurs le Silvacum,
— et nous y sommes, — a donné Servais
et Serval, nom conservé par le village de
la Chapelle-en-Serval.
Les grands dictionnaires répètent tous
le sens donné au nom commun « mont
pagnote », « lieu élevé cioù l'on peut
voir un combat sans être forcé d'y pren-
dre part. » Ce sens ne conviendrait guère
au Mont Pagnotte. La face Nord est en
pente très raide ; sur ia face sud, la pla-
nimétrie est des plus irrégulières, le ter-
rain, parsemé de fondrières, comme du
reste tout autour du Mont Pagnotte, est
très impropre à une action de guerre.
Bref la dénomination de Mont Pagnotte
peut être, sinon une corruption de mont
Paillon, du moins une simple allusion à
la forme générale du terrain, petit plateau
supérieur allonge dominant toute la forêt
et même la région. Quand la chasse passe
au nord ou au nord-est de ce terrain, elle
y revient presque toujours; quand on n'a
pas le luxe d'un relais, il faut n'en des-
cendre qu'à bon escient sous peine de
crever son cheval pour y remonter.
En Hallaite, rester au mont Pagnotte
c'est attendre pour ménager son cheval en
attendant de savoir si la chasse va prendre
une des deux principales directions, soit
vers l'Ouest, c'est-à-dire vers la route de
Fleurines à Pont-St-Maxence en longeant
la face Nord, soit vers le Sud sur Cha-
mant en contournant l'extrémité Est du
plateau.
Cette élévation indispensable à sur-
veiller pendant la chasse, n'a pas de va-
leur stratégique. Aussi les rois qui rési-
dèrent beaucoup dans cette région, n'eu-
rent jamais l'idée d'y bâtir.
Pour la même raison, croyons-nous, le
château de Saint-Cristophe en Halatte élevé
sous Philippe de Valois au commence-
ment du xiv* siècle, fut dit « bâti au
sommet de l'Isle de France », bien qu'il
soit placé en contre-bas du Mont Pa-
gnotte.
La chasse ne s'y termine presque ja-
mais ; en dix années consécutives l'équi-
page d'Hallate n'y a pris que trois cerfs.
Le mot de Louis XV et la réponse du
Marquis de Souvré font indiscutablement
allusion au Mont Pagnotte en Halatte
« Rester sur le mont Pagnotte », dans la
bouche de Louis XV nous semble simple-
ment signifier aitendie le moment favora-
ble pour faire connaître aux puissances,
notamment à Frédéric II, la ligne de con-
duite politique qu'il allait suivre au sujet
de la succession d'Autriche. Le marquis
de Souvré estimait que Louis XV ne de-
vait pas attendre pour la faire connaître.
11 semble que le duc de Broglie fasse
plutôt allusion au sens péjoratif donné
ordinairement à l'expression « être sur le
mont pagnote ». Louis XV n'en a peut-
être pas pensé si long : les mots des rois
n'ont pas toujours toute la profondeur
que les historiens cherchent à leur trou-
ver par la suile.
Le roi de France était en présence de
deux alternatives, *< l'une plus conforme
aux exigences délicates du point d'hon-
neur,l'autre mieux appropriée. ..auxlégiti-
mes suggestions de Vintirét national... 1 »
Promettre à l'avsnce et préparer l'exé-
cution des engagements pris par le traité
de 1735 envers l'ordre de succession
réglé par la Pragmatique, ou éviter de
s'expliquer sur les moyens de les remplir
jusqu'au jour où la nécessité aurait réduit
Marie-Thérèse d'Autriche à invoquer le
recours des alliés »... Se faire l'ami poli-
tique de Marie-Thérèse, alors qu'elle
craignait les ambitions de Frédéric II, et
« obtenir par ia suite un lambeau de ses
colonies pour la France..., étaient là sans
doute la chance qu'entrevoyait Louis XV
et qu'il conseillait d'attendre. »
Attendre pour l'avantage d'un peuple,
cela peut être qualifié de manœuvre poli-
tique, non de trivialité.
Vouloirattendre les événements, comme
il attendait au haut du Mont Pagnotte le
retour de la chasse, quand e!le allait faire
une randonnée au nord ou au nord-est de
cet observatoire, la comparaison n'offre
rien de choquant, ni de déplacé.
^< Appliquer la théorie du moindre ef-
fort, c'est une manœuvre n'ayant abso-
lument rien de trivial ».
Nous aurons sûrement de notre bord
au moins les veneurs d'Halatte, qui, au
milieu de la chasse, laissent la meute con-
tinuer, l'écoutent de loin et attendent son
retour, en restant sur le mont Pagnotte,
à l'instar de Louis XV.
Le général de Bellegarde n'a jamais pu
comprendre que le mot de Louis XV pro-
noncé au cours dune conversation politi-
N" 1341. VoJ. LXVI.
— ' 427
que, ait ôté si sévèrement apprécié par
le duc de Broglie. M. Piton, justement
étonné lui aussi, se rangera sans doute
à cette opinion comme, sans nul doute,
tous les veneurs d'Halatte.
Cap. G. de Marolles.
• *
Erratum : Au lieu de gentilccomini ,
on a imprimé gentilliomini.
L'iNllîRMSDîAÎiitb
*
Comme contribution plus ou moins di-
recte aux articles déjà publiés sur ce sujet,
je hasarde l'expression argotique « se pa-
gnoter (se coucher) et« pagne » (lit) très
usitée, je crois, parmi 1-s militaires.
D. R.
4> *
Ceux qui ont passé par le régiment doi-
vent se rappeler cette expression ; aller
« se pagnotter>>, qui voulait dire aller se
coucher, se mettre au lit... généralement
pour éviter des corvées en un mot pour
tirer... au flanc.
Je ne sais si elle est encore en usage
actuellement, mais lors de mon volon-
tariat, il y a vingt cinq ans, elle était
très répandue dans mon régiment d'ar-
tillerie qui tenait garnison à Orléans.
Ce mot se « pagnotter » tirait peut-
être son origine du mont Pagnotte ; je
risque d'ailleurs cette opinion bien timi-
dement. ROAN.
La couleur des cheveux d'une
morte (LXVI, 202). — Je possède un re-
liquaire, provenant de la comtesse de Pu-
gct, née Conti, qui à sa mort en avait fait
don au P. Baufreton.
Entre autres souvenirs royalistes, il
contient des cheveux de la famille royale.
Les cheveux de Louis XVI sont châtain
foncé, ceux de Marie-Antoinette d'un
blond cendré très -.lair, ceux de Mme Eli-
sabeth, d'un blond foncé, ceux de
Louis XVII et de Marie-Thérèse sont d'un
blond pâle, d'un blond d'enfant.
Nous savons que Louis XVI était châ-
tain et Marie Antoinette blonde. Ces che-
veux que j'ai sous les yeux ont ils con-
servé leur teinte vivante ? Mon impres-
sion est qu'ils n'ont pas changé. Nous
aimerions qu'un de nos confrères nous
donnât un point de comparaison pour
conclure à la décoloration ou au mamiien
de la nuance des cheveux d'une personne
'"orte. Ex-LiBRis.
428
* ¥
La question posée soulève un problème
très délicat et très complexe de chimie
biologique. Il est impossible de donner
une réponse précise, mais on peut, en
se basant sur les données acquises par la
médecine légale, répondre ceci :
1" Les cheveux se conservent très long-
temps, et c'est un signe important à ob-
server dans la recherche d'identité d'un
cadavre exhumé. Dans l'enfouissement,
les cheveux sont placés dans des condi-
tions d'altérations particulières, par suite
de la double action des bactéries et des
insectes sur le corps, et il peut arriver
que la teinte soit n'odifiée sous l'influence
de la putréfaction, or on a constaté dans
certaines exhumations tardives que les
cheveux *out en étant devenus très fria-
bles, avaient conservé leur nuance.
2° Les cheveux conservés sont dans des
conditions autrement pieilleures pour re-
tarder la désagrégation de la matière or-
ganique, et ces conditions sont encore
plus favorisées si la conservation a lieu
dans une enveloppe imperméable. Sans
admettre la pérennité de la conservation,
ont peut en concevoir une très longue,
Dans certains hygromètres de Saussure,
la coloration du cheveu a persisté pen-
dant de nombreuses années.
3° En l'espèce qui nous occupe, on
peut rationnellement admettre qu'après
cent ans, si les cheveux ont été convena-
blement conservés ,1a teinte a peuchangé.
Il est bien évident que cette réponse ap-
proximative suppose que les cheveux
n'ont pas subi, du vivant de la personne,
un traitement chimique pour les colorer
ou les décolorer, et qu'aucune alTection
paraçifdire spéciale ne les atteignait.
Rhamnus.
* »
La nature ne crée pas deux choses ab-
solument semblables
Deux chevelures ne se ressemblent pas
plus entre elles que deux personnes. Dans
une chevelure on rencontre de grandes
dil^érences, entre les mèches diversement
situées d'abord, puis entre la base et
l'extrémité de ces mèches ; enfin dans la
même mèche on ne trouve encore que des
cheveux dissemblables.
Pour répondre d'une manière valable,
il fiudrait par conséquent examiner ces
cheveux ettenir compte : i*de leur teinte ;
DBS CHfiRCHfiURS UT CURIBiOÂ
429 . _
30 Septembre 191 a
2° de leur race ; 3° de l'endroit de la che-
velure et de la mèche où ils ont été cou-
pés ; 4° de leur arosseur ; 50 de leur po-
rosité ; 6" de l'âge qu'avait la personne
lorsqu'on les lui a coupés ; 7" de l'époque
à laquelle ils ont été coupés ; 8" de la
condition sociale de la personne ou du
milieu dans lequel elle vivait ; 9° de
quelle manière et avec quels produits ces
cheveux étaient entretenus de leur vi-
vant ; lo" où et comment ils ont été con-
servés depuis.
11 serait un peu long et sans doute fas-
tidieux, pour le plus grand nombre des
lecteurs, de développer le pourquoi de
chacune de ces sous questions, dont quel-
ques-unes s'expliquent d'ailleurs assez
bien d'elles-mêmes,
D'une manière générale on peut dire
que les cheveux coupés changent très peu
de teinte, même après cent ans, surtout
s'ils ont été conservés dans un endroit
tempéré, à l'abri des courants d'air et de
la grande lumière. S'ils devaient changer
tant soit peu , ce serait évidemment en
devenant plus ternes et à peine plus
clairs, mais non dans le ton clair des
cheveux vivants. Il existe des tonalités
spéciales, pour les cheveux coupés depuis
longtemps.
On sait que les cheveux plus ou moins
blonds contiennent plus ou moins de
soufre, comme les plus ou moins bruns
contiennent plus ou moins de fer. Ces
denx produits finissent à la longue par
s'oxyder sous l'influence de l'oxygène de
l'air ; de là viennent les légers reflets
jaunes ou roux que présentent les cheveux
coupés d'ancienne date.
On peut même ajouter que l'air, qui
lentement oxyde la couleur des cheveux
déchus, finit par désagréger aussi leur
texture. Ainsi, ceitaines chevelures pré-
servées pendant plusieurs milliers d'an-
nées par des sarcophages enfouis dans le
sable Africain et retrouvées intactes,
s'etîritent à présent assez rapidement
dans les vitrines du British Muséum, à
Londres. On peut voir là, sur un sup-
port, une perruque Egyptienne datant de
plus de quatre mille ans, n'ayant rien
perdu de sa couleur ; mais, sous ses che-
veux pendants et encore frisés, chaque
année on recueille dans un bocal voisin
les parcelles qui tombent de dessèche-
ment.
4?o
Non loin, dans une autre vitrine et da-
tant de la même époque, se trouve un ca-
davre humain entier, à la peau nue au
crâne encore chevelu. Cette chevelure est
crépue et raccourcie par l'usure; sa teinte
est encore brune près du cuir chevelu
mais elle a subi à tel point l'oxydation
dont il est parlé plus haut, que graduelle-
ment elle arrive au roux brique vers .les
pomtes, dont les plus longues n'ont guère
plus de dix centimètres.
A Paris, au musée Guimet, on peut
voir sur les momies de Thaïs et autre-;
bien moins anciennes il est vrai, des che-^
velures ne paraissant pas avoir souffert
dans .eur longueur qui est très grande
mais comme on ne les a jamais débarras-
sées de la chaux et des poussières accu-
mulées, personne ne pourrait dire de
quelle couleur elles sont, et encore moins
de quelle couleur elles furent.
E. Long.
irouuailUs tt €unmtén
L5 duchesse d'Abrantès. Lettre
iîî édite à Victor Hugo. — Ecrire, tou-
jours écrire, aura été le lot de cette pro-
digue à qui laProvidence a ménagé toutes
les grandeurs et toutes les déceptions.
Ecrire des romans, écrire des menaces^
écrire des lettres. Sa plume incontinente
n'a pas connu d'arrêt.
La lettrequ'on va lire et qui se trouvait
chez Mme Juliette Drouet, fait partie du
fonds inépuisable de Noël Charavay. Elle
a été é rite à Victor Hugo.
Mme d'Abrantès vient d'éprouver une
fois de plus l'inconstance du cœur ; Bal-
zac songe à faire une fin. Elle n'est plus
jeune, elle se débat contre le temps et
contre la gêne. Elle cherche un nouveau
personnage illustre. Elle songe à Hugo.
Elle révérait d'un vo3'age avec lui, en Es-
pagne. Elle cajole, elle le flatte ; elle le
prend par son faible. C'est un dieu exclu-
sif et jaloux : elle sacrifie sur son autel
Lamartine. Ruse inutile. '
Le poète resta de glace. Il avait ses
habitudes, et son souci de l'économie, le
gardait des aventures onéreuses.
La duchesse d'Abrantès s'en consola
pour s'en repentir — dans les bras d'un
I
fjo 134 1 Vol. LXV.
L'INTBRMED4AIRE
431
mauvais sujet : ce fut le dernier rayon de
ce cœur vagabond, la dernière épine
d'une couronne de roses, avant la mort
lamentable, sur un grabat d'emprunt de
cette descendante des Comnène qui avait
été la femme d'un conquérant du Portugal
aux pouvoirs plus étendus que ceux d'un
roi...
30 Décembre 1835.
le sais que vous n'aimez pas ce qu'on peut
appeler des intrigues, mais je sais aussi que
vous savez compter sur une amie telle que
moi. Comment vous ne m'avez pas dil^u'enfin
vous faisiez l'honneur à l'Académie de vous
présenter — oui, VJionneur . Je ne le dis
qu'à vous pour ne pas fâcher ou blesser leur
orgueil!... et moi qui n'ai pas fini votre
biographie!... Si l'on pouvait en mettre un
fragment aux débats comme objet de litté-
rature ? Je ne leur en demande rien, seulement
qu'ils le mettent et qu'ils le placent à temps
et en place opportune à cause de mon atta-
chement pour vous. Ce serait la partie la
plus littéraire de l'article.
Venez donc nie voir, quMl y a longtemps
que je ne vous ai vu — et Madame Hugo et
les petits : il me somble qu'il y a des siècles
que je n'ai aperçu tout ce qui vous tient.
Quant à vous, mon immortel ami, vous qui
survivez comme Homère aux siècles et aux
hommes de notre âge, salut à vous à cette
fin d'année où vous grandissez encore comme
le jour vient après ce crépuscule, cette lueur
incertaine que ^ous avez donnée pour mar-
raine à votre dernière œuvre. Salut à vous,
mon immortel ami ! Vous êtes aussi vous
comme Homère! vous êtes le grand Poëte de
l'époque... on peut vous traduire dans toutes
les langues, vous!... partout vous y serez
grand, partout vous y serez >.ompris!... J'ai
souvent des luttes, dont au reste je sors
triomphante.
Comprenez-vous qu'hier on me disait que
M. de Lamartine était jaloux de vous I Ja-
loux de vous, bon dieu... et pourquoi ? et
de quoi.>a-t-il la prétention d'être poëte? il
fait des vers, à la bonne heure, voilà tout :
mais si ce n'est que cela Danglemont rime
mieux qu'homme de France. Vous allez vous
récrier. Danglemont et M. de Lamartine !
Sans Joute c'est ur: blasphème, mais je ne
me traîne pas vulgairement sur les traces du
jugement des autres et je ne m'agenouille pas
devant M. de Lamartine parce qu'on s'y est
.ngenouillé. Je le lis — il m'ennuie et je le
juge. Je ne force personne à prendre mon
opinion, je ne l'émets même pas en public.
Je me borne à n'en pas parler.
Et le silence alors est la leçon des Rois !
Mais vous mon immortel ami, vous ! vous
à qui l'envie ne peut ilonner que des coups
de griffes mal appliqués, quoique bien allon-
ges, vous êtes mon
dieu des vers, de la
432
héros de poésie ! mon
prose et de la parole
écriie et parlée. Vos vers renferment des
pensées, et ces pensées traduites font la gloire
de toutes les littératures. Je ne puis vous dire
mieux.
Maintenant que pouvons-nous demandera
la littérature? — des hommes comme vous,
mais ils sont rares, mon Dieu I...
M. de Lamartine n'a que du coton dans le
cœur. C'est un cœur de coton et une tête de
vent. Il ne parle que de lui. Voyez plutôt
son Voyage en Egypte? C'est une moquerie
et une volerie — d'argent et de temps. Ah I
si vous taisiez un voyage ! Allons à Gre-
nade, voulez-vous? Allons, je serai votre
guide au milieu des Ruines de l'Alhambra et
du Généralif J'y ai passé de si longues
heures !.. Ah ! que j'y ai été tout à la fois
heureuse et malheureuse ! Combien l'époque
de ma vie où le cœur me battait au bruit
d'un pas, au son d'une voix, se rattache à ces
vieilles murailles mauresques dont le maibre
blanc aux délicates marguerites, aux versets
pieux de l'Alcoran sont .encore imprégnés
pour ainsi dire du parfum de rose des tètes
de jeunes filles qui s'appuyaient contre leurs
fraîches saillies. Eh oui partons pour l'Anda-
lousie ! mais comment aller dans ce pays qui
est un Eden habité par des Démons ! Hélas !
sommes-nous mieux? non. — Mais j'avoue
que le rêve de ma vie serait de faire avec
vous ce voyage, ou celui de Naples ou de
Venise ! AI!ons-y cet été I voulez-vous ? ..En
s'embarquant à Marseille sur le bateau à va-
peur, nous y serons en 3 jours. Votre petite
Dédé et puis Dine s'-n trouveraient bien et
.elles auraient deux mères. Allons mon cher
Victor, venez! Quant à moi, j'en serai heu-
reuse comme d'un autre bonheur, et c'est
beaucoup dire pour une âme comme la
mienne.
Adieu, dites-moi rapidement et prompte-
ment ce que vous voulez faire des Académi-
ciens, dites cela à votre sœur,c\sr moi ; dites-
moi quels sont ceux que vous craignez, et
ceux qui vous aiment. Votre lettre sera brû-
lée aussitôt, je vous le jure sur l'honneur,
comme un homme. Et puis une autre chose.
Voulez-vous que je vous dédie un ouvrage,
un roman que je fais à présent, c'est-à-dire
des scènes de la vie espagnole. Dites-m.oi si
cela ne vous déplairait pas? Ou cela ou un
roman de mœurs que je fais dans ce moment.
Adieu, mille amitiés bien tendres,
La duchesse d'Abrantès.
Lt Directeur-gérant :
GEORGES MONTORGUHIL
Imp. Oanuîl-Chambom, St-Amand-Mont-Rond
LXVI' ?Olnm« Paraissant Us lo, ao et jo de chaque mois
10 Octobre 1112
48» Année
SS ".r.Victor-Mttssé
PAKIS (iX«>
Bureau : de3 iCbeures
QU^âCB
Chirchez et
voua trouverez
g // se faut
S intr'aider
a
o
N» 1342
Sl'^'.r.VIctor.Uass
PARIS (IX«)
Sureaux: àeSh Gbemos
nUxméb xaixe
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
Fondé en 1864
QUESTIONS ET RÉl-ONSES LITilîlUlUES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET AUHSTlQUiS
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
433
Nous prions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
de leur pseudonvme, et de n'écrire que
d'un côté de la feuille. Les articles ano-
nymes ou signes di pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Qtiand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauf exception,
n'est pat insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
434 —
\
(âueôtioiîd
Le second testament de touisXVI.
— M. Henri Rochefort écrit dans la Pa-
trie (!•'• octobre 19 12) :
Je viens de faire une découverte qui compte
dans la vie d'un homme et même d'un peu-
ple : celle du testament de Louis XVI, écrit
tout entier de sa main et portant ces mots :
fait douhl: à ].i tour du Temple, le 25 dé-
cembre 1793. Ce document provient, pa-
raîtil, des descendants de Cléry, entre les
mains duquel il aurait été remis. En tout
cas, son authenticité est incontestable,
l'écriture de Louis XVI étant d'ailleurs très
connue. Il est même à peu près certain que
c'est là le premier testament qui a été écrit,
comme l'attestent deux ratures, dont l'une
assez longue et qu'il m'a été impossible de
déchiffrer. C'est à Aix-les-Bains même que
j'ai fait cette trouvaille. Autant que je me
le rappelle, le testament du roi avait été re-
mis à la Convention par Malesherbes, et
c'en est le double qui est aujourd'hui entre
mes tiiains. En effet, Louis XVI, qui pou-
vait s'attendre à tout, aura tenu à ce que ce
précieux papier ne fût pas soit égaré, soit
supprimé par elle. Le malheureux y fait
mention de son procès, dont on ne peut pré-
voir l'istue. Mais, plus loin, il ajoute : «Si
Dieu me conserve la vie », ce qui prouve
qu'il ne croyait que vaguement à sa con-
damnation. N'ayant pas le texte du premier
testament sous les yeux, j'ignore s'il est ab-
solument conforme à celui que je possède.
11 y affirme de la façon la plus orthodoxe ses
croyances religieuses, et s'y proclame sou-
mis sans restrictions à toutes les lois de
LEglise. A maintes reprises, il revient sur
l'obéissance qu'il leur doit. 11 est impossible
de se montrer plus soumis aux décrets de la
Providence.
Le papier de cette pièce historique est très
jauni et tant soit peu endommagé, sans qu'il
ait souffert de détérioration sensible, car pas
un mot n'y manque. On voit dans le fili-
grane apparaître nettement les armes roya-
les. Or, les rois de France seuls se servaient
de ce pjpier-là. Au surplus, aucun homme
un peu versé dans la connaissance des auto-
j^raphes ne songera à discuter celui-ci. 11 est
possible que le roi, qui n'avait rien à faire
dans sa prison, ait modifié ou même refait
son testament, mais les corrections qu'il y
aurait pratiquées ne le rendraient que plus
cuiieux.
D'ailleurs, cette expression fait double,
indique qu'il a rédigé deux fois ses dernières
vo'ontés. Que serait devenu le second manus-
crit, s'il n'était pas resté à Cléry ? Une
picce de cette importance ne se perd pas il
LXVL - 10.
N» 1343 Vol. LXVl.
L'INTBRMBDlAlRfi
435
436
faut nécessairement qu'elle soit quelqtae part.
Il n'y a donc rien de surprenant à ce qu'elle
soit chez moi.
C'est peut-être l'occasion de poser celte
question : sait-on ce qu'est devenu le
double .''M. Henri Rochefort croit qu'il a
été donné à Cléry. iVl. Léon GsuUier, dans
son recueil : L'Histoiie de France par le
document dit qu'il fut reçu par Maksherbes
qui réussit à le faire passer à Tétranger.
S'il y eut deux testaments, que sait-on,
d'exact, sur celui qui n'est pas venu aux
Archives .? M.
La voiture de Napoléon à Water-
loo. — Ou peut-on trouver des renseigne-
ments ï'Ur la voiture que Napoléon perdit
à la bataille de Waterloo et qui, le soir
du i8 juin 1815, fut capturée par les
Prussiens? il est bien entendu que je
connais les renseignements donnés sur
ce point par H. Houssaye.
X. X.
Le lieutenant-colonel StofEel et
l'histoire des Cent Jours. — Le lieu-
tenant colonel Stoflel avait écrit un livre
relatif à {'Histoire militaire des Cent Jours
et dont le manuscrit n'était pas encore
livré à l'impression lorsqu'il mourut.
Un de nos confrères pourrait-il nous
dire quels sont les' héritiers du Colonel
qui possèdent actuellement ce manuscrit
et s'ils ont l'intention de le faire paraître ?
A. D. S.
Contrôle sous l' Ancien-Régime.
— J'avais toujours entendu dire que le
Contrôle, organisé à la fin du xvii« siècle,
(précurseur Je l'Fnregistrement) ne por-
tait que sur les actes notariés. Or, dans
le Bulletin du Vieux-Papier, du i*"' sep-
tembre, on cite une circulaire adressée
aux Contrôleurs des actes, où il est dit
que )e « Relevé des Extraits-Mortuaires
est imparfait... préjudiciable à la Fer-
me .. // Cette circulaire, datée de 175s,
vient de Bordeaux. Comment les contrô-
leurs pouvaient-ils examiner les registres
paroissiaux concernant les décès .^ Que
fa'sait on de ces extraits mortuaires ? Le
Giand Larousse ne dit rien du Contrôle.
Garumnus.
Famille Le Pelletier de Saint-
Fargeau. — Louis- Michel Le Pelletier
de Saint-Fargcau, le conventionnel régi-
cide assassiné le 20 janvier 1793, avait
un frère, Félix, qui adopta, comme Mi-
c'iîïl, les principes de ia Révolution, fut
compromis dans l'alTaire Babeuf, dans
lafTaire de. la machine infernale, exilé par
la Restauration et mourut à Paris en
1837. M.Ch. Sellier, L'/?ciW de Saint-Far-
geau (Corresp. histor. et archéol., 1895, p.
290-293), donne à Félix le nom de Le Pel-
letier des Forts. Je désirerais savoirquelle
parenté unissait les deux frères à Etien-
ne-Fer Jinand-Michel Le Pelletier des Forts,
qui épousa Pauline Terray, fille d Antoine-
Jean Tcrray, guillotiné en 1794, et nièce
du fameux abbé Terray. Existe-t-il quel-
que ouvrage ou article sur cette famille ?
A. B. R.
[Voir Révolution Française^ 14 sep-
tembre 19 12. « Félix Le Pelletier » par
Ph. Daily.]
Famille Paynel en Normandie. —
Existe t-il,en dehors de celle que donnent
Lachenaye Desbois et Badier une généalogie
des Paynel, seigneurs de Hambyeaux xiv"
et xv" siècles .''Quels furent les ascendants
de Philippe Paynel, abbesse de Mau-
huisson (-f en 1 390) ? Le tombeau de cette
dernière portait quatre écussons : i° D'or
à deux fasces d'azur et neuf merlettes du
même mises en or h, 4, 2 et ^ (Paynel) ; 2°
De a H lion de ; 3 De plein ;
4° Fuselé de etde Peut-on identifier
ces armoiries d'alliances ? Qu^snOR.
Maison natale de Madame de
Staël. — Je ne sais, vraiment, comment
témoigner ma reconnaissance à Messieurs
les intermédiairistes qui ont bien voulu
répondre à ma question sur le mont Pa-
gnctte. Qu'il me soit permis, en manière
de remerciement, de leur soumettre un
renseignement sur {'Histoire de Paris que
je crois inédit : c'est le lieu de naissance
de Madame de Stacl.
Necker, associé de Thélusson, se ma-
riait, à Paris, à la chapelle protestante de
l'Hôtel de HolLmde. Il demeurait alors
rue Michel Le Comte. Sa fille, la future
Madame de Staël, baptisée à la chapelle
de l'Hôtel de Hollande, était née dans
cette même rue, en 1766. Il est donc,
d'après cela, vraisemblable que iVlme de
Staël naquit au n" 28 (actuel) de la rue
Michel le Comte, dans l'hôtel de la Trousse
ou de Bouligneux, charmante demeure
DES CHERCHEURS UT GLiRlliUX
10 Octobre 1912
43:
438
que l'on peut voir encore aujourd'hui,
mais il faut se hâter, parce que le prolon-
gement de la rue Etienne-Marcel va le faire
prochainement disparaître, Maisles Necker
déménagent cette même année, et si Co-
rinne n'est pas née rue Michel le Comte,
elle serait venue au monde, rue de Cléry :
je ne le crois pas. Dans tous les cas, si
elle n'est pas née là, elle y a été connue.
J'ai fait prendre deux clichés de l'hôtel
n» 28. A-t-on la preuve de la naissance
rue de Cléry ?
Piton.
Armoiries de Paris en écartelé.
— j^ possède l'écusson suivant (gravure
sur bois) signé Millière, 177J. Dans un
cartouche rond entre deux demi-corps de
sphinx, les pattes appuyées sur un livre,
sont les armoiries suivantes : écarteléaiix
1 et /f d' a:(iir à ^ fleur delys d'or^ au nuage
d'argent mouvant du bord du chef, duquel
se détache une main tenant un livre ; aux
2 et ^ les armes de la ville de Paris sans le
chef ; au chef, sur le tout, d'a:(ur semé de
fleurdely% d^or. '
11 semble qu'il s'agit de quelque collège,
ou corporation savante, du xviu^ siècle.
Puis-je le savoir ? St-Saud.
Archevêque de Rîaodes. -— Qui
était évêque ou archevêque de Rhodes en
1495, portant comme armoiries : écaitelé
de. .. à la croix de... et de... à la croix
ancrée de ?
La Coussière.
Armoiries à déterminer : 3 abeil-
les — Au chanib d'azur cb.ir^é de trois
abeilles (probablement d'or) posées 2 et i .
Couronne de comte. Semble apparte-
nir à une famille bourguignonne.
G. DE Massas.
Armoiries sur un livra de 1671.
— Au i et 4 d'argent , à la fasce de
gueules ; au 2 et ^ d\.. semé de fleurs de
lys d' ... Un autre écu est accolé au pre-
mier :auiet^ d' . . au sautoir d' . . ; au
2 et ^ d'hermine an ch^f cousu de gueules.
L'écu double surmonté d'une couronne
de duc, manteau de pair, colliers de
Saint-Louis, Saint-Michel, etc., etc. Ces
armoiries appartiennent à une duchesse,
femme d'un pair en 1671.
Qui Êst elle .? L.-Léon-Dufour.
Plaque de garde-chasse du
XVIII" siè 4e. Armes à identifier.
— D'argent à trois hures de sanglier de. .
accompagné d'argent au chevron d'azur
chargé de six fleurs de lys de... et accompa-
gné de ^ coq% hardis de timbré d' une
couronne de mirquis et entouré d'un riche
cartouche Louis X VI. Cette plaque a été
trouvée en terre dans les environs de
St-Quentin et appartenait probablement
à une famille picarde. M. H. B.
L'épitaphe de Philibert de Né-
restan à Angers. — ■ A t-on conservé
et où pui5-je trouver le texte de cette
épitaphe, qui existait autrefois, gravée
sur un cuivre, dans l'église de la Bau-
mette. C'est en effet là que fut déposé le
cœur de ce Nérestan, blessé mortellement
à l'attaque du Pont-de-Cé en 1620.
D. A.
La « Tribune des Départements »
à retrouver. — le viens vous prier de
m'assister dans les recherches que j'ef
fectue en ce moment au sujet d'un jour-
nal qui a paru en 1830 et que je ne re-
trouve ni dans les collections de la Bi-
bliothèque Nationale de France, ni dans
celles de Belgique, ni de La Haye, ni au
British Muséum de Londres.
Je pense ainsi avoir épuisé toute la do-
cumentation ordinaire à laquelle je pou-
vais m'adresser.
Je fais d'aucres recherches cependant
encore^ mais j'ai cru qu'il serait bon de
demander l'intervention de votre pré-
cieuse revue.
je recherche une « lettre ouverte »
d'un homme politique de la période révo
lutionnaire belge de 1830, M. de Potter,
qu'il a adressée au roi Guillaume de Hol-
lande.
Cette lettre a été publiée dans un or-
gane ou revue dit La Tribune,\tt elle
était datée de Paris, le 24 août 18^0.
J'ai recherché dans nos archives, et voi-
ci le seul journal qui me paraît répondre
à l'appellation donnée par de Potter :
« La Tribune des Départements, journal po
litique qui parut, avec quelque interrup-
tion, du 8 juin 1829 au 11 mai 1835 et
porta successivement le titre de Tribune
des Départements, Tribune du Mouvement,
puis Ttibune politique et Littéraire. Fondée
par Auguste et Victorin Fabre, rédigée
N»
1343,
Vol. LXVI.
439
L'INTBRMtDlAIRB
440
avec autant d'habilité que d'énergie suc-
cessivement par Germain Sarut, Bascans
et le brillant polémiste Armand Mar-
rast. »
Où pourrait-on retrouver ce ou ces nu-
méros du 24 soùt 1830 de l'organe en
question, afin d'en avoir communication
ou faire copier la lettre ouverte dont il
s'agit? B.
Charapfleury : plaquette sur H.
de Balzac. — Champfleury, dans les
dernières années de sa vie, publia une sé-
rie de petites plaquettes in- 16, carré, im-
primées sur papier de Hollande, qu'il in-
titulait modestement : Documents pour
servir à la Biographie de Bali^ac : 1° Bal-
zac propriétaire, 1875 ; — 2° Balzac au
Collège^ 1878, — - 3" Balzac, sa méthode
de travail, 1879; — et 4" (celui-ci, an-
noncé seulement, ainsi sur la couverture
des premiers : « Pour paraître prochaine-
ment >* : Bal:(ac. Vhomme et l'ceuvre, et
non publié, que je sache.)
Sait-on si Champfleury, à sa mort,
laissa quelques notes dignes d'intérêt,
destinées dans la pensée, aux autres pla-
quettes balzaciennes, qu'il se proposait
de publier.? Ulric R.- D.
La (( hanche » du Lièvre et du
perdreau. — Chassant en Seine ct-Oi«c
non loin de Rambouillet (mais pas chez
notre Président) je demandais à un garde
s'il n'avait pas vu giter un lièvre ou *< re-
mettre » un perdreau
— Non, me répondit-il. Le lièvre ? le
perdreau ? On en a perdu la hanche (sic).
j'ai cru deviner, mais je n'ai pas com-
pris exactement.
Et je voudrais bien comprendre ?
A. d'E.
Vombrissement. — Ce mot, assez
souvent employé en parlant du « chant />
desai^eilles... ou des feuilles, n'est ni dans
le « Larousse » ni dans le « Littré.> D'où
vient-il ? A. d'E.
Portrait par Guérin à identifier
— Unportraitdhommc (Guérin delincavit
B Rr'ger sculpsit), avec cette légende :
Du feu de son génie il anima la Danse :
Aux beaux jours de la Grèce il tut la rappeltr,
Et recouvrant par lui leur antiqae éloquence.
Les Gestes et les Pas aprirent (sic) à parler.
Indiculus universalis. — Un de nos
confrères pourrait-il me donner le titre
plus complet, la date et le lieu de publi-
cation et le nom de l'auteur d'un petit
volume in- 12 ou in- 18, publié au xviieou
xviii* siècle, qui était un dictionnaire
français latin des mots représentant des
objets dont les rom.ains n'avaient pas eu
connaissance ?
Cet ouvrage devait être antérieur à ce-
lui que Noël, inspecteur général de l'Uni-
versité, a critiqué dans la préface de son
Dictionnaire français-latin, pour être par-
venu à grossir son volume en y insérant
la traduction (ou la paraphrase) en latin,
de mots tels que alanniste, chouan, liher-
ticide, ultra-révolutionnaire . — De ce
dernier ouvrage au9«t,»je serais désireux
d'avoir la spécification plus précise. — )e
n'ai plus le Dictionnaire français-latin de
son successeur et concurrent Noël (Fran-
çois Joseph) qui le définit dans sa pré-
face .
V. A, T.
La chevelure des musiciens. —
C'est un fait reconnu que les chanteurs,
les pianiites, portent volontiers leurs che-
veux plus longs que le commun des mor-
tels. Qyelle en est la raison ? Est-elle
d'ordre physiologique, psychologique, ou
bien faut-il reconnaître la survivance de
cette croyance générale et très ancienne
qui attribue aux longues chevelures une
valeur magique ? (cf. Frazer, Le Rameau
d'or, trad. Sticbel-Toutain, 1, p. 29'; sq.).
Dans l'Eglise primitive, au vi* siècle, les
chanteurs et les diacres aimaient à entre-
tenir leur longue chevelure étalée sur
leurs épaules, et Grégoire le Grand dut
leur interdire de « nourrir leur cheve-
lure v> (Gastoué, Lart grégorien, p. 18,
29). W. D.
Un temps de demoiselle. ~ Pour-
rait-on me donner quelque explication
sur le sens et l'origine de cette expres-
sion : Un tjmps de dcnioiscUc ? Fst-ce un
provincialisme.? Si oui, de quelle pro-
vince ? +
DBS CHERCHiiUKS HT CUKIKUX
lo Octobre 191a
441
442
fiépan^e^
Louis XVII. Sa mort au Temple :
Documents inédits. — Le récit de
Bergoeiag (T. G.. 534 ; XLIX ; LXI ;
LXIU à LXV). — On vient de trouver
un document qui, en dépit de certaines
inexactitudes matérielles, confirmera, une
fois de plus, que Louis XVII est bien mort
au Temple.
Le document dont il s'agit qui n'a
jamais été publié, et dont l'authenticité
est indiscutable, nous est communiqué
par M. Noël Charavav, qui >Ie détient
dans ses riches collections d'autographes.
C'est une relation manuscrite, écrite par
un inconnu, datée de décembre 1824, et
qui reproduit un récit fait à cet inconnu
par Bergoeing, des derniers moments du
royal prisonnier du Temple.
Bergoeing, chirurgien, était député de
la Gironde.
Il avait été nommé, en prairial an III,
membre du Comité de sûreté générale. Ce
fut à ce titre qu'il s'associa à la désigna-
tion de Desault,premierofficier de santé de
l'Hôtel-Dieu pour visiter le Dauphin dont
on venait de signaler le grave état ; qu'il
signa l'arrêté du 17 prairial qui nommait
Pelletan à la place de Desault mort subi-
tement ; l'arrêté du 19 prairial qui adjoi-
gnait Dumangin à Pelletan, et l'arrêté du
20 prairial, permettant aux chirurgiens
et médecins de désigner, pour le Dauphin,
une garde malade de leur choix
Enfin, après la mort de Louis XVII,
c'est Bergoeing qui, ^vec Kervélégan, est
désigné pour s'assurer que ces derniers
ordres ont tous été exécutés.
« A onze heures du soir, sont arrivés
les représentants du peuple Kervélégan
et Bergoeing, chargés par le Comité de
Sûreté Générale, dont ils sont membres,
de s'assurer de l'exécution de différents
arrêtés pris par le Comité concernant Ca-
pet fils. »
(D'après l'extrait fait par Darnont, des
procès-verbaux du 20 et 21 prairial, et en-
registré sur le registre du Temple (aujour-
d'hui disparu).
Bergoeing entra plus tard au Conseil
des Cinq Cents ; il s'y montra anti-roya-
liste acharné. 11 aida le Directoire au 18 I qu'elle avait alors et celui qu'elle -ut pi
fructidor, et donna sa démission après l ce qui rend le manuscrit peu lisible.
brumaire. Le roi de Naples, Murât, lui
confia un emploi dans ses Etats. Au re-
tour des Bourbons, il se tint, à l'écart de
la politique. H mourut en 1829.
Il n'a pas laissé de mémoires. Un de ses
amis voulut tenir, d- sa bouche, en
1824, le récit de ce qu'il avait remarqué
au Temple, en raison de son rôle et de
ses missions. Il écrivit la relation sui-
vante d'après les déclarations directes de
Bergoeing un peu confuses ou qu'il ne
comprit pas toujours très bien.
Détails relatifs à la mort du Dauphin
relation que je tiens de Bergoeing,
mon ami.
Vers les premiers jours de prairial, l'on
vint rendre coiopte au Comité de Sûreté gé-
néfi'le que le Dauphin était malade. Dessault.
membre de la Convention, fut chargé d'aller
le visiter : en rendant compte de sa mission
il s'engagea à le rétablir : mais les troubles
qui agitaient la capitale et les dangers qui
menaçaient la Convention, le 4 prairial,
frappèrent à tel point l'imagination de Des-
sault qu'il tomba malade et mourut cinq
jours après.
Vers le 1 1 ou le 12 l'o vint annoncer que
le Dauphin était mort. Le Comité de Sûreté
générale envoya deux commissaires(Bergoeing
et Kervélégan) constater le décès et visiter le
dongeon pour s'assurer si Mme (la du-
chesse d'An ) (i) ne manquait de
rien. Les commissaires furent introduits dans
une chambre qui avait été pratiquée dans
l'épaisseur des murs et qui tirait son jour
d'une étroite et haute barbacane non vitrée.
La largeur de cette chambre en pointe était
d'environ 6 pieds sur 2 de profondeur : elle
était fermée par une cloison (B . ne se rap-
pelle pas si elle était en maçonnerie ou en
planches) l'enfant, alors âgé d'environ 13
ans, était étendu sur un lit de sangle : il
avait toutes les articulations enflées, les
commissaires apprirent qu'il avait toujours
été réduit à faire ses ordures dans cette
chambre : ils visitèrent le dongeon et l'ap-
partement de la Duchesse qui, pendant cette
visite, se promenait en bas ; ils trouvèrent
tout assez bien ordonné : les cuisines
bien propres et bien pourvues de tout ce
qui était nécessaire ; le linge beau et en
grande quantité.
A la sortie du dongeon, ils trouvèrent la
Duchesse appuyée sur la margelle d'un
puits : (elle était avec Mme Chanteraine) mon
ami lui adressa la parole ; elle lui répondit
(i) L'interlocuteur surcharge cette expres-
sion, cherchant à la fois à lui donner le titre
us tard.
N» 134a. Vol. LXVI.
'■ 443
très facilement ; il lui demanda entre autres
choses, s'il était vrai que Robespierre fut
venu la voir ; elle confirma le fait et lui
marqua l'endroit, peu éloigné d'elle, où il
était placé, sans mouvement et à la regarder
aller et venir ; il avait des besicles. Cette
scène muette dura près d'une demi-heure et
pendant ceteups elle craignit plusieurs fois
de tomber en faiblesse, il revint une seconde
fois: mais elle était chez elle et ne le vit
point.
Bergoeing de retour de sa proscription (il
avait été mis hors la loi) rencontra Collot
d'Herbois à Orléans ; ils se reconnurent et
Beigoeing lui demanda entre autres choscsce
au'ils avaient projeté pour le Dauphin; la ré-
ponse de Collot fut : Ah I ma loi, nous en
avons fait l'affaire des médecins.
11 paraît donc que sa mort a été le résul-
tat de l'intention d 1 Comité de Salut public,
et que le choix de la chambre où il était ex-
posé au vent, au fro et à l'humidité, ainsi
que la nécessité où il était de faire ses or-
dures dans le lieu même où il était enfermé,
ont été la cause de sa mort.
Bergoeing croit se rappeler que le Dau-
phin était à deux étages au-dessus de la Du-
chesse, il ne saurait assurer si sa relation
comprend deux visites ou une seule : il croit
cependant qu'il a été deux fois visiter cette
prison.
Écrit en décembre 1824.
Bergoeing ne cherche pas à se faire va-
loir auprès des Bourbons dont il n'attend
rien ; c'est à un ami qu'il parle et, il ex-
pose le rôle qu'il a joué, sommairement,
sans broderies. La date du 1 1 ou 12 est
erronée : c'est un lapsus du fait de sa
mémoire ou de celle de son interlocuteur:
c'est le 20 que le Comité de Sijreté géné-
rale a appris la mort, c'est le 21 que
Bergoemg a visité le Temple avec la mis-
sion de s'assurer surtout de la manière
dont était traitée la sœur du Dauphin.
11 constate l'état du cadavre, et les
conditions volontairement cruelles dans
lesquelles le pauvre enfant a vécu.
Le mot cynique de Collot d'Herbois *< Ah !
ma foi, nous en avons lait l'affaire des
médecins > trahit ce que fut la pensée
secrète du Comité de Salut public
Il y a des réserves à faire sur le pas-
sage qui concerne Marie-Thérèse. Ber-
goeing place la rencontre de ce dernier
avec Madame royale le lendemain de la
mort du Dauphin, et c'est en présence de
Mme Chanteraine, qu'il parle de Ro-
bespierre, alors que la prisonnière « se
promenait en bas w.
LINTËRMBDIAIRB
444
Que Robespierre soit venu voir la fille
de Louis XVI : cela semble certain et
d'après les mémoires mêmes de Mme
Royale, mais ce fut dans sa chambre
qu'entra Robespierre :
ii 11 vint, un jour, un homme, que je
crois,quiétaitKobespierre; les municipaux
avaient beaucoup de respect pour lui et sa
visite fut un secret. Il vint chc:( nioi.me
regarda insolemment, regarda les livres,
et après avoir chuchoté avec les muni-
cipaux, il s'en alla. »
D'après le récit de Bergoeing, qui disait
tenir ses détails de la bouche de Marie-
Thérèse, la scène se serait passée <\ en
bas >.
Or, Marie-Thérèse ne fut autorisée à se
promener dans l'enceinte qu'après la mort
de son frère. Si Bergoeing a dit l'avoir
rencontrée , avec Mme Chanteraine,
appuyée à la margelle d'un puits, le
8 juin 1795, il commet,- semble t il, une
erreur de date, ce ne fut que le 20 juin
que Mme Clhanteraine fut donnée comme
dame de compagnie à Mme Royale ; et
c'est seulement le 26 juin que la prison-
nière fut autorisée à se promener dans
l'enceinte oii était située la tour.
Comment expliquer ces inexactitudes ?
Par l'effet de la mémoire infidèle de l'in-
terprète, ou parce que les souvenirs d'un
homme de 74 ans peuvent être brouillés ?
Plus vraisemblablement, parce que,
comme il croit d'ailleurs se le rappeler,
Bergoeing n'a pas fait qu'une visite au
Temple, mais deux, et que c'est à la
deuxième visite, qui a pu être posté-
rieure, que cette rencontre avec la future
duchesse d'Angoulême a eu lieu.
Malgré certaines contradictions et cer-
taines défaillances (i) qui se rencontrent
dans ce récit, il n'en demeure pas moins
un document intéressant, pour ce qu'il fait
parler un des témoins les plus directs de
ce drame que fut la mort du Dauphin au
Temple, M.
Les papiers de Courtois et le duc
Decazes (LVXl, 281 ). — J'ignore si une
partie des papiers saisis chez Courtois a
été détruite, mais il est certain que le duc
Decazes s'intéressa vivement aux docu-
ments recueillis par Courtois. Il en joignit
quelques-uns, et non des moindres, à i^es
(i) Comme Desault qualifié membre de la
Convention.
DBS CHERCHEURS BT CURIEUX
lo Octobre \^i»
445
446
papiers personnels et l'on pouvait voir
dans les archives du feu duc, il y a peu
de temps encore, des documents qui ont
figuré sur l'inventaire des papiers saisis
chez Courtois. Ces documents composent,
peut-être, la partie que l'on croit détruite.
M. Ernest Daudet pourrait, mieux que (}ui
ce soit, donner des détails précis.
B. (de Ch.).
Du dernier catalogue Noël Chavaray :
740^0 Louis XVlll (document sur). —
Minute aut., avec ratures et correction, d'une
lettre du comte de Damas; Paris, 3 novembre
1824,3 P- '"-4-
Curieusô lettra dans laquelle il donne
des instructions pour le rachat de lettres de
Louis XVlll d'un intérêt particulier, détenues
par l'ancien conventionnel Courtois, qui
avait invântorié les papiers de Robespierre
et qui s'était constitué une curieuse collec-
tion de documents révolutionnaires.
Pacification de la Vendée : ar-
ticles secrets (LXVl, 337). — ]e crois
qu'il n'y eut point d'articles secrets, au
traité de la Jaunaie, près Nantes, le 17 fé
vrier 1795, aussi bien qu'au traité de
Saint-Florent-le-Vieil conclu avec Stofflet
le 2 mai suivant.
On a dit qu'aux articles publics furent
joints des articles secrets par lesquels le
gouvcrnernent républicain s'engageait à
rendre aux armées catholiques et royales
Louis XVU. alors renfermé au Temple.
Questionné à cet égard, M. Auvynet, qui
était secrétaire intime de Charette en
179:5, a toujours répondu que ce fait lui
semblait entièrement controavé ; disant
qu'il avait la confiance entière de Charette,
et qu''il était persuadé que rien ne s'était
passé et n'avait pu se passer en dehors de
lui. {Anjou H^torique, \om.Q X, pages ^77-
578).
M. Auvynet, député de la Vendée en
1815, devint plus tard souspréfet des
Sables d'Olonne et mourut au mois d'oc-
tobre 1853.
F. UZUREAU,
Directeu de V Anjou Historique.
L'émigration en Angleterre sous
la Révolution (LXVl, 337). Voir
l'article intitulé : Les Emigrés en Angle-
terre pendant la Révolution. « Nouvelle
revue », de mai 1905.
Je ne me souviens pas si c'est M.Bittard
des Portes M. Gustave Bord ou un autre
historien de l'émigration, qui cite un regis-
tre spécialement affecté à l'état-civil d'une
église catholique de Londres, pour les émi-
grés français. Le renseignement, pour être
vague, est facile à vérifier, R. S.
L'énigme de Valmy. Brunswick.
Le vol des diamants en 1792 (LXVl,
386). — M. Paul Gaulot, dans son livre.
Un ami de la reine, établit que le mani-
feste attribué à Brunswick n'est pas de
Brunswick^ mais d'un émigré, M. de Li-
mon. Le texte fut revu par Fersen, qui y
a mis la plupart des violences qui s'y
trouvent.
M Paul Gaulot a publié, en décembre
1909, dans la Revue de Paris, une étude
sur le vol des diamants de la couronne.
Des documents consultés par lui, aux ar-
chives, il résultait que le vol avait été
accompli par de vrais filous, au nombre
d'une cinquantaine. On en a guillotiné
quelques-uns, ce qui exclut toute hypo-
thèse de vol simulé ; de plus, presque
tous les diamants ont été retrouvés. On
ne les avait donc pas vendus pour faire
de l'argent et payer le concours de Bruns-
wick. Telles étaient les conclusions de
l'historien. I.
* *
De M. Edouard Drumont (Libre Pa-
role) :
Quant au vol des Diamants du Garde-
Meuble, c'est l'histoire la plus extraordi-
naire que j'ai rencontrée, à une époque oii
toutes les histoires étaient mystérieuses et
embrouillées. J'ai publié à ce sujet une
étude très documentée dans la revue la Ré-
volution, de mon éminent et toujours re-
gretté ami Charles d'Héricault, qui, avec
Biré et Sardou, était l'homme de France qui
connaissait le mieux la Révolution. Un ti-
rage à part a été fait de cette étude. Je ne
puis qu'engager mes lecteurs à sa la procu-
rer, quoiqu'elle soit difficile à découvrir
aujourd'hui. Ils trouveront là-dedans les
personnages les plus bizarres : Sergent-Mar-
ceau, qui raconte un épisode fantastique,
une mulâtresse "ui travaillait à notre éman-
cipation, au club des Jacobins.
Mme Roland était bien convaincue que
c'était Danton, avec Fabre d'Eglantine et
peut-être Westermann,qui avaient organisé
ce vol du Garde-Meuble qui dura longtemps.
Pendant quinze jours, des malfaiteurs grim-
pèrent par un bec de gaz, s'introduisirent
dans le Garde-Meuble par la colonnade et
N- 1343. Vol. LXVI.
L'INTERMEDIAIRE
447
mirent au pillage les trésors que la monar-
chie avait entassés pendant des siècles et
qui, depuis le commencement de la Révolu-
tion, avaient été rassemblés là.
On s'abstint d'emporter les diamants trop
connus, comme le Sancy et le Régent On
n'avait pas encore dans ce temps-là l'aplomb
qui a permis d'enlevei \3. Joconie au Louvre.
D'autres diamants aussi célèbres revinrent
au bercail sans qu'on sache comment.
C'est à M. Germain Bapst, qui a déjà pu-
blié sur ce sujet tant de travaux intéressants,
qu'il appartiendrait de nous raconter par
quelle filière ont passé les diamants qui
avient repris place dans les écrins de la
couronne et qui figuraient parmi les riches-
ses nationales jusqu'au jour où une nou-
velle République a songé à compléter l'œu-
vre de pillage et de destruction de la Révo-
lution.
*
» *
11 faudrait cependant en tlnir avec ces
contes historiques :
Les véritables causes de la retraite de
l'armée prussienne après la bataille de
Valmy étaient connues de Du Mouriez
depuis le mois de mai 1792.
Leduc de Brunswick, de Valmy. n'était
pas Is Grand maître de la Stricte Obser-
vance Templière réformée d'Allemagne,
ni l'auteur du manifeste, attendu qu'il
était mort depuis plusieurs semaines.
Le fameux manifeste qui porte le nom
de son neveu a été rédigé par Limon et
Fersen.
Les diamants de la couroime étaient, en
1794. entre les mains du Comité de salut
public qui les estimait 22 millions.
Pour la démonstration de ces affirma-
tions, voir ma prochaine étude qui pa-
raîtra dans le courant du mois d'octobre :
Autour du Temple. Tome I*' p. 197 à 203
et III p. 152 et 60.
Gustave Bord.
Qui a brûlé Mo cou ? Est-ce Ros-
topchine? (LXVl. 385). — Dans une
lettre adressée à la Galette de France.^ le
marquis de Ségur, arrière-petit fils de
Rostopchine, rappelle l'étude qu'il a
écrite sur la question, il y a quelques
années, et recueillie dans le volume inti-
tulé Gens d'autrefois. Il ajoute :
Je n'ai pas à revenir sur la démonstration
que j'ai faite a ce moment, m sur les diffé-
rents HiOtifs qui, à mon sens, ne sauraient
l.iisser aucun doute sur le rôle actif et direct
du gouverneur de Moscou dans cette grande
448
catastrophe. J'ai dans cette même étude,
également expliqué comme quoi depuis six
ans exilé de Russie pour cet acte sauveur et
farouche, il a cédé, bien peu avant sa fin, à
unft crise de découragement, qu'excusent
suffisamment son âge, sa santé ruinée, son
désir de mourir dans la maison paternelle et
sur le sol natal, et, désavoué, dans une heure
de faiblesse, ce qui est la gloire de sa vie. 11
me semble superflu de revenir maintenant
sur cette démonstration, et je me borne à y
renvoyer ceux que cette question pouirait
intéresser.
L'affaire Lesurques (LXVI, 283).
— Il s'agit de Lesurques, et Tanec-
dote est racontée dans toutes les relations
détaillées de l'afïairedu Courrier de Lyon.
Mais la lettre ne contenait pas la« preuve »
de l'innocence de Lesurques -- qu'il se-
rait, et pour cause, bien difficile de four-
nir ! A. Boghaert-Vaché.
11 s'agit de l'affaire Lesurques Voici
ce qu'on lit, à ce sujet, dans une excel-
lente étude parue au mois de juin dernier,
p 412, dans les Archives d'Anthropologie
criminelle sur l'Histoire vraie du Courrier
de Lyon par M Appleton, professeur à la
faculté de droit de l'Université de Lyon :
Le 16 biumaire an V, quelques jours après
l'exécution ,de Lesurques], un ancien juge de
paix, Jarry, écrivait au député Siméon une
lettre où il révélait la personnalité de Dubosc,
son passé, ses crimes. Il l'avait fait arrêter en
1788. « L'avant-veille de son jugement, écri-
vait Jarry, l'accusé escalada les murs de sa
prison. Sa femme ne fut pas plutôt à la mai-
son de force qu'il l'en tira, et tous deux sont
libres. . Eh bien ! cet homme est Dubosc.
C'est l'homme indiqué par Couriol. Ce Du-
bosc avait les cheveu.^ châtains et une per-
ruque blonde. Je trouvai dans sa valise une
autre perruque noire. Il en changeait à vo-
lonté pour opérer les déguisements qu'il
souhaitait ».
Cette lettre fut transmise par Siméon au
Directoire. Mais la justice n'en eut connais-
sance qu'en 1832, trente-six ans après sa
date I Elle était restée, jusque-là, soigneuse-
ment enfouie dans les cartons du ministère
de l'Intérieur !
A. Lamoureux.
Billets de confiance dits patrioti-
ques (LXIV, 4s, 4i9,i5"58; LXVL199). -
Nous Ignorons si des billets en parche-
min furent émis en province. Le nombre
de ceux émis a Paris dut être considéra-
DBS CHERCHEURS El CURIEUX
lo Octobre 1913
449
450
ble. En vertu des articles 5 et 4 de la loi
du 9 janvier 1793. un registre fut ouvert
au siège de chaque district pour y ins-
crire tous les dépôts de <* Billets dits de
parchemin et de la maison de secours ».
Nous avons rencontré aux Archives dé-
partementales de l'Oise, dans la série L-
p., Jeux de ces registres : celui du dis-
trict de Beauvais et celui du district de
Grandvilliers. Ce dernier, contenant 26
feuillets, coltés et paraphés par le vice-
président du district, fut commencé le
15 février 1793 et clos le 10 mars sui-
vant, L. A. M.
Le nom de 1' ; fficier d'ordonnance
de Wimpffen (LXVI, 339. — Cet offi-
cier d'ordonnance était le marquis de
Laizer. Il a publié un livre sur la catas-
trophe de Sedan, ayant pour titre : Sedan,
souvenirs d'un officier supérieur . Ce vo-
lume a été édité à Paris, en 1885, par Hin-
richsen. Alfred Duq.uet.
Erratum : [11 fallait lire 30 août et non
20 août].
» *
Selon toute vraisemblance, le marquis
de L., officier d'ordonnance du général
de Wimpfem dont la présence est signalée
à l'entrevue du 1'='' septembre 1870 entre
le général Bismarck et de Moltke, est le
marquis de Laizer, auditeur au Conseil
d'Etat.
Par lettre adressée le 3 septembre 1870
au comte de Moltke, le général de Wimp-
fen demandait à être accompagné en cap-
tivité de quatre de ses officiers d'ordon-
nance dont il donnait les noms :
Comte d'Ollone, capitaine au 12* chas-
seurs, Daram, lieutenant au 92*" d'infan-
terie, Desgranchamps, lieutenant au 6^
hussards, marquis de Laizer, officier de
mobiles et auditeur au Conseil d'Etat.
Cette lettre figure dans l'ouvrage du
général sur Sedan. Paul G.
Le cor ou le cornet de Roland
(LXV,783; LXVI, 82, 145.2^3,301).
— Déterminer avec certitude l'élément
de réalité que peut renfermer l'histoire
de Roland serait à coup sûr malaisé. Mais
il ne faut pas, dans cette recherche, in-
voquer les légendes relatives au paladin,
attachées à tel ou tel lieu des Pyrénées.^
Elles ne sont pas primitives. Gaston Pa-
ris, qui a toute sa vie étudié les questions
relatives au cycle carlovingien, et joint à
l'étude des textes celle des lieux, écrivait
en 1901 {Revue de Paris, 15 septembre) :
Les lieux appelés aujourd'hui en France
Pas de Roland, Brèche de Roland, etc. n'ont
reçu ces dénominalions qu'à une époque très
récente (on n'a trare d'aucune avant le xviu»
siècle), et les doivent à l'invention de poètes
ou d'érudits locaux. Il en est sans doute de
même du Salto de Rolan i en Espagne.
Ceci pour les prétendus souvenirs de
Roland gardés dans des lieux très éloignés
de Roncevaux, et où à coup sûr, sauf dans
le poème d'Alfred de Vigny, les armées
de Charlemagne n'ont jamais passé. Mais
à Roncevaux même et aux environs, il en
est de mêm.e.
Les Basques, écrit Gaston Paris, n'ont ni
légendes historiques, ni chants historiques ;
leur rapide oubli du passé contraste avec
leur attachement à leurs vieilles coutumes et
à leur genre de vie héréditaire.
Puis, eussent ils d«- ces souvenirs, que
Roland sans doute n'y aurait tenu aucune
place. Ce Roland, préfet des marches de
Bretagne. qu'Eginhard (ou Einhard)
nomme après deux autres chefs par
ailleurs absolument inconnus, comme
ayaiit péri dan ^ la surprise du 15 août
778, — dont, du reste, il ne désigne pas
le lieu - , ce Roland nullement apparenté
à Charlemagne, qu'était-il pour les vain-
queurs, Sarrasins ou Basques ^ Un mort
anonyme, probablement, un officier su-
périeur tué entre plusieurs autres, et dont,
en supposant qu'ils aient su son nom, ils
n'avaient aucune raison de garder un sou-
venir particulier. Pour qu'au pays même
de Roncevaux naquît une légende de Ro-
land, il fallait que cette figure revint
d'ailleurs, grandie, poétisée.
D'où est elle revenue .? De France, sans
doute. Le système, aujourd'hui battu en
brèche, qui voit dans la Chanson de Ro-
land et les autres chansons de geste, le
remaniement, l'amplification de chants
épiques plus anciens, remontant sous leur
forme première à l'époque même — ou
presque — où ont vécu leurs héros, con-
duirai!: naturellement à supposer que la
légende poétique de Roland a dû naitre,
à la fin du vin'' ou au cours du ix' siècle,
danslaseule partie de la France oùsamort,
semble-t-il, ait pu produire une émotion
vive, dans ces marches de Bretagne dont
il était gouverneur. Quoi qu'il en soit de
N« 1343 Vol. LXVI
L'INTBRMÊDIAIRS^
4';i
452
ce point^ de l'avis même de Gaston Pa- î
ris, qui entre ici dans Tordre de faits au-
quel la théorie plus récente de M. Josepii
Bédier attribue une si grande importance
dans la genèse de nos légendes épiques,
cette tradition a été apportée à Roncevaux
à l'occasion des grands pèlerinages à St-
Jacques de Compostelle. Ni Eginhard, ni
les autres annalistes ne nomment, je le
disais tout à l'heure, le lieu de la défaite
de 778. Le souvenir du nom de Ronce-
vaux s'était-il conservé dans d'anciens
chants, d'où il a passé à notre Chanson de
Roland ? La présence, dans ces parages,
déserts avant le xii* siècle, d'une antique
c chapelle de Charlemagne », que Gaston
Paris tenait pour élevée en effet par lui en
commémoration du désastre, a-t-elle, très
anciennement, donné l'idée aux pèlerins
de St-Jacques, qui prenaient presque tous
cette route, de localiser là l'événement
que de vieux poèmes leur avaient fait con-
naître ? Toujours est- il que dès le xi° siè-
cle au moins — notre Chanson de Roland
remonte à la fin de ce siècle — c'est à
Roncevaux qu'à bon droit sans doute les
poètes rattachaient la légende des der-
niers exploits de Roland. Dès qu'au com-
mencement du xii» siècle eut été construit
là un « hospice » où les pèlerinages fai-
saient une halte de deux jours, on com-
prend que les pèlerinseux-mêmes,lesmoi-
nes qui les hébergeaient, les jongleurs qui
les divertissaient de leurschants, aient peu
àpeu,par un travail d'imagination en partie
inconscient, en partie volontaire, multiplié
les liens qui rattachaient la tradition aux
lieux. Comme on montre au Château d'If
des souvenirs de Monte Cristo, on en vint
à montrer, à l'hospice et aux alentours,
le cor fendu par le souffle de Roland, la
roche ouverte par son épée, la source où
il avait bu, son tombeau même, quoique,
sur la route de Roncevaux, on le montrât
aussi à Blaye, tout un bric à brac, en un
mot, qui a en grande partie disparu au
cours des siècles, et, comme le dit G. Pa-
ris, mérite peu de regrets. Le souvenir
même du paladin et de la bataille, s'est
affaibli, et ce qui fait aujourd'hui, dit-il
encore, la véritable attraction de Ronce-
vaux aux yeux des gens du pays, ce n'est
ni Roland, pi la défaite la France, c'est
une Vierge en bois tenue pour miracu-
leuse.
Ibère.
Le costume des timbaliers (LXIV
LXV ; LXV!, 17). — Voici encore un
tin-ibalier assez bizarre et relativement
moderne que j'ai trouvé dans un coin
obscur (oh, combien !) du Musée de l'Ar-
mée — sous le n° 529 F. C.
La lithographie finement coloriée sans
date ni signature et d'un travail élégant
et soigné dépendait, dit une mention ma-
nuscrite, de la collection de Bourquenay.
Elle a été éditée par Martinet à Paris,
Son titre : 8*' hussards, timbalier « or-
donnance création 29 septembre 1841 »
et plus loin « ordonnance 11 avril 1852
Fontainebleau ».
Elle représente un tout jeune homme
imberbe et ressemblant avec ses cade-
ncttes noires tombant sur les joues plutôt
à une femme qu'à un homme (c'était sans
doute un enfant de troupe). Son costume
consiste en un dolman blanc, une pelisse
rouge, bottes rouges^ et colback sans vi-
sière (forme iVlirliton comme ceux des
hussards de la Monarchie et de la première
République) avec flamme blanche et bleu-
clair enroulée autour de la forme et ai-
grette rouge et blanche, gants noirs à
crispin. Le pantalon est caché par les
housses des timbales. Celles-ci sont blan-
ches avec faisceaux de 6 drapeaux trico-
lores brodés de chaque côté.
Le timbalier est encadré de 2 hussards
portant l'uniforme traditionnel du 8^, c'est
à dire le pantalon et le dolman bleus et la
pelisse blanche.
Il n'est, pas plus que le timbalier des
lanciers que j'ai décrit LXV, 316, com-
pris dans une fanfare et est suivi à grande
distance par les autres cavaliers. Les 2
hussards l'accompagnaient sans doute
pour tenir les brides de son cheval pen-
dant qu'il jouait et les trois cavaliers pa-
raissent ainsi former un petit groupe
isolé.
Cet uniforme ou plutôt ce costume un
peu suranné mais élégant devait être d'un
piquant effet au milieu de nos soldats à la
tenue plutôt sévère de la 2" moitié du
xix' siècle. Dehermann.
Généraux manchots (LXIV; LXV;
LXVI, 131. 200). — 11 faut citer,
parmi les généraux manchots, le gé-
néral Durutte, qu'un décret du 3 mai
1812 mit à la tête de la division des
réfiactaires, A Waterloo, il reçut un coup
DES CHfiRCHfiURS BT CURIBUX
I
19 Octobre 191
455
454
de sabre qui lui fit une longue cica-
trice à la face, et une autre qui lui
abattit le poignet, ce qui nécessita une
amputation au tiers inférieur de l'avant-
bras. Durutte ne mourut qu'en 1827.
D"^ Max Billard.
Standesherren allemands (LXVI,
192). — La situation des cliefs d'état mé-
diatisés en 1806 a été réglée par l'article
14 du Deutscher Bundesact, 8-10 juin
181 5. Ils gardaient tous les droits non
régaliens. En 1825, un nouvel acte donna
aux princes le titre « Durchlaucht ou al-
tesse sérénisisme >*; en 1829 les comtes
obtinrent le titre « Erlaucht » intradui-
sible en français, qui les fait appeler en
France Monseigneur,
En 1833, tous les membres d'une fa-
mille reçurent le titre qui auparavant
n'appartenait qu'aux chefs. Aujourd'hui
le chef d'une famille princière médiatisée
est Fiirst, les membres Prinz. Ainsi l'aîné
des fils du Chancelier impérial Hohenlohe
est Fùrst» le second, qui a édité les mé-
moires de son père, est le Prinz Alexan-
der.
La Constitution impériale de 1871 et le
Code civil introduit en 1900 ont respecté
les privilèges des seigneurs médiatisés ;
ils sont encore aujourd'hui dispensés du
service et des charges militaires. Ils
étaient exemptés des impôts pour leurs
propriétés patronymiques, Mais en Prusse
ils ont été indemnisés par une loi du 18
juillet 1892 et sont assujettis à l'impôt sur
le revenu depuis le i"" avril 1893 On
peut consulter Hefïter « die Sonderrechte
der souverainen und der mediaîisirten,
vormals reichsstaendischen Haiiser Deuts-
chlands ; Berlin 1871).
Le fidei commis est le majorât.
Le Rittergut, la traduction littérale est
bien équestre, est une propriété aliénable,
réglementée dans chacun des Etats de la
Confédération (l'Empire est une Confédé-
ration) qui en possède. L'Alsace-Lorraine,
formée de départements français, n'en a
pas. En général le propriétaire jouit de
quelques privilèges dans l'administration
locale.
Quant à la freie Standesherrschaft, j'en
ai parlé antérieurement, P M.
Famil'e Barade (LXVI 284). — Il
n'existe pas de farnille noble du nom de
Barade en Bordelais. On trouve dans le^
registres paroissiaux de cette ville, con-
servés aux Archives municipales, des Ba-
rada, bourgeois. Mais vu l'a final il est
douteux qu'il s'agisse de la même fa-
mille.
Le registre Guyenne de V Armoriai de
i6ç6 ne donne pas ce nom. Il indique un
Barradas curé de Mairans, qui portait
3 roses. Garumnus,
Marguerite de Darval Carrouges
(LXVI, 540). — • Voir dans \t Bulletin de
Li Société historique et archéologique de
l'Orne {Excursion archéologique dans le
Hoiilme,24 août içoy) un intéressant tra-
vail sur Carrouges : le fief — les sei-
gneurs — la collégiale (p. 355).
La pierre tombale de Jean Blosset, cheva-
lier, seigneur de St-Pierre et de Carrouges,
vicomte de Cariât, conseiller chambellan du
Roi, grand sénéchal de Normandie et de ses
deux épouses (dont Tune fut Marguerite dé
Chateaugiron, dame de Darval et de Males-
troit, j le 27 octobre 1493) existe encore
près du chapitre de Carrouges.
Rosine Debrou (LXVI, 339), —Voici
ce que dit .Musset à propos du Chande-
lier : Œuvres complètes^ édition Charpen-
tier, in-8'', tome IV, page 319) :
Cette comédie publiée dans la Revue des
Deux-Mondes^ en 1835, a été représsntée
pour la première fois, le 10 août 1848, au
ïhéâtre Historique. Une jeune actrice de
grande espérance , mademoiselle Maillet ,
remplissait le rôle de Jacqueline. — Elle
mourut peu de temps après. — La distribu-
tion des autres rôles était si défectueuse e
l'exécution si insuffisante, que le public pu
à peine comprendre la pièce ; mais le 29 juin
1850, elle reparut sur l'affiche du Théâtre-
Français et cette fois elle fut jouée avec une
rare perfection : c'est pourquoi l'on peut
considérer les a»tistfs de la Comédie-Fran-
çaise comme ayant créé les rôles.
Musset ne, semble donc guère avoir été
satisfait de l'interprétation du rôle de
Fortunio. Le Chandelier a tenu l'affiche
jusqu'en décembre et on continuait à le
donner dans des spectacles coupés.
En outre de Fortunio, Rosine Debrou a
joué les rôles de Georgina dans Y Argent,
drame de Paul de Guerville, Clara dans
une reprise d'Antony, Marg. Trévor dans
ies Mystères de Londres^ de Paul Féval ;
elle semble avoir quitté le Théâtre- Histo-
rique à la fin de l'année.
N» 134a Vol. LXVI.
L'INTERMEDIAIRE
4S5
456
L'auleur de l'article commet une lé-
gère erreur relative à l'emplacement du
théâtre qui ne s'élevait pas là où se
trouve la caserne du Chàteau-d'Eau, mais
à droite de la rue du Faubourg-du-Tem-
ple, sur le sol de la place, vers lepoint de
départ des tramways d'Aubervilliers et
de Pantin. |e me rappelle avoir vu, en
1862, lors de l'inauguration du boulevard
du Prince-Eugène (boulevard Voltaire),
le théâtre encore debout, tel qu'il est re-
produit dans les photographies du temps.
11 était devenu le Théâtre Lyrique, et
c'est sous ce nom qu'il a émigré cette
même année, place du Châtelet, dans la
salle actuelle du théâtre Sarah-Bernhardt.
GOMBOUST.
L'article cité de M.'Mantenay contient
plusieurs inexactitudes. On lit, en effet,
à la 6» ligne :
La pièce (la Reine Margot) fut créée en
1845 au Ihéàtre Historique.
Première erreur. La Reme Margot fut
donnée pour l'ouverture du Théâtre His-
torique le 2o/<?f/-i5r 184"].
On lit à la 20® ligne :
que le Théâtre Historique se trouvait à peu
près à l'endroit de la caserne du Chàteau-
d'Eau.
Deuxième erreur. Le Théâtre Historique
se trouvait i la droite, et non à la gauche
de 1 entrée du faubourg du Temple dont il
était encore séparé par un immeuble.
On lit à la 36* ligne :
La création (du Chandelier) faite en 1849
au Théâtre Historique, etc.
Troisième erreur. Le Chandelier d'Al-
fred de Musset fut publié par la Revue des
Deux-Mondes en 1835, et représenté au
Théâtre Historique le 10 août 1848 avec
la mention > « Comédie à tableaux > en 3
actes. La distribution était la suivante :
Maître André. Matis — Clavaroche,
Peupin — Guillaume, Colbrun — Lan-
dry, Castel — Jacqueline, .Mme Maillet
— Fortunio, Mile R. Debrou — Made-
lon, Mlle Racine.
Un fait reste donc acquis : c'est que le
rôle de Fortunio fut établi la première
fois au théâtre par une femme, Mlle R.
Debrou, mais le chroniqueur se trompe
encore quand il semble croire que cette
première passa inaperçue, ou à peu près.
M . Mantenay nous dit que Sarcey , igno-
rait que le Chandelier eût été joué au
Théâtre Historique avant d'avoir été re-
présenté au Théâtre Français. Eh ! bien,
cela prouve tout simplement que »< notre
oncle >■> n'avait pas lu les feuilletons de
son grand confrère Théophile Gautier,
car il n'aurait certes pas oublié les 300 li-
gnes environ que celui-ci consacra à ce
chef-d'œuvre à son apparition à la scène
{Histoire de l'art dramatique en France,
s" série, pages 301 à 3015). Tous les his-
toriens de théâtre qui se sont occupés du
Théâtre Historique ont parlé de cette re-
présentation du Chandelier (L. -Henry Le-
comte, Histoire du Théâtre Historique).
Voici exactement ce que Théophile
Gautier disait de Mlle Debrou : « Fortu-
nio qui, à cause de son extrême jeunesse,
a dû emprunter les traits d'une femme, a
été joué par Mlle Debrou avec intelli-
gence et sensibilité ; nous aurions pré-
féré que le personnage fût représenté par
un jeune homme, car 'Tl'y a dans ces ti-
rades de passion dites en voix de soprano
quelque chose qui contrarie l'esprit, quel-
que large que soit la part qu'on fasse à
l'illusion théâtrale. »
L'on nous demande qui fut cette demoi-
selle Debrou? Mlle Clermont-Debrou, Rose
(dite Rosine) Euphémie, était fille de co-
médiens. Sa mère, MmeClermont-Debrou,
Françoise, Catherine, Rosine née Valen-
tin, avait joué les s< mères nobles », à
Caen 1833, Orléans ^^}4< ^^ s'était reti-
rée du théâtre en 1838. Devenue veuve,
elle accompagnait sa fille dans ses dépla-
cements. En 18158, Mme veuve Clermont-
Debrou avait 72 .ins, 43 ans de théâtre,
et recevait 500 francs de pension de la
Société des artistes dramatiques. Nous
perdons ses traces après 1868.
Mlle Clermont-Debrou, Rose-Euphémie,
sa tille, fut élevée sur les planches. En
1833,3 Caen elle jouait déjà des rôles
d'enfants, Orléans 1834. Elle fut une des
premières adhérentes à la Société des ar-
tistes lors de sa fondation (1840). Nous la
retrouvons à Nantes comme ingénue,
1846-1847. Au Théâtre Historique, elle
ne parut guère que six mois : 10 août
1848, Fortunio du Chandelier ^création) ;
10 décembre 1848, Georgi .a de V At gent
(création) 17 décembre 1848, Clara d'/in-
/o«v (reprise) , 28 décembre 1848, Mary
Trésor des Mystères de Londres (création).
En 1850-51, elle fait partie du Théâtre
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Octobre 19 1 a
457
4S8
National (ancien Théâtre du Cirque) ; en
i8s2, elle passe à la Porte-Saint-Martin.
Voici en quels termes en parle Darthenay
en 1853 : »< Il y ^ cl'x ans on applaudis-
sait au Théâtre de Nantes une gentille in
génue, Mlle Rosine Debrou. Après avoir
passé plusieurs années au théâtre des
Folies-Dramatiques, Mlle Rosine Debrou
a créé d'une piquante façon, au Théâtre
Historique, le rôle de Fortunio dans le
Chandelier de M. Alfred de Musset. A la
Porte-Saint-Martin, elle joue très conve-
nablement les petits rôles dramatiques et
comiques, >
Mlle Debrou quitta vers i^^<^ le théâ-
tre de la Porte Saint-Martin pour aller à
Mons, à Bruxelles 1857-62, à Brest 1865,
à Genève 1867-72 Elle se fixa à Paris de
1873 à 79, et Eug. Garraud, le rappor-
teur de 1880 à l'Association des Artistes,
annonça la mort de Mme Rose Clermont-
Debrou
Mais le cas d'une femme jouant le rôle
de Fortunio, n'est pas unique au théâtre,
et lorsque le maestro Jacques Offenbach
donna aux Bouffes Parisiens sa ravissante
Chanson de Fortunio, c'est encore à une
femme, à Mlle Pfotzer, qu'il confia la par-
tie de son Fortunio.
Ce n'est pas trop nous écarter de notre
sujet, croyons nous, que de dire quelques
mots de cette charmante artiste si peu
connue. Mlle juliaZoé Pfotzer avait joué à
Moscou, puis à Saint-Pétersbourg lors-
qu'elle parut au passage Choiseul vers
i86i, et M. F. Gittens dans la Nouvelle
Revue Internationale du 15 mai 1901,
nous a conté une bien touchante histoire
à propos de la mort du maestro Peter Be-
noit.
Lorsque Mlle Pfotzer créa le rôle de
Fortunio aux Bouffes, Benoit occupait le
pupitre, La jeune chanteuse produisit sur
lui une impression profonde, mais il n'osa
jamais se déclarer Ce grand Flamand
était d'une timidité extraordinaire. L'été
venu, la troupe des Bouffes partit en
tournée, en Belgique, puis en Allemagne.
Un jour, Benoît s'en va visiter un musée,
et se rencontre devant un chef-d'œuvre
de peinture avec Mlle Pfotzer. Les jeunes
gens examinèrent longtemps le tableau,
échangèrent leurs impressions, et se sur-
prirent se tenant tendrement les mains.
L'arrivée de camarades interrompit le
tête-à-tête, et quelques heures plus tard.
la troupe se séparait. Puis, lorsque quel'
ques mois après, Benoit se décidait à
demander en mariage la jolie Pfotzer, il
apprenait que la pauvre poitrinaire n'exis-
tait plus Le grand maître Peter Benoît
n'oublia jamais cette vision, et ses yeux
se mouillaient de larmes à ce seul souve-
nir. Henry Lyonnet.
Comté et comte d'Harcourt (LXVI,
141). — Lorsque Jean Vil, comte de Har-
court, mourut en 1452 sans héritier mâle,
il laissait deux tilles : Marie, qui avait
épousé Antoine de Lorraine, comte de
Vaudernont, et Marie, femme de Jean, sire
de Rieux.
Les deux soeurs ne purent s'entendre
au sujet de la succession de leur père,
chacune voulant prendre le Comté de
Harcourt. On proposa de le partager et,
après un arrêt du Parlement qui déclara
le Comté divisible, le partage de la suc-
cession fut fait en 1493.
Chacune des parties ayant obtenu une
partie du Comté de Harcourt, les héri-
tiers des deux sœurs continuèrent à por-
ter le titre de Comte de Harcourt ; c'est
ainsi que Claude de Rieux s'intitulait en
1518, comte de Harcourt.
En 15 50, René de Lorraine épousa
Louise de Rieux, héritière de sa maison
et le Comté de Harcourt se trouva recons-
titué entre les mains de la maison de Lor-
raine, qui le conserva jusqu'en 1739.
H.
Le Pelletier d'Auînay (LXVI, 288).
— Soultrait {^Armoriai du Nivernais, édi-
tion de 1847) donne une mauvaise des-
cription des armes de cette famille qui
doivent, d'après Poplimont, se blasonner
comme suit : bcartelé : aux i et ^d'a:(iir,
à la croix paitée d'argent, chargée en cœur
d'un chevron de gueules et en pointe d'une
lose du même boutonnée d'or^ le dit chevron
accosté de 2 molettes de sable sur la tra-
verse de la croix. (Le Pelelier r, aux 2 et ^
d'argent au lion de sabU lampassé et cou-
ronné d'or (Mesgrigny).
Soultrait donne la rose comme étant de
sable et dit qu'elle accompagne le che-
vron, alors que sa position sur la croix ne
lui confère aucune relation avec celui-ci.
Quant aux Le Peletier (ou Le Pelletier)
de Saint Fargeau, ou de Rosanbo, La
Chesnaye des Bois donne pour eux les
N« i34«.
Vol. LXVI.
459
L'INTBRMâDlAlHB
460
mêmes armes que celles qui figurent aux
1 et 4 décrits plus haut, mais en com-
mettant la même erreur que Soultrait ;
Rietstap, à son tour, renouvelle cette er-
reur dans son Armoriai général, en ajou-
tant encore que la croix est pattée et alé-
sée et que la rose est d'or.
La vraie définition des armes Le Pele-
tier est celle de Poplimont.
Elle correspond exactement aux bla-
sons gravés que je connais de cette fa-
mille. NlSlAR.
Jean Pupil de Craponne (LXVI,
•287 J. — Montmorel trouvera les rensei-
gnements demandés dans {'Armoriai des
Bibliophiles dn Lyonnais^ ¥ore:( et Beaujo-
lais (Lyon 1907) pp. =535-136. Jean Pupil
de Craponne est le même personnage que
Jean Pupil de Craponne seigneur de la
Tour-en-jarez, et grand-père de Barthé-
lémy-Léonard.
D, A.
« *
D'après La Chesnaye des Bois, il avait
épousé Catherine Thomé.
Il eut pour fils Barthélémy-|ean-Claude
Pupil, seigneur de Mions-Courbas, la
Tour en Jarret, etc., premier président de
la Cour des Monnaies de Lyon en 1726.
Celui-ci eut pour fils Barthélémy-Léo-
nard Pupil, marié à Louise de Loras, fille
deN... marquis de Loras et de la mar-
quise née de Merlée.
La Chesnaye des Bois donne les autres
alliances de cette famille. On peut consul-
ter aussi : Notes héraldiques et géttcalogi-
ques sur le Lyonnais, le Forc:( et le Beaujo-
lais, par M.Poidebard (Lyon \%^b).V As-
semblée de la noblesse du Bailliage de Fore^
en 1/8'), par Henri de Jouvencel; Armoriai
des Bibliophiles du Lyonnais par Poide-
bard, etc. et Armoriai général du Lyonnais,
par Steyert. Nisiar.
* *
1. — Jean Pupil de Craponne, seigneur
de la Tour en Jarez, Saint Jean de Bonne-
fond et La Fay, gentilhomme de la Grande
Vénerie (peint par Nicolas Largilliére)
marié à Catherine Thomé* dont :
1° Anne, mariée à Gabriel Dervieu de
Villieu (171 ij,
2" Bonne, mariée à Léonard Bathéonde
Vertrieu ''1713;.
3" Barthélémy Jean Claude qui suit :
H. — Barthélémy Jean Claude Pupil,
chevalier, seigneur de Mions, Corbas, la
Tour en jarez, St-jean de Bonnefond, pre-
mier président en la Cour des Monnaies
de Lyon (1726), marié en 1722 à Mar-
guerite Sève, fille de Pierre, seigneur de
Fléchères et de Marie Vérot, d'où :
1° Barthélémy Léonard, qui suit :
2° Anne, née en 1725 mariée à Arthur
Joseph, marquis d'Ornacieux, président à
mortier au Parlement de Dauphiné.
3° Françoise, née en 1741, mariée à
Claude, marquis de Sarron.
4° Mathieu Gabriel.
',° Pierre Bonne.
6° Marie.
7^' Jeanne Marguerite.
III. — Barthélémy Léonard, chevalier,
seigneur de Mions, né en 1730, premier
"président en la Cour des Monnaies de
Lyon ; il émig'"a en Italie pendant la Ter-
reur et s'y fixa. Par son testament fait à
Mirano (département de l'Abrinta), en
1806, il institue p»«p^ héritier Etienne
Horace Gabriel, marquis de Sarron, son
neveu.
De son mariage avec Louise Charlotte
de Loras, il eut :
IV. — Barthélémy Jean Claude, né en
17:56, mort jeune.
Pupil de Mions, lamille éteinte, por-
tait : d a:(ur à trois lartnes d'argent, 2 et i.
Joseph Balloffet.
Maison habité • par Jean Jacques
Rousseau rue Plâtrière (T. G., 590 ;
LXVI, 112, 315;. — Dans un petit al-
bum devenu assez rare, publié en 1819,
sans nom d'auteur, par le comte Charles
de Lasteyrie, l'un des premiers initiateurs
en France, de l'art lithographique, Vues
de différentes habitations ie J . J. Rousseau,
avec son paîtrait et le fac-similé d'un air de
sa composition. Paris de l'imprimerie li-
thographique de C. de L\.., lithographe
du Roi et de S. A. R. M. le duc d'An-
goiilême, in-4°, 12 planches lithographiées
tirées hors texte et 2=; pages de texte im-
primées par Firmin Didot, on trouvera
une vue lithographiée (planche VI°) de la
maison habitée par J.-j. Rousseau, rue
Plâtrière. Larmeau Ft. Lithog. de C. de
L..., en hauteur. Cette maison est bien
celle qui fait l'angle de la rue Plâtrière et
de la rue Coquillière. A son rez-de-
chaussée, se voit la boutique de « Henry,
au Café de Rousseau. »
4^1
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
lO Octobre 191»
Cette planche est accompagnée du
texte suivant, que je reproduis parce
que, sous la plume d'un contemporain
célèbre de Rousseau, son émule en art
musical, il peint bien le caractère et les
habitudes de vie modeste de l'illustre
Genevois :
< Qu'est-ce qu'un savant dans le pays
de l'ignorance ? Je dirai plus, qu'est-il
pour certaines classes, même au sein des
grandes villes P Jadis, je regardais comme
inutile d'apprendre à une jeune fille, que
son voisin, qui la visitait, chaque jour,
était Jean-Jacques. De quoi lui eût servi
d'en être instruite ? elle ne savait pas ce
que c'est qu'un sage. Depuis sa mort,
cent femmes m'ont dit : J'aurais aimé
ce Jean-Iacques, tel vieux qu'il fût. . . J'ai
connu, leur disais-je, une fille très ordi-
naire que lean-Jacques allait voir souvent ;
elle demeurait dans la même maison que
lui, rue Plâtrière. Il y a, me dit, un jour,
cette fille, un bon homme „. é tout là-
haut , qui entre souvent chez moi ,
lorsqu'en descendant il m'entend chanter.
Quel est cet homme, lui dis-je ? Quel est
son nom ? Je n'en sais rien ; il m'a dit
qu'il n^ donnerait des avis sur mon ta-
lent ; je l'ai regardé en riant. Est-ce que
vous chantez, vous, lui ai-je dit ? Oui,
m'a-t-il répondu, je compose même quel-
quefois de la musique. Quelles sont vos
conversations ? — 11 me regarde beau-
coup et ne me dit rien. — Et vous ? Ma
foi, je fais mes affaires du ménage ; je
chante et le laisse dans son coin. » (Gré-
try. Mémoires ou Essais sur la Musique,
t. II, page, 204).
Le bon Grétry, n'avait-il pas là, un
gentil brin de plume, voisinant avec son
clavecin .? Ulric Richard-Desaix.
Thieffries (LXVl, 342). — Le mar-
quis de Thieffries de Layens est mort no-
nagénaire, il y a peu d'années, au château
de Boucly par Roisy (Somme). Ses deux
filles vivent ; elles sont : la Comtesse de
Laistre et la Baronne Lucien de Perthuis
de Laillevault. Son fils_,mort capitaine de
cavalerie, (a eu de Mlle de Boisdenemets)
deux fils qui habitent Paris, 4 avenue Eli-
sée Reclus, le marquis et le comte de
Thieffries de Layens. R, S.
Titres sous l'ancien régime (LXVI,
93, 361). — Je lis le très intéressant
46a
article de M. de la Vérone. Je serais re-
connaissant à ce dernier ou à quelque ai-
mable intermédiairiste de me dire si l'ar-
ticle XII de la deuxième ordonnance royale
du 25 août 1817 a été ou non aboli. Cet
article est ainsi conçu :
Le fils d'un duc et pair portera de droit le
titre de marquis ; celui d'un marquis et pair
le titre de comte ; celui d'un comte et pair le
titre de vicomte ; celui de vicomte et pair le
titre de chevalier. Les fils puînés des pairs
porteront de droit le titre immédiatement in-
férieur à celui que portera leur frère aîné.
Cet article, s'il n'est pas aboli, est en
tout cas bien peu observé par les descen-
dants des pairs, si j'en juge d'après ce
que je vois autour de moi Ont-ils tort?
De Rougé.
Preuves; de noblesse (LXVI, 287,
406). — Le baron du Roure de Paulin, dans
son ouvrage le Juge d'armes de France et les
Généalogistes des Ordres du roi,^aru chez
Daragon en 1908, répond entièrement à
cette question. Dans son chapitre V, inti-
tulé Compétence des d'Ho:(ier, il étudie en
détail toute la procédure des preuves de
noblesse que l'on faisait devant eux ;
puis dans le chapitre VI il s'occupe des
preuves qui étaient faites par les Généa-
logistes des ordres, c'est-à-dire les preuves
pour les Ordres du Roi, les honneurs de
la Cour, les régiments et la marine.
Enfin, dans un appendice, il donne la
liste complète des différentes preuves de
noblesse que l'on faisait en France sous
l'Ancien Régime. Henry-André.
*
♦ *
L'ouvrage demandé par notre con-
frère « Commandaire ^ existe parfaite-
ment. Il a pour titre : La France chevale-
resque et chapitrale, par le vicomte de
G [abrielly]. Paris, chez Leroy, libraire
MDCCLXXXVIl. I vol. in-32.0n y trouv'
l'indication précise des preuves de noe
blesse à fournir pour les pages, la Marinç-
l'Ecole Militaire, les maisons de Saint.
Cyr, de l'Enfant Jésus, les divers chapi.
très, etc.. Brondineuf. .
Aigle au vol éployé : question
héraldique (LXVI, 289). — M. La Cous-
sière est-il bien sûr de ne pas se tromper
en nous disant que des auteurs anciens en-
seignent qu'un aigle éployé veut dire un
aigle à deux têtes ^ Je crois pouvoir lui
N» 134a Vol. LXVÏ
L'INTERMEDIAIRE
465
464
dire qu'au moins en ce qui est du P. Mé-
nestrier il se trompe.
En effet, je trouve dans sa Méthode de
Blason les exemples suivants : Ronchivol
en Beaujolais : . d'or à l'aigle éployé de
gtu'u/es membre et hequè d'azur. La gra-
vure ne représente bien qu'une aigle à
une tête. Par ailleurs il dit au sujet d'une
aigle à deux tètes. \%Gourreau delà Prous-
tière à Paris : d'or à V aigle de sable au chef
parti, c'est-à-dire à deux têtes. Les vieux
armoriaux blasonncnt ainsi les deux têtes
d'aigle ». S. G. L.
*
» >
Quand on lit héraldiquement des bla-
sons, on ne doit pas mentionner que les
pièces que l'on énonce suivent la
règle héraldique ; au contraire on
doit énumérer avec soin les particu-
larités et les exceptions aux règles hé-
raldiques. Ainsi quand il y a trois pièces
dans un écu elles doivent être placées i et
2. il est donc inutile de dire dans une lec-
ture que tels ou tels meubles sont posés
I et 2, z\ contraire quand ils sont 2 et i
il faut le spécifier. De même la règle veut
qu'un lion soit rampant, donc quand on
voit dans un blason un lion rampant, il
est inutile de spécifier qu il est dans cette
position ; au contraire, s'il est passant, on
aura bien soin de le dire. Pour l'aigle, la
règle est qu'elle soit représentée les ailes
ouvertes, donc inutile de rien ajouter
quand on voit une aigle dans cette posi-
tion. Le mot qu'il faudrait employer dans
ce cas est déployée. Quant au mot éployé,
chez tous les bons auteurs héraldiques il
désigne toujours une aigle à deux têtes ;
s'il est utilisé dans une autre acception, ce
n'est qu'un fâcheux contre-sens.
Baron du Roure de Paulin.
EpJoyé, veut dire aigle à deux tètes.
Il y en a qui ont pris ce mot pour desplié,
qui dirait .^esployé et de là i's ont cru que
quand l'on blasonne une aigle e-ployée, c'es-
tait à dire qui avait les aisles ouvertes et es-
tendues ; ce qui n'est point ains, ce mot
Espl >yé s'entend de la teste et du col, qui
estant ouverts et comme séparés en deux,
semblent faire deux cols et deux testes,
ainsi qu'en '.Mgle de l'Empire que l'on qua-
lifie Esployée, autrement à deux testes cer-
clées, à ce seul sujet et non pas pour avoir
les aisles ouvertes, ce qu'il fiudrait dire de
touteà les aigles, puce qu'il ne s'en présente
point en armoiries, sinon fort rarement, qui
n'ayent les aisles de cette sof^te.
Tel est le passage de Palliot cité par le
comte A de Foras {Le BUson) qui ajoute :
Les héraldistes qui raisonnent se range-
ront tous à l'avis parfaitement motivé de
l'illustre Palliot. En effet, il est inutile de
dire qu'un aigle est déployé ou éployé —
en le l'apportant aux ailes étendues —
puisque c'est la position indispensable du
roi des airs. L'aigle est toujours repré-
senté de face, avec les ailes ouvertes et la
tète tournée à droite ; dire qu'il est éployé,
— dans son sens faux ou vrai. — consti-
tue un pléonasme,
P. C. C. NlSlAR.
Depuis le xix" siècle, l'art héraldique est
tombé dans une telle décadence que tous
les auteurs modernes se contredisent ; les
termes n'ont plus la même signification
et les pléonasmes, dcrrrrle P. Ménestrier a
donné le funeste exemple, font de la belle
langue héraldique, un charabia souvent in-
compréhensible. Il est à noter que tous les
généalogistes, à commencer par les d'Ho-
zier, furent d'exécrables héraldistes et
V Armoriai Général de i6ç6 en est un
exemple frappant
Le vrai traité de blason reste encore à
faire ; il en existe peut-être un, celui du
comte de Foras, mais il me reste inconnu,
son prix excessif et sa rareté ne le mettant
pas à la portée de toutes les bourses.
Pour résoudre la question posée par La
Coussière, il n'y a qu'à se reporter aux
bons auteurs du xvii* siècle, et les lec-
teurs de V Intermédiaire voudront bien
excuser ces citations un peu longues, né-
cessaires pour l'éclaircissement du sujet,
Segoing. — Trésor Héraldique, ib^-] :
La figure de l'Aigle en matière de Blnzon
est foit dissemblable à la naturelle, comme
on peut voir par les Armes cy-après dé-
peintes, pour blazonner lesquelles il faut ob-
server les différences et termes ruivans :
« Lorsqu'il a deux testes et deux ailes esten-
dii-s il est dit e-plnvè, etc., L'Aygle qui n'a
qu'une teste n'est point dit csployé, etc .. »
Palliot. — La vraye et parfaite science
des Armoiries, 1660 :
Pour ceux qui s'en sont servis en Armoi-
ries ils l'ont diversifié, représentant par lois
l'Aigle à une leste, tintost avec deux, en ce }
cas on le qualifie, esployé mais pourtant elle '"
n'a jamais qu'un corps, deux Jambes, et deux
DBS CHBRCHBUKS fiT CURIBUX
10 Octobre 191a,
465
466
aisles tousj ours ouvertes et estendues et mon-
trant entièrement l'estomach... »
»
VULSON BE LA COLOMBIERE. — La
Science héroïque, 1669 :
Et quant à la raison pour laquelle dans les
Armoiries Ton peint les Aigles le plus sou-
vent avec les ailes éployées et ét':ndùes en
haut, et la queue aussi éparpillée. C'est pre-
mièrement pource qu'elles remplissent mieux
l'Escu estant posées de la sorte, et que la
proportion qu'il faut qu'il y ait entre le champ
et l'assiète, y est mieux observée ; seconde-
ment, c'est que le naturel d^ 1 Aigle est de se
tenir en cette posture, lorsqu'il veut renou-
vçUer son plumage et reprendre ses forces, par
le moyen de vent de midi, et de la chaleur
du soleil, auquel il se présente de la sorte
L'Empire des Romains à présent porte,
d'cr à l'Aigle de sable à deux testes, dia-
dème, langue, becqué et membre de gueules ;
quelques Auteurs modernes disent éployé,
pour dire à deux testes et disent un Aigle,
lorsqu'il n'a qu'une teste ; surquoy je me
rapporte à l'usage, et laisse le lecteur à juger
lequel est mieux et plus clairement bia-
sonné. , . »
Il est maintenant facile de conclure :
L'aigle, tout court, se représente à une
tète, les ailes étendues dirigées vers le
chef ; l'aigle éployée est à deux têtes.
Le vol abaissé, c'est-à-dire les ailes di-
rigées vers la pointe, doit se spécifier en
blasonnant, puisqu'il sort de la position
normale.
Aigle an vol éployé est un pléonasme
qu'il faut éviter. Palliot le Jeune,
Ordre de Saint-Michel (LXVI
542). — La Revue Nobiliaire, tomes XVI
et XVII (1879 et 1880), avait commencé
la publication du Recueil historique des
chevaliers de l'ordre de Saint-Michel,
dressé par Jean François d'Hozier. Mais
cette publication est restée inachevée.
D. A.
♦ *
Voir : Les chevaliers de Saint-Michel de
la Province de Poitou^ depuis la fondation
de l'ordre en 1^68^ jusqu'à l'ordonnance de
i66y. Notices écrites par], F. L. d'Hozier
et publiées avec des notes par le Vicomte
de Chabot. Vannes, 1896, in-8.
Louis Calendini.
René Gueuble. Armoiries (LXVI.
6, 117, 258. — j'ai répondu d'après
V Armoriai du Nivernais de de Soultrait,
édition de 1847, qui ne mentionne pas le
nom de Gueuble. M. S G. L. m'appre-
nant, ce que j'ignorais, qu'il y a une der-
nière édition de cet ouvrage, je lui serai
reconnaissant de m'en indiquer la date et
le nom de l'éditeur, afin que je puisse me
la procurer 1 -oi qu'il en soit, d'après
mon édition je ne me suis pas trompé,
comme l'écrit M. S. G. L. Nisiar.
La curieuse épitaphe du chanoine
Vital d'Ardengost (LXVI, 342). —
J'avais toujours entendu attribuer cette
épitaphe à une Rosemonde. Etait ce la
femme d'Alboin roi des Lombards (567)
ou la maîtresse du roi Henri II d'Angle-
terre (1173) '<: Le jeu de mots s'explique
alors entre la Rose du mondt et la Rose
pure. BÉNEAUVlLLE.
Le journal de Collé (T. <^.- 221).
— Charles Collé, Journal Historique inédit^
pour les années fjôi et IJ62, publié sur
le manuscrit original et annoté par Ad.
Van Bever, avec la collaboration de M. G.
Boissy, portrait d'après Jeaurat et Carmon-
telle, 191 1, {Mercure de France),
Documents sur le Concile de Ni-
cée (LXVI, 344). — Voir parmi les
derniers travaux, Richert, Turner, Ber-
nouUi, Loescheke, dont les ouvrages sont
à la Bibliothèque nationale.
M. Eugène Revillout, notre éminent
collaborateur, dont l'obligeance est in-
finie, peut aider. « Le moine Théophile »
dans ses travaux.
Lire de lui le Concile de Nicée d'après'
les textes coptes et les diverses collections
canoniques (Maissonneuve éditeur).
Distique latin à identifier (LXVI,
7,162, 224, 321). — On trouve de nom-
breux distiques de ce genre dans les
œuvres d'un certain Jean Owen (en latin
Audoenus) né à Armon, dans le comté
de Caernarvon. mort a Londres en 1622.
En parcourant ses Epigrammes, on y
trouverait peut être le distique dont le D'
A. B. demande l'identification. Voici
quelques distiques de Jean Owen, qui
pourront intéresser les latinistes lecteurs
de Vlntermédtaite :
Est mihi librorum iiunc copia ; doctior essem
Si mihi librarum copia tanta foret.
Accipi i oblatum medicus, dare non solet aurum
N' 134>. Vol.
LXVI.
• 467
L'INTfiRMEDIAlRB
468
Pharmaca dat medicus, non solet accipere_
Ordonner medicos, œgros or donner opoitet_
Infligat Mars multa licet tibi vuInera,non tani
Mars nocet armatus ijuani tibi nuda Venus.
ReniediuTi anioris,
Igni subtr.ihilo lignuna (jejunia servans) ;
A niuiiere sede (sicut ab igné) procul ;
Si tuus istorum neutre consumitur ardor,
Uxor ducendd est : iiaec erit instar aquae.
Nascitur in certam miserandus homuncio mor-
[tem,
Ut raacer in canipo bos, ut edalur, edit.
Rarus amatur amans : ut araeris amabilis est**
Omnibus : a nulla vis utameris? — ama-
Ut visco capiuntur ave? (fiscus quasi viscus
Dicitur) a fi se o sic capiuntur opes.
Divitias et opes Hon lingua Ebraîa vocavit :
Gallica gen^aurumOr ; indequevenithon or.
Ne siccus, volvente rota, crepet, ungitur axis :
Causi4icurn mos est ungere, ne taceat.
P. RoYER.
Il faut d'abord donner la version exacte
de ce distique que l'impression comme
le fait remarquer M. Emile Faguet sem-
ble avoir étrangement défiguré,
Quid faciès, faciès Veneris cum veneris ante
Ne sedeas, sod eas ; ne pereas per eas.
Que ferez-vous quand vous vous trou-
verez en face de Vénus ? ne vous asseyez
point, mais fuyez, pour ne pas périr par
elle.
j'observe d'abord qu'on peut écrire in-
différemment la fin du distique Ne pereas
per eas ou ne per cas pereas. Et cette der-
nière leçon semble plus classique. Mais
quelle en est l'origine ? l'ai vainement
cherché une indication. Les traités de
théologie ont quelquefois cité ce distique,
mais ceux que j'ai pu consulter ne sont
pas très anciens. En tout cas^ voici quel-
que chose. Le père Jérémie Drcxellius,
dans son livre Nicela. ossia il triotifo sulla
incontinen^a, chap. Vil, § 7, cite ce dis-
tique, mais il ne s'en attribue point la pa-
ternité. Or ce jésuite, car il appartenait à
cet ordre, vivait au milieu du xvii* siècle.
Ce genre de distique, qui était bien
dans le goût de l'époque, me fait souvenir
de deux autres liés ensemble comme cause
à effet.
Un écolier, au lieu d'aller en classe,
avait fait l'école buissonnicre et passé
toute sa journée au cabaret. C'était une
faute grave que les statuts de l'Université
punissaient sévèrement. Espérant adou-
cir son recteur par sa littérature, il lui
envoya comme lettre d'excuse les deux
vers suivants :
Pinta trahit pint^m, trahit ahera pintula pin-
[tapi
Et SIC post pintas, nascitur ebrietas.
Le recteur fit donner, selon l'usage de
l'époque, les verges au coupable, et en
plus le chassa del'Université ; mais comme
il se piquait, lui aussi, de littérature, il lui
signifia son rejivoi par ce distique :
Virga trahit virgam, trahit altéra virgula
[virgatn
Et sic post virgas, nascitur ire foras.
Et le pauvre écolier fut obligé d'aller
chercher enseignement ailleurs, je crois
qu'en feuilletant des collections d'ana on
trouverait bien d'autres exemples de ces
jeux de mots, qui ont été à la mode, et
aujourd'hui encore qç, manquent pas de
charme pour les latinistes. D' A. B.
Poésie monosyllabique (LXIII ;
LXIV; LXV; LXVI. 124, 223). — Ma-
xime du Camp s'est trompé en attribuant
à Iules de Rességuier le sonnet monosyl-
labique dont s'occupe Vlntcimédiairc et
qui est en réalité l'œuvre du comte Paul
de Rességuier, fils aine du comte Jules ;
mais il n'est ni le premier ni le seul à
avoir commis cette confusion dont le
père et le fils étaient fort vexés.
Jules de Rességuier (un vrai poète au-
quel Léon Séché a consacré plusieurs
pages dans le Cénacle Je la Muse Fran-
çaise), jugeait indigne de lui pareil exer-
cice d'acrobatie, tandis que Paul, qui était
cité à la quatrième page des journaux
comme devineur de rébus et de mois car-
rés, se montrait très fier de ce qu'il con-
sidérait comme un petit tour de force.
Le vicomte de Bonald.
Juré de l'œuvre de cahouet (LXV,
4'>4). — Un « cahoucr », que l'on a
écrit aussi « caier », « quaier », « que-
houer » et « quahoer », du latin quart cllus
(fax qu.idrata, dit Du Cange), était un
fiambeau de cire. Il y en avait pour le
poing, en façon de quatre bougies cylin-
driques soudées ensemble, et d'autres
pour la able, de même forme mais plus
petits cl n'ayant qu'une seule mèche,
DBS CHERCHEURS BT CURIEUX
10 Octobre 191a
469
470
ainsi que l'explique fort bien V. Gaydans
son Glossaire.
Le corps de métier de « l'oeuvre de
cahouet » se rattachait donc à celui des
Merciers Ciriers-Chandeliers.
Comme dans les autres corporations,
la mission des gardes-jurés, au nombre
de deux ou trois et qui étaient élus chaque
année, consistait à défendre les intérêts
communs, à veiller à l'observation des
statuts et ordonnances, à recevoir les
nouveaux maîtres et apprentis, à prévenir
les procès, à visiter les ouvrages et mar-
chandises pour s'assurer de leur confec-
tion bonne et loyale. Ils devaient enfin,
selon que le montre la pièce signalée par
l'intermédiairiste H. de Brion. percevoir
sur les *< défaillants »des amendes »< a ap-
plicquer moitié au Roy... et l'autre
moitié aux dictz jurez et maistres
du dict mestier, tant pour les affaires
d'icelluy mestier que pour autres choses
ordonnez et establiz par les dictz jurez et
maistres. »
Le « cahuet > fut également un capu-
chon, la partie de l'aumusse qui couvrait
la tète, mais ce terme n'a rien de com-
mun, je crois, avec la question posée.
Qy.tsiT0R.
Leuss (LXVI, 239). — Ce mot, bien
connu en géologie, s'écrit ordinairement
lœss et se trouve dans la plupart des dic-
tionnaires scientifiques. Le Nouveau La-
rousse le définit ainsi :
s< Limon fin, sans stratification ni fos-
siles,qui recouvre la surface du sol en plu-
sieurs pays ». J. G. T.
» *
On écrivait autrefois ainsi : aujour-
d'hui les géologues ont adopté l'ortho-
graphe Loess. Ce terme désigne, sur les
bords du Rhin, une terre remaniée, limo
neuse, à grain fin, contenant en général
beaucoup de fossiles.
Dans la Chine du Nord, le lœss couvre
d'immenses espaces, en général très fer-
tiles ; dans les saisons sèches, H s'élève
du sol d'épais nuages de poussière im-
palpable.
Il semble donc évident que le vers qui
intrigua Nauticus se rapporte à ce genre
de terrain. D- Vogt.
Une citation un peu plus étendue
eut peut-être facilité la réponse, mais
je crois pouvoir conclure du carac-
tère rythmé de la phrase : « Rose granit
que poudroyait le Leuss » que c'est un
vers, dont l'auteur a eu besoin d'une
rime. Celle que le mot Leuss a fournie, ne
doit pas être bien rïchè, et encore, pour
l'obtenir, le poète a-t-il dû en fausser l'or-
thographe.
Si mes déductions sont exactes, le
poète a voulu dire : Granit rose recouvert
d'une couche de sable.
Lôss, orthographe d'origine allemande
qui se prononce Leuss, et que le poète a
francisée, est un terme employé par les
géologues pour désigner une formation
quaternaire diluvienne constituée par une
couche de sable qui recouvre de vastes
étendues de terrain dans diverses parties
du monde, notamment en Chine et, en
Amérique, dans la vallée du Mississipi.
On peut le voir, sans aller aussi loin,
dans la vallée du Rhin, notamment entre
Bàle et Strasbourg. Les Alsaciens l'appel-
lent aussi : Lehm.
Philippe Leroy.
Leuss, Lehm. ou Loess. Dépôt de limon
argileux, bien connu en Géologie. Ce dé-
pôt qui date de l'ère quaternaire, époque
Pleïslocène, est une boue argileuse à élé-
ments fins, assez fortement chargée de
calcaire, ei en général de couleur brun-
clair ou jaune-foncé. Cette formation, du
moins dans le Nord de la France, où elle
est très répandue, parait due à un phéno-
mène de ruissellement. Mais certains géo-
logues lui donnent une origine glaciaire,,
ou même éolienne, c'est-à dire due au
transport et à l'accumulation de pous-
sières par le vent, poussières transformées
ensuite en limons par la pluie.
UErgeron des géologues Belges est une
variété de loess, non calcarifère, ainsi que
certaines de nos « Terres à briques ».
En Picardie, et dans le bassin de Paris,
le loess jaunâtre est souvent recouvert
par le « Limon des plateaux », avec le-
quel, du reste, il a beaucoup d'analogie.
Les couches de Loess les plus considé-
rables sont les limons des plaines du
Rhin, les pampas de La Plata, et surtout
les fameuses steppes du bassin du Hoang-
Ho, Chine, appelées « Terre jaune v>.
« Là, cette argile très légère est soule-
vée au moindre vent en nuées de fine
poussière ^ [La Terre par Priem). Je cite
N»I343 V"». L-^VI,
l.'iNïJBRMBOiAAKb
47»
472
exprès cette phrase qui explique le vers
dont parle l'intermédiairiste Nauticus
dans sa demande.
Enfin ce dépôt de Leus!^ ou Loess peut
s'observer aux portes mêmes de Paris, no-
tamment à Villejuif, Seine.
P. Taffin.
Moabit (LXIl; LXVl, 123, 73).
— Merci aux intermédiairistes < Qui-
setti » et >i; V. A. T. » qui se sont inté-
ressés à l'étymologie de Moabit. Celle que
donne V. A. T. est aussi fort vraisem-
blable. Mais je me demande si le mot
« Moabit », prononcé par des Français,
avec une ditïérence d'accent tonique très
sensible serait resté intact, sans aucune
déformation, jusqu'à nos jours, n'étant
plus prononcé que par des Prussiens } Au
reste, je ne défends pas non plus spéciale-
ment mon étymologie, que j'ai simple-
ment noté'.;, telle qu'elle m'a été fournie,
et à titre de curiosité.
MAURICë ChaRPENTIFR.
Origine du nom de Mistinguett
(LXVI. 194). — L'ouvrage que cite
M. Paul Edmond me fait déjà l'efiet de
faire allusion à un « sieur Mistanguet »^
imaginaire. D'où, hélas ! pas d'origine de
noblesse pour la gracieuse artiste tant
applaudie à Paris. D'autre part - et
Mlle Mistinguett seule pourrait répondre
~ son nom. à elle, n'est-il pas un pseu-^
donyme ? J'en ai peur, et je croirais plu-
tôt que la charmante créatrice du %< Bon-
heur sous la main », des v* Midinettes >\
etc., etc., se serait inspirée d'un vieux
mot' français (dont j'ignore, du reste,
l'origine et la signification), m/5/m;y»^, que
je rapprocherais volontiers de misti, mis-
tigris, et du nom de Mistingue, donné par
Labiche à l'un des personnages de
€ L'Affaire de la rue de Lourcine. » A
Mlle Mistinguett, donc, de parler, et de
nous dire si elle s'est appelée « Mistin-
guett », de naissance, ou si elle l'est de-
venue pour affronter la rampe, et rem-
porter les succès que lui ont valus son
esprit, son talent et son charme ?
Maurice Charpentier.
Réactif pour faire réapparaître
l'écriture LXVi, 194.330;. Dans V Al-
bert OTOt/<'r«(f, Paris, 1773, on trouvera deux
recettes pour « faire revivre la plus an-
cienne écriture, en redonnant aux carac-
tères presque entièrement efïacés leur pre-
mière appi>rence et la couleur de l'encre
avec laquelle ils ont été tracés » L'inven-
teur de la première recette assure l'avoir
éprouvée avec succès sur des titres des
treizième et quatorzième siècle, presque
totalement effacés. Cette recette est utile,
dit l'ouvrage en question, non seulement
aux gens de lettres, mais à ceux qui ont à
fouiller dans les manuscrits anciens, dans
les chartes et les vieux actes. Comme
elle es^ un peu longue, en voici une plus
courte et moderne :
^. On prend de l'acide chlorhydrique
étendu dans quatre fois autant d'eau, on
passe un pinceau imbibé de cette prépara-
tion sur l'écriture effacée afin de dissoudre
l'oxyde de fer de l'ancienne écriture ; on
trempe ensuite le pinceau dans une disso-
lution d'hydrochlorate de potasse (prus-
siate de potasse), et. Qpje passe une se-
conde fois sur récriture et les caractères
efïacés deviendront visibles ».
Un autre procédé consiste à faire une
forte infusion de noix de Galle, dont on
imbibe l'écriture que l'on veut faire repa-
raître. F. Jacotot.
« *
11 est peut-être assez difficile de raviver
uneécriture effacée par un produit chimique
quand on ignore la nature du produit em-
ployé.Il est probablequ'il s'agitdel'oxalate
de potasse, ou de l'acide chlorhydrique.
Dans ce cas, l'emploi d'une solution de
ferrocyanure jaune peut alors faire réap-
paraître les caractères, mais avec une
couleur bleue Pour raviver les écritures
passées par l'action du temps, on emploie
le sulphydrate d'ammoniaque, mais ce
produit qui donne d'assez bons résultats
est assez dé.sagréable à employer à cause
de son odeur infecte.
Martellière.
Les e ■ criers célèbres (LXVI. 193,
332;. Nous demandons que la « liste »
en soit close par la reproduction photogra-
phique, dans Vlnteimcdiaire, de l'un de
ceux que l'administration de notre Biblio-
t/tcqii^: Nationale met a la disposition du
public, de sa salle de travail avec l'aima-
ble mention, gravée et symbolique, qui
s'y lit de la Bibliothèque Impériale. Cela
est, en vérité, trop peu Troisième Répu-
blique pour que l'on nous refuse cette pe-
J
d
DES CHERCHHUKS ET CURIEUA
10 Octobre 1919
473
474
tite récréation, ou ce petit enseignement.
Mais que venons-nous d'écrire ? Les en-
criers de la Nationale ne rappellent ils
point les monnaies que ladite Troisième
République maintient si bizarrement en
circulation, et où l'on voit des Napoléons
du I"^ Empire à côté d'écus de Bonaparte
I*' Consul, de Louis XVIII, de Charles X,
de Louis Philippe, de Louis-N'apoléon, de
Napoléon 111 ! Les sous eux-mêmes ne
sont-ils point encore, pour la plupart, à
l'effigie de V Empereur des Français, Napo-
léon 111, déjà cité? C'est ainsi que, malgré
l'intérêt politique que l'on devrait éprou-
ver, en haut lieu, à faire disparaître ces
souvenirs de régimes déchus, le conserva-
tisme férocement routinier des bureaux
semble être seul responsable du maintien
en vigueur de tant d'archaïquesvieilleries ;
ce qui cause si souvent les moqueries d'or-
ganes étrangers, même de ceux qui appa-
raissent peu suspects d'inimitié à notre
« démocratie » : voyez-en un exemple
récent dans la feuille libérale de Lau-
sanne : La Revue, numéro du samedi 24
août 1912,3 l'article : Noire monnaie.
Il est vrai — détail connu des seuls
numismates — qu'un certain nombre des
louis d'or que frappe, depuis une dizaine
d'années, la Monnaie, sont faits iiniqiu-
ment de l'or extrait d'anciens écus de
cinq francs aux effigies de Napoléon I'"',
Louis XVIII et Charles X, qui contiennent
dans leur alliage 4, millèmes d'or, rai-
son pour laquelle TEtat ne les remet pas
en circulation, quand ils arrivent aux
caisses publiques. La raison, on le voit,
est d'ordre trop pratique pour être allé-
guée contre nous. Et, en tout état de
cause, n'est-il pas d'une douce ironie de
voir les « despotes » d'antan alimenter
encore, bien qu'indirectement, le budget
de notre République?
Camille Pitollet.
Du port de ralhance en Alle-
magne (LXVl, 96, 229, 273,331). — Ce
que dit notre collaborateur « H. de L, »,
sur le rite catholique qui impose le port de
l'alliance à la main gauche, ne peut
guère, me semble-t-il, nous éclairer sur
la façon de se comporter, à cet égard, en
Allemagne, c'est-à-dire dans un pays
dont plus des deux tiers des habitants
sont protestants.
Maurice Charpentier.
M Joachim Kùhn n'avait point parlé des
protestants ; aussi ai je simplement rap-
pelé le rite catholique, incomparablement
plus intéressant que ceux des protestants,
qui varient à l'infini, comme leurs
croyances, selon la fantaisie de chaque
pasteur ou de chaque « congrégation ».
C'est ainsi que ie sacrement même du
baptême n'est plus administré validement
chez la majorité d'entre eux, et que l'Eglise
catholique est obligée, de nos jours, de
baptiser, au moins sous condition, la plu-
part des catéchumènes sortis de leurs rangs
pour revenir à elle.
j'ajouterai qu'au point de vue de la li-
turgie catholique l'anneau matrimonial
n'a point sa raison d'être pour l'époux,
quoique la plupart des maris ayent pris
l'habitude déporter, comme leurs femmes,
l'anneau, dit : alliance, depuis la Révolu^
tion, qui a fait perdre aux choses et aux
mots tant de leur vraie siijnification.
H. DE L.
Le Cubisme (LXVI, 97, 270). — Le
cubisme est l'art de peindre des ensembles
nouveaux avec des éléments empruntés
non à la réalité de vision, mais à la réalité
de conception.
Il ne faudrait pas pour cela faire à cette
peinture le reproche d'intellectualisme.
Tout homme a le sentiment de cette réa-
lité intérieure. Il n'est pas besoin d'être
un homme cultivé pour concevoir, par
exempk-, une forme ronde.
L'aspect géométrique qui a frappé si vi-
vement ceux qui ont vu les premières
toiles cubistes venait de ce que la réalité
essentielle y était rendue avec une grande
p :reté, et que l'accident visuel et anec-
dotique en avait été éliminé.
En représentant la réalité conçue, le
peintre peut donner l'apparence des trois
dimensions, peut en quelque sorte cubi-
quer. Il ne le pourrait pas en rendant
simplement la réalité-vue, à moins défaire
du trompe-l'œil en racourci, ou en pers-
pective, ce qui déformerait la qualité de
la forme conçue.
L'importance que cette nouvelle école
française donne au dessin fait comprendre
qu'ainsi que j'avais l'honneur de le dire à
M. Henry Lapauze. après l.:.:!'.!, .; de son
bel ouvrage sur le maître de fviontauban,
les cubistes peuvent se réclamer d'Ingres
N 1342, Vol, LXVI
L'INTERMEDIAIRE
475
476
car pour eux, — comme i! l'était pour lui
— , le lîcssin est la t^rohite de l'art.
Le nom de Cubisme que porte cette
nouvelle école lui fut donné en dérision
par Henri-Matisse qui venait de voir un
tableau représentant des maisons dont
l'apparence cubique le frappa vivement.
Cette école que je dus longtemps dé-
fendre seul, eut comme fondateurs Pablo
Reasso dont les inventions corroborées
par le bon sens de Georges Braque qui
exposa dès 1908 un tableau cubiste au
Salon des Indépendants, se trouvèrent con-
firmés par les études de lean Metzinger,
qui exposa le premier portrait cubiste au
Salon des Indépendants en 1910, et le
premier, fit admettre la même année, une
œuvre cubiste par le Jury du Salon d'Au-
tomne.
C'est en 1910. également, que parurent
aux Indépendants des tableaux de Marie
Laurencin qui ressortissaient à la même
école, et de cette année-là date l'adhésion
du peintre Albert Gleizes qui allait pren-
dre une part prépondérante à ce nouveau
mouvement, et celle des peintres Le Fau-
connier, Robert Delaunay et Fernand Léger.
La première exposition d'ensemble du
cubisme eut lieu en 1911, aux Indépen-
dants où la salle 43 réservée aux cubistes
causa une profonde impression. On y
voyait des œuvres savantes et séduisantes
de |ean Mct/.inger ; des paysages :
r Homme nu et la {"cmme aux phlox d'AK
bert Gleizes ; le portrait de Mme Fernande
X'" et les jeunes filles par Marie Lauren-
cin ; la Tour Eiffel de Robert Delaunay,
y Àhonlance de Le Fauconnier ; les Nus
dans un paysage de Fernand Léger.
La première manifestation des cubistes
à l'étranger eut lieu à Bruxelles, la même
année, et dans la préface de cette exposi-
tion, j'acceptai au nom des exposants les
dénominations : Cubisme et cubistes.
A la fin de 1911, l'Exposition des cu-
bistes au Salon d'Automne fit beaucoup
de bruit, les moqueries ne furent épar-
gnées ni à Gleizes {La Chass.-, Portrait de
Jacques Navrai) ni à .Metzinger (La Femme
à la cuiller) ni à Fernand Léger. Aux ar-
tistes s'était joint un nouveau peintre,
Marcel Ducliamp, et un sculpteur archi-
tecte, Duchamp-Villon.
D'autres expositions collectives eurent
lieu en 1911 , à P^ris dans la Galerie d'Art
contemporain, rue Tronchet, en 1912, au
Salon des Indépendants qui fut marqué
par l'adhésion de Juan Gris, au mois de
mai, en Espagne où Barcelone accueillit
avec enthousiasme les jeunes Français, et
enfin au mois de juin à Rouen, exposi-
tion organisée par la Société des Artistes
normands et qui fut marquée par l'adhésion
de Francis Picabia à la nouvelle école
11 faut encore noter qu'un certain nom-
bre de peintres cubistes faisaient, il y a
quelques années, partie des Fauves dont
ils étaient les plus jeunes.
Ce sont : Mlle Laurencin, MM. Geor-
ges Braque, Jean Metzinger, Le Faucon-
nier, et Robert Delaunay.
Picasso dont l'œuvre était déjà consi-
dérable quand il instaura le cubisme,
s'était tenu à l'écart du mouvement des
Fauves. Quant à MM. Jean Metzinger et
Robert Delaunay, à leurs débuts, ils
avaient appartenu au mouvement di\i-
sionniste de Seurat et de Signac.
Au mois d'octobre* 'prochain aura lieu
l'exposition de la Section d'Or, qui sera la
plus importante des expositions cubistes.
On y verra, outre les œuvres des ar-
tistes déjà nommés, les statues du sculp-
teur Agéro qui depuis longtemps déjà au-
rait dû faire partie du nouveau mouve-
ment artistique et les belles gravures de
Louis Marcoussis, qui se trouve être le
plus nouveau des cubistes. Le plus jeune,
M. Georges Denikcr, qui fait en ce mo-
ment son service militaire dans les aéros-
tiers, n'a pas encore exposé de ses œu-
vres cubistes et l'on n'a vu de lui qu'une
sculpture, à la Nationale, en 1911.
L'art français du cubisme a déjà de
l'influence à l'étranger, et particulière-
ment en Espagne et en Bohême où toute
la jeune école de peinture est cubiste, et
par une singulière coïncidence l'un des
cubistes Tchèqu:s se nomme Kubicsta de
son nom véritable. Il y a également des
Cubistes en Allemagne où par une coïn-
cidence presque aussi singulière, l'un d'eux
se nomme Kubin. J'ai vu dans une revue
q'.ii parait à Prague, les photographies de
mobiliers cubistes qui ne m'ont point
paru sans intérêt.
Dans peu de jours paraîtront chez Fi-
giiièrc, deux ouvrages où l'on trouvera
des renseignements sur la nouvelle école
française de peinture : Le Cubisme, par
Jean Metzinger et Albert Gleizes, ouvrage
avant tout théorique, et les Méditations
f
\
l«K>-*%S..
Intermédiaire LXV'I, col. 17S
I
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Octobre 1913
477
esthétiques où, après quelques considéra-
tions générales, j'ai tenté de caractériser
la personnalité de la nouvelle école, les
cubistes : Mlle Marie Laurencin, MM. Pi-
casso, Georges Braque, Jean ivietzinger,
Albert Gleizes, Fernand Léger, Marcel
Duchamp, etc., etc.
Guillaume Apollinaire.
Le Futurisme (LXVl, 97, 228, 268,
329, 377). — LeFi!turismeest,àmon sens,
une imitation italienne des deux écoles
de peinture française qui se sont succédé
dans les dernières années : les Fauves et
les cubistes. J"ai moi-même fait connaître
à M. Marinetti qui fut le premier théori-
cien de la peinture futuriste, les œuvres
des nouveaux peintres français et j'ai ra-
conté dans le Mercure de France^ la visite
des peintres futuristes Boccioni et Sévé-
rini à l'atelier de Picasso.
Ni Boccioni, ni Sévérini ne sont sans
talent. Toutefois ils n'ont pas bien com-
pris la peinture des cubistes et leurs mé-
prises leur ont fait instaurer en Italie une
sorte d'art de la dispersion, art populaire
et tapageur.
Le? éléments avec lesquels ils veulent
peindre la réalité conçue, les futuristes
les empruntent à la réalité de vision, si
bien que pour figurer un objet, ils en re-
présentent les différents aspects, comme
ont fait quelquefois les images populaires,
et tandis que les cubistes groupent les
différentes idées qu'ils ont d un objet, afin
de provoquer une seule émotion, les fu-
turistes qui ne pensent pas à tenir compte
de la durée, voudraient provoquer autant
d'émotions qu'ils se font d'idées d'un
seul objet.
Les cubistes peignent les objets non
comme on les voit, mais comme on se
les représente, et leur art est extrême-
ment lucide et pur.
Les futuristes qui dispersent dans une
toile les différents aspects d'un objet et
les nombreux sentiments que provoquent
ces aspects arrivent aisément à la confu-
sion.
Une discipline rigoureuse régit l'art des
cubistes. L'arbitraire est la règle de l'art
futuriste en dépit des explications et des
manifestes.
Les artistes futuristes soutenus par
la caisse bien remplie du mouvement fu-
turiste dont le siège est à Milan, voient
478
leurs affaires prospérer, tandis que la plu-
part des jeunes cubistes dont l'art est le
plus noble et le plus élevé qui soit au-
jourd'hui, abandonnés de tous, moqués
par la presse presque tout entière, vé-
gètent dans la demi pauvreté quand ce
n'est pas dans le dénuement le plus com-
plet. Guillaume Appolinaire.
Ls sec; étaire de la plume (LXVI,
342) - Roze(Tous5aint) était président à
la chambre des comptes et secrétaire du
cabinetdu roi. « Avoirla plume, dit Saint-
Simon, c'est être faussaire public, et
faire par charge ce qui coûterait la vie à
tout autre. Cet exercice consiste à imi-
ter si bien l'écriture du roi, qu'on ne
puisse distinguer la copie de l'original, et
à écrire de cette sorte toutes les lettres
que le roi doit ou veut écrire de sa main
sans en prendre la peine. Il y a de ces
lettres aux princes étrangers et aux su-
jets de haut rang pour secret d'affaires,
à l'insu des ministres, ou par marque de
bonté et de distinction. Il n'était pas
possible de faire parler Louis XIV avec
plus de dignité, ni plus convenablement
à chacun, et sur chaque matière, que
faisait Roze. Fidèle et secret, le roi s'y
fiait entièrement. Fin, rusé, adroit, il était
d'2,utant plus dangereux pour ceux qui
l'ofïensaient^qu'il avait infiniment 4'esprit
des saillies et des reparties très salées,
beaucoup de liberté et de hardiesse avec
son maître. Mazar'n le donna à Louis
XIV ; il travailla cinquante ans sous celui-
ci, jusqu'à l'âge de quatre-vingt-sept
ans, gai, dispos, et doué jusqu'à la fin
d'une mémoire nette et admirable qui le
rendait fort utile au roi. »
P. c. c. F. Jacotot.
Dominiquô Larrey. Lettre (iné-
dité) que lui adresse sa femme
après Moscou. — Nous avons publié
différentes lettres intimes de Dominique
Larrey à sa femme, écrites durant la cam-
pagne de 1812. Elle lui répondait avec
la même fidélité ; il conservait précieuse-
ment ses lettres et malgré les travers du
retour, il les rapporta à Paris, Celle qu'on
va lire, en dehors des petits détails de la
vie domestique, dépeint l'état d'âme
N» 1342 Vol.LXV.
" 479
d'une mère et d'une épouse angoissée, et
trahit l'inquiétude et la lassitude qui
commencent à peser, en général, sur les
esprits.
De la Motte ce H odobre 1812.
Mon bien cher, que ta lettre de Moscou
m'a suiprise par la promptitude avec laquelle
je l'ai Tttçue et les détails que tu me donnes.
Tout le monde ici partageait mon étonne-
ment et chacun répétait : de Moscou cela
eat-il possible? En effet, cher ami, cette
conquête est un miracle attaché aux roues
de l'armée française «t surtout de l'inconce-
vable puissance qui vous conduit. Mais pour
acheter ces grandes conquêtes que de maux
vous éprouvez et que je partage d'âme et de
pensée vos peines, et vos misères. Hélas
oui mon bon smi il ne faut faire d'autres
vœux que ceux de nous retiouver tous en-
semble Peu importe le manquede fortune.
Par ma dernière lettre je t'apprenais que mes
deux enfants avaient été malades l'un après
l'autre et Isaure surtout d'une manière in-
quiétante. Juge de mes angoisses et de mes
soms, je puis te dire à présent et dans la
plus grande vérité qu'ils sont remis l'un et
l'autre dans une santé parfaite. Combien tu
jouirais de voiriiolrt.- bon petit avec un teint
si frais faisant de la journée un emploi char-
mant etsalutaiie. On lui a fait faire ici une
brouette et des petits instruments de jardi-
nage ; il bêche, il plante et ratisse, il pour-
suit les moutons, il mange la soupe chez le
fermier du domaine, il boit du lait enfin,
depuis les m.aîtres jusqu'aux domestiques et
aux paysans, tout le monde est à se> ordres.
La belle et bonne Isaure, fait aussi la con-
quête de tous les coeurs, elle est si Jouce et
si gracieuse que l'on m'assure que l'on voit
peu de jeunes personnes si aimables, M. et
Mme de Julie qui ont passsé avec nous 10
jours, raffolent de nos enfants et même de
leur mère car Mme m'a prise en véritable
tendresse elle veut que je l'appelle ma
sœur, elle m'invite à aller la voir à Ciiâteau-
briant qui est une terre près d'A'.gers. J'ose
croire que mon séjour à la Motte ne peut
être important car j'ai achevé de décider Mme
de Julie a établir une dotation pour Prosper.
Ainsi nous aurons encore un b-ron dans la
famille et ma sœur alors trouvera j'espère
que c'est une chose très bien établie que la
nouvelle noblesse.
Je n'ai qu'à me It.uer de la manière fran-
che avec laquelle je suis reçue moi et mes
enfants et l'amitié tendre que chacun exprime
pour tci, mon cher Larrey. Mme de Julie m'a
priée avec les larmes aux yeux de te dire
combien elle s'intéresse à toi et à tes suc-
cès, son mari m'a montré les mêmes s.-nti-
ments. Je ne suis pas si contente des Détri-
L'INTHRMEDlAlRi*.
480
cher le mari à la vérité tombe en imbécilité
et en attaque d'apoplexie ce qui ne le rend
pas supportable à voir, les femmes ont la
tète perdue excepté la langue car elles parlent
sans cesse et me font tourner à la ri;ouô
quand je vais chez elles où un air méphitique
vous saisit dès que l'on y reste un quart
d'heure. On nomme leur châtel h's Loges,
mais en vérité il est bien nommé car il est
rempli de fous et d'imbéciles, leur fils sur-
tout en est le héros. Nous voyons bonne et
grande compagnie M. le compte de Séram
était hier ici. M. et Mme de Coilin ci-devant
duc, dont la femme est jeune simple et jolie
sont nos voisins, elles sont très bonnes amies
avec Isaure. Mme Cavai est arrivée hier et
nous reste tout le mois, ensuite nous se-
rions heureuses dans cette bonne terre et
avec cette aimable compagnie si nous n'avions
l'extrême inquiétude qui dirige toutes nos
pensées vers toi et cette belle et grande ar-
luée sur laquelle tous les regards sont fixés 1
Ces féroces tusses ont donc mis le feu à leur
belle ville et font eux mêmes le malheur de
leur peuple plus qu'ils n'auraient eu à crain-
dre de Iturs ennemis.* <3e hu'letin fait hor-
reur contre cette nation et ce que tu me
traces diî leurs mœurs est- aussi curieux que
plaisant, assurément ils ont là de jolis ani-
maux domestiques que MM. les ours et les
tigres. Cette anecdote peint leur férocité
d'un seul trait. Quand sortirez-vous de ce
repaire, mes bons amis, car je comprends ton
ami, toi et le Grand dans mes vœux. Quand
te reverrai-je, mon cher Larrey, et pourrai-je
remettre entre tes bras les deux plus aimables,
enfants que l'on puisse voir, alors je ne dé-
sirerai plus rien il me semble, et leur tendresse
et leurs grâces te dédommageront de toutes
tes peines, je m'emploierai aussi a tacher de
te les faire oublier. Continue à m'écrire mon
ami, tes lettres sont des trésors pour moi et
les miens et puisque les miennes te font
plaisir aussi j'écrirai le plus souvent pos-
sible. Assure M. Ribes de mon amitié et
crois en ma tendresse. Ton Hippolyte l'au-
tre jour a griffonné sur un petit papier et
l'a plié en lettre privée, il a voulu un pain à
cacheter et avec un air capable et sérieux il
me d.l hier : tu enverras à pap.i ma lettre
avec la liennef. Tout le monde riait aux larmes,
et moi je l'ai embrassé aussi avec les yeux
baignés mais par un autre sentiment.
Adieu ami, mille tendresses.
[Charlotte Larrey.]
Le Directeur-gérant :
GEORGES MONTORGUEIL
Imp. Oamifî-Cjiambok, St-Amand-.V.ont-R'-'né
Ê
LXVI* Volnme Paraissant les to, ao et io de chaque mois
20 Octobre 1912
48» Année
81 '",r. Victor-MAHsé
PAItlS (IX*>
RiKesu : deS àSheures
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Chirckez et
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N» 1343
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PAItlS (IXO
Bur«aux : de 3 à 6 hea>'«j
€3nUxméb laixe
DES
CHERCHEURS ET CURIEUX
Fondé en 1864
H, ^'^
^QCKSTIONS ET URI'ONSES LITTÉRAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES- ET ARTISTIQUIS
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
Nous prions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
de leur pseudonyme , et de n'écrire que
d'un côté de lafeuille. Les articles ano-
nymes ou signés d? pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Qiiand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sanj exception,
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou. réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
(âue0îion0
Les billets de Marie-Antoinette à
Jarjayes. — M. Paul Gaulot, en un pas-
sionnant feuilleton du Figaro; M. le
comte de Pimodan, dans une brochure
d'un vif intérêt, claire et concise, ont
parlé du complot jarjayes, qui aurait per-
mis à Marie-Antoinette de s'évader si son
dévouement aux siens ne l'avait retenue.
Que sont devenus les billets que la
Reine avait pu faire passer à jarjayes ?
D^ L.
Contribution de Bourgogne. —
Quelle était cette taxe pour la réparti-
tion de laquelle des rôles furent dressés
dans le Verdunois, en 1658
lier ?
en
particu-
E. R.
Louis-Philippe le 24 février 1848
était-il en fiacre (LXVl, 185, 294,350).
— Le général Atthalin. — C'est à des-
sein que nous plaçons cette question
avec ses réponses dans le compartiment
des questions, en raison du nouveau
point d'interrogation qu'elle pose,
La lettre qu'on va lire est écrite par
feu M. Rabaroust, ancien magistrat ; elle
met en scène dans cette scène d'histoire,
M. Laurent-Atthalin qui, malheureuse-
ment, ne pourra répondre à la question
posée : la magistrature vient d'avoir la
douleur de le perdre.
Mon cher ami,
En lisant l'autre jour un article sur le pré-
tendu fiacre de Louis-Philippe, au 24 février
1848, je me suis rappelé l'anecdote racontée
par le cocher, non pas du fiacre, mais de la
voiture. J'étais bien jeune. C'est déjà loin,
Mais si vous voulez plus de précision,
adressez-vous à un confident, plus sérieux
que moi, au cocher en question ; à un confi-
dent qui pourrait bien en avoir les mémoires
écrits ; au petit-fils, M. Laurent-Atthalin,
Conseiller à la Cour de Cassation. Car le
cocher de la circonstance fut son grand-père
maternel, le général Atthalin.
A vous toutes mes amitiés
Rabaroust.
Qii'est devenue la bibliothèque de
Saint-Cloud ? — Le château fut incen-
dié le 13 octobre 1870. Une partie de la
bibliothèque fut sauvée. Le roi de Prusse
ordonna à son lecteur, Louis Schneider,
de mettre les livres en ordre pour les ren.
LXYI. - 11,
N»
'343.
Vol. LXVI.
485
L'JNTBRMÉDlAlRïi
484
dre à Napoléon III, après la guerre Schnei-
der s'occupa du classement jusqu'en jan-
vier 1871. 11 dit dans l Evipereur Guil-
laume Souvenirs intimes, traduction fran-
çaise, tome 3, piige 4^ : t< J'ignore ce qu'il
est advenu de cette précieuse collection. »
A. B. M.
Cond mriations pour participa-
tion à la Commune. — (Jù peut-on
prendre connaissance des condamnations
prononcées pour fails insurrectionnels en
1871?
Existe t-il un recueil de ces condamna-
tions ou jugements.^ Si un tel recueil a
été imprimé, quel en est le titre e.xact .f*
qui l'a édité .f" et en quelle année a-t il
paru
Remus.
[M. Gaston Dacosta, dans ?m Commune
vécue a publié la liste des condamnés aux
travaux forcés. Je possède, manuscrit,
l'état nominal de ces condamnés dressé à
l'ile Nou (matricules, noms propres, âges,
date de la condamnation, motifs) sur
lequel M, Dacosta a fait cette publica-
tion]. G. M.
Plaques coramémoratives. — A-
t-on lo droit de les enlever ? — La
ville de Bordeaux s'était honorée jusqu'ici
d'avoir jadis donné asile à Goya, et des
mains pieuses (Municipalité .f* Artistes?
ou Archéologues ? je ne sais) avaient
placé sur la maison du grand peintre es-
pagnol— Rue Voltaire 1, à l'angle du
Cours de l'Intendance 41, — une plaque
de marbre pour rappeler que l'artiste
avait habité cette maison et y était mort
en 1828.
Survient un industriel qui, pour
mieux étaler son ensc'gne tapageuse,
trouve tout simple d'enlever la plaque^ et
le tour est joué. N'y a-t il pas dans ce
fait une profanation historique ? A qui
réclamer, et à quel titre ^ 11 est assez
probable que, dans le cas présent, pro
priélaire et locataire se soucient fort peu
de la mémoire de Goya ; mais enfin n'ap-
partient-il pas aux amis des Arts de faire
entendre leurs voix, d'autant plus que,
sans gêner l'enseigne du nouveau venu,
on pourrait très b:en replacer l'enseigne
à la hauteur du second étage de la mai-
son, du côte de la rue Voltaire. N'étant
pas Bordelais moi-mêtne, je n'ai que le
droit de constater... et celui de me taire.
Mais enfin, je signale le fait à nos amis
de la Gironde, si fiers à juste titre de leurs
souvenirs. H. L.
Le peintre B.vpobie. — Je possède
un portrait au pastel, fait à Copenhague
et signé J. C (entrelacés) B\pobie, pinxit
'774-
Je souhaiterais quelques renseignements
sur ce peintre. Waltérus.
*
Mort du conventionnel Courtois.
— En quelle année est mort le convention-
nel Courtois ?
Voici pourquoi je pose cette question :
Je relève dans Bouillet les dates 175^-
1816 — dans Larousse — 1750-1816.
Et, d'après la minute autographe d'une
lettre du comte de Damas, je vois qu'en
novembre 1824, Courtois, le régicide^
habite Bruxelles..
Le conventionnel .Ççurtois a t-il laissé
des descendants .'' Colline.
[Le Dictionnaire Robinet précise ainsi :
mort à Bruxelles le 6 décembre 1816.]
Antoine Crochart. — Que sait-on de
ce personnage, âgé de 43 ans en 1689,
qui portait comme armoiries ; de... à
V aigle éplovée de. . accompagnée de trois
hermines de .. au chef de... chargé d'un
soleil de... ? et de sa famille ?
D. A.
Crottus. — Quelqu'un pourrait-il
donner des renseignements surEliusJu-
lius Crottus, poète latin erotique moder-
ne, dont on trouve des morceaux dans
Erotopaegnion sir e Priapcia yeterum et
Reccnsioium. Paris, 1798. Je sais seule-
ment que c'était un italien.
R. G.
Danquetil. — Victoire Dufour qui
épousa à la fin du xvin" siècle Louis-
Marie Danquetil, conseiller du Roi, à
Beaufort (actuellement Maine et Loire)
eut-elle postériié ?
Célestin Port signale un hôtel Dan-
quetil à Beaufort et un D, maire de cette
ville sous la Restauration .
Comte DE GUENYVEAU.
Famille de Dracy. - Existe-t il en-
core une famille de Dracy, qui aurait été
Bf^URSCURÎBUXB
20 Octobre \g\a
485
486
propriétaire du château de Dracy, dans
l'Yonne, avant la Révolution ?
Sinon, quel en a été le dernier repré-
sentant ? Etait-elle alliée à une famille
de Sampigny ? Mask.
Le papitrede Madame de Genlis
— N'avez-vo.i? pas été frappé d'un cu-
rieux détail dans un tableau qui est au
Musée de Versailles, et qui représente
Madime de GenlJs ? Assise dans son fau-
teuil, devant sa table, où la lampe intime
répand une calme clarté, elle écrit. Mais
elle écrit le plus drôlement du monde.
Son pupitre est sur ses genoux. Elle a évi-
demment posé pour ce portrait ~ que
\' Intermédiaire devrait bien reproduire (i ).
Ce n'est donc pas un geste symbolique
mais habituel.
L'usagea-t-il existé d'écrire de la sorte ?
ou n'était-ce qu'une habitude particulière
à l'institutrice de Louis-Philippe ?
A. B. X.
Le peinire Galard. — Je possède
un portrait, à l'huile, fait à Bordeaux et
signé : G. de Galard, 1826.
Je souhaiterais quelques renseignements
sur ce peintre. Waltérus.
Un Portrait en pied de Mme de
Hanska, peint par Waldmùller, en
1835. — Dans ce portrait, devenu un
« Portrait historique », et que j'ai sous les
yeux [Haut, 79 cent., sur 64 cent. Labg.J,
la comtesse de Hanska est représentée,
assise, sur une terrasse, donnant sur un
grand fond de paysage, tout au loin, à
l'horizon, borné par une longue chaîne de
hautes montagnes. Le corps légèrement
tourné à droite et le visage de face, la
tête nue, ses beaux cheveux bruns, tor-
sadés sur le chignon el bouchés en spi-
rales, à l'anglaise, sur les côtés, Mme de
Hanska est la, en grande toilette de soi-
rée, vêtue d'une robe de soie jaune clair,
décolletée, agrémentée de grosses man-
ches bouffantes « à gigots », en rnoussc-
Ime blanche qui laisse entrevoir, sous sa
transparence, le rosé des bras nus. Les
oreilles, le corsage et le nœud de la cein-
ture, suivant la mode d'alors, sont ornés
de bijoux d'un riche et précieux travail.
(1) 11 sera reproduit dans le numéio pro-
chain.
1
L'une des mains, posée sur la jupe, tient,
tout ouverte, un face-à-main. L'autre,
pendante sur le côté, caresse une chienne
qui tend, câlinement, son fin museau,
vers sa maîtresse. Cette chienne, uneépa-
gneule de chasse, blanc et orange, est
merveilleii?ement peinte : on voit, qu'elle
aussi, là, est un portrait.
Ce tableau est signé et daté, en très
petites lettres : « Waldmijller, 1835. >^
Cette date, remarquons-le, est juste-
ment celle de l'époque où commença le
long flirtage de Mme de Hanska avec H. de
Balzac, lequel flirtage devait, quinze ans
après, en 1850, se terminer par une légi-
time union.
L'auteur de ce portrait, F. -G. Wald-
mùller, peintre autrichien, était profes-
seur de peinture à l'Ecole impériale des
Beaux-Arts de Vienne. A l'Exposition uni-
verselle de Paris, en 1855, il envoya six
tableaux de genre, qu'on trouve men-
tionnés, sous les numéros 47 à 52, dans
le livret officiel de l'époque.
Pourrait-on me dire si ce beau portrait
de la future Mme de Balzac a été repro-
duit par la gravure, la lithographie ou la
photographie, — puis, me donner aussi
les dates précises de la naissance et du
décès de l'auteur de cette peinture F. -G.
Waldmùller, — et, de plus, me faire savoir
également s'il a peint d'autres Portraits de
personnages qui soient connus ?
Ulric Richard-Desaix.
Lanes, seigneur huguenot. —
Dans les Mémoires de Duphssis-Mornav
(Mornay, seigneur du Plessis) écrits au
commencement du xvu'^ siècle, que je ne
puis consulter, il est parlé, paraît il, de
Guy-Odet de Lanes, baron de la Roche,
comme un des principaux seigneurs pro-
testants d'Henri de Navarre. Pourrait-on
me faire connaître sur ce personnage ce
qu'en dit cet auteur et, si la France Pro-
testante de Haag en parle, ce qu'elle
donne sur lui. Je sais qu'il fut assiégé et
pris dans son château de la Roche par
Montluc en i 568. Saint-Saud.
Famille Pillavoyne. — Une bran-
che de la famille de Pillavoyne résidant en
Normandie et se disant issue de la Maison
de Trie, vint se f>?cer en Bretagne dans le
courant du xiv^ siècle. Elle donna son
nom à un maioir situé à Pordic, diocèse
N 1343, Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
487
488
de Saint-Brieuc. Quelqu'un pourrait-il me
fournir des renseignements sur cette
branche bretonne de la famille de Pilla-
veyne?
Vicomte de N.
Prévost -Paradol : « Le roman
d'un homme politique. » — Dans
le numéro de la Rn'ue de Paris du
!•' octobre 1912, M. Emile Faguet pu-
blie un article des plus intéressants,
comme toujours, *< Le roman d'un homme
politique y; cet homme, il ne le nomme pas
mais c'est manifestement Prévost Para-
dol dont le délicat psychologue analyse
de main de maître le caractère très di-
vers. Il s'agit d'une grande passion pour
une femme du monde séparée de son
mari, qui aima l'écrivain marié et père
de famille, mais lui résista vaillamment.
Ce serait donc plus par désespoir passion-
nel que pour des causes politiques que
Prévost-Paradol, neurasthénique, d'ail-
leurs, se serait tué. Elle-même est morte
inconsolée en 1909 d'une maladie cruelle
et dans la gène.
Il y a quarante-deux ans de la mort de
Prévost-Paradol ; la femme aimée a dis-
paru sans laisser d'enfants, le drame
d'amour quia traversé sa vie la laisse in-
tacte dans sa dignité : serait il donc in-
discret de poser à ce sujet une question
et de demander le nom de cette très no-
ble aimée, avec quelques détails de bio-
graphie ? Je ne pense pas qu'il puisse y
avoir scandale ; on sait tout dire à l'/w-
termfdiaire et je n'ai pas besoin d'ajouter
que ma curiosité est faite de la plus ei.-
ticre sympathie.
H C. M.
Famille Robilant. — Ya-t-il en
Belgique actuellement une famille de Ro-
bilant et celle-ci serait-elle parente des
Robilant du Piémont ? S. F.
Tou^nemine. - Absent de Paris, je
serais heureux d'avoir L- renseignement
suivant :
Qycls sont les degrés et alliances sépa-
rant lean III de T. , seigneur de la Guerche,
fils de jran 11 et de Jeanne de SalTré, —
de Julieii-Rcnc de T. seigneur de la Guer-
che, époux de Françoise Hingant (1526-
Comte DE GUENYVEAU.
Waldteufel. — Quelle est la n.itiona-
lité de ce coîiipositeur .'' Les biographes ne
s'accordent pas. Y eut-il deux Waldteu-
fel ?
ZoPPi.
"Vir fugiens denuo pugnabit. —
J'ai vu citer, à plusieurs reprises, cette
sentence comme provenant d'Horace. Ce-
pendant, elle ne se trouve point dans son
œuvre. Quelque collaborateur obligeant
pourrait-il m'en indiquer la source ?
Un mot de Bossuet « Deux bras
levés au ciel.. ». — J'ai entendu attri-
buer à Bossuet une pensée analogue à
celle-ci : « Deux bras levés au ciel font
plus pour obtenir la victoire que les plus
nombreux bataillons. »
Je désirerais savoir si cette phrase est
bien de Bossuet, et-àrjucl endroit de ses
œuvres elle se trouve.
G. G.
Le rire de Mirabeau. — Nous li-
sons, dans les Conversations de Gœlhe
recueillies par Eckermann et traduites par
Emile Delérot. (Tome II, page 225) :
Uiné chez Goethe. 11 me parle d'une poésie
française... Elle a pour titre : ïe Rire de
Mirabeau. Cette poésie, a dit Goethe, est
pleine d'esprit et d'aud.ace ;... il semble que
Méphistophélis ait préparé l'encre dont s'es
seivi le poète. .
Le traducteur ajoute, en note :
Cette poésie, qui a pour auteur Cordelier-
Delanoiie, mort en 1854.3 été publiée dans
un recueil intitulé les Sillons (Paris 1855).
Serait-il possible à un obligeant inter-
médiairiste de me communiquer le texte
de cette pièce de vers qui pourrait peut-
être, si elle n'est pas trop longue, trouver
place dans ces colonnes .''
^ J.P.
Origii e du salut masculin. — Au
moment où le snobisme invente une for-
mule nouvelle qui consiste, pour les
jeunes gens, à ?c promener nu-tètc dans
les rues, je désirerais connaître l'origine
du salut masculin, c'est-à-dire, du geste
de retirerson chapeau.
ROAN.
DBS CHERCHEURS HT CURIEUX
489
ao Octobr* 1913
490
ft^pouded
L'énigme de Valmy Brunswick.
Le vol des diamants de la couronne
(LXVI, 386,446). — M. Gustave Bord
veut bien citer un article où je suis invité
à vider cette question ; je ne crois pas
pouvoir mieux faire aujourd'hui qu'en
1888 où j'ai publié : Un essai sur l'histoire
dts joyaux Je la couronne.
Germain Bapst.
Le second testament de Louis
XVI (LXVI, 453). —J'ai vu, avant M
Henri Rochefort, la pièce qu'il a signalée
dans la Patrie.^ comme une découverte
rarissime, et j'ai le regret de lui apporter
une désillusion qui devra lui être pénible.
De prime abord la teinte de l'encre, l'as-
peci du papier évoquent le soupçon d'un
simple fac simile, qui se révèle effronté-
ment par le filigrane très net et très apparent.
Sur la première feuille, en eff'et, on lit
en toutes lettres Louis XV!!! roi de France
inscrit en médaillon autour du buste de
ce roi et sur la seconde est tracé l'écusson
royal aux trois fleurs de lys
Ce genre de papier était d'ailleurs très
en usage sous la Restauration et chacun
pouvait l'acheter, à partir de 1814, bien
entendu, mais pas en 1793.
J'ai du reste tenu à prévenir l'ancien
possesseur qui n'a voulu vendre que sans
aucune garantie ce prétendu double docu-
ment apocryphe, et ne pouvant invalider
l'opinion de M. Gaultier. Sus.
[ M. Henri Rochefort, dans le document
qu'il possède, ne relève que les armes roya-
les].
Premier projet matrimonial de
Robespierre (LXIV). — Le premier
projet matrimonial de Robespierre, en-
visagé dans ["Intermédiaire du 30 dé-
cembre 1911, ne doit pas être !e premier
projet de mariage du conventionnel, puis-
que d'après une note de mes archives de
famille, note dont l'auteur est depuis long-
temps décédé, je relève ceci :
Avmt la Révolution, Robespierre allait
dans le monde. Il était agréable... Il avait
demandé en mariage Mlle Eugène, Marie,
Joseph Leducq. fille de M. LeJucq et de
Mlle Ansart de Mouy (cette dernière, fille de
Pierre Ansart de Mouy, conseiller de ville-
dôputé aux Etats d'Artois)
Les Leducq avaient, à Arras, une grande
situation d'avocats à plusieurs générations.
La famille Ansart de Mouy était une vieille
famille du PaSfde-Calais.
La note n'indique cas pourquoi le ma-
riage n'eut pas lieu.
Nous savons que les placards des con-
damnations prononcées par le tribunal
criminel et révolutionnaire d'Arras étaient
faits dans l'imprimerie du citoyen Leducq.
Ce dernier appartenait-il a la famille
des avocats du même nom ? Un intermé-
diairiste du Pas-de-Calais le saurait peut-
être ? G... A.
Qui a brûlé Moscou ? Est-ce Ros-
topchine ? (LXVI, 38:; ,447). — Le géné-
ral Nempde du Puget, directeur des parcs
d'artillerie pendant la campagne de Rus-
sie, a publié, en 1826, chez Dilauney, une
brochure très rare aujourd'hui, sur ce qu'il
a vu de l'incendie. Selon lui il fut du à la
négligence tant des Russes que des Fran-
çais, surtout des Français En effet, dans
cette ville de bois, ceux-ci allumaient des
fours pour cuire leur pain et négligeaient
de les éteindre. L'auteur a constaté lui-
même le fait et n'a vu aucun signe d'in-
cendie allumé par ordre et sciemment.
On doit se rappeler aussi que Rostopchine
s'est toujours défendu d'avoir donné des
instructions pour la destruction par le feu
de la grande ville, de la ville sainte où
les Français s'attendaient à passer com-
modément l'hiver dans l'abondance de
toutes choses.
11 me semble bien qi^e dans « La Guerre
et la Paix », ce touffu et prodigieux ro-
man historique, Tolstoï donne la même
explication de Tificendie. Mais ce ne se-
rait pas un argument à produire sans ré-
serve, étant donnée la tendance, la manie
si l'on veut, de l'auteur, à éliminer des
faits historiques le facteur homme et le
facteur volonté. Sans supérieur dans la
littérature romanesque pour les grands
tableaux synthétiques, les mouvements
par masses, Tolstoï n'est pas dans le dé-
tail des faits un guide très sur. Ainsi,
pour lui la journée de Borodino est une
victoire russe, et de fait ce fut la version
officielle, si bien qu'il a été frappé une
médaille de commémoration et de glorifi-
cation. Les Russes peuvent, en eff'et, être
N» I34J Vol. LXVI.
L'INTfiRMfiDIAIRIi
49'
492
fiers d'une journée où ils firent preuve de
leur héroïsme ordinaire. Mais enfin Boro-
dino ou la Moskova, pour conserver à la
bataille son nom sonore et Français, ne fut
pas pour eux une victoire puisqu'ils bat-
tirent en retraite et abandotinèrent Mos-
cou. Talleyrand dit dans ses « Mémoires »
que Napoléon a *« un peu gagné la bataille
d'Evlau »\ ce qui est exact ; il me semble
que les Français ont plus qu'un peu gagné
la bataille de la Moskova, mais ils y ont eu
de la peine.
Je note encore dans *< La Guerre et la
Paix >* l'importance hors de toute pro-
portion donnée à un minuscule échec des
Français à Schongraben, dans la guerre
de 1805 ; cet imperceptible combat de
brigade occupe autant de place qu'Auster-
litz.
Mais c'est là une digression et revenant
à la question posée par le collaborateur
M., je lui signale un article des <?; Débats »
du 10 septembre dernier, sur les causes
de l'incendie et la brochure du général
Nempde du Puget. H. C. M.
San Martine. La maison de Napo-
léon à l'ile dElbe (LXVI, 282, 405).
— Lj Dépèche de Toulouse a publié, dans
son numéro du jeudi 22 août 19 12, sous
le titre : San Martino, un article de
M. Gustave Gefîroy sur la villa Saint-Mar-
tin. D'ailleurs, celle-ci avait déjà été dé
crite de visu par M. Paul Gruyer en 1906
et l'on ne conçoit guère qu'une « p>o!émi-
que y* ait pu s'engager à ce sujet. Acquise
en 185 1 par le prince A. Demidoff
époux de la princesse Mathilde, fille de
Jérôme Bonaparte — celui ci y avait ins-
tallé sa précieuse collection napoléonienne
car elle était alors presque vide de souve-
nirs et d'objets se rapportant à l'Empe-
reur. On sait qu'elle fut vendue aux en-
chères à la mort du prince, en même
temps qu'était dispersée sa collection,
dont le catalogua est au département des
estampes de la Nationale. Ce fut un El
bois qui en tut acquéreur. En tout cas, le
bruit qu'on a fait lors de la nouvelle
vente, décidée par la municipalité de l'Ile
d'Elbe, n'était guère justifie, car cette
maison ne possédait plus rien qui put at-
tirer le visiteur. C'est dans l'ile totale, et
non entre quelques murs, qu'il faut aller
évoquer la figure de son fatidi(|ue souve-
rain de dix mois Cela, M. Gustave Gef-
fVoy l'a dit, on pourra s'en convaincre à
la lecture, excellemment à la fin de son
article.
Camille Pitollet.
Les drapeaux de Metz (LXVI, 233,
39')). — < 'n ne saurait voir sans sympa-
thie M. Georges Bazaine se donner à la
noble tâche de disculper son oncle, et tout
le monde, je pense, applaudira à son gé-
néreux effort. Sans préjuger du résultat
qu'il obtiendra, il me permettra de ne
pas discuter son argumentation, mais de
lui de lander quelques compléments d'in-
formation.
Il cite une lettre du général de Cissey,
du 2 s octobre et en reproduit une seule
phrase : cette phrnse est très importante,
mais il comprendra qu'elle n'a de valeur
qu'avec le texte complet de la lettre, et la
date exacte et le destinataire de la lettre.
11 me permettra aussi de lui demander
s'il connaît la lettre aatographe du général
Melchior, reproduite par M.Irisson d'irris-
son, dit le comte d'Hérisson, dans la Lé-
gende de Mct:(., et s'il peut affirmer qu'elle
est exactement reproduite par M. Irisson
d'Irrison.
L'authenticité bien établie de ces deux
pièces servira beaucoup la cause qu'il a
embrassée.
A. C.
Une parole de Guillaume I"^ (LXIV;
LXV ; LXVI, 406). - La proclama-
tion du roi de Prusse est bien celle que
Vhilcrméd taire a reproduite. D'après
Schneider, lecteur du roi, qui suivit son
maître pendant la campagne {V Empereur
Guillaume, Souvenirs intimes, traduction
française, tome 2, page 183*, elle fut écrite
à Saint-Avold, le \\ août, envoyée à
Sarrebruck pour l'impression, retournée
le 12 à Saint-Avold, afin d'y être aftichée
et répandue ensuite à mesure qu'on avan-
cerait.
D'après Schneider (tome 2, pages 186
et 187) le 13 août, le quartier général
avait envoyé à Frédéric Charles qui de-
mandait à être rensei'.^nc sur Iji situation
politique les instructions suivantes : « On
enlèvera à la France l'Alsace et toutes les
parties de la Lorraine 011 l'on parle alle-
mand, mais pour les donner à la Bavière
o\.\ au grand-duché de Bade ; on pourra
adopter également d'autres combinaisons;
DES CHBRCHBURS BT CURIEUX
30 Octobre 19I»
493
494
etc. etc. » Le 16, (tome 2, page 191) le roi
dit à Schneider : « Le mieux serait de pou-
voir conclure la paix avec Napoléon, car
ni une république, ni les d'Orléans, ni les
Bourbons ne gouverneront le pays aussi
bien, il est vrai que la France ne voudra
pas supporter un empereur aussi humi-
lié ». L'opinion affirmant que le roi de
Prusse a prétendu faire la guerre à Napo-
léon 111 et non à la France ne tient pas
debout.
J.A.M.
Thiers et Gambetta : un prétendu
mot de Thiers sur les Alsaciens
(LXVl, 139, 201, 350). — Ce mot a-t-il
été prononcé ? Nous ne saurions le dire,
mais c'est assez vraisemblable. Nous con-
naissons une phrase de Thiers qui a quel-
que ressemblance avec ce prétendu mot.
Elle fut prononcée devant M. le comte
Chaudordy, délégué du ministère des
Atfaiies étrangères. Dans les marges de
X Histoire de la diplomatie du gouvernement
de la défense nationale par J. Valfrey, IVl. le
comte de Chaudordy a inscrit de curieu
ses remarques qui complètent ou recti-
fient le texte. A la page 72 du Tome I"
on lit le paragraphe suivant :
M. Thiers partit de Londres le 18 (sep-
tembre), se dirigeant sur Tours. Par suite
d'un accident survenu à la gare de cette ville,
il fut obligé de descendre de wagon à Met-
trây, où il trouva le délégué des Afïaires
étrangères qui s'était porté à sa rencontre.
En face de ce paragraphe M. de Chau-
dordy écrit :
M. Thiers a raconté dans sa déposition de-
vant la commission d'enquête que l'accident
était arrivé presque an moment ai son arrivée
à la gare. L'accident était survenu le matin
un peu avant la gare, et nous fûmes le cher-
cher avec M. de Franqueville, le soir à Met-
tray, en voiture. J'entrai dans son wagon et
je le réveillai. En revenant avec lui, sa femme
et sa belle-sœur en voituie, il me dit, à mon
grand étonnement, qu'il valait mieux céder
des territoires que de l'argent, parce qu'on
pouvait reprendre les territoires, mais l'argent
on ne le retrouverait plus. Il ajouta qu'il fal-
lait diminuer la marine qui n'était plus très
utile.
Dans le n° du 20 septembre, Britannicus
nous rappelait la proposition de Bismarck
« de boire silencieusement un verre à la
mémoire de cet excellent collaborateur *
lorsqu'il apprit la mort de Thiers. A ce
sujet voici ce qu'écrivait M. de Chaudordy
sur un exemplaire de V Histoire diplomati-
que de la guerre Franco- A ilemande par
Albert Sorel, T. II, p. 79 :
Thiers bavard avait fait comprendre à M.
de Bismarck que Paris n'avait que très peu
de vivres. — D'après les récits que M. Thiers
me fit à son retour à Tours, de ses entrevues
et de ses conversations répétées avec M. de
Bismarck, il en résulta que M. Thiers avait
été plus utile à celui-ci que beaucoup d'es-
pions.
J. R. Marboutim.
Vitesse du cours de la Seine
(LXV). -— 11 me parait difficile de pouvoir
donner des précisions à cet égard puisque
la vitesse est variable suivant la hauteur
des eaux et suivant l'endroit où elle est
calculée.
Des expériences ont été faites au Pont
des Arts, pendant les inondations de 1910,
par le service technique de la Navigation.
Ces expériences ont permis de constater
des vitesses variant de o m. 85 à i m. 98
à la seconde suivant les arches sous les-
quelles les appareils étaient placés, la
plus grande vitesse étant naturellement
constatée sous les arches du milieu du
fleuve.
Mais il s'agit ici, bien entendu, de vi-
tesses exceptionnelles. Quand les eaux
sont basses, la vitesse du courant est^ en
moyenne, de 0,50 à la seconde, soit
t k. 800 à l'heure.
Eugène Grécourt.
Rue des Malades (LXVI, 389). — La
rue des Paris, à Lille portait, il y a
soixante ou soixante-dix ans, le nom de
« Rue des Malades », G. Plaisant.
Le château des Coques (LXVI, 139,
2^5). — Le château des Coques apparte-
nait en effet à la baronne Amaury de
Maistre née Sainte-Marie et sœur de M.
de Sainte -Marie, le camarade de Maurice
de Guérin au collège Stanislas.
M . de Sie-Marie et sa sœur la baronne
de Maistre, quej'ai connus dans ma très
prime jeunesse, étaient des personnes
d'infiniment d'esprit ayant tout ce qu'il
fallait pour sympathiser avec les Guérin.
La baronne de Maistre eut deux filles, l'une
morte jeune et l'autre qui épousa le comte
de Mauduit. C'est le fils de ces derniers
N» I34J Vol.LXV.
495
qui possède aujourd'hui le château des
Coques toujours un peu délabré.
S. G L.
Contrôle sous l'ancien régime
(LXVi. 43t) — I.ts anciens registres du
contrôle étaient conservées dans les bu-
reaux d'Enregistrement avant leur verse-
ment très récent aux archives départe-
mentales, d'autant plus urgent que sou-
vent plusieurs des bureaux d'enregistré
ments actuels se trouvent compris dans
leur ancien périmètre très étendu qui ne
correspond avec aucune circonscription
adttiinistialive^ judiciaire ou fiscale et qui
leur est absolument piopre
Un bureau de contrôle qu'il m'a été
permis d'étudier datait de 1644, quoique
ses archives ne remontassent qu'a 1694
(cfr. l'Edit. de 1693).
Le receveur qui débitait la formule
(papier timbré) fut successivement chargé
de la marque des cuirs, des toiles et toile-
ries,etc.
I! faut bien supposer que les officiers de
l'Etat civil, c'est à dire les curés, leur
donnaient connaissance des décès dans les
paroisses, je ne vois pas quels autres
officiers auraient pu en être chargés dans
les campagnes, car pour les syndics ou
sénéchaux, cela me paraît fort douteux.
j'ajoute que ce relevé des décès leur
devait bien être communiqué. Comment
autrement auraient-ils pu établir le> droits
afférents aux successions, centième denier
ou autres ?
Et maintenant, de ce que ces relevés des
extraits mortuaires ont certainement été
fournis aux contrôleurs, il n'en résulte
nullement qu'ils aient été conservés.
' Ont-ils même jamais compris les noms
des décédés qui ne laissaient après eux
aucune succession payable ?
J'en augure, pour cette raison et beau-
coup d'autres, qu'ils ne peuvent que très
imparfaitement suppléer aux Etats civils
perdus.
P. c. C. LÉDA.
Bureau général des falots (I-XV,
49b, t)S7). — Le privilège accordé à
l'abbé Laudati était perpéinel m;ns par
lettres enregistrées le 26 août 1665, il
fut réduit à 20 ans, et subordonné aux
prescriptions suivantes :
«< Tous les flambeaux dont se serviront
L'INTERMEDIAIRE
496
*< les commis seront de bonne cire jaune,
** achetés chez les épiciers de la Ville, ou
« par eux fabriqués et marques des armes
« de la Ville » .
Les cierges étaient divisés en 10 por-
tions et coûtaient ^ sous par portion. Les
porte-lanternes étaient distribués par sta-
tions éloignées chacune de 100 toises. Ils
recevaient 1 sou d'un poste a l'autre, ou
3 sous par quart-d'heure.
L'accompagnem nt d'un carrosse coû-
tait 5 sous par quart-d heure.
Le Bureau des falots était située rue
St Honoré, à proximité des piliers des
Halles.
Eugène Grécourt.
Fr. Bouchard, Te Besançon (LXVI,
390). — François Bouchard, médecin à
Besançon, ne pouvait être « professeur de
médecine à l'Université de cette ville,
en 1670 », parce que Louis XIV transféra
l'Université de Dôle a "Besançon en 1691
et qu'avant cette date il n'y eut point
d'université à Besançon.
Le i^"" juillet 1D71, il envoyait à un
journal publié en Allemagne et intitulé :
Mtscellanea curiosa medico-physica Acade-
miœ nalura' cuiiosoriim, six observations
médicales rédigées en latin, lesquelles
parurent dans le tome III (année 1672,
pp. II à i6j dudit journal (II figure en
tête du volume, parmi les collaborateurs,
avec le titre de Professor regnis, ah l-iispa-
niae rege designaim) .
Son livre introuvable sur les eaux mi-
nérales de Besançon est mentionné dans
le Dicttontiaire niinéralogique et hylrolo-
gique de la France par Buc'hoz (t. I, partie
l''', p. 179, Paris, 1772J de la façon sui-
vante : « Pendant l'été de l'année 1677,
on a découvert à Besançon une source
d'eau minérale, sur laquelle François
Bouchard, docteur en médecine, a porté
son jugement dans un ouvrage qui a
pour titre : francisa Bouchard, D.M.Bi-
snntini, judiciutn de metallicis aquis Ve-
suntione invenlis.per medianiaestatcm anni
1677. yesuntione, '^77' •"-4° »
On rencontie le nom de François Bou-
chard dans un article des Memoucs de la
Société d'émulation, du Duubs (f série, 5»
volume, 1890, p. 2î;i) : »< L'Ecole de
médecine et de pharmacie de Besançon,
SCS origines et ses vicissitudes, sa réorga-
nisation, par le D' Chapoy »,qui indique
DES CHERCHEURS HT CURIEUX
20 Octobre 191 9
497
498
parmi les « ouvrages et travaux » qu'il a
consultés : Les Universités de Francbe-
Cotnté par Beaune et d'Arbaumont, Di-
jon, 1870; « Les Médecins à l'Univer-
sité de Franche-Comté » («'» Bulletin de
r Académie des sciencrs,belU's-/itti:s et arts
di Besançon, 1880) ; etc.
Dr Maxiaie.
Famille de Ch.aumont (LXVI, 140,
307). — Me serait-il permis de pour-
suivre la question tout en la faisant un
peu dévier à propos de l'alliance de
Ciiaumont-LecoigneuxdeBellarbre (v-ulgo
Beiàbre).
J'ai quelques notes sur cette seigneu-
rie de Belâbre, et les Lecoigneux eux-
mêmes, notes que j'aime à étendre et
compléter à chaque occasion qui s'en
présente.
En 1458, Pierre de Pocquières est sei-
gneur « de Belâbre « et en cette qnalité,
il reçoit le 28 iui'.let par son procureur
Tando, aveu de Gillot >avary '< pour le
« lieu de Forges et autres bénéfices tenus
N< dudit seigneur dans les paroisses de
«Journet. La Trimouille et Thollet ».
En 1539, la même seigneurie est en-
core possédée par la même famille, et
Jacques de Pocquières, fils de Préjend de
Pocquières, en fait l'aveu avec dénom-
brement à Monseigneur l'évêque de Poi-
tiers à cause de sa baronnie d'Angles
(8 mars 1539).
En 1598 (le 30 juillet) Claude de
Chausy, écuyer seigneur de Belâbre, ayant
conclu un accord au sujet de cette sei-
gneurie avec Louis de Chazerac gouver-
neur du Berry, seigneur de Courtevrault
où il demeure, celui-ci remet les titres
concernant ladite seigneurie de Belâbre
le 28 octobre de la même année 1 598.
En 1624 (le lï février) aveu avec dé-
nombrement est fait par Léon de Dur-
fort chevalier seigneur de Bors, Belâbre
et les Chàtelliers a Monseigneur l'évêque
de Poitiers baron d'Angles.
A sa suite : Maximilien-Armand-Léon
Dufort qui fut inhumé le 16 septembre
1658 dans la chapelle de son château de
Courtevrault (reg. par''' de Liglet) n'est
point qualifié seigneur de Belâbre, mais
prince seigneur de Bors et surintendant
des fortifications de France.
A cette époque, c'est-à-dire entre 1624
et 1658 ; ou plus exactement encore, en-
tre 1624 et 1648, en 1648 même, d'après
M. de Saint-Saud. doit se placer la vente
qui fit passer la seigneurie de Belâbre,
des de Durfort aux Lecoigneux.
Mes propres notes sur les Lecoigneux
seigneurs de Belâbre, sont une confirma-
tion de ce fait. En 1665 le 14 août, An-
toine Jacquet, sieur des Aages, ayant ac-
quis la terre du Grand Ajoux, la mention
de la perception des droits de lods et ven-
tes porte : « pour monseigneur le prési-
« dent Lecoigneux : (signé) Marcilly ».
Mais celui qui est appelé ici président,
aurait été Gabriel, fils de Jacques Lecoi-
gneux et d'Eléonore de Chaumont.
J'ai donc tout lieu de croire que M. de
Saint-Saud est parfaitement informé sur
les Lecoigneux de Belâbre aussi bien que
sur les de Chaumont. Aussi lui serais-je
vraiment reconnaissant s'il voulait bien ré-
pondre aux questions suivantes:
Cette vente de 1648 à laquelle il se ré-
fère, fut-elle faite, comme mes notes me
porteraient à le croire, par un Durfort ?
En second lieu : Gabriel Lecoigneux
fut-il investi de la même magistrature
que son père, c'est-à-dire président au
parlement de Paris ?
fe remercie d'avance le comte de Saint-
Saud, s'il veut bien donner satisfaction à
un confrère de Vlnietniédiaite^ qui est en
même temps son confrère aux Archives
historiques du Poitou. M. A. B.
La Juno et Félicien David (LXVI,
2815, 410). — Je n'ai fâcheusement au-
cune solution à donner au petit problème
qui s'est posé relativement au nom de la
villa Juno. où l'auteur du Désert est mort
à St-Germain, le 2q août 1876. Mais cette
villa, située dans la direction de 'Versailles
et portant le n" 29 de la rue des Monts
Grevets, n'appartint jamais, que je sa-
che, à Félicien David, comme le croit son
nouveau propriétaire. Je lis, dans un jour-
nal publié à l'époque de sa mort : —
« On sait que Félicien David, ami intime
de M. Tyrtée Tastet, un homme de let-
tres à qui l'on doit, entre autres ouvrages,
/t's Quarante fauteuils de V Académie fran-
çaise, avait reporté sur sa veuve la sin-
cère amitié qui les liait tous les deux.
L'habitation de Mme Tastet avait de quoi
séduire Félicien David, qui aimait à culti-
ver les roses et à s'occuper de jardinage
en amateur... » Il semble bien, d'après
N* I34J, Vol. LXVI.
499
ces mots, que David ne fut jamais en pos-
session delà villa /««o, dont le nom reste
d'orifçine mystérieuse.
Félicien David n'était nullement juif,
comme l'affirme justement notre colla-
borateur X; mais était il « absolument
catholique >, comme ajoute celui-ci r 11 y
a lieu d'en douter, je suppose volontiers
qu'il était déi.^te ; mais, en sa qualité
d'ancien Saint-Simonien, il était assuré-
ment libre-penseur. Ce qui U- prouve, c'est
qu'à l'approche de sa Hn il refus;; le mi-
nistère d'un prêtre, et qu'il voulut être
enterré civilement, sans passer par
l'église, ce qui donna lieu au scandale
dont furent l'objet ses funérailles, lors-
qu'on refusa à son convoi la présence et
le concours de l'armée, dus à cet officier
de la Légion d'honneur. A. P.
Le crâne de Descartes (III ; IV ;
LXVI, 410J. — En déposant sur le bu-
reau de l'Académie des sciences le crâne,
que l'on croit être celui du grand philoso
phe Descartes, M. Edmond Perrier s'est
exprimé textuellement en ces termes ;
Ces jours derniers, à la suite de la présen-
tation d'un ouvrage relatif à Descartes, on
s'est demandé ce qu'était devenu un crâne
envoyé par Berzéhus en 1821 à l'Académie
des sciences, et que le «savant chimiste avait
acheté à Stockholm comme étant celui du
grand philosophe et mathématicien français.
Ce crâne fut déposé par Cuvier dans la col-
lection d'anatomie comparée du Muséum ;
mais la plupart des professeurs du Muséum
étant, à ce moment de l'année, en congé ré-
gulier, on s'est demandé, sans qu'il fût possi-
ble d'y répondre, si ce crâna existait encore
dans la collection, et l'on est allé jusqu'à
supposer qu'il avait été égaré.
j'ai l'honneur de déposer sur le bureau de
l'Académie, avec tout le respect dû à cette
précieuse relique, même au cas où elle ne
serait pas apocryphe, le crâne que Berzélius
a renvoyé en France, ainsi que les origin.iux
de deux lettres de ce chimiste célèbre, l'une
datée du 6 avril adressée à Berthoilet, l'autre
du 30 juillet 1853, adressée à Cuvier, qui
relatent quelques-unes des circonstances de
l'acquisition de ce crâne. Ce crâne, quoi
qu'on en ait dit, n'a jamais été égaré ; en
1872, il f.iisait partie des collections d'ana-
tomie comparée du Muséum dont M. Paul
Gervais avait la charge et il fut représenté
en tête du premier volume de son Journal
de ^oologie qui parut cette année-là. Rn
1878, il passa dans les collections d'anthro-
pologie, alors dirigées par M. da Quatrefa-
LlMTHRMâDlAlRE
S 00
ges, il n'en est pas sorti depuis, et le pro"
tesseur actuel d'anthropologie du Muséum'
M. le docteur Verneau, m'a prié de le pié-
senter tel qu'il est à l'Académie en même
temps qu'il m'a donné sur ses origines les
indications qui : uivent. Le crâne de Descar-
tes aurait été pris en 1666 par !e capitaine
des ga'des Israël Planstrœm qui avait été
chargé de présider à l'exhumation du corps
du grand philosophe cui devait être trans-
porté en France. Un autre crâne avait été
substitué au crâne véritable, ce qui explique
le bruit répandu et, dit-on. sur l'aveu même
du coupable, que le crâne revenu en Fiance
avec le reste du squelette aurait été lui-mê-
me détourné et aur:<it servi à découper des
bagues distribuées à des cartésiens notoires,
le vrai crâne étant resté en Suède
Quoi qu'il en 6oit, Berzélius a acheté à
Stockhohn, en 1821, pour 37 fr. 5 , d'un
nommé Arngren, tenancier d'une mai5.on de
jeu, secrètement tolérée, un crâne que celui-
ci avait payé le même prix à la vente aux
enchères du mobilier et de la bibliothèque
du voyageur Sparrman et qui passait pour
le crâne de Descartes ; c^est le crâne que je
présente aujourd'hui à l'Académie, Sparrman
tenait ce crâne d'ArkenhoItz, qui le tenait
lui-même d'Haegcrflycht. venant lies mains
d'Olaus Celsiu-i fils, évêque de Luud, après
avoir passé entre celles d'Anders Anton von
Stjermann, lequel était son possesseur en
175 1 .Le nom de chacun de ces perso nuages est
inscrit sur ce crâne et il n'y a aucune raison
de supposer que cette profusion de signatu-
res soit le fait d'une imposture. Entre cette
date de 17s i et l'année 1666, qui fut celle
de l'exhumation de Descartes, soit pendant
quatre-vingt-cinq ans, on ne sait quelle fut
la destinée de notre relique. Mais on s'ex-
plique aoez bien que la famille du capitaine
Plaasfrœ n n'ait pas été très soucieuse de ré-
véler son pieux larcin. Le nom du c.ipilaine
se trouve d'ailleurs également sur le crâne
ainsi qu'une inscription latine, parfaitement
lisible, sur le frontal. S^ l'on admet l'hypo-
thèse d'une substitut on, les diiïicullés qu'a
pu présenter cette opération ne sont pas suf-
fisantes pour établir, en présence de l'aveu
de celui qui prétend l'avoir fnile, qu'elle n'a
pas été faite, et tous les arguments de De-
lambre tombent d'eux-mêmes, ainsi que tous
ceux qu ont été présentés depuis contre
l'authenticité de ce crâne. Il reste Ii compa-
raison faite par Cuvier entre les caractéristi-
ques du crâne envoyé par Berzélius et celles
des portraits authentiques de Desc;'rtes, com-
paraison qui, pour Cuvier, parut convain-
cante.
Le crâne parvenu en 1821 au Muséum n'a
d'ailleurs jamais fait partie de la collection
de Gall. qui n'en poss/ilait qu'uiy moulage.
Cette collection fut achetée 200 francs par le
DBS GHHRCHBURS BT CURIBUX
se Octobre 1911
ÎOI
502
Muséum seulement en 1831. Malgré l'intérêt
qu'elle peut présenter, nu point de vue his-
torique, elle n'est pas exposée dans les gale-
ries publiques parce que des crânes ou des
moulages de crânes de personnages illustres
dont les familles existent encore y voisinent
avec ceux d'individus dont la notoriété n'a
rien d'enviable. Cette collection -tint placée
dans les viiiincs des beaux sous-sols des ga-
leries construiies pv.r Dutart, en bordure de
la ru3 de BulTon ; ces galeries ont été iron-
dées. àub'nergées par i m. so d'eau durant
le;, inondation^? de 19.0, et il a fallu démé-
nager en hâ(e ce qu'elles contenaient ; mais
elies n'ont pu encore réintégrer leur place
parce que les réparations nécessitées par les
inondations ne sont pas encore terminées.
Famillôdu Bois deFieniîe^ (LXV,
49,854 ;LXVI,5C), III, 309). Ledernier
tenant de celte famille jadis illustre —
originaire des environsd'Ardres et de Juines
— s'est étein'i il y a une vingtaine d'an-
nées dans le petit village de Lefaux (près
d'Etaples, Pas-de-Calais) où il s'était fait
construire une petite « gentilhommière ».
C'était un vieux garçon, à la barbe brous-
sailleuse, au teint coloré, à l'abord facile
et bon. Il était estimé et aimé de tous.
Passionné du cheval., et de la pipe, on le
voyait constamment caracoler seul, sur
les routes de l'Ouest- Artois, la pipe à la
bouche. On l'appelait le « Chevalier de
Fiennes » C'était une « figure d'un autre
âge », l'un des derniers de nos Boyaux
Rouges d'Artois 1...
Hector Hozier.
La des'^endance actuelle de Fou-
ché (LXVl. 39i). — Le duc d'Otrante
n'eut qu'une seule fille, mariée au comte
de Thermes.
De ce mariage, vinrent : un fils mort
a vingt ans sans alliance, et une fille qui
épousa le comte de Castelbajac, dont elle
a laissé deux filles. L'ainée a épousé le
comte de Saint-Roman.
La descendance masculine du duc d'O-
trante est fix°e tn Suède (V. le Gotha).
Bénédicte.
«
* «
On peut trouver la descendance de
Fouché dans Révérend, Titres de la Res-
tauration. La comtesse de Termes eut
une fille qui «épousa le comte de Cas-
telbnjac, et iut la mère de la comtesse de >
Saint Roman dont on trouvera la deàcen- ^
dance dans les documens généalogiques
sur les familles du Rouergue par le
vicomte de Bonald.
La famille de Goret (LXVI, 341).
— Cette famille portait, d'après JoufTray
d'Eschav- nnes : d'or à ^ hures de sanglier
de sable. A dire vrai, ce n'est point trois
hures de sanglier qu'il faut dire, mais :
trois têtes de porc. En effet, un porc se
disait (et se dit encore dans le peuple) en
vieux français de l'ouest de la France
goiet. On est donc en présence d'armes
parlantes.il y avait, d'après cet auteur, des
Goret en Bretagne et des Goret à Paris.
Ces derniers ne portaient qu'une seule
tète de porc de sable sur champ d'argent.
Rietstap indique des Goret de la Couldre
avec les 3 hures sur fond d'or. 11 semble
que c'est dans les nobiliaires de Breta-
gne qu'il faut chercher les Goret, alliés
aux Cambourg.
La Coussière.
Goret, seigneur du Gravier, de la Tal-
manchère, du Tartre-Barré, de la Grande
Rivière, de la Tandourie, de la Coudre,
des Ormes, des Marsinais. etc., sous Saint-
Malo, Paramé et Fougères.
Famille fort ancienne de la ville de
Saint Malo, qui fut maintenue dans sa no-
blesse en 1098 et 1704. Elle produisit dès
le commencement du xvi" siècle des arma-
teurs et des capitaines de vaisseau, puis
des secrétaires du Roi et des Colonels gar-
de-côtes.
Elle s'est alliée entre autres aux de
Seré, Trublet, Descartes^ de Trémereuc,
et s'est fondue à la fin du xviii^ siècle en
Rogon de Carcaradée et Fournier de la
Pommeraye.
Elle s'armait : d'or à trois hures de san-
glier de sable. Jacques Goret, époux, en
1^52, de Philippe de Cambourg, devait
être le frère d'Etienne Goret, seigneur du
Gravier, époux, en 1554, de Françoise
Hamon, et dont la descendance s'est per-
pétuée jusqu'au commencement du xix*
siècle.
Marquis de Bellevue.
Georges- Joseph de Momigny,
compositeur de musique (LXV ;
LXVI, 61, 256). — Weckerlin, dans son
Nouveau Mttsiciana, cite la réclame que
K» 1343. Vol. LXVI.
50?
s'était faite M. de Mr.mignydans l'article
sur le mot s* trio » {Encyclopédie métho-
dique, série musique) :
La bourgeoisie musicale connaît plus le
trio de Razetti en fa que ceux des grands
maîtres qui sont tncore trop au-dissus de<
amateurs inèatocres. La reconnaissance me
fait un devoir de ne pas terminer cet article
sans parler de l'élégance et de i'éneigie avec
laquelle Mme de Lanoue exécute i:;on trio
de piano en ut mintur accompagnée d« »on
mari, véritable amateur, et de M. Vidal, vio-
lon plein d'habileté, de déhcatesse et d'es-
prit.
Mme Céleste Boucher et M. Alexandre
Boucher son époux, sont les premiers qui,
par leurs rares talents réunis, ont fait goii-
ter ce trio, dont ib rendent /-» grandiose et
la noblesse avec cette largeur de style qui
caractérise les grand.», artistes.
Il faut bien prévenir nos lecteurs, con-
clut Weckerlin. que les bourgeois du
commencement de ce siècle n'étaient pas
aussi crétins en musique que M. de Mo
migny veut le faire accroire ; on préfé-
rait le trio de Rasetti au sien, parce qu'il
était encore un peu moips mauvais, et
non parce que la musique des grands
maîtres (comme .Momigny) était trop au-
dessus de la portée des amateurs.
Eugène Grécourt.
FarrilledeMontsaulninfLXVl, 190,
3 13; 3 59, 41 S)- — Col. 41 T, ligne 12, au lieu
de « au commencement du xix« siècle »
il faut lire « au commencement du
xiv« siècle )>. S. G. L.
Le compositeur P^jër, le 20 mars
1815 (LXV). — II ne s'agit p^s d'un in-
cident particulier auquel aurait été mêlé
Paër, le 20 mars 1815, mais d'une sim-
ple demande de renseignements sur la
conduite du compositeur le jour du dé-
part de Louis XVllI et de la rentrée de
Napoléon à Paris.
11 n'y a rien d'étonnant a ce que Pnër
ait été suspect à la Rof^uration, puis-
qu'il était directeur de la musique des
concerts et du théâtre de la Cour Impé-
riale depuis 1806.
Voici, à titre de curiosité, la copie de
son acte d'engagement :
Articlt premier. - M. Paër dirigera la
musique des coi. cerfs et du théâtre de la
cour, et compo»era toutes les pièces de mu-
sique qui lui seront commandées par l'ordre
de S. M. 1,
L'INTBRM€D1AIRB
504
Art. 2. — Il jouira d'un traitement an-
nuel .le 28.000 francs payés en 12 parties
égales, de mois en mois.
Art. ^. — L'engagement que prend M.
Paër est pour toute la durée de la vie, et il
conservera, en conséquence, sa vie durant,
le titre de compositeur de S. M , ainsi que
le traitement susmentionné.
Art. 4. — Il entrera en jouissance à partir
du i»"" janvier 1806, date à laquelle son ser-
vice a commencé.
Art. 5 - Lor^que M. Paër devra suivre
la Cour dans ses voyage^■, il recevra une in-
demnité, calculée sur le pied de 10 fr. par
poste, de 24 fr. par jour.
Art. 6. — H lui sera accordé, chaque an-
née, un congé pendant les mois de juin,
juillet et août.
Art. -p. — M. Paër recevra, pour frais de
voyage de Varsovie à Paris, la somme de
3 000 fr.
Varsovie le i*"" janvier 1807.
Signé : Ch. Maurice de ( alleyrand,
prince de Bénévent. Ferdinand
Paër.
Approuvé :
Napoléon.
Napoléon ajoutait, en outre, une grati-
fication 3iinuelle de 12.000 francs, et fai-
sait une pension de 6.000 francs à Mme
Paër.
Paër fut également directeur de la mu-
sique de la Cour, sous Charles X.
Eugène Grécourt.
Portrait de Pascal, par Philippe
de Cl:ampaigne(LXVl,287, 557). Le
plus beau, sans conteste, et, peut-être
bien aussi, le plus ressemblant, des Por-
traits de Biaise Pascal, est celui qui fut
gravé par Gérard Edelinck, pour les Hom-
mes illustres qui oui pani en France pen-
dant ce siècle, avec leurs portraits au natu-
rel, de Charles Perrault. Paris, 2 vol. in-
folio, 1696-1700.
C'est, en cfl'et, ce portrait la qui a
servi de modèle, pour presque tous les
portraits de Pascal (et ils sont légion!)
qui, depuis cette lointaine époque, ont été
publiés.
Tout comme pour le porîrait de An-
toine Arnaiild, docteur de Sorbonnc, de
ce même ouvrage, ce portrait de Pascal
eiy; à subir de fâcheuses vicissitudes.
L'un et l'autre, purement e^ simplement,
furent is supprimes >/, le texte des notices
biographiques qui les accompagnait ayant
DBS CHERCHEURS HT CURIEUX
ao Octobre 1912
505
506
eu la malchance d'encourir les rigueurs
de la Censure.
Dans la plupart des exemplaires de ces
Hommes illustres^ ces deux portraits fu
rent subtilement remplacés, aux chiffres
mêmes de leur pagination, par les vies et
portraits de Thomassin et de Du Gange.
De là, provient la cause de leur réci-
proque rareté, actuelle.
De ce portrait de Pascal, d'Edelinck,
dont j'ai lous les yeux deux bonnes
épreuves, anciennes, l'une sur papier or-
dinaire, l'autre sur papier fort et d'un su-
perbe tirage, je constate que toutes les
deux ne portent, avec les noms et les ar-
moiries symboliques de Biaise Pascal, sur-
montées d'un casque empanaché(Z^'.i4{-»r,
à l'Agneau pascal d'Argent), que les seuls
nom et titre du graveur, ainsi^isposés :
<s Edelinck sculp. C. P. R. », sans qu'il
y soit fait aucune mention du nom du
peintre, auteur de ce dit portrait.
Par contre, pour les portraits, du
même ouvrage, de Antoine Arnauld, tant
des épreuves ordinaires que des épreuves
de luxe. — et ;:es portraits de Arnauld.
remarquons le, sont, au nombre de deux,
absolument différents entre eux, et d'ex-
pression et de physionomie, Pun gravé
par Lud. Simonneau, assez médiocre
d'exécution, l'autre gravé par G. Ede-
linck, et qui est un pur chef-d'œuvre^ —
chacun d'eux porte, nettement indiqués,
avec le nom respectif de son cfraveur la
mention toute spéciale du nom de son
peintre : « Champagne pinx, »
D'où je conclus que, si l'original du
portrait de Pascal d'Edelinck eût été de
Ph. de Champaigne, le graveur n'eût,
certes, pas négligé de mentionner cette
importante particularité. S'il ne l'a pas
fait, c'est que ce portrait, tout beau qu'il
fut, n'était pas de Philippe' de Gham-
paigne.
N'est-ce pas là, l'évidence même ?
Ulric Richard-Desaix.
Stendhal et les Lyonnais (LXVI,
189, 214. 356). — M. Victor Giraud nous
adresse la lettre suivante
Paris le 25 septembre 1912.
Monsieur le Directeur.
J'ai donc à m'accuser publiquement d'un
double crime :
I*) J'ai confondu deux Reboul différents
dans ma Table analytique de Sainte-
Beuve ;
3") j'ai commis un contresens sur une
phrase de M. Camille Pitollet.
Faut-il maintenant plaider coupable?
Voici d'abord la phrase de M, Camille Pi-
tollet :
« Nous avons, dans un article de la Revue
des Langues romanes, déjà relevé la comique
bévue de M. Victor Giraud, lequel, à pro-
pos précisément des Mémoires d'un /o«-
r<5^f, s'imagine, en 190^, que le Reboul qui
y est cité comme s'étant entretenu avec
Mme Rolanà dans son cachot en 1793, n'était
autre que le poète nîmois, auteur de l'Ange
et l'Enfant, qui naquit en 1796 ! ■>■>
Si j'avais encore l'honneur d être professeur
de rhétorique, j'oserais faire observer à
M. Camille Pitollet que sa phrase est un peu
.... embarbouillée ; que le mot « relever »,
tel qu'il l'emploie, est amphibologioue ; et
que l'on est donc un tantinet excusable de
ne pas bien entendre sa pensée.
Il reste que M. Camille Pitollet ayant re-
levé, — pardon ! découvert, une erreur dans
ma Table de Sainte-Beuve, a cru devoir la
relever, — pardon ! signaler, — dans la Re-
vue des Langues romanes, et qu'il a éprouvé
le besoin de la relever encore, — pardon !
dénoncer, — dans V Intermédiaire.
O fière intransigeance, ô acharnement
inexorable de la jeunesse ! Car il faut être
bien jeune pour relever, — pardon ! flétrir, —
aussi vertement les erreurs de ses devanciers.
Pour moi, quii ne suis plus tout jeune, je
fais ici un voeu Peut-être quoique jour ar-
rivera-t-il à M. CamiPe Pitollet lui-même de
composer, pour les vingt-etun gros volumes
d'une œuvre encyclopédique comme celle de
S-iinte-Beuve, une Table alphabétique ft
analytique : travail utile et ingrat entre tous!
Evidemment il ne se trompera jamais ; et les
quatre mille fiches qu'il aura à manier seront
toutes impeccables. Mais enfin, s'il n'en était
pas ainsi ; si la Némcsis venait à lui jouer
un de ces tours dont elle est coutiiniière ; si
je venais à découvrir dans sa Tabh quelque
menne ou même grosse inadvertance, eh
bien !... je la garderais pour moi, ou plutôt,
je la signalerais discrètement à son auteur ;
— et je me garderais bien d'en prendre à
témoin les lecteurs de deux Revues succes-
sives.
Veuillez trouver ici. Monsieur le Direc-
teur, l'assurance de mes meilleurs et plus dis-
tingués sentiments.
Victor Gira^jd.
M. Camille Pitollet ayant témoigné le
désir de répondre à cette lettre, nous la
lui avons communiquée.
Voici sa réponse :
N' 1343. Vol.
LXVI.
• S07
L^NTBRMBDIAIRE
508
Nîmes, (villa Pellet, à la Tour Magne),
le s octobre 19!»
Monsieur le Directeur,
M. V. Giraud reconnaît sa bévue. Pour-
quoi fallait il qu'il la niât d'abord? Nous
avions, dans la Revue des Langurs Romanes
(t. LlV, \.\ ^04, tiot£ 2), à propos de con-
fusions dont fui victime Jean Reboul, écrit :
< ...L'anachronisme, toutefois, était moins
considéiable que celui qu'a commis, à l'en-
droit de ce pauvre Reboul, M. Victor Gi-
raud, prolesseur de littérature françai";c en
Suisse, lequel — dans sa Tadlg alphabétique
et analytique des P. L, N L. et P. C. de
S linie-Beuve (Paris, .-. a. [1903, a* éd.
1904], p. 293) — s'imagine que le M. R[r-
boul\ dont parle Stendhal dans ses Mémoires
d'un Touri te comme s'étant entretenu avec
Mme Roland dans son cachot en 1793, était
le poète nîmois, tié en 1796 (cf. Nouveaux
Lundis, \. VII , p. 261). . » Si M. V. Gi
raud s'était, avant de réclamer une première
fois à Vlntermédtaire^ reporté à ce passage,
il eût évité le « contre -sens a> sur notre
phrase du ;;« du 10 août. Mais ce « contre-
sens >, y avait-il lieu de l'avouer ? Ouvrons
Littré, II, 1580, 5. V. Relever. Nous y li-
sons : « 20. faire remarquer en bien ou en
mal .. 22 noter, consiiiner , enregistrer. —
O fière intransigeance, 0 acharnement inexo-
rable de la jeune se, s'écrie, sur le mode ly-
rique, cet ex-professeur de rhétorique. Nous
prenons, cependa.it, !e Loren^, t. XXI, p.
626, et y trouvons que M Victor Giraud,
professeur en congé de l'Université catholi-
que de Fribourg, rédacteur <à la Revue des
Deux-Mondes, vit le jour à Mîcon en 1868.
Q^ue M. Victor Giraud consulte le même ré
pertoire, au t. suivant, p. 334, il constatera
que nous sommes né en 187.+. Notre jeunesse
est, on le voit, relative et ce n'était point à
lui, en tout cas, à en lirer argument. Il lui
eût suffi, peut être simplement, de nous ac-
cabler sous le poids molicresque de l'épi-
thète que, par deux fois, il lui a pki d'ap li-
quer à Stendhal, et qui est celle de pauvre
homme !
Daignez agréer. Monsieur le Directeur, etc.
C.VMILLE PlTOLLKT.
• * .
Qu'il nous soit permis de redire que
la courtoisie est de règle stricte dans nos
controverses et que nous entendon.s gar-
der la bonne habitude d'appeler les er-
reurs, des erreurs, tout simplement.
Nous ajouteronsquenousestimons avoir
mieux à faire qu'à relever celles d'autrui :
c'est d'éviter d'tncommettre nous-mêmes.
C'est en partant de ce principe que nous
avons suppriiné une rubrique 'f inadver-
tances» trop lib'rrdement ouverte, ce dont
nos collaborateurs se sont unanimement
félicités. M.
Villoteau (André) (LXV!, 142, 358).—
Je possède deux lettres de Villoteau qui,
ainsi qu'il le dit lui même, fit partie de la
Commission des Sciences et Arts comme
membre de première classe, lors de l'expé-
dition militaire destinée pour l'Egypte, et
fut membre associé correspondant de di-
verses Académies et Sociétés savantes.
Ces deux lettres dont copies ci-après pour-
ront intéresser le collaborateur L. C.
G. Lantz.
Tours 9 décembre 1825.
Monsieur,
C'est avec un très sensible regret que je
me vois en retard pour répondre à la lettre
flatteuse que vous m'avez fait l'honneur de
m'adresser sous la date du i^"" novembre der-
nier, ne l'ayant pu recevoir qu'à mon retour
de la campagne où j'ai* ^Té obligé de me ré-
fugier et de demeurer pendant tout le temps
qu'a duré la maladie contagieuse dont était
infestée la maison que j'habite à la ville et où
je ne suis rentré qu'après l'avoir fait bien
nètoyer (sic) et parfumer dès que le malade
a eu succombé à sa fatale maladie.
je dois donc m'empresser de répondre aux
différents points de votre lettre, et je vais
faire mon possible pour les suivre avec ordre
et r.e rien omettre de ce que vous semblez
désire; par ce que vous me mandez.
En vous occupant du soin de composer un
nouveau Dictionnaire historique ds Musi-
ciens, plus complet et plus exact que celui
qu'ont publié 'vlM Choron et Fayoile, votre
entreprise mérite la reconnaissance de tous
les musiciens et en général de tous les litté-
rateurs philosophes qui savent apprécier
l'importance de tous les ouvrages qui tendent
à encourager les progrès des arts et des
sciences, en faisant connaître par quels
moyens ceux qui s'en sont occupés le plus
particulièrement ont plus ou moins réussi.
Celte production que vous annoncez ne
peut être que le frut des longues recherches
et des trav?ux assilus d'un mu?i.;isn littéra-
teur aussi instruit que zélé pour la gloire de
son art. C'est surtout dans un ouvrage de la
nature d'un Dii.tionn.iire en quelque sorte
Biographique, oCl un auteur est obligé d'al-
lier l'exactitude, la franchise h la délicatesse
les convenances, qu'on peut juger des qua-
lités de son cœur et de son esprit, en même
temps qu'on a l;^ juste mesute de l'élcvation
de son âme et de la rectitude de son jugement.
Je ne doute nullement Monsieur de votre
?iuccès, sous tous ces rapports les précautions
que vous avez prises p ur l'assurer, et la mo-
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
ao Octobre tçis
509
10
destie avec laquelle vous vous énoncez en
sont les plus surs garants.
Je n'ai communiqué à MM. Choron et
Fayolle aucune note sur les circonstances de
ma vie. Certes la manié e un peu satyrique
dont a été rédigé l'article qui me concerne
dans leur dictionnaire prouve assez que ces
Messieurs ne m'ont pas consulté en Is com-
posant, car je les aurais prié de s'abstenir au
moins du persiflage qui ne pouvait que
déshonorer et avilir la dignité d'auteur à la-
quelle ils s'élevaient.
Les Epoques très variées de ma vie ne sont
pas moins honorables que remarquables. Fils
d'un homme de lettres professant les arts et
d'une famille respectable, musicien dès l'en-
fance avec des dispositions qui m'ont assuré
dès lors une réputation que j'ai toujours eu
à cœur de justifier, j'ai été tonsuré à Tâge de
dix ans et j'ai obtenu en même temps un bé-
néfice simple ecclésiastique qui me donnait
le titre de chanoine. Je fis mes études au
Collège du Mans sous les pères de l'Oratoire.
Après avoir terminé mon cours de p'ailo-
Sophie, voulant me soustraire aux sollicita-
tions pressantes de mes parents, de mes pro-
tecteurs et de mesamisqui voulaient me déter-
miner à me faire prêtre quelque fut la répu-
gnance que je leur témoignais pour embras-
ser un état qui exigeait une perfection dont
je ne me sentais pas capable, je me mis à
voyager comme musicien, ce qu'en langage
de cette profession, d ms les cathédrales on
appelait Vicarier quand on s'y faisait en-
tendre. Poursuivi partout je n'imaginai
ci'autre expédient pour éviter qu'on ne me
contraignit à la fin à souscrire à ce qu. l'on
exigeait de moi, que celui de m'enrôler dans
un régiment de Dragons. Mais ayant appris
combien mes parents étaient profondément
affligés des démarches que l'on faisait pour
me trustrer de mon bénéfice par dévolu étant
sensé y avoir renoncé de fait, s'il eut été
prouvé que je l'eusse abandonné depuis un
an et un jour, je m'occupai aussitôt da né-
gocier mon congé avec le chef du corps où
j'étais aidé des secours empressés et des bons
offices d'un chanoine de mes amis qui était
intimement lié avec la famille de ce chef
qu'il connaissait d'ailleurs très particulière-
ment, et je réussis à faire limiter par la date
de mon congé, la durée de mon service de
Dragon, au tems (vie) convenable pour avoir
la faculté de rentrer en jouissance de mou bé-
néfice. Depuis on me laissa libre, et je conti-
nuai de professer l'art de la musique et d'en-
seigner les connaissances que j'avais acquises
dans le cours de mes études, d'abord en pro-
vince, puis à Paris où j'entrepiris de f.iire
mon Quinquennium dont deux ans de Phi-
losophie au Collège de Montaigu et trois ans
en Sorbonne où )'ai pris mes grades après i
avoir suivi les cours de MM. Us docte
après I
urs de i
la Hogue et Asseline sur l'Ecriture Sainte e
sur l'interprétation da texte hébreu dont on
nous enseigna-t en même temps la langue,
qui plus tard m'a beaucoup facilité l'étude
des langues orientales à laquelle je me suis
livré tant en Egypte qu'eu France.
|e ne me serais cependant jamais dégagé
peut-être entièrement d. l'état ecclésiastique
si la révolution ne m'en eut en quelque sorte
arraché en me privant pour toujours des
ressources et des expectatives qui m'y étaient
assurées. Privé de mes moyens d'existence,
il m'en fallut chercher de nouveaux pour
subsister. Je les trouvai dans le culte de
Thalie et successivement dans celui de Po-
lymnie au grand Opéra, où je partageais avec
Lais le même etuploi, sans cesser pour cela
de m'occuper des belles-lettres, ce qui me fît
nommer membre de 1 1 Société « I^'Athenée
des Arts». Quelques années après je fus
choisi et nommé pour faire partie de la com-
mission des Sciences et Arts comme membre
de première classe, lors de l'expiidition mi-
litaire destinée pour l'Egypte. Je remplis ma
mission comme je le devais à la satisfaction
du gouvernement. Dans la même temps je
reçus de diverses Académies et Sociétés sa-
vantes des diplômes de membre associé cor-
respondant. Mais ces succès furent bientôt
troublés.
Assailli inopinément et coup sur coup par
des malheurs et des revers de toute espèce,
sentant l'inutilité de mes efforts pour adoucir
la rigueur de l'injustice et de la mauvaise
foi qui m'enlevaient i;ihum:'.inemetit tout ce
que j'avais acquis, par mes travaux, par mes
services et par mes économies, je prib la ré-
solution de me retirer à la campagne dans la
Touraine, là, je partageai mon tems entre
mes travaux littéraires, ceux de lagriculture
et diverses fonctions gratuites d'administra-
tion publique qui m'ont été confiées jusqu'à
ce jour. Plus de seize ans se sont écoulés de-
puis que je vis re'égué dans ^e pays. L'âge
m'a contraint de renoncer à mes occupations
géoponiques, et je me suis rendu à la ville
où je réside depuis environ sept années.
Quelque singulière que puissent paraître les
vicissitudes dont ma vie a été sans cesse agi-
tée, les circonstances qui les ont amenées et
celles qui les ont accompagnées et suivies,
offrent des détails non moiiij intéressants
que peu communs bien dignesdes méditations
des philosophes qui .^e livrent à l'étude du
<:oeur humain ; mais ils dépasseraient les
bornes d'un simple article historique, et ne
pourraient être contenus dans une seule
lettre.
Les ouvrages que j'espérais publier si les
circonstances ne s'y étaient opposées,
sont :
Un mémoire que j'ai com.posé où je
donne l'explication de l'objet allégorique et
N» 1345 Vol. LXVI.
L'INTERMEDIAIRE
5H
■512
du sens naturel qu'il donne au motif des
l'êtes dans l'antique Egypte lesquelles étaient
toutes relatives aux travaux de l'agriculture
et aux observations astronomiques qui ser-
vaient à les diriger dans toutes les époques
de l'année auxquelles ils convenaient.
3° Un autre également composé sur la na-
ture et le caractère de*; divers genres de chants
et de poésie en u^age dans l'antique Egypte.
T<.us deux eussent depuis bien des années
fait partie du grand ouviage de la Commis-
sion de Sciences et Aits d'Egypte.
3" Un autre sur les n oeurs et les usages
des Egyptiens d'après ce que j'ai eu l'occasion
d'observer par moi-même et ce que j'ai pu
apprendre dans le pays ; sur les diverses di-
gnités et les divers états de la vie religieuse ou
de \i vie civile ; sur les cérémonies relit^ieuses
et civiles, sur les mosquées, sur les londa-
tions qui y.-:ont établies pour leur entretien,
pour celui des Imans qui viennent y annon-
cer les heures de la prière, pour ceux qui
doivent y présider et y enseigner la morale
religieuse, pour les diverses confréries de re-
ligieux connus sous le nom de Fogarah, etc.,
sur les principales fêtes religieufes, civiles
et particulières, telles que sont celles des
Mauled ; de la Fête du prophète; celle des
Saints mulsulnvjns ; celle du Ramadan, celle
du mahmal ; celles du Baptême ; celles de la
circoncision ; celles du mariage ; celles
qui se font à l'occasion de quelqu'événe-
ment heureux; celle qui a lieu tous les
ans lors de l'ouverture des canaux et du
renversement de la digne qui arrête l'écou-
lement des eaux du Nil jusqu'à ce que ce
fleuve soit parvetiu à sa plus grande éléva-
tion ; sur les cérémonies funèbres ; sur les
principales parties de l'enseignement pu-
blic ; sur les lieux où il se fait ordinairement,
sur la marche et le mode de l'Enseignement
qu'or, y suit, sur les écoles pour les enfants ;
sur les divers jeux d'exercice, sur ceux de
récréation de plsisii et de calcul, sur les di-
vers jeux d'enfants ; sur les jongleries, sur
les superstitions populaires.
Mes notes sur tous ces points ne sont pas
encore complètement ordonnées ni rédigées:
mon âge avancé ne me permet guère d espé-
rer de pouvoir terminer ce travail avec le peu
de loisir et de nn^yens pécuniaires dont je
puis disposer Ce sera probablement mon fils
qui, quand il sera en âge de l'entieprendre,
exécutera un jour cet ouvrage. Il en sera
probablement de même d'un Dictionnaire mu-
sical de tout ce qui concerne la théorie et la
pratique de la musique Orientale, comme la
traduction et l'explication des termes tech-
niques de la musique Arabe, Turque, Per-
sane, Ethiopienne, Arménienne et Grecque
moderne, les noms des divers instrumens, ce-
lui des inventeurs, des auteurs et des artistes
en musique. Pour cet ouvrage les matériaux
sont presque tous préparés, il ine reste peu
de chose à faire [lour achever de les mettre
en ordre.
Je m'occupe en ce moment d'un travail
qui est le fru't des recherches et des médi-
tations les plus suivies pendant la plus
grande partie de n'a vie et le résultat d'une
expérience de plus de 50 ans. C'est un traité
où je démontre la propriété expressive des
sons et des inflexions de la voix humaine
d'après des faits que l'expérience journalière
permet à chacun de vérifier et de constater
sans peine et à chaque instant, ce qui me
donne lieu d'établir une théorie de la pro-
priété expressive des divers sons et des di-
vers intervalles dont se compose l'étendue
de la voix, et des diverses qualités que son
timbre reçoit dans les diftérentes alïections
de joie ou de douleur. Cette théorie est d'ail-
leurs fondée sur des principes reconnus in-
contestables par tous les savants Physiciens,
Physiologistes et Médecins les plus célèbres.
Elle ne sera pas moins utile aux orateurs,
aux comédiens et aux tragédie 'S qu'aux mu-
siciens. Ainsi que tous les ouvrages didacti-
ques elle seia d'un fibîe secours à la vérité
pour les progrès et les élans du génie, mais
elle serviia à le diriger dans ses premiers
essais et le préservera des écarts auxquels il
est assez naturellement porté à s'aban-
donner.
Je ne pourrais vous donner, Monsieur
d'autre détails sur la Musique Orientale et
sur les auteurs Arabes, Turcs, Persans, det
cet art, que ceux que j'avais consignés e-
rassembiés dans un grand Tableau synoptiz
que des divers systèmes de l'art musical che-
Ics Orientaux, où l'on trouve rangés par ors
dre et en reg-ard dans des colonnes parallèle,
et correspondantes, le nom, l'origine de chag
cim des douze modes, leur analogie avec le
quatre tempéraments, le bilieux, le sanguiuj
le phlegmatique et l'atrabilaire ; avec le.
qi.atre élémens, le feu, l'air, l'eau et la terre ^
avec les douze signes du zodiaque ; avec le
sept planètes ; avec le jour et la nuit des
sept jours de la semaine et même avec les
vingt-quatre heures du jour. Dans ce tUileau
sont rassemblés tous les détails curieux sur
le système musical des Orientaux suivant les
divers auteurs. On y distingue d'un seul
coup d'œil, les rapports qu'ils ont entre eux
ou les différences qui les distinguent les uns
des autres. Par ce moyen on peut facilement
juger de ce qui appartient réellement à l'art
et de ce qui a été causé par la désuétude ou
par l'ignorance des copistes qui en trancri-
vant les uns après les autres ce qu'ils ne
conipreiiaiett pas ont accumulé erreur sur
erreur sans le prévoir ou même en cherchant
3 corriger ce qui leur paraissait vicieux, mais
qu'ils ne connaissaient pas assez pour le no-
tifier convenablement.
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
20 Octobre 191s
513
5M
Les quatre premiers systèmes de ce tableau
sont sans nom d'auteur parce que je ne les
ai trouvés que dans des tableaux particuliers,
qui n'étaient actompagnés d'aucun traité de
Théorie qui les concernent spécialement.
Le cinquième est celui du traité en arabe
sur la musique par Kodja-abJ-el-gadry-el-
Roumy, traduit en français par moi
Le sixième est extrait du traité en arabe
sur la musique par Nycba-Poury, traduit en
français pai feu M. Auguste Herbiu.
Le septième est extr.iit du traité arabe sur
la musique par Say-Daouy, traduit également
par feu M. Auguste Herbin.
Le huitièine est extrait du traité en arabe
sur la musique, intitulé, L'arbre couvert de
fleurs, dont les calices renferment les prin-
cipes de l'art musical, traduit à ma prière
en français par M. Sédilot.
Le neuvième est extrait du traité arabe
sur là musique par Djemal-ed-Dyn-el-Mar-
dyny, c'est-à-dire de la ville de Mardine (en
Diarbec) traduit également en français, à
ma prière par M. Sédilot.
Le dixième est extrait du tiaité en arabe
sur la musique pai l'illustre Muzifer, fîls de
Houcein el Ashafy, le musicien, traduit à ma
prière en français par M. Sylvestre de Sacy
et en italien par L)om Raphaël, prêtre g ec
natif habitant du Kaire.
Le onzième est extrait d'un manuscrit arabe
de la Bibliothèque Royale cotté n» i 132 (?)
contenant un traité de musique arabe^ traduit
en français par feu M Auguste Herbin.
Le douzième est extrait d'uo autre manus-
crit cotté n° 1054 contenant un traité de
musique arabe, traduit en français par feu
M. Auguste Herbin.
Le treizième est extrait du traité de mu-
sique arabe de MouIana-Sefy-ed Dyn- bd-el
moumen.
Le quatorzième est extrait du traité de
musique à l'usage du Roi Duruchikou, ma-
nuscrit du xvii® siècle traduit également en
français par feu M. Herbin.
Tels sont les systèmes contenus dans le
grand tableau synoptique que j'avais com-
posé pour faire suite à mon mémoire sur la
musique des Orientaux ; mais qui a paru
être d'une trop grande étendue par ses nom-
breux détails, pour être imprimé dans le
grard ouvrage de la commission, vu qu'il
aurait dépassé par sa forme celle du format
adopté pour le texte de cet ouvrage
Vous choisirez ce qui vous semblera le
plus utile pour votre objet dans cette lettre,
et vous le rédigerez comme il vous plaira,
n'ayant pu moi-même y apporter tout le
soin que j'aurais désiré à cause de la multi-
plicité des réponses que j'ai à faire aux 1 -tires
qui sont restées a Tours pendant mon séjour
à la cami.agne et que j'ai trouvées accumu-
lées à mon retour en ville.
La longueur de la présente missive, quel-
que précaution que j ai pris pour être concis,
me justifiera sans doute auprès de vous,
Monsieur, si sans le vouloir j'ai omis quel-
ques points sur lesquels vous auriez désiré
des renseignemeris.
Je ne puis cependant terminer encore
avant de vous avoir prié d'agréer mes re-
niercimens pour le cadeau que vous me pro-
posez et qui:; je recevrai avec reconnaissance
pour mon instruction, de même que j'en ai
reçu un du même genre de mon intime ami
feu M. Langlé
J'ai l'honneur d'être avec une parfaite
considération.
Monsieur
Votre très humble serviteur
Signé : ViLLOTEAU
Rue des Acacias n° 14
faub. Le Riche.
A Monsieur
Monsieur Fétis
Professeur de Composition
de l'Ecole Royale de Musique
Rue Montholon n" 20
à Paris, dépait. de la Seine
P. c. c.Çi. Lantz.
Titres sous l'ancien régime (LXVI,
93, 361,461) Décidément, je ne suis
pas heureux avec les protes de ïlntcrmé-
diaire : j'ai eu beau m'appliquer, à deux
fois diflFérentes, pour que l'on ne confonde
pas Chaugy avec Chanzy, j'ai perdu mon
temps. On a mis partout Changy.
Or, il faut lire <-< Il s'appelle ensuite le
marquis de Chastellux-Cliaugy-Roussil-
lon par suite du testament du dernier des
Chaugy-Roussillon, etc., el ne nen chan-
ger î la phrase « c'est lui dont M. Frédé-
« rie Masson a fait un Chastellux-Changy-
« Châtillon, etc. »
Cette rectification faite (il y en aurait
bien encore quelques autres à faire mais
elles n'ont point d'importance) j'ajouterai
que je trouve les réflexions de M. G.
de la Véronne fort justes en général. Ce-
pendant, je n'irais pas aussi loin que lui,
car il fut un temps, sous la Restauration
par exemple, oij il fut admis, même
« officiellement », que les enfants pou-
vaient prendre les titres inférieurs à celui
que portait leur père. Ainsi, du vivant du
marquis de Chabannes de Vergers, son
fils aine est qualifié de comte dans toutes
les pièces officielles qui le concernent.
J'ai même une vague souvenance d'une
ordonnance réglant cette question.
Maintenant, lorsque dans une famille,
M» 1343 V«l. LXVI.
L'INTBRMeeiAlllB
515
516
il V a un titre bien authentique, je serais
moins sévère que M. de la Véronne et je
ne crois pas que, dans ce cas, il y ait
grand abus à ce que les frères prennent le
même titre en le faisant suivre de leur
prénom, aujourd'hui, surtout, que les
titres ne sont plus attachés à une terre
proprement dite, mais sont purement ho-
norifiques.
En Lorr;une, il était admis que tous
les membres de la même famille, même
les fîlles, prissent le titre attaché à leur
nom patronymique. Ainsi, les Sampigny
d'isboncourt, d'origine lorraine, prennent
tous le titre de comte ou de comtesse et,
cela, d'une façon régulière.
Sous l'ancien régime ce qui distinguait
surtout l'iùné d une maison, c'est que lui
seul avait le droit de porter pleines les
armes de sa maison : tous les autres mem-
bres de la famille devaient les briser d'une
laçon ou d'une autre.
11 y aurait beaucoup à dire sur ce cha-
pitre. Aujourd'hui c'est une loi complète-
ment ignorée ou mise de côté en France,
même par les princes de la maison royale
qui devaient porter les armes du duché
ou du comté dont ils prennent le nom ou
tout au moins les écarteler avec celles de
leur maison. Ils sont tout surpris quand
on leur rappelle cette loi héraldique.
S. G. L.
Armoiries d'urne famille alliée aux
des Cais (LXVI, 289, 417). — Oui, les
armes : é'or a Li croix de St-Pitrre ou ren-
venég de guculei chargée de cinq besants
d'argent sont bien celles des comtes La-
fond.
Ce fut M. Edme nd Lafond, fils de
M. Narcisse Lafond, député de la Nièvre,
puis pair de France en 1846, qui reçut du
pape Pie IX le titre héréditaire de Comte.
Les meubles héraldiques de son blason
sont un souvenir de l'organisation de
l'Œuvre du Denier de St-Pierre à Paris
due en grande partie à linitiative du très
regretté comte, père de la duchesse des
C&TS. S. G. L.
C'est Edmond Lafond et non Narcisse
son père, qui fut créé Comte Romain en
Décembre 1869. La devise de ses armes
est : « S>mper pro Pétri sede. »
P.DUC.
Armes à déterminer : Bande vair
sur or (LXVl,39i). — L'Armortal géné-
ral ne donne pas de bande de vair sur
or : il ne mentionne que 'la famille Rof-
fin ou Rafïîn (Cambrésis), qui porte d'or
à une bande de contre-vair .
NlSlAR.
Ex-libris à déterminer : D'azur à
trois glands d'or (LXVI, 392). — Ce
sont les armes de la famille Bocaud, en
Languedoc.
P. leJ.
« *
Bocaud. Languedoc, porte d'azur à 3
glands d'or, les queues en bas, accompa-
gnés en chef d'une étoile du même
NlSlAR.
Albanay (LXVI, 23S). — L'oiseau qui
figure dans les armes Maillard de Tour-
non dans \' Aytnorial de Savoie du comte
de Foras, a tout à faittair d'une grue.
La définition de VArnierisla : Oiseau
aquatique avec un long bec, semblable pout
le reste à tin canard, ne concorde pas
avec l'oiseau en question, qui n'a certes
pas des pattes de canard ! t
Il me parait difficile de faire dériver
Alby, Albani ou Albanay de Albran (soit
halebrandj qui signifie petit canard sau-
vage de l'année.
11 est possible que l'on ait désigné par
le mot Albanus (de albus, blanc) quelque
oiseau d'argent héraldique, mais les trai-
tés n'en parlent pas. La présence de cet
oiseau sur l'écu des Maillart s'expliquerait
par le fait qu'ils étaient marquis d'Alby.
NlSlAR.
Ex-libris à déterminer : d'azur à
la croix d'argent (LXVI, 94, 217,259).
— Les le Peletier et non le Pelletier étaient
originaires du Mans. Outre les branches
citées, cette famille a formé aussi la bran-
che des le Peletier d'Aunay encore repré-
sentée dans la personne du sénateur comte
d'Aunay. Les armes de cette branche
sont ; Ecartelé : aux /"■ et 4 d'a:^ut à la
croix pattée d'argent chargée en cœur d'un
chevron de gueules accompagné en chef de
deux molettes de sable et en pointe d'une
rose du ^' émail qui est le Peletier et aux 2
et ? d'argent au lion de sable qui est Mes-
grigny.
Cette branche des le Peletier tient le
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Oetcbre 191
5«7
518
comté d'Aunay dont elle prit le nom, des
Mesgrigny à qui cette terre était arrivée
par une fille du maréchal de Vauban.
S. G. L.
Poème de Corneille sur les cham-
pignons (LXVI, 394). — Le poème en
question n'est pas de Corneille, il est de
Pierre de Marcassus comme je l'ai dé-
montré dans la Revue d'hisioire littéraire
de la France II est, en etïet, annoncé
dans le privilège des Réflexions morales et
chrétiennes, Paris, ibba, in- 12, dudit Mar-
cassus. Ce dernier ouvrage est en vers.
Lach.
Champfleury : plaquettes sur H.
de Balzac (LXVI, 439). — Dans les pa-
piers de Champfleury, on n'a rien trouvé,
après sa mort, de relatif à cette suite, pro-
jetée par lui, de plaquettes sur Balzac
L'mventaire en fut fait par Paul Eudel et
par celui qui signe en ce moment cette
réponse à M. Ulric R.-D.
Jules Troubat.
Quel est l*autecr de la b-ochure :
Comme quoi Napoléon n'a jamais
existé? (T. G. 629). — Cette plaquette,
qui est très connue, et dont une réimpres
sion a paru récemment, porte comme
nom d'auteur ; « Feu M. j.-B. Pérès, Bi-
bliothécaire de la ville d'Agen ».
Or, le journaliste Balathier de Brage-
lonne, toujours si bien renseigné sur le
monde littéraire du xiv' siècle, a écrit,
dans le journal le Voleur, 1 1 décembre
1884, p. 785 : si La plaquette Comme
quoi Napoléon n'a jamais existé n'est pas
de M. labbé Pérès ; elle est l'œuvre d'un
petit professeur de province, absolument
inconnu, mais dont on pourrait retrouver
le nom dans la collection du journal le
Cabinet de lecture, où l'article parut pour
la première fois en 1834 ou 1835. Com-
muniquée au rédacteur en chef par Le-
roux de Lincy, bibliothécaire à l'Arsenal,
la brochure, qui s'appelait alors Napoléon
mythologique ou quelque chose d'appro-
chant, reçut le nouveau baptènie, qui lui
valut la moitié de son succès. >»
Les recherches que j'ai faites dans le
Cabinet de Lecture {dont, en 1834 et 1835,
Balathier de Bragelonne était, je crois
bien, rédacteur, sinon rédacteur en chef),
ont été infructueuses. Quelque lecteur de
{'Intermédiaire, d'après les dernières ré-
ponses faites, aurait il trouvé à cette bro-
chure un autre auteur que Pérès?
Albert Cim.
Téjé (LXVI, 394). — Je ne pense pas
qu'il faille être commentateur de Henry
Beyle le Milanais, pour savoir que dans
son imaginative « téjé » était le renverse*
ment partiel de : « Jésuite ».
D. A.C-hC
♦
Sans manquer le moins du monde au
respect que je lui dois, mon vénérable
confrère Nauticus me pardonnera-t-il de
lui dire que sa question, agrémentée de
ses recherches, va causer une douce gaieté
aux Stendhaliens? il faut n'avoir pas lu
une seule ligne de V Auto biographie à' Hcnx'x
Beyle pour ignorer que « tejé » (imprimé
tijé par erreur) est l'anagramme, employé
couramment par Stendhal, pour désigner
un « jésuite », genre d'oiseau qui n'a rien
de commun avec le « manakin noir »,
même « huppé 2>. A. Paupe.
Une poésie pittoresque de Geor-
ges Bussières^LX VI, 543). - Georges
Bussières naquit à Brantôme en 1844. Il
écrivit l'histoire de cette petite ville du
Périgord, et au moment où la mort est
venue le frapper il publiait, dans le Bulle-
tin de la Société archéologique du Péri"
gord, une étude d'art sur sa curieuse loca-
lité natale. Il tournait les vers de merveil-
leuse façon. Le poème héroi-comique de-
mandé serait-il La Truffe ? ou bien certai-
ne poésie lue au banquet de la St-Charle-
magne du Lycée Louis -le-Grand en 1863 ?
11 doit s'agir plutôt d'une poésie, peut-être
poème, un peu licencieuse qui, je crois,
ne fut jamais imprimée. La Truffe a été
imprimée en 1898, chez Joucla àPérigueux.
On a du même auteur : Brantôme et Mar-
guerite, poème également.
Petracorensis.
Les versions de cette « joyeuseté »
célèbre qui se dit p?r cœur et se trans-
met depuis quarante-huit ans de bouche
en bouche sont toutes fautives et défigu-
rées à plaisir. Il n'en existe que deux
exemplaires exacts ; un manuscrit qui
est entre les mains d'un médecin de
Paris, compatriote de Bussières, si je ne
me trompe, et une épreuve d'imprimerie.
N- 134). Vol. LXVI.
L'INTBRMËDIAIRB
519
520
Cette épreuve est corrigée de la main
même de l'auteur en vue d'une publica-
tion qu'il se serait probablement décidé
à faire après sa mise à la retraite.
Cette épreuve, qui constitue évidem-
ment le seul texte tie vartetnr est en la
possession d'un de mes amis qui fut le
camarade d'études de Bussières et qui,
au Qjiartier latin, en 1854 et 1865, avait
assisté à la composition successive des
ditTérentes parties du poème qui com-
prend 408 vers.
Il n'est guère possible, à mon avis,
d'en faire des citations même partielles,
et il est peut-être aussi difficile den don-
ner 1-? titre Mais en voici la dédicace,
qui, d'ailleurs, est loin de donner une
idée de la verve de l'auteur. A ]^ .
à Léon R
Etudiant en médecine
A toi, mon vieil ami, l'épopée en deux chants
Qui naquit sans forceps, «n n«s jours de bon
Iiemps.
Dans ce morceau gaulois, rarement je caponne
Devani la crudité de mots ;i la Cambronne
Et j'ai iiiéme engaifé le curé du quartier,
A ne pas le produire au prône en son e lier.
Ce nest pas toutetois comme on pourrait le croire,
Une tarte de pitre ou d'hislriOTi de foire.
Tu trouveias, par ci par là, quelques propos
Oii la verve est moins crue, oU hi sel est moins
gros.
J'aurai d'aiHeurs ait int le but auquel j'aspire,
Si j'ai pincé chez loi la cor.ie du gros rire.
Car t'homme qui fait rire un auti'e homme est
||iour moi
Plus grand qu'on philosophe et plus riche qu'un
poi.
Paris 20 décembre 1865.
Expressions arabes courantes
(LXVI, 344).
Ben (pluriel Béni) : fils.
Souk : M,-ii;lié. Souk el Arba, marché du
4* jour.
Oued: rivière. Oued el Kebir : la grande
rivière(en Espagnol Guadalquivii).
Djebel : montagne.
Dai : maison.
Djetian : jardin.
'Btr (pluriel Biar) : puits.
Kanlara : port fd'où, en Espagnol Alcan-
tarai.
Ksar : tort (d'où l'Espagnol Alcazar).
PlHRRE T.
Rekiis
fijrka :
breuse.
Mehalla
breux.
» «
courrier.
troupe irrégulière peu nom
armé-j ou détachement nom-
Tahor : bataillon ou escadron réguliers.
Goum : Troupe indigène de police,
commandée par des officiers des affaires
indigènes.
Chcik^ s'écrit cheikh : chef élu de tribu
ou de fraction.
Ciïiii : chef supérieur au cheikh.
Khalifa : calife ou lieutenant d'un
grand chef ou du sulian.
Mag:(en, s'écrit Makhzen : gouverne-
ment.
Dar : maison, palais.
Souk : marché.
Oued : rivière.
Djebel : montagne.
Mechia : village.
Zaoïiïa : Ecole et édifice religieux où
elle se tient
Btr : puits.
Bab : porte.
Hadjar : pierre, rocher.
Chabct : ravin.
Koubba : coupole - qui surmonte un
tombeau.
DjemacL (Berbère) : conseil municipal,
mosquée.
Ouled, ben (pluriel Oulad. béni) : fils.
Il y a lieu d'observer que 99 fois sur loo,
béni s'applique à une tribu berbère, ou-
lad à une tribu arabe.
Mogieh est un mot arabe estropié.
Magrib : Maroc.
Maghreb ou Marreb : occident ou cou-
cher du soleil.
Noter en outre que gh correspond à
une seule lettre arabe, qu'on écrit r' dans
la transposition actuelle. L'apostrophe
n'est pas un signe d'éli.-ion, mais un signe
pour faire distinguer les deux lettres r' et
r'. Cette dernière se prononce comme un
r grasseyé fortement.
/iïn : source, pluriel aioun.
Mouley : maître.
Bon : Se traduit généralement
père de.
En réalité, ce mot veut dire qui a un
rapport avec. Ainsi on surnomme un
homme Bou Sebsi, cela ne peut vouloir
dire le père de la pipe, mais l'homme à la
pipe.
FXT.
Frot 1 ou Footel (LXV. 150, 676,
770 ; LXVI, 30, 120, -57 î). — je
dit nulle part qu'un sutTîxe talis
fourni, dans les langues romanes,
par
n ai
et'it
des
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
ao Octobre 191».
521
522
mots servant à désigner les bois. J'ai noté
ce fait, qu'un mot dérivé de l'adjectif fa-
gutalis a existé à Rome comme nom pro-
pre d'un certain bois de hêtres ; et je me
suis demandé si ce mot, dont nous ne
connaissons que cet emploi, n'avait pas
été dans le latin populaire d'un usage
courant, et n'avait pu donner le dérivé
fouteî ou fautel.
Maintenant, à cette dérivation, M. La-
ray oppose les lois de l'évolution phoné-
tique. Je reconnais avoir prêté à cette cri-
tique en parlant d'une forme fagutale
comme antécédent possible de l'hypothé-
tique foutel. Encore pourrait-on remar-
quer que fouteau, désignant un hêtre, est,
semble-t-il, dérivé d'un fagutellus auquel
le raisonnement, théoriquement juste, de
M. Laray, devrait s'appliquer aussi ; là
comme dans fagutale, Vu devait tomber,
le g devenir jod, le dérivé être faidel ;
mais le mot qui existe est fouteau ; et s'il
est né contrairement aux lois ordinaires
de la dérivation — qui ne sont pas sans
connaître, çà et là, quelques exceptions
— pourquoi, dans la même famille de
mots, le cas ne se serait-il pas produit deux
fois ? Dira-t-on que fouteau s'est formé
defou (hêtre) en français, directement, par
addition du suffixe dérivé du latin ellus ?
Mais alors d'où viendrait le t ? pourquoi
le dérivé n'a-t-il pas été foue!,ou foel ?
Quoi qu'il en soit de ce point, l'argu-
mentation de M. Laray, si elle vaut, au
moins théoriquement, pour fagutale, ne
vaut plus, ce me semble, pour fagutal,
qui est précisément la forme constatée en
latin, comme nom de la hêtraie de l'Es-
quilin. Ici « n'est pas la contre-finale
atone qui doit tomber, il est la voyelle
accentuée qui reste ; et devant cet m ac-
centué , c'est le g intervocalique qui
tombe, comme dans augurium devenant
heur (eùr), comme dans legumen deve-
nant en vieux français leùn.
Mais peut-être est-ce bien longuement,
même en matière étymologique, argu-
menter sur des hypothèses (je n'ai pas
donné ma suggestion pour autre chose ).
N'oublions pas, le titre de la question le
rappelle, que le foutel, ou le fautel, dont
nous cherchons l'origine, est lui-même
hypothétique. Ibère.
Prévoyable (LXVl, 95, 330). -— Ni
prévoyable, ni prévisible. C'est par un tour
qu'ilfaut rendre cette idée. Aquoi bon com-
pléter par analogie les séries verbales ?
Manquons-nous à ce point de moyens
d'écrire avec monotonie.? Et quel écrivain
raffiné nous ne parlons pas de philoso-
phes, dont le jargon a adopté prévisible
et imprévisible voudrait user d'un tel néo-
logisme .? Trouverait-on bonne grâce à
des phrases de cette sorte : C'était un dan-
ger redoutable, mais prévisible ? Par
grâce ! quand l'absence d'un terme oblige
les plus négligents auteurs à varier leur
style, et par conséquent à y ajouter un
agrément, n'allons rien faire contre ce
bienfait.
Au reste, est-ce bien à nous qu'il con-
vient de forger des mots nouveaux? Je ne
le pense point : bien plus, je crois que toute
assemblée, s* docte soit-elle, qui entre-
prendrait une pareille besogne se donne-
rait un ridicule.
Qu'il serait d'un intérêt plus plausible,
de rechercher ceux qui naissent, ou
d'observer ceux qui se transforment. Et à
ce propos je me permets de poser ici une
question.
Autour des aérodromes, dans les milieux
les plus populaires, j'ai bien des fois ob-
servé la forme aéroplane, et son diminu-
tif aéro, employée pour aéroplane, et
aéro. Je serais obligea quelque confrère
qui aurait vu ces formes nouvelles écrites,
s'il me les signalait.
+
Quiroga, nom de vêtement (LXVI,
50, 123, 163). — M. M. d'A. n'est pas exac-
tement informé surjuan Facundo Quiroga.
C'est très mal le connaître que de le com-
parer à Cartouche et Mandrin. M, d'A.,
sans doute, s'inspiradu Grand Dictionnaire
Larousse où l'on rencontre parfois des er-
reurs, car Qyiroga ne fut jamais ni ber-
ger, ni président de la République. Maria
Paz ne le fut jamais non plus quoique le
Grand Larousselç dise, ils furent simple-
ment gouverneurs d'une province.
D'ailleurs, M. d'A. n'a qu'à lire la
dernière édition du Larousse illustre pour
être mieux renseigné.
Si M. d'A. s'intéresse à l'histoire de
Juan Facundo Quiroga,je lui recommande
de lire sa viedans Civilisation et Barbarie,
maiurs, coutumes, caractères des peuples.
Vie de Juan Facundo Quiroga, par Do-
N«I343 V-1. LXVI.
L'INTERMÊDiAlKb
523
«524
mingo Faustino Sarmiento, qui a été tra-
duit en anglais, p-r M. Horace Mann,
en Irançais par A. Giraud en 1853, et en
italien en 1889. 11 voudra lire aussi la très
intéressante critique que M. Charles de
Mazade fit de cet ouvrage dans la Revue
des Deux Mondes du is Novembre 1846.
America.
L'orgue des saveurs (L\V,6o4,823;
LXVI, 81, 130). — Havelock Ellis, dans
son ouvrage sur Le Momie des Rêves, [Xr-Aà.
G. de Lautrec, Mercure de France, 1^12).
rapproche des cas d'associations colorées,
dont il cite la bibliographie récente, les
cas de gustation audilivr, auxquels appar-
tient « lorgne des saveurs *, et men-
tionne sur ce su et le travail de M A. M.
Pierre, à^ns American Journal of Psvcho-
logv '907. (Havelock Ellis, op. 1 , p. 188,
note I). W. D.
Voyage à lile de Pâques (LXVI,
143). — Je ne sais s'il existe de volume
spécial sur rile de Pâques, maison pourra
consulter : John Tarbell : « Voyage fait
autour du monde., dans lequel il a visité
les il:s principales de l'Océan Pacifique »
rParis 1807) — Les Voyages de Kotze-
bue — J. MacCarlhy : « Choixde Voyages.
Voyages dans la Mer du Sud, » tome l""",
(Paris 1822) — « L'Univers Pittoresque.
Malaisie et Polynésie, etc. » Paris. Didot
1836-37 ; 3 vol. in-8 — « La relation de,
l'expédition du « Seignelay », en 1877 —
le Bulletin de la Société de Géographie de
Paris (1878) — Henri Mager : « Le
Monde Polynésien » (Paris, Schlcicher
1902). 15 — F.
< Que nwn ascendam » ou « iis-
cendit » (LXVI, 283). — La devise de
Fouquet était Qjio non ascendam.
B. - F.
Fête des Innocents (LXVI, 142J, -—
Sur la fètc des Innocents, consulter : cha
noine Louis Le Gendre : « Les Mœurs et
Coutumes des Français » Paris, Jacques
Collomhat 1712 —(do La (^hesnaye des
Bois) : <c Dictionnaire historique des
Mœurs, Usages et Coutumes des Fran-
çais » Paris, Vincent 1767 — d'Artigny :
« Notice générale sur la Fètc des F^us >
(in. Mémoires 1749-17^6). — Le Grand
d'Aussy : *« Histoire de la Vie privée
des Français. » Paris, Ph.-D. Pierres
1782 — (Marquis de Pimodan .?) : « Pré-
cis d'une Histoire générale de la Vie
Privée des François » (Tome III des « Mé-
langes tirés d'une Grande Bibliothèque, »
par Contant d'Orville, Paris, Moutard
1769) — C. Leber, J.-B. Salgues et J.
Cohen : « Collection des meilleures Dis-
sertations, Notices et Traités relatifs à
l'Histoire de France. -» Paris, J. G. Dentu
1826. Tome IX — baron de La Fons-Mé-
licoq : « Cérémonies dramatiques et An-
ciens Usages dans les églises du nord de
la France. » Paris, Victor Didron 1850 —
).-X. C. de Busserolle : « Notice sur la
Fête des Anes et des Fous », Rouen, D.
Brière s. d. — Eugène Cortet : « Essai sur
les Fêtes religieuses et les Traditions po-
pulaires qui s'y rattachent. 2* Paris, Ernest
Thorin 1867 — Alfred des Essarls : « Les
Fêtes de nos Pères ». Paris, Duprav de
la Mahérie et 0« 1863.— C. M. Guechot :
« Les Fêtes Poputaires de l'ancienne
France. » Paris, Charles Bayle 1889. —
Collection de la revue : « La Tradition-
Kevue du Traditionnisme. » B. — F.
Le quatre de chiffre. — Chiffre
énigmatique (T. G., 741 , XLlll ; LXV ;
LXVI, 524). — A cette étude, qui a
fait pâlir tant d'érudits^ pour ne pas nous
livrer le mystère de ce chiffre, le D'' Jour-
din, dans La Revue de Bourgogne, n° 5,
année 1912. a apporté une contribution
de la plus haute miportance. Déjà on a
pu lire de lui un travail au sujet du signe
4 des commerçants {Bibliographie de la
France, 1912. N° 19 et suivants).
Sa thèse très séduisante, et qui pour-
rait approcher de la vérité tant cherchée,
est celle-ci : le 4 de commerce, est un
signe religieux, l'évocation des trois per-
sonnes divines, pour lequel le D' Jour-
din propose le nom de Signedela Trinité.
Il a eu la bonne fortune de découvrir un
grand nombre de ces signes dans les mi-
nutes d'actes notariés du xvi» siècle, des
Archives de la Chambre des Notaires de
Dijon, et il en a reproduit les plus caracté-
ristiques à l'appui de sa thèse. La Re-
vue de Bourgogne a la gracieuseté de nous
prêter l'une des planches qui a accompa-
gné son travail : celle qui a trait aux
monogrammes isolés :
^< Les monogrammes isolés (fig. i à
12) dit-il, semblent avoir été employés
V
V'^^
^.^
3
SE
-T^
<r
... £^^
^
44
le
3
^yr^hyy
T I) é-^^ SATi^
X^
7l
■;
pM^<^j/<xi^
K^Xt^
7
Sk--w ■^
13
r
'<
H
>H.-vJ^..>-<.
oA^i Al .^.
(i
LE SIGNE DE LA TRINITE
{cliché de la « Revue de Bourgogne »)
Voir Intermédiaire XL VI col. 524
DES CHERCHEURS IfT CURÎBUX
20 Octobre 1912
525
526
b
pour les illettrés : ils consistent dans un
signe de la Trinijté auquel sont adjointes
une, deux ou trois initiales, la troisième
étant celle du surnom (fig. 1). Ces ini-
tiales sont placées sur la branche verti-
cale du signe, ou de chaque côté.
« Les notaires désignaient ces mono-
grammes sous le nom de marques, soit
dans le texte de la minute, soit à côté de
la signature, comme je l'ai reproduit dans
les ligures 9 et 12).
cLes marques, adjointes aux signatures,
leur servaient en quelque sorte de para-
phe ; aussi les rencontre-t-on rarement
en avant du nom (fig. 13 à 16). Elles
sont placées le plus souvent en arrière de
la signature (fig. 17 à 29). Dans celle de
Pierre Pichard (fig. 33), la marque se
trouve entre le prénom et le nom >.
Le D' jourdin signale la fréquence des
signes doubles auxquels il a attaché une
importance spéciale, du fait que l'un
d'eux reproduit le signe de la croix, d"où
il a fait dériver sa théorie de la Trinité.
H a une preuve encore que ce signe
avait une signification religieuse avant de
devenir emblème du commerce^ dans une
figure qui reproduit la signature de Jac-
ques Thomereau, vicaire de \'illemer, en
'594- , , .
D'autre part, son attention a ete atti-
rée par la fréquence de l'emploi des
chiffres dans les signatures des xvi® et
xvn« siècles, et notamment du chiffre 3,
qu'il considère comme une évocation des
trois personnes divines.
Le judicieux et ingénieux travail du
docteur Charles Jourdin a été l'objet
d'un tirage à part. [Le signe de la Tri-
nité dans quelques >ignatutes bcurgui-
gnonnes. Imprimerie Darantière^ à Dijon).
Muets (LXVJ, 393). — La ré-
forme dont il s'agit doit être la réforme
électorale qui eut lieu en Angleterre à la
fin du dix-huitième siècle, je crois, et qui
supprima les bourgs pourris. On appelait
ainsi d'anciennes villes, devenues villages
ou même disparues complètement qui
avaient conservé le droit d'envoyer des
députés à la Chambre des Communes.
Certains grands seigneurs qui possédaient
dans l'étendue de leurs fiefs un ou plu-
sieurs des emplacements de ces anciennes
villes se trouvaient, par le fait, maîtres
d'un ou plusieurs sièges au parlement.
C'est évidemment ce que veut dire Ar-
thur en parlant des « trois muets envoyés
à la Chambre des Communes ».
C. N.
* *
Mais il s'agit évidemment, selon moi,
de ces députés silencieux, de ces machines
à voter que les bourgs pourris envoyaient
aux Communes avant la réforme de 1832.
Il y a de ces « muets » là dans tous les
parlements, seulementils étaient plus nom-
breux encore aux Communes avant la
réforme opérée par le ministère whig de
lord Grey et de lord Brougham. au temps
où l'on disait communément que les élec-
tions se faisaient dans les salles à manger
des lords grands propriétaires. Ce qui
n'empêchait pas, d'ailleurs, les Communes
d'Angleterre d'être parfaitement repré-
sentatives de l'esprit national.
H. C. m.
Reliures en peau humaine (T. G.,
761 ; LXVl, 12). — Le professeur Cor-
nil, décédé il y a quelques années, était,
paraît-il, un amateur passionné de ces
reliures bizarres.
Il recherchait plus spécialement les
peaux humaines tatouées, et il était par-
venu à réunir une collection de reliures
parsemées de dessins d'une originalité
particulière. Eugène Grécourt.
irauiiailUsj et Ol/uriosités
Une fabrique de fausses lettres de
Mme de Pompadour. — En ce mo-
ment, on fabrique avec une ardeur, sans
doute récompensée, de fausses lettres de
Mme de Pompadour. Il en court partout.
Nous en publions u.ne qui nous est tom-
bée sous les yeux. Le papier est grossier,
la salissure maladroite, l'écriture n'est
pas mêm.e étudiée, et un cachet placé à
contre sens, porte des fleurs de lis. Le
faussaire y montre une connaissance aussi
superficielle de l'histoire que des usages
de la cour.
Les lettres qui ont trompé des honnêtes
gens, sans parier de quelques érudits, ont
un même auteur. Il est si habile à se dis-
simuler, qu'il n'a pas encore été surpris,
Voici l'une de ses mystifications ;
N« 1343 Vol. LXVI
L'INTERtviEBlAmi*
^37
Cher Marquis de Beaussac,
Les Russes savent obéir ; mais ils savent
aussi se défaire de leurs maîtres, qnand ils
osent abuser de leur pouvoir.
La révolution de 1740, à laquelle il doit
sa couronne, est un exemple récent et terri-
ble qui le retiendra peut-être, la défection
du Prince Pierre III serait surtout déplora-
ble dans la circonstance, car l'Alexandre du
Nord est perdu, si la guerre dure seulement
quatre mois.
Tachez donc de parer au coup, s'il est
possible de le parer.
Les fourrures que vous m'avez envoyées
sont fort belles et je vous remercie b>en de
vos peines. Elles valent mieux que celles du
Canada, mais, hélas I celles du Canada
ctaient à nous.
Le Roi est fort satisfait de votre conduite :
il a beaucoup de confiance dans vos lu
miéres et personne ne doute que si le Czar
abandonne ses amis, vous n'aurez rien né-
gligé pour l'empêcher.
Je vous salue bien, mcn cher de Beaussac,
portez-vous bien et aimez vos amis.
La Marquise de Pompadour.
Paris 25 juillet 1762.
Cette lausse lettre de Mme de Pompa-
dour que nous citons comme exemple de
Iruquage, a pour pendants des lettres
d'Henri IV qu'un journal de province a
publiées cette semaine.
Les cloches des Tuileries.
Dam, Conseiller d'Etat, Intendant Général
lie la maison de l' Empereur
A Mrs Le Curé et Administrateurs de la
fabrique de Saint-Siilpice
Paris, ^i juillet 1806
J'ai reçu, Messieurs, la lettre que vous
m'avez fait l'honneur de m'écrire le 7 de ce
mois, relativement aux trois cloches servant
à l'horloge du Palais des Tuileries et qu'on
vous a assuré avoir appartenu autrefois à l'an-
cienne sonnerie de votre église.
j'ai l'honneur de vous informer qu'il ré-
sulte des renseignements que je me suis pro-
curés à cet égard, qu'une seule des trois clo-
ches de cette horloge a app.irtenu à l'église
St-Sulpice et qu'elle a été prise pour cet
usage, il y a plus de 10 ans.
Vous concevrez facilement. Messieurs, la
difficulté qu'il y aurait à remplacer aujour-
d'hui cette cloche qui parmi plus de 600
s'est trouvée la seule qui fut d'accord avec
les deux autres.
Agréez, etc.
La résignation philosophique des
vieux grognards. — Un aimable cor-
respondant nous adresse cet extrait typi-
528
que des Mémoires d'un vieux grognard de
Napoléon, le sergent Sicateau, natif de La
Flotte en l'île de Ré.
J'ai vu que les Egyptiens à défaut de four-
chettes, se servaient des quatre doigts et du
pouce. J'ai campé dans la vallée de Josaphat
où nous devons tous nous réunir au juge-
ment dernier. Au siège d'Arc, Napoléon nous
a fait distribuer trois figues sèches, pour
ration d'un jour, après une longue marche
dans le désert. C'est pour nous désaltérer l'es-
tomac. Après vingt cinq jours de privation
de pain, nous sommes arrivé au Caire. Notre
ration se compose de 120 grammes de café
pour nous purifier de nos péchés. Fait pri-
sonnier par les Anglais, je rentre en France
après avoir parcouru 4205 lieues, 8 capitales.
48 villes, 80 bourgs, 267 villages.
En partant, j'avais l'espoir de revenir
maréchal de France, je suis sergent major!
Les gants de Louis XVI à Va-
rennes. — II n'est pas de petite contri-
bution à l'histoire, et ce certificat donné à
une paire de gants ro'ya'ux a sa valeur re-
lative comme témoignage sur les détails
de la Journée de Varennes.
Je soussigné déclare sur mon honneur qu^
ces gants sont conservés depuis 53 ans danS
ma famille et regardes comme les même»
dont il est question dans l'Etat de service d*
feu mon père, dernier Colonel du régiment
des Hussards de Chamboran, où il est dit :
« Après l'arrestation du Roi à Varennes le
baron de Malzen a recouvert les bijoux de
Mme Elisabeth et les a envoyés aux Princes
par ;le Lieutenant Boudet, du régiment de
Lauzun. qui leur a demandé pour le colonel
de Malzen la permission de conserver les
gants du Roi qui étaient dans son habit et
que Monsieur a reconnus pour avoir été por-
tés par le Roi le jour de la Fédération, d'après
le rapport que lui en fit le sieur Bouclet.
Stuttgard, le 21 janvier (845.
Le baron de Malzen, chevalier de Justice de
l'Ordre de Malthe, Envoyé Extraordinaire,
Ministre plénipotentiaire de S. M. le roi de
Bavière à la Cour de VVurttemberg. L.S.
Les gants er le certificat annexé sont
conservés à Bourges, 28 rue Gambon, par
M3dame de La Perrière, qui répondra vo-
lontiers à toute communication à leur su-
jet. S. C.
Li Directeur-gérant :
GEORGES MONTORGUEIL
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LXVI* Volume Paraissant les lo, io et io d* chaque mois
30 Octobre 1912
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CHERCHEURS ET CURIEUX
Fondé en 1864
'QUESTIONS ET REl'ONSRS LITTERAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTlSTlQUtS
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
5 îo -- —
iVjMS prions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
de leur pseudonyme, et Je n'écrire que
d'un côté Je la feuille. Les articles ano-
nymes ou signés J? pseudonymes inconnus
ne seront pas in.iérês.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Qiiand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauf exception,
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
<Bllue6tian0
Tribut annuel du roi de N pies
au pape.
«Clément XJV profita de tous ces moyens
Ipour ne lien ignorer. II lui importait de
Iconnaître les Cours et leurs agents, et en-
'core plus utile de se les attacher. 11 y réus-
sit au-delà de ses espérances. Le roi d'Espa-
Igne le pria d'être parrain de son petit-fils,
let le roi de Naples qui, encore irrité des
[procédés du dernier Pontificat, eût refusé à
[tout autre pape le tribut annuel de la haque-
jnée et des douze imille ecus romains, laissa
[subsister cet ancien usage, par considération
[pour Ganganelli » .
{La Vie du pape Clément XI V).
A quelle époque remontait l'usage de ce
[tribut, et à quelle époque cet usage a-t-il
[pris fin? Nauticus.
Le Directoire a- t-il été payé par
l'Espagne ? — Je lis dans Villiaumé
(V Esprit de la guerre, Paris 1870, page
99):
Le gouvernement espagnol payait aux Di-
recteurs de la République française des
sommes annuelles considérables, de peur
qu'on ne lui déclarât la guerre. Ceux-ci
commettaient un abus de confiance envers
la République, parce qu'ils conservaient pour
eux-mêmes cet argent.
P. M.
La promesse de fidélité à la Cons-
titution de l'an VIII. — La loi du 1 1
janvier 1800 ordonna a tous les ministres
du culte de faire la promesse de fidélité à
la Constitution de l'an Vlll. Ainsi les prê-
tres fidèles qui avaient échappé à la guillo-
tine ou aux fusillades pouvaient repren-
dre leur ministère : on ne leur demandait
que de garder obéissance au Gouverne-
ment établi. Dans l'Ouest, comme les
prêtres répugnaient à toute espèce de ser-
ment, le Premier Consul usa de ménage-
ment, et le 14 mai 1800, Fouché manda
aux préfets des, départements de l'Ouest
qu'il s'en rapportait à leur prudence per-
sonnelle sur la conduite à tenir à l'égard
des prêtres. Où se trouve cette circulaire
de Fouché ?
Un Vendéen.
L'Anniversaire du 21 janvier. -—
Je lis dans les Mémoires de Lafajette (T .
IV, p. 358) l'anecdote suivante :
A Londres, en 17^5, des émigrés ou-
blièrent tellement la mort du roi que l'an-,
niversaire du 21 janvier fut choisi par dis*
Lin. - 12.
N» 1544
VoI.LXVl.
53»
l'INÎBRMÉbiAlUb
532
traction, et maintenu par embarras, pour une
fête chez M. de "•, ancien favori de la
reine. I.e mot du proveibe qu'on y joua fut
Iln'tft pas d'ètsrnflles douUurs.
Le fait est-il exact ? La dernière phrase
surtout le rend invraisemblable. En tout
cas, quel pouvait bien être cet ♦< ancien
favori de la reine >», qui s'était fait l'or-
donnateur d'une telle fête ?
dE.
Le géant de Waterloo. - Quel est
le nom du soldat qui brisa la porte de la
ferme d'Hougoumont. H Houssaye dit
que ce géant surnommé Ven/onceui était
le lieutenant Legros, du \^' léger ; Can-
robert, dans le tome I de ses Mémoires,
rapporte qu'il rencontra, en Algérie, le
commandant du génie Vieux, un géant,
héros (^e Waterloo, qui enfonça cette porte
d'un coup d'épaule. B. ). B.
Régiments Nôrestang, Saint-For-
geux. — Un aimable confrère pourrait-il
m'indiquer l'existence de monstres du ré-
giment de Nérestang vers 1600, et du
régiment de St-Forgeux, 1629-1636 ?
Lar.
Hôpital militaire du Ivoule. - En
1850, Paris possédait 4 hôpitaux mili-
taires : deux qui existent encore, le Val de-
Gràce et l'hôpital St-.Martin, rue des Ré-
collets, et deux qui ont disparu, l'hôpital
du Roule et le Gros-Caillou.
Un inteimediairiste pourrait-il me dire
l'errplacement exact Je l'hôpital militaire
du Roule, situé dans le faubourg du même
nom, près des Champs-Elysées. — A
quelle époque fut-il démoli? — Quelle
était son importance ? Quel était le nom-
bre de ses lits ? D^ Bonnette.
Dizy-le-Gros Prieuré. — Pourrait
on me renseigner sur un Prieuré ayant
existé à Dizy-le-Gros (Aisne), avant la
Révolution .''
De quel ordre était il ? Sa date de fon-
dation ?
La liste de ses Prieurs Réguliers et
Commendataires .'' La Sangliette
Henri Archereau et l'éclairage
électrique. — Qui pourrait m'indiquer
des sources officielles ou scientifiques,
concernant ce savant malheureux ?
11 a, non seulement réalisé pratiquemen
le premier — bien qu'on le lui ait mala-
dioitement contesté — l'éclairage électri-
que du Passage des Panoramas et de la
place de la Concorde ; mais encore la fabri-
cation des agglomérés de charbon, dont
le brevet lui fut volé par des Anglais.
C'est grâce à lui que les hôpitaux de Paris
purent être chauffés pendant le siège de
1870-71.
J'ai les brochures de MM. Docteur Mar-
cel Baudouin et René Vallette et les docu-
ments publiés par la famille Archereau et
par le Figaro.
Camilliacus.
Couibon de Elénac et La Roche-
Courbon. — On désirerait savoir si la fa-
mille de Courbon de Blénac et de la Roche-
Courbon, une des plus illustres de Sain-
tonge, compte encore des représentants.
Cette famille était représentée au milieu
du xix« siècle par . £harles-Hippolyte^
comte de Courbon, décédé sans alliance
en i8s9, ^"*^ BeauchetFilleau dit avoir
été le dernier de son nom, et par ses cou-
sins, Théodore, né en i8ùo,et Arnould,né
en 1809, qui peuvent très bien avoir laissé
des descendants. Lascombes.
Femille Le Boiteulx. — Que con-
nait-on sur la famille Le Boiteulx et en
particulier sur Charles Le Boiteulx, ecclé-
siastique, et Jean-Baptiste Le Boiteulx,
écuyer ? Ce dernier a un ex libris avec les
armes .simples de Le Boiteulx, et un au-
tre : écartelé lux l <t ^ d'azur à 2 fasces
d'argent au chef de gueules, chargé d'un
lion naissant d'or ; aux 2 et ^ écaitdé en
sanloii en grêlé de gueula accompagné en
chef et en pointe d'une tour d'argent (?) sur
champ d'azur, et aux côtés d'un lion
rampant de sable, celui de dextre contourné,
sur un champ d'argent ; sur le tout, de
gueules, au lion rampant d'or^ au chef
d'argent chargé de ^ quintefi utiles de si-
ncpie : Le Boiteulx.
Mêmes armes pour l'ecclésiastique.
L. UE S,
Letellier. — Quel intermédiairistc
aurait l'obligeance de me documenter sur
le normand Letellier qui se fit tuer brave-
ment pour le roi Louis XVI pendant la
nuit du 10 août .? Spécialement, a-t-M
I laissé postérité ^ J. de V.
DES CHERCHEURS BT CURIEUX
30 Octobre 1912
533 —
Famille Mestayer. — Charles Mes-
tayer et, après lui, son fils ou son neveu
lacques M... ont été gretTiers en chef de
l'Election de Paris, entre 167461 1715. Où
pourrais-je trouver des renseignements
biographiques et généalogiques sur cette
famille ? Appartenaient-ils à la famille
Mestayer de la Rancheraye habitant le
p.tys de Richelieu depuis, au moins, le
XVII' siècle ? Un membre de cette dernière
famille fut sénéchal de l'Isle Bouchard. Un
M. Gaston Mestayer, de Paris, se distin-
gua pendant la guerre de 1870 71, dans
les Eclaireurs du Corps-Franc de Catheli-
neau ; notamment en avant d'Orléans et
à la bataille du Mans.
H, Baguenier Desormeaux.
Marquis de Mond;an. — Je serais
désireux d'avoir quelques renseignements
sur la famille et les armes de Joseph
Louis, marquis de Mondran, grand maî-
tre des eaux et forêts de la Normandie,
mari de Charlotte-Louise Masson et père
de Louise-Alexandrine, née en 1776 à
Paris, qui le 5 mars 1800, épouse, à Mi-
lan, le comte Octave Ernest Fanzi. Ces
Mondran sont-ils identiques avec ceux
que Rietstap dit être originaires du Lan-
guedoc ? A. VON DOEUR.
Famille de Pardieu. - A plusieurs
reprises, dans mon enfance, j'ai entendu
raconter qu'un Pardieu avait assisté à la
bataille de Bouvlnes, et qu'un autre avait
été le compagnon de Tancrède de Haute-
ville. J"ai même eu sous les yeux, des
livres où se trouvait reproduite cette dou-
ble affirmation. Faut-il pourtant la t'inir
co.Time légendaire? J. de V.
Petitot de BO'Spréau. — Dans le
dernier catalogue de M. Geoflfroy, mar-
chand d'estampes à Paris, je vois un por-
trait en gravure de ce Petitot. Un colla-
borateur pourra, j'espère, me donner des
renseignements biographiques et géné;i-
logiques sur ce personnage peu connu, je
crois. Est-il de la famille de |ean Petitot,
le peintre en émail de Charles 1" et de
Louis XIV ? XVI B.
Henri Plessis. -- Quelque confrère
pourrait-il me donner des renseignements
sur la date et le lieu de naissance, ainsi
534
que sur la date de la mort, de Henri Plessis
l'artiste de café-concert bien connu ?
E. H.
Famille de Sabatier en Provence,
— J'ai trouvé la généalogie de la famille
de Sabatier, seigneur de l'Armeillère, près
d'Arles, pendant les xvie et xvn^ siècles
par les preuves pour la grande écurie
faites par Pierre de Sabatier en 1700.
Ce Pierre était fils de Marc-Antoine de
Sabatier, seigneur de l'Armeillère ; et de
Marie-Thérèse Roy de Vaquières ; je vou-
drais savoir avec qui ce Pierre se maria et
quelle fut sa descendance.
Cette famille dut se continuer au moins
pendant tout le xviii'^ siècle au cours du-
quel elle s'allia aux d'An tonel le et d'Aria tan.
Quelqu'un au courant des familles de
Provence pourrait-il me donner cette gé-
L.J.
néalogie .''
Chapitres de l'ordre de St-Lazare
et de N. D. du Mont-Carmel. — A
partir de quelle époque ces chapitres se
tinrent ils dans la maison conventuelle
des Carmes du Saint Sacrement des Bil-
létes? Gautier de Sibert mentionne un
traité conclu entre les Carmes et l'Ordre,
sans indiquer la date. Un aimable con-
frère pourrait-il me renseigner ? m'indi-
quer où se trouve l'original de ce traité.''
D. A.
Armoiries à identifier : corps de
lion. — A quelle famille appartenaient
les armoiries suivantes : De gueules à
trois quint cf eu nies Je (métal invisible) ;
supports ; deux animaux à têle d'aigle et
corps de lion ; cimier : couronne de mar-
quis,armoiries sur une plaque de cheminée
Louis XIII ou Louis XIV trouvéeà Auxonne
ou environs. Saint-Elme.
Armoiries à identifier : trois roses.
— A quelle famille appartiennent les ar-
moiries suivantes : de gueules à trois roses
de (métal invisible) .? Saint-Elme.
Armoiries à déterminer : soleil
d'or — D'argent au ch^vion d'azur ac-
compagné de trois abeilles de sable posées
deux et un ; au chef d'azur charge d'un
soleil d'or. Couronne de comte. Le ca-
chet qui porte ces] armes n'est peut-être
pas français. Bibl. Mac.
N» 1344 Vol. LXVI
L'lNTBRMBDlAlRi<
535
5î6
Fer de reliure à identifier en
pointe d'un rocher. — De... an chevron
de... accompagné en chef de deux croissant i
de... et en pointe d'un rochet de .. Sup-
ports ; deux griffons ; couronne de mar-
quis ; cimier : un grillon naissant. Lab.
Tableau de Cermak : >- Guerre du
Monténégro ». — Au Salon de 1873, le
peintre J. Cermark exposait une remar-
quable toile intitulée :
« Episode de la guerre du Monténégro,
en 1 862 » .
Pourrait-on me dire où se trouve ac-
tuellement ce tableau que la maison Gou-
pil et C" a reproduit en photographie
dans son Album de 1875, planche n° 1 3 ?
Victor Deséglise.
La Vénus de Miio (T G). — M. Vou-
tier, dans un renvoi au bas de la page 15
de sa notice Découverte et acquisition de la
Venus de Mile, Parisji874, parlant de des-
sins faits par lui, au moment de la décou-
verte dit : «Je possède encore ces dessins
ainsi que la vue du lieu de la dècouvcite. »
Les dessins de la Vénus et des deux Her-
mès qui raccompagnaient sont reproduits
dans l'ouvrage de M. Ravaisson : La Venus
de Milo. (Extrait des Mémoires de l' Acadé-
mie des inscriptions, Tome XXXIV pre-
mière partie), mais il n'est pas question
de la « vue du lieu de la découverte. >*
Ce dernier document a-t il été publié ?,
Existe-t-il encore ? La famille de M. Vou-
tier l'a-t-elle en sa possession ? Connait-on
quelque document iconographique de
même nature? Georges Pelissier.
Une c( Histoire de la famille de
Rothschild ». — On lit dans le journal
La Liberté du 16 octobre 1872 :
On parle de la pioch.iinc publication d'une
Histoire de la famille Rothschild par un de
ses membres, iNL Nathaniel de Rotschild. Ce
livre contiendrait Ac^ lettres inédites de Na-
poléon i"^ et de plusieurs autres personnages
eélèbret.
Le livre a-t-il paru.f* G F.
Marcadé-Marcadal. — J'ai trouvé
ce nom appliqué a une voie publique dans
le voisinage d'un marché à Lourdes.
Je l'ai retrouvé, non sans surprise, à Ab-
bcvilie et à Hesdin. Serait-ce un vieux sou-
venir de l'occupation espagnole ? A. d'E.
Mme '. oyerde M^romme. — M
Casimir-Périer en 1862, dans la Rcvuedes
Deux- Mondes^ incomplètement, et M .
Pierre Calmettes en 1898 dans la Revue
hebdomadaire, in-extenso, ont publié les
Souvenirs intéressants, — parfois inexacts,
— de Mme Loyer de Maromme, sur la
jeunesse de Charlotte Corda}'.
Ces deux éditeurs n'ont pas renseigné
sur l'identité de l'auteur du manuscrit
par eux publié. Mais, s'il fallait croire
Chéron de Villiers, — qui certainement
se trompe — Mme Loyer de Maromme
serait née Loyer. Il est acquis qu'elle
mourut au début de l'hiver 1860, Casi-
mir-Périer [le dit. Tandis que M°" Loyer
née Loyer mourut au Houlme seulement
en janvier 1875, et son mari en 1880. De
plus, son nom était Le Vaillant.
Peut-on savoir ses prénoms, le lieu et
la date de sa naissance, de son mariage
et de son décès ^ X.
Les Souvenirs de Massenet. — A
propos de ce livre récemment paru en
librairie, notre confrère Arthur Pougin
écrit dans le Ménestrel du 14 septembre:
Si le pauvre Massenet avait pu voir son
livre, publié comme il l'est, avec son nom
ainsi inscrit en tète du titre Jules Massenet,
il serait entré dans une de ces fureurs bleues
que lui causait la vue de ce prénom dans un
article de journal, ou sur une lettre à lui
adressée. Nul de ceux qui la connaissaient,
n'ignorait cette bizarrerie, dont quelques-
uns d'entre nous seulement savaient la cause.
Serait-il indiscret de cheicher à la
connaitre ? Alpha.
Notes manuscrites de Gousselin.
- - Dans son beau livre sur /é?/5, le re-
gretté Henry Houssaye cite fréquemment,
à titre de de référence, ces notes manus-
crites qui devaient être rédigées par le
journaliste révolutionnaire Rousselin de
Saint-Albin.
Henri Houssaye les donne comme fai-
sant partie de la collection Bégis, lorsqu'il
écrivait iSf^ — de 1892 à 1895, autant
qu'il m'en souvienne.
Depuis, la collection Bégis a été disper-
sée. Sait-on ce que sont devenues les
notes de Rousselin et si leur propriétaire
actuel autoriserait à les consulter ?
D'E.
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Octobre 191a.
537
538
%é}fonBe9>
Les billets de Marie-Antoinette
à Jarjayes (LXVI,48i). — Le Figaro pu-
blie (numéro du 25 octobre 191 2) l'inté-
ressant écho suivant :
Au mois de mars 1703, un officier munici-
pal nommé Toulan et le chevalier de Jarjayes
formèrent un complot pour délivrer la famille
royale, prisonnière au Temple. La Reine fît
alors tenir à Jarjayes divers billets par l'en-
tremise de Toulan .
Vlnterméiiaire de^. chercheurs et curieux
pose, à ce sujet, la question suivante : « M.
Paul Gaulot, en un pa";sionnant feuilleton
du Figaro, M. le comte de Pimodan, dans
une brochure d'un vif intérêt, claire et con-
cise, ont parlé du complot Jarjayes, qui au-
rait permis à Màrie-Antoinette de s'évader,
si son dévouement aux siens tié l'avait rete-
nue.
« Que sont devenus les billets que la Reine
avait pu faire passer h Jarjayes ? »
Ces billets ont eu des sorts divers ; quel-
ques-uns, reproduits en fac-similé par le ba-
ron de Goguelat, à la suite de son récit sur
la fuite dv- Varennes, ont été détruits. Les
autres appartiennent à une personne qui les
tient d'un descendant, par alliance, du
chevalier de Jarjayes.
De ces billets^ le plus noble et le plus
touchant, celui oiî la Reine déclare renoncer
à un projet qui la séparerait de ses enfants,
et ajoute, pour consoler les serviteurs dé-
voués, que cette « idée ne lui laisse pas de
regret», a été donné en \^T) au comte de
Chambord. On ne sait ce qiié ce billet est
devenu ; à la mort du comte de Chambord,
il n'a pas été retrouvé parmi ses papiers.
Disons à ce propos que, â part la corres-
pondance de la Reine avec Marie-Thérèse,
correspondance qu' se trouve dans les Archi-
ves impériales à Vienne, les autographes de
Marie-Antoinette sont très rares. Le baron
Zangiacomi, conseiller à la Cour de cassation
sous l'Empire, en possédait un grand nom-
bre.
Pendant la Corrimune, des individus, qui
se souvenaient que le baron Zangiacomi
avait fait partie des commissions mixtes,
instituées au moment du coup d'Etat, mirent
le feu à son appartement et brûlèrent sa pré-
cieuse collection.
Et l'infortuné Reine se trouve ainsi avoir
été une victime indirecte dé la Commune de
Paris.
Dans toute la correspondance de la
Reine — dont on a si peu de chose — rien
n'est plus précieux que ces billets. Et le
plus précieux de tous venu aux mains du
comte de Chambord, a disparu. Il n'est
peut-être qu'égaré, et M. François Lau-
rentie, qui a obtenu de la libéralité et de
la bonne grâce des héritiers du comte de
Chambord, si soucieux d'établir, en toutes
choses, la vérité historique, le droit d'ex-
plorer les papiers de la maison de Bour-
bon, ramènera peut-être, au jour, ce bil-
let.
Les autres billets, qui ont servi au ba-
ron Goguelat à publier les fac-similé, ont
été, x< quelques-uns » du moins, dé-
truits par leur possesseur. Combien nous
devons regretter cette inexplicable déci-
sion.
Heureusement qu'il en reste encore. Ne
les voudrait-on point mettre au jour,
comme autant de reliques d'un prix inex-
timable, auxquels l'ombre ne convient
point ?
Enfin, puisqu'on a soulevé un coin du
voile, qu'on aille jusqu'au bout. Quelle
est la personne qui tient d'un descendant,
par alliance, du chevalier de Jarjayes,
ces billets émouvants? On en a tant parlé
qu'il est bien naturel qu'on soit désireux
de les voir. D"" L.
Santerre et la mort de Louis XVI
(T. G. 820 ; LXV ; LXVI, 54, 349). —
J'ai promis de reprendre, en octobre, la
question Santerre dans l'Intermédiaire. Et
voici qu'au moment de la rédaction défi-
nitive de mon matériel documentaire, je
m'aperçois que la masse déborderait trop
sensiblement l'espace restreint qui pour-
rait m'ètre concédé ici. Or le problème, à
peine effleuré par Louis Combes, négligé
par M. le marquis de Beaucourt — qui
eût peut-être été à même de l'amener à
une solution satisfaisante, — escamoté
par le comte Fleury, est de ceux qui doi-
vent être traités à fond, ou laissés là,
comme tant d'autres « énigmes » histo-
riques, sur lesquelles l'histoire courante,
celle des manuels et des vulgarisations,
passe cavalièrement, ayant pour elles une
solution ne varietur, celle de la « tradi-
tion » et du « bon ton >\ jusqu'à ce que
Lefifort d'un érudit contraigne l'attention
générale et décide les faiseurs de livres
— pas toujours — à se corriger eux-
mêmes. En essayant de rouvrir la discus-
sion à cette place et en orientant l'atten-
tion des collaborateurs de V Intermédiaire
vers le pseudo- bâtard de Louis XV. — Cf.
N« {^44 Vol. i.XVl
L^Nl^RMED:
■•^ i'i
539
1540
l'article de feu Ch.-L. Chassin : Un bâ-
tard Je Louis XV général républicain en
yenJée dans la Revue Bleue du 1 3 sep-
tembre 1890, p. 335-339(1) <^t '^ rectifica-
tion de M. E. Welvert dans les Archives
historiques, artistiques et littéraires du
i" novembre 1890 : Un pseudo-bâtard de
Louis XV général républicain — que fut
le général Charles-Antoine Beaufranchet
d'AyU, mon but était d'amener la pro-
duction de sources de moi ignorées rela-
tives à la conduite de ce personnage lors
de l'exécution de Louis XVI, plus encore
que toute autre chose. J'y ai partielle-
ment abouti, puisque, dans le numéro du
20 juillet 1912, « F. Arverne » a produit
l'acte de décès authentique de Beaufran-
chet et que, dans le numéro du 20 sep-
tembre. M. Joachim Kùhn a communi-
qué une découverte véritable.
Avant, donc, de livrer moi-même, en
un article cohérent, au public le résultat
de mes recherches — j'indiquerai, ici,
plus tard, où il aura paru - je crois
qu'il ne sera pas inutile de fournir préa-
lablement à w F. Arverne » l'indication
< imprimée il y a près de 30 ans » dont
je parlais dans la petite réplique que je
fis, de Suisse, dans le numéro du 10 août.
Elle se trouve dans un journal nimois,
alors rédige par le père de M. Joséphin
Péladan, Adrien Péladan : Le Châiimeni,
n° 57, numéro du dimanche 20 juillet
1873, p. 42:
Il est ùux que ce soit Santerre, toutefois
d'horrible mémoire, qui ait ordonné le rou-
lement de tambour lorsque Louis XYI vou-
lut parler au peuple du haut de l'échafaud.
En Auvergne, ou s'est toujours accordé à at-
tribuer cet ordre à M. Heaufranchet. gentil-
homme du bourg d'Ayat, arrondissement de
Riom, etc., etc.
L'auteur de ces < précieuses notes iné-
dites, V. était le frère de M. joséphin Péla-
dan, le D' Adrien Péladan fils, mort à
Nimes dans des conditions si tragiques
11 affirme que son récit '< est une certitude
en Auvergne». Il ignorait, à coup stjr,
qu'en 1H47, Lamartine ayant écrit, au t.
V, p. 113. de son Histoire dei ^ironJins
que
(i) V.>yez Nur le Nantais Ch.-Chissin
(1831-1901), i'étudtf documentaire de M. H.
Monin commeticJe dans la Rfvue historique
lie la Révolution française de janvier-mars
et non encore achevée.
le chef d'état-major des troupes de camp
sous Paris, Be.iufranchet, comte d'Oyat ^5^V),
fils de Louis XV et d'une favorite nommée
Morphise, ordonna aux tambours de battre,
le neveu du s> sieur » Beaufranchet, le
vicomte Beaufranchet de la Chapelle, avait
publié une réclamation, qu'Alfred Net-
tement avait acciieillie en janvier 1848
dans son volume : Les Historiens de la
Révolution. Etudes critiques sur les Gi-
rondins. Mais déjà Bertrand de MoUeviUe
— dont M. Aulard reconnaît [Grande En-
cyclopédie, VI, 470) que l'ouvrage con-
tient « une foule de détails intéressants »
— n'avait-il pas. au t. V, p. 430, note de
son Histoire de la Révolution de France,
parue à Paris de i8oi à 1803 en 14 vol.
in-80 et publiée originairement en anglais
à Londres 1800 sous le titre : Annals of
the french Révolution, attribué nettement à
Beaufranchet le fameux roulement.?
Quant à M. joachim Kijhn, je lui dois
les plus cordiaux remerciements. Sa note
m'est d'autant plus p"r'écieuse qu'elle me
permet de déterminer en toute certitude
la provenance de la lettre de Santerre
possédée par Guilbert de Pixerécourt et
citée, en 1840, dans le Catalogue de ses
autographes et manuscrits, au n» 867,
comme a bien voulu me le transcrire
l'aimable et très érudit bibliothécaire mu-
nicipal de Nantes, M. Marcel Giraud-
Mangin :
867. Santerre (Claude), brasseur dans le
faubourg Saint-Antoine, devenu général di-
visionnaire — Paris, 5 vendémiaire an 10 ;
aut sig. 3 pag. — Au citoyen Chateauneuf,
littérateur et historien. Cette lettre contient
des détails sur la journée du 10 :ioiit et un
panégyrique complet de la conduite du ^é-
néralWestermanii pendant la Révolution.
On lit au verso, à la date du 29 juin iSaa,
une page autographe, signée par M. de t-.ha-
teauneuf, et contenant ces mots remarqua-
bles : ' 11 I Santerre] assista au supplice de
Louis XVI, et ce lut M. B... d'A..., ancien
page de Louis XVI, qui ordonna le roule-
ment d-'s t imbours pour empêcher le mo-
narque de parler au peuple. » — Cette as-
sertion, tout à fait nouvelle, renverse les
idées reçues jusqu'alors sur ce grand crime.
Cependant Santerre était mort tranquille-
ment depuis 1808 : personne n'avait réclamé
la piiorité du forfait. L'Europe tout entière
était convaincue de l'épouvantable parricide
du général républicain. Quel intérêt, si ce
n'est la vérité jusqu'ici inconnnue et révélée
soudain au bout de 30 ans, a pu porter
DES CHERCHEURS BT CURiEUAH
54»
M. Châteauneuf à publier cette anecdote ?
Point historique à décider.
Cette « vérité jusqu'ici inconnue »,
l'auteur deVBloge funèbre de Louis XVh
du nom (Neufciiastel,i796, in-8°), le Mont-
joie auquel j'en appelais dans mon arti-
cle du 10 juin, l'avait-il déjà annoncée,
lorsqu'en termes voilés, il disait au t. 111
(Paris, 1796) de son Histoire de la Cons-
piration de J.-Ph.-Jos. d'Orléans, surnommé
Egalité, que l'initiative du roulement ap-
partenait, non à Santerre, mais à un
« monstre » qu'il n'était point encore
temps de nommer? (i) C'est ce que nous
verrons en détail dans le travail que je
vais rédiger.
En fait, ce travail n'eût-il d'autre mé-
rite que celui d'apporter un s< confirma-
tur >* typique à l'ancienne et toujours
nouvelle certitude de la « relativité » de
l'histoire, qu'il vaudrait d'être entrepris.
Quand M. de Mortagne m'opposait, au
numéro du 30 juin, les citations tirées du
t. 1 du Journal d'un bourgeois de Paris
pendant la Terreur d'E. Biré, j'ai seule-
ment regretté qu'il ne se fût pas donné la
peine d'élargir le champ de son investi-
gation et de rapporter, d'après les origi-
naux et après consultation personnelle de
ceux-ci , les témoignages bizarres —
dont quelques-uns émanent d'auteurs net-
tement suspects — recueillis par un écri-
vain dont l'ouvrage, inutile et ennuyeux,
n'est, du point de vue de l'histoire véri-
table, valable que par ses notes, et pas
toujours {cf. R. Reuss dans la Revue bis-
torique de mai-août 1898, p. 121 -122).
Cette besogne nécessaire et primordiale,
faut-il noter ici que c'a été la première
que j'aie entreprise ? Elle dor.nera, je
l'espère, la mesure de la partialité de
(i) Op. cit. III, p. 105, en note au pas-
sage relatif aux dernières paroles du roi :
mais un homme féroce lui arracha cette der-
nière consolation en ordonnant le roulement
continuel des tambours ., Montjoie a mis :
« On croit généralement que cet homme fé-
roce ce tut Santerre, on est dans l'erreur :
Santerre ne put retenir ses larmes. Il n'est
pas temps encore de dire le nom du monstre
qui priva Louis de donner aux Parisiens un
dernier témoignage d'intérêt. .. y> L'édition
de 1796 et celle de 1800 oi;t été lues dans
l'exemplaire de la Bibliothèque Nationale,
(Lb, 41888).
50 Octobre 191s.
542 ■
Biré dans le choix de ses sources, de
Biré qui, en 18915, en était toujours à ju-
ger l'ambitieux brasseur de Saint-Michel-
en-Tiérache , Antoine- Joseph Santerre,
comme un individu sans aveu, le rangeant
parmi les < gens perdus de crimes >
{La Bastille sous Louis Xl^l^ dans Légen-
des Révolutionnaires [Paris, MDCCCXCV]
p. 63) et se gaussant à l'étourdie du
»< patriote Santerre » ^ La Vérité sut les
Girondins, Ibid., p. 133J. Q.ue ne lisait-il,
dans la peu suspecte Qjtotidienne du 27
janvier 1827, l'article, réimprimé des
A/fiches et Annonces de Lille, où était
consigné le « fait précieux à recueillir »
suivant :
11 n'est pas inutils de réparer ici une in-
justice que l'opinion publique commet en-
vers un homme trop malheureusement célè-
bre, et né djns notre département. Il est
question du brasseur Santerre,. né à Cam-
brai {sic), et établi ensuite dans le faubourg
Saint-Antoine à Paris. On a dit, on a im-
primé, et tout le monde croit que le roule-
ment de tambours qui a empêché Louis XVI
d'être entendu de la multitude avait été or-
donné par Santerre ; il n'en est rien, etc.
Que ne lisait-il — lui qui lisait tout —
dans l'une des deux éditions de Santerre
général de la République 'française, sa vie
politique et pi ivée, écrite d'après les docu-
ments originaux laissés par lui et Us notes
d'Augustin Santerre son fils aîné., par
A. Carro (Paris, 1847, in-8», avec por-
trait ; réimprimé, mais sans portrait, en
1869 à Meaux par Jules Carro. fils du
Breton A. Carro), le passage où il est dit
que « quelques personnes, existant en-
core sans doute > , entendirent affirmer
par le maréchal Mortier, duc de Trévise,
que c'était en vertu d'une < inexactitude »
que l'initiative du roulement était imputé
à Santerre ? Parmi ces personnes, Carro
mentionnait l'abbé Frignet, chanoine de
la cathédrale de Meaux, oncle de Mor-
tier, auquel celui-ci en avait fait la con-
fidence, en présence de nombreux invités,
dans un banquet, sous la Restauration.
Que ne lisait-il la note manuscrite de
Santerre reproduite par ce même Carro
et dont l'affirmation est si catégorique .?
Que ne lisait-il la version ^ authentique »
des Mémoires de l'abbé Edgeworth de Fir-
mont, « recueillis par C. Sneyd Edgeworth
et trad. de l'anglais par le traducteur
d'Edmund Burke « [Dupont , conseiller
N< 1344.
Vol. LXV.
54?
L'INTBRMÈDIXmB
544
à Paris en octobre
d'Etat], et parus
i8i5(t)ti. 95:
11 [Louis XVIJ allait continuer, mais un
homme h cheval, et en uniforme national
[ce qui ne signifie pas : en uniforme de la
gardenationale,commele croit « F. Arverne* ,
qui ne semble pas soupçonner que le con-
fesseur de Louis XVI connaissait parfaitement,
de visu. Santerre, qu'il nomme p. 81] fon-
dant tout à coup l'épée à :i la main, et avec
des airs féroces sur les tambours, les obligea
de rouler... ? »
Je dis : version <■< authentique >\ parce
que, malgré, ce qu'en pense M. de Beau-
coutt {Captivité et derniers moments de
ioHisXFI,t.\, Taris, 1892], p. LVII),
je considère la version de Bertrand de
iVlolleville, « rédigée de mémoire » , pro-
duite pour la première fois en 1797 et lé-
gèrement remaniée en 1802 et en 1816,
comme suspecte en quelques détails. Que
ht lisait-il ceci, que ne lisait-il cela 1
Mais il faut clore ces notes préliminai-
res. A bientôt, je l'espère^ la réalisation
complète de ma promesse, qui prouvera
que j'ai lu ce qu'il importait , avant
d'écrire, de lire. Au demeurant, je ne me
dissimule pas que la première affaire San-
terre est beaucoup moins piquante que la
seconde, dont A. Daudet a tiré un parti
si piquant datis ses Rois en Exil (cf. sur
elle le //« Supplément du Larousse, XVlll,
0. 1815). Camille PiTOLLET.
Le roulement de tambour a été attribue,
dans V Intermédiaire, au cours de polémi-
<4ues qui ont duré plusieurs années, et
qui ne sont pas closes à ce que je vois, à
Santerre, à Beaufranchet d'Ayat, à Du-
gazon, à Berruyer, à Pierrard (tambour-
major).
Les auteurs de ces réponses ont ren-
voyé, comme sources, à Charles-Maurice
Descombéfe, U Théâtre fiançais (1860);
Dauban, Paris de ijp.f à fjg^ (Note écrite
par Chatcautieuf sur une lettre de San-
terfé) ; Lamartine, les Girondins ; la Bio-
graphie Didot; Louis Combes, Episodes et
Curiosités révolutionnaires (qui cite l'abbé
()} L't<dilion aiigl.iire : Memoirs of ihc
ahbi Edgeworth, contatning ihe narrative of
thf lait hours nf Louii KVI, hy C. Sneyd
Bdgevorth, est entre mes mains. Elle pa-
rut à Londres en uSis chez R. Hunier, in-S»
de IV et 323 pages. La traduction française
est fidèle.
Edgewoth); Carro, Vie politique et privée
du général Santerre. La Quotidienne., (ar-
ticle du 27 janvier 1827). La Biographie
universelle. Le Patriote français. Le Jour-
nal de Marai. Le Républicain. Le Journal
dePerlet. Le journal des Amis. Les Révo-
lutions de Paris (consultation négative).
Mémoires du comte d' Allonville . . .
De tout cela, il n'est rien sorti de pré-
cis — pas même que l'anecdote du rou-
lement de tambour ordonné pour couper
la parole au roi avant qu'on lui coupât la
tète est authentique.
Je crois, vieil abonné qui a l'habitude
de ces i-edites, la question insoluble.
Mais comme dit la chanson du jambon
de Mayence, si cette histoire vous amuse,
vous pouvez la recommencer.
Un INTERMÉDIAIRISTE DEPUIS 1867.
*
[Notre ancien collaborateur — qui est
chartiste — doit savoir qu'une contro-
verse qui n'a pas atteint son but n'est ja-
mais close ; nous ne demandons à ceux
qui le peuvent que d'y introduire des élé-
ments nouveaux, et de nous épargner les
raisonnements, les hypothèses et les dé-
ductions. \J Intermédiaire est avant tout
documentaire ; toute digression y est su-
perflue, toute critique personnelle et
même toute expression critique sur les
œuvres et les hommes n'y a point place^
ou y est déplacée. Nous devons notre du-
rée à cette doctrine — et nousaurons tan-
tôt cinquante ans.]
L'énigme dô Valmy. Brunswick,
L9 vol des diamants en 1792 (LXVI,
386, 44b, 489). — Je n'ai pas un seul
instant visé M. G. Bapst dans ma ré-
ponse du 10 octobre, mais l'article visé
dans la question du 30 septembre.
j'ai signalé dans La Conspiration révo-
lutionnaire de i-jSç, p. 30, que Cliarles
(Guillaume Ferdinand de Brunswick ('1735-
1H06), l'auteur du manifeste, et le géné-
ral prussien commandant à Valmy n'était
pas le chef de la f.*. m., ; que le chef,
non de la f.'. m.-, mais le G.'. M.-, dé
la Stricte Observance Templière réformée
d'Allemagne, a\eç lequel on le confond,
était Ferdinand, duc de Brunswick-Lune-
bourg (1721-3 juillet 1792) mort avant
le rnanifeste et par conséquent avant
Valmv. G. Bord.
LG'cst M. Edouard Drumont qui demen-
DBS CHERCHEURS ET CURIEOX
545
546
jo Octobff) 191»
dait à M. Germain Bapst ce renseigne-
ment, dans l'article de la Libre Parole^ re-
produit au-dessus de l'article de M. G.
Bord. L'important était la réponse de M.
Germain Bapst très précise quant à la
question posée par M. Drumont].
Les papiers de Courtois et le duc
Decazes (LXVI, 281, 444). — Consulter
sur cette question : Le Testamittti de la
Reine Marie- Antoinette, Histoire de sa dé-
couverti, par le baron A. de Benojst.
Thonne-lesPrés, autographie Albertine,
1890, grand in-S". Bibl. Mac.
Qui a brûlé Moscou ? Est-ce Ros-
topchine ? ^LXVl,?85,447,49o). — M...
demande l'aide des Russes pour éclaircir
cette question. Le compte rendu suivant,
extrait de la Revue de la Société impériale
d'Histoire militaire russe (fascicule V,
1910) lui donnera, je l'espère, satisfac-
tion.
Le 5 novembre 1910, le « Cercle des Amis
du souvenir de 1812 » tenait à Moscou sa
réunion générale mensuelle. Un de ses mem-
bres, M. Kouzminsky, y donna lecture d'un
substantiel rapport sur les causes de l'incen-
die de M«»scou. En s'appuyant sur les sources
historiques imprimées et manuscrites, Mon-
sieur Kouzminsky établit avec précision les
dates auxquelles furent allumés des incen-
dies et leurs auteurs. Il fit ressortir que, le
feu ayant été rais en divers endroits et à
plusieurs reprises, dès le 14 septembre et
avant l'installation des Français à Moscou,
cette ville fut bien incendiée par les Russes.
Cette assertion souleva de vives discussions
dans l'assistance, dont une partie vivait sur le
souvenir de la tradition populaire russe
(corroborée par Rostopchine lui-même), qui
fait retomber la responsabilité du sinistre
sor les troupes napoléoniennes. Mais l'au-
teur du rapport fut énergiquement soutenu
par certains membres éclairés et la citation
d'un passage des Chroniques de famille de
la comtesse de Lydie Rostopchine (Paris
1909) mit fin au débat.
La comtesse affirme dans cet ouvrage
que son oncle écrivit en 1823 sa fameuse
brochure La vètité sur l'incendie de Moscozi
sous l'influence de sa femnae ou , pour
mieux dire, à l'instigation des jésuites qui
inspiraient celle-ci et que, contrairement à
ce qu'il y laisse entendre, ce fut bien par
son ordre que le feu fut mis à la ville, lors-
qu'il fut avisé par Koutouzov qu'elle serait
livrée sans combat. Devant ce témoignasse,
la majorité de l'assemblée s'accorda à recon-
naître que les habitants avaient pu mettre le
feu eux-mêmes pour soHs(raire à l'ennemi
les richesses de la ville, mais plie exprini^
le désir que des recherches fussent faites
pour élucider complètement la questiqn.
A la rëui)ion suivante, 9 décembre, le dé-
bat fut repris. Oa examina successivement
les témoignages de divers auteurs russes,
et étrangers : tous, sauf les Russes, attri-
buaient aux habitants l'incendie 4e Mosfou,
et cette version fut acceptée, s^ns prptest^-
tion cette fois, par les « Ami? çJm souvenir
de 181? *.
Ainsi « |a question, restée en suspens peri-
dant près d'un siècle, a été définitivement
tranchée à la veille du centenaire de 1812,
à la plus grande gloire des Russes, qui,
dans un sentiment patriotique, n'hésitèrent
pas à sacrifier tous leurs biens pour exter-
miner l'envahisseur et sauver leijf honneur,
sapg cédera la force. »
On sait d'ailleurs que Rostopchine
donna l'exemple, en mettant de sa pro-
pre main le feu à sa propriété de Voro-
novo. Eu. G.
La voiture de Napoléon à "Wa-
terloo (LXVI, 435). — X. X. connaît le
passage d'Henry Houssaye dans Waterloo
(3* édition, Paris, 1898, pages 420-421). Je
lui signalerai encore celui de Léon Van
Neck dans Waterloo iUustrâ (i'* édition,
Bruxelles, 1903, pages 155-156). Van Neck
reproduit la notice du catalogue du Musée
Tussaud, à Londres, et illustre son texte
de deux « Capture of Napoleon's carriage
at Genappe », d'après deux artistes an-
glais : Hillingford et Crofts.
A. BoGHAERT- Vaché.
Iles de Paris (LXV). — Dulaure
dit, en effet, qu'il n'existait, autrefois,
que cinq îles, à Paris, mais c'est une
inexactitude car, en réalité, on en
comptait au moins une dizaine sous Phi-
lippe-Auguste, savoir :
I. — L'île Loiiviers, ou île aux faviaux,
île Bouteçlou, île aux Ourmetiaux.
Cette île qui, en 1468, appartenait à
Nicolas Louviers fut acquise par la ville
en 1700, et en 1847, ^^ P^*'^ t»ras qui la
séparait de la rive droite, devant l'Arse-
nal, fut comblé et remplacé par le quai
Morland •
II. — Les îles Notre-Dame et aux fau-
ches aujourd'hui fie Saint Louis.
Ces deux îles étaient séparées par un
canal (emplacement actuel de la rue
Poulletier).
N- 1344. Vol. LXVI.
L'INTBKMËDIAIRE
•547
548
C'est en 1614. qu'un entrepreneur nom-
mé Marie. obtint avec l'aide de deux finan-
ciers, Regratier et Poulletier, l'autorisa-
tion d'y élever des constructions à la
condition de réunir les deux îles en une
seule,
III. — L'île de la Cité.
IV. — L'île du Palais qui se trouvait à
la pointe occidentale de la Cité et qui
était elle-même divisée en 2 : la plus
grande, dite île aux Treilles ou aux Juifs,
et la seconde, île de la Gourdamé ou de
Buce.
Ces deux iles furent réunies en 1578,
lorsque Henri 111 fit construire le Pont-
Neuf.
Henri IV en fit don au président de
Harlay qui. à son tour, les réunit à la
Cité et en forma la Place Dauphine et
l'éperon du Pont-Neuf.
V. — Ile du Louvre. Banc de sable dis-
paru lors de la construction du port
St-Nicolas
VI. — Iles aux Treilles et de la Seine,
situées entre le pont de la Concorde et le
pont des Invalides.
Vendues en 1645 pour être réunies à la
rive gauche. Elles occupaient une super-
ficie de 20 arpents.
VU. — lie du Groi-Caillou ou des Cy-
gnes. Banc de sable à proximité de la
pompe à feu de Chaillot, détruit en 1820.
Eugène Grécourt.
Parc de Neuilly (LXVI, 187). - 11
n'y avait pas d'étang dans le parc de
Neuilly. Le pont suspendu, — construit
par les frères Séguin — traversait la ri-
vière et menait aux iles. On peut avoir
des renseignements sur le parc de Neuilly
dans le volume Château de Neuilly, Do-
maine privé du Roi, 1836. Imprimerie de
Pihan Delaforest (Morinval), 34 rue des
Bons-Enfants. Ce livre est, je crois, très
rare. L'exemplaire que je possède porte
le cachet de la bibliothèque du Palais-
Royal. La planche n" 21 (en couleurs)
représente le pont en question.
W. Katenefk.
L'&me de la femme au concile de
Mâcon (T. G. 38; LXVI, 138, 241,
299). — Voici, d'après les Questions actuel-
les, qui veulent bien s'intéresser à l'en-
quête de 1 /«/«^rm/rt/iair^ (5 octobre 1912)
sur cette même question, l'article inséré voit obhgé de reprendre celui des deux ter
dans le Dictionnaire apologétique de la foi
catholique (fascicule VI, col. 1897 et 1898)
et dû au célèbre historien belge Gode-
FROID KURTH :
Une légende opiniâtre veut que le Con-
cile de Mâcon ait délibéré sur la question de
savoir si les femmes avaient une âme, et
même qu'il la leur ait formellement refusée.
On va voir ce qui en est,
11 s'agit du deuxième Concile de Mâcon,
en 585. Saint Grégoire de Tours [Historia
Francorum), VIII, xx) raconte en ces termes
un incident qui s'y produisit :
11 y eut dans ce Synode un évêque qui di-
sait que la femme ne pouvait pas être appelée
homme {homo). Cependant, il se tint tran-
quille lorsque les évéques lui eurent fait en-
tendre raison, en alléguant le passage du
Vieux Testament qui dit qu'au commence-
ment, quand Dieu créa l'homme, il les créa
mâle et femelle et leur donna le nom
d'Adam » Gènes., V. 2) ce qui veut dire
homme de terre, appelant ainsi du même
nom d'homo la femme et l'homme. D'ail-
leurs, Notre-Seigneur jésus-Christ est aussi
appelé le Fils de l'homme, parce qu'il est ni
de la Sainte Vierge qui est une femme.
Lorsqu'il changea l'eau en vin, il lui dit :
« Femme, qu'y a-t-il entre toi et moi ? »
Elucidée par beaucoup d'autres témoignages,
cette question fut ainsi assoupie.
Tel est l'unique témoignage par lequel
nous connaissions l'incident. Les actes du
Concile de Mâcon, qui sont conservés et qui
se composent de vingt canons (Sirmond,
Concilta G*llia, 1. 1 . Maassen, Concilia t. 1,
p. 163 sq. dans Monumenta Germaniœ his-
torica, collection in-4°) se rapportant aux
plus importants devoirs des fidèles et du
clergé, n'y font pas la moindre mention. Il
est manifeste que ce n'est pas au Concile
même, mais dans des conversations privées,
en dehors des séances, que la question aura
été discutée. Un seul évêque a contesté â la
femme le titre de homo, mais convaincu par
les arguments de ses collègues, il n'insista
pas et tout fut dit.
Nous pourrions donc clore ici l'article re-
latif au débat du Concile de Mâcon sur l'âme
des femmes, s'il n'était essentiel de montrer
par un exemple saisissant comment se for-
ment les légendes, surtout celles qui calom-
nient l'Eglise. Comme on le^ voit par Gré-
goire de Tours, la difficulté soulevée par un
évêque anonyme était d'ordre grammatical
et non t'néologique. Pour la bien compren-
dre, il faut se rappeler certains faits linguis-
tiques, tandis que le français, comme toutes
les langues néo-latines, ne possède pas de
terme générique pour désigner tous les indi-
vidus humains sans différence de sexe et se
DBS CHBRCHBUR3 BT CURlbUX
30 Octobre 1912
549
5=50
mes pacifiques qui désigne l'in-lividu mâle
{homme), le latin, comme le grec et comme
l'allemand, possède, outre les deux termes
spécifiques {vtr ,/émfna, ivr^p, Yjvr(. — mann,
weib), un terme génériqu" désignant tout
individu appartenant à l'espèce humaine
Ihomo avOofo-o; mensch). L'existence de ce
terme générique est un avantage pour les
langues qui le possèdent ; il augmente la
clarté, empêche la confusion et facilite la
discussion philosophique et théologique.
Seulement, il arrivait en latin qu'on ne
gardât pas toujours au mot homo son sens
générique et qu'on l'employât pour désigner
tantôt un personnaage masculin, tantôt une
femme. De la première de ces deux accep-
tions les exemples sont tellement nombreux
qu'il est inutile d'en citer; de la seconde, au
contraire, ils sotit relativement rares, si
rares, qu'on pouvait, à première vue, les
considéier comme des exceptions (Ciceron,
Fro Cluent., LXX ; Ad Familiares, IV, v ;
OviDÈ, Past., V. 620; JuvÉNAL, Vl, 282;
Pline, Hist. Nat. XXVlil, ix, 33). Les gram-
mairiens latins toléraient cet usage, mais ils
n'admettaient pas que dans ce cas on allât
jusqu'à donner au mot homo le genre gram-
matical féminin.
Hères, parens, homo — écrit Charisius,
etsi in communi sexu intelligantur, tamen
masculino génère semper dicuntur. Nemo
enim aut secmdam hereicm dicit aut bonam
parentem aut malam hommem, sed mascu-
line, tarnetsi de femina habeatur (Dans Keil,
Grammatici latini, t. l. p. 102).
Les écrivains latins du haut moyen âge
ont plus d'une fois fait usage de la liberté
accordée par Charisius. Grégoire de Tours.
Hist. Franc, IX, xxvi, écrit, en relatant
une visite, faite par lui à Ingeberge, veuve
du loi Charibert : Accejsi, fateor vidi ho-
MiNE.M timentem Deum, qui cum me bénigne
excepisset etc. (Voir encore le même, Mirac.
Maritnt, 11, xxx ; Leblant, Iiiscriptions chré-
tiennes de la Gaule, t. Il, p. 515, n" 641 ;
Vita sanctce Gertrudls, III, 12, dans Acta
Sanctorum, 17 mars, p. 397, n" 12 Vjta
Sanctce juliancs, dans le même recueil,
5 avril, p. 467b.) Le langage féodal dans le-
quel !e mot homme est synonyme de vassal,
devait particulièrement favoriser l'acception
dont il s'agit ; aux chartes françaises de
1225 et de 1241, citées par moi dans la Re-
vue des questions historiques, t. Ll, p. 558,
note 2, j'en puis ajouter plusieurs autres ;
v, MoLANUs, Historiée lotartienses, IV. 4,
éd. de Ram, t. 1, p. 170 {QuoJ mulieres
sinl etiam homines suncti Petri) ; Duvivifr,
La querelle des d'Avesnes et des Dampierre,
t. Il, p. 395 {Sire, si vos requier com
vostre cousine et vostre hom, écrit la com-
tesse Marguerite de Flandre à ."^aint Louis ;
Chronique artésienne^ éd. Funck-Brentano,
p. 2 [jou contesse estoie hom monseigneur
le roy).
On voit maintenant sur quoi portait l'ob-
servation de l'évêque dont parle Grégoire
de Tours. 11 protestait contre un u.sage rare,
sans doute, mais néanmoins autorisé qui
consistait à employer le mot homo pour dé-
signer un individu du sexe féminin. Lors-
qu'on lui eut montré, par des exemples tirés
de l'Ecriture Sainte elle-même, que sa criti-
que n'était pas fondée, il la retira, etl'incident
n'eut pas d'autres suites pour lors. Les mo-
dernes qui ont voulu lui en donner auraient
été bien avisés si, avant d'attribuer une
monstruosité et une absurdité à un Concile,
ils avaient pris la peine de se renseigner. On
peut dire la même chose des écrivains catho-
liques qji ont été assez impressionnés par
la légende pour en garder une partie, admet-
tant, par exemple, lUe l'évêque en ques-
tion ait dénié uneâme aux femmes, maispro-
clamant qu'il resta seul de son avis.
Crottus (LXVl, 484).
non iir e.
Lire sive et
Rosine Bebrou (LXVI, 339, 454). —
Rectifions d'abord une erreur, à propos de
la Reine Margot. Ld. pièce n'a pas soixante-
six ans et ne fut pas créée au Théâtre
Historique en 184^, comme il est dit dans
l'article cité ; cela par une bonne raison :
c'est qu'en 1845 ce théâtre n'existait pas.
Le Théâtre Historique maugura son exis-
tence, avec ce drame superbe, seulement
le 20 Février 1847. Un an après éclatait
la révolution qui renversait le trône du
« roi citoyen », et cet événement, bien-
tôt suivi d'un autre plus sanglant, l'in-
surrection de Juin, vint mettre le désar-
roi dans toutes nos entreprises dramati-
ques, dont certaines furent acculées à la
faillite. Le Théâtre-Historique dut, comme
tousses confrères, fermer ses portes pen-
dant quelque temps, et, pour occuper ses
artistes, eut l'idée de les envoyer à Lon-
dres, 011 ils essayèrent de donner, au
théâtre de Drury-Lane, des représenta-
tions qui furent le signal de troubles vio-
lents et de véritables émeutes, et qu'ils
durent cesser en présence de l'hostilité
dont ils étaient l'objet.
La tranquillité rétablie ici, le Théâtre-
Historique rouvrit ses portes le 20 juillet,
en donnant quelques représentations du
fameux drame de Balzac, La M^rStre,
dont pourtant la chute récente avait été
éclatante. C'est alors qu'il mit à la scène
le Chandelier, de Musset, que la Comédie_
N*
■ 344. Vol. LXVI.
55»
L'INTBRMeDIAIRB
Française lui disputait, mais qu'il sut
pourtant s'approprier. Vais la prose ex-
quise de Musset ne convenait guère aux
spectateurs du boulevard du Temple, et
la carrière du Chandelier fut courte alors,
bien qu'on ait cru devoir le flanquer, sur
l'affiche, d'une grande scène lyrique,
Aiala, dont les paroles étaient le début
au théâtre d'Alexandre Dumas fils, et dont
la musique, chantée par Montaubry,
Junca et Mlle Moisson, était l'œuvre de
Varney, le chef-d'orchestre du théâtre^ et
l'auteur du Ckant des Girondins qui avait
produit tant d'effet dans le Chevalier de
Maison-Rouge.
Nous voici loin du Chandelier et de Ro-
sine Debrou. )'y reviens, pour faire con-
naître d'abord, rien de ce qui concerne
Musset n'étant indifférent, la distribution
complète du joli chef-d'œuvre au Théâtre
Historique ; la voici :
Clavaroche Peupin (pour ses débuts).
Mailre-André Matis
Guillaume Colbrun
Landry Castel
Jacqueline Mme Maillet
Fortunio Mlle Rosine Debrou (pour
ses débuts)
Madelon Mlle Racine.
Rosine Debrou était une gentille comé-
dienne, dont l'histoire théâtrale parait
avoir été courte. Darthenay," qui était
alors un des feuilletonistes dramatiques
du Siîxle, publiait en 18^3 sous ce titre :
« La acteurs et actrices de Paris, biogra-
phie complète, » une brochure d'une
centaine de pages, dans laquelle il passait
en revue tous les théâtres, avec quelques
rr-ots sur chacun de leurs artistes. Voici,
en parlant de la Porte-Saint-Martin, où
elle était alors, la petite note qu'il consa-
crait à Rosine Debrou : « 11 y a dix ans
on applaudissait au théâtre de Nantes une
gentille ingénue, mademoiselle Rosine
Debrou. Après avoir passé plusieurs an-
nées au théâtre des Folies-Dramatiques,
mademoiselle Rosine Debrou a créé, d'une
façon piquante, au Théâtre-Historique, le
rôle de Fortunio dans le Chandelier de M.
Alfred de Musset. A la Porte-Saint-Mar-
tin, mademoiselle Rosine Debrou j«ue
très convenablement les petits rôles dra-
matiques et comiques. >
(^est tout. Et j'ai beau chercher, je ne
trouve rien, par la suite, sur cette artiste
restée obscure. A- P-
çça .
L'Intermédt'air* des chercheurs m'a fait
l'honneur — honneur que j'apprécie,
mais que je n'avais point sollicité — de
reproduire un article que j'avais publié
sur le Chandelier de iVlusset.
Je disais — fort modestement — dans
cet article, que j'avais appris par hasard,
en feuilletant de vieux journaux, que
Fortunio fut créé au théâtre historique par
une femme, Mlle Rosine Debrou. J'ajou-
tais que le fait était peu connu, et qqe
j'ignorais ce qu'était devenue cette ac-
trice.
Or, M. Henry Lyonnet relève mon ar-
ticle avec un... manque de courtoisie et
une aigreur qui ne sont pas dans les tra-
ditions de l'intermédiaire, et dont j'ai le
droit d'être surpris :
Il écrit :
L'article cité de M. Mantenay contien
plusieurs inexactitudes. On lit, en effet, à la
6° ligne :
La pièce (la Reine Margot) fut eréée en
1845 ^^ Théâtre Historique.
Première erreur. La Reine Margot fut
donnée pour l'ouverture du Théâtre Histo-
rique le io février 1S47.
On Ut à la 2o« ligne :
que le Théâtre Historique se trouvait à peu
près à l'endroit de la caserne du Château-
d'Eau.
Deuxième erreur. Le Théâtre Historique
se trouvait à la droite, et non à la gauche
de l'entrée du faubourg du Temple 4ont il
était encore séparé par un immeuble.
On lit à la 30» ligne :
La création (du Chandelier) faite en 184c
au Théâtre Historique, etc.
Troisième erreur. Le Chandelier d'Alfred
de IVlusset fut publié par la Revue des Devx-
Mondes en 1S3S, et représenté au Théâtre
Historique le 10 août 1848 avec la mention :
« Comédie à tableaux » en } actes. La dis-
tribution était la suivante :
Maître André, Matis — Clavaroche, Peu-
pin — Guillaume, Colbrun — Landry, Cas-
te! — Jacqueline, Mme Maillet — Fortunip,
Mile R. Debrou — Madelon, Mlle Racine.
Un fait reste donc acquis : c'est que le
rùle de Fortunio fut établi la première fois
au théâtre par une femme, Mlle R. Debrou,
mais le chroniqueur (uc) se trompe encore
(î/c) quand il semble croire que cette pre-
mière passa inaperçue, ou à peu près.
Je réponds :
M. Henry Lyonnet commet plusieurs
inexactitudes :
Première çr^eur.
DES CHERCHEURS BT CURIEUX
50 Octobre 191 2
553
554
Je n'ai jamais dit que la « première » du
Chandelier passa inaperçue. L'œuvre fut,
au contraire, très remarquée, mais plus
tard quand elle passa à !a Comédie-Fran-
çaise, on oublia les artistes de la création.
Seconde erreur :
J'^i dit incidemment que le Théâtre his-
torique se trouvait à peu près à l'endroit
de la caserne du Château d'Eau. J'ai dit
vrai. M. Henry Lyonnet écrit que ce
théâtre se trouvait à la droite et non à la
gauche de l'entrée du faubourg du Tem-
ple. Pure ergoterie en dehors de la ques-
tion.
Troisième erreur.
En parlant, tout à fait incidemment, de
la Reine Margot^ j'ai cité la date de la créa-
tion : 1847. Une coquille m'a fait dire :
1^45 ; mais même si j'avais commis cette
légère inexactitude, cela serait encore en
dehors de la question.
Quant aux indications que nous donne
un peu abondamment M. Henry Lyonnet
sur la Chanson de ForUmio d'Offenbach. ce
sujet est de plus en plus en dehors de la
question, mais je me garderai de discuter
^es dires par la simple raison que cela ne
me regarde pas. Je ne me permettrais de
demander la parole que si j'avais sur ce
point des renseignements particuliers à
soumettre à V Intermédiaire et je n'en ai
pas. }. Mantenay.
*
♦ *
[M. J. Mantenay, qui est l'un de nos
plus distingués confrères, ses chroniques
quotidiennes dans l'Univers témoignent,
dans un style toujours si courtoisement
surveillé, de la curiosité la plus instruite,
peut être persuadé que tous ses collabo-
rateurs, à l'Intermédiaire, apprécient son
talent et son érudiion. M. Henry Lyon-
net dont la science dans les choses de
théâtre est si grande et l'autorité si
incontestable, n'a certes pas voulu donner
à s^s assertions un caractère direct et
agressif; sans lui avoir soumis la riposte,
nous l'attestons pour lui. Et }a suite de
leur double et cordiale collaboration si
précieuse à l'œuvre commune, en sera le
meilleur témoignage ]
Le Cheyalier de Guer (LXV, 353,
513, 666). — Ce personnage, dont V Inter-
médiaire 2i reproduit un billet « ironique»,
fut un agent royaliste, des plus actifs, et
des plus adroits, car, maintes fois soup-
çonné, dénoncé, signalé dans les rapports
de police, il parvint toujours à se sous-
traire, sinon aux recherches, du moins,
semble-t-il, à la prison.
L'avis qu'il envoya, de Montpellier, le
5 janvier 1791, hiVAmi dit Roi, et que
cette feuille publia dans son n" XII (12
janvier 1791), nous apprend que les jour-
nalistes l'avaient accusé d'avoir pris part
à une conspiration, et que ses « bons
amis » les révolutionnaires décachetaient
les lettres à lui adressées de Paris, sans y
trouver, d'ailleurs, la moindre preuve
d'une complicité.
Pour mettre fin à ces dénonciations et
à cette surveillance gênante, le chevalier
de Guer déclare — ce qui est vrai —
qu'il « n'a point été arrêté ». 11 ajoute
qu'il « n'a pas couru un seul instant le
risque de l'être, et n'a pas pu le courir
parce qu'il n'a donné aucun prétexte,
etc. etc. »
Qu'est-ce que vaut ce démenti?
Président à mortier au Parlement de
Rennes, intrépide et obstiné défenseur
des Etats de Bretagne, le chevalier de
Guer avait eu, en 1788, «les honneurs
(\e la Bastille », pour avoir fait prêter,
par la Noblesse bretonne, le serment de
maintenir la « Constitution de la pro-
vince », « sans céder à des ordres évi-
demment surpris » .
Ayant ainsi poussé, jusqu'à braver le
roi, la défense des anciens privilèges, le
chevalier de Guer demeura un contre-ré-
volutionnaire ardent. Au mois de juillet
1790, il rejoignit à Turin le comte
d'Artois et les Condé. Les princes tra-
vaillaient à soulever les provinces du
Midi, de l'Est et de l'Ouest. Le moment
venu, ils devaient passer les Alpes, à la
tête des gentilshommes émigrés et d'un
corps de volontaires piémontais fournis
par le roi Victor-Amédée 111, puis se ren-
dre à Lyon, où de nombreux royalistes,
appuyés par les troupes du maréchal de
camp de La Chapelle, auraient arboré
le drapeau blanc et « commencé la con-
tre-révolution ».
Au mois d'octobre, des émissaires du
prince de Condé se jetèrent dans la place,
afin de sonder l'opinion des Lyonnais et
de hâter les préparatifs de l'insurrection.
Le chevalier de Guer les suivit bientôt.
Il intriguait à Lyon vers la fin de novem-
bre, à la veille de l'explosion générale.
L'INTERMEDIAIRE
N» 1344 Vol.'LXVI
5S5
Mais, déjà, la conspiration était éven-
tée. Dénoncés par des agents subalternes,
un des chefs royalistes lyonnais, Guillin
de Pougelon, et deux émissaires de Condé,
le chev.tlier Terrasse de Tessonnet et le
marquis d'Eccars, furent arrêtés le 10 dé-
cembre au matin et enfermés au château
de Pierre-Scize. D'autres étrangers sus-
pects étaient conduits à l'Hôtel-de-Ville et
interrogés.
A leur réveil, les gentilshommes ras-
semblés à Lyon apprirent que la conspi-
ration était découverte. Craignant une
perquisition générale, une foule d'entre
eux quittèrent précipitamment la ville et
allèrent se cacher dans les faubourgs ou
les campagnes voisines ; les plus compro-
mis, sous divers déguisements, essayaient
de gagner la Savoie.
Le chevalier deGuer fut au nombre des
fugitifs. Il se dirigeait vers Pont-de-Beau-
voisin, par la route de Bourgoin. Parvenu
à Saint-Laurent-dc-Mure, à une petite
distance de Lyon, il aperçut, entre les
mains des gardes nationaux, qui venaient
de l'arrêter, un gentilhomme lyonnais,
le chevalier de Silans, capitaine de vais-
seau, marié à une bretonne, Yvonne de
Botdéru. Payant d'audace, l'ex-président
au Parlement de Rennes harangua la
milice villageoise, et réussit à faire relâ-
cher le mari de sa compatriote. Lui-même
poursuivit son chemin, sans être inquiété
{Docum. inéd. ).
Vers les premiers jours de janvier 1791,
le chevalier de Guer se trouvait dans le
Languedoc. 11 avait sans doute l'intention
de se joindre aux contre-révolutionnai-
res, du Midi, au moment où le comte
d'Artois, qui partait pour Vienne, se se-
rait assuré le concours de l'empereur
Léopold II. Mais les royalistes du Viva-
rais, las d'attendre, se soulevèrent avant
l'heure, et le mouvement partiel n'abou-
tit qu'à un échec.
L'histoire de ces premières tentatives
de Contre-Révolution sera prochainement
racontée en détails.
Quant au chevalier de Guer, s'il passa
*< aux eaux de Spa » les mauvais jours de
la Terreur, il reparut à Lvon peu après
Thermidor. On l'y voit de nouveau cons-
pirer, en 179s et 1796. Jusque sous le
Consulat, l'entêté Breton jouera sans ré-
pit, son rôle d'agent royaliste il mourra,
peut-être, de lefîctfidrement de ses rêves,
556
à l'heure où Bonaparte escaladera les mar-
ches du trône.
Emmanuel Vingtrinier.
Le pupitre de madame de Gen-
lis (LXVl, 48s). — j'ai entendu souvent
conter par mon père qu'unedame. veuve,
je crois, du maréchal Dode de la Brunerie
mort en 1851, écrivait ainsi fréquemment,
sur ses genoux, et qu'il en résultait des
lignes d'une obliquité ascendante accen-
tuée. Sglpn.
«
Je ne sais pas précisément s'il a été une
habitude générale d'écrire à la manière de
Madame de Genlis. L'usage cependant a
existé aussi en Allemagne. Les amateurs
d'autographes savent que toutes les lettres
d'Alexandre de Humboldt sont écrites en
direction oblique : c'est parce que l'auteur
du Kosmos aimait à mettre sur ses genoux
la feuille à laquelle il voulait confier sa
missive.
JOACHIM KÙHN.
RandoadePully(LXVl, 5, 314). -
Je conserve dans mes papiers,daté du 7 mars
1838, le transport à M Guillaume-Raoul
Randon de Pully, propriétaire, demeurant
aux Graines VailUérescommune de Saint-
Sauveur-la-Foucaudière, près de Châtelle-
rault (Vienne), d'une rente annuelle et
perpétuelle de 296 fr. 25, à capital de
5.925 fr. (6000 livres tournois), faisant
partie d'une plus forte rente due par
Mme Marie-Renée-Sophie Fournier de
Boisairault, veuve de M. Charles-Marie-
Jean- Baptiste Daubery, demeurant à Poi-
tiers, rue de la Comédie, qui en avait été
chargée par l'acte de vente à elle faite par
M. Charles-Pierre Le François Descourtis,
marquis de la Groie, et dame Agathe-
Louise-Renée Sahuguet Amarzit d'Espa-
gnac, son épouse non commitie en biens
avec lui, demeurant en leur terre de Lan-
donnière. commune de Saint-Maurice,
canton deGençay, .-irrondissemcnt de Ci-
vray, et Dlle Àntoinette-Dieudonnée Le-
françois Descourtis, demeurant au même
lieu, du fond et superficie de la Forêt de
la Groie qui s'étend dans les communes
de Laigny, (Jiré, Ingrande, Dangé et au-
tres, circonvoisines, arrondissement de
Chàtellerault.
A cette même famille appartenaient :
a)Jeanne-Pauline-Louise Randon dePul-
LA COMTESSE DE GENLIS
et son pupitre
Voir Intermédiaire. LXVI, Colonne 556
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Octobre 191»
557
558
ly mariée : 1° à Jean Louis-Henri, comte
Greffulhe ; 2° par contrat du 1 1 octobre
1821, à Pierre Raymond-Hector d'Aiibus-
son, dit le comte de la Feuillade, Cham-
bellan de l'Impératrice Joséphine, ambas-
sadeur à Naples en 1807, pair de France,
etc., etc.
Elle est morte à Paris le 21 mai 1859,
âgée de 83 ans.
b) William-Enguerrand Randon, comte
de Pully, mort en juillet 1892, petit-fils
du lieutenant général de ce nom, comte de
l'Empire (12 novembre 1809), et époux :
en premières noces de Laure-Marie de
Voyer de Paulmy d'Argenson, morte au
château de Puygirault (commune de
Saint-Pierre-de-M.aillé, Vienne) le 23 dé-
cembre 1852. d'où Charles-Marc Randon,
vicomte de Pully, décédé à Paris le 24 no-
vembre 1909 sans postérité ; — et, en
secondes noces, de Marie-Caroline Clai-
ret, veuve depuis 1858 de Jacques-Charles
Lecoigneux, marquis de Bélàbre, morte à
Puygirault le 19 septembre 1905. De
cette dernière union étaient nés trois en-
fants, dont Jeanne-Marie-Geneviève Le-
coigneux de Bélàbre mariée enjanvier 1870
â Charles-Marc Randon de li Uy sus-
nommé.
Les Randon de Pully portaient : d'aptr
à la fasce d'or (alias d'argent) chargée d'un
cœur de gueules, accompagnée en chef de
deux gerbes d'or et en pointe d'une ancre
d'argent.
Les Randon d'Hannecourt et les Ran-
don du Lauloy étaient de la même famille
puisqu'on retrouve, à part de légères va-
riantes dans les émaux, les mêmes meu-
bles dans leurs armes.
Mais il est à noter que celles des Ran-
don de Massane, aussi en Poitou, et des
Randon de la Randonnière différent et se
décrivent : Echiquete d' or et d'a:(ur, de 12
pièces ; à une tige de trois lis de jardin au
natuiel, brochant sur le tout. — Différentes
encore celles des Randon de Groslier (ou
GroUiet) et des Randon du Thilqui sont :
d'or, à l'arbre d'azur, et au renard d'ar-
gent brochant sur le tout.
Pierre.
Où est enterré le maréchal de
Villars (LXVI, 42, 158, 247, 417).
— Javais accepté, sans la contrôler, la
note parue dans VEcho de Paris et repro-
duite dânsV Intermédiaire (LXVI, 158) con-
cernant les descendants du maréchal de
Villars. D'après cette note le fils du vain-
queur de Denain aurait eu de sa femme
Amable Gabrielle de Noailles, une fille,
Amable Angélique, mariée au comte d'Eg-
mont.
La vérité est quelque peu différente.
La comtesse d'Egmont, bien que por-
tant le nom de Villars, était en réalité la
fille illégitime de la duchesse de Villars
née Noailles et du chevalier d'Orléans,
enfant bâtard, puis légitimé, que le Ré-
gent avait eu de Mlle de Séry, comtesse
d'Argenton.
Voici du reste, ce que raconte Madame
Duhausset dans ses Mémoires (p. 199, Ed.
Baudoin) concernant la comtesse d'Eg-
mont, comme le tenant de Mme de Pom-
padour :
Le dernier comte d'Egmont avait épousé
la fille du duc de Villars, mais la duchesse
n'avait jamais habité avec son mari, et la com-
tesse d'Egmont est fille du chevalier d'Or-
léans. A la mort de son mari, belle, jeune, ai-
mable et héritière d'une immense fortune
elle étoit l'objet des voeux de tout ce qu'il y
avoit de plus distingué à la Cour. Le direc-
teur de la mère de la comtesse d'Egmont en-
tra un jour chez elle et lui demanda un en-
tretien particulier ; alors il lui révéla qu'elle
étoit le fruit d'un adultère dont sa mère fai-
soit depuis vingt-cinq ans pénitence. Elle ne
pouvoit, dit le directeur, s'opposer à votre
premier mariage dont elle a gémi ; Dieu n'a
pas permis que vous ayez eu des enfants ;
mais, si vous vous remariez, vouscourez, Ma-
dame,le hasard de faire passer dans une famille
étrangère des biens immenses qui ne vous ap-
partiennent pas et qui sont le produit du
crime.
Madame d'Egmont écouta ce détail avec
terreur. Sa mère entra au même instant, fon-
dant en larmes et demanda à genoux à sa
fille de s'opposer à sa damnation éternelle.
Madame d'Egmont tâchoit de rassurer sa
mère et elle-même et lui dit : ■< Qiie taire? »
Le directeur lui répondit : « Vous consacrer
entièrement à Ûieu et effacer ainsi le péché
de votre mère. »
La comtesse qui étoit tout effrayée promit
ce qu'on exigeoit et forma le projet d'entrer
aux Carmélites. J'en fus instruite ajoute
Mme de Pompadour, et je parlai au Roi de
la barbarie que la Duchesse et le Directeur
exerçoi.;nt sur cette malheureuse femme, mais
on ne savoit comment l'empêcher. Le Roi,
plein de bonté, engagea la reine à lui offrir
une pince de Dame du Palais, fit parler alors
adroitement à la Duchesse par ses amis pour
qu'elle détournât sa fille d'entrer aux Car-
M» 1344. Vol. LXVI,
^59
LINTBRMÈDIAIRB
milites. Tout fut inutile et la malheureuse
victime fut sacrifiée.
Certes, il est incontestable que la pau-
vre comtesse n'était pas du tout obligée
de s'enterrer dans un cloître, surtout en
faisant choix d'un ordre aussi austère que
celui des Carmélites, mais la pécheresse
impénitente qu'était la Pompadour était-
elle bien qualifiée pour apprécier ce qu'il
convenait de faire dans une situation aussi
délicate ?
Ce qu'il y a de certain, c'est que ni
dans le testament du dernier Villars, en
date d'octobre 1764. ni dans les deux co-
dicilles qui suivirent, il n'est question de
la comtesse d'Egmont et qu'il est à peine
fait mention de la Duchesse sa mère dans
ce même testament et, seulement, en rai-
son de son douaire.
Néanmoins, par son codicille du 29
avril 1769, codicille dont c'est le princi-
pal objet, le Duc lègue à celle qui porte
son nom, les deux tiers d'un domaine en
Provence, part qu'il estime valoir 70.000
livres. C'était peu de chose, vu l'énorme
ortune du duc de Villars, prince de Mar-
i gués, marquis de la Nocle, et cela était
donné dans une forme bien sèche : « Je
^ donne et lègue à madame la Duchesse
de Villars, mon épouse, etc. » Mais, sans
doute, l'indulgente pitié du testateur, si
7ong qu'eût été le repentir de la malheu-
reuse, ne crut pouvoir faire davantage.
S. G. L.
Col. 417, ligne 17, il faut lire : « Eléo-
nore de Choiseuil Traves et non Trades.A
la fin du même article, il faut lire encore
Charles-François Elzéar, marquis de
Vogué, mort le 15 septembre 1782, est le
trisaïeul du marquis actuel.
S. G. L.
Villoteau(LXVl,42, 358, 508). — M.
G. Lantz annonce deux lettres, mais n'en
donne qu'une. La seconde sera sans doute
reproduite dans un prochain numéro.
Fctis, à qui s'adresse la lettre du 9 dé-
cembre 182,, s'en est servi pour rédiger
l'article ydloteaii dans sa Biographie uni-
venelle des mu^iciem^ où il en donne même
un fragment textuel.
G. Allix.
560 .
Voir la seconde lettre :
Paris Juillet {§31
Monsieur
La lettre que vous m'ayez fait l'honneur
de ni'adresser h Tours il y a quelques années,
m'a fait concevoir tout ce que j'aurais à ga-
gner en faisant votre connaissance, et je
m'empiesse de vous annoncer que je suis
arrivé à Paris où je resterai peu de tems. Je
désire beaucoup de profiter de cette occasion
pour avoir avec vous une et^trevue concertée
réciproquement ; car ne ni'arrétant presque
pas à l'Hôtel d'Amiens rue des 'V'ieujf Augus-
tins où je demeure, l'pn m'y trouverait dif-
ficilement si je n'étais prévenu d'avance que
quelqu'un doit venir m'y trouver tel jour et
h telle heure.
J'ai apporté avec moi un ouvrage manus-
crit que je compte livrer à l'impression in-
cessamment ; il a pour objet la démonstra-
tion rigoureuse et mathématique de la pro-
priété expressive des sons naturels de la voix
en ce qui concern» les divers arts du ressort
de cet organe et des inst^Umens de musique,
par conséquent en tout ce qui appartient au
chant, à la récitation poétique, à la déclama-
tion, à la prononciation et à l'élocution ora-
toire, au simple discours, à la conversation,
à la lecture à h^ute voix et enfin à la musi-
que instrumentale. Je n'emploie d'autre^
raisqnnemens que ceux de l'expo^ifion et de
l'explication des faits eux-même§, constatés
par l'expérience de chacun et qu'on peut
avoir occasion d'observer et de vérifier pres-
que à chaque instant du jour. Mon ancien
ami Lesueurqui a lu ce travail en a saisi par-
faitement l'ensemble et les détiils ; il en a
senti toute l'importance ; car ce travail ne
tend à rien moins qu'à rétablir entre la mu-
sique, l'art oratoire, les scjences, la philosp-
phie, la morale et la politique toutes conr
naissances où elle entra jadis comme partie
intégrante. En effet, comme toutes ces coi:
naissances n'existent que par l'homme e
pour l'homme, elles exigent nécessairement'
pour être bien comprises et devenir profita
blés que l'on fasse une étude particulière d^
l'homme ; et quel autre moyen peut êtr®
plus favorable à cette étude que la connais"
sance exacte du langage des passions ? Et c^
langage peut-il être intelligible pour celu'
qui ignore absolument la propriété expressive
des sons natureh de la voix *" Aussi combien
de mauvais orateurs ! combien de chanteurs
extravagants ! combien de compositions mu-
sicales insignifiantes ! Mais le mal est assez
connu, il fallait chercher le remède et jp
crois l'avoir découvert et assez clairement in-
diqué : On en jugera. Excusez s'il vous plait
mon bavardage ; car quoique déjà fort vieux,
je suis encore tout artiste : je sens et je
i
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Octobre içts
561
562
m'ëmeus prohlptcment lorsque les choses
m'ihtéresseht.
J'attends votre réponse avec un vif désir et
vous prie de croire à la haute estime avec
laquelle je suis
Monsieur
Votre très humble
et très obéissant serviteur
ViLLOTEAU
A Monsieur
Monsieur Fétis
bibliothécaire de l'Ecole Royale
de musique et de Déclamation
lyrique
A Paris.
P. c. c. G. Lantz.
Archevêque de Rhodes (LXVI,
437). — Le siège archiépiscopal de Ko-
lossi (île de Rhodes) fut occupé de 1475 à
1 506 par un nommé Marc, dont on ignore
la famille (jÉ'Mè^/, II, 148).
D. A.
Ces armés appartiennent à Pierre d Au-
busson, grand-maître de l'Ordre de Saint
Jean de Jérusalem (1476-1505). Elles se
blasonnent : Ecartelé : aux l et ^ de
l'Ordre : De gueules à la croix d'argent;
aux 2 et 3 d'Aubusson : D'or à la croix
ancrée de gueules.
P. leJ.
Les armes de la maison d'Aubus-
son sont ; d'or à la croix de gueules ancrée.
Pierre d'Aubusson, dit le Bouclier de
VEglise, de la maison de la Feuillade
(1423 H- 15015), se fil recevoir chevalier à
Rhodes, fut élu grand-maître en 1476 et
devint cardinal-diacre
F. }acotot.
Aigle au vol éployé, question hé-
raldique (LXVI, 289, 462). — Puisque
M. S. G. L. cite le P. Ménestrier, je me
permettrai de lui donner la définition
tournie par cet auteur lui-même : « De
tous les oiseaux, le plus commun dans le
blason, est laigle. S'il a deux têtes il est
éployé. Nouvelle méthode raisonnée du
Blason Lyon, Bruyset-Ponthus, 1770,
p. 147). Il ne faut pas, en héraldique,
prendre pour évangile les blasons gravés,
les artistes ayant commis de nombreuses
erreurs. D'or à Vaigle de sable, au chef
parti, ne signifie pas, comme le croit M.
S. G. L. que l'aigle a deux tétés, car la
tête d'un aigle ne se nomme pas chef ; en
outre le terme parti correspond à une di-
vision en deux par une ligne verticale et
non au dédoublement d'une pièce ou
d'un meuble.
Je suis pleinement d'accord avec la ré-
ponse de M. du Roure, sauf en ce qui
concerne l'indication concernant le pla-
cement des pièces dans un éeu ; c'est
lorsque les pièces ou meubles sont placés
I et 2 que cette disposition anormale doit
être signalée, et non lorsqu'ils sont pla-
cés normalement c'est-à-dire 2 et i,
NlSIAR.
*
* »
M. le baron du Roure de Paulin, qui à
publié plusieurs ouvrages héraldiques es-
timés, a commis une erreur qu'il est à
peine besoin de relever, la plume ayant
sûrement travesti sa përisée. Trois meu-
bles dans un écu se posent 2 et i (posi-
tion normale que 1 'on ne doit pas bla-
sonner) et non 1 et 2, que l'on désigne
par le terme mal ordonnés.
Je ne comprends pas qu'on puisse citer
le P. Ménestrier comme référence en ma-
tière héraldique. Ge fut un auteur néfaste
et les éditions successives de sa Méthode
raisonnée du Blason ont empoisonné le
xviii* siècle, préparant ainsi la décadence
dé l'art héraldique.
Palliot le Jeune.
Armoiries sur un livre de 1671
(LXVI, 437). — Les Béthune-Charost
portent d'argent à la fasce de gueules. Le
deuxième quartier des Béthune-Sully est
d'a{ur semé de fleurs de lys d'or. II est
donc fort probable que ce fer de reliure a
appartenu à un membre de la famille de
Béthune, qui a compté douze officiers des
Ordres du roi. En recherchant des allian-
on trouvera les armes du second
ces,
écii
NlSlAR,
Lé premier écu
bre de la famille
appartient a un mfehi-
des Béthune de Sully.
Les I et 3 sont les armes de famille ; les
2 et 3 doivent se lire : D'azur semé de
fleurs de lis d'of^ ; à la tour d'argent bro-
chante sut le tout. Ces armes furent don-
nées par Henri IV à son fidèle Maximilien
de Sully, lorsqu'il érigea en sa faveur la
principaulé souveraine d'Hennchemont et
Boisbelle, dans le Berry. P. le J.
N' 1344, Vol,
LXVI.
L'INXaKMBDlAIRE
Les d'O, seigneurs de Franconville, de
Menou etde Courteille, portent : J'heimt-
nes au chef ou dentelé de gueules.
NlSlAR.
Armoiries de Paris en écartelé
(LXVI, 437). — Ce sont les armoiries de
l'Université de Paris.
Comte Pasini frassoni.
Mêmes réponses : P. leJ. ; Nisiar.
Armes à déterminer : trois
abeilles (LXVL 437). — Les familles
qui portent j abeilles d'or sur a^ur sont :
Barberini, Brugières, Melet de Saint-Mar-
tin, Portière de Beaujours, Regnon de
Chaligny et Simon.
(Rietstap, Armoriai général.)
NlSIAR.
• *
Ne serait ce pas les armes de l'illustre
famille italienne des Barberini (dont un
pape), qui blasonne : D'a:(ur à trois
abeilles d'or ?
je ne connais pas en Bourgogne de fa-
mille portant des armes semblables
P. LE J.
Ex-libris à déterminer : Trois
têtes de paon (LXVI, 392). — Appar-
tient a la famille Ponnat, en Dauphiné.
Un autre ex-libris anonyme de cette fa-
mille, porte les armes de Ponnat écarte-
lées de celles de Garcin de Larnage :
Ecartelé d'azur et d'or ; à la fasce d^ ar-
gent, brochante sur l'écattelé et chargée de
trois molettes de sable.
P. LEj.
Deux familles portent d'or à ^ têtes de
paon d'azur : Marchant de la Châtelaine
et Ponat ou Ponnat. Rietstap dit ces Mar-
chant francomtois.
J'ajoute pour eux, que le Nobiliaire de
Franche- Comte par de Lurion dit que les
têtes de paon sont de sable, avec filiation
du XV* siècle à 1858. La Chesnaye des-
Bois, lui, dit les tètes de sinople.
Petracorensis.
Un ex-libris inconnu (LXIil,303j.
— C'est la marque de j. Liber, l'auteur
des Pantagruélique*.
Gramadoch.
564
Plaque de garde-chasse du XVIII»
siècle. Armes à identifier (LXVI,
438). — La description donnée par M.
M. H. B. n'est pas compréhensible, hé-
raldiquement parlant. D'argent... accom-
pagné d'argent. .. et accompagné de trois
coqs n'a aucun sens.
NlSlAR.
« Quo non ascendam > ou « as-
cendit » (LXVI, 283,923). — LaMevise de
Fouquet était Quo non ascendam.
B. —F.
La curieuae épitaphe du cha-
noine Vital d'Ardengost (LXVI, 342,
406). — L' \nscn^\\ox\ Hic j acet intumba...
m'est depuis longtemps connue.Je l'ai lue
tant de fois sur les murs du cloître atte-
nant à la cathédrale de l'antique évèché
de Comminges (500) ! Le regretté baron
d'Agos s'en est fort savamment occupé
dans son ouvrage sur saint Bertrand .
l'en pourrais donner Ta tradu'-tion, mais
le confrère j -W. a tout intérêt à recourir
à la ^' ie et miracles de saint Bertrand ,
avec une notice historique,., par Louis
de Fiancette d'Agos, Saint-Gaudens ,
1894. in-i2 que, malheureusement je n'ai
plus à ma disposition. F.
•
• *
Je ne sais si, pour décacher le sens de
cette épigraphe, je suis un « savant lati
niste », mais il m'a l'apparoir assez fa-
cile à expliquer. Pour ce, je cuide qu'il
ne faut pas s'en tenir à la signifianse
strictement littérale de certains mots,
mais à un sens en rapport, ainsi que cela
arrive moultes fois. Il y a un jeu de mots
d'une ironie macabre sur le parfum de la
rose du monde et celui qu'elle exhale de-
venue cadavre :
Ici git dans la tombe une rose du monde,
non une rose pure.
Elle n'exhale pas de parfum., mais elle
sent ce quelle a coutume de sentir.
B. -F.
Poésie monosyllabique. (LXIII ;
LXIV ; LXV ; LXVI. 123, 2^^,468). — Il
va sans dire qu'au lieu de terre, il faut lire
une. Je n'ai pas eu l'occasion de revoir les
épreuves. JoACHiM KÙHN.
Indiculus universalis (LXVI, 440).
— L'indication donnée par Fr.Noél relati-
DE^ CHKRCHhURS
Ç65
vementau Diction); aire français latin qui
avait admis, selon lui, trop de néologis-
mes, n'est pas 1res précise ; au moins
dans sa 3« édition, que j"ai sous les yeux.
Il l'appelle d'abord »< le Dictionnaire publié
par M. Villiers, de l'Oratoire » et plus
loin : « la dernière édition de Lallemant
par M. Villiers >* ; et il en indique la date :
18015 II s'agirait donc d'une édition re-
maniée du Dictionnaire publié d'abord à
Rouen en 1760 (d'après Vapereau). par
Lallemant, sous ce titre : Le petit apparat
royal ou Nouveau dictionnaire français-
latin, ouvrage adopté au xviii» siècle par
l'Université de Paris, et plusieurs fois
réimprimé. Ibère.
« «
Il s'agit sans doute de l'ouvrage sui-
vant : « Indivclvs vniversalis Rerum fere
omnium qu« in Mundo sunt, Scientiarum
item Artiumque nomina Apte breuitenjue
colligens. L'Vnivers en abrégé, Où sont
contenus en diuerses Listes presque tous
les Noms des Ouurages de la Nature, de
toutes les Sciences, et de tous les Arts,
auec leurs principaux Termes, Par le P.'
F. P. de la Compagnie de lesus. A Lyon,
chez Antoine Molin. M.D.C. LXVl'l. »
(In- 12, pp. 276, sans les dédicaces et les
liminaires. Dédié au Dauphin).
Les initiales F. P désignent le jésuite
François Pomey (1618-1673), natif de
Pernes (Vauclusej, longtemps professeur
d'humanités et de rhétorique, puis préfet
des études au collège de Lyon, où il mou-
rut âgé de 55 ans. Cet Indiculm, de 1672
à 1703, fut souvent réédité ou réimprimé,
a Lyon surtout mais aussi a Liège,
Rouen, Douay, Toulouse, Bordeaux, Châ-
lons (1692, pp. 486), Limoges, Pau. 11
fut traduit en italien (1680). flamand, an-
glais, allemand, portugais, espagnol, et
même en chilien. (Voir pour le détail :
Sommervogel, Bibliothèque de la Compa-
gnie de Jésus, t. VI, col. 986-9, n° 13). En
',7.54-'55, l'abbé Dinouart en publia une
édition « corrigée, augmentée et mise dans
un nouvel ordre » (Paris, pp. 520).
Dasserc.
[ Même réponse : F. B. (qui a la bonne
grâce de mettre son exemplaire à la dispo-
sition de l'intermédiairiste qui le désire-
rait) , G. 0. B. ; Boghaert-Vaché; Deher-
MANNI.
HT CUiUBUX 30 Octobre 191a
566
Les Mocos et la Mocotie (LXV,
S96). — Voici l'explication que donne
Mistral dans lou Trésor don Felibrige :
Comme les Provençaux emploient fré-
quemment la locution 'm' acd — {emi acà,
avec cela, ensuite) — qu'ils prononcent
quelquefois 'm' ocb, les marins des ports de
l'Océan désignent par le sobriquet de mocb
les Provençaux du littoral et ceux de Toulon
en particulier. Les officiers de marine pré-
tendent que le matelot mocô est incivilisé,
raisonnear et peu disciplinable.
Les Toulonnais sont encore appelés
manjopoupre, mangeurs de poulpes.
D'Heuzel.
La (( hanche ^^ du lièvre et du
perdreau (LXVI, 439^. — M. A. d'E...
n'aurait-il pas dû entendre la « ranche >
au lieu de *' hanche ? » En Bourgogne,
ranche veut dire sillon, piste, rang, ran-
gée. Bibl Mac.
Guilhem (LXVI, 95, 225, 373). ~
Une famille Gudhem originaire du Lan-
guedoc existait au Moyen Age ; elle alla
habiter en Bretagne. . Elle avait pour de-
vise :
Tel cret guilha Guilhem, que Guilhem
le guilho .
Tel croit vaincre Guilhem, c'est Guil-
hem qui le vaincra.
Guilhem ou Guilhem signifie vainqueur ',
C'est la souche de Wilhelm et de Guil-
laume.
G. DE Marolles.
Chanson bretonne : t Les Gars de
Locminé » fLXVl, 290, 419).
Sont, sont, sont, les Cas de Locminé,
Qu'ont de la maillette,
Qu'ont de la maillette,
Sont, sont, sont, les gas de Locminé,
Qu'ont de la maillette
Dessous leurs souliers.
C'est dessous leurs souliers qu'il faut
dire, et non sous. La mesure n'y serait pas,
d'ailleurs.
La maillette est une monnaie ancienne,
qui se confond avec la maille C'était une
menue monnaie : « être sans sou ni
maille > . Il y avait, cependant, en Lor-
raine, des mailles d'or.
Ce doit être une très vieille chanson,
que celle des Gas de Locminé, et proba-
blement dorigine basse-brète ; car cet air
est très connu dans la Bretagne breton-
s* 1344 Vol. LXVI.
1J67
LINTBRMÊDIAIRB
568
nante. Le rythme en est fort beau, quand, [ l'auteur de la Chartreuse de Parme. Quel
au lieu d'en faire un air de danse, on le
chante un peu lentement, en le scandant
avec énergie. Alors, la chanson prend les
allures d'un chant de guerre ; et je ne
serais pas surpris qu'à l'origine il en fut
ainsi.
Frédéric Le Gujader.
Origine du nom de Mistinguett
(LXVI, 194, 471). Mlle Mistinguett a
répondu elle-même dans une interview :
— ... Enfant dès mon tout jeune âge, je
ne grandis que plus tard, en apprenant à
jouer du violon. Un jour, j'ai rencontré
« un auteur ». qui m'a dit : « Toi, tu as le
genre anglais, tu devrais l'appeler miss...
« J'ai justement une chanson... la Mistitt-
gtto . .. » Et c'est en chantant :
O la Mistinguo,
O là Mistinguette !
que je devins Miss Tinguette, puis Mistin-
guett tout court, court comme mes cheveux
L. Capet.
Mont-Pagnotte (LXVI, 187, 524,
423). — Erratum : col. 427, lire : genti-
luomini.
Tejé (LXVI, 394, 518). — M. Paupe
a déjà répondu à ma question, en termes
identiques, dans le Mercure de France
(n° du i6 octobr^i courant, p. 87 2J, et
bien queje ne sois pasStcndhalien - avec
un grand S — son amusante rcjionse me,
cause cependant une douce gaieté, par
l'explication qu'il donne de la devinette,
« et non anagramme » contenue dans le
mot «< tejé >>. je dis : « et non ana-
gramme *, car mon vénérable confrère
A. Paupe, bien que stcndhalien — avec
un petit s, cette fois, — n'a certaine-
ment pas lu la déHnition de Tanagramme :
« transposition des lettres d'un mot ou
de plusieurs mots d'une phrase, de telle
façon que ces lettres forment un autre ou
d'autres mots ayant une signification
toute différente ».
Les anagrammatistes auront donc quel-
que peine, malgré toute leur bonne vo-
lonté, à reconnaître dans w tejé », dont
l'anagranmic unique est «* jelé v»^ celle de
«jésuite > ; et l'ignorance de M. Paupe,
relativement à la signification exacte du
mot anagramme, leur causera une douce
gaieté, qi»e partagera, dans sa tombe,
dommage que les manakins noirs, hup-
pés ou non, ne lisent pas le Mercure de
France ou notre cher Intermédiaire : eux
aussi poufferaient de rire, j'en suis cet-
tain !
J'habite le pays de la galéjade (galé-
ger : gallus agete), et je suis le premier à
déplorer mon ignorance coupable de l'au-
tobiographie d'Henri Beyie, que tout
Français devrait évidemment savoir par
coeur. Cette ignorance — felix cuipa 1 —
aura cependant eu pour effet d'apprendre
à un certain nombre de mes confrères de
Xhdertnèdiaire. ce que savent tous les
stendhaliens, mais ce qu'on a peut être le
droit d'ignorer en dehors de leur cénacle,
où l'on parait se complaire à l'aimable
jeu de la devinette, Par contre, cette même
ignorance m'aura permis d'apprendre à
M. Paupe ce qu'est une anagramme.
Nauticus,
de la ttibu des dentirostres.
» ♦
Nauticus qui sait tant de choses et
les répand dans nos colonnes, avec une li-
béralité si généreuse, pouvait bien igno-
rer ce que tejé veut dire. Nous l'ignorions,
nous aussi, qui avons laissé passer sa ques-
tions. M. Remy de Gourmont, dans le
charmant petit entrefilet qu'il a consacré
à ce sujet, s'en est aperçu avec indulgen-
ce, et nous connaissons trop M. Paiipe,
stendhalien fervent et passionné, pour avôit*
attaché à la rectification qu'il a faite et
qui nous atteint de surcroit, comme
éditeur responsable, un sens désobligeant
qui n'est pas dans sa manière. C'est dans
cet esprit que le Mercure de Fiance, qui
est le miroir lé plus fidèle des Idées depilis
vingt trois ans, en France, et qUi ne cesse
de nous prodiguer les marques de sa pré-
cieuse confraternité a soulighé cette petite
polémique. fElle a eu, du moins, l'avaM-
tage de répandre dans le public — car la
presse s'en est emparée — ce tejé sigrii-
fiant mystérieusement jésuite et qui était
peut-être une anagramme tout de même
pour Stendhal ].
Reliures en peau humaine (T. G.,
7t)i ; LXVI, 12. s 2^.) — Le professeur
Cornil n'était pas le seul aniaienr île peaux
humaines tatouées. Nous lisons, en effet,
dans le Journal (ti" du 8 octobre dernier)
sous ce titre : Les collections bi:(arres :
DJiS CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Octobre 1913
569
570
Une respectable dame américaine collec-
tionne les tatouages. Elle propose des som-
mes considérables aux personnes qui portent
sur la corps la déclaration indélébile
qu'« Adèle est leur bien- aimée '•> ou qui
«/a clwise » est souhaitable, moyennant quoe
plusieurs de ces obscurs illustrés ont con-
senti à se laisser découper le fragment d'épi-
deime révélateur.
P . c. c. F. Bargallo.
SlroucatUcî} et (Çurtoaites
H
g
Les No ailles rentrent d'émigration •
on leg dépouille de :eurs insignes-
— C'est un curieux dossier que celui que
nous publions Nous regrettons que le
cadre de la revue ne nous permette pas
de lui apporter tous les éclaircissements
nécessaires.
Nous voyons débarquer à Calais, Louis -
Philippe-Marc-Antoine de Noailles, duc de
Mouchy, prince de Poix, qui a été gou-
verneur de Versailles, capitaine des gar-
des du roi, maréchal de camp, qui est
chevalier de la Toison d'or et grand d'Es-
pagne, avec sa femme, Anne-Louise-Marie
de Beauvais, et leur fils Antoine-Claude-
Dominique-just comte de Noailles, qui
sera duc de Mouchy et prince de Poix,
qui deviendra chambellan de Napo-
léon i*',puis ambassadeur de Louis XVIIl
e n Russie.
Ces personnages sont parmi les pre-
miers gentilshommes de grande noblesse,
q ui crurent pouvoir rentrer en France, à
la faveur des excellentes dispositions du
C onsulat, qui rouvrait si largement la
p orte aux émigrés.
Mais l'administration n'est pas débar-
assée de son personnel jacobin ; et l'un
des plus représentatifs et des plus pittores-
ques échantillons de cette espèce, est le
citoyen Mengaud, commissaire de police
àBouIogne. Son pouvoir nocif est sensible-
ment diminué, mais il peut encore, au
nom des principes qui l'animent, tracasser
ceux en lesquels il voit des hommes de
l'ancien régime, et exercer contre la no-
blesse les sarcasmes d'un esprit qui n'est
pas de premier choix.
jB. Les Noailles Poix, à cette rencontre, ne
perdirent^que les insignes de leurs di-
gnités ; c'est peu de chose en considé-
ration de ce qu'ils eussent perdu, en de
pareilles circonstances, cinq ou six ans
plus tôt. LÉONCE Grasilie^.
Le Comm'ssaire de Police nu Minière delà
l^olice générale.
Calais 30 prairial an 8
Citoyen Ministre,
Je vous ai dit dans mon n" 87, qu'une des
raisons qui m'ont empêché de mettre Le
Beigne en détention, d'une toute autre ma-
nière que j'ai été forcé de le faire, a été à
cause du monde logé dans la maison d'arrêt
depuis la veille. Voici quel est ce monde :
Un soi-disant Martin, muni d'un passe-
port de la fabrique de Jacobi à Londres et
que j'ai bientôt reconnu pour un ancien offi-
cier de la marine royale ; ensuite, le com-
mandant et trois matelots d'une espèce de
paquebot qui était déjà venu ici avec des
passagers et à qui il avait été défendu de ré-
cidiver sous peine d'arrestation du navire et
de l'équipage, ce que je viens de faire, en
quoi j'ai été secondé par le Commissaire de
marine qui doit en avoir écrit à son Minis-
tre. )e vous en écrirai plus au long, sitôt
mon expédition à Boulogne terminée.
La même embarcation nous a fait le ca-
deau de Philippe Nonlles^ cx-prince de
Poix ;ou moins se prétendant tel, it se disant
de plus rayé sous ce dernier nom, de la per-
sonne duquel je n'ai pu m'assurer qu'au
moyen du cautionnement par écrit d'un né-
gociant. Comment aurais-je pu faire autre-
ment ? La prison ou maison d'arrêt est plei-
ne ; il n'y a point de gendarmes ici, (ceux
qui ont conduit Duperou n'étaient point
encore de retour) que le brigadier Pierredon,
qui ne vaut rien , l'ivrogne Dorlé qui a
laissé échapper Duperou et un autre mauvais
sujet, nommé Ravaut. qui pourrait bien
être la première cause de la fuite de Dupe-
rou, ce que je m'occupe d'éclaircir. C'est ce-
pendant ce même Ravaut que je suis obligé
de placer chez Le Bègue, n'osant en confier
la garde aux appariteurs dont il y aura tout
à l'heure deux de destitués sur quatre qu'ils
sont, sans qu'on puisse encore voir où l'on
prendra pour les remplacer. On n'attend que
mon retour pour renvoyer Lamote, celui qui
parait avoir partagé les sottises du brigadier
Pierredon, lors de la conduite de Berlioz et
de la femme Chalamet. Je vous avoue que,
vu le désir que j'aurais de bien travailler et
de voir chacun, comme moi, n'écouter que
son devoir, je me tiouve dans une situation
fâcheuse, Contrarié par un polisson de com-
mandant de place, gêné par les petites con-
sidérations individuelles des membres de
l'administration, dénué de l'autorité supé-
rieure nécessaire, je vous donne ma parole
d'honneur de l'impossiblité où je suis de
rester ici, à moins que la gendarmerie, sauf
deux et le commandant de place, ne soit
N» 1344 Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
57»
572
transplantée ailleurs. Quant à ce dernier sur
lequel je vous écrirai plus amplement, rien
de plus aisé. Qu'au nom île la Constitution
qui fixe un général de brigade pour l'im-
portante place de Cahis, il aille végéter dans
sa nullité, là où elle ne pourra nuire à la
chose publique. Que voulez-vous qu'on fasse
d'un commandant de place et de gendarmes
amenés ici par des intérêts de famille. Ou
ils sont du pays, ou ils sont mariés avec des
femmes qui en sont. Ces réflexions seraient
fort inutiles s'il s'agissait il'un autre posle
que Calais, qui semble être aujourd'hui le
pont le plus fréquent des ennemis de la Ré-
publique. La multitude des voyageurs allant
et venant sous toutes sortes de prétextes, le
tripotage de passeports de Jacobi et de
Talleyrand, auquel il parait que le Ministie
de Danemarck à Londres, s'est associé, la
contrebande, etc.. tout semble exiger que le
service dans Calais soit fait par des hommes
probes et inaccessib'es à toute autre consi-
dération que celle de la chose publique.
M. le Prince de Poix, témoin de la ma-
nière dont j'ai fait fouiller le prétendu mar-
chand Martin, ancien officier de la marine
française, me prenait, me serrait la main,
voulait m'entretenir en particulier, quand il
s'est apeiçu de la paralysie de mes affections
morales au sujet de ces démonstrations, il a
mis en avant son nom, ses jadis qualités que
des lettres de recommandation trouvées sur
lui sembleraient annoncer comme devant en
faire de rechef l'un des satellites d'une pla-
nète monarcliiqne ; moi, de mon côté, j'ai
mis en avant ces deux talismans effrayants
pour les gens c jmme il faut et que Talley-
rand répète tous les jours du plus profond ,
de son cœur: Libtrté, Egalité, nous sommes
tous libres, tous égaux sous la loi et par cela
même elle est une pouy tous, je ne connais
qu'une balance, qu'une mesure fcn consé-
quence je me suis permis de fa're fouiller et
déshabiller Monseigneur, homme fort aima-
ble d'ailleurs, tout comme on avait fait à
M. Martin, marchand de soie allant à Franc-
fort-sur-l'Oder, en vertu de la toute puis-
sance de M. Jacobi, qui voulait y envoyer
Duperou. Vous me demanderez d'où vient
que je n'ai pas traité la principauté comme le
serviteur de Neptune, quant à la détention.
D'abord I hilippe Noailles ou le Prince de
Poix, comme on voudra, je ne le connais
point, s'est annoncé d'une manière aussi
franche que Lajard, il s'est dit émigré, ren-
trant parce qu'il ^e croyait rayé et je crois
qu'il restera aussi tranquille que ce dernier
en attendant vos ordres, au lieu que M. l'offi-
cier de marine nous en a imposé d'une ma-
nière si évidente que l'administration n'a
pas cru lui devoir les mêmes égar. s qu'à
Noailles ; et dans la nécessité de prendre des
mesures de réclusion, surtout quand le local
est restreint, il est toujours plus juste de
Irapper le coupable que celui qui n'est que
présumé. Au reste, à mon retour de Boulo-
gne, j'aurai peut-être quelques lumières sur
Lajard et Noailles dont je vous ferai paît. Je
verrai le C" républicain sous-Préfet qui me
dira probablement quelque chose aussi des
protections puissantes dont ces MM. m'ont
parlé, et au moyen desquelles on est sûr
d'obtenir, de faire de grandes choses bien
précieuses pour la République. Les incura-
bles sont toujours incurables. Jusqu'à pré-
sent, je n'ai rien trouvé dans les papiers de
Noailles. Il ne reste plus qu'à examiner le
contenu de sa malle, ce qui se fera cette
nuit.
Sur le même bâtiment, est arrivé un M. Ri-
vier, négociant d'Aubonne, canton Léman en
Helvétie.dont le passeport était tombé entre
mes mains depuis is jours et que je vous
envoie. A l'arrivée de ce particulier, qui pa-
raît être de très bonne foi et à qui il n"a été
donné un surveillant pour l'accompagner à
Paris, guère que pour la forme, j'ai soumis
son passeport à l'examen de l'administra-
tion, tous ont été d'accord qu'il portait une
empreinte de faux, quant à l'écriture à la
main qui par?it avoir été placée sur des ra-
tures. Vous jugerez peut-être à propos. Ci-
toyen Ministre, d'en conférer avec le M. Hel-
vétique afin d'éclair^ir ce qu'il en peut être.
En parlant de passeports me ferez-vous une
réponse sur ceux qui font l'objet de mon
n° 37. J'en aurais d'autant plus besoin que
je suis très décidé à faire ce que je vous
annonce dans mon n° 83.
J. Mengaud.
'Archives nationales. F 7.7749. D' 5740.)
Calais /e"" Messidor an 8
L6 Maire de Calais
au Ministre de la Police générale,
Citoyen Ministre,
J'ai l'honneur de vous informer que le bâ-
timent danois le Mercure, capitaine Bachu-
sen,est entré le 19 dernier en ce port et a dé-
barqué les passagers suivants : F. Martin,
mis dans là maison d'arrêt Rivier et son
épouse, n''gociant d'Aubonne. Noailles et son
domestique mis et: surveillance sous le cau-
tionnement du citoyen Becquet de Calais.
Vous recevrez du Commissaire de Police
les passeports des trois premiers et divers
renseignemer.ts qui les concernent.
Salut et Respect,
Signé Blanquart.
(F. 7, 77^6. D'' S726)
Boulogne a Messidor an 8,
Le Commissaire de Police au Ministre de la
Police Générale.
Citoyen Ministre,
Préiumant, d'après l'expédition d'un cour-
OÈS CHERCHEURS ET CURIEUX
573
3: Octobre 191^
rier pour atteindre la malle et qui a couru
jusqu'à Luzarches, que l'ordre concernant les
nommés Butler et Maclet.du 28, n'admettait
aucun délai, j'ai remis à mon retour de Bou-
logne à Calaisjl'examen des effets de ceux des
débarqués détenus, dont je vous parle dans
mes lettres d'hier et d'avant hier. Cependant
au moment de partir, il a fallu céder au be-
soin qu'ils avaient de leurs nippes et en con-
séquence je fis procéder à l'ouverture et per-
quisition des malles. Tous les papiers, sans
distinction, ont été mis de côté et en sûreté
et avec eux d'autres objets aussi que j'ai cru
devoir déposer à la municipalité qui m'en a
délivré une reconnaissance et qui sont la pro-
priété du ci-devant prince de Poix : i» une
toison d'or avec son grand collier et autres
accompagnements tels que cela se porte les
jours de cérémonie, 2° deux petites décora-
tions idem à chaînettes pour la boutonnière ;
3" une croix de St-Louis, 4" idem de Malte,
50 une grande pièce (crainte de disett» les
manufactures de c«t objet n'allant plus en
France) de plusieurs aunes de cordon rouge.
11 ne manquait pour compléter cette intéres-
sante colieLtion que le licou et le crachat du
St Esprit.
Si, ainsi que je vous l'ai mandé en vous
parlant de l'arrivée du seigneur porteur de
ces joujoux qui, matériellement, ne valent pas
30 louis, mais qui semblent avoir conservé
leur valeur idéale, nous avions eu du monde,
et une prison et moi des moyens suffisants
d'autorité, et quoique avant la découverte de
ces emblèmes contraires à l'esprit d'égalité,
j'eusse consenti à laisser M. de Poix sous le
cautionnement dun négociant,je ne me serais
cependant pas arrêté à l'éloquence mielleuse
de M. notre Maire, et j'aurais fait coffrer
Monseigneur que je trouve par trop original
de rentrer sans passeport et de venir sollici-
ter sa radiation avec de pareils titres. Au reste,
comme pour avoir donné mon consentement
à la surveillance sous cautionnement et qu'à
cet égard j ai tort, autant que notre sensible
et très respectueux Maire, je vous engage
Citoyen Ministre,à nous envoyer une mercu-
riale telle que nous la méritons tous deux.
Cela fera qu'une autre fois, dans pareil cas, le
citoyen Maire ne transformera plus les déli-
bérations en séances de l'Institut, et que moins
gêné par des talents oratoires que Je n'ai
point, je pourrai abréger et tout faire décider
strictement au nom de la loi et des princi-
pes. En voyant l'étalage de tous ces précieux
bijoux, le Maire a finement observé que tout
ce que Monseigneur le Piince de Poix avait à
faire de mieux, pour réparer ce défaut de
prudence, était de déclarer qu'il ne les avait
conservés qu'afin d'en faire hommage en
preuve de son républicanisme. Un pareil
conseil, tout simple qu'il est, eût été digne
du généralat parmi les frères de Jésus. Comme
574
il ne faut faire de la peine à personne,et que
1 ordre entier des successeurs de jason pour-
rait prendre pour u:;e pollution, le maniemen-
frëquent que je ferais des roarques honorifit
ques d'une société aussi utile, je vous prie de
donner des ordres directs à l'administration
sur la destination de ces amulettes de la char-
latanerie monaichique.
Salut et fraternité,
J. Mengaud.
Le Commissaire de Police au Ministre de la
Police générale.
Calais 5 Messidor an 8
CitoVen Ministre,
Pendant les deux fois vingt quatre heures
que j'ai passées à Boulogne, le citoyen Noail-
les ex-prince de Poix a écrit à l'administra-
tion une lettre qu'elle vient de me commu-
niquer, dans laque], e il fait l'offre à la com-
mune, en faveur des pauvres, des décora-
tions matérielles dont je vous ai parlé dans
mon n» 92. Présumant qu'une destination de
cette nature ne peut qu'obtenir votre suffrage,
j'ai cru devoir consentir, d'autant que ces
objets passeront sous le marteau pour être
réduits à la valeur du poids. Cependant il
ne sera pris aucune décision avant votre ré-
ponse.
Salut et fraternité,
J. MtNGAUD.
Calais 5 Messidor an 8« de la R. F.
Le Maire de Calais
au Ministre de la Police générale .
Citoyen Minstre,
J'ai eu l'honneur de vous informer que
Philippe Noailies a débarqué en ce port le
29 dernier, sur l'assurance qui lui a été don-
née qu'il avait été rayé de la liste des Emi-
grés.
Il a été trouvé dans sa malle des ordres de
la Toison d'or et autres dont il a déclaré
vouloir faire un don en faveur des indigents
de cette ville.
La valeur de ces différens objets déposés à
la municipalité est d'environ trois cents
francs. J'ai répondu à celui qui en était le
possesseur qu'en connaissant le grand nom-
bre de mes concitoyens dont la misère ré-
clamait une portion de ce don, je ne pou-
vais cependant l'accepter sans avoir été auto-
risé à en faire un semblable emploi. Je vous
prie donc. Citoyen Ministre, de permettre
que ces vaines décorations soient consacrées
aujourd'hui à un but de bienfaisance. Elles
seront brisées en présence de la municipalité
et du Commissaire de police et vendues par-
consécuent pour leur seule valeur intrinsè-
que, dont l'argent sera déposé au bureau de
charité.
Je ne prétends pas que les pauvres de cette
commune aient plus de titres que d'autres à
cette distribution, mais trop répartie, elle de-
N 1344, Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
"^15
57b
Calais
qu'on
viendrait insensible et peut être est-il bon
que quelques individus s'en ressentent.
Salut et respect.
A.-J. Blanouard.
Ministère
de la police i;énèr aie
j" Division
5« Bureau
Note pour le Ministre,
Philippe Noailles est débarqué à
venant d'Angleterre, sur la certitude
lui avait donnée qu'il était rayé ; le Ministr«
a donné sur-le-champ lies ordres pour qu'il
puisse pénétrer dans l'intérieur.
Le maire de Calais rend compte que lors
de la visite de sa malle on a trouvé des or-
dres de la Toison d'or et autres objets dont
Noailles a déclaré vouloir faire don aux indi-
gents de Calais ; la valeur se monte à peu
près à 300 francs.
Le Maire annonce qu'il n'a pas voulu ac-
cepter sans y avoir été autorisé en consultant
le ministre, :i cel égard, il obseive qu'il se-
rait convenable de distribuer cette somme
entre les plus nécessiteux seulement.
Je pense que le ministre ne peut pas dés-
approuver la conduite du maire et qu'il peut
s'en rapporter à sa prudence et à sa sagesse
pour la plus juste distribution de la somme.
Le Comtn.ssaiie de Police au Ministère de la
Police générale.
Calais, 10 Messidor an 8
Citoyen Ministre,
Conformément à vos ordres il a ité délivré
un passeport au citoyen Noailles, pour con-
tinuer sa loute sur Paris et que j'ai signé.
J'ignore s'il est parti, mais je le présume
d'après ce que la voix publique répand de
l'arrivée et du départ d'une dame et d'un
jeune Monsieur que l'on dit être, l'une
l'épouse, l'autre le fils du citoyen Noailles-
Poix. Je ne puis rien vous atfirmer à cet
égard, n'ayant eu aucune communication des
passeports de ces deux individus qui, logés
chez Grandsine y auront appris, peut-être,
comme tant d'autres que l'obligation aux lois
et règlements n est pas une affaire de néces-
sité.
Le citoyen Noailles-Poix paraît avoir laissé
entre les mains du maire, les ornements dont
je vous parle dans mes n"' 92 et 95, afin,
a-t-il été dit, d être passés sous le marteau,
pour le produit en être distribué aux indi-
gcns. Cependant, je serais assez d'avis que
vous demandassiez l'envoi entre vos mains
de ces objets Vous me direz que cela ne
s'accorde guère avec ce que j'ai eu l'hon-
neur de vous écrire à ce sujet dans mon
n* 95. Voici de quoi expliquer cette contra-
diction apparente.
Le citoyen Noailles-Poix avait un registre
de correspondance dans lequel il se trouvait,
tant en lettres originales qu'en copies, des
preuves de son dévouement à la famille royale
et des preuves qu'il a été sacrifié par elle, en
ayant reçu sa démission de capitaine des
gardes, mais cependant avec la recon-
naissance d'un brevet de retenue de
soo.ooo f rs . , laquelle reconnaissance col-
lée contre un des feuillets de ce registre et
toute de la main de Louis XVill, en a été dé-
tachée pour être conservée par le citoyen
Noailles-Poix, qui sans doute y attache proba-
blement encore quelque importance, ne fut-ce
que celle de se faire rembourser en dédom-
magement de ses frais de rentrée en France.
Sous tous les rapports, je pensais que le re-
gistre en question, malgré son peu de vo-
lume devait vous être renvoyé, d'autant qu'il
était en plus d'un endroit très avantageux
au cilOA'en Noailles-Poix. L'opinion du Maire
a été qu'il fallait le détruite et j'en ai vu ef-
fectuer, non pas la lacération, mais l'enlève
ment des feuil.ets écrits et j'ignore ce qu'ils
reste, ils ont été détachés
plus" 'g'rand soin par M. le
qui déjà avait eu celui
sont devenus. Au
du livie avec le
Maire lui-même,
de... {sic)
Salut et fraternité,
Mengaud.
— Calais, aç Messidor an 8
Z/ ' Maire de Calais
au Ministre de la Police générale,
Citoyen Ministre,
D'après l'autoriiation que vous m'aver
donnée par votie lettre du 17 de ce mois, je
viens de faire vendre à un orfèvre de cette
ville, les ordres dont le citoyen Philippe
Noailles avait disposé en faveur des indi-
gents de cette commune, lors de son arrivée
à Calais,
Cette vente, qui a eu lieu en présence des
deux adjoints et du Commissaire de Police, a
produit 3^0 fr., qui ont été versés dans la
caisse du bureau de charité.
Ce secours, tout léger qu'il est, nous est
arrivé fort à propos pour soulager quelques
malheureux, et je vous prie d'agréer leurs re-
merciements pour le consentement que vous
avez donné à l'emploi de cette somme.
Salut et respect,
Blanquart.
Li Directeur-gérant :
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TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
578 ~
Nous
nos correspondants
ptions nos correspondants de
voïiloir bien répéter leur fwrn au-dessous
Je leur pseudonyme, et de n'écrire que
d'un côté de la feuille . Les articles ano-
nymes ou signés di pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Quand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauf exception,
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom eu le
titre d'une famille non éteinte.
fl5lue0tian0
Rodolphe Gerltier. Une prophé-
tie sur la chute de l'empire de Ma-
homet. — La Revue des Deux-Mondes,
dans son numéro du 15 septembre 1855,
publiait un article de John Lemoine. Cet
auteurestpeu suspectdece que l'onappelle
aujourd'hui cléricalisme, et peu tendre
pour les prophéties qui dénoncent, de par
leur essence, l'action d'un être supérieur
pour qui le présent et le futur ne sont
qu'un seul acte de vision saisissant immé-
diatement ce qui a été, ce qui est et ce
qui sera Dans une note, qui tient bien la
moitié d'une page, M. John Lemoine cite
une prophétie très curieuse. Il n'en est
pas le découvreur, car il l'a lue dans un
ouvrage, intitulé The End (la fin), de Cum-
ming, auteur anglais qui écrivait ce livre
entre 1850 et 1854. Cet auteur disait
avoir trouvé le texte de cette prophétie
dans un livre De fliictibus mysticœ navis,
imprimé à Augsbourg en 1675, et qu'il
avait vu à la bibliothèque Angelica de
Rome. Voici le texte que publie John Le-
moine et que j'ai soigneusement colla-
tionné sur la Revue des Deux-Mondes.
Je sépare par un alinéa les différentes
périodes pour mieux diviser la série des
événements qui sont énoncés.
Ante médium seculi XIX seditiones undi-
que iii Europa. Erigentur respublicse, occi-
dentur reges, optimales, ecclesiasti et regu-
lares cœnobia sua deserent ; famés, pesti-
tenti* et teriaemotus plures devastabunt ci-
vitates.
Roma amittet sceptrum propter obsessio-
nes pseudo phuilosophorum ; Papa a suis
captivabitur, et sub tributo ponetur Ecciesia
Dei quae bonis temporalibus exspoliabitur.
Post brève tempus, Papa non erit, Prin-
ceps Aquilonarius cum ingente exercitu per-
curret Êuiopam, respublicas avertet, rebelles-
que omnes exterminabit. Elus gladius, mo-
tus a Deo, Ecclesiam Dei acriter defendet,
fidem orthodoxam propugnabit, et imperium
mahumetanum sibi subiiciet. Novus pastor
finalis e littore per signum cœleste veniet in
cordis simplicitate et doctrina Chisti, et
pax erit reddita saeculo.
De ce texte le premier alinéa ne con-
tient que des choses générales qui peu-
vent plus on moins s'appliquer à toutes
les époques. Une homélie de saint Gré-
goire le Grand qu'on lit au Bréviaire ro-
main disait de son temps les mêmes cho-
LXVï, - 18.
N* I
344"
Vol.LXVI.
579
L'INTBRMÉDIAÎFB
>8o
ses au peuple qui Técoutait, et ces mal-
heurs lui semblaient le prélude de la fin
du monde.
Le Second alinéa est. au contraire, non
pas de la prophétie, mais de l'histoire et
il serait difficile de définir plus briève-
ment et plus exactement l'ensemble des
événements qui ont abouti à la captivité
de Pie IX en 1870 et à la spoliation com-
plète du Saint-Siège. Or ces événements
ne pouvaient pas être humainement pré-
vus quand Cumming a découvert cette
prophétie qu'il a insérée dans son livre.
La troisième partie est à réaliser, et il
est à remarquer qu'elle prédit la ruine de
l'empire de Mahomet par un prince, ou
qui est du nord (nquilonarius}, ou qui
aurait un aigle dans ses armes. 11 serait
bien diflîcile de savoir qui est désigné,
car on ne voit pas le Tzar de Russie dé-
fendre la foi catholique, que l'auleur ap-
pelle orthodoxe et rétablir le Pape sur
son trône après avoir protégé l'Eglise de
Dieu.
Mais ce que je voudrais savoir est la
solution du petit problème suivant.
M. Cumming déclare avoir vu ce vo-
lume de Rodolphe Gerltier (Gualterius,
Geltherius) dans la bibliothèque Angelica
à Rome. Cette bibliothèque, qui apparte-
nait aux Augustins et se trouve à côté de
l'église dédiée à ce grand docteur, a été
naturellement prise par le gouvernement
Italien, mais il a conservé les religieux
augustins qui axaient le soin de la biblio-
thèque. J'y ai fait des recherches pour re-
trouver cet ouvrage de Rodolphe Gerltier,
mais ni dans la Bibliothèque, ni dans les
anciens catalogues qr.i contiennent des
ouvrages qui n'existent plus, je n'ai pu en
trouver trace. Pensant que peut-être un
certain nombre de volumes avaient émi-
gré à la Bibliothèque Victor Emmanuel
où ont été centralisées (avec de nombeu-
ses pertes, vols ou détournements) les bi-
bliothèques des religieux, j'ai fait des re-
cherches qui n'ont pas abouti J'y ai
trouvé un certain nombre d'ouvrages de
Gerltier, ce qui me prouve qu'il était un
auteur fécond, mai*^ n'ai pu mettre la
main sur l'ouvrage De /Itictihus viystica
ttavix. Je sais de plus que d'autres person-
nes ont tenté les mêmes recherches sans
arriver à un meilleur résultat.
Jesaisquej'aurais pu m'adresser à Augs-
bourg otj il semble qu'on aurait dij con-
server trace des volumes de cet auteur à
la bibliothèque de la ville qui certaine-
ment a dû concentrer les ouvrages sortis
do ses presses, je ne lai pas fait. Cette
prophétie fut rééditée il y a une quin-
zaine ou vingtaine d'années par le Péle^
r.'Mqui, du reste, reproduit exactement le
texte de la Revue des Deux-Mondes. Au-
jourd'hui ce texte emprunte un regain de
nouveauté, parce qu'il prédit la fin de
l'empire de Mahomet.
Ce n'est point d'ailleurs la première
fois que l'on prédit la chute de cet empire.
L'abbé Rorbacher, dans son Histoire uni-
verselle de l'église, au livre XXVI, après
avoir commenté à sa manière l'Apoca-
Ivpsc, complète ce qu'il vient de dire par
l'examen d'une prophétie de Daniel (cha-
pitre VU) où le prophète parle d'une pe-
tite corne (corne, d'après le sens biblique
est ici synonyme de puissance), qui doit
grandir rapidement, en détruire deux au-
tres, et dominer unr temps, deux temps et
la moitié d'un teir.ps. Or, dit Rorbacher,
les interprètes voient dans cette petite
corne l'empire mahométan ; les jours
sont des années et par conséquent en
1260 ans, à compter de' la puissance de
Mahomtt, l'ère de l'hégire en 622, nous
arrivons à Tannée 1882 qui doit être
celle de la fin de l'empire du Croissant.
Le bon abbé écrivait en 1840, ce qui est
une circonstance atténuante, la prophétie
était encore à longue échéance. De plus,
le texte latin (le grec et l'hébreu sont iden-
tiques) ne dit pas tempus et duo tempora,
mais simplement tempus, et tempora et
dimidium temporis, ce qui ruine par la
base toute l'argumentation de Rorbacher
sur ce texte de Daniel.
Cela étant, pourrait on retrouver l'ou-
vrage cité de Rodolphe Gerltier De flucti-
bus vivsticœ navis, imprimé à Augsbourg
en 167c ; et, dans l'affirmative, contrôler
le texte de ce passage que nous avons cité,
et dire à quelle occasion, pourquoi et
comment, cet auteur a été amené à citer
dans son livre cette prophétie ?
D^A. B.
Quelles langues parlait Charles
Quint? — Charles Quint, né à Gand,
parla llamand dès son enfance. Mais il eut
tour à tour à gouverner l'Espagne, l'Alle-
magne, le Milanais, le royaume de Naples,
les Indes, etc. Quelle langue parlait-il dans
DES CHBRCHfiURS ET CURIEUX
581
ses relations journalières avec son entou-
rage ? Quelles langues connaissait il ?
H. L.
Lettres de Marie-Antoinette à
Barnave.Qui était l'agent secret ? -
M. O. G, de Heidenstam commence, dans
la Revue de Paris (i"" novembre 1912) la
publication d'une étude sur un dossier
appartenant à la comtesse Emilie Piper,
conservé actuellement au château de
Lôfstad.
Ce dossier contient quarante-quatre let-
tres de Marie-Antoinette « non signées^
mais dont l'écriiure est facile à reconnaî-
tre et l'authenticité certaine », dit-il. Il
contient autant de lettres, « également sans
signatures, et d'un style élégant et cor-
rect. Ecriture et style font contraste avec
l'écriture négligée et hâtive des lettres de
la Keine ; celles-ci sont les réponses à
celles-là ».
Des explications d'une note attribuée à
la Reine, il ressort que c'est la copie
exacte de ce que la Rt-ine a écrit à Bar-
nave et les réponses de celui-ci.
Cette correspondance a été établie après
Varennes. Ce fut au cours de ce voyage
que Barnave devint amoureux de Marie-
Antoinette et qu'il employa à sauver la
monarchie le zèle qu'il avait montré à la
perdre.
On ne nous dit pas pourquoi ce dossier
fut établi, mais vraisemblablement ce fut
pour tenir Fersen au courant de ce qui
avait été fait ; ce qui explique la présence
de ce dossier aujourd'hui chez la comtesbO
Piper.
L'auteur de l'article parle du style « né-
gligé et hâtif» delà reine, c'est le juger
bien sévèrement. Ce qui frappe, au con-
traire, c'est l'excellente tenue de ces let-
tres, la fermeté des idées qu'on y rencon-
tre, et leur remarquable et souple logi-
que.
Il y a là une Marie-Antoinette si au-
dessus de l'idée qu'on se fait ordinaire-
ment de sa culture politique et de son
caractère^ si mûrie et si réfléchie, si grave,
si habile à se mouvoir au milieu des plus
tragiques difficultés, qu'on en reste con-
fondu.
Les lettres sont-elles matériellement de
sa main ? M. de Heidenstam le dit, qui,
sans doute, en publiera le fac-similé, pour
en prendre les connaisseurs à témoin.
10 Novembre 191s
. -82
Pour le texte, si remarquable à tout point
de vue, sont elles spontanément de la
Reine, ou lui ont-elles été dictées par
l'agent mystérieux qu'on ne nomme
point ?
Cet agent, la Reine le désigne parles
chiffres « i : o » . C'était lui qui se chargeait
de porter les messages de la Reine à Bar-
nave et à Lameth et de rapporter leurs ré-
ponses.
Qui pouvait être « o : i ? » V.
La fortune des généraux sous le
Directoire. — Comment s'enrichissaient-
ils ?Je lis dans Villiaumé, Lesprit de la
guerre 6'"- édition, page 305 :
Après la mort de Moreau, sa femme avait
nne fortums de 600.000 francs dont plus des
trois quarts provenaient d'économies faites
par Moreau, à l'instar de plusieurs de ses col-
lègues du Directoire et du Consulat
P. M.
Les émigrés au château de "Ver-
sailles. — Un confrère intermédiairiste
aurait-il l'obligeance de m'indiquer où je
pourrais trouver des documents sur la fa-
çon dont le château de Versailles était ha-
bité sous la Restauration .''Je n'ignore pas
que de nombreux anciens émigrés furent
autorisés à s'y loger, mais je voudrais sa-
voir s'il y a une liste de leurs noms.
Nemo.
Troupe royale de Chambord. —
Je me demande ce que peut bien être la
troupe dont faisait partie un certain Va-
liot ainsi mentionné dans les registres de
Dax (Landes) :
p-5 septembre 16S4 mort de « Marie Agne
de Valiot, fille légitime de .Vl.Valiot cominé-
diôn de la troppe royaile de Charnbort » . Elle
fut enterrée chez les Corde'iiers de Dax.
(Archiv. de Dax GG. 8).
Qui renseignera sur l'existence, le per-
sonnel, la valeur, les avatars de cette
troupe .'' AuRiBAT.
Pourquoi Le s âge et Beaumarchais
ne furent pas de l'Académie fran-
çaise. — Une lettre inédite d'Alexandre
Duval, datée du 12 novembre 1834 et pu-
bliée dans l'intéressant article de M. Paul
Bonnefon sur cet auteur, que publie la
Revue d'histoire littéraire de la France
(juillet-sept. 1912), prétend que Lesage et
N 1544, Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
=^83
584
Beaumarchais <* furent repoussés indirec-
tement de l'Académie parce qu'ils n'avaient
point écrit en vers ».
D'abord ces deux auteurs dramatiques
avaient-ils jamais manifesté l'intention de
se présenter à l'Académie r Et puis, est-
il exact que les Immortels ne voulussent
pas admettre parmi eux des auteurs dra
matiques qui n'eussent pas « écrit en
vers .'' » d'E.
La Calderona. — Où puis-je trouver
des renseignements biographiques sur la
Calderona, maîtresse de Philippe IV, roi
d'Espagne, et mère de Don Juan d'Au-
triche (deuxième du nom) .>*
H. L.
Hallays-Dabot et Galeron. —
Qu'était-ce que V bniitiition Hallays-Dabot
et Galeton qui distribuait des prix à ses
élèves à l'époque de la Restauration? Une
lyre qui figure sur les plats des volumes
laisse supposer qu'il s'agissait d'une école
de musique. Dans quelle ville existait-
elle } En sait-on quelque chose ?
NlSlAR.
Abbé Emmanuel Lacrole. — L'abbé
Lacrolc ou de Crolle, curé constitutionnel
de la paroisse Notre-Dame de Cholet
(Maine-et-Loire), mort victime de son dé-
vouement, en soignant les victimes du
choléra de 1832, à Auteuil, dont il était
curé depuis i8oS ? est né à Châtenay, près
Pans. 11 était fils du régisseur de la famille
de Rougé, à Cholet. Sa mère était née
Duquel ; sa sœur épousa un fournisseur
des armées de la République, du même
nom, son cousin, et devint l'aïeule du
célèbre historien de la guerre franco-alle-
mande, M. Alfred Duquet, que tout le
monde connaît. L'abbé Lacrole fut élevé
au collège Ste-Barbe, à Paris, puis au
Grand Séminaire d'Angers. Il était vicaire
à Vitry-sur-Seine, lorsqu'il prêta le ser-
ment exigé par la constitution civile du
clergé et fut élu curé de N -D. de Cholet.
Quelques intermédiairistes pourraient-ils
m'indiqueroù je trouverais des documents
sur ce prctre "r Les archives du (jrand Sé-
minaitc d'Angers sont perdues. J'ai i"tout
ce qu'on peut rencontrera Cholet, Angers
et Auteuil, y compris le Bulletin de la So-
ciété historique d' Auttuil-Passy qui s'est
occupé de lui à plusieurs reprises ; a" tout
ce que possèdent sur lui MM. Alfred Du'
quet et les chanoines Pisani et Uzureau,
auxquels je me permets d'adresser ici mes
plus respectueux remerciements.
H. Baguenier Desormeaux.
Le capitaine Lanoue. — 11 existe à
la Bibliotlièque nationale,, section des im-
primés, une plaquette rarissime intitulée :
Discours au vray de la cruauté plus que bar-
bare exercée par le capitaine La Noue, lequel
tenoit logis entre Bayonne et Bourdeaux, et
esgorgeoit misérablement les marchands qui
y venoient loger, luy, sa femme, ses deux
fils et sa fille et son valet, avec leur prinse et
lamentable deffaite à Bourdeaux le 7 juin
l()I0.
Qui pourrait dire :
i" Qiiel était au juste ce capitaine La-
noue ?
2" Son ascendance et sa descendance au
moins immédiates.
3* En quel endroitprécis (qui n'est pas
une seule fois mentionné dans le corps
du récit) cet ogre exerçait sa cruelle hos-
pitalité .f*
4'' Si on a jamais réimprimé cette pla-
quette .'' AURlBAT.
Anne Le "Veyrier, comtesse de
Pardieu. — Que sait-on sur les parents
et les grands-parents de cette richissime
créole, que ruina la Révolution Française
et qui mourut à Paris, chez un docteur
qui s'appelait, je crois, Darzike.?
J. DE V.
Mme Loyer de Maromme. — M.
Casimir-Périer en 1862, dans VàRevuedes
Deux-Mondes, incomplètement, et M.
Pierre Calmettes en 1898 dans la Revue
hebdomadaire, in-extenso, ont publié les
Souvenirs intéressants, — parfois inexacts,
— de Mme Loyer de Maromme, sur la
jeunesse de Charlotte Corday.
Ces deux éditeurs n'ont pas renseigné
sur l'identité de l'auteur du manuscrit
par eux publié. Mais, s'il fallait croire
Chéron de Villiers, — qui certainement
se trompe — Mme Loyer de Maromme
serait née Loyer. Il est acquis qu'elle
mourut au début de l'hiver 1860, Casi-
mir-Pcncr le dit. Tandis que Mme Loyer
née Loyer mourut au Houlme seulement
en janvier 1875, et son mari en 1880. De
plus, son nom était Le Vaillant.
DES CHERCHJtlURS HT GUKÏBOX
lo Novembre 1912
585
586
»
Peut-on savoir ses prénoms, le lieu et
la date de sa naissance, de son mariage
et de son décès ? X.
La maison natale de Mirabeau. —
Dans quelle communese trouve L<? Bignon,
propriété de Y Ami des hommes, où naquit
Mirabeau ? Le château existe t-il encore ?
Nérac.
Comte de Montlazev^r. — Michel
del Verms, chroniqueur de Gaston Phœ-
bus, comte de Foix (1331-391) écrit :
L'an mil très cens sixante et dos,
Le comte de Foix talent et pios,
Ajustât a m sa Baronnie
En décembre lo cinq-je die,
Prengue batailhe campai,
Armeiihac, sou ennemie mortal
Et de Comenge, son cousin.
Le comte appelât Mertin
Et après le comte de Montla^^eur,
Que y ère p-r son malheur
Et le vicomte de Fesensaguet
Et de L'abnl tout le troupet.
Ce passage est cité par l'abbé Duclos,
Histoire des Aricgeois, page 228.
On identifie Montlazeur et Monllezun ;
on voudrait les armes de l'un et de l'autre.
MOULIS.
Perier et Casimir Perier. — Beyle,
l'écrivain, était, si mes souvenirs sont
exacts, tils ou petit-fils d'une demoiselle
Perier. Quel confrère pourrait me com-
muniquer le tableau de la descendance de
M. Perier, l'aïeul de Stendhal ^
Quelle parenté existait entr« le dit Pe-
rier et Casimir Perier, le ministre de Louis-
Philippe ? J. DE V.
Nobl- sse et Légion d'honneur. —
Je retrouve les textes suivants :
' I. - Statut du /" mars 1808 :
Art. II : Les membies de la Légion d'hon-
neur et ceux qui, à l'aveniv, obtien iront cette
distinction, porteront le titre de chevalier.
Art. 13. — Ce titre sera transmissibleà la
descendance directe et légitime, etc.
II. Ordonnance Royale du 8 octobre 1814,
déterminant le cas dans lequel la noblesse
sera acquise héréditairement aux membres
de la Légion d'honneur.
Art. 2.— Quand l'aïeul, lefils et le petit-fils
auront été successivement membres de la Lé-
gion d'honneur et auront obtenu des lettres
patentes conformément à l'article i*' (le dit
article demande seulement que l'on justifie
devant le garde des sceaux d'un revenu de
3.000 fr. en immeubles situés en France,
cette justificationcomport.int comme sanction
l'envoi de lettres patentes), le fils et le petit-
fils sera noble de droit et transmettra la no-
blesse à toute sa descendance.
Art. ^. — Les dispositions contraires sont
abrogées.
Je demande 1") : l'ordonnance Royale
du 8 octobre 1814 peut-elle être considé-
rée comme non abrogée ?
"2/ : Un légionnaire à la 3"^ génération, à
qui des circonstances de force majeure, et
notamment les Révolutions, n'ont pas per-
mis d'obtenir les dites lettres patentes,
mais qui est en mesure de justifier éven-
tuellement que lui et sa famille n'ont cessé
de remplir la condition relative aux im-
meubles, peut-il affiimersa noblesse héré-
ditaire ?
J. DE V.
Port des Grands-Croix d'Ordres.
— Pourquoi le ruban de certaines Grand-
Croix se portent-ils de gauche à droite et
d'autres de droit à gauche .? Pourquoi,
avec l'habit, cet usage bizarre, et même
de mauvais goût, de les mettre sur la
chemise } Qu'ils ne soient pas par dessus
l'habit, passe^ mais pourquoi tout au
moins ne pas les porter sur le gilet ?
avec l'habit à la française de certains uni-
formes, ouand on ne les met pas dessus
ils sont en tout cas sur le gilet. -
J'ajoute ceci : pour les ordres étrangers
les plaques se mettent-elles indifféremment
à droite ou à gauche de la poitrine ?
Oroel.
Armes à déterminer : deux écus
accolés. — A gauche : D'or au sautoir
de sable.
A droite : De gueules aux huit besans (?)
de... encerclant une coquille (?) de..
Supports : 2 lions.
Le Tout timbré d'une couronne de
comte. L. DENiaUET.
lason dont il ne reste que ce
mot : Staoœize. - La Bibliothèque
de Mons (Belgique) possède un incunable
dont la reliure, du xyi^ siècle, porte sur
l'un des plats un blason dont il ne reste de
visible que la devise : Staomize.
N» 1344 Vol, LXVI
L'INTBRMBDfAIRE
587
588
}e suis très désireux de savoir à quelle
famille appartient cette devise et ce qu'elle
signifie.
E. H. M.
Prévost-Paradol - Madame Fa-
rine. — Je crains bien qu'on ne réponde
pas a ma question pourtant intéressante.
Connaîtrait on le pseudonyme que prit,
en librairie, une Madame Farine qui pu-
blia (où ?) des contes pour les enfants ?
Cette charmante femme serait, me dit-
on, l'héroine du roman qu'a remarquable-
ment conté récemment M. Faguet. Et le
héros n'en serait-il point Prévost-Para-
dol?
Cherchez. Cherchons. Ego.
Les œuvres gala; tes de Joseph
Prudhomme. — Dans les journaux de
1856, je trouve la note suivante :
Du 7 Décembre. Outre les Scènes popu-
lairei que tout le monde connaît, Henri Mon-
nier en avait en portefeuille d'autres dont les
familiarités galantes n'avaient pas eu juiqu'ici
les honneurs de la pubi cité.
11 vient d'être autorisé à les faire tirer à
cent exemplaires.
Chaque exemplaite ne coûtera pas plus de
cent francs.
Cette édition est-elle parue ?
Où?
Quand .''
Connait-on quelques exemplaires.''
J...
Guy de Maupassant. Un conte
perdu. — Dans la Grande Rcvue.i une
amie >* de Guy de Maupassant rôvcle le
canevas d'un conte que Maupassant lui a
lu, sur manuscrit, et qu'elle n'a retrouvé
dans aucun des ouvrages publiés. C'est
l'histoire d'un chemineau que le spectacle
de l'amour de jeunes gens beaux et élé-
gants exalte d'abord, puis irrite et rend
presque fou furieux. L'aventure se termine
au Dépôt. Et la narratrice demande : « Où
peut-il être, ce petit-chef-d'œuvre du plus
admirable de nos conteurs ? y-
Talence. — C'est le nom d'un élé-
gant quartier de Bordeaux. C'est le nom
d'une rue et d'un pont d'Abbcville
(Somme).
Y a-t-il une corrélation quelconque en-
tre cette appellation gasconne et cette dé-
nomination picarde ?
Le sait-on ? A. d'E.
Joachim (prononciation). — Com-
ment faut-il prononcer Joachim ? La
question n'est pas sans intérêt car nom-
bre de gens plus ou moins illustres ont
porté, portent ou porteront ce prénom qui
était celui de la sainte Vierge et parmi les
illustres, Joachim du Bellay, Joachim Mu-
rat, etc.
De plus, il y a une commune et un
bourg de France dans la Loire-Inférieure
dénommés Saint-Joachim.
Les habitants du bourg et en général
ceux de l'arrondissement prononcent
« Joachain », avec chuintement, si j'ai
bonne mémoire. D. R.
Du Ferrier. — A*-t-il été publié une
étude spéciale sur du Ferrier, ancien mi-
nistre protestant de Nimes, puis conseiller
de Louis XllI après son abjuration } Plus
complète comme biographie et bibliogra-
phie que les articles des Diciionnaii es de
Moreri et autres et de la France proies-
tante ? Mandel.
Une traduction de l'ouvrage de Jacob
Brucker : Historta critica philoiôpbùe a
mundi ittciinabulis ad nos tram usqtic
œtatem deducta^ Editio secunda Lipsiœ
MDCCLVII? A. L.
"Villemanzy. - Quelle est la vérita-
ble orthographe de ce nom propre : l^ilU-
man:(v ou y'iîmati{}\ ce modèle d'inté-
grité parmi les commissaires des guerres
si peu scrupuleux. Généralement on écrit
Villcmanzy. Pourtant Percy écrit à son
collègue Larrey, le 27 thermidor, an 5^, de
Strasbourg :
Pourquoi tous les commissaires des
«guerres ne ressemblciU-ils pas ;iu modèle
de vertus, de probité, de bonté et de lumiè-
res que leur fournit leur ancien et incompa-
rable chef, le commissaire Vilmaniy ?
On sait que l'ancien hôpital militaire
des Colinettes à Lyon porte le nom de
l'intègre administrateur de l'Armée du
Rhin
Dr Bonnette.
DES GHBRGHBURS ET CURIEUX
10 Novembre 1912
589
590
ViéçonBCB
Les billets de Marie-Antoinette à
Jarjayes (LXVl, 481, 537). — Le Figaro
apporte dans un « écho » complémentaire
(n" du 1*"^ novembre 1912) les précisions
que l'on pouvait souhaiter.
Complétons, en les précisant. les rensei-
gnements que nous avions donnas au sujet
des billets do Marie-Antoinette à Jarjayes.
11 en existe encore quelques-uns de ces
billets ; M. le marquis de l'Aigle en pos-
sède un ; les autres appartiennent à Mme
Frédéric de Parseval. Ils avaient été laissés
par Jarjayes à sa fille, Mme de Bourcet ; ils
passèrent en^uite à la fille de celle-ci, Mme
de Beaumont, laquelle épousa, en secondes
noces, M. Frédéric de Parseval. Celui-ci se
remaria avec Mllede Pierreclos, et fit don, en
mourant, de ces bi'lets (et d'une lettre du
comte de Proveqce à Jarjayes) à sa femme.
Ce lut pour obéir aux intentions du défunt
que !e billet où la i<eine déclare renor.cer à
« un beau rêve » fut donné au comte de
Chambord.
Quant aux autres billets, qui apparte-
naient à M. Zangiacomi. ils furent détruits,
non dans l'appartement de celui-ci, mais à
l'Hôtel de Ville, où ils avaient été transpor-
tés, lors de l'incendie de mai 1871.
*
* »
Je puis ajouter quelques détails complé-
mentaires de l'écho du Figaio. Les billets
que possède Mme Frédéric de Parseval
m'ont été communiqués, et je les ai re
produits en fac-similé dans le volume que
j'ai consacré au récit de la tentative, faite
en mars 1793, par Toulan et Jarjayes
pour délivrer la famille royale^ Un com-
plot sous la Terreur.
Ces billets sont au nombre de trois.
Le premier présente cette singularité
que le verso seul e^ écrit de la main de
la Reine ; le recto est d'une autre écri-
ture qu'il ne m'a pas été possible d'identi-
fier ; certains mots ont été raturés ; de
plus, le langage y est quelque peu si-
byllin ; on y parle de Roxane., de Lucms,
de Mercimis, etc. J'en ai proposé, dans
mon livre, une explication que je ne ga-
rantis point, mais qui me semble fort ac-
ceptable.
Le second billet est celui qui commence
par ces mots : « Votre billet m'a fait
« bien du bien. .. »
Le troisième débute ainsi : « t.., vous
< remettra les choses convenues pour
« ha... l'empreinte que je joins icy est
«toute autre chose. Je désire que vous la
« remettiez à la personne que vous savez
« être venu me voir de Bruxelles l'hiver
»< dernier, et que vous lui disiez en même
« tems que la devise n'a jamais été plus
« vraye... »
T... désigne Toulan ; ha.., veut dire
Hamm.où résidait alors le comte de Pro-
vence. J'ai eu plus de peine à découvrir
< la personne venue de Bruxelles », c'est
Fersen. Cette découverte m'a donné l'idée
d'étudier le rôle joué par le gentilhomme
suédois prés de Marie-Antoinette, et il en
est résulté Un ami de la Reine.
Quant à la lettre du Comte de Pro-
vence à Jarjayes, également reproduite
en fac-similé dans Un complot sous la Ter-
reur, elle est datée de « Hamm,ce 19 mai
1793 ». La première partie en était iné-
dite ; la fin avait été donnée par le baron
de Goguelat dans son Précis des tentatives
qui ont été faitei pour arracher la reine à la
captivité du Temple.
Paul Gaulot.
*
M. le marquis de l'Aigle conserve, si
mes souvenirs sont exacts, un de ces bil-
lets dans sa belle collection d'autographes.
B. DE Ch.
* *
L'un des billets écrits par Marie-Antoi-
nette à Jarjayes appartient à M. le mar-
quis de L'Aigle. Je crois qu'il lui a été
vendu, il y a bien des années, par l'expert
en écritures Charavay, lequel l'avait trouvé
en explorant un fatras de vieux papiers.
Comte DE PiMODAN.
*
* *
Da.ns\Tntermédiaiye du 30 octobre der-
nier,M le docteur L.. . méfait l'honneur
de me mettre en cause au sujet de ces bil-
lets.
Si je n'avais pas dit jusqu'ici le peu
que je sais de leur sort, c'est que la ques-
tion posée dans l'Intermédiaire du 20 oc-
tobre me paraissait formulée d'une façon
un peu imprécise. « Qiie sont devenus, y
lisions-nous, les billets que la Reine avait
pu faire passer à Jarjayes ^ »
Faire passe? est équivoque, et l écho du
Figaro, reproduit par le docteur L... con-
tinue la confusion.
Il y avait, en effet : 1° les billets desti-
nés à Jarjayes lui-même ; 2° les billets
N» 1344. Vol.LXV.
59,
confiés à Jarjaycs pour qu'il remit, l'un
au comte de Provence, l'autre au comte
d'Artois.
Les premiers, je ne sais pas où ils se
trouvent. Mais c'est sans doute de ceux-
là que le Figaro, dit :
Ils appartiennent à une personne qui les
tient d'un descendant, par alliance, du che-
valier de Jarjayes.
(Par alliance, entre parenthèses, est un
lapsus, il faut lire : par les femmes). —
Ce que je puis dire, en tout cas, c'est que,
contrairement à l'opinion d'un érudit
bien connu des lecteurs de Y Intermédiaire,
ils n'appartiennent pas à la famille d'Alle-
magne {aliàs Dallemagne), M. le baron
J. d'Allemagne ayant bien voulu m'écrire
il y a quelques mois que ce bruit était lé-
gendaire.
Mais il faut encore distinguer, paraît-
il.
Dans les lettres de ce premier groupe,
c'est-à-dire dans les billets adressés par
Marie-Antoinette à jarjayes, le texte le
plus important : « Nous avons fait un
beau rêve... » aurait été remis au comte
de Chambord en 1873. Si le rédacteur
anonyme du Figaro peut faire connaître
l'auteur du don. la vérification du fait
sera, je pense, facile. « A la mort du
comte de Chambord >>, ajoute le Figaro,
ce document « n'a pas été retrouvé dans
ses papiers », - Pour ma part, je ne l'y
ai pas vu davantage.
je croyais d'ailleurs, que c'était ce bil-"
let qui avait été volé à M. le duc de Bla
cas.
Voici, en effet, où se trouvent actuel-
lement les billets du second groupe,
c'est-à dire les lettres destinées aux frères
de Louis XVI et confiées à )ar)ayes :
L'un (« Ayant trouvé enfin un moyen,
etc., etc. ») appartient à M. Victor Gille,
— collection de M. Philippe Gille, son
père, — et provient de Cléry. Papie»-
vélin ultra-mince, encre noire, longueur
en haut : 197 mm., hauteur à gauche :
31 mm. ; à droit-. : 30 mm. ; hauteur
minima : 28 mm.
L'autre (s< Ayant un être fidèle... y) ap-
partient à M . le duc de Blacas. C'est le billet
adressé iui comte de Provente, Régent, et
le seul texte connu que Louis XVII ait si-
gné comme roi. Même papier, même en-
cre que le piecédent. Longueur au mi-
lieu : 192 mm. ; en haut : 191 mm. ; en
L'INTfcRMÊDlAïKii
592
bas : 190 mm, ; longueur maxima : 194
mm. ; hauteur au milieu : si mm.
Un volume sur Louis XVII que je vais
faire incessamment paraître, avec illu.«tra-
tions d'André Marty, donnera ces deux
textes en fac-similé d'après les originaux
autographes.
Mais M. le duc de Blacas possédait un
autre billet du Temple, et je croyais, — à
tort (si le Figaro a raison), — que c'était
le fameux billet : « Nous avons fait un
beau rêve ».
François Laurentie.
Le isecond testament de Louis XVI
(LXV!, 433.4S9J. — M. Henri Rochefort
écrit dans la Patrie :
Plusieurs jouri^aux ont, à propos île la dé-
couverte que j'ai faite en Savoie du testa-
ment olographe de Louis XVI, parlé de fac-
similé, me supposant assez ignare pour con-
fondre un fac-similé avec un original. Or, le
document que j'ai entrèTes mains ne souffre
pas de discussion. La rature qui se trouve à
la 3'' page et qui porte sur ces mots : s'ils
avaient le malheur de perdre leur mère a
sans doute paru une trop cruelle allusion au
sort possible de Marie-Antoinette et le roi
les a rayés sur les deux manuscrits. Celui
que je possède contient d'ailleurs une faute
d'orthographe qui, probablement, a été repro-
duite dans l'autre, à moins qu'elle n'ait été
corrigée sur le fac-similé qu'a fait fabriquer
Louis XVIll et que je ne connais pas.
Louis XVI écrit : « Je n'ai jamais prétentiu
me rendre juge drns les différentes manières
d'expliquer les dogmes qui déchire l'Eglise
de Jésus-Christ >> .mettant ; insi au singulier le
mot déchire qui devrait être au pluriel.
Il est évident qu'il est difficile de con-
fondre un fac-similé avec un original.
C'est cependant arrivé déjà, et à des
hommes avertis, quand il s'agit d'un fac-
similé ancien, tiré slir papier ancien et
bien gravé ; c'est le cas pour le fac-similé
exécuté par ordre de Louis XVIII.
Possesseur d'un de ces fac-similé, qui
porte dans le filigrane une coquille de
Saint-Jacques — et non les armes de
France, — je trouveà la troisième page, la
même rature sur les mots s ih avaient le
malheur de perdre leur mère et la même
faute d'orthographe « déchire w au sin-
gulier.
J'ajoute que ce fac-similé très fidèle,
œuvre de Pierre Piquet, n'a pas manqué
de faire figurer à la troisième page, sur le
DES CHBKGHBURS HT CURIEUX
lo Novembre 1919
593
594
mot « solide » la tache d'encre qui est
sur l'original des Archives.
S- .terre et la mort de Louis XVI
(T.G.82o;LXV ;LXVI;=;4,549.738).— La
légende d'après laquelle Louis- Charles-
Antoine de Beaufranch^t d'Ayat serait fils
de Louis XV, est éclose dans l'imagina-
tion de chroniqueurs avides de scandales.
En effet, Marie-Louise O' Murphy de
Boisfailly a epousé,le 25 novembre 17=55,
Jacques de Beaufranchet, chevalier, sei-
gneur d'Ayat, de Grandmont et de Beau-
mont. Elle en a eu d'a'oord une fille, née
au château d'Ayat le 30 octobre 1756
l'onze mois après son mariage) et un fils,
Louis-Charles-Antoine, celui dont s'oc-
cupe l'auteur de l'ariicle du 30 octobre
dernier, également né au château d'Ayat,
le 22 novembre 1757, c'est-à dire deux
ans après le mariage de ses parents. Per
sonne n'a donc le droit de dire que Louis
Charles-Antoine n'était pas fils de son
père. Ceci bien établi, nous allons appor-
ter notre contribution à la question du
roulement de tambours.
Nous dirons d'abord, ou plutôt nous
répéterons ce que nous avons écrit dans
Vlntermédinre du 20 juillet 1912, à sa-
voir que le général de Beaufranchet rem
plissait, le 21 janvier 1793, les fonctions
de chef d'Etat major général de l'armée
commandée par le Général Berruyer. Au-
cun écrivain de bonne foi, et tant soit
peu au courant des règlements militaires,
ne pourra admettre que, ce Général étant
présent, son subordonné ait pu donner un
ordre quelconque, Si cet ordre a été réel-
lement donné — ce qui reste encore à
prouver — il n"a pu l'être que par un des
chefs sous le commandement desquels
Beaufranchet se trouvait, et celui-ci, en
pareille circonstance, n'avait d'autre pou-
voir que celui de le transm ttre.
11 est un témoignage, qui nous parait
de la plus grande importance, et qui
semble avoir échappé à l'auteur de l'ar-
ticle du 30 octobre, c'est celui du Général
Berruyer lui-même.
On lit en effet dans les mémoires du
Conventionnel Choudieu,page 277 : (Pion,
éditeur, 1897) :
A la fin de Janvier 1793 je dînais chez le
Général Berruyer. Le Général Valence et le
Général Beurnonville y vinrent à dire dans
la conversation qu'ils n'approuvaient pas la
conduite de Santerre. Mais Berruyer les in
terrompit : on a assez calomnié ce pauvre
Santerre, et je ne dois pas souffrir qu'on l'ac-
cuse de ce qu'il n'a pas fait. S'il y a quel-
qu'un de coupable dans cette circonstance,
ce n'est pas lui, c'est moi, et c'est sur moi
que doit porter la responsabilité. Santerre,
gui neit que général de bru^ade, n'' avait pas
d'ordres i donner la ou comviandait un géné-
ral DE division, et c'e:'t moi qui ai ordonné le
roulewenl . J'ai cru bien faire, et je le crois
encore. Telles furent les paroles de Berruyer.
Je me fais un devoir de les rapporter.
Voici, ce nous semble, un document
bien autrement probant que la note écrite
par M. Châteauneuf au verso d'une lettre
de Santerre, base bien fragile pour écha-
fauder une supposition. Ce n'est rien
d'affirmer, il faut encore et surtout prou-
ver, et comme d'aulre part Santerre a
formulé la même revendication que Ber-
ruyer, nous sommes d'avis comme « Un
iniermédiairiste depuis 1867 » que la ques-
tion est et demeurera insoluble.
F. Arverne.
« *
M. Léo Claretie parle, dans sa chro-
nique, de VBvènemeJit, du Journal de
Liège :
Louis XVI fut exécuté le 21 janvier. Le
numéro du 23 ianvier contient un compte
rendu de sept ou huit colonnes ! Et voyez
comme les courriers étaient rapidas : deux
jours après, l'article paraissait à Liège ! 11
était donc arrivé le 22 au soir !
A-t-on consulté cet article qui contient
peut-être quelque chose relativement au
roulement de tambour ?
L'énigme de Valmy. Brunswick.
Le vol des diamaats en 1792
(LXVl, 386. 446, 489, 544). — Je crois
avoir répondu à la question de la façon
la plus nette dans : « Histoire des joyeux
delà couronne de France?» ; (Paris -Hachette
in-4'' 1889). Si l'un de nos collaborateurs
désire quelques explications supplémen-
taires, je suis à sa disposition.
Germain Bapst.
San Martino. La maison de Napo-
léon à nie d'Elbe (LXVL 282, 40^,
491). — Je trouve le renseignement ci-après
copié dans un volume intitulé (Notes de
Voyage, par N. J. Colbert édité par Vic-
tor Havaid, 1880.
Corse 13 octobre 1841.
Entrée à Porto-Fei:ajo, Visite à la maison
N» 1344 Vol. LXVI.
— ^^(,5 ,
de l'Empereur ; on y a conservé une partie
de son ameublement ; elle est occupée par le
gouverneur de l'Ile.
Pèlerinage à San Martino, maison de cam-
pagne qu'habitait quelquefois Napoléon, à
une bonne lieue de Porto-Ferrajo ; un che-
min de traverse mène à cette modeste mai-
son où la vue s'étend sur la rade et la
villa.
Dans la salle à manger, peintures à fres-
ques, du reste assez médiocres, qui représen-
tent quelques scènes de la Campagne
d'Egypte ; Bustes d'ElisaBacciochi et de son
mari. La maison appartient à Marie-Louise
qui la loue 1000 fr. par an.
Que de pensées assaillent lesprit en visi-
tant cette modeste demeure I et c'est là qu'on
croyait enfermer celui dont la couronne de
Charlemagne ceignait le front.
P. c. c. Madame Vincent.
Qui a brûlé Moscou ? Est-ce Ros-
topchine ? LXVI. 385, 447' 490- S4S)-
— Peut-être notre honorable confrère M.
trouvera-t-il quelque chose d'intéressant
dans les pages 281 et suivantes du 3* volu-
me de : LaRusste en i8^p, par le marquis
de Custine, a*' éd. Paris, Amyot, 1843.
P. A. T.
Thiers et Gambetta : un prétendu
mot de Thiers sur les Alsaciens
(LXVI, 139, 201, 3^0, 493). -- A propos
de l'affirmation de M. de ChauJordy,
(no du 20 octobre i9i2),jeme permets de
signaler le passade suivant, que je trouve
dans Gtaf Bismarck und seine Lente, de
Moritz Busch.
Dans un de ses propoc de table (Ver-
sailles 1'^ novembre 1870), le Chancelier
de fer s'exprima en ces termes :
Thiers avait, au cours de la conversation,
voulu parler des provisions de vivres se
trouvant alors à Paris. Je l'ai alors interompu
en disant : a Pardon, nous sommes mieux
informés que vous, qui n'avez passé qu'un
seul jour dans la ville. Ils ont des vivres
jusqu'à fin janvier » — M fallait voir la
figure étonnée qu'il fit ! Or, je n'avais
essayé que de lui tirer les vers du nez (auf
den Z'thn gefvhH=Xo\iché la dent sensible),
et son étonnement me montra qu'il n'en
était rien.
2 Novembre. « C'est un homme intelli-
gent et aimable, spirituel, mais il n"a rien du
diplomate, il est trop sent'mental pour ce
métier-là. » — "11 ne vaut rien comme né-
gociateur, pas même comme maquignon ».
— On le stupéfie facilement, il trahit ses
L'INTBRMËDIAIRB
596
sentiments et se livre. J'en ai appris bien
des choses, et entre autres, qu'ils n'ont là-
bas que pour trois ou quatre semaines d'ap-
provisionnement complet ».
D^ VOGT.
Femmes à destination de Mada-
gascar (LXVI, 23s, 3Sî)- - L'hospice
de la Salpètrière fut, dès son origine,
destiné spécialement aux pauvres femmes.
Vers 1684, on construisit, au centre de
l'hôpital, la prison de la Force où étaient
détenues les mcorrigiblcs.
Les filles envoyées en Amérique en
1680, n'étaient-elles donc pas plutôt des
orphelines ou des pauvres, que des filles
de mauvaise vie ?
La sœur St-joseph (Mlle de Laferrière,
dont il est question dans les notes de M.
Tesson citées par notre collaborateur L.
Capet), ne fit pas le voyage de Madagas-
car en i666. C'est en.;.^73, qu'elle accom-
pagna 16 filles à Madagascar Plusieurs
de ces malheureuses moururent peu de
mois après leur arrivée ; d'autres périrent
dans le massacre de Fort-Dauphin en
1674, et les survivantes cherchèrent un
refuge sur la côte d'Afrique. La sœur
Saint loseph se retira à Chaul, côte de
Malabar, d'où elle revint à Paris, comme
l'indique l'ancien registre de la Salpè-
trière, à la date du 30 septembre 1680.
L'expédition de 1666 se composait d^
200 personnes, équipages compris. De c^
nombre, 400 moururent durant la tra-
versée, et 200 autres étaient in-exttemi^
à leur arrivée. Des 32 femmes, 27 étaient
mortes. Outre les célibataires, on avait
ainsi embarqué plusieurs familles sur le
vaisseau amiral, le « Saint-jean ». Ceci
explique, à mon avis, la présence d'un
certain nombre de filles de 14 à 15 ans,
qui n'avaient peut être pas été tirées de
l'Hôpital général. Ma question avait pour
but de préciser les passagères de la Hotte
du marquis de Mondcvergue. L'ancien re-
gistre de la Salpètrière, à la date 1666
(février ou mars) pourrait nous renseigner
sur ce point. Mais ou se trouve ce regis-
tre actuellement?
Les archives de la Compagnie des
Indes Orientales révéleraient peut-être les
noms des passagers des diverses flottes
expédiées à Madagascar au xvii° siècle.
Où se trouvent-elles? D'' P.
DBS CHBRCHBURS BT CURIEUX
10 Novembre 1919.
597
598
Rue desMalades'^LXVI,38g,494). —
Il s'agit sans doute de la ville de Lille, où
une rue des Malades a existé jusqu'à la
Révolution, époque à laquelle elle prit le
nom de Paris qu'elle porte encore. C'était
alors la plus importante de la ville.
Pierre T.
*
« *
La même question a été posée par
moi, et probablement pour le même mo-
tif, dans la très intéressante Chronique
Médicale que dirige notre collaborateur
le docteur Cabanes (XVII, 372 r"" Juin
i9io).Un libraire de Roubaix m'avait en-
voyé un ex-libris^ simple étiquette typogra-
phiée, portant ces quelques mots :
LE FEBVRE
Rue des iMalades.
De nombreuses réponses parvinrent a
la Chronique, signalant à Lille et dans
plusieursvilles belges (Bruxelles, Tournai,
Malines, Huy; des rues de ce nom exis-
tantes ou disparues, qui, toutes, condui-
saiejit à un hôpital, on, le plus souvent, à
une léproserie,
le reproduis une de ces réponses, celle
du docteur G. Dutilleul :
Jadis la rue de Paris, la porte de Paris et
le faubourg de Paris, à Lille, s'appelaient
rue des Malades, porte de% Malades, faubourg
des Malades. J'ai connu, dans mon enfance,
la rue des Morts, la rue des Os rongés ....
11 subsiste encore une « courette » au
cœur du vieux Lille, qui, bien que grouil-
lante de vie, porte le nom peu engageant de
cour des Trépassés .
Quant à l'origine de ces dénominations,
elle est facilement explicable.
La rue des Malades conduisait à une ma-
ladrerie (maison des Lépreux), située au tau-
bourg des Malades, et qui disparut en
1637.
La rue des Morts et celle des Os rongés
occupaient l'emplacement d'un de ces cime-
tières qui jadis entouraient les églises.
Le nom de Cour des T.rèpnssés z. sans doute
la même origine.
L'Ex-libris envoyé à M. B. doit provenir
d'un Lillois et être antérieur à la Révolution.
Le nom de Lefehvre est en effet très répandu
à Lille, et la rue des Malades n'a perdu son
nom qu'à la Révolution. »
Il me faut renoncer à reproduire d'au-
tres réponses fort documentaires, dont
une d'un savant lillois, M. L. Quarré-
Prévost. On les trouvera dans les années
1910 et 1911 de la Chronique /Médicale.
F. Bargai.lo.
Château Villain (LXV;LXVI. 59). —
Cechef-lieude canlonest situésurla rivière
l'Aujon, c'est pourquoi on l'a appelé Ville
surAujon et non Ville sur Laujeon, comme
l'orthographie le sergent Fricasse. La
substitution du nom de Ville sur Aujon à
celui de Châteauvillain se trouve aux
actes de l'Etat civil de la commune, du i^'
octobre 1793 au 11 juillet 1815. Aux re-
gistres des délibérations du Conseil mu-
nicipal on ne parait pas avoir observé
aussi strictement qu'aux registres de
l'Etat civil la dénomination nouvelle. Une
délibération du Conseil municipal en date
du 27 juillet 1793 se termine par la men-
tion : « Fait et délibéré à la maison de
Ville sur Aujon », mais une autre du 13
octobre de la même année commence par
ces mots : « Le Conseil municipal de
Châteauvillain » . Dans une délibération
du Conseil municipal du 12 mai 1814
figure une adresse au Koi Louis XVIII et
dans cet écrit on lui demande notamment
de réintégrer la commune dans son ancien
nom de Chateauvillam « qui était le nom
d'un Duché ». Est-ce à la suite de cette
adresse que le nom de Châteauvillain a
prévalu ? En tout cas des recherches effec-
tuées à Châteauvillain, il résulte que cette
commune a été nommée Ville sur Aujon,
de 1793 à 181 5. YsEM.
Famille Barade (LXVI, 284, 453).
— Est-ce Barade ou Baratte ? Il existait
dans les Landes une ancienne famille Ba-
ratte titrée et vivant noblement. S'il était
question de cette dernière, nous pourrions
fournir quelques données généalogiques
intéressantes. Auribat.
La mort du conventionnel Cour-
tois (LVII ; LXVl,4S4). — L' Intermédiaire,
dans son numéto du 10 mars igo8, coL
381 à 384, nous donne un article très
détaillé, signé Jacques de Bartier, dans le-
quel est reproduit le texte intégral de
l'acte de décès de Courtois.
Il est aussi question, dans cet article,
du fils de ce conventionnel, auquel il
laissa ses suprêmes instructions, en lui
remettant certains documents relatifs à
de prétendus secrets d'Etat.
Victor Deséglise.
Portrait par Guéri n à identifie
(LXVI, 439), — 11 doit s'agir du portrai
V 1344 Vol. LXVI
599
de Jean-Georges Noverre, né à Paris le zg
août 1727, mort à Saint-Germain-en-Laye
le iq novembre 1810, d'après Tardieu
{Dictionnaire iconographique des Parisiens,
Herment 1885, col. 22s), qui cite un por-
trait in-8 ovale de ce niaitre de ballets,
signé B. Roger se. Guérin del.
Dans ses lettres sur la danse, publiées
en 1767, Noverre exposait de quelle ex
tension prodigieuse était susceptible Tart
chorégraphique en s'alliant à la panto-
mime et en exprimant d'une manière va-
riée les passions et les affections de l'âme.
Cette substitution de conceptions drama
tiques aux ballets dénués d'invention et
monotones dans leur symétrie qui plai-
saient alors, fut rapidement appréciée ;
Noverre eut le titre de maître des ballets
en chef de l'Académie royale de musique
et fut ordonnateur des fêtes du Petit Tria-
non (Voir Michaud, Biogiaphic universelle
t. XXXI p. 94). Ceci correspond assez
bien aux vers qui figurent sous le por-
trait en question.
C. Dehai .
Lanes, seigneur huguenot (LXVI,
486) — Comme le pense le collabora-
teur Saint-Saud, la France protestante de
Haag renferme un article sur la famille
qui l'intéreî-se. XVI B.
[XVI B a eu l'amabilité de recopier cet
article. Nous ne le publions pas, parce
qu'il est facile à trouver dans un ouvrage
de grande [bibliothèque publique, qu'ilest
un peu long, et qu'il intéresse particuliè-
ment l'auteur de la question, qui le rece-
vra avec gratitude. Nous lui avons trans-
mis le manuscrit].
*
• *
La France protestante de Haag men-
tionne seulement Guy-Odet, dans l'inté-
ressant article qu'elle consacre à Henri de
Lanes, seigneur de Saint- Michel, fils du-
ditGuv-Odet et d'Anne de Gontaut-Biron ;
lequel Henri s'est fait connaître par son
dévouement au duc de Rohm Pendant la
dernière guerre civile. Lab.
Mêmes réponses : V. A. T. ; (2. N.
Famille Le Peletier de Saint-
Fargeau (LXVI, ^y-,)- — Les Le Pele-
tier et non Le Pelletier, des Forts, de
Saint-Fargeau, de Rosanbô et d'Aunay
sont tous de la même famille de parle-
mentaires. Mais les documents sur eux
L'iNTfiKMfiDIAlKJH
600
sont rares et difficiles à obtenir ; pourtant
ils sont encore représentés. Si on veut
consulter LaChesnaye-Desboisà la Biblio"
thèque Nationale, on trouve toutes les pa-
ges consacrées aux Le Peletier, arrachées-
Ce que je crois savoir sur la question,
c'est que Louis Michel, le conventionnel,
la victime du garde du corps Paris, et
Ferdinand-Louis-Félix, n'étaient que demi-
frcres. Leur père, Michel-Etienne, baron
ou comte de Saint-Fargeau, avait été ma-
rié d'abord à Suzanne ou Louise de Beau-
pré et ensuite à Louise-Adélaïde Randon
de Massane; Louis-Michel était né du pre-
mier mariage et Félix du second.
Je serais très obligé à mes collègues de
V Intermédiaire s'ils pouvaient me dire de
quel Saint-Fargeau les descendants de Le
Peletier des Forts portaient le titre ; il y
en a un en Seine-et-Marne et un autre
dans l'Yonne. E Grave.
Famille Paynel «en Normindie
(LXVI, 4?6). - Philippe Paynel d'Ham-
bye ou d'Hambnye fut abbesse de Mau
buisson vers 1362. Elle était fille de
Foulques et d'Agnès de Cantelou, nièce
de Blanche d'Avaugour. Elle mourut le
28 janvier 130)0, c'est-p-dire 1391. Je ne
connais ni les armes de ces Cantelou, ni
celles d'Avaugour. E. Grave.
Pinet, délégué aux armées (LXV,
3^S, 429}. — Un essai de réhabilitation
du féroce conventionnel Pinet a paru en
iq07. sous le titre :
Le Conventionnel Pinet, d'après ses mé-
moires inédits, par Henri Labroue, in-8»
de 122 pagts. C'est d'ailleurs la repro-
duction de 5 articles insérés dans la Révo-
lution française^ année 1906.
Naturellement Pinet, dont on imprime
un s< Mémorandum » manuscrit, se donne
libéralement un blanc-seing à peu près
complet. Il s'y exerce au rôle de barbier ;
mais à vouloir blanchir un nègre un bar-
bier perd son savon.
Rendons cependant justice à M. La-
broue : il a voulu contrôler l'audacieux
pan<g\rique de son grand parent en re-
courant à de nombreuses références.
Heureusement pour .son héros, il ne fait
que les indiquer : car nous ne connaissons
pas de réqinsitoire plus sanglant contre
Pinet, que la correspondance de Pinet lui-
même avec le Comité de Salut Public,
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Novembre 19 (a
boi
602
correspondance tout au long imprimée
dans le Recueil de M. Aulard. 11 faut donc
nécessairement recourir aux sources,
c'est-à-dire au Recueil dêi Actes du co-
mité de Saluf Public pour jup,er l'homme
et rapprécic à sa juste valeur.
AURIBAT.
La reine Pomaré, eMabille (LXV,
591). Henri Heine, dans son Romancero
publié fin iSi,!. parle delà Reine Po-
maré. Dans la quatrième et dernière p é-
sie qu'il consacre à la danseuse, il en dé-
crit la mort, auprès de sa mère, dans
une pauvre mansarde, et son enterre-
ment. Le cercueil n'aurait été suivi que
du coiffeur de la morte, et de son chien,
recueilli dans la suite par Rose Pompon,
la rivale de la Reine Pomaré.
Dans la Kristische Geiamnitauig.ibe pu-
bliée par Karpelcs à Berlin (1887) cette
poésie se trouve t. II. p. 284.
NlMRAK.
*
» ♦
Le journal La Liberté, qui chaque jour
reproduit les Nouvelles d'il y a qua-
rante ans, publiait, dans son numéro du
14 juin 1Q09, les lignes suivantes :
Liberté du 14 juin 1869 :
La reine Pomaré, qui fut, vers 1845, une
des célébrités des bals publics, vient de mou-
rir misérablement, à l'âge de cinquante-huit
ans, dans un garni de la rue Maubuée. qu'elle
louait 15 francs par mois.
Alimno.
Une fabrique de fausses lettres de
Mme de Pompadour (LXVI, 526).
— Pour mettre en garde les amateurs
novices d'autographes de Mme de Pom-
padour, voici une lettre authentique, qui
donnera idée du style et de l'orthographe
de la marquise. L'écriture est fine, assez
régulière; l'orthographe est du temps.
Dans une autre lettre elle dit que s'étant
évanouie on l'a tirée derrière un rido. Il
n'y a presque pas de majuscules, pas rie
ponctuation, et pas toujours d'apostro-
phes. Des lettres que je connais, pss une
n'es: signée. Sa correspondante est la com-
tesse de Lutzelbourg. La date doit être le
26 avril 1748, date de la mort de Marie-
Thérèse de France.
Il y a vn siècle que je ne vous ay écrit grande
femma. Les spectacles milles l'/ooses ditïerentes
m'en ont emjé-hé. le malheur du pauvre Coigny
nous a 'mis au desespoir Le roy en a été u me taire
peur il a donné des marques de son bon cœur
dont j»y craint les suilles pour sa santé heu'eu
senif-nt la raison a pris le dessus, après avoir
attendu longtt'mps mi- votre fi ère je lay vu
hier ous t.'av.ons pu nous joindre il ma
donne vn beau Livre et ma promis de vous
retirer sa m.iion afin de vous forcer a
revtnir icy vous ju^re aisément que je
lui en scais bon gré jay abandonné
tiilou et ay achepté a la olace L.a Cède
petit cdalean près dicy assez joly jav besoin
de mes basins man'lés moy ce que je vous
dois car je n'en scais plus rien jay parle
à mr de levolle il ma dit que sil luy éloit
possible il vou^ oteroit le magasin
La petite madame vient d^ mouiir des dents
mr le Dauphin s'en désole bmsoir
grand femme vous connaisses mon
aniitie
ce 26 a madame
Madame La comtesse de Lusbourg
a Strasbourg.
P. c. c. E. Gravf.
Le lieutenant-colonel Stoflfel et
l'histoire des Cent Jours (LXVI ,
435). — Le colonel baron Eugène-Geor-
ges-Henri-Céleste Stofifel, commandeur de
la Légion d'honneur, naquit à Paris le
14 mars 1821, entra à l'Ecole polytechni-
que en 1839, à l'Ecole d'application de
Metz en 1841, fit la guerre de 1859
comme officier d'ordonnance du général
Niel, fut fait chef d'escadron d'artillerie
en 1862, et devint officier d'ordonnance
de l'Empereur. Attaché militaire à Berlin,
il adressa de 1866 à 1870 des rapports
devenus célèbres sur la situation militaire
en Prusse. Son rôie pendant la guerre de
1870-1871, sa déposition un peu confuse
dans le procès du maréchal Bazaine ne
sont point de mon sujet, je rappellerai
seulement qu'une instruction fut ouverte
contre lui mais abandonnée comme on
!e put apprendre par le Journal officiel
du 19 octobre 1871. Stofïel qui était co-
lonel du 21 juin 1870 se présenta sans
succès à la députation en 1871 et rentra
dans la vie privée.
Son œuvre archéologique comprenant
les travauxexécutésà Alesia, Alise Sainte-
Reine, Côte d'Or, sa collaboration à la Vie
de César, de Napoléon III, je me borne
à la signaler ici. J'ajoute : Napoléon III
lui légua tous les papiers, documents et
matériaux accumulés par de nombreux
érudits comme préparation à l'œuvre im-
périale et qui avaient une grande valeur.
L'auteur n'avait conduit son héros que
jusqu'au passage du Rubicon, le colonel
Stoffel ajouta deux derniers volumes : le
[):'ôinier va du Rubicon à Pharsale, le se-
cond se termine au drame des Ides de
I
M»
>344-
Vol.
LXVl.
- 603
L'rNTHRMÈDîAlRB
— 604
Mars Ce complément est, paraît-il, une j
œuvre des plus considérables ; publiée
avec atlas par rimprimerie nationale en
1887, elle fut très appréciée en Allemagne.
Mais en France elle est à peu près incon-
nue, Stotïel qui passait pour avoir le ca-
ractère assez difficile et fantasque, ayant
conservé l'édition presque entière. Je n'ai
appris l'existence de l'ouvrage que par un
article de M Salomon Reinach, Revue ar-
chéologique, mars avril 1907. La mort de
l'auleur survenue à Paris le 5 avril 1907,
at-elle rendu libres les exemplaires rete-
nus captifs ?
Pendant les dix dernières années de sa
vie, le colonel StolTel étudia la campagne
de 1815, sur laquelle, selon lui, le dernier
mot n'était pas dit. 11 avait fait graver
par M. Ehrard, quarante pierres lithogra-
phiques donnant les mouvements et posi-
tions des armées.
Comme le colonel est mort sans alliance
et intestat, le manuscrit de 1815 joint à un
volumineux dossier de notes et papiers,
parmi lesquels se trouvait le journal in-
time de son père, le colonel Augustin-
Antoine S. qui commandait un régiment
d'infanterie dans le corps de Vandamme,
armée de Grouchy, ensemble les qua-
rante pierres lithographiques, fut mis en
vente par les héritiers. Le tout a été ad-
jugé le 12 juillet 1907, en Tétude de
M" Saucier, notaire à Paris, à M. Chop-
pin de janvry. La bibliothèque avait été.
vendue dès le 13 juin. H. CM.
♦ *
11 y a peu de temps encore, le manus-
crit visé ci-dessus était entre les mains de
la famille Choppin de Janvry qui habite
Versailles. 1- L.
» *
Le colonel Stoflfel avait passé de lon-
gues années h préparer un travail sur
IVaterloo. Le livre complètement achevé
était encore maniiscrit ; il a été vendu en
adjudication publique par ministère de
M« Albert Saucier, notaire, à Paris, le
J2 juillet 1907.
En réponse à la demande relative à
« L'histoire militaire des Cent jours » par
le lieutenant-colonel Stoftel. il est à ma
connaissance que le manuscrit du colonel
Stoffcl relatif à la campagne de iBis et
plus particulièrement à la bataille de Wa-
terloo, a été acquis par M. Choppin de
Jauvry, aujourd'hui décédé et est entre les
mains de ses héritiers qui habitent Ver-
sailles. J'ignore quelles peuvent être leurs
intentions quant à la publication de cet
ouvrage.
P.V.
Titres sous l'Ancien Régime
(LXVl, 93, 361,461,^14).— Lesiéflexions
de notre confrère G. de la Véronne, sur les
titres de noblesse, sont d'une justesse par-
faite si l'on se place au point de vue des
Français, qui s'obstinent à ne regarder les
choses qu'à travers les souvenirs de
l'Ancien Régime et de la Révolution.
Mais, puisque la question revient fré-
quemment dans V Intermédiaire et qu'elle
est certainement en France poUr un tiers,
ou pour une moitié, le fonds de la poli-
tique actuelle, il serait peut-être utile de
la montrer sous un aspect plus général.
A la regarder de près elle n'a pas l'im-
portance qu'on lui âtlàche et ne mérite
pas lanimosité qu'elle soulève. Les titres
sont peu significatifs : c'est le classement
social qui seul oflre de l'intérêt et qui de-
meure assez indépendant des privilèges
de noblesse ou des droits de bourgeoisie.
Ecartons d'abord une erreur fréquente.
Si l'on étudie l'organisation de l'Inde an-
glaise, on a la surprise de constater que
les fameuses grandes castes du pays,
— Brahmanes, Kchâtryas, Vaicyas et
Soudras — auxquelles l'opinion compare,
exceptis excipiendis, nos prétendues cas-
tes de l'Ancien Régime, — Clergé, No-
blesse, Bourgeoisie, Peuple, — n'existent
pas en réalité ; qu'elles représentent sim-
plement l'idéal de la littérature sacerdo-
tale ; que les vraies castes, étrangères en
principe à la vie publique, infiniment
nombreuses, sont les petits groupes de la
vie privée, pour laquelle surtout ils se
créent, unis par la possibilité du mariage
et par lintimité des repas, le connubium
et le convivium : et, finalement, que ces
castes ont toujours été bien moins im-
muables qu'on ne l'imagine chez nous.
M. Bougie a voulu récemment traiter le
sujet {Essais sur le Résrime des Castes, Pa-
ris, Alcan, 1908); mais il ajoute à la caste,
pour élément essentiel, l'hérédité du mé-
tier, parce que cette hérédité ayant dis-
paru en Occident, il se propose de mon-
trer que les castes n'y ont plus raison
d'être. Le livre de M. Sénart {Les Castes
DBS CHERCHEURS HT CUKîEUX
605
10 Novembre 191 2
606
dans l'Inde. Paris, Leroux, i8q6) et les
travaux d'autres indianistes prouvent, au
contraire, que le métier n'est qu'un motif
de caste, comme parmi nous l'esprit de
corps professionnel ; et les Hindous qui
viennent en Europe n'hésitent pas à re-
trouver chez nous l'équivalent de leurs
castes, en s'appuyant uniquement sur
nos relations sociales. Yule et Burnell,
dans leur Glos'^aire Anglo-Indien (Lon-
dres, Murray, rééd., 1886. V. «Caste»)
font même remarquer que ce mot est en-
tré couramment dans le langage politique
de la France, sans établir à cet égard de
distinction spéciale.
Ouoi qu'il en soit, dans l'Inde, pour
monter en grade, on prend un chapelain
et un cuisinier brahmanes (Maine, Ancien
Droit et Coutume primitive, Paris, Thoiin,
1884, pp, 378-9), ainsi qu'en France on
se donne un titre ou une particule, en
Angleterre, un « crest » usurpé, (P. G. Ha-
merton, French and Engîish, éd. Tauch-
nitz, t. II, p, n6). Si l'on est Musulman,
on enterme les femmes, (Quarterly Rev.^
avril 1899, p. 328); tout au moins chez
les Arabes riches commencent-elles d? se
voiler la figure {Tour du Monde, 1882,
t. 1, p. 4) : coutume qui n'est point essen-
tielle à l'Islam, comme chacun sait, mais
qui, par les gynécées de Byzance, re-
monte à ceux de la vieille Athènes, sinon
aux harems de Ninive et de Suse. Bref,
nous apercevons ici comme une ouverture
pour étudier ce que l'on a spirituellement
appelé la « Capillarité sociale » ; mais il
faudrait un volume pour la montrer sous
toutes ses apparences, et nous devons
nous borner à quelques courtes conclu-
sions.
Prenons une de ces vastes maisons-ca-
ravansérails qui forment nos grandes
villes modernes, peuplées de gens de toute
provenance. La couleur des locataires in-
diquera sommairement la race ; leur na-
tionalité désignera la classe, le groupe
auquel ils doivent allégeance, toute opi-
nion intellectuelle à part ; la religion^ par
contre, représentera le parti, auquel on se
rattache par un lien d'esprit et de cro-
yances ; l'étage correspondra d'assez près
à la classe sociale ; et l'appartement ren-
fermera la caste, Pintimité du petit groupe
formé par les parents et les amis. Ces di-
visions pourront s'entremêler quelque
peu, des rapprochements individuels pour-
ront s'opérer, mais rarement. Si, par un
coup du sort, toutes les différences exté-
rieures, artificielles, d'Etat, de dénomina-
tion religieuse, de costume, étaient sup-
primées, les séparations fondamentales
n'en subsisteraient pas moins, comme
persistent en France les séparations pro-
vinciales, bien que les noms de nos an-
ciennes provinces ne se rencontrent plus
dans notre nomenclature administrative.
11 existe, donc, entre autres divisions,
des classes sociales, — je ne dis J)as
supérieures l'une à l'autre en valeur
absolue, mais en fait trè^ réelles — mar-
quées par une psychologie très distincte :
même aux Etats-Unis, les sociologues en
conviennent. C'est d'abord la classe où
l'on vit surtout d'un travail manuel, d'or-
dinaire au jour le jour ; puis, celle où l'on
subsiste d'un travail surtout intellectuel,
mais plutôt sans revenu déterminé, c'est-
à-dire la classe où l'on s'efforce d'édifier
une fortune ; enfin, celle où la fortune est
acquise où, si l'on travaille d'une pro-
fession définie, on considère moins le
traitement que le prestige de la carrière^
A cestrois classes sociales correspondaient
asscz exactement les trois classes laïques
de notre Ancien Régime, lesquellesétaient,
ne l'oublions pas, des « classes » et non
des « castes », car elles se subdivisaient
en un grand nombre de castes familiales,
dont les dernières de chaque classe s'al-
liaient et faisaient caste avec les premières
de la classe suivante.
Il est facile de comprendre que le chan-
gement de fortune et de situation, pour
un citoyen, amené chez lui, ou dans sa
famille au bout de quelques générations,
— « il en faut trois », prétendent les An-
glais, « pour former un gentleman », —
une transformation d'idées et de senti-
ments qui le font passer d'une classe à
l'autre « L'année dernière, j'étais un tis-
serand » , dit une chanson du Pandjab ;
« cette année, je suis un sheik ; l'année
prochaine, si le grain est cher, je serai un
suyud » (Sir John Strachey, \ Ivdc, trad.
Harmand, p. 222) ; ainsi devient-on des-
cendant du Prophète.
*< Si l'archevêque de Cantorbéry était
obligé de trimballer son baluchon sur
l'épaule, comme je fais, » remarquait un
tramp aistralien cité par le Times, « il de-
viendrait radical comme je suis. » Hay-
ward raille doucement la duchesse de
N- 1344. Vol. LXVI.
s'INTBHMBDIAIRB
607
608
Douglas qui invitait à sa table un tailleur
de Londres, sous le prétexte qu'il appar-
tenait lointainement à sa famille {« Vicis-
situdes of Families >» Seîected Essavi, II,
189-190) ; l'humble artisan ne pouvait
plus être de ce milieu ducal, à moins de
refaire fortune. Sous l'Ancien Régime, les
anoblissements étaient faciles et fré-
quents ; ils donnaient forme et valeur
officielles à ce déplacement de situation.
En Angleterre, on estimait aussi, —
c'était l'avis de Robert Cotton, (le fonda-
teur à Oxford de la Bibliothèque Cotto-
nienne) de Robert Walpole, et do Pitt, —
que tout citoyen avant 10.000 livres ster-
ling de revenu devait faire partie de la
Chambre des Lords (Price Collier, Bns;land
and the Bnglhh, London, Duckworth,
1909, p. 67). En France, la Révolution a
supprimé les anoblissements, mais elle
n'a pas supprimé les changements de
psychologie amenés par les changements
d'intérêts. Ces transformations ont tou-
jours assurément été moins rares que ne
voulait l'admettre l'ancienne noblesse ;
mais elles sont aussi sûrement moins
rapides et nombreuses que ne le souhaite-
rait la démocratie.
L'erreur du Français est donc, tout en
protestant contre les distin'^tions de nais-
sance, de s'obstiner à les maintenir en-
vers et contre tous : le noble d'origine, à
ses yeux, doit être clérical et réaction-
naire ; le bourgeois, libéral et incrédule ;
le peuple, révolutionnaire et athée. Il se
figure que si Ion pouvait démonétiser
tel noble d'apparence et prouver sa bour-
geoisie native, on l'obligerait à rentrer
dans le rang et à marcher aux ordres dos
chefs, dans l'armée libérale, contre la
droitii ou la gauche, suivant les besoins
delà stratégie politique. Rêve enfantin! Ce
bourgeois, classé comvm tel d'après la
stratification de l'Ancien Régime, arrêtée
ne varietm à la date du 4 août 1789, ne
fait plus partie de la classe moyenne. S'il
cause avec un bourgeois appartenant en-
core manifestement à celle-ci. négociant
ou industriel ordinaire, ils ne s'entendent
plus. Le bourgeois actuel s'inquiète fort
peu des principes ni de l'avenir ; il dé-
clare — je l'ai entendu moi-même, et les
lettres de M. Levret dans le Temps con-
firment cet aveu, — que ses affaires mar-
chent fort bien ; <|u'on aura toujours be-
soin du drap qu il vend pour tailler des
culottes, ou des conserves qu'il fabrique
pour s'approvisionner de vivres. On sait
qu'aux Etats-Unis, partant de ce scepti-
cisme, la classe mercantile verse des sub-
sides électoraux aux deux partis, qui sont
assez absurdes pour accepter cette im-
partiale et des lors inutile offrande. L'an-
cien bourgeois, à l'inverse, devenu pro-
priétaire ou rentier, qui plante ou bâ-
tit en vue de sa descendance, est plus sou-
cieux du lendemain. La différence est si
foncière que déjà l'Ancien Régime avait
l'idée — partout reprise aujourd'hui en
France et ailleurs, - d'organiser la repré-
sentation provinciale suivant les intérêts
et non d'après les « ordres >* de nais-
sance. D'autre part, j'ai, plus d'une fois
constaté que les républicains inclinent
spontanément à décerner des titres nobi-
liaires au bourgeois indépendant, simple-
ment parce qu'ils le sentent en dehors de
la classe moyenne.
En tout cas, je n'a'i'jàmais observé que
les titres pour les conservateurs, ni les
rubans décoratifs pour les démocrates,
fissent un grand changement dans la si-
tuation sociale d'un citoyen, — quoique,
dit-on, le ruban puisse devenir une bonne
réclame pour développer la clientèle
commerciale, je ne crois pas qu'aux Etats-
Unis les titres de juge, de général, ou de
colonel, que l'on s'octroie sans avoir, du
reste appartenu, à la magistrature ou à
l'armée, ajoutent non plus sérieusement
au prestige individuel. Mais je ne serai
pas de la même indifférence pour les
noms. L'idée du Français égalitaire, qu'ex-
primait naïvement une Parisienne à Nas-
sau Senior, serait que tout le monde s'ap-
pelât d'un nom très ordinaire, — Leblanc
Legris, ou Lenoir ; peut-être tolérerait-on
Leroux, Lebrun, Lebleu ou Levert -
pour que nul n'attirât l'attention plus
qu'un autre en le présentant, pour la pre-
mière fois, dans le monde, j'entendais,
un jour, discuter ce problème des noms
entre deux savants, tous les deux mem-
bres de notre Institut, mais dont l'un ap-
partenait à une célèbre Université des
Etats-Unis. L'Américain avait donné à
ses fils des prénoms sonores, relatifs à
l'iiistoire de sa famille. « Après tout, >
disait-il, « on a un nom pour se distin-
guer d'autrui //. Absolument. Il y aurait
de graves inconvénients à rencontrer trop
de noms semblables. Au contraire, même
DBS GrtKRCHBURS
609
dans le monde, il est précieux de savoir à \
qui l'on s'adresse, pour éviter les impairs
et ne parler ouvertement qu'entre gens
de même sorte. Ici, la liberté de la cau-
serie, du laisser-aller, chère à Montaigne,
La Bruyère (^Caractères, ch. V) et à tant
d'autres, prime et primera toujours, heu
reusement, le désir d'égalité, je com-
prends fort bien en conséquence cette
nouvelle noblesse républicaine ou bour-
geoise, critiquée ici même assez verte-
ment, qui se forme dans les noms de fa-
mille par le trait d union. Je n'en con-
nais personnellement aucun titulaire ;
mais j'accepte volontiers qu'il y ait des
Ernest-Picard, des Jouineau-Gambetta,
et des [ules-Simon. Je trouve fort plai-
sant de constater que tel républicain
sous l'hmpire, dont je possède un auto-
grapheantimilitaristeà l'extrême, ait laissé
des enfants qui, aujourd'hui, écrivent des
livres d'un militarisme parfait.
Quant au rêve de placer tous les gens
sur une même ligne de départ au début
de la'vie, c'est une chimère cornue. D'ail-
leurs, dit la Revue d' Edimbourg qui la re-
jette sans pitié, « ceux qui, partis d'en
bas, arrivent au sommet ne valent guère
mieux d'habitude que c^.ux qui pourraient
s'y trouver naturellement (janvier 1912 ;
p. 125). Et ïeugénte vient renchérir, en
demandant que dorénavant toutes les fa-
milles, riches ou pauvres, nobles, bour-
geoises, ouvrières ou paysannes, aient
leurs annales ou leur dossier, ce que je
ne saurais troD approuver pour ma part,
(Quarterly Rev., juillet 1912, pp. 65-66).
Non, nous ne marchons pas dans le sens
de la fusion démocratique et sociale.
En résumé, dites à un Français : « Nous
ne pouvons frayer ensemble parce que
nous ne sommes pas de la même caste » ,
— il bondira de colère et d'indignation.
Mais dites-lui posément : « Nous ne pou-
vons vivre dans l'intimité, parce que
nous n'avons « ni les mêmes sentiments,
« ni les mêmes idées, ni les mêmes be-
« soins, ni lesmêmes croyances », il s'incli-
nera, d'autant plus qu'il s'isole de même
quand il y trouve intérêt. Cependant ce
sera la vraie cause des séparations so-
ciales ; et je tire précisément la formule
d'un livre sur l'Inde.
Uue réformation des titres de noblesse,
telle que sous Louis XIV, ne changerait
absolument rien aux situations présentes.
HT CURIEUX lo Kovembre 191 9
610
Il n'existe point de titres aux Etats-Unis ;
pourtant, les relations y sont difficiles,
distantes ; les politiciens y semblent en
quelque sorte à l'index, « la politique et
la société mondaine, au grand dommage
de l'une et de l'autre, n'ayant, pour ainsi
dire, aucun rapprochement » (Le Times,
éd. hebd., 9 Août 1912; p. 622).
Un dernier mot. En Angleterre, la pai-
rie est restée le monopole de l'aînesse
dans les familles parce que le Royaume
insulaire s'est trouvé devenir naturelle-
ment une monarchie plus parlementaire
que militaire ; et, dans une assemblée dé-
libérante, il suffit qvte la famille soit re-
présentée, mais il ne convient pas qu'elle
le soit par plas d'un membre : voyez
nos conseils municipaux. La France au
contraire, avec ses frontières vulnéra-
bles, n'eut jamais trop d'officiers : tous
les nobles furent enrôlés au service ; et,
depuis la disparition du régime féodal,
tous, aines et cadets, jouant à l'armée le
même rôle, ont réclamé les mêmes titres
qui les consolaient de prendre leur re-
traite avec une mince pension et une sim-
ple décoration sur leur « uniforme de
capitained'infanterie : habit blanc, revers
roses ou bleu de ciel, frisure à l'oiseau
royal, » — ce qui fut advenu à ces deux
contemporains illustres, Napoléon de Buo-
naparte et François de Chateaubriand, si
l'ancienne Monarchie eût persisté. (Mém.
if Outre- Tombe, Vl, 8). Les mœurs ont,
en matière nobiliaire comme en bien
d'autres, primé l'ancienne règle, ainsi
que le langage du peuple finit par pri-
mer le Dictionnaire de L'Académie.
Britannicus.
En ce moment à la campagne, je n'ai
pas sous la main les éléments néces-
saires pour répondre à la question de
M. de Rougé relative aux titres des fils
de pairs de France. ^
G. DE LA VÉRONNE.
Armoiries à déterminer : 3 abeilles
(LXV1,437, 563). — Les Barberini, de Flo-
rence, portent : D'azur a ^ abeilles d'ar-
gent. La famille de Barberin a la même
origine. 11 est probable qu'elle porte les
mêmes armoiries.
Faultimont.
N»
1344
Vol.
LXVI.
— 611
L'INTERMEDIAIRE
61.
Ex-libris à déterminer : Tro s
têtes de paons (LXV, 392, 563). — Ap-
partient à la famille Ponnat, en Dauphine.
Un autre ex-libris anonyme de cette fa-
mille, porte les armes de Ponnat écarte-
lées de celles de Garcin de Larnage : Ecar-
ielc d'ii^ui et d'or ; à la fasce d'argent,
brochante sur l'écartelé et chargée Je trois
molettei de sablé. P. le J.
• «
Cet ex-libris est aux armes de la fa-
mille Ponnat {D or à ^ têtes de paons
d'a^iii) France. Je ne sais pas à quelle
province appartenait son possesseur.
NlSlAR.
René Gueuble. Armoiries (LXVI,
6, 117, 25^, 465;. — L'édition de 1847
de V Armoriai du Nivernais ayant été
annulée par celle de 1879, il est très exact
de dire que M. Nisiar s'est trompé en
avançant que le nom de Gueuble n'existe
pas dans l'Armoriai du Nivernais, par le
comte de Soultrait.
Mais cette erreur est on ne peut plus
excusable, puisque M. Nisiar n'avait
jamais entendu parler de l'édition de
1879.
Cette édition se compose de deux vo-
lumes grand in-octavo que l'on peut se
procurer en s'adressant à M. le Secrétaire
de la Société Nivernaise des lettres,
sciences et arts, à N.n'er?. S. G. L.
Puebla a Gaudino (LXVI, 230; —
Sans en être certain, j'avance cette expli-
cation :
Puble, patois publo, égale peuplier.
Gaudin, famille de Nyon, de « gau-
detc ï (porte dans ses armoiries un fol).
Conclusion :
Un lieu où il y avait des peupliers ap-
partenant à un membre delà famille Gau-
din. A. 0. H. S.
^< Quo non ascendam »ou « ascen-
dit » (LXVI, 283, 523,504;. — L'Art Or-
nemental, revue hebdomadaire illustrée, a
publié en 1886 Hivraison d'août, page
114) un dessin de Le Brun ayant pour
titre : Cartouche, aux armes de Foncquet.,
avec sa devise. Ce dessin parait être un
modèle de tapisserie.
Au dessus du cartouche ovale, conte-
nant l'Ecureuil des armoiries, se trouvent
deux amours soutenant une couronne de
rnarquis et une banderole portant la de-
vise :
Q.UO NON ASCENDE
11 est probable que la devise adoptée
par Foucquet se retrouve dans les ancien-
nes décorations du château de Vaux. Une
simple question au propriétaire actuel
éluciderait la question. Faultimont.
La curieuse épitaphé du chanoine
Vital d'Ardengost (LXVI. 342. 466,
564). — Cette épitaphé n'est point dans
l'église de Saint-Bertrand de Comminges
(ville aussi près de St Gaudensque de Lu-
chon), mais dans le cloître de cette cu-
rieuse cathédrale, dont Téglise voisine de
St-Just de Valcabrère, en partie mérovin-
gienne et construite avec des pierres arra-
chées à des inon-iments gallo-romains,
offre grand intérêt et mérite une visite sé-
rieuse. (Elle n'est quAJ^oo mètres).
Le sarcophage de Vitil d'Ardengost est
parmi ceux rangés le long du cloître,
dans la muraille duquel sont enchâssées
les inscriptions lapidaires relatant les sé-
pultures des principaux personnages, in-
humés autour de l'église de l'antique cité
Lngdiimim Convenarnm. Dans la Monogra-
phie de Saint- Bertrand de Comminges par
M. d'Agos, la plupart de cts inscriptions
ont été relevées
Comme celle en question est «fréquem-
ment citée par son originalité » dit Pierre
Bedin, dans son Guide du ToHri:te à St-
Bertrand, voici la traduction qu'en donne
cet auteur :
L'an du Seigneur le 17 des calendes de
janvier mourut Pierre .le Ardengost, clerc et
prébendier de cette église. Que son iViie re-
pose en paix. Ainsi soit-il. — Là gît, dans sa
(ombe, cette rose du monde aujourd'hui souil-
lée et flétrie. Elle ne répand plus sa bonne
odeur, mais celle qui s'exhale de la pourriture
des tombeaux.
M. Bedin ajoute que, pas plus que M.
d'Agos, il ne voit là une intention satiri-
que.
G- Vital, dit-il, a dû mourir à la fleur
de l'âge, dans le plein ëpinouissement de la
vie, alors que lien ne faisait prévoir une fin
si piématurée. Si jeu de mots il y a, c'est
celui d'un moraliste chrétien.
Un Pyrénéisie.
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
10 Novembre 1912'
613
614
Jardins dessinés par Le Nôtre
(LXV ; LXVI. 23,68, 218).
< Le Saint Père aprèsavoir quitté ses habits
Pontificaux, revint au Palais Quirinal, autre-
ment Monte Cavallo, séjour que les Papes
habitent depuis longtemps, à raison de la
salubrité de l'air, et où le fameux le Nôtre
traça les plus magnifiques jardins, lorsqu'il
fut envoyé à Clément XI par Louis le
Grand. »
(La Vie du pape Clément XIV (Gan-
ganelli), par Caraccioli ; à Paris, chez la
veuve Desaint, libraire, rue du Fuin-
Saint-Jacques. Edition de 1775).
Je lis d'autre part, dans le Baedeker que
le jardin du Quirinal a été dessiné par
Ch. Maderna,
Quelle est la vérité à ce sujet ?
Nauticus.
Notes manuscrites de Rousselin
(LXVI, 536). — (Et non Jousselin). Le
collaborateur d'E. trouvera une partie du
dossier Bégis chez M. Noël Charavay.
La a Tribune des départements »
à retrouver (LXVI, 438). — A-t-on bien
cherché à la Nationale ? D'après la façon
dont Halin cite le ']Ouxnd\{Bibliogi aphte de
} presse périodique française y Paris 1866,
pages XXXVII et 368), les dix volumes
de la collection — 1829 à 1835 — de-
vraient s'y trouver.
Quant à la lettre écrite de Paris, le 24
août 1830, par Louis de Potter au roi des
Pays-Bas et que voudrait retrouver l'au-
teur de la question, je ne suis pas du tout
certain qu'elle ait paru dans la Tribune.
De Potter, en ses Souvenirs personnels
(tome Y\ Bruxelles, 1839), analyse, aux
pages 127-13/, les articles qu'il a donnés
à ce journal : le premier, une <;< Adresse
au peuple belge >>, est du 7 septembre
1830. D'autre part, ce n'était pas une
« lettre ouverte » ; l'auteur, qui ne l'a
point reproduite parmi les pièces justifica-
tives de son livre, nous en parle ainsi
(pages iioiii ; conf. pages 124-125) :
Je me rappelai que c'était le 24 août P
fête anniversaire du roi Guillaume. Voulant
la célébrer à ma manière par un dernier avis
bien franc et bien utile, je lui adressai ce
jour-là même une lettre dans laquelle, com-
prenant mieux les circonstances de la révolu-
tion des trois journées, je lui prouvai, en les
retraçant, que partout où l'on s'entêterait
dans le système maladroit et perfide que peu-
vent seuls soutenir un ministère exécré et une
cour inepte, ministère, cour et dynastie dis-
paraîtraient devant la colère du peuple, et
l'arbre de la liberté reverdirait sur les ruines
d'un trône vermoulu. Puis, je comparai le
miniitère Van Maanen au ministère Polignac,
le message du 1 1 décembre aux funestes or-
donnances du 2S juillet, l'exploitation batave
à la prépondérance des émigrés et des jésui-
tes français Enfin, j'exhortai le roi à provo-
quer lui même le rappel de l'union de la
Belgique avec la Hollande, pour autant
qu'elle confondait les deux peuples sous le
malheur commun, les Belges d'être opprimés
aujourd'hui par les Hollandais, les Hollan-
dais de devoir être plus tard dominés par les
Belges ; je lui signifiai qu'à ce prix il pouvait
continuer à régner sur le royaume entier,
mais qu'il ne le pouvait plus qu'à ce prix.
Guillaume reçut ma lettre le 27, par le même
courrier qui lui apporta la nouvelle de l'in-
surrection de Bruxelles dupj.
Il serait curieux qu'on retrouvât cette
lettre en Hollande...
A. Boghaert-Vaché.
S'adresser à l'office international de Bi-
bliographie annexé à la Bibliothèque
Royale de Bruxelles, à Bruxelles, i rue
du Musée. Joachim Kuhn.
Les premi rs Guides (LXII : LXIIl).
— Sir H. George Fordham, chairman of
the Cambridgeshire County Council, vient
de publier un opuscule, imprimé à Hert-
ford, chez S. Austin intitulé: Notes on
British and Irish itineraries and roaad-
books, où il est aussi question de quel-
ques anciens guides imprimés en français.
L'auteur donne en fac-simile le titre :
4 La Guidf des Chemins d'Angleterre... A
Paris cbe:( Mallet 1579. »
Il cite un livre imprimé en 1480, sous
Louis XI, intitulé : « Le voyage de la
Saincte Cité de Hierusalem. Avec la des-
cription des lieux, portz, Villes, citez et
autres passiages Faict l'an mil quatre
cents quatre vingtz... Régnant Loys
onzeisme... imprimé à Paris. » Je m'ar-
rête n'ayant pas à faire l'analyse de cette
curieuse brochure, très intéressante au
point de vue bibliographique. St-Saud.
Combien de mots françaissont em-
ployés dans le langage usuel (LXIV;
LXV). - Grâce au> nombreux emprunts
qu'elle a faits de tout temps aux langages
des divers peuples, la langue anglaise
semble posséder aujourd'hui le vocabu-
N« 1344 Vol. LXVl.
L'iNTBRMBDIAlK»
615
616
laire le plus étendu qui soit au monde ;
ainsi, le Stanard Dictionary, publié aux
Etats-Unis, donne la définition d'envi-
rop 3^0.000 mots anglais ou anglicisés
li y a, à coup sûr, beaucoup dt=; mots
techniques dans le nombre. 11 n'est pas
besoin d'autant de termes pour se tirer
d'atîaire dans la vie quotidienne. Sliakes-
peare, qui passe pour avoir eu le vocabu-
laire le ()lus étendu de tous les écrivains
de langue anglaise, n'a fait usage que de
ib.ooo mots ; Milton n'en a employé que
8.000 ; et à l'heure présente, un homme
très instruit ne se sert à l'ordinaire que
de 3 à 4.000 mots.
Les gens sans grande culture n'ont
besoin que de 500 mots habituellement,
et^ dans certains villages lointains on
peut se tirer parfaitement dafTaires avec
un petit bagage de 200 expressions.
Pour lire les journaux et les livres de
littérature courante, il est suffisant de
connaître 2 000 mots.
Le Tout Savoir universel, Paris, Rueff
1897, p. 60 [et répété p. 297).
Sglpn.
Chère Madime (LXV, 206, 388,487;
LXVl, 70). — N'exagérons ni le côté s< in-
time », ni le côté *< affectueux » de : Chère
Madame. Dans beaucoup de cas, ce peut
être une appellation de simple politesse :
en affaires, par exemple, d'un médecin à
une cliente, etc. Cher ne veut rien dire,
après tout. Voyez dans combien de cas
on emploie : Cher Monsieur, ou même :
Mon cher ami, vis-à-vis de gens presque
indifférents ! En anglais, on a tendance
aussi à exagérer le « dear ?>. Je me sou-
viens d'avoir écrit à des hôteliers anglais
pour leur demander leurs tarifs, et d'avoir
reçu des réponses commençant, presque
invariablement, par « Dear Sir '> De
même, lorsque les lecteurs d'un journal
écrivent au Rédacteur ei chef, par exem-
ple. Et lorsque nous disons : Mon cher
Confrère, ou : Madame et Chère Collègue,
est-ce beaucoup moins familier que de
dire : Chère Madame, ou : Cher Mon-
sieur.'' Maurice Charpentier.
Un temps de demoiselle d.XVI,
440). — L'expression est très connue et
très employée, au moins autour de Paris.
Pour être complète il faut : C'est un temps
de demoiselle, ni pluie, ni vent, ni soleil.
Ainsi citée, elle se comprend assez bien.
E. Grave.
*
* *
J'ai entendu plusieurs fois cette expres-
sion dans le Gâtinais Orléanais. II s'agis-
sait d'un temps doux, sans soleil, ni pluie,
ni vent. Il est fort difficile d'expliquer le
sens et l'origine de cette locution assez
extraordinaire. Il est probable qu'elle est
employée dans d'autres localités que le
Gâtinais. Martei.lif.re.
*
L'expression n'est nullement un provin-
cialisme ; elle figure dans tous les dic-
tionnaires, qui l'expliquent en termes
identiques : Académie ( « Il ne fait ni
poussière ni soleil ») ; Li7/rc (« Ni pluie, ni
vent, ni soleil ») ; Hat:{feld et 'Darmetes-
ier (« Ni pluie, ni vent, ni soleil »)... Le
sens en est d'ailleurs évident, et il serait
oiseux de vouloir rechercher, pour cette
expression, de forn>a<k>n populaire certes,
une ^< origine » littéraire ou historique.
Elle est depuis très longtemps en usage
dans la France entière et aussi en Belgi-
que. A. Boghaert-Vaché.
* •
C'est un temps clair et beau, ni trop
chaud, ni trop frais, quand le soleil rayonne
sans vive ardeur, un temps calme par le-
quel une demoiselle peut sortir sans para-
pluie ni ombrelle, sans risque pour sa
toilette, sans crainte de voir le hâle gâ-
ter son teint. Cette expression est assez
courante en Champagne où je l'ai enten-
due maintes fois, notamment à Chau
mont (Hte Marne).
«
» •
On appelle temps de demoiselle, un
temps doux, légèrement couvert et un
peu brumeux. C'est par des temps sem-
blables que les libellules appelées aussi
« demoiselles * sortent en grand nombre.
C'est de cette remarque qu'est venue l'ex-
pression « temps de demoiselle, de même
que certaines personnes appellent un
temps pluvieux %< temps de canard »,
parce que, ces jours-là les canards sor-
tent et s'ébattent plus bruyamment que
les autres jours.
Troisette-'Whale.
Réactif pour faire réapparaître
l'écriture (LXVl, 194, 330, 471). --
Pour raviver les écritures effacées sur les
/l
DBS CHBRCHfiURS Bî CURIEUX
10 Novembre 19H
617
618
vieux titres et les parchemins, on ramol-
lit rapidement le parchemin dans l'eau
froide sans l'agiter, ni le froisser ; on
égoutte la feuille, puis on la plonge pen-
dant cinq secondes dans une dissolution
d'acide oxalique au i/ioo ; on lave alors
rapidement le parchemin entre deux eaux
pour le débarrasser de l'oxalate de chaux
qui a pu se produire. Qiiand la feuille a
subi cette manipulation, on l'introduit
dans un vase contenant une solution de
10 grammes d'acide galique dans 300
grammes d'eau distillée ; dès que les ca-
ractères ont apparu, on lave à grande
eau, on sèche entre des feuilles de pa-
pier Joseph et l'on soumet en dernier
lieu le tout à la presse. S'il s'agit simple-
ment de faire apparaître quelques mots
sur un titre on se sert d'un pinceau en se
conformant soigneusement au procédé
qui vient d'être décrit. On applique al-
ternativement une solution d'acide et du
papier buvard, puis de l'eau et un papier
qui l'absorbe. Il faut toutefois dans l'em-
ploi de ce procédé agir avec délicatesse
et promptitude, car les parchemuis im-
prégnés d'acide gallique se colorent sou-
vent en rose, et même en noir sous l'in-
fluence de la lumière du jour et l'écriture
devient illisible si les feuilles sont frois-
sées. Toutes les encres ne ressortent pas
également bien par ce procédé ; quelque-
fois l'encre s'étale sur la surface du par-
chemin, et rend la lecture impossible.
Pour la manière de faire revivre l'encre
effacée sur les parchemins, il suffit d'éten-
dre au moyen d'un pinceau une légère
couche d'hydrosulfure d'ammoniaque ;
ce procédé est employé depuis fort
longtemps à la la bibliothèque d'Oxford :
M. Alcius Ledieu conservateur de la bi-
bliothèque d'Abbeville, a toujours em-
ployé cette recette avec succès.
P. CORMAN.
Chasse aux renards (LXIl ; LXIII ;
LXIV ; LXV.
Du Monde Economique :
Un document trouvé aux Archives Na-
tionales nous apprend qu'au xvii^ siècle, le
mot « renard > était employé par certaines
corporations ouvrières dans le sens même où
il est usité aujourd'hui.
C'est le préambule de l'arrêt de la Cour du
Parlement du 9 septembre 1760, portant rè-
glement pour les compagnons charpentiers
de la ville d'Etampes.
« Vu par la Chambre des vacations la re-
« quête du procureur général du roi. concer-
< nant que dnns la Ville d'Etampes il s'est
ft formé depuis plusieurs années une société
« parmi les compagnons charpentiers, la-
« quelle ils appellent parmi eux compagnons
« du devoir ou bons drilles ; que ces compa-
« gnons s'assemblent chez le nommé Jacques
« S.Tuvet, cabaretier d^ins cette ville, lequel
« ils appellent leui mère; que ledit Sauvet
« tient un registie dans lequel est inscrit le
« nom de tous les compagnons charpentiers
« du devoir ; que ceux qui ne sont point ins-
« crits sur ledit registre .sont appelés par les
« compagnons du devoir renar-ds ; que les
« compagnons du devoir sollicitent lesdits
« compagnons r^Wizr^s à entrer dans la so-
€ ciété du devoir ou bous drilles, et lorsqu'ils
« ne veulent pas, les compagnons du devoir
« les maltraitent et insultent les maîtres char-
<< pentiers chez qui ils demeurent, ce qui
« oblige les compagnons désignés sous le
(I nom de renards de quitter la pays ; que le
« prccur-ur général du roi est en outre in-
" formé que les compagnons forment jour-
« nellement des attroupements et qu'ils sont
« armés de cannes et bâtons, qu'ils troublent
« le repos public, insultent et maltraitent les
'< habilants de la Ville d'Etampes. »
Les petits vitriers (LXV, LXVI ,36,
130). — Du Petit Parisien :
On ne devrait jamais soulever des problè-
mes Historiques, petits ou grands, parce que
le dernier mot n'est jamais dit sur ces ques-
tions. Ce sont alors des contioverses qui
n'en finissent pas, et pendant lesquelles la
clarté ne se fait guère, contrairement à l'a-
dage connu : « De la discussion jaillit la lu-
mière. »
C'est pourquoi j'aurais mieux fait de ne
pas me mêler de l'affaire embrouillée des
chasseurs de Vincennes, car je reçois de tous
les côtés des lettres se contredisant avec
énergie, chacun ayant sa petite histoire en
poche sur l'origine du surnom de ces braves
soldats.
Pour en terminer, voici ce que m'écrit un
lecteur, dont le père fut incorporé au 8^ ba-
taillon de chasseurs, en formation à Saint-
Omer, le 4 octobre 1S40 :
« A cette époque, comme aujourd'hui, on
cherchait à apporter des innovations dans la
tenue et dans l'équipement de l'armée, et,
comme il s'agissait d'une arme nouvelle, on
créa quelque chose de nouveau. On rem-
plaça le sac en peau de veau, revêtu encore
du poil, que portait l'infanterie, par un ha-
vresac en cuir bouilli.
N' l|44. Vol. LXVI.
-T 619
« Or, quand un bataillon de chasseurs de
Vincennes défilait on tenue de campagne, sac
au dos, le soleil, dardant ses rayons sur le
cuir bouilli, faisait étinceler les sacs, comme
autant de vitres. Le troupier a vite trouvé le
mot juste dans du- semblables circonstances.
Les petits chasseurs nouvellement créés fu-
rent baptisés vitriers pour toujours.
u Donc, si on a crié en 1848, sur le pas-
sage des chasseurs : « Voilà les vitriers qui
passent ! > c'est parce qu'on les désignait
ainsi depuis longtemps.
« A l'appui de ce que je vous dis plus
haut j'ajouterai qu'il n'était pas du goût des
officiers de chasseurs de s'entendre qualifier
de la sorte, et qae le commandant du 8" ba-
taillon, pendant la campagne d'Algérie, con-
sidérait comme une injure faite h tout le
bataillon cette appellation de vitrier adres-
sée mime à un simple troupier. Tout homme
du bataillon qui ne provoquait pas en duel
le soi-disant insulteur avait la face rasée du
côté droit. Les hommes portant la mousta-
che et le bouc, personne ne laissait passer le
mot. Mon père, de qui je tiens ces détails,
est allé deux fois sur le terrain fiour avoir
été traité de vitrier, et cela bien avint
1848 >
Te:i 5ns pour définitive cette explication,
et prenons congé des petits chasseurs, des
alertes vitriers, qui, maintenant ne cassent
pas les vitres pour si peu.
H.J.
Enseignes Lttéraires descoiffeu s
(LXVI, 381). — je m'étonne que le con-
frère V. A. T. n'ait pas relaté sous cette
rubrique — l'enseigne d'un coiffeur de la
rue de Tournon, n° 21, que maints pari-
siens doivent connaître, car outre l'ins-
cription grecque de Paris, boulevard Vic-
tor-IIugo et de Roch fort fCharente-Infé-
rieure),j'en trouve plusieursautres sur les
panneaux de sa devanture que je crois in-
téressantes pour les lecteurs de V hi terme-
diaiie.
Au surplus, je les reproduis littérale-
ment.
— Sur la porte vitrée se lit le nom du
patron actuel :
JOUSSELIN
MAITRE BARBIER, PERRUQUIER DU SENAT
I.T AUI.TRES.
et au-dessous le distique latin :
Hic fmgit Solcrs hodiemo mère capillos,
Dextra noturaeque novos ars addit honores,
— £t sur le panneau de droite :
le Kcipw Ta/.'.aTa /a: a'MT.C) (tant apprécié
L'iNTHRMBDIAlRH
620
des clients taciturnes et pressés^. Et ce^
vers français en vieux languaige :
Vous qui resvez d'avoir peau dou'ce blanche
[et fine
Oignez-vous chacun soir de chresme floreine
(Dom Emilio d'Excideuil 1315-1385).
Icy Maistre Jousselin, barbier rase le Sé-
nat, accomode la Sorbonne, frise l'Académie.
— Enfin on lit sur le panneau de gau-
che.
Sta, viator, crede caput auresqu mihi
Dehermamn.
Le mai (T. G. 547 ; LXVI, 96, 229,379).
— ACherbourg,il y a 20 ans environ, dans
une petite rue aboutissant vers le terrain
de Chantereyne, j'ai vu plusieurs fois des
rondes de jeunes gens, garçons el filles,
sous une couronne de fleurs suspendue
au milieu de la rue. Je crois que c'était
aussi au mois de mat f de même qu'une
traditionnelle promenade à Martinvast où
l'on dansait sur l'herbe et buvait du lait.
Sglpn.
Origine du salut masculin (LXVI,
488). — Cette demande intéressante sou-
lève deux questions connexes :
A, Rôle social du chapeau. — La mode
nouvelle, citée par notre collègue, de se
promener dans les rues nu -tète, mode
sans doute éphémère introduite par hy-
giène ou plutôt par snobisme, implique
une rupture avec d'anciennes traditions
concernant la valeur sociale attribuée au
port du chapeau. Sans qu'il soit néces-
saire de remonter au légendaire chapitre
d'Aristote sur les chapeaux, les exemples
sont nombreux qui confirment l'impor-
tance attribuée au couvre-chef. Dans l'an-
tiquité, comme aux temps modernes, il
pouvait être :
i) Embl'cme de classe sociale^ tout
comme d'autres objets mobiliers ou im-
mobiliers, canne, trône, etc. Les esclaves
romains prenaient le pileus au moment
de leur atTranchisseinent (capere pileum,
Saglio-Pottier, Dict des ant., s. v. Pileus
p. 481). Saint Louis avait imposé aux
Juifs le port d'un chapeau pointu, et au
temps de l'Inquisition, les hérétiques
étaient conduits au bûcher la mitre dis-
tinctive en tête. Est-il nécessaire de rap-
peler le rôle du chapeau dans l'Eglise, où
!
DES CHERCHEURS BT CURiBU.XH
10 Novembre 19 is.
621
t22
la tradition se maintint avec plus de force
que partout ailleurs, mitre d'évêque,
chapeau de cardinal ? Enfin, aujourd'hui
encore, malgré le nivellement des classes,
le chapeau garde sa valeur sociale, puis-
que dans certaines régions, il est consi-
déré comme l'emblème des classes bour-
geoises, et que les femmes du peuple,
coiffées de fichus, n'oseraient le porter^
sans avoir l'air de vouloir s'élever à une
condition supérieure à I2 leur. Les exem-
ples analogues ne manquent pas à toutes
les époques.
Aussi la prise de chapeau a donné lieu
à maintes cérémonies, analogues à ces
rites d'initiation par lesquels le jeune
garçon passe encore aujourd'hui, chez les
peuples demi-civilisés, du rang négligé de
l'enfance, à celui de l'adolescence, et
compte désormais parmi les membres de
sa tribu. M. van Gennep a cité, dans
ses « Rites de passage >, la cérémonie
qui confère aux gars de Savoie le droit de
porter le chapeau (cf. Rev. d'Hisf. des
Religions, 1910, 61, p 45).
2) Emblème politique. — Le chapeau, par
dérivation, a pu devenir emblème poli-
tique, signe de ralliement. Comme le pi-
leus était réservé aux affranchis à Rome,
tout le monde s'en revêtait lors de la fête
des Saturnales, où régnait une licence
générale, et c'est coiffée de ce symbole
de la liberté que la plèbe se répandait
dans les rues de Rome après la mort de
Néron [Dict. des ant.^ s. v. Pileus, p. 481).
Faut-il rappeler la légende du bonnet au-
trichien, symbole de tyrannie, fiché au
sommet d'un pieu^ qui fut l'origine du
soulèvement des cantons primitifs de la
Suisse ? Citer le bonnet phrygien de la
Révolution, les chaperons blancs, noirs,
au Moyen Age (Quicherat, Histoire dit
Costume., s v.) ?
En résumé, l'origine très ancienne du
chapeau ne doit pas tant être cherchée
dans le désir de protéger la tête contre
les ardeurs du soleil et contre les intem-
péries, que dans les rites religieux et so-
ciaux, tout comme celle des couronnes,
, des diadèmes.
B. Pourquoi retirer son chapeau pou^
saluer? La forme du salut varie suivant
les pays ; les Turcs saluent de la main ;
quelques peuplades demi-civilisées se
frottent réciproquement le nez.
Toutefois, l'Européen soulève son cha
.1
peau. Il semble que ce geste soit la conti-
nuation d'une forme de salut employée
déjà dans l'Em.pire romain, où la coutume
voulait qu'on se découvrît pour honorer
une personne supérieure (Dict. des ant .
s. V. Salutatio^ p. 1060). Quelle en est la
signification? 11 s'agit sans doute de l'at-
ténuation d'un principe très ancien, celui
de la nudité rituelle, par laquelle l'homme
se présentait nu devant son supérieur,
dieu ou vainqueur. Se découvrir la tête
serait l'abréviation du dévoilement total.
L'inclinaison de la tête et du torse, qui
accompagne le plus souvent le salut du
chapeau, est également une survivance
d'une forme ancienne de salut, qui con-
sistait à incliner la tèle ou le corps entier
{Dict. des ant. s v. Adoratio, p. 80 sq),
et qui elle-même n'était que l'abréviation
de la prosternation du mortel devant la
divinité, le roi, ou du vaincu devant son
vainqueur.
Ainsi, le geste machinal que nous fai-
sons pour honorer la personne que nous
rencontrons, est une survivance de vieux
rites oubliés, comme tant d'autres for-
mules de notre vie journalière. Je serai
heureux, pour ma part, de recevoir de
plus amples renseignements sur les divers
points que j'ai indiqués brièvement dans
ces lignes. W. D.
irouuailUs et OJuvhsités
Le violoniste Boucher, Sosie de
Napoléon. — On sait que le violoniste
Boucher que l'on nommait « l'Alexandre
du violon » aurait pu en être le « Napo-
léon » tant il avait de ressemblance avec
l'Empereur. Il ne dissimulait point qu'il
le savait, et comme il n'était pas ennemi
d'une certaine pose, il s'efforçait, par tous
ses tics, d'être un Sosie irréprochable.
Cette attitude lui joua, sous la Res-
tauration, un vilain tour. 11 fut accusé de
conspiration bonapartiste. N'évoquait-il
pas l'image de «l'autre» pour donner l'idée
de son retour ? Qui sait même, s'il ne se
présentait pas aux populations comme le
vrai Napoléon déguisé en musicien et
poussant l'astuce jusqu'à jouer du violon
en virtuose ?
N» 1344. Vol. LXVI.
623
Cette pensée traversa l'esprit fertile du
procureur général de cour royale de Col-
mar qui, le 36 octobre 1820, adressait le
rapport suivant — qui est inédit — au
Garde des Sceaux :
11 est assez naturel que dès qu'on a parde-
vers soi la conviction que l'on trame, on
devienne soupçonneux, méfiant, ombrageux
si l'on veut ; or maintenant que les anciens
émissaires bonapartistes tels que Caron,
Fabvier, Brac, Michelct, Bourjoli, Roger et
autres ou sont arrêtés ou n'osent plus circu •
1er, l'apparition du musicien Boucher et sa
direction sur Mulhausen et autres lieux nous
a paru suspecte. Cet hnmme n?e et abuse de
sa ressemblance avec Bonaparte, il en prend
le costume et en singe les manières à s'y mé-
prendre, cela lui a valu des applaudisse-
ments au théâtre de Strasbourg et des vers
intitulés « Les trois Alexandre >, où on met
par dessus tout le bonheur de le voir et de
l'entendre.
11 est arrivé à Colmar il y a plus de is
jours sans que l'autorité l'y ait trop engagé :
il a dit ne venir que parce que sa voiture
était cassée à Strasbourg; parlant au Maire,
il a dit que c'était sa ressemblance avec Bo-
naparte qui l'obligeait à quitter Paris, qu'il
avait le malheur de déplaire aux entours du
Roi, mais que Monsieur avait pour lui les
plus grandes bontés tt lui avait promis un
jour de le taire son maître de Chapelle; si ce
fait n'est pas vrai, et il est facile à vérifier, il
peut démasquer son imposture.
11 a donné ici un concert fort applaudi, en
partie pour la ressemblance, la culotte blan-
che, l'hibit noir, les bras croisés sur le théâ--
tre, les gestes, la prise de tabac, toute la
singerie y était ; il a exécuté des variations
sur l'air de la Scntimlle, ce qui peut être
l'effet du hasard, mais cet air est celui sur
lequel on a chanté une chanson allemande
qui appelle les militaires à la sédition et à
combattre pour la liberté de leur patrie, à la
conquérir etc., etc. Sans doute, il répétera
ces variations en Allemagne où elles seront
plus généialement comprises. Bjucher n'est
suivi d'aucun instrument, il doit les avoir
laissés avec ses ellcts et sa voilure à Stras-
bourg; il est purti environ le 9 pour Mulh.iu-
sen, il devait revenir sous peu, il n',i pas
encore repassé, et je tiens à savoir s'il n'a
pas été en Suisse et jusqu'à Constance, s'il
n'en rapportera pas des papiers, s'il n'est pas
un émissaire de la faction libérale ; c'est h
quoi une bonne brigade à St-Louis pourrait
aider beaucoup. Mais déjà à Paris on peut
avoir des données sur cet homme, savoir
quelles sont ses liaisons intimes ; il peut
rr.ême être entré dans les piojets des mal-
intentionnés d'en faire, de toutes les ma-
pières, un mannequin libéral à l'usage de
L'lNTBRMBDiAl?.B
624
l'Allemande, ou en le montrant mystérieuse-
ment laisser entendre que c'est Bonaparte
lui-même déguisé en musicien et devenu
musicien. Il n'y a pas de sottises dont, dans
certaines circonçt-inces, on ne puisse abreuver
certaine- gens : peut-être serait-il très bon
que les papiers publics continssent un article
sur Boucher, sur sa ressemblance, son talent
et ses succès et sur ses voyages sur lesquels
il est même extraordinaire que les papiers
aient gardé le silence.
J'instruirai V. E. de ce que je pourrai
apprendre à son sujet.
Je suis, etc. Millet »s Chavres.
Cette lettre terminée, j'apprends que le
S"" Boucher est de retoui i Colmar, où il don-
nera un nouveau concert : il dit avoir été
dans le vignoble et avoir donné un concert i
Basle et à Fribourg en Brisgaw ; je vérifierai
.toujours ces circonstances. Il débite du reste
des anecdotes sursa ressemblance qui doit
avoir trompé Las-Cazes.
Le ministre de la Justice dénonça
immédiatement le fait, au ministère de
l'Intérieur, qui mit en mouvement la Pré-
fecture de police.
Par chance, ses limiers ne firent point
de zèle inutile. Ils représentèrent le fa-
meux violoniste (qui. entre parenthèses, se
donnait pour l'auteur de la Marseillaise),
sous les traits d'un artiste uniquement
occupé de musique et ne fréquentant que
les premiers artistes de Paris. Il était
bien le Sosie de Napoléon : il n'en était
point le Warvick.
LÉONCE Grasilier.
Nécrologie
Nous avons le très vif regret d'appren-
dre la mort subite, à Montpellier, de M.
Léon Pélissier, doyen de la faculté des
lettres.
Historien consciencieux et littérateur
distingué, M. Léon Pélissier était une des
physionomies les plus sympathiques de
l'université montpelliéraine. L'affection et
l'estime de ses collègues Lavaient unani-
mement désigné au ministre pour les
fonctions du décannat. Il meurt, à peine
âgé de cinquante ans, douloureusement
frappé par des deuils de famille, laissant
au cœur de ceux qui le connurent et qui
l'aimèrent, de profonds regrets.
Li Directeur-gérant :
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nymes ou signés d? pseudonymes inconnus
ne seront pas insérés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Quand la question sollicite la connais-
■ sauce d'une liste, la liste, sauf exception,
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
ET CURIOSITES
amueôîwnô
Les funérailles de Charles-Quint.
— La légende est tenace qui veut que
Charles Quint ail assisté, vivant, à ses
funérailles. Sur quoi s'appuie-t-elle ?
Alex. G,
[Cette question a été posée (XVIl) : il
ne lui a été fait que des réponses qui n'ont
rien de définitif].
Pétrarque était il épileptique et
boiteux ? — Dans la Revue des Deux-
Mondes, le 15 novembre 1886, M. J.
Guardia, dans un article sur la langue et
la littérature catalanes, écrit :
626
L'amant transi de Lauie était boiteux et
épileptique.
Ce serait pour expliquer tant de choses
— et notamment la vertu de Laure —
qu'il est permis dedemanderdesprécisions.
Le savant docteur Guardia, s'il est en-
core de ce monde, pourrait peut-être les
donner. On n'avance pas à la légère de
pareilles affirmations dans la Revue des
Deux-Mondes. Alex. G.
Les papiers de M. de Sartines. —
Le lieutenant de police avait laissé des
papiers : ce fait est-il exact ?
Et s^il est exact : que sont devenus les
papiers de M. de Sartines ? D"" L.
Qu'est devenu Denis Papin ? —
L'inventeur de la machine à vapeur qui
était allé en Allemagne, écrivit à Leibnitz.
Cette lettre est la dernière manifestation
que nous possédions de l'admirable gé-
nie qui nous a doté de l'invention qui de-
vait révolutionner le monde. Que lui ad-
vint-il ? Fut il tué ? Mourut-il dans son
lit ?0ù ? Quand ? Mystère.
De ce mystère, la clef est en Allemagne
selon toutes probabilités. Les Allemands
n'ont-ils jamais rien trouvé sur notre
glorieux compatriote ? Les archives de
Ca.ssel sont-elles muettes à ce sujet ?
V.
Ange, peintre flamand, XVIIP
siècle. — Dans une lettre au baron de
Joursanvault, du 22 décembre 1766, il
donne A. de W. comme les initiales de
son nom véritable.
LXVI. - 13.
N» 1346. Vol. LXVI.
627
Quel est ce nom ?
Avant cette date,' Ange a habité quatre
ans Paris, puis Auxerre et Semur.
L. Morand.
Mémoires du Cardinal de Bernis.
— On lit Jans les Célébnlés d'autrejois^
par Lefèvre Deumier, $853 :
Il avait écrit, dans les heures perdues de sa
magnificence, trois volumes de Mémoires,
qu'il légua par codicile à ses neveux, en leur
recommandant de ne pas les impriraer. On
lui obéit ponctuelleinent, et je me permets
de penser qu'on eut tort.
Qui détient aujourd'hui ces Ménidircs
manuscrits ?
Simon.
De3 châteaux de Champrel. - Je
serais reconnaissant au contrere qui vou-
drait bien me donner une généalogie de
cette famille depuis 1750, en m'indiquant
si possible les lieux de naissance .?
j. DE V. .
César Franck. — On sr.it que le
grand musicien est né à Liège en 1822.
Mais sa famille est elle originaire de cette
ville .?
Son père, son grand-père étaient-ils
belges ? Albinoni.
Léona/d Limosin, émailleur,
deuxième du nom. — je trouve parmi
des vieux papiers qui m'ont été confiés
pour les classer, une obligation pour pi et
de la somme de quatre cents livres tour-
nois, consentie par X... à « Léonard Li-
mousin le jeune, maître émailleur de la
ville de Limoges » : Acte reçu par M'' Des-
vignes notaire à Limoges, le =5 janvier
Mil SIX cent vingt-quatre. Expédition si-
gnée Desvignes
D'après le Dictionnaire de Larousse, seul
ouvrage que je sois à même de consulter
pour Tinstant, il y eut dans la dynastie des
Limosin, deux Léonard : et ce fut Léo-
nard r' qui, sous François l"" et Henri II,
acquit la plus glorieuse renommée à ce
nom des Limosin émailleurs.
Mais puisque après avoir consacré une
courte notice à Léonard 1", le Latousse ne
d(jnne de Léonard 11 que son nom sans
plus s'étendre, quelques uns de nos con-
frères intcrmcdiairistes ne poui raient-ils
pas suppléer à cette lacune f'
JL'lNTfiRMÉDIAIRfi
628
Que sait-on de ce I éonard Limosin qui
vivait sous Louis XIII, même, je crois,
sous Louis XIV ?
Il ne me paraît pas possible qu'il ait été
fils de Léonard I". Etait-il son petit-
fils.?
)e désirerais aussi savoir avec qu'il fut
marié, et s'il eut des enfants continua-
teurs des traditions artistiques des Limo •
sin.
M. A. B.
Le général Pierre d'OUone. —
Qiiel fut le rôle du général dOllone dans
la guerre pour l'Indépendance des Etats-
Unis d'Amérique ?
Où pourrais-je me documenter sur la
vie et les services de cet officier ?
N'avait-il pas u'es frères, officiers géné-
raux, eux aussi, l'un au service du Por-
tugal, l'autre au service de la Russie ?
J.deV.
De ATontchanin. — Je désire connaî-
tre la date exacte de la mort de Jacques-
Pierre Héliodore de Montchanin, décédé
à Paris entre 1820 et 1830.
Je recevrais avec reconnaissance des
renseignements généalogiques sur cette
famille encore représentée, je crois.
Mac-Ivor.
Familles d'Estavayer et de Mol-
londins. — l'ai sous les yeux un exem-
plaire de l'édition originale du discours
sur V Histoire Universelle de Bossuet pu-
bliée à Paris chez Sébastien Mabre Cra-
inoisy, imprimeur du roi, rue Saint-
Jacques-aux-Cigognes, 1681.
Cet ouvrage relié en veau porte sur le
plat les armoiries delà famille d'Estavayer
et à l'intérieui- un exlibris de cette fa-
mille.
En outre, la page du titre porte écrit à
la main : Le ChcrdemoUondin 1700 : lire
le chevalier de Mollondins.
Je désire avoir quelques renseigne-
ments :
1" sur la famille d'Estavayer et la bi-
bliothèque dont faisait partie cet exem-
plaire de l'Histoire Universelle. .
2" sur la famille de Mollondins. ^'
P. N.
DES CHERCHEUitS El CURîEU/S
629
Famille de Robillard- Champa-
gne. — Existe-t-il encore, en France, des
membres de la famille de Robillard, sei-
gneur de Champagne, dont un membre,
Josias, marié à Marie de la Rochefou-
cauld, passa en Angleterre au moment
de la révocation de l'édit de Nantes ?
C. N.
Madame Rostand descend elle
de Madame de Genlis ? E--.t-il vrai que
Mme Edmond Rostand descende de Mme
de Genlis ?
F.L. C.
Bibliographie de toute la littéra-
ture héraldique. — Qui pourrait m'in-
diquer s'il y a une bibliographie con-
cernant toute la littérature héraldique?
- C. A D.
w' Armoiries de Pingre ouPingrez.
|— Queiks étaient les armes de Margue-
rite Pingre ou Pingrez, mariée. 1(091, à
Vincent Le Gillon, conseiller au Présidial
d'Amiens, fille de Nicolas Pingre ou Pin-
grez, lieutenant général criininel audit
siège, — et de Marguerite Du Fresne?
La Cbesnaye des Bois donne deux ver-
sions différentes des armes, sans détailler
hs filiations, ni même indiquer si ce sont
des familles différentes,
Bénédicte.
l
Armoiries d'Angélique Nacquart.
-- Qiielles sont les armes d'Angélique
Nacquart, fille de François, écuyer, sei-
gneur de Pétigny, né 1652, mort 1718,
maire d'Epernay et lieutenant-général dû
Bailliage, — laquelle Angélique épousa,
171 1, Louis Guillaume, alias Louis Fran-
çois, seigneur de Saint Eulien, lieutenant
des Maréchaux de France en Cham-
pagne
Benfdicte.
^ Cachets de collection : HL et
I. P. Z. — Pourrait-on me dire à quelles
collections ont appartenu deux cachets
que je relève sur un petit dessin italien.
I"' HL, inscrit danj un cercle.
20 Novembre 191a,
— — b3o — .
2» L P. Z., inscrit sur une petite ban-
derole : I
Croix en ivoire à un collier du
Saint Esprit. — Par qui pouvait être
porté un collier du Saint Esprit, formé
d'une grande croix en ivoire (ayant la
même grandeur et forme que celle du
même ordre en or) suspendue à un col-
lier de boules d'ivoire d'égale grosseur.
Sur le revers de la croix cassée, on lit
en caractères gothiques, les lettres sui-
vantes : MPEN. Quel peut être ce mot et
sa signification ?
Omer.
Epitaphes contenant un jeu de
mots. — Courval-Sonne't, le rude satiri-
que, composa cette épitaphe qu'on peut
lire dans le ill« volume de l'Edition Blan-
chemain.
Dialogus
Viatoris et Lapidis, super tumukim M Guii-
[lermi
Savaiii, doctissimi et officiossimi pharmaco-
[polae.
V. Qi^)is jacet hic ? L. NuIIus ! V. Quis
[saxo hoc clauditur. L. Omnis.
V. Clarius ista rogo, die, âge, vera, lapis I
L. Giiillermus parva situs est Savarius urna
Qui sibi NuUus erat, omnibus Omnis erat!
Il en donne à la suite la traduction
française.
Quel corps gît en ce lieu ? Nul ce tombeau
n'enserre, etc.
Un mot de Virgile. — Tous les au-
teurs de Dictionnaires attribuent à Vir-
gile le mot, devenu proverbial « E (ou
De Stercore Enniï. » 11 m'a été impossi-
ble de le trouver dans les œuvres de Vir-
gile, même avec l'aide d'un '< Index vo-
cabulorum omnium ». Un lettré de ï In-
termédiaire pourrait il me dire où se
trouve ce mot ?
D' Cordes.
Capétiens. — Qui employa le pre-
mier le mot capétiens pour désigner les
rois de la troisième dynastie ? V.
N» 1J46. Vol. LXVI.
631
L'INTKRMEDiAIKB
632
Hépon$ed
Lettres de MariG-Antoinette à
Barnave iLXVl, s8i). - Je ne puis que
me répéter : il serait bien que M. O. G.
de Heidenslam publiât le fac-similé de
quelques pages des manuscrits qu'il con-
sulte. 11 n'est pas douteux qu'ils soient
authentiques. Son dernier article dans la
Revue de Pans (15 novembre) en apporte
une nouvelle démonstration.
Marie-Antoinette avait dit à Fersen, en
parlant de sa correspondance avec Bar-
nave et ses amis:
« Vous en jugerez vous même, car je
garde tout cela pour vous».
Elle lui communiqua donc les lettres
échangées, et le pria cIj les euiporter et de
les conserver soigneusement. On ne pou-
vait savoir en quelles mains elles tomberaient
si elle les conservait après d'elles. Et Fersen
emporta la correspondance, il la confia à la
garde de sa ïœur Sophie Piper, dépositaire de
tous ses secrets. Voilà commer.t elle se
trouve aujourd'hui au château l'e Lofstad.
Louis XVI ne fut pas aussi prudent que
Marie-Antoinette. Il laissa traîner dans un
tiroir, un écrit qui révélait les rapports de
Barnave et ses amis avec la cour. Après le
10 août, ce paquet fut retrouvé ; et le
IS août 1793 le député Rivière dénonçait à
la tribune un écrit trouvé dans le secrétaire
du Koi et intitulé Projet du comité d,-s mi-
nistres concerté entre MM Biimave et La-
wth.
Et Barnave et Alexandre Lameth furent
décrétés d'accusation ainsi que les minis-
tres.
Lameth fut sauvé par La Fayette qui
l'emmena avec lui à l'armée du Nord. Mais
Barnave fut arrêté à Grenoble, et après y
avoir passé nn an en prison, il comparaissait
le 18 novembre 1S93, devant le tribunal ré-
volutionnaiie, en mémo temps, que Duport-
Dutertre, ur, des minisires. Ils furent con-
damnés à mort et exécutés le lendemain.
La correspondance échangée entre la
Reine et Barnave, et qui vient seulement
de nous être révélée, prouve que, contrai-
rement à une opinion perfide, Marie-An-
toinette ne joua pas une comédie pour
cacher les intrigues de la cour ; qu'elle
fut sincère et loyale envers le parti cons-
titutionnel et qu'elle fit tout ce qu'il était
possible de faire pour conjurer le désas-
tre et ramener la paix.
Ojielle part avait le Roi dans ces pour-
parlers ? Y était-il étranger ? Ne dictait-il
pas ces lettres qui, si elles sont de l'écri-
ture de la reine, ne sont peut-être ni com-
plètement de son style, ni complètement
de sa pensée ?
U nous reste to jours à percer le mys-
tère du messager secret, celui que la Reine
nomme « O : 1 ».
Enfin — et ceci est moins difficile à ob-
tenir : on aimerait voir un fac simile Je
l'écriture que M. O.-G de Heidenstam
attribue à Barnave — avec raison nous
n'en doutons pas. Mais ridcniiùcation
n'est ici qu'une affairi." d'expertise et un
Charavay y est plus compétent qu'un
historien. V.
La promesse de fidélité à la
Constitution de l'an VIII (LXV, S30).
— Le préfet de Maine-et-Loire, le citoyen
Pierre Montault des Isles, installé le 2q
mars 1800, avait reçu des instructions
modérées en ce qui concernait la promesse
de fidélité. De plu?,*tlans une lettre du
14 mai suivant, le ministre de la police
générale de la République manda aux
préfets des départements de l'Ouest qu'il
s'en rapportait à leur prudence person-
nelle sur la conduite à tenir à l'égard des
prêtres. D'accord avec l'autorité mili-
taire, le citoyen Montault n'exigea la pro-
messe d'aucun ecclésiastique. Voici la
circulaire de Foiiché, d'après l'original
conservé aux Archives de Maine-et-Loire
{Série V).
F. UZUREAU,
Directeur de V Aujou Historique.
Parmi les mesures adoptées pour pacifier
les départen-.ents de l'Ouebt, il en est quel-
ques-unes qui se trouvent en contradiction
avec des lois, qui ne sont point abolies.
Telle est l'autorisation donnée par les géné-
raux aux ministres du culte d'exercer Icuis
fonctions sans taire la promesse de soum's-
si. n à la République.
11 ne fallait rien moins que li nécessité de
événements, que le désir de terminer untf
guerre déplorable, en détruisant toutes ses
cau-csel tous ses prétextes, pour déleiminer
cet acte de l'autonté militaire.
La nécessité de maintenir la paix com-
mande aujourd'hui de respecter tous les
moyens qui ont concouru à l'établir.
Vouloir assurer l'empire de certnines lois
par des mesures brusques et indiscrètes, ce _
serait risquer de perdre les fruits que le Gou- ^
\criiement commence à recueillir de sa sa- **
gesse et de sa nîodération.
Dans l'état actuel des choses, vous vous
»
BARNAVE
Portrait contemporain
Intermédiaire LXVI col. H31
oas CHERCHEURS ET CURIEUX
^3?
abstiendrez de toute mesure directe et posi-
tive relativement aux ministres du culte.
Vous tolérerez qu'ils exercent leurs fonctions
sans avoir fait la déclaration de fidélité à la
République, toutes les fois que vous aurez la
certitude morale qu'on l'exigerait vainement.
Cette tolérance applicable aux conditions
du libre exercice des cultes ne doit néan-
moins pas létre à l'abus de cet exercice, et
rien ne devra, même dans les circonstances
actuel'es, absoudre le délit d'un ministre du
culte qui aurait provoqué des troubles.
Que les prêtres insoumis sachent que vous
les surveillez ; qu'ils s'en aperçoivent même ;
mais gardez-vous, dans l'état présent des
choses, de ;eur fournir un prétexte contre le
Gouvernement.
Rendei-moi un compte assidu et détaillé
de leur conduite Observez avec attention de
quelle manière leur influence sur l'opinion
populaire sera graduellement modifiée par
l'habitude du lepos domestique et par l'esprit
de l'administration généra'e.
Ne dites rien d'absolu et de positif sur les
intentions du gouvernement à leur égard,
mais seulement ce qu'il est nécessaire qu'ils
sachent et qu'ils croient, pour n'être pas
inquiets sur eux-mêmes. Ne manquez pas
surtout de leur faire envisager la tolérance
dont ils sont l'objet, comme la condition es
sentislle du bon usage qu'ils feiont de leur
influence.
Ne vous entretenez d'eux et avec eux que
le moins souvent possible. Il faut mieux les
observer qu'en parler ; et cela est même plus
aisé.
Au reste, mon intention n'est pas de vous
tracer ici des règles invariables et détaillées
de conduite. Dans des cas pareils à celui dont
il s'agit, l'autorité . ne se détermine bien
qu'autant qu'elle se détermine d'après le cal-
cul de toutes les circonstances de moment et
de lieu, circonstances trop variables et trop
diverses pour être comprises dans des règles
générales et absolues.
Vos moyens de faire le bien, de réparer le
mal, sont assez étendus ; vous avez assez de
latitude dans l'exercice de vos fonctions
pour quï le Gouvernem.^nt ait droit de comp-
ter sur l'efficacité de votre zèle.
Quoi qu'il arrive, vous aurez rempli votre
tâche, et vous aurez concilié le plus possi-
ble les intérêts généraux, de la République
avec les intérêts locaux des contrées de
l'Ouest, si vous y avez maintenu et consolidé
la paix et disposé les esprits à l'empire absolu
des lois.
L'énigme de Valmy. Brunswick.
Le vol des diamants en 1792 (LXVI.
38b. 446, 4^9, 544J. - Charles de
Brunswick, le général commandant à
3.3 Novembre 191»
■ 634
Valmv;, auteur du manifeste n'était pas
plus étranger que les deux autres Bruns-
wick (Ferdinand et Frédéric) à la franc-
maçonnerie allemande. Il avait été nommé
en 1775 M protecteur e toutes les lo-
ges. /. A. G.
Qui a brûlé Moscou ? Est-i..e Ros-
topchine? (LXVl. 38=,, 447, 490, 545,
595). — Au sujet de l'incendie de Moscou
et durôlede Rostopchine, M. le Marquis de
Ségur, petit-fils de la célèbre comtesse
de Ségur, née Sophie '^ostopchine, et
l'arrière-petit-neveu du général de Ségur,
auteur de l'Histoire de la Retraite de Km-
ne , a donné une très intéressante confé-
rence à Mulhouse en 191 i. Publiée dans
la Revue Napoléonienne de mars et d'avril
1911, cette conférince a donné lieu à
deux articles d'un écrivain anonyme,
mais fort bien renseigné, signant Philinte,
Ils ont paru dans V Express de Mulhouse,
n°* du 20 mars et du 3 avril 1 9 1 1 . On les
retrouvera dans la Revue Napoléonienne
précitée, avril et mai 191 1. Voir en outre
le Baron de Baye, Voronovo, le château
de Rostopchine, Paris 1909: le Comte
Rostopchine, La vérité sur V incendie
de Moscou^ Paris 1823 ; bagatelles tra-
duites librement du russe en français par
Simon Thomas, Strasbourg 1830 et 1835 ;
la Comtesse A. L. Rostopchine, Les Ros-
topchine, Pans s. d.
JOACHIM KiiHN.
La réponse à cette question se trouve
dans les Mémoires laissés par le général
baron de Jomini : mémoires, hélas ! restés
inédits. Je vous ai fait part cette année-ci
de l'existence de ces Mémoires, qui sont
demeurés dix ans par prudence (?) en
Belgique, chez mon ami le conseiller de
cassassion Corbisier de Méaultsart. Ces
Mémoires doivent se trouver entre les
mains des héritiers du général qui a laissé
un fils et deux filles : la comtesse de
Courville et Madame Petit de Barancourt.
Le général jugeait que ses Mémoires
pouvaient paraître trente ans après sa
moi t.
Le général de Jomini en savait plus
long que les autres : il avait été en plein
au milieu de la débâcle de Moscou dans
le camp français. Plus tard il avait passé
au service russe comme aide de-camp de
l'empereur Alexandre,
N' 1346 Voi. LXVÏ.
635 —
D'après ces Mémoires on saura si Tin-
cendiaire fut Rostopchine par ordre ou de
son propre mouvement, ou si le feu a
pris par accident. Wellington préférait
croire à un accident plutôt qu'à un acte
d'égarement (sublime du reste).
Je m'empresse de déclarer (pour l'avoir
entendu dire par le Général Jomini lui-
même') qu'il n'imposerait pas de date pour
la publication de ses Mémoires. Il écrivait
pour l'Histoire, en historien, et non comme
pamphlétaire.
NOLLÉE DE NODUWEZ.
* .
Les Annales ont publié les mémoires de
la comtesse Rostopchine dont voici un
passage intéressant qui répond bien à la
question :
J'ai entrepris, actuellement, d'écrire la bio"
graphie de mon grand-père, le comte Théo-
dore Rostoptchi.ie, gouverneur général :'.e
Moscou en 1812, <'t d'établir definitivenient
cette vérité, discutée si passionnément jus-
qu'ici : à savoir que c'est bien lui qui a
brûlé Moscou, portant amsi un coup décisif
au prestige de Napoléon et délivrant l'Eu-
rope du joug de cet insatiable conquérant
dont j'admire le génie et la gloire militaire,
non la soif de victoires toujours nouvelles.
J'ai, depuis plusieurs années, travaillé dans la
Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg
et, avec l'autorisation spéciale de S. M. Ni-
colas U, dans les Archives les plus secrètes
du ministère des affaires étrangères, dans
celles de l'état-major général des archives
moscovites du palais Lefort ; j'ai compulsé
les documents les plus précieux de l'admi-
rable et unique collection de M. de Volo-
dégoff (qui a réuni dans sa terre, située
sur la Bérézina, près du passage histori-
que, plus de huit mille volumes concernar.t
notre guerre nationale) ; j'ai lu, annote et
copié en partie les innombrables nrticles con-
cernant mon grand-père dans le Mcssu^^fr
Russe, les Archives de Bartèn^^, les Annalis
Historiques, etc., etc. je suis donc documen-
tée et, malgré quo je ne sois pas encoie
arrivée à la moitié de ma formidable tâche,
ma conviction est faite. Elle corrobore toutes
mes tr.iditions de famille, tous mes souve-
nirs d'enfance et de jeunesse, ceux des amis
de mes parents : c'est le comte Théodore
Rostoptchine qui a mis le feu à Moscou et en
a donné l'ordie immédiatement après avoir
rvçu le 13 septembre, à onze heures du soir,
la lettre de Koutousoff lui annonçant sa re-
traite sans combat. Pourquoi donc, alors,
a-t-il réfuté cet acte héroïque dans son opus-
cule célèbre : la Vérité sur l'hucndie d*
Moscou^ publie par lui à Pari. '^'^ 'f^:? ?
L'INTiiRMBÛiAIRE
6t6
Pourquoi at-il délibérément arraché de sa
tète la couronne que la Renommée y avait
déposée ? Pourquoi, hélas ! n'a-t-il pas dit
la vérité dans cette prétendue Vérité ?
C'est que l'influence de sa femme avait
lentement sapé en lui les principes éternels
de la vérité ; il avait adoré, passionnément
admiré la comtesse Cntherine ; elle était,
pour lui, l'incarnation vivante de la perfec-
tion et de la vertu (on était encore sous l'im-
pression de Rousseau). 11 lui écrivait ainsi :
« Je baise tes pieds, ma bienfaitrice. Prie
Dieu pour moi : les prières des J'jstes par-
viennent jusqu'à Lui. Je t'embrasse le cœur
plein de tes vertus et l'esprit occupé du
bonheur dont nous jouirons un jour ».
Puis, ie 16 septembre 1812 (il avait quitté
Moscou le 14 et sa famille était partie pour
une province éloignée) :
« Serge (son fils aîné, alors officier) mé
précède de deux jours, je n'ai pas voulu re-
tarder le moment de son entrevue avec la
plus digne mère et la plus respectable femme
au monde ».
Kt encore, le 30 octQlj^^ 1812, soir :
« Reviens dans une ville qui est détruite,
dans une maison qui est pillée, auprès d'un
mari qui t'adore et te respecte au delà de
toute expression ».
Qu'on n'oublie pas que ces expressions
passionnées étaient adressées par un homme
de quarante-sept ans à une femme de trente-
cinq ans, qui lui avait donné déjà six en-
fants (dont trois morts en bas âge).
Par son testament, daté de 1811, le comte
laissait à sa femme toute sa fortune. Le der-
nier, signé la veille de sa mort (18 janvier
i826\ ne lui accordait que sa légitime.
Pourquoi ce changement ?
Pourquoi cet amour et cette adoration res-
pectueuse avaient-ils disparu ? Qi^iel drame
de f.imille avait exercé une action si dissol-
vante sur des sentiments professés pendant
tant d'anuccs ?
Voici ces i-aisons cn.'iôes : la comtesse
Catherine avait abjuré la religion orthodoxe
et embrassé le catholicisme à l'inau de son
mari. Elle avait, pendant plusieurs années,
professé et pratiqué sa nouvelle religion aux
côtés d'un époux sans méfiance, qui ne se
Joutait pas que le cœur de sa femme lui était
désormais fermé, que son âme lui échappait
et qu'au fond de cette âme exaltée elle trai-
tait son mari de schismatique damné . ..
On peut juger du désenchantement amer
qui envahit l'âme de cet homme, du désar-
roi de toutes ses croyances, lorsqu'il vit ainsi
sombrer tout ce qui avait été sa religion in-
time pendant plus de la moitié de son exis-
ttncu ! Plus il avait aimé et estimé sa
femme, plus grande fut sa désillusion .
La découverte de ce secret, si bien dissi-
riiiilc» pTi \,< intéressés, fut np .-r-mp <;i terrible
AJ£> GHBRCHjtiUKa iii CUKiliUA
io ^Novembre 1919
637
638
Pour le comte Théodore qu'il en garda le
Silence jusqu'à sa mort ; mais il en garda
aussi l'amertume éternelle. Quelques phrases
obscures, dans ses lettres à ses amis, quel-
ques paroles éch;ippées à sa faiblesse pen-
dant sa dcrniè'e maladie, mais principale-
ment le testament révélateur et sa lettre au-
près du jeune empereur Nicolas, auquel il
confiait la garde de son fils cadet, André
(mon père, né en 1813 ; mort en 1^92), alors
âgé de douze ans : voilà les seuls témoigna-
ges de ce que sa fiert ' emporta au tombeau
avec elle. J'aurais voulu la respecter. Je l'au-
rais certes fait sans l'obligation où je me
trouve, comme histarien, d analyser les ori-
gine? de cette néfaste brochure : la Vérité
sur VIncendie de Moscou.
Fatigué, vieilli avant l'âge par des maux
opiniâtres, devenu atrabilaire et morose, aigri
par les plaintes et les dolé?.nces des Mosco-
vites ruinés par l'incendie et qui ne lui mé-
nageaient pas les lettres anonymes les plus
menaçantes, l'ex-général gouverneur voulut
expliquer, un jour, ce qu'avait été, en réa-
lité, cet inccnd'e qui donnait matière à tant
de controverses. 11 saisit une plume... Mais,
hélas 1 subissant les influences qui l'envelop-
paient, il écrivit sa brochure.
Ce fut la seule défaillance de cette noble
et grande existence, qui se résume en deux
mots : dévouement absolu au souverain,
abnégation complète de ses propres intérêts
devant ceux de la patrie. Napoléon a dit que
« l'Histoire n'était que la peinture du cœur
humain ». Pour moi, c'est la conscience de
l'humanité. Fidèle à cette maxime, je dirai
loyalement tout ce que je sais, et le lecteur
en tirera ses conclusions.
On discute, ici même, en ce moment,
la question : qui a hrûlé Moscou?
A ce propos pourrait-on me dire pour-
quoi le célèbre tableau de Meissonier
porte t-il le titre : 1814, alors que, de
l'avis général, il représente la Retraite de
Moscou ?
L'édition Nelson de <• la Campagne de
Russie » par le général comte de Ségur
en fournit une nouvelle preuve : on y
trouve la reproduction en gravure de
l'œuvre de Meissonier avec ce titre : « La
Retraite de Napoléon de Moscou. »
ROAN.
La voiture) de Napoléon à Water-
loo (LXVI, .^35,^46). — La question était
résolue avant d'être posée. Dans son petit
livre sur Le Quartier Général de Napoléon
â Waterloo (publié pour la société « Les
Amis de Waterloo », 56, rue Michel-
Ange, à Paris), M. Hector Fleischmann â
longuement étudié tous les documents
concernant la berline de l'Empereur prise
à Waterloo. On y trouvera, au surplus,
une curieuse photo de la célèbre voiture.
JOACHIM KuHN.
Louis-Philippe le 24 février 1848
était-il en fiacre ? (LXVI. 18:;, 294,
350. 482). — Le général Atthalin —
V Alsace noble de M. Ernest Lehr dit, dans
la notice Atthalin. que le général oaron
Atthalin était cloué sur un lit de douleur
le 24 février 1848. Cette notice a été
vraisemblablement rédigée sur les indica-
tions de la famille. Le cocher qui condui-
sit le roi fugitif n'était donc pas le géné-
ral Atthalin.
La Révolution de 1848 (bulletin de sep-
tembre-octobre 1912) publie des notes
très intéressantes de Villcmain sur les
journées de février 1848. L'illustre acadé-
micien, qui se trouvait au Château, a
suivi les événements minute par minute ;
il les décrit consciencieusement, il mon-
tre le roi comme assommé, le duc de Ne-
mours, régent légal, passif et stérile., le
duc de Mnotpensier actif de peur., M.
Thiers sous un accablement de stupéfaction,
le maréchal Soult, vieux lion grondant.^
mais desarmé., indigné de la conduite in-
grate et étourdie de Nemours ; etc, etc. Il
raconte, page 258, la fuite du roi dans
trois modestes voilures de service, avec
les siens et quelques personnes affidées
ou accidentelles. H ne mentionne à aucun
moment le général Atthalin,
Rectifions ce qui concerne l'origine de
M. Laurent-Atthalin, le distingué magis-
trat récemment décédé. Il était le petit-
neveu, et non le petit-fils du général.. Son
père, fils de M. Laurent, officier du génie,
et de Mlle Atthalin, sœur du général, avait
sollicité et obtenu, sous la Monarchie de
juillet, l'autorisation de s'appeler Laurent-
Atthalin ; mais le général, marié en 1836,
sans enfants, ne lui fit pas transmettre
son titre de baron. Ces faits sont très
connus à Colmar, ou le général, fils d'un
membre du Conseil souverain d'Alsace,
était né et où il est inOrt en 1855, et où
M. Laurent-Atthalin, son neveu, a résidé
depuis 1848 jusqu'à l'annexion.
Paul Muller,
N 1346, Vol. LXVl
L'INTERMEDIAIRE
039
640
Le Prince Impérial « Koi d'Al-
ger » (LXVI. 388). — Des journaux
allemands et italiens du temps, il résulte
que ce litre a été employé du 16 au 20
mars i8s6 Le ib mars, la Galette Uni-
verselle ir.4ngibouig{n'' du 18 mars i8s6,
supplément) affirme que l'héritier de Na-
poléon 111 portera sans doute fbestimmt)
le titre de roi d'Alger.
JOACHIM KiJHN.
De M. J. Mantenay, dans l'Univers :
Les Mémoires dont il s'agit sont remplis
de commérages. Il n'a jaruais été question
de donner ce titre au fils de Napoléon lU.
Ce qui est vrai, c'est qu'une deputation de
Corses demanda à l'Empereur d'appeler le
prince impérial : « duc de Corse ». La re-
quête, au moins indiscrète, et qui n'aurait pu
être accueillie sans inconvénients, fut vejetée.
Mais, à ce moment, se produisit un incident
peu connu ; une deputation de Biscaye, pré-
sentée par le maréchal Seirano, vint appor-
ter à l'Empereur un doci menr d'après lequel
la junte de cette province c reconnaissait au
jeune prince les titres et privilèges atta-
chés à la qualité de seigneur de Biscaye ».
11 va sans dire qu'il s'agissait là d'un titre
de pure courtoisie, et que le prince impérial
ne le porta jamais. ^
Quant au titre de « prince d Alger », c est
à un fils de France qu'il avait été question,
seize ans plus tôt, de le donner.
hn partant, an print<-mps de 1840, pour
l'expédition qui devait se terminer par la
prise de Meddah, le fils aîné de Louis-Phi-
lippe avait écrit son testament : «Je de-
mande respectueusement au Roi, di'.ait-il
dans ce document, de vouloir bien, si 1 en-
fant que porte Hélène est un fils, lui don.-.er
le titre de » prince d'Alger », pour rappeler
\cs hauts faits accomplis en Algérie par les
princes de notre Maison.
Peut-être Louis-Philippe n'eut-il point
connaissance de ce vœu. En effet, le duc
d'Orléar.s revint sain et sauf de son expédi-
tion et son second fils naquit quelques se-
maines après son retour. C'est seulement
vingt mois plus tard, c'est-adue au '^nae-
mam de la catai,trophe delà route de la Ré-
volte ■ ue le testament du prince fut ouvert.
11 se peut donc 4 e le duc d'Orléans n ait
pas soumis veibalement son désir au
Roi.
Thiersà Berlin (LXVl, ^87)-.— '•
va sans dire que Tliiers na pas ete a Ber-
lin en 1870 La conversation avec Leo-
poid de Ranke, citée par M. Chuquet, a
eu lieu à Vienne. Ranke en a rédigé un
compte rendu ; on le trouvera dans un
des derniers volumes des Œuvtes com-
plète.^ du grand historien allemand.
JOACHlM KiiHN.
Les drapeaux de Metz en 1870
(LXVl, 233, 395,492)- -
28/ 10/12
Monsieur le Directeur,
Permettez-moi tout d'abord de remer-
cier votre abonné des. sentiments de sym-
pathie qu'il veut bien m'exprimer avec
une si haute courtoisie.
La lettre du général de Cissey, à laquelle
je faisais allusion dans la réponse, que
Vlntermédiaiie des Chercheurs a insérée
dans son numéro du 30 septembre 1912,
a été lue par Lachaud dans sa plaidoirie
devant le conseil de guerre du Trianon.
LUe est du 3 décembre 187.2 ; la voici,
en entier :
Tours, le 3 diîctJnbre 1872,
Le général de Cissey n'a pas été appelé en
témoignage par le ministère public parce
qu'il était ministre de la guerre lors de l'ins-
truction du procès. Depuis, ni le ministère
public, ni la défense n'ont jugé à propos de
le faire citer.
S'il l'avait été, il aurait, en ce qui concer-
ne la question des drapeaux, déclaré sous la
foi du serment, que le 25 octobre dans son
entrevue au château de Frescaty, avec le chef
d'état-major général de l'armée allemande,
celui-ci lui ayant posé, entre autres condi-
tions si dures pour l'armée française l'obliga-
tion de remettre ses drapeaux au prince Fré-
déric-Charles, il répondit catégoriquement :
« Que les drapeaux étant des aigles, insignes
« politiques au premier chef, ils avaient dii
« être remis à l'artillerie, après la connais-
<v sance des événements du 4 septembre et
« quf l'artillerie avait dû les incinérer, ainsi
« que cela s'est toujours pratiqué après cha-
« cun de nos changements de gouverne-
« ment. »
Le général se rtgarde comme certain d'a-
voir rendu compte de cet incident au Conseil
réuni le 26 octobre au matin chez M. le ma-
réchal Bazaine. S'il se trompait sur ce der-
nier point {ce qu'il considère comme impossi-
ble) c'est qu'il en aurait rendu compte le 25
au soir à Monsieur le maiéchal, en lui faisant
le récit de sa douloureuse mission et en lui
remettant la copie du protocole de Sedan,
qu'il s'était fait donner par M. le général de
Stiehle, tant il avait trouvé exorbitantes les
prétentions du quartier général allemand.
Le général tient pour certain que l'ordre
de brûler les drapeaux a été donné par M.
DBS CHffiRCHHUKSBT CURIEUX
30 Novembre 19 n.
641
642
le maréchal Bazaine ; sans cela il eût prescrit
à ses quatre colonels de les détruire en pré-
sence de leurs corps d'oflficiers et se fût bien
gardé de les remettre à l'artillerie pour les
transporter à l'arsenal de Metz, bien que l'or-
dre lui en eût été donné.
Signé : Général de Cissey.
Quant à la lettre du colonel de Mel-
chior, elle a été reproduite très exacte-
ment par le comte d"Hérisson dans La Lé-
gende de Met:{. Elle avait été donnée in-
extenso par le maréchal Bazaine dans son
livre Episodes de la guerre de iS-jo et le Blo-
cus de Met :(, paru en 1883, bien avant la
légende de Metz. Cette lettre, non datée,
n'est d'ailleurs que le résumé de la déposi-
tion du colonel Melchior devant le Conseil
de guerre^ déposition confirmée par celle
du général Desvaux, commandant la
garde, son chef.
Celui ci, après avoir affirmé que le ma-
réchal Bazaine, à l'issue du conseil de
guerre du 26 octobre, où tous les comman-
dants de corps ont été réunis, « donna
l'ordre à haute voix de porter les drapeaux
à l'arsenal, oii ils seraient brûlés » ; après
avoir reconnu, [ moins affirmativement,
il est vrai, mais comme le général Soleille
dut l'avouer lui-même ] que l'ordre fut
donné devant lui à ce dernier de faire
brûler les drapeaux ; ajoute plus loin : s< le
« lendemain 28 octobre le colonel Mel-
« chior, chef d'état major de l'artillerie de
»< la garde, se rendit à l'arsen-d de Metz,
** où il fit brûler devant lui les drapeaux
« des voltigeurs et des chasseurs à pied ;
« en rentrant à son bivouac, il activa la
« destruction des hampes et d/s aigles des
« drapeaux des grenadiers, ainsi que des
<< parties flottantes de ces drapeaux, qui,
« au lieu d'avoir été détruites, avaient été
« déchirées et partagées entre les sol-
dats. »
Veuillez recevoir. Monsieur le directeur,
l'expression de mes sentiments distin-
gués.
G. Bazaine.
Ues de Paris (LXV ; LXVI, 346). —
Les lies de Paris ont fait l'objet d'un tra-
vail de Tisserand, publié dans les Mémoi-
res de la Société de l'Histoire de Paris et
même dans les Livres verts.
L'auteur n'a rien compris aux notes
qu'il avait réunies et qu'il n'a pas su in-
terpréter parce que ce n'était pas son
métier. Quant à Dulaure. il a inventé —
par suite d'une mauvaise lecture, — l'île
aux Ourmetiaux, qui n'a jamais existé. 11
ne mérite confiance que pour les événe-
ments contemporains qu'il a vus ; quant
aux autres, il ne les a interprétés que
comme un sectaire aveuglé par l'esprit
de parti, et ne mérite pas d'être cité par
les historiens soucieux de la vérité.
Voici la liste des iles de Paris à la fin
du xV siècle, telle que nous l'établissons
avec preuves à l'appui, et telle qu'on ne la
trouve nulle part.
Les îles sont de plus en plus nombreu-
ses à mesure qu'on remonte plus haut
dans Il'histoire et disparaissent forcément
avec le temps. Actuellement, il n'y en
a plus que deux L'île des Cvgnes n'est
pas une île naturelle et son nom même
ne remonte qu'à Louis XIV. Notre énu-
mération suit le cours du fleuve. Ile de
Bercy, île Louviers, île Saint-Lcuis, la
Cité, île aux Bureau, île à la Gourdaine,
île Maquerelle, île aux Treilles, île de
Seine ou île aux Vaches, île Merdeuse, île
de Longchamp ou ile aux Dames, île de
jéru^^alem, île des Garennes, île de Chail-
lot, île du Gravier, ile Furnel ou Ny-
beui, île du Bras ou ile de Javel, ile de
Bussy. Total : 19 îles ou îlots.
L'ignorance des vulgarisateurs au sujet
des îles est telle que tous placent l'ile de
Bussy à l'extrémité de la Cité, malgré les
textes !
Nous nous tenons à la disposition de
M VI. les intermédiairistes que la question
intéresse, et notre dossier est ouvert à
tous les chercheurs et les curieux.
Piton.
Contrôle sous l'ancien régime
(LXVI, 45t, 495). — Pour étudier 1 orga-
nisation et le fonctionnement du Contrôle
sous l'ancien régime, on ne peut mieux
faire que de consulter le Répertoire de Ju-
risprudence de Guyot, au mot Contrôle
(T. IV). L'article ne comprend pas moins
de 37 pages in 4°.
Les curés étaient simplement tenus de
remettre, six semaines après chaque
année expirée, la grosse et la minute de
leurs registres au greffe du jusje royal
qui les avait cotés et paraphés. (Cf. LXl,
609, 794 et 846;.
De Mortagne.
N«
«34«>-
Voi. LXVl,
643
L'lNiJbKMâDlAiK&
644
Les contrôleurs des actes étaient invi-
tés à relever exactement les extraits mor-
tuaires parce que ces fonctionnaires
étaient les percepteurs des droits de mu-
tation à cause de décès comme nos mo-
dernes enregistreurs sont encore les per-
cepteurs des droits de succession. 11 ne
faudrait pas croire d'ailleurs que le con-
trôle ne s'exerçait que sur les actes no-
tariés ; il portait aussi sur les sous-seings
privés. BiBL, Mac.
Le contrôle sous l'ancien régime, re
présentait à peu de choses près 1 adminis-
tration actuelle de l'enregistrement, mais
une foule de droits échappaient au fisc ;
Nous avons fait justice de ces abus ; au-
jourd'hui sous peine d'une forte amende,
la moindre convention, le moindre bout de
papier est soumis à l'enregistrement ; ne
voit-on pas tous les jours des tribunaux
ordonner l'enregistrement même des let-
tres missives ! Mais une des ressources
les plus importantes du fisc consiste dans
les droits de succession. II en était de
même sous l'ancien régime^ et les agents
cherchaient par tous les moyens possibles
à connaître le moindre héritage. C'est
pour cela que les contrôleurs se faisaient
représenter dans les paroisses les regis-
tres mortuaires : ils étaient ainsi rensei-
gnés sur les décès pouvant donner ouver-
ture à des droits de mutations, même,
les plus minimes. Mais ces registres
étaient la plupart du temps fort mal tenus.
Les rédacteurs souvent se bornaient à
constater qu'ils avaient procédé à l'inhu-
mation de N .. décédé en cette paroisse,
paraissant âgé de... m.ais nulle indication
de la parenté, ni de l'identité du défunt.
Quand il s'agissait de grands enterre-
ments, on y mettait toutes les herbes de
la Saint-jean, nous avons vu des regis-
tres où ces mentions tenaient une grande
page, mais à côté les enterrements des
pauvres étaient relatés en trois lignes,
ce qui était bien insuffisant pour les
agens du fisc ; c'était comme le dit la
circulairede Bordeaux de 17^=; préjudicia-
ble à la ferme. Aussi recommandait-on
aux contrôleurs de surveiller le « relevé
des extraits mortuaires ».
Aujourd'hui que les registres des décès
sont très bien tenus, rien ne peut plus
échapper au trésor, pas même une succes-
sion de cent francs. C'est la loi du pro
Un ANCiEN MAGISTRAT.
grès
*
* *
Le contrôle, précurseur de l'Adminis-
tration de l'Enregistrement, des Domai-
nes et du Timbre, ne portait pas unique-
ment sur les actes notariés. Au début, il
est vrai, l'édit de création du mois
de juin 1581 ne prévoyait que les « actes
et contracts » . Cette formalité avait sur-
tout pour objet de constater la date des
actes et de leur donner plus de force et
d'authenticité. L'acte non contrôlé ne
conférait ni privilège, ni hypothèque, ni
propriété ; en un mot, il était radicale-
ment nul (Edit de mars 1^93).
Etabli à l'origine dans un but d'utilité,
le contrôle devint plus tard un véritable
impôt qui fut étendu successivement à
tous les actes notariés sans exception,
aux exploits, aux actes judiciaires et aux
actes sous seing privé (Edits d'août 1669,
mars 1695 et octolTr'e 1705). Quant au
centième denier, il fut créé par un édit
de décembre 1703 .
On peut trouver tous les renseigne-
ments sur la question dans l'ouvrage qui
porte le titre suivant :
« Dictionnaire raisonné des Domaines
« et Droits Domaniaux , des droits
« d'échange, et de ceux de contrôle des
« actes des Notaires et sous signatures
« privées, Insinuations-Laïques, Centième
*< Denier, Petit-Scel, Contrôle des ex-
« ploits. Formules, Grèfes, Droits-Réser-
« vés, Francs Fiefs, amortissement et
« nouvel-acquêts ». A Rouen de l'im-
primerie de Jacques-Joseph Le Boullen-
ger, 1763, en deux volumes.
Avant l'année 1780, tous les droits
dont rénumération précède étaient recou-
vrés par des Fermes Générales.
Le centième denier, remplacé, avec des
majorations sensibles, par le droit de
mutation par décès actuel, en faisait
donc partie.
Dans les obituaires paroissiaux tenus
par les curés, les commis de contrôle
étaient chargés de prendre toutes les in-
dications donnant naissance à l'exigibilité
du droit. Car, si la taxe frappait toute
mutation de propriété, d'usufruit d'im-
meubles, de rentes foncières et de tout
autre droit réel, opéré à titre gratuit ou
onéreux, avec ou sans t'tre, les succes-
sions en ligne directe, de même que les
DES CHERCHEURS Bî CURŒUX
645
îO Novembre 191 :
646
donations, également en ligne directe, ou
faites, par contrats de mariage, aux fu-
turs époux, en étaient exonérées.
Toute omission ou fausse mention dans
le relevé des extraits mortuaires pouvait
donc être préjudiciable à la Ferme. Il est
probable que ces commis s'acquittaient
mal de leur besogne, et que. sans doute,
la circulaire de 1755 était destinée à com-
battre ce défaut de zèle.
Geo FiLH.
Dizy-le-Gros. Prieuré (LXVI, 531).
— Si M. La Sangliette n'a pas encore
consulté le Diciionnaire topooraphique de
l'Aisne de A. Matton, il y trouvera des
données intéressantes au point de vue de
recherches à faire sur le prieuré en ques-
tion.
De Mortagne.
Henri Archereau et l'Eclairage
él-'Ctrique (LXVI, 532). — Depuis ma
publication sur mon compatriote Henri
Archereau [Henri- Adolphe Archereau, phy-
sicien (1819-1895). Extrait de \2i Revue du
Bas-Poitou, 1894], j'ai peu appris sur sa
vie ; mais j'"ai agi, j'ai réussi à faire éle-
ver, dans sa commune natale, à St-Hilaire-
des Vouhis, un modeste Monument à ce
Vendéen de génie. Il s'aj^itd'un h:isie, pla-
cé sur un piédestal, érigé sur la place de
l'Eglise. J'ai fait placer aussi une plaque
commétnoraiive sur la maison où il est né,
à la ferme de La Roulière.
j'ai pu obtenir que la ville des Sables
d'Olonne, où florit désormais l'industrie
des agglomérés de houille, donnât le
nom d'Archereau à l'un des quais où
abordent les grands charbonniers arri-
vant d'Angleterre. Je possède des photo-
graphies de La Roulière, du monument
de St-Hilaire-le-Vouhis, etc., que je tiens
à la disposition de mon confrère.
D'ailleurs Buste et Médaillon sont ^n-
hWés [Revue du Bai-Poitou, 1896, p. 354)
et le neveu d'Archereau vit toujours à
Fontenay-le-Comte. Il n'y a qu'à lui
écrire, pour avoir la confirmation des
faits ci-dessus.
Depuis 1894, j"ai retrouvé un nouveau
brevet d'Archereau [(lô nov.x^^i .Parfec-
tionnemerit à la fabrication des carreaux
mosaïques et autres produits en ciment, n"
» et littéraire (Paris, 1894, V, p. 180-182,
n» 56, 15 déc. 1895 ; VI, 15 février, n» 58,'
p. 228-230) la reproduction de notre ar-
ticle de la Revue du Bas-Poitou [1894,
p. 305-308, l'e partie]
Les listes de souscription pour le mo-
nument ont paru dans V Ouest artistique,
en 1894 (Voir p. 197 et 251) et 1895)^
(Voir p. 23). organe de la société qui a
pris l'initiative de l'érection du Buste et
de la Plaque. L'inauguration officielle du
Buste et du Médaillon a eu lieu plus tard
(Voir Marcel Baudouin. Le Médaillon
d' Archereau à StHilaire de Fouhis. Liber,
de la Vendée, La Roche-sur- Yon, 1875,
8 février), comme en fait foi l'article sui-
vant [Inauguration Ju Monument Arche-
reau en Vendée (27 7bre 1896). Ouest
artistique et littéraire, Vil, n» 78^ 15 oct.
1896].
Le buste est dû au sculpteur Dolivet et
le médaillon à J, Robuchon ; les discours
au Préfet de la Vendée, au Sénateur, au
Député, au représentant du Conseil géné-
ral, au P"' Grimaud, membre de l'Institut,
L. Bonnemière, président du Comité, etc.
etc. (i).
Malgré les sonnets du regretté D^' Bour-
geois, député de la Vendée, à son con-
frère le Dr M. Baudouin, tout cela est
bien oublié aujourd'hui ! Mais le Monu-
ment reste : Verha volant, petrœ manent !
Puissent nos deux petits Bronzes durer
autant que \' Airain préhistorique àt France,
qui, — bizarre coincidence, — est précisé-
ment né dans cette Haute-Vendée !
Marcel Baudouin.
217-471 Brevet de 15 ans)]
On trouvera dans V Ouest artistique
Crottus (LXVI, 484, 550). — La Bio-
graphie Didot consacre une courte notice
a ce poète latin moderne, originaire de
Crémone, qui vivait au xv!« siècle. On y
renvoie à Tirabo?chi, Storià délia lettera-
tura italiana, t. XXV.
De Mortagne.
(1) Voici encore quelques indications bi-
bliographiques récentes : Marcel Baudouin,
H. A. Archereau, Rev. scient., Paris, 1895,
no 23, Sjuin, 718-722, — Archereau. Dis-
cours prononcé sur sa tombe, Font.-le-
Comte, 1894, in-8°,Libr Gouraud. — Ar-
chereau. Publ. de la Vendée 1894, 21 déc.
— Thomas Grimni. — Un martyr de la
science. Le Petit Journal, 189=;, 28 juin,
3 col., I fig., p. 1. — Archereau. Le Ven-
déen de Parts, 1908, XII, n» 10, nov., p. a-3.
I
N» 1346 Vol. LXVI.
L'ïNTBKMEDIAmB
647
La descendance actuelle deFou-
ché(LXVI,39i,5oi) — En 1894, je crois,
pendant le cours de mon service militaire
à Versailles, j'ai rencontré un jeune
homme qui faisait une période de réser-
viste comme maréchal des logis aux sa-
peurs conducteurs du s' régiment du
génie et l'ai vu signer ^^ Fouché dOtran-
te ». 11 semble donc qu'une partie de la
descendance masculine de Fouché doit
être redevenue française. C, N.
Le pupitre de Madame de Gen-
lis (LXVI, 485, ss6). — Ma mère décé-
dée en 1888 à 89 ans, écrivait toujours
sur une planchette placée sur ses genoux,
ayant près d'elle sa table de travail sur
laquelle était posé l'encrier.
Je pourrais citer d'autres personnes de
la même génération qui écrivaient ainsi.
G. O. B.
Touslesvieillards se rappelleront comme
moi, avoir vu leurs mères et leurs ayeules
écrire sur leurs genoux, comme l'indique
le portrait de la comtesse de Genlis publié
par V Intermédiaire. Les petits pupitres,
étroits, incommodes, quelquefois recou-
verts de toiles peintes ou d'étoffes, mais le
plus souvent d'un cuir léger, servaientuni-
quement à cet usage. Ceux qui étaient
destinés à être posés sur des tables étaient
beaucoup plus grands et plus conforta-
bles. Ils étaient, d'ailleurs, moins nom-
breux et on en trouve maintenant fort
peu, tandis qu'il y a bien peu de maisons
ayant conservé d'anciens mobiliers de fa-
mille, où Ton ne rencontre des petits pu-
pitres à genoux, lesquels ne servent plus à
rien, d'ailleurs, l'usage auquel ils étaient
destinés étant tout à fait tombé en désué-
tude.
Comte DE Caix de Saint Aymour
Le chevalier de Guer (LXV; LXVI,
|>53)- — Amon avis, ce chevalier de Guer
était, non l'ancien Président à mortier au
Parlement deBretagne, qui était et signait
«MarquisdeGuerr>,maissonfiIs, Armand-
Constant de Marniere de Guer. néà Rennes '
le 31 mai 1 769, officiera l'arméedesPrinces
et l'un des agents des insurrections roya-
listes. Il épousa, vers 1804. Angôlique-Ma-
rie-Emilie de Gourden de Locmaria ; fut
nommé préfet à la Restauration, chevalier
de Saint-Louis et de la Légion d'hon-
648
neur et mourut à Paris le 27 juin 1816 '
ayant eu : un fils, Julien-Ange de Mar-
niere, marquis de Guer, né le 14 juin
i8o5, qui a laissé postérité de ses deux
mariages; l'un en 1832, avec Charlotte de
Montesson, l'autre en 1842 avec Char-
lotte du Couédic de Kergoaler ; et un^-
fille, Louise Angélique-Camille de Mar-
niere de Guer, qui épousa en 1832 (ou
1836) Charles, comte de Viton de Pey-
riais, dont elle a eu postérité
Marquis de Bellevûe.
Miss Howard (LU ; LV ; LIX ; LXV,
3S3- — Connait-on des portraits de Miss
Howard? Ces portraits ont-ils été publiés?
X. X.
Philippe-Charles de la Fare (LXV;
LXVI, 92, 209, 310).
3 novembre 191 2.
Monsieur le Rédacteur,
Dans un de vos précéfléilts numéros (LXVI
210) et à propos du maréchal de la Fare,
vous avez publié une note dans laquelle on
disait que les chercheurs pouvaient s'adresser
au D' Lucas, beau-frère de la comtesse de la
Fare.
Il y a là une erreur.
Le fornte Eugène de la Fare a eu cinq en-
fants dont :
1° Mlle Bérengère de la Fare quia épousé
M. Félix Lucas. Ingénieur des Ponts et
chaussées.
Je suis le fils de .M. Félix Lucas et de Ma-
dame Lucas, née de la Fare.
2° Le comte Régis de la Fare qui a épousé
Mlle Logeard.
C'est donc M. Félix Lucas, mon pète qui,
est le beau-frère de la comtesse de la F'are,
8 rue Vineuse, dont je suis le neveu.
Les autres enfants du comte E. de La Fare
sont :
Mlle Christine de la Fare, qui a épousé M.
Dangiers de Montaigu ; Mlle Edmée de la
Fare qui a épousé le D^ Fort. Enfin le vi-
comte Christian de la Fare
Recevez, je vous prie, l'expression
de mes salutations empressées,
Docteur Lucas
Médecij consultant à Monte Carlo.
Le Peletier d'Aunay (LXVI, 288,
4158). Si m. Nisiar qui vise Lédition
de 1847 avait consulté l'édition de 1879,
il aurait vu qu'elle rectifie l'erreur de celle
de 1847, en ce qui est de l'émail de la
rose qui accompagne en pointe le che-
vron de gueules des armes des le Peletier
DBS CHERCHEURS ÉTf CUKlbUX
649
20 Novembre 19 12
650
d'Aunay. Quoi qu'en disent Poplimont et
M. Nisiar, cette rose de gueules accom-
pagne bien an pointe le chevron, aussi de
gueules, dont la croix est chargée.
Je ne crois pas pouvoir en donner une
meilleure preuve qu'en disant que tel est
Tavis des le Peleiier d'Auna\' à qui ce
blason appartient.
J'ai eu la borne fortune de connaître
très particulièrement, la regrettée com-
tesse Anatole de Vibraye née le Peletier
d'Aunay. La science du blason n'avait pas
f de mystères pour Sun esprit, très averti,
du reste, en toute espèce de connaissan-
ces. Sa mère était une Colbert et par celle-
ci. elle descendait des Quengo de Crenolle
qui la rattachaient aux Rohan, aux du
Guesclin et autres grandes maisons de
Bretagne.
Elle avait un tableau généalogique ar-
morié de ces Quengo de Oenoile, et de
leurs alliances, datant d'avant la Révolu-
tion et qui avait un peu subi les injures
du temps. Ayant, à son grand plaisir,
identifié les blasons de ce tableau, je lui
procurai encore la satisfaction de faire
■■ continuer ce même tableau jusqu'à ses
petits-enfants. Or, à cette occasion, elle
me donna les armes de sa maison qui
sont bien telles que M de Soultrait les
a données et représentées :
EcarteJé aux i et ^ d' a^w à la croix
pattée d'argent, chargée en cœur ifun che-
vron de gueules accompagné en chef de deux
molettes Je sable et en pointe d'une rose du
/ émail qui est le Peletier, et aux 2 et j,
d'argent qui est Mesgrigny.
S. G. L.
Famille le Pelletier de Saint-
Fargeau (LXVI, 43 5 . 599). ~ Félix Le Pel-
letier de Saint-Fargeau est mort a Neuilly,
ainsi i\ut le prouve l'acte suivant qui est
extrait des registres de l'Etat-civil de no
tre commune.
L'an mil huit cent trente sept, le cinq
janvier neuf heures du matin, acte de décès
de Ferdinand Louis Félix Mic.hei le Peletier
de Saint Fargeau, propriétaire âgé de soix nte
neuf ans, décé.ié hier à onze heures du rra-
tin, en son domicile à Neuilly, rue de Clichy
n» 5, célibataire, né à Paris et fils de Michel-
Etienne Le Peletier de Saint Fargeau et de
Louise -Adélaïde Marsanne, sa femme décé-
dés.
La fiche administrative du cimetière
ancien réservée à la concession Félix le
Peletier est ainsi conçue :
Divi.it on j' séné 70 «° ^.
il a été concédé, à M . Duplan aîné, un
terrai(\ à perpétuité de 2 mètres ceutièmes
superficiels pour la sépultuie de Ferdinand-
Louis-Michel i.e Peletier de St-Fargeau,
décédé le 4 janvier 1837.
Neuiily, le 23 octobre 1841^
M. Maindron, dans la notice qu'il a fait
paraître sur Félix le Pelletier de St-Far-
geau,noub apprend, en outre, que la mai-
son qu'occupa, jusqu'à sa mort, Félix le
Pelletier, se trouvait très près du château
de Villiers.
La maison en question existe encore,
mais elle a subi des modifications impor-
tantes. Elle forme le coin de la rue de
Villîers et de la rue Greffuhie, à Levallois-
Perret.
Chose singulière : cette maison formait
autrefois l'ancien presbytère de Villiers
qui subsista alors que Léglise St-Martin de
Villiers disparut en 1797.
Henri Corbel.
Portrait de Pascal, par Philippe
de Champagne (LXVI, 287, 357). —
iVl. Ambroise Tardieu, dans son Diction-
naire iconographique de l'ancienne Auver-
gne. Clermont-Ferrand, impr. Raclot,
gr. in-4'', 1904, page 155, donne ce ren-
seignement :
« Philippe de Champagne a peint Pascal^
d'après nature, tableau de In Cène, au Musée
de Lyon. Pascal est sous la figure d'un apô-
tre des solitaires du Port-Royai, dans les
apôtres, et le P. Lachaise a posé pour Judas ».
Puis, à l'article suivant, concernant
Mme Florin Perier - Françoise - Gilberte
Pascal, sœur aînée de B. Pascal (Auteur
d'une Vie de Pascal, 1684, in- 12, dont
nous avons ici même, récemment parlé,
au sujet d'un exemplaire de ce petit livre
relié aux Armes du grand Bossuet),
M Tardieu dit, également, qu'il existe de
celle-ci, »< un portrait sur toile à l'Hôpital
général de Clermont-Ferrand, peint par
Philippe de Champagne, et aussi, au
Musée de Riom, une copie de ce même
portrait >>.
Ce qui serait intéressant et ce que ne
dit point M. Tardieu, ce serait de savoir
s'il existe, de ces deux portraits de
B. Pascal et de sa sœur Mme Perier, l'un
et l'autre peints par Philippe de Champa-
N» 1340 Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
651
652
gne, des reproductions, gravées ou litho-
graphiées, qui soient véritablement artis-
tiques et dignes, tout à la fois, par leur
exécution, du grand renom de ce peintre
et de la célébrité de ses modèles.
P. S. — J'y pense ! si ces reproduc-
tions existent réellement, elles doivc^nt se
trouver dans la collection spéciale des
Portraits de personnages de l'Auvergne,
de feu François Boyer, de Volvic, à la
Bibliothèque de Clermont-Ferrand. Cette
collection tut achetée, en bloc, en 1904, par
la ville de Clermont, lors du décès de cet
érudit et regretté iconophile. — Si, par
comparaison, je puis en juger par la série
de beaux portraits de Desaix, que, vers
les derniers temps de ?a vie, m'envoya à
choisir, François Boyer, cette collection
doit contenir encore de merveilleuses ra-
retés. Je dis, encore, car par malheur et
précédemment à son acquisition finale par
la ville de Clermont, elle fut, du vivant
même de son possesseur, quelque peu
« écrémée *■», dans son ensemble, par les
amateurs de la région.
Ulric Richard-Desaix.
La reine Pomaré, de Mabille
(LXVI, 391 ,601).-- Je ne sais pas si la date
donnée par .Mogador est exacte ; toujours
est-il que Zola a rêvé en esquissant Po-
maré, vieille femmebalayant le boulevard.
Sans doute elle est morte avant 1851,
date où parut le Romansero de Henriv
Heine. Je n'ai peut-être pas besoin de rap-
peler que ce recueil de poésies renferme
quatre chansons consacrées par Hciiie à
Pomaré ; or la quatrième de ces chansons
' reconnaissant à M Ballofet qui a si obli-
geamment répondu à ma question sur
Pupil de Craponne, de me prêter encore
le concours de son érudition pour me ren-
seigner sur Louise Charlotte de Loras,
épouse de Barthélémy Léonard Pupil.
|e serais désireux de connaître les noms
et prénoms de ses père et mère et l'ori-
gine des Pupil, comme celui d'entre eux
qui le premier acquit la noblesse,
MONTMOREL.
N'est-ce point par erreur que notre
confrère le fait seigneur de la Cour en
Garez?
11 y a dans le Lyonnais, en pays de
Jarei^, la Tour-en-Jarez. On peut trouver
d'utiles renseignements dans l'histoire du
Jarez de l'abbé Condamin, Saint-Etienne,
chez Théolier, libraire.
MouLis.
La Taglioni (LXVI, 191, 317). — On
a répondu en citant les descendants ; l'au-
teur de la question demandait qu'on Tin-
formàt sur les mâles, et en outre il sollici-
tait des renseignements inédits ou des
sources permettant d'en rencontrer.
La famille n'est pas seule dépositaire
de tous les détails qui permettraient d'é-
clairer cette admirable figure.
Où est enterré le maréchal d^^
Villars(LXVl,42, 158, 247,417,557).—
J'ai toujours cru Vme la comtesse d'Eg-
mond la fille du maréchal de Richelieu,
j qui avait épousé en 1756 le comle d Eg-
relate la mort et les funeraïUos de Lise ; - . ,, . . r ^„f
c » • 1 u <■ ♦ I mont, el e est morte en 1773. Comment
Sergent qui, selon Heine, furent assez ,.' ^^ . '<, » a'v^
^ . 7 f ,^ 111 4 ■• 1- I \ I -• ♦ expliquer cette seconde comtesse a bg-
tristes (etwas kahl und armlich).L auteur "-^i ' m , , ■ * j ^
(etwas kahl und armlich)
des Reisehilder ne dit rien de Céleste Mo-
gador ; il note que son cercueil fut suivi
seulement de son coiffeur et de son chien.
Si je me souviens bien, M. Léon Séché,
dans son livre sur La Jeunesse dorés sous
Louis- Philippe, ignore la date du décès de
la reine Pomaré ; peut-être qu'on se ren-
seignerait mieux dans Le vovage autour
de la reine Pomaré, par Gustave Bourdin ;
le titre est séduisant.
JOACHIM KiiHN.
Jean Pupil de Craponne 'LXVI,
287, 459). — N'cttmt pas a même de con-
sulter La Chesnaye des Bois, je serais très
mont, femme du dernier comte de ce nom,
fille illégitime de la duchesse de Villars
et du chevalier d'Orléans?
D-- KochJ'.
Waldtaufel (LXVI, 487). Ce com-
positeur de valses célèbres est mon aima-
ble collègue au conseil d'administration
de h société des Auteurs, Compositeurs et
Editeurs de musique, il est né le 9 du
mois de décembre 1837, à Strasbourg; il
a fait son devoir militaire en 1870, et a
opté pour la France au moment de l'a'^-
neyio:^ *>f>n nère était aussi compositeur.
A. Patay.
DBS CHBRCHiURS fiT CURIBUX
20 Novembre 191 3
<";3
6154
Plaques commémorativ es — Goya
(LXVI,483y. - Il est certain qu'on ne peut
appliquer une plaque commémorative sur
le mur d'une maison sans l'assentiment
du propriétaire. Mais, une fois l'autori-
sation donnée et la plaque installée, le
propriétaire qui enlève ou laisse enlever
cette plaque, manque à sa parole et viole
le dépôt dont il avait accepté la garde.
Malheureusement, ce n'est qu'une ques-
tion de conscience. Le propriétaire qui
passe outre et ne fait, en cela, que faire
cesser un acte de pure tolérance de sa
part, n'encourt aucune sanction et ne
peut être obligé à remettre les choses en
état.
M. H. L., en sera donc pour ses re-
grets — du reste fort légitimes — d'avoir
vu disparaître sous une enseigne *■ tapa-
geuse » la plaque consacrée à la mé-
moire de Goya A moins que proprié-
taire et locataire se laissent convaincre
par les admirateurs du grand peintre...
Mais peut-on l'espérer .'' L'art et les sou
venirs du passé importent si peu, à côté
de la spéculation et de la réclame, ou
seulement de l'indifférence !
QUiïRENS.
Le Nouvelliste de Bordeaux du 22 octo-
bre a publié, au sujet de r;;rticle de X In-
termédiaire du 20 octobre sur les plaques
commémoratives, la note suivante qui
peut lui servir de réponse :
"L' Intermédiaire des cherclieurs et curieux
du 20 de ce mois publie un article relatif à
la plaque co^i-mémorative de la mort de
Goya qui avait été placée, il y a quelques
années, sur la maison qui fait le coin du
cours de l'Intendance et de la rue Voltaire à
Bordeaux « plaque qu'un irdustriel vient de
faire enlever pour mieux étaler son enseigne
tapageuse. N'y a t-il pas dans co fait une
profanation historique ?»
Ce que l'auteur de cet article ignore, c'est
que la plaque, une fois scellée dans le mur,
on s'est aperçu que ce n'est pas dans cette
maison qu'était mort le célèbre peintre espa-
gnol. Qui avait fait phcer là cette plaque ?
Etait-cc la municipalité, ou le consulat
d'Espagne ou quelque archéologue ? On n'a
jamais pu le savoir, tout le monde s'est dé-
robé. Goya est décédé dans la maison du
cours de l'Intendance qui porte le numéro
57, en face de la rue Vital -Caries. On en a
depuis acquis la certitude.
Mais le marbre en question n'est certai-
nement pas perdu, il a dû être conservé par
l'entrepreneur des travaux et il serait des
plus faciles de le faire placer sur la maison
où le grand peintre a réellement rendu le
dernier soupir.
Un autre grand peintre, français celui-là
et tout aubSi illustre que Goya, Carie Vernet,
est né dans notre ville le 14 août 17^8, pen-
dant que son père, Jo!>eph Vernet, y était oc-
cupé à peindre les deux belles vues de notre
port que tout le monde connaît bien.
Un érudit bordelais a ublié, il a quelques
années, une notice sur les deux vues de Bor-
deaux de Joseph Vernet, et il a pu découvrir
la maison qu'habitait ce dernier pendant le
séjour de deux années qu'il fit dans la cité
bordelaise (i) Il a relevé dans les registres
d'enregistrement des baux à loyer que Ver-
net avait loué à un monsieur Pitard « une
maison située fossés du Chapeau Rouge,
ayant accès sur la rue du Port-de-la-Mous-
que ». Mais l'auteur de cette notice n'a pu,
faute de numéro sur ces registres d'enre-
gistrement, désigner exactement l'immeuble
en question ; il croit cependant que c'est ce-
lui qui porte actuellement le numéro 22,
presque en face de l'hôtel de la Préfecture,
et il ajoutait : « L'administration compé-
tente pourrait facilement s'en assurer et faire
placer une plaque commémorative sur la
maison où est né ce grand artiste français » .
Mais, selon sa noble habitude, l'adrainis-
tratiou compétente n'a pas bougé pour une
affaire d'aussi peu d'importance pour elle.
X.
De La Liberté du Sud-Ouest, 25 octo-
bre 1912 :
Pauvre Goya ! quelle destinée ! La mal-
chance qui troubla sa vie, si agitée, le con-
traignit d'habiter Bordeaux pendml qua-
torze ans et "y fii ir ses jours, semble le
Doursuivre jjsoue dans la tombe.
Il fallut 1
concitoyens
qu'elle devait donner aux cendres du .:élè
bre peintre, i'une de ses plus belles gloires
artistiques^ un dernier asile sur le sol de sa
patrie. Le modeste monument qui, au cime-
tière de la Chartreuse, recouvrait lei> dépouil-
les mortelles de Goya y Lucientes n'était di-
gne ni de lui ni de l'Espagne.
Le gouvernement espagnol se décida, en-
fin, en 1888, à réclamer les restes confiés à
la terre bordelaise.
En prévision d'une translation au-delà de
(i) Ern Lab^die. Les Deux vues du port
de Bordeaux au X III^ siècle de Joseph
Vernet, gravées par Cochin et Lebas. . .
1907, in-S", avec le portrait de Vernet et les
deux vues du port de Bordeaux.
insistance de plusieurs d; nos
pour que l'Espagne comprît
N« 1346 Vol. LXVI
655
L'iNTBRMEDiAÎRF
656
Pyrénées, on voulut identifier le corps du
grand peintre ; mais son cercueil tombait de
vétusté et les ossements de Goya se mêlèrent
à ceux de son beau-père.
Nous ne nous rappelons pas au juste pour
quelles raisons les précieux restes furent en-
core laissés à Bordeaux, dans le même ca-
veau de la famille Goicœchea.
De temps en temps la presse bordelaise
constatait l'état de délabiement dans lequel
se trouvait l'humble cénotaphe surmo'\tant
le tombeau. Nous l'avons nous même décrit
il y a quelque vingt ans ; nous nous souve-
nons avoir demandé que puisque l'Espagne
semblait se désintéresser de la dernière de-
meure de l'un de ses plus célèbres enfants,
la ville de Bordeaux fît restaurer la grille et
replacer les plaques de marbre qui s'étaient
détachées du cippe et gisaient entre les her-
bes poussées dans les interstices des pierres.
Bien des années s'écoulèrent encore et les
ossements de Coya et de son beau-père pri-
rent la route de Madrid. Là, nouveau dé-
boire : le tombeau définitif du grand peintre
n'était pas prêt.
Nous osons croire que les dépouilles mor-
telles de l'ancien hôte des bordelais sont
depuis longtemps déposées dans leur astle dé-
finitif.
A !a Chartreuse, l'administration munici-
pale a conservé le cénotaphe qui constitue un
petit monument historique
Et voilà quo n^uititenant, on apprend que
la plaque de marbre posée sur l'ancienne
maison habitée par Goya vient de disparaî
tre !
Ne pouvait-on pas simplement la déplacer .
si elle gênait l'installation d'une nouvelle
devanture?
Nouj laisserons aux lecteurs de Vlntermi-
diiirc d-'S Chercheurs le soin <lc répondre à
sa qu::siion ; mais n jus deman iorcns à MM.
les adjomts délégu^-s aux services des beaux-
art* et de l'instuiction publique de vouloir
bien intervenir auprè.? du propriétaire de
l'immeuble qu'habita Goya y Lucientc:s afii\
que l'inscripiion commemorative y soit re-
placée.
Si la plaque avait été perdue ou brisée
peidant les travaux récents, si le propriétaire
refusait de faire une dépense qui conserve-
rait à sa maison un titre historique. la Ville
est encore assez riche pour payer un peu de
marbre et quelques lettres dorées.
A moins que la colonie espagnole, si nom-
breuse à Bordeaux, n'en prît A sa ch.irge les
frai^ rel.itiveinent minimes et ne revendi-
quât l'honneur de contribuer à pe; pi tU'*r
paimi nous le souvenir d'un de leurs plus
illustres compatriotes.
J. O.
Pour l'amour de la vérité je suis heu-
reux de déclarer quo la plaque comme-
morative qui figurait sur la maison mor-
tuaire de Goya y a été replacée (simple
coïncidence, sans doute) quatre jours
après que ma réclamation eut paru ici.
La question n'en reste pas moms posée
pour les autres. H. L.
Armoiries de Pans en écartelé
(LXVI. 437, S63). — Les armes écartelées
avec celles de la ville de Paris, appartien-
nent à l'Université de cette ville.
P. LE J.
Armoiries à identifier : corprj de
lion; trois quintef-uilles (LXVI, 554J.
— Vergy, en Bourgogne, portait : û^^ ^(/^m-
les a trois quintefeuilles d'or, avec, pour
supports, deux griffons d'or.
Baron A. -H.
• *
Les armes de cette plaque de cheminée,
trouvée aux environs d'Auxonne, peu-
vent avoir appartenu à Clériadus de
Vergy, dernier représentant de cette illus-
tre famille, mort sous le règne de
Louis XIII. Les Vergy blasonnaient : De
gueules a trois quintefeuilles d'or . Cimier :
tin griffon issant d'or. Je n'ai pas ren-
contré leurs armes ornées de griffons
pour supports. P. le j.
*
La maison de Vergy porte :
De gueules à trois quintefeuilles d'or.
Les branches cadettes de cette maison
portent les mêmes armes avec des brisu-
res voriécfi. Henry Prior.
Armoiries sur un livre de 1671
(LXVI, 437, 562). — En répondant de
mémoire, j'ai commis une erreur qu'il
importe de réparer immédiatement. Les
armes de la principauté d'Henrichemont
ne comportent pas de tour et doivent se
lire : D'ai^ur semé de fleurs de hs d'or.
Sur le tout de Béthune qui est d'argent a
la face de gueules. P. LE ).
Fer de relmre à identifier en
pointe d'un rocher (LXVI, ^3^)
L' .\rmoriid du Bibliophile, de Guigard,
attribue ce fer à G.ispard Fieubet de Nau-
iac, conseiller au parlement de Toulouse,
mort en 1694, âgé de 67 ans. Armes :
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
t,j . .
D'azur au chevron d'or , accompagné en
chef de deux croissants d^ argent et en pointe
d'un rocher du même. P. le J.
Armoiries à identifier : trois roses
(LXVI, 534). — Dans le Trjité du blason
de M. Pautet, faisant partie de V Encyclo-
pédie Roret, on trouve, page 282, la des-
cription d'un écusson écartelé, intitulé :
de Riquetti Mirabeau et de Riquet de Ca-
raman : au premier et quatrième : d'a:^ur,
à la bande d'or . accompagnée en chef d'une
demi-fienr de lis du même, défaillante à
dextre^ et flotencée d'argent^ et en pointe de
trois roses du même, qui est de Riquet de
Caraman . V. A. T.
• *
Si ces armes ont une provenance ana-
logue à la précédente, on peut les at-
tribuer à la famille Rémond, du Châtil-
lonnais, qui fut titrée marquis de MoMt-
mort. Elle portait : De gueules à trois
roses d'argent, mais dans toutes les pro-
vinces on trouve des familles portant des
armes identiques. P. leJ.
» »
La famille des comtes d'Antras (Gasco-
gne) porte :
D'argent à trois roses de gueules bouton-
nées d'or . Henry Prior
Villemanzy (LXVI, 588). — Une let-
tre circulaire autographe de ce commis-
saire des guerres, qui devint sénateur en
1809 et pair de France en 1814, adressée
de Lille le 13 janvier 1814 au baron
Soult, préfet du département de la Lys à
Bruges, est signée : Le sénateur : de Vil-
lemanzy. C'est donc la véritr-ble ortho-
graphe de ce nom. G. Laniz.
La curieuse épitaphe du chanoine
Vital d'Ardengost (LXVI, 342, 466,
564, tti2j. — On cite ordinairement ces
vers comme épitaphe de la « fair Hosa-
mond » fille de Walter Lord Clifford . Poly-
dore Vergile, par exemple, Anglica bis-
toria, lib. XIll,nous dit que
Hoc lacet in tumulo Rosa mundi, non rosa
[munda,
Non redoiet, sed olet, quae redolere solet
[Sous ce tombeau repose la Rose du monde,
une rose immonde; elle ne sent pas bon,
elle sent, elle qui sentait toujours bon].
fut inscrit à Godstow, près d'Oxford, sur
20 Novembre 1 9 i a
6.j8
Henri II d'Angleterre, qui « non contentus
uxore multas dilexit feminas, et in primis
puellam quandam succi plcnam quam ipse
Rosamundam, vulgus vero Rosam mundi
appellabat » Mais W. L. Hertslet, dans
son œuvre Der Trtppenwii:^ der Weltge-
schichte, affirme que par les vers on dési-
gnait anciennement une autre « Rose du
monde, > Rosamonde, reine des Lom-
bards. Toutefois il ne donne pas d'auto-
rité. Edward Bensly.
Vir fugiens denuo pugnabit(LXVI,
488). La source de cette sentence est
le proverbe grec
avr,p ô osûyojv xaî -oîÀtv [AayrîasTat
qui se trouve parmi les monosticba Me-
nandri{4^). Erasme, A da g ia, donne ces
vers grec av'ec l'équivalent latin î^«>/m-
giens et dcnuo pugnabit .
Selon Aulu Gelle (XVll, xxi), c'est par
ce vers grec qu'aurait riposté Démosîhène
a ses ennemis quand on lui reprochait sa
fuite dans la débâcle de Chaeronea. Mais
si le vers existait deja au temps de Dé-
mosthène, ce n'est pas Ménandre qui Ta
conçu.
E. Bensly.
Jeux de l'arqueb se (LXV ; LXVI,
178, 380). — A la fin de l'article LXV,
149, on lit : « il conviendrait de lire le
savant et si agréable ouvrage du comte
Albert de Bertier : Le tir à l'arc. Hachette
1900. » Ce renseignement n'est pas tout
à fait exact, le livre, très estimable, de
M. de Bertier ne traitant que de l'arc dans
tous les tem^s et dans tous les pays ; la
véritable source de renseignements pour
les jeux de l'arquebuse et les sociétés qui
les pratiquaient est le grand ouvrage de
L. A. Delaunay : Etudes sur les anciennes
compagnies d' Archets, d' Arbalétriers et
d'Arquebusiers. Paris, Champion, 1879,
in A°, riches illustrations
Jean Coqjuatrix.
Donjon, étymologie (LXV, 359,574,
674,820, 870; LXVI. 74, 168,329,422).--
M.E.L. E. A. proteste contre une phrase,
dans le numéro LXV, 870. Puis sans s'in-
quiéter de ce que je dis au sujet de dûni,
il y va de sa petite étymologie nécessaire-
mentsansvaleur d'après mesobservations.
Il aboutit a ce résultat extraordinaire que
la tombe de Rosamonde, maîtresse du roi 1 donjon signifierait : petite forteresse
I
N- 1346. Vol. LXV.
L'INTfiHMBDlAlRfi
659
660
C'est à croire que M. E. L. E. A. n'a jamais
vu un castel du moyen âge dominé par
son donjon,
M. E. L. E. A. confond le suffixe celti-
cjue o;i,-io'i avec le suffixe latin ôn^-ion ;
le premier a toujours l'o bref, le second
1*0 long ; ce qui amène dans la dérivation
des uitïérences capitales. M. E. L. E. A.
semble ignorer qu'en français toute
voyelle brève placée entre consonne et n
final a tendance à disparaître, le n final
devenant un r. Exemple : Londinium Lon-
dres, cophiniis coffre, diacotim diacre, etc.
Par conséquent le celte imaginaire dihuo
ne pourra donner qu'un français tel que
par exemple dungre, cela s'éloigne joli-
ment de donjon.
Tout cela vient évidemment que M. E.
L. E. A. ne se rend pas compte de ce
qu'était un dthion. C'était un lieu fortifié
dressé sur un plateaa et en ayant les di-
mensions. 11 n'y avait pas de petit, de
gran.1 diinon. D'autre part, Xt'dûnon était
un abri où les seigneurs celtes déposaient
leurs dieux, leur famille, leur bien, leur
clientèle, leurs soldats et le petit peuple
industriel. En cas de guerre, on recevait
tout le menu peuple qui pouvait y trouver
place, le surplus était réduit à aller se ca-
cher dans les bois où il m.ourait de mi-
sère.
On conçoit que le peuple gaulois était
peu satisfait de ceiie .situation et que lors-
qu'après Auguste, le peuple étant admis
à la gestion de la cité, on adopta bien'
vite les usages romains, où les villes, au
lieu dètre bâties dans les hauteurs, s'é-
tendirent dans la plaine avec un meilleur
bien-être pour tout le monde.
Le dûnum si' dépeupla, tomba en rui-
nes et le nom prit avec le temps une si-
gnification géographique, tel que Chaleau-
dun, Dittt U Roi, etc
Pour un linguiste, un radical din avec i
bref n'aura jamais la même racine que
di'fi. Du reste on semble d'accord pour
trouver que Londinium n'est pas r -'t-' «t a
une origine préceltique.
Depuis quelques années, le français
dune a été rapprt;)ché du hollandais duin,
les deux remontant à un germain dûnô
participe passif féminin du verbe dû agi-
ter, mettre tn mouvement. La dûnô est
l'amas de sable que le vent soulève et met
en mouvement.
Il est étrange de dire que dûnum qui a
cessé d'être en France au 1®' siècle, a pu
donner le gallois din, mot du moyen âge
en Ancrleterre. Du reste on est porté à
admettre que din provient du vieil irlan-
dais.
M. E. L. E. A. fait bien d'être prudent
au sujet de town. Il peut avoir confiance
dans ce que je dis LXV. 871.
H. La.
Soubs la corde des saincts (LXIV ;
LXV;LXV1, 75, 126, 169, 224). —Je
lis dans Y Intermcdiaife des Chercheurs,
LXVI« vol , 225, un document relatif à
l'expression ancienne « Soubs la corde
des Saincts ». Le texte cité est clair et
précis, et il n'y a aucune obscurité ni
aucun doute pour le sens du passage
' « soulx le cruxefis et soulx les sains
d'icelle chapelle». Il signifie sous le jubé,
à l'entrée du jubé, clôture transversale
ajourée qui divisait les églises du Moyen-
Age en deux compa*4iiHents, la nef et le
chœur. Au-dessus de cette clôture s'éten-
dait une tribune d'où se faisaient les ser-
mons, les annonces et toutes les procla-
mations aux fidèles. Le jubé était orné et
surmonté, du côté de la nef, c'est-à-dire
face au peuple, d'une croix avec les sta-
tues de la Vierge et de saint Jean l'Evan-
géîiste « le cruxefis et les sains » dont
parle le texte cité.
On peut consulter sur cette question
Camille Hnlart, Manuel d'archéolooie
française, i""* partie, Architectuie reli-
gieuse page 752 et suivantes, et aussi
avec avantage un article paru dans la
lùvue Moibihannaise (Vannes, Lafolye)
année 1908, et qui a pour titre V Ancienne
l'iifoisse, l'Acte Prônai.
X.
Vombrissement ou Vrombisse-
ment (LXVI, 4}y>. — Je pose la même
question que M. A d'E en ajoutant toute-
fois que je l'ai trouvé plusieurs fois écrit
yromhissement. Est-ce une erreur typo-
graphique bien excusable du reste pour
un mot aussi nouveau et étrange ?
J'ai même trouvé l^ronibir et divers
teinps de ce verbe, au cours de mes lec-
tures, mais toujours dans des romans
très modernes et non dans des ouvrages
scientiliqu-S (à part peut-être Fabre —
Souvenirs cntomolûgiques). En tous cas,
• quelle est l'origine du mot qui se distin-
OBS GHBRGHBUfcS BT CURIKU>:
20 Novembre 1919
661
662
gue par une
préciable ?
harmonie imitative très ap-
Dehermann.
l
C'est vrombissement et non vonibrisse-
ment. Ce terme ne s'applique pas au
« chant » des feuilles^ mais recorde la
vibration du vol des abeilles, guêpes et
bourdons.
R. — F.
Vromlissement — et non vombriss-'ineitt
qui n'est que bizitrre et nullement iinita-
ti(, est im des néologismes les plus heu-
reux du XIX' siècle. Certes, il s'applique
tout d'abord au bourdonnement impé-
tueux d'un msecte qui vole sur place, en
tournoyant — mais peut-^ètre en fera t-on
mieux sentir la valeur exacte en disant
qu'il exprime à la fois le mouvement gi-
ratoire de la toupie et son ronflement
joyeux.
Il se peut que RolUnat ail cce l'un des
premiers acquéreurs de ce mot si bien
fait pour lui plaire, mais c'est Richepin
qui l'a créé et lancé, soit dans la Chanson
lies Gueux soit dans la Gti.
L'mfinitif vrombir est si parlant qu'il
mble devoir être compris du premier
coup par tout esprit un peu observateur.
George Auriol.
«
» *
Je ne connais pas vombrissemsnt^ mais
ie verbe vrombir.
M. Argeliès [Intermédiaire, 10 nov.
1898; voit dans vrombir l'anagramme de
l'allemand brummen^ bourdonner. M Jo-
ret indique le latin funJa, fronde; pour
moi, je suis porté à voir là un verbe ono-
matopéique, t'«, vri, vton rappelant le
bruit strident de quelque chose qui fend,
déchire l'air.
Comparez avec le Bcssin vionder, vron-
't-r, bourdonner ; le Champenois bron-
àinirr qui se dit du bruit produit quand
le tablier d'une cheminée est baissé ;
brondir en parlant du bruit que fait une
toupie d'Allemagne fortement lancée ; le
Bourguignon, vrombi, frombi, action d'un
orps qui en s'agitant ou après avoir
été lancé, détermine le frémissement de
l'air ; Mignard tire vrombi et frombi du
latin fremere ; le ('.haroUais vionner, bour-
donner, faire entendre le ronflement de la
toupie ; dans la Côte d'Or, fromhir en
parlant du bruit d'une toupie et aussi
d'un cheval emballé. Le Jurassien a bron-
dener, produire un bourdonnement ; dans
le Maine, v.'oJer, c'est faire du bruit à
la manière d'une toupie; dans le Morbi-
han, les enfants nomment le hanneton,
un vronrron. En Normandie la vrottde est
une fronde ; vronder, vronner, c'est faire
résonner une fronde ; vrouste se dit d'un
cours rapide ; vionner, viondir, c'est vi-
brer sourdement et brondir signifie bour-
donner ; toujours en Normandie vrondre
c'est bruire et une femme bruyante est
une vredi-vreda ou encore une vronvron.
A Rennes, hrjndir^ bourdonner ; en Sain-
tonge, le verbe brondir est synonyme de
gronder sourdement comme une pierre
lancée avec une fronde ; on dit brondener
en Saônè-et-Loire. En Savoie, ebrondclla.,
vertige produit par un coup sur la tête
et encore bruit du canon ou du tonnerre.
Le parler de Thaon (Calvados) a le verbe
viodei , bourdonner. Voici quelques exem-
ples de ce verbe vrombir :
Les gamins sortent de l'école en vrombis-
sant coiiinie un tourbillon d'abeille».
(Richepin Pavé, 1884).
Ralph qui voltigeait et vrombissait ça et
là par les groupes.
(Daudet : Pajs des Parlement "^ur s 1900).
L'élément médical domina, di sorte que
vrombissent dans la gargote, en un bour-
donnement ininterrompu, des vocables d'un
hellénisme effrayant.
Willy : Môme Picrate, 1904^.
La sirène vrombit des sifflements déchi-
rants.
(Randon : Les Explorateurs, 1909).
Gustave Fustier.
Mêmes réponses : Nauticus ; D"" A.
Cordes ; Paul Helf. Bibl. xMac.
Goienflot (LXVl, 240). — A Dijon,
pour exprimer qu'il a bien mangé, qu'il
est rassasié, le peuple dit : )e suis boiir-
renfié, c'esl-à-dire Je suis Nourri, comme
dit le parler vulgaire. Dans certaines pro-
vinces italiennes, borenfio, repu.
Gustave Fustier.
Cubisme et jfuturisme(LXVl,97,27o,
474). — je viens de lire l'article sur le cu-
bisme et le futurisme. Je n'y ai rien com-
pris.J'ai saisi seulement unechose, c'est que
les cubistes ont le génie, les futuristes
l'argent, mais je me demande si les uns
et les autres ont le bon sens.
A. B.
N« 1346 Vol. LXV.
L'IN lijRMlîDiAiRJbi
_ 6t3
Prévoyable (LXVi 19=;. :j30, "522).
— Dans ma dernière note LXVI, 1522, j'ai
voulu opposer, à la prononciation régu-
lière aéroplane, la prononciation popu-
laire jr<!oplane. Ce qu'une faute d'impres-
sion empêche d'apercevoir. -h
Brucker. - Y a-t-il une traduction
de l'ouvrage de |acob Brucker : Histoiùi
critica philoiophice a mumii incunabitlis
ad nos trous cesque œtateus deducta. Edi-
tio seconda Lipsice MDCZLVll ?
A. L.
[Question déjà posée, mais sans titre.]
Les titres au dos des plaquettes
(LXV). — Nous lisons dans le Courrier du.
Livre 16 août 1912) :
Sur la question postée par ?>1. A Gué-
bhard dans V Intermédiaire des Chercheurs
et relevée par notre sagace confrère Louis
Morin {Courrier du Livre, n» 317, p 057),
je ne prétends apporter aucune «justifica-
tion ». Quant à une explication, je v^is es-
s.iyer.
Un jour, quelqu'un me soutenait que la
lumière sélénitesse était plus utile que celle
de Phébus. Mis au pied du mur (ce n'était
pas un maçon), il accoucha de ceci : le so-
leil n'éclaire jamais que le jour, tandis que
la lune, si son éclairage est intermittent, du
moins elle le fournit la nuit.
Celui qui, tout de go, a qualifié A absurde
l'usage des typos et des relieurs de faire lire
de bas eu haut le titre imprimé sur le dos
des plaquettes est au moins de la force du
facétieux qui trouva cette défaite, qui vaut,
ma foi, exactement ce que valait celle d'Esooe
pour que son maître !ie fût pas obligé de
boire la mer.
Mais parlons sérieusement.
Les langues d'origine latine ou grecque
s'écrivent d? gauche à droite ; celles d'ori-
gine crientale. de droite à gauche ; le bous
Irophédon (?; (i) alternativement de gau^'he
à droite et de droite à gauche, comme les
sillons que trace l.i charme dans un champ,
ce qui fait que le même parchemin était ren-
664
( 0 Lorsqu'aura paru — j'estime à 3 ou
4 000 heures le travail qu'il me reste à taire,
aux loisirs que me laisse le souci de la vn.\-
térielle, avnnt de remettre la copie à l'im-
primeur, - lorsqu'aura paru mon Aidr-mè-
moirc procédant du simple au recherché, du
vuli^aire au savant, du mofernf a t' ancien et
d l'archaïque, il sera plus facile de irnuver
ce mot et son orthographe réelle que de dire
bonjour.
versé de tête à pied et de pied à tête à cha-
que ligt.e, enfin, le chinois, de haut en bas
et de droite à gauche.
Faute d'en connaître davantage, le sens
des mots « ail lieu de haut en bas, suivant le
sens normal de la lecture », m'échappe to-
talement.
Sans doute. 1 ; première ligne est en hsut
de la pige, la dernière à son pied, et cela
d'une façon générale, mais « le sens de la
lecture » est de gauche à droite. Je ne vois
et ne veux voir que cela.
Dans un prospectus fianqué de deux lignes
verticales, l'un., au commencement, l'autre à
la fin des lignes, la ligne de gauche qui par-
tirait d'en haut risquerait de ne pas être lu.;.
C'est d'instinct, cela, ce n'est pas du domaine
du raisonnement ni de celui de la discussion.
Ce qui est vraisemblable sur un prospec-
tus l'est également sur les rayons d'une bi-
bliothèque. Si, pour les rayons inférieurs, il
y a atténuation à la gène de lire de haut en
bas, pour ceux supérieurs, il ne me semble pas
dis'-utable qu'il est plus facile de lire de bas
en haut,
A celui qui me dénsewtrera que six mille
ans d'histoire écrite Oîit appris au troupeau
humain à distinguer sa dexîre de sa sénes-
tre, je dirai : Je m'incline ! Je n'ai rien dit !
Mais l'humanité n'en est pas là encore.
Moralité : L'auteur eût dû écrire « discu-
table » au lieu de << ridicule >.
Lazark Cassigneul.
*
A M. A. Guebhard, qui s'étonne de la fa-
çon dont on dispose le titre des plaquettes et
trouve absurde cet usage, on pourrait ré-
pondre qu'il est faciL- d'eu dire autant de
presque tous les usages. Il n'y avait que deux
manières de disposer le titre en question :
la lecture pouvant se faire d« bas en haut ou
de haut en bas On a adopté la première
manière, probablement pa,- analogie avec le
placement des pages, tableaux ou gravures
■..n largeur dans le cours d'un ouvrage Tous
les manuels sont d'accord à ce sujet : même
en page paire, les tableaux et gravures dé-
bordant par trop de la justification se placent
de façon que le cAté droit soit dans le blanc
de tète lors de l'imposition.
La raison de cet usage est difficile à trou-
ver ; peut-être est-ce i;elle qu'en donne le
D' Marcel Baudouin : il est plus facile d'in-
cliner la tête â gauche qu'à droite. En tout
cas, ce ne sera'.l qu'affaire d'habitude, et l'on
pourrait tout aussi bien critiquer l'autre dis-
position si on l'adoptait. Le sens normal de
toute lecture est évidemment de haut en bas ;
mais, lorsqu'il s'agit d'un texte autrement
disposé qu'une p.rge courante le sens habi-
tuel n'a plus aucune raison d'être, puisqu'il
s'agit alors d'incliner la tête soit à gauche,
soit à droite, afin de pouvoir lire le titre, le-
ORS CaSRCREURS Hî GURliiUX
2 0 Novembre 191a
665
666
quel doit êi;e le plus succinct possible dans
ce cas... Un imprimé recto verso, dont les
deux pages r,e sont pas dans le même sens
(l'une en hauteur, l'autre en largeur), se dis-
pose habituellement suivant le même pro-
cédé : la tête de la partie en hauteur tom-
bant en retir;ition sur le coté d oit de U par-
tie en largeur, ce qui oblige le lecteur à
tourner l'imprimé sur la gaucnr pour passer
du recto au verse, ou vice vers ■.
Toutefois, afin de ne pas av-^i; dux façons
de procéder, on pourrait adoptjr uniformé-
ment l'usag-- des litres se l:si.nt de haut en
bas pour toutes les plaq-'jeUes, puisqu'il est
admis qu'on doit les disposer ainsi pour les
opuscules destinés à rester à plat sur l.is
rayons de bibliothèque, les partitions de
musique par exemple. Ce serait p-nit-ètre le
moyen le plus siaiple de concilier les deux
parties et d'unifier deux usages pouvant se
soutenir chacun isolément, l'un n'étant pas
plus absurde que l'autre. J. Derny.
Noms des habitants des Etats-
Unis (LXV, 170, 317. 367, 467, 559,
706,756; LXVI, i8j. — Si le mot Yankee
a une signification plutôt défavorable, je
crois que c'est suiiotiî en France. Cepen-
dant, à en croire l'origine, il ne devrait
jamais être agréable aux oreilles améri-
caines, auxquelles il rappelle le nom des
envahisseurs du territoire des Etats-Unis.
Il paraîtrait que Yankee ne serait qu'une
déformation du mot English, transformé
en Yangui par les Indiens habitant l'Amé-
rique du Nord. Au moment de l'invasion
anglaise, les gens qui vinrent s'établir
dans celte région furent, par les indigènes,
désignés indistinclement comme Englisli,
d où yangui et yankee II vaut donc peut
être mieux faire chorus avec notre corres-
pondante Lillie Laulor, et demander
l'adoption du mot : Etats-Uniens.
Seulement, le problème se pose, de sa-
voir comment l'on dira en anglais. On ne
peut songer à faire avec man (homme),
employé comme sufffixe, un mot ana-
logue à Englishman ou Frenchman. On
devrait, en effet, dire : United Statesman,
ce qui prêterait à confusion avec le nom
composé : Statesman (homme d'état) déjà
existant. L'expression : Northern Ameri-
can (^Américain du Nord), que je me per-
mets de préconiser, serait déjà meilleure,
puisqu'il n'y aurait plus confusion qu'en-
tre les habitants des Etats Unis, ceux du
Mexique et ceux du Canada, les Améri-
ques Centrale et du Sud étant, par prin-
cipe, écartées de h pensée de l'auditeur.
A moins qu'on n'arrive à dire couram-
ment : He is a man, she is a man, she is
a woman. a girl, from Ihe States, c'est-
à-dire : c'est un homme, une femme,
une jeune fille, des Etats... Est-ce très
pratique ? Et n'en faut il pas revenir plu-
tôt à la coutum.e, chère aux Anglais, des
abréviations par lettres, qui amènerait à
dire : He is from U. S. A. ?
)e me résuine en unissant mon vote à
celui de Lillie Laulor pour le mot : Etats-
Uniens, et j'offre, en anglais, l'expression :
Northern American, qui, si elle ne tran-
che pas absolument la question, diminue
au moins les chances d'erreur.
Maurice Charpentier.
Ojigine du salut masculin (LXVI,
488, Ô20). - - Voici l'origine que donne
M. Abel Hermant dans un de ses plus cé-
lèbre romans :
Musignv. — l'e;u-z vous la Morvan-
dière, vous êtes un jeui'e homme bien éle-
vé? Votre hérédité ot votre éducation sont
telles que vous souff; iriez véritablement si,
en prenant place dans un wagon de chemin
de fer, vous ne souleviez pas votre chapeau
.^vec une légère inclination de la tète. Eh
bien : savez-vous quelle est l'origine de cette
cérémonie ?
ia Morvandière — Je ne m'en doute
même pas.
Musignv. — i n vous intiinant, au seuil
du wagon, devani une personne inconnue,
vous reprod'.iisez, par habitude, le geste pro-
pitiatoire de votre plus P' irrjitif ancêtre, lors-
que, *:e trouvant tout à coup en présence
d'un ennemi plus fort que lui-même, pour
le désarmer, il faisait mine de lui offrir sa
tête nue h trancher.
Charlct. — Est-il possible?
Mw-^n . — je vous demande, après l'cla,
si vous trouvez la cérémonie du salut, et,
tn général, toutes les maniiestations de po-
litesse beaucoup mieux fondées, en raison,
que le Mardi des Français ou que le Vendredi
de rilippodrome ?
[Z-a Carrière, ch. III, Propos de taMe] .
Et je pense que Musigny a raison : en-
lever son couvre-chef, c'est se désarmer;
incliner la tête, c'est s'humilier... en re-
montant aux origines !
Georges Mareschal.
*
* »
On lit Jrfns Bourdeau, Hisioire de
l'habillement et de la parure, p. 250 :
Une fois l'usage des coiffures établi, les
N» 1346 V'I. l XV
L'îNîERMgDlAibJb
667
668
maîtres voulurent seu'.s en ètie parés, et les
esclaves restèrent dans leur denûment anté-
rieur. Par suite, le droit d'nvoir la tête cou-
verte devint le privilège des h"inmcs libres.
L'accorder à un eschve équivalait à le libérer
de la servitude. La formule latine de l'atïiau-
chissement était en effet « appeler l'esclave liu
bonnet ». De la dérivent la s'gnification sym-
bolique des bonnetc de liberté, dont la Révo-
lution françaises popularisé l'imago, et, d'une
manière plus généiale la tradition des bon-
nets de médecine, de maitre ésarts, etc., in-
diquant la condition nouvelle d'élèves affran-
chis de la dépendance des maîtres et davenus
maîtres à leur tour. On peut encore ratta-
cher au même usage les toques honoiifiques
de la magistrature ou du baiieau, et le droit
conféré à la grandesse espagnole de rester
couverte en présence du souverain. Peut être
même faut-il expliquer ainsi la coutume,
maintenant commune à tous les peuples de
civilisation européenne, de se découvrir pour
saluer. Dans le principe, cet acte devait être
un signe d'humilité, la reconnaissance polio
d'une sorte de serv-ige à l'égaid de la person-
ne qu'on voulait honorer, de même que, par
une formule obséquieuse, on dit ou l'on écrit :
< votre serviteur », i line témoigne que, chez
les Romains, on devait avoir la tête décou-
verte devant les images des dieux ou en pré-
sence du magistrat.
P. c. c. Medeiros.
Du port de l'alliance en Allema-
gne (LXVI, 96, 229, 273, 331, 473) —
Je me souviens d'avoir toujours vu, pen-
dant mon long séjour en Allemagne,
l'alliance dans l'annulaire de la main
gauche des fiancés et à celui de droite
des mariés. La raison je ne la connais
pas, et les nomi^reux Allemands auxquels
je viens de poser la question n'ont pas su
me donner une explication satisfaisante.
Ce qu'il y a de plus curieux, c'est que
l'AUenicigne semble le seul pays où on
rencontre cet usage. America.
Les pfitits vitriers fLXV; LXVI , 36,
618;. -- Du IKtil Parisien :
Quand on voit combien il est difficile de
savoir la véiité sur de petites questions con-
temporaines, on se prend à sourire à l'idée
que certaine? gens prélenilent raconter, sans
erreur, l'histoire des siècles écoulés.
J'ai parlé récemment des chass:;urs, et de
leur suri.om de « vitrii.rs », à propos di;qucl
V Intermédiaire (tes Chercheurs a ouvert une
enquête. Or, d'après un de mes lecteurs, les
origines indiquées par les coll.»borateuis de
ce précieux recueil ne seraient pas exactes.
« Le 25 février 1848, me dit-il, j'habitais
le n" 10 de la rue du Cygne, lorsque tous les
commerçants de notre quartier apprirent que
le banquet de la Réforme n'aurait p^s lieu.
Tout le monde ^e mit à faire des barricades
dans le.s rues du Cygne et du Cloître-Sairrt-
Jiicques. La rue Saint-Denis et la rue Saint-
Martin étaient éga'ement barricadées.
« Dans la journée du 24, on envoya les
soldats du régiment de ligne caserne à la
Nouvelle-France prur enlever ces barricades,
m.nis quand lis virent qu'ils se trouvaient en
face de tous les commerçants du quartier, ils
levèrent la crosse eir l'air et reprirent le che-
min de leur caserne
« On fit alors venir de Viircenne.s, au pas
de course, les petits chasseurs d'Orléans,
qui furent reçus par de-; coups de fusils tirés
des barricades, et aussi à travers les barreaux
des persiennes fermées. Ces chasseurs d'Or-
,lc3ns se mirent à crier ;« Ouvrez les persiennes
« Fermez les croisées I » Ceux qui n'obéissaient
pas à cet ordre étaient fûrs qu'il ne restait
pas un carreau à leur fenêtre. Le 25, le peuple
étant victorieux, les chasseurs d'Orléans re-
prirent le chemin de-*Vincennes. On leur
criait ; « Voilà les vitriers qui passent ! »
« Des ce moment, à la vue d'un de ces
petits soldats, on s'amusait Ji dire : « Au
vitrier ! Au vitrier ! » Les journaux s'em-
parèrent du mot. C'était fini. Les c!insseuis
d'Orléans, devenus les chasseurs de Vin-
cennes, étaient baptisés Je vous affirme,
monsieur, que le nom de « vitriers », donné
aux chasseurs, leur vient d'avoir cassé les
carieaux aux croisées des rues Saint-Denis et
Saii.t-Martin à la révolution des 24 et 25 fé-
vrier 1848.
« Comme ious le dites dans votre article,
il n'y a pas trente-six vérités. Les hommes
de mon temps qui, comme moi, habitaient
le quartier en question, peuvent vous certifier
que mon récit est vrai ».
Il ne me reste qu'à remercier le témoin de
ces événements de sa communication, dont
l'intérêt est très vif, et qui fixe peut-être un
petit point d'histoire. H. J.
♦
* *
Nous recevons la lettre suivante :
Monsieur le Directeur,
Vous avez d.ms votre journal du mois de
juin dernier inséré la question suivante : D'où
vient le surnom de Vitriers que l'on a
donné aux chasseurs à pied ?
J'ai lu les réponses de vos lecteurs, et à
mon avis il n'y en a aucune de vraie.
Je crois connaître la véritable origine de
ce surnom, ell-- m'a été donriée par un Capi-
taine retraité, qui était bien placé pour la
coirnaltre, il était en Afrique à l'époque de
la création de ce corps d'élite, il a pu ainsi
assister au baptême.
DES CHERCHHURS Bî CUHIKUX
20 Novembre 1912
669
670
Ce capHtaine a repris du service en 1S70 ; \
il était Capitaine Adjudant Major au i6« Ré-
giment de Paris, qui était le Régiment
d'Henri Kegnault et aussi !e mien, c'est lui
qui a vu Henri Regnault le 19 janvier 1871,
c'était le soir vers 4 heures nous battions en
lalrnite, notie Régiment était au parc de
Buzenval. Henri Regnault ne reculait pas, le
Capitaine lui dit : Allons Kegnault, nous
sommes en retraite il faut rallier le bataillon.
li répondit : Capitaine il me reste encore des
cartouches je veux les user avant de partir,
le Capitaine partit seul.
Les Allemands étaient revenus au mur
crénelé du parc d'où nous les avions délogés
le matin. Vous savez le reste. Henri Regnault
a été tué d'une balle dans l'œil, son corps a
été retrouvé le lendemain par les brancar-
diers ; a l'intérieur de sa capote était cousu
une carte d'identité, H. Regnault, fils de Re-
gnault de l'institut.
Le Capitaine a été fait officier de la légion
d'hon^-ieur il avait été fait chevalier en 1842,
alors qu'il servait en Afrique comme simple
soldat.
L'explication que j'ai fournie peut diffici-
lement s'imprimer dans un joLirnal. Si la
personne qui a posé la question en juin
s'intéresse encore à cela, qu'elle m'écrive, je
lui répondrai. Je puis aussi vous la fournir
de vive voix si elle vous intéresse.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Direc-
teur, mes civilités empressées.
A. Arnoux.
Un gymbolô politique : le collier
de barbe (LXVI, 240). — Le collier de
barbe fui en effet adopté comme symbole
politique par les » Unitarios >■> pendant la
tyrannie de Rozas 183 5-1 85 3. Rozas fut,
comme on sait, le champion du fédéra-
lisme dans In Confédération Argentine.
Seulement je ferai l'observation, que
tous les unitaires ne portaient pas la barbe
en forme d'U, il fallait même être bien
courageux pour le faire, car les « Mazor-
queros >» de Rozas égorgeaient non seule-
ment qui en avait le courage, mais aussi
ceux qui avaient la fantaisie de porter
une barbe avec une ressernbl^ice plus ou
moins grande avec un U; car ils ne re-
gardaient pas de si près America.
IrouîjatlUs ii Curiosités
M. Guillounet-Merville et Scribe.
— M.Guillounet)-Merville,avoué à Paris,
frère du conseiller à la Cour de Cassation,
défenseur de Louis XVI, avait eu, presque
en même temps que Balzac, Scribe conime
clerc dans son élude. Ce dernier, paraît-il,
beaucoup plus raffiné que son collègue,
était possédé de l'amour du théâtre, ce
qui désolait son patron.
M. Guillounet disait : « Ce jeune homme
finira mal, c'est dommage, car il est in-
telligent». Et, fort de cette pensée, il es-
pérait le dégoûter du théâtre — Un soir,
de concert avec son frère, il usa du strata-
gème suivant — Scribe faisait représenter
sur un théâtre de Paris une petite say-
nette, M. Guillounet et son frère s'y ren-
dirent, non sans avoir pris leurs précau-
tions pour faire échouer la pièce, et de fait,
les rires ironiques de la salle, les quoli-
bets, les sifflets firent tant et si bien que
ce fut un four noir.
Scribe était dans la salle et vo3ant au
premier rang des spectateurs les deux
Guillounet-Merville, ne doute pas qu'ils
sont pour quelque chose dans son in-
succès ; il en eut la certitude le lende-
main.
En effet, les deux frères appelèrent
Scribe dans leur cabinet et après l'avoir
beaucoup plaint du mécompte qu'il avait
éprouvé la veille, lui conseillèrent une
bonne fois à renoncer au théâtre, car, di-
saient-ils, il n'y réussirait jamais, tandis
qu'il était bien mieux doué pour la pro
cédure qui le conduirait aux plus hautes
destinées.
Scribe ne fut pas dupe et leur demanda
s'ils n'étaient pas pour quelque chose
dans l'échec de la veille, car, disait il, il
les avait vus se réjouir eî être parmi les
siffleurs. Ils avouèrent sans peine, ne vou-
lant en somme que le bien du jeune
homme.
— Mais voyons, Monsieur le conseiller,
dit Scribe. pourquoi me décourager et ma-
nifester uiie telle hoireur pour les choses
de théâtre.? Il me semblait, ajouta-t-il, que
vous-même, jadis, vous vous étiez essayé
dans le vaudeville et que vous y aviez
réussi.
— Hélas! en efïet, répondit M Guillou-
net, je Tavoue, ce fut un péché de jeu-
nesse, mais je ne fus pas joué ; j'ai bien
écrit une petite scène, mais c'est tout ;
je n'ai pas voulu persister, car je sais que
cela ne conduit à rien de bon dans la
vie.
N- 134V0I. Lxvr
671
— Je vous en prie, daignez me la con-
fier, cela m'intéresserait tellement de la
lire ! »
Le conseiller ne se fait pas davantage
prier, et au fond, peut-être flatté de tant
d'insistance, va chercher dans un tiroir
son manuscrit qu'il remet au jeune
homme.
Quelques jours après. Scribe rapporta
l'œuvre «jn questioii. et, afïect;nt un air
quelque peu penaud : *< j'ai lu votre œu-
vre, dit-il, et l'ai trouvée parfaite, mais il
faut m'excuser encore et solliciter votre
indulgence. Mon penchant irrésistible
pour les choses de théâtre, m"a encore
conduit à écrire, ce sera, je vous le pro-
mets, la dernière fois, maisj'aiue mieux
vous le dire de suite, ma pièce est accep-
tée et va être jouée, et je vi-ns vous ollrir
deux places en vous demandant d'assister
à la représentation. L'accueil du public
décidera de mon avenir >->.
Le soir de la représentation arrive,
MM. Guillounet Merville sont au premier
rang des spectateurs. L'œuvre commence,
la salle composco en grande partie d'amis
de Scribe fait à la pièce un succès. Le
conseiller, dès le début de l'audition, sem-
ble bien '.rouver à cette œuvre un air de
connaissance. A mesure que la pièce se
poursuit il n'y a plus de doute, c'est son
œuvre que Ion joue, ce « péché de jeu-
nesse i> qu'il s'accusait d'avoir commis,
mais dont le titre a été changé, dont les
personnages sont modifiés. La soirée
s'achève dans un véritable triomphe, et
lorsqu'il s'agit de nommer l'auteur on se
borne à annoncer au public que celui-ci
est un jeune homme qui désire conserver
l'anonymat et dont ce sont les tlébuts au
théâtre.
Le lendemain, M.M. Guillounet compli-
mentaient Scribe sur la façon spirituelle
dont il s'était vengé et lui conseillaient de
ne plus résister à sa vocation en ajoutant
qu'il était sur de trouver en eux aide et
protection dans la vie. Et de fait, les
meilleurs rapports s'établirent entre le
jeune clerc devenu auteur dramatique et
ses anciens patrons dont il devint et resta
toujours l'ami.
Eue. RoGÉE Fromv.
L'épitaplie du maréchal de canp,
baron de Gauville. - Le jour des
morts a vu défiler dans les journaux le cor-
L'INTERMEDIAIRE
^^2
tège des épitaphes,la plupart connues. En
voici une curieuse et inédite, celle que de
son vivant, composa pour lui même, le
baron de Gauville, né le 17 juillet 1750 à
Orléans, décédé en 1823, maréchal de
camp, !*'■ lieutenant des gardes du corps
de Monsieur, compagnie Puységur.
Elle est relatée dans une lettre que ce
militaire original adressa au ministre de
la guerre et qui est conservée dans les ar-
chives du ministère.
L. G.
Chàlons-sur-Marne, 12 janvier 1822.
A S. Ex. le Ministre de la Guerre
Monseigneur,
L'arrêté aussi sage que juste et bienfaisant
pris par Votre Excellence à l'égard des bu-
reaux de son ministère, m'autorise à m'adres-
ser directement à elle pour lui reromraan-
dcr le mémoire appuyé de toutes les pièces
exigées, qui a été déposé d^n:-. le mois d'août
dernier, aux fios d'oi)<.»Nir sur l'ordre de
Saint-Louis la pension de mon grade.
J'espère de la justice de Monseigneur, qu'il
voudra bien s'en faire rendre compte, le
prendre en considération et supplier Sa Ma-
jesté d'y avoir égard.
Mon dge et mes infirnulés rendent ce bien-
fait d'autant plus urgent, étant sur le bord
de raa tombe, déjà mon épitaphe m'y pré-
cède ; ainsi qu'il suit :
D'apiès un mandat spécial,
Ici repose un trépassé,
Qui fut toujours un libéral,
Comme on l'était au temps passé ;
De CTOip, il était maréchal,
Sans en être plus engraissé !
Passait- il pour original ?
Ceci peut vous en dire assez ;
Et mériter l'acte banal
D'un acquiesçât in pnce .
En attendant, je suis avec une haute tt
respectueuse considération
Monseigneur,
de Votre Excellence
Le très humble, très dévoué et
très caduque serviteur
Le baron dk Gauville.
Maréchal de camp, retiré à Châloiis sur-
Marne.
Lt Direclcur-gdrant :
GEORGES MONTORGUEIL
\n\X). DANiei-CHAMBOM, f't-Amand-Mont-Rond
LXVÎ* Tolame faraéssant la /•, sû tt jo de chaque nrnt 30 N«TfMtea 19l2
48» Année
3 f *•*, r . VIctor-M asBé
PAKI8 (IVk
Bureau :ds3à6Leurei
QUiBQDB
Cherchez et
vouf trouverei
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M tntr'aider
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N» 1347
8f*",r.TI«tor-ilaM
PAKIS (LV>
Boréaux: de 3 à 6heurei
C 3nt^rîn^&iairf
DES
CHERCHEURS
Fondé en
ET CURIEUX
1864
n'KSTIONS KT URfONSKS LITTÉRAIRES, HISTORIQUES. SCIKNTIFIQUKS KT ABTISTIOUkS
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
Nous fitiom nos correspondants de
vouljir bien répéter leur nom au-dessom
de leur pseudonyme , et de n'écrire que
d'un càlà de lafeuille. Les articles ano-
nymes ou signés di pseudonymes inconnus
tw ieiont pas imérès.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Qiiand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauf exception,
ri* est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit tonte question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
tUre d' une famillg non éteinte.
\
fliilueâitonô
Guerres de Vendée. Les prison-
Hiers de Saint-Florent-le- Vieil. —
Est il historiquement certain que les Ven-
déens ont épargné cinq mille prisonniers
lors du passage de la Loire à Saint-Flo-
rent-le-Vieil (Maine-et-Loire) le 18 octo-
bre
1793
Un Vendéen.
Le compas de Napoléon I"^ et le
cadet Louis de «Juny. — (De M. Fré-
déric Masson, Gaulois 13 novembre
1912) :
En 1898, un prince ami de la France, le
plus instruit de l'Histoire napoléonienne,
collectionneur émérite aussi bien qu'écrivain
remarquable, — le grand-duc Nicolas
Mikhaïlovich de Russie — se trouvait à
Cannes. Le hasard d'une rencontre l'amena
à déjeuner sur le yacht du baron Nathaniel
de Rothschild, de Vienne. On était en
pleine Affaire ; le second procès était eom-
mencé ; et, après déjeuner, on en parla ;
M. de Rothschild soutint que le procès se
terminerait par un acquittement ; le grand-
duc ne fut point de cet avis ; on paria pour
ou contre. Et l'enjeu fut un objet sans autre
valeur que de souveni-r, d'histoire ou de cu-
riosité.
Le baron Nathaniel mourut et depuis
longtemps le Grand-Duc ne pensait plus à
ce pari, lorsqu'il reçut à Borjom, au Cau-
case, une petite t>Ȕte qu'accompagnait cette
note :
Tienne, 20 avril 18^8 .
Règle en ivoire avic ornements en argent
prise a la. Malmaison par le cadet Louis de
Cuny et léguée à sa petite-fille Mme Phi-
lippe Sichel.
Cette régie m'a été donnée par le mari de
Mme Sichel demeurant, 2^ rue Blanche, à
Paris .
Signé : Baron Natha*el de Rothschild.
Rien de plus. Dans cette boîte cette règle.
Elle e^t de la dimension d'un denri-piedet
porte sur deux faces une échelle en pouces
et lignes ; sur la troisième, en centimètres et
millimètres ; à l'une des extrémités est une
olive en argent qui sert de tète vissée à un
crayon épais qui semble un Conté de la
première espèce ; à l'autre extrémité est la
tète en argent contrôlé d'un compas en
acier qui -^e visse également. La règle est
comme usée et certaines divisions en sont
presque cftacées à force que le compas se
soit promené sur elles, allant d« la carte à
la iègle et de la règle à la carte.
Voilà tout. C'est cette règle que le grand-duc
Nicolas restitue à Malmaison. Ce sera affaire
aa conservateur du musé» de rechercher qui
LXVI. - li.
N» 1347 Vol LXVI
675
fut Louis de Cuny, mais l'objet porte en soi
un caractère d'authenticité indéniable.
Qyi était le cadet Louis de Cuny ?
Alex. G.
Shakespeare est-il Fauteur de
ses œuvres ? (T. G , 836). — Lord
Rutland. — Nous devons signaler
l'étude que vient de publier (premier vo-
lume) M. Célestin Damblon, député de
Liège, professeur à la Faculté de Bruxel-
les : Lord RiilLuii eu Shakespcùte.
C'est à lord Rutland que M. Damblon
attribue les œuvres de Shakespeare.
Ce qui l'a mis sur la piste, c'est un
reçu de 44 sliellings, en or, pour service
semi-professionnel, payé par le noble
lord à Shakespeare. Shakespeare n'avait
pas l'éducation nécessaire, dit-il , pour
écrire les œuvres qu'on lui prête ; il les
signait simplement. Lord Rutland, qui
était un esprit très cultivé, le pouvait, au
contraire. Et il montre quelle analogie se
rencontre entre la biographie de loi J
Rutland et la chronologie de l'œuvre dite
de Shakespeare.
A peine si M. Damblon s'embarrasse de
ce détail que Rutland avait treize ans
quand parut Henri Vl .
Henri K/ n'est pas le chef-d'œuvre d'.i
chefs d'œuvre ; tout de même, cela seni-
ble au dessus d'un gamin de treize ans.
Qu'en pense t-on ? V. '
Maison d'Artois — D'après cer-
tains auteurs, Robert 111 d'Artois, comte
de Beaumont-le-Roger, épouse, 1318,
Jeanne de Valois.
Leur (ille (?) Catherined' Artois épouse,
1320, Jean 11 de Ponlhieu, comte d'Au-
mak, dont la fille aince Blanche de Pon-
thieu, comtesse d'Aumale, épouse, en
1340. Jean V, comte d'Harcourt, vicomte
de Châlellerault.
1 1 semble qu'il y a erreur manifeste :
ou Catherine d'Artois n'est pas la fille
de Jearre de Valois, ou Blanche de Pon-
thieu ri'pst pas la fille de Catherine d'Ar-
tois r
La Chesnaye des Bois dit. en eflet. que
Blancht de Ponthieu était fille d'Anne
d'Artois : de qui était fille cette Anne
d'Artois r E, Baudoin.
Î/1NT3EM»DIAÎR.B
676
Csgny-BoufEiers-Crilloii. ~ On lit
dans la Nouvelle iiesaipilon de la Fiance,
tome i''' (lie de France)., p. 329 (Il s'agit
des environs de Beauvais).
Cagny ou Bouiflers est une duché pairie
où le fi arcciial ^luc de BoulHers a fait cotr.-
nier.cer un magnifique château, mais dont
les ouviages sont anêtés depuis longtemps
Cagny-Boi.'flflers s'appelle aujourd'hui
Ciillon ; dansl e voisinage, un bois porte
encoie le nom de Cagny ; quant à Bouf-
flers il n'en est plus question (le château
existe toujours).
Je voudrais savoir si le nom de Gril-
lon vient de la famille noble de ce nom,
qui était, ce me semble, d'origine proven-
çale.
[c voudrais savoir de plus s'il existe
d'autres exemples de village ayant changé
deux fois de nom dans l'espace d'un siè-
cle ou deux. C'est le seul que je connaisse
jusqu'à présent, alots,4i4Je les changemenis
simples sont assez fréquents (Broglie, an-
cien Chambrais ; NoaiUes, ancien Lonj.'^-
villiers; Carignan, ancien Ivry ; Chalercii.
ancien Charnoy; Philippeville, ancien, Cor-
bigny). Pierre T.
Portrait de Casanova de Sein-
galt. — Où trouver un portrait de Cas -
nova (Giovanni Jacopo) tle Seingalt ?
Rien au cabinet des Estampes. Rien
non plu.« en tète des diverses éditions des
fameux Mémoires. D. R.
Correspondance de Château -
bîiand. — Dans la Conespondance .'<■-
tiérale de Cbdlrauhriand que public i^'.
Louis Thomas, chez H et E. Cliampi( 1;,
éditeurs, et dont les tomes i et 2 ont
paru cette année, Je ne vois pas la lettie
de > hatcaubriand partant pour Jérusalem,
m 1806, adressée à )oseph Michaud, ;ii -
leur de V Histoire des Croiiades, où il
dit:
Si je laisse mes os en Orient, je vous le-
coinmaiide ma mémoire.
Je ne connais que ce seul passage dt
ladite lettre dont il est parlé par Poujouj
lat, dans sa f^te de Michaud, tome i*"" dl
{'Histoire des Croisades (Furne et C'»]
éditeurs, 1841 , 6e édition).
Je serais aussi très désireux de connaî
tre la lettre de Chateaubriand au nair^
de Sainl-Malo, M. de Bizien, du (?) 1828,
Jean-Charles-Franvois DUMERIL,
tarirait par 'Boilly
Inlermédiaiie, LXVI, Colonne 678
DBS CHERCHiiliKïJ lil CUKIKUX
30 Novembre 191a
677
678 —
par laquelle l'illustre Malouin sollicite un
petit espace sur le rocher du Grard Bé,
pour son t rr-beau. Celte lettre a été re-
produite en pa:lie, en fac-simile, dans le
numéro du M)u.!e illustré du 13 août
1898.
Si quelques lecteurs pouvaient et vou-
laient donn-T in ex'.eiiso, dans V Intermé-
diaire, les deux lettres énumérées ci-
dessus, je leur en serais très reconnais-
sant. Jules Lesche.
Chodruc-Duclos.p eudo pou fea-
deui' d'un La Roch^jaquelefn. — Je
ne connais ni ne puis consulter les ouvr;i-
ges suivants : L' Homme à la longue barbc^
Vie et Aventures de Chodtuc-Duclos. Paris
1829. — Nouvelle Histoire de Chodnic-
Diiclos. Paris 1830, — Mémoires de Cbo-
dntc-Duclos publiés par Arago et Gouin
' en 1842. Surnommé le Diogène Moderne^
car il se ; romenait presque nu dans Paris,
après av()ir été Duclos le superbe, favori
des dames à Bordeaux sous la première
République et sous l'Empire, emprisonné
comme royaliste, Chodruc-Duclos est une
figure bizarre, semble t-il, digne de tenter
la plume de Lenôtre.Mais le plus étrange,
c'est qu'on lit ceci dans la Statistique
gèf'.nal:' de la Gironde^ volume Biographie
(1889) à l'article le concernant :
Pendant les Cent-Joiirs, il retourna en Ven-
dée ; là, traité de roturier par un jeune offi-
cier, le marquis de la RocheJHCquel.in, il le
provoqua et le tua en duel ; il s'enfuit en ;ta-
lie, poursuivi oir l;i puissante famille qu'il
venait de mettre en deuil.
C'est le CM? de dire : qui trompe t on
ici ? En fait de la Rochejaquelein, il n'y
aviïit sous ^i^:npi;equJ Auguste, fait géné-
ral sous la Restauration, mort en 1867 ;
son frère aîné. Louis, tué au combat des
Mathes, en 18115, à la tête des contin-
gents vendéens Ce derni'zr eut un fils, sé-
nateur, mort en 1868, et un autre tué
devant Lisbonne, en 1S32. — Chodruc-
Duclos a-t-il vraiment inséré une pa-
reille chose dans ses Mémoires^ ou bien
le rcJacteur de i'.Trlicle du La^omse^ dont
iOticc- ci des5;ii5 est un résumé, a t il
1 copié le nom du pourfendu, ou bien
;ore a t il voul j pr^rîer d'un officier des
jpes de M. de La Ro.'hejaquelein .?
iuaisalors pour^i'i)! ajouter que les La Ro-
chejaquelein l'obligèrent à s'expatrier et
prêter à Louis XV'iïl une réponse tout au
moins bizarre ? Saint-Saud.
Desmousseaux. — Dans les Actes
delà C.mxmune de Paris de S Lacroix,
à l'Index (Bibl. Nat. casier N, 3^5. page
30J). je lis :
Desmousseaux.. , président du district de
Sair.te-Opportune... mcTibre du comité de la
Confédération Nationale...
Je demande :
i°Qiielleest la signification exacte de
chacune de ces deux expressions ?
2° Quelles étaient les limites exactes
du district Sainte-Opportune ?
3" Où se trouvait exactement la mai-
son occupée par ledit Desmousseaux, rue
du Chevalier-Du-Guet ^
(Il est bien entendu' que je connais déjà
Rochegude). J. de V.
François Duméril et Boilly.— Un
des plus jolis portraits de Boilly est celui
de Jean-Charles François Duméril, ancien
magistrat à Amiens. Ce Duméril a eu pour
fils le savant Duméril de l'Académie de
médecine, qu'on a nommé le « Père de
l'erpétologie y>.
Le portrait du magistrat, peinten 1816,
— il était alors âgé de 83 ans — a été
dessiné par Jacob « dessinateur du prince
Eugène ».
Ne pourrait-on savoir par suite de
quelles circons;ances Boilly est devenu le
portraitiste du magistrat? V.
Gennes (de). — Sur cette famille,
établie en lUe etVilaine, pourrait-on
donner quelques 1 enseignements (armoi-
ries, alliances etc.. ?). Plusieurs de ses
membres furent religieux bénédictins.
L'un d'eux fut le dernier bibliothécaire
de l'abbaye de Saint-Vincent du Mans.
Sait-on quelque chose de leur vie ? ---.-.
L. C.
J. S., dessinateur romantique —
Au risque de passer auprès de mes con-
frères po ir un ignorant ou même pour
un « philistin *, je me permets de de-
mander à plus compétent que moi le
nom du dessinateur qui signait, aux envi-
rons de 1830, des initiales J. S. ou I. S,
Je possède plusieurs petits tableaux colo-
riés de ce temps signés de ces initiales.
Adroite, imprimés, les mots : « Liihog.
de Villain. » Puis, à gauche, ceux-ci ma-
nuscrits et à l'encre : « Chez Martinet ».
N«i347 Vol. LXVI.
L'INTERMEDIAIRE
679
680
Ces lithographies portent, en outre, des
légendes.
Celle-ci, par exemple, sous laquelle on
lit : « 8 heures du soir », représente un
galant < dandy >. étriqué dans un habit
mirron le serrant à la taille, avec 1« large
pantalon blanc à sous-pieds, et le chef
couvert d'un énorme chapeau gris en
tromblon. Ce dandy offre le bras à une
gentille brunette, les cheveux en papil-
lottes rtcouverts d'une sorte de bonnet
tuyauté dont les fanfreluches sont nouées
sur sa gorge haut corsctée, et qui refuse
l'avance tentatrice avac un geste de pro-
testation et tn baissant modestement les
yeux. Le grand tablier auquel des ciseaux
sont suspendus par un long cordonnet
indique assez la profession de la vertueuse
jeune personne que j'appellerais une « mi-
dinette * si la scàne ne se passait à < 8
heures du so'r. »
Un autre de mes tableauti-ns reproduit
une seconde modiste ou couturière —
comme nous le voyons encore par le ta-
blier et les ciseaux — à laquelle une
jeune femme de la même classe, mais
celle-là la tête, les bras et le cou nus, ra-
conte ses chagrins d'amour, si nous en
croyons la légende : « Il m'a fait des
traits, ma chère !... * Toute la série est,
d'ailleurs, exclusivement formée de sujets
analogues, que j'ose à peine qualifier de
galants, tellement ils sont décents et ré-
5«rvés, tout en demeurant spirituels, en
êomparaison de ce que l'on fait aujour-
d'hui.
Je serais donc très reconnaissant à celui
i9 mes confrères qui pourrait me dire le
no»J du dessinateur qui signe J. S.
Lb Bes acier.
Un filg de Le Franc de Pompi-
gnan. — On sait de qu^l ridicule Vol-
taire couvrait Le Franc de Pompignan,qui
l'avait si malencontreusement attaqué et
qui cependant connut l'mspiration, le
jour ou il écrivit, dans son ode à la mé-
moire de J. B. Rousseau, la fameuse stro-
phe :
L« Nil a vu sur ses rivages. . .
En 1793-1794, son fils, dit le baron de
Bonpilon dans les Archives de Toulouse
{3" fascicule 1912) fit jouer, sous le nom
de Lefranc, une comédie en vers, intitulée
le Patriote Généreuse ou le Factionnaire,
à'%ù «ous d«tich*M& ces quatre vers :
La cocarde, je crois, vaut mieux qu'une cou-
[ronne
Mon sceptre est mon fusil, ma guérite est
[mon trône.
Tout soldat citoyen et défendant la Loi,
Lorsqu'il est à son poste est au dessus d'un
[roi.
On ne pouvait lui appliquer le dicton
Tel pète, tel fils. Mais, au fait, ce Lefranc
était il bien le fils de Le Franc de Pompi-
gnan ? Sir Graph.
Le Gras de Demuyn (Franco s-
Anne). — Je désirerais savoir quelles
campagnes a fait^^ce personnage, frère du
marquis Aimé-Jean Le Gras du Luart, et
qui, sur un autre, est qualifié de « ancien
capitaine de vaisseau » . Ne fut-il point
engagé dans les guerres de la Révolution
et de l'Hmpireet notamment dans l'Expé-
dition d'Egypte ? Je n'ai besoin d'aucunes
références sur sa famille qui m'est connue,
L. C.
L« peintre Le Maître — En quelle
année et où mourut le peintre décora-
teur et portraitiste Le Maître qui vivait à
Paris en 1780 ?
N'existerait-il plus de ses œuvres ?
F^« V.
La bibliothèque personnelle du
président Le Pelletier de Saint-
Fargeau. - Grâce à la libéralité de Louis
Arnauldet, député des Deux-Sèvres en
1830, président du tribunal civil de Niort,
f en 1873, la bibliothèque de cette ville
possède, depuis plus d'un demi-siècle,
l'une des plus anciennes coutumes du
Poitou.
Ce beau manuscrit est orné de fort cu-
rieuses miniatures, elles ont été l'objet
d'une note restée inédite, d'Antoine Bau-
gier, représentant du peuple en 1848, qui
fut. pendant peu d'années, bibliothécaire
de Niort, 7 en 1863.
Baugier nous apprend que la «coutume»
avait appartenu à Jacques Suzanne Mori-
ccau, notaire à Niort, époux de Marie Sté-
phanie Arnauldet, sœur du président, et
mentionne, avant Moriceau, L. Michel
Le Pelletier de St-Fargeau, avocat général,
président à mortier du parlement de Pa-
ris. Je viens de retrouver la note dans les
papiers de Btugiwr confiés par la famille,
BEé CHERCHCLMi ET CURIEUX
j« Novetnrlire 191g
681
b82
j'ajoute qu'il y a tout lieu de croire à son
assertion.
St-Fargeau ne laissa qu'une fille âgée
de 8 ans, adoptée par la Convention.
Y eut il vente de la bibliothèque du
président au parlement, après son assassi-
nat ! (20 janvier 1793)?
On s'expliquerait mieux ainsi comment
le manuscrit de la coutume vint à Niort
et passa au notaire Moriceau.
La bibliothèque de la ville de Paris a
pris le nom du président assassiné, ce qui
me porterait à croire qu'il se fit un nom
comme bibliophile. J'eus le tort de ne pas
m'en informer au temps où je la fréquen-
tais.
Redevenu n-.odeste provincial, j'ai la
seule ressource de \ Intfrmédiatre pour
savoir quelle fut la destinée de la biblio-
thèque du malheureux président à mor-
tier. LÉDA
Lettre de Taine sur le x Disoi-
pie > . — Quelque aimable confrère pour-
rait-il me rendre le service de m'indiquer
où je pourrais trouver la lettre de Taine
sur « le Disciple » à laquelle font allu-
sion plusieurs commentateurs du cMèbre
roman de Paul Bourget.
HUMANUS.
Henry Ctte. — Que sait-on de cer-
tain sur Henry Otte,qui fut, au i8* siècle,
conseilUr à la Cour Impériale de Luxem-
bourg.? j. DE V.
Lacommanderie de Saint-André
de Colmesnil. — Un membre de ma
famille chevalier de Saint-Lazare en 1726,
est dit commandeur de SaintAndré-de-
Colmesnil en Normandie.
Existait il donc des commanderies ter-
ritoriales attachées à l'ordre de Saint-
Lazare ?
Quelqu'un pourrait-il me fixer sur ce
point et me donner quelques renseigne-
ments sur la commanderie de Saint-An-
dré-de-Colmesnil
Vicomte de Nouël,
Noms et armes de la femme
de Maximilien de "Wign;*. court.
— Qyi était la femme de François Maxi-
milien de Wignacourt, baron d'Hum-
bercourt, vivant dans la deuxième
moitié du xvn» siècle? La Chesnaye
des Bois la nomme N... de Rousisy
de Lille, sans plus ; un autre document
que l'on m* signale l'appelle Catherine de
Rossilie de Lille, fille du Gouverneur de
Casai en Piémont.
Qpels étaient exactement les nom, pré-
noms et armes ?
BfiNeDlCTÊ.
Armoiries sur un tftlble&u à déter-
miner. — Par'j : \* à dextre écbiqneté
d'or d'a:(ur, a" à senestrt de gneMUs 6
étoiles à la fasct d'argent, accompagné e*i
ch*f de j gtoiles d'or à 6 rais mis en fasce et
en pointe de ? étoiles d'or à 6 rais poséfs 2
et i.
Cette question qui s'adresse partici-
lièrement aux héraldiates des Pays-Bas et
de la Belgique, a été posée déjà, LXVI, 5,
mais il est apporté quelques modifications
dans sa rédaction.
C. T.
Armoiries à identifier : Sur des
▼itraux du X'VI» siècle. — A quelle
famille appartenaient les armoiries sui-
vantes :
Sur des restes de vitraux du xvi* sic-
cle(.'') qui existent dans l'église d'Ormoy
(Yonne) se trouve une verrière qui re-
présente dos anges portant les instru-
ments de la Passion avec un écnaon d'or
à deux chevrons de gueules. Je désire aussi
les renseignements concernant la famille.
R. Durand.
Maine de Biran. — Qyels sont les
portraits de Maine de Biran, gravures ou
tableaux ?
HiRAM.
PeuSon faire disparaître l'éori-
ture sans détériorer le papier? —
D'excellentes réponses ont été apportées
à la question : réactif pour taire réap-
paraître l'écriture. Qu'il me soit permis
de retourner la question. Y a-t-il moyen
de faire disparaître l'écriture sans dimi-
nuer l'épaisseur du papier ?
Pour effacer une rature, une tache
d'encre, en serons-nous toujours réduits
au procédé primitif «lu grattoir ou de la
gomme ? N... N...
N» i>47 Vol. LXVI
L'INTfiRMEDlAlRii
685
684
ftépoitdcd
Tribut annuel du roi de Naplo3
au Pape (LXVI, 529). — Nauticus trou-
vera tous les renseignements relatifs au
tribut de la « Chinea » dans Moroni Di-
^tonario Ji Erudi^ione atoricoecclesiaitica
Venise, 1842, vol. Xlll, p. 88 à 99. Ils y
sont un peu confusément ordonnés selon
la coutume de ce bon Moroni, mais Nau-
ticus saura se diriger dans ce Maie ma-
gnum.
CuRiosus,
Ce tribut s'appelait en italien Chinea
ou Gbinea, qui est le nom d'un cheval
ordinairement blanc ou bai. C'est de ce
mot qu'est probablement venu le vieux
mot français Haquenée. Ce tribut annuel
date du xi*siècle, époque à laquelle les Pa-
pesdonnèrentaux ducs et princesdeNaples
l'investiture de ces terres, exigeant d'eux
en retour un acte de vasselage très carac-
térisé pour montrer à tous qu'ils tenaient
leur principauté du Saint-Siège et lui en
rendaient hommage à titre de vassaux.
Dans la suite des temps, les rois de Na-
pies ont cherché à faire dévier la signi-
fication de cet acte, en voulant faire con-
sidérer ce tribut annuel comme une au-
mône, un témoignage de dévotion envers
le Siège apostolique, mais les Papes se
sont toujours énergiquement opposés à,
telle déviation de l'acte de vasselage, et
ont toujours rappelé les rois de Naples à
son observation. Quand les Papes élevè-
rent le duché de Naples (autrement dit
des Deux-Siciles) à la dignité de royaume,
celle-ci ne changea aucunement la mo-
dalité de cette offrande de vasselage, et les
premiers rois de Naples suivirent l'exem-
ple des ducs et princes leurs prédéces-
seurs dans ces terres. Clément IV codifia,
en 1265, les règles de cette investiture et
vasselc^ge quand il donna à Charles !*■'
d'Anjou, frère de saint-Louis, le royaume
de Naples, à l'exception de Bénévent qui
était réservé au Saint-Siège. Le tribut
devait être annuellement de 8000 onces
d'or. Ces 8000 onces d'or faisaient 228
kilogrammes d'or qui devaient valoir
434.000 francs de notre monnaie. Ils fu-
rent dans la suite évalués à ^o,ooo écus
d'or, ce qui revenait à peu près, vu l'in-
certitude sur la valeur exacte de l'écu
d'or, à la même somme De plus, le roi
devait donner tous les trois ans un che-
val blanc à la personne du Pape avec
obligation de le présenter partout où
serait le Pape.
Jules 11, ayant égard à des circons-
tances spéciales, exempta, le 17 août
içio, le roi de Naples du payement du
tribut annuel, mais ne transigea point
sur l'acte de vasselage, exigeant que
chaque année la veille de la fête des saints
apôtres, le roi de Naples fît présenter par
un ambassadeur extraordinaire la haque-
née blanche devant la confession de Saint-
Pierre unum palafreniim, album et pul-
crum et honum et décanter ornalum.
Je passe sur la manière solennelle dont
se faisait cette présentation, le cérémo-
nial particulier y était observé et indiquait
clairement l'acte de vasselage. Celui qui
serait curieux de ces renseignements les
trouvera dans l'ouvrage de Borgia, Brève
sforia del dominio îemporale délia Sede
apostolica nelle Duc Sicile, Rome 1788-
1789.
En 1777, le prince Colonna, chargé de
par le roi de Naples de présenter la
Chinea à Saint-Pierre au pape Pie VI,
varia à l'improviste, et sans avertir
personne, l'ancienne formule de vasse-
lage, déclarant la présenter en signe de
dévotion de son Souverain aux Saints
apôtres. Pie IV, surpris, se ressaisit aus-
sitôt et déclara. *< Nous acceptons, dit-il,
cette Chinea en signe d'hommage pour
les deux royaumes qui sont au-delà du
Faro » (rivière qui formait la limite entre
les terres pontificales et celles du royaume
de Naples). Des représentations furent
faites, et les années suivantes, grâce aux
bons offices de Charles III, roi d'Espagne,
les rois de Naples reprirent l'ancienne
formule de vasselage telle qu'elle exis-
tait avant cet incident.
En 1788, le gouvernement de Ferdinand
IV roi de Naples. prit la résolution de
ne plus faire cet hommage, et Pie VI ne
manqua point, après la fête de la Saint-
Pierre, de protester solennellement en
consistoirecontre l'absence de l'hommage
lige de la part du roi, et chaque année,
il renouvela cette protestation. Le roi de
Naples, qui avait alors pour ambassa-
deur à Rome le chevalier Ricciardelli, le
chargea de présenter cette même année
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Novembre 191 «
685
686
au cardinal Boncompagny, secrétaire
d'Eiat, une somme de 7.000 ducats d'or
di Caincra (près de 80.000 francs) et au-
tre 30J ducats d'or en remplacement de
la haquenée ; mais le cardinal refusa de
recevoir l'un et l'autre, disant que c'était
dans la cérémonie solennelle, dans la no-
mination d'un ambassadeur extraordmaire
pour l'accomplir que consistait précisé-
ment l'hommage que le roi de Naples de-
vait au Pape. Ricciardelli répliqua que Sa
Majesté était prête à continuer cetle of-
frande, non comme un acte de vasselage
ou d'hommage, mais par dévotion pour
les Saints-Apôtres, et qu'en conséquence,
il ferait déposer celte somme au Mont-
de Piété de Rome. De fait, il continua
pendant plusieurs années à déposer au
Mont de piété la somme de 1 1 .830 écus
et 75 baioques, qui équivalaient aux sept
mille ducats d'or di Caméra. Le Saint-
Siège ne toucha point à ces sommes^ qui
furent plus lard retirées par le roi de
Naples.
Pour terminer cette question, car l'of-
frnnde à titre d'aumône ou de dévotion
n'était point ce qu'avait droit d'exiger le
Saint Siège, le roi de Naples fit des pro-
positions pour convertir ce tribut annuel
en une somme de 500.000 ducat*:., soit
cinq millions, mais à la condition que la
remise soîennellede la haquenée blanche ou
chinea n'aurait plus lieu. De pareilles con-
ditions ne furent jamais acceptées, puis-
que Pie VI continua toujours à protester
solennellement à Saint-Pierre contre l'ab-
sence de l'hommage traditionnel du roi
de Naples.
Survint la Révolution, emportant dans
son tourbillon tous ces souvenirs du passé,
et le Souverain pontife lui-même qui allait
mourir prisonnier à Valence le 29 août
Ce qui ne se fit pas alors a eu lieu
sous Pie IX. Le roi de Naples François II,
entre 1850 et 1860, donna au Souverain
pontife Pie IX une forte somme d'argent
dont j: ".: connais pas le chiffre. Le
pape de l'avis des cardinaux, renonça
pour toujours à toute revendication de
vasselage sur le royaume de Naples.
Celui-ci d'ailleurs, devint peu après la
proie de Garibaldi, et fut incorporé dans
le nouveau royaume d'Italie.
D^ A. B.
Les billets de Marie-AntoiDette à
Jarjayes (LXVI, 481, 537, 589). — Le
billet de Marie-Antoinette à Jarjayes :
«; Nous avons fait un beau rêve... » a été
envoyé au comte de Chambord, en 1873
(ou 1875) (je ne me rappelle pas exacte-
ment la date, mais cela a peu d'impor-
tance), par Mme Frédéric de Parseval, qui
obéisssait ainsi à la volonté dernière de
son mari. M. de Blacas lui accusa récep-
tion de l'envoi, et lui transmit les remer-
ciements du comte de Chambord, remer-
ciements accompagnés d'une photographie
du prince.
En 1896, lorsque M. Maxime de la Ro-
cheterie et le marquis de Beaucourt pu-
blièrent, pour la Société d'Histoire con-
temporaine, le Recueil des lettres authen-
tiques de la Reine, je priai le marquis de
Beaucourt de s'informer si le billet en
question avait été trouvé dans les papiers
du comte de Chambord. 11 voulut bien se
charger de la chose ; quelque temps après
il me dit qu'il avait fait faire la démarche
par M. de Saint-Victor, et que le résultat
des recherches avait été négatif ; on n'a-
vait trouvé nulle trace du billet.
Paul Gaulot,
La ?.îanufacture de Réveillon au
faubourg Saint- -ft ntoine (LXV, 589,
695, 745 ; LXVI, 1 1, los).' — S'iln'est pas
trop tard pour ajouter un mot aux co-
pieuses réponses qui ont été si bien faites
à cette question, je signale un article du
dernier catalogue de M. Dumont :
625. Réveillon, fabricant de papiers peints
dont la maison (ancien hôtel de Titon du
Tillet, rue de Montreuil) fat pillée le 28
avril 1789 Lettre signés. Paris, 15 novem-
bre 1778. 3 p. in-4».
11 remercie son correspondant d'avoir fait
parvenir ses réclamations et celles de ses
confrères, au lieutenant-général de police. 11
s'agit d'une demande des fabricants de pa-
piers peints, pour la réglementation des des-
sins, P. c. c. E. Grave.
L'émigration en Angleterre sous
la Révolution (LXVI, 337, 445. —Je
retrouve dans mes fiches la note qui com-
plète le renseignement trop vague donné
par moi, le 10 octobre.
Le 28 octobre 1796, a été baptisé en la
chapelle du roi de Bavière Warwick Street,
à Londres, Charles-Philippe-Louis-Joseph
Alfred de Rigaud, comte de Vaudreuil.
N» 1347 Vcl. LXV!.
L'INTERMÈDlAIKr.
687
688
II me semble que les registres de cette
chapeile catholique fréquentée par les
émigrés sont certainement conservés aux
archives et peuvent être très instructifs
pour le moine Théophile du 20 septem-
bre.
R. S.
La condamnation de Louis X"I
et la franc-maçonnerie (LXII à LXVI
II, 56, 249, 348). — J'attendais, pour
adresser ma réponse à l'article de M.
Bord, que le père Abel m'eût envoyé la
sienne, saui à passer outre.s'il ne m'avait
pas répondu. Je viens de recevoir, en
effet, quelques notes de l'éminent Reli-
gieux qui ne parait pas d'ailleurs bien
ému des objections élevées contre son té-
moignage.
je réponds point par point, selon ma
coutume, à mon savant contradic-
teur.
Si quatre années successives ont pu
être assignées au vote de Francfort, cette
variation, dailleurs peu étendue, est
assez explicable, non seulement par une
légère erreur de date, mais encore par
cette considération qu'il ne s'agit pas né-
cessairement ici d'une réunion exception-
nelle et unique, d'une seule assemblée à
date fixe, mais qu'il doit y avoir eu à
Francfort, au cours des années 1782-
1786, une série de réunions de la grande
Loge éclectique dans lesquelles la fameuse
sentence de mort contre Louis XVI, une
fois prononcée, a pu être plusieurs fois
reprise et confirmée. Chaque témoin vi-
serait ainsi une réunion différente et les
divers témoignages, loin de se contredire,
pourraient, au contraire, se coordonner et
se compléter.
Mais il ne s'agit, dans l'espèce, que de
la réunion de 1784. Qye cette réunion
soit qualifiée de »< grand Congrès >v ces
expressions ne semblent pas trop déme-
surées, si l'on considère qu'il s'agit effec-
tivement, comme le remarque le père
Abel, d'une réunion très importante des
membres de la grande Loge éclectique,
c'est-à-dire, des Illuminés réunis aux
francs-maçons depuis le convent de Vil-
lemsbad, et des Rose-Croi.x Au surplus,
cette manière de s'exprimer peut être plus
ou moins heureuse, plus ou moins exacte,
/"et ici le père Abel s'excuse de l'inexpé
rience, d'ailleurs très visible, de son tra-
ducteur,) mais elle n'en constitue pas
pour cela une erreur historique, comme
si. par exemple, le texle eût porté les
mots de « grand-Convcnt ».
Il y aurait eu, dans ce cas, une vérita-
table méconnaissance, ou de l'histoire, ou
du vocabulaire maçonnique, car il n'y eut
pas, en effet, de grand Convent à Franc-
fort, en 17B4, ainsi que M. Bord l'a très
bien observé au cours de cette polémique.
Mais rien n'empêche l'auteur ou plutôt le
traducteur de qualifier la réunion de
Francfort de « grand Congrès, » comme
il aurait pu la qualifier de « grande As-
semblée» ou de « grande Séance », toutes
expressions d'un caractère général et qui
n'ont 1 ien, dans tous les cas, d'exclusive-
ment maçonnique. Il a tout au plus péché
contre la langue française, (ce qui est bien
pardonnable pour un Allemand) mais au-
cunement, je le répète, contre la science
maçonnique ou contre l'histoire.
M. Bord prétend encore que la loge de
Wetzlar ne pouvait pas avoir de Grand
mailre. Pas de Grand maître ! Pas de
grnn.i Congrès ! Décidément, M. Boni
fait Li guerre à cette épitbète de « grand »
que le traducteur du père Abel accole un
peu tr''.p généreusement peut-être à tous
les s;ibtantifs, comme s'il subissait la dis-
position contagieuse de la langue ma-
çonnii]ue à agrandir tout ce qu'elle
nomme ( i)
Quoi qu'il en soit de cette mégalomanie
phraséologique, il n'est pas sans exemple
en maçonnerie de rencontrer cette quali-
fication de Gr.^nd maitre appliquée aux
fonctions de simple vénérable ou de
maitre de loge, et je ne suppose pas que,
dans ces conditions, les prérogatives qui
s'y réfèrent offrent beaucoup de ressem-
blance avec les attributions souveraines
d'un comte de Clcrmont ou d'un duc de
Brunswick.
QLiant à la loge « Joseph de l'Aigle im-
périal ùt Wetzlar »», ce n'était pas la pre-
mière venue des loges allemandes. Elle était
unie à la grande loge de Francfort par
un rapport tellement étroit qu'elle ne for-
mait, pour ainsi dire, avec elle qu'un seul
et même établissement maçonnique ; ces
(i) 11 n'est pas rare, par exemple, de trou-
ver dans un texte maçonnique des phrases
comme celle-ci : Le gr/tnd orateur à\i grand
collège des rites du Grand Onzni de France !
J
DES CHfJRCHKURS BT CURIBU.H
689
30 Novembre i$i«.
690
deux loges avaient adressé un appel com-
mun à tous les maçons ; elles avaient un
Directoire commun et un orient intérieur
au sein de ce Directoire (établi en 1784)
Enfin, c'est dans cette même loge de
Wetzlar que le baron de Dirfurth, person-
n.ilité maçonnique de première marque,
avait été décoré du grade, non pas, il est
vrai, de Grand maître, mais de iVlaitre
écossais
Au surplus, le vocabulaire maçonni-
que n'a jamais eu une unité, une préci-
sion telles qu'on puisse faire éiat et tirer
argument de l'emploi ou de l'omission
d'une simple épithète.
Mais laissons-là cette discussion pres-
que grammaticale, et voyons si l'objec-
tion suivante a plus de consistance. M.
Bord nomme plusieurs souverains conser-
vateurs en Europe, autres que Louis XVI
et Gustave III. Le père Abel aussi en
avait fait une énuméralion que rien ne
nous autorise à déclarer limitative et à
laquelle il aurait peut-être pu ajouter, en
tout ou en partie, celle de M. Bord, d'au-
tant qu'on trouve au moins un nom, ce-
lui de Joseph II, porté sur les deux listes ;
mais il avait pris soin d'expliquer pour-
quoi ces souverains, quoique conserva-
teurs, n'avaient pas été compris dans la
sentence de mort qui frappait leurs
frères en souveraineté. Qiu nous dit que
la franc-maçonnerie n'avait pas, par rap-
port aux monarques cités par M. Bord,
des motifs d abstention semblables ou
plus ou moins analogues à ceux indiqués
par le père Abel, eu égard aux souverains
qu'il mentionne lui-même ? Si M. Bord
trouve que Joseph 11^ par exemple, père
du joséphisme, était un souverain conser-
vateur, je renonce à pénétrer l'idée qu'il
se fait du véritable esprit de conservation,
Comment les francs-maçons auraient-ils
cherché à se débarrasser d'un prince qui
faisait si bien leurs affaires contre le
catholicisme romain ?
Une seule exceptijn, mais elle est radi-
cale, en ce qui concerne Pie VI, au sujet
duquel la question ne peut même pas se
poser, puisqu'il a été, lui aussi, comme
Louis .XVI. un vrai martyr de la Révolu-
tion et que sa mort, d'après plusieurs
historiens, a été précisément, quoique
survenue plus tard, le résultat d'une con-
damnation prononcée par les Loges, dont
le Directoire, si fortement latomisé, se
' fit l'exécuteur. Seulement, au lieu d'avoir
été voué à une exécution par l'écha-
faud ou par le poignard, il a été con-
damné à ce qu'on pourrait appeler une
exécution par df placement, exécution
plus hypocrite et non moins criminelle
que celle de Louis XVI et de Gustave III,
Après avoir parcouru, de Rome à Valen-
ce, paralytique et plus qu'octogénaire,
au milieu de l'hiver, quinze citations di-
versement et on peut dire progressive-
ment douloureuses, Pie VI expira, de fa-
tigue et d'épuisement, dans cette dernière
ville, et il ne fallut rien moins que l'op-
position indignée de ses médecins et la
constatation brutale de son agonie pour
h\re contremander le dernier déplacement
qui devait le conduire, mort ou vivant,
jusqu'à Dijon !
Nous arrivons à l'objection la plus sé-
rieuse, la seule qui serait décisive, si elle
prévalait dans le sens absolu où elle est
posée. « Bode et Busche vinrent à Paris,
objecte M Bord, en ijSc : leur voyage
(sous-entendu et c'est le seul qu'ils y firent)
ne peut donc avoir aucun rapport avec
des décisions prises en 1784. » Mais de ce
que Bode et Busche vinrent à Paris en 1781
faudrait-il conclure que cette capitale ne
les revit jamais plus dans ses murs après
cette date ? Ces commis voyageurs en
franc-maçonnerie n'étaient-ils pas tout
désignés, au contraire, pour reprendre
utilement, anrès 1784, un chemin et
un rôle qu'ils connaissaient déjà si bien
dès 1781 ?
Ces va-et-vient plus ou moins mysté-
rieux n'auraient-ils pas laissé de traces,
qu'il n'en résulterait nullement qu'ils
n'aient pas eu lieu. Les loges n'étalent
jamais leur action au grand jour et se
préoccupent plutôt d'efîacer leurs em-
preintes. Le tort de M Bord, malgré son
incontestable expérience des choses ma-
çonniques, est de vouloir appliquer à
l'histoire occulte les méthodes à ciel ou-
vert qui ne peuvent convenir qu'à l'his-
toire au grand jour.
Mais nous n'en sommes pas tout à fait
réduits, sur ce chapitre, aux simples hy-
pothèses, si logiques soient elles, et les
biographes de Bode nous apprennent
qu'en 1787, député par les loges d'Alle-
magne, il vint (ou revint) à Paris, visiter
celle de Philalèlhes dont \qs Amis réunix
étaient le titre distinctif. Son nom figure
I
N» 1347.
Vol. LXVI.
691
LINTBRMBDiAlRfa
692
de même parmi ceux des délégués alle-
mands au convent de 17815. 11 est vrai
que cette même loge des Amis réunis, qui
ne s'occupait ostensiblement^ à cette épo-
que, que de questions générales concer-
nant l'origine et le but de la franc-ma-
çonnerie, n'a pas pris la précaution de
nous laisser un procès-verbal authenti-
que, pour nous découvrir le véritable
objet de la visite de Bode !
Pour ce qui est de la loge des Aints
réunis^ si elle ne se transforma pas maté-
riellement en Club des Jacobms, il est
historiquement indéniable qu'elle n'en
eut pas moins par ses doctrines et ses
menées, (ce n'est pas l'auteur de la
Franc- maçonner te en France qui me con-
tredira sur ce point,) l'influence la plus
considérable, la plus directe, la plus per-
sévérante sur la naissance et le dévelop-
pement du parti jacobin, et, par là, sur la
condamnation de Louis XVI, sa plus illus-
tre victime. Les Amis réunis n'ont donc
rien à envier, sous ce rapport, au Club
breton .
Remarquons en outre que cette mise
en parallèle des Amis réunis avec le club
breton, considérés respectivement comme
point de départ du club des Jacobins, ne
saurait être entièrement précise, car il
n'y a pas à comparer rigoureusement la
transformation d'un club en un autre
club avec la transformation d'une loge
en club, opération nécessairement plus
clandestine et plus occulte, la seule qui
mérite effectivement le nom de transfor-
mation. Du club breton, en effet, au club
des Jacobins, tv\ passant parle club des Amis
de la Constitution, comme plus tard du
club des Jacobin: au club de 8g (et je rac-
courcis rénumération,) il y eut moins
changement de forme que simple change-
ment de nom. Ce qui est acquis, en tout
cas, et suffisant pour notre thèse, à dé-
faut de transformation respective de telle
loge en tel club déterminé, c'est que,
d'une façon générale, le club ne fut que
la transformation de la loge et que les
excitations de la loge préparèrent les vio-
lences du club. Le mot d'ordre régicide,
après être passé de la loge allemande à la
loge p.irisienne, passa ainsi de la loge pa-
risienne au club révolutionnaire et du
club révolutionnaire, à la Convention.
Rnfin, je dois faire connaître à M. Bord,
après avoir v. puisé aux sourccsj»», que le
père Abel a reçu le témoignage, non de
Charles, mais de Joseph d'Abel, son frère
puiné, qui, en 1870, avait, non pas 82,
mais seulement 70 ans. Ce Joseph d'Abel
était officier de la finance bavaroise et
rose-Croix. 11 y a donc lieu de rectifier
dans ce sens l'annotation tendancieuse
par laquelle M. Bord a cru pouvoir résu-
mer son article.
Qiie dire maintenant de cette annota-
tion ? Habile peut-être, mais peu bien-
veillante et par trop compliquée, elle
semble vraiment rédigée de façon à mettre
en reliefla sénilité des témoins et à faire
perdre au lecteur le compte des témoi-
gnages. C'est pourquoi, revenant à mon
article de ^/«/f^wI<'(itJl^e du 30 décembre
igi i, dont il n'a pas été, ce semble, tenu
assez compte, je proposerai à mon tour
cette annotation plus simple :
Aveu de culpabilité d'un père à son fils,
qui le transmet lui-même au petit-fils,
lequel en fait d'abord *rob)et d'une con-
fession publique et, en second lieu, d'une
déclaration authentique et signée.
Et, pour ce qui est de l'âge des témoins
et de l'ancienneté des témoignages, j'a-
jouterai ces courtes réflexions qui seront,
je l'espère, mon dernier mot dans ce dé-
bat. Le témoignage des vieillards, sur-
tout lorsqu'il intervient dans le sein de la
famille et sur des affairesi intéressant son
honneur, est tout ce qu'il y a de plus au-
torisé et de moins récusable. Il est d'au-
tant plus grave qu'il se produit plus près
delà tombe. Il est d'autant plus pondéré
quil échappe davantage à l'empire des
passions. 11 est d'autant plus lucide qu'il
se rapporte à des faits plus éloignés.
Henri Heine n'a t-il pas dit : La mémoire
est presbyte et c'est de loin qu'elle voit
le mieux
Gai.l.
Le Directoire a-t-il été payé par
l'Espagne (LXVI, ^^oV -- f)'autres
diront peut-être si le Directoire fut payé
par l'Espagne ; mais il semble que cette
Puissance avait déjà versé de l'or secret,
en France, au début de la Révolution.
Des le mois d'août 1790. les relations
étaient tendues avec l'Anglelerre. On hé-
sitait a Paris entre le maintien du Pacte
de famille et l'alliance anglaise. Il était a
croire que certains députes de la Consti-
tuante subissaient l'influence de l'or espa-
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Novembre 19 12
693
694
gnol. Aussi l'Angleterre engagea-t-elle,
de son côté, des négociations pirticulières,
et sans doute rémunérées, avec les princi-
paux chefs de l'Assemblée, par l'intermé-
diaire de Hugh EUiot, l'ami de iVlirabeau.
Le fait positif est que sa cause l'emporta,
mais dans des conditions fort suspectes,
de l'aveu des historiens anglais d'aujour-
d'hui.
fVoir les Dépèches de l'ambassadeur
Anglais, à Paris, Lord Gower, publiées
par Oscar Browning, en 1885, à l'Univer-
sité de Cambridge ; pp. xvii-xviii, et 38-
39)-
Britannicus.
Louis-Philippe le 24 février 1848
était-il en fiacre? (LXVI, 185, 294,
350, 482, 058). — Dans le dossier icono-
graphique assez important que je possède
sur les événements de Février 1848, se
trouve une lithographie d'assez bonne
facture, représentant le départ de Louis
Philippe et de sa famille du château des
Tuileries.
Les fugitifs sortent par une petite porte
donnant sur la place de la Concorde et
la voiture qui les attend paraît bien être
un fiacre.
Louis Tesson.
Le nom de l'offlcier d'ordonnance
de "Wimpffen : le Comte d'OUone
(LXVI, 599, 449). — M. Paul G. pour-
rait-il me dire si le comte d'Ollone,
capitaine au I2'°« chasseurs, qu'il in-
dique comme aide de camp de M. de
Wimpffen, était ce même comte d'Ol-
lone, aujourd'hui décédé, qui épousa Mlle
d'Amandre et eut, entre autres enfants,
Henri d'Ollone, explorateur, et Max d'Ol-
lone, le grand prix de Rome de musique?
I. DE V.
Condamnations pour participa-
tion à la Commune (LXVI, 483) — ^
Dans sa publication intitulée : Le fond de
la Société ious la Commune, C. A. Dauban
nous fait savoir qu'il a pris connaissance
de pièces d'Archives pour son travail,
grâce au bon vouloir du général de Cis.«:ey,
alors Ministre de la guerre, des officiers
chargés du classement des dossiers et,
plus particulièrenent, de M. le Lieutenant
colonel Carré placé à la tête de ce service.
Ces documents furent saisis dans les
localités occupées par les autorités com-
munalistes, notamment à la Mairie du
XI" arrondissement. Il en ressort que le
gouvernement insurrectionnel était avant
tout un gouvernement de Police, En deux
mois, la Commune s'était outillée, à cet
égard, aussi complètement que peut l'être
une vieille monarchie despotique.
Je ne sache pas qu'il ait été édité un
recueil des condamnations ou jugements
pour faits insurrectionnels de 1871.
Dauban n'est pas précisément tendre
pour la Commune qui n'a été qu'un gâ-
chis de socialisme, de jacobinisme et de
destructivisme : Les documents les plus
curieux abondent sous sa plume. Il cite,
entr'autres, un ordre donné par Dacosta
pour assurer le service des mœurs. On
réquisitionnait jusqu'à des filles publi-
ques. Un citoyen dénonce Assi comme
un déserteur et... un inverti, le défiant de
prouver le contraire. On voit le comman-
dant des « Vengeurs de Paris » Maurice
Delovy, porter plainte contre H. Filleau
de Saint-Hilaire, forçat libéré, lâche avant
tout, voleur, sous le coup d'une poursuite
comme vol avec effraction à Auteuil et au
château de la Boissière, et néanmoins ca-
pitaine adjudant major aux « Enfants per-
dus de Paris ».
Evidemment, c'est un autre son de
cloche que donne M. Dacosta qui, lui, fut
orfèvre. Quoi qu'il en soit, les commu-
nistes,les communeiix, commt disait le Po-
pulo, au temps du siège, ne donnaient
point sur la bête puante, en l'espèce, le
prussien, mais ils se réservaient pour un
gibier de choix, évèque, archevêque, 'gé-
néraux, voire un président dont ils ou-
bliaient les hauts faits de juillet 1830.
Les Archives de la guerre doivent ren-
fermer encore les jugements rendus par
les conseils de guerre de 187 1 . Notre con-
frère Remus pourrait s'adressera M. Hen-
net, chef des Archives du Ministère de la
Guerre qui lui donnerait fort aimablement
tous les renseignements qu'il pourrait dé-
sirer. Y. DU RUSQ.UEC.
*
Remus trouvera les renseignements
qu'il demande, dans les deux rapports à
l'Assemblée nationale de la Commission
des grâces insérés au Journal Officiel de
l'année 1876, p. 481 et suiv. et page
2587 et suiv.
Par la suite, de nombreux décrets ac-
H* i>47 Vol. WCVI
L'INTERMEDIAIRE
OtS
696
cordèrent des grâces, des commutations
et des réductions de peines à des condam-
nes pour faits relatifs à l'insurrection de
1871. Nauticus.
GoBtrati d* mariage signés par
le roi (LXV ; LXVI, 99, 198, 300).— l'ai
lu avec un vif intérêt l'article de Britan-
nicus et suis en mesure ds confirmer ce
qu'il dit sur l'admiration de Gambetta
pour Louis XIV, autocrate.
Mon oncle Allain-Targc, qui fut député
et ministre radical (cabinets TirardetJ.
Ferry) était très lié avec Gambetta dont
il partageait les préjugés et les payions
politiques ; comme Gambetta et comme
Louis XIV, il était atteint d'intolérance re-
ligieuse et considérait l'établissement d'un
monopole comme un progrès.
Cet étrange état d'esprit lui faisait ad-
mirer également Louis XIV et Gambetta,
et il avait installé de part et d'autre de la
cheminée de sa bibliothèque à Targé, près
Saumur,le portrait dccesdeux autocrates.
I. DE V.
L* Cor ou le Cornet de Roland
(LXV, 783; LXVI, 82, 145, 353, 301,
450). — II est impossible d'admettre
l'opinion de Gaston Paris (Rev. de Paris^
15 septembre 1901), soutenant que les
lieux-dits, appelés en France « Pas ds
Roland(i) » etc., n'ont pris ces dénomina-
tions qu'à une époque récente, puisque,
dit-il, « on n'a trace d'aucune avant
le xvm' siècle ! >
Or cet argument n'est qu'un argument
« négatif » et par conséquent n'a aucune
valeur scientifique, du moins « s'il est
isolé » de toute autre preuve « négative »
et surtout < positive! d II y a longtemps
que j'ai dit qu'un « homme de science »,
ne doit tenir compte que des < faits > (po-
sitifs , bien entendu) ! Certes, une « sé-
rie de faits négatifs > a delà valeur ; mais,
si importante soit-clle, elle ne vaut pas
un seul fait, positif.
Or les lieux dits, où le mot « Roland >
figure, sont innombrable-^ en France ; et
il n'est pas douteux qu'il y en ait beau-
coup qui soient antérieurs au xviii* siè-
cle (malgré Gaston Paris), quoiqu'une
(i) Mire»! Baudouin, La NitropoU it
Trouisepoil su M*rnsrJ, Ptris, 190^ (Voir
p. »f).
« preuve, matérielle »,soitdifficile à trou-
ver.
Je crois pourtant en avoir découvert
une en Vendée, où nous avons : le « Pont
Rolland > près Le Bernard (fameuse né-
cropole gallo-romaine) ; et surtout « La
Mothe du-Rullan », à Fontenay-le-Comte.
-i RuUan » (1) est ici pour* Rolland »
(Benjamin Fillon, Poitou et Vendée, Fon-
lenay, p. 9, note 1) ; et la « Mottc-du-
RuUan » est citée « dans les documents
« écrits » des xiv» et xv« siècles » 1 Ah utio
diice 0 tu nés. . .
Voici une autre preuve, celle-ci encore
plus irréfutable ! A Pouzauges (Vendic)
existait jadis une abbaye, appelée « Ab
baye du Bois-Rolland ». Or ce nom est
cité dans des documents du xui* siècle !
Ce nom doit s'écrire « Roland », et
non Rolland. Il est très probable qu'il a
remplacé du viii« au x* siècle un autre
nom, celui d'un héros plus ancien que
le célèbre « préfet des Marches de Bre-
tagne ! > On trouve surtout les lieux-dits
à« Roland »>dans l'Ouest de la France (de
Bretagne aux Pyrénées) :
< Bretagne : Pied du Cheval de Ro-
land » .
« Charente : Combe à Roland », avec
« fontaine » [célèbre station préhistori
que]
« Ckarente-Inf, : Puy-Rolland ; Puy-
RoUi! ; »
«- Corrèze Grave de Rolbnd »
(Menhir).
c Lozère : Pas de Roland ».
« Allier : Corne de Rollet » (à rappro-
cher de (( Rolîit », ci-dessus) (2).
Sans parler du « Pas de Roland » (Pas-
sage), du (( Salto de Rolando «(Espagne),
et la de « Brèche de Rolland, > si connue !
Marcel Baudouin.
(i) En Vendée, n»as avons au»si plusieurs
Ru lin n.
(3) Lei terme» RalUt, Rollit, Rullon, Rul-
Isn font, cil effet, songer à un héros (gaulois
ou plus ancien), du nom de Rull uu de Ro/l,
que Roland a remplacé plut tard.
Hti patois vendëcn nous avons encore
le mot Roller comme en vieux français, pour
« rouler Alicnor : de Poictiors, signifiant spé-
cialement border le lit (action de faire rentrer
le drap supérieur sous U mateits).
J'ignore l'étymologie de ce terme, stns
d«ute vieux celtique {Roll, rouleau ; roUtd,
ce qui est plii en long). Le terme français
est r0uler.
697
DBS CHERCHEURS BT CURîBUX
30 NovemWe 191a
La Juno et Félicien Darid (LXVI,
285, 410, 498). — Les minutes notariales
prouvent que ma petite propriété a bien
été acquise par Félicien David, en juillet
1855, janvier et février 1856. Il y cons-
truisit un châl«t.
En 1860, il rétrocéda le tout à M. Tyr-
tée Tastet, homme de Lettres, et à sa
femme, née de Laboulaye, demeurant 7,
rue de la Verrerie (actuellement rue Louis
IX) à St-Germain-en-Laye.
Le compositeur y revint chaque année,
jusqu'à sa mort.
Le jardinet renferme d'assez beaux ro-
siers. On peut croire que c'est en respi-
rant le parfum de ses fleurs préférées que
Félicien David composa* Lalla Roukh»,
où elles sont délicieusement chantées.
C'est un vénérable correspondant, qui
n'est malheureusement plus là pour les
compléter, qui m'avait fourni quelques
renseignements sur la famille de Félicien
David, sur sa parenté éloignée avec le sta-
tuaire David d'Angers. L'un et l'autre
sortaient d'une ancienne famille ange-
vine ; braves terriens qui auraient encore
des descendants dans la région.
Tous ces David n'ont certes pas une
goutte de sang hébreu, et il serait tout à
fait injuste de s'en prendre à eux des vile-
nies dont furent victimes les généraux
Goliath et Uri.
Mais pourquoi, diable. 'ma maisonnette
se nomme-t-elle *< La Juno >- ?
L. V. P.
,vw* ®''*^® ^® Desoartes (III,* IV,
LXVI, 410, 499). — Peisse, La Médecine
et les Médecins, tome 2, page 69,) s'ex-
prime ainsi :
En 1831, le docteur Spurzheim nous mon-
tra le moule en plâtre d'un crine qu'il ve-
naît, disait-il, de recevoir de Suéde et qui
était celui de De.cartes. Je pourrais, au be-
soin, citer quelques-unes des personnes qui
assistaient à cette communication, entre au-
tres M. Mignet. j'ignore si ce crâne existe
dans quelque collection ; je ne me his pas
garant de son authenticité ; je ne garantis
que le témoignage de Spurzheim.
Les dépouilles mortelles de Bichat ont
éprouvé de singulières vicissitudes. La tête
était resté», comme précieuse relique entre
lai mains de M. I-iaen, tandi. que le corps
«ait obscurément enfoncé dans le cimetière
abandonné de Sainte-Catherinc, à Clamart
698
où il aurait bien pu n'être pas retrouvé, si
des soins pieux n'avaient de temps en temps
renouvelé les signes qui marquaient cette sé-
pulture. Enfin, après quarante deux ans, le
16 novembre 1843, les ossements furent
inhumés; on y loignit la tète, et on !••
transporta au cimetière de l'Est.
Aujourd'hui qu'on parle beaucoup des
voyages du squelette de Descartes, il me
semble opportun de rappeler que les os-
sements de Bichat ont aussi été prome-
nés. p. M.
Le peintre Galard (LXVI, 485). —
Voir : Gustave Labat. — Gustave de Ga-
lard, SA vie et son œuvre {lj']ç-i84i).
Bordeaux et Paris, 1896. gr. in-8°, — Un
artiste provincial sous la Restauration. Gus-
tave de Galard, par Paul Bonnefon.
L'Artiste, 1899 PP- '7-32.
L. Morand.
«
Il • • *
Il existe un ouvrage de M. Labat sur
les œuvres de G. de Galard. Je le tiens
à la disposition de M. Walterus,
A. G.
Le comte de Galard (Philippe), né en
1777, dédédé près de Bordeaux en 1841,
fut ruiné par la Révolution, ayant émi-
gré en Angleterre. De retour en France
il chercha par la peinture et par le dessin
des moyens d'existence. Il exerça son
talent dans tous les genres. Ses lithogra-
phies, ses Albums du Bordelais, si variés,
ses recueils de types et de costumes, ses
dessins gravés, tout donne de son esprit
observateur et de son cra3'on infatigable
et spirituel la meilleure idée. II commit
des caricatures piquantes contre Louis
Philippe et certaines notabilités de l'épo-
que.Ajoutons que plusieurs de ses dessins
n'ont jamais été reproduits.
Garumnus
«
Nous ne pouvons mieux faire que de
renvoyer le collègue Walterus à l'excel-
lent ouvrage de M. Gustave Labat : Gus-
tave de GalarJ {i-j-ji^ 1841 ) Sa vie et son
asuvre. Bordeaux, Féret, 1896 II y trou-
vera tous les renseignements désirés.
QVMUEHS.
11 s'agit de Gustave de Galard, né dans
le Gers, au château de Magnas. II vécut à
Bordeaux, laissant de très nombreux
N' IJ47. Vol.
LXVI
■ 699
L'NTBRMBDIAIRB
700
portraits et sujets bordelais reproduits
par la gravure. 11 mourut jans postérité.
Pour Je plus amples renseignements,
s'adressera son petit-neveu, le marquis
de Galard, au château de Captan, Audi-
gnon (Landes). L. Lédn-Duf'^ur.
•
M. Guédy, dans son '"Dictionnaire des
peintres, le cite ainsi :
Comte Gustave de Gilard, peintre et dessi-
nateur, né au château de Lille, près Lectoure,
vers 1777, Mort à Bordeaux en 1840.
Il a laissé un fils, Georges de Galard, né
à Bordeaux, florissait en 1830.
Le nriusée de Bordeaux possède quel-
ques toiles de ces deux peintres.
Victor Déséglise.
« *
Philippe-Gustave, comte de Galard,
naquit le 18 mai 1779, au château de
risle-Bozon (Gers). 11 fut élevé au collège
de Sorèze. Après la mort de son père
sur l'échafaud àAuch, le 15 avril «793.
il échappa aux gendarmes sous un dé-
guisement féminin, réussit à passer en Es-
pagne et de là gagna avec son frère les îles
Sainte-Croix et Saint-Thomas (Antilles)
y vivant de son art et de ses pinceaux.
Rentré en France lors de l'amnistie des
émigrés, il s'établit à Bordeaux qui devint
sa ville d'adoption qu'il ne quitta plus
que pour aller faire quelques séjours dans
le Gers, chez le marquis de Galard, son
frère, où il a laissé quantité d'études,
d'aquarelles et de sépias.
Formé sans maître, l'œuvre de G. de
Galard est considérable, se rapportant
surtout aux usages, coutumes et costumes
bordelais : trois toiles de lui sont au mu-
sée de Bordeaux, une autre au musée de
Montpellier.
M. G. Labat a publié : Gustave de Ga-
lard, sa vie, son œuvre, grand in-S" Bor-
deaux, librairie Féret, 1896 (ouvrage très
complet;. MM. Pierre Lacour et Jules Del-
pit lui ont consacré une longue notice
dans le catalogue du musée de Bordeaux
(Bordeaux, Vve Duviella, rue Porte Di-
jeaux-iSs^).
Gustave de Galard mourut à Bordeaux
le 7 mai 1841 .
La ville de Bordeaux a donné le nom de
cet artiste a une rue du quartier sud.
Marquis de Galard.
Mêmes réponses : L. Sagf.t ; H. de B. ;
DE MORTAGNE.
Famille de Goret. — (LXVI, 341,
502) — Le collègue La Coussière signale,
d'après jouffray d'Eschevanne^une famille
Goret à Paris.
Les percements de la rue Dante et de la
rue Lagrange ont fait disparaître, il y a
quelques années, lecurieux domicile d'une
famille de ce nom, les Goret de Saint-
Martin.
C'était un logis du cominencemcnt du
xvue siècle. 11 était situé rue de l'Hôtel
Colbert et gardait encore une pittoresque
allure sous la lèpre qui le recouvrait.
Une rampe d'escalier en fer forgé, d'un
beau travail, subsistait encore dans l'aile
gauche au fond de la cour.
Mais la partie la plus intéressante était
cette cour elle-même décorée de bas-reliefs
en plâtre dus au sculpteur Thibaud Pois
sant.
Cet artiste avait obtenu, grâce à Goret
de St-Martin, une çopimande pour la
grande salle de la chambre des comptes
dont il reste deux bas-reliefs replacés au
Palais de justice et attribués longtemps
par erreur à Germain Pilon.
Champvolant.
*
A ce qui a été dit par MM. la Cous-
sière et le marquis de Bellevue, j'ajoute
qu'a cette famille appartenait certain abbé
Goret des Martinais, né à Fougères en
17153, très digne et vertueux prêtre,
d'ailleurs, fondateur à la suite de la Ré
volution, d'une secte anticoncordataire,
dite des Louisets, (soit à cause de leur
fidélité à la mémoire de Louis XVI, soit
parce qu'ils commencèrent à exercer leur
culte dans la chapelle de l'hôpital Saint-
Louis de Fougères), secte ayant plus ou
moins de rapports avec celle de la Petite
Eglise, et qui ne disparut tout à fait
qu'après 1830. P. du Gué.
Le chevalier de Guer (LXV, 333.
c;!3, 666; LXVI. 553, 647). — Contrats
de mariage signés par le roi avant
la Révolution (LXV; LXVI, 99, 198,
300). — Dans l'intéressante note de l'/w-
termcJiaire sur le chevalier de Guer (30
octobre), on raconte comment il défendit,
contre les gardes nationaux, le chevalier
de Silans et sa femme, une bretonne,
Yvonne du Botdéru. Ce n'était pas seule-
ment à titre de compatriote, vis-à-vis de
Mme de Silans, qu'il dut incliner à inter-
1
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
701
venir. Il existait entre eux un lien de
parenté Ils '^taient probablement cousins
au io« degré, suivant notre mode de cal-
cul. Le marquis de Pontcallec se trouvait,
en efïet, cousin au 8« degré de Jacques
René du Botdéru, père de Mme de Silans,
lui-même (ils de Claude, petit-fils de
Paul, arrière-petit-fils de Hycrosme, qui
avait épousé Anne de Guer, d;i Pontcal-
lec, l'arrière'-grand' tante du marquis,
lequel remontait par Charles, son père, et
Alain son grand-père, à Olivier, frère
d'Anne de Guer, Dame du Botdéru.
Je profite de la circonstance pour com-
pléter ma notice sur les Botdéru, au sujet
du contrat de mariage dont il a été ici
question. Victor du Botdéru fut admis
aux honneurs de la cour, le 7 juin 1787 ;
son contrat de mariage fut signé par le
roi et la famille royale, à Versailles, le
29 juin 1788. et le lendemain seulement,
30 juin, par les futurs époux en leurs
hôtels, à Paris. — La signature ne se
donnait donc pas en cérémonie, ainsi que
l'on pourrait l'imaginer de nos jours.
Britannicus.
Hallays-Dabot et Galeron (LXVl,
583). — L'Institution Haliay-Dabot exis-
tait à Paris en 1831 : mon père y était
élève : elle n'avait sûrement rien de par-
ticulièrement musical. }e crois qu'elle
était située rue de la Pépinière à peu près
à l'endroit où se trouve actuellement la
rue Roy : (la rue de la Pépinière se pro-
longeait alors par la rue actuelle de La
Boëtie). A. By.
On trouvera dans V Intermédiaire du
7 mai 1000 (volume XLl, col. 801") ré-
ponse à la question. L'institution Hallays-
Dahot établie, sous le règne de Louis XVl^
à Paris, place de l'Estrapade, distribuait
des prix dont les plats de la reliure
étaient ornés d'un fer à lyre. La lyre
n'était placée là que comme ornement et
emblème de la poésie. G. P. L.
Un portrait inédit de ?.Ime Hans-
ka, p»r Waldmûller (LXVI. 485). —
Sur Waldmiiller (1793-1865) on trouvera
des renseignements dans les chroniques
d'Autriche-Hongrie publiées dans L'Art et
les artistes par William Ritter (Le mou-
vement artistique à l'étranger) notam-
ment en avril et mai 191 1. Cet auteur
30 Novembre i^it
7O2
indique un ouvrage consacré à Wald-
miiller par M. Arthur Rœssler.
Pierre T.
L'impression, un peu hâtive, de cette
question, m'a laissé commettre au sujet
de la li:iison de Mme de Hanska avec son
futur époux, H. de Balzac, une petite
erreur de date, qui mérite d'être relevée.
Ce n'est point en 1835, mais en 1833,
(et même, pour être plus précis, en 1832),
que commença cette longue liaison.
La première des Lettres de H. de Bal-
zac à Mme de Hanska qui soit imprimée
dan'; les' Lettres à V Etrangère, est datée de
<i Pans. janvier 1853 ».(Vid. Paris, Calm.
Lévy, Let. de 1833 ^ '844, 2 vol. in 8°,
1879 et 1896).
Mme de Balzac ne l'oubliait pas, cette
date, elle en parlait même et fort genti-
ment, dans une lettre autographe, que
j'ai là, sous les yeux, (datée de Dresde, je
crois 1« nom de lieu n'y étant pas indiqué)
< le 9 mai i8so » et qui fut par elle
adressée à sa fille, Mme Anna de Mmnis-
zech, née de Hanska, lors du retour des
nouveaux époux de Volhynie àParis, deux
mois après leur union, célébrée comme
on sait à Berditchew, en Russie, le 14*
mars 18^0
Qu'il me soit permis de citer, et même,
un peu longuement, quelques passages
de cette jolie lettre. Elle est vraiment
charmante quoique, par endroits, bien
triste. Sous les larmes qu'on y voit poin-
dre, elle peint bien les qualités de cœur
et d'esprit de son auteur, envers son in-
fortuné mari, déjà si gravement atteint
dans sa santé que, trois mois après,
s'ouvrait pour lui la tombe finale (18
août 1850).
... < Je suis à V Hôtel de Russie . ,. Notre
cher excellent B., malgré son état de souf-
france, court de tous les côtés. Notre Con-
sul Russ^ est charmant pour lui, il l'ac-
compxgne partout, il lui facilite toutes
les affaires. Rien, ni de nos caisses, ni
de nos bagages de la voiture ne sera ou-
vert ! Juge de quelle affreuse perte de
temps cela nous sauve et combien d'em-
barras ceU nous épargne, — Sois tran-
quille, mon cher Ange, pour les chemins
de la Gallicie, ils sont excellents et par-
faitement sûrs, aussi voyagerons nous,
jours et nuits...
« Mon mari revient, dans ce moment.
H- 1347 Vol. LXV.
L'INTBKMÉDIAIPB
703
704
il i fait toutes ses affaires avec une acti-
vité admirable, nous partons aujourd'hui.
Je ne me faisais pas l'idée de ce que c'est
que cet adorable être. )e le connais depuis
17 ans, et, tous les jours, je m'aperçois
qu'il y a une qualité nouvelle que je ne
lui connaissais pas.
« Si seulement il pouvait avoir de la
santé ! Parles en, je t'en prie, à M. Kno-
thé [r] Tu nas pas d'idée comme il a souf-
fert, cette nuit ! J'espère que l'air natal lui
fera du bien, mais si cette espérance me
manque, je serai bien à plaindre, je t'as-
sure. C'est si bon d'être ainsi, aimée,
protégée. Ses pauvres yeux vont aussi
1res mal, je ne sais pas tout ce que cela
veut dire et je suis, par moments, bien
triste et bien inquiète, j'espère te donner
de meilleures nouvelles demain, d'où je
t'écrirai...
« ... Notre bon B. baise tes menottes
et te supplie de ne pas t'inquiéter, qu'il
sera bien dès qu'il aura touché le sol de
la France... Etc. »
Et, à trois mois delà, hélas ! survenait
le fatal 18 Août i8so !
Voyez- vous bien ici comme moi ? J-
trouve qu'elle repose cette honnête petite
♦ page des insanités sans nom, que se laissa
aller à publier, sur cette aimable femme, il
y a quelques années, un grand journal,
d'habitudes bien autrement puritaines, à
l'ordinaire. Ulric-Richa^d Desaix.
* ♦
Georges-Ferdinand Wa'dmùller, né à
Vienne en 1795, décédé en 186";, fut
élève Jj Lampi , commença comme
peintre de portraits parmi lesquels un
des plus fameux est celui de l'Empe-
reur François 1", fut imitateur de
Lawrence, copia avec grande habileté
les anciens maitres à Vienne et à Dresde.
11 existe de lui aussi de nombreux pay-
sages très fmemcnt exécutés, mais il excel-
lait surloiit dans les tableaux de genre.
.Ses peintures représentant des scènes de
la vie de campagne sont d'une fraîcheur
et d'une fmesse exquises. Waldmùller
ayant été remis à la mode ces dernières
années par plusieurs expositions rétros-
pectives, ses tableaux se payaient de*
prix exorbitants. Austriacus.
M. de La VauK (LXV, 97I. — Mon-
sieur Roland Je la Vaulx, étudiant en Sor-
bonne, 2, avenue de Villars, possède une
généalogie fort bien faite de la famille de
La Vaulx.
Le Peletier d'Aunay (LXVl, 288,
458. 648). - Une omission a été com-
mise à propos des armes de Mesgrigny
dans le dernier article publié. 11 aurait
fallu imprimer : et aux 2 et 3 d'argent
au lion Je sable qui est Mesgrigny
Puisque je parle de ces derniers, j'ajou-
terai que le Comté d'Aunay leur était ar-
rivé par le mariage de l'un d'eux avec
une Régnier de Guerchy. Jacques-Louis
de .Mesgrigny, comte d'Aunav, épousa en
1679 Charlotte le Prcstre, fiU: aînée du
maréchal de Vauban. Ils eurent deux fils
Pierre-Antoine, abbé de Cervon, et Jean
Charles, comte d'Aunay, dont la fille uni-
que, Marie Claire Aimée de Mesgrigny,
épousa Louis Le Peletier de Rosambo.
président à mortier au P.'.rlcment de Pa-
ris qui eut deux fils, l^ouis Le Peletier de
Rosambo, aussi président au Parlem.-nt de
Paris, dont la descendance e.siste toujours,
et Louis Le Peletier qui hcrita du Comté
d'Aunay et en prit le nom que continuent
à porter ses descendants qui écartèlent
les armes des Le Peletier avec celles des
Mesgrigny.
D'après un ex-libris fort bien gravé que
j'ai eu le plaisir d'offrir à la regrettée
comtesse de 'v'ibraye née Le Peletier d'Au-
nay, Jean-Charles de Mesgrigny, comte
d';\unay, avait un écu beaucoup plus com-
pliqué. 11 portait en effet écartelé : au i^,
contr'écartelé de France et de Courtenayi
Armes des Courtenay Biéneau ; au 2 parti
d'Etampes et de du Chesnay ; au 3 part
de Giverlay et de Régnier de Guerchy ;
au 4 parti de Spitame et de Le Prestre de
Vauban et sur le tout Mesgrigny.
S. G. L.
Le C'ipitaine Lanoue (LXVI, 584).
— Le scélérat dont il est question dan!
la plaquette citée par M. .-\uribat, bien'
qu'homomme du célèbre Lanoue dit Bras,
de fer, l'un des capitaines huguenots les
plus connus au temps des guerres de
religion, ne parait avoir aucune parentéi
avec lui ni avec aucun de ses descendants,!
ainsi que je viens de m'en assurer en
consultant La France Protestante au nomj
de La Noue.
V. A. T.
'^
I
DiJS CHiiRCHJiURS BT CURIEUX
705
30 Ntvembi'e 191*
706
Marquis de Mondran (LXVI, 535).
— Je rappellerai que le célèbre fermier
général Le Riche Ji la Poupinière épousa
en secondes noces une Mlle de Mondran
originaire du Languedoc.
SiR Graph.
Portrait de Pascal (LXVI 287,357,
504, 650). — D'après M. Cjardias, Di-
vers portraits de Pascal ei des siens, p. 10
(Paris, Champion, 1910), il y a au Cabi-
net des Estampes un Pascal. < from the
original picture by Philippe de Champai-
gne ».
Le portrait de Gilberte Perier est repro-
duit dans cette brochure de M. Ojardias,
p. 15, et dans l'édition des Pensées de
Pascal donnée par M. Gazier d'après le
manuscrit de Port Royal, p. 20 (Paris,
Société française d'imprimerie et de li-
brairie, 1907),
Georges Goyau .
Perier et Casimir Perier (LXVI,
585). — Chérubin-Joseph Beyle, père
d'Henri Beyle (Stenahal), épousa, le 20
février 1781, Caroline- Adélaïde-Henriette
Gagnon, fille du docteur en médecine,
Henri Gagnon, qui devint par suite
l'aïeul maternel de l'auteur du Rouge et
Noir, D'autre part, Pauline-Eléonore,
sœur de Stendhal, épousa, le25 mai 1808,
François Daniel Perier-Lagrange . pro-
priétaire à Grenoble, fi's de François et
de Marie-Louise Lagier. (Edmond Mai-
gnien. La famille Je Beyle-Stettdbal^ Gre-
noble, 1889J. A l'époque où virait Sten-
dhal, les Perier étaient très nombreux à
Grenoble. Sa Correspondance (édition
Bosse, 1908; mentionne neuf Perier diffé-
rents, y compris Casimir, sans que leurs
liens de parenté apparaissent clairement
Dans la ^ie de Henri Brulard, publiée
par Stryienski, Beyle cite « Mlle Marine
Perier, sœur du Ministre Casimir » et
c'est tout. Ce dernier était peut-être cou-
sindu beau-frère(d'Henri), Beyle rCe qu'il
y a de certain, c'est que « M. Perier »
n'était pas < l'aïeul de Stendhal ».
Ad. Paupe.
Aigle au vol éployé, question
héraldique (LXVI, 289, 462, 561). —
Vraiment, mon éionnement est profond
quant au sujet de l'expression, aigle au
vol éployé. On vient prétendre qu'il s'agit
' non des ailes mais de la tête. Où at-on
vu qu'une aigîe peut voler avec sa tête et
non avec ses ailes .•• Du reste qu'est-ce
qu'un vol en blason .<* Deux ailes éten-
dues nous disent les maîtres de cette
science. Aussi quand le P. Menestrier
(qui, quoi qu'on en dise, est une grave
autorité en fait de blason) nous explique
en ces termes la signification du mot es-
ployt^ : « Esployé se dit des oiseaux dont
les aisles sont étendues » il a parfaite-
ment raison.
Gheusi, avec lequel je ne suis pas tou-
jours d'accord, mais, qui s'honore, très
justement, d'avoir eu pour maitre M. Au-
gustin Tailhade, bien qu.; ce dernier ne
soit pas toujours infaillible, dit de son
côté : « Eployé. De face et ouvrant ses
ailes de toute leur envergure ascendante,
a été pris quelquefois mais à tort pour ;
«à deux têtes ». C'e^t pourquoi l'explica-
tion de ce mot donnée par Paillot n'est
pas admissible : elle va, du reste, à ren-
contre des règles de la grammaire
Vulson de la Colombière dont on in-
voque l'autorité, me paraît au contraire
considérer comme une nouveauté le sens
donné au mot éployé pour dire à deux
tètes. « (^yelques auteurs modernes 2^
dit il, non sans un certain dédain ; mais,
pour lui, l'aigle à deux têles, est tout
simplement l'aigle à deux tê •. s, de même
que pour le P. Menestrier et beaucoup
d'autres. On comprendrait encore l'ex-
pression, « au chef parti >, mais le mot
éployé en parlant d'une r.igle à deux têtes,
franchement cela n'a pas de sens.
Il est bien vrai qae l'aigle, qu'il ait
une ou deux têtes a, le plus souvent, le
vol éployé : cependant, quoi qu'en pense
M. Nisiar, il y a de nombreuses excep-
tions.
Aussi, je ne condamnerais point,
comme le fait M. Palliot le Jeune, ceux
qui pour plus de précision croient devoir
dire au vol éployé.
M. du Roure de Paulin ne me plonge
pas dans un moins profond étonnemcnt
quand il vient nous dire que s'il y a trois
pièces dans un écu, elles doivent être
placées, d'après les règles du blason, i
et 2, et que dès lors il est inutile dans
une lecture d'en indiquer la position et
de dire : posées i et 2 ; mais que si elles
sont placées 2 et 1 il faut le spécifier, je
lui avouerai que jusqu'ici j'avais cru topt
N» 1347. Vol.LXV
L'iNTJBRMEDÎAlRii
707
708
le contraire. Je croyais même que quand
elles étaient placées i et 2, il fallait tout
en indiquant leur position, y ajouter l'ex-
pression mal ordonnées. S. G L.
•
» *
je remercie MM.Nisiar et Palliot le Jeune
d'avoir aimablement signalé le lapsus ca-
lami que j'ai commis page 462. je suis
tout à fait de l'avis de ces savants héral-
distes. Trois pièces ou meubles dans un
écu doivent cire rangées deux et un :
quand elles sont mises un et deux, c'est
anormal, elles sont dites alors mal ordon
nées et il faut le signaler.
le pourrais dire, suivant l'habitude
de certains auteurs, que si on voit le con-
traire dans la colonne 462 de X'intermé-
dtaire^ c'est parce que le prote a mal
composé mon texte. Mais comine l'inter-
version des chiffres est répétée deux (ois,
il est probable que c'est moi qui ai eu
une distraction en rédit;eant ma note et )e
m'en excuse auprès de tous mes collè-
gues. Baron du Roure de Paulin.
La plume Secrétaires ce la mnn
(LXVl, 342,478). — A une époque où les
tampons à encre humide n'étaient pas
inventés, et où la paperasserie chère à
nos administrations régnait déjà, le nom-
bre des pièces à signer par le Roi était
considérable. Aussi nos monarques, pour
éviter cette corvée, possédaient des Secré-
taires de 11 main, c'est-à-dire des gens qui
avaient la main ou la plume du Roi et
étaient chargés de signer pour lui et
d'écrire des lettres à sa place ; le plus
souvent toutes les lettres de politesse
émanaient d'eux
En comparant à différentes dates les
signatures de Louis XI et de Charles VIll,
on voit que les secrétaires de la main
existaient déjà. Aux Archives Nationales,
sur un millier de pièces comptables si-
gnées « Françoys », il n'y en a peut-être
pas une qui soit réellement de la main
de François \^^.
Les lettres d'Henri iV, qui ne sont que
des lettres de politesse ou des lettres de
pure formalité, sont presque toutes de
deux secrétaires de la main.
On raconte que le président Rose con-
trefaisait si bien l'écriture de Louis XIV,
que ce Souverain s'y trompait lui-même.
Baron ou Roure de Paulin.
Titres sous l'Anciçn Régime
(LXVl, 9:5, 361. 461, 1514, b04). — Une
légère faute d'impression rend incompré-
hensible un passage de ma dernière notice.
P. 005, ligne II (en commençant par
le bas), il faut lire : « leur nationalité dé-
signera le clan [et non la classe], le
groupe auquel ils doivent allégeance,
toute opinion intellectuelle à part. «
11 est facile de se rappeler ici, par exem
pie, les anciens clans d'l:cosse et les
clans politiques de la Corse actuelle. Pour
les Ecossais, notamment, au lendemain
de la terrible répression de 174s, Pilt
sut gagner plusieurs chefs de clan, et
leurs hommes les suivirent sans discuter
au Canada, pour se battre contre nous,
en faveur de l'Angleterre.
La Démocratie tend aussi à s'organi-
ser en clans. Un sous-préfet, cité par un
journal républicain, présente dos électeurs
à son préfet. « Quelles sont les opinions de
ces Messieurs ? >> dciroande le haut fonc-
tionnaire. — « Ces messieurs sont avec
nous. » Britannicus.
Noms des habitants des Etats-
Unis. — LXV, ISO, 317, 367, 467,
559, 706, 7^6, 849 ; LXVl, 18, 665).
Comme les lecteurs de Vlniermédiaiie
ont dû le penser, je sais trop bien l'an-
glais pour avoir écrit dans mon aiticle
paru vol. LXVl, 665 : The is a »îj».j'avais
mis, naturellement : a 'ivomin. Il y a eu
une erreur typographique M. des P.
Distique latin à identifier (LXVi,
7, ib2, 224, 321, 46b). — Assurément
Jean Owen n'est pas l'auteur de ces vers
qui ne se trouvent pas dans ses Epigram-
w«. D'ailleurs le premier livre dOwen,
« Epig ramma tu m libri très», ne parut qu'en
1606 (à Londres), et le distique « Quid fa-
ciès .. » est dans 1' « Aenigmatographia > ,
de N<colaus Reusnerus, Pars 11, imprimé à
Francfort en iboi, comme je l'ai déjà in-
diqué à la p 224. Edward Bensly.
Une poésie pittoresque de Geor-
ges Bussière (LXV, 343, 518). — J'ai
connu M. Georges Bussière. 11 assistait,
tn 1905, au banquet du Congrès préhis-
torique de France, qui eut lieu à Brantôme
le 29 septembre 1905.
A ce déjeûner, où il y avait près de
cent personnes, M. G. Bussière lut quel-
DES CHERCHEURS BT CURIEUX
709
ques vers d'une belle poésie sur le Dol-
men d< Brantôme. Cette pièce de vers a
d'ailleurs été publiée sous le titre de Pierre
Levée (Poème). Elle est dédiée à M. Jules
Claretie et cette dédicace déclare qu'au-
teur et directeur de la Comédie-Française
ont un même ancêtre : < Le Troglodyte de
la Vézère » !
J'ai, à l'heure présente, sous les yeux
celte plaquette, qui débute ainsi :
Assez des vieux donjons, assez des cathé-
[drales. ..
M. G. Bussière (sans s final) était un
excellent homme, des plus érudits, et
poètv; fort délicat II connaissait admira-
blement son pays. C'est d'ailleurs lui qui
pilota dans sa ville le Congrès, lors de
notre passage 11 nous retraça avec feu
l'histoire des fameuses grottes ornées de
curieux bas-reliefs, datant du xvi* siècle
et sculptés dans le rocher même ; on sait
qu'ils représentent le Jugement dernier !
Quelle foi, quel artiste, et quel brave
homme 1
Marcel Baudouin.
Mont Pagnotte (LXVÎ, 187, 324,423,
567). — Nous somm.es loin de prétendre
dire le dernier mot sur le Mont Pagnotte,
mais nous tenons à dire : i" que nous
avons longtemps cherché la plus ancienne
carte mentionnant le Mont Pagnotte et
que c'est la carte de M. de la Vigne faite
en 1724, qui le porte la première. Cela
coïncide avec le percement des nouvelles
« route, de chasse » du commencement
du règne de Louis XV. Cette élévation de
terrain portait simplement le nom de
Haut Merdun antérieurement sur les
cartes plus anciennes.
2° qu'aucune charte avant 1572 ne le
mentionne, même sous un nom latin dé-
guisé ;les « mons pugnœ ou pugnatoria »
ctc, ne sont que des suppositions sans
l'ombre de documents.
3° que diverses personnalités du pays
ont cru que l'ancien nom du Haut Mer-
dun était « L'homme Mort > ; erreur, et
cette erreur vient du fait que le chemin
de la Montagne qui part du pont Saint-
Maxence et arrive à Yvillers après avoir
changé deux fois de nom en route(chemin
du Belvédère et chemin de l'Homme
mort) passe au planier du Mont Pagnotte.
Dès avant 1724, L'Homme Mort était le
nom donné à l'enceinte face à Yvillers et
3'> Novembre 1911
— • 710
contenant le piton d'Yvillers, moins élevé
que le planier du Haut Merdun,
4° que nous avons omis de citer un ou-
vrage intéressant à ce sujet, Lei Causeries
du Besacier, par le vicomte de Caix de
St-Amour, i"* série, où un chapitre spécial
est intitulé « Autour du Mont Pagnotte >
(p. 199). Le passage du duc de Broglie y
est cité et celui du marquis d'Argenson.
Une seule chose nous étonne dans cette
étude, c'est que M. de Caix n'ait envisage
le terme « pagnotte » que comme qualifi-
catif au lieu d'envisager le sens ordinaire
donné à l'expression « mont pagnotte » ;
ce sens de « lieu dominant », nous paraît
avoir été donné officiellement au nom
propre en 1724 ; il n'était sans doute
qu'une traduction de la dénomination po-
pulaire, puisque M. de la Vigne l'ortho-
graphie à tort « Monpagnotte > ; il
est vrai que la faute en est peut-être à son
graveur, mais La Vigne n'en est pas moins
responsable.
Cette élévation était bien connue de la
Cour, non seulement parce qu'on la voit
de tout le pays au loin, mais encore parce
que la Cour passait deux fois par an en
vue de cette hauteur, lorsqu'elle suivait la
route de Flandre en allant séjourner à
Compiègne ou en revenant.
G. DE Marolles.
Joachim (Prononciation) (LXVI,
588). — Cette question a été traitée dans
V Intermédiaire.
Voir XXVIl, 522, 703, XXVlll, 64.
11 résulte des réponses faites que la
prononciation kime est latine, italienne,
espagnole et que la prononciation chin
est française. G, Lantz.
«
» ♦
Col. 588, ligne lo, on a imprimé « ce
prénom était celui de la sainte Vierge >
au lieu de < celui du père de la sainte
Vierge 2>. D. R.
Origine du nom de Mistinguett
(LXVI, 194, 471, 567). — 11 reste main-
tenant à chercher quelle est la significa-
tion du mot « Mistinguette », refrain, a-
t-elle dit elle même, d'une chanson, et
qu'elle a pris comme pseudonyme ? J'ai
déjà dit que je crois le mot ancien ;
mais quelle est son origine ?
Mauricb Charpentier.
N 1347, Vol. LXVl
L'INTERMEDIAIRl
1 1
712
MlleMistinguett, l'artiste bien connue de
nos musics-halls,etdes théâtres parisiens,
est née Jeanne Bourgeois. A. Patay.
Le8 usuriers de Cahors. — La ques-
tion a été traitée dans V Intermédiaire en
1906 ; si nous y revenons, c'est que le ha-
sard, cette providence des chercheurs, à
laquelle les intcnnédiairisles doivent
« de fières chandelles », nous a fait ren-
contrer une dissertation historique sur les
uiurien de Cabors qui a ceci de particuliè-
rement curieux qu'elle émane d'un cadur-
cien nomme Lacoste-Glandière, victime
d'un de ses compatriotes, le sieur B.. ,qui
perpétuait, en 1809, la profession, avec
une âpreté digne des vieux ancêtres.
Lacoste-Glandière, ruiné, battu en jus-
tice et pas content, adressa lettres sur
lettres aux ministres de la Justice et de la
Police qui ne l'écoutèrent point, lança
factum sur factum contre B... et les ma-
gistrats, toujours en pure perte.
C'est d'un appendice à son dernier mé-
moire, imprimé en juillet 1809, que nous
extrayons le passage suivant.
Nous devons faire remarquer que l'au-
teur, au début de son factum, prévient le
lecteur qu'il < ne vise point au style aca-
démique > ; remarque et précaution qu'on
jugera assurément superflues
Léonce Grasilier.
Juillet 1809,
L«s habitants de Cahors ont toujours ^t^
très misérable». On trouve dans les anciennes
Géographies, Cahors, ville très-pauvre. De là
vient que les usuriers qui s'engendrent et
croissent dans la misère, comme les insectes
dans la corruption, étaient acclimatés dans
cette ville, longtemps avant le la» siècle.
Quoique depuis cette époque on ait abattu
les arbres qui couvraient les montagnes qui
dominent la ville de Cabors, et qu'on les ait
défrichées, le climat n'a pas changé, les usu-
riers sont toujours très nombreux dans cette
Tille, et y jouissent, grâces à Dieu, d'une
parfaite santé. En 1177 un habitant de Cahois
nommé Jean Latuca, dont les ancàtres qui
avaient eu la banc rompu, (bancorotto),
étaient venus s'établir d'Italie dans cette ville,
pour y faire la banque, ou, pour mieux s'ex-
pliquer, le métier d'usurier ; Jean Latuca,
pour soutenir l'honneur de sa famille, fut,
comme sosie, marqué parJerriere, pour avoir
été trop homme de bien. Après avoir fait
amende honorable, demandé pardon à Dieu,
%\i roi et à la justice, il fut se réfugier à Flo-
rence, avec quelque» autre» habitants de Ca-
hors, qui, comme lui, s'étaient brouillés
avec la justice. Les uns et les autres devin-
rent bientôt fameux par leur usure, et fu-
rent appelés à Florence les Cahorcins ou Ca-
hourcins, comme on appelait avant la Révo-
lution Française, Champagne, Saintonge, Lan-
guedoc, des marchands qui venaient s'établir
d'une province dans une autre. Les Cahor-
cins se répandirent de Florence dans toute
rilalie ; et quelque» uni de leurs descen-
dants revinrent dans la ville de Cahors, au
commencement du 13' siècle, et furent par-
tout connus sous le nom de Cahorcins ou
Cahourcins.
Les Cahorcins, fameux par leur usure,
devinrent !>i nombreux, que, ne trouvant
plus de victimes à immoler dan» les endroits
qu'ils habitaient, un grand nombre se ré-
pandit comme un torrent, en 1237, dans le
reste de la France, en Angleterre, dans les
Pays-Bas et en Sicile. Henri III les chassa
d'Angleterre en 1340. Le pape Gréjfoire VIII
ayant intercédé pour eux, dix ans après ils y
revinrent, et furent chassés une seconde fois
en lajl, l'année après leur rétablissement. En
1260 Henri lil, duc de Brabant, ordonna par
son testament, qu'on les chassât aussi de ses
Etats. £n ia68,St-Louis fit contreles Cahor-
cins un Edit sévère, au point qu'on les enle-
vait dans les rues, à proportion qu'ils parais-
saient. De là est venu cette manière de parler
proverbiale :
€ Enlevé comme un Cahorcin > , et par
corruption, comme un corps sair;t. Les ca-
horcins, ne pouvant plus se produire nulle
part sans être arrêtés ou chassés, revinient
dans la ville de Cahors, et y continuèrent leur
infâme trafic. Le cardinal Valentin, pour
mettre un frein à leurs brigandages, préleva
sur eux tant de giosses amendes, qu'il fit
bitir à Cahors sur le Lot, et à leurs dépens,
le pont de Valentres, qui existe encore
•ujourd'hiii, c'est pourquoi le vulgaire dit que
ce pont a été bâti par le diable.
Le p-^pe Jean XXII, qui aimait passablement
l'argent, touché da compassion sur le sort
des Cahorcins, ses compatriotes, qui étaient
poursuivis partout, à cause de leur excessi-
ve usure, les envoya à Rome en 1317,
l'année après son élection. Les Cahorcins
soutenus par le pape, ne mirent aucun frein
à leurs brigandages. 'Voilà pourquoi le Dante,
poète italien, qui, en 1311, mourut de mi-
sère à Ravenne, place dan» son enfer les
usuriers de ia ville de Cahors. En attendant
que ceux qui existent encore aujourd'hui
dans cette ville, aillent occuper la place que
le Dante leur a assignée dans l'autre monde,
il faut espérer que S. M. Impériale et Royale,
qui ne veut que le bonheur de ses sujets, en
peuplera les bagne* de Brest, Toulon et Re-
chcfort.
7
..JÈUU
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Novembre 19 11
7»3
7M
Topographie française par Claude
ChastiUomLXV. 778; LXVI, 35, 161).
— 11 est fâcheux que M. Alex n'indique
pas les régions où se trouvent les loca-
lités qu'il cherche à identifier ; en com-
pulsant les cartes de l'époque, dont l'or-
thographe est souvent fort éloignée de
l'orthographe actuelle, on pourrait peut-
être retrouver quelques noms.
En tous cas, les Evelle* sur la rivière
de Meuse s'appelle aujourd'hui les Ay-
velles (entre Mézières et Sedan) ; il y
avait même en ce point, il y a une ving-
taine d'années un fort ; j'ignore si ce fort
a été déclassé. •
Pierre T.
Quel est l'auteur de la brochure :
« Coname quoi Napoléon n'a jamais
existé > (T. G., 629). — C'est en mai
1836 que Le Cabinet de lecture et Le Vo-
leur ont publié chacun le même extrait de
cette brochure, mais dans aucune de ces
Revues l'auteur est nommé. ,;
Bien au contraire Le Cabinet de Lecture
2 fait précéder son article de la note ci-
après :
Nous avons sous les yeux une petite bro-
chure fort originale, imprimée à Agen, où
l'auteur qui ne se fait pas connaître prétend
prou%-er par les plus bizarres et en même
temps les plus spirituels raisonnemens que
Napoléon n'est qu'une allégorie.
C'était bien M. Balath^er de Brage-
lonne qui était le directeur littéraire du
Cabinet de Lecture qui paraissait concur-
remment avec Le Voleur. Quand ces
deux Revues fusionnèrent pour n'en for-
mer qu'une seule : Le Voleur-^ M. Balathier
de Bragelonne en devint le directeur peu
après cette fusion. G. Lantz,
Brenet (LXVI, 344). — Brenet, Bré-
nier et Brénot sont : 1° les formes de Ber-
net, Bernier et Bernot. 2° les formes de
Brunet, Brunier et Brunot. Ainsi, Brénot
signifie « Bœuf brun ». Roquefort dit
'< Bœuf d'un rouge brun ». 3° Les dérivés
de s< bren » qui fait « embrener ».
« Les Brenets ». Domaine de Brunet
nom de lieu (Jura).
« Brunetière » Domaine de Brunet nom
de lieu (Ouest).
Aimé Thouvenin.
Siffler au disque rouge (LXV, 693'
LXVI, 29). — La couleur blanche ne joue
aucun rôle dans les signaux de chemins
de fer, contrairement à ce qu'a dit C. R.
dans sa réponse (LXVI, 29)
L'article 12 du « code des Signaux »
dit : Le disque ou signal rond peut pren-
dre deux positions par rapport à la voie
qu'il commande : « perpendiculaire » ou
« parallèle ». Le disque fermé, c'est-à-
dire présentant au train sa face rouge
« perpendiculaire » à la voie, le jour, ou
un feu rouge la nuit, commande l'arrêt.
Le disque effacé, c'est-à-dire disposé
< parallèlement » à la voie, le jour, ou
présentant un feu blanc la nuit, indique
que la voie est libre.
(On entend ici, par feu blanc, une lu-
mière vue à travers un verre incolocej.
Par suite, le mécanicien ne peut aperre-
voir la face blanche du disque.
Aimé Thouvenin.
Kerr (LXV, 646; LXVI, 73). — La dé-
finition de ce mot donnée par M. Cor-
man, ne répond pas à ma demande (LXV,
646).
Je signale que dan'^ ma demande pré-
citée on doit lire : « Cayolar » et non
Cagolan ; « Habert » et non Hubert.^
Aimé Thouvenin.
La chevelure des musiciensr
(LXVI, 440). — D'un articule de M. Henri
de Parville, i'extrais ces passages plutôt
humoristiques qui répondent à la ques-
tion posée :
La musique exerce une action manifeste
sur le système nerveux, et le système ner-
veux peut lui-même agir sur la nutrition de
nos tissus ; on peut donc en conclure que
d'une façon générale la musique possède une
influence sur l'indivi>lu physiologique.
La proportion des individus chauves est
de II p.c pour les professions libérales, avec
aggravation pour les docteurs anglais qui
semblent détenir le record de la calvitie, avec
le chiffre élevé de 30 p.c.
Ce sont les musiciîns qui ont été surtout
passés en revue ; ceux là sont chauves aussi
dans la proportion de i i p. c ; seulement
chez les instrumentistes l'influence des vibra-
tions musicales se fait sentir dans deux di-
rections opposées selon l'instrument, ainsi
tandis que les instruments à corde prévien-
nent, et arrêtent la chute des cheveux, les
instruments de cuivre excercent la plus fatale
action sur le cuir chevelu.
N* 1347 ^o'- LXVI.
Le piano et le violon, le ' rincipale-
iiient ou! une action ron'- indénia-
ble . les hommes ri-'nistcs o.t tous une che-
velure y>aÏ3nne,
Le violoncelle, la harpe, Ij contreb.i.-se ;
participent Hes effets ph'îocomes du piano,
le hautboii est inférieur h U contrebasse, la
clarinette, la flûte ne possèdent plus qu'une
action aiténuee ; et vers I.1 inquanfaine les
cheveux s ecbiicissent liés sensiblement.
Réciproquement Là cuivres sont déplora-
bles, le cornet à pist 11, le cor d'harmonie
détériorent l'homme le plus chevelu avec
une sûreté et une rapidité surprenante, le
trombone est 1 instriKi;enl le plus nifaste pur
excellence ; en cinq ou six années l'instru-
mentiîte le plus chevvlu a peidu ai: moirs
60 p. c. de S'js chvveux ; on donne à ce résul-
tat désagréable îe nom de calvitie des fan-
lares ; parce que lo mal sévit, sntiout parmi
les mnsicens de régiment.
Pour quelle raison le trombone hàte-t-il
b chuto de ces chcvîux et le piano l'jrrê**-
t-il ? on n'en sait rien Action des vibrations
et influence du timbre mus csl, c'eît certain ;
peu impoite la ciuse eriacte si le tait est réel :
pour se convaincre il n'y a qu'à examiner le
crâne des musiciens d'un oichestre, c'est fa-
cile ; et dans un orchestre il y a beaucoup
d'exécutants ; parmi ceux-ci il n'y a pas
beaucoup de trombones, il sera donc ficile de
contrôler. '
Il n'y a pas seulement que les musiciens
ayant.une abo: dante chevelure : l'on pjut
même observer chez la plupart des passion-
nés de musique, ne manquant aucun drs
concerts en été comme en hiver, sar-.s oublier
des repr isentaticns d'opéra et d'opéra-comi-
que, même à leurs répétitions : et ce tont
P. CORMAN.
Enseignes littéraires des ooiflEeurs
CLXVl, ^bi, 'J19). — Jvi me rapp^jHt fort
bien que dans mes jeunes années, à une
époque où la Porte S:iint-Denis n'était pas
': comme aujourd'hui, et où elle
^... .1 ^n quelque sorte encaissée entre un
groupe de maisons qui terminaient la
rue du faubourg Saint-Denis, il y avait a
gauche de la Pi.-rte (en venant du houle
vard), une boutiqiu; de perruquier-coif-
feur, dont la porte vitrée était garnie d'un
store rcpré^entant Absdlon arrêté dans sa
tuile par un arbie auquel ses longs che-
veux l'avalent accro .hé. Au-dessous de
l'image, le perruquier jovial avait placé
ce quatrair. :
Passant, cor.l nrple la douleur
D'Absaloti pendu par la nuque ;
.'l.-viJJKAlBDiAlilr'vi;
„ ^10 -.
Il eût évité ce malheur
S'il vùi parte perruque.
je suis peut-être le seul Parisien qui ait
conservé ce souvenir ; mais il est encore
1res précis dans ma mémoire, et je crois
bon de le rappelé.', parce que ce sont ià
les petits côtés de l'histoire pittoresque
de Pans.
A P.
Les enseignes de la rue de Rivoli
(LXVl, 89, 272. 502,
Celte qiics'i
a eie, dès le début dos constructions de la
rue de Rivoli et de la rifc Castiglione,
l'objet de nombreuses réclamations, soit
de !a part des commerçants, soit de la
part du ffuhlic ; elle a donné lieu à une
volumineuse correspondance éghangce
entre le iViinistère de l'Intérieur, le Minis-
tère de la Maison du Roi, la Préfect ire de
la Seine et la Préfecture fle Police.
Vlyiiennédiaire a pu^Fé une petite ;;ir-
tie de cette correspondance et un ex'.r:iit
du cahier'des charges imposées au\ ad-
judicataires des terrains, mais, pour cc'ai-
rer définitivement les débats, il me parait
utile d'y verser d'autres documents.
1p ferai observer, tout d'abord, que le
§ 6 du cahier des charges doit être com-
plété comme suit :
L'adjudicataire du présont lot ne pourra
mettre aucune peinture, ocriteau ou enseigiT'S
indicatives de la profession de celui qui
occupera, sur les portiques ou façades qui
décoreront les maisons sur les rues de Cnsti-
•rjione et cie Rivoli ; il seya te}iu de laisser
libre c publique, dmi tous les te» ps de
lann'e, cf à t^cypètnité, h, na'erie, r<ûn^
pouvoir, sous aucun pyt'text^' qu/^ ce soit, en
itiierroinp c la libre circula/ion, ni ériger
de planchers à la hauteur de ceux de l'en-
tresol.
Cette clause fut immédiatement violée
par les premiers propriétaires qui fermè-
rent les iircades par des grilles et qui hrs-
sèrent les boutiquiers installer des
bleaux, des enseignes, etc.
Les plaintes et les réclamations
afllucrent aussitôt, et les grilles, furent
supprmiées. Il n'en fut pas de même des
enseignes qui se multiplièrent, et le préfet
de police dut saisir l'autorité supérieure.
Celle ci pencha d'abord pour la tolérance
et invit^^ le préfet de police à étudier la
(ES C HkBCBiJlîKi El CURiiiUX
30 Novembre 1912
7»7
718
question avec bienveillance. Le Préfet
consulta l'inspecteur delà voirie qui lui
adressa le rapport ci-après :
Lorsqu'on a construit la ruo de Rivoli, on
a voulu avoir une siiiio de bâtiments qui
accompagnât le Palais des Tuileries il ne
fallait pour cela, aucune tache sur ces bâti-
ments, aucun petit detiil ; la décoration de
toute la rue devait êire uniforme, et c'est
pour cela qu'on i imposé commL.' condition
à la vente des terrains qu'on ne mettrait au-
cune peinture, écriteau ou enseignes sur les
façades ou portiques.
Tolérer ce que le cahier des c>iarges a
formellement défendu, c'est introduire les
abus; et la réforme des abus loisqu'ils sont
devenus intolérables est une résoluiion qui
froisse les intérêts d'un grand nombre d'in-
dividus.
Je ne peux donc pas partager l'opinion de
M, le baron Mounier qui voudrait que, pour
accélérer la construciiou des bâtiments i^e
la rue de Rivoli, on sut lifât des tableaux
ou enseignes, à condition, toutefois, qu'ils
n'auraient aucune saillie.
Un tableau en saillie ne sera pas une tache
pius sensible sur ies bàtimenis qu'une pein-
ture rouge, verte ou jaune et, à cet égard, h
décoration de la rue des Colonnes qui n'a pas
d'enseignes saillantes n'en est pas moins dé-
truite par les couleurs dont on a barioiélesco-
Icnnes.
Si on tolère les enseignes, et qu'on ait encore
le projet de faire revivre un jour les clauses
du contrat de vente des terrai::s, n'est-ce
pas tromper les propriétaires et les locati.i-
res qui auront fait des frais ou loué dans la
persuasion qu'on leur permettrait de faire ce
qu'ils voudraient
Je dis oUis. Si en tolère les enseignes ou
tableaux, on ne pourra pius les faire détruire.
A une enseigne modeste succédera un tabicau
en saillie ; celte saiI ie augmentera à chaque
mutation, et bientôt Its £rcades,les piliers et
les murs serontcouvertsd'inscripticnset d'en-
seignes qui en cacheront toutes les piopor-
lions.
1! est certain ue si on lai-^se subsister tes
enseignes qui déparent les maisons construi-
tes et qu'on défende d'en placer d'autres, les
boutiques frappées de cette défense ne pour-
ront plus se loier Une marchande de modes
s e-t établie rue Je Rivoli, eiie a fait pbcer une
enseigne ; à peu de distance, une autre m.'.r-
chande de modes a loué.mais ayant demandé
la permission défaire placer son enseigne on
la lui a refusée ; ede veut se retirer parce
qu'elle cr^^int que les personnes qui vou-
draient venir chez elle ne soient trempées
par les t.ibleaux de sa voisine. On ne peut
donc pas refuser de nouvelles enseignes si
on laisse subsister les anciennes et si on ne
veut pas que cette me devienne aussi bigar"
rée que le Palais-Royal, il faut, pour éviter
lei plaintes des gens qui s'établiront, faire
supprimer tout ce qui -st contraire aux clau-
ses du cahier des charges. Alors, les mar-
chands n'ayant aucune rahon de craindre
leurs voisins se contenteront d'écrire sur les
carreaux de leurs boutiqi!.;s, et les hôtels gar-
nis sur les panneaux de leurs portes.
Sans doute, si on laissait subsister les an-
ciennes enseignes et qu'on défendît d'en
étiiblir à l'avenir, cette ditfuulte nuirait à la
location des boutiques nouvelles, et, par
conséquent, à la construction de nouvelles
maisons, in.iis si on ne voit aucune ensei-
gne, je ne puis croire que limpossibilitéd'en
établi--, empêche les cipitalistes de faire une
spéculation ni les marchands de s'établir
parce que je suis persur.dé d'après tout ce
que disent les gens en boutique, qu'ils ne
font autant de frais que pour ne pas rester
en arrière de leurs confrères, et qu'ils auront
encore assez de moyens de se faire distinguer,
soit par l'arrangement de leurs montres, soit
psr une enseigne ultéiieure ou peinte sur
leurs vitres.
Sous le rappoiL de la police, il me semble
qu'il y a un grand avnntr^'; à se renfermer
dans la stricte observation des lois, régle-
aiurits el ordonnances. Peur peu qu'on s'en
écarte, les abus croissent sous les pas avec
une promptitude qui met dans l'impossibi-
lité d'en arrêter le cours.
Ainsi, au Palais-Royal il faut transiger
avec les marchands. Dans les rues, l'abus est
devenu si intoléiabi-- -n'on est obligé d'avoir
recours à une ordoiuiance du Roi, et que de-
puis six ans, on aitend le moment de la solli-
citer sans oser en venir à cette extrémité.
Ne pouvant pas croire qu'on ait l'intention
de renor.cet pour jani-^is à la régularité de la
rue de Rivoli, bien convaincu que, si on
laisse faire les marchands, ccUe rue ne pré-
sentera bientôt que le spectacle de la rue
St-Honoré, spectacle indigue du palais des
Tuileries et du Jardin dont elle lait pour
ainsi di.e partie je pense que, pour empê-
cher les maichands de dénaturer les décoia-
tions de cette rue, pour conserver aux bâti-
ments le caractère qu'on leur a donné pour
en faire un accessoire des Tuileries, il est
indispensable le reiuser toute demande
contraire aux conditions du cahier des char-
ges, et de faire retiier sur le champ toutes
les enseigi.es qu'on y a placées makré ces
conditions.
Signé :
Rahault.
28 mai i8i8.
M. Rahautet le Préfet de Police ne de-
vaient obtenir satisfaction que 5 ans plus
tard. En effet, pendant ces cinq années, le
N« 1347 Vol. LXVI
719
Préfet de Police fut assez embarrassé, car
d'un côté le Ministère de la Maison du
Roi l'invitait à laisser les choses en l'état,
et de l'autre le Ministère de l'Intérieur lui
reprochait son inertie.
C'est en 1823 seulement, que le Minis-
tère de la Maison du Roi se décida à ne
plus s'occuper de cette affaire en se décla-
rant incompétent.
A la suite de la lettre du 12 février
1833, découverte par M. Léonce Grasili;;r
aux Archives, le baron Mounier fit con-
naitre au Préfet de Police qu'il adoptait
son opinion, et le pria de lui communi-
quer un projet d ordonnance qui fut
approuvé.
M. Delavau rendit donc, le 15 octobre
182?, une ordonnance qui régla définiti-
vement la question, et qui est encore en
vigueur aujourd'hui.
Nous la reproduisons à titre de conclu-
sion.
Paris le 13 octobre 1823.
Nous, Conseiller d'Eiat, Préfet de Police ;
Considérant 1° que les galeries des rues
Casliglione et de Rivoli sont un passage livré
au public ;
Que cette destination est établie par les
termes exprès des contrats de vente des t«r-
rains sur lesquelles on a construit les mai-
sons riveraines debdites rues ;
Qu'sn conséquence, les propriétaires et lo-
cataires de ces maisons sont, de droit, assu-
jettis aux lois et règlements relatifs à la sû-
reté et à la liberté de la voie publique ;
Qu'indépendamment de ces lois et règle-
ments, ils sont assujettis par leurs contrats,
à deux conditions particulières qui tendent
au même but ;
Que, notamment, il leur est interdit de
mettre aucune peinture, écriteau ou ensei-
gne sur les façades ou portiques des maisons,
et qu'ils sont tenus de laisser libre et publi-
que; dans tous les temps de l'année, et à
perpétuité, la galerie, sans pouvoir, sous au-
cun prétexte, en interrompre la circulation,
ni ériger le plancher h la hauteur de ceux de
l'entresol ;
3° Qy'au mépris des règlements généraux
da police concernant la liberté et la sûreté
de la voie publique, et des conditions énon-
cées aux contrats de vente, des propriétaires
ou locataires des boutiques situées dans les
galeries, se so it permis et se permettent
d'établir des étalages, monties, tableaux et
auties objets en saillie, et que d'autres, occu-
pant les logements supérieurs, ont égale-
ment établi des tableaux ou autres objets en
saillie des murs de face donnant immediate-
DQsnt sur les rues Castiglione et de Rivoli,
L'INlËRMBDIAIRii
720
Vu la loi des 16-24 *°ût 1790, titre XI,
art. \«' ;
L'art. 471 § 3, 4, 5 et 6 du Code pénal ;
Les ordonnances de police des 16 août
1819 et 90 août 1811, concernant les gale-
rie? du Palais-Royal et les passages livrés au
public sur propriétés particulières ;
En vertu de l'arrêté du Gouvernement du
I 2 messidor an Vlll ;
Ordonnons ce qui suit :
1 . Il est défendu d'établir sous les gale-
ries des rues Castiglione et de Rivoli, des de-
vantures de boutiques, tableaux, montres,
enseignes, étalages ou autres objets en saillie
du nu des murs de face intérieurs desdites
galeries, et d'appliquer contre les murs de
face des galeries, opposées aux boutiques, au-
cun objet quelconque pouvant gêner ou res-
treindre la circulation et occasionner des ac-
cidents ;
11 est pareillement défendu d'établir aucun
objet en saillie du nu des murs de face exté-
rieurs donnant immédiatement sur les rues
Castiglione et de Rivoli.
2. Dans huit jours, à compter de la pro-
mulgation de la présente ordonnance, seront
supprimés et eulevés toute espèce d'ojets en
saillie établis contrairement aux dispo:itions
de l'article précédent ;
3 H est défendu de faire dans les galeries
dont il s'agit, aucun dépôt de marchandises,
d'y faire travailler si ce n'est aux réparations
des bâtiments, d'y placer des tables, chaises
ou autres objets qui pourraient gêner la cir-
culation.
4. Il est défendu de déposer sur les croisées
et entablements donnant sur la rue, des cais-
ses, pots à fleurs, et autres objets pouvant
nuire par leur chute.
5. Les propriétaires, principaux locataires
et sous locataires des maisons et boutiques
dépendant des galeries, seront tenus de ba-
layer ou faire balayer tous les jours, chacun
au droit de soi, et aux heures prescrites par
les règlements, le sol desdites galeries, et de
porter ou faire porter dans la rue adjacente,
les ordures provenant du balayage.
6. Les propriétaires de ces maisons seront
l'galement tenus, chacun pour ce qui le con»
cerne, de faire réparer avec soin les enfonce-
ments et autres dégradations qui surviendront
au sol des galeries, à l'effet de prévenir les
accidents.
Le Conseiller d'Etat, Préfet de Police,
DfcLAVAU.
Eugène Grecourt.
Lt Dinclcur-£erani .
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Fondé en 1864
QUESTIONS ET RÉPONSES LITTÉRAIRES. HISTORIQUES. SCIENTIFIQUES ET ARTISTlQUhS
TROUVAILLES ET CURIOSITÉS
721
Nous prions nos corresponJanis de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
de leur pseudonyme, et de n'écrire que
d'un côté de lafeuille. Les articles ano-
nymes ou signés di pseudonymes inconnus
*ie seront pas imkrés.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou un
seul objet.
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Quand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauf exception^
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom on U
titre d'une famille non éteinte.
pour 100 unités, ce qui représente un peu
plus de 18 pour 100 ».
La presse fait ainsi une distinction ;
qu'en pensent nos collaborateurs ?
Le masque de Charette. — On lit
dans la Liberté du 28 novembre 1872 :
Le docteur Hess a fait don au musée Du-
puytren du moule en plâtre de la tête de
Charette le général vendéen. Des pièces cons-
tatent l'authenticité de l'objet.
due sait-on de l'histoire de ce
que ?
mas-
ailluedttan$
Qu'est-cequ'un Turc? —«Voilà, on
peut le dire, une question d'actualité brû-
lante. Tout sujet de Mahomet V est-il un
Turc .? Il s'en faut de beaucoup. Tout su-
jet de Mahomet V est Ottoman. Mais ne
peuvent prétendre au nom de Turcs aue
les conquérants venus de l'Asie qui en-
vahirent l'ancien empire d'Orient et pri-
rent,en i453,Consiantinople. Pans la par-
tie européenne de l'empire ottoman, pour
100 Turcs authentiques, l'on rencontre
120 Grecs, 153 Albanais, 60 Bulgares,
18 Serbes, 36 Arméniens, 24 Zingares,
M Juifs et 12 Tziganes. En d'autres ter-
mes, sur 536 habitants de la < Turquie »
d'Europe, les Turcs ne comptent que
Bernard Palissy, pendu. — Je
croyais que Bernard Palissy était mort
en prison^ en 1590. D'où vient la version
qi.i veut qu'il ait ^té pendu.-' Ch. L.
*
La question a été posée XVII.
Dans une note sur l'Introduction de la
chymie de Diderot, manuscrit inédit, pu-
blié par M. Charles Henry (^Revue scienti-
fique, 26 juillet 1884) on Ht :
On apprend par un registre de la Cham-
bre des comptes que le malheureux Bernard
Pahssy s'était trouvé lié dans une société
de gens qui faisaient de la fausse monnoye
subit le sort qu'ils méritaient c'est-à-dire
qu'il fut pendu.
Au moment oit nous corrigeons cette
épreuve en page, les Débats (9 décembre)
nous apportent un article qui est l'analyse
du récent travail de M. Weis dans le
Bulletin de la Société de l'Histoire du Pro-
testantisme français, qui apporte sur ce
LXVI. - 16.
N« 1348 Vol, LXVl
L'iNTiîaMBi>IAmf<
723
724
point de cutieux éclaircissements. Nous les
reportons au prochain numéro.
Foire sur la place de la Concorde .
— Le 14 tloréal an X, le citoyen Francy
législateur rappelle au Premier consul le
projet d'une foire sur la place de la Con-
corde présenté par le citoyen Auvray, et
lui présente la soumission du citoyen
Tremouilles pour les constructions que
cette foire exigeait.
Le projet fut renvoyé par Bonaparte à
l'examen du Ministre de l'Intérieur.
Cette foire a-t elle jamais existé ?
G. L.
Etats militaires de France. —
Existc-t-il des éditions différentes des
Etats militaires de France d'avart 1791 ?
Les unes portent comme auteur M. de
Roussel, d'autres MM. de Roussel et de
Montandre. Ces éditions doivent-elles se
confondre ou bien y en a-t-il de plus
complètes les unes que les autres ?
P. L. C.
Gardes du corps. — Dans l'ouvrage :
Etat de la Compagnie Ecossaise des Gatdes-
du-Corps du Roi à Coblent{ en /jy/ et
i-]^2, il est fait allusion à un « Etat des
quatre Compagnies des gardes du Corps
au I" juillet 1791 , imprimé en 1792 par
ordre de l'Assemblée Nationale, in 8°, de
34 pages ». J'ai vainement demandé en
communication à la Bibliothèque natio-
nale ce dernier ouvrage. Un intermédiai-
riste pourrait-il me dire où je pourrais le
consulter .'' P- L. C.
Saint Irénée, évêque de Lyon. —
Quelque lecteur de V Intermédiaire serait-
il en mesure de me communiquer les ti-
tres des ouvrages, récemment découverts,
de saint Irénée, évêque de Lyon ? S'ils
sont publiés, où lestrouve-t-on ?
La Colline.
Marcellus, évêque d Ancyre. —
Je voudrais savoir si le traité De suhjec-
tionc Domini Chrisii écrit en grec, pour
combattre l'hérétique arien Asterius, par
Marcellus, évêque d'Ancyre, en Asie Mi-
neure, a été découvert.
Marcellus, né en 274 environ, mort en
374, occupa le ?iège épiscopal d'Ancyre
depuis 314.
Son traité fut attaqué par Eusèbe Césa-
réen, dans l'ouvrage de ce dernier inti-
tulé : Lihri duo contra Marcelliivi, ainsi
que dans ses Libri très de eccîesiasiica theo
logia.
Le traité de Marcellus a-t-il été publié ?
A-t- il été traduit du grec ^ Dans quelles
langues ? Par qui il aurait été édité ?
La Colline.
L'abbé Barnave. — Dans la même
promotion de l'Ecole normale figuraient
Taine, About, Weiss, Challemel-Lacour,
Perraud et Barnave.
Ce derniei était neveu du célèbre con-
ventionnel ; il entra dans les ordres et
mourut prêtre. Un confrère pourrail-il
donner quelques détails sur sa carrière
ecclésiastique ? J...
Maréchale Eazaioe. — 11 me serait
très agréable d'avoir quelques renseigne-
ments biographiques 5ur la maréchale
Bazaine, une mexicaine de distinction que
le maréchal épousa au Mexique. 11 n'en-
tre pas dans mon intention de prier mes
confrères de me fournir de longs détails,
mais seulement de me renseigner sur les
noms, prénoms, qualités de la famille,
dates de;la naissance et, s'il y a lieu, du
décès, union nouvelle. Emile Blondet.
Famille de Binos. — je désire avoir
quelques renseignements sur cette fa-
mille.
Prière aux honorables correspondants
qui possèdent des ouvrages héraldiques
de vouloir bien les compulser à ce sujet.
G. DE B. de g.
Chauvet ou Chauvette du Breuil.
— En annonçant récemment la mort de
la comtesse Quivogne de Luna, fille du
D' Chartroule de Montifaud, et décédée
au mois de septembre 1912,3 Neuilly-sur-
Marne, un journal ajoutait qu'elle était la
petite-fille de ^'essire Chauvet du Breuil,
chevalier de St-Louis et préfet mari-
time (?) de Rochefort en 1780. Je serais
très reconnaissant a celui de nos confrères
qui pourrait me dire à quelle province
appartenait cette famille Chauvet ou Chau-
vette. de quel Breuil elle tirait son sur-
nom et quelles relations de parenté exis-
taient entre le Chauvet du Breuil vivant
à Rochefort en 1780 et le personnage du.
VAUCANSON
Intermédiaire, LXVI. col. 726.
ti
72 5
même nom qui, presqu'à la même épo-
que, commandait, si je suis bien rensei-
gné, le fort de St-Louis en Haute-Loui-
siane. Le fort est devenu l'embr) on de
la grande ville du même nom, aujour-
d'hui la capitale de l'Etat du Missouri.
Le Chauvet du Breuil dont il s'agit est
resté en Amérique où il a laissé une nom-
breuse postérité féminine. Mais je désire-
rais savoir s'il y a encore, soit en Europe,
soit aux Etats-Unis, des représentants
mâles de la famille Chauvet ou Chau-
vctte du Breuil. Le Besacier.
Cora Pearl. — Connait-on le vérita-
ble auteur des Mémoires de Cora Pearl ?
E.xisie t-il, en dehors de ces mémoires,
une biographie sérieuse et documentaire
de cette fameuse demi-mondaine ^
XXX.
Emery, chirurgien du 1'^'^ Empire.
— On sait que Napoléon i^"^ coucha sur
son testament le nom de trois chirurgiens
militaires : celui de Larrey « L'homme
le plus vertueux, que j'aie connu ».avec
une dotation de 100,000 francs, celui du
baron Peicv, chirurgien en chef des ar-
mées impériales, avec une dotation de
50,000 francs, et celui du chirurgien
Emery — nom bien obscur, — avec une
dotation de 50.000 francs.
Un intermédiairiste pourrait-il nous
fournir quelques renseignements biogra-
phiques sur Emery et nous expliquer lés
causes de ce choix inexpliqué, tandis que
l'illustre Des Genettes est complètement
oublié dans le testament de l'Empereur ?
D' Bonnette,
Princesse Ghica. — Je possède un
portrait-carte d'une princessse Ghica fait
par Disdéri, boulevard des Italiens, n° 8, vers
1860 La princesse est, je crois, la veuve
de Grégoire Ghica, mort en 1858, mais
j'ai cherché v-'inement son nom de fa-
mille. Un confrère de V Intermédiaire
pourrait-il venir à mon aide .''
Emile Blondet.
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX 10 Décembr» 1919
respondance de Mme Adèle Victor Hugo
écrite, de Jersey, à sa sœur Julie Foucher
(Mme Paul Chenay) et qu'a publiée
M. Léon Séché dans le Supplément litté-
raire du F ig.no du Sam. 3 août i9i2,je
lis ce passage : (Lettre du 32 Mai 18^^).
< ... Nous dépensons douze à quinze
mille francs par an, c'ci,t trop pour nous
qui avons le marché de la France fermé.
Tu sais qu'on joue les pièces de mon mari,
et que les tribunaux ont décidé qu'il ne
devait prélever aucuns droits. C'est tout
comme si un tribunal décidait qu'un in-
dividu ayant pris ton mouchoir dans ta
poche, avait le droit de le prendre. Voilà
la justice. »
En admettant que le fait, ici rapporté,
ait bien réellement été authentique, — a-
t-il pu se continuer, de même pendant
toute la durée du second Empire ?
Truth.
Herz. — Où trouver une
complète du pianiste Herz .''
biographie
XXX.
Les Droits d'auteur théâtraux de
'Victor Hugo, exilé, supprimés sous
l'Empire. — Dans une intéressante cor-
Lenoncourt. — Quelle fut la date
exacte du mariage de Barbe de Barrois de
Morhaigne (famille luxembourgeoise)avec
Charles de Lenoncourt de Sernemart ? De
qui était fils ce Charles de Lenoncourt ?
et dans son centrât de mariage comment
était-il qualifié ^ R. de R.
Vaucanson. — Où est le Auteur de
Vaucanson ? dont parle Gœthe.
On le disait au musée de Vienne : il ne
s'y trouve pas ; on le disait au cabinet du
célèbre Beireis à Helmstadt, en Allema-
gne : il ne s'y trouve pas. (T. G. 775).
M. Monval (T, G. 201,) a demandé ce
qu'est devenu le célèbre « aspic mécani-
que sifflant » que Vaucanson fabriqua
pour la Cléopàtre de Marmontel, tragédie
représentée pour la première fois sur le
Théâtre français (salle de l'Ancienne co-
médie) le 20 mai 1750, Pas de réponse.
En somme, combien nous reste t-il
d'oeuvres
sont-elles
du célèbre
mécanicien et
: •. Jt D' L,
OU
Famille Thirion. — Un de nos obli-
geants confrères pourrait-il me donner des
renseignements sur cette famille :
François Thirion, procureur, marié à
Anne Martin, à la paroisse Saint-Honoré,
à Blois, le i*"" août 1643, •{• le 2 octo-
bre 1676, duquel mariage : .v ;'
i^François, procureur, né le 27 mai
1644,
N« 1348. Vol.LXVI.
727
2" Jacques, avocat au parlement, prési-
dent en l'élection du Grenier à sel, marié
à Charlotte Humblot, duquel mariage :
N*" Thirion, conseiller du Roy, président
en l'élection de Bloia.
3" Anne-Elisabeth, née le 13 janvier
4" Etienne, né le 6 janvier 1658, capi-
taine au régiment de Piémont.
Peut-on retrouver trace de la descen-
dance ? Thix.
Walton a-t-il existé ? — En 1821,
M. C. d'Orhigny, ancien médecin mili-
taire,** esquissait succinctement l'origine
et les usages des bouchots à moules »,
c'est-à-dire l'historique de la mytilicul-
ture, dâns\e Journal de Physique de l'abbé
Rozier, continué par Ducrotay de Blain-
ville {t. 93, p. 194-200, Paris 1821). 11
y disait notamment que :
Le premier bouchot fut établi à l'embou-
chure de la Sèvre Niortaise en 1346, par
un Irlandais nommé Walton, et il prétendait
avoir tiré ce fait d'un livre intitulé : Théâtre
des ?nerveilles de l'industrie humaine, par
D...t V...t, gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roi. Rouen 1398, chez Jacques
Caillove, cour du Palais.
Vingt-six ans plus tard, il publiait une
brochure, dont voici le titre in-extenso :
Histoire des parcs ou bouchots à tiioules des
côtes de V arrondissement de La Rochelle, lue
à la Société d'Agriculture et à celle des
Sciences Naturelles de cette ville, les 26
décembre 1846 et 11 janvier 1847, par
M. C.-M.-D. d'Orbigny père, médecin
militaire en retraite, naturaliste corres-
pondant du Muséum Royal, membre de
diverses Académies et Sociétés savantes
françaises et étrangères (in-8 de 11-14
pages).
Dans cette brochure, d'Orbigny fait de
nouveau l'historique de la mytiliculture,
mais avec plus de détails, toujours d'après
le fameux livre de 1598, dont il indique
le titre de la façon suivante : Théâtre des
merveilles de l'industrie humaine, par D
T, V. T., gentilhomme ordinaire du Roi,
chez Caillon, cour du Palais, Rouen.
Son historique débute ainsi :
Origine des Bouchots. Vers la fin de 103^
(aie), une barque chassée des côtes d'Irlande
par un violent coup de vent du nord-ouest,
après avoir franchi une assez grande étendue
de mer, ëvité plusieurs écueils et traversé le
Perthuis Breton, fut jetée sur les rochers de
L'INTfiRMftDlAlRB
7^8
la Pointe de l'Escale à l'ouest et à demi-lieue
du port d'Esnandes. Les pêcheurs du pays
s'empressèrent de porter secours aux naufra-
gés ; mais malgré leurs efforts, ils ne purent
sauver qu'un des trois hommes qui compo-
saient l'équipage. Cet homme en était le pa-
tron, se nommait Walton, et fut, par la
suite, le fondatenr du premier bouchot.
Intrigué par la discordance de ces deux
historiques, j'ai essayé de me procurer le
livre cité par d'Orbigny : j'ai même, à ce
sujet, envoyé à \' Iniermédiaiie (1909, 1"
semestre, col. 170) une question, à la-
quelle il a été répondu (col. 425) que
« l'auteur de cet ouvrage est peut-être le
cosmographe Davity » ; mais, Pierre
Davity, seigneur de Montmartin, dont j'ai
parcouru les nombreuses publications, a
ignoré Walton. Après avoir cherché en
vain le Théâtre des merveilles de l'industrie
humaine dans les diverses bibliothèques
de Paris, je l'ai demandé par le canal du
Bulletin de V Association des bibliothécaires.
Personne n'ayant pu-me signaler l'exis-
tence de ce livre, faut-il en conclure qu'il
n'a jamais existé ?
L'histoire de Walton, développée dans
le Magasin pitioresque{iS4^, p. 242,254,
257, 265) par madame Belloc,qui a donné
à cet hypothétique Irlandais le prénom de
Patrice, a été reproduite par les auteurs
les plus graves : A. de Q.uatrefages.dans
ses Souvenirs d'un naturaliste {Revue des
Deux Mondes âm 15 mai 1853, et tirage à
part en 2 vol.) ; Coste dans son Voyage
d'exploration sur le littoral de la France
(Paris, i8ss ; 2= édition, Paris, i86i) ;
Alfred Frédol (pseudonyme de Moquin-
Tandon), dans le Monde de /(Z w^rr (p.253,
Paris, 1864) ; Louis Figuier dans la Vie
et les mœurs des animaux. Zoophytes et
Mollusques (p. 32c, Paris, 1865) ; C.
Millet, dans la Culture de l' eau fp. 83,
Tours, 1869) ; Georges Roche, dans la
Ciiltuie des mers en Europe (p. 277, Paris,
1898) ; Albert Granger, dans \'Hiitoire
naturelle de la France (7* Partie : Mollus-
ques, p. 57, Paris, 1891) ; etc..
Aucun de ces auteurs ne met en doute
la véracité de D'Orbigny. Cependant, si
le Théâtre des merveilles de Vindustrie hu-
maine est un livre imaginaire, que devient
l'histoire de Walton ? Une supercherie
littéraire, ni plus ni moins.
Je suis d'autant plus porté à le croire
qu'il n'est fait aucune mention de cet
' Irlandais ni dans le Mcmoite sur les bon-
i;fcS CHBKCHiiURS bi CUKIliUA
lo Décembre 1912
729
750
chois à moules, lu par Mercier du Paty
dans TAssemblée publique de l'Académie
de la Rochelle, le 5 mai 17Ç0, ni dans
V Histoire Je la ville de la Rochelle et du
pays d Auliiis, par le P. Arcère (La Ro-
chelle, i^îà). Qu'en pensent les savants
arcnéologues de la Charente-Inférieure ?
Df Maxime.
Comtesse du Syint-Empire. — due
signifie ce titre ? Quelle en est l'origine ?
Quels honneurs particuliers confère-t-il ?
Est-il héréditaire ou personnel ?
J.B.
Armoiries de Quentine de La
Pierre. - Quelles étaient les armes de
Ernestine Françoise Quentine de La Pierre
chanoinesse à Denain ? On me signale
deux familles de ce nom, l'uneen Flandre,
l'autre en Hainaut, portant des armes dif-
férentes : je voudrais savoir à laquelle ap-
partenait cette Dame, mariée à Joseph
Ignace comte de Sainte- Aldegonde.
Bénédicte.
Armoiries de Mme de Bellefor-
rière. — Quelles étaient les armes de
M. jos Ant. de Belleforrière, femme en
1706, de Phil -Alb -Jos. de Landas, comte
de Louvignies, ou, pour préciser, appar-
tenait-elle à la famille de Seiglières-Bois-
franc, substitués au nom de Belleforrière,
et qui écartelait de ces deux familles, ou
bien à la branche cadette, devenue la
seule, qui portait les armes de Bellefor-
rière pleines ? Bénédicte.
Armoiries à identifier : croix an-
crée. — D'or à la croix ancrée de sable,
cantonnée de quatre molettes Jiimême. Cou-
lonne de marquis, amoiries sur la re-
liure d'un ouvrage français imprimé en
Hollande en 1671. ' O. G. M.
Armoiries à déterminer sur un
plat J.ouis X"V — A qui peuvent ap-
partenir les armoiries gravées dans des
plats d'argent Louis XV, et que je lis
ainsi ;
D argent à deux chevrons Je gueule,
l' écusson accolé est d\j^ur au chevron
d'or, accompigné de trois roses (?) d'ar-
gent [?)
Couronne de marquis.
Vicomte DE S.
Famille de Sansac. Armoiries.
— En 1584, haut et puissant seigneur
M. Jehan de Sansac, seigneur et baron du
dit lieu, seigneur de Cellefrouin et Mon-
turoreau, gouverneur de Bordeaux et du
pays Bordelais, étai: un personnage re-
nommé.
Quelles étaient ses armoiries ?
En outre, je voudrais savoir s'il eut des
enfants de Jeanne de Maillé son épojse,
et quels étaient ses ascendants et ses
frères. Hussson.
Ex-libris à détermi'^er. — D'or à
trois palmes de sinople liées d'ar-
gent. — Couronne de comte, heu ovale
dans un cartouche de style Louis XIV.
Geo FiLH.
Ex-libris à détsrininer : D'ar-
gent au chevron d'azur. — D'argent
au chevron d'a;(ur chargé au sommet d'un
croissant du premier, accompagné de trois
roses au naturel.
Heaume taré de trois quarts. Cimier :
un lévrier issant. Supports: deux lévriers.
Geo. FiLH.
Livres d'heure A. J. — Le Jour-
nal de Rouen reçoit la lettre suivante :
Paris 22 novembre 1912.
Monsieur le directeur,
Vous avez annoncé dans le numéro du 22
novembre 1912 la vente à New York, pour
la somme de 32.0 o francs, d'un livre
d'Heures manuscrit du xv" siècle, orné de
seize belles miniatures et de nombreux enca-
drements, et très piobablement exécuté à
Rouen.
Il est peut-être intéressant, pour connaître
— sinon l'auteur — tout au moins le premier
pos?esseur de ce livre d'Heures, d'ajouter
quelques renseignements complémentaires.
Le livre porte, en effet, une armoirie, une de-
vise et des initiales.
L'armoirie est la suivante : de sable, à la
ban le d'argent accomp ignée de troiit be~
San' s d'or, posés deux en chefs à senestre et
un en pointe à dextre.
La devise se lit ainsi : « A mal vouloir pe-
tit pover » (povc-r, pouvoir). Les initiales
sont : A. J. Ce livre d'Heures, à l'usage de
Rouen, appartenait à la seconde moitié du
xve siècle, de i ,30 à 1510 environ.
Peut-être quelque érudit normand pour-
rait-il fournir quelques renseignements sur
ces armoiries, cette devise et ces iniales, et
retrouver le nom de celui qui, le premier, a
^ fait composer pour son usage et à ses frais
N« 1348 Vol. LXVI.
L'iNTfiRMKDïAllKib
7^'
732 -
le manuscrit qui vient d'obtenir un prix si
élevé à New- York?
Un Bibliophile.
Jetons dans leur boîte. — J'ai ac-
quis dernièrement, chez un bijoutier-anti-
quaire,une petit boite en argent, cylindri-
que, mesurant un centimètre et demi de
hauteur et deux centimètres de diamètre.
Sur le couvercle de cette boite, qui est tn
réalité un étui, sont gravés grossière-
ment deux cœurs flamboyants, accolés et
percés d'une flèche. Au-dessous, deux pe-
tites palmettes croisées ; en exergue se
trouvent les mots suivants :Z)« 2 m« .
Cette boîte contient encore (elle pour-
rail en contenir une quinzaine) treize mé-
dailles ou jetons de la taille d'une pièce
de cinquante centimes, portant d'un côté :
au centre deux mains s'étreignant et sur-
montées d'une couronne vaguement du-
cale et au-dess ) is, entre trois étoiles, une
tête d'ange En exergue ces mots : La
Foy nous unit.
Sur l'autre face : deux cœurs flam-
boyants surmontés d'une couronne du
même genre que la première et aux deux
cœurs, est suspendue une sorte de croix
étoilée. En exergue, ces mt)ts : Elle nous
est due.
Je serais très reconnaissant qu'un inter-
mediairiste avisé put me dire quelle est
la provenance de cet objet et à quel usage
il était destiné. L. L.
S&cerdos, sacerdoti lupissimus.
— Dans Le Testament d un antisémite^ de
M. Drumont, au livre l'V, intitulé le
Cierge fin de siècle.^ on trouvera ce triple
proverbe :
Homo homini lupus
Multer mulieri liipior
Sacrrdos sacerdoti lupissimus
La première partie est connue depuis
longtemps, mais de qui est-elle ? Et de
qui sont les deux autres P Ont-elles paru
antérieurement ? V. A. T.
La Société Polysoph que et sa
bibliothèque. — Sur un ouvrage en
2 vol. intitulé: Anecdotes littéraires on
histoire de ce qui est arrivé aux écrivains
/tançais, etc., à la Haye, chez Pierre
Gosse Junior 1746 : je trouve un ex-libris
étiquette 64 X 54 typo, avec l'inscription
en trois lignes : Btbliothrque de la Socié-
té Polysopkique . je serais très reconnais-
sant à qui pourrait me donner des rensei-
gnements sur cette Société et sur sa bi-
bliothèque ? Henry -André.
Acteur et comédien. — La Société
de l'Histoire du Théâtre se met à la ré-
daction du Dictionnaire du théâtre. L'une
des premières questions étudiées, et dont
lA. Paul Ginisty a été le rapporteur, est
celle-ci : Quelle différence y â t-il, au
point de vue théâtral, entre le mot acteur
et le n\o\. comédien.
C'est une question curieuse : la Société
de l'Histoire du Théâtre nous permettra
bien de la reprendre très modestement.
Protagoniste — Dans ses Mémoires
qu'il a écrits en français, Carlo Goldoni
s'exprime ainsi :
Les disputes s'écha\iffèrent davantage à
l'égard de mx dernière pièce Mes athlètes
soutenaient que VHonnête Fille é\.z\i utie co-
médie sans défauts, oi.ies rigoristes trou-
vaient que j'avais mal choisi le protago-
niste.
Je demande pardon à mes lecteurs si
j'ose me servir ici d'un mot grec, qui doit
être connu, mais qui n'est guère usité : ce
mot ne se trouve ni dans les dictionnaires
français ni dans les dictionnaires italiens. Ce-
pendant des auteurs célèbies de ma nation
s'en sont servi et s'en servent communé-
ment. Castelvetro, Crescimbeni, Giavina,
Quadrio, Muratori, Malïéi, Métastase, et
tant d'autres, ont employé le terme de pro-
tagoniste, pour dire le sujet principal de la
pièce. Vous voyez l'utilité de ce grécisme
qui renferme la valeur de si.\ mots, et je de-
mande la permission d'en faire usage pour
éviter la monotonie d'une phrase qui, dans
le cours de mon ouvrage, pourrait devenir
ennuyeuse
Littré ne cite qu'un exemple de l'em-
ploi du mot en question :
« Ce qui mettrait le gouvernement
français, s'il pouvait être de mauvaise foi,
dans la situation d'un protagoniste de
théâtre qui voudrait commencer tout seul
une pièce, où nul ne consentirait à lui
donner la xk^\\(\\ic-». {L'Indépendance Belge
du 1 1 août i8b8).
Je demande à V Intermédiaire si 1 intro-
duction dans notre langue du mot prota-
goniste, doit être réellement attribué à
l'auteur du Bourru bienfaisant. Peut-on
citer des auteurs l'ayant employé après
Goldoni et avant V Indépendance Belge?
Nauticus.
DBS CHERCHIiURS Êï CURllîTJX
10 Décembre 191 a
733
734
Réponees
Les funérailles de Charles- Quint
fLXVl, 625). - Tous les historiens par-
lent de ces funérailles anticipées de Char-
les-Quint. Je viens de lire l'article que
lui a consacré Bayle : il est copieux et sur
le point spécial, précisé par la question
de M. Alex. G. Le fait est attesté par
Framicn Strada, De Bello Belgico, livre
premier, décade 13, page 14 :
Quelques jours avant sa mort, il fit célébrer
ses lunérailles et y assista en personne.
Il mourut le 21 septembre i 55,8.
E. Grave.
* *
Charles Quint a-îil assisté vivant à
SCS ob'-èques ?
i" Le .V,an;tscyit hiciouvKnl-: analysé
par \A. Bakhuisen C. XXXIÎI, r.,ffirme.
2'* Sandoval qui rend compte des der-
niers moments de l'Empereu'" Vida del
etnperador Carlos y en Y uste t II. p
826) n'en parle pas.
■i. Les serviteurs de Charle? Quint qui
l'avaient accompagné au Monastère de
Yustc, tels q':2 le majordo'ne QuîjaJa, le
secrétaire Gazteîù. le médecin Ma^hys,
qui, dans leur correspondance * privée
rendaient compte des acte;:- religieux de
l'Empereur, ne font nulle part mention
de celte cérémonie.
4° Robertson, d?ns son îiistoue d,r
Charles Qitint, tombe dans le roman. Non
seulement il fuit assister l'empereur à ses
propres funérailks, mais il le couche
comme un mort dans sa bière, d'où il
mêle sa voix à celles des moines qui chan-
tent les prières des trépassés. Cette ver-
sion, qui ne repose sur rien, fut celle qui,
naturellement, eut le plus de succès.
^° M. Gachard, qui écrivit, vers 1854-
55 ses deux volumes Retraite et mort de
Charles Quint, penche en faveur du récit
des moines : l'Empereur assi-^tant à la
messe de ses funérailles, et allant faire
l'offrande de son cierge entre les mains
du prêtre.
6° Mignet, dans son Charles Quint, son
abdication, son séjour et sa mort au monas-
tère de Yiiste, s'élève formellement contre
cette légende. 11 invoque les règles reli-
gieuses qui s'opposent à de telles cérémo-
nies ; il rappelle la santé de l'Empereur
qui, sortant à p'r'P.r" '^'•!'?" -moN--*- -**-
que de goutte n'avait pu assister à d'au"
très services funèbres en l'honneur de ses
parents et de sa femme ; il insiste sur le
silence gardé par tous ses serviteurs et
par son médecin sur un acte aussi peu
ordinaire. 11 cherche à démontrer que la
plupart des circonstance racontées par les
moines sont invraisemblables ou fausses,
et que le 31 août, jour assigné par ceux-
ci aux obsèques. l'Empereur était depuis
24 heures retenu dans sa chambre par sa
maladie. Il cite la lettre du médecin Ma-
thys à Vasquez en date du i septembre,
racontant tous les petits faits de la vie de
l'empereur, ainsi que le nom de la ma-
ladie.
Tel était à peu près l'état de la ques-
tion il y a quarante ans. Nous ignorons
absolument si quelques découvertes plus
récentes ont précisé ce fait resté bien
obscur, qui n'avait pour base que le ré-
cit des moines, et que des romanciers — en
admettant même la célébration possible
d'une messe — avaient dramatisé à plaisir.
Henry Lyonnet.
L'émigration en Angleterre sous
la Révolution (LXVI, 337,445,686). —
Lanote, trouvée dans ses fiches, par M. R.
S. repose sur une erreur. Il n'y eut point,
en 1796, de chapelle du roi de Bavière
dans Warwick Street de Londres, pour la
bonne raison qu'il n'y avait pas de roi de
Bavière à cette époque
Par contre, l'électeur Charles Théodore
de Bavière et du Palatinat, décédé le 16
février 1799, et le duc Max Joseph des
Deux Ponts, lequel a succédé sur le trône
électoral de Bavière et du Palatinat, ont
p;j avoir une chapelle au siège de leur
Légation respective.
. Fromm, de V Univers.
Les blessures de Napol -on J"'
(LXIV ; LXV: 110, 557; LXVI, 57). — Le
maior générai sic George Ribout Bin-
gham, un des officiers anglais qui voya-
gèrent sur le *•. Northumberland » en com-
pagnie de Napoléon l"", a laissé un «jour-
nal » de la traversée de Berryhead à
Sainte-Héline, qui a été publié par le ca-
pitaine C W. Thompson dans k BLuk-
wcod's Maga:^ine d'octobre 1896. Une tra-
duction française de tout ce qui avait
N* 1348. vo;.
LA VI.
- 73=)
L'INïliKMîiD,.AiK«
73b -
mois suivant dans la Revue des Revues où
on peut lire :
Samedi iç août (181',). - Au dîner Napo-
léon a parle de Toulon avec animation. Il
dit que la seule blessure qu'il eût jamais re-
çue était un coup de pique à la main, que lui
avait porté un matelot anglais à l'assaut du
fort Mulgrave, dont la possession avait con-
duit à révacuatioii de la ville.
lien ressortirait, si ce témoignage pou-
vait être pris à la lettre de préférence a
tous les autres :
i« que Napoléon aurait reçu une unique
blessure de guerre et que ce fut à Tou-
lon ;
2" que la blessure de Toulon avait son
siège, non pas à la tète, ni à la cuisse
gauche, ni au moUet, comme on l'a dit,
mais bien à la main ; et que cette blessure
très connue, « à l'annuaire de la main
gauche », n'avait pas, par conséquent, la
cause qu on lui attribue généralement :
un coup de boutoir de sanglier au cours
d'un>'. chasse à Marly.
Mais je crains bien que ma réponse, au
lieu de solutionner la que tion, aboutisse
à l'embrouiller encore davantage !
Pierre.
Le compas de Napoléon ï" "^ et le
cadet Louis de Cuny iLXVI, 673). -
M. Alex. G demande qui était le cadet
Louis de Cuny. On désignait dans le saint
Empire, et on désigne encore dans l'Alle-
magne moderne, sous le nom de cadets:
les élevés des écoles de guerre des divers
Etat? confédérés.
Les Cuny paraissent être originaires de
la Champagne ; c'était une famille de re-
lii^ionnaires français, réfugiée dans les
Erats des princes protestants allemands.
Le nom de Cuny est porté dans l'armée
et dans les fonctions administratives,
mais la noblesse de la famille n'est fondée
que sur un brevet, puisqu'elle ne possède
point de domaines de noblesse.
Fromm, de V Univers,
M. Frédéric Masson, disent les Annales,
nous communique une copie de la lettre
de Mlle Sichel :
La règle de l'Empeieur tut léguée à ma
mère par le cadet Louis de CUiny, son gran.l-
pere. Louis de Cuny, Belge de nais-ance,
ra^is apparenté à d'illustres familles fran-
yaises, servit dans les armées alliées. A leur
suite il entra dans Paris et à Malmaison, où
Napoléon, après le désastre de Waterloo, ve-
nait de passer cinq jours avant son départ
pour Rochefort. Il emporta la règle comme
souvenir. Dans la suite, il épousa Mlle de
Noydanset vécut à Paris oi^i il mourut h l'âge
de quatre-vingt-quatorze ans. Il repose au
Père Lachaise. Ma mère, sa petite fille, s'est
remariée au baron de Richter, le collection-
neur connu, petit-fils du général de l'Em-
pire et de la Restauration.
Une parole de Guillaume V' (LXIV;
LXV ; LXVl. 406, 492J. - La thèse sou-
tenue par deux collaborateurs de Y Inter-
médiaire est celle qu'ont essayé d'accré-
diter les journaux allemands dès le lende-
main du 4 septembre 1870.
Elle a été réfutée à cette époque par des
organes de la presse européenne. Elle est
à la fois spécieuse et fausse. Les docu-
ments produits à l'appui de cette thèse
sont des documents à côté. Ce que nous
venon.'= de voir dans'la guerre des Bal-
kans éclaire d'un jour éclatant les événe-
ments de la guerre de 1870-1871. A la
veille des hostilités, les h.tats balkaniques
protestaient à l'envi de leurs sentiments
modérés. Au lendemain de leurs victoires,
ils proclament hautement le dessein de
se partager l'empire Ottoman. Ainsi en a-
t-il été en 1870.
Les documents qu'il faut interroger
pour répondre à la question posée, sont
les documents contemporains de la décla-
ration de guerre ou immédiatement pos-
térieurs Le discours adressé par le roi
Guillaume au Parlement allemand le 19
juillet 1870 discours visé par Frédéric
Godet dans une lettre à son ancien élève
le prince royal Frédéric Guil'aume de
Prusse, lettre lécemment publiée par le
Journal de Gi'u'eve. est le premier de ces
documents. L'Adresse du Parlement en
réponse à ce discours est le second. Il
suffit de les l're pour constater que le rot
et le Parlement ont fait une expresse dis-
tinction entre la France et le gouverne-
ment de Napoléon III. Le Parlement
allemand prend texte des discours de
MM. Thiers. Jules Favre, Gambetta, le
iS juillet, pour dire que « la partie sé-
rieuse du peuple français n'a pu empêcher
le forfait » de la déclaration de guerre.
Ce n'est pas tout. Apres Wissembourg,
après Freschwiller, après Forbach, le
prince royal de Prusse entrant en vain-
DBS CHBKGhBURS HT CURIEUX
10 Décembre 191a
737
queur dans les départements de la Lor-
raine, a adressé aux populations envahies
une proclamation dans laquelle il a écrit
textuellement ceci : « L'Allemagne fait la
guerre à l'empereur des Français et non
aux Français » (G. Valfrey, Histoire de la
diplomatie du Gouvernement de la défense
nationale, t. 111, p. 157) C'est le mot
contesté et nié par les deux collaborateurs
de V Intermédiaire. La démonstration est
complète, A. T.
ht Journal des Débats, 16 octobre 191 21
dans un article consacré à Frédéric Godet,
pasteur suisse, qui fut le précepteur fran-
çais du prince Frédéric de Prusse, le futur
empereur éphémère Frédéric 111, reproduit
une lettre adressée le 3 novembre 1870
par M. Godet au prince royal a Versailles.
L'ancien précepteur entretenait son élève
de l'opinion publique en Suisse :
On aurait voulu, dirait M. Godet, que la
Prusse, une fo;s l'empereur prisonnier, fît la
paix avec la France, conformément à la fa-
meuse parole royale à l'ouverture du Parle-
ment.
Il répétait l'erreur qui s'était propagée
par la publication des circulaires de Jules
Favre ; il mettait ce qu'il appelait la « fa-
meuse parole royale, » non pas comme le
ministre des affaires étrangères du Gou-
vernement de la Défense nationale, dans
la proclamation du roi de Prusse au Peu-
ple français, mais dans le discours du
Trône. Or le propos se trouve aussi peu
dans ce discours que dans la proclama-
tion.
Le Reichstag de la Confédération du
Nord se réunit le 19 juillet. Le roi de
Prusse, président de la Confédération, la
tête couverte du casque, lut le discours.
Nous ne traduirons pas ce discours ; il
prendrait une page entière de Vlntcrmé-
diaire La langue officielle allemande est
longue, enchevêtrée; on peut la comparer
à un écheveau de fils, et la langue fran-
çaise à un tissu serré. La première phrase
du discours du 19 juillet a sept lignes, la
seconde dix, la troisième quinze. Nous ne
voulons pas nous risquer à mettre ces fils
allemands sur le métier français ; nous
n'arriverions pas à fixer la trame sur la
chaîne. Nous nous contenterons d'un
court résumé. Le roi de Prusse déclare que
les peuples allemand et français, jouissant
738
des bienfaits de la civilisation chrétienne,
vivant dans une prospérité croissante,
étaient faits pour la concurrence pacifique
et non pour la lutte sanglante des armes;
que cependant les chefs (machlhaber) de
la France par des manœuvres préméditées,
et dans un but personnel, ont su exploiter
l'amour-propre, légitime mais suscep-
tible, du grand peuple français ; que l'Al-
lemagne est obligée de tirer l'épée pour
défendre son honneur et son indépen-
dance, qu'elle luttera contre l'oppression
d'un conquérant étranger, sans autre bu
que d'assurer .^ l'Europe une paix du-
rable. En dehors de ce qui vise les
« machthaber », rien ne concerne Napo-
léon 111. Nous défions l'argumentateur le
plus subtil de trouver dans ce discours
que Guillaume I*"^ a séparé la France de
son souverain. Si après trois mois un
homme aussi loyal que le vénérable pas-
teur Godet a été victime d'une défaillance
de mémoire dans une lettre adressée au
fils du Roi lui même, faut-il s'étonner de
voir répéter par des écrivains passionnés
une erreur affirmée à diverses reprises par
un ministre des affifires étrangères ? Dès
1872, cependant, Dussieux, le professeur
de Saint-Cyr. dans sa très remarquable
Histoire générale de la guerre de i8yo-i8j i ,
avait proclamé la vérité. « 11 ne s'agit pas
d'isoler, comme on l'a dit, l'Empereur et
les Bonaparte de la nation, mais de sépa-
rer la nation de 1. rmée », et il ajoutait
judicieusement : « pour réussir, le rei de
Prusse faisait appel a l'égoïsme, à l'intérêt
personnel, et malheureusement son appel
trouva trop d'écho dans le pays. »
Comme nous voulons vider la question,
nous allons examiner les proclamations
successives du roi de Prusse ; dans au-
cune nous n'apercevons la moindre trace
de la parole que le pasteur Godet attribue
au père de son élève.
Le 2<^ juillet, le roi adresse une procla-
mation au Peuple allemand où il dit qu'il
espère que la guerre amènera une paix du-
rable, et que le sang répandu fera sortir
de terre une moisson bénie de liberté et
d'unité.
Le 31 juillet, avant de quitter Berlin_, il
accorde uneamnistie politique et termine :
« Provoqués, nous sommes résolus, pa-
reils à nos pères, fermement confiants en
Dieu à entreprendre la lutte pour le salut
de la Patrie. >»
N 1348 Vût. LXvl,
739
L i::i.Lh,.i£fiauu-\iiUi.
Le 2 août, de Mayence, il lance une
proclamation à l'armée :
« Toute l'Allemagne se dresse unani-
mement en armes contre un Etat voi^in
qui nous a déclaré la guerre à l'impro-
viste et sans motif. 11 s'agit de la défense
de la Patrie menacée, de notre honneur, de
notre foyer, je prends aujourd'hui le com-
mandement des armées, et commence
avec confiance une lutte analogue k celle
que nos pères ont glorieusement sou-
tenue.
La Patrie entière vous contemple avec
espoir. Dieu soutiendra notre juste
cause » .
Le 8 août, nouvelle proclamation à
l'armée, où il indique à ses soldats la con-
duite à tenir, comme il le fera quelques
jours plus tard dans sa proclamation au
Peuple français :
« Nous ne faisons pas la guerre aux ci
to\cns pacifiques. C'est le devoir de tout
soldat, soucieux de l'honneur, de respec
ter la propriété privée et de ne pas per-
mettre que le bon renom de l'armée soit
souillé par des actes isolés d'indiscipline.
Je compte sur le bon esprit qui anime l'ar-
mée, sur la sévérité et la prévoyance des
chefs. »
Le même jour, Steinmetz, commandant
de la i''" armée, qui avait acquis dans sa
longue carrière une réputation de dureté,
dit dans un ordre : '< Le pacifique citoyen
est sous la protection de l'humanité, sous
la discipline prussienne ».
Le 9 août, le général de Beyor, chargé
des opérations en Alsace, adressa un appel
aux populations. *< Les soldats se battent
contre les soldats loyalement, ouverte-
merii. Nous voulons ménager les citoyens
désarmés, citadins et villageois. Mais
nous exigeons impérieusement que les ci-
toyens s'abstiennent de toute hostilité ou-
verte ou secrète. Des violences, des cruau-
tés, nous ont forcés à de sévères repré-
sailles. J'espère que les autorités, les prê-
tres, les instituteurs, les chefs de famille
empêcheront toute hostilité contre mes
soldats à.
Enfin arriva la célèbre proclamation du
Roi au Peuple français, si souvent citée,
presque toujoure dénaturée, que nos lec-
teurs connaissent. Elle fut suivie de l'ordre
dra(;onien des chefs d armée, son vrai com-
mentaire, que nous p^' >ns reproluit
(îo septembre IQ12).
740
La seule pièce qui prête à l'amphibolo"
gie est la proclamation du Prince royal
à Nancy qui débute parées mots : « L'Al-
lemagne fait la guerre à l'Empereur des
Français ». Ces mois n'ont jamais abuse
personne en Lorraine. Le Prince royal
poursuivait mollement les débris de l'ar-
mée de Mac-Mahon. S'il avait déployé la
fougue de Napoléon après lénaet du vieux
Blucher après Waterloo, il serait arrivé
avant la fin du mois d'août devant Paris
dont la mise en état de défense était à peine
commencée. La prudence de Moltke l'ar-
rêta à Nancy pour qu'il restât à portée des
deux armées de Steinmetz et de Frédéric-
Charles. 11 ne fut remis en marche que le
21 août. Il séjourna à Nancy du ib au 21 .
La municipalité de Nancy était affolée ;
on ne savait comment nourrir les habi-
ta ^ts d'une ville complètement isolée par
le fait de la guerre, et les soldats qui l'oc-
cupaient. Pour calmer les esprits, le
Prince royal publia 1^'proclamation que
nous avons reproduite (50 septembre
1912). Cette pièce est la seule où Napo-
léon 111 est séparé de la nation.
Le 14 août le roi nomma le comte de
Bismarck-Bohlen gouverneur général de
l'Alsace, et le 21 il assigna à ce gouver-
nement le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, et le
nouveau département de la Moselle formé
par les arrondissements de Metz. Thion-
ville, Sarreguemines, Château-Salins et
Sarrebourg. Bientôt parut la carte officielle
représentant ce pays. C'est cette carte, où
la frontière était marquée par un liseré
vert, qui servit en 1871 à la délimitation.
Assurément la Prusse dès le début des hos-
tilités voulait le démembrement, et savait
ce qu'elle désirait annexer.
Le 30 août .Vi.de Bismarck-Bohlen lança
une proclamation dans le sens de celle du
Roi au Peuple français : r Les institutions,
la sécurité des personnes et des, pro-
priétés seront assurées ; nous ferons tout
pour amoindrir les charges lourdes mais
inévitables de la guerre. Ce but ne sera
atteint que si les habitants répondent à la
confiance de la nouvelle administration, ■
etc., etc. »
Le 31 août, le comte He.iekel-Donners-
m.irck, préfet de la Moselle, publia à Sar-
regiiemines une proclamation analogue : m
€ je défeiidr il ardemment les intérêts de '
U population, j'assurerai la sécurité des
personnes et des propriétés ; je compte
DBS GHBRCHJîURS ET CURIEUX
10 Dé embre 191 ;
741
742
I
sur la coopération des administrés pour
remplir ma tâche ; le préfet, si les affaires
le lui permettent, sera tous les jours prêt
à recevoir les habitants. >
Voilà les pièces officielles. Assurément
on ne détruit dans un champ le chiendent
qu'avec une extrême difficulté. Je pense
cependant être arrivé à extirper un chien-
dent historique, l'erreur relative à la pa-
role de Guillaume I*^"^. Paul Muller.
Fataille Barade (LXVl, 284. 483,
1598). — Je lis dans le livre La No-
blesse de France, par Jean de Bonne -
fon, que « la fantaisie orthographique
des iioms propres fut infinie jusqu'à
la Révolution » ; moi aussi, j'ai trouvé
dans les papiers de cette famille Barade,
et dans un même acte le nom écrit : Ba-
llade, et aussi Barada. Peut-être cela peut-
donner raison à M. Auribat ?
M. DE LA S.
f _
Mémoires du cardinal de Bernis
(XVI, 627). — Les Mémoires du cardinal
de Bernis ont été publiés chez Pion, en
1878, par M. Frédéric Masson. G. G.
> *
Ces Mémoires ont été publiées par M.
Frédéric Masson, avec l'autorisation de la
famille du cardinal en 1878, chez Pion. Ils
sont fort intéressants. Heny Prior.
Même réponse : H. C. M.
Gustave Charpentier. L'origine
de x< iiO'iise » (XLIl). — La Grande
France, a Bordeaux, publie un article in-
titulé A propos de rentrée de Gustave Char-
pentier à V Institut Mous avons adressé au
journal la lettre suivante :
Monsieur le Directeur,
L'attribution faite —sous réserves, je le re-
connais, — à V Intermédiaire des chercheurs
et curieux, du récit ^ue publie M. André
du Thil est inexacte.
Famille de Chaumont (LXVI, 140.
307, 497). — M. A. B. aurait-il
l'extrême obligeance de me renseigner
sur Charles Le Coigneux, chevalier, sei-
gneur de Beuzonville, conseiller au Châ-
telet, qui épousa, à une date non indi-
quée, Marie-Louise de Courtenay, dame
de Changy, dont il eut plusieurs enfants
d'après le père Anselme.^ Marie-Louise de
Courtenay mourut à Montargis à 91 ans
et fut inhumée à Ste- Marie Madeleine 1^
17 septembre 1744. La Chesnaie-Desbois
ne le cite pas. Je désirerais savoir si quel-
qu'un de ses enfants lui succéda dans la
seigneurie de Chanzy, en vue d'établir
la suite des .-eigneurs de ce fief.
C. N.
En réponse a l'article famille de Chau-
mont, paru dans V Intermédiaire du 20 oc-
tobre dernier, c. 497, demandant des
renseignements sur les seigneurs de Bé-
labre, et en particulier sui les prédéces-
seurs des Le Coigneux, je dirai que pour
bien faire, il faudrait donner les généa-
logies de certaines familles, généalogies
qui n'ont jamais été publiées, que je sa-
che, comme celles des Pocquières et des
Chazerat. Beauché-Filleau consacre un
article vraiment trop succinct aux Chaze-
rat dans sa réédition des familles du Poi-
tou.
Je possède des notes sur ces deux fa-
milles, mais elles ne sont pas suffisantes
pour dresser une généalogie convenable,
de sorte que j'avancerai simplement
ceci :
Pierre de Pocquières 2^ du nom,ch. seign.
de Bélàbre et de la Renonsière (Prissac),
dont on trouve des actes en 1516-1 524-1533-
15^6 ne semble pas avoir eu de postérité et
avoir laissé ses biens à Jacques de Pocquières
fils de Prégent et de Madeleine de Leffe,
puisque ce dernier fit aveu de Bélâbre le 8
mars 1539.
Le même Jacques de Pocquières, déjà par
son père, seigneur du Cbâtelier Guille-
baud (Chalais) reçoit un acte de foy et hom-
mage du lieu seigneurial le la Grand Roche
de Philippe Couraud Ec, seigneur dudit
lieu et de la Rochechevreux, Le n décem-
bre 1542.
Titres de la Rochechevreux (Prissac).
J'ignore son alliance, mais il eut une
fille du nom d'Anne et probablement,
une autre nommée Bonaventure qui devait
être l'aînée, à en juger par la date de son
mariage.
Bonaventure de Pocquières, issue des ba-
rons de Bélabre, dame de Migré, Parençay
et Machecoul en Ssintonge mariée, en 1515,
à Bonaventure de Polignac, fils de Pierre, che-
valier seigneur d'Escoyeux et d'Amice de
St-Gelais,
(La Chesnaye-des-Bois, article Polignac)
dont Christophe de Polignac, chevalier,sei-
gneur d'Escoyeux marié le 6 janvier 1544, à
N« 1348 Vol. LXVI-
— 74?
Marie Gillier, fille de Pierre et de Marie de
Roye,
En qualité de seigneur du Chatelier Guil-
lebaud, il recevait d'Aimon Couraud
Ecuyer Seigneur de la Rochechevreux, un
aveu de la seigneurie de la Grand-Roche le
18 juin 1562.
[Titres de la Rochechevreux)
Christophe de Polignac et Marie Gillier
eurent entr'autres G Louise de Polignac ma-
riée le 4 avril 1S74 à Jean de DurJort lieu-
tenant général de l'artillerie de France, sei-
gneur de Born. (La Chenaye Desbois le cite
mais ne donne pas son alliance). Lesquels
eurent un fils unique Ainiand Léon de Dur-
fort, marié à Lucresse de Béthune, fille de
Florestan de Béthune, chevalier seigneur de
Gangis et de Lucresse de Coste, par contrat
du 3 1 décembre 1605.
( Titres de la Rochechevreux . )
D. Renée de Polignac mariée en 1571, à
Joachira de Ghaumont, seigneur de Ribe-
mont. (La Ghenaye-Desbois Beauché Fil-
leau) dont
Aimery de Chauraont, seigneur de Ribe-
mont marié à I rançoise du Grenier dont
Eléonore de Ghaumont n'ariée le 12 juil-
let 1640 à Jacques Le Goigneux dont elle fut
la troisième femme.
Anne de Pocquières épousa en 1550 Loys
de Ghazerat. 2^ du nom, seigneur du Riz,
Gourtenvault, Bélabre,Grandefîe. Vernéol etc.
Bailly de Bony, cheval. .;r des ordres du Roy
— fils de Florent, seigneur de la Jarrige et
de Marguerite de Bressoles, sa première
femme.
Loys de Ghazerat habitait parfois le châ-
teau de Bélabre. 11 y fit .ente à Jehan Ponte,
écuyer, seigneur du Ghâteau Dompierre de
diverses redevances en la paroisse de Ghail-
lac le 13 décembre 1365.
(Titres de la Rochechevreux.)
Mais il demeurait le plus souvent, je crois,
à Bourges, ou à Vernéol, près Sancergues.
G'est là en tout cas où il fit son testament le
15 mars IS78.
(Archives du Cher, chapitre de San-
cergues, carton 29).
Il mourut peu après et sans laisser de pos-
térité, que je sache Anne de Pocquières,
veuve, en qualité de dame de Bélabre et du
Chatelier, reçut un acte de foy et hommage
d Aymo;. Couraud, chevalier, seigneur de la
Rochechevreux, le 7 juillet 1S93. mais elle était
déjà sous la curatelle de Jean de Durfort,
chevalier, seigneur de Born.
Le fils de ce dernier, Armand Léon de
Durforl, chevalier seigneur, de Born, aussi
lieutenant-général de l'artillerie de France,
recevait un dénombie m ent de laRocache-
L'INTERMBDIAIRB
744
vreux, le 4 novembre 1606, en qualité d'hé"
rilier sous bénéfice d'inventaire d'Anne d®
Pocquières, dame de Bélabre. Bélabre fu*
vendu par décret en 1648 sur Léon de Dur"
fort, fils d'Armand Léon et retiré par retrai*
Ligfiiager, par Eléonore Je Ghau 1 ont, femme
de Jacques le Coigneux, président du Parle-
ment de Paris, en faveur duquel la Ghàtel-
lenie de Belabreunie àcelie du chatelier Guil-
lebaud et à d'autres terres, fut érigée en
marquisat en considération de ses services
par lettres de février 1653.
(Voir la suite du seigneur de Bélabre
dans Beauché Filleau. Généalogie Le Coi-
gnniX). C. DE BOISMARMIN,
Douglas Home (LXIV). — M. De-
lanne a communiqué a M. G, de Fonte-
nay qui nous les transmet les intéressants
renseignements suivants :
Home a été marié deux fois. La pre-
mière avec Mlle Alexandrine de Kroll, en
1858 ; elle mourut êç,.i858. La seconde
fois, en 1871, avec la seconde femme qui
publia les deux volumes D.-D. Home bis
life and mission et The giftof D.-D. Home,
tous deux édités par la librairie Gali-
gnani. Je Paris, le premier ci 1888, le
second en 1890. Ce son*, des apologie:^ du
célèbre médecin avec preuves à ra[)pui.
En sa qualité de reporter pour un jour-
nal anglai'^. Home suivit les péripéties de
la guerre de 1870, et du siège de Paris.
Depuis cette époque il séjourna presque
tout le temps en France, passant ses hi-
vers à Nice. 11 mourut à Saint-Germain,
le 21 juin 1886.
Son tombeau se trouve dans le cime-
tière de cette ville avec cette inscrip-
tion ;
Daniel Dungïas Home, né à la vie terres-
ire ptès d'Eùimhourg (Hcoise) le 20 mars
j8^^, né la vie sp:t itueUc. . . m. A un autre de
discerner les Esprits. )» {L oyinthiens ,chap . ta,
V. 10) : le 9/ juin /866.
Au sujet de la fable du pied de Home
que l'Impératrice aurait pris pour une
main d'enfant, rééditée dernièrement par le
jeune Becquerel, il sulTit de dire que toutes
les séances des Tuileries avaient lieu en
lumière, ce qui rend absurde cette in-
vention des incrédules.
En résumé, le médium Home apparaît
non seulement comme un honnête homme
aux yeux de la critique impartiale, mais
aussi^ comme.un véritable gentleman très
DES CHERCH8URS BT CURIEUX
74S
délicat, très bienfaisant. Il eut pendant
sa vie l'estime de gens haut placés et bien
en mesure de le connaître, après de lon-
gues années de fréquentation tels que lord
Adare, lord Lindsay, Crookes, etc. 11 fut
totalement désintéressé, n'ayant jamais
accepté de rémunération pour les séances
qu'il donnait.
Du Fe-rier (LXVl, ^88). — Du Fer-
rier, ou plutôt Jérémie Ferrier. était !e
père de la femme du lieutenant criminel
Jacques Tardieu, celle dont Boileau'a parlé
longuement dans sa satire X. et que son
mari avait, par cupidité, prise « dansune
avare et sordide famille », quoiqu'elle fût
« un monstre affreux » Elle fut assassinée
«avec son mari, comme le dit Boileaudans
cette satire, et comme Boursault le ra-
conte dans une pièce qui coAimence
ainsi :
Hier, près du cheval de bronze
Entre l'heure de dix et d'onze
On assassina, grâce à Dieu
Feu messire Jacques Tardieu, etc., etc.. '
Quant à Jérémie Ferrier, qui n'avait
abjuré le protestantisme qu'après avoir
été excommunié par ses coreligionnaires,
La France protestante lui consacre 4 pages
de 2 colonnes. J'ai consuXié Le Dictionnaire
historique de l'abbé Ladvocat, bibliothé-
caire de la Sorbonne (2 vol. 1760, chez
la veuve Didot) qui est beaucoup plus
sommaire sur la biographie de Ferrier, et
qui lui attribue Le Catholique d' Etat, ou-
vrage estimé, dit Ladvocat.
Familles d'Estavayer et de Mol-
londins (LXVl, 628). — Le château re
marquable d'Estavayer se trouve dans le
canton de Neufchâtel. en Suisse, non loin
du lac.
La famille qui en a porté le nom a été
une des plus iUustres du canton de Fri
bourg. C'est donc de ce côté qu'on devra
diriger les recherches pour répondre à la
question, sur laquelle je n en sais pas da-
vantage. E. Grave.
■• •
Estavaycr et Mol/ondin (et non M0I-
londins) ne font qu'une même famille.
Cette famille d'Estavayer appartenait à
l'ancienne noblesse féodale. Elle possé-
dait la ville de ce nom [aliàs Stivavé, du
latin Staviacum), au bord du lac de Neuf-
châtel, dont elle fut amenée à partager la
10 Décembre 1911
seigneurie avec la maison de Savoye, et
qui passa dans la suite sous la domination
de Fribourg
C'est à un des seigneurs de ce nom que
\i\ ville d'Estavayer doit d'avoir conservé
la loi catholique : apprenant que le venin
de l'hérésie commençait à se répandre sur
sa terre, il y accourut à franc étner, He la
cour de France, et, trouvant un prédi-
cant pérorant dans le saint lieu, il le fit
descendre de chaire d'un coup de pistolet,
qui tint lieu de sermon pour cette fois.
Les Bstavayer se sont aussi illustrés au
service de Fr; nce où ils comptèrent plu-
sieurs officiers généraux et où il y eut un
régiment du nom de Mollondin.
Un Estavayer-Mollondin fut gouver-
neur de la principauté de Neufchâtel pour
la fameuse duchesse de Nemours, dernière
héritière de la maison de Longueville.
H. DE L.
La descendance actuelle de Fou-
ché (LXVl, 3QI, t;oi,647). — Un fils de
Fouché, marié en Suède, et père de famille,
est venu à Paris après la guerre, il s'y est
marié à nouveau avec une danseuse de
l'Opéra. Il vivait à Saint-Germain où il est«
mort très âgé, vers 1880. Sa femme qui
se faisait appeler duchesse d'Otrante na
pu, dit-on, survivre au chagrin d'avoir
perdu son mari.
La famille de Fouché, de France, s'est
éteinte dans la descendance mâle.
'ésar Franck (LXVl, 627) — L'au-
teur de Ruth et des Béatitudes était bien
de souche wallonne. Lorsqu'il naquit à
Liège le 10 décembre 1822, son père f a i
sait de la banque en cette ville. La fa-
mille Franck rattache, dit-on, ses origines
à une dynastie de peintres wallons de ce
nom qui étaient loin d'être sans talent et
dont le plus ancien serait un Jérôme
Franck, qui, né en 1^40, serait venu se
fixer à Paris, où il obtint le titre de pein-
tre du roi Henri III. Cet ancêtre présumé
de César Franck mourut à Paris en 1610.
C'est tout ce que l'on peut dire, à l'heure
présente, des origines et de l'ascendance
du grand artiste.
A. P.
Gabriellt de La Perrine (\X; XIII ;
LXVl. 341. 413. — Aux renseignements
très intéressants donnés dans le numéro
N« 1348 VoI.LXV.
L'INTKRMBDLAIRB
747
748
du 30 septembre iqi2, j'ajouterai ceux
qui sont fournis dans une lettre de
Gabrielle Laperrine, non datée , lettre
adressée à un artiste.
J'extrais de cette lettre ce qui suit :
Je ne suis pas très heureuse : ayant perdu
ma voix et malheureusement je suis restée
veuve avec deux petites filles tiès jeunes en-
core et je n'ai pour vivre qu'une matinée
que je donne par an, je place mes billets
parmi les professeurs que je connais, mais
vous n'ignorez pas combien c'est difficile ;
mais il faudrait faire quelques entrées en
plus le jour de la représentation, j'aurais
désiré vous avoir pour ma représentation du
12 janvier si vous voulez bien me faire des
imitations de C'.quclin cadet, Sarah Ber-
nardt (5rV) et autres, etc.
Cette lettre signée Gabrielle Laperrine
donne son adresse 7, rue Leriche, XV« ar-
rondissement. G. Lantz.
Pourquoi Lesage et Bsaumar-
chais ne furent pas de l'Académie
Française (LXXI, 582). — Si Beaumar-
chais ne fut pas de l'Académie Française,
n'est-ce pas à cause de ses attaques contre
^la noblesse ?
En effet, nous lisons dans les Chroni-
ques des élections à V Académie française.
par Albert Rouxel, Paris, Firmm-Didot,
1886 :
Peu importent aux Quarante les jugements
de l'opinion pourvu qu'ils se ménagent les
faveurs de la cour. Ne conn.iit-on pas ce
qu'ils ont déclaré dans une assemblée parti-
culière ? « Attendu la médiocrité des au-
teurs dramatiques du siècle, l'Académie n'en
recevra aucun au nombre di' ses membr>;s ».
Ce jugement erroné vise Beaup archais. La
comédie du « Mariaf,'^e de Figaro 2- qui est
une satire contre la société, a eu un succès
retentissant. Seule l'Académie n'applaudit
pas ; Suard est chargé de le faire connaître
lors de la réception du comte de Montes-
quiou : « Ln goût de la vraie comédie, dit-il,
semble s"éloign;r tous les jours davantage
du Théâtre Français. Molière composait ses
comédies en observant le monde, la plupart
dos poètes modernes peignent le monde
d'après les comédies. » En professant une
telle hérésie, l'Académie flotte la politique
du Roi et se fait le champion de la noblesse
dont on attaque les privilège».
Quant à Lesage, Emile Gassier. dans
Les Cinq Cents Immortels, Paris, Jouve,
ic)rb. suppose que ce fut sa surdité qui
l'éloigna de l'Académie : « Scarron, per-
clus, gardait la chambre et Lesage était
affligé d'une surdité complète ; leurs infir-
mités les détournèrent sans doute de
l'Académie ». P. Taffin.
La maison natale de Mirabeau
(LXVl, 58=;). [Extrait du registre des
actes de baptême de la paroisse du Bi-
gnon, aujourd'hui commune du Bignon-
Mirabeau, canton de Ferrières, arrondis-
sement de .Viontargis, 'département du
Loiret].
Le 16," jour de mars fut baptisé messire
Gabiiel-H :inoré de Riqueli, né le 9 de ce
mois et ondoyé le 10, fils de haut et puissant
seigneur messire Victor de Riqueti, marquis
de M'rsbeau, comte de Beaumont, seigneur
de Bignon et autres lieux et de hauie et
puissante dame Marie Geneviève de Vas-
san .
Cf. Jat Dictionn.ïife critique de biogra-
phie et d'histoire', 2« édition Addition p.
1320 et P. Le Vayer. Recueil des Inscrip-
tions parisiennes .\i. 17qX-»
Y. DU RUSQUEC.
Le château <* Le Bignon Mirabeau » se
trouve dans le canton de Ferrières en
Gâtinais, département du Loiret. 11 y a
peu d'années, il appai tenait à M. et Mme
O'Connor. Nemo.
*
* *
Le Bignon-Mirabeau est une commune
du département du Loiret arrondissement
de Montargis, canton de Ferrières. Le
village se trouve à 25 km. de Montargis.
l,a gare est à Egreville (Seine-et-Marne) à
6 km. La poste à Ferrières. Le château
natal de Mirabeau existe encore et appar-
tient à Mme O'Connor.
La fête de Mirabeau est célébrée tous
les ans le dernier dimanche de septem-
bre.
A l'état civil du Bignon-Mirabeau ainsi
que dans les archives du château^ on
trouvera de précieux renseigiicments sur
les Riquctti et leurs prédécesseurs
Daniel de Geloux.
Le château du Bignon est dans îa com-
mune de ce nom, à 2^ kilomètres de Mon-
targis, à 6 kilomètres de la gare d'Egre-
ville. Le village est donc proche du bourg
où .Vlassenet avait son habitation Le
château du Bignon est encore habité.
Arm.D.
DES CHERCHEURS KT CURiBUX
lo Décembre 191»
749
750
* *
La maison natale de Mirabeau est située
dans la commune du Bignon Mirabeau,
canton de Ferrières en Gâtinais, arrondis-
sement de Montargis (Loiiet).
La maison a été jetée bas il y a quel-
ques années, pour faire place à une cons-
truction nouvelle édifiée par le dern'er
propriétaire M. OConnor; descendant de
Condorcet.
Petitot de Boispréau (LXVl 535).
— A propos précisément de Petitot (Jean)
qui était religionnaire, un kcteur de 17«-
iermédiaire m'a demandé s'il était vrai que
cet illustre peintre -ût été enfermé, ainsi
qu'on l'a écrit, au For Levèque. je nai
trouvé nulle part la confirmation du fait.
En tout cas. s'il subit jamais sa peine de
la détention comme religi-^nnaire, ce ne
put être qu'à la Bastille ; c ce' qui reste
des Archives de cette prison d'Etat ne fait
aucune mention de Jean Petitot. Je n'ai en-
trepris aucune recherche pour Petitot de
Boispréau ; mais mon correspondant n'au-
rait-il pas confondu le peintre en émail
avec ce personnage ?
D'E.
Pétr rque était-il épileptique <X
boiteux (LXVI. 625). — Boiteux, cela
est possible, mais épileptique, parait plus
douteux. Le grand poète italien est né le
20 juillet I 304, comme il l'a dit lui-même;
il est mort le 18 juillet 1374. Il était donc
âgé de 70 ans. j'en iippelle '■\ nos confrè-
res de ^Intermédiaire qui sont médecins,
car il me semble que les épileptiques ne
vivent jamais si vieux. Quant à son amour
i?our Laure de Nove, il ne faut pas tou-
jours croire au feu violent qui fait si bien
dans les vers. N'a-t-on pas dit que Pétrar-
que ne brûlait que littérairement et que
Laure mariée, ne pensait guère à lui ?
E. Grave.
«
« *
Voir Cluonique médicale, année 1908,
page 293, l'article du docteur Cabanes.
Henri Plessis (LXVI, 533).— Henri-
Louis Plessis naquit vers 1839. J'ignore
où. Tour à tour soldat, tamboui, envoyé
aux bataillons d'Afrique, Plessis était
tambour-major d'un bataillon de la garJe
nationale pendant la guerre, 11 ne fut
vraiment connu à Paris que vers cette
époque. Doué d'un aplomb phénoménal'
d'un bagout de charlatan, Plessis s'exhi*
bait alors dans les cafés-concerts, faisai*
des tours d'adresse, battait la caisse,
jouait de la canne, puis imitait Napoléon
et tous ses généraux au moyen de per-
ruques, de postiches et de coifïares di-
verses C'est lui qui lançait au public,
après chaque exercice, son fameux : « Et
c'est pas fini 1 » Ce gavroche, doublé d'un
chauvin, amassa à ce jeu une petite ai-
sance, et se retira à Vincennes, 138, rue
de Paris. En 1906, il obtint la pension
de 500 fr. de la Société des Artistes dra-
matiques.
Cependant, malgré son insouciance
apparente, ce grand bohème était doublé
d'un bon • œur.
Lorsque son camarade Paulus, le roi
du café-concert, tomba dans la misère, ce
fut lui qui lui vint en aide, discrètement.
Plus tard, ce fut dans les bras de Paulus
reconnaissant qu'il rendit le dernier sou-
pir. Petits drames de derrière le rideau !
Henri Plessis dont la mort fut annoncée
au Rapport 1908 de la Société des ar-
tistes, avait épousé Marie Poirrier. décédée
également à Vincennes, dans sa 53* an-
née, le II novembre 1904.
Henry Lyonnet.
Randon de Boisset (LXVI, 5). —
Si ie renseignement suivant ne répond
pas tout à fait à la question, il n'en a pas
moins son intérêt II montre au moins la
ha ite situai io.i que ces Randon occu-
paient. C'est l'annonce d'une vente que ie
trouve dans le dernier catalogue de MM.
Le Bodo, de Tours :
Catalogue des t.ibleaux et dessins précieux
des maîtres célèbres des trois écoles, es-
tampes en feuiiies et autres objets du Cabi-
net de feu M. Randon de Boisset. par Pierre
Rémy. La vente se fera le 27 février 1777
et jours suivants Paris 1778, in-12 broché.
Le catalogue contient la description de
887 numéros.
E. Grave.
*
* «
Dans le très remarquable Afinorial des
Fermiers généraux donné par le duc de
Caraman au département des Manuscrits
de la Bibliothèque nationale, oii il est con-
servé sous
nous avons
suivants :
la cote Na. Fr. 20.533-4-5,
relevé les renseignements
No 1348 Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
751
7^2
La famille Randon est originaire d'An-
duze en Languedoc, elle devait sa noblesse
à des charges de secrétaire du Roi et de
capitouls. Sa filiation remonte à Je:in-An-
toine Randon, époux de Suzanne Tessier,
vivant en 1648. René-Louis-Paul Randon
de Boisset naquit en 1708, de Louis Ran-
don de la Randonnière receveur des Aides
et des Tailles, et de Jeanne juillet.
D'abord receveur des aides à Epernay, il
fut fermier-général de 17^7 à 1758. Il
abandonna sa pl?ce à M. d'Arnay, pour
celle de receveur-général à Lyon qu'il
occupa jusqu'à sa mort avec son neveu
Jean-Louis Millon d'Ainval en survi-
vance depuis 1769
Randon de Boisset était un grand col-
lectionneur, sa fort belle bibliothèque tut
vendue le 3 février 1777.
Baron du Rourf. de Paulin.
Le 1 eutenant colon- 1 StolBfel et
l'histoire des Cent jours (LXVI, 43s,
602 . — Voici la désignation de l'œuvre
intitulée « Waterloo »> :
1° Un manuscrit paraissant à peu près
complet sur la guerre de 1815, dans la pré
face duquel l'auteur écrit notamment:
l'ersuadué de la justesse des idées de Na-
poléon et de Gœthe sur les difficultés de
l'histoire, nous n'avons pas eu, en écrivant
le présent livre, la prétention d'atteindre à
cette vérité historique que chacun invoque,
mais nous croyons possible d'en approcher
beaucoup plus qu'on re l'a fait ju-q l'à ce
Jour. .
a" Une liasse de documents relatifs aux
recheiches faitt> par l'auteur sur les ordies,
dépêches, rai'j'orts envoyés et reçus pendant
la guerre, copies de pièces officielles et pri-
vées, journal intime du colonel Stoffel,
commandant un régiment d'infanteiie dans
le corps d arm?e du général Vaiidamme, etc.
3" Quarante planches gravées par MM,
F.rhard frères pour intercaler d.ms le texte
et. en outre, former un atlas. Ces planches
leprésf^ntent, avec des détails précis, les
niouveinciils des armées pendant la cam-
pagne, et, dans certains cas, à divers mo-
inents d'une même journée.
Il est bien regrettable que le colonel Stof-
fel n'ait pas achevé son ouvrage ni rien
écrit sur Sedan mais 1870 l'avait brisé II
faillit entendre le général Thoumas parler
lie son désespoir 1 rs de la déclaration de
la guerre. L. R.
Lettre de Taine sur le « Disciple »
fLXVLôSi).— La lettre datée de Menthon
Saint-Bernard, 29 septembre i88q, est
publiée dans H. Taine, Sa vie, sa corres-
pondance, tome IV, pp. 287-293. (Paris,
Hachette, 1907.)
G. G.
Même réponse : Ad. Paupe. Ibère.
Titres sou>v l'Ancien Régime (LXVI,
93,361,461.514,604,708). —Je commence
par remercier le collaborateurs. G.L.de la
façon aimable dont il apprécie ma réponse
du 20 septembre, puis j'ajoute que je sais
fort bien que sous la Restauration le fils
pouvait prendre le titre d'un rang infé-
rieur à celui de son père, oui, mnis seule-
ment quand il s'agissait d'un pair de
France. Et comme cette dérogation avait
été organisée par une ordonnance royale,
nous rentrons ici dans la légalité. Je ne me
suis élevé que contre l'illégalité.
Depuis la suppressron des pairs de
France l'ordonnance en question n'a-t-elle
pas perdu to»ite valeur?
S. G. L. me trouve bien sévère, car il
ne voit pas qu" « il y ait grand abus à ce
que les frères prennent le même titre en le
faisant suivre de leur prénom ». Si S. G.
L. avait parlé d'inconvénient, je pourrais
être de son avis et lui dire que moi non
plus je n'en vois pas, mais \\ y a certes
abus et abus parfaitement illégal, les titres
étant seulement transmissibles de mâle en
mâle par ordre de primogéniture, sauf
exception spécifiée lors de leur création ou
résultant A'i en ut uni '..s spéciales;; «nepro
vince. Mais, je le répet'-, je me plaçais
seulement au point de vue de la régularité
et de la légalité, répondant au collabo
« Bellechasse » qui avait demandé si sooS
l'Ancien Régime les titres étaient l'objet
d'une concession régulière. Je n'avais pas
d'ailleurs manqué de signaler que les
règles relatives aux titres avaient été mé-
connues depuis longtemps.
Mais ces règles ne sont pas abrogées.
N'est-ce pas au printemps 1908 ou 1905
que le fils du marquis de X... ayant voulu,"^
en se mariant, prendre le titre de comte, '"
vu ses prétentions repoussres par leS
Mairies du XVI' ci du Vil" arrondisse-]
ment? En 1899, n'est ce pas dans un dé-
partement du nord de la France que M. dej
Z... fut poursuivi pour avoir pris indû-
ment le titre de baron ?
i)ïi6 CHERCHEURS hT CUKIEUX
lo Décembre 1912
755
754
En droit, les titres nobiliaires doivent
être inscrits au bureau du Sceau, au Mi
nislère de la justice, pour passer dans les
actes de l'état-civil.
Combien peu de gens se soumettent à
cette formalité !
G DE La Véronne.
*
* *
Les considérations, fort justes d'ail-
leurs, de notre confrère Britannicus, me
paraissent étrans^ères à la question po-
sée. Celles de M de la Véronne y répon-
dent bien plus directement.
Un jurisconsulte, M. Lévèque, a pré-
tendu que les titres de noblesse, étant
sous l'ancien régime attachés à. la posses-
sion d'un fief, sous certaines conditions
qu'a fait disparaître la Révolution, leur
posse--sion appartient à tous les descen-
dants, dans la ligne masculine, du pre-
mier bénéficiaire.
Cette thèse n'est guère juridique, les
concessions de titres ayant toutes été ac-
cordées, sauf quelques cas spéciaux, avec
transmission dans la ligne masculine par
ordre de primogéniture.
Il ne faut pas confondre la possession
d'un titre régulier avec la noblesse :
celle-ci peut exister sans celui-là, mais il
faut avouer que l'inverse n'est pas admis-
sible.
Il est incontestable que la grande majo-
rité des titres de noblesse portés actuel-
lement en France n'est pas régulière. En
droit strict, la transmission d un titre de-
vrait être enregistré par la chancellerie
moyennant le paiement de droits fort
élevés. 11 enestrarement ainsi et je necon-
teste pas la régularité de titres auxquels
il ne manque que cette sanction.
Mais je trouve irrégulier, à moins qu'il
ne s''agisse de descendants des pairs de
France de la Restauration, qu'un fils cadet
porte un titre parce que son père en a un
et surtout qu'il porte le même titre que
ce dernier. A fortiori l'extinction d'un ti-
tre n'autorise pas un cadet ou un descen-
dant par les femmes de le relever sans
concession régulière.
Sous le second Empire, un grand nom-
bre de titres d'origine irrégulière ont été
confirmés par décret. Cela ne se fait
plus, mais c'était une manière élégante
de régulariser une situation qu'aucun
texte ne permettait de solutionner en in-
voquant la prescription, A. E.
Port des grands croix d'Ordres
(LXVI, 386). — J'ai assisté, le 16 octobre
18152, à la rentrée à Paris du prince Prési-
dent, après son voyage dans les départe-
ments. Il arriva par la gare d'Orléans (la
gare actuelle d'Austerlitz) et « à sa sortie»
je fus frappé de ce fait que lui et plusieurs
des personnages de son entourage immé-
diat poitaient les larges rubans rouges de
la Légion d'honneur en sautoir sur leurs
habits, qui étaient des habits civils (la
gravure de la page 393 du tome VI de
V Histoire de France populaire d'Henri
Martin les représente en uniforme mili-
taire, mais c'est inexact, du moins d'a-
près mes souvenirs). V. A. T.
Bibliographie de toute la littéra-
ture héraldique (LXVI, 629). — Nous
nous servons de Bibliothèque héraldique de
Fiance parjoannis Guigard, Paris, Dentu,
1861. C'est incomplet ; mais y a-t-il
mieux ? S. . y.
Armoiries à identifier : trois
roses (LXVI, 534,6^7). — Les armes des
Mayor des Planches, originaires de Mon-
treux (canton de Vaud, Suisse), se bla-
sonnent comme il suit :
De gueules a trois roses d'argent sor-
tant d'une même tige de sinople « (de la
pointe de l'écu) » ; ou autrement :
« De gueules à trois branches de rosier
au naturel, sortant d'une même tige de la
pointe de Vécu, et à chaque branche, une
rose d'argent. »
A consulter : <
Mandrot (le colonel-fédéral de), Armo-
riai historique du l^aud ; Martignier (D.)
(^ev:iy et ses environs dins le Moyen A ge ;
joffrey (nob. André de). Le Bailliage de
Vevey et de CihUon du xiv* au xv!!!'' siècle
avec armoriai tel qu'il était en 1660;
Notice historique et généalogique sur la
famille des nobles Mayor des Planches, de
Montreux, etc.
Baron E. Mayor des Planches.
Armoirje-4 à déterminer. "Vitrail
de "Villeqjier(LVI,44:. 578). — Je viens
d'étudier a nouveau sur place ce vitrail de
l'an 1523 et, pour répondre à la question
relative aux émaux, je crois devoir faire
remarquer que la vérité héraldique a été
sacrifiée aux effets de lumière, la fenêtre
étant au nord.
N- 1348 Vol. LXV,
TSS
Ainsi les trois boucliers, qui forment
le centre de la composition, avec les
pièces héraldiques dexte à senestre : ancre
fleurs de Us et léopards, sont restés
d'argi-nt, parce que les teintes gtieiiUs et
fl^wr, en venant au point central, auraient
nui à toute la composition. Le verrier a
bien étudié ses eftets de couleur ; on le
voit par les nuances de sable, si bien pla-
cées comme repoussoirs dans les com-
partiments latéraux, à l'arrière de la ca-
rabella, et sur la jupe de la tunique du
commandant de la nef la Salamandre, car
c'est bien de ce navire d'Ango qu'il s'agit
ici. (Voyez le Magasin Pittoresque du
i^"" novembre dernier).
La croix d'argent de St-Georges sur le
pavillon triangulaire de gueules est certai-
nement le drapeau anglais du xvi« siècle. '
Reconnaissable sur les pavois des carra-
velleset au sommet du mât d'arrière, cette
croix nous a fait îidmettre, à plusieurs,
l'hypothèse d'un équipage de nationalité
mixte. 11 y a quelque chose ; mais une
seconde hypothèse vient de m'être suggé-
rée par l'examen d'anciennes médailles^
probablement des villes hanséatiques. Les
invocations à saint Georges, patron des
navigateurs — à une époque où les con-
ventions de rOléron étaient encore
respectées dans les contrées maritimes
du nord-ouest — donnent à réfléchir. En
adoptant la croix de 5aint-Georges, la
royauté anglaise illustrait les lois du
xV siècle qui punissaient impitoyablement
en droit con-.mun la piraterie des natio-
naux ; c'était dan? l'intéiêt bien compris
d'une grande nation maritim:. Mais,
comme bannière de Saint-Georges, même
les pirates de la petite Chine, comme on
appelait ceux d'Honfleur, Fleury et autres,
pouvaient farborer. Il faut remarquer
que les Iropards rcpiésen*és sur le vitrail
sont toujours au nombre de deux, comme
sur les armes du duché de Normandie.
Scus François I'^ ces armes n'avaient en-
core rien d'insolite. Par contre, les léo-
pards britanniques sont au nombre de
trois, comme nous le voyons encore sur
les pièces de one florin d'aujourd'hui.
G. R.
Armes à déterminer . trois abeil-
les 'LXVl, 4^;, S63, ^10). Une famille
de Tarascon sur Khone du nom de Barha-
rin, portait d'azur à trois abeilUs d'or, évi-
L!MTfikMli.-.uu.Mi
756
déniaient par analogie -avec les Princes
Barberini, de Rome. Du reste, cette fa-
mille prit plus tard le nom de Barbenn
de Barberini. S. P.
Armoiries de Pingre ou Pingrez
(LXVl, (529), — D'après un ex-libris de
jeaii Baptiste Pingre^ chanoine de l'église
cathédrale d'Amiens, au xyiii® siècle, les
armes sont : D'azur au ckêne d'argent.
Les Archives de la Société des Collection- *
tieurs d' Ex-libris. donnée 1894, disent que
les armes primitives des Pingre étaient :
D'argent au pin de sinople, sommé d'un
gré (grivc) de sable, armes tout à fait par-
lantes : PIN-GRÉ P. LE J.
Ma famille est alliée aux Pingrez
ou plutôt Pingre, qui formèrent trois
blanches ; Pingre de Chiepval, Pin-
gré de Fricamps, Pingre de Guirnicourt.
Voici, comment, dans notre généalogie,
mon père, afctuelleflftfi.t décédé et qui
était un savant réputé et un spécialiste
en fait de généalogies," la blasonné leurs
armoiries : D'argent au pin arraché de si-
nople fruité d'or et surmonté d'une gré un
grive de sable. A. V.
Armoiries à dé erminer : deux.
éc us cc-'lés(i-XVl,i5«6; — Du Laurent.
cov.te Romain, porte d'or au sautoir de
sable Allié à la famille de Kerpezdron,
dont les armes sont approchantes de celles
données dans le second écu. L. de G.
« *
La maison du Laurons de la Barre
(Normandie) porte d'or an sautoir de
s Me.
Armoiries d'Angéliq u Nacquart
(LXVI, 629). Kic-tbliip dit : Nacquart
Lorraine): D'a{ur à ta fascc d'or, ac-
çombag-née de deux lévriers d'argent.
P. lkJ.
rir-olnes des Montlezun (LXVl,
sSîj). - D'îlpres lo Nouveau tiaité du Bla-
son de Trudon (Paris, Estienne Chardon,
1689) les Montlezun, de Besmaux, por-
tent d'argent à fteuf corneilles de sable,
membrées et becquéei de gueules, posées en
orle, quatre, deux et trois ; au lion de
mcnv mis en ceeur ; supports : deux lions
léopardés: L. Deniciuet.
DBS
757
:HiîUCHEi;RS JBT CURiflUA
10 Décembre 191».
♦ »
k
De gueules à tiois quintefevilUs
{métal invisible).
_ Il s'agit sans doute des armoiries de
l'illustre famille de Vergy qui portaient : de
gueules a ^ quint efeutUes perlées d'or, 2
et \ .
Cette maison s'éteignit vers la fm du
xvii« siècle.
Beatrix de Vergy,dernière héritière du
nom, épousa Simon de Cusance.
M. B.
Cachets de collection (LXVI,629).—
H L inscrits dans un petit cercle est la
marque du distingué et savant collection-
neur His de Lasalle.
I P Z dans une banderole, marque du
La coquille (?) indiquée par M L De-
niquet n'est-el!e pas plutôt un lion eflfacé?
R. DE R.
Armoiries à identifier : trois quin-
tefeuilles (LXVI, 534, 656). -Beau-
coup de tamilles portent : de gueules à trois
quititcfeuilles ou à trois roses, il est diffi-
cile d'arriver a une précision quand on
ignore le métal.
Les maisons ; Calouin de Tréville (Nor- !
mandie)du Merle (Normandie Martinique)
LeMesre de Pas (Artois* portent de gueules
a trois quintefeuilles d'aigent.
La maison de Vergy (Bourgogne) porte
de gueules à trots quintefeuilles d'or.
Les maisons de Hillerin (Touraine)
Remy de Montenort (Limousin) portent
de gueules à trois roses d'argent. \
La maison Le Harivel du Rocher (Nor-
mandie) porte ; de gueules à trois ro.es
d'or.
La maison Gautier de Breuvand
porte : d'argent au chevron d'azur accom
pagne en chef Je deux ahetlles de sable et en
poinU d'une du même, mais elle ne porte
pas le chef d'azur au soleil d'or.
— J'ignore la descendance de la famille
de Sabatier de l'Armeillère, mais une fa-
mille de Sabatier de Provence existe en-
core aujourd'hui et possède des représen-
tants à Paris et dans le Gard.
Cette maison porte d'azur à trois co-
quilles d'or 2ei I, au croissant d'argent en
cœur, alias : d'azur à la fasce d'or sur-
montée d'un soleil d'or, accompagnée en
pointe de trois roses de même.
R. DE R.
758
collectionneur hollandais lan Pieter Zom-
"le*". j,;an Paul Heff.
Tableau de Czermak (LXVI, 53^).
— Au Musée Municipal d'Amsterdam se
trouve(depuis 1877,51 jhI bonne mémoire)
un tableau de Czermak. Un groupe de
Monténégrins, femme debout avec son
enfant sur le bras, un vieillard, etc., un
canon démonté, dans leur village mis à
sac par les Turcs.
La photographie de la Maison Goupii'et
Cie ne m'est pas connue, de la sorte, je
ne peux pas constater si c'est le tableau
cherché . A. P F
Quel est l'auteur de la brochure :
« Comme quoi Naooléoa n'a pas
existé . ? (T G. 629 ; LXVI, 517,7 ,3)*^ _
D après un de mes professeurs qui me fit
lire, en 1849, cette ingénieuse fantaisie, sa
publication serait beaucoup plus ancienne
et remonterait à l'époque de la Hestaura-
tion. L'auteur serait l'Abbé Aoust, profes-
seur dans un collège du Midi. 11 était en
relations avec une Société savante locale
ou les idées exposées en 1795 par Dupuis,
dans son fameux traité de l Origine des
Culles, étaient très en faveur. Labbé
Aoust, imbu de la foi que son état com-
porte, et n'arrivant pas à convaincre ses
contradicteurs, essaya de les confondre en
les raillant, et en appliquant à un fait
moderne et certain, des arguments dubi-
tatifs qu'il jugeait analogues à ceux de
Dupuis. Philippe Leroy
Voltaire La He riadc. Remar-
ques -ignées K (LXVI, 7). _ Que
M. Bellechasse se rassure. Ces Remar-
ques du Chant II. qu'il veut bien nous
signaler, sont assurément, tout autant
que celles des autres chants du poème^
de la main même de Voltaire. La causti-
cité de leur rédaction porte trop nette-
ment l'empreinte de la griffe du Maitre,
pour qu'il puisse subsister, là dessus le
moindre doute. '
Et d'ailleurs, elles se trouvaient déjà
tout au long, imprimées, ces Remarques'
dans la rarissime première édition origi-
nale de la Henriade : La Ligiie ou Henry
le Grand. Poème épique, par M. de Vol-
taire. A Genève, chez lean Mokpap
[Rouen, chez Viret,, 1723, VIII-231 pages
in-S». -' r o
N* 1348 V-1. U'-Vl.
L'iNÏBRMEDlAlK/i
759
760
M. Georges Bengesco, dans son érudite
Bibliographie des Œuvrs Ji Voltaire,
in-8°, 1882, tome I, page 100, dit très
bien que ces Remarques sont de Vol-
taire. Beaumarchais, d'autre part, inté-
gralement, les a reproduites, avec des
annexes qui les complètent, dans sa
grande édition des Œuvres de l^oltair^, en
70 volumes in-S", imprimés à Kehl, sous
sa direction. Voyez tome X, 1784, La
Hetiriade.
Ce sont, bien sûrement, aussi ces Re-
marques et leur vivacité de style qui atti-
rèrent sur leur auteur les foudres de la
censure, qui lui firent refuser l'autorisa-
tion d'imprimer en France son poème
et l'obligèrent, après qu'il eut eu tout
d'abord la pensée de l'éditer à La Haye,
à le faire, furtivement, imprimer, avec
l'aide de Thieriot, qui en fut l'éditeur,
chez Viret, à Rouen, sous la fallacieuse
rubrique de « Jean Mokpap, a Genève y.
Cent ans après, — autres temps, autres
mœurs ! le roi Louis XVill qui, comme
toute la haute bourgeoisie de son époque
se piquait de Voltainanisme, quand il fit
ériger sur le Pont-Neuf, la statue équestre
de son aïeul Henry IV, de Lemot, mita
exécution cette idée, quelque peu falote,
d'y faire placer, à l'intérieur du bronze,
avec divers autres livres précieux, un
exemplaire de choix de La Henriade, en
deux volumes grrind in-8", et, suivant
leur description officielle : x* imprimés sur
peau de vélin, édition de Beaumarchais,,
relies par Simier, relieur du Roi, en ma-
roquin bleu, avec dentelles, comparii-
ments, et frappés en or aux Armes de
France ». Toute la lyre !
Je vous donne à penser, chers Biblio-
philes, mes amis, combien, sous ce mé-
tal, surchauffé par les rayons du soleil
d'ete des jours caniculaires, doivent se
racornir et se rissoKr les tomes fleur de-
lysés de cette Henriade, en velin, du
malheureux monarque.
Ulkic Richard-Dbsaix.
Bolivar Noms de vêtements
(LXVl. M. 120). - L'ouvrage de ,Vl. A.
Robida, Mesdames nos aïeules, va nous ai
der a compléter les recherches faites par
notre confrère Nisiar, et par moi-même,
dans des articles précédents, sur les
noms de personnes appliqués a des vête-
ments ou coiffures (A ce propos, n'ou-
blions pas de mentionner le « gibus »,
qui était du reste primitivement, si je ne
me trompe, un chapeau « claque »).
Voici ce que dit M A. Robida, dans
l'ojvrage dont je viens de parler, sur la
coiffure à la Fontanges, et sur les « pala-
tines > :
En lOSo, révolution dans la ;oiffuie. Le
vent décoiffe pendant une chasse royale la
duchesse de Fontaiiges qui a pris le cœur de
Louis après la Moiitespan. Pour rétablir
l'harnioriie de sa coiffure, la belle ébouriffée
prend le ruban de sa jarretière et rattache
s'^s jneveux avec une jolie rosette par-de^ ant .
Tout ce que font les favorites n'est-il pas
toujours exquis et délicieux ? Lej nobles
seigneurs se pâment devant la gracieuse ins-
piration, les dames s'extasient, et dès le len-
demain se décoiffent à la Fontanges.
(Suit la description de la coiffure en
question, pour laquelle, du reste, M. A.
Robida conseille de consulter d'autre part
Saint Simon).
La princesse Palatine, la princesse Char-
lotte de Bavière, fille de l'Électeur palatin
qui vint en Franc- en ib'jx pour épouser
Monsieur fiera du roi, ayant adopté une
sorte de petit inautelet court pour couvrir un
peu ses épaules trop découvertes par la mode
des corsages irès décolletés, ces petites
mantes adoptées bien vite par toutes les
dames, furent appelées palatines comme la
princesse
(Même ouvrage).
P. c. c. Maurice Charpentier.
Ouvrag s sérieux mis en vers
(1. G. 665 ; XXXV à XL ; XLII ; XlIV à
XLIX : Ll à LX ; LXl ; LXIl : LXV, 382,
721 ; LXVI. 124,218). — Relevé dans un
catalogue de la librairie Lucien Dorbon
(juillet-aoîit 1912) :
fCarnier des Chesnesj. Li coutume de
Paris, mi^e en iir-rs, avec If texte a côte. —
Saugrain 1768, in-i a .
« Curieux ouvrage peu commun » fait
observer le catalogue Fraval.
Joachim (LXVI, ,88, 710). -- M.Crous-
le, qui enseigna la littérature française au
Lycée Henri IV, à l'Ecole Normale et à la;
Sorbonne, affectait de prononcer )oa-
qiiime quand il avait à parler de l'auteur ;
de la Deffense ft illustration de la languet
française . Je ne crois pas que beaucoup dej
ses disciples aient été tentés de l'imiter.
P.J.
DBS CHERCHEURS ET CURiBUX
10 Décembre 191»»
761
762
Littré figure avec chuintement la pro-
nonciation de * joachisme » et « joachi-
mite >>, l'un et l'autre dérivés de ^< Joa-
chim ». NautIcus.
Faire le Jacques (LXVI, 144, 374).
— En Lorraine, le geai est designé sous le
nom de )acques. qui est l'oïiomatopce du
chant de cet oiseau. On dit, en parlant des
habitants de Neufchâteau (Vosges) « Les
Jacques de Neufchâteau >v Florentin le
Thierriat (xvii' siècle), avocat à la cour
de Lorraine, nous apprend l'origine de ce
surnom : s% Advint, dit-il, que ceux de
Neufchâteau eurent le nom de Jacques, de
ce que iccux apprivoisent chez eux de ces
oysels ». De Jacques est venu notre verbe
« jacasser ». En argot, on dit encore
* jacter >, pour crier. Jacquot est égale-
m.ent le nom du perroquet.
Le geai est un oiseau grand tapageur
et vaniteux (voir La Fontaine) qui prend,
quand on Tobserve, des poses comiques
et des airs vainqueurs, qui rappellent cer-
tains individus au verbe haut, parlant à
tort et à travers, avec « jactance », en
prenant des attitudes ridicules. C'est à
ces individus, qu'en Lorraine, on applique
le dicton : »< Faire le Jacques ».
Aimé Thouvenin.
*
En 1869. j'ai entendu plusieurs fois
cette épithète dans la bouche de mon
hôtesse à Savenay (Loire-Inférieure) arti-
sane native de Guim.ené-Penfao, même dé-
partement, et je le retrouve dans l'article
de M. Fustier citant un passage de Petit
Cad y de M. G. Fert.
Point ne l'ai rencontré ailleurs.
Dans le langage pittoresque et très
vieille frauce de u-[on hôtesse, ce qualifica-
tif s'appliquait toujours à un grand dadais
répondant très bien au signalement donné
du /<7c^Mes,par les nombreux auteurs cités
par M. Fustier. Dehermann.
Femmes. Conquête de^ diplômes
masculins. (LXV ; LXVI, 81, 176).—
Décidément, on va supposer, à Vlntetmé-
aiaire, que j'ai une toquade pour cette
question. C'est en effet la quatrième note
que j'envoie sur ce sujet.
M'est avis, cependant, que cette der-
nière peut, honorablement, être classée
sous cette rubrique.
agre-ée
Donc, je lis dans VBcho de Paris du i"
août 1912 :
La première agrégée de grammaire.
Le» jurys d'agrégation, qui fonctionnent
xrès activement actuellement à la Sorbonne,
viennent de nous 'rîonner ane jeune agrégée
de grammaire, Mlle Jeanne Raijon, étudiante
à l'Université de Lille. C'est, croyons-nous,
la première jeune Française — elle n'a que
23 a:;s — qui obtient ce haut diplôme.
Il faut remarquer d'ailleurs que la nouvelle
a été daîsée première dans cette
épre ive, où ont été admis ensuite seize con-
currt nls, professeurs ou chargés de cours dans
les lycéss et collèges, anciens élèves de
Noniale supérieure ei étudiants des Facultés
de lettres.
Le jury d'agrégation, que présidait M.
Bompard, inspecteur général de l'instruction
publique, a félicité vivement la jeune étu-
diante .
Lf titre d'agrégé dans un concours « mas-
culin 3> donnait à Mlle Raison le droit de
pioftsser dans un iycJe de garçons; mais
elle a demandé à professer dans un lycée de
jeunes filles,
L. Capet.
» »
Pour les intermédiairistes qui s'intéres-
sent au féminisme, voici une liste de
que'ques articles parus, à ce sujet, au
cours de ces dernières semaines :
La doyenne des suffragettes anglaises expose
tfj revendications (photographie, et légende).
Femina, numéro du i" septembre
191 i.
Une compagnie du corps féminin de sa-
peurs-pompiers qu'on vient d'organiser à
Vienne (photographie'.
femina, même numéro.
« Les Conquérantes de l'air » (article
d'Armand Rio, illustré de 14 photogra-
phias de Mlles Marvingt, Anna Ittier, Nelly
Beese, Jane Herveu, Hélène Dutrieu, Miss
Qbimby, Mme de Laroche). Lecture pour
tous, numéro de septembre 1912.
s* Les cités étranges. Une ville de
femmes » (article de Maxence, illustré de
deux dessins). Mon Dimanche, numéro du
8 septembre 1912.
« Une femme garde-chasse » (article,
illustré de trois photographies^ Nos Loi-
sirs, numéro du i" septembre 1912. « Une
amrizone intrépide » (article, illustré d'une
photographie). Nos Loisirs, nicmc nu-
méro.
Et, si l'on veut, la photographie d'une
^ 1348, Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
763
764
« gommeuse en culotte incisant un pin »,
parue dans un des derniers numéros du
Journal. Maurice Charpentier.
Enseignes littéraires de coiffeurs
(LXVI, 381, 619, 711;). — Je me rappelle
très-bien la boutique du perruquier de la
Porte St-Denis, à l'enseigne *< Absalones-
quc », citée par mon confrère A P. Mais,
si mes souvenirs sont exacts, il existait un
peu plus bas, à droite, un autre .coitïeur
qui, jaloux des succès de son/ival, avait
imaginé la contre-partie de son enseigne.
Cette dernière, grossière peinture sur bois,
représentait un homme en train de se
noyer, saisi aux cheveux par un nageur
intrépide, et coulant à pic, laissant, aux
mains de son sauveur, sa perruque,
hélas !
„ Le quatrain suivant, en vers capillaires,
accompagnait cette scène aquatique :
Passant, contemple le malheur
Que te vaudrait une perruque i
Crois-moi, il est encor meilleur
D'avoir des cheveux sur la nuque.
P. A.
Les maisons historiques (LUI ;
LIV ; LVlll ; XLl). ~ Des Débats :
Nous avons annoncé hier que le roi d'Es-
pagne vient d'acquérir la maison que Cer-
vantes habita à Vailadolid et dans laquelle il
composa son Don Quichotte . Il menait là,
une existence précaire, le duc de Lerma lui
ayant refusé sa protection et le duc de Béjar
à qui il dédia son œuvre, lui ayant bientôt
retiré la sienne. L'auteur du Don Quichatti
y fut en outre victime d'un fâcheux inci-
dent : Un gentilhomme, Gaspard de Espe-
leta, ayant été blessé une nuit au cours
d'une rixe, devant la maison de' Cervantes,
celui-ci, accouru, le transporta chez une voi-
sine où il mourut peu après. Mais comme
les vêtements du défunt avaient été déposés
chez Cervantes lui-même, la justice, soup-
çonneuse, i'iirrêta avec toute sa famille et ne
les relâcha qu'au bout de quelques jours,
non sans qje la malignité publique lot allée-
pour expliquer ce drame, jusqu'à imputer à
l'immortel écrivain certaine industrie hon-
teuse 1
Cervantes quitta Vailadolid pour rentrer .^i
Madrid à la suite de la cour en 1006 De-
puis, sa maison de Vailadolid, humble bâti-
ment à deux étages, avec deux portes et
quatre fenêtres, servait de gîte à des familles
besoigneus s, et lien, dans son délabre-
ment, qu'une modeste plaque commémora-
tive, ne rappelait le passage de son illustre
occupant. Il y a quelques années, la Société
cervantiste locale y avait transporté son
siège, en même temps qu'elle érigeait un
monument à Cervantes sur la place de l'Uni-
versité ; mais elle ne tarda pas à se dissoudre
et le logis de Cervantes était redevenu celui
de pauvres artisans.
La jument Mascotte (LVI). — Dans
Vhitermiidiairc a paru, il y a quelques
années, un compte rendu du raid fourni
par la jument Mascotte du 7' dragons en
1882.
Les chiflres donnés sont : 168 kilomè-
tres en 15 heures, 2^\ kilomètres en 21
heures et 350 kilomè'.res en 72 heures.
Les quatre premiers chiffres se com-
prennent, ils donnent une moyenne de
1 1 kilomètres à l'heure environ ; mais les
'5' et 6* chiffres ne se comprennent pas.
car ils ne donnent plus qu'une moyenne
de 2 kilomètres à l'heure, à peine, pen-
dant 51 heures, ce qui est madmissible,
la jument étant mortî*?ùr la route.
Y a-t-il eu erreur de rédaction ou
erreur typographique .? J.
Muré vif (LXl; LXll ; LXIV). - Le 50
janvier 1910, M. le D' Max Billard racon-
tait dans les « Trouvailles et Curiosités »
que le P. de Ravignan avait été mené une
nuit en un lieu inconnu pour y confesser
un homme emmuré vivant.
D'une communication de M. P. Darbly
(LXI, 439) il résulte que le P. de Ravi-
gnan ne fut mêlé à aucune affaire de cette
sorte.
« 11 y a là une simple légende dont
l'origine est obscure et ne sera peut-être
jamais éclaircie ». Ainsi s'exprimait (LXI,
379) notre confrère T., qui montrait les
variations de ce conte depuis le xviii»
siècle.
Aux iniermédiairistes intéressés par
cette question, je signale ceci : Dans la
troisième livraison de 1912 des Doc!imenf s
d'hisloiie sonl publiées des lettres du pré-
sident Dugas et de son ami Bottu de
Saint-Fonds relatives à un jésuite, le P.
de Vertilhac. L'une de ces lettres datée
du 9 novembre 1719 contient le récit de
deux aventures semblables à celle du P.
de Ravignan qui seraient arrivées au P.
de Vertilhac, l'une dans un bourg du Pé-
rigord et l'autre dans la ville même de
Bordeaux. La longueur de cette lettre ne
DES CHERCHEURS ET CURiEUA
765
10 Décembre 191s
permet pas de la reproduire ici ; mais les
intermédiairistes qui voudraient la lire la
trouveront facilement {Documents d'his-
toire, t. 3, 1912, p. 449).
Maurice Rousset-Croiset.
Les lettres de Mme Cornu (T. G.
250 ; XL ; XLIX ; L ; Ll). — Voici quelques
détails supplémentaires qui s'ajoutent aux
notes déjà publiées.
Ces lettres, au nombre de 297^ sont
réunies dans deux gros volumes modeste-
ment habillés de vert ; la testatrice ne
permettait de les lire que dix ans après sa
mort. Renan les remit en son nom à la
Nationale, et par scrupule, prit l'avis de
plusieurs personnes sur leur communica-
tion, même aprèslesdixansrévolus. A plu-
sieurs reprises, des pourparlers furent en-
gagés sur l'opportunité de la mise à la
disposition du public. Ce ne fut que sur
les instances de M. Germain Bapst, que le
ministre de l'instruction publique autorisa
la communication du dépôt.
Les amateurs de révélations sensation-
nelles ont vu qu'il n'y a point là de fruil
pour eux. Cette correspondance honore à
la fois et celui qui l'a écrite et celle qui
l'a reçue. Elle montre, dans ce Napoléon
intime et qui se confie, un être sensible et
reconnaissant, aux idées larges. Il se sou-
vient des services rendus, les récompense
d'une amitié sincère, et tolère avec séré-
nité les opinions qu'il ne partage pas.
Bonaparte, même sur le trône, permet à
Mme Cornu de n'être pas bonapartiste.
Cette correspondance si longue n'est
pas très régulière ; elle présente des la-
cunes : c'est que la vie de celui qui tient
la plume est singulièrement accidentée.
La première lettre, en français, est une
lettre d'enfant, naïve en son gentil tu-
toiement.
Arenenberg, 25 août 1820.
Je te remercie bien des vœux que tu formes
pour moi et de ton joli rond. Maman l'a
trouvé bien joli. Tu remercieras aussi Eugène
du beau dessin et de sa belle leiue. Maman
a trouvé très bien ta lettre en italien et en a
été très contente.
Elle te rapportera quelque chose, quand
elle reviendra à Augsbourg.
Adieu, Hortense, je t'embrasse.
Louis Napoléon.
Plus tard, c'est le jeune homme qui
écrit à la jeune fille : il quitte ce ton pué-
ril et lui dit ses impressions dans des let-
76b
très très longues, où ne perce que confu-
sément la vision de sa destinée. Il la sup-
plie de lui écrire souvent. Il définit l'at-
trait qu'il trouve dans ce commerce, en
ce passage d'une grande délicatesse :
Ma chère Hortense. — Il faudrait que vous
fussiez un homme, vous comprenez si bien
les choses, et sauf quelques détails, je pense
comme vous. Cependant, je crois que vous
êtes très bien telle que vous êtes, ce serait
dommage de changer. Nos relations y per-
draient de leur charme, car le sentiment que
j'ai pour vous vaut mieux que l'amour; il est
plus durable ; il vaut mieux que l'amitié : il
est plus tendre.
Prisonnier à Ham, il fera de s'a sœur de
lait, son intermédiaire intelligent et dé-
voué. Studieux, penché sur des livres,
travaillant avec un acharnement inouï les
questions techniques, ce sera elle qui
courra les libraires pour lui procurer les
ouvrages qui le documentent, qui aura la
tâche ingrate de relire ses épreuves et
d'analyser ses articles. Il l'en remercie
avec effusion et, un certain jour de l'an,
lui envoie des présents qui disent leur
bonne camaraderie.
Je vous envoie pour le jour de l'an un
souvenir bien modeste, mais qui vous est of-
fert d'un grand cœur : c'est une plume pour
m'écrire, un couteau sans tranchant pour lire
mes œuvres, un cachet pour sceller en dehors,
dans la cire, ce que le contenu scelle dans le
cœur, et enfin un canif pour trancher tous
les petits nœuds gordiens de l.i vie.
Elle le revoit à Paris en 1848 ; elle le
suit dans son ascension, un peu inquiète
de découvrir qu'il est, et le sait, le neveu
de César. Elle le boude. Pas tant cepen-
dant qu'on veut bien le dire. Elle est ma-
riée, son mari a décoré une chapelle; elle
ne serait point fâchée que le prince-prési-
dent la vît. Il se rend avec bonne grâce à
son désir.
Ma chère Hortense, voilà bien longtemps
que je ne vous ai écrit, mais aussi pourquoi
vous étes-vous mise à me bouder? J'irai avec
grand phisir voir la chapelle peinte par
votre riiari et je l'ai annoncé tout à l'heure
au curé de Saint-Merri. Aiaintenant, permet-
tez-moi de vous souhaiter une bonne année
et de vous renouveler l'expression de ma très
vive amitié.
Louis Napoléon.
Elle ne le traite pas tant en tyran qu'on
a bien voulu le croire ; même au lende-
main du coup d'Etat, elle intercède. Mais
N» 134^ Vol. LXVl.
L'INTERMEOlAIRfc
767
768
ses clients sont un peu trop compron 's.
Papier au chiffre impérial :
30 août 1852.
Ma chère Hortense, avec la meilleure ^'o-
lonté possible, je n'ai pu vous remercier du
joli portrait que votre mari a fait.
Cette aimable attention m'a fait grand
plaisir. Je ne puis ce que vous désirez pour
vos protégés. M. Cernuschi est signalé
comme dangereux. Ecrivez-moi ce que je puis
faire pour Tribalza.
Napoléon.
Cette correspondance établit que les
rapports n'ont jamais cessé entre Mme
Cornu et Napoléon III ; elle a pu désap-
prouver le coup dEtat, mais n'a pas
rompu avec celui qui l'avait accompli.
Ce qui est vrai, c'est qu'elle ne se montra
jamais aux Tuileries que le jour où, à la
suite de la lettre suivante, elle alla em-
brasser le Prince impérial :
25 mars 1862.
Ma chère Hortense. j'ai été si occupé, que
je n'ai pas eu le temps de vous remercier de
l'aimable lattre que vous m'avez écrite à l'oc-
casion de l'anniversaire de la naissance de
mon fils. Les témoignages de votre amitié me
sont toujours très précieux et je désire que
vous puissiez venir voir ce cher enfant sut le-
quel j'ai concentré toutes mes affections. En
vous exprimant tous mes remerciements, je
vous renouvelle l'assurance de ma sincère
amitié.
Napoléon.
Pendant les dix-huit ans de règne, la
correspondance a gardé ce ton affectueux
et familier. Si elle s'est faite plus rare
avec le temps, c'est que les soucis du
trône absorbent le monarque. Hlle
s'adresse à lui en solliciteuse, et c'est tou-
jours en personne, que pour les moindres
requêtes, il s'interpose, la tenant au cou-
rant de ce qu'il fait, heureux lorsqu'il a
pu contenter ses désirs.
M. Cornu meurt en décembre 1870,
Napoléon 111 l'apprend à Chislehurst 11
fait trêve à sa propre douleur, pour pren-
dre sa part de celle de la veuve :
Ma chère madame Cornu,
Vous ne pouvez douter de la peine que
j'ai ressîntie, en apprenant la moil de vitre
mari. Voua s^vez combien, depuis longteii ps,
avais d'amitié pour lui. Je partage vos émo-
tions et me demande souvent comment vous
vous trouvez au milieu de la guerre qui v jus
environne.
Je ne vous parlerai pas de nos malheurs,
ce sont ceux de la France qui m'accablent le
plus. L'impératrice et le prince vont bien,
c'est une grande consolation pour moi. Espé-
rons de meilleurs jours et croyez toujours,
ma chère Hortense, à ma sincère amitié.
Napoléon.
Telle est cette correspondance précieuse
pour l'histoire de l'homme et du règne,
en raison des infinis détails qu'on y ren-
contre, année par année. Elle ne nous ap-
porte toutefois aucune révélation, même
simplement piquante. Ce n'est qu'un
commerce loyal, honnête et tout uni entre
gens que l'on aurait supposé capables
d'avoir bien autre chose à se dire.
Sl-rowiiaUles et ({«riosités
Hommage des Marseillais à Hud-
son Lo"we. — On écrivait de Marseille
le 25 janvier 1817 ^u Journal des Débats ?
Les curieux se portent en foule à l'Hôtel de
ville pour y admirer les deux belles urnes en
argent dont le conseU. ^Junicipal, par sa dé-
libération du 26 juillet 181S, arrêta qu'il
serait fait hommage, au nom de la ville de
Marseille, en témoignage de sa gratitude, au
très honorable baron Exmouth, chevalier de
l'ordre du B;iin, amiral du pavillon bleu et
commandant en chef les escadres de S. M.
britannique dans la Méditerrannée ; et au
Major sir Hudson Low commandant une di-
vision des forces de S. M. B. à Marseille et en
Provence et actuellement gouverneur de
Sainte-Hélène. Les deux urnes sont li-
chement exécutées ; on y voit gravées les
armes de la ville, et l'inscription suivante en
langue anglaise et française apposée sur
chacune des urnes, selon leur destination res-
pective.
A l'Amiral U très honorable baron Exmouth
Au major Général sir Hudson Lowe
Marseille reconnaissante
le a6 juillet 181^
L'orfèvre de Paris qui a été chargé de
l'exécution de ces belles urnes est M. Charles
Cahier, orfèvre du Roi et de S. A. R. Mon-
sieur.
(journal des O^'éa/5 du lundi 5 février 1817,
pag<^ 4)-
1817 1... La conduite que tenait à cette
époque !e geôlier de Sainte-Hélène était
loin de mériter un tel hommage de la part
des Français. L. G.
Lt Directeur-gérant :
GEORGES MONTORGUEIL
Imp. DAMiiii-CHAMBOH, St-Amand-Mont-Rood
I
LXVi* Volume Paraissant Us
'o, io cl io dt cbaqu^mots 20 Décembre 1912
48* Année
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Fondé en 1 804
-JUKSTiON. KT KGHO.SKS L.TTÊKAiaES. HiSTOHlQUES. SCIENTlP.gUKS KT AHi.STlOUKS
TROUVAir.LES ET CUHIOSITES
7 9 yyQ ___
(âue6tîoii$
/VcJXi prions nos correspondants de
vouloir bi^n répéter leur nom au-dessous
de leur pseudonyme, et de n'écrire que
d'un côté de la feuille. Us articles ano- \
nymes ou signés di pseudonymes inconnus \ —
ne Sel ont pas insérés. \
Pour la précision des rubriques, tonte \ '^'j^omd.%, qui crut en Delacroix.
question ne peut viser qu'un seul nom ou un i Q-^'^^a'^-^^e qu^^ ce Thomas qui croyait en
seul objet. j Delacroix et qui a acheté les premières
Indiquer les rubriques ci leurs cotes. \ «^J^res de Delacroix ? Nous avons de lui
Indiquer les rubriques et leurs cotes.
Qjmnd la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauf exception
n'est pas insérée, mais envn-ée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
le reçu ci-dessous.
Le Saint -Sébastien, payé trois cents
francs le jour du terme, en 1852 à la vente
Laurent Richard, en 1873 a été payé
31.500 frs.
Le même Thomas avait acquis en dé-
cembre 1848, pour 100 frs, le Christ au
jardin des Oliviers.
... 9 ^ /*^>^'<^^K.Ca. -j/^ h *i
^>^^fe^a^
I
N« 1340 Vol. LXVÏ
_ 77 ,
Les greniers du Louvre. — On
parle souvent de ces greniers. Evidem-
ment c'est la réserve, ce sont les débar-
ras de notre musée. Mais rien n'est en-
tré au Louvre sans mérite L'inventaire
de ces greniers existe-t-il .'' se commu-
nique-t-il ? Il n'est pas utile d'encombrer
les colonnes de \ hiieimédiaire, et c'est
pourquoi je ne demande pas : que con-
tiennent-ils ^ V.
Les productions épiques et poéti
ques de Lucien Bonaparte. — Je se-
rais reconnaissant aux internîédiairistes
qui voudraient bien me renseign-..r sur l'ac-
cueil reçu à l'époque par les productions
épiques et poétiques de Lucien Bonaparte
et m'aider à établir une liste des person-
nes avant été en relation avec le prince
de Canino el dont les descendants pour-
raient posséder dans leurs archives des
lettres du plus intéressant des frères de
Napoléon. S. Fl.
Un prétendu fils de Charles IX.
— Je trouve dans un livre anglais récem-
ment publié, The Latet vears of Cathetine
de Medici, par Miss Edith Sichel, que
Charles IX aurait eu de sa femme Elisa-
beth d'Autriche, un enfant qui mourut en
bas âge. Les historiens ne font aucune
mention de cet enfant.
Sur quoi s'appuie l'r.uteur des « Der-
nières années de Catherine de Médicis "
pour produire cette assertion ?
Ecossaise.
Benvenuto Cellini a-t-il tué le
cardinal de Bourbon ? — Benvenuto
Cellini prétend avoir tué, au siègcde Rome,
le cardinal de Bourbon. 11 visa dans un
groupe^ et atteignit d'un coup d'arque-
buse, l'un des plus grands : c'était le car-
dinal (voyez le livre 11, des Mémoires).
Mais cette prétention a été fortement
mise en doute. Benvenuto s'avantage vo
lontiers. Les archives du Vatican recèlent
peut-être le secret de cette histoire. Jamais
furent-elles consultées pour cet objet?
D'L.
Le premiernotaire — Selon quel-
ques historiens, Valentinien est le premier
que l'on connaisse pour avoir fait les fonc-
tions de notaire et de secrétaire du roi,
sous Childebert, roi de Paris. Cependant,
L'INTBRMBDlAmfe
772
l'édit royal de Charles V créant, pour le
couvent des Célcstins, la charge de 60®
secrétaire du roi, (il y en avait aupara-
vant 59), a l'air d'indiquer, pour la créa-
tion des notaires-secrétaires du roi, une
époque bien postérieure. Q.ui a raison?
A. M.
(Question (XXllI) restée sans réponse).
Nom d'un personnage de Cons-
tantinopla. — Cette personne se servait
d'un papier à lettre timbré d'un E et d'un
), surmontés d'une couronne de vicomte.
Elle parait connaître assez bien les des-
sous de la politique turque et interna-
tionale ; je doute qu'elle fût attachée à
l'ambassade de France à Constantinople,
car dans une lettre d'elle, que j'ai sous
les yeux, elle est assez dure pour notre
ambassadeur, M. de Lacour.
Cette lettre, non datée, écrite de Cons-
tantinople, est vraisemblablement de
iSst. Elle est si curieuse, révélant de tels
dessous diplomatiques, que le sénateur
de l'Empire, auquel elle est adressée, en
barbouilla avec soin la signature. Elle s'y
moque du prince Menchikoff et dit que
<« les Anglais sont d'habiles gens et de
fiers coquins ; que la France a la main
malheureu.se en fait de diplomates. »
La CoussiÈRE.
Isabel d'Angoulême. — Qui étaient
les parents d'Isabeld'Angoulêmemariée à
Hugh X, comte de la Marche ?
Dright.
Bouche r.miniaturis 6. — Je possède
une miniature ancienne, < Portrait de la
marquise de Pompadour vue à mi-corps,
velue d'une robe bleue avec agréments
roses. » La favorite est assise dans un
parc et tient un livre sur ses genoux.
Cette miniature est signée Boucher
1767 (?)
Je ne crois pas que ce soit une œuvre
du fameux peintre; mais ce pourrait être
une copie réduite, due au pinceau d'une
dame Botichcr (Marie Jeanne) dont Maze-
Senciercite le nom dans son Livte des
Collectionneurs, page 492.
D'un autre côté, VlUustration, dans son
récent numéro de Noël, reproduit en cou-
leurs un petit médaillon miniature catalo-
gué sous le nom de M. J. Boucher.
Ni Bellier de la Chavignerie, ni Siret,
DES CHERCHEURS ET CURIBUA
30 Décembre 191a
773
774
ni les de Concourt, pourtant si avisés des 1
choses du xviu* siècle, ni même le re-
gretté Henri Bouchot dans son volume :
La Miniatuic Française de ij^o à 182^,
ne parlent de cotte artiste.
Un des lecteurs de Ylntei iiiédiaire se-
rait-il assez obligeant pour me fournir
q'ielqujs indications? Plus d'un collec-
tionneur les accueillerait avec plaisir
Jean Paul Heff.
Mme ds C... — Dans le volume inti-
tulé Napoléon à Paiis, paru en 1842, in-8,
une Mme de C... est dénoncée comme
étant le mauvais génie du prince Louis-
Napoléon (page 24OJ. Sait on quelle est
cette Mme de C... ? XXX.
Hommage à Salomon de Caus. —
D'un rapport de Baltard (22 juillet 1864),
il résulte que, prenant en considération
une proposition de M. Charles Read, la
ville de Paris devait faire placer, sur une
des faces de la maison sise rue Palestro, à
l'angle du passage Basfour, sur rempla-
cement de l'ancien cimetière protestant de
la Trinité, où Salomon de Caus avait été
inhumé, une inscription commémorative
avec l'effigie en buste ou en grisaille de cet
ancieningénieurde la Ville deParis. Le pro-
priétaire avait consenti, le travail avait été
conmiencé. Le projet est resté en sus-
pens : que s'est-il passé? La guerre, évi-
demment, a culbuté bien d'autres choses,
V.
Crevin. — Domaine et hameau de la
commune de Bossey, arrondissement de
Saint-Julien (Haute-Savoiej.
On cherche à recueillir tous les docu-
ments historiques et iconographiques re-
latifs à cette localité, de même que des
titres de propriété et les mentions intéres-
santes des chroniqueurs et des voyageurs
dont les relations sont publiées ou iné-
dites.
L'indication des collections publiques
ou privée» où se trouvent des documents
de ce genre, serait particulièrement utile.
ROMOND.
Félix Desportes, quand est-il
mort ? — Dans mon ouvrage : La Révo-
lution de 18^8 en Alsace qui se termine
par la biographie des parlementaires al-
saciens de 1789 à 1S71, je consacre quel-
ques lignes à ce membre de la Chambre
des représentants de 181 5 pour le Haut-
Rhin, Né en 1763, après avoir passé par
la diplomatie, il devint préfet du Haut-
Rhin en r?n X, baron de l'Empire en
1809. Il fut l'un des premiers à se pro-
noncer contre Napoléon^ après Waterloo,
à la Chambre des représentants. A la
séance du 21 juin il demanda la nomina-
tion d'une commission de cinq membres
chargée de prendre les soins pour la sû-
reté de la représentation nationale. Il fut
banni en 1816 et quitta la France. 11
avait alors 55 ans. Je ne retrouve plus sa
trace depuis cette époque.
Paul Muller.
Pierre de Grenus. — Né à Genève
le 10 octobre 16^8, mort au même lieu le
S mars 1749; officier au service de France"
brigadier, 1704, gouverneur de Wissem-
bourg, retiré à Genève à partir de 1711,
On désirerait connaître les dépôts pu-
blics et privés qui possèdent des lettres
de cet officier général, et des documents
de toute nature relatifs à ses propriétés
dans le voisinage de Genève.
Ro.MOND.
Le .vieur Lagarrigue et le Micros-
cope solaire. — En classant de vieux
papiers je trouve le prospectus de séan-
ces que devaitdonner à Rome le sieur La-
garrigue, de la Faculté des Sciences de
Paris, a l'aide du Microscope solaire^ gros-
sissant huit millions de fois les objets.
Imprimés pour une tournée en Italie, les
prospectus ne portent point de date ;
on devait l'ajouter à la main, comme le'
prix du billet d'entrée.
Ce sieur Lagarrigue, lauréat en plusieurs
expositions industrielles, doit être connu.
Sait-on à quelle époque il fit cette tournée
en Italie ?
Si ce prospectus intéressait quelque
lecteur de V Intermédiaire, je me ferais
un plaisir de le lui offrir.
Arch. Cap.
Lombard^ auteur dramatique. —
Nous lisons dans ^5 ans de ma vie, page
197, de la princesse Louise de Prusse, le
passage suivant :
i8i..6. - On réd'gea un mémoire pour
renettre au roi et Is supplier d'éloigner de
son cabinet MM. de Haugwitz, Begme et
N* 1349 Vol. LXVJ
L'INTERMEDIAIRE
"ilb
776
Lombard, tous trois généralement accusés de
tenir au parti français.
Je crois qu'on taisait tort à Begme et que
M. Lombard désiiaif surtout ne pas se
brouiller avec la France dans l'espoir de
faite accepter ses tragédies au Théâtre Fran-
çais. Il espérait un grand succès dramatique,
qui lui tenait plus à cœur que le bonheur de
la Prusse.
Pourrait-on nous dire si ce Lombard
est arrivé à faire jouer quelques pièces au
Théâtie-Français? Dsns l'affirmative, quel
a été leur sort ? J.
Agnès de Montbéliard. — Qui
étaient les parents et grands-parents
d'Agnès de Montbéliard mariée à Edward
H, comte de Brienne ? Dright.
Dô Monthresor. — Un aimi(ble con-
frère peut-il me re^iseigner sur un Mon
sieur de Monthresor dont je trouve une
relation manuscrite intitulée : « Relation
et discours de M. de Monthresor sur la
sortie de M. le duc dOrléans hors de
France après la mort de M. de Montmo-
rency ; sa retraite et sa réception en
Flandre, les Intrigues de la Cour pendant
son séjour et son retour en France (1634).»
Comte E. de Rougé.
Biaise Moulinier. — Le it^ avril
183} et jours suivants, on vendait des
livres rares et des manuscrits précieux
parmi lesquels se trouvait sous le n" 442
du Catalogue :
Le théâtre de l'inconstance où sont les
amours d'Amydor et de Lysis par Biaise
Moulinier sieurde Beauregard Xainetongeais,
Paris 1610: Ecrituie noire rouge, iu-i8, reliure
du temps.
Sait-on ce qu'est devenu ce manuscrit ?
Pourrait-on me fournir des renseigne-
ments sur Biaise Moulinier, sicur de Beau-
regard .i* Champvolant.
Préfontaine. — Un membre de cette
famille a t-il rccilcment pris part aux
guerres de l'Emigration et de Vendée ^ Ce
nom est bien cité dans quelques ouvrages
spéciaux relatifs à ces guerres, notamment
dans celui du marquisd'Ecquevilly : Cam-
pagne du corps sûii$ la ordres Jii Piince de
ConJé. Dans le Cbarlrier Français, année
1870 « liste «les présents à Quiberon : de
Prefontaine disparu le 21 ». Mais aucun
des ouvrages ayant traita r«?*p(>dition de
Quiberon ne cite ce nom dans la liste des
émigrés tués ou arrêtés et exécutés, ou
qui ont pu s'échapper. Il er. est de même
des ouvrage; sur les guerres de Vendée.
On ne trouve ce nom ni dans Tercier, ni
dans Chassin, Crétineau-joly, Deniau. de
Nouhes, Duchemin des;Scepeaux, etc., etc.
je me demande s.'ii n'y aurait pas eu
erreur d'impression ou confusion de nom
et s'il n'aurait pas été mis de Préfontame
pour de Guéfonlaine.
Un de Guétontaine fut, en eflet, garde
du corps des princes ; il prit part aux
guerres d'Emigration, à l'expédition de
Quiberon ; arrête avec tous les émigrés
sous les ordres du comte de Sombreuil,il
put s'échapper, reprit les armes en Ven-
dée et fut tué à Ballée en octobre 1799.
Tous lt;s ouvrages cités plus haut, aux-
quels on pourrait ajouter cdui de R. Bit-
tard des Portes Les Emigrés à cocarde noire
en font mention. P. C. L.
Janne de Seilhans — J'ai sous les
yeux deux lettres qui portent comme si-
nature le nom place en tête de ces lignes.
Elles furent écrites en 1627 et 1628, au
Cardinal Borghèse.par une religieuse ainsi
nommée, qui avait fondé à Assise le nio
nastère des St!\-antes de Jésus, Marie et
Joseph En 1639 Anne d'Autriche écrivant
aux magistrats d'Asi^ise, pour les remer-
cier des fëlicit.itions qu'ils lui avaient
adressées à l'occasion de la naissance du
Dauphin, le futur Louis XIV, leur faisait
remettre ses lettres par l'intermédiaire de
la «bonne Mère de Seillans. » C'est la der-
nière trace que l'on trouve d'elle à Assise
et le savant chanoine Tnii, aujourd'hui
vicaire généra!, dans une courte note,
qu'il lui a jadis consacrée dans un bulle-
tin publié en 1899,3 l'occasion du cin-
quantenaire de l'mvention du corps de
sainte Claire (S^iila Chtara di /isstsi ticl
cinguantesitno dalVinven^ione del corpo,
Assise, 1899 1900) assure qu'elle trans-
porta son monastère en France.
Dans les quelques documents contem-
porains, Janne de Seilhans est dite de
Marseille. Scillians est une commune du
Var, et le nom d'une famille de ce nom
est connu. Je l'ai relevé, sans en prendre
note, dans le catalogue des mantjscrits de
la Bibliothèque d'Aix, je crois, sous la
plume d'un certain correspondant de
Peiresc.
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
777 -
778
30 Décembre 191»
Connait-on quelque chose de plus sur
Janne de Seilhans et sa communauté des
Servantes de Jésus, Marie et Joseph, qui
portaient comme costume religieux une
robe de laine de couleur cendrée ; sur la
poitrine trois croix superposées, rouge,
verte et blanche. J'ai inutilement cherché,
dans Hélyot et les auteurs que j'avais
sous la main, quelque renseignement sur
cette famille religieuse qui n'eut, peut-
être, qu'une durée éphémère.
Arch. Cap.
"Vitapeyde Beranger et de H.Ma-
caire. — Qui étaient les parents de Vi-
tapey de Beranger et Je H. Macaire marié
à Guillaume III comte d'Angoulême ?
Dright.
Trensbourge deBeaugency. —Qui
étaient les parents de Trensbourge de
Beaugency marié à Fulgue V, comte d'An-
jou ? Dright.
Décoration du Mérite Militaire. —
Existe-t-il pour cette décoration, réservée
aux protestants sous l'ancien régime, des
tables ou des répertoires comme pour la
croix de Chevalier de Saint-Louis?
Gald.
Ordre relis^ieux- militaire- nobi-
liaire de Saint- Jean-d' Acre. — Je se-
rais heureux d'obtenir des renseignements
historiques au sujet de l'Ordre de Saint-
Jean-d'Acrd, ainsi que a l'égard de son
existence actuelle.
L'Ordre de baint-Thomas, institué par
Richard, roi d'Angleterre, après la prise
d'Acre, aurait-il quelque rapport avec
l'Ordre de Saint-Jean-d'Acre?J'ai entendu
dire que ce dernier existerait encore en
Espagne. Pourrait-on me renseigner à ce
sujet .f' Est-ce que le cartulaire de cet Or-
dre serait conservé au British Muséum,
de Londres 't Un historidphile.
Armes à identifier : Trois falots
d'or. — D'azur, à tiois falots d'or poses
2 et I en bande. Ces armoiries sont acco-
lées a celles de Etienne Montanier '< inté-
ressé aux fermes du roi » en Languedoc
(Lodeve) vers 1730. Montanier porte :
d'azur à 2 montagnes d'argent surmontées
d'un soleil d'or accompagné de j étoiles de
même en chef, les deux autres aux côtés.
Elles sont peintes sur une chaise à por-
teur du xviii*^ siècle.
En 1730, une dame veuve Montanier
parait dans un acte de fo^ et hommage,
elle est née Madeleine Arnoux son dé-
funt mari y est qu^ilitié Trésorier de
France
Est-ce le même Montanier ^ Ces armoi-
ries 'ont elles celles des Arnoux ?
R. DE R.
"Vent-^ Joursanvault. — Parmi les
livres mis à la disposition des lecteurs
dans la salle des manuscrits, à la Biblio-
thèque Nationale, se trouve, sous le nu-
méro 29b, le Catalogue atialvtique des
Archives de M. le baron de Joursanvault ;
Paris, Techener, 1838, 2 vol. in-8.
En tête du second volume, on a relié
cet avis :
La vente aux enchères des archives de M.
le baron de Joursanvault aura lieu par le
ministère de M« Bataillard, commissaire
priseur, rue de Choiseul, n" 5, assiité de M.
Techener, libraire, place du Louvre, n» 12,
le is octobre 1838 et jours suivans, aux lieu
et heure et dans l'ordre qui seront indiqués
par une feuille de vacation qui se distribuera
à compter du le"" octobre, chez MM. Batail-
lard et Techener.
La collection sera vendue en totalité à
l'amiable s'il est tait des offres suffisantes
avant le l«^ octobre.
On m'a dit à la Bibliothèque Natio-
nale, que le fonds s< Bourgogne et Fran-
che Comté » avait été acheté par cette
bibliothèque
Je désire savoir ce qu'est devenu le ma-
nuscritsignalédans le tome II sous la divi-
sion i< Anjou, a la page 84 et numé-
roté 2.578. *< Dix-sept pièces : litres con-
cernant la seigneurie de Longue. Contrat
de Mariage de Charles de Chatillon et de
Catherine Chabot. Pièces relatives aux
divers officiers du roi et du duc d'Orléans
en Anjou. Titres relatifs à la chàtellenie
de Passavant. Le vicomte de Thouars
donne quittance des deniers reçus pour
son mariage avec Collette Chabot. Pièces
concernant le château delà Bourgognière.
Pièces relatives à l'abbaye de Fontevrault
et à la prise d'habit par la duchesse
d'Orléans. 1440- 1480 ».
Claude Robin.
N 1349. Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
779
780
« Epatant » (LXV) — Un Souvenir
de Pasteur. — Pour exprimer létonne-
ment extrême, on a coutume de dire :
« Les bras m'en tombent !» ou « Cela me
coupe bras et jambes > .
Or, les gens qui sentent leurs membres
se détacher ainsi, sont épatés, au sens po-
pulaire et littéral du terme.
Serait-il excessif de voir là l'étymolo-
logie du mot épatant, que l'Académie
vient de naturaliser français ^
En accueillant ce mot jusqu'alors dé-
considéré, l'Académie n'a d'ailleurs fait
que suivre, de très loin, l'exemple d'un
de ses membres, et pas des moindres, qui
ne dédaigna pas de s'en servir dans une
circonstance mémorable.
Cela se passait il y a vingt-cinq ou
trente ans, peu-ctre plus. Pasteur, dans
son laboratoire d'Arbois, ou il poursui-
vait ses recherches sur l'infection char-
bonneuse chez les animaux, venait d'ob-
tenir des résultats merveilleux. Sous
l'empire de la joie qu'il en éprouvait, il
adressa à sa femme, restée à Paris, ce té
légramme concis : « Succès épatant] »
Si les parrains du parent pauvre qu'on
vient d'admettre dans la famille académi-
que, avaient eu connaissance de ce glo-
rieux précédent, ils n'auraient pas man-
qué d'en faire état pour les besoins de
leur cause. Mais c'est un fait peu connu,
que je crois tenir de bonne source.
Je ne l'ai vu citer nulle part. Est-il his-
torique ou légendaire ? C'est un petit
point d'histoire que la famille Pasteur
pourrait peut-être fixer, et il est, actuelle-
ment, assez intéressant pour en valoir la
peine.
Emile Deshays.
Sous Louis XIV mangeait-on la
tête couverte ? — Qui ne comiait ces
deux vers de la 3» Satire de Boilcau (Des-
cription d'un repas ridicule).
Quand un des campagaardsreievant sa mous-
[tache
tt son feutre à grands poils ombragé d'un
[panache.
Doit-on en conclure que sous Louis
XIV on mangeait quelquefois ou toujours
la tète couverte, même dans les repas de
cérémonie, ou que le campagnard était
ignorant des usages des honnêtes ger.s ^
Dehermann.
Eépou$e$
des Ca-
Les Guise, descendants
rolingiens (XVII ; LXVI, 33,
Dans son Manuel de diplomatique (Paris,
1894, page 880) M. A. Giry répond en-
tièrement à la question posée :
L'un des plus fameux faussaires en ce
genre (faux généalogiques) fut François de
Rosières, de Bar-le t)uc, attaché au cardinal
de Lorraine, qui le pourvut de nombieux
bénéfices et notamment de l'archidiaconné
de Toul. Il fut chargé par les princes lor-
rains d'écrire une histoire de leur maison,
accréditant la généalogie qui rattachait les
Guise en ligne directe à la famille de Char-
■lemagne, voire même à la dynastie méro-
vingienne Ce n'était point chose de petite
conséquence puisqu'elle plaçait les Guise
sur les marches du trône et leur créait des
droits éventuels, au cas de la disparition,
qu'on pouvait dès lors'^févoir de la maison
de Valois. Four justifier cette filiation. Ro-
sières fabriqua nombre de fausses pièces
qu'il prétendit avoir trouvées dans les archi-
ves des monastères. Son procédé était le
le plus souvent des plus simples ; il consis-
tait à introduire dans la teneur dedocuments
anrienset parfaitementauthentiquesles noms
et les mentions dont il avait besoin. Il ne
paraît pas s'être jamais hasardé à contrefaire
des originaux, mais s'être contenté d'insérer
les textes acommodésà sa façon dans la lon-
gue et fastidieuse histoire en latin de la mai-
son de Lorraine qu'il publia en 15^0 à
Toul, avec privilège du roi et qui est intitu-
lée: Stemtnata Lotharingia ac Barri ducum
(in-fol.). Dénoncé par du Plessis-Mornay
{Discours du droit, prétendu pour ceux de la
maison de Guise d la couronne de France,
Paris, 13H3, in-8o|. comme un manifeste
des princes lorrains, l'ouvrage fut saisi et
son auteur jeté à la Bastille, d'où le crédit
des Guise réussit à le faire bientôt sortir ; il
put se retirer à Toul, 011 il employa sa
vieillesse à composer des œuvres édifiantes.
Voir ausbi : Bréquigny, Sur h faussaire
François de Rosières, pp. 315-317 des
Prolégomènes du tome 1, des Dipïomata
Chartae.
P. c. c. Baron du Rourh de Paulin,
Guerres de "Vendée. Les Prison-
niers de Saint Florent le "Viel (LXVI,
673). — La question des prisonniers de
Saint-Florent .-» été amplement traitée
dans \ Intermédiaire (Voir XXXII, 556 ;
DES GHJbRCHiiUKS
781
Bl eu H JEUX
20 Décembre 191a
XXXllI, 104, 269, 380, 620, XXXIV, loi,
500, 587).
11 est résulté de cette enquête que les
prisonniers de l'Eglise de Saint-Florent
étaient des Républicains qui durent la vie
à la générosité du général Vendéen de
Bonchamp.
Comme témoignage on a cité :
Les Mémoires de Kléber, et Savary, té-
moin oculaire.
Une lettre de Merlin (de Thionville)
écrite de Saint-Florent au Comité de Salut
Public (19 octobre 1793).
Une lettre de Guichet et Chaigneau,
commissaires à la silice d?. l'Armée de
l'Ouest, écrite de Saint Florent le 24 oc-
tobre 1793.
Le décret de « sursis à l'exécution du
jugement de la Commission militaire éta-
blie au Mans qui condamne 'à mort la
veuve Bonchamp» (33 Vendémiaire an lllj
et le décret de « sa mise en libc^rté » (29
Nivôse an 111).
La lettre adressée le ^ Brumaire an III
au conventionnel Lofficial, Tun des paci-
ficateurs de la Vendée par « les républi-
cains qui ont été prisonniers dans la Ven-
dée, délivrés à Saînt-Florent le 18 octo-
bre 1793 (vieux stile) » {uc).
Les déclarations de P. J. David d'An-
gers, qui sculpta le monument élevé à
Bonchamp dans l'Eglise de Saint-Fiorent,
attestant que son père Pierre Louis Dj
vid, volontaire de l'armée de; Kléber, était
un des 5000 prisonniers dans l'Eglise de
Saint-Florent dont Bonchamp a demandé
la grâce avant de mourir, et qu'en exé-
cutant le dit monument, il "a voulu ac-
quitter la dette de reconnaissance de son
père.
Je crois donc qu'appuyée sur tous ces
documents la preuve a été hisioriquement
faite et que l'enquête peut être définitive-
ment close.
G. Lantz.
♦ ♦
Sauf le nombre des prisonniers, le fait
est rapporté dans \' Histoire de la Révolu-
tion de Thiers, au commencement du li-
vre XVIII, tel que le relate notre confrère
«Un Vendéen». Voici le passage deThiers:
Le lendemain 18 (^octobre !79?), l'armée
(républicaine) entière marche de Chofet vers
Beaupréau. Les avant-garde; de Beaupuy,
placées sur îa route de Sarnt-Florent, voient
un grand nombre d'individus arriver en
782
criant : Vive la République/ Viiie Bon-
champ. On les interroge, et ils répondent ert
proclamant Bonchamp comme leur libéra-
teur. En effet, ce jeune héros, étendu sur un
matelas, et près d'expirer d'un coup de feu
dans le bas ventre, avait demandé et obtenu
la grâce de quatre mille prisonniers que les
Vendéens traînaient à leur suite et qu'ils
voulaient fusiller ; les prisonniers rejoi-
gnaient l'armée républicaine.
V. A. T.
Dans le n" 1 17 du Mercure Français, 26
octobre 1793^ Page 400 :
Barrère a annoncé que la Vendée n'est
plus. Voici la lettre de* représentants du
peuple près l'armée de l'Ouest.
l. a. P.
« »
Le 18 octobre 1793, l'armée Vendéenne
fit grâce à 7.000 prisonniers, qui étaient
réunis à Saint-Florent-le-Viel (Maine-et
Loire), lors du passage de la Loire. Les
témoignages abondent, et du côté des
blancs et du côté des bleus.
je me contente de donner deux docu-
ments empruntés à ces derniers
Le 19 octobre, lendemain du passage
de la Loire, Merlin (de Thionville) écri-
vait, de Saint-Florent-le-Viel, au Comité
de Salut Public :
j'arrive avec Boursault et quelques troupes
mais j'arrive trop tard pour noyer les débris
des brigands. Cette armée du Pape, qui
nous fait tant de mal et que l'on n'a pas
poursuivie avec une activité assez révolu-
tionnaire, nous échappe encore ; mais elle
n'a plus de chefs ! Les:ur2 agonise, D'Elbée
est blessé à mort, Bonchamps n'a plus que
quelques heures à vivre. Ces lâches ennemis
de la nation ont, à ce qui se dit ici, épargné
plus de quatre mille des nôtres, qu'ils te-
naient prisonniers. Le fait est vrai, car je le
tiens de la bouche de plusieurs d'entre eux.
Quelques-uns se laissaient toucher par ce
fait à'incrovable hypocrisie. Je les ai pérores
et ils ont bientôt compris qu'ils ne devaient
aucune reconnaissance aux brigands. Mais,
comme la Nation n'est pas encore à la hau -
ieur de nos sentiments p itriotiques, vous
agirez sagement en m soufflant pas mot
sur une pareille indiq-nité. Des hommes libres
accepter la vie de la main des esclaves ! Ce
n'est pas révolutionnaire // faut donc ense-
velir dans l'oubli cette malheureuse action.
N'en parle;^^ pas même à la Convention. Les
brigands n'ont p.i^ le temps d'écrire ou de
faire des journaux ; cela s'oubliera comM»
\ tant d'autres choses ,
N»
'349'
VoJ. LXVI.
78?
L'ilNTi3KMÉD{Ali<Jb
Jean-Julien-Michel Savary, président du
tribunal du district de Cholet jusqu'à l'in-
surrection de mars 1793, était commis-
saire civil à l'état-major de Kléber lors du
passage de la Loire par liumée catholique
et royale. 11 était à Beaupréau le 18 octo-
bre 1793 Voici ce qu'il écrivait, en 1824,
dans ses Guerres des Vendéens et des
Chouans (tome 11, page 278) :
Le 18 octobre, vers les onze heures du ma-
tin, les avant-postes sur la route de Beau-
préau à Saint-Horent sij^nalèrent un grand
nombre d'individus qui se dirigeaient vers
eux; Beaupuy s'y porta de suite. C'étaient
les prisonniers républicains, au nombre de
quatre ou cinq mille, qui tous proclamèrent,
pour leur libérateur, Boncbamps prêt à ren-
dre le dernier soupir — Il faut avoir vu ce
spectacle attendrissi-nt et terrible, il faut avoir
entendu le récit de leurs peines, de leurs
espérances, enfin l'expression de leur recon-
naissance, pour s'en faire une idée. Ils furent
dirigés le jour même sur Cholet.
F. UZUREAU,
Directeur de Y Anjou Hiztoiique.
Santerre et la mort de Louis
XVI (T. G. 820 ; LXV ; LXVI, 54, 349»
558,593;. — L'article de « F.Arverne» me
force a revenir sur une question dont j'ai
dit que je la traiterais ailleurs selon la
méthode historique et avec toute l'ampleur
quelle nécessite. Je demanderai seule-
ment que, dans l'intervalle, on veuille
bien ne pas me faire dire ce que je n'ai
pas dit. s< L'auteur de l'article du 30
octobre », en renvoyant, en effet, à Chas-
sin {Un balai d de Louis XV, gcneial ré-
f}ublicain en Vendée. [Revue Bleue au 13
sept. 1890, p. 335-339]) i» eu soin d'ajou-
ter que l'erreur de cet historien, relative
au *i bâtard », avait été rectifiée par M.
E. Welwert au n" du i®"" novembre 1890
des Arcbiv.'s historiques, artistiques it lit-
téraires, t. II, dans une lettre ouverte au
Directeur de la Revu- bleue (1) Ceci pose,
(1) M. £. Welwert avait donné déjà, en
I887, au t. XXXV de la Revue historique, p.
393-303, une Etude critique de quelques
textes relatifs à la vie secrète de Louis X V,
où l'on trouvera, p. 094-290, d'intéressants
détails sur la Morphy. — Notons qu'une
omission typographique, dans l'article du
30 octobre dernier, col. T,}(),note 1, me fait
commencer l'article de M Monin aun* de
janvier-mars de la Revue historique de la
itévolutian française. C'est au n* de jan-
784
il importe de ne laisser subsister aucune
équivoque sur l'origine authentique de
Charles-Antoine de Beaufranchet. Je vais
donc l'exposer avec toute la précision do-
cumentaire, en même temps que la briè-
veté voulues.
Celle que Ton nous désigne comme
ayant été »< Marie-Louise O'Murphy de
Boisfailly » — nom altisonant, en vérité !
n'était autre que la belle « Morphise »
maîtresse de Louis XV. la jolie fille que
le journal de Barbier et surtout les Mé-
moires de d'Argenson ont suffisamment
caractérisée, et que les papiers de l'ins-
pecteur de police Meusnier (bibl. de
l'Arsenal, Archives de la Bastille, manus-
crit n° 10251) ainsi que le Journal de
Hardy (Bibliothèque Nationale, manus-
crits ; t. II: Mes loisirs) ne permettent pas
de confondre avec qui elle ne (ut pas.
Cette enfant, « tirée de la lie du peuple»,
et \< presque ramassée sur le trottoir » —
— ce n'est point moi'Ciui p<»rle — , dont
Casanova de Seingalt, au t. II de ses Mé-
moires (1). soutient l'origine grecque.,
dont d'Argenson fait le rejeton d'un sa-
vetier et d'une revendeuse à la toilette,
tandis que d'autres contemporains veu-
lent qu'elle ait été de souche irlandaise,
avait quatre sœurs, de condition précaire
selon Meusnier — dont le manuscrit est
malheureusement lacéré au début — et
de vertu moins que farouche, je n'insis-
terai pas sur leur histoire, qui, cepen-
dant, aurait l'avantage de nous montrer
dans quel milieu fut élevée la mère de
Beaufranchet. Je ne narrerai pas non plus,
vier-mitr.i i^io qu'il faut lire. Notons enfin
que le Recueil La Bédoyère, à la Bibliothè-
que Nationale, contient des lettres encore
non publiées de Santerre et que signale M,
Pierre Caron, p. 142 de son Manuel Prati-
que ■;^our l'étude de la Révolution française
(Paris, Picard, 1912). Sur Beaufranchet faux
« oncle de Louis XV'II », j'engage l'amateur
à se reporter au iourna! Le Temps du 21 jan-
vier 1893. Voyez, enfin, la défense de Beau-
franchet dans r/H/^A/w<?</îViiri?du 10 avril 1898,
par « T Pavot » : Autour de Louis X^.
(i)Qui l'appelle Hélène et prétend à la
note poétique, visiblement D'après Vatel.
Madame du Jarry, I. Introduction, la Mor-
phise aurait été peinte par Boucher, à
l'église Saint-Louis à Versailles, dans son
tableau : Satnt-Jean-Bapiiste prêchant dans
le disert.
DBS CHBRCrîBU -S ET CURlHUX
ao Décembre ipit
785
78b
après les garants cités et encore les Mé-
moires du duc de Croy et Soulavie (éd. de
1802), ainsi que du marquis de Valfons,
comment, à i4ans, Louisonnubiledepuis 5
ou 4 mois, fut destinée par la fortune aux
amusements d\m demi-dieu, qui, on le
sait, avait déjà pris goût à présider des
éducations de ce t^enre. Bref, la Morphise,
logéedèsl'hiverde 17,3 auParc-aux-Cerfs
et, au printemps, au château même (Cf.
d'Argenson. sous le 2 mai 17S3), amusait
le Roi — diflfîcile problème ! — Tantel si
bien qu'après une fausse couche, elle mit,
entre mai et juillet 17^4, à Versailles, au
monde une fille et vil sa faveur s'accroî-
tre, au point que les calculateurs de la
Cour commencèrent à adorer cet astre
nouveau.
Malheureusement, Louison se laissa
enjôler par Mme la maréchale d'Estrées,
ennemie de la Pompadour. et dut à cette
imprudence sa perte. On lui chercha
donc un mari, qui fut trouvé, grâce au
prince de Soubise et par l'intermédiaire
du marquis de Lugeac {cf. les Souvenirs
d un homme Je cour, etc. de la Gorse, i8os,
t. Il), en la personne du brave gentil-
homme auvergnat et aide-major Jacques
de Beaufranchet d'Ayat. La Morphise re-
cevait du roi 200.000 mille livres de dot,
ainsi qu'un magnifique trousseau — sans
compter les diamants qu'il lui avait offerts
nacruère — et le mari ^0.000 livres pour
prix de sa loyale complaisance. L'acte de
mariage, qui subsiste, est daté du 25 no-
vembre 17 s =5 [cf. les Mémoires du duc de
Luynes, XIll, 431 ; les Souvenirs du mar-
quis de Valfons ; le Journal de Barbier,
VI, février 1756; les Mémoires de d'Argen-
son, VII (note de Chérin) et Nauroy dans
Le Curieux de janvier 1887). La mère de
Louison y est qualifiée de dame Margue-
rite Igny. Le père était mort : on jugea à
propos de l'anoblir et d'allonger le nom
de la famille, sans souci de la vie équi-
voque des sœurs et de l'existence pro-
blématique de tous. On en fit un Messire
Daniel Morphyde Boisfailly, gentilhomme
irlandais, consacrant, de la sorte, par le
registre des baptêmes, la légende de
cette origine dont parle Meusnier ! Beau-
franchet, mineur, acceptait tout sans mot
dire et son colonel — le marquis de Lu-
geac, susmentionné, du régiment de
Beauvoisis ~- signait au mariage.. Natu-
rellement, l'aide-major peu scrupuleux
fut chansonné. On lit dans le recueil du
marquis de Paulmy :
Sur l'air : Cela ne me surprend pas.
Qu'ail Egrefin pour avoir des ducats
Du maistre épouse une maîtresse
Cela ne me surprend pas...(i)
Désormais, la vie de très haute et noble
dame Morphise change de direction. Elle
donne à Beaufranchet d'Ayat, le 30
octobre 17,6, une fille — dont on n'a
pas de traces — , puis, le 22 novembre
17,7, dix-sept jours après Rosbach — où
son mari, devenu colonel et aide-major
de l'armée de Soubise, s'est fait tuer (2)
— accouche de notre héros. Il faut, pour
être complet, ajouter que sa carrière est
loin d'être terminée. Après deux ans de
veuvage, elle épouse, dans des circons-
tances bizarres relatées par Valfons, Le
Normant, receveur d s tailles à Riom, qui,
en 176:;, après en avoir acheté la terre,
prendra le titre comtal de Flaghac.Le Livre
rouge de 1790 nous apprend que .* Le Nor-
mand {demoiselle Murphi) ^2 ans, veuve du
sieur Le Normand, trésorier du marc d'Or,
touche depuis ij8^ unepensionde i2,ooofr.»
Arrêtée sous la Terreur, le 20 ventôse an
11, elle convole, libérée de Sainte-Pélagie,
en très justes noces, avec Louis-Philippe
Dumont, député du Calvados, qui —
ayant trouvé, sans doute, que ses 30 ans
s'alliaient mal avec les 60 hivers de sa
femme — divorce peu après, le 26 fri-
maire an VII. Elle ne mourra que le 17
janvier 181 5. et le registre des actes de
décès de la mairie du lll'' arrondissement
à Paris — Cf. Nauroy et Dussieux, Gé-
néalogie des Bourbons (Notes de Parent
du Rosan) — énumèrera les 3 maris de
Marie-Louise Morphy (sic) de Boisfailly,
âgée de 77 ans. (5)
(i) Les notes indiquent qu'il s'agit d'un
officier au régiment de Beauvoisis et de la
demoiselle Moréfie (sic). La chanson courait
en i7s6.
(2) Cf., outre Nauroy, Valfons et La Gorse,
la Biograthie des personnages historiques
de la ville de Rwm, 1886
(3) Parmi ses témoins figurait le mari de
sa belle-fiUe, François Le Norraant, baron de
Tournahem. Ce personnage, fils du second
lit de Mme de Pompaiour, mériterait à lui
seul une longue biognphie. Il rattachait la
morphise à celle qu'elle avait rêvé de dé-
trôner !
N» 1349. Vol.
LXVI.
- 787
LIN IJBKMÊDiAiiii:
788
Telle est la carrière de celle que des
s< chroniqueurs avides de scandales » ont
souillée à plaisir. Au demeurant, je ré-
pète que je traiterai en son temps la ques-
tion Sanierrc. sans parti-pris ni préjugés
d'aucune sorte. « F. Arverne >» me ren-
voie aux <\ mémoires du Conventionnel
Cboudicu, page 277, (Pion, éditeur,
1897) 7>. Il ignore apparemment que
Chassin citait — bien avant que Victor
Barrucand publiât son édition, — le pas-
sage,qu'il reproduit, t. III, p, 21 1-212 de
La Préparation de la Guerre de l^endée !
Dans une question comme celle-ci, c'est
de la précision bibliographique seule que
dépend le succès d'une enquête. Il ne
faudrait pas l'oublier. — Et, pour finir,
je dirai que Beaufranchet — dont le che-
valier de Courcelles fait un subordonné
occasionnel de Santerre(i) — a laissé,
aux Archives de la Guerre, des lettres —
é.ait-ce à elles que songeait Bertrand de
Molleville, lorsque, au t. X, p. 430,
note, de son Histoire de la RévoluiiotJ de
France, il écrivait que « dans une pétition
au Directoire, il se faisait lui-même un
mérite d'avoir conduit à léchafaud le
dernier des tyrans ?» — qui sont la plus
précieuse justification de son état d'âme.
S'il fallait que la Convention fût sûre de
son dévouement pour laisser à Paris,
dans un commandement si important et
si délicat, un ci-devant, qui, directement
ou indirectement — on ne l'ignorait
(i) Dicttonnaire historique et biographi-
que des généraux français (Paris, Bertrand,
1890) t. I, p. 461 : « Etant venu [uprès
Valmy] à Paris, on l'y fit chef de l'état-
major-général du camp sous les murs de
cette ville, conun.Tndé par le général Ber-
ruyer. // servit pendant quelque temps
dans la ea pilule, sous les ordres du gé-
néral Santerre^ el fut présent au supplice
du roi-martyr. » Le même auteur, à l'arti-
cle Berruyer, t. II (1821) p. i8s seq^ ne
dit pas un mot de son attitude lors de l'exé-
cution du roi. La Biographie Nouvelle
des Contemporains d'Arnault, Jay, jouy, de
Norvins, etc. dit, à l'article Beaufranchet,
t. 2 (Paris, 1827), p. 243 : « En 1793 ''
commandait en cette qualité {[général de
brigade), sous les ordres de Santerro ».
hdouard Fournier, iRsprit dans l'Histoire,
2« éd. (Paris, !^6o), p. 336, note 3, est,
d'ailleurs, d'avis que l'attribution du roule-
ment à B'.'aulranchet« est peut-être l'opinion
la plus probable.
guère et c'est ainsi qu'il faudrait expli-
quer le mot « monstre » employé par
Montjoie au passage cité par moi, n" du 30
octobre, col. =541 — touchait à la famille
royale, n'est-il pas certain qu'un Biron,un
Custine, un Beauliarnais, un Grouchy,un
Menou, un Canclaux se fussent récusés
de prendre une part active à l'exécution
de Louis XVI .'' Et, en effet, voici ce que
Beaufranchet écrivait, de Niort, 1 1 août
1793, au ministre de la guerre, Bou-
cholte : n Ce n'est pas ma faute si je suis
né d'une classe qui, à juste titre, n'a pas
mérité du peuple français ! » Ce témoi-
gnage, il l'accentuera encore, quand il
prendra sa retraite — après avoir, officier
gentilhomme, contribué à écraser les
mouvements de Vendée, cf. Chassin, La
Vendée patriote, t. I et II et le Moniteur
du 31 mai 1793 — en se définissant
« l'âme fière d'un républicain » sar la
feuille de renseignements qu'il fournit
alors (179s) au départerrrent de la guerre !
Au demeurant, je ne nierai pas que le
vicomte de Beaufranchet de la Chapelle
n'ait eu raison de déclarer que sa généa-
logie remontait, par filiation directe,
jusqu'à Saint-Louis.
Camille Pitollet.
«
M Eugène "Welvert a publié dans la Re-
vue bleue la lettre suivante que notre ami
le docteur Cabanes veut bien nous com-
muniquer :
A Monsieur le Directeur de la Revue bleue
Monsieur le directeur, dans son n" du 13
septembre dernier, la Revue bleue a publié,
sous le titre de : Un bâtard de Louis XV,
général républicain en Vendée, un article de
M. Ch-L. Chassin qui atteste en son au-
teur une connaissance étendue des personnes
et des choses de la Révolution. Mais il sem-
blerait que l'époque précédente lui soit
moins familière, car, en .Tttribuant h Louis
XV la paternité du général Beaufranchet
d'Ayat, il a commis une erreur qui déplace
l'uitérct de son travail. M. Chassin ayant
bien voulu rappeler une courte étude dans
laquelle j'ai eu à m'occuper de Mlle Morphy,
mère de Beaufranchet, permettez-moi, —
sans attendre le vote de la proposition Rivet,
— de prendre occasion de celte citation pour
restituer au personnage dont il s'agit son vé-
ritable père. Que M. Chassin me pardonne
cette petite rectification ; je suis le premier à
reconnaître que sa mépri«e était facile à
DBS CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Décembre 1913
789
790
commettre et que, pour ignorer quelques-
uns des mystères de la vie secrète de Louis
XV, on peut n'en pas moins rester un esti-
mable historien.
M. Chassin identifie Louis-Chailes-An-
toine de Beaufranchet d'Ayat, avec l'enfant
dont Mlle Morphy, alors maîtresse de Louis
XV, accoucha en 1754. Cependant l'enfant
de Mlle Morphy, auquel les contemporains
donnent le roi pour père et qui naquit entre
la fin de mai et le début de juillet 1754,
était... une fille. Le duc de Luynes (i),
l'avocat Barbier (2), le libraire Hardy (3),
Soulavie enfin (4), l'affirment très nettement
contredisant le seul marquis d'Argenson (5)
qui n'était pas mieux renseigne' qu'eux sur
ce point. Cette fille du roi et de Mlle Morphy,
on la connaît bien : c'est Agathe -Louise de
Saint-André, qui mourut à vingt ans, en sep-
tembre 1774, quelques mois après avoir
épousé le marquis de La Tour du Pin de la
Chance. Les dates sont concluantes.
Délaissée par le roi, Mlle Morphy épousa
Jacques de Beaufranchet d'Ayat, en novem-
bie 1755, c'est-à-dire environ dix-huit mois
après la naissance de l'enfant qu'elle avait de
Louis XV. Cela résulte d'une note du généa-
logiste Chérin (o) et de son acte de mariage
publié par M. Nauroy '7). De ce premier
mari, — il parait qu'elle fut mariée trois
fois, — elle eut deux enfants : d'abord une
fille, née à Ayat le jo octobre 1756, puis
Louis-Charles-Antoine, le futur général répu-
blicain, dont M. Chassin a fait le sujet de
son article. II était né pareillement à Ayat,
en Auve:gne, le 22 novembre 1757, deux
ans apiès le mariage de Mlle Morphy. Cette
date est encore établie par M. Nauroy qui se
réfère à diverses biographies d'Auvergne.
Pour admettre que Louis XV fût le père de
cet enfant, il faudrait démontrer que Mlle
Morphy a été infidèle à son mari. En atten-
dant qu'on le prouve, ceux de ses enfants
qui portent le nom d'Ayat, sont protégés
par la maxime Pater is est...
De ces faits et de cette discussion il résulte
donc : i" que l'enfant né en 1754 ""est pas
le général Beaufranchet d'Ayat, et 2° que ce-
lui-ci, né en 17S7, n'est pas fils de Louis
XV.
M. Chassin s'étonne que Beaufranchet qui,
(i) MémoirdS, XIII, 433.
(ij Jnurnal (éà'it. ïn- 12}, VI, 246.
(3) Journal ms . {Bibî. tiat., ms. fr. 6681)
II, 269 et 415.
(4) Anecdotes de la cour de France, p.
{^\ Journal et Menio\res (édition Rathery),
vu; 997.
(6) Ibid., IX, 169, note.
(7) Le Curifux, janvier 18S7, p. 17S.
dans sa correspondance, se montre tendre e*
respectueux envers sa mère, n'y fasse pas la
plus petite allusion à son père. On pourrait
répondre que ce silence, dans des lettres
écrites en pleine révolution, s'explique aisé-
ment par la crainte du lils républicain de
compromettre son père royaliste. Mais or» n'a
même pas besoin de cette justification, si
bonne qu'elle soit. Il en est une meilleure et
sans réplique : Beaufranchet n'a jamais connu
son père, tué à Rosbach, le 5 novembre
1757, dix-sept jours avant sa naissance.
Bien que le général Beaufranchet ne puisse
plus maint. nant être pris pour un fils de
Louis XV, son adhésion à la République n'en
demeure pas moins digne d'attention. Comme
les Biron, les Custine, les Beauharnais, c'est
un aristocrate qui mit son épée au service du
nouveau régime. Le point de vue n'est plus
le même, et, je le répète, l'intérêt se dé-
place. Les documents publiés par M. Chassin
t.iisent les griefs de ce transfuge ; mais il en
avait un qui sied aux cœurs bien placés : il
aimait sa mère, et la royauté l'avait déshono-
rée.
Agréez, etc.. ,
EuG. Velvbrt.
Les drapeaux de Metz(LXVI, 235,
395, 492, 640), — Sans entrer dans la
discussion relative aux drapeaux de Metz,
qu'a rouverte si brillamment M. Georges
Bazaine, le probe et courageux petit-ne-
veu de l'ex-maréchal, veut-on me per-
mettre de rappeler deux ou trois faits, qui
correspondent à cet intéressant et émou-
vant débat ?
Au moment de la capitulation de Stras-
bourg, que fut-il décidé au sujet des dra-
peaux .? On trouve dans l'ouvrage de Lu-
cien Delabrousse : Valentin et les derniers
fours de Strasbourg, a la page 231, le
texte de la capitulation : on n'y découvre
aucune allusion aux drapeaux. Le Conseil
d'enquête sur les capitulations, dans son
« avis motivé », inséré au Journal officiel
du 22 mai 1872, a consigné ce qui suit :
'i Considérant qu'avant de se rendre, il
(le commandant supérieur, général Uh-
rich) n'a pas donné Tordre d'incinérer les
drapeaux et s'en est rapporté sur ce point
aux sentiments des chefs de corps. » M. le
général Uhric'n a tenté de répondre à cet
avis motivé, qui contenait un blâme à
son encontre. Dans son livre, analysé par
M. Delabrousse, il écrit : « Quant à la
non-incinération des drapeaux, nous n'a-
I vions à Strasbourg que deux drapeaux
N* I549 Vol. LJfVI.
L'IMTBRMÈDIAlKti
79 1
792
qui, tous les deux, ont été lacérés et par-
tagés, y
Comme M. Uhrich n'a pas imité l'exem-
ple du maréchal Bazaine et demandé des
juges, son procès n'a pas été instruit et
l'on est ici en présence de deux ;iffirma-
tions difficilement conciliables entre elles.
Autre point d'histoire : la capitulation
de l'armée de Chàlons. La correspondance
militaire du maréchal Je Moltke (guerre de
1870-71, I" volume) contient, page 341,
le texte des clauses de la capitulation de
Sedan. L'article 3 en est ainsi conçu :
« Toutes les autres armes (autres que les
épées des officiers) ainsi (jue le matériel
de l'armée, consistant en drape,iux (aigles
et étendards...) seront remis à Sedan à
une commission militaire, instituée par
le commandant en chef français, pour être
livrés immédiatement au commissaire
allemand. »
Troisième point : Capitulation de Paris.
La convention du 28 janvier 187 1 , signée
par Jules Favre et Bismarck, est repro-
duite dans le très éloquent ouvrage du
grand patriote que fut Jules Favre : Le
Gouvernement de la Défense nationale. A
la page 49:5 du tome II. on lit ce qui suit :
'< Article 3. — Il sera fait immédiatement
remise à l'armée allemande, par l'autorité
militaire française, de tous les forts for-
mant le périmètre de la défense extérieure
de Paris, ainsi que de leur matériel de
guerre, y
« Article 6 (p. 496) : Les garnisons
(armée de ligne, garde mobile et marins)
des forts et de Paris seront prisonnières
de guerre... Les troupes prisonnières de
guerre déposeront leurs armes, qui seront
remises dans les lieux désignes et livrées
suivant règlement par commissions, sui-
vant l'usage. »
Il n'y est pas question de drapeaux. En
fnit, nos glorieuses troupes les conser-
vèrent.
Que s'est-il exactement passé à cet
égard ? Nous soumettons le problème aux
investigations des chercheurs de vérité
historique. "Voici ce que nous avons lu
dans deux ouvrages qui sont dans toutes
les mains.
Dans Le Comte de Bismarck et sa suite,
du docteur Moritz Busch (livre couram-
ment désigné sous le vocable d<- « Propos
de Table »),on trouve, p. 459, le passage
que voici : I
« Dimanche 29 janvier. — Ciel couvert.
Nos troupes avancent pour occuper les
forts. De bonne heure, lu des dépêches
sur la conférence de Londres et autres
sujets, ainsi que l'armistice et la capitu-
lation signés hier. Cette dernière, dans
notre exemplaire occupe dix pages in-
folio ; elle est cousue avec du fil aux cou-
leurs françaises, au bout duquel Favre a
apposé son sceau. »
Nous posons la question suivante : ce
document, dont parle le secrétaire de
Bismarck, qui contenait — à côté des
clauses de l'armistice - celles de la capi-
tulation de Paris proprement dite, ne
portait il pas que l.armée de Paris remet-
trait ses armes et ses drapeaux ? — S'il
le portait, nous devons en conclure que
.le gouvernement de la Défense Nationale
n'a pas cru forfaire à l'honneur et man-
quer au devoir, en s'engageant à livrer
nos drapeaux à l'ennemi et qu'il a simple-
ment et honorablenigxt. subi la loi du
vainqueur.
Cette pièce est entre les mains de l'Al-
lemagne et nous n'avons aucun moyen
d'en obtenir la reproduction. Le double
en a été laissé, il est vrai, entre les mains
du o;ouvernement français ; et les person-
nages, pour qui nos archives nationales
n'ont pas de secret, pourraient témoigner
du contenu exact de la convention de ca-
pitulation, au sujet de la question que
nous soulevons. Mais le voudraient-ils, si
cela leur était demandé.?... Et puis, ce
double, que la France possédait, n'aurait-
il pas été remplacé par un nouvel exem-
plaire, concordant avec la situation meil-
leure obtenue par l'initiative qui va être
précisée ?
A la page 333 du Journal d'un officier
d'orJonnance{éd\t\on de iSSij, Paul Ollen-
dorff, éditeur), le comte d'Hérisson in-
dique que, dans « le plan d'un projet de
convention * qu'avait remis le chancelier
de l'Allemagne du Nord à Jules Favre, le
24 janvier 1871, figurait ceci : < L'armée
remettrait ses armes et ses drapeaux. »
Dans les pages suivantes, il raconte,
avec sa grâce et son éclat coutumiers,
qu'il assista Jules Favre dans les négocia-
tions qui se déroulèrent au quartier-gé-
néral allemand et que, le 28 janvier, il fut
chargé de rapporter au comte de Bismarck
l'instrument diplomatique, qui, la veille,
avait été revêtu de la signature de Jules
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
3o Décembre 1913
79?
794
Favre, plénipotentiaire du gouvernement
de Pans. (C'est évidemment cet exem-
plaire que vise le docteur Busch, — et
dont les feuillets étaient cousus aux cou-
leurs françaises).
« Lorsque, écrit-il, p. 368, le gouver-
nement eut délibéré à l'-Hôtel de Ville,
Jules Favre rapporta la convention signée
dans sa serviette et me chargea de la
porter le lendemain à la première heure
à M. de Bismarck. Je n'ai pas besoin de
dire que, quoique le pli dont j'étais chargé
fût cacheté, j'en connaissais le contenu
par cœur, mot à mot, puisque ce contenu
m'avait été dicté, puisque j'avais assiâté
à l'enfantement laborieux de chacune des
phrases de la convention. >*
Et alors, pendant qu'il s'en va, tout
seul, à Versailles, dans un coupé qui avait
appartenu à Napoléon 111 et auquel étaient
attelées deux juments postières des écu-
ries impériales, il lui vient une « idée
folle », Mis en présence du comte de
Bismarck, il est décidé « à risquer le pa-
quet, comme dit le gamin de Paris » ; il
a le front de déclarer au chancelier, avant
de rien lui remettre, que, comme condi-
tion sine qiia non de son adhésion aux
clauses de la convention, « le gouverne-
ment (français) désire que, contrairement
à ce qui a été convenu, l'armée de Paris
conserve ses drapeaux »
On juge de la fureur du comte de Bis-
marck. Puis, quand celui-ci eut exhalé sa
colère, « se coiffant de sa casquette blan-
che à turban jaune », il se rendit chez
Guillaume, udac.s fortuna juvaf. Le sou-
verain acquiesce à ce qo'il croyait être le
desideratum formulé par le gouvernement
français. Nos étendards étaient sauvés,
grâce à la présence d'esprit du vaillant
capitaine. On comprend quelle fut la joie
du général Trochu et de ses collègues !
Il est, d'ailleurs, vraisemblable que si la
convention de capitulation n'avait pas été
enveloppée dans la convention d'armis-
tice et protégée par elle, ni Guillaume, ni
Bismarck, ni surtout de Moltke (notre plus
implacable ennemi) ne se seraient laissé
séduire par le spirituel officier d'ordon-
nance du chef de l'Etat-Major général.
Élie Peyron.
Troupe royale de Chambord
(LXVI, 782). — Je ne connais pas pour
ma part de Troupe royale de Chambord.
Les comédiens allaient donner des repré-
sentations à Chambord pendant les sé-
jours du roi, comme ils allaient î Ver-
sailles ou à Fontainebleau, mais je n'ai
trouvé nulle part la trace d'une troupe
affectée spécialement à c-tte résidence
royale. On se rappelle que c'est à Cham-
bord que furent données les premières re-
présentationsde M. Je Pourceau g}tac{v6b(^)
et du Bourgeois gentilhomme (1670) par
la troupe du théâtre du Palais Royal,
dont Molière était le chef.
Je serais donc tenté de croire que ce
Valiot, comédien fort obscur dont je n'ai
pu retrouver la trace, avait tout simple-
ment joué dans une représentation à
Chambord, ce qui faisait dire dans son
entourage qu'il avait appartenu à la
« troupe royale de Chambord. >>
Notre confrère Auribat a découvert
dans les Archives de Dax que la fille de
ce Valiot était morte en cette ville en
1684. Il ne serait pas impossible qu'elle
eût eu pour mère Mlle Valliot ou àz la
Valliote, comédienne de l'Hôtel de Bour-
gogne,que Gougenot fait figurer, en 1633,
dans la Comédie des Comédiens. « La Va-
liote >, dit Tallemant, était une des plus
jolies actrices de son temps. Les Chan-
sons de Gaultier-Garguille et V Apologie
de Guillot-Gorju l'attestent. Elle mourut
avant 1673. Quant à Valiot, ni Chapu-
zeau, ni jal, ni la Chronologie moliéresque
de G. .Monval n'en font mention,
Henry Lyonnet.
Henri Arckereau (LXVI, =;< 1,645).—
M. le docteur Baudouin me permettra bien
de compléter sa note sur Henri Atchereau
publiée par V Intermédiaire des Chercheurs et
Curieux du 20 novembre 1912. et disant
que c'est en effet, la Revue du Bas-Poitou
qui de concert avec la Société historique et
Littéraire de l'Ouest, conçut la pensée de
rendre un hommage public à la Mémoire
du grand génie malheureux que fut Ar-
chereau.
Grâce aux relations que j'avais alors
avec son neveu, architecte à Fontenay, je
pus réunir lout un dossier de renseigne-
ments sur notre savant compatriote. Et
c'est à l'aide de ce dossier, confié par moi
à M. le docteur Baudouin, que ce dernier
put consacrer à Archereau l'article paru
dans la Revue du Bas Poitou de 1894. Au
discours cité par M. le docteur Baudoin
N» 1349 Vol. LXVI-
79^
comme ayant été prononcé à la cérémo-
nie dinauguration du Buste d'Archereau,
je demanderai également d'ajouter une
toute petite mention pour les quelques pa-
roles que j'\' ai dites au nom de la Presse
Vendéenne que j'avais su intéresser à cette
manifestation de reconnaissance patrioti-
que, et qui sont du reste reproduites dans
le compte rendu publié par la Revue du
Ba^-Poitou et quelques autres journaux
de l'époque.
René Vallette.
Clésinger : la femme piquée par
un g.rpent vLXV, 14, 131, 222 ; LXVI,
)0^). — Dans les réponses parues jus-
qu'à présent, une sorte de confusion,
d'assimilation même, semble s'être pro-
duite entre le Rêve d'amour et la Femme
piquée par un serpent, voire la Cléopâire
monranU, la Femme au serpent etlastatue
de CUopàtre. Et cependant faut-il recon-
naître sous ces différents titres une seule et
même oeuvre ?
Voici ce que je trouve à ce propos
dans une étude de M. Estignard : Clésin-
ger, 1814- 188^, imprimée à Besançon en
i88s :
i» « Nous sommes arrivés à 1844..,
Rêve d'amour qui fut terminé à cette épo
que, est une de ses œuvres les plus re-
marquables. Clésinger ne s'y trompait
point :
L'on moule aujourd'hui, écrivait-il à son
père, le modèle de la statue que j'intitule
Rêve d'atnour ; je ne pen<;e pas, je vous le
dis franchement, qu-- l'antiquité et les temps
modernes aient jamais traité un sujet aussi
difficile ; je crois que je m'en suis bien tiré,
je reçois des compliments de tous les côtés. .
j'espère que p.u la suite non seulement j'aurai
beaucoup d'argent, mais encore une hante po-
sition dans les arts. Tout dépend de l'achat de
cette statue pour laquelle j'^i tout sacrifié et
qui fait parler ^i'elle dans les journaux, etc.
(Rêve d^ amour est, dit-on, conservé à la
galerie Georges Petit).
2" « C'est au Salon de 1847 ^^'^ s'éta-
blit d'une manière éclatante la réputation
de Clésinger. La Femme piquée par un ser-
pent le rendit célèbre Le naturalisme au-
dacieux de ce morceau fit à la fois .sensa-
tion et scandale. La critique mena grand
bruit autour de l'œuvre de l'artiste. Gus-
tave Planche se montra sévère et l'accusa
d'avoir moulé sa statue sur nature. Mais
les éloges, les dithyrambes l'emportèrent.
L'INTfiRMBDlAiRB
7q6 .
Théophile Thoré consacra à Clésinger
tout un feuilleton, où il disait :
Je ne crois pas que depuis les Coustou on
ait mieux fait palpiter le marbre .. 11 est de
la famille de Coysevox l'infatigable et allié
de loin — par les femmes — à Rubens.
fOn a indiqué que ce marbre apparte-
nait au duc de Grammont).
3" « Clésinger partit pour Rome («854).
En 1861, il exposa une Cléopâire mou-
rautc(\u\ x\'qs\. qu'une nouvelle variante,
pins décente, de la Femme piquée par un
serpent ».
4" « En 1864, il revient en France...
et il achève la Femme au serpent que lui
achète l'enipereur ».
5° « Clésinger exc.'Ue à rendre la grâce
dans ce qu'elle a de plus délicat, de plus
'mondain et de plus charmant Toutes ces
qualités exquises se trouvent dans celte
idylle de marbre qui se nomme Rêve
d'amour... dans la statue de Cléopâtre
qui fut exposée au s»lo« de 1869 et que
M. Paul Dallozpaya 30.000 francs. »
De ce qui précède il semble ressortir
que les cinq œuvres décrites, s'mspirant
évidemment les unes des autres en rai-
son de leur vogue successive, ne doivent
pas pour cela se confondre.
Pierre.
La Dame aux Camélias. Marie
Duplessis (T.G.239 ; LVU ; LXll ; LXIV:
LXVI. 344) -- D'une des chroniques de
M. Jules Claretie dans le Temps :
De ces collectionneurs, j'en sais un qui
est présentement fort malheureux. C'est
M . Pasteur, l'ami de la Comédie-Française,
celui qui réunit depuis des années tout ce
qui peut intéresser la Maison de ^Aolière. On
sait qu'il veut léguer sa précieuse collection
.') l'Etal. 11 possédait un véritable joyau bi-
bliographique, une étude sur la Dan e aux
Camélias, reliée magnifiquement, avec sui
le plat une miniature de Marie Duplessis,
délicieuse avec ses longues anglaises brunes
encadrant un fin et doux visage, et dans le
voh me des autographes de la Dame, comme
on dit au théâtre, des lettres d'Alexandre
Dumas filf, les ordonnances des médecins
qui soignaient la pauvre fille poitrinaire,
reliés k côté des billets amoureux de la cour-
tisane. De cet exemplaire infiniment pré-
cieux M. Pasteur était si fier qu'il ne s'en
séparait guère, q"j'il le portait comme un
bréviaire et le montrait a tiAit le monde. Les
amateurs ont de ces coquetteries.
bt voilà que l'autre jour M. Pasteur V4
DBS CHERCHEURS HT CURIEUX
797
se promener au Pa'ais- Royal . Il faisait benu.
Un moment le collectionneur s'assied sur un
banc du jardin. Il pose » con côté le beau et
cher volume Quand il se lève (il n'avait
pas fait cinqua te pas loin du banc), il
s'aperçoit que le livre est oublié, laissé là-
bas. 11 revient en hâte sur ses pas. Il court
11 regarde. Le volume unique n'est plus
sur le banc. H y a un ignorant ou un
amateur qu- a emporté le portrait exquis de
la Dame aux Camélias elles lettres d'amour
et les ordonnances des médecins à la mou-
rante ! Où retrouver ce trésor d'art et de cu-
riosité ?
Notes aux journaux, affiches promettar.t
une récompense : cinq cents francs h qui rap-
portera à M. Pasteur la miniature et la bio-
graphie de la Dame aux Camélias. Ainsi
finissent les portraits et les lettres. Mais en-
tre les mains du collectionneur, le tout était
conservé avec piété. La miniature magis-
trale de Marie Duplessis a-t-elle, on ne" sait
où, rejoint Monna Lisa ? Le chef-d'œuvre
volé et la curiosité perdue ne donnent-ils
pas lieu a un dialogue entre la Dame aux
Camélias et la Joconde ?
Qui rendra à M. Pasteur ron exemplaire
oublié ?
Le crâne je Descartes (III • IV;
LXVI, 410, 499, 697). — Dans les jour-
naux de novembre:
M. Darboux, secrétaire perpétuel de l'Aca^
demie des sciences, a entretenu l'Académie
des Beaux-Arts du crâne de Descartes dont on
n'a pas oublié les aventures. Il a demandé
aux membres de cette Compagnie si su
point de vue de l'anatomie artistique, on ne
pourrait pas s'assurer de l'authenticité si
discutée du crâne, déposé au Muséum, en
confrontant le portrait que l'on a de lui et le
crâne sucdit.
Le docteur Richer, membre de l'Académie
et professeur d'anatomie à l'Ecole des
Beaux-Arts, a déclaré que le rapprochen^ent
est facile de- points de repère qui le per-
mettent : largtur de la tête, hauteur des
yeux, les cavités des orbites,
tes, etc., et il a fait h ce sujet
santé communication.
Les sculpteurs Marqueste et Coutan, M.
Cormon, le peintre, donnent un avis con-
forme à celui du docteur Richer qui conclut
en disint que cette confrontation permettrait
très probablement d'affirmer si le crâne est
authentique.
Le pupitre de Madame de Genlis
(LXVI, 485, 556, 647). — Ce genre de
petits pupitres devait être fort à la mode,
parmi les dames élégantes et lettrées du
les pommet-
une intéies-
ao Décembre 19I9
- .- 798 ^
Premier Empire et de la Restauration. Ce
qui me le prouve, c'est que j'en ai juste-
ment un, très soigné d'exécution et su-
perbe de conservation, qui me vient de
ma L'rand'mère [1796-}- 1821].
Far un jour, de vrai bonheur, je l'ai
trouvé, jadis, conservé comme une reli-
que, avec une dizaine de beaux livres, re-
liés en maroquin au chiffre de cette même
grand'mère, morte si jeune, bien rangé,
qu'il était, dans un petit meuble, an-
cien, lui ayant appartenu.
Ce pupitre mesure exactement , 323
millimètres de largeur sur 254 de lon-
gueur et 46 et 60 millimètres, à ses deux
différentes hauteurs. Il est entièrement re-
couvert de maroquin rouge, à grains
longs, orné d'un double encadrement de
filets à froid. Son encrier, au lieu d'être
placé, comme celui de Mme de Genlis, exté-
rieurement, l'est, de même, mais plus bas,
intérieurement, dans un compartiment,
tendu de maroquin vert, à grains longs,
toujours, lequel, s'ouvre et se referme
à l'aide d'une porte et d'une clef, et
corrtient en longueur : l'encrier, le plu-
rnier, la boite à pains à cacheter et le fla-
con à poudre. Ce dernier, tout comme
l'encrier, est en cuivre poli, argenté. La
tablette du pupitre se relève et se referme,
avec une clef, également, et recouvre une
petite boite divisée en deux comparti-
ments superposée, l'un destiné à rece-
voir, je le suppose , le papier blanc,
l'autre, le papier écrit. L'entrée des deux
serrures est protégée par de petites pla-
ques, en saillie, en métal poli, ovales de
forii^e, unies et argentées.
Ce gentil petit meuble, si féminin d'as-
pect, porte encore, collée à l'intérieur,
l'étiquette imprimée de son marchand :
« Susse, papetier de S. A. R. le Duc de
Berry. Pass;ige des Panoramas, n° 7, à
Paris. » Ce qui lui fixe une date, sûre.
Ulric Richard-Desaix.
Famille de Goret (LXVI, 341, ^02,
700). — Ce nom se rencontre également
en Picardie, à Franierville notamment.
J'ignore si les Goret picards se rattachent
à ceux que mentionnent MM. La Cous-
sière elle marquis de Bellcvue. J'ai connu
également, sur les bancs du collège à
Paris, un Goret actuellement officier et
originaire de l'Oise, je crois.
Comte Emmanuel de Rougé.
N» 1^49 Vol. LXVI
L'INTERMEDIAIRE
799
800
Hallays-Dabot et Galeron (LXVI,
583,701). — L^i'etait une pension de Paris
dont il est parlé dans une brochure de M.
Henri Dabot : Registres, lettres et notes d'une
famille péronnaise. ^Péronne, E. Qyentin,
'Vl-84 p.. petit in-B», 1892) M. Dabot
avocat à la coar d'appel de Paris, mem-
bre Je la Société de l'histoire da Paris, a
publié en outre, de 1892 à 190s, plu-
sieurs autres ouvrages imprimés chez
Eug Quentin à Péronne et non mis dans
le commerce. En voici les titres :
1. Lfttres d'un lycéen et d'un étudiant
de 184'j à 18=^4.
2. Souvenirs et impressions d'un bour-
geois du quartier latin de 18^4 à iSôç.
3. Griffonnages quotidiens d'un bour-
geois du Quartier-latin de i86çà i8yi.
4. Calendriers d'un bourgeois du Qiiartier
latin ^ de 18 J2 à 1S88 ; de 1888 à içoo.
2 vol.
J'emprunte à la page 51; des Registres,
lettres et notes les lignes suivantes :
... Cette pension Dabot, où mon grand-
père avait mis son fils (en 1818), était sans
contredit la première de Paris. M. Dabot
avait an taient des plus remarquables pour
rendre ses élèves les premiers de l'Université
et leur faire remporter au concours les plus
grands succès dont l'honneur revenait à
Henri IV, p lisque ses élèves étaient coaduits
à Henri IV. C'était aussi un homme d'une
rare énergie. Pendant les plus mauvais jours
de la Terreur, la pension resta toujours ou-
verte. Sa bonté était égale à son énergie •, il
aimait ses élèves comme ses propres enfants.
Mon père, qui portait le même nom que lui
sans être cependant son parent, eut beau-
coup à se louer de lui. M. Dabot avait
épousé une dame veuve Hiilays qui avait
un fils ; la pension revint ;i ce fils après la
mort de son beau-père. M. Hallays eut soin
d'ajouter à son nom celui de son beau-père, à
cause de l'estime et de la vénération dont ce
dernier é'ait entouré ; il continua la tradi-
tion d'honneur de la pension et resta l'ami
de tous les élèves que son beau-père ou lui-
même, avait iorniés, notamment Victor Le-
clcrc ; Saint-Marc Girar^din ; Cabu.;he, no-
tre coaipatriote ; Emile Augier, etc., etc.;
Emile Augier avait la plus vivo afTection pour
M. HjII )y*-Dabot, et le jour où ce dernier
fut cnterié, il était sur le bord de la tombe
f ntr'ouvprie, sur le même rang que les deux
fils. Qumt à M Victor Lederc, il était aux
heure-i le repos continuellement h se prome-
ner avec M. Hallays-Dabot ; il ne pouvait se
passer de lui, tant son esprit était digne du
.lien : son affection pour lui était si grande
que, mourant sans enfant, il voulut lui lais-
ser sa splendide bibliothèque au lieu de la
léguer à la Sorbonne dont il était cependant
le doyen. Connaissant la délicatesse des sen-
timents de son vieil ami, peut-être voulut-il
lui procurer le plaisir d'offrir lui-même à la
Sorbonne cette belle collection de livres d'un
très grand pri.". ; c'est ce que s'empressa de
faire M. Hallays l^abot. Si bien qu'aujour-
d'hui dans la bibliothèque si hospitalière de
l'Université, où les bibliothécaires sont si
aimables, se trouve une i^rande salle avec le
buste de M Victor Leclerc, Sous ce buste se
lit la mention suivante : Bibliothcqve de
M. Vie or Leclerc donné' par la famille
H(ill,ivs-Da.bot Les deux noms de Victor
Leclerc et de M. Hallays-Dabot sont unis
après la mort comme leurs cœurs l'avaient
été pendant U vie.
J. Lt.
Famille le Peletier de St-Fargeau
(LXVI, 4^!^, S9t), t)4c)). — Le Saint-Far-
geau dont il e;>t question est du départe-
ment de l'Yonne. Propriété de Jacques
Cœur, Antoine de Clialb'ànnes, comte de
Dammartin, l'acheta lors de la chute du
célèbre financier. Jean de Chabannes son
fils en hérita. La fille de ce dernier, An-
toinette, l'apporta en mariage a René
d'Anjou. Avec Renée d'Anjou, leur petite
fille, femme de François de Bourbon -
Montpensier, St-Farg-au arriva aux an-
cêtres de la grande Mademoiselle qui
en fit don à Lauzun. Celui-ci le vendit en
1714, au financier Crozat qui le reven-
- dit en 17 15 à Michel Robert le Peletier
des Forts (1675-1740) fils de Michel
le Peletier de Soucy. Saint-Fargeau
passa ensuite aux Mortefontaine et est
aujourd'hui la propriété des Boisgelin.
S. G. L.
«
» »
Les descendants de Le Peletier des Forts
portaient le titre de Saint Fargeau, dans
l' Yonne, d'après BouiUel dans son Diction-
naire d'histoire et de /géographie qui dit au
mot Saint-Fargeau (Yonne) « Domaine de
Lepelletier, dit de Saint-Fargeau ».
Saint-Fargeau est cette même ville de
Puisaye, érigée en duché-pairie avril 1575,
enregistré le 28 mars 1576 en faveur de
François de Bourbon, duc-pair de Mont-
pensier qui avait épousé Renée d'Anjou,
n irquise de Mézières, comtesse de Saint-
Fargeau, fille et héritière de Nicolas d'An-
jou, premier comte de Saint-Fargeau,
février i>4i .
Leur arrière petite fille Anne-Marie-
Ûti> v.riflRCHMURb ET CURIBUX
30 Décembre 1913
801
802
Louise d'Orléans, connue sous le nom de
Mademoiselle de Montpensier, par son
testament en date du 27 février 1685,
donna le duché de Saint-Fargeau devenu
simple baronnieou comté à Antoine Nom-
par de Caumont, duc de Lauzun
Celui-ci, mort sans postérité, avait
vendu Saint-Fardeau à Michel Robert Le
Peletier des Forts, ministre d'Etat, bi-
saïeul du conventionnel.
N.B. \J Annuaire de la noblesse de
Borel d'Hauterive, si jie ne me trompe, a
dû donner autrefois une notice sur les
différentes branches de cette famille Le
Peletier.
E. Baudoin.
La bibliothèque personnelle du
président Le Pelletier de Saint-
Fargeau (LXVl. 680). — Guigard cite
un catalogue du restant des livres de feu
le C. Louis-Michel Le Pelletier de Saint-
Fargeau... Paris, G. Debure aîné, an IX,
iSoi, in-8».
Mme Loyer de Maromme (LXVl,
=536). — L'Article de M, Casimir Perier,
SUT La Jeunesse de Charlotte Corday, pu-
blié dans la Revue des Deux Mondes, livrai-
son du i^"' avril 1862, et dont parle M.
X., a été tiré à part, à petit nombre, sur
le papier même de la Revue, et forme
ainsi u-^e élégante plaquette de 24 pages,
in 8 raisin, avec titre et couverture, im-
primés avec soin par J. Claye, 1862.
L'exemplaire que j'en ai sous les yeux,
porte, sut son titre, cette Dédicace, auto-
graphe, signée : »< Offert pat le Déposi-
taire des Souvenirs de Madame de Ma-
romme. Casimir Perier. » De plus, l'au-
teur a, sur le titre, modestement ajouté
de sa main, cette mention : publié par ,
au-dessus de son nom imprimé.
L'Auteur-éditeur de cette intéressante
petite plaquette, était-il le père ou l'oncle
de l'ancien Président de la République,
Casimir-Perier ?
Ulric Richard-Desaix.
Henry Otte fLXVl, 681). — II n'y
eut jamais de Cour Impériale à Luxem
bourg, au xvin' siècle, mais une cour de
justice pour la partie autrichienne du
Duché de Luxembourg, lequel fut une des
17 provinces des Pays-Bas.
Le nom Ott et Otte est fort répandu
dans ces contrées ; il y a quelques années
mourut ab intestat, à Vienne, un sieur
Ott, multimillionnaire, dont la succession
fut disputée par diverses familles du nom.
d'Ott.
Fromm, de Y Univers.
Qu'estdevenu Df nis P .pin? (LXVl,
62b).— M. Auguste Dide, dans son livre
Hérétiques et révolutionnaires, Paris, Cha-
ravay, 1883, parle, (p. i 14) de la der-
nière lettre connue de Papin comme étant
datée de Londres, du 31 septembre
1711
Cette lettre est- elle postérieure à celle
adressée à Leibniz ^
NlMRAK.
Portrait de Pascal (LXVl. 287, 357,
S04, 050, 705J. — Pour les portraits gra-
vés de Pascal, consulter le catalogue Dru-
gulin. A. G.
*
A propos de ce portrait voici ce que
je trouve dans les Avis divers du 19 avril
1777. pp. 47^61477 ;
On trouve chez Lattre, graveur ordinaire
durci... les portraits suivants format in-8
Prix I liv, 4 sols chaque .
19 juin -.623 et
par Ch. Gaucher,
4" Isaac. Newton
5" Edmond Hallei
b" Biaise Pascal, né le
mort le 14 août 1662.
Ces trois-ci sont gravés
le premier d'après l'original du chevalier,
Knellerle second sur un tableau de R. Philip,
et !e troisième d'après/. B .de Champagne .
Je n'ai pas à ma disposition l'ouvrage
de M. Gazier, sur les deux Champagne
aussi ne puis-je contrôler s'il y est parlé
de ce portrait exécuté par le neveu de
Philippe de Champagne. C. Dehais.
Jean Pupil de Craponne (LXVl,
287, 459,6^1). — N'est-ce point par
erreur que notre confrère le fait seigneur
de la Cour en Garez ?
11 y a dans le Lyonnais, en pays de
Jare:(, la Tour-en-Jarez. On peut trouver
d'utiles renseignements dans l'histoire du
jarez de l'abbé Condamin, Saint-Etienne,
chez Théolier, libraire.
MOULIS.
*
* »
Louise Charlotte de Loras était fîUe de
Pierre Gaspard, baron de Pollionay, sei-
N» 1349 VoI.LXV
L'irnfiRMED»AlR»
805
804
gneur de Chamagnieu, la Tour, etc., capi-
taine de cavalerie au régiment de Villeroy
et de Marguerite du Palais de la Merlée,
(mariés à la Merlée en 1726).
Les Pupil sont originaires de Saint-
Etienne : leurs armes primitives étaient :
D'a{i'.r a trois larmes d'argent acLompagnècs
en ch^t d'une croix pattêe et en pointe d'un
croissant Je mé-ne. au chef d'aro eut chargé
de ^ étoiles d'azur. Ces armes furent sim-
plifiées lorsque les Pupil occupèrent de
plus hautes situations.
Des membres de celte famille vinrent à
Lyon au milieu du xvii' siècle. Cochard
{Origines des familles lyonnaises) cilc Jean,
natif de Saint- Etienne établi à Lyon le
20 mai 1660. Jean^ natif de Saint-Etienne,
établi à Lyon, du côté de la Platière après
avoir demeuré 25 ans à Rennes, 16 avril
i66(). Jacques, né à Saint-Etienne, à Lyon
depuis deux ans.
Un Pupil fut secrétaire du Roi au grand
Collège en 1678 (Steyert). Est ce le pre-
mier qui ait acquis sa noblesse?
La (^hesnaye donne la généalogie des
Pupil à partir de Jean, seigneur de Cra-
ponnc, seulement. Ce tlef leur vint d'une
alliance avec une famille de ce nom.
je complète, d'après La Chesnaye, la
généalogie donnée précédemment :
1. — Jean Pu[)il deCranonne, seigneur
de la Tour en larez, Sl-Jean de Bonnefond
et la Fay. marié : 1" à N. . . de Boîhéon,
d'où :
i» Bonne, mariée à Louis Ravat.
remarié : 2" à Catherine Thomé, d'où:
2" Barthélémy Jean Claude, qui suit :
î"» Anne, mariée à Barthélémy Denis
Gabriel Dervieu de Villieu (1711)
4" Bonne, mariée à Léonard Bathéon de
Vertrieu (171 3).
5° Jeanne, mariée à tiarlhélemy Joseph
Hesscler de Bagnols.
Les Pupil acquirent de grandes ri-
chesses. Le testament de Barthélémy Jean
Claude (1771) on donne la preuv(j. Celui-
ci lègue : aux hôpitaux généraux de Lyon :
40.ooofr. ; à Marguerite Sève, son épouse:
16000 fr. de rentes; le testateur rappelle
sa feue fille Anne, mariée au marquis
d'Ornacieux et qui eut 275000 fr. de dot ;
ion autre fille Françoise, mariée au mar-
quis de Sarron qui eut 280.000 fr. Il fait
héritier BarthéUmy Léonard, son fils. —
Perrodon, not. (W.Poidebard, A'o/^s h^ial-
diques). Joseph Balloffet.
La Taglioni (LXVl. 191, 317,
652). — je n'ai aucun renseignement à
donner sur cette célèbre danseuse, ou sa
famille. Mais je possède deux portraits
d'elle, dont l'un figure en hors texte dans
ce présent numéro.
L'autre qui est un peu plus grand, est
une lithographie d'après Chalou. File est
teintée et représente la gracieuse balle-
rine debout sur la pointe des pieds ; et
comme inscription au-dessous : Marie
Taglioni, tâlt de la Bayadère.
P. Taffin.
* *
Je citerai , parce qu' il est rare, à M . P, A ,
T., un portrait dessiné et lithographie par
Jean Gigoux de s< Mlle Taglioni, de TAca-
•démie royale de musique >v
[Hauteur 38 centimètres, sur largeur
28 centimètres] Buste allongé, vu de face,
riche toilette de soirée, robe décolletée à
grosses manches bou5ôi?Jt<^s « à gigots » ,
grosse rose épanouie, au corsage, tète
nue, ornée, sur le côté, d'une énorme ai-
grette de plumes de Paradis, partant d'un
médaillon piqué dans la chevelure.
Mon épreuve, sur grand paj.icr de
chine, monté sur papier vélin blanc, et
très veloutée de ton, me vient de l'artiste
lui-même.
Par exception, ce portrait de J. Gi-
goux existe au Cibinct des Estampes où.
bien malheureusement, l'œuvre lithogra-
phie de cet artiste est, plus que pauvre-
ment, représenté car, disons-le, cet œu-
vre, dans son entier, comprend des pièces
célèbres, ou tout à fait remarquables, tant
par leur exécution propre, que par la
grande notoriété des personnages dont
elles reproduisent les traits, pris sur na-
ture. Je citerai, au hasard de mon souve-
nir, et que ne possède pas la Bibliothèque
nationale, celles-ci entre autres :
Les Portraits, réunis, des deux frères
Tony et Alfred Johannot, — du baron Gé-
rard, — de Pa-il Delaroche, — de Barye,
— de Préault, — de Eugène Delacroix
(deux difTérents, dont un dessiné et gravé
à l'eau-forte par J. Gigoux), — de Ar-
sène Houssaye, — de Charles Nodier,
de Paul Lacroix, — de A. de Vigny, ---
de la reine Caroline Murât, en pied, assis
gr. in-folio (vendu 9s francs à la vente
des Estampes de Victorien Sardou, ce qui,
pour une simple lithographie, est un
chiffre assez coquet), — de Mme Gigoux,
M"-' I AGLIONl
Intermédiaire, LXVI. col. 8ul.
DBS CHBRCHBURS Eï CURIEUX
80 s
30 Décembre 191a
806
mère de l'artiste (un pur chef-d'œuvre),
— deElisa Mercœur (trois différents, dont
un petit, gravé sur acier), — de Mme
Tourneux (grand mère du fin lettré Mau-
rice Tourneux), — de Eugène Renduel
(le célèbre éditeur des Romantiques, — de
Miss Fanny Kemble, l'actrice anglaise (un
adorable portrait de jolie "femme), — de
Mme Dorval, — de Mme Mennessier-
Nodier, etc.
Cette liste n'existe pas imprimée, que
je sache. Ulric Richard-Desaix.
Noblesse et Légion d'honneur
(LXVI, 58^). — 1°) Le Comte de Sémain-
ville, dans son Code de la Noblesse Fran-
çaise (2*= édition, Hyères, :86o, imprimerie
Cruvès), indique aux pages 552-554 les
ordonnances impériale et royale sur »< la
noblesse conférée par la Légion d'hon-
neur ».
11 les mentionne sans commentaire,
dans un intitulé : %< Chevaliers héréditaires
par lettres ou par succession > il passe au
§ suivant en commençant ainsi : « Pour
compléter ce chapitre, faisons observer
que : ont encore droit an titre et à la qua-
lité de chevalier etc . . »
On peut donc conclure, qu'en 1860,
ces ordonnances n'étaient pas abrogées
et que l'auteur leur reconnaissait leur va-
leur. J'ignore si, depuis, une loi la leur a
fait perdre.
2°) L'auteur ne se prononce pas sur le
cas soumis, mais il mdique que :
s\ Le droit de transmissibilité du titre
continuait dans la descendance de celui
qui en avait été revêtu, bien que, pen-
dant une ou plusieurs générations, ces
personnes appelées n'eussent pu exercer
ce droit à mesure qu'il avait passé sur
leur tête, faute de pouvoir remplir la
condition prescrite, »
Il semble que l'obtention des lettres
patentes par l'ascendant légionnaire est
donc indispensable, que seul le descen-
dant d'un légionnaire, qui, après avoir
fourni la preuve de la condition remplie,
avait obtenu ces lettres, est en droit de
faire valoir sa noblesse et que dans le cas
contraire aucun droit n'est acquis.
R DE R.
Port des Grands Croix d'Ordres
(LXVI, 586, 754). - Je trouve, comme mon
confrère Oroel, fort peu gracieuse la fa-
(,on dont les hommes en habit noir por-
tent les grands cordons : non seulement
sous l'habit, ce qui s'explique, mais même
sous le gilet, j'ai pourtant vu récemment,
à une réception à la Cour d'un pays où
l'étiquette est fort en honneur, un autre
mode de faire que celui qui consiste à
porter le grand cordon sous le gilet, mais
du moins en écharpe, c'est-à-dire passé
sur l'une des deux épaules : tous les
grands-croix en costume civil en avaient
roulé le cordon en façon de ceinture au-
tour du torse et sous les bras, de sorte
qu'il ne dépassait que de quelques centi-
mètres l'échancrure du gilet ;la croix pen-
dait, bien entendu, sur le côté, à sa place
ordinaire. Il y a une raison péremptoire
pour ne pas porter un grand-cordon sur
un habit noir, qui a un col rabattu et des
revers et qu'on ne boutonne pas ; il se-
rait impossible de le faire tenir sur
l'épaule, et il bouff"erait sur la poitrine de
la façon la moins séante. C'est pourquoi
l'usage constant est, dans ce cas, de le
placer sous l'habit ou sous le gilet.
La question de savoir si un grand cor-
don doit se porter de droite à gauche ou
de gauche à droite est généralement fixée
pour les statuts de l'ordre, et il en est de
même pour les plaques. Pour les grands
cordons, la règle la plus générale est de
les porter de droite à gauche. Mais, dans
les Etats plus particulièrement militaires
et où Ton est toujours en uniforme dans
les circonstances où l'on porte ses déco-
rations, la règle inverse est souvent en
vigueur, afin d'éviter que la poignée de
l'épée s'embarrasse dans la grande ro-
sette de la croix ;c'est le cas, par exemple,
pour plusieurs ordres russes et prussiens.
Pour les plaques, la règle la plus géné-
rale est de les porter à gauche, sur-
tout quand le cordon se porte de droite
à gauche, parce que, en les piquant à
droite, elles seraient recouvertes par le
cordon. M. Oroel sait, d'ailleurs, aussi
bien que moi, que, dans notre Légion
d'honneur, les grands-croix portent la
plaque à gauche, précisément pour la rai-
son que je viens d'indiquer, tandis que les
grands officiers la portent à droite afin de
laisser à gauche une place libre pour la
croix d'officier, les médailles, etc. Dans
certains pays qui ont plusieurs ordres
avec des plaques assez similaires, il est
prescrit de porter à droite la plaque de
N 1349.
Vot
LXvl.
807
L'INTBKMUDIAIRB
808
tel ordre et à gauche celle de tel autre.
Au reste, les grands dignitaires qui pws-
sèdent un grand nombre de plaques, les
mettent, sauf erreur, a droite ou à gau-
che, suivant la place dont ils disposent
sur leur uniforme ou leur costume otïi-
ciel. I^AUL.
Boscari (XLIl ; XVllI ; LXV, 621 :
LXVl, 219,323). Mes confrères ont re-
marqué sans doute que M. de Fontenay
s'est occupé de moi, dans le n" du 10 sep-
tembre de noire revue ; qu'il y a fait de
l'esprit, a mes frais, et conté des choses
qu'il savait mal ; mais cela n'a pas d'im-
p .rtance. 11 est cependant un point ou il
me plait de le désabuser. Il dit et répète
que je perds mon temps à dériver le
français dj grec ; que je lasse, parce
que personne n'est de mon avis, le crois
que M. de Fontenay se trompe : mais
lors même que ses dires seraient vrais,
prouveraient-ils que ma thèse est fausse ?
A-t-on jamais établi une vérité, à la
pUitalité des suffrages .'' J'ai déjà dit ail-
leurs, que Galilée et Chystophe Colomb
avaient eu raison contre tout le monde.
La vérité n'a pas besoin d'appui ; elle
finit toujours par triompher. D'ailleurs
est-on seul dans une question de linguis-
tique, quand on est avec Henry Kstienne
et les autres grands hellénistes du xvi«
siècle ? Cette illustre société me dédom-
mage un peu de l'opposition de M. de
Fontenay. Pourtant, notre confrère satis-
ferait ma curiosité, en m'apprenant com-
ment il a su que les articles que j'envoie
a V Intermédiaire impatientaient et qu'on
était fatigue de me lire. N'aurait-il pas
pris ses désirs pour des réalités ? Ce se-
rait très humain.
Quoi qu'il en soit, il est hors de doute
que M. de Fontenay a une dent contre
moi ; et j'en devine la cause. 11 y a huit
ou neuf ans, il publia quelques étymolo-
gies. secundum Menagium, qui ne solli-
citèrent l'attention de personne ; et
comme je fis paraître, moi aussi, à cette
époque, les origines de ces mêmes mots,
et qu'elles parurent, seules, raisonnables
et vraies notre confrère devint aussitôt
mon adversaire. J'ai encore, depuis peu,
remué de nouveau sa bile, sans m'en
douter, en citant dans un article, le mot
boscard, vocable grec, qui signifie pi-
geon, et, au figuré, parasite, et dont no-
tre confrère avait fait un bossu, comme
s'il yavaitquelque rapport entre un pigeon
et un bossu ! Mais les néo latins, les
yeux sur Littré, ne doutent de rien. Ce-
lui-ci (Voyez son Dtciiontiaire) ne dérive-
t-il pas penser de p^rnser : « parce que
pour panser quelqu'un ou quelque chose,
il taut d'abord .y penser. v> Comme ce
grand homme a raison ! Un vétérinaire
panserait-il jamais un cheval, s'il ne pen-
sait qu'il doit le panser ?
Laissons le patron pour revenir au dis-
ciple, c'est à-dire à M. de Fontenay On
a vu les flots d'ironie qu'il a versés sur
moi. Presque à chaque mot, il me rappe-
lait le rival d'Horace, et le vers du cèle
bre poète :
Crispinus minimo me provocat...
Voilà Crispin qui du petit doigt m'ap-
pelle au combat. Car notre confrère n'enfle
sa prose que de termes guerriers. Ce n'est
que cheval de bataille, épées fourbies,
première et seconde' "croisade, etc.. et
puis, ce qui est renversant, qu'on me
pardonne ce verbe populaire, il s'écrie
que c'est moi qui sonne la charge, que le
grec échautïe trop ma tète ; et, s'il osait, il
me conseillerait d'acheter la Phonétique
française de Bourciez, pour rafraîchir mes
idées et assainir mon jugement.
Daron.
Nous avons communiqué l'article ci-des-
sus à M. G. de Fontensy, afin qu'il puisse
y répondre dans ce même numéro et clore la
polémique en ce qu'elle a de personnel.
En ce commencement du mois de
novembre consacré aux disparus, M.
Daron, pour mieux m'écraser, veut bien
se comparer à Horace, à Galilée et à
Christophe Colomb. C'est une manière
comme une autre d'honorer les morts, et
ce n'est pas la plus mauvaise., pour le vi-
vant.
Mes collègues me permettront sans
doute de ne pas répondre aux aménités de
M Daron, puisque, parait il, c'est moi, le
lapin, qui ai commencé. Je demande seu-
lement que l'on compare le ton de ma
note du 10 septembre à celui que prend
M. Daron. l'ajouterai que je n'ai ni dent
ni bile contre notre collègue et que je ne
le connais aucunement Ses articles, il est
vrai, m'agacent un peu, comme ils aga-
çaient M. Paul Argelès (voir sa note du
809
DE3 CHSRCHBUKS JbT CURIBUA
Si Décembre 1918.
7 juin 1901) mais c'est un agacement
tout intellectuel et dont je prie que l'on
m'excuce s'il est coupable, et si je suis
^. vraiment seul (avec M. Paul Argelès) à le
ressentir.
Je ne sais pourquoi notre collègue me
reproche davoir « enflé ma prose de ter-
mes guerriers » et parlé de croisades,
d'épées fourbies et de cheval de bataille.
11 n'y avait là rien d'offensant pour lui.
l'ai dit qu'il était remonté sur son cheval
de bataille. C'était noble, pompeux et
courtois. Pouvais je dire tout à trac:
M. Daron a réenfourché son dada ?
Mais à côté des personnalités, qui ont
peu d'intérêt pour le lecteur, reste la
question étymologique. Faut il répéter en-
core que je ne suis ni un étymologiste ni
un philologue ? Je suis (et je l'ai toujours
dit i un profane ; et comme tel je ne sau-
ra:s avoir le ridicule amour-propre dont
on veut me gratifier.
Cependant j'ouvre les yeux quelquefois
et j'assiste à la naissance, à réclosion
d'une foule de mots qui n'ont — et pour
cause — aucune racine dans le grec ni
dans le latin. Ce sont les mots à origine
attecdotique.
^ Or, pas un ét>mologiste de métier n'a
l'air de soupçonner cette source de for-
mation ou d'y attachar la moindre mipor-
tance. 11 me semble quec'esi un tort grave.
Veut-on un exemple concret ? Toute ma*
génération à Saint-Cyr — et sans doute
plusieurs générations de Saint (:3-riens
après nous— ont appelé la topographie :
le tapir. On avait à 9 heures un cours de
fapir ; à 3 heures un exercice de inpir,
etc., etc. Pourquoi ? Tout simplement
parce qu'un des professeurs de topogra-
phie avait un grand nez. C'est bête comme
chou, mais c'est ainsi. Et nous nous com-
prenonsencore entre nousquand nous par-
lons de tapir. ]q regretteun peu de n'avoir
pas posé aux premières pages de Y Intermé-
diaire ^ la question suivante ; Pourquoi,
dans l'armé française, la Topographie est-
elle souvent appelé le Tapit .?En aurait-on
trouvé, des origines doriennes et de bon-
nes raisons dans Hésychius !
Mais, disent les étymologistes profes-
sionnels, de telles formations sont promp-
tement caduques parce qu'elles n'ont p^s
de fondement linguistique. Cette caducité
est-elle bien certaine ? Et beaucoup de
mots sur lesquels pâlissent les philolo- I
8;o
gués, beaucoup de vocables auxquels ils
attribuent les origines les plus extraodi-
naires ne seraient-ils pas tout simplement
des mots de formation anecdotique ayant
survécu au souvenir de l'anecdote ?
C'est précisément ce qui paraît s'être
produit pour hoscard M Paul Bourget,
quand il l'a employé dans son roman {Un
homme d'afjaires) en 1900, n'en connais-
sait pas l'origine. M. Gustave Fustier qui
a rele\é ce qu'il croyait être un néolo-
gisme, l'ignorait aussi. De fait, ce n'était
pas proprement un néologisme, mais plu-
tôt un mot d'origine anecdotique parvenu
à cette période de déclin qui peut suivre
l'oubli de l'anecdote.
Le hasard m'ayant fait trouver dans un
ouvrage mondain {Paiis en voiture, par
Croqueville) l'historiette même qui avait
origine le mot, je l'ai citée à Vfntermé-
diaiic (30 novembre 1900) et c'est alors
qu'est intervenu Hésychius, à mon plus
vif étonnement . L'inventeur du mot
Ccomte Henry Greffulhe) aurait, je sup-
pose, été encore plus .. estomaqué de ce
parrainage imprévu. J'ajouterai que, sur
le seul mot boscarj, on a imprimé, en
i9°o '^t 1901, dans notre Intermédiaire .\di
matière à peu près d'un fascicule entier de
la Revue. Je me permets d'inviter cordia-
lement nos collègues amateurs d'étymo-
logies à consulter cette abondante littéra-
ture. Ensuite ils m; pardonneront, j'en
suis certain, le petit sentiment d'ennui
que j'ai éprouvé en voyant recomm.encer
sur nouveaux frais, après douze années,
une discussion qui, en vérité, pouvait pa-
raître épuisée, et qui d'ailleurs, il est fa-
cile de s'en convaincre, n'a pas été pour
M. Daron l'occasion d'un triomphe.
G DE FONTENAY,
SlrainjailUs «t (Curiosités
«Le journal des moEuments de
Pari.> >^ Publication d'un « Complé-
ment »v — Depuis longtemps nous avions
le devoir de signaler une deces publications
qui sont chez leurs éditeurs la plus haute
manque du désintéressement. Il s'agit du
Complément apporté au Journal de., monu-
ments de Pans, envoyé à l'empereur de
Russie dans les années 1809, 1810, i8ii.
N* 1349 VoJ. I..SV.
L'INTBHMfiDIAfRE
811
812
1814 et 1815 par P. F. L. Fontaine, archi-
tecte (Librairie Damascene Morgand).
Le Journal des monuments de P,irii' a
été publié en 1892 par l'un des descen-
dants du célèbre architecte. Dans l'inlro
duction il avertissait le lecteur — écrit
M. Vuaflart, — que la publication n'était
pas intégrale »*. Nous sommes parvenus
a réunir un grand nombre de dessins ori-
ginaux... désespérant de retrouver les
quelques planches qui nous manquent
encore, nous nous résignons à publier cet
ouvrage qui, bien qu'incomplet, ne sera
pas sans intérêt ».
Le nouveau recueil — tiré comme le
premier à cinquante exemplaires — com-
ble la lacune que déplorait le premier édi-
teur. 11 est dû à l'initiative et à la piété
llliale d'un autre descendant de Fontaine.
Nous ne ferons pas violence à sa mo-
destie en désignant plus clairement ce
bibliophile, ami des arts et des lettres, qui
est parmi nos plus anciens et nos plus
chers collaborateurs. Mais nous nous
devons de signaler pour les chercheurs
futurs ce très important Complément. 11
n'a pu être réalisé que grâce à la haute
bienveillance de l'Empereur de Russie qui
a donné l'autorisation de publier ces do-
cuments qui appartiennent au Musée de
la couronne.
Parmi les dessins de ce Complément, il
faut citer ceux consacrés aux palais du Lou-
vre et des Tuileries, « l'un transformé,
l'autre anéanti, qui s'offrent aux histo-
riens soucieux d'éclairer les textes d'ima-
ges véridiques. Le trône de l'Empereur,
le meuble à bijoux de l'Impératrice, de
nombreux motifs d'ornementation, sont
des documents de grande importance
pour l'étude de l'art décoratif français ».
Parmi les vues, il faut citer des com-
positions délicieuses : la Place de la Con-
corde, la Fontaine des Innocents avec, au-
tour,le grouillement du marché.
L'auteur de l'épitaphe dite de
Cromwell. — On ht, dans le Diction-
naire Philosophique de Voltaire, s.v. Ana :
Plus occupé de penser que de citer juste,
l'auteur du livic de l'Fsprit (Discours 3",
ch . 8) prétend qu'on fit pour Croniwt;!! celle
cpitaphe : ( i)
(1) Voltaire, qui . tant prôné Halvéliu'î,
avait de Cromwell une opinion fort différente
Ci-gît le destructeur d'un pouvoir légitime,
Jusqu'à son dernier jour favorisé des cieux,
Dont les vertus méritaient mieux
Que le -ceptre acquis par un crime.
Par quel destin faut-il, par quelle étrange loi,
Qu'à tous ceux qui sont nés pour porter la
[ couronne
Ce soit l'usurpateur qui donne
L'exemple des vertusque doit donner u i roi ?
« Ces vers — ajoute Voltaire — no fviient
jamais faits pour Cromwel], mais pour le roi
Guillaume ; ce n'est point une épitaphe, ce
sont des vers poui mettre au bas du portrait
de ce monarque ; il n'y a point « Ci-glt, »
il y a « Tel fut le destructeur d'un pouvoir
légitime >. Jamais personne en Wrance ne
fut assez sot pour dire que Cron-.wcll avait
donné l'exemple de toutes les vertus. On
pouvait lui accorder de la valeur et du génie,
mais le nom de vertueux n'était pas fait pour
lui ».
Voltaire n'ayant pas jugé à propos de
dire où se trouvait la pièce portant Tel fut,
il est probable qu'il l'avait trouvée dans
sa féconde imagination: * En effet, au t. 11
des Œuvres de Régnier Desmarais, publi-
cation posthume (La Haye, 1716), nous
la trouvons, avec Ci-gti, sous le titre :
Epitaphe de Guillnitme. Quatre ans plus
tard, elle réapparaît, mais, cette fois,
comme Épitaphe de Cromwell, au t. I du
Nouveau recueil des Epigramtiiatistes fran-
çais de Bruzen de la Martinière, attribuée
à Pavillon Cependant, dans Fïnler-
valle, elle avait déjà été attribuée à
Pavillon, puisque le luthérien Werenfels
(Samuel) en donne, dans ses Optacula
(Bâle, 1718) l'imitation latine suivante :
Invasor regni jacet hic, quo dignior unquam
Nenio fuit sceptrum jure tenere suo.
Regni cui fuit raptor, cur fata tulerunt,
Perfccti exemplai icgis, ut ille foret ?
Werenfels, d'ailleurs, craignant que
ceux de sa secte ne crussent qu'il a[)piou-
vait, par cette interprétation, l'esprit de
de celle de l'auteur de l'Esprit. En 1717,
voici ce que, dans son Epitre au duc d Or-
léans, il on disait, par exemple :
Ciomwell, d'un joug terrible accablant sa
I patrie
Fit bientôt h ses pieds ramper la flatterie ;
Ce monstic politique au Parnasse adore,
Teint du sang de son roi, fut au< dieux com-
[ paré ;
Mais, malgré le succès de sa prudente au-
[ dace,
L'univers indigné démentait le Parnasse ,
Et de Waller enfin Icj écrits les plus beaux ,'
D'un illustre tyran n'ont pu faire un héros.
DhS CHERCHEURS AT CURIUUX
90 Décembre 1912
813
8,4
la pièce qu'il disait être de Pavillon, avait
eu soin de joindre à son imitation une
épigramme où il disait que les éloges
donnés dans l'épitaphe était dûs à la vertu
du roi Guillaume et que le poète français
devait à son pays ce qu'il avait ajouté
contre la mémoire du prince. Le Journal
des Sçavans du 20 novembre 17 19 prit
soin de faire remarquer ce dtstitigtto et
nous ajouterons qu'on avait, plus d'une
fois, appliqué au monarque ce vers du
Xitxès de Crébillon, IV, 2 :
Le sceptre absout toujours la riunin la plus
[ coupable.
Or, il est notable que ni l'édition de
1720, ni celle de 1750 des Œuvres de
Pavillon ne contient 1 épitaphe en ques-
tion, qui aurait, aussi bien, tout l'air
d'être on contradiction formelle avec l'opi-
nion de Pavillon sur Guillaume, telle qu'il
l'a formulée dans ses Sfancas à Mme de
R..., composées en 1696 :
Tantôt en nous jouant, et sans tirer l'épée,
Nous foudroyons la Ligue et par terre et par
[ mer ;
Nous ôtons à Nassau sa couronne usurpée ;
Heureux si l'on le souffre être cncor Stathou-
[der...
D'autre part, Régnier Desmarais ne
semble guère avoir eu meilleure opinion
de Guillaume, à en juger par ces premiers
vers d'un rondeau qu'il composa en
1692 :
Sans coup férir, l'usurpateur Guillaume
S'est par cabale eir paré d'un royaume ;
Il en mettrait bien d'autres sous ses loix
S'il ne falloit que tromper les Anglois,
Sins se servir de lance ni de heaume...
Qui nous aidera à résoudre le petit pro-
blème de la paternité de cette Epitaphe et
qui nous dira si vraiment elle doit être
appliquée à Cromwell ^ Il semble que ce
dernier point soit difficile à admettre, car,
si Guillaume fut un usurpateur ^ il n'avait,
du moins, pas les vertus de Cromwell,
n'ayant jamais été teint du sang de son roi,
pour parler Voltaire.
Et, puisque nous en sommes à Voltaire
sur Cromwell, nous remarquerons qu'à
l'article Cromwell de ce même Diction-
naire Philosophique , il est dit que les six
{sic) vers latins qui illustraient le portrait
que le Protecteur de la République angli-
cane fit peindre pour l'offrir à Christine de
Suè.le, étaient d'André Marvell, « fameux
poëte anglais». Voltaire n'en cite que les
deux derniers, soi-disant retouchés pa*"
Cromwell :
En tibi submittit frontem reverentior umbra
Non sunt hi vultus reg:bususque truces.
« Le sens hardi de ces six {sic) vers,
ajoute Voltaire, peut se rendre ainsi :
Les armes à la main, j'ai défendu les lois ;
D'un peuple audacieux j'ai venge la querelle.
Regardez sans frémir cette image fidelle ;
Mon front n'est pas toujours l'épouvante des
[ rois. >
11 est curieux que ces derniers vers,
dont l'origin.-il latin est de Milton et non
de iVlarvell, aient été attribués à Delille
par l'auteur de l'article Cromwell dans
une Biographie Universelle, mais qui n'est
pas la Biographie Universelle Michaud.
Voici cet original, tel qu'il se lit p. 516 de
The Poetical Works of John Milton,
edited with critical notes by W. Aldis
Wright, M. A. etc
(Cambridge, at the Universitj Press,
IQ03) et que Voltaire a défiguré à sa façon
cavalière :
Ab Chkistinam, Suecorum Rkginam,
NOMlNh CROMWtLH
Bellipotens Virgo, Septem Regina Trionum,
Christina, Arctoi lucida Stella poli !
Cernisquas merui dura sub casside rugas,
Utque senex armis impiger ora tero,
Invia fatorum dum per vestigia nitor,
Exequor et populi fortia jussa manu.
Ast tibi submittit froiitem reverentior umbra;
Nec sunt hi vuiîu^ Regibus usque truces.
Ce qui est bien de Delille, c'est une imi-
tation paraphrasée, qui se termine — on
ne nous en voudra pas d'écourter Delille
— ainsi :
Un peuple entier remit ses droits entre mes
[ mains ;
Jaloux d'exécuter ses ordres souverains,
C'est pour lui que j'ai pris, que je garde les
[ armes ;
Cromwell, dans ce tableau, se soumit à tes
[ lois ;
Ce front n'est pas toujours l'épouvante des
[ rois.
Camilie Pitollet.
Mme Lafarge : lettre inédite. —
L'afi'aire Lafarge est redevenue d'actua-
lité. Un Comité s'est contitué pour la ré-
vision, — pour l'impossible révision.
Comment arriver aujourd'hui à une cer-
titude si on n'a pas pu y arriver quand
on avait encore le cadavre et les témoi-
gnages directs ? Ce ne sera jamais qu'une
parodie judiciaire ; mais puisqu'il y a en-
N» 1349 Vo!. LXVÏ.
core des gens pour s'intéresser à Marie
Cappclle et à la vouloir innocenter après
65 ans !
On p.e peut s'expliquer le charme qui
opère encore, que par le caractère parti-
culier de cette accusée. Ses lettres don-
nent le secret de cette grâce conquérante
qui enchaîne les cœurs et fait céder la
raison devant le sentiment.
En voici une, — inédite — que veut bien
nouscommuniquor .Mme W. Serieyx, et
qui est, à ce point de vue, très significative.
A une famille qui lui montre de la
compassion, Mme Lafarge répond dans les
termes les plus gracieux et dans le plus
heureux style.
Mes nob'es amis, que vous êtes bons et
que je vous remercie I Pour la prciniére fois
depuis longtemps je me suis 1 evée aujour-
d'hui, je me suis parée do vos dons, votre
petite croix est h non coa, près de l'anneau
de ma mé:e ; j'en ai lait un talisman. Oh i
mes glands et chers cœurs, en la regardant,
j'ose rêver liberté.je suis fière de vos sympa-
thies, je vais me mêler à la réunion de votre
mansarde, je serre vos mains, je vous bénis
pour cette part.e de votre travail, de votre
nécessaire que vous envoyez à la pauvre cap-
tive, et qui lui donne une heure d'oubli et
d'espérance! Je vous en prie, comptez sur
moi, si vous étiez malheureux, j'oublierais
d'essuyer mes larmes pour sécher les vôtres ;
si vous étiez malades, sans ouvrage, sans
soins, je saurais travailler pour essayer de
vous rendre du bien-être. Us ont pu flétrir,
agoniser rna vie, mais ils ont laissé à mon
cœur ses saintes affections; un dévouement
sans bornes pour ses chers croyants. Leur
amitié est mon existence, leur souvenir mon
culte Mon coussin avance, j'espère bientôt
vous l'envoyer.
Adieu, mes bons amis, que le travail vous
soit doux et facile et que l'heure du repos
ramené mon souvenir dans vos réunions, il y
a bien de la reconnaissance dans le cœur de
votre pauvre amie,
Marie Cappelle.
Ce vendredi
Qu'on nous permette, par cette même
occasion, de demander où se procurer un
véridique portrait de Mme Lafarge.
Le maréchal Sébastiani et les
Turcs. — M. SafTroy veut bien nous
communiquer la lettre historique suivante,
dont il posséda l'original.
Constantinople, 16 décembre 1806,
Monsitur le Général,
La guerre entre la Sublime Porte et la
L'iNIiRMBDIAiitB
816 —
Russie est décidée. Sous peu de jours les for-
malités voulues par les usages de ce Gou-
vernement pour les déclarations de guerre
seront remplies et M. d'italinski aura quitté
Constantinople. Les Turcs marcheront contre
les Russes avec toutes leurs forces. Ceux ci
se sont emparés de la Moldavie et de la
Vaîachie, de Chœzini et probablement de
Bender ; ainsi c'est le Danube que les armées
turques se prépaieront à défendre. Il est
vraisemblable que les Russes tenteront un
coup do main sur Belgrade, qui les mettrait
en contact avec les Serviens et les Monténé-
grins. Cette place est d'autant plus exposée
qu'elle est sans approvisonnements, et
qu'étant entre les mains d'un rebelle la Sub.
Porte ne peut prendre aucune mesure efficace
pour la mettre en état de défense.
il est absolument nécessaire que je sois
informé de votre marche, afin que je puisse
y coordonner les mouvements de l'armée
ottomane. Veuillez bien multiplier le:; cour-
riers pour me tenir au courant lie vos dispo-
sitions. Mais ce que je vous demande avec
plus d'inîistance que jamais, c'est de m'en-
voyer incessamment de» «lïiciers d'artillerie et
du Génie. Je ne saurais trop insister sur cet
objet qui est de la plus haute importance.
Mes communications avec la Pologne de-
venant tous les jours plus difficiles, je vous
prie de faire savoir à S. M. les nouvelles que
je vous transmets.
Veuillez bien. Monsieur le Général, rece-
voir.l'assurance de ma haute considération.
Vous voilà, mon Général, sur un beau
théâtre : je prends bien part à votre gloire et
j'espère que vous me donnerez au moins un
bataillon. Vous savez que mon attachement
pour vous est inaltérable et mon dévouement
absolu.
Horace Sébastiani.
S. E. Monsieur le Général Marmont.
Cette lettre ne fait que remettre en lu-
mière une page d'histoire bien connue.
Les relations personnelles du maréchal
Sébastiani avec Solim — dont les idées et
le caractère faisaient une exception — ne
l'empêchait pas de n'éprouver aucune
sympathie pour les Turcs et aucune con-
fiance dans l'avenir de leur nation. Il ne
cessait de défendre les chrétiens d'Orient,
et de plaider constamment, auprès de son
gouvernement, la cause de leurs nationa-
lités opprimés, dont il désira et espéra la
délivrance toute sa vie.
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. 817 818
Le bataillon marseillais des Vainqueurs du
10 août était composé de malfaiteurs génois,
piéraontais, suisses, levantins et espagnols.
Ne pourrait-on pas sa mettre d'accord
une fois pour toutes sur des faits maté-
riels contrôlables et ne plus leur opposer
des affirmations puisées dans des mémoi-
res ? Il faut pourtant finir par faire bon
ménage avec la vérité.
Les vainqueurs de la Bastille étaient-ils
oui ou non allemands ?
Le Bataillon des Marseillais du 10 août
était-il, oui ou non, composé de malfaiteurs
étrangers ?
F. Comtois.
Nous prions nos correspondants de
vouloir bien répéter leur nom au-dessous
Je leur pseudonyme , et de n'écrire que
d'un côté de la feuille. Les articles ano-
nymes ou signés ds pseudonymes inconnus
ne seront pas initérès.
Pour la précision des rubriques, toute
question ne peut viser qu'un seul nom ou mw
seul objet.
Indiquer la rubriques et leurs cotes.
Quand la question sollicite la connais-
sance d'une liste, la liste, sauf exception^
n'est pas insérée, mais envoyée directement
à l'auteur de la question.
L'Intermédiaire des chercheurs et cu-
rieux s'interdit toute question ou réponse
tendant à mettre en discussion le nom ou le
titre d'une famille non éteinte.
Ollluedttone
Où fut célébré le mariag» de
François I" avec la sœur de Charles
Quint ? — On a parlé de Captieu.x dans la
Gironde; de Villeneuve, Bougues, Mont-de-
Marsan, dans les Landes. Quelles sont les
circonstances qui emmenèrent la célébra-
tion de ce mariage dans ces contrées, et
avec si peu d'éclat que le souvenir s'en
est presque perdu ? E. L.
Vainqueurs de la Bastille et vain-
queurs du 10 août. — Dans la Galette
de France du 16 décembre 1912, sous la
signature de M, George Malet, je relève
les deux affirmations suivantes ;
La plupart des \ainqueurs de la Bastille
étaient des Allemands (d'après l'Ami du peu-
ple Q» 50).
Napoléon III et le lavabo de
Louis XIV (T G. ^32). — Lettre du
prisonnier de Ham à Mme Cornu :
Fort de Ham, ii mai 1844.
Ma chère Hortense,
Je vous écris un mot pour vous dire que
je demande du lavabo de Louis XIV quatre
raille francs. Je dois ajouter que je n'ai au-
cune preuve authentique que ce meuble ait
appartenu au grand roi, mais je sais que
l'empereur l'a donné comme tel à l'impéra-
trice, et que c'est à ce titre que ma mète l'a
toujours conservé précieusement.
Recevez, de nouveau, l'assurance de ma sin-
cère amitié,
Napoléon-Louis B.
Qu'estil advenu de ce lavabo de Louis
XIV.? V.
Un prétendu manusc it de Saint-
Mars sur l'Homme au masque de
fer. — Dans la plaidoirie de Jules Favre
en faveur des héritiers Naundorff , on
LXVI. - 18.
N» 1350 Vol. LXVI.
L'iMTfiRMBDIAIRfi
819
820 -
trouve cette phrase (compte rendu sténo-
grafié. p. 332) :
Le grand roi ne pouvait deviner que cent
trente ans apièisa ténébieuse exécution (soit
en 1835) on trouverait aux archives du mini-
tèredesaffaires étrangèies un mémoire ré.iigé
par son complice Saint-Mar:., qui avait été
le bourreau et le gardien du premier fils
d'Anne d'Autriche. II ne pouvait deviner
que dans ce mémoire, cédant aux remords de
sa conscience, Saint-Mars ferait les révéla-
tions les plus complètes qui assurent la con-
damnation à jamais méritée, de celui qui n'a
été qu'un usurpateur.
Qu'est-ce que cette histoire abracada-
brante ? Oifest ce que ce manuscrit révé-
lateur ? Qui l^ jamais vu ?
A. M.
[Cette question déjà posée est restée
sans réponse].
La Franche-Comté espagnole -
Est-ce vraiment « une ridicule légende
accréditée par V. Hngo», ainsi qu'on l'af-
firmait récemment dans V Intervudiiue ?
Je lis cependant dans la Petite histoire Je
la Franche-ComtJ d' André Lanier, p. 40 :
Retour à l'Espagne. Trois mois a^rés, les
Comtois apprenaient avec une joie sans nié
lange que le traité d Aix-la-Chapelle les ren-
dait à l'Hspagne ; l'administration française,
trop autoritaire, n'avait pas su se faire ai -
mer. .
Parler de Franche-Comté espagnole,
est-ce dire autre chose que rappeler la
domination, l'influence espagnole ? Et
faut-il donc une imagination à la Hugo
pour songer à cette domination en con-
templant telle ou telle architecture bi-
sontine.
Que les historiens comtois donnent leur
avis et que cette question soit élucidée.
L.
Les pages du prince de Condé.
— Je serais bien reconnaissant à qui
pourrait m indiquer où trouver : Un état
des pages du prince de Condé de 17^5 à
1780. Vicomte de Nouel.
Les dames d'honneur de la du-
chesse douairière d'Orléans. — Je
serais bien reconnaissant à qui pourrait
m'indiquer où trouver : Un état des da-
mes d'honneur de la duchesse douairière
d'Orléans de 1740 a 1748.
Vicomte de Nouel.
Fremont. — Une gravure d'Israël
porte comme légende : f^eue et perspective
Je la cascaJe de Fremont à quatre lieues
de Paris sur h chemin Je Foniainehleau.
Pourrait-on me dire où se trouvait cette
cascade de Fremont ^
Albert Catel.
Famille de Mgr de Beauteville. —
On voudrait des renseignements sur la
famille de Mgr de Beauteville, évêque
d'Alais 1755-1776.
Cette famille, originaire du Rouergue,
existe-t elle encore? A qui s'adresser ?
Madame la Présidente Brisson,
Lauréate de l'Académie de Mar
seille (1777j. — On doità cette dame,
un excellent Eloge de Madame la Mar-
quise de Sévignê, qui remporta le prix
d'éloquence à l'Académie de Marseille,
en l'année 1777.
Cet éloge fut modestement imprimé
(sans aucun nom d'auteur), en 1778, « à
Amsterdam et se trouve à Paris, chez la
veuve Méquignon et Fils, libraires », vol.
grand in- 12, de deux feuillets prélimi-
naires non chiflrés et 60 pages chifîrécs.
Puis, fut réimprimé en 1781 (aux mêmes
adresses et toujours sans nom d'auteur),
in-8", 49 pages chiflrées.
La Biographie Michaud dernière Edit.
Thoiniers Desplaces, la Nouvelle Biogra-
phie Universelle. Didot, le Manuel de
Brunet, les Siècles Littéraires de Desses-
sarts, 7 in-S", 1800-1803, sont muets sur
l'auteur de cet Eloge. L'excellent petit
Dictionnaire historique, littéraire et biblio-
graphique des FrançaisesdQÎAmQ. Fortunée
Briquet, Paris, in-8» 1805, et le Catalogue
Rochebtlière, tom. I, 1882, n° 6q6, men-
tionnent seulement le nom de cet auteur,
avec l'indication des deux éditions pré-
citées de son Eloge, mais n'ofïrcnt rien
de plus.
Pourrait-on me donner, sur cette éru-
dite Présidente Marseillaise, quelquesmots
de biographie ?
Ce ne doit pas être une inconnue, elle
doit certainement être l'auteur d'autres
ouvrages, car dans l'Approbation qui fut
donnée à son imprimeur, en date, à Paris,
du 22 mars 1778, le Professeur Royal
Lourdet, s'exprime ainsi, sur l'auteur et
sur son œuvre : «... dans cette produc-
tion d'une plume féconde et aisée, je
DES CHB*RCHB\i]KS ET CliPliiUX
30 Décembre 1912
821
822
n'ai rien vu qui ne fût guidé par les lu-
mières d'une critique judicieuse, et qui
ne justifiât aux yeux des lecteurs éclai-
rés, les titres qui lui ont récemment mé-
rité la palme de l'Eloquence dans une
célèbre Académie. »
C'est égal ! pour avoir obtenu une
Approbation qui fleure autant le madri-
gal, il est permis de croire que cette
bonne Présidente était, pour le moins,
une Dame de haut parage, ou que...
(soyons dix huitième siècle ! ), les coquets
printemps qu'elle pouvait alors posséder,
ne comptaient pas encore pour des hivers.
Ulric R.-D.
Papiers du général Eblé. — Que
sont devenus les papiers du général Eblé ?
N. R.
Le poète Fiedet. — A l-on quel-
ques renseignements littéraires, biogra-
phiques, etc. ., sur un poète, du nom de
Fredet, qui fit partie de la cour de Charles
d'Orléans, et dont plusieurs rondeaux
accompagnent les poésies du prince dans
un manuscrit de la Bibliothèque natio-
nale .'*
Charles d'Orléans le nomme assez fré-
quemment, en particulier dans ce ron-
deau (no CLXXXVIU de l'édition publiée
par ChampoUion-Figeac, Paris, Belin,
Leprieur, 1842) :
Crié soit à la clochette
Par les rues sus et jus :
Fredet, on ne le voit plus,
Est-il mis en oubliette ?
Jadis il tenait bien conte
De visiter ses amis :
Est-il roy ou duc ou conte
Quand en oubly les a mis ?
etc..
Ou bien peut-on indiquer des ouvrages
auxquels se référer pour avoir de plus
précises indications .? G. F. D.
Les Jacob, ébénistes. — Existe t il
une bonne jétude sur ces ébénistes dont
l'un acquit une si grande célébrité sous
l'Empire. D'où venaient-ils ? Ont ils tous
signé leurs œuvres ? V.
Famille de Liganet. — A-t on quel
ques renseignements (généalogie, degré
de noblesse, etc..) sur la famille de Liga-
net, propriétaire au début du xix^ siècle,
du château de Maillargue, près d'Allan-
che (Cantal), et qui semble s'être éteinte,
vers 1820, par le mariage d'une demoi-
selle de Liganet, avec un sieur Chomette,
de Brioude (Haute-Loire) ?
G. F. D.
Jean Petitot, oeintre en émail. —
Je n'ai pas confondu Jean Petitot et Peti-
tot de Boispréau, comme me le reproche
amicalement notre confrère d'E ; mais de
nouvelles recherches me font maintenant
douter que Petitot ait été emprisonné au
Fort l'Evèque. Une lettre du Conseil de
Genève à Colbert de Croissy, datée du
2 mai ibSô, parle d' « un couvent », et le
31 mai suivant, une lettre de Mme Petitot
au même Conseil excuse son mari d'avoir
signé l'abjuration, par la contrainte des
« acès de fièvre qu'il a eus dans le cou-
vent. > Dès lors, je pose la question.
Pourrait-on me dire dans quel couvent
Jean Petitot a été enfermé en avril-mai
1 686 ?
Henri Clouzot.
Sceau à déterminer: X"V1IP siècle.
— A qui attribuer un sceau ovale, du
xviii® siècle, qui porte comme inscrip-
tion CAROLVS - BELLlSOiMl - ARCHIEP-
TYANET-NVNTIVS-APOSTOLICVS, et
dans le champ un écu fascé d'argent et de
gueules de quatre pièces? Dright.
Sceau à déterminer : XVr siècle.
— Sceau rond, probablement du xvi* siè-
cle, qui porte comme inscription STCIL-
LVM CIVITATIS-'WECH..., et dans le
champ un écu chargé d'une patte de grif-
fon ? Dright.
Sceau à déterminer : X'VIl'^ siè-
cle. — A qui attribuer un sceau rond,
probablement du commencement du xvii®
siècle, qui porte comme inscription S.
PAP. CI... SEGVN-LEO-D-AD-CAVSAS,
et dans le champ un chandelier d'église à
sept branches .<* Dright.
Armoiries à déterminer : trois
lions a'argent. — Ecn fascé d'argent et
de sable de six pièces^ chargé en abîme de
sable à trois lions d'argent rampants, cou-
ronnés et lampassés. E. R.
N» 1350 Vol. LXVI
L INTfiRMBDlAIRfi
82*5
824
Armes à ideotifier : trois rocs.
Ecartelé au i et ^ de gueules aux trois
roci d'échiquiei liai gent, au 2 et ^ d'azur
aux trois bandes d'argent.
Elles figurent sur une tapisserie prove-
nani des de Puybusque-Saint-Padou.
R. DE R.
Numismatique. — Quels sont les
ouvrages de numismatique permettant de
reconnaître facilement, sans connaissances
spéciales, les monnaies royales et seigneu-
riales, les médailles et les jetons ?
SlNED.
« La Henriade » du duc do Bor-
deaux. — La ville de Paris a offert au
duc de Bordeaux, à l'occasion de son bap-
tême en 182 1 , un exemplaire unique de la
Henriade sur velin, illustré de dessins
or'gmaux par Drolling, Heim Thomas,
Couder, etc., relié par Simier, qui revint
à 8000 fr .
Sait-on ce qu'est devenu ce magnifi-
que joyau bibliographique ?
D^ L.
Ariette de La Piété filiale. — je
lis, dans un mémoire manuscrit daté de
1793, la citation suivante de l'ariette de
La Piété filiale (2* couplet) :
En accourant à son réveil
Vouj tremblez... que va-t-clle dire
En sortant des bras du sommeil ?
Mon père, tu vas me sourire.
Vous lui ravissez quelquefois
Un baiser qu'igmte sa mère,
Moi, chaque matin, je reçois
Le prenier baiser de mon père.
j'avoue très humblement ne pas con-
naître l'auteur de cette ariette. Un corres-
pondant de V Intermédiaire serait-il assez
obligeant pour éclairer mon ignorance?
G. T.
Plaisanteries sur les marseillais.
Depuis longtemps on plaisante les mar-
.seillais comme d'ailleurs les gascons et
les juifs. Ces amuseltes n'ont-elles pas
été réunies en volume ? Flacdal.
« Coiffé d'un vilain bonnet gras v —
Sous ce litre, qui est la copie du premier
vers d'un rondeau de Mme Dcshoulicres,
j'avaii reproduit, dans Vlntermédtatre, le
dit rondeau, ^dont le ton|difïere^bcaucoup
du souvenir idyllique qui s'attache au
nom Je l'auteur, et je demandais si le
personnage que Mme Deshoulières ap-
pelle <v Martin » était Voiture ou Bense-
rade. A-t-il été répondu à ma question, et
même, a t-elle été insérée .''Je n'ai pas à
cet égard de souvenirs précis.
V. A. T.
Tireliflche. — Que veut dire le mot
souligné dans cette phrase, tirée d'une
petite comédie, intitulée : La Demoiselle
de Compagnie, que contient un volume,
édité chez Hachette et Cie 1876, Fêtes
Je Jeunes filles ?
« Des ouvrages de tapisserie, du filet, de
la frivolité, du tireliftche; et pour les
bourses au crochet, elle s'y entend comme
celle qui les a inventées ». E. L.
Protagoniste — Dans ses Mémoires,
qu'il a écrits en français, Carlo Goldoni
s'exprime ainsi : ..•..
Les disputes s'échauffèrent davantage à
l'égard de ma dernière pièce. Mes athlètes
soutenaient que VHonnéte Fille était une co-
médie sans défauts, et les rigoristes trou-
vaient que j'avais mal choisi le protagoniste.
je demande parion à mes lecteurs si
j'ose me servir ici d'un mot grec, qui doit
êtie connu, mais qui n'est guère usité : ce
mot ne se trouve ni dans les dictionnaires
français ni dans les dictionnaires italiens. Ce-
pendant des auteurs célèbres de ma nation
s'en sont servis et s'en servent communé-
ment. Castelvetro, Crescimbeni, Gravina,
Quadrio, Muratori, Maff i, Métastase, et
tant d'autres, ont employé le terme àt pro-
tagoniste, pour dire le sujet principal de la
pièce. Vous voyez l'utilité de ce grécisme
qui renferme la valeur de six mots, et je de-
mande la permission d'en faire usage pour
éviter la monotonie d'une phrase qui, dans
le cours de mon ouvrage, pourrait devenir
ennuyeuse.
Littré ne cite qu'un exemple de rem-
ploi du mot en question :
'< Ce qui mettrait le gouvernement
français, s'il pouvait être de mauvaise foi,
dans la situation d'un protagoniste de
théâtre qui voudrait commencer tout seul
une pièce, où nul ne consentirait à lui
donner la réplique » .{L' Indépendance Belge
du 1 1 août 1868).
Je demande à V Intermédiaire si l'intro-
duction dans notre langue du mot prota-
goniste doit être réellement attribuée à
l'auteur du Bourru bienfaisant. Peut-on
L>ES CHERCHEURS ET CURIEUX
82 s
citer des auteurs l'ayant employé après
Goldoni et avant {'Indépendance Belge ?
Nauticus.
La machine à chiffrer de Frédé-
ric II' — Dans les Mémoires du Maréchal
de Richelieu., fabriqués, en partie, par l'ex-
abbé Soulavie (1790-1792), ce compila-
teur dont Robespierre allait faire un di-
plomate, écrit (tome X p. 199) la note
suivante :
L'auteur de ces Mémoires vient d'envoyer
au Comité diplomatique et à Le Brun, le 10
de ce mois d'octobre, la machine infernale à
chiffrer de l'invention de Frédéric avec la
quelle il correspondait avec Richelieu. . La
correspondance du roi de Prusse et du géné-
ral était si bien chiffrée qu'on pouvait la
remettre sans conséquence à un déchifîreur
autrichien. Frédéric avait trouvé une machine
avec laquelle les chiffres changeaient à chaque
lettre, à chaque page, à chaque phrase, et
même à chaque ligne à volonté. Il (allait
avoir la machine pour déchiffrer ; et avec
cette machine, les chiffres avaient la mobi-
lifé des caractères d'imprimerie.
Il est certain que Soulavie avait eu à sa
disposition — comme d'ailleurs Faur, un
ancien secrétaire de Fronsac — tous les
papiers, notes et documents contenus dans
les portefeuilles du Maréchal. Mais quelle
pouvait bien être cette machine à chiffrer
envoyée, sans nul doute, par Soulavie au
secrétariat des affaires étrangères ? Ou'est-
elle devenue ? Vainement, j'ai consulté
le Moniteur du temps qui n'en fait nulle-
ment mention. Il aimait cependant entre-
tenir ses lecteurs de ce genre de curiosités
Et si, réellement, la machine en question
était de l'invention de Frédéric, il n'était
pas indifférent que la presse d'alors en
parlât. d'E.
La prononciation du mot or-
gueilleux. — Dans son rôle des Flam-
beaux, tenu avec une si magistrale et si
émouvante sobriété, Mme >uzanne Des-
prés prononce le terme orgueilleux : or-
guéyeux ; ne faut-il pas dire orgueuyeux .''
Car on n'a jamais prononce orguèye,
mais orgueuye pour le mot orgueil. Et, à
ce propos, j'estime que le théâtre, et tout
d'abord la Comédie Française, devrait être,
pour notre langue, non seulement une
Ecole de diction et d'articulation, mais
encore comme le Conservatoire de la vé-
ritable prononciation. d'E.
30 Décembre 191a.
826
Courgain. — A Boulogne, à Calais,
à Dunkerque et dans quelques petits ports
du Nord, on donne au quartier spéciale-
ment habité par les marins le nom de
« Courgain ». Quelle est l'origine de ce
mot ? Viendrait-il de « Court-gain »> (ga-
gne-petit) ? J'en doute et je fais appel,
pour m'éclairer, à l'un de nos excellents
intermédiairistes du Littoral. A. d'E.
Les Souvenirs ^e M. le comte Re-
gnauld de Saint-Jean d' < < ngély. —
J'ai trouvé, sous ce titre, dans une boite
de bouquinistes, deux petits volumes in-
12, qui portaient, en sous-titre « suivis
d'une table alphabétique des personnages
cités dans le recueil » par M *** et qui fu-
rent édités à Paris en 1817.
Je n'ai trouvé, en fait de table à la fin
du 2^ volume de mon exemplaire, que ce
Nota bene : Deux nouvelles parties de-
vant suivre bientôt les précédentes, l'édi-
teur a cru convenable de ne placer qu'à
la fin de la quatrième la Table alphabé-
tique des personnages mentionnés dans
ces Souvenirsy*. Et ce nota est suivi de cette
phrase écrite au crayon:
Ces deux nouvelles parties n'ont jamais
paru.
A vrai dire, ces Souvenirs n'ont rien de
bien intéressant. C'est une espèce de sal-
migondis où le roman et l'histoire se
trouvent fort inégalement dosés. Napoléon
n'y est pas trop maltraité : quant à Re-
gnauld de Saint-Jean d'Angély, son auto-
biographie est d'une fantaisie déconcer-
tante.
J'ai vainement demandé ce livre à la
Bibliothèque Nationale ; on parut même
s'étonner qu'il existât. D'ailleurs je ne l'ai
pas trouvé indiqué dans le Dtctionnaire
de Barbier,
Sait-on quel en est l'auteur ?
H. QuiNNET,
Conjugalisme diplomatique. —
Dans la séance parlementaire du 4 dé-
cembre dernier, M. de Bethmann-Hollweg
a rappelé aux diplomates allemands qu'il
leur était interdit d'épouser des étrangè-
res, s'ils ne voulaient être considérés
comme démissionnaires.
Depuis quand cette interdiction a-t-elle
été adoptée en Allemagne et sait-on si
elle existe dans d'autres pays ?
H. QuiNNET.
N* 1350. Vol. LXVI.
L'INTBRMÉDI/^IRÈ
827
8a8
Eépon$ie$
Les funérailles d© Charle?-Quint
fLXVI, 62^, 733). — Le docteur Paul R.
Mersey vient de publier à la librairie Ollier-
Henry une curieuse thèse intitulée :
L'amour ci* la mort chtr:^ les Habsbourg,
conitibution à la palbolooie historique.
Constatant chez Jeanne la Folle, puis chez
presque tous les descendants de Charles-
Quint, la hantise du tombeau et des céré-
monies funèbres, il admet comme un
trait certain de la mentalité de Charles-
Quint une sorte de « thanatophilie »\ par
laquelle s'expliquerait, tout naturelle-
ment, la curieuse scène des funérailles
anticipées. G. G.
Un prétendu âls de Charles IX
(LXVI, 771). — Miss Edit Sichel, l'au-
teur du livre anglais The latrr years of
Catherine de Medicis a parfaitement raison
d'affirmer que Charles IX a eu un enfant
de son mariage avec l'archiduchesse Eli-
sabeth d'Autriche, fille de l'empereur
Max II.
Cette enfant était Marie-Elisabeth,
appelée madame Ysabelle de France, née
en 1Ç72 et morte en 1578.
On raconte même que celle ci, étant
encore dans le sein de sa mère, sauva la
vie au prince de Condé. Le 9 septembre,
Charles IX, dans un accès de colère,
dit au prince de Condé de choisir entre
la messe, la mort ou la Bastille. Condé
répondit que le Roi était libre de décider
entre la mort et la Bastille, mais que lui,
Condé, n'acceptait pas la messe. La
reine Elisabeth était présente à cet accès
de fureur, car le Roi avait saisi ses
armes pour tuer son parent. Le mo-
ment qui devait donner naissance au reje-
ton royal était proche, la Reine se traîna
aux pieds de son mari poar implorer sa
clémence. Agrippa d'Aubignc donne, dans
son Histoire universelle, tome II, pages
29 et suivante , des détails précis sur
cette scène, relatée aussi par Louis de
Beauricz dans son curieux ouvrage Elisa-
beth d' Autriche^ reine de France. Condé
dut, ce jour-là. la vie à l'intervention
de la pieuse archiduchesse, intervention
sans laquelle le vainqueur de Rocroi eût
manqué aux gloires de la Fiance.
Le Journal de l Estoile dit que <.< le
mercredi 2 août IÎ578, mourut à l'hostel
d'Anjou, à Paris, madame Marie Ysabelle
de France, fille unique du feu Roi qui fut
pleurée et regrettée à cause de son gentil
esprit et de sa bonté et douceur qu'elle
retenait de madame Ysabelle d'Autriche,
sa mère ».
Madame, fille du roi Charles IX, était
alors âgée de cinq ans et demi.
Fromm, de l'Univers.
Bernard Palissy pendu (XVII ;
LXVI, 722). — Voici l'article des Débats
(9 décembre 1912) que nous avons an-
noncé :
Le plus complet historien de Bernard Pa-
lissy, M. Ernest Dupuy. ne nous avait pas
dissimulé que si « la plupart des biographes
de Palissy indiquent sans hésiter le lieu et la
date de sa nai.ssance, quant à la date, aucun
document ne nous l'a révélée » et que « la
même obscurité qui nous dérobe les origines
de Palissy, nous cache la plupart des cir-
constances qui ont arne*né ou entouré sa
nsort >.
Mais voici que M. N. Weiss, dans un in-
téressant mémoire du Bulletin de la Société
de l'Histoire du Protestantisme français
(septembre-octobre 1912), nous révèle l'ori-
gine et les derniers jours de Bernard Palissy,
d'après deux textes inédits retrouvés par lui
aux Archives de la Préfecture de police,
dans les Registres d'écrou de la Conciergerie
du Palais de Justice (n» 10 du 13 novembre
1586 au 16 septembre 1589).
Le 30" jour de décembre 1586, le greffier
avait inscrit sur le registre d'écrou les nom,
lieu d'origine et profession déclinés par le
prisonnier qu'on lui avait amené pour crime
d'héiésie : « Bernaid Palissy, architecte en
œuvre de terre, natif de Agen en Agenoys,
demeurant es faulxbourgs Saint Germain des
prez . » Désormais, il ne sera plus néces-
saire, comme l'a fait M. Momméja, d'accu-
mulei inductions sur déductions pour dépar-
tager ceux qui prétendent que Palissy est
Gascon et ceux qui le disent Saiiitongeais.
Un pecond texte retrouvé est venu cfinfu-
mer l'exactitude de la phrase demeurée jus-
qu'ici obscure de Pierre de l'Estoile, qui écri-
vait le 23 juin 1589 qu'il y avait environ un
an que Palissy était à la Bastille. Une deu-
xième inscription au registre d'écrou de la
Conciergerie nous explique ce deuxième em-
prisonnement pour n'avoir pas obtempéré à
l'arrêt du J3 janvier 1587 lui enjoignant
sous peine de mort de quitter le royaume
— : « Du lundi 4» jour de juillet mil cinq
cent quatre vingt huit, — Bénard Palissy,
soy disant inventeur des rusticques de la
Royne mère du Roy, natif du pays dage-
DES CHERCHEE i'.>> BT CURiEUA
829
30 Décembre 1914
netz, demeurant faulxbourg Saint-Germain '
des Frez, rue de Vaugir^rd... et X. .. d'estre
pendu et estranglez et leurs corps rais «a
cendres — Pour heresye à eulx imposé. »
— Cette fois, c'est bien la condamnation au
feu dont a parlé Pierre de l'Estoile.
Mais le greffier a laissé en blanc l'espace
destiné au résumé de l'arrêt du Parlement.
Et sans doute n'y eut-il pas d'arrêt rendu, le
capitaine Bussy Leclerc, gouverneur de la
Bastille, ayant fait préclamer les prisonniers,
le Parlement les lui ayant livrés sans sta-
tuer sur leur cas. Et le journal de l'Estoile
mentionnait assez exactenient « les trois ou
quatre pauvres femmes qui sont mortes à la
Bastille depuis, aussi bien que lui (Palissy) »
Ainsi apparaît vr;iisembi ible la scène qui
au témoignage d'Agrippa d'Aubigné se se-
rait passée « entre le vieux Bernard et Henri
m » qui devait le connaître de vieille date,
et avait du converser familièreiuent avec
l'architecte et le décorateur de la grotte des
Tuileries : « Encore ne puis-je laisser aller
ce personnage sans vous dire comment le roi
dernier mort lui ayant dit en prison : « Mon
bonhomme, si vous ne vous iccommodez
pour le fait di la Religion, }e suis contraint
de vous laisser entre les mains de mes eime-
mis » la réponse fut : « Sire j'estois bien
prest de donner ma vie pour la gloire de
Dieu ; si c'eust été avec quelque regret, cer-
tes il seroit esteint en ayunt ouï prononcer à
mon grand roi ; « Je suis contraint. » C'est
ce que vous et ceux qui nous contraignent
ne pourrez jamais sur moi, pour ce que je
s\i mourir. »
Gaston MictoN.
Benvemto Cellini a-t-il tué le
onnétable de 3onrbon (LXVI, 771).
— Nous prions de corriger ce qui est une
coquille répétée deux fois. C'est connéta-
ble qu'il faut lire et non cardinal.
M. André Lebey a tait un très remar-
quable travail sur Le connétable de Bour-
bon. (Chez Perrin, 1904.)
Il s'efforce de déterminer qui a porté le
coup d'arquebuse mortel.
Au sujet du tireur adroit qui eut l'honneur
d« le tuer, Beaucaire insinue que ce fut un
de ses propres soldats qui tira sur Bourbon à
bout portant, peut-être même sur l'instiga-
tion de Lannoy. C'est peu admissible. On
sait que Benvenuto CelHni revendique cette
gloire ; et c'est également improbable. Bran-
tôme prétend que ce fut ua piètre: « J"ai ouy
dire à Rome qu'on tenoit que celuy qui tira
ceste malheureuse arquebusadeestoit prebstre.
Ces prebstres quand ils se mettent à mal,
font tousjours quelque coup, comme à faire
du bien. » Ce coup d'arquebuse a également
830
été attribué a un orfèvre, Bernardina Fosser!
(p. 43')-
«
* »
Pas du tout. C'est le Connétable et
non le Cardinal que Benvenuto se vante
d'avoir arquebuse au siège de Rome. Mais
je crois fermement, avec le docteur L. . . ,
que le maître ciseleur a voulu, suivant
son habitude, en imposer à l'histoire.
D C.
*
Il ne s'agit pas du cardinal de Bourbon,
dit généralement cardinal d'Aix, mais du
connétable duc de Bourbon. Benvenuto
n'a pu le tuer. Il tenait garnison dans le
château Saint-Ange et le connétable fut
tué d'une blesiure au bas ventre au mo-
ment où il mettait le pied sur une échelle
près de la porte S. Spirito, c'est-à-dire
de l'autre côté du quartier du Borgo. Ben-
venuto ne pouvait donc même pas le voir.
Le récit de cette mort a été fait par nom-
bre de témoins.
Orano, // Sacco di Roma, vol. I en
donne la nomenclature. Voir aussi Rodo-
canachi, Rome au temps de Jules II.
CuRiosus.
La condamnr-ition de Louis XVI.
(LXII; LXVI, 156, 249. 34S, 687. —
Pour le fonds de la question ne voulant
pas encombrer V Intermédiaire d'une ré-
ponse nécessairement fort longue, je ren-
voie les lecteurs à mon étude « Autour
du Temple » (I. 427 à 441) qui vient de
paraître chez M.M. Emile-Paul.
Je ne puis, pour les détails, faire ici
un cours d'histoire de la Franc-maçon-
nerie.
Ad début du débat, il s'agissait de Con-
vents, tenus tantôt à Willemsbad, tantôt
à Francfort, tantôt à Lyon, à des dates
variées: 1782-1784, 1786, 1792, Il paraît
maintenant que la date, le lieuetle Convent
importent peu, qu'il s'agit d'un « grand
congrès » tenu à Francfort entre 1782 et
1786!
Il paraît, d'après M. Gall, qu'après le
Convent de 'Willemsbad (1782) les f.-.
m.-, de ce congrès [c'est-à-dire la Stricte
Observance] se sont réunis aux Illuminés
et aux Rose-Croix ! Cette affirmation jetée
ainsi sans preuves, est une erreur colos-
sale, attendu que, si quelques maçons
(une dizaine environ) firent partie de ces
diverses sectes simultanément ou succès -
N 1350, Vol. LXVI
831
L'INTERMEDIAIRE
832
sivement, par tactique hostile, ces rites
maçonniques étaient dans leur ensemble,
composés de frères ennemis.
L'expression Grand-Maitre de Loge, je
le répète, ne veut rien dire; aussi M.
Gall bat-il en retraitede ce côté : c'est d'un
Maitre écossais qu'il s'agit maintenant !
Dans ce cas, il s'agit d'un membre de la
Stricte Observance et non d'un illuminé.
Puis, Maître écossais est un grade sym-
bolique et n'implique nullement un Vené-
rablat ou une maîtrise de loge (je dis
Maîtrise et non Grande-maîtrise pour
ceux qui ne connaissent pas la termino-
logie maçonnique).
D'après M. Gall, les loges de "Wetzlar et
de Francfort « avaient un Directoire com-
mun et un Orient intérieur au sein de ce
Directoire. // le le regrette, mais cette
phrase ne veut rien dire de réel : Les
divisions régionales de la Stricte Obser-
vance s'appelaient Provinces, elles étaient
dirigées par des Directoires qui gouver-
naient des loges aux Orients des villes
où elles avaient été constituées. C'est
donc une hérésie de prét^indre que des
loges de villes diverses étaient d'un même
Orient intérieur au sem d'un Directoire.
M Gall avance, sans preuves, un cer-
tain nombre de faits, et m'invite à prou-
ver l'erreur de ses affirmations .? Pardon,
je n'ai rien à prouver, c'est à M. Gall de
fournir ses preuves.
J'avaisdemandé à M. Gall si les intermé-
diaires n'étaient pas Jacques Frédéric et
Charles d'Abel, il réplique qu'ils furent Jac-
ques Frédéric etjoseph, frère puîné de Char-
les et de 12 ans plus jeune que lui. Je le re-
mercie du renseignement dont je prends
bonne note, mais cela ne change rien
à mon raisonnement. Si, cependant :
Nous sommes toujours en présence d'un
témoignage au y degré recueilli par le
Père Abel de la bouche de son père qui
était Rose-Croix. Je signale aux lecteurs
ce fait nouveau et fort grave : Comment
expliquer que le grand-pcre ait eu dés
remords au sujet de son ancienne action
maçonnique et que son fils (')oscph) ait
été Rose-Croix f Décidément...
J. G. Bord.
Notre collègue Gall aurait peut-être pu
faire remarquer que M. G. Bord discute
beaucoup plus les à-côtés de la question
que la question elle-même.
Lorsque l'on cite les lettres de Monsei-
gneur Besson ou du cardinal Mathieu, il
répond, c'est de 3» ou 4* main, donc té-
moignage nul.
Le fait dont parlent ces deux membres
éminents de notre épiscopat, on ne l'exa-
mine même pas.
Cite-ton la déclaration du P. Abel ?
non seulement ce n'est pas encore un té-
moin direct, mais ceux dont il tient le
fait qu'il raconte étaient des vieillards,
donc... Comme s'il suffisait d'atteindre
certain âge pour tomber en gâtisme ou
en enfance.
Parle t on de Grand Congrès ? On
affirme qu'il n'y en eut point a Francfort,
Mais y eut-il une réunion, convent ou
autre ? la question n'est même pas posée.
Gall fait remarquer, à propos du titre
de Grand Maître donné au président de
l'Assemblée, l'inexpérience du traducteur
et que par conséquent il n'y avait pas lieu
d'attacher grande importance aux qualifi-
catifs employés. Un non initié peut, en
effet, se tromper facilement, nos maçons
ayant un vocabulaire aussi riche que va-
rié.
Si, en effet, le président d'une loge s'ap-
pelle « Vénérable », dès que la Loge tra-
vaille en tenue de maître, il devient «Très
Respectable ».
Si d'une simple Loge nous passons à
un chapitre de Rose-Croix, ce n'est pas
moins que le « Très-Sage », et quand il
s'agit d'un Aéropage de chevaliers Ka-
dochs, le président de l'Assemblée de-
vient le « Très Illustre Grand- Maître ».
Ce qui fait que le titre de « Grand-
Maître » est encore plus commun que ne
le pense M. G. Bord.
G. Bord faisait remarquer dans sa ré-
ponse qu'il y avait d'autres souverains
<* conservateurs que Louis XVI et Gus-
« tave 111 de 1782 a 1793 ». Gall aurait
pu noter, dans sa réponse, que Cadet-
Gassicourt, dans son ouvrage A<? tombeau
de Jacques Molai ou histoire secrète et abré-
gée des initiés anciens et modernes, des
Templiers , Franc- Maçons , Illuminés ,
était du même avis.
On lit en en effet à la page 73, de sa
2* édition (L'an y de l'ère française) :
On ne sera plus surpris, si bientôt onU
voit tomber sous le glaive le roi d'Angle-
terre, le roi de Suède, le Pape et l'Empe-
reur.
\
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
30 Décembre 191 1
835
834
Quant à ce que dit M. G. Bord des
voyages à Paris de Bode et de Busche,
M. Gall a tort d'y attacher beaucoup
d'importance, car il n'est pas vraisembla-
ble qu'ils aient laissé une relation exacte
de leurs pas et démarches et l'aient en-
voyée à notre honorable contradicteur.
Dans toute cette question M. G.
Bord a le tort de partir d'une hypo-
thèse a priori^ celle qu'il dénomme « la
latomisation », de se refuser à voir au-
tre chose et de ne pas se donner la
peine d'examiner sérieusement les docu-
ments qui vont à l'encontre de son hypo-
thèse. Il me semble que dans une ques-
tion de cette importance, où les docu-
ments sont si rares, les moindres indi-
ces sont à examiner et à retenir et qu'il y
mieux à faire que de les jeter au panier.
G. La Brèche.
Colonne 690, ligne 10 : Au lieu de :
Citations^ lire Stations.
Le cor ou cornet de Roland (LXV,
783;LXVI,82, 145,253,301,449,695).--
Un homme de science ne doit tenir compte
que des faits positifs, M. Marcel Baudouin
a parfaitement raison. Mais ce qu'il traite
de faits négatifs, c'est tout simplement,
ce me semble, l'absence de faits positifs.
G. Paris a cherché des faits positifs prou-
vant que les lieux-dits qui l'occupaient
avaient porté le nom de Roland avant le
xvui« siècle, il n'en a pas trouvé, il devait
conclure comme il a conclu. Pour la ques-
tion qui l'intéressait, du reste, celle de
savoir quelles marques conservaient les
lieux, qui pussent prouver la réalité des
événements sur lesquels est fondée la lé-
gende, il lui KÙt fallu pouvoir faire re-
monter les noms de ces lieux-dits jusqu'à
une époque au moins très voisine de l'é-
poque carlovingienne. Une fois la légende
créée et répandue, n'eût-elle pas le moin-
dre fondement historique, il est naturel
que l'imagination populaire en ait attaché
le souvenir à des lieux très divers. Ce qui
serait intéressant, ce serait de rechercher
si ces lieux, ou un grand nombre d'entre
eux, ne marqueraient pas certaines des
routes suivies par les pèlerins de St-Jac-
ques de Compostelle, qui ont dû surtout
connaître et répandre les traditions entre-
tenues à l'abbaye de Ronoevaux. J'ajoute
qu'il faudrait aussi — M. Marcel Bau-
douin le suggère, semble-t-il, en note —
faire un tri entre les noms de lieux-dits
qui se rattachent rcellemert au Roland de
la chanson, et ceux qui conservent sim-
plement le souvenir d'une personnalité lo-
cale ayant porté le même nom ou un nom
plus ou moins voisin. Le « hiros gaulois
ou plus ancien » est peut-être très hypo-
thétique. Quant à »< roller », identique à
rouler, il n'a certainement rjen de com-
mun avec Roland, Hruodlandus ; il n'est
autre que le latin rotulare, de totula, di-
minutif de rota roue, lequel se rattache à
une racine Indo-européenne rot ou lat
qu'on retrouve dans les langues celtiques
et germaniques.
Ibère.
♦
Aux diverses localités énumérées par
M. Marcel Baudouin, il y a lieu d'ajouter
Mont Roland, Jura, ham de Jouhe, près
Dôle (une rue de Dôle porte le nom de
rue du Mont-Roland).
D'après Briand de Verzé [Nouveau dic-
tionnaire géographique de la France, 1852]
la montagne sur laquelle ce village est si-
tué a servi de point de station au célèbre
Cassini dans le lever de la carte de
France.
Son nom lui vient du fameux paladin Ro-
land, qui y fit bâtir un monastère de moi-
nes noirs, dont il reste des ruines pittores-
ques de l'Eglise.
Ces ruines existent-elles encore, et ont
elles été reproduites par le dessin, la pho-
tographie, ou par des cartes postales ?
V. A. T.
Femmes à destination de Mada-
gascar (LXVI, 235, 353, 596). — Lire :
« L'expédition de 1666 se composait de
2.000 personnes » et non 200.
La Maréchale Bazaine (LXVI, 724).
— Dans V Intermédiaire du 10 décembre,
M. Emile Blondet demande si on pourrait
fournir quelques renseignements sur la
maréchale Bazaine. )e me suis empressé
d'envoyer la note de M. Blondet au fils de
l'ex-maréchal, mon ami, M. le capitaine
espagnol Alphonse Bazaine qui est actuel-
lement en congé au Mexique ; dès qu'il
m'aura répondu, je communiquerai sa
lettre à Monsieur le directeur de \' Inter-
médiaire.
Quant à nous, voici ce que nous sa-
»• 1350. Vol.LXV.
835
vonsau sujet de Mme Bazaine. Nous trou-
vons dans le « procès d;: Trianon » qu'a
édité le Moniteur Universel en 1873, que
le maréchal épousa, le 26 juin 1864,
Mlle Josepha de Pena y Barragan. La
jeune fille avait 17 ans et celui qui allait
devenir son époux, 54 ans. De cette union
sont nés François (dit Paco), Eugénie et
Alphonse Bazaine. Leur fils aîné mourut
pendant la guerre urbaine au service de
l'Espagne. La jeune maréchale mit au
monde son fils Alphonse à Cassel, où elle
avait été bravement rejoindre son mari
prisonnier de guerre, en novembre 1870.
Alphonse Bazaine m'a raconté que, pen-
dant la délivrancede sa mère, Napoléon III,
qui était accouru de Wilhelmschoë, se
tenait dans une pièce voisine de la cham-
bre de l'accouchée. L'ex-empereur avait
tenu à apporter à son vieil ami, le maré-
chal Bazaine, l'expression de sa sympa-
thie dans cette émouvante circonstance.
Nous croyons que Madame Bazaine est
morte en 1901, sans s'être remariée.
Dans le tome II de %^ La Vérité sur l'ex-
pédition du Mexique ■>}, p. 229, Paul Gau-
lot dénomma la fiancée du maréchal
*< Mlle losefa de Pena y Azcarate » . 11 dit
que l'empereur Maximilien donna en dot
à la jeune mexicaine le palais de Buena
Vistar. Ce palais fit retour à l'Etat, lorsque
les Etats Unis nous obligèrent, sous me-
nace de nous déclarer la guerre, à revenir
en France et à abandonner notre protégé
à lui-même. M. Gauloî aurait pu ajouter
que lorsque Bazaine fut rentré à Paris.
Napoléon lll offrit aux époux une somme
de 500.000 francs pour les dédommager
de cette éviction. Le maréchal et sa femme
refusèrent courtoisement.
M. Gaulot écrit que « dans ce mariage,
beaucoup ont cru voir des intentions qui
n'y étaient guère >>.
Il faut préciser. Dans la seconde visite
que nous a faite ? Nimes le fils de Bazaine,
au printemps dernier, celui-ci nous a ré
vêlé que les promoteurs du mariage de
Mlle de Pena avec le chef du corps expé-
ditionnaire français avaient certainement
des vues politiques. On sait qu'à cette
époque, trois partis se partageaient l'in-
fluence et se disputaient le pouvoir au
Mexique : le parti libéral qui avait Juarez
à sa tête ; le parti ultra-clérical ; enfin un
parti intermédiaire composi de catholi-
ques libéraux. C'est ce dernier parti, qui
L'iNTBRMBDiAiRB
836
avait préparé cette alliance du maréchal
français avec une jeune flUe, presque une
enfant, appartenant à une des meilleures
familles du pays et comptant un Prési-
dent de lll République parmi ses aïeux
rapprochés. Dans un bal, on plaça la gra-
cieuse et jolie senorita sur le passage du
vieux soldat. *
« Elle avait une robe bleue, ce soir-là,
me disait son fils. Le lendemain, à l'église,
elle portait une robe blanche ; et, sans
vanité familiale on peut croire qu'elle de-
vait être aussi aimable, un éventail à la
main qu'un livre d'heures à la main.
s< Mlle de la Pena fut-elle dans le com-
plot ? nous ne le savons pas. Mais, quant
au maréchal, il l'ignora totalement ; et
lorsqu'après son mariage des offres fermes
lui furent faites en vue de son élévation à
la présidence de la république mexicaine,
il les repoussa avec énergie.»
Elie Peyron.
Portrait de Casanova de Seingalt
(LXVI, 57b''. — Deux portraits de Casa-
nova, l'un en médaillon, l'autre en buste,
sont reproduits dans l'ouvrage suivant :
Histoire de ma fuite des prisons de la
République de Venise, qu'on appelle les
Plombs, écrite à Dux, en Bohême, l'année
17S7, par Jacques Casanova de Seingalt,
Réimpression textuelle de la rarissime édition
originale de Leipsick 1788, accompagnée
d'une notice et d'un Essai de Bibliographie
Casanovienne, par L. B. de F. Bordeaux
veuve Moquet 1884. In S", 2 portreits et 2
gravures, (tiré, à 350 exemplaires : 20 sur
Wathman : 330 sur vergé de Hollande).
H. Cd.
En 1884, il a été publié à Bordeaux,
chez Vve Moquet, une édition, tirée à
350 exemplaires, de l'ouvratic de Ca-
sanova de Seingalt, intitulé Histoire de
met fuite des Prisons de la réi^nhlique de
y cuise qu'on appelle Ls Plombs. D'après les
catalogues où je trouve mention de cette
édition, celle-ci comporte gravures et
portraits ; elle est accompagnée de notes
et d'un essai de bibliographie casano-
vienne.
Dans un des catalogues publiés en
1912 par la librairie Lthec, 37 rue Saint-
André des Arts à Paris, je relève ceci,
après la description de l'édition dont il
DBS CHERCHEURS ET CURiBUX
50 Décembre 191 •
8}7
838
s'agit : « Avec 2 beaux portraits de Casa-
nova et 2 gravures. »
C Dehais.
La réimpression publiée en 1884, a
Bordeaux, chez la Vve Moguet,de VHts-
toire de ma fuite des prisons de la républi-
que de f^enise qu'on appelle les Plombs con-
lient la reproduction i°d'un médaillon de
Casanova à l'âge de soixante trois ans :
JACOB, HIERON. CHASSAN^US, VENE-
TUS ANNO. v€T, SU/E, LXllI ;
2° d'un très beau buste de Casanova,
découvert au château du comte de Walds-
tein, à Dux, en Bohême.
Pierre Dufay,
«
La première édition d'une partie des
mémoires de Casanova relatant son ar-
restation, son emprisonnement aux
Plombs et sa fuite a été publiée anony-
mement sous le titre : Histoire de ma fuite
aes Prisons de la république de Venise
qu'on appelle les Plombs « à Dux en Bo-
hême l'année 1787 », à Leipzig « chez le
noble de Shonfeld » 1788
Cette édition est rarissime ; l'exem-
plaire que je possède contient deux gra-
vures : la première représente Casanova
conduit par devantle secrétaire de l'Inqui-
sition : il circospetto Domenico Cavalli.
La seconde montre Casanova dans sa
fuite sur les toits des Plombs lorsqu'il se
cramponne à la gouttière. La première
peut-elle être considérée comme un por-
trait .? Probablement car la figure s'ac-
corde assez avec les descriptions des
traits de Casanova. Je me ferai un plaisir
de donner communication de cet ouvrage
à mon confrère si cela pouvait lui être
utile. André Sardou.
Le masque de Charette (LXVI,
722). — Le marquis de Grange de Siir-
gères, si j'ai bonne mémoire, a publié,
dans une brochure, le fac-similé et l'his-
toire de ce masque.
J-
Portrait par Guérin à identifier
(LXVI, 439, 598J. — C'est bien le por-
trait de Noverre. L'épieuve que je pos-
sède porte, après les vers, le nom de B.
Imbert. Aux angle:", du bas il y a deux
instruments de musique.
J'ofiFre de communiquer au demandeur
le livre du regretté Alex. Vitalis su""
l'œuvre du graveur B. Roger.
A. Geoffroy^
J . S . dessinateur romantique
(LXVI. 678). — 11 doit s'agir de Jean-Ga-
briel Scheffer, peintre d'histoire, genre,
portraits, et dessinateur lithographe, né à
Genève en 1797 et élève de Regnault. Op.
lui doit plus de cent compositions litho-
graphiées, signées J. S et formant plu-
sieurs recueils différents, tels que Ce
quon dit et ce qu'on pense ; Le diable boi-
teux à Paris ; Tableaux de marine ; les
Grisettes, etc. C'est probablement à
cette dernière série qu'appartiennent les
lithographies de notre confrère. Cf. Ga-
bet. Dictionnaire des artistes de l'école
française, (Paris, Vergne 1831 p. 626).
Guyot de Fère, Statistique des Beaux-
Arts Paris (^1835, p. 204.)
C. Dehais.
Famille Le Peletier de Saint-Far-
geau (LXVI, 435, 599, 649, 800). -
Etienne-Ferdinand Michel Le Peletier des
Forts était le frère consanguin du conven-
tionnel Louis-Michel Le Peletier de Saint-
Fargeau et le frère germain de Félix.
Le conventionnel était fils de Michel-
Etienne Le Peletier de Saint-Fargeau et de
sa première femme Louise-Suzanne Le
Peletier de Beaupré.
Etienne et Félix étaient nés de la se-
conde femme Louise-Adélaïde Randon de
Massanne.
De son mariage avec Pauline Terray,
Etienne-Ferdinand-Michel Le Peletier des
Forts eut deux enfants :
I. — Madeleine Zoé, 10 août 1792 -{-
24 janvier 1877, qui épouse, le 15 juin
1812 Léo-Guy-Antoine, marquis de Lévis,
pair le 24 juin 1829, dont un fils unique
mort à 18 ans.
IL' — Adolphe-Nicolas Michel Le Pele-
tier des Forts, i7Juin 1795-18 aoiît 1860
qui épouse, le 11 mai 1&22, Léonille-Hen-
riette-Caroline-Pauline de Baert dont la
fille unique Léonie-Henriette épouse, le 22
mai 1843, Antoine-Eugène -Arthur-Conrad
de Tardieu. vicomte de Maleissye.
De ce mariage est née la comtesse de
Virel, issue de la famille de Jeanne d'Arc
et descendante directe de Saint-Louis, roi
de France.
E. Baudouin.
N»
1350.
Vol.
LXVI.
- «39
Le tome X de l'édition de 1842 (chez
Delloye, éditeur) des Souvtrnirs de la mar-
quis* de Créquy est constitué par un état
général de la noblesse de France, avant
la Révolution de 1789, dans lequel les
pages 128 a 1^0 donnent la liste des
« Principales familles annoblies (i»V) dans
les fonctions judiciaires à partir du xv*
siècle jusqu^à nos jours, et parmi elles,
celle des Le Pelletier {sic) de Rosambo,
d'Aulnay, de Saint-Fargeau. des Forts,
etc., etc. (]e copie textuellement).
V. A. T.
Souvenirs de Massenet (LXVI, 1^36).
— Ce qui a été dit et répété partout,
c'est que Massenet entendait qu'en citant
son nom, on écrivit Monsieur Massenet.
Et — particularité curieuse - il était
d'accord, probablement sans le savoir,
sur la question du terme Monsieur précé-
dant le nom propre, avec... Voltaire,
quand celui-ci écrivait en juin 1741
« aux auteurs du Nouvelliste du Par-
nasse » :
Je trouve toujours indigne de la politesse
française et du respect que les hommes se
doivent les uns aux autres, de dire Fonte-
nelle, Chaulieu, Crébilbn, La Motte, Rous-
seau, etc, et j'ose dire que j'ai corrigé quel-
aues personnes de ces manières indécentes
e parler, qui sont toujours insultantes pour
les vivants, et dont on ne doit se servir que
pour les morts, quand ils commencent à de-
venir anciens pour nous. Le peu de curieux
qui pourront jeter les yeux sur les préfaces
de quelques pièces de théâtre que jai ha-
sardées, verront que je dis toujours le Grand
Corneille, qui a pour nous le mérite de
l'antiquité, et que je dis M. Racine et M. Des-
préaux, parce qu'ils sont presque mes con-
temporains.
d'E.
Maine de Biran (LXVI, 682). — Voir
le précieux Catalogue de MM. GeolTroy
frères (n° 23, septembre 1903), où deux
portraits de ce nom sont indiqués (244 et
245;. Simon.
*
Un très joli portrait, sans doute fait au
physionotrace, a été reproduit dans la
Généalogie des Gantier du Soûlas et Je
Biran^ publiée en 1900, à Bergerac, par
M. Adalbert Gontier du Soûlas. Pour plus
amples renseignements, Hiram pourrait
s'adresser à l'auteur, a Bergerac.
LINTHRMBDMlRlÉi
840
Sous le n° 17015 bis du catalogue n*
29, de Godefroy Mayer, (41 , rue Blanche,
Paris), paru ces jours derniers, on voit un
charmant portrait au physionotrace^ l8ir,
de M de Maine de Biran. Il s'agit bien
probablement du portrait dont nous avons
parlé dans notre précédente réponse.
QUi^RENS.
» *
L'érudit M. Elie Maine de Biran, à
Bergerac (Dordogne), se fera sans nul
doute un véritable plaisir de répondre à
la question de M. Hiram.
Petracorensis.
Monsieur Hiram s'occupe de Maine de
Biran. Je chargerai Georges Dumesnil
{Amitié de France, 4* année n° 4) de lui
répondre.
)e tiens en effet l'article du plus bira-
nien des philosophes actuels à l'entière
disposition de mon confrère qui me per-
mettra de joindre à mon envoi une repro-
duction du portrait de Biran.
Cette épreuve a été tirée, il y a quel-
que temps déjà, sur les ordres de Mada-
me de Z.. pour ceux de ses amis qui pla-
çaient le « Journal Intime de Maine de
Biran » au niveau du journal d'Amiel pour
ne citer que ce dernier auquel il s'oppose
résolument par la conquête qu'il fait de
soi,
Noël Ramère.
La maison natale de Mirabeau
(LXVI, s8,, 704. 748,).— Château du Bi-
gnon, appartenant aujourd'hui à M.O'Con-
nor et situé dans la communs du Bignon-
Mirabeau. canton de Ferrières, arrondisse-
ment de Montargis, Loiret. Madel,
Le général Pierre d Ollone (LXVI,
628). - En 1798 le comte d'Ollone, qui
avait épousé une des filles du comte de
Vioménil, se trouvait en Russie avec elle.
M, de Vioménil ayant reçu le commande-
ment d'un régiment en Sibérie, au fort de
^aint-Pierre (qui est devenu la ville de
Pétropawlowsk), M. et Mme d'Olionc,
ainsi que Mme de Vioménil, l'y accompa-
gnèrent et y passèrent avec lui quelques
mois
(Récit inédit d'émigration de l'abbé de
Fabry). Enrest d'Hauterive.
HENRY BEYLE 'STENDHAL)
Médaillon de David d'Angers grave par le procédé Collas
DBS CHBRCHHURS ET CURIEUX
30 Décembre 191s
841
842
De Gennes (LXVI, 678). — De
Gennes, en Poitou, porte : d'argent au
chevron de gueules, accompagné en chef de
deux roses et d'une étoile du même, et, en
pointe, d'nne coquille de sable.
Pour de plus amples renseignements. on
peut s'adresser à M. de Gennes château
de Cantelauze par Saint-Lys 'Haute-Ga-
ronne). R. DE R.
Famille Paynel en Normandie
(LXVI, 436, 600). — M. Grave pourrait
sans doute trouver des documents à la
Bibliothèque nationale sur la question qui
l'intéresse. En effet, aux mss. cabinets
des Titres 1 2 i .,Ti ésor généalogique Je dont
yillevieille, t. 24, folio 27, il est fait
mention d'un acte par lequel Jacques de
Chabannes, veuf de Anne de Launay
donne et assure à noble et honorée damoi-
selle Jeanne Paynel, dame de Harnbye,
(Manche) et de Briquebec, sa femme fu-
ture, la moitié de toutes ses terres (acte
du 2Ç juin 1430). Au nombre des témoins
se trouve Jean de Chanteloup, écuyer
sans doute de la même famille qu'Agnès
de Cantelou.
Le mariage n'eut pas lieu d'ailleurs.
Avaugour porte d'argent au chef de
gueules. S G. L.
Pupil de Craponne (LXVI, 287,4^9.
65 1 ,802 ) . — L'auteur de la branche Lyon-
naise des Pupil de Mions est Claude Pu-
pil. marchand ferratier, écuyer, secrétaire
du roi, fils de Mathieu Pujiil, {Armonal
des Bibliophiles du Lyonnais, p. 536).
J. B.
Rampeau (LXVI. 9s, 226). — Voir
Rampot (XXXIX, 218,46s).
Aimé Thouvenin.
Famille de Robillard-Champagné
(LXVI. 629). !i existe actuellement à
l'Ile Maurice, une famille de Robillard.
OÙ est le portrait de ^l. Scitivaux
par Fabre (LXV, ^85. 858). — M.
Habec pourrait peut être obtenir le rensei-
gnement qu'il désire, en s'adressant à M.
de Scitivaux de Greische, qui habite
Villers-les-Nancy.
Aimé Thouvenin.
Chapitres de l'ordre de St-Lazare
de Jérusalrm et de N. D. du Mont-
Carmel (LXV, s 34). - La famille de
Nérestang depuis longtemps, était bienfai-
trice de l'ordre de^ Carmes.
Philibert de Nérestang, mort des bles-
sures reçues à l'attaque de Pont de Ce, fut
inhumé à l.yon aux Carmes-Déchaussés
dont il était fondateur.
Son fils Claude, reçut des chevaliers
dans l'église des Carmes Réformés, à
Lyon, en 1624.
Le marquis Charles-Achille de Néres-
tang avait négligé l'ordre de St-Lazare
dont il était le grand maître depuis de
longues années.
Il fit, vers 1663, la connaissance d'un
religieux érudil, le père Toussamt de St-
Luc (i), appartenant aux Carmes du St-
Sicrement des BiUettes (2). Celui-ci fit
comprendre au marquis l'avantage qu'on
pouvait tirer d'une rénovation de l'ordre
de St-Lazare de Jérusalem, et Nérestang
convoqua, le 3 janvier 1064, un chapitre
dans la maison conventuelle des Carmes-
Billettes à Paris.
Le 5 avril de la même année, il tint un
chapitre extraordinaire dans le même
lieu.
Il y tmt également des chapitres en
1665 et en 1666 ;il y faisait célébrer cette
même année avec le plus de solennité
possible, dans l'église des Carmes Billettes
la fête de N.-D. du Mont Carmel, où
l'évêque de Césarée, grand Prieur au spi-
rituel de l'Ordre, officiait pontificalement ;
on y célébra aussi la fête de St-Lazare.
Le 9 mai 1667. fut passé un acte d'as-
sociation (sur parchemin scellé du sceau
de l'Ordre de .St-Lazare) entre l'ordre de
St-Lazare de Jérusalem et celui des Car-
mes. Notre confrère en pourra trouver le
texte aux Archives nationales. Ce traité
fut compK-té le 8 février 1668, et moyen-
nant une rétribution et certaines ré-
parations payées par l'ordrt de St-La-
zare, les Carmes mirent à 6a disposition
une partie de leur édifice. Ce traité fut
autorisé par un arrêt du Conseil d'Etat
qui permit à l'ordre de St-Lazarede prendre
les Billettes pour maison conventuelle.
René Pétiet.
(1) De son vrai nom Le Bigot.
(2) Maison des Carmes réformés de Bre-
tagne.
N« 1350 Vol. LXVI-
L'ÎNTERMËDIAIRB
845
844
Armoiries à identifier >ur des vi-
traux du XVr siècle 'LXVÏ, 682;. —
V Armoriai de l'Yonne^ par Aristide Déy,
ne donne qu'une seule famille portant :
D'or à deux chcvions Je gueules. Ces armes
furent déclarées à V Armoriai général de
iôçô (Paris), par Françoise de la Coudre,
veuve d'Olivier Beurdelot, seigneur de
Fontenilles (commune de Brosses, canton
de Vézelay). P. le J.
Jetons dans une boîte (LXVI, 731).
— Je possède une très vieille bourse à
glands, brodée argent et soie, dans la-
quelle est enfermée une petite boite cylin-
drique de 13 mm. de hauteur sur 25 de
diamètre
Sur le couvercle sont gravés deux
cœurs entrelacés. A gauche et à droite,
des initiales. Tout autour, ces mots :
VNY. A. lAMAlS. VN. SEVL. ME.
SVFFIT.
Dans la boite, sont douze jetons — le
treizième fut malheureusement perdu --
qui portent à l'avers TelTigie du roi Louis
XV et comme légende :
LUP. XV. D. G. FR. ET. NAV. REX ;
et au revers, les armes de France avec ces
mots : SIT. NOMEN DOMINI. BENEDIC-
TUM. 1721.
Cette bourse a été offerte, selon l'usage.
à une de mes quadrisaieules le jour de
ses noces, par son fiancé ; et ce sont leurs
initiales respectives qui figurent sur le
couvercle.
Je me souviens d'avoir lu dans Balzac
— mais je ne sais plus où — que la cou-
tume était, autrefois, dans quelques pro-
vinces, de donner à sa femme une bourse
contenant quelques pièces d'or. Parmi ces
provinces, il faut ranger la Saintonge
d'où vient l'objet que je possède.
Voilà, je pense, de quoi satisfaire M.
L, L. sur la destination des jetons qu'il a
acquis. Du reste, les cœurs et la légende
ne peuvent laisser, il me semble, aucun
doute.
A. Ch. du Ch.
* *
L'usage de faire bénir treize pièces d'ar-
gent, d'argent doré, et même d'or, lors
de la célébration du mariage, a été très
répandu en Poitou, Anjou et Vendée, pour
ne parler que de ces trois provinces. Le
musée archéologique de Nantes, n° 302,
possède les irei^ains du mariage de René
Cruzeron, gentilhomme verrier de la Cha-
taigneraye, xvu* siècle, en argent doré,
provenant de la coll. Parenteau. j'ai vu
autrefois de très jolis étuis et modèles de
pièces dans la collection de feu Paul Frap-
pier, à Niort.
Jef.
Cachets de collection : HL et I.
P. Z. (LXVI, 629, 757). — Le cachet HL
inscrit dans un cercle doit être celui de la
collection His de la Salle, qui fut donnée
au Louvre en 1878. 11 est reproduit dans
V Inventaire Général des dessins du Musée
du Louvre et du Musée de Versailles par
J. Guiffrey et P. Marcel, T. 1. p. 1 39 (Pa-
ris, Librairie centrale d'art et d'architec-
ture 1907). C. Dehais.
Un mot de Virgile (LXVI, 630). —
Ce mot se trouve dans la Vie de Virgile
autrefois attribuée à Aefius Donatus mais
qui peut bien être de Suétone.
« Cum is aliquando Ennium in manu
haberet, rogareturque quidnam faceret,
respondit se aurum colligere de stercore
Ennii, »
E. Bensly.
*
* •
11 est inutile de chercher ce mot de litté-
rature dans les œuvres de Virgile ; c'est
un mot de conversation rapporté par son
a-mi Horace, Ode. IV, 8.
H. C. M.
» *
Le De Stercore Ennii pas plus que d'au-
tres qui lui sont faussement attribués ne
se trouve pas dans les œuvres de Virgile,
mais bien dans Tiberius Claudius Donat.
Vie de Virgile^ XVlll-7! faisant partie des
Œuvres complètes publiées par Lemaire
en 1823. il est à 'la page 287 du tome 7
et en voici le texte :
« Quum is aliquando Ennium in manu
haberet, rogareturque quoJnam faceret,
respondit se aurum colligere de stercore
Hnnii » .
Ce Tiberius Claudius Donatus, d'une
époque inconnue, disent les biographes,
et dont la Vie de Virgile est universelle-
ment qualifiée de *< tissu de fables » met
CCS paroles dans la bouche du poète peu
après le célèbre « Sic vos non vobis »
toujours attribué à ce dernier et qu'on
chercherait vainement dans ses œuvres.
DBS CHERCHEURS BT CUKÏBUX
30 Décembre 1912
845
846
Il en est ainsi de l'épitaphe bien connue
que Virgile aurait composée pour lui-
même.
« Mantua me genuit ctc v> et qu'on ne
trouve aussi que dans le même Donat.
Dehermann.
»
> *
Le mot df siercore Entiii n'appartient
pas à Virgile. Ennius (-f- 169 avant J.-C.)
était un poète un peu rude, c'était le dé-
faut de son époque, mais où l'on trouvait
parfois de beaux vers, et Virgile, qui s'y
connaissait bien, en a inséré quelques-
uns dans ses œuvres. C'est ce qui a fait
dire à un grammairien du bas-empire que
Virgile avait trouvé des perles précieuses
dans le fumier d'Ennius : De stercore En-
nii. Telle est au moins l'étymologie que
donnent Les fleurs Latines^ édition La-
rousse, pag. 99,
Mais alors je demanderais quel est ce
grammairien, et où se trouve la citation
virgilienne, car l'ouvrage consulté est
muet sur ce point. La question reste donc
entière, quoiquecette fois, ce semble, mise
sur ses véritables bases.
Notons toutefois qu'une autre source
attribue ces paroles à Virgile lui-même,
disant plaisamment avoir pris des perles
du fumier d'Ennius. Cette phrase, car on
ne la trouve pas dans ses œuvres, aurait été
recueillie plus tard et serait devenue un
mot à la mode.
D'A. B.
Shakespeare est-il l'auteur de ses
œuvres ? (T. G., 836; LXVl, 675). -
C'est une question qui, semble-t-il, n'est
pas encore tranchée définitivement. On
peut consulter avec intérêt l'ouvrage sui-
vant, orné d'un grand nombre d'illustra-
tions : portraits, fac-similés reproduc-
tion de manuscrits, etc. : Bacon is Shakes-
peare, by sir Edwin Durning-Lawrence.
London, Gay et Hancock, 1910, in-S'*.
La conclusion de l'auteur est-elle ad-
mise par l'Angleterre ? J. Lt.
Il sera peut-être bon, avant toute autre
controverse — et l'on sait que la contro-
verse s'est engagée, déjà, et qu'à VUni-
versité des Amiales, M. Jean Richepin a,
déjà, confondu M. Célestin Demblon, qui
doil faire se mouvoir les ciseaux du Cour-
rier et de YArgits de la Presse ! — de
reproduire la propre défense de l'intéressé, |
en réponse à l'un des nombreux articles
de journaux parus sur son livre. Cette
lettre mérite, à ce titre, la réimpression
dans Y Intermédiaire, puisque ce dernier a
jugé à propos d'ouvrir dans ses colonnes
la polémique « Shaxper », ou « Shaks-
pur », ou « Shakyspar >> ou « Shakberg »,
ou « Shagsbere », mais non, par les
Dieux immortels, « Shakespeare ». Ecou-
tons, donc, parler le député de Liège et
professeur d'histoire de la littérature
françaiseà l'Université nouvelle de Bruxel-
les, déclaré « honorable » par les Annales
elles-mêmes, qui, d'ailleurs, l'arrangent
de la belle manière dans leur numéro du
l'r décembre, sous la plume du Bonhomme
Chrysale.
Monsieur,
Je vous remercie de votre article, dont
quelques réserves n'altèrent point la bien-
veillance
Puis-je attirer votre attention sur un dé-
tsil qui vous a échappé, parmi la multitude
de faits, de dates, de preuves et de référen-
ces qui remplissent les 580 pages de mon li-
vre, il vous étonne, monsieur, qu'on ait
gardé le secret de la paternité véritable de
l'œuvre, dite shakespearienne qu'aucun mem-
bre de \x famille de Lord Rutland, ni aucun
rival, n'ait parlé. Mais, comme je l'expose
dans « Lord Rutland est Shakespeare » et
aussi dans un secrnd volume spécial, qui
va paraître, s.;us le titre de ; « l'Auteur
dHamIet et son Monde », c'est le contraire
qui serait étonnant et inexplicable ! En
effet, comme le prouvent les lettres récem-
ment découvertes au château de Belvoir, au
village de Pot.esford (Leicestershire) et pu-
bliées p:r la commission des manuscrits
d'Angleterre, la famiile du comte de Rut-
land, dévouée à la reine Elisabeth, vit avec
un véritable désespoir le jeune Roger pren-
dre part à la conspiration du comte d'Essex,
son beau-père, qui monta sur l'échafaud
avec d'autres seigneurs. Lord Roger Manners
de Rutland, fut aussi condamné à mort,
mais gracié en raison de sa jeunesse et
moyennant une amende énorme. Ces faits
sont de l'histoiie.
Loin de parler, sa famille, après sa mort
(survenue en voyage), prit les multiples et
ingénieuses précautions que j'ai exposées
pour détourner les soupçons éventuels !
Prète-nom, homme de paille, le clown illet-
tré et l'ex-boucher Shaxper, de Stratfort, re-
çut quelques milliers de francs, fut caché
jusqu'à la mort de la reine et, plus tard
même, si l'on eût découvert h vérité, de par
la loi, il eût perdu son petit avoir, et les
deux oreilles 1
N» 1350. Vol.LXVI.
847
Les rivaux? Mais nul ne pouvait soupçon-
ne Rutland !
Veuillez considérer, en outre, Monsieur,
qu'on n'a, pour ainsi dire, représenté en pu-
blic aucune des trente-six pièces du tréâtre
dit « shakespeaiien ». Ce sont-là dessupposi-
sitions en l'air et des légendes. . de 1S30.
Le grand secret dormit près de deux siè-
cles jus^u'au temps de Rousseau, d'Ossian
Macpher.-on, de la Révolution française et du
romantisme naissant, où l'Irlandais Edmond
Malone, fixé à Londres, fonda la critique
« shakespearienne ». La dernière édition (pos-
thume) de ses œuvres est de 1821. Et des
continuateurs : Bosweli, Drake, Coleiidge,
Lamb, Knight, Dyce, Staunton, CoUied, etc.,
accumulèrent les travaux que l'on sait.
En 1857, naquit, aux Etats-Unis, l'école
baconienne qui, depuis cinquante-cinq ans,
avec «es sociétés et ses deux Revues, a écrit
trois cents livres, brochures et ïrticles contre
William Shaxper, de Stratford-sur-Avon.
Quant àl'ensemble de la bibliographie « sha-
kespearienne ». elle compte plus de quatre
mille documents!
Les arguments des baconiens, parfois sédui-
sants à première vue, ne sont que spécieux.
Mais ils prouvaient, du moins, l'existence
d'une anguiik sous roche et frôlaient sou-
vent la vérité, qu'ils m'ont aidé à décou-
vrir enfin.
En effet, si le grand philosophe et chance-
lier d'Angleterre, le vicomte Francis Bacon
de Saint-Alba -.s, n'est pas l'auteur du Tliéâ-
tre Immortel et des 1^4 sonnets, il fut
d'abord l'intime des quatre chefs de la cons-
piration du 8 février i6ot qu'unissaient les
liens de la parenté. Les comtes d'Essex, de
Southampton, de Rutlani et de Pembrike
tentèrent de soulever Londres et (,de seize
ans plus âgé) il fut quelque peu le professeur
de Rutland.
Dans tout ceci, Monsieur, pas l'ombre
d'une hypothèse, mais des faits, au sujet
desquels nul doute n'est posssible. 11 ne
s'agit point d'une .le ces fausses découvertes,
prétendues sensationnelles, dont le public
est lassé et presque aussi condamnables que
les ignobles ouvrages pornographiques qui
nous inondent. On sait que je n'ai jamais
publié, en Belgique, un livre, ni une page,
dont j'aie à rougir, ni spéculé de ma plume.
Mes recherches sur la question « shakespea-
rienne » sont le rétultat de vingt années
d'un travail désintéressé, poursuivie travers
les grandes bibliothèques île l'Europe occi-
dentale. Avant de commencer mon livre, je
n'ai pas seulement étudié le^ quatre mille
documents précités, j'ai encore rassemblé
3.^00 pages de notes, dix volumes format
Charpentier.
Ce n'est pas dans le pays de Corneille, de
Molière, de Voltaire, de Chateaubriand,
L'INTBRMÉDiAlKil
848
d'Hugo, d'Alfred de Musset et de Flaubert
qu'il faut insister sur l'impoitance capitale
de la question 11 s'agit, en effet, du poète
incomparable qui garde dans tous ïes pays
des Deux-Mondes une popularité sans pa-
reille et sur la fausse tombe de qui cin-
quante mille pèlerins s'égarent, chaque an-
née, à Stratford. C'est à Bottesford qu'ils
iront désormais !
Au moment où l'on traduit mon livre en
ani^lais, je voudrais qu'une découverte pa-
reille fût propagée par la France, qui en a
naturellement la primeur, car je suis tils de la
Wallonie, cette moitié méridionale et latine
de la Belgique.
Vous aurez, Monsieur, un nouveau titre à
ma gratitude, en me faisant l'honneur de pu-
blier celte lettre dans votre journal si répan-
du, et j'ose espérer que la presse française,
soucieuse de littérature et d'art, voudra bien
la reproduire.
Une grande bataille va s'engager, dont
l'issue n'est point douteuse et ceux qui ont
la claire conscience de son enjeu savent
qu'elle restera un peu ^)lus mémorable que
les horribles massacres des Balkans.
Veuillez recevoir, Monsieur, mes vifs re-
merciements et mes civilités cordiales.
Célestin Demblon,
Déjutè de Liège, prefesseur
(ï histoire de la littérature
à l'Université nouvelle de
Bruxelles.
Dirons-nous, pour paraître avisés, nous
aussi, que la thèse de M. Demblon >< se
tient /*, qu'elle est « plausible », mais
qu'il faut, néanmoins, se garder de s'y
rallier, par peur d'être « dupe de l'illu-
sion .f' » Assimilerons-nous, pour paraître
érudit, son ouvrage — lequel, d'ailleurs,
ne coûte que 3 fr. 50 — à d'autres ouvra-
ges, de « gens artificieux et machiavéli-
ques >>, qui — tel l'industrieux auteur de
l'identification de Molière avec le Masque
de fer — excellent « à mettre de leur
côté les apparences de la logique et de la
vérité ? » En vérité, est ce la peine ? Nous
préférons répéter l'absurde Oedo quia
iibsutJum, qui. v'>our n'être pas de saint
Augustin, est de la foule, faiseuse d'opi-
ni.-n, faiseuse de gloire et « shakespea-
rienne » à jamais, ô .Monsieur l'clestin
Demblon ! Au demeurant, que nous im-
porte, au point du vue de lart, < Shax-
per ») ou < Shakespeare ^ »
Camille Pitollbt.
«
• *
Il parait bien difficile de discuter dans
• l'Intermédiaire les centaines de faits, d'hy-
DBS CHERCHEURS ET CUKIBUX
30 Décembre 191a
849
8so
pothèses et d'appréciations sur lesquels
repose le système de M. Demblon, ou
celui des Baconiens. Dans le Temps du
i*"^ décembre, M. Remy de Gourmont, ce
sceptique foncier qui est aussi un artiste
délicat et un critique subtil, faisait bien
ressortir, à propos de 1 hypothèse Rut-
land, ce qu'il y a d'artificiel et de faux à
méconnaître que chez l'artiste créateur la
vie intérieure est de beaucoup le princi-
pal, que les contingences de la vie exté-
rieure restent souvent sur elle à peu près
sans prises, que dans la vie de bon nom-
bre d'écrivains les points de contact entre
cette vie extérieure et l'œuvre font a peu
près défaut. Si Corneille était mort aux
environs de \6^o, et qu'il nous manquât
quelques documents, combien il serait
aisé de soutenir que ce petit bourgeois de
province à la vie mesquine, que ce Rouen-
nais sédentaire absorbé, en son double
office d'avocat du roi, par les dossiers de
mille affaires du service des eaux et fo-
rêts, de la marine de commerce, ou des
pécheurs de la côte normande, n'a fait
que prêter son nom à quelque grand sei-
gneur, à quelque homme d'Etat à l'âme
ardente, à la volonté forte, qui sait ? à
un Richelieu, pour signer ces œuvres où
une poésie si haute, une conception de la
vie si héroïque, s'unissent a une connais-
sance pour le temps si profonde de l'his-
toire, à un tel goût^ a une telle mtelli-
gence des grandes vues de la politique et
de son machiavélisme pratique ! L'his-
toire littéraire, comme l'histoire tout
court, a ses romans séduisants, inspirés
par la mode scientifique d'une époque, qui
passent parfois un temps pour science
certaine et tombent ensuite dans le dis-
crédit, comme est en train de faire Thy-
pothèse de la multiplicité originelle des
poèmes homériques. En cette matière,
comme en d'autres, il est prudent de se
méfier des systèmes trop complètement sa-
tisfaisants, au premier abord, po"r l'es-
prit. Les choses réelles coïncident rare-
ment avec les constructions que prétend
y adapter la raison, ou plutôt IMmagina-
tion raisonnante.
Ibère.
Quel est l'auteur de la brochure :
« Comme quoi Napoléon n'a jamais
existé» (T. G., 629: LXVl, ■) 17, 7 13,7^8).
— 11 est assez singulier que, en France, on
cite toujours J.-B. Pérès comme l'auteur
de cette brochure, et que l'on ignore le
D' Whately, archevêque de Dublin, qui
parait enavoireula première idée, en i8iq.
Je n'ai pas le moyen de vérifier ; mais le
lecteur pourrait consulter V Atkencrum ,
de Londres, du 23 mai 1885, et aussi un
article de M. Gaidoz, dans Melustne, du
15 juillet 1888, qui, je crois, traite la ques-
tion tout au long.
Le plus curieux est que — toujours
d'après mes notes, et sansque je puisse vé-
rifier, — un Portugais plagiaire aurait re-
pris, ou réédité, sous son nom , cette mysti-
fication amusante. Elle fut analysée dans
le Saint-James Budget (édition hebdoma-
daire de la Satnt-James Ga:(ette) du 23 no-
vembre 1883 ; et le critique anglais pa-
raissait ignorer complètement le nom de
Whately, son compatriote.
Outre les plagiats, il y eut des imita-
tions.
En 1870, un petit recueil de l'Univer-
sité de Dublin, le Kottahos, publia sous ce
titre : « Le mythe solaire d'Oxford, con-
« tribution à la mythologie comparée,
« dédiée (sans permi-sion"^ à M. G. W. Cox
« [le mythographe bien connu ] », — un
pastiche fort spirituel : ss Comme quoi
Max Mûller n'a jamais existé ». Mélusine,
de juillet 1884, en a donné la traduction.
Finalement, le Macmillan s Maga^ine^
de février 1886, a publié pareillement Le
grand Mythe Gladstonien^ analysé dans
Le Temts, du 22 février suivant.
En toutcas^ pour la brochure de Pérès
on pourrait consulter encore, si je ne me
trompe, le Figaro^ des 3 et ç décembre
1884 ; Le Temps, du 20 mars 1887, et le
Figaro du 22 ou 23 de ce même mois.
Britannicus.
*
* *
Comme quoi Napoléon n'a jamais existé.
Où l'on prouve Le symbolisme ^ par M. Mar-
cadé, avocat, auteur de l'Explication métho-
diquedu CodeCivil, Bruxelles, imprimerie
de J. Vandereydt, rue de Flandre, 104,
18=53
Une brochure in-i6, 23 pages.
P. T.
Bordeaux, 9 décembre 1912.
Monsieur TAdministrateur de V Inter-
médiaire des Chercheurs et Curieux.
Paris
Votre numéro du 30 novembre répond à
N 1350 VoL
LXVI.
- 851
LiWriîRMiiDlAlkil
852
la question : Quel est Fauteur de la brochure
« Comm; quoi Napoléon n'a jamais existé? »
Je crois pouvoir le faire plus coniplètîment .
Je possède en effet un petit volume inti-
tulé :
Histoires Jrôlaii'ques Je Vertipercur Napo-
léon racontées par H. de Balzac, A. Tousez et
P. Soulié, suivies de « Comme quoi Napo-
léon n'a jamais existe », recueillie par Ar-
thur Delanoué, Paris, Punard, libraire-édi-
teur, 18^4
Cette dernière partie est précéde'e de ce
titre :
Comme quoi Napoléon n'a jam.'i^' exité
au granl erratum source d'un nombre infini
d'erreurs a noter dans l'histoire du xix« siècle,
par feu M J. N. Pères, A O. A M. biblio-
thécaire de la ville d'Agen .
Agréez, Monsieur, l'assurance de ma con-
sidération distinguée. F. Girard.
L'éditeur ajoute que l'auteur a voulu faire
la critique de l'ouvrage éminemment para-
doxal qui a pour titre <2 Origine de tous les
cultes » de Dupuis.
Soubs la corde des Saincts fLXIV ;
LXV: LXVI, 75, 126, 169 224, 660, 851).
— Danssa répons: (LXVI, 169) au sujet du
mot « sainctier », M. Piton dit, que pour
lui ,Dom ]ean François n'a aucune autorité.
C'est aller un peu vite, car cet auteur
passe et avec raison pour un érudit. Ses
ouvrages sont fort estimés (Voir Diction-
naire des littératures). Son Dictionnatte
Roman-lVcilon, tiuiesque etc. est surtout
« très-recherché » (Voir Brunet).
Dans ma note (LXV, 847) j'ai rappelé
la citation d'un « Mémoire E de la cham-
bre des comptes de Paris, l'année 1391)-
(Voir « Ducange, Sanctuarius), >» qui ne
laisse aucun doute sur l'existence des
« Sainctiers *>, hommes d'église. M. Piton
n'a pas relevé cette citation dans sa ré-
ponse précitée.
Il y avait des femmes dites « Saintiè-
res :» . *- Julianna dicta »< La Saintiere »
(1276, chart. ceci, cenoman., CCXV, Le
Mans 1869). >
Dans le Dictionnaire de diplomatique de
l'abbé Montignot on trouve : « Sanctua-
rii >*, habitués, attachés à une église,
hommes* Sainctiers. »
Roquefort, dans son '< Glossaire de la
langue romane », donne << sainctier »,
homme libre qui se fait serviteur d'un
saint, etc.
On trouve également dans le Diction ■
naire da noms, de Lorédan Larchey.
♦ saintier », homme libre, se faisant serf
d'église (oil). Tous trois sont muets sur
« sainctiers ». fondeur de cloches. Com-
me je lai dit dans un numéro précédent,
s'il y a eu des t Sainctiers » fondeurs de
cloches, il y a eu également des « Sainc-
tiers », hommes d'église. Cela ne fait
aucun doute.
Dans la même réponse, M. Piton ajoute
qu'un « boutier » , n'était pas un échanson
à proprement parler, que l'office de « bou-
tier >"> n'existait qu'à la cour du roi et que
cet officier efTectuait le mélange de la bois-
son dans un bassin où puisait l'échanson.
Roquefort déjà cilé, dit : « boutier »,
échanson qui a soin de la cave, en bas
latin, << buticularius >v De ce qui précède,
il y a lieu de conclure qu'un boutier ou un
échanson, c'était absobjment la même
chose.
Dans dom Jean François, on trouve
aussi <.< Pocillateur », échanson.
Aimé Thouvenin.
-•— •■•.•.>
Epatant LXIII. LXVI). - Des Débats:
Depuis que l'Académie, dans "son diction-
naire, a daigné octroyer à ce vocable familier
ses lettres de naturalisation, on se perd en
conjectures sur l'origine du mot et son sens
véritable. Nous en ivons déjà indiqué quel-
ques-unes. Un lecteur nous écrit : « A propos
du mot épatant, on se livre à toutes sortes
de fantaisies étymologiques autour du mot
patte auquel on en supxirae une de patte),
un des f en l'espèce. Or il est ^'vident que le
mot épatant est de formation analogue à
celle du mot évident : « E vidrn-^^E patens.
Cela est ouvert aux yeux de tous : donc «écla-
tant, éblouissant, par conséquence «îtoniiant,
surprenant et même renversant. » Les
pattes n'ont rien à voir là-dedans II n'y a
que l'orthogr.iphe qui a transformé Vé de
patent en a comme participe présent du
verbe épater — e-patere, verbe d'un sens
primitivement et ètymologiquement neutre,
épater : être ouvert à tous, étie clair, évident
que l'usage i rendu actif - « épater quel-
qu'un >, de môme éblouir quelqu'un. ■ - E&
ici le sens de ex dans exposition, le même
sens que 1.; aus allemand dans ausstellen et
non pas le sens privatif qui serait un non
sens, s'il devait s'appliquer à des humains. >
"Vrombissement (LXVI, 349, 660). —
Notice extraite de Larousse Mensuel /lus-
tré, novembre iyi2.
P. R., Paris. — Dans le dernier numéro
de y Intermédiaire des Chercheurs et Cu-
rieux {io octobre 1912), un des correspon-
dants de cette utile et intéressante revue dit
85?
DES CHERCHEURS ET CURIBUX
que le mot vrombissentfnt n'est pas dans le
Larousse. Il n'a pas suffisamment cherché.
Vous trouverez dans le Supplément du Nou-
veau Larou'se les mots vfombir. vrombis-
5a.7it, vrombissement , Nous remarquons,
du reste en lisant certaines questions posées
à Vlntirmédiairt, que ceux qui les ont
faites auraient pu, sans déranger leurs obli-
geants corrrespondants, en trouver la solu-
tion dans nos dictionnaires ; et ceux qui
leur répondent lesy renvoient justement. C'est
ainsi que, dans ce même numéro que nous
mentionnons plus haut, l'un d'eux, répondant
à une interrogation relativeau mot Icsss,
la définition que donne le Nouveau
rousse.
854
30 Décembre 1919
cite
La-
Cubi me fLXVI,97,27o, 474, 662,853).
— M Ugo Oietti, un des meilleurs criti
ques d'art italien a écrit dans le Corriere délia
Sera de Milan, 8 nov. 1902, un article sur le
Cubisme. J'en extrais le passage suivant
qui donnera une idée assez exacte de ce
genre de peinture.
Les cubistes sont allés plus loin, en cou-
rant, attirés, comme tant d'écrivains et de
poètes contemporains, par le gouffre de la
métaphysique ; el avec ces formes abstraites
du vrai, avec ces morceaux de réalité taillés
à coups de hache, ils ont vou'u composer
finalement, ce sont leurs paroles, la peinture
de concept remplaçant la peinture de vision.
Cette peinture pure ne doit être ni descrip-
tive, ni anecdotique, ni psychologique, ni
morale, ni sentimentale, ni pédagogique,
ni décorative, dit un de leurs héraults,
Maurice Raynald. M. Roger Fray, le plus
vivace défenseur des Cubistes en Angle-
terre, peintre lui-mém.e, mais non encore
cubiste, explique que, voulant en finir avec
toutes ces vieilles peintures esclaves de la
nature, les Cubistes ne veulent plus imiter
les fermes, mai» créer les formes. Ils ne veu-
lent pas imiter la vie. mais trouver un équi-
valent à la vie. 11 s'agit en un mot d'aban-
donner toute ressemblance avec les formes
naturelles, et de créer un langage de la forme
purement abstraite, une musique visuelle.
Avez-vous compris? Il suffit que vous ayez
coaipris pourquoi et comment, étant données
ces intentions, une peinture vraiment cubiste
ne se peut comprendre que par qui l'a
peinte, et encore s'il a bonne mémoire.
Tout le reste de l'article serait à citer,
mais j'arrête la citation, car ce serait
trop long, bien que fort intéressant à
lire,
D' A. B.
Noms des habitants des Etats-
Unis (LXV ; LXVI. 18, 665, 708). - Il
me semble que cette question pourrait
être tranchée par les Américains eux-
mêmes. Les Espagnols les appellent .< los
Norte Americanos », expression qui se
traduit en anglais par « North American >
et non < Northern American ».
11 parait que c'est tomber de Charybde
en Scylla que de vouloir faire rectifier une
erreur typographique, j'avais protesté
contre le She is a man qu'on m'avait prêté
dans un précédent numéro ; on a corrigé
en imprimant : The is man, ce qui est au
moins aussi ridicule. J'avais écrit : She ts a
woman.EXi<t n'ai jamais signé et pour
cause, s< M. des P. », mais bien
Maurice Charpentier.
Noms français donnés à des rues
à l'étranger (LXIV ; LXV ; LXVI, 30,260).
— Lors d'un récent voyage en Italie. J'ai
noté: i«àRome,la rueNapoléonlIl et larue
Bixio, toutes deux dans le voisinage de la
place Victor-Emmanuel ; 2° k Livourne,
la rue Emile Zola •, ancienne rue desAque-
'iucs). ' auiSETTi.
Dandys sous Loui -Philippe
(LXVI, 389). — Une exposition sur le
dandysme vient d'avoir un succès pari-
sien très vif. Dans ses « notes et souve-
nirs » au Temps^ M. Georges Gain en
parle ainsi :
Qu'elle était donc amusante cette exposi-
tion des dandys, que l'adroite inspiration de
MM. Jacques Boulanger et Clouzol avait su
dernièrement, riissembler boulevard Malesherl
bes, à la galerie Devambez I J'y ai pris pour
ma part un plaisir extrême.
En effet, ce choix pittoresque de documents
groupés dans des vitrines ou accrochés aux
murs nous semblait l'illustration vivante des
trente albums de Gavarni, si amoureusement
feuilletés, des romans de Frédéric Souiié de
Ch. de Bernard, d'Eugène Sue, de Mme de
Girardin, et de toute la Comédie humaine
de Balzac.
Ces costumes •— que Mardoche a portés et
sous lesquels Lucien de Rubempré remporta
ses plus éclatants triomphes féminins, — ces
couvre-chefs qui ne sauraient être plu<; ridi-
cules que les boisseaux à huit reflets dont
nous nous parons aujourd'hui, ces redingotes
ajustées, ces robes de chambre en soie jaune
brochée, ces pantalons à sous-pied, ces
bottes à cœur, ces trompes k la Dampjerre
N« 1350 V^I. LXVI.
L'îNTBRMBDlAlKil
855
ces chaînes en « cheveux et or », ces cachets
romantiques, ces bretelles brodées, ce» che-
mises à jabot, ces cravaches, ces monocles
constituaient l'élégante défroque de nos
giands-pères !
Et c'est ainsi que pendarjt quelques mi-
nutes il nous fut donné de vivre de leur vie,
de respirer l'air qu'ils respiraient... Aussi,
reconnaissants d'avoir été admis dans cette
intimité, éprouvions-nous le désir, quelques
amis et moi, de joindre notre carte cornée à
celles des Parisiens notoires dont les nom»
figuraient dans cette pittoresque réunion .
Alexandre Uumas, le comte d'Orsay, Charles
NoJier, Isabey, Arvers (l'homme au sonnet),
Lautour-Mezeray (Ihonime au camélia).
Membre de trois Acadé /iesLXVI.
Q4. 224J. Dans ma salle à manger, à
Paris, se trouve le portrait de l'oncle de
mon père, le comte Daru.
Derrière ce tableau, je Us cette inscrip-
tion, vieille d'au moins cinquante ans :
Pierre- Antoine - Noël- Bruno Daru
Né à Montpellier le 12 janvier 1767.
Tribun. Conseiller d'Etat
Intendant Général de la Maison de l'Empereur
Intendant Général de la Grande Armée
et des Pays Conquis
Membre de! l'I'>siitui,comte de l'Empire
Ministre, secrétaire d'Etat le 17 avril 1811
Grand Aigle de la Légion d'honneur
Grand Croix de l'Ordre Impéiial de la
Réunion
Ministre de l'Administration de la Guerre,
le 20 octobre 1819
Chevalier de Saint -Louis
Pair de France, le s mars 1810
Membre de V Académie des Sciences.
Cet oncle de mon père, qui traduisit
Horace avec élégance et conta une his-
toire de Venise et une autre de Bretagne,
était aussi membre de V Académie française.
|. deV.
Fête des Innocents (LXVI, 142,
S23). — fcnvis les indications de correc-
tion, les typos se sont obstinés à bouter
Français au lieu de François, pour les ou
vrages de Le (Rendre. La Chesnaye des
Bois, Le Grand d'Aussy. C'est dans le
tome IV des Mémoires de l'abbé Antoine
Cachet d'Artigny que se trouve un cha-
pitre intitulé Mémoires pour servir à
r Histoire de la Fête des Fou\. Ceci est le
titre même de l'ouvrage publié en 1741,
î Lausanne, par du Tilliot, duquel rend
compte l'abbé d'Artignv et auquel il
appoind quelques détails. Les Triomphes
8=;6
de V (Abbaye des Conards, avec une Notice
sur la Fête des Fous., par Marc de Monti-
faud (Paris, Librairie des Bibliophiles
1874. 2' édition, A. Lacroix et C'*, in-iS,
XXXVI-ii8p.) B.— F.
Mots allemands dérivés à-x fran-
çais (LXV ; LXVI, 123, lô-j). — Poulet-
Delsalle a publié, vers i8ss,chez Vanac-
kère, éditeur à Lille, un ouvrage d'environ
trois cents pages, intitulé :
s< Vocabulaire raisonné des principaux
éléments créateurs de la langue française
puisés dans le grec, le latin, l'italien,
l'espagnol, l'arabe, l'allemand, l'hébreu
le sanscrit, le syriaque, l'éolique, le vieux
français et dans tous les idiomes connus. »
Albf.ro.
Le mai (T. G. , S47 ; LXVI, 96. 229,
379, 620). — A Royan, on danse encore
« à la couronne ». La veille du i^"^ mai,
jeunes gens et jeunes filles se réunissent
pour confectionner des* couronnes de
feuillage et de fleurs. A la tombée du
jour, le gracieux diadème, lesté d'une
lanterne allumée, monte en l'air sur une
corde tendue au travers de la rue ou
entre deux arbres des promenades. Ga-
mins et fillettes, jeunes gens et jeunes
filles, viennent former la ronde sous la
couronne et dansent en s'accompagnant
de la voix « à la note ». Le i'"^ juin on dé-
croche le feuillage desséché et l'on met
fin à la fête. Jf.f.
^rouuaiHiîs et Ofuriosttéa
Souvenirs inédits de Mm*i la
marquise de Saint-Gham ans. douai-
rière.
Les souvenirs que nous publions sont iné-
dits. Ils ont été écrits sous la dictée de la
marquise de Saint-Chamans. Ils remplissent
en partie un petit registre.
La marquise de Saint-Chamans, née d'un
maître de poste en Pologne, avait été adoptée
à l'époque de l'émigration, par la princesse
Louise, fille du prince de Coudé, qui avait
pris l'habit religieux. L'adoptée dut, à cette
circonstance, de vivre dans son i timité
au cloître pui« d'être mêlée ainsi au monde de
la cour.
C'est ce qui donne à ses souvenirs, un peu
sommaires, un caractère intéressant. On y
trouvera quelques passages qui peuvent ten-
DBS CHERCHEURS Bl CURIEUX
30 Décembre 1913
- 857
858
t»r un hisloiien, et qui lui sont person-
nels : la prise de voile de Louise de Condé,
son voyage en Angleterre, son retour à Paris
après la Restauration, l'installation de sa
communauté des Bénédictines dutrès Saint-
Sacrement au Temple ; une curieuse visite
au prince de Condé, la veille de sa mort tra-
gique. '
La petite polonaise épousa un M. de Gou-
vello ; devenue veuve elle se rem.itia avec le
comte, plus tard marquis de Saint-Chamans.
Celte union ne fut pas heureuse.
Nous arrêterons la publication de ces sou-
venirs alors que la marquise de Saint-Cha-
mans, en lutte avec toute sa famille, exhale
son mécontentement sans mesure.
Elle ne mourut qu'après la guerre. Ses
souvenirs s'arrêtent à la date du 30 avril
1874, date de la première communion à Saint-
Chamans, de sa petite, fille.
Nous devons à iVt. de Baioncelli la communi-
cation de ce manuscrit, dont nous commen-
çons la publication. Nous lui en exprimons
« notre très vive gratitude.
Chapitre i
Je suis née en 1793 dans un petit village
de la Pologne russe, dépendant de la pro-
vince de Lithuanie. Mon père y était maî-
tre de poste. Un jour une berline de
voyage s'arrêta à la porte de notre mo-
deste demeure où régnait la plus grande
désolation. Mon père et ma mère se la-
mentaient du surcroît de misère que la
naissance d'un dixième enfant allait appor
ter au pauvre ménage. C'est alors que la
princesse Louise de Condé qui se trouvait
dans la berline, émue de ce cruel déses-
poir, promit de m'adopter pour sa fille le
jour où j'aurais atteint ma quatrième
année. Le moment de la séparation arriva
et ma pauvre mère me dit, à travers ses
larmes, un adieu qui devait être, hélas !
le dernier.
Elle me recommanda, en sanglotant, à
ma nouvelle mère et le moment du dé-
part arriva. Une fois à Varsovie, je fus
admise comme pensionnaire dans un cou-
vent où la princesse de Condé occupait
elle même un appartement.
Parmi les religieuses au milieu des-
quelles s'écoulaient mes jeunes années, il
y en avait une pour laquelle je ressentais
un penchant plus vif, tant elle était
bonne et gracieuse. Elle se nommait sœur
Sainte-Thècle Tous les matins, en m'é-
veillant, je trouvais sous mon oreiller de
jjBes pommes d'api où je mordais à belles
Ma chère princesse me disait, avec son
charmant sourire, que je devais ces sur-
prises au petit Jésus. Après cela, ma mère
adoptivesechargeait elle mêmede me faire
réciter ma prière. 11 en était de même
pour le catéchismequ'elle seule voulait me
faire apprendre, après me l'avoir clai-
rement expliqué. Le jour de Noël, c'est
elle encore, qui, de ses mains de fée, me
construisait une crèche en y groupant
tous les personnages qui entouraient l'En-
fant Jésus qu'elle me faisait adorer. Quel-
quefois les plus jeunes pensionnaires ve-
naient lui demander la permission de se
joindre à moi pour chanter un cantique
composé par elle et dont les paroles
naïves étaient en rapport avec mon âge.
je me rappelle le jour où la princesse Ga-
litzin vint rendre visite à la princesse
Louise, je n'avais pourtant alors que cinq
ans. Je vois encore la belle poupée qu'elle
m'offrit et qui était bien aussi grande que
moi. Eh 1 bien, je lui préférais encore
celles que ma bonne marraine me faisait
elle-même. Elles avaient de jolis yeux
bleus, des joues satinées et des lèvres
roses, ouvrage de son magique pinceau.
Un jour, c'était le temps où ma mar-
raine n'était encore que postulante, elle
reçut la visite de madame la Dauphine,
depuis duchesse d'Angoulême. Ce jour-là
je fus présentée à Son Altesse pour la pre-
mière fois. En arrivant devant elle, je fis
les trois révérences d'usage, ainsi que
cela se pratiquait à la Cour, lors d'une
première présentation. Madame la Dau-
phine m'accueillit avec la bonté la plus
touchante, me plaça sur ses genoux, puis
m'embrassa affectueusement. Elle aimait
passionnément les enfants, et plus tard
un de ses plus cruels chagrins, fut de ne
pas connaître le bonheur d'être mère.
Elle portait, ce jour-là, un ravissant cos-
tume d'amazone et venait de franchir à
cheval la distance qui séparait le palais de
Varsovie du couvent où nous étions alors.
Comme je m'extasiais à la vue de son
élégante toilette et que je regardais en
ouvrant de grands yeux les boutons dorés
qui garnissaient son corsage, je ne pus
m'empècher dem'écrier : «Oh le bel ha-
bit ! Vous avez des boutons comme Paul.
— Mais, de quel Paul voulez-vous par-
ler, me dit la princesse ? — Mais, de Paul
le jardinier, quand il met son bel habit
des dimanches.., » Cette réponse fit beau-
No 13^0 Vol. LXVI
8s9
Coup rire la Dauphine, ce qui n'empêcha
pas ma marraine de me gronder un peu
en me reprochant mon excès de liberté
envers sa cousine. Madame la Dau-
phine lui dit en souriant qu'elle aimait
beaucoup mon petit babil. Plus t,ird, cha-
que fois qu'elle venait au couvent, elle
avait soin d'apporter de jolis joujoux et de
grands cornets de bonbons pour sa petite
Eléonore.
A quelque temps de là, eut lieu ma pré-
sentation à Sa Majesté Louis XVIII.
l'éprouvai en le voyani une profonde im-
pression, tant à cause de l'air de majesté
suprême empreint sur son auguste visage,
que de la force et de l'éclat de sa voix. Il
m'embrassa avec bonté et parut charmé
de ma gentillesse Toute la famille royale
était réunie en ce moment au palais de
Varsovie. Monsieur le duc d'Avré attaché
à !a maison du Roi m'apportait souvent
d'aiipétissantes brioches que je trouvais
exquises ; aussi ma joie était grande
quand je le voyais arriver lui et ses frian-
dises. Plusieurs fois il me proposa de me
ramener avec lui au palais de Varsovie
auprès de la famille royale, mais ma mar-
raine n'aurait jamais consenti à me lais-
ser partir sans être accompagnée d'elle.
Elle passait ses heures de récréation à
jouer avec moi et m'apprenait tous les
jeux possibles Ce qui amusait beaucoup
la princesse, c'était de me voir pleurer
quand j'avais perdu la partie. Elle aimait
à observer mon caractère dans ces heures
d'abandon où le naturel se découvre le
mieux et s'attachait à le réformer avec la
plus ferme et la plus douce persévérance.
En septembre 1801 eut lieu la cérémo-
nie de la prise d'habit ilc la Princesse.
Elle reçut les noms de sœur Marie Joseph
de la Miséricorde. La toiklte mondaine
qu'elle revêtit ce jour là était d'une
riciiesse et d une élégance extraordinaire,
quoique très simple. Sa robe de satin
blanc à longue traîne faisait ressortir la
noblesse de son port et la beauté de sa
taille. Un diadème de perles hnes couron-
nait ses admirables cheveux blonds, tan-
dis qu'un collier pareil faisait plusieurs
fois le tour de son cou. Au milieu brillait
une agrafe de diamants magnifiques.
Cette parure lui avait été offerte par ma-
dame la Dauphine. C'est moi qui rem-
plissais les fonctious de page et qui por-
tais la longue queue de sa robe, j'étais
L-INTBRMEDIAIRB
860
vêtue de blanc comme ma marraine, avec
une couronne de roses blanches sur la
tête.
A côté de moi une des demoiselles pen-
sionnaires, mademoiselle Viszoska, remar-
quable par sa distinction et sa beauté, por-
tait le cierge du sacrifice. La cérémonie
fut splendide. La belle et grande grille du
chœur était ouverte. Les évêques, la Cour,
toute la ville y assistaient. C'est le roi
Louis XVIII qui posa le yoile blanc sur la
tête de la princesse ; il représentait le
prince de Condé, son père et le duc de
Bourbon son frère, en ce moment en An-
gleterre. Pour le repas qui suivit on m'ha-
billa en novice comme ma marraine et
un instant je me vis comme elle vouée à
la vie religieuse.
Pendant toute la durée de son noviciat,
la princesse de Bourbon édit'ia la comma-
nauté par sa piété exemplaire, sa dou-
ceur, son insistance à solliciter les emplois
les plus humbles, suppliant ses compa-
gnes de n'avoir pour elle aucune défé-
rence particulière. Après un an et un jour
de noviciat, eut lieu la cérémonie de la
profession. La veille de ce bienheureux
jour, il survint à la princesse, à la suite
d'un refroidissement, un malaise si grand,
qu'une de ses joues enfla démesurément
cl que l'on fut obligé de lui apporter la
saiiiie communion dans sa cellule. Heu-
reusement dans l'après-midi du même
jour elle se trouva entièrement guérie. Je
venais d'atteindre ma neuvième année. Le
voile noir lui (ut présenté par Louis XVIII
et l'évoque de Varsovie prononça à cette
occasion une allocution touchante. La
princesse Louise venait de commencer
son 3* noviciat et comme les deux pre-
miers, il s'accomplit dans l'observance la
plus rigoureuse de la règle. Enfin, le 21
septembre 1802, elle prononça solennelle-
ment ses vœux et voulut les écrire elle-
même au pied du Saint-Sacrement. Dans
l'acte de la Profession, la Princesse, sui-
vant l'usage, une fois revêtue de l'habit*
religieux qu'elle ne devait plus quitter, se
tourna s':ccessivement en s'inclinant vers
les quatre points cardinaux, voulant mon-
trer par là qu'elle faisait ses adieux au
monde entier. Ensuite, elle se coucha par
terre pendant qu'on chantait le De Pro-
fuudis, et que quatre relij^ieuses tenaient
le drap mortuaire étendu au-dessus de
l'auguste religieuse. Quant a moi, r^vè-
DES CHKKGHBURS BT CURIEUX
86 1
tue du même costume, je me couchai à ses
pieds sous le drap mortuaire, dans une
immobilité complète. La cérémonie ter-
minée, un grand repas réunit au réfectoire
toute la famille royale^ la princesse Louise,
sa fille adoptive et toute la communauté.
Je fus caressée, choyée par tout le monde,
si bien que mon goût pour les gourman-
dises qu'on me prodigua, me porta
malheur. On fut obligé de me mettre au
lit et pendant plusieurs jours, ce fut une
procession incessante auprès de la petite
polonaise, depuis le roi et ma marraine,
jusqu'aux plus petites pensionnaires.
Un jour que, suivant son habitude, la
princesse de Bourbon s'exerçait à traduire
en français le journal anglais qu'elle te-
nait à la main, son attention fut frappée à
la lecture d'un passage qui parut lui cau-
ser bientôt le plus violent chagrin. 11 y
était question de l'arrestation d'un per-
sonnage important que, par ordre de
l'Empereur, on avait conduit à Vincennes
dans une voiture dont les portières avaient
été solidement cadenassées pour rendre
toute évasion impossible, Elle se deman-
dait avec angoisse quelle pouvait être
cette nouvelle victime de Bonaparte qui
cotiim.ençait déjà à ne plus mettre de
bornes à ses cruels caprices de despote
parvenu. La terrible vérité ne tarda pas a
lui apparaître dans toute son horreur.
L'abbé Edgeworth qui avait assisté
l'infortuné Louis XVI à ses derniers mo-
ments vint apprendre quelques jours après
à ma marraine en pleurs, à Madame la
Dauph'ne et au roi que le duc d'Enghien
venait d'être fusillé dans les fossés de
Vincennes par ordre de Bonaparte. La
princesse, que cette affreuse nouvelle avait
frappée au cœur, se rendit dans la cha-
pelle où le Saint Sacrement était exposé,
et là, prosternée devant Celui qui console
toutes les douleurs, elle pria pour le prince
innocent qu'un jugement inique venait de
ravir à la tendre affection des siens. Quand
elle voulut se relever, ses forces la tra-
hirent et elle tomba évanouie. 11 fallut
l'emporter dans sa cellule où bientôt une
maladie aiguë mit ses jours en danger.
Au milieu de ses souffrances, imitant en
cela l'exemple de THomme-Dieu priant
pour ses bourreaux, elle trouva dans son
cœur assez de mansuétude pour deman-
der à Dieu de pardonner à l'assassin de
son neveu.
}o Décembre 191^
8t)2
Plus tard, quand elle apprit la mort de
l'Empereur, elle récita tous les jours un
de profufidis pour le lepos de son âme.
La crise terrible par où venait de passer
ma chère et bien aimée marraine devait
réagir sur mon organisation impression-
nable et délicate. Je tombai malade à mon
tour, et, outre les soins maternels de la
Princesse qui ne rrie quittait pas une mi-
nute, ni le jour, ni la nuit, je recevais tous
les jours la visite des médecins de la fa-
mille royale, les docteurs Leièvre et Col-
lignon. Cependant, le mal faisait des pro-
grès rapides. Une fièvre ardente me dévo-
rait. Les médecins, désespérés, finirent
par déclarer à ma marraine qu'ils n'a-
vaient plus d'espoir, et que le lendemain,
au point du jour, j'aurais cessé de soufiTi ir.
La fièvre me donnait une soif si violente
que, pour la calmer, a chaque instant, je
demandais à boire. La princesse, qui ve-
nait d'entendre mon arrêt de mort, per-
suadée qu'il n'y avait plus rien à espérer,
me donnait à boire avec une douceur an-
gélique aussi souvent que je le deman-
dais. Pour être plus à portée de me pro-
diguer ses soins, elle couchait dans ma
chambre, à côté de mon lit, se levant à
chaque minute, m.algré la douleur que lui
causait une fracture récente du genou, à
peine guérie.
A cinq heures] du matin, les médecins
arrivèrent au couvent et furent fort éton-
nés de me trouver encore de ce monde.
Ils dirent à la princesse que ses soins ma-
ternels et ses prières m'avaient sauvée.
Ils s'empressèrent d'informer de cette
guérison en quelque sorte miraculeuse le
roi et madame la Dauphine qui envoyè-
rent le duc d'Avré pour apporter à leur
cousine les félicitations de la famille
royale.
Quelques jours avant le dénouement
inespéré, ma marraine avait demandé à
monseigneur l'évêque de Varsovie de me
faire faire ma première communion en
viatique, ce qui lui fut facilement accordé.
Ce fut le père Valle, de la Compagnie de
Jésus, directeur de la princesse Louise de
Condé, qui voulut bien me donner la
sainte communion. Le Roi, madame la
Dauphine, ainsi que ses dames d'honneur
assistèrent à cette cérémonie touchante.
Ma marraine avait voulu que, pour cette
circonstance, ma chambre fût entièrement
tendue de blanc et ornée de guirlandes de
N« 1350 Vol. LXVI.
. SOj
roses blanches. Toutes les religieuses
étaient là, la corde au cou et le cierge à
la main, ainsi que cela se pratique dans
cet ordre, quand on apporte le saint via-
tique à un malade. Les demoiselles pen-
sionnaires de la maison avaient voulu de
leur côté se joindre au.x religieuses. Je n'ai
jamais douté depuiscejour que mon réta-
blissement n'ait été le fruit des neuvaines
organisées à mon intention et surtout le
résultat des prières de ma sainte mar-
raine.
(à suivre).
Inhumation de la mère de Junot.
— La mère de junot, duc d'Abrantès, mou-
rut en 1806. Son fils, qui était alors gou-
verneur de Paris, demanda la permission
de faire inhumer ses restes dans une cha-
pelle attenant à l'église paroissiale de Li-
vry, dont il était propriétaire. Portails se
chargea de présenter favorablement sa re-
quête à l'empereur, par la lettre sui-
vante :
L'INTERMEDIAIRE
864
Si
19 novembre 1806.
re.
M. le général Junot, gouverneur de Paris,
réclame de S. M. la permission de faire
inhumer sa mère qu'il vient de perdre, dans
une chapelle dont il est propriétaire et qui
est attenante à l'Eglise paroissiale de la com-
mune de Livry. Dans mon travail d'aujour-
d'hui, je présente à S. M. un rapport et un
projet de décret favorable à cette demande.
La règle générale est contre l'inhumation
dans les églises; jusqu'ici V. M. n'a fait
exception que pour le» restes de Mme de
Montesson.
l'n ancien seigneur de Tcire, dans le dio-
cèse de Versailles, sollicitait dernièrement
la permission de faire inhumer sa femme
dans une chapelle attenante à l'Eglise pa-
roissiale de sa commune. V. M. refusa. Elle
permit seulement à ce pétitionnaire de faire
construire dans le cimetièie commun une
petite chapelle ou un monument pour y re-
cevoir les restes de son épouse, mais dans ce
dernier cas, le pétitionnaire ne présentait
personnellement aucun titre de faveur que
pût lui faire obtenir l'exception réclamée, ce
pétitionnaire était dans la classe des simples
particuliers ; il n'était point consacré au
service de l'Etat.
M. le général Junot est connu par son dé-
vou«ment 3 l'Auguste personne de V. M, Ses
services ont fixé l'attention et la bienveillance
Impériale. Il a été nommé gouverneur de
Paris. Il a pour titres aux bontés de V. M.
les bontés même dont V. M. l'a déjà honoré.
Ce général attache un grand prix à la
grâce qu'il sollicite je ne lui ai point dissi-
mulé les difficultés et les objections ; mais il
m'a conjuré do porter aux pieds du Trône
ses représentations et sa prière. Jl m'a paru
que son cœur serait bien touché si V. M.
voulait bien accueillir s? demande.
Je SUIS etc.
PORTALIS.
CAFiv 1045 n" 90.)
Quelle suite fut donnée à celte lettre ?
Il est assez difficile de le déterminer.
L'abbé Genty, dans son livre Livry et son
abbayt (chez Mouillot i8()8) s'exprime
ainsi, en parlant du cimetière(p. 172).
Ce cimetière existe encore aujourd'hui
(1898) dan£ un état complet d'abandon.
C'est au fond de ce cimetière, dans l'an-
gle à gauche, près de la ruelle, qu'avait été
placé, dans un caveau, le corps de \a mère
de Junot, duc d'Abrantès. Son cercueil de
plomb reposait sur des bat-i'es de fer. Lors-
qu'on cessa d'inhumer en cet endroit, on
transféra les restes de cette dame dans le ci-
metière nouveau. Ce quatrième cimetière,
établi sur le chemin de Vaujours, auprès des
carrières, fut bénit en l'année 1854.
Il semblerait résulter de cette noie que
la mère de Junot fut inhumée dans le ci-
metière et non dans la chapelle.
LÉONCE Grasilier.
Les débuts de Mélingue. — Ce
billet sans date — inédit — est adressé à
« Léon Gozlan, 26 rue du Ponceau » par
le directeur de la Porte St-Martin.
Mon cher Gozlan,
Je ne sais si vous étiez à la représentation
d'hier, mais tout en vous laissant votre libre
arbitre quant au mérite de l'ouvrage qui a
presque réussi, je crois que vous penserez
comme moi que Mélingue nous a révélé un
talent vrai et original — ces sortes de choses
sont si rares de nos jours qu'un artiste comme
vous l'êtes ne peut les passer sous silence. Je
crois donc me rencontrer avec votre opinion
en vous priant de soigner la réputation du
jeune homme.
Vous savez ce que je vous suis,
Delangle.
l.i Directeur-gérant :
GEORGES MONTORGUEIL
I loio. D*Hi6i.-CHAM«oM,St Amand-Mont-Kood
TABLE
DU
2« Semestre 1912
VOLUME LXVI
t
%abk 1res Jttûtières
X.'B. — * Ce signe indique des réponses à des questions posées dans les volumes
précédents.
* Abbés nullius. 70, 108, 149.
Abrantès (duchesse d"). V. Lettre de Victor
Hugo,
Académies ^Membres de trois) à l'Institut.
94, 224, 855.
Académie (Pourquoi Lesage et Beaumarchais
ne furent pas de ]). 582, 747.
Acteur et comédien. 732.
* Affre (Par qui fut tué Mgr), 13, 107.
Agnès de Montbéliard. 775.
Alaquage (Un mot nouveau) 291.
Albany, oiseau héraldique. 238, 516.
* Alezan dans le sens d'agile. 339.
Alexandroff (La comtesse) aventure roma-
nesque d'un trottin de Paris. 37.
Alliance. Du port de l'alliance en Allemagne.
96, 229, 273, 331, 473. 667.
* Almanachs troyens. 27.
•Ame (L') de la femme au concile de Mâcon.
138, 241, 299. 547.
Ange, poète flamand du xviii^ siècle. 626.
Angel Thouin. 5, m.
Arabes. Expressions arabes courantes. 344,
5'9-
Arbon (D'). 389.
Arc (Tir à 1') (Projet d'en faire des sociétés de
préparation militaire en l'an Xlll. 178.
Archereau (Henri) et l'éclairage électrique.
73'. 645-
Arène 'Paul). Lettres à Mistral. 1870. 382.
Argental (Lettre de Mme d') sur "Voltaire.
Argenture. Etamage préhistorique. 23 .
Ariette de la Piété filiale. 823.
* Armoire des cœurs à Saint-Denis. Cœur de
Henri IV. 199.
Armoiries :
Archiépiscopales : sept épées et tour d'ar-
gent. 49.
* Arnold de Ville. 2a.
Bec de lièvre, (Fer aux armes des). 49,
160.
Belleforière. 729.
Breui! de la Roche Pot. 6,
Chevron de gueules. 392.
Chevron d'or, chargé d'une étoile. 142.
Corp de lion, trois quintefeuilles. 534,
056, 737;
Croix ancrée. 729.
D'azur à la croix d'argent. 392.
De Paris en écartelé, 437, 563, 656.
Des archevêques de Rhodes 437, 561,
Des Cars. 289, 417, 515.
Deux écus accolés. 142, 257.
Deux écus accolés. 237.
Deux écus accolés. 586. 756.
D'or à la bande de vair. 391, 516.
D'un conseiller d'Etat sous l'Empire. 289.
Evéque étranger : arbre et 2 moutons. 149.
Gueuble (René). 6, 117,238, 465, 6u.
Montlezun. 585, 756.
Nocquart (Angélique). 629, 756,
Octroyées par Premier Empire. 93, 217,
Pingre ou Pingrez. 629, 756.
Plaque de garde-chasse du xviii®, 438, 564.
Quentine de la Pierre. 729.
Sansac. 730.
Soleil d'or. 534
Sur un livre de 1671. 437, 562, 656.
Sur un plat Louis XV. 729.
Sur un tableau 5.
Sur un tableau. 6S2.
Trois abeilles, 437, 563, 610, 755.
Trois fasces échiquetées, 49, 159.
Trois filets d'or. 777.
Trois lions d'argent. 822.
Trois roses. 534, 657, 754.
Trois rocs. 823 .
Trois têtes de lion. 6, 117, 160,
Trois trèfles. 237, 418.
Vitraux du xvi' siècle. 682, 843.
Vitrail à Villequier. 754.
Wignoncourt. 681.
* Arquebuse (Les chevaliers de 1'). 178, 380,
658.
Artois (Maison d'). 675.
Atthalhin (Généra). V. Louis-Philipe.
« Aujourd'hui Dieu s'est montré bien fran-
çais >. 193.
Austerlitz. (V. Pont d').
Babord-tribord. 264, 322.
* Bace. 170.
Bacot (Portrait de). 7.
Bagnolet. V. Ermitage.
Bague avec portrait. 94, 160.
* Balzac (Mme de). 255.
Barade. (Famille). 284, 453, 598, 741^
Barbe (Collier de)symbole politique. 240,669.
Barbes. Son différend avec Blanqui. V. Prou-
db.on.
Barnave. V. Marie-Antoinette.
Barnave (L'abbé). 724.
L'INTERMiiDlAIRE
867
Bastille (Vainqueursde la) et vainqueurs du
10 août. 817.
* Bauer (,Mgr) 206.
Bazaine (Maréchale) 724, 834.
Beaumarchais. V. Académie.
Beautevilie (Famille de Mgr). 820.
* Belgicismes. 34, 373 .
Bellevue (Comte de). 40, 134.
Berlouche (Famille de la) ou de la Ber-
touche. 189
Bernis (Mémoires du cardinal de). 627,741 .
■ Bidon (de Bordeaux) (Famille). 18.
* Billets de confiance dits patriotiques. 199,
44S.
Binos (Famille de) 724.
Blanqui. V. Barbés.
Blason dout-il ne reste que le mot Stéo-
mize. sS6.
Blois et ses habitants. 7, 223, 376.
Boctei, seigneur de Moyaux, aventurier bre-
ton 284.
Bailly et Dumeril. 078.
Boisjourdan. 285.
Bolivar, Chapeau. 8, 120, 759.
Bonaparte le 18 brumaire. 230.
868
Bonaparte (Les productions épiques et poéti- Chappe (Les adieux au télégraphe). 231
ques de Lucien). 77t.
* Boscar. V. aussi (Grec dans la langue fran-
çaise). 219, 523, 807.
Bossuet (Un mot de) Deux bras levés au
ciel. 483.
Bouchard Fr. de Besançon. 390, 496.
Boucher (Le violoniste). Sosie de Napoléon P»".
622.
Boucher, miniaturiste. 7,2.
* Bougainville, (Supplément au voyage de),
31.
Bourbel. 189.
Cafés (Les) sont les salons de la démocratie.
i 290.
I Cagny-Bouffleis-Crillon. 676.
Capétiens. 630.
* Carimara. 27 .
* Carré de mots (Le plus ancien). 175.
Carte (Le marquis de la). 140.
Casanova et Mme d'Urfé. 335.
Casanova de Seingalt. 676, 836.
* Cavaignac (Les) sous-préfets de Lesparre.
18, 00.
Cellini (Benvenuto) a-t-il tué le connétable
de Bourbon. V. Bourbon,
* Certain (Famille). 19, 109, 306,
Chaléons (Comte de). 47.
Chambord (Troupe royale de). 582, 793,
Champfleury : Plaquette sur H. de Balzac.
439, 517-
Champignons (Poème de Corneille sur les).
394, 5'7-
Champmartin. 285.
Chanson bretonne : les c Gars de Locminé ».
290, 419, 566.
Chapeau (Aventure d'un petit) de Napoléon.
334-
! Chaiette (Le masque de). ■72*2*, 837
Charles IX (Un prétendu fils de). 771, 827.
Charles Quint (Les funérailles de). 625, 733,
827.
Charles Quint (Quelles langues parlait).
Charles Quint. V, François i*"^.
* Chastillon (Topographie française
Claude). 25. 160.
Château des Coques. (Le). V, Coques
* Château Villain. 59, 598.
Château de Saint-Loup 238, 305.
■*" Chateaubriand (Les j->mbes de), 109,
80.
par
Bourbon (Benvenuto Cellini a-t-il tué le caidi- j Chateaubriand (Un portiait de) . 190.
nal de). 771 , 829.
Bourras (Confrérie des), 144, 273, 331.
* Boussenard. V. Manchots (généraux).
Chateaubriand. (Correspondance de), 676.
Chaumont (Famille). 140, 307, 497, 741,
Chauvet ou Chauvette du Breuil. 724.
Boyer de Foiiscolombe : gravures qui lui Chenier (André) et Rheinhald Dezermeries
sont dédiées. 392.
Brenet. 344, 711, 829.
Brisson (Mme la Présidente). 820
Brucker. 663.
Brunswick. V. Vaimy.
Bruno (La défense héroïque du fort de). c,y.
Bussière (Une poésie pittoresque de Georges).
343-, 518, 708.
Bypobie (Le peintre). 484,
C (Lady). Lady Stuart. 3.
C (Comte de C.) envoyé de Perse à la cour
de France. 44
C (Mme de). 773 .
* Cabajoutis. 1 23, 167,
* Cabane, 171, 224, 261 ,
Cachets de collections. 6, 29, 757.
390.
* « Cher ami qu'à demi » Voir Pièce de vers
à compléter.
* Chère madame. 70, 615.
Cheveux d'une morte (La couleur des). 292,
427.
Chien Berganza (Le). 193, 322.
Chodruc-Duclos, pseudo-pourfendeur d'un
Larochejacquelein. 677.
* Cinéma : Origine du mot. 84.
* Clesinger. La femme piquée par un ser-
pent. 309, 795.
Cloches des Tuileries, 527.
« Coiffé d'un vilain bonnet gras ». 823.
*Colbert de Beaulieu. 109.
Calderona (La). 583.
* Colonel (Mon). 74, 126, 167, 223,
Comédien. V, Acteur.
Commune (Condamnation pour paiticipation
à la). 483, 693,
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
869
870 -
Concile de Mâcon. V. Ame de la femme au.
Concorde (Foire sur la place de la). 723.
Condamnés. Leur nombre sous l'ancienne
monarchie. 137, 295, 376.
* Condé Folie. 17, 59.
Condé (Les pages du prince de). S19.
Conjugalisme diplomatique. 826.
Constantinople (Nom d'un personnage de).
772.
Constitution de Tan VIII. (La promesse de
fidélité à la). 330, 632,
Contribution de Bourgogne. 481.
* Contrats de mariage signés par le roi avant
la Révolution. 99, 108, 300, 693.
Contrôle sous l'ancien régime. 435, 495, 642.
* Conversation des Thuileries. 24.
Coques (Château des). 139, 235, 494.
Cora Pearl. V. Pearl.
Cornu (Lettres de Mme). 665.
Corps (Le) d'un ennemi mort sent toujours
bon. V. Ennemi.
Courbon do Blénac et Laroche Courbon. 532.
Courgain. 826 .
Courtois (Les papiers de) et le duc De-
cazes. 281, 444, 345.
Courtois (^Mort du conventionnel). 484, 598.
Crevin 773.
Crochart (Antoine). 484.
Croix en ivoire à un collier du Saint Esprit,
630.
Cromwell (L'auteur de l'épitaphe dite de).
811.
Crottus. 484, 550, 646.
Cubisme (Le). 97, 270, 474, 662, 853
Cunig, V. Napoléon.
Czermak (Tableau de). 533, 758.
« Dame aux Camélias » Marie Duplessis. 344,
796.
* Damiens. 153 .
Dandys sous Louis-Philippe. (Les), 389,834.
Danquetil. 484.
* Darance-Navarrot , 60.
Darval-Carrouges. (Marguerite de). 340,454.
Data en lettres et chiffres à déterminer. 342.
David (La Juno et Félicien). 285, 410, 498,
697.
Debrou (Rosine). 339, 45.-}, 350.
Decazes (Duc). V. Courtois, (papiers de.)
Delacroix. Qui est Thomas qui crut en
Delacroix. 770.
Député ou députée. 89, 261.
Denain (Documents touchant la bataille de).
135-
* Descartes. (Le crâne de). 410, 499, 697,
797-
Deschanel. (Un discours de Paul) Mot de
Vauvenargues appliqué à Laguerre. 143,
206.
Deschateaux de Champrel . 627.
Des Estangs. V. Rousseau J.-J.
Desmousseaux. 678.
Desportes Félix. Quand est-il mort? 775.
Diamants du garde-meuble (Vol. des). V.
Valmy .
Des Raisins, marquis de Saint-Marc. 283.
Diderot et >lme Roland, 140, 236.
Diplomates (mariage des). V, Conjugalisme.
Directoire (Le) a-t-il été payé par l'Espagne.
530, 69a.
Directoire (La fortune des généraux sous le).
582.
Distique latin à identifier « Qiiid faciès ». 7,
162, 224, 321, 466.
Dizy-le-Gros. (Prieuré). 331, 643.
* Domestiquescélèbres, etdomestiquesd'hom-
mes célèbres 33 .
* Donjon (son étymologie), 74, 168, 329,
422, 638.
Dracy. (Famille de). 484
Drapeaux. V. Metz.
Drouet. (Mme) V. Pradier.
* Dubois : famille du cardinal. 20.
* Du Bois de Fiennes. (Famille). 59, m,
309, 301.
Du Ferrier. 388, 743.
Dumas père : « Les fripons ne savent pas
rire ». 30.
* Dumas (Alexandre) père. VElixir de vie,
'73-
Dumont (Le sculpteur). 92.
Dnplessis (Marie), V, Dame aux Camélias.
Dupré (Le premier tableau médaillé de Jules).
'9}, 309-
Eblé (Papiers du général). 821.
Ecriture (Réactif pour faire réapparaître). (L')
194, 33>o, 471, 616.
Ecriture. Peut-on faire disparaître l'écriture
sans détériorer le papier? 682.
Elbe (Ile d'). La maison de Napoléon (San
Martino à 1). 282, 493, 491, 394.
Electricité, Eclairage électrique. V. Arche-
reau.
Emery, chirurgien du l^^ Empire. 723.
Emigration en Angleterre sous la Révolution
(L*;. 337' 445, ^'^^^ 734-
Emigrés au château de Versailles (Les). 382.
Encre rouge des vérifications (L'). 52.
Encriers célèbres (Les). 193, 332,472.
\ Ennemi (Le corps d'un ennemi sent toujours
bon). 290.
Enseignes. V. Rivoli (rue).
Enseignes littéraires des coiffeurs. 381, 619,
7'S 7»3-
* Epatant (Le mot). 779, 852.
Epitaphe du maréchal de camp, baron de
Gainville. 671.
Epitaphes contenant un jeu de mots. 630.
i Ermitage (L'). 96, 131, 304.
L'INTERMEDIAIRE
871
8y2
Estangs (Des). V. Rousseau.
Estavayer et MoIIondins. (Familles d'). 628,
74=;-
* Etats-Unis (Noms des habitants des). 18.
b6s, 708, 8=,4.
Etat civil parisien. (^Reconstitution des actes
de 1'). 51, 152.
Etats militaires de la France. 723.
Eugénique (L'). 89, 267.
Ex-LIBRIS :
* E.\-libris inconnu. 563.
D'argent au chevron d'azur. 730.
D'azur à la croix d'argent. 94, 217, 2^9,
516.
D'azur à trois glands d'or. 392, 516.
D'or à trois palmes de sinople, liées d'ar-
gent. 730.
Trois tètes de paon. 392, S63, 611.
Callery (Famille), 289, 367.
Faire le Jacques. 144, 374.
* Falots (Bureau général des). 495.
* Favart (L'Epitaphe de Mme). 60.
* Femmes. (Les premières femmes conqué-
rantes des diplômes masculins. La piemière
femme députée en Autriche. 82; dans les
ministères. 176, 761 .
Femme (La) a-t-elle une âme. V. Ame.
Fer de reliure à identifier en pointe d'un ro-
cher. 535, 656.
Fer de reliure à identifier. Hure de sanglier.
94,218.
Flaubert. (La carrièie médicale de). 358.
Fonctionnaires toujours mécontents. (Les)
déclaration en l'an quatre. 232.
* Fossé (Ce qui tombe dans le),.. 30, 167.
Fouché (Descendance actuelle de). 391, 501,
647, 746.
Fouquet, sa devise : Que non ascendam ou
'< ascendet ». 283, 523, 564, 61 1 .
Franche-Comté espagnole (La). 819.
Franck (César). 027, 740.
François I" (Oii fut célébré le mariage de
Charles Q^uint avec la sœur de). 817.
* Fratin (Marque) 20, 160.
Fredet (Le poète) 821.
Froraont. 8ao.
* Frotel ou Footel. 30, 120, 373, 530.
Futurisme (Le). 97, 228, 268, 329, 377, 477.
G
Galard (Le peintre). 485, 698.
Galéjade. 240.
Galtier (Robert). V. Mahomet.
Gambetta. (Un prétendu mot de Thiers sur
les Alsaciens. V, Thiers.
Cardes du corps. 723.
Genlis (Le pupitre de Madame de). 485,
fe»536, 647, 797.^
Gennes(de). 678, 841.
Ghika(Princesse). 72s.
Gilet séditieux (Un) 230.
Gorentlot, 240, 662.
Goret (Famille de). 341, 502, 700, 798.
Goulard (Eugène de). 47, 154, 207.
Gourmoiit (Rémy de). V. La Fontaine.
Goya. Sa plaque commémorative à Bordeaux.
483, 653.
Grands-Croix d'Ordres, (Port des). 586, 754,
805.
* Grandesse d'Espagne. 23.
Grandville. (Médecins modèles de). 392.
* Gravure énigmatique dédiée aux victimes
de la Révolution française. 2<^ .
* Grec dans la langue française. 171, 224,
261, 328, 368. V. Bace. V. Cabane, Bâbord,
Tric-tiic.
Grenadieis de la marine. 388.
Grenus (Pierre de). 774.
Greuze : Une réplique de la « Simplicité ».
•238,319.
* Grilles des cabarets et des boulangeries. 174.
Grognards (La résignation philosophique des
vieux). 527.
* Guer (Le chevalier de). 553, 647, 700.
Guérin (Portrait par) à fd'entifier 439, 598,
837-
* Guides (Les premiers). 214.
Guillen : étymologie. 95, 225, 373, 566.
* Guillaume 1^''. (Une parole de) «Je fais la
guerre non à la France, mais à la dynastie
impériale ». 406, 492, 736.
Guillotin (L'emprisonnement de). 43.
Guise (Les) descendants des Carlovingiens.
^)), 335, 780.
H
Hallays-Dabot et faleron. S83, 701, 799,
« Hanche » (La) du lièvre et du perdreau.
439, s66.
Hanska (Un portrait en pied de .Mme de).
48s
701.
* Harcourt (D'). 60.
Harcourt (Comte et comté d'). 141, 458.
* Hautie ou Hautel. 29, 73.
* Henri IV. V. Armoire des coeurs.
« Henriade » (La) du duc de Bordeaux. 823.
Héraldique (Bibliographie de toute la littéra-
ture). 629, 754.
* Hérauts d'armes sous Louis XIII. 117.
Herz. 725,
Hettfîeisch von Ehrenhelm. 340.
* Histoire de la duchesse de C. par elle-
même. I 18.
* Home (Douglas|. 744.
Hôpital militaire du RouK;. 531.
'■* Horloge 'Le pavillon de 1'). 34.
Houdan (Poste aux chevaux de). 236, 354.
Houlbec. (Bibliothèque de). 239
* Howard (Miss). 648.
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
873
874
Hudson Lowe (Hommage des Merseillais à).
768.
Hlie de MiroiTiesnil 92, 207.
Hugo. Les droits d'auteur théâtraux de Vic-
tor Hugo, exilé, supprimés sous l'Empire.
725.
Hugo (Victor) maire de Paris. 185.
* Hugo (Armoiries) Généalogie écrite par lui-
même. 2 I T.
Hugo. V. Abrantès.
* Huque ou Hugne. « Le Huque des faux-
nobles. 73, 267.
* Humbert (Le général baron) Jean Nicolas.
61, 208.
(Incendie de
('L'auteur
1
« llle de Pasques. V. Voyage
* liliers (Capitaine d'). 412.
Image d'Epinal séditieuse.
Moscou). 383.
* Imitation de Jésus-Christ (L')
de). 70, 118.
Indiculus universalis. 440, 564.
Innocents (Fête des). 142, 524, 855
Irénée (Saint), évêque de Lyon, 723
Isabelle d'Angoulème. 772.
Jacob (Les) ébénistes .821.
Jacques (Faire le). 144, 374, 761,
Janvier (L'anniveisaire du 21). 530.
Jésuites (Bibliothèque des Pères). 239.
Jetons dans leurs boites. 731, 843.
* Jetons de présence (Singuliers). 36.
* Jeux aux xvi"- et xvii° siècles 781 .
Joachim (Prononciation). 588,710, 760*
Joconde (Le parti) à l'Académie française en
1841. 383, 503.
« Journal des monuments de Paris ». Publi-
cation du Complément. 8io.
Jourvensault (Vente). 778.
J.-S. dessinateur romantique, 678, 838.
Junot (Inhumation de la mère de). 863.
* Juré de l'œuvre de Cahouet. 468.
Jurons en langue portugaise. 393.
K
* Kerr 73, 714.
Kuss (Les mémoires de). 95, 155, 356.
La Bruyère (Les portraits de). 90.
Lacrole (Abbé Emmanuel.) 383. 3
Lacrosse (L'amiral de). 190, 309. {
La Fare (Philippe-Charles;. 95, 5109,310,648. 1
Lafarge (Mme). Lettre inédite. 814. 1
Lafayette. Chanson bretonne « Les gars de 1
Locminé ». V. Chanson bretonne. 1
La Fontaine et M, de Gourmont. 419.
Lagarrigue et le microscope solaire. 774.
* Lamartine : où fut composé le « Lac ». 3 i i.
Lamartine. Son portrait après décès. 133.
* La Motte (Le comte et la comtesse de).
^ote de police sur le comte de La Motte.
Lanes. Seigneur huguenot. 486, 599.
* Lannes (Mort de). 149. 251.
Lanoue (Le capitaine). 584, 704.
La Périne (Mlle Gabrielle de). 341, 413^ 746.
Larrey (Dominique) en 1812, à Borodino et à
Moscou. Lettres inédites. 275.
Larrey (Dominique). Lettre inédite que lui
adresse sa femme après Moscou. 478.
* La Toison de Rocheblanche. (de) 1 1 1.
* La Vaux (M. de) 703 .
Le Boiltcux (Famille). 532.
Le Franc de Pompignan. 679.
Léger du Legeay. 47.
Le Gras de Oemuyn. 680.
Le Maître, Le peintre). 680.
Lenoncourt. 726.
* Lenôtre ()ardins dessinés par). 93, 68, 218,
612.
Léonard Limosin, émailleur, deuxième du
nom. 627.
Le Pelletier d'Aunay. 2S8, 438, 64S, 704.
Le Pelletier de Saint-Fargeau (Famille). 435,
599, 649, 800, 838.
Le Pelletier de Saint-Firgeau (La bibliothè-
que personnelle de). 680.
Lesage et Beaumarchais. Pourquoi ne furent-
ils pas de l'académie. V. Académie.
Lesurques : un innocent réhabilité. 283,448.
Letellier. 532,
* Lettre de marque signée Louis XVI en
1793. 2, 103.
Leuss 239, 469.
Le Veyrier (Anne) comtesse de Pardieu. 584.
* « Liaisons dangereuses. » (Une clef des) 72.
Liganet (Famille de). 821 .
Livres d'heures A. J. 730.
Locminé (Les gars de). V. Chanson Bre-
tonne.
Lombard, auteur dramatique. 774.
* Lonchamp de Montendre (de). I2ft.
Louis XIV (Napoléon III et le lavabo de).
818.
Louis XIV. V. Repis.
* Louis XV. (Maladie de) àMetz. 9.
* Louis XVI. (La condamnation de) et la
franc-maçonnerie. 11, 56, 249,348. 687,
830.
Louis XVI. (Lettre de maïque signée) en
1793. V Lettre.
* Louis XVI. Voir Santerre.
Louis XVI (Le second testament de) 433,
489.592,
Louis xVl (Les gants de) à Varernes. 528.
* Louis XVII. Sa mort au Temple. Documents
inédits. Le récit de Bergoeing, 441.
Louis XVil. (Portraits de). 43, 145.
L'INTERMEDIAIRE
777^
87,
Louis-Philippe surnommé « L'Ordre de cho-
se » et « La Pensée immuible ». 348.
Louis-Philippe le 24 février 1848 a-t-il fui en
fiacre? 18=;, •-()4, 330, 482, 638, 693.
Louvre (Les greniers du). 77F .
Loyer de Marronime (Mme). 584.
Lundi (La Saint). V. Ouvriers et patrons.
M
Machine à chiffrer (La), de Frédéric II. 825.
Madagascar (Femmes à destination de^ en
1660. 235, 333, 596, 834.
Madame (Rue). 187, 305, 409.
Mahomet (Une prophétie sur la chute de
Tempire de). 577.
Maine de Biran. 682, 839.
* .Maisons histoiiques. 795.
Malades (Rue des). 389, 494, 597.
Malherbe (Famille de). 190,312. |
* Manchots (Généraux). 131,200,452. |
Marcadé. (>laréchal). 535. i
Marcellus, évèque d'Ancyre. 723.
* Marcelly , 21.
* Marie-Antoinette. S n protégé Armand,
était-ce le pauvre Jacques. 53.
Marie-Antoinette (Diamants et bijoux de).
90, 197.
Marie-Antoinette (Les billets de) à Jarjayes.
481, 537, 589, 686.
Marie-Antoinette (Lettres à Barnave). 581,
63..
Maroc (Un livre sur le). 381.
Marseillais (Plaisanteries sur les). 823.
Masque de fer. (Un prétendu manuscrit de
Samt-Mars sur l'homme au), 818.
Massenet (Les Souvenirs de;. 536, 839.
Maupassant (Guy de). Un conte perdu. 587.
Maury, académicien. !L'abbé). 286.
Médecins (Mariage des) 50, 177
Megret (Petrus) 240.
Mélingue (Les débuts de). 864.
Mérite militaire (Décoration du).
Mestayer (Famille). 333.
Metz en 1870 (Les Drapeaux de^. 233, 395,
492, 640, 790.
Metz (Un officier condamné à mort à). 338.
Microscope bolaire. V. Lagarrigue.
* Midi et demie. 78.
Milady Didl. . . 236.
Ministres de l'ancienne monarchie apparte-
nant à des familles d'ancienne noblesse.
98.
Mirabeau (Le rire de). 488.
Mirabeau (La maison natale de). 585, 704,
748, 840,
Miss. 221. V. Grec dans la langue fran-
çaise.
Mistinguett (Origine du nom de). 194,471,
567, 714.
* Moabit 73, 123 .
* Mocos (Les) et la Mocotie. 566.
* Molière. V. Monsieur de Pourceaugnac,
876
* Momigny (Gaspard Joseph de). 61, 256,
502.
Mondran (/Marquis de). 533, 70s.
Monnicr (ri .) Les œuvres galantes de Joseph
* Prudhomme. 587 .
Monsieur de Pourceaugnac. (La course
des apothicaires dans). 25, 319.
Montchanin (de). 628,
Montlazeur (comte de). 58s.
MontPagnotte (Le). 187, 324, 423, 567,
709,
Montsaulnin (Famille de). 190, 313, 359,
415, so^.
Morvan (Origine des noms de villages).
593-
Moscou (Qui a brûle). Est-ce Rostopchine ?
385, 447, 490, 545, 595, 034- .
* Mots. Combien de mots français sont em-
ployés dans, le langage usuel. 614.
* Mots allemands dérivés du français. 123,
167, 856
Moulinier (Biaise). 775.
* Mousse. 222. V. aussi Grec dans la langue
française.
Moyaux (Seigneur de). V. Boctei.
Muets. 393, 525-
Murât (Armoriai du roi), l92^*''
* Muré vif. 764.
Musiciens (La chevelure des). 440, 714.
N
Nantes (Voir Noyades de) .
Naples (Tribut annuel du roi de) au pape,
529, 683.
* Napoléon (Les blessures de). 57, 734.
* Napoléon poète. 58.
* Napoléon a-t-il été à Londres ? 56.
Napoléon. V. Elbe (Maison de San Martino).
Napoléon à Waterloo (La voiture de). 435,
546, 637.
Napoléon le"" (Le compas de) et Louis de
Cuny. 673. 735
* Napoléon (Quel est l'auteur de la brochure
« Cornme quoi N.ipoléon n'a jamais existé. »
3'7,7i3, 758. ,849-
* Napoléon 111 (L'accent allemand de) à
Arenenberg. 14.
Neuilly (Parc de) 187, 547.
Nicée (Concile de). Sources à consulter. 344,
466.
*Noailles (Les) rentrant d'émigration. On les
dépouille de leurs insignes. 569.
Noblesse (Preuves de). 288, 406, 462.
Noblesse et Légion d'honneur. 585, 805.
* Noms français donnés à des rues à l'étran-
ger. 30, 260, 854.
* Normands et termes marins. 225,
Notaire (Le premier). 771.
Noyades de Nantes. 185, 250, 294
Numismatique. 823.
DES CHERCHEURS ET CURIEUX
877
878
Ollone (Le général Pierre d'). 628, 840.
* Orange (Prince d'), V. Philibert,
Ordre de Saint-Lazare et de N. D. du Mont-
CarmeL (Chapitres de). 534, 842,
Orgue des saveurs. 81, 130, 523.
Orgueilleux (La prononciation du mot). 825.
* Orlan de Polignac. 63.
Orléans (Mort du duc d'). 1842. 40.
Orléans (Les dames d'honneur de la duchesse
douairière d'). 819.
Otte (Henryi. 681, 801.
* Ouvrages sérieux rais en vers. 124, 218,
760.
Ouvriers et patrons. La Saint Lundi. 84,
Ï33-
* Paër (Le compositeur), le 20 mars 1815.
503.
Pagnotte. V. Mont Pagnotte.
Palissy (Bernard) pendu. 722, 828.
Papin (Qu'est devenu Denis). 62, 802,
Parc de Neuiliy. V. Neuiliy.
Pardieu (Famille) 533.
* Parfums. V. Orgue des saveurs.
* Paris (lies de). 546, 641.
Paris. Le siège de P. iris en 886 : la plaque
du Petit Pont 4, 53.
* Parme ^Les atïaires de). 59.
Parti « Je n'ai d'autre parti que celui de
mon cœur ». 393
Pascal « La vie de M. Pascal ». Exemplaire
de Bossuet. 6.
Pascal (Biaise), conseiller du roi (Rue). 91,
210.
Pascal (Portrait de) par Philippe de Cham-
paigne. 287,357, 504, 650, 705, 802.
Pastoret (Le salon du marquis de) de 1802 à
1807. 341 .
* Patagon. 73.
Paynel en Normandie (Famille). 436, 600,
841.
Pearl (Cora). 725.
* Pélican (Le bien qui a été dit du). 81.
Pélissier. Nécrologie. 624.
Périer et Casimir Périer. 585, 703.
Périer (J. F.), évéque constitutionnel du Puy-
de-Dôme, (i79f) 48.
Péron, naturaliste voyageur. 287.
Perse (Envoyé de Perse à la cour de France.
M de C.) 44.
Petitot (Jean). Peintre en émail 822.
Petitot de Boispréau. 333, 749.
* Petraquadrata. 70.
Pétrarque était-il épileptique ? 625, 749.
* Philibert de Chalon, prince d'Orange. 6},
155,314
Philibert de Nérestan à Angers. 438.
Philippe-Egalité (La cour de). 98, 197.
* Pic (Ulysse), 156, 737.
m
* Pièce de vers à compléter : « Cher a
qu'à demi ». 175.
Pillavoyne (Famille). 486.
* Pinet, délégué aux armées. 600.
Plaques commémoratives. A-t-on le droit de
les enlever. 483, 653 .
Plaque d'un garde chasse du xviiio siècle.
Armoiries à identifier : 438, 564.
Plessis (Henri). 533, 749.
Pleurre (Jean de) et son manuscrit. 141.
Plume (Secrétaire de la). 342., 478, 707.
Poème héroï-comique d'un magistrat. 343.
* Poésies monosyllabiques. 124, 223, 468,
564.
Pomaré (La leine) à Mabille. 391, 601, 651.
Pomme verte (Ordre de la). 194.
Pompadour (Une fabrique de fausses lettres
de Mme de). 526, Ooi.
Pontillaud (Seigneurie de'i. 284.
* Portem.nt (Demander le). 27.
Port Royal (abbaye). 16.
* Pradier (Descendance de). 21 . Mme Drouet.
357-
Préaux (Seigneurie des,. 48, 152.
Préfontaine. 775.
Prénoms. V. Sables d'Olonne.
Prevost-Paradol : « Le roman d'un homme
politique ». 487. V. Madame Farine.
Prévost Paradol. Madame Farine. 587.
Prévoyable. 95, 330, 521, 663.
Prince Impérial (Le) roi d'Alger. 388, 639.
* Prince Impérial (Dessins du). 15, 107.
Protagoniste. 732.
Proudhon (Lettre à Adolphe Blanqui). Le
Différend Blanqui Barbes. 86.
Puebla a gaudino. 236.
Pupil dî Craponne (Jean). 287, 459, 651,
802, 841.
S
Sabatier en Provence. (Fi mille de). 534.
* Sables d'Olonne. (Prénoms aux). 306.
Sacerdos, sacerdoti lupissimus. 731.
* Saincts (Soubs la corde des). 75, 126, 169,
224, 660.
Saint- André de Colmesnil (La commanderie)
681.
Saint-Aulaire. 191,316.
Saint-Chamans. (Souvenirs inédits de Mme
la marquise de). 856.
* Saint Christophe. 108.
Saint-Cloud. (La bibliothèque de). 482.
* Saint Elme (Ida de). Son origine. 65.
Saint-Empire (Comtesse du). 729.
Saint-Gemain (Séjour de la cour à) en 1586.
1 .
Saint-Jean d'Acre. (Ordre militaire, nobiliaire
de). 777.
Saint-Louis. (Ruban d'une croix de Saint-
Louis avec nœud. 93, 218, 258.
Saint-Marc. V. Des Raisins,
L'INTERMEDIAIRE
879 -
880
Saint-Maurice. (Le marquis de), ambassadeur.
281, 356.
Saint-Michel (Ordre de^. 342, 465.
* Saint-Sorre. 1 1 1.
Salomon de Caus. (Hommage à). 773.
Salut masculin (Origine du). 488, 020, 666.
Sanguin. 240.
* Santerre et la mort de Louis XVI. 54, 349,
538. 593. 783.
Sartines ; Les papiers de M.). 626,
Savoya-Wad-Ras (Régioients). 45.
* Scarron. V. Pièce de vers à compléter.
Sceau à identifier : J. Petii Prioris de Bries.
49- , .
Sceau à déterminer. 237.
Sceau à déierminer : rviii® siècle. S22.
Sceau à déterminer : xvi« siècle 822.
Sceau à déterminer : xvii" siècle. 822.
Shakespeare est-il l'auteur de ses œuvres.
Lord Rutland. 675
* Scitivaux ,'Où est le portrait de) par Fabre.
841.
Scribe et Guillounet-Merville. 069,
Sébastiani (Le maréchal) et les Turcs. 815.
Secrétaire de la Plume. V. Pluire.
Seilhans (Jeanne de). 776.
* Seine (Vitesse du cours delà). 494.
Seurre (Le compagno 3 de). 342.
Standhal, portrait hors texte. n° 1350.
Sévérac (Château de) Gironde. 4, 107, 152,
253-
* Shakespeare est-il l'auteur de ses œuvres?
075, 845.
Sicard (Famille). 288, 415.
Sieyès (Famille et papiers de l'abbé). 92.
* Siffler au disque rouge. 29, 714.
Société (La) Polysophique et sa bibliothèque.
7JI.
Sœurs associées (Les). 8, 177, 230, 380.
Sosie de Napoléon I'^''. V. Boucher,
Staël (Maison natale de Mme de). 436.
Staël (Mme de). L'hydropisie de Mme de
Staël en 1812. 133.
Standesherren allemands. 192,453.
* Stendhal et les Lyonnais. 189, 214,356,505.
Stendhal. V. Téjé.
Stoiïel (Le colonel) et l'histoiie des Cent
jours. 435, 6oa, 751,
Stuart (Lady). V. Lady C. 3.
Sublet (Michel). 237,356.
* Sudrie (Famille de la). 06, 157,215.
Suffolk. 142.
Taglioui (La). 191, 317, 652, 804.
Taine (Lettre de) sur le « Disciple ». 681,
75a.
Taine (Le duc Albert de Broglie et la Révo-
lution de). I39.
Talence. 587.
Tallye (Baronne de). 284.
* Tatien. 26, 120.
Te Deum (Les) des rois sont le De Profundis
des peuples. 50, 163.
Téjé. 394, 518, 567.
Temps de demoiselle (Un). 440, 615.
Thieffries 542, 401.
Thiers et Gambetta. (Un prétendu mot de
Thiers sur les Alsaciens. 139, 201, 350,
40;, 59^.
Thiers à Berlin, 387, 639.
Thirion. (Famille). 726,
* Thomas (Clément), Son rôle en juin >848,
los, 201 , 251 .
Thomas, évèque d'Archadia et de Hieropetra
en Crète, 237,
Thomùs lllyricus. 389.
Thomas. V. Delacroix.
* Timbaliers (Le costume des). 17, 452.
Tirelefiche, 824.
1 * Titres au dos des plaquettes. 663.
Titres d'ouvrages. (Propriété littéraire des).
290 418.
Titres sous l'ancien régime, 93, 361, 461,
514, 604, 708,752.
* Topographie française par Claude Chas-
tiilon. 35, i6f , 713.
Tourneniire. 487 .
* lousard. (Chevalier). 67,* •-
Traités franco-espagnols. (Textes de), 91,
203 .
Trensbourg de Beaugency. 777.
« Tribune des départements >. ;.La). 438,
613.
Tric-tric. 266.
Trois pour cent. Quiroga, nom de vêtement,
50.
Trottin (Aventure romanesque d'un^. V.
Alexandrofï.
Tugdual de Larmoisie. S s armoiries. 192,
3'8.
Turc? (Qu'est-ce qu'un). 721.
U
* Usuriers de Cahors. 711.
* Va. 374, 523.
* Vaidruche. A. J. H. îi6.
Valmy (L'énigme de). Brunsvi'ick. Le vo!
des diamants du Garde-meuble. 386, 446,
489, 544, 594, ^})-
Vassé (Le marquis de) et la marquise, née
Broglie, 288, 415.
Vaucanson. 726.
Vendée (Pacification de la) articles aecrets.
337- 445. . , c. ■
Vendée (Guerres de;. Les prisonniers de Saint-
Floreni-le-Viel. 673, 780.
* Vénus de Milo (La). 535.
Véron. (Luthiers à Paris), 5, 116.
Vertpré (Jenny) à Marseille, 273, 416.
OHS CHERCHEURS ET CURIEUX
88 1
* Vers grec palindrome. a6.
Victoire (Rue de la). Son nom, 40, 145,
S03.
Vienne-le-ChJteau. 46.
Villain. V. Château Villain.
Villars (Où est enterré le maréchal de). 42,
158,347, 4>7, 557, 652.
Villemanzy. 588, 657.
Villeneuve (Le général) à Beaumont. 339.
Villoteau (André). 142.358, 508,559.
Vir fugiens denuo pugnabit. 488, 658.
Virgile (Un mot lie) Stercore Ennii. 630,844.
Vital d'Ardengost. (La curieuse épitaphe du
chanoine d'). 342, 466, 564, 612, 657.
Vitahey de Béranger et de Macaire. 777.
* Vitriers (Les petits). 36, 130, 618, 667.
Voltaire (Le sourire de l'âme). 50.
Voltaire « Henriade ». Notes signées K). 7,
758.
882
* Voyage k l'Iiede Pâques. 143, 260,321,523.
Vrombissement. 439, 660, 852.
W
Waldteufel. 488, 652
Wallon (Famille de Marie-Angélique de).
'9', 359-
Walton a-t-il existé ? 727.
Waterloo (l.e géant de). 531 .
Watteau (Estampe d'après). Tobie faisant
enterrer les morts. 50.
Wimpfed. (L'officier d'ordonnance de). 339,
449, 693
Zola. La genèse du « Rêve ». 193, 359.
t
J
AG L'Intermédiaire des chercheurs
309 et curieux
156
v,66
PLEASE DO NOT REMOVE
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